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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 06:31

 

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 09:28
Journal du Dimanche, 21 mars 2021

Journal du Dimanche, 21 mars 2021

Fabien Roussel sera dans la région lorientaise mardi 23 mars pour soutenir les salariés des Fonderies de Bretagne (SBFM) à Caudan et de 14h à 16h30 il sera à la fédération du Morbihan du PCF à Lanester avec les camarades, avant un point presse à 16h30.

Manifestons avec les salariés de la SBFM et Fabien Roussel à Caudan le mardi 23 mars, 10h

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 07:05
Pour la réouverture des lieux de culture: Jean-Marc Coppola, adjoint communiste à la culture à Marseille
L’ESSENTIEL était sur la Canebière:
 
Belle mobilisation du monde la Culture, en ce 1er jour de printemps sur la Canebière à l’appel du Syndeac, de Synavi, du SNSP, de la CGT Spectacle, du Profedim, du SMA…
Une mobilisation qui s’inscrit dans les actions d’occupation de lieux culturels (ZEF, La Criée) depuis une semaine et cela avec beaucoup de responsabilité
Ces actions expriment la souffrance du monde de la culture. Elles expriment également la souffrance de l’ensemble de la population
Souffrance due à l’absence de perspectives, au recul des libertés, à l’insuffisance de droits légitimes, de garanties, de sécurité de vie qui ne se négocient pas
Tout cela parce que l’humain est la variable d’ajustement d’une société marchande basée sur le profit financier, la concurrence…
Une société de consommation au lieu d’une société d’émancipation humaine, qui nécessite de la prévention en développant les services publics de la santé, de l’éducation, de la culture
Nous sommes tous lucides quant à la poussée épidémique et ses conséquences
C’est la raison pour laquelle les responsables de lieux culturels, les artistes savent comment continuer l’action, les créations et répétitions en toute sécurité sanitaire pour eux et pour recevoir le public
Un modèle de protocole sanitaire pour rouvrir les salles est sur le bureau de la Ministre de la Culture depuis début de l’année, et RIEN NE BOUGE !
La même ministre se plaignait en janvier de ne pas avoir de données scientifiques sur les clusters et les protocoles
A Marseille, nous faisons mieux et pas seulement dans le déclaratif, puisqu’avec l’état d’urgence culturelle, avec le Manifeste largement plébiscité, un protocole de test scientifique a été élaboré par l’INSERM pour 2 tests scientifiques sous forme de concerts
La Ville de Marseille met à disposition le Dôme et la Bataillon des Marins-Pompiers
Nous attendons le feu vert des ministères de la Culture et de la Santé pour ces concerts en avril
Un feu vert pour expérimenter, pour rassurer et pour rouvrir les lieux culturels
Le gouvernement doit se prononcer pour une reprise même partielle de l’activité en toute sécurité
Il n’y a pas plus de risques dans les lieux culturels que dans les centres commerciaux, les transports en commun ou dans certains milieux familiaux…
Le Conseil d’État saisi en décembre soulignait que la fermeture des lieux culturels ne peut plus s’inscrire dans la durée, cela porterait atteinte aux libertés fondamentales dont la liberté d’expression et de création.
Le gouvernement doit être COHERENT !
Comme on va à l’école, on doit aller dans les théâtres. Ceux-là sont ouverts mais sans publics alors que rien ne le justifie
Nous avons besoin d’imaginaire, besoin de rêver dans les lieux de culture qui sont des lieux de respiration
Les poètes et les auteurs sont là pour nous aider à retrouver une citoyenneté responsable
Les jeunes qui sont dans écoles d’art ou qui en sortent doivent être accompagnés
Aussi soutenez l’urgence de rouvrir les lieux, l’exigence de la prorogation des droits des intermittents et d’abandon de la réforme de l’assurance chômage
Mobilisons-nous pour construire le monde d’après, c'est à dire AUJOURD'HUI
 
Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture communiste de Marseille
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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 17:48
Contre la loi sécurité globale, les camarades du PCF présents à Quimper au village des Libertés initié par la LDH - 20 mars
Contre la loi sécurité globale, les camarades du PCF présents à Quimper au village des Libertés initié par la LDH - 20 mars
Contre la loi sécurité globale, les camarades du PCF présents à Quimper au village des Libertés initié par la LDH - 20 mars
Contre la loi sécurité globale, les camarades du PCF présents à Quimper au village des Libertés initié par la LDH - 20 mars
Contre la loi sécurité globale, les camarades du PCF présents à Quimper au village des Libertés initié par la LDH - 20 mars
Contre la loi sécurité globale, les camarades du PCF présents à Quimper au village des Libertés initié par la LDH - 20 mars
Contre la loi sécurité globale, les camarades du PCF présents à Quimper au village des Libertés initié par la LDH - 20 mars

Stand du PCF au village des droits et libertés à Quimper ce samedi 20 mars, 2 adhésions à la moitié de la journée!

Participation au village des Libertés sur la place de la Mairie de Quimper ce samedi 20 mars, à l'initiative de la LDH.
 

