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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 05:35

 

Le G7 se réunit dans une ambiance de bunker à Biarritz du 24 au 26 août prochains. Le PCF dénonce un cadre illégitime à décider du destin de la planète. Le G7 réunit les fauteurs de guerre et d'austérité, les responsables de l'essor de la pauvreté et de l'absence de volonté de lutter contre le réchauffement climatique. Ce n'est ni chez les défenseurs du capitalisme financier et productiviste, ni chez les promoteurs des accords de libre-échange, ni chez les responsables de la fermeture des frontières contre les migrants, que les grands défis internationaux trouveront une solution dans l'intérêt des peuples.

Contre le G7 illégitime de Macron et des siens, pour le G195 des peuples et des nations !

Le PCF dénonce un cénacle obsolète et fermé qui ne représente même pas les plus grandes puissances économiques du monde d’aujourd’hui, sans la Chine, sans l’Inde, sans la Russie.
Les aménagements promis par la présidence française, promettant de lutter contre la pauvreté et de s'ouvrir à des États « associés », ne peuvent être que cosmétiques. La seule photographie est éloquente : d'Emmanuel Macron, le président des riches, à Donald Trump ; d'Angela Merkel, dont le gouvernement a donné le la des politiques austéritaires européennes, à Boris Johnson, qui représente ce que les conservateurs britanniques ont de plus droitier ; de Guiseppe Conte, chef d'un gouvernement en faillite mené de fait par l'extrême-droite, à Justin Trudeau, maître du greenwashing, et à Shinzo Abe, qui mène une politique ouvertement militariste, sans oublier Jean-Claude Junker et Donald Tusk, en fin de mandat et représentants des politiques européennes austéritaires et productivistes.

Le PCF dénonce une démonstration sécuritaire et répressive. La réunion du G7 est le prétexte à un déploiement policier et sécuritaire massif. Biarritz et une partie du pays basque français sont transformés en bunker.

Le PCF participe au contre-sommet d'Hendaye et d'Irun organisé par la plate-forme G7 EZ.
Marie-Pierre Vieu, membre de la direction du PCF, y sera présente. Nous appelons à participer à la manifestation à Hendaye samedi 24 août et à l'occupation pacifique de sept places du Pays-Basque le 25 août.


Les peuples n'ont pas besoin du G7. La crise climatique, sociale, économique, les risques de guerre, ne peuvent pas être solutionnés par ceux qui en sont responsables. On ne confie pas le camion du don du sang à Dracula !

L'heure est à une véritable initiative internationale portée par les peuples et les nations et consacrée aux urgences de la planète. C'est un véritable G195, sous l'égide de l'ONU, réunissant, à égalité, l'ensemble des membres de l'ONU auxquels il faut ajouter les peuples palestinien et sahraoui.

 

 

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 07:09

 

Pour porter leurs revendications, les soldats du feu du Val-d’Oise ne peuvent arborer qu’un brassard. Trop pour leur hiérarchie, qui fait pression et les a sanctionnés.

Il y a quelques semaines, Cédric Marquet a reçu dans sa boîte aux lettres un courrier de sanction pour avoir porté un brassard de gréviste. Comme ce sapeur-pompier professionnel, 21 de ses collègues du Val-d’Oise sont convoqués en vue d’un blâme et deux autres, représentants syndicaux, risquent une exclusion d’un jour avec sursis.

Depuis l’annonce le 26 juin d’un préavis de grève de sept syndicats (FA/SPP-PATS, CGT, Avenir Secours, FO, CFTC, CFDT, Unsa) jusqu’au 31 août, la mobilisation est nationale. Partout, les soldats du feu demandent plus de moyens pour exercer leur métier correctement. « En 2010, dans le Val-d’Oise, nous étions 1 100 professionnels pour 96 000 interventions par an. En 2019, nous sommes 887 pour 105 000 interventions ! » déplore Peter Gurruchaga, pompier professionnel et secrétaire général CGT du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Val-d’Oise.

Des fonctionnaires tenus d’assurer un service minimal

Dans ce département, la grève a débuté dès décembre 2018, avec des revendi­cations locales, jusqu’au 24 mai. Puis elle a recommencé fin juin, reprenant cette fois les revendications nationales des syndicats. À chaque fois, les pompiers val-d’oisiens grévistes arborent un ­brassard « en grève », seul moyen mis à leur disposition.

En effet, tenus d’assurer un service minimal, ces fonctionnaires sont également dépendants des modalités de grève fixées par chaque Sdis, via une note de service. Dans d’autres départements, l’affichage et la peinture sur certains camions sont tolérés et les brassards parfois directement fournis par leur hiérarchie. « Pendant six mois, il n’y a eu aucun souci avec les pompiers qui portaient un brassard. Quand les interventions sont difficiles, soit les agents les retirent, soit les personnes n’y prêtent pas attention. Mais le retour de la population a toujours été bon », détaille Peter Gurruchaga.

