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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 12:45

Fabien Roussel a été excellent, comme d'habitude, sur RFI ce 5 février, interviewé par Fréderic Rivière.

" Il y a une majorité de députés de la majorité en France qui votent comme des playmobils, le bras levé"

"Ils font des cadeaux aux plus riches et de l'autre côté ils sont obligés de taper dans notre porte-monnaie"

"Nous sommes à 10 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté et nous sommes la sixième puissance économique"

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 09:14
La phrase du jour: Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime
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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 08:59
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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 06:55
Guy Liziar Le Télégramme

Guy Liziar Le Télégramme

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

37/ Guy Liziar (1937-2010)

Notice biographique du Maitron en ligne - Jacques Girault et Alain Prigent

Né le 7 février 1937 à Quimerch (Finistère), mort le 14 novembre 2010 à Brest (Finistère) ; instituteur ; militant communiste dans le Finistère, maire du Relecq-Kerhuon.

Fils d’un ajusteur mécanicien et d’une future couturière d’opinions communistes, Guy Liziar reçut les premiers sacrements catholiques. Il obtint le baccalauréat « Mathématiques élémentaires » et devint instituteur. Après avoir travaillé comme surveillant dans un collège technique, il enseigna à Treffiagat et à Lesconil, à l’école primaire Kergoat dans la ZUP de Brest, puis à partir de 1970, au Relecq-Kerhuon. Il se maria en août 1963 au Relecq-Kerhuon avec Marie-Louise Léost, assistante sociale, communiste, fille d’un maçon socialiste. Le couple eut trois enfants puis divorça. Liziar se remaria en mai 1992 au Relecq-Kerhuon, avec Marie-Hélène Aubert, fille d’un secrétaire comptable à l’arsenal maritime de Brest.

Membre du Syndicat national de l’enseignement technique en 1958, Liziar devint membre du Syndicat national des instituteurs.

Liziar adhéra au Parti communiste français et aux Jeunesses communistes en mars 1959. Il entra au bureau de la fédération des JC, puis fut membre du secrétariat de la section communiste du Relecq-Kerhuon, chargé de l’organisation et de la commission des fêtes. Responsable de l’organisation départementale de Loisirs et vacances de la Jeunesse, il entra au comité de la fédération communiste en 1966, puis de la fédération Finistère-Nord à partir de 1972, responsable de la commission « vie municipale et cantonale » à la fin des années 1970, et y resta jusqu’en 1987, année où il demanda à être libéré pour s’investir davantage dans les associations.

Il était en effet membre du conseil d’administration du patronage laïque et militait dans le comité local de l’association de parents d’élèves. Depuis 1964, il avait créé des centres nautiques (Esquibien près d’Audierne, puis Lechiagat-Le Guilvinec, puis du Relecq-Kerhuon et de Camfrout). Il créa en 1977 une association TUL qui se transforma après des difficultés, à partir de 1990, en « Association vacances, évasions, loisirs » qui acheta la « Résidence-club Le Savoy » au Grand-Bornand (Haute-Savoie) dont il s’occupa avec d’autres bénévoles.

Liziar fut le suppléant du candidat communiste Yves Cam aux élections législatives dans la troisième circonscription (Landerneau) en 1967 et en 1968. Candidat aux élections législatives dans cette circonscription (Brest II) en 1973, il obtint 3 392 voix sur 64 760 inscrits (6, 18 % des suffrages exprimés au premier tour). Candidat aux élections législatives de 1978 dans la même circonscription (5 402 voix au premier tour, 77 410 inscrits), au Conseil général en 1970 (canton de Landerneau), en 1973, en 1976 (canton de Brest 2, Guipavas-Kerhuon-Guesnou), en 1982 dans le septième canton de Brest, il fut également candidat aux élections régionales.

Candidat sur la liste présentée par le PCF aux élections municipales de 1971 au Relecq-Kerhuon, chef de file des communistes sur la liste d’union de la gauche en 1977, Liziar fut élu et devint maire de la commune. Pendant son mandat, il réalisa des aménagements de logements sociaux, une maison des associations et une salle des fêtes.

Vice-président de la communauté urbaine de Brest, il fut chargé des questions des eaux, de l’assainissement, de la collecte des déchets et du service public de ramassage. Il présidait aussi le syndicat mixte de l’aménagement hydraulique de l’Elorn et de la rivière de Daoulas (construction du barrage de Drennec). Il fut élu, le 25 novembre 1979 au congrès de Pantin, au conseil national de l’association des élus communistes et républicains. La liste qu’il conduisait fut battue en 1983 par la droite mais il resta conseiller municipal minoritaire jusqu’en 2008. Il apporta son soutien à la liste d’union conduite par un militant socialiste qui l’emporta contre la droite qui administrait la commune depuis 1983.

Liziar mourut à la clinique Pasteur de Brest. La presse régionale et diverses personnalités de tendances politiques différentes lui rendirent hommage.

 

https://maitron.fr/spip.php?article139276, notice LIZIAR Guy, Edouard, Paul. par Jacques Girault, Alain Prigent, version mise en ligne le 9 janvier 2012, dernière modification le 9 janvier 2012.

Guy Liziar Photo Le Télégramme

Guy Liziar Photo Le Télégramme

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 06:18

 

En dépit des dénégations du gouvernement, le projet de réforme des retraites a bien pour objet de favoriser la capitalisation. Officiellement, c’est pour la bonne cause : assurer le financement de l’économie française. Dans les faits, il s’agit de transférer tous les risques sur les épargnants. Ce qui ne peut que créer un choc de défiance.

