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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 05:30
Jeunesse. Un plan... pour le MEDEF - Marie Toulgoat, vendredi 24 juillet - L'Humanité
Vendredi, 24 Juillet, 2020

Jeunesse. Un plan… pour le Medef

Les 6,5 milliards pour l’emploi des jeunes iront en grande partie vers des baisses de cotisations.

 

« L e gouvernement avait décidé de mettre le paquet », s’est targué ce jeudi le premier ministre en dessinant les contours de son plan de relance pour la jeunesse. En tout, 6,5 milliards d’euros sur deux ans ont été mis sur la table. De quoi éviter une « rentrée compliquée », espère Jean Castex. Les entreprises qui embaucheront un jeune de moins de 25 ans en CDI ou CDD d’au moins trois mois seront exemptées de cotisations sociales à hauteur de 4 000 euros pendant un an. Le tout dans la limite de deux Smic, contre 1,6 précédemment annoncé, à l’appel du Medef. Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, interrogé par Franceinfo, ces « cadeaux » aux patrons ne permettront pas d’éviter la casse sociale. « Nous proposions que ces aides soient conditionnées à des embauches en CDI. Avec de telles mesures, on enferme les jeunes dans la précarité », a-t-il affirmé.

Pas d’accès au RSA pour les moins de 25 ans

En plus de ces exonérations, fustigées par les syndicats, qui craignent des effets d’aubaine, l’enveloppe prévoit notamment la création de 100 000 places en service civique, de 200 000 places en formation et l’octroi de primes pour l’embauche d’apprentis, entrées en vigueur le 1er juillet. Elle marque également le retour des contrats aidés, drastiquement réduits au début du quinquennat. 300 000 « parcours d’insertion » devraient voir le jour. Les grandes revendications des organisations de jeunesse, dont l’accès pour tous les jeunes de moins de 25 ans au RSA, restent quant à elles lettre morte.

Marie Toulgoat

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:50
Une crise anthropologique. Faut-il préférer les liens ou s’occuper des biens ? - par Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône (L'Humanité, Débats, 21 juillet 2020)
Mardi, 21 Juillet, 2020 - L'Humanité

Une crise anthropologique. Faut-il préférer les liens ou s’occuper des biens ?

Une tribune de Pierre Dharréville Député PCF des Bouches- du-Rhône

 

Faut-il préférer les liens aux biens ? On aurait envie de le dire. Ce qui nous fait humains, nous l’avons bien éprouvé au cœur de ce confinement, c’est la relation.

D’une façon ou d’une autre, c’est dans la rencontre que se fait reconnaître notre dignité, que nous nous révélons et que nous nous épanouissons. Et l’état des rapports sociaux est profondément dégradé dans notre société et au-delà. Ils sont gravement affectés par la grande compétition de tous contre tous, par l’injonction à la rentabilité de la personne, par le culte de la réussite, par l’accumulation de richesses, par l’insécurité sociale qui pousse au repli sur la gestion de ses seuls intérêts.

C’est pourquoi, avec Lucien Sève, j’affirme que la crise anthropologique dans laquelle nous sommes plongés est au moins aussi profonde que la crise écologique. Et qu’elle résulte du capitalisme qui nous impose « une décivilisation sans rivage ». Tout cela n’a pas de sens, et s’il continue de faire preuve de formidables élans, le genre humain s’abîme. Il s’abîme parce que, comme l’écrivait Marx, l’essence humaine, « c’est l’ensemble des rapports sociaux ». Même si nous sommes chacune et chacun singuliers, nous sommes sociétaires du genre humain et pris dans son histoire et ses contradictions. Or, dans la même veine, il a aussi eu cette formule qui interroge : « L’homme, c’est le monde de l’homme. » Et le monde de l’homme n’est pas que relationnel, il est aussi matériel.

C’est avec nos corps que nous entrons en relation. Ces corps qu’il faut nourrir, qu’il faut protéger, qu’il faut transporter, qu’il faut soigner… Nous habitons le monde, dont nous ne sommes pas séparables (d’où l’enjeu de respecter notre environnement). Et nos liens (plus ou moins immatériels) ne sont pas décorrélés des biens matériels. Il n’y a pas les liens purs et les biens impurs. Ce qui est problématique, ce n’est pas qu’on puisse aspirer à certains biens, c’est l’obsession qu’ils représentent au point d’occuper tout l’espace de nos désirs ; c’est l’illusion qu’ils représentent d’un bonheur confondu avec le confort et la surabondance ; c’est la quête sans mesure et sans fin de posséder. Nous nous perdons dans cette volonté d’avoir, qui se confond avec l’être au point de l’annexer. Nos liens sont détournés et instrumentalisés, vouant les humains à d’autres fins que celle qu’on leur imagine et qui a quelque chose à voir avec le bonheur. Alors l’humain est chosifié.