Photos Jean-Claude Perrot, Piero Rainero, Yvonne Rainero

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 06:29
La proposition de loi sur l’Allocation Adulte Handicapé mettant fin à la prise en compte des revenus du conjoint sera en débat le 17 juin à l'initiative du groupe communiste
[Communiqué] La proposition de loi sur l’AAH sera en débat le 17 juin à notre initiative
A l’Assemblée nationale, en mars 2019, nous défendions la proposition de loi de Marie-George Buffet visant à mettre fin à la prise en compte des revenus du conjoint ou de la conjointe dans le calcul de l'allocation adulte handicapé (AAH). Cette mesure est attendue depuis de longues années par de nombreux couples qui ne peuvent vivre leur relation au grand jour ou connaissent une perte de revenus importants en officialisant leur vie commune à cause de ce mode de calcul.
En mars 2019, le Gouvernement et la majorité avaient rejeté notre texte, par une motion.
En février 2020, cette proposition de loi est revenue dans les débats à travers une proposition de loi analogue du groupe parlementaire Libertés et territoires, dont nous saluons l’engagement sur ce sujet d’une si grande importance. L’adoption de ce texte avec le soutien des groupes d’opposition et de plusieurs député.es de la majorité contre l’avis du Gouvernement a fait naître l’espoir pour tous ceux et toutes celles qui subissent cette injustice.
Il revenait alors au Sénat de mettre cette loi à son ordre du jour. Plus de 108 000 signataires ont soutenu la pétition sur le site du Sénat demandant la "Désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH)." Une mobilisation citoyenne d’une ampleur extraordinaire a ainsi permis l’examen de ce texte par les sénatrices et les sénateurs. Le 9 mars dernier, cette proposition de loi a enfin été adoptée par le Sénat, à notre grande satisfaction.
Mais le combat n’est pas terminé. Ce texte doit à nouveau être adopté à l’Assemblée nationale pour que la navette parlementaire aille à son terme.
Comme il y a deux ans, nous prenons nos responsabilités et avons décidé d’inscrire ce texte dans notre ordre du jour réservé. Nous ne voulons pas laisser l’inaction créer une nouvelle attente insupportable pour les dizaines de milliers de compatriotes qui attendent que nous mettions fin à cette injustice.
Ainsi, le 17 juin prochain, nous proposerons et défendrons la dignité et l’émancipation des femmes et des hommes en situation de handicap. Nous aurons besoin de toutes les forces des associations, des organisations, des citoyennes et citoyens pour faire aboutir ce combat.
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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 06:45

 

Depuis le début de la crise sanitaire, le monde de la culture et de l’art est empêché de créer et de se produire publiquement. Or, nous avons besoin de la culture et de la création artistique pour vivre pleinement, pour les rencontres qu’elle permet, pour comprendre le présent, traverser les épreuves et se projeter dans l’avenir. Pour ces raisons, culture et création artistique ne sont ni des divertissements, ni de simples objets marchands mais des biens communs essentiels, des actes par lesquels nous faisons humanité.

 

 

Maintenir la culture sous clef est une décision injuste et injustifiable. Lors de la première vague, les théâtres, les cinémas, les conservatoires... avaient adopté des protocoles sanitaires extrêmement stricts et acceptés par leurs publics. Ils étaient ainsi parvenus, sans prendre de risque sanitaire, à un fonctionnement plutôt satisfaisant. Personne n’ignorait qu’il fallût réduire les flux partout, mais comment entendre qu’on ne le fît qu’à l’endroit de la culture de façon si implacable. Personne ne peut comprendre que les lieux culturels soient fermés quand d’autres sont ouverts et sans aucune limitation du nombre de personnes accueillies. C’est tout le sens de la mobilisation du monde de la culture. C’est aussi celui de la colère de nos concitoyens empêchés de partager, de s’exprimer, de se rencontrer, de s’émouvoir, de s’interroger...

En fermant les portes de l’art, de la culture, de la création, ce gouvernement, dont nous savons les politiques libérales, fait un choix assumé mais stérilisant, qui peut s’avérer dangereux pour la démocratie comme pour nos vies. Il conforte les dynamiques mortifères de repli et d’isolement qui altèrent les rapports sociaux et diminuent « l’humain dans l’être ». Or, pour éviter l’atrophie des esprits, stimuler le sens critique, l’imaginaire, affronter des épreuves et imaginer en sortir, pour mettre des mots, des sons et des formes sur ce que nous vivons, pour faire humanité, la culture est essentielle.

Depuis un an, des milliers de salariés du spectacle vivant, intermittents de l’emploi, ne peuvent plus travailler. Avec le chômage de masse du secteur, c’est aussi l’effondrement des systèmes de solidarité professionnelle et la paupérisation qui menacent. La crise ne touche pas que le milieu du spectacle. Les artistes-auteurs, qui bien souvent mènent en parallèle de leur travail de création, des actions de sensibilisation, ont vu celles-ci être annulées.

La crise sanitaire aggrave encore une précarité déjà trop présente dans le monde de la culture. Et comme si la situation n’était pas suffisamment inquiétante, le gouvernement ressort sa réforme de l’assurance chômage qui impactera durement l’ensemble des privés d’emploi et aggravera celle des intermittents du spectacle, sans leur apporter de réponse à ce stade.

On ne peut pas continuer dans cette voie. La crise que nous traversons appelle, au contraire, à trouver les voies d’une vie culturelle retrouvée.

C’est ce que demande le monde de la culture exaspéré par le mépris avec lequel il est traité par le gouvernement qui, après l’avoir jugé « non-essentiel », juge désormais les mobilisations « inutiles et dangereuses ». Au-delà de leur caractère blessant, les mots choisis signent l’aveu que la culture n’a décidément pas sa place dans les politiques menées depuis trois ans. Voire, qu’elle dérange. Sans doute parce qu’elle nous rassemble, nous éveille et nous fait grandir. La culture est subversive pour un pouvoir qui veut « un pays qui se tient sage », un peuple qui ne conteste pas les logiques libérales.

Depuis le 4 mars, l’occupation des théâtres pose avec force et de façon salutaire la question de la culture et celles des droits sociaux des acteurs culturels. Toutes ces questions, le gouvernement refuse de les voir. Elles ont pourtant résonné encore à la salle Pleyel lors de la cérémonie des Césars. Comment peut-il les ignorer plus longtemps ?

