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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 05:38

 

La problématique de l’indépendance énergétique de notre pays est ancienne et se pose encore crûment au regard des enjeux environnementaux, sanitaires et géopolitiques actuels. Pour ce qui est de l’énergie électronucléaire, la France dispose de réserves d’uranium qui garantissent pour plusieurs années son approvisionnement dans ce secteur.

Marie-Claire Cailletaud est dirigeante CGT, responsable des questions industrielles.

UN PEU D’HISTOIRE

La France est pauvre en ressources fossiles, alors qu’elles sont historiquement le principal moyen de produire de l’énergie. De ce fait, elle a fait appel aux importations : premier importateur de charbon entre les deux guerres, le pays a eu également recours à l’importation de quantités croissantes d’hydrocarbures.

La reconstruction nationale après la Seconde Guerre mondiale s’appuiera fortement sur le charbon. La mobilisation des mineurs pour la production est décrétée en 1945 par le général de Gaulle et Maurice Thorez : ce sera la bataille du charbon pour contribuer au redressement économique du pays, pour lequel il fallait plus d’électricité. À cette époque la production d’électricité nationale est due essentiellement à des centrales thermiques fonctionnant au charbon et à des barrages hydrauliques dont s’est dotée la France. En 1960, 56 % de la production d’électricité proviennent de l’hydraulique – qui reste la première source renouvelable de production d’énergie en France.

Donc, au milieu du XXe siècle, les seules ressources nationales importantes dans ce domaine étaient la thermoélectricité et l’hydroélectricité. Cette situation a eu plusieurs conséquences. La dépendance énergétique de la France est de 75 % à la veille du premier choc pétrolier. Le pays a eu très tôt une politique d’« efficacité énergétique ». Rappelons la campagne « La chasse au gaspi », lancée en 1979, pour inciter les automobilistes à économiser le pétrole et plus tôt, en 1976, le slogan décrétant que, « en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées ».

Mais la question de la dépendance énergétique, et donc de l’indépendance énergétique, s’est posée dès la Première Guerre mondiale (George Clemenceau est contraint de pousser un cri d’alarme auprès de ses alliés américains en 1917). Au cours du siècle, le lien entre maîtrise de l’énergie et puissance industrielle s’affirme, prenant même une dimension politique, comme l’illustrera la crise de Suez, en 1956. Et la naissance même de l’Europe s’est appuyée sur une alliance autour du charbon et de l’acier1 ; l’objectif alors affiché est bel et bien politique : empêcher une nouvelle guerre en unissant le charbon et l’acier, base de l’industrie de la France et de l’Allemagne.

Échantillon d’oxyde d’uranium sous forme solide. Les stocks de ce composé dont dispose notre pays nous mettent à l’abri d’une pénurie pour quelques années.

Ces questions géostratégiques continueront de se poser, que ce soit pour les ressources fossiles ou pour les métaux, en particulier les terres rares nécessaires dans toutes les nouvelles technologies (batteries de voiture, d’ordinateurs, de téléphones ; cellu­les photovoltaïques ; aimants des éoliennes…) : « Le Moyen-Orient a le pétrole, nous avons les terres rares », déclarera Deng Xiaoping en 1992.

La question de la dépendance énergétique, et donc de l’indépendance énergétique, s’est posée dès la Première Guerre mondiale.

L’affaire de Suez, qui priva le pays de 90 % de ses approvisionnements énergétiques, conduisit à développer les recherches autour de l’atome civil pour s’affranchir de la dépendance au pétrole. Cela aboutit à la construction, de 55 réacteurs nucléaires entre 1974 et 1980. Ainsi, et avec la fermeture progressive des sites d’extraction de charbon2, la production d’électricité se fait essentiellement à partir de l’énergie nucléaire et hydraulique.

Un dernier marqueur de la politique énergétique française, et pas des moindres, est constitué par le rôle de l’État dans le domaine et par le fait qu’il y a eu, jusque dans les années 2010, un consensus entre les gouvernements successifs sur la place de l’énergie dans la politique du pays et la nécessité de diminuer la dépendance énergétique pour s’affranchir des aléas politiques : en 1928, avec la loi sur les hydrocarbures, la France créa une industrie de raffinage du meilleur niveau européen ainsi qu’une industrie parapétrolière qui devint la deuxième au niveau mondial ; en 1945 est mis en place le Commissariat à l’énergie atomique ; en 1946, c’est la nationalisation des Charbonnages de France et celle du secteur électrique et gazier avec la création des deux grandes entreprises publiques, EDF et GDF, qui regroupent la production, le transport et la distribution d’électricité et de gaz.

Si la politique gouvernementale a été très présente dans le secteur, il y a cependant eu rapidement des oppositions entre une vision libérale laissant faire le marché et une vision répondant plus à un État stratège à même de donner des perspectives à un secteur hautement capitalistique et qui nécessite des cycles longs. Le tournant engagé à la fin des années 1990 – et suivi depuis par tous les gouvernements – fait la part belle au marché et s’attache à démanteler et à privatiser les entreprises issues « de l’organisation industrielle et du consensus politique fort » de la seconde moitié du XXe siècle.

LA SITUATION ACTUELLE

Aujourd’hui, l’indépendance énergétique se pose encore plus crûment à l’aune des défis environnementaux posés à l’humanité, dont la production d’énergie est une des causes premières, et, plus récemment, de la crise sanitaire et de la crise géopolitique engendrée par la guerre menée par la Russie en Ukraine qui montre à l’Europe sa fragilité en ce domaine et sa très forte dépendance.

Par ailleurs, la crise de la covid a mis en évidence la très forte dépendance de la France en matière industrielle. Notre pays s’est dramatiquement désindustrialisé : en cinquante ans, la place de l’industrie dans le PIB a été divisée par 2 et plus de 2 millions d’emplois dans ce domaine ont été supprimés. En parallèle, notre balance commerciale est structurellement déficitaire et notre empreinte carbone est égale à 1,7 fois nos émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, la nécessité de réindustrialiser le pays ne semble plus faire débat. Cela va nécessiter des transformations profondes dans notre appareil productif, avec une économie plus circulaire et des circuits raccourcis. Pour ce faire, il faudra augmenter la part de l’électricité dans notre bouquet énergétique – une énergie bas carbone pour répondre aux défis climatiques, et non comme celle de l’Allemagne, qui fait redémarrer des centrales à lignite très polluantes. Ainsi la production nucléaire revient-elle sur le devant de la scène.

Aujourd’hui, l’indépendance énergétique se pose encore plus crûment à l’aune de deux éléments majeurs : les défis environnementaux posés à l’humanité, dont la production d’énergie est une des causes premières, et, plus récemment, la crise sanitaire et la crise géopolitique.

La nécessité d’acquérir une forte indépendance énergétique, centrale pour tous les domaines de la vie, pour l’industrie comme pour les citoyens (dans notre pays, 13 millions d’habitants souffrent de pauvreté énergétique), n’est plus questionnée. Bien entendu, indépendance ne signifie pas autarcie, et les secours existants via les interconnexions européennes doivent permettre de parer aux situations difficiles. Il est à noter cependant qu’aujourd’hui ces interconnexions sont développées pour répondre aux besoins du marché et de circulation des électrons plus qu’au besoin de secours, alors que cela conduit à des pertes plus importantes.

Un dépôt pétrolier en Haute-Savoie. Nos réserves d’hydrocarbures représentent moins de six mois de notre consommation annuelle. Or la France dispose d’un stock stratégique d’uranium appauvri qui pourrait couvrir pendant cinq années la consommation d’uranium naturel.

Par ailleurs, cette interdépendance complexifie le système avec les injections prioritaires d’énergies fatales (solaire, éolien…), qui par ailleurs produisent pratiquement dans les mêmes périodes, le foisonnement électrique étant très faible sur la plaque européenne, conduisant même par moments à des prix de marché négatifs.

POUR OU CONTRE LE NUCLÉAIRE

Les arguments pour développer la production nucléaire sont sources de nombreuses controverses. Le sujet de l’indépendance n’y échappe pas. Ainsi affirme-t-on çà et là que l’indépendance du nucléaire serait un mythe puisque nous ne produisons pas d’uranium. L’indépendance serait plus atteignable avec des énergies de flux.

L’uranium n’est certes plus produit en France – la dernière mine a fermé en 2001 – bien qu’il reste des réserves de cet élément dans notre sous-sol, mais dans des sites estimés non rentables. Aussi, ORANO (ex-Areva) extrait de l’uranium dans trois pays (Niger, Canada et Kazakhstan), lequel est converti et enrichi dans l’Hexagone, et produit aussi du MOx3 (usine Melox du Gard) avec lequel il alimente les centrales nucléaires à eau légère. La France réduit ses besoins en uranium naturel en recyclant ses combustibles usés : 10 % de l’électricité nucléaire française est produite à partir de matières recyclées (combustibles MOx). À ce titre, il est à signaler que les stocks dont dispose notre pays nous mettent à l’abri pour quelques années.