C’est le dernier article du projet de loi sur la réforme des retraites. Mais pour beaucoup, en tout cas pour les banquiers et les assureurs, c’est l’article essentiel : la voie royale de la retraite par capitalisation est ouverte !

Bien que le gouvernement se défende de vouloir toucher au régime de retraite par répartition, il met tout en œuvre pour installer la capitalisation. D’abord sur un mode volontaire – en attendant que la capitalisation devienne ensuite obligatoire. Dans le projet de loi touffu de la réforme, l’article 64 vient compléter à point le travail de sape engagé par la loi Pacte (lire notre article) : « Les organismes de retraite professionnelle supplémentaire constituent, dans ce cadre complété, des véhicules spécifiquement conçus et adaptés pour porter des engagements de retraite et pour financer l’économie sur le long terme, en dégageant une performance attractive pour les épargnants. »

Mais naturellement c’est pour la bonne cause : « Le secteur de l’assurance est appelé à se mobiliser, afin que le recours à ces véhicules se généralise et que l’économie française puisse ainsi bénéficier pleinement du dynamisme de l’épargne retraite généré par la loi PACTE. »

Assurer le financement de l’économie, c’est l’argument massue qu’avait avancé le gouvernement lors de la suppression de l’impôt sur la fortune. Toutes ces sommes inutilement captées par l’État allaient se recycler vertueusement dans l’économie, assurait alors le ministre des finances. Trois ans après la suppression de l’ISF, la démonstration se fait encore attendre. « Sans surprise, l’étude de l’institut des politiques publiques identifie d’ores et déjà une baisse significative des fonds propres des entreprises concernées, causée par la reprise de la distribution des dividendes au profit des actionnaires », note le rapport du Sénat sur l’évaluation de la suppression de l’ISF. Dans le même temps, les fonds investis dans les PME et qui ont donné le droit à déduction sur l’ISF (581 millions d’euros en 2017) se sont volatilisés, selon ce même rapport.

Le ministre des finances Bruno Le Maire recycle aujourd’hui le même argument du financement de l’économie. À une différence près cependant : alors que le gouvernement avait opté pour le laisser-faire à l’égard des plus fortunés au moment de la suppression de l’ISF, il choisit aujourd’hui la répression financière afin de contraindre par tous les moyens les Français à se tourner vers les produits d’épargne proposés par les banques et les assurances.

La baisse du taux du livret A, porté à 0,5 %, soit son plus bas historique, s’inscrit dans ce cadre. Il s’agit de disqualifier l’épargne réglementée, honnie par les milieux financiers mais privilégiée par les Français, « afin de les inciter à diversifier leurs placements et choisir une épargne longue pour assurer le développement de l’économie », reconnaît Bruno Le Maire. De même, la réforme des retraites doit servir à réorienter l’épargne et assurer le financement de l’économie à long terme.

 

Mais pourquoi une telle insistance ? La France ne manque pas d’argent. Il n’y en a même jamais eu autant. Avec un taux d’épargne de plus de 15 %, les ménages français figurent même parmi les Européens les plus économes. Sauf à être cachée entre deux piles de draps, toute cette épargne sert tous les jours à faire fonctionner et financer l’économie. Mais elle serait trop mal orientée, selon le monde financier.

« La vulgate financière, en France notamment, reflète un large éventail de convictions communes parmi les praticiens ou les professionnels de la finance et les politiques libéraux […]. Un de ses leitmotiv est de déplorer le manque d’épargne financière et risquée des ménages, épargne qui serait absolument requise pour financer les investissements productifs considérables et nécessaires à la croissance », écrivent Luc Arrondel et André Masson, tous les deux économistes, directeurs de recherche au CNRS et membres du Paris School of Economics, dans un article décapant publié dans Capitalisme : le temps des ruptures (Odile Jacob), un livre écrit à plusieurs mains dirigé par l’économiste Michel Aglietta.

« Pour la vulgate, poursuivent les deux économistes, “la faute” en incomberait d’abord aux ménages eux-mêmes, trop frileux et peu éduqués financièrement, mais aussi à l’État du fait d’une fiscalité inadaptée et de réglementations tatillonnes et accessoirement aux nouvelles normes ou réglementations internationales, comptables ou prudentielles, adoptées depuis la crise. »

Souscrivant sans le moindre recul à cette analyse, le gouvernement entend lever tous ces obstacles pour « libérer les énergies », et réformer dans les moindres recoins. Afin de mettre la totalité de l’épargne française à la disposition de la finance. Mais tant d’efforts sont-ils justifiés ? Les changements peuvent-ils produire les effets escomptés par le gouvernement ? Retour sur la capitalisation et les fictions du financement de l’économie.

L’épargne des Français est-elle si mal orientée que cela ?

Les Français épargnent, épargnent beaucoup même. Chaque année, ils réservent en moyenne 15 % de leurs revenus disponibles. Seule l’Allemagne fait plus : le taux d’épargne s’y élève à plus de 17 %. Mais l’Italie, l’Espagne épargnent beaucoup moins (10 %), la Grande-Bretagne encore moins (6 %), sans parler des États-Unis où le taux d’épargne est à peine au-dessus de 2 %.

