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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 06:36
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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 06:29

 

Après l’effondrement qui a accompagné la crise sanitaire et qui ne s’explique pas uniquement par elle, on note un redressement de la croissance économique en France, en Europe et dans le monde.

Dans l’Hexagone, le niveau du PIB a même retrouvé celui qui était le sien avant la pandémie, mais pas plus. Il demeure en outre très hésitant, toujours menacé à la fois par un nouvel épisode pandémique et par les conditions mêmes de la reprise, boostée avant tout par le soutien public accordé à la rentabilité des capitaux. L’étonnant, en effet, dans la situation actuelle est le contraste entre cette fragilité de l’activité réelle et ce que les journaux économiques appellent « l’exubérance des marchés » financiers. Si l’une reprend vie laborieusement, les autres battent des records, le ventre bien rempli, les joues roses, alimentés par la masse énorme des prêts accordés par les États au capital. En 2021, le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, qui regroupe les valeurs des principaux groupes capitalistes français, a progressé de 29 % ; l’indice européen, le Stoxx 600, qui prend en compte les 600 valeurs les plus importantes du continent, de 22 % ; et le Standard & Poor’s 500 américain de 27 %. Certains spécialistes des marchés prédisent que notamment le Stoxx 600 pourrait progresser de l’ordre de 15 % par rapport à son niveau de fin 2021 et que les bénéfices par action seraient en 2022 en progression en Europe d’au moins 8 %. Alléluia, bénis soient les dividendes !

En vérité, les grands groupes financiers, leurs compères de l’industrie et des services essaient de grossir leurs profits, qu’ils jugent insuffisants dans leurs activités réelles, en spéculant en Bourse et sur les marchés. Ce contraste et cette frénésie sont particulièrement dangereux. La finance ne peut pas en effet indéfiniment prospérer dans une économie qui s’étiole ; au bout d’un moment, forcément, elle s’écroule ! C’est ce qui s’est passé à chacun des krachs qui ont émaillé l’histoire du capitalisme. Les travailleurs n’ont rien à attendre de bon d’un tel scénario. Lorsqu’il se produit, les pouvoirs en place appellent à l’union sacrée autour du capital, une solidarité qui coûte cher aux finances publiques et aux citoyens.

C’est l’un des enjeux essentiels du moment : le monde salarié, particulièrement, va-t-il dans les prochains mois tenter d’infléchir les gestions privée et publique, dans l’entreprise et dans la cité, afin de conjurer les périls, sachant que le vote pour Fabien Roussel est une carte importante à jouer dans ce contexte, parallèlement à l’action collective, au tous-­ensemble ?

 

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 10:04
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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 06:50

 

Souveraineté ou sécurité de l’alimentation ? Production autocentrée ou commerce des denrées alimentaires ? Derrière les mots, des choix de société radicalement différents, c’est dire si la problématique concerne le monde tout entier.

*Julien Brugerolles est assistant parlementaire.

Avec l’arrêt momentané de certains échanges commerciaux, la crise de la covid-19 a remis pendant quelques semaines au centre des enjeux de sûreté pour notre pays la question de la production agricole et de l’approvisionnement alimentaire. Dans la foulée, de nombreux responsables politiques ou « experts » ont redécouvert et utilisé médiatiquement l’expression souveraineté alimentaire. Plus un jour ne passe sans que la recherche de cette souveraineté ne soit brandie, affichée… et surtout instrumentalisée. Car le terme, devenu « tendance », cache en réalité une intense bataille de détournement idéologique.

 

SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE CONTRE LA FAIM ET LA MALNUTRITION ?

En fait, on parle là d’un concept qui n’a pas surgi subitement tel un effet secondaire de la covid-19 pour esprits en mal d’éléments de langage. Il est en effet issu de la construction politique des mouvements agricoles progressistes et altermondialistes (et de Via Campesina en particulier), qui entendaient désigner par là le droit des peuples, des États ou groupes d’États régionaux de décider librement de leurs politiques agricoles et alimentaires comme des moyens publics d’assurer le développement de leur autonomie et de leurs modèles propres de production, de coopération et de distribution.

L’insécurité alimentaire, c’est-à-dire l’impossibilité d’avoir un accès régulier à une alimentation saine, équilibrée et nutritive, toucherait près de 2 milliards de personnes.

 Les pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, mais aussi d’Amérique latine, sont les premiers concernés par le champ que recouvre ce concept, puisqu’ils concentrent l’essentiel des populations sujettes à la sous-alimentation et à la malnutrition. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) annonce ainsi dans son rapport annuel publié le 13 juillet 2020 que 690 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, un chiffre en augmentation de 10 millions en une année, et de 60 millions en cinq ans.

 

Les Signes de la qualité et de l’origine (SIQO) sont déclinés en différents labels.