Cette volonté d’avoir est le fondement du capitalisme, un régime de grands propriétaires qui ne tient que par l’exploitation du travail dont la rémunération est réinvestie dans la consommation. Mais, dans cette volonté d’avoir, il y a aussi une part légitime ; ils le diront avec éclat, celles et ceux qui manquent. Il y a ces biens dont nous avons besoin pour vivre, et dont nous avons besoin pour être liés. Alors on ne peut pas en rester à sembler inciter les gens à se contenter de peu. Dans le respect des autres et des ressources finies de la planète, chacune et chacun a droit à la vie belle. Au plein épanouissement. « L’entière croissance », disait Jaurès. La croissance de soi, pas la croissance capitaliste qui dévore tout comme un ver de terre. Qu’on en soit convaincu, la pleine émancipation, cela va bien au-delà des conditions matérielles d’existence, cela va même bien au-delà de bonnes relations aux autres, c’est l’émancipation de soi-même partie prenante de l’émancipation et de la création de l’humanité.

Alors il faut s’occuper des biens, s’en occuper autrement. C’est incontournable pour modifier les rapports sociaux. À l’heure de la privatisation du monde, il ne suffira pas de s’en désintéresser. C’est autour des biens communs que peut se jouer une nouvelle dynamique de progrès humain. C’est dans des démarches de réappropriation sociale que peut se réinventer le devenir humain. C’est pourquoi j’ai lancé, dans ma circonscription, « le grand inventaire des biens communs ». Avec tous ceux et celles qui le veulent, nous allons dresser cet inventaire, depuis la planète jusqu’au square en bas de la cité, depuis les brevets de molécules qui sauvent jusqu’au droit à la retraite, depuis l’hôpital public jusqu’à l’eau du robinet…

Nous allons y mettre la sécurité sociale, cet outil formidable de civilisation empêché de prendre tout son élan, qui fait du travail un de ces biens qu’on partage et qui donne des droits. Une des caractéristiques d’être humain est de produire et de créer : de travailler. Nous voulons que travailler ait un sens, que nul n’en soit exclu, que ce soit un geste d’émancipation : de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins. Le pouvoir acquis par l’humanité sur la vie elle-même, à travers le travail, à travers la connaissance et la technologie, interroge notre destin commun. Que faire de ce pouvoir, de ce superpouvoir et à quelles fins ? Que devenons-nous en l’exerçant ? Nous voici face à des questionnements vertigineux, face à des enjeux de civilisation qui engagent l’avenir du genre humain.

Nous allons regarder le monde autrement, regarder nos vies autrement. Nous allons réintroduire de la politique démocratique là où elle est économique et financière. Pour être liés autrement aux autres et au monde. Pour dire ensemble quelle humanité nous voulons être.

Une crise anthropologique. Faut-il préférer les liens ou s’occuper des biens ? - par Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône (L'Humanité, Débats, 21 juillet 2020)

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:45

 

Alors que plus de 700.000 jeunes vont arriver sur le marché du travail et que notre pays compte plus de 600.000 nouveaux bacheliers, le plan gouvernemental annoncé ne leur offre d’autre perspective que la précarité avec la promesse de contrats de trois mois faiblement rémunérés. En outre, les exonérations de cotisations sociales associées affaibliront davantage la sécurité sociale au moment où il faudrait la renforcer et l’étendre. Concernant la formation, le gouvernement prend prétexte de la crise pour la livrer au privé.

 

 

Contrairement aux déclarations du Président de la République, « le jour d’après » est bel et bien un retour aux politiques d’avant, à l’idée qu’un jeune devrait « coûter moins cher ». C’est d’une toute autre ambition dont notre pays et la jeunesse ont besoin pour répondre aux défis posés par la crise sanitaire et économique !

La France doit se fixer l’objectif de création d’emplois de qualité pour une reconquête industrielle, le développement des services publics et la transition écologique. La crise a révélé le besoin de centaines de milliers d’emplois et de formations, notamment dans la santé et dans l’éducation, dans des filières essentielles à la transition écologique comme la rénovation thermique de l’habitat, et dans les collectivités territoriales.

Pour l’emploi public, le PCF propose un plan massif de pré-embauches immédiates des jeunes, dans le cadre statutaire, pour renforcer l’ensemble des services publics. Ces embauches doivent être accompagnées d’un plan de formation rémunérée. Pour l’emploi privé, nous proposons la création de contrats longs, d’au moins deux ans, en CDI, comprenant un temps important de formation qualifiante, inclus dans le temps de travail, et rémunéré au même taux. Pour le permettre, l’État doit prendre en charge une partie du coût de la formation et les banques publiques doivent reprendre les crédits des entreprises qui s’engagent à de telles embauches à un taux proche de zéro.