Plutôt que de s’entêter, le gouvernement doit prendre la mesure de l’urgence sociale dans laquelle se trouve le monde de la culture. Il faut entendre le besoin vital de se retrouver. Un pays qui ne danse plus, ne chante plus, ne se regarde plus, ne se parle plus, ne s’émerveille plus, ne se rêve plus, est un pays qui dépérit.

Pierre Dharréville

Responsable national du collectif Culture, député

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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 06:40

 

Ce 18 mars marque le début de la Commune de Paris, qu’il nous revient de fêter allégrement pour ce qu’elle fut, une expérience unique où le peuple de Paris a pris en main son destin pour vivre l’expérience d’une République démocratique, égalitaire et sociale, une République pour le peuple, par le peuple.

 

 

Et puisqu’il s’agit du 150e anniversaire de cette séquence essentielle, constitutive de l’Histoire de la Capitale pendant les 72 jours qu’a duré la Commune, de mars à fin mai de cette année 2021 la ville de Paris va vivre au rythme de la mémoire de ces événements. Une programmation riche soutenant une multitude d’initiatives associatives et culturelles invite les Parisiennes et les Parisiens à mieux connaitre, ou même à découvrir cette histoire, dans les arrondissements, dans les rues où l’insurrection fut vécue intensément.

Si nous en doutions, au regard des crispations et vociférations de la droite parisienne à l’annonce de cette commémoration par la Ville, la prise de pouvoir du peuple, pendant ces journées de 1871, par sa transformation radicale du rapport de classe, reste une brèche révolutionnaire encore d’une puissante actualité.

Forts de l’énergie de leur désespoir à la suite d’un siège qui les a affamés, meurtris, les plus humbles des Parisien·ne·s, les ouvriers, le monde du travail, refusant la représentation nationale monarchiste, ont réussi à faire naître et vivre un projet politique organisé et collectif, un espoir au service de l’amélioration de leurs conditions de vie, avec des décrets d’une telle modernité qu’ils sont en total résonance avec beaucoup de nos revendications d’aujourd’hui.

Le projet de société des communardes et communards s’appuyait sur l’aspiration à une démocratie directe avec des élus légitimes, associant des femmes en responsabilités, l’égalité entre femmes et hommes, égalité des salaires aussi. Les femmes furent d’ailleurs très impliquées dans la Commune de Paris. Louise Michel, bien sûr, mais de nombreuses autres que cet anniversaire un peu partout mettra à l’honneur. La Commune de 1871, c’est aussi des expériences d’autogestion, la santé accessible à toutes et tous, l’école gratuite et laïque, la séparation de l’Église et de l’État, ou encore la réquisition des logements vacants pour les plus démunis, la citoyenneté offerte aux étrangers, etc.

Alors oui ce fut bien sûr - les conservateurs d’aujourd’hui s’en effraient encore - aussi des épisodes violents, des édifices brûlés, des membres du clergé tués. Mais violences et exactions s’exprimèrent autant et même plus dans la répression. On le sait, les communardes et communards, les meneuses et meneurs comme les anonymes ont payé cher, au terme des 72 jours, avec les exécutions de la « semaine sanglante », sans compter toutes celles et tous ceux arrêtés et déportés.

La Commune, aussi brève fut-elle, laminée au final par la revanche meurtrière des réactionnaires tous unis contre le peuple de Paris, a néanmoins donné à espérer pour des générations un possible d’un collectif révolutionnaire. Elle a nourri, et nourri encore, l’imaginaire du mouvement ouvrier en France et bien au-delà. À l’époque déjà les gouvernants espagnols s’inquiétaient que des villes comme Barcelone ou Madrid ne s’en inspirent, et bien sûr la République espagnole s’est nourrie de cette inspiration. On put voir ensuite, dans les Brigades internationales, fièrement engagé un bataillon Louise-Michel, un bataillon de La Commune rassemblant des communistes français avec Rol-Tanguy à sa tête et montrant combien la Commune était notre héritage. La libération de Paris en août 1945, dans son engagement populaire, se souvenait encore du courage des communards… Alors, la Commune de Paris, en 2021 plus que jamais, alors que nous vivons l’agonie d’un capitalisme moderne même plus capable d’assurer la survie de toutes et tous pour les exploiter, fêtons-la, oui, pour mieux nous en inspirer !

Tout le programme des 150 ans de la Commune de Paris est accessible sur https://quefaire.paris.fr/ Et, au final, retrouvons-nous pour une grande manif convergeant vers le mur des Fédérés le 28 mai prochain.

Laurence Patrice, adjointe PCF à la Maire de Paris, en charge de la mémoire et du monde combattant

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 07:18
Brest - manif contre la loi Sécurité Globale, décembre 2020

Brest - manif contre la loi Sécurité Globale, décembre 2020

Eddy Pierres, directeur de Wart et du festival Panoramas, nous a alerté la semaine dernière sur cette disposition inacceptable de la loi Sécurité Globale, relayant un communiqué national des organisateurs de spectacles, de festivals, et d'évènements artistiques et culturels:
 
"La proposition de loi relative à la sécurité globale a été étudiée mercredi 3 mars en commission des lois au Sénat etmalheureusement, malgré les alertes des organisations professionnelles, l’article 25 a été maintenu. 
Celui-ci prévoit: «Art. L. 3153. Le fait qu’un fonctionnaire de la police nationale ou un militaire de la gendarmerie nationale porte son arme hors service, dans des conditions définies par arrêté du Ministre de l’Intérieur, ne peut lui être opposé lors de l’accès à un établissement recevant du public.». 
 
