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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 20:06
Algérie, une guerre sans gloire, Le Passager clandestin, 14€

Algérie, une guerre sans gloire, Le Passager clandestin, 14€

Attention: ce livre issu d'une enquête journalistique de longue durée, magnifiquement écrit, profondément bouleversant, est de la dynamite!
 
Les éditions « Le Passager clandestin », ont réédité en 2025, dans une version réactualisée, cet essai déflagrateur de Florence Beaugé, journaliste au journal Le Monde dans les années 2000, couvrant le Maghreb, « Algérie, une guerre sans gloire », un essai racontant cinq ans d’enquêtes sur la torture et les viols systématisés commis par l’armée française avec le soutien et la complicité de l’état-major et du personnel politique (y compris socialiste : Mollet, Mitterrand, Max Lejeune, Lacoste).
Ce livre, initialement publié chez Calmann-Levy en 2005, extrêmement bien écrit, bien construit, avec un sens de la narration, du portrait, est un vrai coup de poing, un révélateur de la face sombre de la République et de l’Armée, du déchaînement de violence, de racisme, et de perversité qui a accompagné le travail de répression contre les rebelles et le terrorisme dans nos guerres coloniales, singulièrement la guerre d’Algérie.

C’est tellement dur, énorme, que ça explique très bien que ce passé ne passe pas, que la mauvaise conscience ou l’entêtement à nier ou justifier l’inacceptable produise encore dans notre société, transmis aux descendants, un sentiment profond de phobie anti-algérienne, un racisme anti- « arabes » héritier à la fois du système colonial et de la violence extrême de ces 8 ans de guerre coloniale.

Pourtant Florence Beaugé est une journaliste très méticuleuse, cultivée, fine et subtile dans son approche refusant le manichéisme mais attachée à l’élucidation des faits et circonstances, qui s’attire facilement la sympathie et la confiance de généraux français, tout le contraire d’une pasionaria…

 

Florence Beaugé y raconte comment après avoir fait la connaissance de Louisette Ighilahriz, peu de temps après avoir été employée au monde, en 2000, après 3 ans de collaboration avec "Le Monde" Diplomatique, elle va obtenir après des semaines d’approche un récit circonstancié des tortures et viols subis par Louisette, kabyle engagée comme sa famille avec le FLN (sa sœur aussi est torturée et violée, et sa mère et son père torturés) impliquant aussi bien les généraux Massu et Bigeard, donneurs d’ordre et témoins, que le capitaine Graziani, le tortionnaire et l’exécuteur des « viols », tué ensuite au combat pendant la guerre d’Algérie. Florence Beaugé promit à Louisette de se mettre en recherche de Richaud, le médecin militaire de la 10e division parachutiste qui l’a sortie de cette affaire pendant la bataille d’Alger.
Le témoignage bouleversant de Louisette Ighilahriz dans le journal Le Monde, à la Une du journal, le 19 juin 2000, va faire l’effet d’une déflagration, provoquant l’ire des anciens galonnés.
Cela sera le point de départ d'une période de retour du refoulé sur la guerre d'Algérie.
C’est un des premiers témoignages paru sur le viol par des soldats français de femmes algériennes. La honte du viol en Algérie retentit autant sur la victime que sur les bourreaux, ce pourquoi les femmes victimes se sont presque tout le temps tues. Mais ce silence tue lui aussi, étouffe et dévore de l’intérieur.
Il ne va pas durer, le témoignage de Louisette dans Le Monde va ouvrir le couvercle de la marmite des traumas et culpabilités, et plusieurs anciens soldats d’Algérie, appelés ou volontaires, vont ensuite soulager leur conscience quarante ans après les faits pour dévoiler le caractère tristement ordinaire du viol contre les femmes algériennes. Dans les mechtas isolées par les compagnies de Paras ou d’appelés engagés en milieu hostile, le viol est banal depuis la répression de la Toussaint 54, et surtout depuis 55, jusqu’à l’opération Challe. Et pendant ce qu’on appelle à tort la « Bataille d’Alger », en réalité plutôt la terreur coloniale sur Alger musulman, neuf femmes sur dix arrêtés aux dires de Gisèle Halimi, autrice avec Simone de Beauvoir du célèbre livre "Djamila Boupacha" (Gallimard, 1962) qui fut l'avocate de plusieurs d'entre elles, mais que souvent elles ne disent pas à la barre dans les tribunaux militaires, la totalité de leurs sévices, ont été violées quand elles été soumises à un interrogatoire, la plupart du temps sans pouvoir le dire ensuite à personne, et en vivant ce crime subi dans la honte. "Pour Gisèle Halimi, relate Florence Beaugé (p.224), les viols commis dans les campagnes avaient pour objectif "le défoulement de ma soldatesque". Dans les PC des compagnies, en revanche, l'objectif était plutôt "l'anéantissement de la personne". Gisèle Halimi rejoint ainsi le point de vue exprimé par Raphaëlle Branche dans sa thèse, à savoir que la torture avait moins pour objet de faire parler que de faire entendre qui avait le pouvoir. "Ça commençait par des insultes et des obscénités. Pour se défouler, les tortionnaires lançaient aux femmes en pleine figure: "Salope, putain, ça te fait jouir d'aller dans le maquis avec tes moudjahidine?" Et puis ça continuait par la gégène et la baignoire. Et là, quand la femme était ruisselante, hagarde, anéantie, on la violait avec un objet, une bouteille par exemple, tandis que se poursuivait le torrent d'injures. Après ce premier stade d'excitation, les tortionnaires passaient au second: le viol partouze, chacun son tour".   
 