À court terme, EDF dispose d’un stock d’uranium en France correspondant à deux ans de production d’électricité ; en comparaison, les réserves d’hydrocarbures représentent moins de six mois de la consommation annuelle française. Enfin, la France dispose d’un stock stratégique d’uranium appauvri qui peut se substituer à tout moment à cinq années de consommation d’uranium naturel en utilisant les capacités modernes de conversion et d’enrichissement domestiques. À moyen terme, la France possède, au travers d’ORANO, un portefeuille de réserves en uranium représentant trente années de consommation. À long terme, les ressources connues en uranium représentent cent trente années de consommation mondiale, et jusqu’à deux cent cinquante si l’on inclut les ressources estimées.

PERSPECTIVES

Le prix de l’uranium intervient peu sur le prix final de production électrique, ce qui nous protège des aléas du marché. De plus, l’avenir de la filière nucléaire passe par les réacteurs de 4e génération, lesquels permet­tront une indépendance sur des millénaires.

À court terme, EDF dispose d’un stock d’uranium en France correspondant à deux ans de production d’électricité. À moyen terme, elle possède, au travers d’ORANO, un portefeuille de réserves en uranium représentant 30 ans de consommation.

Pour produire une même quantité d’électricité, le réacteur EPR consommera 7 à 15 % d’uranium en moins que les réacteurs de 2e génération. Et les réacteurs de 4e génération iront encore plus loin : ils réduiront pratiquement à néant l’éventuelle problématique d’une hypothétique dépendance à l’uranium ; ils seront capables d’éliminer pratiquement tous les déchets et ne nécessiteront pratiquement plus d’uranium. En effet, l’avantage de ce type de réacteur, c’est qu’il produit plus de combustible qu’il n’en consomme. Il ne nécessiterait que 1 à 2 t d’uranium naturel par an.

Environ 250 000 t d’uranium appauvri sont actuellement entreposées sur plusieurs sites en France. Avec les réacteurs de 4e génération, les stocks d’uranium appauvri disponibles, en combinaison avec les combustibles usés contenant du plutonium, permettront, à partir du siècle prochain, de s’affranchir totalement des mines d’uranium pendant des millénaires : on valorisera dès lors les 99 % de l’uranium extrait mis actuellement de côté.

Contrairement à d’autres matières premières – le pétrole par exemple –, la « Bourse » de l’uranium n’est pas très développée. La majorité des échanges se fait au travers de contrats à long terme, s’étalant parfois sur plus de dix ans, qui permettent une stabilité des prix. L’uranium ne représente qu’une faible part du coût complet de production de l’électricité d’origine nucléaire, de l’ordre de 5 %, ce qui nous met à l’abri des fluctuations de marché. De la sorte, si le prix de l’uranium montait, l’impact serait faible : à titre d’exemple, un doublement du prix de l’uranium se traduit par une augmentation d’environ 5 % du coût de production de l’électricité nucléaire. En revanche, quand le prix du gaz double, le coût de production de l’électricité produite par combustion de gaz augmente d’environ 60 %.

Enfin, concernant la possibilité d’avoir une réelle indépendance avec des énergies de flux, celles-ci ont besoin pour produire de l’électricité de matériaux ainsi que de métaux stratégiques et de terres rares qui ne sont pas produites sur le sol national.

1. C’est la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), créée en 1950.

2. Le 21 décembre 1990, le dernier puits en activité dans le nord de la France arrête sa production.

3. Le MOx (mixed oxide) désigne un combustible constitué d’un mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium.

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5 septembre 2022 1 05 /09 /septembre /2022 13:04

Cette fin d’été sonne comme un tocsin, révélateur d’un système capitaliste à bout de souffle. Un système qui, non seulement démontre désormais son incapacité à répondre aux besoins humains et aux défis de la nature, mais devient dangereux pour le devenir de l’humanité et de la civilisation. Les dérèglements climatiques menacent, tout comme les guerres économiques et militaires si proches de nous. Dans les obligatoires et inquiétants constats égrenés sous forme de plaintes douloureuses ces dernières semaines, il manque le lien ténu entre le sort fait aux familles populaires, aux travailleurs du monde entier, les bouleversements climatiques et un système dont, la nature même, est de promouvoir l’argent-roi pour une infime minorité contre le travail et la création, les biens communs et la nature : le capitalisme. Pourtant, déjà, en particulier dans la jeunesse, pointe une conscience certes encore hésitante mais bien réelle, qu’il ne sera pas possible d’affronter victorieusement les colossaux enjeux ; climatiques, sociaux et démocratiques de notre époque sans mettre en cause le système d’organisation de la société qui, sans cesse les perpétue. Cela ne signifie en rien qu’il faille sous-estimer le poids que les idées réactionnaires de droite et d’extrême-droite ont prises partout. Si bien que se déploie un puissant débat et combat idéologique. Une lutte des classes. Les forces de la conservation – et elles sont puissantes – font feu pour sauver le système.

 

Les forces de transformation se cherchent et se déploient. Ce combat ne laisse que peu de place à l’eau tiède. Un combat entre l’ancien qui se meurt et le nouveau qui se cherche encore. Ce constat semble bien être la grande originalité du moment que nous vivons. De son issue dépend le passage ou non à un mode d’organisation supérieur de la société, dépassement du mode actuel comme le fut en son temps le capitalisme se libérant du féodalisme. Cette évolution révolutionnaire trouve son origine dans les contradictions générées par le capitalisme dans sa phase actuelle : mondialisé, financiarisé, militarisé. Des centaines de millions de citoyens du monde, commencent plus ou moins consciemment, à l’attribuer aux décennies de politiques favorisant la rapacité des marchés financiers et des oligopoles internationaux, à l’accumulation des richesses dans les mains d’une minorité de personnes. Tout cela a été rendu possible grâce à des responsables politiques, devenus fondés de pouvoir, des intérêts des puissants qui eux-mêmes se sont dotés de médias pour enseigner, populariser, vulgariser les dogmes néolibéraux faisant croire que leur politique est la seule possible.

 

Une politique qui s’apparente à une véritable guerre sociale, contre les classes les plus modestes et les classes moyennes, dévalorise le travail en l’exploitant toujours plus, dépossède les salariés de leurs droits, lamine et privatise les services publics prétendument au nom de l’efficacité, fait croire à l’inéluctabilité de la « compétitivité » dans la « concurrence libre » comme moyen de développement, met en cause la vie sur terre, dans les mers et pollue l’espace. Tout l’édifice commence à s’écrouler sous nos yeux. Les forces du capital sont sur la défensive. On a vu ces derniers jours comment le Président de la République cherche à contourner les obstacles en utilisant des sparadraps pour réparer une béante fracture. On voit comment les médias au service de sa politique, culpabilisent les citoyens pour mieux faire accepter une nouvelle phase d’austérité. Ils savent que les tréfonds de la société sont en ébullition. Pour tenir et détourner l’attention, l’extrême-droite sert d’épouvantail et de béquille au Système, au risque de la faire triompher comme cela semble malheureusement possible en Italie. Mais une autre voie est possible : progressiste, démocratique, écologique, fraternelle.

 

Des reculs conséquents peuvent leur être imposés. Pas dans un avenir idéalisé mais dans le présent, ici et maintenant. Après la contagieuse maladie destructrice qui ronge notre système de santé jusqu’à ne pouvoir soigner tout le monde, nous sommes à ce point où il n’y a plus assez d’enseignants pour éduquer nos enfants. Voilà le résultat de l’odieux « dégraissage du mammouth » voulu par un ministre de l’Éducation d’un gouvernement de gauche. Le même d’ailleurs qui contestait les travaux de chercheurs alertant sur les bouleversements climatiques. Mais sur le dos du fameux « mammouth », il ne reste que la peau et les os à tel point qu’on prétend former, à la veille de la rentrée scolaire, en quatre jours, des « enseignants contractuels » livrés à des classes de trente élèves. On ne saurait faire pire pour dégouter dès les premières semaines des centaines de volontaires et ainsi accentuer le déclassement d’une fonction enseignante dont on dit qu’elle est l’une des plus belles, mais beaucoup moins, l’une des plus difficiles aussi. N’y a-t-il pas meilleur moyen de dégouter les enseignants, en négligeant l’investissement que la Nation doit consacrer à la formation de sa jeunesse pour préserver les intérêts des actionnaires chez Total et dans les entreprises profiteuses de guerre et de catastrophe ? À elles, l’abondance de rentabilité, à l’école et l’Hôpital publics les pénuries. L’avenir du pays, ses développements scientifiques, technologiques, culturels, démocratiques, ses capacités d’innovation sont en cause. Le Président de la République l’assume ouvertement puisque devant les recteurs d’académie, il s’est exclamé : « Plus de moyens, nous l’avons déjà fait tant de fois dans l’histoire ». A quoi joue- t-il ?