 L’insécurité alimentaire, c’est-à-dire l’impossibilité d’avoir un accès régulier à une alimentation saine, équilibrée et nutritive, toucherait près de 2 milliards de personnes, avec 21,3 % des enfants qui souffriraient de retards de croissance dans le monde en 2019. Avec la pandémie de covid-19, l’ONU alerte et table sur une hausse de 83 à 132 millions de personnes supplémentaires souffrant de sous-alimentation en 2020.

Mais nous aurions tort de penser que le risque de crise alimentaire ne menace que des centaines de millions de personnes dans les pays du Sud. Il concerne aussi des dizaines de millions de Français et d’Européens, dont un nombre croissant sont déjà dans l’incapacité, au regard de l’insuffisance de leurs revenus et/ou du niveau de leurs  dépenses contraintes, de subvenir à leurs besoins alimentaires élémentaires.

Alors que 17,3 % des Européens, soit 87 millions de personnes, vivaient déjà sous le seuil de pauvreté en 2015, selon Eurostat, le taux de pauvreté en Europe va progresser fortement avec la crise. Dans notre pays, les demandes d’aide alimentaire ont connu une progression de 20 % à 40 % ces derniers mois selon les différentes associations caritatives.

 

ALIMENTATION ET LIBRE-ÉCHANGE GÉNÉRALISÉ

Face à ces chiffres, l’ambition de nourrir correctement tous les Français, et les Européens, ne peut se résumer à une simple politique de sécurité des approvisionnements alimentaires et d’ajustement par la concurrence sur les marchés agricoles mondiaux. La crise alimentaire qui vient est révélatrice de l’impasse dans laquelle nous ont conduits les choix successifs de déréglementation et de libéralisation du secteur agricole depuis les années 1990.

L’inclusion « forcée » de l’agriculture dans les accords commerciaux inter-nationaux (GATT puis OMC), puis dans les accords d’association ou de libre-échange européens, tient un rôle particulier dans l’accroissement des déséquilibres et des dépendances. Les résultats de plus de trente années de politiques néolibérales mériteraient ainsi une véritable évaluation internationale, ce non seulement sur le strict plan de la problématique alimentaire, mais également sur les effets induits par les spécialisations agricoles et la compétition internationale vis-à-vis de la capacité d’agrosystèmes profondément transformés à répondre demain aux enjeux alimentaires, climatiques, sociaux et environnementaux dans chaque pays.

Le débat doit se centrer sur la question de savoir si les Français, et les Européens, seront en capacité de construire démocratiquement leurs choix agricoles et alimentaires permettant d’assurer durablement l’essentiel des productions sur le territoire national et européen, tout en respectant pleinement les choix des autres pays et régions du monde.

Une telle évaluation s’avérerait sans doute fort utile pour déconstruire toute une série de mythes économiques, et nourrir un peu plus la conviction d’une urgence : celle de reconquérir des garanties démocratiques quant à la capacité des peuples à décider librement de leurs choix et de leurs politiques publiques agricoles et alimentaires. Cette bataille-là est centrale. Elle conditionne, de mon point de vue, les possibilités de chacune des régions du monde, et de chaque peuple, à sortir durablement de la sous-alimentation et de la malnutrition, en développant leurs propres capacités productives et complémentarités locales ou régionales.

 

QU’EST-CE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ?

La souveraineté alimentaire seraient-ils donc désormais tous convaincus par cette nécessité ? On peut en douter. Car un rapide tour d’horizon des articles de presse titrant sur la souveraineté alimentaire donne plutôt à voir toute l’étendue des contradictions qui se cachent derrière l’utilisation de la notion. En particulier, les libéraux s’empressent systématiquement de relativiser : ce qu’il nous faut, c’est bien plus une « sécurité alimentaire » qu’une « souveraineté alimentaire ».

Une tribune de l’agro-économiste Jean-Marie Séronie intitulée « Souveraineté alimentaire : de quoi es-tu vraiment le nom? », publiée le 28 avril 2020 sur le site Terre-net, résume assez bien le fond des divergences idéologiques existantes et du travail « de réaction » à l’oeuvre : « Nous importons de plus en plus mais nous exportons, en valeur, largement plus que ce que nous importons, même si cet écart diminue. Deux secteurs sont emblématiques : la viande et les fruits et légumes. Alors que nous encourageons, depuis des années, la consommation de fruits et légumes pour des enjeux de santé publique, nous importons presque 50 % des légumes et 60 % des fruits. Certaines filières ont presque totalement déserté notre territoire principalement pour des raisons de compétitivité, de coûts salariaux en particulier. Corriger cette situation demandera beaucoup d’énergies et d’investissements. Il faudra agir à la fois sur le consentement à payer un peu plus des consommateurs, différencier davantage certains produits, baisser le coût du travail mais aussi que les agriculteurs gagnent en productivité dans leurs exploitations. […] Nous n’allons pas inventer les phosphates que nous n’avons pas dans notre sous-sol ! Nous ne serons donc jamais autonomes. À l’idée de souveraineté, d’autonomie, d’autosuffisance, préférons l’idée de sécurité alimentaire. Ce concept ne présente pas d’ambiguïté d’arrière- pensée de fermeture, de repli sur soi mais ouvre plutôt sur l’anticipation, l’organisation. »