Edwy Plenel, qui n’avait pas contrôlé la publication, est furieux après la publication de témoignage de Louisette Ighilahriz, et oblige sa journaliste, Florence Beaugé, a obtenir en contrepartie la version de Massu et de Bigeard. Et là, surprise, Massu regrette, affirmant bien tard, 40 ans après les faits, et à l’encontre de ses affirmations immédiatement postérieures à la guerre d’Algérie (La vraie bataille d’Alger, 1971), que « la torture n’est pas indispensable en temps de guerre » et confirme une grande partie de la plausibilité de ce qu’a vécu Louisette, même s’il dit ne pas s’en souvenir … Lui le chef de la répression contre-terroriste pendant la bataille d’Alger, à partir de janvier 1957, l’organisateur des tortures et des disparitions, exécutions extra-judiciaires. Bigeard, lui, le héros de la Résistance, et d’Indochine, adulé par ses hommes, aimant son côté casse-cou et franc du collier, qui fut secrétaire d’état de Giscard d’Estaing en 1975, lui refuse de s’exprimer sur son implication personnelle et s’enferme dans les mensonges et le cynisme.
C’est Germaine Tillion, ancienne résistante déportée à Ravensbruck, sociologue, spécialiste qui fera sortir Louisette Ighilahriz de prison à la fin de la guerre d’Algérie.
 
Florence Beaugé va aussi aider Mohamed Garne, qui témoigne dans l'Envoyé Spécial, avec Louisette et Annick Castel, à faire connaître son histoire terrible, lui qui est devenu "français" par le crime, le viol de sa mère, une jeune fille de la campagne de 15 ans, séquestrée pendant des semaines par des soldats qui la violeront à tour de rôle.
Louisette Ighilahriz témoignera avec Florence Beaugé à la fête de l'Humanité à La Courneuve le samedi 16 septembre 2000, l'Humanité, sous l'impulsion de Charles Silvestre, ayant joué un rôle tout à fait déterminant pour porter ce retour de mémoire sur les crimes de l'armée française en Algérie, en faisant tout pour que "ce brusque réveil de mémoire se prolonge et que la parole des anciens appelés se libère".
 