 

A cyniquement afficher sa détermination à ne rien céder et à poursuivre l’affaiblissement de l’Éducation nationale alors qu’il va appeler à augmenter les crédits militaires. Or, les difficultés de recrutement dans certains secteurs de production mettent à nu les immenses besoins de formation et d’augmentation des rémunérations. Ce sont les mêmes arguments méprisants qui sont employés à l’encontre des personnels de santé, leurs qualifications et leurs rémunérations, pour préparer la déstructuration de ce service public avec les redoutables conséquences que produit la restriction de l’accès aux soins. D’autres exemples méritent d’être étudiés. Ainsi, on ne parle même plus seulement de « profits » mais de « superprofits » pour quelques groupes industriels et financiers. Ceux-ci sont issus à la fois de la surexploitation du travail, des subventions publiques, de la prédation de la nature et de la spéculation. Il nous a été servis maints discours sur « la souveraineté européenne » voici que les Etats-Unis s’y réinstallent en force et que la valeur de l’Euro passe en deçà de celle du dollar.


Si les méga-feux ont certes différentes origines, c’est au nom de l’austérité qu’a été réduit le nombre de pompiers, pressuré les autres, diminué les moyens de l’Office national des forêts et éliminé des petits élevages permettant d’entretenir les forêts et les friches. On a préféré importer du mouton des anciens pays du Commonwealth. Ajoutons, qu’avec le prix d’un seul avion rafale, on pourrait acheter sept Canadairs. Que dire également du mépris avec lequel ont été traités, il y a une vingtaine d’années les propositions des travailleurs d’Eurocopter de la Courneuve et de Marignane en lutte contre la fermeture de leurs sites industriels. Ils avaient proposé de transformer leurs usines en centres de construction d’hélicoptères anti-feux. Le gouvernement et les dirigeants de l’époque avaient préféré troquer l’emploi contre la valorisation des cours en bourse. Il ne suffit pas de pleurnicher sur la flambée des prix de l’électricité et du gaz en faisant semblant de protéger les familles populaires alors que les pouvoirs successifs, avec la Commission européenne, ont organisé la privatisation du secteur au nom de… la baisse des prix. Il y a bien urgence à sortir des directives organisant le marché unique européen de l’électricité et de faire d’EDF, la grande entreprise nationale, innovante pour les énergies de demain, propriété de ses travailleurs et de la Nation. Ce serait une désobéissance heureuse !

 

De même, il est totalement mensonger de prétendre améliorer le climat quand on favorise les transports de marchandises par camion et quand on impulse les cars « Macron » au détriment d’une grande SNCF disposant de moyens nouveaux pour développer le transport fret, ouvrir de nouvelles lignes interrégionales et diminuer le prix des billets, voire d’initier des prix très bas pour les transports régionaux, comme en Allemagne ou en Autriche.

 

Le même effort herculéen devra être fait pour la rénovation des habitations et les nouvelles constructions plus économes en énergie. Comment, sérieusement avoir le culot de se plaindre du manque de pièces pour terminer le montage des automobiles ou d’autres produis industriels quand, au nom de l’efficacité et de la baisse des coûts, le capitalisme a organisé une division internationale du travail, afin d’exploiter en Asie une main-d’œuvre sous-payée mise en concurrence avec la nôtre.

 

Les travailleurs et les citoyens paient doublement aujourd’hui l’interdépendance des économies et des systèmes productifs, la rupture des chaines logistiques alors que nos capacités de production industrielle et agricole ont sans cesse été affaiblies et des masses énormes d’emplois détruits. On pourrait ainsi multiplier les exemples montrant l’inefficacité et la perversité de choix politiques et économiques fait ces dernières décennies sous l’impulsion des institutions internationales et de l’Union européenne au service du capitalisme financier, de plus en plus militarisé.

 

Il n’y a de solutions ni au dérèglement climatique en cours, ni à la croissance des inégalités, ni aux tensions guerrières mondiales sans transformer profondément les systèmes productifs et de distribution, sans contester concrètement l’accaparement des richesses par une infime minorité, sans protéger et valoriser les biens communs avec de grands services et de grandes entreprises publics, propriété réelle de la Nation, sans une protection sociale élargie jusqu’au cœur du système productif, sans une démocratie nouvelle irriguant les entreprises et les banques. Bref, les urgences invitent les peuples à s’engager dans la construction de processus communistes. Peu importe, d’ailleurs le nom qu’ils portent s’ils surpassent un capitalisme dont on voit mieux aujourd’hui qu’il conduit la civilisation, l’humanité vers des impasses mortelles. Ses heures d’apogée sont derrière lui. Qu’une majorité d’hommes et de femmes décident, avec lucidité, détermination et créativité de s’y engager et tout sera possible, en vrai. Pas qu’en rêve.

 

Comme à d’autres périodes de l’Histoire de l’humanité, le mouvement populaire doit inscrire ses aspirations, ses combats dans une nouvelle conception de la vie en commun, dans l’invention de l’après capitalisme. Nous en discuterons amplement lors des trois belles journées qui s’annoncent avec la Fête de l’Humanité.

 

 

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 13:02

 

La Fête de l’Humanité est ce lieu unique, magique, qui à chaque fois nous dépasse tant ces participants, dans leurs multitudes, sont inventifs pour faire vivre des jours durant une ville supplémentaire au cœur du Bassin parisien. Elle est contrainte de se déplacer à partir de cette année, car le terrain de la Courneuve-Dugny-Le Bourget est réquisitionné pour la préparation des Jeux Olympiques. Par la suite, il sera malheureusement urbanisé et la Fête s’installe donc durablement dans un nouveau lieu, verdoyant au cœur de l’Essonne, au Plessis-Pathé, près de Brétigny, sur l’ancienne base d’essai de l’avion Concorde. Pour une part, grâce à la Fête, cet espace va devenir un lieu de création culturelle incluant une grande cité du cinéma sur le terrain adjacent et, sur un autre côté, sera installée une ferme biologique expérimentale.

 

C’est évidemment avec beaucoup de peine et d’angoisse que nous avons dû nous résoudre à chercher un nouvel espace suffisamment spacieux pour y construire la Fête. Nous avons depuis plus de deux ans étudié 16 sites potentiels, y compris au cœur de Paris. Après études avec les équipes de l’Humanité, celles de la Fête avec Silvère Magnon et Thibault Weiss, j’ai dû un jour arbitrer après beaucoup d’hésitations et de craintes qui ne disparaissent pas avec le temps. La Fête, l’an passé, a été une expérimentation et une petite préfiguration de celle qui va se dérouler cette année avec une construction plus conçue pour la rencontre, pour l’accès à différents concerts et spectacles de qualité sans hiérarchie dans la dénomination et la qualité des scènes, de telle sorte que chaque espace géographique soit un lieu original avec ses spectacles, ses débats et ses rencontres.

 

Les premiers échos de celles et ceux qui sont sur le terrain expriment beaucoup de satisfaction du travail poursuivi sous la responsabilité et coordination du directeur de l’Humanité Fabien Gay. Nous devons aussi noter le formidable accueil ; la disponibilité, l’écoute, la compréhension des maires et conseils municipaux et de la communauté de communes de Cœur d’Essonne avec qui, dans le respect mutuel, par-delà les opinions nous avons travaillé. Eux comme tous nos partenaires – et ils sont nombreux –considèrent à juste titre la Fête comme un bien commun, un patrimoine commun dont j’espère qu’il pourra être inscrit au patrimoine de l’UNESCO. À chaque ouverture de Fête –et ce sera la 49ème à laquelle je participerai- j’ai une émouvante et reconnaissante pensée pour son fondateur Marcel Cachin. C’est pour se procurer des fonds pour permettre au journal de vivre que le grand dirigeant communiste à imaginer cette Fête. C’était courageux, même téméraire alors que, comme il le disait, « le pouvoir (de l’époque) veut prendre l’Humanité à la gorge ».

 

La Fête a beaucoup évolué, pris une ampleur considérable, surtout sous la direction de Roland Leroy. Elle a été novatrice, elle a permis à des millions de personnes de découvrir de grands groupes musicaux à des prix abordables, d’apprécier des œuvres culturelles, artistiques, théâtrales, cinématographiques de grande qualité. Des millions de personnes de toutes professions, de toutes origines, des jeunes, ont ainsi pu côtoyer des militants et des dirigeants du Parti communiste français. Certains et certaines y ont donné leur adhésion. Des intellectuels, des penseurs, des créateurs de renom, des responsables syndicaux, associatifs et politiques trouvent là, chaque année, un lieu d’échanges et de débats qui leur permet, en toute liberté, d’exposer et de défendre leurs idées, devant un public attentif et réceptif de participants qui s’enrichissent de ces confrontations. Il est heureux que cette année encore, grâce au dynamisme de Fabien Gay, épaulé fortement par les équipes de la rédaction sous l’impulsion de Maud Vergnol et de Sébastien Crépel, des centaines de personnalités du monde de la recherche, de la pensée, de la création viendront discuter avec nous et le public.