Pourquoi ce soudain revirement ? « Nous n’avions jamais eu de remontée d’un problème avec le port du brassard avant le mois de juillet. Il y avait quatre à cinq fois moins de grévistes, explique le colonel Stéphane Contal, directeur adjoint du Sdis 95. Parmi les revendications nationales exprimées, certaines concernent le recrutement au sein des services et l’augmentation du budget. Dans le Val-d’Oise, un effort a été fait, il s’est traduit par le recrutement de 48 sapeurs-pompiers et de 250 volontaires. »

Pour Pierrick Gallois, sapeur-pompier du Val-d’Oise également visé par une sanction, « il y a une incompréhension avec la direction. Peut-être qu’au niveau des Sdis, nous ne sommes pas les plus à plaindre. Mais, tout n’est pas rose non plus. Et nos revendications sont nationales, nous sommes solidaires des autres pompiers de France ». Cette solidarité s’exerce également au sein du Sdis 95. « Le jour où j’ai signé ma lettre de demande de sanction, nous étions quatre à porter le brassard. Quinze minutes après, nous étions 12. Pour mes collègues, ces sanctions sont illogiques », raconte Pierrick Gallois. « Le nombre fait la force. Au départ, les pompiers avaient peur. Mais la tombée des sanctions a produit l’effet inverse », précise Cédric Marquet. Quelques officiers ont également décidé de fermer les yeux et de ne plus faire remonter le nom des pompiers portant ce signe de mobilisation en intervention.

Privés de cet unique moyen de contestation, certains fonctionnaires se sentent bridés dans leur liberté d’expression. « Ils nous prennent tout. Et là ils veulent même nous effacer », se désole un sapeur-pompier auprès de Peter Gurruchaga. Début juillet, le Sdis 95 a donné pour consigne aux chefs de centre de faire retirer aux pompiers « tous les signes et outils d’appel à la grève au sein des structures ». Dans un courriel du 19 juillet, il est demandé aux cadres de la chaîne de commandement de faire remonter au chef de centre de secours les éventuels refus d’agents. Pour les réfractaires, la mention « refus d’obéissance » est alors annotée dans le dossier personnel des grévistes pendant trois ans. Une inscription qui « peut engendrer des problématiques en termes d’évolution de carrière, mais aussi concernant les mutations dans un autre service départemental », explique Peter Gurruchaga.

Un dixième de salaire retiré par journée de débrayage

Le 8 août, Luc Strehaiano, président du conseil d’administration du service départemental d’incendie et de secours (Casdis), annonce dans un communiqué « autoriser les personnels grévistes à ­arborer le temps de leur grève un signe distinctif, de type brassard ». Une autorisation qui s’avère restrictive puisque, dans le Val-d’Oise, une note de service signale qu’un dixième du salaire du sapeur-pompier sera retiré par journée de grève, sur une base de 24 heures de garde. Un système de retenue confiscatoire qui les pousse à réduire drastiquement le temps de port du brassard.

« Avec cette règle, nous pouvons beaucoup moins interpeller la population. Or, le principe du brassard est d’amener un dialogue avec les citoyens », rétorque Pierrick Gallois. Et d’ajouter : « Je pense que la règle va être transgressée et que les pompiers vont continuer de le porter en service. »

À l’heure actuelle, les sanctions sont suspendues. « En réalité, elles seront annulées du moment que les pompiers se conforment à ce qui a été fixé. Pour ceux qui ne satisferont pas de cela, nous reprendrons les procédures disciplinaires », explique le directeur adjoint du Sdis 95. La CGT Sdis continue de demander l’annulation immédiate des sanctions.

Mélanie Costa et Benjamin Monnet

 

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 06:22
GRANDS PARTONS AUTOCRATES ET TYRANS ("Cause Commune" - JUILLET AOÛT 2019 6 Revue d'action politique du PCF)
GRANDS PARTONS AUTOCRATES ET TYRANS ("Cause Commune" - JUILLET AOÛT 2019 6 Revue d'action politique du PCF)
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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 05:49

 

Le groupe Casino compte ouvrir son hypermarché d’Angers le dimanche après-midi en ayant recours à des caisses automatiques. La CGT dénonce un dumping social.

Ouvrir toujours plus longtemps les magasins reste une obsession pour les poids lourds du commerce. Fin août, c’est l’hypermarché Géant Casino d’Angers (Maine-et-Loire) qui sera accessible aux clients le dimanche après-midi… sans salariés ou presque. « Trois agents de sécurité et une ou deux animatrices devraient être mobilisés pour aider les gens à se servir des caisses automatiques », explique Jean Pastor, délégué syndical central CGT Géant Casino.

