Personnes âgées, travailleurs exposés, personnes fragiles ont été touchés. Ce n’est pourtant pas une surprise : les scientifiques nous alertent depuis des années sur la multiplication des événements climatiques extrêmes : incendies dans nos forêts, sécheresse sur nos cultures, inondations. Nous avons aussi connu le covid et ses conséquences sanitaires, économiques et sociales considérables.
Bizarrement, quand il s’agit d’augmenter les moyens de nos armées, cela va vite ; mais quand il s’agit d’adapter notre pays au changement climatique, c’est beaucoup plus long !
Vous proposez d’ajouter 36 milliards d’euros aux plus de 400 milliards déjà programmés pour le réarmement, au nom d’une menace russe présentée comme majeure, et que nous ne sous-estimons pas.
Il ne s’agit pas d’opposer les enjeux. La sécurité d’une nation ne s’analyse pas par une seule grille de lecture. Notre capacité à protéger nos concitoyens face aux crises climatique, industrielle et sociale est essentielle.
Pour cette raison, nous défendons une approche fondée sur la stricte suffisance : disposer des moyens nécessaires à notre défense sans basculer dans une logique de surenchère qui réduirait nos marges de manoeuvre pour répondre aux autres vulnérabilités de notre pays.
Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a rappelé la contrainte forte qui pèse sur nos finances publiques, dans un contexte de déficit excessif et de dette insoutenable. Or cette actualisation de la LPM représente autant de crédits qui ne seront pas investis dans les services publics ni consacrés à l’adaptation au changement climatique, à l’école, à l’hôpital, à la justice, aux transports ou à la protection civile.
La sécurité nationale, c’est d’abord la protection de notre population, de notre territoire et de nos infrastructures critiques. Cela suppose une adaptation au changement climatique.
À chaque crise, la même réponse : toujours plus d’armements, de dérogations, et d’atteintes nouvelles aux libertés publiques. Par touches successives, on dessine un régime d’exception permanente... Et que dire de l’avenir de notre jeunesse, enfoncée dans la précarité ?
Nous voulons un dialogue respectueux avec les collectivités territoriales et leurs élus, une association réelle aux décisions, avant d’ajouter des charges complémentaires.
Une politique de défense responsable ne peut être pensée indépendamment des autres dimensions de la souveraineté. Aucun État ne pourra seul répondre aux différents défis que nous aurons à affronter ensemble.
Une grande puissance se distingue également par sa capacité à faire vivre le droit international et les initiatives diplomatiques en faveur de la paix, dont il n’est guère mention ici.
Notre discours n’est pas dirigé contre nos armées : nous savons ce que représentent les industries de défense.
Mais, parce que nous prenons au sérieux les enjeux de défense, nous refusons la fuite en avant. Le groupe CRCE-K votera donc contre les conclusions de la CMP.
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