 

La Fête se tient quelques mois après la construction de la nouvelle coalition des gauches et des écologistes et son organisation à l’Assemblée nationale avec un groupe de coordination entre ses composantes. Fabien Gay a tenu a eu raison de se démener pour que se retrouvent à la Fête de l’Humanité toutes ses composantes. Toutes ont répondu favorablement à son invitation et se retrouveront donc sur la Fête mêlées à ceux du Parti communiste français, les dirigeants et parlementaires des Insoumis, des Verts et du Parti socialiste. Chaque organisation disposera d’un stand aux côtés de ceux des organisations du Parti communiste et de celui de son Conseil national. Il est heureux qu’à la Fête se retrouvent, Fabien Roussel, Julien Bayou, Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure. Aucun d’entre eux par contre ne participera au Conseil dit de la Refondation, cette fabrique d’illusions, de M. Macron ! Mais on pourra aussi croiser Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Olivier Besancenot ou Nathalie Arthaud. Ensemble, avec les participants, ils profiteront sans doute de l’occasion pour échanger sur ce qu’il convient d’entreprendre pour répondre aux urgences de cette rentrée sociale et scolaire et elles sont nombreuses.

 

Pour la première fois depuis longtemps, la Fête de l’Humanité aura permis à tous ces dirigeants et à leurs partis de se retrouver. Fabien Gay, le Parti communiste et ses militants ont toutes les raisons d’en être fiers. Je crois que c’est ce qu’attend le peuple de gauche et de l’écologie des formations politiques auxquelles il accorde sa confiance, pour aujourd’hui et pour demain. Nos concitoyens sont à la recherche du meilleur rassemblement, de la meilleure union à gauche, de la plus grande efficacité dans les actions à venir, comme pour la construction d’une alternative à une politique qui fait tant de mal et de dégâts. Les communistes n’ont jamais été aussi reconnus, aussi utiles, aussi forts que quand ils ont travaillé à une union pour la transformation sociale, démocratique, écologique.

 

Aussi, je n’ai pu qu’être étonné et blessé pour moi et mon parti, chagriné, peiné pour les équipes de l’Humanité de découvrir la campagne, sur les réseaux sociaux, d’insultes, de suspicions, de haine aussi, contre le directeur de l’Humanité. On ne peut accepter de telles relations entre communistes qui ne manquent jamais par ailleurs de mettre en avant la fraternité qui les unit et qui leur est enviée. C’est un des traits de notre identité. À la remettre en cause, nous perdrions une part de notre âme. Une campagne qui a dû, pour vivre tordre les mots d’un texte annonçant tout simplement que tous les dirigeants de la gauche et écologistes viendraient à la Fête de l’Humanité. Tout ceci a étonné, interpellé et inquiété beaucoup de monde bien au-delà de nos rangs. Croit-on un instant crédibiliser et renforcer le Parti communiste en étalant sur les réseaux des attaques ad hominem de ce genre ? Jusqu’à mettre en doute la qualité de militant communiste de Fabien Gay qui pourtant sacrifie une part de sa vie familiale et tous ses loisirs au combat commun ! Il fait partie des sénateurs les plus actifs et les plus proches des ouvriers et des milieux populaires.

 

Je suggère de garder raison et de réserver nos forces au combat contre l’ennemi des travailleurs : le capital financier qui ronge en ce moment même leurs vies. Quelle image donne-t-on de nous ? Ajoutons par parenthèse que pour des raisons juridiques que je ne peux exposer ici, c’est le Parti communiste qu’on met en difficulté en tentant d’assimiler la Fête ou l’ensemble du groupe l’Humanité à une de ses organisations.

 

Les insistantes proclamations selon lesquelles la Fête n’existerait pas sans les militants communistes sont totalement hors de propos. Les dirigeants de l’Humanité n’organisent pas une Fête à laquelle ils convient les communistes. Ce sont les communistes, les équipes de l’Humanité incluant ses associations de lectrices et de lecteurs, les amis de l’Humanité, sa régie publicitaire et encore bien d’autres qui permettent à la Fête d’exister, depuis la confection du plan de la Fête, le placement des bons de soutiens, la confection des numéros de l’Humanité faisant connaitre la Fête, les contacts avec une multitude de personnalités, le travail avec les services de l’État pour les transports ou la sécurité, jusqu’au montage de nombreux stands et l’organisation des événements culturels et des débats. D’autres aussi parmi les partenaires de l’Humanité sont actifs. Ils doivent être tout autant remerciés pour leur engagement. Ajoutons que réaliser la Fête coûte plusieurs millions d’euros à la seule charge de l’Humanité. C’est d’ailleurs l’un des points examinés par le tribunal de commerce et… d’autres.

 

Comme communistes, nous mettons à la disposition des travailleurs, des jeunes, des privés d’emploi, des créateurs, des syndicalistes, des associations, de plus de cent délégations internationales représentant des peuples en lutte, un événement porteur de valeurs que nous voudrions voir être celles de toute l’humanité. Nous permettons à des premiers de corvée d’assister à de grands concerts qui leur sont souvent inaccessibles. À des sans-voix de raffermir des rencontres et la solidarité, d’échanger et partager des idées et des projets. Il n’y a pas un côté et l’autre dont l’un serait redevable et l’autre créancier.

 

C’est ensemble que nous créons cet événement à la place que nous occupons. Et jusqu’à plus ample informé, les dirigeants de l’Humanité sont communistes et membres du Parti communiste, ce qui n’est d’ailleurs pas une obligation comme en témoigne la diversité des journalistes qui composent sa rédaction. Pourquoi insulter et laisser entendre qu’ils seraient au service des Insoumis ou de J-L Mélenchon. Un article sur tel ou tel n’a jamais voulu dire approbation, ni d’ailleurs désapprobation. L’Humanité informe et offre des angles de compréhension. Sinon on pourrait pousser l’absurdité jusqu’à dire que parce qu’il y a un article sur la Première ministre ou le Président ou encore les dirigeants du MEDEF, cela vaudrait soutien à leur politique. Allons donc ! D’ailleurs il est toujours curieux de lire sous la même plume que l’Humanité dit ceci ou cela puis conclure que « de toutes façons je ne la lis plus ». Continuer ainsi c’est prendre de lourds risques. C’est faire offense aux équipes de l’Humanité qui se dépensent sans compter dans des conditions difficiles que peu d’amis ou de camarades imaginent. C’est affaiblir le groupe l’Humanité en créant des doutes auprès du tribunal de commerce qui suit le plan de continuation, et auprès de multiples partenaires qui nourrissent parfois des inquiétudes à notre égard et donnent une image d’émiettement de notre famille. C’est contraire à l’esprit de la Fête.

 

Des dizaines de milliers de jeunes ont déjà décidé d’y participer. Au travail, dans les lycées, ils parlent de son programme. Donnons-leur à voir une force fraternelle, solidaire, attentive à leurs préoccupations, qu’il s’agisse de leurs études, de leurs conditions de vie, de leur travail et de leurs salaires, de leurs préoccupations et luttes, qu’il s’agisse du climat ou des engagements féministes, du désarmement et de la paix.

 

La Fête est un événement unique ; un événement global, sachant mêler culture, spectacle populaire, joie et fraternité, politique et poésie, rire et sérieux dans des centaines de débats. Nous avons su faire de la Fête un élément constitutif du patrimoine national, ouvert en grand sur le monde. Ne décevons pas. Notre ouverture est un atout. Je ne voudrais pas que dans quelques années un grand poète communiste puisse écrire, comme l’a fait Louis Aragon, de telles strophes à sans cesse méditer :


« On sourira de nous pour le meilleur de l’âme
On sourira de nous d’avoir aimé la flamme
Au point d’en devenir nous-mêmes l’aliment
Et, comme il est facile après coup de conclure
Contre la main brulée en voyant sa brûlure
On sourira de nous pour notre dévouement
Quoi je me suis trompé cent mille fois de route
Vous chantez les vertus négatives du doute
Vous vantez les chemins que la prudence suit
Eh bien, j’ai donc perdu ma vie et mes chaussures
Je suis dans le fossé je compte mes blessures
Je n’arriverai pas jusqu’au bout de la nuit. »

Aragon, Le Roman inachevé.


Bienvenue à la Fête de la fraternité, la Fête de l’Humanité.