C'est lors de ce débat à l'agora de l'Humanité que Mohamed Garne, sympathisant communiste, racontera pour la première fois en public son histoire, de manière spontanée, lui l'écorché vif né d'un viol en août 1959 au camp de détention de Theniet El-Had, à 160 km au sud-ouest d'Alger, séparé de sa mère Khéïra, restée vivre dans le cimetière de Sidi Yahia, dans un trou au milieu de deux tombes, profondement destabilisée psychologiquement par le trauma des viols subis à 15 ans, et devenue "la louve". Selon les informations qu'a pu recueillir Mohamed Garne, entre 30 et 50 soldats français auraient violé sa mère algérienne. Florence Beaugé publiera son histoire dans "Le Monde" le 9 novembre 2000. La soeur de Louisette, Ouardïa, avait quatorze ans elle aussi quand elle fut violée et torturée par les parachutistes, sous les yeux de sa mère.
Florence Beaugé témoigne que Louisette Ighilahriz éprouvait, "comme beaucoup d'algériens, de la gratitude envers les communistes, qui ont dénoncé très tôt le caractère colonial de la guerre d'Algérie et les exactions commises sur le terrain: "Je leur dois bien cette petite visite et mon témoignage", a t-elle estimé".
Florence Beaugé témoigne aussi que beaucoup des appelés qui témoignent auprès d'elle après 2000 des crimes de guerre qu'ils ont commis en Algérie, ou plus fréquemment dont ils ont été témoin (viols, tortures) sont soit communistes, soit proches du PCF, soit passés par un temps de formation et de militantisme au Parti communiste. Tous ont été brisés, profondément traumatisés par cette guerre, vivant dans la honte de ce qu'ils ont vu et participer à faire, à couvrir, ou de ce qu'ils ont subi dans l'impuissance.
Au lendemain du témoignage de Louisette Ighilahriz à la fête de l'Huma, Charles Silvestre, lui-même ancien appelé d'Algérie, devenu communiste dans le refus de cette guerre, convainc l'Humanité de partir en campagne, de se mettre au service d'une démarche de vérité et de mémoire sur la guerre d'Algérie sans a priori partisan, réunissant douze grands témoins de la guerre d'Algérie, douze autorités morales dont beaucoup ont été membres du comité Maurice Audin en 1957 au lendemain de la disparition du jeune universitaire communiste: Henri Alleg, Pierre Vidal-Naquet, Germaine Tillion, Josette Audin, la veuve de Maurice, Madeleine Reberioux, Laurent Schwartz, mathématicien, l'un des signataires de l'appel des 121 sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie (6 septembre 1960), Jean-Pierre Vernant, compagnon de route du PCF, figure de la Résistance, Simone de Bollardière, la veuve du général qui démissionna pour dénoncer la systématicité de la torture, Gisèle Halimi et Nicole Dreyfus, engagés pendant la guerre d'Algérie dans la défense des militants du FLN et du Parti communiste algérien menacés de la guillotine, notamment dans la période où Mitterrand étaient ministres de l'intérieur, puis de la justice., et enfin Alban Liechti, le rappelé jeune communiste insoumis, refusant de combattre dans une guerre colonialiste, et condamné au bagne, et Noël Favrelière, qui préféra déserter avec son prisonnier plutôt que de se rendre complice d'une "corvée de bois". Cet appel est un appel à témoignage, il dit que derrière les mots rassurants de "maintien de l'ordre", de "pacification", la guerre d'Algérie, ce fut les déplacements massifs de la population algérienne (deux millions de personnes sur huit millions), la torture, les viols et exécutions sommaires extra-judiciaires, les villages incendiés, le napalm, les meurtres préventifs, etc. Au début des années 2000, dans le sillage du travail de Florence Beaugé et de cet appel paru dans ses colonnes, L'Humanité sera le fer de lance d'un travail militant pour que la vérité éclate sur les crimes de la guerre d'Algérie, dont furent témoin une partie des un million sept cent mille appelés de la guerre d'Algérie (voire deux millions), sur fond de peur, de conditionnement et de ressentiment militaire (après la défaite de la guerre d'Indochine), d'ignorance et de racisme colonial.
 
Florence Beaugé raconte combien les élites françaises pouvaient être mal à l'aise avec le retour en visibilité de ces cadavres cachés dans le placard, tels Jean-Marie Le Pen, qui torturait à domicile dans la Casbah pendant les 6 mois de son service volontaire de député combattant chez les services de contre-terrorisme de la division parachutiste, qui fut responsable de plusieurs dizaines de morts ou de disparition au moins, et qui laissa son couteau des jeunesses hitlériennes dans une maison de la Casbah, couteau que Florence Beaugé ramena en France dans des conditions rocambolesques, quand Le Pen lui intenta un procès en diffamation, qu'il perdit. Tel Mitterrand, l'homme de l'Algérie Française et du refus de grâce aux condamnés à mort, qui ferma les yeux sur la répression et les crimes de guerre dès 1954, ou plutôt qui les cautionna.
Tel Maurice Schmitt, un des généraux les plus haut gradés de France, chef d'état-major de 1987 à 1991 (pendant la première guerre du Golfe), son chef d'état major, qui dirigeait lui-même les interrogatoires et les tortures de dizaines d'algériens et algériennes FLN ou suspects, ou membres de leurs familles, dont plusieurs femmes violées, à l'école Sarouy, à l'été 1957 pendant la bataille d'Alger, comme Ourida Meddad, qui s'est défenestrée pour fuir l'enfer des tortures quotidiennes, nue à la merci des tortionnaires, à 19 ans. Ce général Schmitt osera qualifier de "tissu d'affabulations" le témoignage de Louisette Ighilahriz dans l'émission de télévision "Culture et dépendances" du sinistre Franz-Olivier Giesbert, sur France 3, preuve du cynisme sans égal de ces militaires qui mettent leur honneur à mentir et justifier l'innommable.
Maurice Schmitt et Jean-Marie Le Pen porteront plainte contre Florence Beaugé, pas le général Aussaresses, ancien adjoint de Massu, normalien érudit, spécialiste de la littérature grecque et latine, ancien résistant, SAS avec les services britanniques, brave de la seconde guerre mondiale, personnage étrange, bravache et cynique, sans regrets mais sans tricherie, homme des basses besognes en responsabilité de l'escadron de la mort de l'armée française pendant la bataille d'Alger, qui parlera, là où les autres cadres de l'armée se taisent, et payera pour tout le monde, lui, l'assassin de Larbi Ben M'Hidi, héros et martyr de l'indépendance algérienne,  et probablement de Maurice Audin. A l'époque où Florence Beauge le rencontre il a un flirt (toxique) avec Christine Deviers Joncour, impliquée avec Loïc Le Floch Prigent et Roland Dumas dans l'affaire Elf ... 
 