C’est aussi avec l’ambition de créer des emplois de qualité pour les jeunes que le PCF demande l’abandon de la réforme gouvernementale des retraites au profit d’une retraite à 60 ans et à taux plein pour chacun et chacune afin de favoriser l’embauche et la formation d’un jeune.

 

Aussi, le PCF lance ce jour une pétition nationale pour l’emploi, les salaires et les services publics, comprenant un volet jeunes portant la double exigence d’un plan d’embauches à la hauteur des besoins et la création d'un revenu minimum, à un niveau décent, pour les 18-25 ans.

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:41
Chômage: de fausses assurances (L'Humanité, Stéphane Guérard, jeudi 23 juillet 2020)
Jeudi, 23 Juillet, 2020 - L'Humanité

Chômage. De fausses assurances

La suspension de la réforme de l’assurance-chômage ne sera pas totale, malgré les dires de Castex.

Les syndicats avaient quitté la « conférence du dialogue social » de vendredi dernier avec une belle promesse en poche : celle de la suspension de la régressive réforme de l’assurance-chômage. Certes, ce n’est que jusqu’au 1er janvier 2021 et ça ne vaut pas annulation, ce que revendiquent toutes les organisations de travailleurs. Mais la suspension devait s’accompagner du retour aux règles mieux-disantes socialement en vigueur avant cette réforme. Yves Veyrier avait même pris soin d’obtenir confirmation de ce retour à meilleure fortune auprès de Jean Castex. Cinq jours plus tard, c’est une tout autre musique que joue le projet de décret.

La suspension de la réforme ne sera pas entière. D’une part, elle ne concernera pas celles et ceux ayant perdu leur emploi entre le 1er novembre (date d’entrée en vigueur de la réforme) et le 1er août (date de sa suspension), ce qui aurait contraint Pôle emploi à recalculer leurs droits. D’autre part, ce décret crée de nouveaux seuils, certes moins défavorables que ceux de la réforme, mais moins avantageux que ceux d’avant. Il faudra ainsi avoir travaillé 4 mois sur les 24 derniers mois pour avoir accès aux droits. C’est mieux que les six mois sur les 24 derniers mois de la réforme, mais moins bien que les 4 mois sur 28 d’avant. Même constat pour le mécanisme de rechargement des droits. Avant la réforme, un mois de travail suffisait. Après la réforme : 6 mois. Cette fois, il en faudra quatre. « C’est une façon de poursuivre les économies sur le dos des chômeurs. Cela va produire des milliers de perdants », déplore Denis Gravouil, de la CGT. S. G.

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:41

 

Le chef de l’État assure que le contribuable français n’aura pas à débourser un sou pour rembourser le prêt européen.

Sur TF1, mardi soir, le président français a salué les résultats du Conseil européen qui s’est tenu de vendredi à mardi à Bruxelles. Il s’agit, selon Emmanuel Macron, du « moment le plus important depuis la création de l’euro » et le résultat du sommet, la « réponse à la plus grande crise de l’UE depuis sa formation ». Mardi, les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur la création d’un fonds de relance de 750 milliards, capable de financer des subventions aux États membres pour un montant de 312,5 milliards d’euros, des politiques européennes à hauteur de 78,5 milliards d’euros et des prêts aux États à hauteur de 360 milliards d’euros. La manne de ce dispositif sera levée par emprunt de l’Union européenne sur les marchés financiers - ce qui est inédit.

« Ce n’est pas le contribuable français qui » paiera pour le remboursement, a tenu à rassurer Emmanuel Macron, qui met en avant que sera « levé un impôt sur les grandes entreprises et acteurs internationaux qui ne jouent pas le jeu de notre politique », à savoir les géants du numérique. Le propos peut surprendre de la part d’un chef d’État qui, au sein des frontières de l’Hexagone, mène campagne contre tout impôt sur les entreprises… Il oublie que si les fameuses « nouvelles ressources propres » de l’UE annoncées au sommet ne voient pas le jour du fait de la pression des États frugaux emmenés par les Pays-Bas, qui ont tenté de faire capoter le plan de relance, ce seront bien les États membres qui mettront la main à la poche.

Emmanuel Macron a fait valoir que la France bénéficiera de ce fonds avec 40 milliards d’euros de subventions européennes, ce qui représenterait « 40 % de notre plan de relance », tourné vers l’emploi des jeunes, les petites et moyennes entreprises, la rénovation énergétique et « le financement de l’industrie comme l’hydrogène ou la batterie électrique ».