 

 

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 05:00
Découvrez le programme musical détaillé de la Fête de l'Humanité
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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 12:57

 

Évidemment, cette évolution inquiète beaucoup les tenants du système. Ils veulent à tout prix en limiter la progression. De ce point de vue, le Président français est en pointe. Il l’est tout en redoutant comme tous les zélés gestionnaires du capitalisme mondialisé, un puissant mouvement populaire mettant en cause le système lui-même. Sa sortie en début de Conseil des Ministres fin août a été abondamment commentée notamment pour le choix des mots : l’expression « fin de l’abondance » qui a été à juste titre interprétée comme une véritable insulte pour les gens de peu. Mais il peut y en avoir une double lecture. Celle d’un avertissement à son monde pour continuer leur accaparement des richesses, mais en devenant moins ostentatoire dans leur exposition. Il me plaît à comparer ici deux citations, celle de M. Macron et un extrait du livre « The Great Reset » de M. Klaus Schwab président du Forum de Davos, cette réunion annuelle au cours de laquelle le monde capitaliste se projette pour préserver son avenir. Voici la phrase de M. Macron : « je crois que ce que nous sommes en train de vivre est de l’ordre d’une grande bascule ou d’un bouleversement ». « Nous vivons la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance », ajoutant « la fin des évidences » avec « la montée des régimes illibéraux et le renforcement des régimes autoritaires ». Ceci n’est pas qu’une phrase. Elle sous-tend un projet politique. Chercher à sauver le système en utilisant les actuelles angoisses et une situation objective marquées par la pandémie et ses effets, la guerre et les bouleversements climatiques. Ainsi dans son livre M. Klaus Schwab explique (p 123) : « De nombreux gouvernements commencent à agir, mais il faut faire beaucoup plus pour faire basculer le système vers une nouvelle norme favorable à la nature et faire comprendre à une majorité de personnes dans le monde entier que ce n’est pas seulement une nécessité impérieuse, mais une opportunité considérable. ». La fameuse bascule ne peut donc être que la résultante d’une bataille politique « pour une nouvelle norme » capitaliste.


Puis quelques lignes plus loin (p 195) le président du Forum de Davos expose les raisons de cette nécessité : « lorsqu’un point de bascule est atteint, l’inégalité extrême commence à éroder le contrat social et se traduit de plus en plus par des comportements antisociaux (voire criminels) souvent dirigés contre la propriété. En conséquence, il faut envisager l’évolution des modes de consommation. Comment cela pourrait-il se dérouler ? La consommation ostentatoire pourrait tomber en disgrâce …. En termes simples, dans un monde post-pandémique assailli par le chômage, les inégalités insupportables et l’angoisse au sujet de l’environnement, l’étalage ostentatoire de richesse ne sera plus acceptable ». La similitude dans l’utilisation des mots et de l’orientation choisie est frappante. Elle est révélatrice de l’inquiétude des milieux dirigeants pour l’avenir du système dont l’efficacité est de plus en plus mise en cause par la croissance des inégalités, les ruptures des chaînes logistiques, les dérèglements climatiques et les guerres économiques et militaires. M. Schwab soulève la question fondamentale : il s’agit pour lui d’éviter « des comportements antisociaux (voire criminels) dirigés contre LA PROPRIETE ».

 

La propriété à laquelle il fait allusion n’est évidemment pas celle du petit artisan, du propriétaire de son logement, ni même à la petite entreprise ou à celle des paysans. Il prévient la minorité qui extorque leur richesse en pillant le travail et la nature d’un lourd risque pour eux. Il a raison. Cela nous donne l’exacte idée du moment inédit que nous vivons et de la nature du combat à livrer. Ces citations et analyses doivent être complétées par celles de M. Macron dans son discours aux ambassadeurs jeudi dernier dans lequel il s’exclame : « Notre système est profondément remis en cause ». Dès lors que les fondés de pouvoir du grand capital mettent la barre à ce niveau, le mouvement populaire, à commencer par les forces communistes, doivent hisser leurs capacités d’interventions, d’innovation et de créativité à la hauteur d’un affrontement qui ne porte plus seulement sur les conséquences des choix du capital sur la vie humaine et animale comme sur la nature, mais met en cause la racine du mal : la domination qu’exerce la propriété privée sur le travail, toutes les activités humaines et la biodiversité.


C’est dans ce contexte que va se tenir la Fête de l’Humanité les 9, 10 et 11 septembre prochain.

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 05:53

 

Nous reprenons ici, avec l’aimable autorisation de son auteur, une vue critique du livre d’Antoine de Ravignan Nucléaire, stop ou encore ? publiée dans le blog {science2}. Le lecteur y trouvera des éléments pour nourrir la réflexion sur le sujet.

*Sylvestre Huet est journaliste scientifique (https://www.lemonde.fr/blog/huet/).

L’information de qualité sur l’énergie nucléaire est rare. Le citoyen est ballotté entre la publicité des entreprises et la propagande des partis politiques et des associations. Leurs choix pro- ou antinucléaire ne changeant pas grand-chose à l’affaire. D’où l’intérêt de l’ouvrage que nous abordons ici.

L’auteur livre en effet de très nombreuses informations. Il ne cache pas son opinion, défavorable à cette source d’énergie. Mais reconnaît dès son introduction que l’opinion opposée peut se fonder sur les mêmes faits.

Antoine de Ravignan a également l’élégance de ne pas cacher ses opinions en économie politique, il trouve par exemple qu’un « soutien public au bénéfice d’une entreprise particulière, qui plus est monopolistique, est (heureusement) interdit en droit européen ». Le lecteur pourra, lui, trouver cette pratique européenne conduisant à la destruction des entreprises de service public, surtout lorsqu’elles sont très majoritairement la propriété de la nation (84 % pour EDF), plutôt malheureuse.

LE PARI DES RENOUVELABLES

Le raisonnement de l’auteur est assez simple. Il fait le pari que le développement des énergies renouvelables (éolien et solaire pour l’essentiel) couplé à celui de technologies permettant de faire face à l’intermittence du vent et du soleil, associé à une réduction des consommations, permettra de se passer aisément du nucléaire. Par ce pari, il affirme que la politique climatique nécessaire n’a pas besoin de cette énergie, certes décarbonée, pilotable, puissante et abondante… mais jugée non seulement dangereuse mais trop lente à déployer et trop chère.

EXACTITUDES ET INEXACTITUDES

Le livre comporte de très nombreuses informations exactes… Par exemple :

– que la décision allemande de sortir du nucléaire date de 1998, et non d’après Fukushima ;

– que le coût d’un accident nucléaire en France serait de plusieurs centaines de milliards d’euros, annihilant tout l’avantage économique de cette source d’énergie ;

– que l’endettement d’EDF provient en partie de ses aventures américaines, dont les pertes se comptent en milliards, et des emprunts pour s’implanter en Europe (Grande-Bretagne, Italie, Belgique…). Des aventures directement provoquées par la politique imposée par les gouvernements qui ont poussé à la mise en concurrence des producteurs d’électricité en Europe. En revanche, on eût aimé que l’auteur rappelle les dizaines de milliards pris par l’État à EDF sans aucune justification économique et capitalistique, puisque EDF a autofinancé la construction de ses réacteurs nucléaires) ;

– que l’usine du Creusot Forge a durant longtemps falsifié des dossiers de fabrication de pièces pour l’industrie nucléaire. On eût aimé que l’auteur donne l’information sur la fin (technique et non judiciaire) de l’histoire, aucune des pièces n’ayant montré de défaut la rendant inapte à sa fonction.

Les EPR de Taishan : la Chine prévoit de disposer d’au moins 150 GW de puissance installée dès 2035. L’Inde a 23 réacteurs en exploitation et 6 en construction. Il est fort imprudent de prévoir un déclin de cette source d’énergie à long terme au regard des énormes besoins mondiaux en électricité bas carbone.

Et d’autres qui ne le sont pas du tout. En voici quatre exemples.

1. Si l’Autorité de sûreté nucléaire a délivré l’autorisation de mise en service de la cuve de l’EPR de Flamanville, ce n’est pas parce que « mise devant le fait accompli » mais c’est après l’examen par les membres du groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires du dossier technique.

2. L’auteur fait un récit théorique d’un accident majeur avec fusion du cœur du réacteur en citant comme exemple Fukushima et Three Miles Island. Il écrit « le corium1 atteint le radier […] À ce stade ce sont d’énormes quantités de produits radioactifs qui […] se diffusent via les nappes phréatiques ». L’ennui, c’est que ni à Three Miles Island (la cuve n’a pas été percée) ni à Fukushima (les radiers, très épais, n’ont pas été traversés) ce scénario ne s’est réalisé. À Fukushima, les radioéléments ont été emportés par les flux d’eau s’échappant du bâtiment, et non en raison d’un radier percé.