Les groupes communiste et socialiste ont déposé des amendements, le président de la commission culture aussi. Rien n'y fait pour l'instant.
 
Cette proposition de loi et cet article 25 en particulier est symboliquement l’acte de trop pour l’ensemble des organisations professionnelles du secteur du spectacle vivant empêchées par une année d’inactivité forcée. 
 
Veuillez trouver ci-joint la lettre cosignée par plusieurs organisations professionnelles (festivals, salles de concerts…) relative à l’article 25 (issu de la loi sécurité globale). 
 
Selon nos informations l’examen est prévu en séance publique les 16, 17 et 18 mars. Nous attirons donc urgemment votre attention sur cet article en particulier.
 
Ceci alors même que le secteur est déjà fortement fragilisé par la crise sanitaire actuelle":
 
Paris, le 5 mars2021-
 
Communiqué de presse
 
Sénatrices, sénateurs,Nous vous demandons de voter contre l’article 25 de la proposition de loi sécurité globale!
 
La proposition de loi relative à la sécurité globale a été étudiée ce mercredi 3 mars en commission des lois au Sénat et,hélas, malgré nos alertes, l’article 25 a été maintenu.
 
Celui-ci prévoit: «Art. L. 3153.
 
-Le fait qu’un fonctionnaire de la police nationale ou un militaire de la gendarmerie nationale porte son arme hors service, dans des conditions définies par arrêté du Ministre de l’Intérieur, ne peut lui être opposé lors de l’accès à un établissement recevant du public.»
 
Nos organisations rassemblent des centaines d’Établissements Recevant du Public (ERP): salles de concert, de spectacle, festivals, centres de formation, etc.Si,depuis 2016,le port d’armes par les forces de l’ordre est autorisé hors service, il est alors opposable dans les établissements recevant du public, droit dont nous avons pu faire usage. Cependant,avec l’adoption de l’article 25, la présence d’armes au sein d’ERP et donc de lieux culturels serait facilitée voire banalisée, et nous y voyons un grave danger.En effet, notre expérience au plus près du terrain nous permet d’identifier des risques extrêmement dommageables et bien plus importants que les vertus illusoires de cet article 25: mouvements de panique à la vue d’une arme, falsification de cartes de police pour introduire des armes, risques de débordements liés à l’environnement festif et à la présence d’alcool, etc.Aussi à la veille de l’étude de la proposition de loi en séance au Sénat les 16, 17 et 18 mars, nous interpellons haut et fort nos représentant·e·s élu·e·s pour leur demander de s’opposer à cet article.En aucun cas, il ne nous semble que les Françaises et les Français soient désireux de vivre dans une société armée.Nous invitons en outre tou·te·s les représentant·e·s d’ERP à nous rejoindre dans cette démarche afin d’obtenir ensemble la suppression de cet article.
 
 
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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 06:57
Manif du 28 novembre contre la loi Sécurité Globale à Morlaix qui avait rassemblé 600 personnes

Manif du 28 novembre contre la loi Sécurité Globale à Morlaix qui avait rassemblé 600 personnes

La loi de « sécurité globale » arrive au Sénat, ses opposants appellent à la mobilisation
Mardi 16 Mars 2021

Les sénateurs commencent ce mardi l’examen en séance de la proposition de loi LaREM. Malgré la réécriture du décrié article 24, le texte très controversé comporte toujours de multiples dangers. L’opposition s’organise dans la rue comme dans l’Hémicycle.

 

La très controversée loi de « sécurité globale » arrive ce mardi dans l’hémicycle du palais du Luxembourg, quatre mois après avoir été approuvée à l’Assemblée nationale. La droite, majoritaire au Sénat, se targue d’avoir rééquilibré le texte lors de son examen en commission, où plus de 70 amendements ont été adoptés.

Rassemblement square Poulenc, à 16 heures

Cette version « est un nouvel équilibre entre autorité, protection de ceux qui nous protègent et protection des libertés. Cet équilibre est changé, significativement », répète ainsi le président LR de la commission des Lois, François-Noël Buffet. Pas de quoi satisfaire pour autant les opposants à la proposition de loi des députés LaREM Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot.

« La France glisse doucement mais sûrement vers un état illibéral, autoritaire et policier », prévient la coordination #StopLoiSécuritéGlobale. Le collectif, à l’origine de manifestations qui ont compté jusqu’à un demi-million de personnes à l’automne, appelle à regagner la rue. Un rassemblement est organisé ce mardi à 16 heures, square Francis-Poulenc, devant le Sénat.

« Technologie tous azimuts, désengagement de l’État… »

Dans l’Hémicycle ces voix devraient trouver de l’écho, tant la philosophie même du texte est contestée à gauche. « Il s’inscrit dans un continuum qui installe dans notre législation un projet de société libérale dont le maître mot est la répression », explique ainsi la sénatrice PCF Éliane Assassi.

À ce titre, l’élue de Seine-Saint-Denis défendra une « question préalable » dont l’adoption permettrait le rejet de la proposition de loi. « Technologie tous azimuts, désengagement supplémentaire de l’État… il n’y a pas de grands changements », ajoute l’écologiste Esther Benbassa, qui plaidera en séance pour « une police de proximité formée à la désescalade et contre les discriminations ».

Il faut dire que le texte n’arrive pas dans n’importe quel contexte : « Nous avons déjà la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, dite loi Silt, la loi anticasseurs, un schéma national du maintien de l’ordre, un Livre blanc, et le Beauvau de la sécurité en vue d’une loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi), qui viendra l’année prochaine », a listé en commission le socialiste Jérôme Durain.

