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Avec Que s’obscurcissent le soleil et la lumière, le romancier boucle sa trilogie consacrée au pays du Cèdre. Une plongée captivante et hyper-documentée dans les coulisses d’une guerre sans fin, aux allures de tragédie grecque.
Il aura fallu près de 1 500 pages à Frédéric Paulin pour venir à bout de l’entreprise. Découpée en trois tomes parus entre août 2024 et septembre 2025, la trilogie de l’auteur rennais couvre quinze ans d’histoire du Liban, de 1975 à 1990, juste après l’accord de Taëf (1989), qui met officiellement fin à la guerre civile sans pour autant faire taire la violence.
Le dernier volet, qui s’ouvre sur l’attentat de la rue de Rennes et suit les derniers feux de la première cohabitation, ne décevra pas les aficionados. Il faut dire qu’il y a dans l’écriture de Frédéric Paulin, dans sa manière de mener son récit au pas de charge, avec quelques ralentis bienvenus, quelque chose de complètement addictif qui ferait passer les séries politiques de Netflix pour des bluettes mollassonnes.
Comme un contre-pied aux nouvelles formes de narration très séquencées, le romancier ose un long récit sans chapitres, une plongée en apnée dont on n’émergera qu’à la dernière page, sonné. Par un effet de construction qui s’apparente à du montage cut, l’auteur joue sur les allers-retours entre la France et le Liban, il tire simultanément les fils de plusieurs histoires où se débattent des figures réelles – le ban et l’arrière-ban de la justice et de la politique française – et des personnages de fiction récurrents.
17 septembre 1986, le commissaire Nicolas Caillaux, la juge antiterroriste Sandra Gagliago, sa compagne, et Philippe Kellerman, ancien conseiller politique à l’ambassade de France à Beyrouth, arrivent à Montparnasse. Des hommes roulant à bord d’une BMW noire ont piégé une poubelle de la rue de Rennes, à Paris, avec de la limaille et des clous. Le bilan est lourd : sept morts et une centaine de blessés.
Très vite, les soupçons se portent sur Action directe, puis s’orientent vers la piste libanaise et les frères de Georges Ibrahim Abdallah qui, lui, croupit en prison depuis 1982. Malgré les incohérences révélées par l’enquête, Jacques Chirac, premier ministre de François Mitterrand, Charles Pasqua, son ministre de l’Intérieur, et ses sbires veulent détourner l’opinion publique des vrais coupables : l’Iran et le Hezbollah.
Comme en témoigne une chronologie éclairante à la fin de l’ouvrage, le roman puise dans une matière documentaire fournie, d’où émergent trois sujets majeurs : la guerre du Liban, les relations entre la France et l’Iran, et les agissements d’Action directe, jusqu’à l’arrestation le 21 février 1987 de Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani dans une ferme de Vitry-aux-Loges (Loiret).
Les lecteurs suffisamment âgés pour avoir vécu cette époque se souviennent certainement de la libération des otages au Liban – le journaliste Jean-Paul Kauffmann, les diplomates Marcel Carton et Marcel Fontaine –, accueillis sur le tarmac de Villacoublay par Chirac et Pasqua. Ou d’une interview de François Mitterrand, pas encore candidat à sa réélection, par une Christine Ockrent pugnace.
Dans un effet de réel saisissant, Frédéric Paulin fait pénétrer ses personnages dans les arrière-cours et les lieux secrets du pouvoir. La juge (fictive) Sandra Gagliago, travaille main dans la main avec Gilles Boulouque, l’un des premiers magistrats antiterroristes, visé par une polémique liée à la libération de Wahid Gordji, numéro deux de l’ambassade d’Iran.
Côté libanais, la période couverte par ce troisième tome correspond à la guerre fratricide à laquelle se livrent les chrétiens, incarnés dans le roman par la famille Nada, Nassim, le patriarche, Édouard, chef militaire, et Michel, parti en France pour faire carrière en politique et qui grenouille avec les « Pasqua boys ». Malgré le déferlement de la violence, certaines scènes font sourire, comme la visite de Guy Béart et Jean d’Ormesson à Beyrouth pour soutenir le général Michel Aoun, lancé dans une bataille contre la présence syrienne au Liban.