Florence Beaugé va tomber sur le poignard nazi avec la signature de Le Pen en mai 2002, en retrouvant Mohamed Cherif Moulay, son "propriétaire", qui l'avait récupéré dans sa maison de la Casbah et caché après une nuit de torture et de violence à son domicile pendant la bataille d'Alger.  A l'époque c'était un enfant de 10 ans, et son père venait d'être assassiné par les paras après avoir été bastonné et torturé à l'eau. Jean-Marie Le Pen n'a fait qu'un bref séjour en Algérie (de janvier à fin mars 1957), mais il y a laissé des souvenirs d'une grande violence, son nom étant associé aux mots "torture" et "corvée de bois". A l'époque, il est déjà député, benjamin de l'Assemblée nationale, élu à l'âge de 28 ans en 1956. Volontaire pour l'Algérie il est intégré au 1er Régiment étranger de parachutistes (REP), attaché à la 10e Division Parachutiste, avec le grade de lieutenant. Basé à la villa des Roses, sur les hauteurs de El-Biar, où il va torturer, Le Pen est affecté aux tâches "antiterroristes". Il quittera Alger après avoir été décoré de la Croix de la valeur militaire par le général Massu. Le Pen a torturé à l'électricité, à l'eau, au chalumeau, il mettait les prisonniers nus, les faisait bastonner, et à ordonner des exécutions sommaires. 
Quand Le Pen portera plainte contre Florence Beaugé, Henri Alleg et Pierre Vidal Naquet viendront plaider pour la vérité des propos de la journaliste. "Alleg, à l'intelligence et à la force de conviction hors du commun. Vidal-Naquet, à qui il suffit de prendre la parole pour faire autorité. Je regarde, incrédule, ces deux "Justes". Il y a trois ans, je ne connaissais pas leurs noms. Aujourd'hui, ils sont là, à mes côtés. Avec émotion, j'entends l'un puis l'autre défendre et saluer mon travail. A la fin de sa déposition, Henri Alleg ajoute même ces mots: "Florence a fait davantage avec ses enquêtes pour rapprocher la France et l'Algérie que quarante ans de diplomatie franco-algérienne". Le 26 juin 2003, Florence Beaugé est relaxée et Jean-Marie Le Pen débouté de sa plainte en diffamation.  
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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 19:17
Mort de Pierre Ivorra, ancien journaliste économique de l'Humanité
Disparition
Mort de Pierre Ivorra, ancien journaliste économique de l'Humanité
 
L’ancien journaliste et chroniqueur économique de l’Humanité vient de mourir à 78 ans. Il fut une des plumes les mieux aiguisées de notre journal.
Publié le 8 janvier 2026 - L'Humanité 
Patrick Apel-Muller
Bruno ARBESU
 