Il n’était pas le seul, mercredi, à assurer le service après-vente du plan de relance européen. Enrico Letta, ancien chef du gouvernement de centre gauche de l’Italie, le pays qui sera le principal bénéficiaire du fonds, voyait dans ce plan de relance une « défaite des populistes » et une victoire des fédéralistes, dont il est, qui souhaitent plus de pouvoir à l’Union européenne. Il faisait mine de ne pas voir à quelles conditions seront délivrés les fonds européens ; il faut dire qu’au pouvoir entre 2013 et 2014, il s’est appliqué à mettre en œuvre les diktats de Bruxelles. D’ores et déjà, de l’autre côté des Alpes, une réforme des pensions datant du début de l’année 2019, qui permettait de partir en retraite plus tôt, est au dire de tous les observateurs dans le viseur.

Gaël De Santis

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:35

Entretien du 18/07/2020 avec Frédéric Boccara, membre des Economistes atterrés et du PCF.

Pour RT France, il était invité à commenter le report des échéances liées aux réformes des retraites et de l’assurance chômage. Il dénonce une mesure temporaire qui ne va pas dans l’intérêt des nouveaux arrivants sur le marché du travail.

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:27

 

Des trois grandes revendications des personnels soignants, seule celle des salaires trouve un début de satisfaction dans les conclusions du processus de concertation dévoilées ce mardi. La déception prévaut chez leurs représentants.

En une année et demie de mouvement social, parti des services d’urgences pour embraser l’ensemble des hôpitaux publics, les revendications portées par les personnels soignants avaient eu le temps de s’affiner. La mobilisation générale de tous les personnels soignants face à l’épidémie de Covid-19 a fini de définir ces demandes, si bien que celles-ci tiennent sur l’équivalent d’une « antisèche » très pédagogique. Premièrement : 300 euros d’augmentation mensuelle pour tous les paramédicaux et revalorisation et rééchelonnement des salaires des médecins hospitaliers (début de carrière à 4 500 euros, fin à pas moins de 10 000 euros), afin que les émoluments rattrapent la moyenne des rémunérations des soignants pratiqués dans les autres pays de l’OCDE. Deuxièmement : 100 000 recrutements à l’hôpital et 200 000 dans les Ehpad et les établissements du médico-social. Troisièmement : fin des fermetures de service et réouverture des capacités d’accueil qui ont été amputées de 100 000 lits en dix ans. Le message était simple. Au vu des conclusions du Ségur de la santé rendues ce mardi par Olivier Véran, il n’a été que très partiellement entendu. « Il y a certes eu la crise sanitaire du Covid, mais il faut souligner que, sans la lutte, nous n’aurions rien eu. Néanmoins, ce sont des annonces a minima », résume Michèle Leflon, présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Mireille Stivala, de la CGT santé, reste elle aussi sur sa faim : « Globalement, ces annonces sont décevantes, le gouvernement reste au milieu du gué et ne renonce pas à sa politique austéritaire. Nous serons très vigilants sur la manière dont ces annonces seront traduites dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. »

1. Le Ségur, machine à noyer les revendications

Le processus même de ce grand raout, mené en un mois et demi express, ne promettait pas le meilleur. Avec des participants en grand nombre (200) – sans les collectifs Inter-Urgences et Inter-Blocs, fers de lance des mobilisations sociales, pas invités – pour noyer dans la masse des paramédicaux sous-représentés par rapport aux organisations de médecins dont certaines, les plus récalcitrantes, ont été éjectées des derniers arbitrages. Avec quatre « piliers » de discussion permettant de délayer les sujets. Et un téléscopage de calendriers avec le changement de premier ministre, dont la préoccupation première est de faire des appels du pied aux élus des territoires, non aux soignants.

Durant les cinq premières semaines, les participants n’ont eu pour seul interlocuteur que Nicole Notat, animatrice en chef avec son pedigree crispant. Le ministre de la Santé n’a dévoilé ses cartes que dans l’emballement final, avec de faibles marges de manœuvre budgétaire et un mantra bien ancré et rappelé hier : « Les constats ne sont pas nouveaux. La loi relative à Ma santé 2022 n’est pas caduque. Nous accélérons dans tous les domaines de transformation. » Le changement, ce n’est pas pour maintenant.