L’article 24 n’est pas le seul danger

Au cœur de la polémique l’article 24, qui prévoyait de proscrire le filmage des policiers, a été totalement réécrit. La nouvelle mouture crée un délit de « provocation à l’identification » dans le Code pénal, sans référence à la loi de 1881. « Je suis sûr que mon texte est constitutionnel », promet le rapporteur LR Marc-Philippe Daubresse.

Mais, à gauche, c’est une suppression pure et simple que l’on entend faire valoir. « La rédaction des rapporteurs nous semble assez confuse et peut-être inapplicable », a jugé la sénatrice PS Marie-Pierre de La Gontrie, estimant sur Public Sénat qu’ « il faut arrêter de raconter aux Français que si on ne vote pas ça, les policiers ne seront pas protégés ».

Las, l’article décrié n’est pas le seul danger. La privatisation rampante que favorise le texte via un « continuum de sécurité » en fait partie. Le secteur de la sécurité privée « a un poids économique non négligeable, puisqu’il compte aujourd’hui 177 000 salariés et 11 500 entreprises, pour un chiffre d’affaires global de 7,5 milliards d’euros », a décrit en commission le corapporteur Loïc Hervé (Union centriste) pour justifier la nécessité d’encadrer la branche. « Nous ne voulons pas du privé dans leur continuum de sécurité. C’est une mission régalienne qui doit rester sous la responsabilité de l’État », réplique Éliane Assassi, dont le groupe défendra via des amendements des dispositions issues de sa proposition de loi « visant à réhabiliter la police de proximité ».

Un risque d’inégalités territoriales

Les prérogatives des polices municipales sont aussi au cœur des discussions. La majorité sénatoriale a, en commission, limité les nouvelles missions qui pourraient leur être dévolues, supprimant notamment la possibilité de réaliser des saisies ou de constater des délits de consommation de stupéfiants, tout en étendant la durée de l’expérimentation à cinq ans.

Même la sénatrice RDSE Maryse Carrère, pas hostile au renforcement de ces missions, pointe « le risque d’inégalités territoriales entre les communes qui disposeront de moyens suffisants et celles qui n’en auront pas les moyens ».

L’article 25 devrait aussi faire parler de lui. Celui-ci n’a, pour l’heure, pas été modifié et autorise les membres des forces de police à porter leur arme en dehors de leur service dans les lieux accueillants du public. Des amendements de suppression ont été déposés par la gauche mais aussi par le président centriste de la commission de la Culture, Laurent Lafon, qui estime que cette disposition « peut profondément perturber et inquiéter ».

De nouvelles catégories d’agents

Autre sujet, et pas des moindres : le recours aux technologies de surveillance. La proposition de loi prévoit de nouvelles possibilités d’usage tant pour les caméras-piétons que pour les appareils embarqués à bord de véhicule, autorisant par exemple de nouvelles catégories d’agents à y recourir.

« Cette multiplication des outils qui permettent de surveiller la population et de réprimer élargit l’atteinte aux libertés publiques, notamment celle d’aller et venir anonymement dans l’espace public ou de manifester », dénonce Éliane Assassi. La droite sénatoriale, de son côté, s’oppose à la possibilité offerte aux policiers d’envoyer les images de ces caméras mobiles aux médias ou sur les réseaux sociaux.

Les drones font craindre le pire

Mais ce sont surtout les drones qui font craindre le pire. En commission, quelques garde-fous ont été ajoutés : les enregistrements sonores, la reconnaissance faciale ou encore le croisement des données personnelles sont ainsi proscrits. Les problèmes n’ont pas pour autant disparu.

« Le public est informé par tout moyen approprié de la mise en œuvre de dispositifs aéroportés de captation d’images et de l’autorité responsable, sauf lorsque les circonstances l’interdisent ou que cette information entrerait en contradiction avec les objectifs poursuivis », prévoit toujours le texte. « L’exception est tellement large qu’il n’y a aucune garantie », relevait à ce sujet, dans nos colonnes, la magistrate Magali Lafourcade, notant un « basculement complet » dans un « régime inédit de surveillance généralisée ».

Au vu de la surenchère sécuritaire à laquelle se livre la droite ces derniers jours, à commencer par le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau, qui fustige un « hyperlaxisme qui déresponsabilise les coupables », le renversement de la philosophie du texte n’ira pas sans mobilisation.

De la sécurité globale à la surveillance numérique totale
Yann Le Pollotec, dans Progressistes, décembre 2020
 