La crise alimentaire qui vient est révélatrice de l’impasse dans laquelle nous ont conduits les choix successifs de déréglementation et de libéralisation du secteur agricole depuis les années 1990.

Avec Jean-Marie Séronie, nous touchons très directement au travail de détournement intellectuel de la dimension systémique et transformatrice du concept de souveraineté alimentaire, mais aussi des notions qui lui sont étroitement liées, comme la recherche de l’autosuffisance alimentaire et le principe d’un droit à l’alimentation.

En France, les demandes d’aide alimentaire ont connu une progression de 20 % à 40 % ces derniers mois selon les différentes associations caritatives.

Car le débat n’est précisément pas seulement de savoir si la France et l’Union européenne seront en capacité d’anticiper ou de s’organiser pour s’assurer des moyens de disposer de suffisamment de nourriture pour leurs populations. Le débat, pour nous, doit se centrer sur la question de savoir si les Français, et les Européens, seront en capacité de construire démocratiquement leurs choix agricoles et alimentaires permettant d’assurer durablement l’essentiel des productions sur le territoire national et européen, tout en respectant pleinement les choix des autres pays et régions du monde. Nous changeons là radicalement de perspective politique d’avec la version « allégée » de la seule sécurité alimentaire, soluble dans l’ouverture des marchés et qui ne s’intéresse jamais vraiment aux modèles de production ni à la coopération internationale.

 

LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE DES RICHES

Un autre exemple de cette bataille idéologique fondamentale tient à l’absence récurrente d’interrogation sur la mesure de la balance commerciale agricole française, et européenne, et sur les effets systémiques de son évolution ces trente dernières années. L’idée d’une « montée en gamme » de nos exportations pour compenser la croissance de nos importations semble être de plus en plus largement partagée.

Mais ce « recyclage qualitatif » de la théorie des avantages comparatifs ne s’accompagne pratiquement jamais d’une réflexion sociale sur la destination de ces productions, notamment celles sous signe d’identification de la qualité et d’origine (SIQO). Faut-il se féliciter d’exporter mieux en valeur que ce que nous importons, sans s’interroger sur les effets de ces importations sur les agrosystèmes et les populations locales? Peut-on s’extraire de tout examen sur l’intérêt et la pertinence alimentaire d’une politique commerciale visant à exporter plus de produits sous SIQO (IGP, AOP, AB, label Rouge) à destination des plus riches consommateurs américains, japonais ou chinois, plutôt que de soutenir les moyens concrets des ménages et des enfants français, et européens, les plus modestes d’accéder très régulièrement à ces produits ?

La « montée en gamme », uniquement pour les plus riches du monde, est-elle une politique alimentaire acceptable ? Je reprendrai enfin un dernier exemple, extrait de la même tribune de Jean-Marie Séronie (décidément !), et qui dénote toute l’hypocrisie qui accompagne le prêt-à-penser économique qui est servi avec les analyses libérales des politiques agricoles et alimentaires. M. Séronie avance que, pour que nous consommions plus de produits français, « il faut agir à la fois sur le consentement à payer un peu plus des consommateurs » tout en faisant « baisser le coût du travail ». Typique des contradictions permanentes de la réflexion des économistes libéraux, il déclare ainsi, dans la même phrase, que le salaire des de nos importations semble être de plus en plus largement partagée. Mais ce « recyclage qualitatif » de la théorie des avantages comparatifs ne s’accompagne pratiquement jamais d’une réflexion sociale sur la destination de ces productions, notamment celles sous signe d’identification de la qualité et d’origine (SIQO).

Faut-il se féliciter d’exporter mieux en valeur que ce que nous importons, sans s’interroger sur les effets de ces importations sur les agrosystèmes et les populations locales? Peut-on s’extraire de tout examen sur l’intérêt et la pertinence alimentaire d’une politique commerciale visant à exporter plus de produits sous SIQO (IGP, AOP, AB, label Rouge) à destination des plus riches consommateurs américains, japonais ou chinois, plutôt que de soutenir les moyens concrets des ménages et des enfants français, et européens, les plus modestes d’accéder très régulièrement à ces produits ? La « montée en gamme », uniquement pour les plus riches du monde, est-elle une politique alimentaire acceptable ?