 

Selon la comptabilité nationale, la valeur totale des patrimoines des Français s’élevait à 13 125 milliards d’euros en 2017, soit 5,7 fois le PIB français. Depuis le début des années 2000, cette valeur a plus que doublé. Une fois l’endettement des ménages déduit (1 631 milliards d’euros), le patrimoine total s’élevait à 11 494 milliards d’euros. Cette accumulation de capital cependant est très inégalitaire : 50 % du total des patrimoines est détenu par les 10 % les plus riches en France.

Les Français gèrent-ils très mal toute cette épargne ? Non, répondent Luc Arrondel et André Masson dans leur article. Reprenant les chiffres de la comptabilité nationale, les statistiques européennes, la conclusion des deux économistes est sans appel. Les Français ne sont ni plus incultes en matière d’économie, ni plus timorés que les autres épargnants. Ils sont dans la moyenne.

La priorité des Français, c’est le logement. Les actifs immobiliers représentent 60 % du patrimoine total des ménages. Cette importance de l’immobilier explique en partie la très forte augmentation des patrimoines ces dernières années : les prix de l’immobilier, surtout dans les grandes villes, ont explosé.

Mais le comportement des Français ne diffère pas de celui des Européens. En Italie, en Espagne, en Belgique, les ménages consacrent une grande partie de leur épargne, voire beaucoup plus que les Français pour se constituer un patrimoine immobilier.

Il existe une exception européenne : l’Allemagne. Pour des raisons historiques, qui ont amené à la constitution de parcs locatifs très importants détenus par les villes ou des institutions mutualistes, les ménages allemands ont moins éprouvé le besoin d’accéder à la propriété et d’acquérir leur logement que dans le reste de l’Europe. La part de l’immobilier représente à peine 40 % de leur patrimoine. Cette situation cependant est en train d’évoluer très vite. La hausse des prix de l’immobilier et des loyers dans les grandes villes, en particulier à Berlin, pousse de plus en plus de ménages à acheter leur logement.

Les 40 % restants de l’épargne française sont consacrés à un patrimoine financier. Mais là encore, les comportements d’épargne présentent de nombreuses similitudes d’un pays européen à l’autre. L’épargne liquide ou quasi liquide prédomine partout. Elle est même beaucoup plus élevée en Italie et en Allemagne (48 %) qu’en France (36,4 %).

Les banques et les assurances françaises la considèrent pourtant comme trop élevée. Et surtout stérile. Le livret A, support premier de cette épargne court terme disponible à tout moment, empêcherait les investissements à long terme. Ce qui est totalement faux. Les avoirs du livret A permettent de financer des projets de logements sociaux qui représentent souvent des engagements sur 50 ou 60 ans. Combien de placements dit de long terme, gérés par les banques et les assurances, prennent des engagements sur de si longues périodes ? Pratiquement aucun.

Pour le reste, l’épargne financière européenne est surtout constituée par des placements reposant sur des produits de dettes, obligataires essentiellement. La grande différence entre les pays européens est liée à des placements qui ont été orientés par des décisions fiscales et réglementaires. L’Italie a ainsi privilégié la détention directe des obligations d’État ou des grandes institutions par les épargnants : 20,5 % de l’épargne italienne est placée en obligations contre 3,4 % en Allemagne et à peine 1 % en France.

En France, la détention de titres obligataires est indirecte. Parce que les gouvernements français successifs ont décidé depuis plusieurs décennies d’orienter par des incitations fiscales l’épargne vers l’assurance-vie, celle-ci a une place prépondérante dans la composition des patrimoines des Français. Elle représente 39,4 % du patrimoine financier des ménages contre 24,4 % en Allemagne et à peine 7,2 % en Italie.

Les fonds récoltés par l’assurance-vie en France représentent quelque 1 500 milliards d’euros. Des sommes qui normalement sont censées irriguer toute l’économie, la gestion en étant confiée à des gestionnaires professionnels (banques ou assurances). Par bien des aspects, ces produits s’apparentent aux fameux fonds de pension que ceux-ci veulent développer. Mais, pour les financiers, ces produits ont des tares irrémédiables : ils sont trop réglementés et doivent offrir des garanties de maintien du capital. Cela empêcherait des investissements à risque, selon eux. Et cela augmente aussi leurs obligations prudentielles et leur ratio de solvabilité, tout en leur imposant d’immobiliser plus de capitaux, surtout.

Un premier verrou a été discrètement levé juste avant Noël. Par arrêté, le gouvernement a autorisé les assureurs-vie à comptabiliser la provision pour participation aux bénéfices dans les fonds propres des compagnies. En d’autres termes, la partie des gains qui revient chaque année aux assurés et leur appartient peut être annexée pendant huit ans dans les fonds propres des assureurs, si ceux-ci ont des difficultés à respecter leur ratio de solvabilité. C’est un premier pas. Mais pour le monde financier, ce sont tous les verrous qui doivent sauter, afin de faciliter la prise de risque.  

L’ennui, pour eux, est que les épargnants français n’aiment pas assez le risque. Mais en cela, ils sont comme tous les autres ménages européens. La part des actifs financiers risqués (actions, fonds communs de placements, parts de fonds, etc.) représente à peine 15 % du patrimoine des ménages européens. Cette part varie sensiblement selon la fortune des ménages : plus ceux-ci sont aisés, plus ils investissent dans des placements risqués.

De même comme tous les Européens, les Français investissent peu en bourse (moins de 10 % de leurs actifs). Comme les Belges, les Allemands ou les Néerlandais, ils ont abandonné les marchés boursiers après la crise de 2008 pour y revenir après 2014, sur la pointe des pieds.