Durant plus de trente ans, Pierre Ivorra fut journaliste à l’Humanité, mariant l’analyse économique à la révélation sur les réalités et les réseaux des puissants. Né à Casablanca (Maroc) en 1947, il avait gardé de ses origines une gouaille chaleureuse et une nostalgie du soleil, qu’il avait retrouvé à Hyères (Var) où il s’est établi un temps, la retraite venue, avec son épouse, Marie-Simone. Mais auparavant, c’est dans la région parisienne qu’il noue ses premiers engagements militants, rejoignant l’Union des étudiants communistes à Panthéon-Sorbonne.
Le début d’un compagnonnage avec Paul Boccara qui se poursuivra à la section puis à la commission économiques du PCF et lors de grands entretiens qu’il conduira dans l’Humanité. Lui qui a suivi des études de philosophie se reconnaît dans un credo : se hâter de rendre l’économie populaire.
En 1978, il est embauché à l’Humanité au service politique, puis à la rubrique régions et à l’Humanité dimanche où il inculque déjà de solides bases de travail. La pile des dossiers tenus à jour sur son bureau rappelait qu’il ne suffit pas d’avoir des points de vue, il faut des informations, des faits et des chiffres, des pistes à explorer. Il constitue d’ailleurs un réseau d’informateurs, on dirait aujourd’hui de lanceurs d’alerte, pour certains travaillant au cœur des lieux de décisions, qui lui confient discrètement de précieux tuyaux.
Le décryptage des mécanismes de l’économie capitaliste, les révélations sur les gâchis qu’ils suscitent et les voies pour dépasser ce système
La dynastie Peugeot, Michelin et quelques autres virent ainsi se fendiller les murs épais derrière lesquels elles édifiaient leur fortune. En tandem avec un autre journaliste de l’Humanité, Jack Dion, il publie Sur la piste des patrons en 1987 aux Éditions sociales.
Pierre Ivorra s’attache à allier dans son travail le décryptage des mécanismes de l’économie capitaliste, les révélations sur les gâchis qu’ils suscitent et les voies pour dépasser ce système. À la tête de la rubrique « Économie-luttes », il ferraille avec d’autres journalistes qui veulent surtout mettre l’accent sur le déroulement des conflits sociaux. Ce débat traverse sous d’autres formes le Parti communiste et, là encore, Pierre s’engage. Il publie successivement Face à la crise, des clés pour comprendre, en 2009, et la Finance au pas. Ce qu’il faut savoir sur la finance pour mieux la comprendre, en 2014. Plus récemment, à l’issue du Covid, il écrit Soigner l’hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé. Toujours préoccupé de donner à penser et à agir.
S’il prend son travail au sérieux, il n’est pas confit dans la gravité. Il me souvient des samedis soir à l’Humanité dimanche, quand est bouclée l’édition parisienne, des soirées à griller des sardines qui empuantissaient le quartier Bonne-Nouvelle, et des fêtes de la rédaction, parfois improvisées…
 
Après trente ans passés au journal, Pierre choisit en 1999 de creuser particulièrement un des sillons qu’il avait tracés en devenant analyste financier auprès des comités d’entreprise. Décrypter pour agir. Il n’en délaisse pas pour autant son journal puisqu’il en devient, dix années durant, chroniqueur économique.
 
L’addiction du pouvoir aux intérêts du capital
Militant, il ne cesse de l’être. À Nanterre, dans le Val-d’Oise, à Saint-Denis, à Hyères où il soutient vigoureusement « le Manifeste » lors des derniers congrès du PCF. Depuis trois ans, la maladie l’avait éloigné des activités publiques.
 
Ses funérailles auront lieu le mercredi 14 janvier, à 14 heures, au crématorium d’Auxerre (Yonne), 19, rue des Conches. L’Humanité présente à Marie-Simone, son épouse, à Jean-Marie et Elsa, ses enfants, et aux proches ses condoléances émues
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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 18:12
La section du Pays de Brest du PCF soutient l’appel de l’association AZADI ( = Liberté ) et du collectif des iraniens qui organisent un rassemblement en soutien aux femmes et au peuple iranien, le mardi 13 janvier à partir du 18h30 et le samedi 17 janvier à 18h30 Place de la liberté.
ommuniqué de la section du pays de Brest  du PCF .
Bien cordialement,

Jean-Paul Cam

Depuis le 28 décembre l'Iran fait face à une mobilisation inédite et l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979. Le mouvement, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants dénonçant l’inflation et la dépréciation de la monnaie, a gagné de nombreuses autres villes et pris de l’ampleur ces derniers jours.

À l’intérieur de la république islamique, le décompte des morts « officiel » est en complet décalage avec les associations sur place, dont certaines dénombraient ce matin « au moins 192 morts », rapporte l’AFP. Hier soir, des iraniens ont défilé en nombre à Téhéran scandant des slogans hostiles au pouvoir malgré les craintes grandissantes de répression brutale. Ce dimanche matin, la police annonçait d’« importantes » arrestations.

Les origines immédiates de cette irruption populaire sont dues à la politique économique et sociale du régime des mollahs : inflation à plus de 40 %, diminution du pouvoir d'achat, corruption des milieux dirigeants. S'y ajoute la colère devant les effets des sanctions imposées par l'impérialisme étatsunien et ses alliés. Mais, plus profondément, c’est une puissante aspiration à la démocratie, déjà exprimée avec force par le mouvement « Femmes-Vie-Liberté », qui resurgit avec force à l’occasion de cette mobilisation.

Donald Trump prend prétexte de ces manifestations pour menacer d'une intervention militaire afin de recomposer la région à sa main. Cela exposerait le peuple iranien et l'ensemble des peuples de la région à de nouvelles catastrophes et au chaos. C’est au peuple iranien, et à lui seul, de décider de son avenir après qu’il aura fait chuter cet odieux régime islamiste.