2. Des augmentations de salaires au minimum

Les revalorisations demandées par les paramédicaux nécessitaient 9 milliards d’euros annuels. Celles des médecins hospitaliers étaient estimées autour de 7 milliards. Au bout des négociations, le gouvernement a consenti 8,2 milliards au global. Soit 7,6 milliards pour les premiers, incluant une augmentation de 183 euros net mensuelle, une revalorisation des métiers et 15 000 recrutements. Et 450 millions pour les seconds, bonifiés de 200 millions pour les indemnisations des étudiants internes et externes. Si une majorité des organisations syndicales (FO, CFDT et Unsa pour les paramédicaux ; INPH, Snam-HP et CMH pour les médecins) s’est résolue à signer l’accord, ce fut selon le vieil adage : « Ce qui est pris n’est plus à prendre. » « Le “quoi qu’il en coûte”, on ne le voit pas, déplore le docteur Jean-François Cibien, vice-président d’Action praticien hôpital (non signataire). On aurait pu remettre les salaires des infirmières au niveau médian des salaires français ou de celui des infirmières des autres pays européens. La France ne le fait pas, contrairement à d’autres pays. Et comment va-t-on rendre l’hôpital public attractif alors que les jeunes médecins y commencent, après huit années d’étude, à 3 500 euros par mois, et que le privé leur offre 10 000 à 15 000 euros ? »

3. L’esbroufe de l’augmentation des effectifs

De 5 % à 10 % d’étudiants infirmiers en plus à la rentrée 2021, doublement des places de formation pour les aides-soignants et 15 000 embauches chez les paramédicaux. La coupe présentée par Olivier Véran n’est pas pleine, selon Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). « La montagne accouche d’une souris. Pour les Ehpad, le ministre renvoie à la loi sur l’autonomie attendue depuis deux ans. On espère toujours les 200 000 créations de postes demandées. Quant aux 15 000 postes créés, il n’y en a en réalité que 7 500, puisqu’on y compte les 7 500 postes déjà budgétés et non pourvus. » Pas sûr que les revalorisations salariales consenties par le gouvernement rendent plus attractives ces fonctions dans les hôpitaux publics. D’autant que la pénibilité de ces métiers, avec bonification des retraites, n’a jamais été prise en compte dans ce Ségur.

4. Des moyens accrus sans changer la donne

En dix ans, 11,7 milliards d’euros d’économies ont été imposés aux hôpitaux. En vingt ans, 100 000 lits et 95 services d’urgences ont été fermés. En guise de changement, Olivier Véran annonce la création de 4 000 lits, qu’​​​​​​​« (il) appelle “à la demande”, en fonction des besoins saisonniers ». « Ces 4 000 lits ne compensent même pas le nombre de lits fermés sous Macron », pondère Christophe Prudhomme.

Le ministre de la Santé assure pourtant que la donne va changer concernant les moyens. Dix-neuf milliards vont être investis pour la « transformation du quotidien ». Soit 13 milliards de reprise de dettes annoncés il y a un an, auxquels s’ajoutent 6 milliards d’investissements pour rénover et moderniser les bâtiments comme les pratiques dans les hôpitaux et le médico-social. « On nous annonce aussi l’assouplissement de la T2A (tarification à l’acte) et une mécanique nouvelle de l’Ondam (objectif national des dépenses de l’assurance-maladie), relève Christophe Prudhomme. Mais l’Ondam demeure, soit ce système d’enveloppe financière fermée qui a fait que le système de santé n’a pas les moyens de faire face aux besoins, engendrant des déficits et des dettes. » « Tant qu’on n’aura pas fait sauter cet Ondam, les choses ne changeront pas. Tant qu’on ne prendra pas en compte les coûts évités par une bonne prise en charge, on tournera en rond », abonde le docteur Cibien.

5. De vrais-faux changements de gouvernance

La loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) de 2009 a donné les pleins pouvoirs aux directeurs d’établissement. Olivier Véran se fait fort de rééquilibrer le rapport de forces soignants-gestionnaires aux profits des premiers, en leur conférant plus de place dans les instances consultatives et décisionnaires. Pour cela, il reprend les préconisations du rapport Claris sur la gouvernance de l’hôpital. « Ce rapport a une grande faiblesse. Ses auteurs se fondent sur les retours d’expérience des directions actuelles des établissements. Or, tous ces gens ont dit que ça marchait très bien comme cela », soulignait récemment Laurent Heyer, président du conseil national professionnel Anesthésie-Réanimation.

De même, Olivier Véran se fait fort de rendre du pouvoir aux « élus des territoires », en les associant à la définition des objectifs de santé locaux, en lien avec des agences régionales de santé, sommées de muscler leurs échelons départementaux pour coller au plus près des besoins. Preuve de cette ouverture, les Copermo, ce vilain acronyme désignant les instances technocratiques qui ont instruit les fermetures d’hôpitaux téléguidés de Bercy, sont remplacés par des conseils nationaux et locaux de l’investissement de santé, dans lesquels se retrouveront ces mêmes élus. Et les expérimentations « territoriales » sont les bienvenues. « Sur la question de la proximité du soin, la ministre de la Cohésion des territoires sous-entend que les collectivités pourraient contribuer à financer l’accès aux soins. C’est inquiétant en termes d’égalité dans l’accès aux soins entre les territoires », relève Michèle Leflon, de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité.