Excellent article de notre camarade Yann Le Pollotec, responsable de la commission Révolution numérique du PCF, et membre de la direction nationale du PCF, sur les enjeux effrayants du virage technologico-politique que nous sommes en train de vivre: alors que la loi de « sécurité globale » provoque une colère et une forte opposition, Yann Le Pollotec pousse ici un cri d’alarme sur le risque d’aboutir à une société sous surveillance généralisée, ce que permet aujourd’hui les technologies du numériques si elles sont dévoyées.
De la sécurité globale à la surveillance numérique totale, Yann Le Pollotec (Revue Progressistes)
Alors que la loi de « sécurité globale » provoque une colère et une forte opposition, Yann Le Pollotec pousse ici un cri d’alarme sur le risque d’aboutir à une société sous surveillance généralisée, ce que permet aujourd’hui les technologies du numérique si elles sont dévoyées.
Bernard Cazeneuve, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, se plaignait que les GAFA en savaient plus sur chaque Français que ses services, oubliant ainsi que le problème venait du pouvoir acquis grâce à la collecte de masse et à la centralisation de données et métadonnées personnelles et non à la qualité des propriétaires de ce pouvoir. Aujourd’hui, avec sa proposition de loi sur la « sécurité globale », le groupe LREM de l’Assemblée nationale est en train de réaliser une partie du rêve du ministre.
Cette proposition de loi, loin de se réduire à la question de la diffusion des images de visages de policiers, montre une LREM et un gouvernement qui se vivent en guerre contre toute une partie de la société française. À ce propos, la question de l’usage des images des caméras individuelles des forces de l’ordre est particulièrement révélatrice. Jusqu’ici ces images ne pouvaient être utilisées que pour la prévention des incidents au cours des interventions, le constat des infractions, la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuves et à la formation. Les députés LREM proposent d’élargir l’usage de ces images à « l’information du public sur les circonstances de l’intervention » des forces de l’ordre, c’est-à-dire à la propagande gouvernementale. Or un tel usage porterait atteinte au bon fonctionnement de la justice en violant le secret de l’instruction. Or le député LREM, rapporteur de la proposition de loi, justifie de manière sidérante cette remise en cause de l’État de droit en déclarant : « Il faut se déniaiser par rapport à toutes les situations. On est en train de perdre la guerre des images sur les réseaux sociaux (…) Il faut lutter à armes égales, nous sommes dans une société moderne, il n’y pas de raison que ceux qui représentent l’autorité de l’État aient un temps de retard. » CQFD, l’État doit s’aligner et être en guerre contre la société.
La loi proposée va jusqu’à permettre aux porteurs de ces caméras individuelles d’accéder aux enregistrements vidéo, ouvrant ainsi la porte à toutes les manipulations puisque les amendements demandant une sécurisation de ces fichiers en étant « unitairement chiffrés, signés et horodatés sur le serveur de stockage » ont été repoussés.
Lors du 1er confinement, la préfecture de Paris avait utilisé des drones hors toute légalité, ce qu’avait condamné et interdit le Conseil d’État. C’est pourquoi la loi de la LREM vise à consacrer l’usage de drones de surveillance quasiment en tous lieux et en toutes circonstances. Tous les amendements visant à interdire l’utilisation de la reconnaissance faciale ou à protéger les domiciles et espaces privatifs de cet espionnage ont été repoussés.
La loi sur la sécurité globale vise en fait à transformer tout l’espace public en espace sécuritaire. Elle prépare le terrain à la mise en réseau des caméras mobiles, des drones, des centaines de milliers de caméras fixes, afin de les coupler avec des systèmes d’intelligence artificielle et de reconnaissances faciales, ouvrant la porte à un fichage généralisé des participants à des manifestations ou à de la répression « préventive » (sic) basée sur l’analyse prédictive des comportements.
C’est pourquoi il faut soutenir la démarche des 66 organisations de défense des droits et libertés, dont ATTAC, la Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’homme, les Moutons numériques, le SNJ-CGT, demandant au Parlement de repousser les articles 21, 22 et 24 de cette loi.
Au-delà de la « grande peur » (1) des mouvements sociaux qu’ont le pouvoir et ses députés, il s’agit d’abandonner les concepts de défense nationale et de sûreté des citoyens au profit de celui de sécurité globale incluant un continuum allant des forces armées jusqu’aux sociétés de sécurité privée. Le « modèle » (sic) mis en avant est celui de l’État d’Israël où la majeure partie de la sécurité intérieure est sous-traitée à des milices privées et à des sociétés de sécurité qui sont par ailleurs intégrées dans un même système avec l’armée et la police. Or le concept de « défense nationale » et de « sûreté des citoyens » participe à ce qui fait nation en France, alors que celui de « sécurité globale » divise en fabriquant des « ennemis de l’intérieur » sans permettre, contrairement aux idées reçues, une meilleure coopération entre les services de l’État contre la menace terroriste entre autres. La notion de « sécurité globale » débouche sur une privatisation de la mise en œuvre du droit à la sûreté au profit de grands groupes transnationaux vendeurs de solutions globales de service sécurité à la seule destination de ceux qui pourront se les payer. Avec la « sécurité globale », il ne s’agit pas de protéger les citoyens mais d’une fuite en avant dans le solutionnisme technologique sécuritaire. Il est illusoire de penser que l’on réglera à coups de drones, de caméras, de robots, d’intelligence artificielle les problèmes de sécurité et de dérives maffieuses de pans entiers de notre société. Pense-t-on sérieusement régler avec la seule technologie le fait gravissime que l’économie de la drogue génère dans le 93 un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard €.
Cette loi affaiblira la cohésion sociale du pays afin de dégager les moyens nécessaires à la privatisation des fonctions régaliennes de défense et de sécurité. Sous couvert de sécurité globale, on renforce les causes de l’insécurité et on porte atteinte aux capacités de résilience de la société que représente l’intervention citoyenne au travers des luttes et mouvements sociaux. On a besoin de voisins solidaires et non de voisins vigilants. À cette loi qui ne ferait qu’enfermer notre pays dans un cercle vicieux où le terrorisme, la délinquance et l’insécurité se nourriraient d’eux-mêmes, il faut opposer la déclaration du chef de l’État norvégien au lendemain de la tuerie d’Utoya : « Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance. »
Cette loi n’est que la pointe immergée d’un capitalisme de la surveillance : Multiples capteurs au travail comme à domicile avec l’internet des objets, géolocalisation, caméras de surveillance, reconnaissances faciales, fichage biométrique, traçage de notre activité sur le web, méta données…, toute une économie de la surveillance de notre vie est en train de s’installer et de croître. Elle repose sur la captation et l’exploitation économique de nos données personnelles. Exercée par des États comme par des plateformes numériques marchandes, elle permet de nouvelles formes de contrôle social qui se donnent le pouvoir de repérer, de stigmatiser, de rappeler à l’ordre et de sanctionner ce qui ne serait pas dans la norme. Face à cela, le code informatique ne peut être la loi, il faut construire un nouveau système de droits, donner de nouveaux pouvoirs aux citoyens de garantir et développer les libertés. Le règlement général de protection des données (RGPD) a été un premier pas dans ce sens mais, face à la puissance du développement du big data et de l’intelligence artificielle, il faut aller bien plus loin en passant de droits individuels à un droit collectif. µ
Yann Le Pollotec est ingénieur et spécialiste des enjeux du numérique
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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 18:55
Disparition de Yann Le Pollotec: Notre peine est immense (Fabien Roussel et Pierre Laurent)
Disparition de Yann Le Pollotec : "Notre peine est immense" (Fabien Roussel et Pierre Laurent - PCF)
 