Le Parti communiste français est solidaire du mouvement de protestation du peuple iranien contre la dictature théocratique. Il exprime son plein soutien à nos camarades du Parti Tudeh d'Iran, qui agissent afin que les mouvements de protestation en cours puissent se transformer en vaste mouvement populaire pour la libération du peuple d'Iran et pour un avenir démocratique du pays, fondé sur la souveraineté populaire.

La section du Pays de Brest du PCF soutient l'appel de l'association AZADI ( = Liberté ) et du collectif des iraniens qui organisent un rassemblement en soutien aux femmes et au peuple iranien, le mardi 13 janvier à partir du 18h30  et le samedi 17 janvier à 18h30  Place de la liberté.

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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 15:02
"Tout le monde m'appelle Jacqueline" - Portrait de Jacqueline Héré, maire de quartier de Bellevue à Brest pendant 25 ans, dans le Ouest-France du 11 janvier 2026 (Lucile Vanweydeveldt)
Tout le monde m’appelle Jacqueline » : à Brest, joli tour de piste de la maire du bas des tours de Bellevue
 
Jacqueline Héré, maire adjointe, est fière de son quartier. Bellevue, 17 000 habitants, change de visage avec l’arrivée de la deuxième ligne de tramway à Brest (Finistère). L’élue de 72 ans, également conseillère communautaire et conseillère départementale, a vu la rénovation urbaine redessiner les rues, casser des immeubles et impliquer les habitants. Elle raccroche après trente ans de politique locale.
 
Jacqueline Héré, maire adjointe du quartier de Bellevue, à Brest : « Tout est fait pour donner envie de rester ici, dans ce quartier multiculturel et solidaire. J’y habite, j’y vis, j’y fais mes courses : ici, on partage. »
 
Jacqueline Héré, maire adjointe du quartier de Bellevue, à Brest : « Tout est fait pour donner envie de rester ici, dans ce quartier multiculturel et solidaire. J’y habite, j’y vis, j’y fais mes courses : ici, on partage. » |
 
« Je suis élue depuis 1995 ! Faut savoir s’arrêter, j’ai quand même 72 ans. » Un raisonnement qui n’est pas celui de tout le monde en politique. Jacqueline Héré, maire adjointe du quartier de Bellevue, à Brest (Finistère) ne repart part aux prochaines élections municipales, en mars 2026. Cette élue tout terrain, arrivée à Brest en 1980, fait son dernier tour de piste.
 
« Ici, tout le monde m’appelle Jacqueline, dit-elle. Un élu n’est pas fait pour rester dans sa mairie, au contraire. Aller au contact des gens quand ça va bien et surtout quand ça va mal, c’est mon rôle. » Cette militante communiste, depuis 1975, est également conseillère départementale, élue avec Kevin Faure sur le canton de Brest-1, et conseillère communautaire. Disponible, elle a toujours donné la priorité aux rapports humains : « Je suis là pour porter la parole des habitants. »
 
« C’est eux l’avenir du quartier »
 
Au lendemain du meurtre d’un jeune homme de 21 ans, le 14 novembre 2025, elle était dans la rue pour rassurer et resserrer les liens après le drame. Manifestations, inaugurations, célébrations… Jacqueline Héré ne manque aucun rendez-vous qui ponctue la vie du quartier. « On est là pour écouter les gens, quelles que soient les circonstances. Et c’est pas toujours triste. Quand on a fêté la fin des travaux du pont neuf, on a choisi de mettre les écoliers de Quizac à l’honneur. Ils ont écrit et chanté une chanson rigolote sur Bellevue. C’est eux l’avenir. »
 
[Jacqueline Héré, militante communiste, a trente ans de politique locale à Brest à son actif. Elle raccroche aux prochaines élections municipales.]
Jacqueline Héré, militante communiste, a trente ans de politique locale à Brest à son actif. Elle raccroche aux prochaines élections municipales. |
Fière de voir son quartier rajeunir, l’élue se souvient de son arrivée à la mairie, en 2001 : « La patinoire venait d’être aménagée. La laisser au milieu des tours et des habitations était un signe politique fort. J’ai de la chance : le quartier est prioritaire. La nouvelle ville, comme on l’appelait à l’époque, porte bien son nom. Avec l’arrivée de la 2e ligne de tramway, on va avoir de nouveaux espaces verts, une nouvelle place Napoléon III, un nouveau centre social pour 2028. La boucle est bouclée. »
 
« Les gens étaient tout étonnés »
 
Et pour redessiner Bellevue, 17 000 habitants dont 7 000 sont concernés par l’opération de renouvellement urbain, la Ville a consulté ceux qui y vivent. Les premiers ateliers ont démarré en 2017. « Je ne peux pas compter combien il y a eu de réunions, c’est énorme, affirme Jacqueline Héré. Au départ, les gens étaient tout étonnés de voir qu’on tenait compte de leurs remarques. On a vraiment tout pensé avec eux. Et ce n’est pas fini, puisque le chantier va s’étaler jusqu’en 2030 ».
 