 

Le rêve des PME allemandes

Pas un discours sur l’industrie en France ne se tient sans qu’il n’y ait une référence aux PME allemandes. Le 21 janvier, Emmanuel Macron n’a pas échappé à la règle. Recevant quelque 500 dirigeants d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) à l’Élysée, après avoir accueilli la veille 500 PDG de multinationales à Versailles, il s’est lancé dans un vibrant hommage du modèle allemand. « Quand on se compare, on observe que c’est en effet une potentielle faiblesse française de ne pas suffisamment mettre l’accent sur ces ETI », a souligné le chef de l’État.

Pour le gouvernement, le « Mittelstand », ce réseau de moyennes entreprises industrielles allemandes, souvent familiales, parfaitement intégrées dans l’appareil productif, c’est le Saint-Graal industriel. Le modèle qu’il faut absolument reproduire. Si la France n’y parvient pas, selon lui, c’est que les entreprises ne disposent pas de suffisamment de fonds propres pour se développer, que l’argent leur manque. D’où la nécessité de réorienter l’épargne française pour les aider.

L’ennui est que ce cercle censé être vertueux n’existe que sur le papier. Le capitalisme actuel fonctionne sur la dette. C’est encore plus vrai en Europe où le financement des entreprises repose sur le crédit bancaire et non sur le marché des capitaux, comme aux États-Unis. Cette réalité est si bien admise que la Banque centrale européenne n’a cessé d’invoquer les besoins de financement de l’économie réelle pour justifier toutes ses mesures monétaires exceptionnelles (LTRO, QE, TLTRO, etc.) pour soutenir les banques et le secteur financier. En négligeant au passage le problème de transmission monétaire : l’essentiel des moyens engagés par les banques centrales a été capté uniquement par le monde financier.

C’est un des problèmes auxquels se heurtent les PME françaises. Face à des équipes bancaires interchangeables, ignorant tout des secteurs industriels, travaillant selon des procédures d’engagements normées, les dirigeants d’entreprise ont de plus en plus de difficulté à trouver des interlocuteurs acceptant de les accompagner, d’avoir accès au crédit.

Une des clés de la réussite allemande repose sur le fait qu’elles ont pu s’appuyer sur des réseaux bancaires locaux ou régionaux, connaissant parfaitement leurs clients industriels, acceptant de les accompagner mais aussi les contrôlant. (Tout est loin cependant d’être parfait. En 2008, l’État allemand a dû massivement intervenir pour renflouer ces caisses d’épargne en pleine déroute.)

La France a fait tout l’inverse. Avec un acharnement qui mérite d’être souligné, elle a détruit à partir du milieu des années 1980 tous les outils financiers sur lesquels pouvaient compter les dirigeants d’entreprise. Le Crédit national, institution bancaire publique qui était un des moyens de soutien aux PME, a été liquidé, privant au passage l’appareil d’État d’un outil très fin de connaissances des réalités industrielles sur le territoire. Les sociétés de financement régionales ont été privatisées pour le plus grand bénéfice de quelques amis. Tous les produits financiers (crédits à taux bonifiés, aides sélectives, financement de filière) ont été supprimés. Il ne reste que des dispositifs indifférenciés (CICE, CIR, etc.), arrosant grands et petits sans distinction et sans contrepartie.

 

La deuxième clé du succès des PME allemandes est encore plus compliquée à réaliser. Leur réussite tient beaucoup à une intégration, menée de très longue date, de chaînes de valeur industrielle, où la coopération, même si elle est parfois très rugueuse, entre grands groupes et sous-traitants existe, où il y a partage des connaissances, des innovations, des techniques, des marchés, de la valeur.

En défendant au-delà du raisonnable le modèle des « champions nationaux », les gouvernements successifs ont choisi la voie exactement inverse. Ils ont applaudi à tous les rachats des PME qui faisaient de l’ombre aux grands groupes. Ils ont encouragé l’assèchement du tissu industriel et des innovations. Tout devait être mis à la disposition de nos « champions ».

Les rapports entre les grands groupes et les PME françaises relèvent désormais de la subordination plus que de la coopération ou de l’intégration dans une chaîne de valeur. Les petites entreprises vivent sous la menace constante du laminage des prix et des marges, des délocalisations, et de l’abandon des commandes. Ce sont les PME qui doivent assumer les risques, les frais de développement, la compression des coûts, les retards de paiement en lieu et place des grandes entreprises. Les surprofits (88 milliards d’euros en 2018) que dégagent aujourd’hui les groupes du CAC 40 disent aussi cela : ils ne sont pas seulement le reflet de leur performance, mais aussi d’un accaparement de la valeur non seulement au détriment des salariés, mais aussi de leurs sous-traitants.

Ce n’est pas une nouvelle orientation de l’épargne qui pourrait corriger les tares de ces organisations du système productif auxquelles le gouvernement n’apporte aucun remède. D’ailleurs, de l’argent il y a en déjà. Au cours du seul premier semestre 2019, huit milliards d’euros ont été à nouveau levés auprès d’investisseurs institutionnels pour alimenter les fonds de capital risque, selon l’association France Invest qui regroupe les principaux intervenants de capital-risque.