 

 

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:01
Après Parcoursup, des milliers de bacheliers en errance (L'Humanité, Camille Bauer, 21 juillet 2020)
Mardi, 21 Juillet, 2020

Après Parcoursup : ces dizaines de milliers de bacheliers en errance

C’est une hausse sans précédent. Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. Entre la hausse démographique et le taux de réussite exceptionnel au bac cette année, les universités font face à une hausse sans précédent des demandes d’inscription. Et ne peuvent y répondre.

 

Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. La ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, communique, elle, sur les plus de 88 % de bacheliers inscrits et en décompte seulement 9 500 en attente de place. « Le ministère n’assume pas les chiffres. Au lieu de regarder la situation en face pour trouver des solutions, il ne compte que les élèves qui ont fait des recours auprès des commissions rectorales pour parvenir à trouver une place », s’agace Mélanie Luce, présidente de l’Unef. Or, leur nombre est d’autant plus bas que ces recours sont des « procédures administrativement complexes, estime Anne Roger, cosecrétaire générale du Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur. En outre, le 20 juillet, il n’y a plus personne dans les rectorats pour orienter les étudiants ».

Aucun budget supplémentaire

Les chiffres vertigineux tiennent du structurel et du conjoncturel. À la hausse démographique des bacheliers - 20 000 cette année -, se sont ajoutés 48 000 bacheliers de plus que d’habitude, en raison du taux de réussite exceptionnel au bac postconfinement. Cette hausse va être d’autant plus complexe à gérer qu’elle va s’accompagner de règles sanitaires qui devront limité le taux d’occupation des salles. « En TD, on est déjà assis par terre, à 40 dans des classes de 30 places. Je ne vois pas comment on va faire pour appliquer les mesures sanitaires dans ces conditions », souligne Mélanie Luce. « Il faudrait louer des locaux, embaucher pour dédoubler les cours. Nous n’y sommes pas », soupire Anne Roger.

Face à cette situation inédite, le ministère n’a pas pris de mesure. Aucun budget supplémentaire n’a été demandé pour trouver des locaux ou augmenter le nombre d’enseignants et de personnels administratifs. Pour l’instant, la seule réponse consiste à accroître la pression sur les universités pour qu’elles ouvrent plus de places. « Celles qui le font doivent pousser les murs et recruter du personnel précaire, pas toujours à la hauteur », s’alarme Anne Roger. Même avant cet afflux, l’université était à la peine pour accueillir les étudiants dans des conditions minimales. Selon le Snesup-FSU, 525 millions d’euros seraient nécessaires pour une simple remise à niveau. Il en faudrait 158 de plus pour faire face à l’afflux de la rentrée à venir. La Conférence des présidents d’université est sur la même longueur d’onde. Le 8 juillet, elle a alerté « sur l’extrême urgence de la situation et la nécessité impérieuse d’un effort de tous ». Elle aussi demande entre 150 et 300 millions d’euros pour la rentrée 2020.

Une sélection accrue

« Il y aura une solution pour chacun », continue pourtant de claironner Frédérique Vidal. « Elle raisonne de manière arithmétique. La question n’est pas de trouver n’importe quelle place, mais de répondre aux projets de vie des étudiants. Ça n’a pas de sens d’orienter en espagnol un gamin qui voulait faire des maths », insiste Anne Roger. C’est pourtant ce qui se passe, car le manque de places se traduit par une sélection accrue, notamment dans les filières les plus demandées : droit, Staps ou formations infirmières, pour lesquelles aucune nouvelle place n’a été créée. Le problème est encore plus fort pour les titulaires de bacs techniques et professionnels. D’un côté, ils se heurtent à un manque de place en BTS et en IUT, de l’autre, en raison de la sélection, ils n’ont aucune chance de voir leurs dossiers acceptés en filières générales. « Alors que la ministre annonce que 95 % des bacheliers généraux ont trouvé une place, on est en train d’éjecter ceux qui viennent des lycées pros et technologiques », explique Mélanie Luce.