C'est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès de notre ami et camarade Yann Le Pollotec, à l'âge de 59 ans, après plusieurs semaines de combat contre une forme grave de la COVID. Parmi tant d'autres, Yann a succombé malgré les efforts d'un corps médical totalement mobilisé contre la pandémie. Avec le soutien fraternel, amical, des camarades du Blanc-Mesnil qu'il chérissait tant, Cathy Nelaton, Alain Brunel, Hervé Bramy, Fabien Gay, Marie-George Buffet, Didier Mignot et tant d'autres.
Yann va beaucoup manquer à ses camarades du Blanc-Mesnil, qui se sont mobilisés sans compter aux côtés de ses proches depuis qu'il avait été hospitalisé. Membre de la direction départementale, il va manquer aux communistes de Seine-Saint-Denis par qui il était unanimement apprécié parce que Yann savait mener les débats politiques sans sectarisme, avec le souci de rapprocher les points de vue, quand la complexité du débat peut pousser à les éloigner.
Il va aussi beaucoup manquer au siège du parti où sa perpétuelle bonne humeur, sa bienveillance à l'égard de tous, sa disponibilité et son humanisme étaient un vrai plaisir pour chacune et chacun, au quotidien. Yann était un rassembleur, avec de fortes convictions mais aussi une capacité d'écoute et de dialogue assez rare.
Ces qualités, il les avait développées dès sa jeunesse, en particulier dans son engagement au sein de l'UEC, dont il fut un membre de la direction nationale.
Dans la discrétion, Yann les a ensuite mises au service de notre parti.
Scientifique, curieux, empreint des valeurs de progrès, Yann a ainsi permis d'initier les États Généraux du Numérique, où il a su rassembler des personnalités très diverses et permis de grandes avancées à notre parti dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Yann voulait conjuguer progrès technologique et émancipation humaine et considérait à ce titre que l'appropriation des connaissances par le plus grand nombre, la démocratie étaient des enjeux décisifs.
C'est avec cette sensibilité et cette intelligence qu'il instruisit récemment le débat complexe sur la 5G, en faisant partager à la direction du parti une réflexion fine cherchant à dépasser les contradictions.
Résolument pacifiste, Yann était aussi un animateur exigeant du collectif « défense nationale et paix » qui lui attirait le respect de nombreux spécialistes des questions militaires, parce que Yann savait faire converger l'exigence de protéger la Nation avec une lutte déterminée pour le désarmement et la paix.
Yann était aussi un rêveur, un contemplatif qui s'émerveillait des progrès de l'aéronautique. Cette passion l'emmenait à participer à des meetings aériens à travers toute la France. Il a toujours mis cet enthousiasme au service du Parti, en organisant à plusieurs reprises la délégation du PCF au Salon international du Bourget. Grâce à son apport, la crédibilité de notre parti pour dialoguer avec tous les acteurs de la filière s'est sans cesse renforcée.
Et, évidemment, il était un fin connaisseur de la carte électorale. Sa contribution a été précieuse pour les camarades qui ont eu la charge du secteur « élections », comme Lydie Benoist, Pascal Savoldelli ou Pierre Lacaze. Reconnu par nos partenaires de gauche, qui se sont déjà adressés à nous pour témoigner de leur sympathie en ces circonstances, Yann était un point d'appui essentiel pour conduire nos dialogues avec les autres forces politiques, tant au plan national qu'au sein des fédérations. Avec précision, il qualifiait avec pertinence les rapports de force et savait ainsi encourager nos ambitions de conquêtes et de reconquêtes électorales. Pour Yann, perdre ne signifiait jamais renoncer. Et conquérir n'avait jamais rien de définitif. Son travail sur les résultats électoraux devait d'abord servir l'intervention communiste, la mobilisation militante.
Nous rendrons hommage nationalement à Yann dès que les conditions sanitaires le permettront.
Mais nous voulons témoigner à sa maman et à ses proches, combien notre peine est immense en ce jour.
Nous leur adressons, au nom de tous les communistes, nos plus sincères condoléances et les assurons de notre plus fraternel soutien.
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,
 
Pierre Laurent, Président du Conseil national du PCF et sénateur de Paris,
Paris, le 16 mars 2021.
Disparition de Yann Le Pollotec. Le PCF perd son spécialiste de la révolution numérique
Mardi 16 Mars 2021 - L'Humanité

Yann Le Pollotec, l’initiateur des états généraux de la révolution numérique, organisés chaque année par le Parti communiste, a succombé ce mardi au Covid.