Le nouveau tram est une chance : il jouera un rôle d’ambassadeur en sillonnant des rues et avenues peu fréquentées par les nombreux Brestois qui vont à la Cavale-Blanche. Avec les rails, de nouvelles places, de nouvelles zones de jeux ont été pensées pour les bébés, les mamans et les mémés. « Les citoyens ont leur mot à dire. Pas de politique de la ville sans eux », martèle l’élue.
 
Fin novembre, les gamins du centre social ont planté dix-sept pommiers et poiriers, dont les essences ont été choisies par les habitants de Kerbernier. Cette graine de citoyens entend récolter les fruits : le parc a été aménagé avec des jeux, des équipements pour faire du sport, des tables et bancs où s’asseoir pour papoter. La réussite de ce quartier, c’est que tout est fait ensemble, de manière collective, avec des partenaires aussi variés que la mairie, le centre social, la médiathèque, des photographes, le service des archives, des associations de mamans et… les gens d’ici.
 
" Tout est fait pour donner envie de rester dans ce quartier multiculturel, lance-t-elle. J’y habite, j’y vis, j’y fais mes courses : à Bellevue, on partage. Des liaisons douces sont aménagées pour descendre vers la Penfeld, un poumon vert avec ses rues bordées de pavillons. À un jet de pierre, sur la dalle, les immeubles en béton sont en hauteur ou en barres, mais à Bellevue, pas de tour d’ivoire. "
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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 08:37
MesOpinions.com : le site de pétition et sondage en ligne
Alerte Mobilisation !
Une pétition mobilise la communauté MesOpinions. Ce combat citoyen peut vous intéresser.
Appel citoyen pour l’évacuation médicale urgente de la famille AL RAYYES à Gaza
 
Appel citoyen pour l’évacuation médicale urgente de la famille AL RAYYES à Gaza
 
    Je signe en un clic    

Évacuation médicale urgente de la famille AL RAYYES – Gaza | Appel humanitaire citoyen

Aujourd’hui, face à ce qui se passe à Gaza, beaucoup d’entre nous se sentent démunis, impuissants, ne sachant plus quoi faire.

Cette pétition propose un geste simple, citoyen et concret, pour soutenir une famille identifiée, dont la situation humanitaire et médicale est documentée, reconnue, et pourtant toujours bloquée.

La famille AL RAYYES est originaire de Gaza.

Le père, Arafat AL RAYYES, a été grièvement blessé lors d’une explosion en septembre 2025. Son pronostic visuel, fonctionnel et vital est engagé. Les soins nécessaires ne sont plus disponibles localement.

Son épouse, Sanaa, est atteinte d’un cancer thyroïdien métastatique sans suivi médical possible.

Leurs trois enfants souffrent de pathologies chroniques, aggravées par la guerre, la malnutrition et les déplacements forcés.

Leur fils aîné, Yaser AL RAYYES, est aujourd’hui réfugié en France. Il a été accueilli à Concarneau, dans le Finistère, par son ancien employeur, devenu son père adoptif.

Depuis des mois, avec le soutien d’un comité citoyen, il se bat pour permettre l’évacuation médicale de sa famille.

➡️ Le dossier médical est complet.
➡️ L’inscription sur les listes d’évacuation humanitaire est confirmée.
➡️ Un hôpital français, le CHU de Brest, a formellement accepté la prise en charge médicale.

Pourtant, malgré ces éléments, l’évacuation reste bloquée.

La presse écrite et radio a largement relayé le dossier, sans déclenchement opérationnel à ce stade.
La médiatisation télévisuelle a été volontairement mesurée, afin de protéger la famille restée à Gaza et de préserver la sécurité et la dignité de la famille d’accueil et de Yaser en France.

Signer cette pétition, ce n’est pas faire un geste abstrait.
C’est simplement affirmer que cette famille ne doit pas être laissée seule face à l’attente, à l’épuisement et au risque vital.

C’est demander que les autorités françaises utilisent les moyens humanitaires et diplomatiques existants pour permettre :

Derrière cette pétition, il n’y a ni slogan ni récupération politique : il y a un père qui risque de perdre la vue, une mère gravement malade, des enfants en danger, et un fils déjà réfugié en France, qui se bat depuis des mois pour permettre leur évacuation et leur accès aux soins.