3. Écrire que la perspective d’un besoin d’électricité de 1 000 TWh par an (donc le double de la situation actuelle) en 2000 a fondé « le programme électronucléaire du milieu des années 1970 par EDF » est une fable.

4. Écrire que le plan Messmer de 1974 visait un parc de 175 réacteurs en France en 2000 est une fable. Le plan Messmer se limitait aux 16 premières commandes d’EDF pour des réacteurs de 900 MW. EDF n’a jamais commandé à l’industrie un seul réacteur nucléaire de plus que ce qui a été réellement construit. Elle a même pu intégrer dans son parc ceux commandés par l’Iran du Shah à Gravelines en 1979.

EXPERTISE 

M. de Ravignan livre une réflexion très intéressante sur la question cruciale de la confiance en l’expertise publique, sur laquelle les citoyens et les responsables politiques (et industriels) doivent pouvoir compter, en particulier celle de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Il souligne à quel point elle est nécessaire et qu’elle est aujourd’hui transparente. Les experts « critiques », les ONG opposées au nucléaire, dit-il, s’appuient sur les mêmes faits… Mais pourquoi, alors, semer le doute, comme avec cette formulation insultante pour le collège qui dirige l’ASN prétendant qu’il a autorisé la mise en service de la cuve de l’EPR car « mis devant le fait accompli » ?

En réalité, l’ASN est certainement l’autorité de sûreté la plus sévère du monde, comme le montrent de nombreuses décisions qui ont coûté ou vont coûter des dizaines milliards à EDF pour renforcer la sûreté des réacteurs à l’occasion de leur passage au-delà de quarante ans. Un effort et des sommes supérieurs à ceux des exploitants des États-Unis qui, pour des réacteurs très similaires, ont déjà obtenu de leur autorité les décisions permettant d’aller jusqu’à soixante ans d’exploitation.

Il est d’ailleurs assez étrange que l’auteur, lecteur très attentif des documents de l’IRSN, souligne les progrès considérables en radioprotection des travailleurs dans les centrales d’EDF sans en tirer aucune conclusion sur ce que signifie cette évolution positive.

FAITS ET OPINIONS

Il est fort dommage que l’auteur n’ait pas poussé au bout sa volonté de vérifier les faits sur lesquels il fonde son opinion.

Entraîné par sa conviction que le retraitement des combustibles usés à La Hague est diabolique, il se laisse aller à écrire que « la poursuite ininterrompue du retraitement a abouti aujourd’hui à des stocks phénoménaux de matières radioactives ». Il parle, à cet endroit, du plutonium et de l’uranium contenus dans ces combustibles usés. Mais son affirmation est dénuée de sens. Aucun atome de plutonium ni d’uranium n’est produit par le retraitement opéré à La Hague. L’usine de La Hague ne fait que séparer les radioéléments, pour refabriquer des combustibles MOx d’un côté et vitrifier les déchets nucléaires ultimes de l’autre : elle n’en produit aucun.

Parfois, il se laisse emporter par ses convictions dans des raisonnements contredits par les faits. Ainsi, dans son introduction, affirme-t-il que « l’État finira par renoncer à lancer de nouvelles unités, le nucléaire étant devenu beaucoup trop cher par rapport au gaz, dont les cours, qui suivent ceux du pétrole, sont retombés au plus bas depuis la seconde moitié des années 1980 ». Le parc nucléaire fournissait en 2000 près de 77 % du total de la production d’électricité française. Le prix du gaz n’a rien à voir dans cette affaire, d’autant plus qu’un calcul de ce type devrait anticiper presque un demi-siècle – la durée de vie typique d’un réacteur nucléaire – de prix de cet hydrocarbure totalement importé pour être conduit.

L’affirmation, reprise du réseau Sortir du nucléaire, selon laquelle « la population française n’a jamais été consultée sur le choix du nucléaire » n’est également pas recevable. Les arguments pour ou contre ont toujours existé dans l’espace public, la presse, les partis, les ONG, les manifestations de rue, avec une permanence et une force qui ne trouvent aucun égal pour les autres sources d’énergie. En réalité, l’énergie nucléaire est celle qui a connu le plus de débats publics, de prises de position publiques de candidats aux élections, entre citoyens, suscitant de nombreuses ONG opposées à cette technologie et dont l’expression a toujours été largement présentée par la presse.

CLIMAT ET NUCLÉAIRE

Le raisonnement consistant à déclarer le nucléaire « secondaire » dans la question climatique est également étrange. Il est du même type que celui qui prétend que la France n’a pas à faire d’efforts pour réduire ses émissions puisqu’elles ne pèsent qu’environ 1 % du total mondial. Dénoncer cette argutie stupide – il suffit de diviser la population mondiale en 100 parties de même taille, de considérer que chacune ne doit rien faire puisqu’elle ne pèse que 1 %… et du coup personne ne fait rien – semble d’évidence. Mais si 1 % des émissions c’est important, par quelle opération intellectuelle les près de 10 % de la production d’électricité mondiale, décarbonée grâce au nucléaire, deviendraient négligeables ? En outre, et surtout, ce pourcentage varie énormément – de 0 à 67 % – suivant les pays, ce qui rend le sujet inutile ici et majeur là.

TOUR DU MONDE

Antoine de Ravignan souhaite voir le nucléaire disparaître. C’est respectable, mais prendre ses désirs pour des réalités n’est jamais une bonne idée. Sa vision de l’état de cette énergie dans le monde, qu’il voit en déclin irrémédiable, n’est pas confirmée par les faits.

Faisons un rapide tour d’horizon, non exhaustif.

La Chine, le pays le plus peuplé du monde, prévoit de disposer d’au moins 150 GW de puissance installée dès 2035.

L’Inde, le deuxième pays le plus peuplé, a un programme nucléaire avec 6 réacteurs en construction en sus des 23 en exploitation.

Les États-Unis ont validé en Chine leur concept innovant AP1000 avec 4 réacteurs en fonctionnement. Le président Biden vient de faire voter un soutien de 6 milliards de dollars aux centrales nucléaires en fonctionnement. L’industrie des États-Unis s’organise pour la construction de réacteurs modulaires.

La Russie accélère son programme de construction de réacteurs, dans le pays et à l’étranger (bien que la guerre menée en Ukraine lui ait fait perdre un contrat finlandais), et dispose du plus puissant réacteur à neutrons rapides au monde.

La Turquie, qui n’en avait pas, construit 3 réacteurs.

Les Sud-Coréens ont construit la première centrale nucléaire des Émirats arabes unis et ils vont ajouter 4 réacteurs aux 24 déjà opérationnels chez eux.

La Grande-Bretagne affirme vouloir disposer de 25 % de son électricité à base de nucléaire d’ici à 2050, avec 8 réacteurs supplémentaires en sus des 2 EPR en construction par EDF à Hinkley Point.

La Pologne a lancé un appel d’offres pour 6 réacteurs. Etc.

En résumé, si le rythme actuel de construction de réacteurs nucléaires dans le monde est très inférieur à l’essor rapide des années 1970 et 1980, il est fort imprudent de prévoir un déclin de cette source d’énergie à long terme face aux énormes besoins en électricité bas carbone du monde.

L’industrie nucléaire fait face à des difficultés réelles, dont certaines proviennent d’un effet d’échelle à l’envers : ses coûts sont dépendants d’un effet de série minimum en raison de l’énormité des équipements nécessaires à la fabrication de ses composants essentiels. Et, comme l’avait montré la construction du parc nucléaire français et le montre aujourd’hui celle du parc chinois, les délais et coûts des chantiers sont maîtrisés lorsque ces derniers sont suffisamment nombreux.

Nucléaire, stop ou encore ? d’Antoine de Ravignan, Les Petits Matins, éditeur (mars 2022).

Les coûts de production des renouvelables ont effectivement connu une baisse spectaculaire. Mais un regard moins limité à la France, plus circonspect et moins unilatéral sur les avantages et inconvénients de la production électronucléaire comme des énergies renouvelables conduit à des conclusions beaucoup plus nuancées que ce parti pris.

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 05:47

 

Nous entrons maintenant dans la dernière ligne droite de la préparation de la Fête de l'Humanité, c'est particulièrement vrai en ce qui concerne la diffusion du bon de soutien.

 

 

Tout concours en cette fin d'été à faire de la fête le grand rendez-vous politique de la rentrée qui nous permettra de revenir sur les grands enjeux de la situation en tout domaine. Tout démontre qu'il y a urgence à se rassembler pour agir face à l'urgence qui frappe avec violence à nos portes.

L'Inflation qui rend la situation invivable pour des millions de familles, les températures hors norme, la sécheresse, les incendies, les orages violents qui ont ravagés des pans entiers de la planète, les guerres en Ukraine mais aussi dans 23 pays, la situation en Palestine ou encore l'anniversaire de la prise de Kaboul par les talibans...Tout appelle à une mobilisation sans précédent.