Avec son lot de vengeances, de trahisons, de règlements de comptes et de crimes de sang, la trilogie libanaise de Frédéric Paulin s’apparente à une tragédie antique. Une impression que corroborent les titres à rallonge des trois volumes, Nul ennemi comme un frère, Rares ceux qui échappèrent à la guerre et Que s’obscurcissent le soleil et la lumière.
Qu’il s’agisse de Christian Dixneuf, l’ex-agent de la DGSE devenu « tueur de la République » ou de Nicolas Caillaux, flic rongé par son travail, les personnages masculins sont les instruments d’un fatum, un destin, qui semble les dépasser. Les femmes, elles, regardent les hommes tomber. S’il reste hors champ, le peuple libanais est le grand perdant d’un conflit dont les répliques parviennent jusqu’à aujourd’hui. Raison de plus pour plonger la tête la première dans cette somme qui dépasse les frontières du roman noir, presque un genre en soi.
Que s’obscurcissent le ciel et la lumière, de Frédéric Paulin, Agullo noir, 384 pages, 23,50 euros.
Sous couvert de « sauver » notre modèle social, le projet de loi de finances de la Sécu actuellement examiné annonce une purge d’une ampleur sans précédent, qui frappera le plus grand nombre pour mieux épargner les riches.
L’expression lui colle désormais à la peau : dans la presse comme sur les bancs du Parlement, le budget 2026 a définitivement gagné ses galons de « musée des horreurs ». L’expression avait d’abord été utilisée par les syndicats pour désigner le pot-pourri austéritaire présenté par François Bayrou, avant d’être recyclée par la gauche pour dénoncer la copie présentée par son successeur, Sébastien Lecornu.
Et comme tout musée digne de ce nom, le projet de loi de financement de la Sécurité social (PLFSS), qui a démarré ce mardi son parcours du combattant à l’Assemblée nationale, contient son lot de joyaux un peu trop clinquants pour être vrais (la suspension de la réforme des retraites, par exemple)… et une collection d’antiquités, parmi lesquelles le bon vieux « trou » de la Sécu.
Une fois encore, comme depuis vingt ans, c’est en effet au nom de l’équilibre des comptes publics que se préparerait cette nouvelle purge austéritaire. « C’est un bien commun, la Sécurité sociale, explique gravement Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail. Si on n’a pas le courage de s’attaquer à bras-le-corps à son équilibre, ça va déraper. On va arriver à un moment où on ne sera plus capable de payer les retraites, de payer les remboursements. » Une vision d’apocalypse qui n’est pas sans rappeler les propos d’Élisabeth Borne, ex-première ministre, qui affirmait l’an dernier que si le budget n’était pas voté, les cartes Vitale allaient tomber en rade…
« En écoutant les discours médiatiques et politiques, j’ai l’impression que la Sécurité sociale va faire faillite tous les ans, cingle l’économiste Nicolas Da Silva, interrogé par France Info. Or il n’échappera à personne que ce n’est pas le cas. (…) Quand on parle du fameux « trou de la Sécu », cela fait référence au déficit des régimes de base et du Fonds de solidarité vieillesse, qui est prévu pour 2025 à 21,9 milliards d’euros, sur 644 milliards d’euros de recettes. Cela représente seulement 3,4 % des recettes. Au regard de l’ensemble des dépenses publiques, cela ne représente plus que 0,74 %. » Un « trou » moins abyssal qu’il n’y paraît, donc.
Dans un rapport publié la veille du début d’examen du PLFSS, la Cour des comptes en rajoute une couche dans la dramatisation. Selon elle, l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), chargée de gérer la trésorerie des branches de la Sécu, frôlerait l’asphyxie. « La persistance de déficits sociaux élevés suscite un besoin de financement accru pour l’Acoss, avec un risque sérieux de liquidités dans les prochaines années. » En clair, l’Acoss, qui se finance sur les marchés financiers, pourrait se retrouver à court terme à court d’argent.