Mais cet argent est essentiellement investi dans les sociétés existantes, qui se voient imposer des taux de retour sur capitaux toujours plus élevés. Pour ces fonds comme pour le private equity (fonds d’investissements privés), l’entreprise n’est qu’un bien comme un autre, à acheter, à vendre, à endetter, à dépecer. La multiplicité des exemples de ces PME totalement essorées illustre ces pratiques de prédation (lire ici, là ou là encore). Apporter une épargne supplémentaire à ces fonds sans rien changer à leurs méthodes et leurs critères de rendement ne servira qu’à alimenter un secteur qui, de l’aveu même des connaisseurs de ce milieu, connaît une véritable bulle.

 

Pourquoi la bourse ne finance plus l’économie 

C’est un autre sujet régulièrement apporté par le monde de la finance : les marchés boursiers sont, selon eux, le meilleur moyen de financer l’économie réelle, de permettre aux entreprises de renforcer leurs fonds propres et de se développer. Pourtant, les marchés boursiers n’ont toujours financé que très partiellement l’économie et les entreprises. Et depuis plus d’une décennie, ils n’assurent pratiquement plus cette fonction.

Le vrai financement des entreprises en bourse intervient lors des introductions en bourse, des augmentations de capital, lorsque les entreprises lèvent des fonds pour renforcer leurs bilans ou pour financer des projets. C’est ce que les économistes appellent le marché primaire. Mais ce marché primaire a quasiment disparu au cours des quinze dernières années, de l’aveu même de l’Autorité des marchés financiers (AMF). « Partout les introductions en bourse ont été décevantes, voire en net repli. Si à Paris elles sont plus nombreuses qu’en 2017 (34 contre 28), elles concernent des valeurs de plus petite taille et ont collecté moins de capitaux nouveaux (1,1 milliard d’euros contre 2 en 2017). De même, les émissions de titres de capitaux sont en recul, avec seulement 2 milliards levés (au lieu de 14 milliards en 2017) », indique l’autorité boursière dans son rapport de 2018, le dernier disponible.

Tout laisse penser que les chiffres seront à peu près les mêmes en 2019, en France comme à l’étranger. Car la bourse n’est plus maintenant qu’un marché secondaire, un marché d’occasion, où s’échangent et se négocient les actions existantes, sans relation avec les entreprises : celles-ci ignorent souvent l’identité de leurs actionnaires.

Et pour cause : la durée moyenne de détention des actions n’a cessé de s’effondrer. Aux États-Unis, elle serait autour de 20 secondes, selon des chiffres avancées par un universitaire américain, Michael Hudson, en janvier 2011. En France, les dernières évaluations remontent à 1999. Elles ont été faites par la Banque de France. À l’époque, les ménages détenaient leurs actions pendant 2 ans et 10 mois, les sociétés pendant 9 ans et 10 mois, et les fonds d’investissement, pendant 1 an et 1 mois. Pour les clients non résidents en France, la moyenne tombait à 4 mois. Tout porte à croire que ces durées ont été considérablement raccourcies. Alors que la finance s’est convertie au trading à haute fréquence, aux interventions à la nanoseconde, la durée moyenne doit tourner autour de quelques secondes. Ce qui donne une illustration de la vision long terme des investissements.

Loin d’assurer un financement des entreprises, les marchés boursiers sont devenus au contraire une arme de captation et de destruction du capital et des profits. Ils exigent des rendements, toujours plus de rendements. Le taux de distribution des profits atteint des records. Et les entreprises françaises du CAC 40 figurent parmi les premières de la classe : en 2019, elles ont distribué 49,2 milliards d’euros de dividendes, soit 58 % de leurs bénéfices, selon la Lettre Vernimmen de janvier.

Mais cela ne s’arrête pas là. Le capitalisme financier est devenu cannibale, exigeant la destruction du capital par le biais des rachats d’action. Instituée au cours des années 1990, cette pratique s’est généralisée et fait des ravages. En 2019, les groupes du CAC 40 ont dépensé 11 milliards d’euros pour racheter leurs actions. Aux États-Unis, selon les dernières estimations, les rachats d’action ont atteint la somme gigantesque de 850 milliards d’euros.

De l’argent pour soutenir des actions, souvent en pure perte. Entre 2008 et 2018, le groupe américain GE a dépensé 67,1 milliards de dollars en rachats d’actions qui sont venus s’ajouter à 105,2 milliards de dollars de dividendes. Résultat ? L’action GE a été divisée par deux en dix ans, elle a même perdu 75 % de sa valeur fin 2018 par rapport à 2016. Et le groupe licencie à tour de bras, incapable de financer les bouleversements dans ses activités.

En quoi orienter l’épargne française vers des placements dans une économie de casino permettrait-il de mieux financer l’économie réelle ? Mystère.

Le transfert du risque sur les épargnants

Dans une note récente, Patrick Artus, directeur des études chez Natixis, s’est interrogé sur la situation des salariés français s’ils avaient eu un régime de retraite par capitalisation depuis 1980. Sa conclusion était sans appel : la capitalisation permettait de bénéficier d’une retraite bien plus élevée que la répartition. Selon ses calculs, un euro cotisé en 1982 rapporterait 1,93 euro en 2019 dans notre système par répartition mais 21,90 euros dans un système par capitalisation « Le coût d’avoir eu, depuis 40 ans, seulement de la retraite par répartition est donc considérable », concluait-il de façon définitive.