La « montée en gamme », uniquement pour les plus riches du monde, est-elle une politique alimentaire acceptable ?

Je reprendrai enfin un dernier exemple, extrait de la même tribune de Jean-Marie Séronie (décidément !), et qui dénote toute l’hypocrisie qui accompagne le prêt-à-penser économique qui est servi avec les analyses libérales des politiques agricoles et alimentaires. M. Séronie avance que, pour que nous consommions plus de produits français, « il faut agir à la fois sur le consentement à payer un peu plus des consommateurs » tout en faisant « baisser le coût du travail ». Typique des contradictions permanentes de la réflexion des économistes libéraux, il déclare ainsi, dans la même phrase, que le salaire des travailleurs (notamment de l’agriculture et de l’agroalimentaire) devrait donc baisser tout en souhaitant que ces mêmes travailleurs (ils mangent eux aussi !) consentent à payer plus cher pour manger français. « Gagner moins pour manger mieux» : voilà qui pourrait servir de joli slogan de campagne électorale à certains !

Assurément, la souveraineté alimentaire est d’abord un combat politique.

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 06:48

 

L’électricité décarbonée est appelée à jouer un rôle majeur pour atteindre les objectifs climatiques que s’est fixés la France d’ici à 2050. Dans son récent rapport « Futurs énergétiques 2050 », RTE (Réseau de transport d’électricité) explore différentes hypothèses de mix électrique, aux fortes conséquences économiques et sociales.

*SERGE VIDAL est syndicaliste CGT, ancien ingénieur-chercheur EDF.

 

DES PERSPECTIVES ANNUELLES AUX PRÉVISIONS SUR TRENTE ANS

RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France, a une mission légale de prospective relative aux moyens de production et de distribution électriques. Chaque année, RTE publie un bilan prévisionnel afin de vérifier que l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité sera assuré pour les années qui suivent. Il dispose pour ce faire des informations et des compétences. Sur ces bases, RTE a, à plusieurs reprises ces dernières années, alerté sur les tensions relatives au passage des hivers (risque de black-out long). Des craintes similaires existent aussi au niveau européen.

Cette fois, l’exercice demandé à RTE par le ministre de tutelle en 2019, et dont une version a été publiée le 25 octobre 2021, porte sur les trente à quarante prochaines années, ce qui est assez différent des exercices annuels et fait appel à de nombreuses hypothèses.

La sécurité d’approvisionnement électrique nécessite un équilibrage production/consommation quasi instantané, mais aussi une programmation de moyen et long terme afin d’être sûrs de disposer des installations de production suffisantes le moment venu. On voit en ce moment, sur le court terme, avec la forte augmentation des prix, que cette spécificité est particulièrement incompatible avec la libéralisation des marchés et peut entraîner toutes sortes de spéculations : la multiplication des opérateurs privés induit des captations financières à différents niveaux. De façon parallèle, la programmation sur le long terme est indispensable et demande une vision et des principes (sécurité d’approvisionnement, maîtrise des coûts, égalité de traitement, indépendance nationale…) que seule la puissance publique peut garantir.

L’ensemble des hypothèses technologiques, économiques, sociales, géopolitiques, environnementales…, leur mise en cohérence et les objectifs visés constituent des scénarios énergétiques qui permettent de fournir des prévisions en matière d’investissements. L’évolution du contexte et les décisions prises modifient ensuite les données du problème et ces scénarios, indispensables à la prise de décision, doivent être réajustés.

La crédibilité d’un scénario dépend de la transparence de toutes les étapes du calcul. D’autres organismes – des associations, des universités… –, produisent de tels scénarios, qui diffèrent surtout par leurs hypothèses et leurs objectifs, parfois par leur méthodologie et leur transparence. Hors du monde universitaire, les moteurs de cohérence de ces études sont rarement en accès public.

Le gouvernement retient un scénario de référence pour établir la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), votée tous les cinq ans au Parlement. Ce scénario prospectif est aujourd’hui dit d’AMS (« avec mesures supplémentaires »).

 

DES HYPOTHÈSES CONTRAIGNANTES

RTE a donc publié en octobre 2021 une mise à jour de ses scénarios et en a évalué leur coût de revient. Le cadrage considéré par RTE est celui de la stratégie nationale bas carbone (SNBC, réévaluée tous les cinq ans=, qui s’inscrit dans le cadre de la loi relative à la transition écologique pour la croissance verte (TECV) de 2015. Loi qui a, entre autres, pour objectif une diminution de 50 % de la consommation énergétique française finale entre 2012 et 2050 (avec – 30 % en 2030) et de réduire à 50 % la part de l’électronucléaire d’ici à 2035 et la limiter globalement à 63,2 GW en puissance. La loi prévoit aussi d’atteindre la neutralité carbone en 2050, d’assurer la sécurité d’approvisionnement et la cohésion sociale, la maîtrise des dépenses des consommateurs et le droit d’accès à l’énergie sans coût excessif, bref une gageure.