« Ce manque de réaction est incompréhensible, sauf à penser qu’on veut favoriser un changement de modèle et rompre avec l’idéal d’une université qui donne une chance à chacun », analyse Anne Roger. Face à la crise, la ministre n’a eu de cesse de chanter les louanges de l’enseignement à distance, qu’elle présente comme une « révolution pédagogique ». « Si on généralise le distanciel, surtout avec les premières années qui n’ont déjà pas eu cours pendant quatre mois, ça va être catastrophique, s’alarme Anne Roger. C’est un moyen d’accroître encore la sélection déjà mise en place. »

Camille Bauer
Pas d’annonce pour l’université

Le président Macron a promis 200 000 formations qualifiantes dans ses annonces pour la jeunesse le 14 Juillet. Mais, pour l’instant, pas un centime n’a été débloqué pour l’université. C’est l’apprentissage et surtout le service civique, avec 100 000 places supplémentaires, qui ont le vent en poupe. Une façon d’accueillir une partie des étudiants restés sur le carreau pour pas cher.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 07:07
La fête de l'Huma aura lieu autrement - Patrick Le Hyaric, 20 juillet 2020
Lundi, 20 Juillet, 2020

La Fête de l’Humanité aura lieu autrement

Les risques sanitaires, financiers et judiciaires nous obligent à renoncer à tenir une Fête, même réduite, au parc de La Courneuve. Nous allons travailler à un événement d’une autre nature pour ce même week-end des 11, 12 et 13 septembre. 
Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Depuis des semaines, nous travaillons en lien étroit avec les services de l’État et les autorités sanitaires pour chercher les conditions d’une tenue de la Fête de l’Humanité 2020.

La poursuite de l’épidémie et le moment avancé de l’été nous contraignent, la mort dans l’âme, de constater l’impossibilité d’organiser la Fête au parc Georges-Valbon de La Courneuve.

Depuis la moitié du mois de juin, nous avons répondu aux demandes des autorités étatiques et sanitaires pour l’organisation d’une Fête réduite en surface et en nombre de participants, avec un protocole sanitaire très strict. Mais l’interdiction de tenir des concerts, le port du masque obligatoire, les signes de reprise de l’épidémie créent beaucoup d’incertitudes sur la valeur, en septembre, d’une autorisation donnée aujourd’hui, d’autant que la Fête se situe au cœur d’une zone urbaine dense.

Des initiatives culturelles, de grands débats, des actes de solidarité internationale

Même notre demande de tenir un rassemblement de 20 000 personnes se heurte à l’actuelle norme des 5 000 participants dans un même espace. Avec les risques sanitaires bien réels, nous devons aussi prendre en compte notre situation financière. Pour tenir une Fête dans ce format réduit, deux millions d’euros seraient nécessaires, augmentés de 100 000 euros de dépenses liées à la mise en œuvre du protocole sanitaire. De premières évaluations nous font craindre un important déficit pour une telle initiative. Ce serait insoutenable alors que l’Humanité est toujours sous la contrainte d’un plan de « redressement-continuation » et que nous avons déjà engagé près de 500 000 euros de dépenses de préparation de la Fête. Les risques sanitaires, les risques financiers et judiciaires nous obligent à renoncer à tenir une Fête, même réduite, sur le terrain du parc de La Courneuve.

Dans ces conditions, nous proposons de tenir la Fête de l’Humanité dans un format nouveau les 11-12-13 septembre avec des initiatives culturelles, de grands débats, des actes de solidarité internationale, des prises de parole d’acteurs des mouvements sociaux, citoyens et culturels, en divers lieux de la région parisienne et au-delà, relayés sur une plateforme numérique dédiée. Nous souhaitons combiner notre nouveau projet de Fête avec une initiative de solidarité marquante pour les enfants en partenariat avec le Secours populaire français.

Afin de couvrir les frais déjà engagés et en soutien à l’Humanité, nous lançons un bon de soutien au prix de 25 euros, dont 5 euros seront reversés au Secours populaire (vous pouvez le télécharger ici). Nous éditerons également un hors-série qui valorisera les valeurs et combats portés par la Fête de l’Humanité au fil de son histoire.

Préparons ensemble cette « Fête autrement »

Nous mesurons et partageons la déception de milliers de militants, de travailleurs, de jeunes, de citoyens, de femmes et hommes qui aiment à s’y retrouver dans une ambiance fraternelle et combative. Nous allons travailler à mettre à leur disposition un événement d’une autre nature qui puisse les rassembler, marquer l’actualité et être utile pour faire face à une situation sanitaire, sociale, culturelle, économique et politique qui s’annonce particulièrement difficile pour la jeunesse, le monde du travail et de la création. En ce sens nous recherchons le maximum de partenariats avec des acteurs sociaux, citoyens, culturels. Nous donnerons dans les jours à venir les éléments d’une architecture et un programme de la Fête de l’Humanité.