 

Le Parti communiste français a perdu, ce mardi, l’un de ses dirigeants à la pointe du combat pour la « révolution numérique ». Yann Le Pollotec, membre de sa direction nationale depuis le début des années 2000, est décédé des suites du Covid à l’âge de 59 ans. « Yann va beaucoup manquer à ses camarades du Blanc-Mesnil (…). Membre de la direction départementale, il va manquer aux communistes de Seine-Saint-Denis, par qui il était unanimement apprécié, ont salué Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, et Pierre Laurent, président du Conseil national, dans un communiqué commun. Il va aussi beaucoup manquer au siège du Parti, où sa perpétuelle bonne humeur, sa bienveillance à l’égard de tous, sa disponibilité et son humanisme étaient un vrai plaisir pour chacune et chacun au quotidien. »

« C’était un militant avec une intelligence vive des choses, toujours prêt à entrer dans la complexité sans s’arrêter aux apparences », assure aussi Daniel Feurtet, ancien maire communiste du Blanc-Mesnil qui l’a bien connu. Car l’engagement de ce dirigeant était ancré en Seine-Saint-Denis, où il a été secrétaire de la section du Blanc-Mesnil, après y avoir présidé le groupe communiste du conseil municipal à la fin des années 1990. Mais c’est du côté de la Jeunesse communiste (JC) et de l’Union des étudiants communistes (UEC) que tout avait commencé, au début des années 1980, en parallèle de ses études scientifiques à l’université d’Orsay. Multicartes, Yann Le Pollotec était aussi un passionné des enjeux aéronautiques et spatiaux, ce qui a fait de lui un spécialiste reconnu et l’a conduit à animer la commission sur les questions de défense du PCF, dont il était toujours responsable. Il s’était également intéressé de près à l’Europe et à l'avenir industriel, comme assistant des députés, au Parlement européen, Patrick Le Hyaric et Jacky Hénin. «  Yann était une personne rare pour laquelle l’exigence d’humanité se fondait dans l’exigence militante, a réagi le directeur de l’Humanité. Yann était un passionné : d’histoire, de sciences, d’aéronautique et de tant d’autres choses. (…) En créant l’espace numérique de la Fête de l’Humanité, il contribua fortement à son rayonnement. » Ce « grand bosseur » était encore « un fin connaisseur de la carte électorale », rappelle aussi Pierre Laurent, qui l’a côtoyé dès les années UEC.

Dès 2013, il inaugure un fab lab à la Fête de l’Humanité

Avec son bagage scientifique, il est de ceux qui ont inscrit à l’agenda du PCF la question de la révolution engendrée par l’usage du numérique comme un enjeu majeur dans la lutte contre l’exploitation au cœur du système capitaliste. « Il existe une contradiction forte entre les opportunités d’émancipation que cette révolution ouvre et les nouvelles formes d’aliénation et de domination qui se développent dans son sillage. Il est urgent que les citoyens reprennent le pouvoir », aimait-il à rappeler. « Au début, on regardait cette partie du progrès technologique avec des yeux un peu ronds, et il nous a aidés à mieux comprendre les enjeux de classe autour du numérique », se souvient Daniel Feurtet.

Plus encore, Yann Le Pollotec a fait du siège du PCF l’un des lieux clés du débat pour ceux qui ne veulent pas laisser aux mains des grands groupes capitalistes les formidables potentiels ouverts par les nouvelles technologies. Il a initié les états généraux de la révolution numérique, où se sont croisés, au fil des années, grands spécialistes de la question, chercheurs ou ingénieurs, militants associatifs ou encore salariés de plateforme en quête de modèles alternatifs. Un rendez-vous qui, malgré la pandémie, honore sa 5 e édition via une série de webminaires. Ce militant intarissable avait aussi à cœur de démocratiser ces débats. À la Fête de l’Humanité, l’expérience avait commencé en 2013, dans son stand du Blanc-Mesnil, avec un mini-fab lab, sous une banderole « Hackons le capitalisme ». Un message qu’il nous laisse en héritage. L’Humanité présente à ses proches et ses camarades toutes ses fraternelles condoléances.

" Yann le Pollotec, la passion du savoir " par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité

La nouvelle du décès de Yann le Pollotec, emporté si jeune par ce maudit virus, nous plonge dans un insondable chagrin. Le sentiment d’injustice nous accable. On a du mal à croire son absence définitive, sa voix éteinte pour toujours.

Yann était une personne rare pour laquelle l’exigence d’humanité se fondait dans l’exigence militante. Il faisait parti de ces chevilles ouvrières indispensables à la vie du Parti communiste, son parti : disponible, responsable, travailleur, modeste, affable, il cumulait les qualités. Derrière ses airs solitaires, Yann ne rechignait à aucune responsabilité, comme élu municipal, dirigeant local et  national de son parti, ni à aucune camaraderie. Tous ceux qui l’ont côtoyé gardent en mémoire son extrême générosité.

J’ai eu la chance de pouvoir le compter parmi mes assistants au Parlement européen cinq années durant. Pas une semaine ne passait sans qu’il rédige des notes aussi denses que ramassées et précises sur les enjeux industriels, la défense, le numérique, tout en réalisant quotidiennement une revue de presse européenne. Yann avait la passion de la politique, observant avec minutie les évolutions technologiques, géopolitiques, scientifiques, en puissant dans le réel et ses évolutions les contradictions aptes à nourrir la visée émancipatrice. 

La discussion avec Yann était un bonheur : il vous élevait autant qu’il vous emmenait vers des rivages inconnus. Car Yann était un passionné : d’histoire, de sciences, d’aéronautique et de tant d’autres choses. Il avait l’appétit vorace de savoir propre à ceux qui cherchent en toute chose une vérité, qui refusent l’approximation, l’à peu près, ou la gloriole. En créant l’espace numérique de la fête de l’Humanité, il contribua fortement à son rayonnement.

Yann va terriblement nous manquer, comme à tous ses camarades, notamment du Blanc-Mesnil qu’il aura servi de toute son affection, à toutes celles et tous ceux qui l’ont croisé dans ses différentes activités et responsabilités, au Parti communiste. Nous pensons à ses proches, à sa mère.  Nous nous inclinons devant sa mémoire. Notre chagrin est immense.

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