Évolution de la consommation d’énergie finale et la part de l’électricité en France métropolitaine (historique et projection SNBC). Source : RTE, « Futurs énergétiques 2050 ».

Pour prendre moins de risques de non-atteinte de tous ces objectifs, il faudrait desserrer certaines contraintes de cette loi. Déjà, à la suite d’une précédente étude de RTE, l’objectif initial de 50 % de nucléaire dans notre mix électrique a été reculé par le Parlement de 2025 à 2035. La présente étude montre que la date de 2035 n’est pas non plus tenable.

 

SIX SCÉNARIOS ÉTUDIÉS

Trois scénarios retenus portent exclusivement sur des investissements dans les énergies renouvelables (scénarios M) et trois scénarios sur une combinaison entre énergies renouvelables et nucléaire (scénarios N). Ces six scénarios sont accompagnés de six variantes se rapportant à la consommation ou au mix électrique ainsi que d’une quinzaine d’études de sensibilité relatives aux coûts. À partir de différents jeux d’hypothèses, les scénarios sont multipliables indépendamment de leur désirabilité.

La première observation de RTE, dans le cadre défini, est que l’objectif de neutralité carbone implique une transformation profonde de l’économie et des modes de vie, et une forte augmentation de la part de l’électricité décarbonée dans la consommation énergétique totale. Les énergies fossiles, dont il faut sortir, représentent actuellement environ 60 % de la consommation actuelle, et elles sont importées.

Côté consommation, la SNBC table sur de l’efficacité énergétique (assurer le même service avec moins d’énergie), des transferts d’usages (changer d’énergie pour un même service) et de la sobriété énergétique (se passer de certains biens et services).

DES OBJECTIFS CLIMATIQUES DIFFICILEMENT ATTEIGNABLES

L’étude RTE met en évidence le fait que les scénarios avec maintien de nucléaire sont complémentaires du développement des énergies renouvelables et que les scénarios de substitution ne permettent pas l’accélération de la baisse des gaz à effet de serre demandée par le pacte vert européen. Pour cela, il faudra, a minima, étaler la trajectoire de fermeture des réacteurs nucléaires actuels.

Émissions de l’Union européenne depuis 1990 et objectif à l’horizon 2030 et 2050.Source : RTE, « Futurs énergétiques 2050 ».

RTE montre aussi qu’une « sortie rapide du nucléaire » (comme le préconise notamment le scénario Négawatt) « conduit soit à accepter des pénuries, soit à renoncer au respect de la trajectoire climatique de la France ». RTE montre également qu’ « un moratoire sur les énergies renouvelables conduirait à placer la France dans une position critique par rapport à ses ambitions de réindustrialisation et à ses trajectoires climatiques ».

L’étude RTE démontre que les besoins de flexibilité (non-fourniture à certains moments, recours à des batteries) et les limitations d’usages augmentent fortement avec la part des énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien).

Même si RTE a essayé de prendre des hypothèses similaires en termes de coût et de faisabilité des différents scénarios, le pari sur les capacités de stockage massif de l’électricité est très important pour les scénarios M.

La SNBC actuelle ne considère pas le captage/séquestration du CO2 comme suffisamment mature et mise sur une multiplication par 2,5 de l’usage énergétique de la biomasse.

 

SOBRIÉTÉ ET DÉMOCRATIE

La sobriété est le terme de bouclage pour les scénarios de réduction drastique des productions énergétiques pilotables. Cette notion recouvre la propension des individus à partager certains espaces et équipements, mais aussi d’autres modifications radicales de nos modes de vie ; entre autres, moins de déplacements, une moindre consommation des biens manufacturés, une baisse de 1 °C de la température des consignes de chauffage (actuellement 19 °C recommandés) ou de l’utilisation de l’eau chaude, de la frugalité numérique, la moitié du temps de travail en télétravail, etc.

Ces hypothèses peuvent heurter les aspirations du plus grand nombre et ne pas permettre la réduction des inégalités sociales ou de genre. Comme elles sont nécessaires à l’atteinte, sous contraintes, des objectifs énergétiques, elles risquent d’impliquer de la contrainte politique et sociale.

Il s’agit là de questions politiques de première importance qui ne doivent pas rester enfouies dans le fatras d’hypothèses structurantes de l’avenir énergétique du pays.

 

PAS DE SCÉNARIO AVEC MAINTIEN DU NUCLÉAIRE

Compte tenu du cadrage politique initial, RTE n’a pas étudié de scénario avec le maintien de la part du nucléaire dans la production électrique, actuellement de l’ordre des 70 %. (Un tel scénario sortirait du cadre, mais c’est aussi le cas des scénarios 100 % énergies renouvelables étudiés.) Avec une demande électrique en augmentation, le maintien de ce pourcentage impliquerait une augmentation en valeur absolue.