Pourtant, alors que la situation se dégrade pour le plus grand nombre et que l'urgence climatique est déjà là, il a été beaucoup question cet été des « surprofits » réalisés par les grands groupes industriels de l’énergie, du luxe, des grands transporteurs maritimes ou de l’automobile. Mais pas touche au grisbi, ces profits seraient réalisés à l’étranger, il ne faudrait donc pas les taxer, bloquer les prix, cela pénaliserait les fournisseurs, augmenter les salaires, car cela asphyxierait l’économie...

Cette situation qui fait chaque jour la démonstration de la nocivité du système capitaliste, appelle à beaucoup de débats, de réflexion, d'initiatives pour construire un projet capable de changer de système pour à la fois préserver les êtres humains, la nature, les animaux.

Un tel projet oblige à la paix et la sécurité mondiale, à une coopération internationale de haut niveau pour faire face aux défis communs que doit affronter toute l’Humanité. La fête est à la fois ce lieu de rencontre internationale et locale pour construire les mobilisations nécessaires à cette ambition de grande envergure.

D'ailleurs, le niveau des ventes en ligne montre l’intérêt et l'attente de ce moment privilégié de la rentrée. Il nous revient dans les semaines qui viennent d'amplifier la diffusion militante du bon de soutien, d'autant que son prix est bien inférieur maintenant au prix des bons vendus en ligne.

Pour cela, je propose d'être très attentif au règlement, à la fête de l'Humanité, des bons de soutiens diffusés, d'autant que le déménagement de la fête entraîne un surcoût important.

Je propose donc que l'université d'été à Strasbourg soit l'occasion de régler le plus grand nombre de bons de soutien.

D'autre part, il est important de prendre des initiatives publiques pour aller à la rencontre des jeunes, des salariés, des habitants...et leur proposer de participer à ce moment politique, culturel et festif.

En région parisienne, nous prévoyons deux temps forts de diffusion les 25 et 30 août à 18h respectivement à la Fontaine des Innocents et à la Fontaine Saint Michel.

Ce type d'initiative peut s'organiser dans de nombreuses fédés ou sections, elles peuvent être relayés sur les réseaux sociaux et notamment sur la page événement de la fête de l'Huma.

Soyons attentifs ensemble à la mobilisation des militants, des adhérents pour réussir une grande fête qui marquera le paysage politique de la rentrée.

Bien fraternellement,

Nathalie Simonnet, membre de l'exécutif national

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 05:44

 

À quelques jours de la rentrée, le Président de la République s’est livré à une nouvelle offensive contre l’école publique et les personnels de l’Éducation.

 

 

« L’école va mal ». Mais la responsabilité de Macron est grande dans l’aggravation de la crise du système éducatif. La covid a été un révélateur de ces inégalités, mais aussi un prétexte pour renforcer la sélection et le tri social, dégrader les conditions de recrutement et d’exercice des métiers de l’éducation.

Le Président entend instaurer une l’école à minima pour tous et livrer au marché des pans entiers du système éducatif : enseignement privé, cours particuliers, « coaching », loisirs éducatifs privés... Il pourra compter sur la droite et le RN pour accompagner ces mesures.

Cette école « du futur » est la réponse ultralibérale non pas à la crise de l’école mais à celle du capitalisme. Elle vise à servir ses intérêts : livrer au capital le marché du savoir, aggraver le tri social et la concurrence. L’enseignement professionnel est en première ligne.

La crise de vocation dans l’éducation a de réelles causes. La dégradation des conditions de recrutement, la rémunération faible en France comparée aux autres pays de l’UE, les attaques contre les métiers de l’éducation mais aussi le projet libéral pour l’école qui ne répond pas aux besoins et attentes.

Face à cela, le PCF a établi en juillet un plan d’urgence pour l’éducation qui propose à la fois de répondre aux besoins immédiats et d’engager une transformation du système éducatif qui vise la réussite de toutes et tous sans en rabaisser sur l’exigence d’une culture commune de haut niveau. Ce plan affronte directement le projet présidentiel.

Dans la suite de la campagne de Fabien Roussel et des propositions développées durant la campagne, il s’agit de mener une bataille idéologique et politique pour l’éducation en commun en travaillant à des mobilisations à vocation majoritaires et transformatrices.

Cela se traduit par des propositions pour en finir avec le manque de personnels. 30 000 recrutements sont nécessaires, avec en outre le recrutement des listes complémentaires et la titularisation de contractuels exerçant depuis plusieurs années, le prérecrutement d’enseignants à bac + 3 dès la rentrée et un concours spécifique en vue de leur titularisation à bac + 5. Nous visons un haut niveau de formation sur les contenus d’enseignement et aussi en matière de pédagogie, de compréhension de la difficulté scolaire, des inégalités sociales de réussites scolaires, et de gestes professionnels, didactiques et techniques.

Nous proposons également la revalorisation salariale de tous les métiers de l’éducation, la titularisation et le retour au statut de fonctionnaire comme porte d’entrée dans le métier.

Nous voulons en finir avec la sélection-ségrégation :

  • abandon de Parcoursup,
  • retour à un diplôme national du bac, avec des épreuves communes et l’accès au cursus universitaire de son choix pour tous les bacheliers,
  • recruter 10 000 enseignants chercheurs pour accueillir tous les étudiants,
  • engager un grand plan de construction et de rénovation des établissements scolaires en lien avec les collectivités.

Il s’agit bien de transformer l’école publique pour qu’elle puisse accomplir ses missions. C’est particulièrement le cas pour l’enseignement professionnel en concurrence directe avec l’apprentissage aux mains du patronat et du privé. Il s’agit de refonder l’école en cherchant à répondre aux besoins de celles et ceux qui n’ont que l’école pour apprendre, et cela sera profitable à tous les élèves.

Il faut refonder un grand service public de l’éducation réunifié, en finir avec la concurrence du privé.

Nous proposons la fermeture des écoles privées hors contrat, la modulation des aides aux établissements privés selon des critères de mixité sociale et de redonner à l’école publique les moyens d’accueillir tous les élèves. Ce qui implique là encore de recruter, de former des personnels sous statut de fonctionnaire pour enrayer la précarisation et la dégradation des métiers de l’éducation.

Il s’agit de redonner du temps à tous les élèves et aux personnels, pour apprendre, se former, pour réussir, pour construire leur orientation et faire des choix réfléchis et choisis. Il faut refonder l’école à partir de la réponse aux besoins de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre. Il faut en finir avec des devoirs à la maison qui correspondent à une « externalisation » d’une partie des apprentissages laissés aux soins de la famille ou du privé et produisant des inégalités fortes.

Un tract sera à disposition des fédérations, et un appel au soutien des personnels de l’éducation, parents, lycéens, étudiants qui se mobiliseront dans les semaines qui viennent.

 

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1 septembre 2022 4 01 /09 /septembre /2022 07:00
Stop à l’école « a minima », oui à une école de la réussite de tous nos enfants

« L’école va mal, elle ne réduit plus les inégalités, elle n’attire plus les vocations ». En faisant ce constat, Emmanuel Macron entend masquer que sa politique durant 5 ans n’a fait qu’accélérer la crise de notre système éducatif.

A la pénurie de vocation, il répond par l’embauche de contractuels, l’abaissement du niveau de recrutement et la réduction de la formation des futurs professeurs.

Aux difficultés de l’enseignement professionnel, parent pauvre de l’éducation, il répond par la mise en concurrence.

Pour résoudre les inégalités de réussite, il veut réduire aux « fondamentaux » les efforts à fournir.

C’est la mise en œuvre d’une école a minima qui se poursuit.

Le PCF porte un projet radicalement différent : redonner à l’Education nationale les moyens de faire réussir tous les jeunes, d’élever le niveau de connaissance de toute une classe d’âge avec une culture commune de haut niveau tout en s’attaquant aux causes des inégalités sociales de réussite scolaire.

A terme, nous voulons rebâtir une école faite pour l’enfant qui n’a que l’école pour apprendre et se construire.

Nous proposons l’embauche de 30.000 enseignants pour répondre aux besoins immédiats de cette rentrée en engageant le pré-recrutement en licence d’enseignants qui seront titularisés à bac + 5 et recevront une formation complète, à la hauteur des défis qui sont face à l’école.

Nous proposons également :

  • une revalorisation salariale qui prenne en compte l’inflation et le rattrapage du point d’indice resté gelé depuis près de 15 ans.

  • L’abandon de Parcoursup et l’embauche de 10.000 enseignants chercheurs pour que chaque bachelier accède au cursus de l’enseignement supérieur de son choix.

  • Un plan de titularisation des AESH qui remplissent des missions essentielles pour l’accueil de tous les élèves.

  • Un plan national de rénovation et construction de bâtiments scolaires en lien avec les collectivités.