Un non-sens économique et social

Une manière de contourner la réglementation, la loi n’autorisant les commerces à dominante alimentaire à n’ouvrir que jusqu’à 13 heures le dimanche, en dehors d’autorisations municipales ou préfectorales ponctuelles. « Et comme les agents de sécurité et les animatrices – qui sont affiliées à la convention collective du spectacle, même si c’est pour faire du travail de caissière – ne bénéficient pas de notre majoration de 50 % pour le travail dominical, cela coûtera moins cher à la direction que de prendre du personnel Géant », précise le syndicaliste, ajoutant que ces salariés seront employés par des entreprises sous-traitantes.

Si le groupe Casino avait déjà testé des ouvertures dominicales ou nocturnes sans employés dans certains de ses supermarchés, c’est la première fois qu’une enseigne de la grande distribution décide d’ouvrir un hypermarché dans de telles dispositions. Symptomatique de la guerre permanente pour les parts de marché entre les leaders du secteur, cette nouvelle extension des heures d’ouverture des très grandes surfaces ne devrait même pas générer d’activité supplémentaire substantielle.

Mardi, à l’antenne de BFM TV, l’expert du secteur de la consommation, Olivier Dauvers, prophétisait d’ailleurs l’échec de ce modèle : « Ouvrir sur de grandes amplitudes horaires, cela va finir par coûter trop cher et les groupes vont se rendre compte que le jeu n’en vaut pas la chandelle, à part pour des effets de communication », expliquait-il, anticipant « un chiffre d’affaires tellement minable que ça n’apportera pas grand-chose à la vie économique du magasin ».

Comme toujours, les défenseurs des fermetures dominicales rappellent que les clients n’achèteront pas plus parce que le magasin offre des plages plus importantes. « Le chiffre d’affaires qui sera réalisé le dimanche après-midi sera du chiffre en moins un autre jour de la semaine », résume Jean Pastor. Le but semble donc uniquement de concurrencer les autres enseignes. « Cela va rompre l’équilibre avec les petits commerçants, et les deux hypermarchés Carrefour de la ville ont déjà annoncé qu’ils ouvriraient désormais le dimanche matin. Le résultat, c’est un véritable dumping social », déplore le syndicaliste, qui s’inquiète de la vitesse de propagation de ces logiques. « Il y a quelques mois, le Géant d’Angers n’ouvrait même pas le dimanche matin », se souvient-il. Une tendance que dénoncent également les élus locaux. « L’ouverture des hypermarchés le dimanche matin est une mauvaise idée. Le dimanche après-midi, une très mauvaise idée », a lancé sur Twitter le député écologiste et ex-LaREM Matthieu Orphelin.

« Qu’une grande surface veuille ouvrir le dimanche après-midi sans son personnel relève d’un non-sens économique et social. Cette décision participe à une surenchère dont personne ne sortira gagnant, car une société déshumanisée n’a pas d’avenir », a de son côté condamné Christophe Béchu, maire de droite d’Angers. Pour contrer cette décision, la CGT appelle tous les opposants à manifester devant le Géant de la ville, le dimanche 25 août, à 11 heures, jour de la mise en œuvre de ces nouveaux horaires.

Loan Nguyen

 

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 05:39

 

Bien avant la rentrée du gouvernement, mercredi, le chef de l’État a multiplié les messages politiques.

Installé au fort de Brégançon depuis trois semaines, Emmanuel Macron n’a toutefois pas cessé d’envoyer des cartes postales aux Français. Au cours d’un séjour évidemment « studieux », a fait savoir l’Élysée, Emmanuel Macron a sacrifié au ­rituel du ­président-comme-un-autre avec une escapade pour ­savourer une pizza et un colonel en dessert, là encore en toute simplicité très travaillée.

Visite de Vladimir Poutine

Ce samedi, Emmanuel Macron doit également participer à une cérémonie plus informelle, célébrant la libération de Bormes-les-Mimosas, occasion d’un moment « convivial » avec les habitants, selon l’Élysée. Les vacances du président prendront fin la semaine prochaine, avec une rentrée diplomatique en recevant, lundi, au fort de Brégançon, le président russe Vladimir Poutine.