Compte tenu des délais de construction de nouveaux réacteurs, de la durée d’exploitation estimée des réacteurs actuels (autour de soixante ans) et du manque d’anticipation passée, cette option nécessiterait un effort industriel énorme et de la coopération internationale. La dégradation du tissu industriel national, les politiques de contractualisation et de sous-traitance, le manque de formation et le Wall Street management ont affaibli durablement les capacités du pays pour cela. Sans très forte volonté politique, cela ne pourra pas se réaliser.

UN BESOIN ÉLECTRIQUE SOUS-ESTIMÉ

La demande électrique retenue pour 2050 est de 645 TWh, soit 35% de plus qu’aujourd’hui. Une variante avec réindustrialisation du pays a été étudiée qui fixe la demande à 752 TWh, sans toutefois tabler sur un retour au niveau industriel des années 1990. L’Académie des technologies a, quant à elle, avancé le chiffre de 840 TWh, ce qui correspond à peu près à l’estimation d’EDF, qui considère l’estimation de RTE comme une trajectoire a minima.

Au-delà de cette bataille de chiffres se pose la question des marges de sécurité en matière de continuité d’approvisionnement. Une sous-capacité en moyens de production serait plus contraignant qu’une surcapacité. Il faut des marges de sécurité lorsqu’il s’agit de satisfaction des besoins, d’autant plus si on veut avoir une politique de réduction des inégalités sociales et de résorption de la pauvreté.

 

ÉVALUATION DES COÛTS

RTE évalue les coûts complets de ses différents scénarios et fait apparaître que le scénario avec mise en service de quatorze EPR d’ici à 2050 ferait économiser en investissements supplémentaires environ 200 milliards d’euros sur quarante ans par rapport à un arrêt total du nucléaire en 2060 et que le coût des énergies renouvelables est moindre dans le cas où elles sont associées au nucléaire.

Comparaison des coûts complets annualisés pour les différentes capacités en exploitation à l’horizon 2030 dans les six scénarios de mix considérés (moyenne des scénarios). Source :RTE, « Futurs énergétiques 2050 ».

Toutefois, le risque d’insuffisance chronique dans la fourniture électrique de la France, et donc son renchérissement, ainsi que celui de non-atteinte de la neutralité carbone en 2050, apparaissent comme des éléments plus déterminants que les écarts calculés de coûts.

La documentation fournie par RTE aborde de nombreux points liés aux contraintes de réalisation de ses scénarios, notamment leur impact en matière et d’occupation de l’espace. RTE souligne aussi les nombreux champs de recherche qui doivent être renforcés pour faire face aux enjeux.

 

URGENCE À DÉCIDER

RTE conclut à juste titre sur l’urgence (2022-2023) qu’il y a à prendre des décisions qui sont d’une ampleur similaire à celles prises dans les années 1970, au moment du lancement du programme nucléaire.

Les délais de construction sont longs, et déjà pour le nucléaire du retard a été pris. La période actuelle, où les taux d’intérêt sont bas, est propice au lancement d’investissements nucléaires ou renouvelables nécessitant beaucoup de capitaux au début. Le coût de l’indécision se payera cher à terme. La cohésion sociale, le progrès social et la réduction des gaz à effet de serre sont en jeu.

 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 06:54

 

 

Le directeur de campagne du candidat PCF, Ian Brossat, revient sur les propos de Fabien Roussel au sujet de l’alimentation. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours.

« Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française… mais pour y avoir accès, il faut avoir des moyens, et donc le meilleur moyen de défendre le bon vin, la bonne gastronomie, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. Et je dis que le bon, le beau, tout le monde doit y avoir accès. » Voici les mots de Fabien Roussel prononcés dimanche 9 janvier sur France 3. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours. Une polémique que l’on pourrait juger anecdotique ou futile à première vue : pourtant, elle mérite que l’on s’y attarde car elle dit beaucoup de notre époque.

Rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires

Pourquoi cette défense de l’alimentation pour toutes et tous au moment où tant de Français peinent à boucler les fins de mois, se privent de tout, fait-elle polémique ? Car elle touche au cœur de notre mode de vie et aux aspirations de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu. Par les mots qui sont utilisés, incontestablement, il est question de défendre le pouvoir d’achat des plus modestes mais aussi un certain art de vivre à la française. Celui-ci ne se limite pas à la gastronomie – le bon –, et nous formulons également des propositions ambitieuses en matière d’accès à la culture – le beau. Il est néanmoins évident que le vin, la viande, le fromage nous définissent. Cela fait partie de notre patrimoine, qu’on le veuille ou non, et il suffit de se rendre sur un marché pour s’en convaincre. Il n’y a rien de mal à cela, et il s’agit ici de n’exclure personne. Bien au contraire, il s’agit précisément de rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires.