« En réalité, il n’y a aucun problème de liquidités, tient à nous rassurer une source haut placée au sein de l’Acoss. Pour l’instant, la principale conséquence de la hausse des déficits est que nous nous endettons à plus long terme qu’avant. Le seul problème, en revanche, c’est qu’on pourrait dépasser notre plafond d’emprunt, fixé à 83 milliards d’euros pour 2026. Mais il suffit d’ajouter un amendement au PLFSS afin d’augmenter ce plafond. »
C’est la Cour des comptes qui le dit : les économies demandées au seul secteur de la santé constituent un « effort sans précédent ». Dans le dossier de presse du PLFSS, ces mesures sont réunies sous l’intitulé de « Responsabiliser chacune et chacun dans sa consommation de soins ». On y trouve notamment le doublement des franchises médicales. Censée rapporter 2,3 milliards d’euros, cette hausse signifie que le reste à charge payé par les patients va doubler, après avoir déjà été multiplié par deux en 2024.
Sont concernés l’achat des médicaments, les consultations, les examens radiologiques et analyses biologiques ou encore le transport sanitaire. « Un accroissement assumé des inégalités sociales de santé qui retardent les prises en charge médicales des patients ayant de faibles revenus et coûtent finalement plus cher que l’économie visée », dénonçaient, dès octobre, quatre médecins dans une tribune au Monde.
D’autant plus incompréhensible que déjà en 2024, 30 % des Français disaient avoir renoncé à des soins médicaux au cours des douze derniers mois en raison du coût, contre 26 % en 2023 selon un sondage Cofidis. Particulièrement affectées par ces hausses, les personnes en affection de longue durée (ALD). L’Association française de diabète a ainsi calculé que la réforme entraînerait une hausse de 183 % du reste à charge pour les diabétiques.
Emmanuel Macron avait entamé son mandat par une baisse de 5 euros des aides personnalisées au logement (APL). Le budget de la Sécu s’inscrit dans cette logique. « Pour assurer la soutenabilité des dépenses publiques dans leur ensemble, il convient de freiner également l’évolution des autres prestations sociales indexées sur l’inflation », indique le dossier de presse du PLFSS. Soit un gel de toutes les aides versées aux ménages les plus fragiles, RSA, APL, minimum vieillesse, prime d’activité…
Aussi concernée, l’allocation aux adultes handicapés (AAH), dont le montant est pourtant inférieur au taux de pauvreté et alors que ses bénéficiaires ont globalement un niveau de vie plus faible que les autres. « 25,8 % des personnes handicapées de 15 à 59 ans sont pauvres, contre 14,4 % des personnes de la même tranche d’âge sans handicap », rappelle la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Dress).
L’appauvrissement des citoyens handicapés passe aussi par un article du PLFSS qui prévoit de cesser de considérer l’AAH comme un salaire. Cette assimilation permettait jusque-là aux porteurs de handicaps travaillant dans des entreprises dédiées, et à ce titre payés en dessous du smic, de bénéficier de la prime d’activité.
Autre population touchée par un gel des prestations, les retraités. Ils seront moins impactés au niveau individuel, car leur niveau de vie est plus élevé que la précédente catégorie. Mais ils sont les plus nombreux. Et en majorité, ils votent. Cela explique sans doute la réticence des députés de tous bords qui, en commission des affaires sociales la semaine dernière, ont rejeté cette mesure.
Ce vote a reçu la bénédiction du premier ministre, soucieux lui aussi de ménager un électorat particulièrement mobilisé, mais aussi d’apaiser les socialistes, échaudés de ne pas être parvenus à faire adopter la taxe Zucman, même dans sa version « allégée ».
Tant qu’à faire des économies coûte que coûte, autant s’attaquer au vrai problème du financement de la Sécu : l’empilement, depuis trente ans, de niches sociales (allègements de cotisations), qui assèchent les caisses. Le coût global de ces niches dépasse les 80 milliards d’euros. Le gouvernement a promis d’en cibler quelques-unes, parmi lesquelles les exonérations de cotisations dont « bénéficient » les apprentis. Mais il se garde bien de s’attaquer à celles qui profitent le plus aux grandes entreprises ou aux plus riches.
Au grand dam de la gauche, qui a décidé de s’en prendre aux niches les plus coûteuses, ou au plus iniques. C’est le cas de l’attribution gratuite d’actions, un mécanisme considéré comme un complément de rémunération, qui bénéficie à ce titre d’une exonération de cotisations sociales. En 2023, 4,7 milliards d’euros ont ainsi été distribués à moins de 80 000 salariés en France. Au sommet de la pyramide, 145 personnes percevant jusqu’à 3 millions d’euros par an ont empoché une somme globale de 1,6 milliard d’euros… Soit 11 millions d’euros chacune. Pour l’instant, Sébastien Lecornu n’a rien trouvé à y redire.