Il s’est pourtant agi, hier, de la ­première sortie officielle depuis le début de ses vacances, hormis un bref aller-retour à Tunis pour ­assister aux funérailles du prési­dent tunisien Béji Caïd Essebsi, et une visite le 28 juillet à l’abbaye du ­Thoronet. Là encore, une discrète « carte postale », adressée cette fois à l’électorat catholique. Un sondage Ifop réalisé pour la Croix au ­lendemain des élections européennes signalait un bascu­lement de l’électorat catholique, délaissant la droite pour voter majoritairement (37 %) pour la liste de la ­majorité (LaREM-Modem), portée par ­Nathalie Loiseau. Un taux qui ­montait même à 43 % chez les pratiquants.

Soigner l’électorat catholique

Avec le discours au collège des Bernardins en avril 2018, puis la rencontre avec le pape François deux mois plus tard, jusqu’à son implication personnelle après ­l’incendie de Notre-Dame en avril dernier, Emmanuel Macron s’est montré régulièrement attentif à un catholicisme pourtant en perte de vitesse, « zombie » même selon l’expression d’Emmanuel Todd. Mais tout ce qui lui permet de ­siphonner l’électorat de droite est bon à prendre. En témoigne, incidemment, l’invitation faite à ­Nicolas Sarkozy d’assister hier à la commémoration. Les deux hommes s’étaient déjà affichés ensemble sur le plateau des Glières en mars dernier.

Lionel Venturini

Pas d’allusion à l’actualité politique dans son discours commémorant, hier, le 75e anniversaire du débarquement de Provence, à Saint-Raphaël (Var). Tout juste a-t-il lancé un appel « aux maires de France » pour que les rues honorent mieux les soldats africains de la Libération. Un appel qui ne mange pas de pain et tranche surtout avec sa politique ­envers les migrants : pas de quoi le réconcilier avec la gauche. C’est que le chef de l’État regarde, en fait, ailleurs.

 

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 05:36

 

Le chômage et les retraites à bas coût sont le lot de plus en plus commun de soignants, en établissement ou à domicile, poussés à la porte par leur entreprise lorsque leur santé se dégrade à la suite d’un accident du travail.

Il fut un temps où travailler dans le bâtiment et les travaux publics n’était pas bon pour la santé. Désormais, ce sont les métiers de l’aide à la personne, en institution ou à domicile, qui détiennent le record des accidents du travail et des maladies professionnelles. Samira (1) en est la preuve. Elle a démissionné avant d’en arriver là, alors que chacune de ses journées s’achevait sur des crises de larmes. Cette jeune aide-soignante en Ehpad a rendu sa blouse une dizaine de jours seulement avant d’être titularisée. Dans l’établissement où elle travaillait, en CDD depuis quatre ans, elle courait en permanence. Elle se voyait confier des gestes interdits comme distribuer les médicaments aux patients, une tâche normalement dévolue aux infirmières. Les forces lui manquant, le sentiment de maltraiter les résidents a eu raison de sa vocation. Elle est partie « faire un break », rechercher une nouvelle orientation professionnelle avant que le mal-être ne la ronge plus avant.

Dans les Ehpad, les aides-soignantes et infirmières sont peu nombreuses « au lit des malades », comme elles disent. De 22,8 postes par tranches de 100 places dans les structures privées à but lucratif à 36,7 dans les structures publiques. 15 % du personnel ont moins d’un an d’ancienneté. 63 % des établissements reconnaissent l’existence de postes non pourvus depuis plus de six mois, selon la Drees, un service interministériel d’études et statistiques sur les questions sanitaires et sociales. Des chiffres qui signent l’évidence de conditions de travail dégradées.

Les employeurs ne reclassent plus, ne proposent plus de postes adaptés

La fréquence des accidents du travail dans le secteur du BTP a diminué de plus de 3 % pour atteindre 56,8 accidents pour 1 000 salariés, mais elle poursuit sa hausse dans le secteur de l’aide et des soins à la personne, avec un indice de fréquence de 52,8 dans les Ehpad, et jusqu’à 97 pour 1 000 dans le secteur de l’aide à domicile, selon le dernier bilan de la Sécurité sociale. Celle-ci confirme que les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les chutes  sont le plus souvent à l’origine de ces accidents. Samira s’est protégée, mais nombreuses sont ses collègues qui, trop âgées ou parce qu’elles élèvent seules leurs enfants, ne peuvent se permettre d’aller voir ailleurs. Lorsqu’elles sont fatiguées, blessées, leurs dossiers atterrissent de plus en plus souvent sur les tables des commissions de réforme. Ces commissions statuent sur le sort des salariés qui ne peuvent plus exercer leur métier, ou que partiellement. Malika Belarbi, responsable CGT, défend les intérêts de ces salariés dans l’une d’elles, en région parisienne : « Les employeurs ne reclassent plus. Ils ne proposent plus de postes adaptés. Ils ont trouvé la parade pour se séparer de leurs salariés reconnus inaptes : la retraite pour invalidité. C’est une véritable mode. En 2014, la commission examinait un ou deux dossiers de retraite pour invalidité par an, pour un âge moyen de 55 ans. Depuis 2017, deux voire trois dossiers par mois nous sont soumis pour des salariés de plus en plus jeunes. Compte tenu de leur carrière courte et hachée, ces retraités se retrouvent avec des pensions misérables. »