Cette note a déclenché une volée de critiques de la part de nombreux économistes, dénonçant la fantaisie de ces calculs. « Si on reprend ceux de Patrick Artus, on arrive à ce résultat manifestement absurde selon lequel les retraites représenteraient aujourd’hui 156 % du PIB au lieu de 13,8 % », a répliqué l’économiste Michel Husson, membre d’Attac sur son blog. Ironisant sur la pensée magique qui a fait de nombreux émules dans l’histoire économique, il rappelait quelques principes de base, notamment que les rendements du capital ne peuvent être élevés qu’à la condition que les détenteurs soient peu nombreux. « L’extension de leurs privilèges à d’autres couches sociales impliquerait leur “évaporation”. » Avant de conclure : « La valorisation fictive d’actifs financiers, déconnectée de l’économie réelle, ne peut que s’effondrer. »

Il n’y a pas que lui à lancer cet avertissement. De plus en plus d’analystes de banque, dont JPMorgan, Deutsche Bank, CIT, de grands gestionnaires dénoncent la dangerosité du système financier. Un système qui, bien que censé être en régime normal, ne sait plus vivre sans l’assistance permanente des grandes banques centrales. Quelque 11 000 milliards de dollars ont été déversés dans la planète financière depuis 2008. Le monde financier croule désormais sous des liquidités mal investies, qui provoquent des bulles d’actifs partout, des montagnes de dettes, et un dérèglement généralisé d’une finance qui n’a plus aucun lien avec l’économie réelle. Immanquablement, ces bulles finiront par exploser, prédisent les uns et les autres.

Déjà de nombreux fonds de pension, implantés depuis fort longtemps, rencontrent les plus grandes difficultés à se maintenir à flot. Alors quel est l’intérêt d’inciter des épargnants à aller vers la capitalisation alors que tout est à des niveaux stratosphériques et ne peut que descendre à un moment ou un autre ? La crise de 2008 a donné un aperçu des conséquences d’un effondrement des marchés pour les fonds de pension. D’un seul coup, des retraités américains, en première ligne dans la débâcle, ont vu leur retraite fondre de 30 %, 40 %, parfois 70 %. Certains d’entre eux totalement ruinés ont dû, à 70-75 ans, reprendre des petits boulots – livreurs, laveurs de voiture, coursiers – pour avoir un minimum de revenus.

Les banquiers et les assureurs, dans leur publicité, se gardent bien de mettre en garde les épargnants de ces risques éventuels. Pourtant, ils sont inévitables et même directement recherchés par les financiers. « Tous les fonds de pension appliquent aujourd’hui le principe de la cotisation définie pour éviter toute responsabilité en cas de mauvais rendement des systèmes privés d’épargne retraite », insiste Francesco Saraceno, directeur adjoint du département des études à l’OFCE, Sciences Po – USPC dans une étude sur les limites du projet de réforme français.

Mais c’est bien cela le vrai but poursuivi par les banquiers et les assureurs dans leur campagne pour la capitalisation : supprimer les garanties de capital telles qu’elles existent dans l’assurance-vie ou les produits réglementés et faire supporter tout le risque à l’épargnant. Un risque pouvant aller jusqu’à la disparition totale du capital engagé.

Un choc de défiance

Ce n’est pas le moindre des paradoxes du capitalisme actuel. Tout en revendiquant la prise de risques, à des rendements du capital exorbitants et des rémunérations hors norme, le monde financier et les grands groupes ne cessent de réclamer des garanties, des protections, des sécurités. Ils ont installé un capitalisme de rente protégé, normé, contractualisé, qui leur permet de poursuivre les États, mais interdit l’inverse.

Car dans le même temps, ils ne cessent de demander la suppression de toutes les garanties et des protections pour les salariés. Droit du travail, assurance-chômage, protection sociale et de santé, retraites… tout ce qui assure un minimum de protection au monde du travail, une mutualisation des risques par la collectivité leur paraît relever de privilèges exorbitants.

Ce programme de mise à bas des droits et des protections, d’insécurité sociale, créant précarité et incertitudes chez tous, est appliqué à la lettre depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron. Les Français voient se défaire sous leurs yeux leur statut, leurs protections, leur sécurité, leurs droits, leurs aides, leurs services publics. Comment prétendre dans le même temps créer un choc de confiance pour inciter les épargnants à prendre plus de risque ? Le gouvernement pourrait bien obtenir l’effet exactement inverse : il est en train de créer un choc de défiance.

L’enchaînement des réformes, l’effacement de tous leurs repères et cadres, créent un climat d’instabilité et d’insécurité généralisé, qui interdit de se projeter dans le futur, de rêver l’avenir. Ce qui ne peut que provoquer des réflexes de prudence, voire de paralysie, comme le rappelle Francesco Saraceno : « Comme on l’apprend en première année de microéconomie, les assurances améliorent l’efficacité en permettant la mutualisation du risque. Si on laisse le risque peser sur les épaules des travailleurs, l’efficacité de l’assurance collective est entravée. »

Parce que demain, plus rien ne sera assuré, que la précarité sera devenue la norme, qu’il faudra peut-être avoir rapidement de l’argent pour faire face aux aléas de la vie, y compris désormais pour la santé, les Français vont devoir épargner et plus sans doute qu’aujourd’hui. Mais geler de l’argent pendant des décennies, sans même avoir l’assurance de retrouver ses économies n’est pas une option dans un tel environnement. Ils choisiront des placements sûrs, immédiatement mobilisables pour pouvoir répondre aux accidents de la vie.

Pour le reste, ils risquent de privilégier encore plus qu’aujourd’hui l’immobilier, même si cela leur demande un effort financier encore plus important et long qu’aujourd’hui. Parce qu’avoir une maison, c’est la seule, la dernière protection qui leur est offerte face à un gouvernement qui a choisi de leur retirer protection et assurance collective et de les exposer à tous les vents, à tous les risques.  