Mais voilà que certains préfèrent culpabiliser les Français sur ce qu’ils sont. Alors que les temps sont rudes, que les crises s’accumulent, il est devenu courant de vouloir faire porter tous les malheurs du monde aux classes populaires. La pollution ? Ce sont les pauvres et leurs bagnoles qui en sont responsables. La crise climatique ? La consommation de viande des Français qui se serrent la ceinture toute la semaine. Inlassablement, les mêmes débats se rejouent. Sans surprise, celles et ceux qui professent à longueur de journée des leçons de morale, eux, n’ont jamais eu à se priver de rien.

La gauche souffre de sa déconnexion

Or, qui pollue le plus ? Les plus riches et les grandes entreprises. Tous les chiffres le montrent. Un exemple issu d’une étude d’Oxfam : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Total, ces quatre entreprises du CAC 40, ont une empreinte carbone supérieure à celle de tous les Français réunis. Que pèse le steak de l’ouvrier, de la caissière, du manutentionnaire, de l’infirmière, du livreur Deliveroo face à cela ? Des cacahuètes.

Ce dont souffre la gauche, ce n’est pas de la division. La gauche souffre de sa déconnexion, d’avoir tourné le dos au réel et aux classes populaires depuis des années, d’avoir oublié qui sont nos vrais adversaires. Avec Fabien Roussel, nous avons un candidat qui a les deux pieds dans le réel, et cela fait du bien. 

 

 

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 13:52
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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 13:45

 

 

 

 

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 13:40

 

 

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 09:18

 

Les propos de Fabien Roussel sur la gastronomie française dans l'émission Dimanche en Politique ont agité la toile et le paysage politique cette semaine.

Fabien ROUSSEL y est accusé, par certains, de défendre une vision identitaire de la gastronomie française !!

Fabien Roussel y exprime son positionnement pour un accès à une alimentation saine, produite au maximum en local pour respecter également les droits et conditions des personnes qui nous font vivre de leur production.

On trouve ces propos à la 25ème minute de l'interview de Fabien ROUSSEL.

Cette phrase lui a valu une avalanche de critiques, l'accusant de défendre une vision très "franchouillarde" et "viandarde" de la gastronomie française et de faire des appels du pied à la droite identitaire. L'écologiste Sandrine Rousseau, présidente du conseil politique de Yannick Jadot, lui a par exemple répondu en lui indiquant que le plat préféré des Français était le couscous. "Je ne bois pas. Je suis végétarien. J’espère que je ne suis pas l’anti-France", lui a également demandé Sergio Coronado, ex-député écologiste.

Bien sûr cette polémique imbécile a fait réagir Fabien ROUSSE (voir une courte vidéo en cliquant sur le lien ci-dessous)

C'est avec conviction que Fabien Roussel assume : "Tout le monde doit avoir accès au bon, et au beau, y compris les classes populaires.".

Cette polémique, a suscité de nombreux commentaires dans la presse.
La « carte blanche de Catherine Nay » sur Europe 1, titrée "Le peuple de gauche a un vrai candidat, Fabien Roussel" vaut d’être vue et écoutée.

L'article de Natacha POLONY (rédactrice en chef du journal Marianne) vaut aussi d'être lu.

Le crime de Fabien Roussel ? Avoir parlé de gastronomie française" - Édito de Natacha Polony dans Marianne (Publié le 12/01/2022)

La phrase du candidat communiste à la présidentielle est pourtant impeccable, en ce qu’elle pointe la nouvelle forme que prend l’écrasement des prolétaires dans un monde régi par le capitalisme consumériste et le modèle du low cost.

En ce mois de janvier, certains se désolent de voir la gauche réduite à la portion congrue dans un pays dont beaucoup diagnostiquent l’état de « droitisation » avancée. D’autres attendent que « sainte Christiane », entre deux paraboles inspirées, descende de son Olympe pour la rédemption ultime. Et chacun de s’interroger : comment a-t-on pu en arriver là ? La faute aux médias qui « banalisent l’extrême droite » et « usent de son vocabulaire » ? La faute aux « populistes » qui manipulent des électeurs par conséquent manipulables ? Et puis surgit un épisode, tout juste une anecdote, et tout s’éclaire. Et l’on est pris d’une pensée émue pour Jean Jaurès, Léon Blum ou Jean Zay.