C’est ce qu’a vécu Ourdia, ancienne aide-soignante à domicile, gravement blessée par le chien agressif d’un malade : « J’avais 61 ans lors de mon accident de travail. Je ne pouvais pas prétendre à une retraite à taux plein. J’ai donc refusé, et j’ai perdu 1 000 euros par mois durant cette période. Je voulais continuer de travailler, mais mon employeur ne m’a jamais proposé de poste adapté. Je suis désormais à la retraite mais en mauvaise santé. »

Les commissions de réforme ont plusieurs cordes à leur arc pour maintenir le salarié dans l’entreprise. Les reconversions professionnelles, l’aménagement du poste de travail ou la proposition d’un nouveau poste en font partie. Mais, là encore, le reclassement se passe rarement à la faveur du professionnel devenu inapte à son poste. Et plus encore depuis la récente réforme du Code du travail. « Avec les ordonnances Macron, l’employeur dispose d’un mois pour reclasser un salarié sur tout le territoire national. Si le reclassement s’avère impossible, le licenciement est enclenché, y compris en cas de refus de mobilité géographique. Ce sont les articles L12-26-2 et 12-26-10 », explique vivement Malika Belarbi. Une situation vécue par une aide-soignante de l’hôpital Foch à Paris, licenciée à la suite d’une inaptitude médicale causée par un accident du travail. La direction lui a proposé un poste en Bretagne alors qu’elle vit et élève ses trois enfants en Île-de-France.

Mais les employeurs ne sont pas les seuls à se montrer peu diligents à l’égard des salariés accidentés. Selon Malika Belarbi, « la Sécurité sociale rejette de plus en plus les dossiers d’accidents de travail, prétendant des guérisons ou des séquelles sans lien avec les accidents. Ainsi, l’usure due à l’âge a motivé le rejet de la prise en charge des problèmes de dos d’une aide-soignante consécutifs à un accident ».

Opérée plusieurs fois, Claudine a vécu la « dégringolade sociale »

Les parcours qui aboutissent au licenciement ou à la retraite en invalidité sont, de plus, extrêmement difficiles et douloureux, souvent très longs, jalonnés d’expertises et de contre-expertises, surtout lorsque salarié et employeur ne parviennent pas à se mettre d’accord. Le récit de Claudine, ex-aide-soignante dans le service long séjour d’un grand hôpital parisien, en témoigne. Son accident du travail remonte à juillet 2013. Ce matin-là, qui marque la fin de sa carrière professionnelle, un patient hémiplégique avait réagi d’un geste vigoureux aux soins qu’il n’avait pas envie de subir. « Cela arrive, mais l’homme était fort et moi beaucoup moins. J’ai été blessée au bras et à l’épaule », raconte-t-elle. L’accident de travail est reconnu. Comme elle est opérée plusieurs fois, son arrêt de travail se prolonge, tandis que son salaire est d’abord amputé des heures supplémentaires et des week-ends durant lesquels, comme tous les soignants, elle était amenée à travailler, puis il est tout bonnement divisé par deux. « C’est la dégringolade sociale, la dépression, deux tentatives de suicide », raconte-t-elle. C’est une procédure judiciaire qui lui a permis de recouvrer ses droits. Elle aura 60 ans dans quelques semaines. Désormais en retraite, elle doit vivre avec moins de 500 euros par mois.

(1) Les prénoms ont été changés.

Sylvie Ducatteau

 

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21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 05:39

 

Dans un livre compilant une grande part de ce qui s’est écrit sur le chef de l’État dès 2012, Éric Stemmelen brosse un autre portrait du président, soulignant combien une oligarchie a repéré un sujet brillant, et œuvré pour le faire émerger.

Éric Stemmelen - Docteur en sciences économiques, ancien directeur des programmes de France 2

Une compilation minutieuse, quasi jour par jour, de ce qui s’est écrit sur Macron, du 22 janvier 2012 à mai 2017. Avec Opération Macron (1), Éric Stemmelen, sans apporter de révélations, dessine néanmoins un entrelacs d’heureux événements, de rencontres opportunes, sans céder à l’explication d’un candidat qui aurait été juste chanceux. Pas avec autant de fées penchées sur son berceau politique… Entretien.

 

Pourquoi ce parti pris d’ordre chronologique ?