Nous demandons simplement qu’une porte s’ouvre. En rejoignant le comité et en signant cette pétition, vous y contribuez directement.

La signature de cette pétition vaut adhésion au comité de soutien citoyen de la famille AL RAYYES.

Elle autorise l’intégration du signataire à une démarche collective et non partisane, ainsi que la co-signature collective, au titre du comité de soutien, des courriers adressés aux élus, aux autorités françaises et aux institutions concernées, afin de demander le déclenchement effectif de l’évacuation médicale humanitaire, avant qu’il ne soit trop tard.

Aucun engagement financier n’est requis. La mobilisation repose uniquement sur un soutien citoyen nominatif, transparent et responsable.

Si vous ne pouvez pas signer pour des raisons de confidentialité mais souhaitez néanmoins soutenir la famille AL RAYYES, un soutien financier reste possible. Les dons permettent à la famille de survivre dans l’attente d’une solution humanitaire.

Pour participer activement et vous tenir informé des actions du comité, vous pouvez nous écrire à :
soutien.famillealrayyes@proton.me

 
    Je signe en un clic    
    Voir la pétition    
 
Informez vos amis de ce combat citoyen :
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Toute l’équipe de MesOpinions se mobilise avec vous au service de la démocratie participative.
Agissez pour le monde de demain en lançant votre pétition.

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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 08:27

Solidarité avec les réfugiés de Gaza - message de notre camarade Gérard Desmarest (PCF Carhaix-Huelgoat et AFPS Palestin Dieub 22)

L'Afps Palestin Dieub 22 devant la situation dramatique de nos amis Palestiniens dans la bande de Gaza a initié une cagnotte en ligne pour les aider.

Nous avons deux contacts sérieux à Gaza avec qui on échange plusieurs fois par semaine depuis plusieurs mois et qui organisent avec nos dons, des distributions d'eau potable, de colis de nourriture,  de lait maternel et devant l'hiver qui s'installe, de bâches et de tentes si les dons sont suffisant.
A chaque versement, il nous rendent compte de l'utilisation des dons.
LA TOTALITE des dons leur est renversée. 
Malgré la déclaration de Trump d'un cessez-le-feu,  la situation reste dramatique à Gaza, la famine, la pression de l'armée et le froid, déjà des enfants en sont morts se fait cruellement sentir, mais en silence cette fois-ci vu que les médias se sont détournés de ce génocide. 
Il n'en reste pas moins que les Gazaouis ont besoin de notre solidarité alors ne baissons pas les bras.
Dernière chose, il n'y a pas de petits dons, les petits ruisseaux faisant les grandes rivières. 
Vous pouvez nous retrouver sur notre page Facebook 
Afps palestin dieub
 
 
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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 08:21
Soutien à notre camarade syndicaliste CGT Pierre Chapa convoqué le 22 janvier au tribunal suite à une plainte de l'extrême-droite
Soutien à notre camarade syndicaliste CGT Pierre Chapa convoqué le 22 janvier au tribunal suite à une plainte de l'extrême-droite
Pierre Chapa est reconvoqué devant le tribunal le jeudi 22 janvier 2026 dans l'affaire qui l' oppose à l'association d'extrême-droite SOS Education suite à leur dérobade de décembre.
 
Un rassemblement aura lieu le 22 janvier de 12h à 14h devant le tribunal en soutien à Pierre mais aussi pour dénoncer les pressions de l'extrême-droite sur l'école et les personnels.
 
Le 1er rassemblement a été très réussi avec 300 personnes, il nous faut réussir la même chose le 22!
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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 08:06
Prochaine vente de légumes solidaires du PCF Pays de Morlaix à Kerfraval le samedi 17 janvier de 10h à 12h
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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 07:57
Pascal Pouillet et Patrick Beguivin, le 10.01.2026 sur le marché de Morlaix - Photo Pierre-Yvon Boisnard

Pascal Pouillet et Patrick Beguivin, le 10.01.2026 sur le marché de Morlaix - Photo Pierre-Yvon Boisnard

Nos camarades du PCF pays de Morlaix Pascal Pouillet et Patrick Beguivin à la vente de l'humanité ce samedi matin, 10 janvier, place Salvador Allende sur le marché de Morlaix et à la distribution du Rouge Finistère, le journal du PCF Finistère, édition de janvier 2026. Merci à Pierre-Yvon pour la photo.

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10 janvier 2026 6 10 /01 /janvier /2026 17:35

 

 

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