Nous vous proposons donc de préparer ensemble dans ces conditions si particulières « Une Fête autrement » utile à toutes celles et tous ceux qui souhaitent que se réalise l’Humanité. Comme le proclame en forme de profession de foi le visuel que nous offre l’agence Jésus et Gabriel, notre Humanité est plus forte que tout.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 05:43
Photo Thomas Portes

Photo Thomas Portes

Photo Thomas Portes

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Énormément de monde au rassemblement de soutien à Anthony Smith inspecteur du travail suspendu de ses fonctions depuis 98 jours pour avoir exigé des masques pour des aides à domicile.
Au nom du comite de soutien, j’ai apporté le soutien des 800 membres à Anthony Smith.
Nous allons continuer à le soutenir, et amplifier la lutte. Une lutte d’intérêt général.
Elisabeth Borne nous ne lâcherons rien. Nous demandons l’abandon total des sanctions !
Thomas Portes
Mardi, 21 Juillet, 2020 - L'Humanité

Marée de soutien pour Anthony Smith, l'inspecteur du travail menacé de sanctions

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies à Paris pour réclamer l’arrêt des procédures à l’encontre d’Anthony Smith, inspecteur du travail convoqué, mardi, en commission disciplinaire pour avoir exigé d’une entreprise qu’elle protège ses salariées. Nous y étions.

 

« Scandale ». Le mot est à la bouche des 400 personnes qui ont répondu à l’appel d’une intersyndicale (CGT-CNT-FO-FSU-SUD), ce mardi, sur l’avenue Duquesne, à Paris. Elles sont venues témoigner leur soutien à Anthony Smith, inspecteur du travail et militant CGT mis à pied à titre conservatoire depuis trois mois par sa hiérarchie, qui assiste ce même jour à son conseil de discipline. Il aurait « méconnu de manière délibérée, grave et répétée les instructions de l’autorité centrale du système d’inspection du travail concernant l’action de l’inspection durant l’épidémie de Covid-19 », selon le ministère du Travail, dont dépend Anthony Smith.

« Les aides à domicile ont fait leur travail sans masques, sans gants. Encore aujourd’hui, toutes n’ont pas de poubelles pour jeter leurs protections. Anthony Smith n’a fait que son travail, il faut que les procédures disciplinaires à son encontre cessent. » 
Virginie Mangin, déléguée syndicale FO de l’Aradopa

Celui-ci n’a pourtant fait qu’exercer sa mission : alors que le pays était confiné depuis quelques semaines, le fonctionnaire a ordonné à une entreprise qui emploie des aides ménagères de leur fournir les équipements de protection, dont des masques. « Les aides à domicile ont fait leur travail sans masques, sans gants. Encore aujourd’hui, toutes n’ont pas de poubelles pour jeter leurs protections. Anthony Smith n’a fait que son travail, il faut que les procédures disciplinaires à son encontre cessent », lance Virginie Mangin, déléguée syndicale FO de l’Aradopa, l’entreprise pointée du doigt par l’inspecteur du travail.

« On l’accuse d’avoir trop bien fait son travail, on marche sur la tête. » 
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

Plusieurs élus et personnalités politiques, dont les députés FI Jean-Luc Mélenchon et Éric Coquerel, ou Nathalie Arthaud, étaient de la partie pour demander la réintégration de l’agent. « On l’accuse d’avoir trop bien fait son travail, on marche sur la tête », fustige le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. « Il a demandé à l’entreprise de fournir des masques à ses salariées, mais cela aurait fourni la démonstration qu’il y avait bien une pénurie. Pour le gouvernement, c’était une vraie question politique », poursuit-il.

Combattre l’ingérence grandissante et les pressions du ministère du Travail

Parmi les soutiens du fonctionnaire, nombreux sont les inspecteurs et inspectrices du travail à avoir fait le déplacement. Leur mot d’ordre, demander l’arrêt des procédures disciplinaires contre Anthony Smith, mais également combattre l’ingérence grandissante et les pressions du ministère du Travail dans leurs missions. « Pas plus tard qu’aujourd’hui, notre hiérarchie a essayé de nous forcer la main. Elle veut absolument qu’on fasse comme le gouvernement décide, on ne peut plus faire notre travail. En cas de souci, une entreprise a juste à passer un coup de téléphone à notre hiérarchie pour qu’elle soit mise hors de cause », dénonce une inspectrice du travail et militante CGT du Grand Est.

À lire aussi :  Anthony Smith, un inspecteur du travail menacé de sanctions pour avoir accompli sa mission​​​​​​​

Selon la professionnelle, en cas de sanction disciplinaire d’Anthony Smith, c’est toute la crédibilité de l’inspection du travail et du ministère du Travail qui sera mise en cause. « Il y a une vraie perte de sens du notre métier. On se demande encore à quoi on sert, on pense à notre reconversion », confie-t-elle, sous les acquiescements de ses collègues. Pour lutter contre cette atteinte à l’indépendance de l’inspection du travail, garantie par une convention internationale signée en 1947, les syndicats ont annoncé avoir déposé plainte après de l’Organisation internationale du travail. Le cas d’Anthony Smith, mais également une trentaine d’autres faits de pression hiérarchique seront étudiés.

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