Éric Stemmelen Ça permet d’éviter ce que j’appelle le bouquin à thèse, de construire une théorie de l’ascension de Macron. Je me suis dit que la simple juxtaposition de dates, en retenant d’abord les faits, avec quelques commentaires, jour après jour, est beaucoup plus parlante. Je pense que son ascension s’est construite assez naturellement, grâce à une classe sociale qui n’a pas besoin de se consulter pour diriger des journaux, porter en avant un candidat. Un groupe connu, les premières fortunes françaises, qui pense pareil, a trouvé que cette personnalité pouvait être utile, et alors que Macron était peut-être destiné à un poste de premier ministre, les circonstances l’ont propulsé à l’Élysée. Toute une série de gens en général discrets jusqu’ici prennent ouvertement parti. On voit ainsi Claude Bébéar prendre la plume pour soutenir Macron. La chronologie en ce sens est le plus efficace pour le raconter. En 2014, Niel achète l’Obs, Drahi achète Libé, Arnault commence à acheter le Parisien. En 2015, Drahi achète l’Express, BFM et RMC. Cette oligarchie renforce son empire de presse, avec des articles louangeurs sur Macron – on parle sans arrêt de son couple également –, on a là une opération. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Bayrou, qui est loin d’être un adversaire de Macron, qui affirme à son propos sur BFM, le 7 septembre 2016 : « Je me suis toujours opposé au mélange entre la décision politique et le monde des grands intérêts, le monde de l’argent. Et il est absolument clair que c’est une opération de ce genre dont il s’agit. » Non content d’avoir le pouvoir financier, une classe tient à avoir le pouvoir politique de façon directe. Jusqu’à Macron, l’alternance entre une droite conservatrice et de pseudo-socialistes lui convenait. Aujourd’hui, un pivot, un extrême centre, convient mieux, en étant posé comme inamovible, et rejetant comme extrémiste tout ce qu’il a contre lui.

 

Pourtant, le 2 octobre 2014, Macron, rappelez-vous, n’est que le 58e sur 62 personnalités d’un baromètre politique. En 2015, son premier meeting, à Fresnes pour les départementales, est un bide, avec à peine 200 personnes.

Éric Stemmelen Il y a eu un tel flot de couvertures, d’articles, de sujets, que l’on s’y perd. En 2017, les macronistes expliquent cela par sa popularité. Or, le jour même où il est nommé ministre, en 2014, il fait la couverture de l’Express et de l’Obs. Ça commence fort, surtout si on y ajoute Closer quelques jours plus tard. On a fait en sorte qu’il devienne connu, par la répétition et la surexposition médiatique, qui précèdent de très loin sa popularité. Les sondages sérieux (Éric Stemmelen a été directeur d’études à la Sofres – NDLR) montrent alors qu’il est dans le tréfonds de la popularité, un Français sur deux ignore qui il est.

 

 

Vous pointez une singulière absence de curiosité et de vérification des journalistes, notamment sur les dates de la rencontre avec son épouse, un flou qui conduit d’abord la presse à resserrer par exemple leur écart d’âge, ou sur les années Rothschild.

Éric Stemmelen On a construit une belle histoire, enjolivant leur âge respectif à leur rencontre. Comment s’est évanouie sa fortune personnelle lorsqu’il était banquier, et justifiée aujourd’hui par sa dépense quasi totale : « J’ai remboursé des emprunts », dit-il. Un de ses conseillers dira que « pendant les années Rothschild, Emmanuel Macron a pas mal dépensé ». C’est mince, comme réponse. Emmanuel Macron, quand il est inspecteur des finances, encore célibataire, achète en juin 2007 un appartement à Paris pour une somme de 890 000 euros. Il gagne 3 300 euros net par mois, ne dispose d’aucun patrimoine personnel et doit, dira-t-il, 50 000 euros à ses parents. Il a réussi à obtenir deux crédits considérables en s’endettant très lourdement. On attend là encore une enquête approfondie sur cette question.

 

Votre éditeur est belge. Est-ce à dire que personne en France n’a voulu du livre ?

Éric Stemmelen Il se trouve que, durant un an et demi, le manuscrit a été proposé à des éditeurs français. L’un d’eux m’avait même donné une date de publication. Et puis plus rien… François Ruffin parle dans le prologue du livre de lâcheté. C’est le mot.

(1) Éditions du Cerisier, 240 pages, 16 euros. Préface de Gérard Mordillat, prologue de François Ruffin.