Un tour de passe-passe
Sébastien Lecornu s’est-il payé la tête des députés ? Le 14 octobre, le premier ministre assure que la suspension de la réforme des retraites de 2023 (recul de l’âge de départ de 62 à 64 ans) concernerait l’ensemble des personnes devant partir à la retraite d’ici à 2028. Soit les générations nées en 1964 et en 1965, pour lesquelles l’âge de départ devait être gelé à 62 ans et neuf mois, et la durée de cotisation, à 170 trimestres. Mais, comme l’a relevé notamment le député PCF Stéphane Peu, le PLFSS nous dit autre chose : seules les personnes nées en 1964 devraient partir à 62 ans et neuf mois, avec 170 trimestres. Pour la génération 1965, ce sera 63 ans et 171 trimestres…
L'AFPS DU PAYS DE MORLAIX vient d'adresser un courrier à toutes les associations, partis et syndicats solidaires de la Palestine pour que tous ensemble dans l'unité la plus large elles se mobilisent de nouveau en Pays de Morlaix. L'UL-Solidaires, la FSU-29, la LDH, Amnesty International, le Mouvement de la Paix, le PCF, Génération.s, Les Écologistes, LFI, la Gauche Indépendantiste et le NPA ont déjà annoncé leur soutien à ce nouveau rassemblement !
MANIFESTATION SAMEDI 08 NOVEMBRE
16h Place des Otages à Morlaix
PALESTINE, le GÉNOCIDE CONTINUE ! LA CISJORDANIE est MENACÉE !
Exigeons :
LEVÉE DU BLOCUS DE GAZA
SANCTIONS CONTRE ISRAËL
AUTO-DETERMINATION DU PEUPLE PALESTINIEN
DROIT AU RETOUR DES RÉFUGIES
Nos camarades nombreux dans la manif à l'appel de l'intersyndicale des retraités ce jeudi 6 novembre à Morlaix. Photos de Jean-Luc Le Calvez
"Environ 130 personnes se sont rassemblées place des Otages, à Morlaix, ce jeudi 6 novembre, en milieu de matinée, pour dénoncer les mesures d’austérité qui visent les retraités." (Le Télégramme)
À l’appel de huit organisations syndicales représentatives des retraitées (CGT, CFE-CGC, CFTC, Ensemble et Solidaires, FSU, FGR-Fonction Publique, Loisirs et Solidarité Retraités, Solidaires), environ 130 personnes se sont rassemblées place des Otages, à Morlaix, ce jeudi 6 novembre, en milieu de matinée. L’objectif : dénoncer les mesures qui, dans le projet de budget 2026 du gouvernement, frappent les seniors de plein fouet.
Nous ne sommes pas des vaches à lait » et « nous ne serons pas les sacrifiés et la variable d’ajustement de ces funestes projets de budget », ont-ils martelé, dénonçant un « acharnement » qui consisterait à les faire passer pour des « nantis ». Et de réclamer, ente autres, l’indexation des pensions et la revalorisation des prestations sociales, a minima sur l’inflation, la revalorisation des pensions indexées sur le salaire moyen, le maintien de l’abattement fiscal de 10 %, ou encore l’abandon du doublement des franchises médicales et l’abrogation de la réforme des retraites. « Les retraités ne sont pas une charge ; au contraire, ils génèrent une richesse incroyable », ont-ils souligné avant de défiler pendant quelques minutes au centre-ville.
Ce sera la 12ème vente de légumes solidaire du PCF pays de Morlaix à prix coûtant en 13 mois, en direct du producteur, la ferme de Gilles et Ronan Cabioch, maraîchers, de la SARL Terroirs de Roscoff, des légumes, frais, bons et sains, à petit prix. Rendez-vous le samedi 8 novembre.
Ce même jour, la section du Relecq-Kerhuon du PCF organisera elle aussi une vente solidaire de légumes au Relecq-Kerhuon.
La vente solidaire de légumes du mois de décembre aura lieu à Kerfraval à Morlaix.