 

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 06:01
Macron torpille la démocratie: appel du PCF à la manifestation et à la journée d'action et de grève du jeudi 6 février contre la réforme des retraites
Retraites : Macron torpille la démocratie
 
Face au rejet de l’opinion publique, l’autoritarisme en marche.
Alors que plus de 60 % des français.e.s continuent à demander le retrait de la réforme des retraites, le gouvernement fait le choix de bafouer la démocratie en s’entêtant à poursuivre son entreprise de casse de notre système de retraites. Des ouvriers aux cadres, des salarié.e.s du privé aux fonctionnaires, le refus de la retraite à points et de l’allongement de la durée de travail est massif.
L’étude d’impact qui vient d'être publiée , floue et incomplète, vient confirmer le risque de baisse drastique des pensions.
 Le Conseil d’État lui même, dans son avis, pointe du doigt les « projections financières lacunaires » de la réforme du gouvernement.  Face à son échec politique évident, Macron, le président de la Finance, agit par la force en foulant au pied les principes les plus élémentaires de notre démocratie. 
Pour préserver les intérêts des plus riches, de la finance et du MEDEF, il choisit le coup de force.
 Les forces de gauche et écologistes ont déposé une plateforme commune de propositions démontrant qu’il est possible d’améliorer notre système actuel sans le casser. 
 Ces propositions feront l’objet d’un texte de loi déposé à  l'assemblée nationale par les députés communistes. Les parlementaires communistes proposent aussi à l’ensemble des forces de gauche le dépôt d’une motion référendaire à l’Assemblée nationale permettant de repousser la discussion du projet de loi et l’organisation d’un référendum. 
 
La section du PCF du pays de MORLAIX appelle toutes et tous à participer à la prochaine mobilisation jeudi 06 Février :rassemblement à 11 h 00 Place des Otages à Morlaix 
Macron torpille la démocratie: appel du PCF à la manifestation et à la journée d'action et de grève du jeudi 6 février contre la réforme des retraites
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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 06:00
Morlaix Ensemble - Jeudi 6 février, 18h30 à l'Auberge de Jeunesse - Mieux vivre la ville - Réunion publique Atelier participatif jeudi
Jeudi prochain, 6 février, à 18h30 à l'Auberge de Jeunesse (rez de chaussée sur la droite), voie d'accès au port, nous organisons notre 5ème réunion publique:
 
Sous la forme d'un atelier participatif:
 
MIEUX VIVRE SA VILLE
 
De l'économie du bien à l'économie du lien
 
Faire la ville pour tous
Relier le centre et les quartiers
Vivre la ville ensemble
 
Venez échanger, débattre, proposer.
 
 
Morlaix Ensemble - Jeudi 6 février, 18h30 à l'Auberge de Jeunesse - Mieux vivre la ville - Réunion publique Atelier participatif jeudi
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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 18:25
"Le droit à la retraite est un marqueur de civilisation. C'est un droit que l'on crée par le travail, un droit que l'on partage, un droit essentiel. Après plusieurs semaines de conflit, c'est au peuple de décider ! Un référendum sur le projet de réforme des retraites doit être organisé."  Fabien Roussel
Le gouvernement a perdu la bataille de l'opinion et choisit le passage en force. Ne laissons pas bafouer notre démocratie pour casser nos retraites. Interpellons les parlementaires de notre département pour qu'ils soutiennent le référendum
La vidéo de la semaine

Macron a peur du débat avec le peuple
(Fabien Roussel)
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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 08:01
Photo L'Humanité

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Monique Pinçon-Charlot : « Tout est détruit, selon un ordre très précis imposé par les plus riches »
Jeudi, 30 Janvier, 2020 - L'Humanité

Sociologue de la grande bourgeoisie et du pouvoir oligarchique, Monique Pinçon-Charlot analyse le poids des riches dans la grande régression sociale actuelle.

 
Monique Pinçon-Charlot
Sociologue, coauteur dernièrement avec Michel Pinçon de l’ouvrage « le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron » (la Découverte)
Pourquoi les riches se sentent-ils si bien en France ?

Monique Pinçon-Charlot. Depuis le premier septennat de François Mitterrand et le tournant de la rigueur de 1983, le néolibéralisme s’est mis en route avec des avancées tantôt rapides, comme sous Sarkozy, tantôt plus lentes, comme sous Hollande. L’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir constitue un coup d’accélérateur sans précédent. Nous assistons à une stratégie du choc. Des pans entiers de l’État providence, protecteur des classes populaires et des plus fragiles, mis en place après la Libération, tombent les uns après les autres : les protections des travailleurs contenues dans le Code du travail, les protections des chômeurs avec le tour de vis sur l’assurance-chômage, les protections des retraités avec la réforme du régime des retraites… Champ de bataille après champ de bataille, tout est détruit, selon un ordre très précis imposé par les plus riches à Macron. En début de quinquennat, il a expliqué que la suppression de l’impôt sur la fortune se ferait en 2018 ou 2019. L’oligarchie est intervenue dès octobre 2017 pour faire presser le pas. L’ISF a disparu dès la loi de finances 2018.

Comment expliquez-vous qu’au fil des années les mêmes noms restent en tête des classements des plus fortunés de France ?