Entretien réalisé par Lionel Venturini

 

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21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 05:34
ECOLE DE LA CONFIANCE OU MISE AU PAS DE L'INSTITUTION SCOLAIRE ("Cause Commune" - Juillet Août 2019 - revue d'action politique du PCF)
ECOLE DE LA CONFIANCE OU MISE AU PAS DE L'INSTITUTION SCOLAIRE ("Cause Commune" - Juillet Août 2019 - revue d'action politique du PCF)
ECOLE DE LA CONFIANCE OU MISE AU PAS DE L'INSTITUTION SCOLAIRE ("Cause Commune" - Juillet Août 2019 - revue d'action politique du PCF)
ECOLE DE LA CONFIANCE OU MISE AU PAS DE L'INSTITUTION SCOLAIRE ("Cause Commune" - Juillet Août 2019 - revue d'action politique du PCF)
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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 05:42
SUBSTITUER LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN AU TAUX DE PROFIT DANS LES MODÈLES DE GESTION DES ENTREPRISES  (Revue PCF "Progressistes" -  janvier, février, mars 2019)

À propos de « Progressistes »

 

La revue Progressistes est un trimestriel articulant les enjeux du monde du travail, de l’environnement, et les avancées scientifiques et techniques.

Chaque numéro est organisé autour d’un dossier spécifique et des rubriques régulières en lien, plus ou moins distendu, avec l’actualité immédiate.

Nombre de ses articles font appel à des spécialistes dont les préoccupations vont bien au delà des seuls aspects purs de la science, de la technologie ou de la technique qu’on peut habituellement retrouver ailleurs.

Au cours de ce mois d’août notre Blog vous propose quelques articles de « Progressistes » parus entre novembre 2018 et août 2019.

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SUBSTITUER LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN AU TAUX DE PROFIT DANS LES MODÈLES DE GESTION DES ENTREPRISES  (Revue PCF "Progressistes" -  janvier, février, mars 2019)
SUBSTITUER LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN AU TAUX DE PROFIT DANS LES MODÈLES DE GESTION DES ENTREPRISES  (Revue PCF "Progressistes" -  janvier, février, mars 2019)
SUBSTITUER LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN AU TAUX DE PROFIT DANS LES MODÈLES DE GESTION DES ENTREPRISES  (Revue PCF "Progressistes" -  janvier, février, mars 2019)
SUBSTITUER LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN AU TAUX DE PROFIT DANS LES MODÈLES DE GESTION DES ENTREPRISES  (Revue PCF "Progressistes" -  janvier, février, mars 2019)
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17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 05:29

Comment le néolibéralisme met la main sur un modèle conçu à l’origine pour s’attaquer au capitalisme et « ubérise » les petits producteurs.

par Pierre Ginet

Le néolibéralisme grave son action dans les sociétés, les économies et les territoires qu’il recompose. Face à une population plus lucide mais intellectuellement encore trop peu armée, les élites néolibérales poursuivent leur pillage et proposent avec cynisme de réparer le monde et de l’améliorer !
L'exemple des projets alimentaires territoriaux et de leur déploiement, illustre ce processus cynique et implacable.

DES CIRCUITS COURTS AUX PROJETS ALIMENTAIRES TERRITORIAUX (« Cause Commune » - Revue d’action politique du PCF – Mars 2019).

Les circuits courts en réaction au modèle capitaliste

Dans un contexte de crise agroenvironnementale, puis face au modèle agroindustriel dominant, aux effets sociétaux, environnementaux et sanitaires catastrophiques, émerge dans les années 1960, la notion de circuit court, avec les teikei (partenariats) japonais, puis leurs variantes, association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) et Ruches en France, Groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne (GASAP) en Belgique, etc. Elle correspond à la structuration de bas en haut (bottom up) de systèmes de production et de distribution d’aliments dans des espaces restreints, orchestrée par des petits exploitants indépendants, au contact direct (ou quasi direct) des consommateurs. Un modèle d’organisation viable, vivable et équitable qui présente de nombreux atouts : sécurité alimentaire, réduction de l’empreinte territoriale, recyclage des déchets organiques, restitution au producteur du bénéfice de la vente, réduction du budget alimentaire des ménages…

 

Conceptualiser pour accaparer : Des circuits courts au système alimentaire territorialisé

Les circuits courts autogérés constituent une alternative démocratique et durable au modèle agroalimentaire néolibéral… et par conséquent un risque pour les néolibéraux, en raison du manque à gagner financier, pour eux, d’une telle organisation. Aussi proposent-ils d’autres solutions, de prétendues solutions dont le but n’est pas de remédier aux problèmes qu’ils ont contribué à créer mais de ne laisser aucune nouvelle forme d’organisation du marché échapper à leur insatiable cupidité. En sapant l’instauration de modèles économiques qui évitent les passages obligés que sont l’emprunt, le crédit, la banque, la grande distribution, l’industrie agroalimentaire. Un outil conceptuel est créé pour cela : le système alimentaire territorialisé (SAT ou SALT). Il replace la notion de circuit court dans la perspective néolibérale : ces SAT « cohabitent le plus souvent avec le système agro-industriel sur un même territoire, la complexité et la diversité des modèles en résultant étant présentées comme un atout pour la sécurité alimentaire » (Fournier et al., 2014) ! Le concept de SAT, en hybridant circuit court citoyen et structure agroalimentaire capitaliste, place nolens volens ce premier dans la perspective de son instrumentalisation capitaliste, quand bien même, à l’origine, il en était à l’exact opposé !