L’inquiétude est grande en cette rentrée parmi les personnels et les parents d’élèves et les mesures annoncées, marquées par la logique libérale et sélective du quinquennat précédent, auront les mêmes conséquences. Nous serons de toutes les mobilisations des personnels de l’éducation, des parents d’élèves, des lycéens et étudiants, à commencer par celles et ceux de l’enseignement professionnel directement visés par le Président de la République.

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1 septembre 2022 4 01 /09 /septembre /2022 07:00
Carburant. Pourquoi la baisse du prix du pétrole ne profite pas aux automobilistes

Alors que le cours du baril de brent est redescendu sous son niveau d’avant la guerre en Ukraine, les tarifs de l’essence et du gazole ont, eux, mis du temps à diminuer, malgré la ristourne de l’État. À qui profite la manne ?

Les automobilistes comptent les jours. Ce jeudi, les prix à la pompe dégringolent de 12 centimes. C’est, en effet, le 1er septembre que la ristourne gouvernementale passe de 18 centimes à 30 centimes, selon un décret publié mardi dernier. Un répit temporaire, sans doute insuffisant, pour les automobilistes, en espérant que, d’ici la fin de l’année, l’envolée des prix de l’or noir s’estompe. Les économistes interrogés se gardent bien de prévoir la suite des événements.

Embargo sur le pétrole russe

Certes, «  la hausse de l’offre de pétrole, liée à l’augmentation de la production de l’Opep (Riyad en tête), et la hausse des exportations étatsuniennes qui puisent dans leurs stocks ont pour effet de relâcher la tension sur les prix », analyse Valérie Mignon, conseillère scientifique au Centre français d’étude et de recherche en économie internationale (Cepii).

Idem côté demande, puisque « les inquiétudes sur le ralentissement de la croissance mondiale et, tout particulièrement, de la Chine, deuxième pays le plus consommateur de pétrole au monde », tirent les prix vers le bas. Mais, pour combien de temps ? La décision d’imposer, d’ici la fin de l’année, un embargo sur plus de 90 % du pétrole russe importé en Europe pourrait de nouveau tendre le marché.

Le cours du brent loin de son record de 2008

L’inquiétude des rouleurs du quotidien est d’autant plus forte que, cet été, malgré la chute des cours du brent (l’indice du pétrole), les prix des carburants ont baissé moins rapidement que ceux du pétrole. La semaine dernière, les prix du gazole ont même stoppé net leur décrue pour poursuivre leur ascension (voir infographie).

Ainsi, en l’espace de six mois, soit juste avant le début de la guerre, le prix d’un litre de sans-plomb 95 s’est stabilisé à la pompe autour de 1,80 euro le litre. Sauf que, décompté de l’aide gouvernementale, ce même tarif a, en réalité, progressé de 18 centimes et reste encore nettement supérieur à son niveau d’avant le début de la guerre

Pour le gazole, l’atteinte au porte-monnaie est encore plus importante puisque, ristourne étatique comprise, le gazole a atteint, le 25 août, 1,95 euro contre 1,71 euro six mois auparavant. S’il existait un lien direct entre le prix du pétrole brut et celui des carburants, l’essence ou le gazole devrait à nouveau coûter le même prix qu’en février de cette année.

Même à son pic le plus élevé, le cours du brent n’a pas battu ni approché les 147,50 dollars, son record de 2008. Or, à l’époque, le diesel à la pompe se payait moins de 1,50 euro et l’essence SP95 un peu plus de 1,60 euro… Pour comprendre pourquoi les pétroliers explosent les bénéfices et les automobilistes trinquent, il est nécessaire de décomposer le prix du litre de diesel ou d’essence à la pompe.

Distributeurs : rechigner à vendre moins cher

« La hausse des prix à la pompe est presque automatique. Dans l’autre sens, la transmission de la baisse des cours du baril est moins sensible », fait remarquer Valérie Mignon. À cela deux explications principales : « La première vient des distributeurs. En cas de hausse – du fait de la faiblesse de leurs marges – ces derniers ne peuvent pas maintenir durablement leurs prix inchangés puisqu’ils subiraient alors des pertes trop importantes », explique cette spécialiste de la filière.

Alors qu’à l’inverse « les distributeurs peuvent avoir un comportement stratégique en différant la répercussion de la baisse du prix du brut sur les prix à la pompe en jouant sur le manque d’information de la part des consommateurs ». Ainsi, selon une étude de la Banque de France, il faudrait environ trois semaines pour qu’une variation à la baisse des prix de gros se répercute à la pompe.

L’autre explication est « liée aux coûts d’ajustement des stocks ». Ainsi, « lorsque le prix du baril diminue, la demande de carburants augmente, ce qui a pour conséquence de diminuer les stocks lors de la période d’ajustement de la production. Le déstockage étant coûteux, la baisse observée des prix à la pompe n’est que partielle en comparaison à celle du prix du baril, car les prix à la pompe doivent prendre en compte le coût du déstockage ».

La chute de l’euro fait monter les cours

Un autre facteur permet d’expliquer cette différence de courbe. Sur le marché du pétrole brut, les échanges se font en dollars et non en euros. Or, « la dépréciation de l’euro face au dollar (16 % en un an – NDLR) a pour conséquence que la baisse des prix du carburant affichés en euros est moins forte que celle observée du prix du baril affiché en dollars », note Jamal Bouoiyour, économiste à l’université de Pau, spécialiste des questions énergétiques.

En 2008, par exemple, 1 euro s’échangeait contre 1,60 dollar. Aujourd’hui, un euro égale un dollar. Cette dépréciation reflète en partie la forte appréciation du dollar, car l’euro se maintient mieux avec la plupart des autres devises. Mais cette nouvelle différence de change ajoute pour l’automobiliste de l’inflation à l’inflation.

Les marges des raffineries explosent

Un autre déterminant du prix est majeur. À savoir le coût lié à l’activité de transformation du pétrole brut en essence, gazole, appelé le coût du raffinage. « La guerre en Ukraine et les sanctions envers la Russie ont provoqué une explosion de ces marges », explique Valérie Mignon.

Pourquoi ? Selon le Cepii, 25 % de nos importations de gazole proviennent de Russie. « Les sanctions à l’égard de la Russie ont conduit à une baisse drastique des importations en provenance de ce pays. Cette perte de la capacité de raffinage russe n’a pas été compensée par d’autres capacités ailleurs, le secteur étant déjà en situation de pénurie bien avant le déclenchement du conflit. Cela s’explique par un manque d’investissement des compagnies pétrolières dans leurs capacités d e raffinage et par des tensions entretenues par ces mêmes compagnies sur le marché du raffinage. »

Entre 2010 et 2020, par exemple, le nombre de sites de raffinage a diminué de 13 % dans le monde. « En France, il ne reste que six raffineries – trois exploitées par Total, deux par Esso et une par Petroineos », liste, de son côté, Jamal Bouoiyour. « Ce manque de capacités a alimenté la hausse des prix des carburants, conduisant à une explosion des marges. De 30 euros la tonne en janvier, celle-ci est passée à… 140 euros », poursuit l’économiste.

Ainsi, ce deuxième trimestre, les profits des cinq majors du pétrole ont atteint 62,4 milliards de dollars – soit l’équivalent du PIB de la Bulgarie –, dont 5,7 milliards de dollars pour le seul TotalEnergies. Le géant français a vu son résultat multiplié par 2,6. Selon les professionnels, la rentabilité des raffineries s’obtient lorsque la marge réalisée est de 30 euros par tonne de pétrole. À partir de 2015, avec 52 euros par tonne, les marges ont commencé à augmenter jusqu’en 2019. Comment ? « En réduisant leur capacité de raffinage », explique Jamal Bouoiyour. « Ce qui a eu comme résultat de tendre le marché et donc d’augmenter les marges. »

Une TVA qui pèse encore plus lourdement

Parce qu’elle pèse 60 % du prix, la fiscalité est le premier facteur d’augmentation des prix à la pompe. Certaines des taxes «  sont indépendantes des fluctuations du cours du baril », poursuit l’économiste du Cepii, comme la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (Ticpe) gelée depuis 2018. En revanche, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) évolue en même temps que la hausse des cours.

Ainsi, sur un litre d’essence à 2 euros le litre, la TVA atteint environ 20 centimes le litre, alors qu’avec un litre à 1,50 euro, les recettes de TVA pour l’État s’élèvent seulement à 15 centimes le litre. Ce prélèvement est d’autant plus élevé qu’il s’applique sur la somme globale (en prenant en compte la Ticpe). «  C’est pour ainsi dire une taxe sur la taxe », résume Jamal Bouoiyour. Depuis le début de l’année, cette hausse a généré environ 2 milliards de recettes supplémentaires pour l’État. Un surplus qui sert à payer les baisses à la pompe de 18 puis 30 centimes sur le litre de carburant.

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