Monique Pinçon-Charlot. C’est la grande particularité de la France. Après la Révolution, les puissantes familles de la noblesse ont su très vite se réconcilier avec la bourgeoisie pour faire évoluer le capitalisme d’Ancien Régime en capitalisme industriel et commercial. Le néolibéralisme leur a offert une nouvelle impulsion qui leur permet de réaliser de nouvelles formes de profits, ceux-là financiers. Ces dynasties se transmettent donc de siècle en siècle des fortunes considérables qui demeurent au sein de leurs familles et ne ruissellent pas du tout.

Quel est le rôle d’Emmanuel Macron dans ce contexte ?

Monique Pinçon-Charlot. Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir de l’oligarchie. Il a mis l’État au service quasi exclusif des plus riches. Et les pouvoirs politiques et économiques sont désormais entremêlés. Le plus dur avec Macron est qu’il n’y a plus de séparation entre les pouvoirs. Le politique, qui était un champ autonome encore jusque dans les années 1980, est sous la coupe du pouvoir économique. Et cette stratégie du choc empêche tout changement politique puisque nous sommes maintenus sous la canonnade des réformes défavorables aux classes moyennes et populaires.

La France fait pourtant preuve d’une force intellectuelle. Les économistes, sociologues, historiens… ont tout décrypté des attaques du néolibéralisme à l’encontre des travailleurs, des mal-logés, de l’environnement, des classes populaires. Mais la violence est telle qu’elle ne permet pas de traduction politique des résistances qui se font jour dans les mouvements de protestation. Les riches se sentent bien en France parce qu’ils n’y sont pas inquiétés. Le niveau d’imposition si décrié depuis longtemps n’y est pour rien. Le nombre d’exilés fiscaux ne change d’ailleurs pas d’une année sur l’autre car leurs revenus et patrimoines échappent de longue date aux impôts et taxations. L’oligarchie est juste parvenue à capter le pouvoir politique et les richesses produites en cassant ce que l’on appelle les « zones de confort » des citoyens : la Sécurité sociale, l’assurance-chômage, le régime des retraites, le Code du travail…

 
Entretien réalisé par S. G.
Monique Pinçon-Charlot : Tout est détruit, selon un ordre très précis imposé par les plus riches - Monique Pinçon-Charlot dans L'Humanité, 30 janvier 2020
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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 07:10
Henri Moreau - Cliché fourni par Gildas Priol.

Henri Moreau - Cliché fourni par Gildas Priol.

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

36/ Henri Moreau (1908-1943)

Le local de la fédération du PCF Finistère est installé dans une petite rue, entre la rue Jean Jaurès et le cimetière Saint Martin, qui porte le nom de ce grand résistant communiste brestois.

Voici la notice du Maitron établie par Gilles Pichavant sur la base notamment du travail d'Eugène Kerbaul dans le Maitron des fusillés. 

***

Né le 25 octobre 1908 à Tours (Indre-et-Loire), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; musicien des Équipages de la Flotte (marin de l’État) ; communiste ; OS, FTPF.

Fils d’Alexandre Moreau, charcutier puis facteur des PTT, revenu très malade de la 1ère guerre mondiale, et d’Adrienne Leroux, sans profession puis couturière, Henri Moreau fut adopté par la Nation en 1925. Il s’engagea jeune dans la « Musique des Équipages de la Flotte ». D’après Eugène Kerbaul, il était l’un des deux militaires de carrière en activité qui furent membre du Parti communiste à Brest à la fin des années 30, l’autre étant Georges Cadiou.
Il se maria le 9 septembre 1931 à Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire) avec Simone, Geneviève Pineau, le couple avait un enfant.
Henri Moreau aida la Jeunesse communiste de Brest à constituer une chorale et une société de musique, « La Lyre Populaire Brestoise », à la fin des années 40 mais elle eut peu l’occasion de se manifester.
À la fin de 1940 il fut démobilisé en zone non-occupée, et devenu retraité de la marine nationale, il revint à Brest. Il y reprit aussitôt le contact avec le PCF clandestin. Son domicile de la rue Portail devint un dépôt de matériel léger d’imprimerie : stencils pour ronéo (petite machine à imprimer de bureau), papier, encre, etc. En effet, il avait reçu pour mission de s’occuper du matériel de propagande résistante des communistes et du Front national. En mai 1942, à la suite de la mise sur pied des FTPF dans le département, son appartement servit aussi de dépôt d’armes et d’explosifs. Il participera personnellement à de nombreux sabotages.
A l’automne 1942, il devint responsable, pour le Finistère, de la propagande du PCF, mais ce fut pour peu de temps car il fut arrêté le 4 octobre par des policiers brestois et le Service de police anticommuniste (SPAC) pour "activité de franc-tireur" ; il était soupçonné de sabotage, fabrication et distribution de tracts.
Interrogé avec brutalité au poste de police Saint-Martin de Brest, et interné au château de Brest, jusqu’au 26 novembre 1942, il fut à cette date, transféré à Vitré. Le 11 décembre 1942, la Section spéciale de Rennes le jugea et le condamna à 5 ans de travaux forcés. Transféré à l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire), le 13 janvier 1943 pour y purger sa peine, il fut ensuite ramené à la prison Jacques Cartier, de Rennes, le 23 avril 1943, à la demande des Allemands.
Le 27 aout 1943, il intégra la prison de Fresnes (Seine) pour être jugé , en seconde instance, le 28 août par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas , et condamné à mort pour activités favorables à l’ennemi.
Fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que 18 autres résistants communistes brestois, il fut inhumé avec ses camarades au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne)

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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