« Le concept de SAT, en hybridant circuit court citoyen et structure agroalimentaire capitaliste, place ce premier dans la perspective de son instrumentalisation capitaliste quand bien même, à l’origine, il en était à l’exact opposé ! »

 

Des SAT aux projets alimentaires territoriaux, l’adoubement de la logique marchande par la strate politique

La notion de SAT forme un sas sémantique entre la notion de circuit court et celle, politiquement instrumentalisée, de projet alimentaire territorialisé de bas en haut, dispositif opératoire légalisé par le droit (Ndlr : néolibéral), permettant in fine aux néolibéraux de contrôler démocratiquement les circuits courts (voir ci-dessus). Ainsi, l’association des régions de France et l’État soutiennent depuis 2014 la mise en place de tels systèmes au travers de la loi d’avenir pour l’agriculture qui prévoit un ancrage territorial de l’alimentation. Insidieusement abordées dans les années 2010 par la clef d’entrée du développement  des circuits courts, de nombreuses métropoles mettent depuis en place des projets alimentaires territoriaux (PAT). Une  gestion multiniveaux  organise la perpétuation de la suprématie des poids lourds du secteur. Des réseaux de recherche-action analysent les SAT et donnent aux acteurs locaux les connaissances pour les aider à mettre en œuvre leur PAT. Le lien démontré entre bio et santé facilite la transition. Une institutionnalisation encadre ce réagencement soigneusement écoblanchi : « Les projets alimentaires territoriaux introduits par la loi du 13 octobre 2014 d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt ont l’ambition de fédérer les différents acteurs d’un territoire autour de la problématique centrale de l’alimentation, contribuant ainsi à la prise en compte de ses dimensions sociales, environnementales, économiques et de santé » (Le Foll, 2017). L’émergence de cinq cents nouveaux PAT à l’échéance 2020 est prévue. À la clef : l’ubérisation des petits producteurs, hausse des prix et captation des bénéfices.

 

Le cas de la Lorraine : masochisme ou trahison politique ?

La gestion des circuits courts une fois légitimée et organisée par la puissance publique, le secteur privé prend les rênes. Le 13 avril 2017 sont organisées dans les locaux de l’hôtel de ville de Nancy les « rencontres sur le territoire », conférence-débat animée par des experts de l’alimentation, des sociologues, des acteurs du territoire pour répondre ensemble et de façon concrète à la construction d’un projet alimentaire territorial durable. En clair, une initiative du groupe privé Sodexo (chiffre d’affaires 2017 : 20 milliards d’euros, 425 000 salariés), adoubée par le maire de Nancy, et légitimée à l’instar d’autres projets par des scientifiques pourvoyeurs de caution scientifique. Une stratégie de dépeçage territorial de plus de la Lorraine, déjà région-victime. Lors de cette manifestation, autour de la question générale, produire et consommer local : « Comment construire un modèle durable pour demain ? », les questions ouvrant à des arguments en faveur de la légitimation de ce projet… durable (on notera le double sens et l’ironie du terme) sont abordées. La logique de néolibéralisation à l’œuvre n’est pas dénoncée. Au même moment, Sodexo s’engage à acheter 40 % de produits locaux pour alimenter la cuisine centrale de Nancy (Journal des entreprises, 2017).

 

De la surface des choses à leur analyse géopolitique

Les projets alimentaires territoriaux s’appuient sur le double langage habituel des néolibéraux : officiellement témoigner de leur intérêt pour  réparer le monde qu’ils saccagent ; en sous-main, définir les règles qui métaboliseront les circuits courts, devenus conceptuellement des SAT puis légalement des PAT, règles qui, in fine, permettront aux prédateurs capitalistes (grandes surfaces, banques, etc.) de conserver le contrôle d’un marché et d’un monde réorganisé… pour eux. Une escroquerie en bande organisée remarquablement conduite, laissant paraître pour vertueux un processus toxique.

 

Pierre Ginet est géographe. Il est professeur à l’université de Lorraine.

Cause commune n° 10 • mars/avril 2019

 

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