On avait déjà remarqué que Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle, faisait entendre une musique nouvelle. Déjà, il est candidat, quand son parti, depuis longtemps, avait renoncé à toute forme d’existence et s’était rangé derrière des Insoumis chez qui les transfuges du NPA ont pris le pas sur les grognards du Parti de gauche. Et le voilà qui déclare tout de go, en un week-end où Emmanuel Macron et Valérie Pécresse se sont lancés dans un concours de Kärcher : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage : c’est la gastronomie française. Le meilleur moyen de la défendre, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. » Un esprit naïf considérera qu’il n’y a pas là matière à s’émouvoir et que la proposition n’est pas d’une audace ébouriffante. C’est oublier ce qu’est devenue la gauche.

Sandrine Rousseau tweete aussitôt : « Le couscous, plat préféré des Français. » D’autres se font plus explicites : « Faites avancer la gauche au lieu de faire des appels du pied à la droite identitaire. » En résumé, Fabien Roussel s’est rendu coupable non seulement de prôner des nourritures qui relèvent de l’exploitation criminelle des animaux, mais surtout de parler de « gastronomie française », et de tenter de la définir par des éléments qui ne fleurent pas bon le multiculturalisme. Il eût été davantage au goût de ces grands penseurs de la gauche de paraphraser l’Emmanuel Macron de 2017, qui visiblement les défrisait moins qu’un communiste à l’ancienne : « Il n’y a pas de gastronomie française, il y a une ­gastronomie en France et elle est diverse.

 

MISÈRE DE CETTE PRÉSIDENTIELLE

Ceux qui ont un certain âge se souviendront d’un temps où le Parti communiste français ne craignait pas de prononcer le mot « France » et appelait même les travailleurs à consommer français pour préserver leur emploi. Face à une mondialisation qui se mettait déjà en place, il était un des rares partis ­politiques à avoir compris que les conquêtes sociales du XIXe et du XXe siècle pouvaient être balayées par la libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises, qui permettaient aux multinationales de se fournir là où l’on pouvait encore exploiter les hommes et la terre.

La phrase de Fabien Roussel est impeccable, en ce qu’elle pointe la nouvelle forme que prend l’écrasement des prolétaires dans un monde régi par le capitalisme consumériste et le modèle du low cost : faire manger aux pauvres des produits infâmes et ultratransformés sous prétexte de les nourrir pour pas cher. Quand un virus s’attaque en priorité aux obèses, aux diabétiques, c’est-à-dire aux malades de la malbouffe, le problème devient plus prégnant encore.

Définir un modèle dans lequel une viande ou un fromage (ou un vin, crime contre l’hygiénisme, incitation à la débauche !) de qualité, fruits d’un savoir-faire respectueux des animaux et de l’environnement, sont accessibles à tout citoyen dans des quantités raisonnables, un modèle dans lequel tout citoyen, justement, a conscience des bienfaits non seulement nutritionnels mais aussi gustatifs, et donc spirituels, de ces mets plutôt que d’être dépendant de la publicité qui lui dicte ses envies de gras et de sucre, c’est un programme d’émancipation comme la gauche n’en offre plus depuis des lustres.

« La gastronomie devrait être la richesse des plus pauvres. Un communiste a su le dire, et certains veulent poursuivre l’enterrement de la gauche en abandonnant cela aussi à l’extrême droite. »

Alors, il y a ces mots : « gastronomie française ». Mon Dieu, on ose définir ce que serait la France ! Pour certains, à gauche, c’est déjà rouvrir Drancy. Tout ce qui préexiste et qu’on pourrait aspirer à perpétuer exclurait par essence ceux qui viennent d’ailleurs et doit donc être effacé. On ne sache pas que Jaurès ait eu une telle conception, ni que l’internationalisme implique l’uniformisation de l’humanité et l’effacement de toute appartenance. Mais, surtout, ces termes, « gastronomie française », nous rappellent qu’un tel patrimoine appartient au peuple. Un peuple qui se définit comme une communauté politique rassemblée par une histoire commune dont les nouveaux venus sont également dépositaires et qu’ils s’approprient. Le fameux « legs de souvenirs » de Renan.

Et ce peuple français a inventé une façon d’être au monde lié à la géographie de ce territoire. Rien-là qui relève du génie de quelques-uns ou de la richesse étalée par des privilégiés. La gastronomie commence par l’œuf au plat, la soupe de poireaux et pommes de terre. Elle est accessible à tous. La gastronomie, c’est le produit qui a la gueule de l’endroit et qui donne du plaisir. Et ce devrait être la richesse des plus pauvres. Un communiste a su le dire, et certains veulent poursuivre l’enterrement de la gauche en abandonnant cela aussi à l’extrême droite. On comprend mieux la misère de cette présidentielle.

Pour Découvrir, soutenir et partager les propositions de Fabien Roussel pour une ruralité, une agriculture et une alimentation heureuses, cliquer sur le lien suivant

 

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