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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 05:44

Cette analyse par Pascale Fautrier du nouvel essai de Jean-Luc Mélenchon, transmise par Louis Aminot, notre camarade du Front de Gauche et d'Ensemble! Brest, est passionnante à plusieurs titres. 

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J'ai écrit cette recension du livre de Jean-Luc Mélenchon,       L’Ere du Peuple (Fayard, 2014 ) dans le but d’engager le dialogue nécessaire entre les hommes politiques, les intellectuels (ceux qui publient, ceux qui enseignent), et les citoyens soucieux de connaître dans le détail l'état du monde. J’espère qu’il appellera des commentaires et des discussions argumentées ici même ou ailleurs : une version courte sera demain sur le site de  la revue Regards (regards.fr).

I. Cinq aspects remarquables du livre de Jean-Luc Mélenchon :
1. La profondeur et la radicalité de l’analyse, qui part du constat courageux d’une défaite intellectuelle et politique : « Il n’existe plus aucune force politique mondialisée face au parti invisible de la finance globalisée » (EP 17). Cette nécessité de tout repenser et de tout reconstruire a été formulé récemment quasiment dans les mêmes termes par Alain Badiou dans l’émission d’Aude Lancelin (http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/151014/contre-courant-le-debat-badiou-piketty) : la nécessité de reconstruire une « alternative idéologique », c’est-à-dire une perspective de dépassement du capitalisme capable de fédérer largement la « vraie » gauche.
2. Le caractère « reliant » de la démarche, comme dirait Morin : ce livre cherche à penser ensemble le micro et le macro, le global et l’individuel, du devenir écologique de la planète à la misère psychique et morale des individus réduits à leur capacité de consommer, en passant par la domination mondiale d’un capitalisme de la rente et de la spéculation, et les nouveaux déséquilibres géopolitiques qui en résultent. Il est notable qu’un homme politique « généraliste » comme l’est Jean-Luc Mélenchon, ne s’enferme pas dans le cadre national et intègre à ses préoccupations la survie de la biosphère. Cette analyse factuelle conduit à observer, à tous les niveaux de la vie humaine, une spirale négative dévolutive de destruction des équilibres écologiques, de décomposition du lien social et civilisationnel sous le coup d’une logique productiviste qui profite à une infime minorité (les oligarchies), générant des risques nouveaux de guerres, voire même d’une guerre mondiale.
3. Mais au pessimisme de la description répond l’optimisme de l’action, le souci de sortir de la « dénonciation démoralisante ». Les propositions politiques de Jean-Luc Mélenchon s’appuient sur une « théorie  de la révolution citoyenne » (EP 14), et sur le Manifeste de l’éco-socialisme élaboré en décembre 2012 et cité en fin d’ouvrage. Les deux axes en sont 1. La réaffirmation du principe démocratique de la « souveraineté populaire » formulée par les révolutionnaires français ; 2. L’idée que le « peuple » n’a pas à subir la dictature d’une classe particulière : ni oligarchies financières, ni « prolétariat » investi d’une « mission historique ». Exit l’idée « libérale » d’une gouvernance « éclairée » des élites (c’est-à-dire des puissants par accumulation de capital symbolique et matériel) ; exit  également la « dictature du prolétariat » : rupture avec la nostalgie de la vieille « doctrine » léninisto-stalinienne.
4. La « révolution citoyenne » démocratique est un républicanisme radical. Le peuple doit reprendre l’initiative politique en ré-constituant sa souveraineté confisquée par les oligarchies : c’est la proposition politique centrale de convocation d’une « assemblée constituante », elle-même préparée par des « assemblées citoyennes » délibérantes et s’auto-organisant démocratiquement (en utilisant le net, mais pas seulement), comme cela se passe actuellement en Espagne. Les propositions avancées par J.-L. Mélenchon concernant les modalités futures de la représentation et des contours d’une VIème République (révocation des élus, règles verte etc.) ne sont ni normatives, ni directives, ni excluantes d’autres propositions, mais à discuter et c’est un point important.
5. L’écosocialisme est un néo-communisme écologiste et démocratique : il intègre les descriptions économistes du « matérialisme historique » mais récuse le millénarisme et l’autoritarisme centraliste de la « dictature du prolétariat» (mais ça mériterait d’être davantage précisé et souligné). J.-L. Mélenchon continue à se référer au matérialisme historique (EP 15) pour décrire les rapports de force sociaux : le « peuple » est constitué majoritairement de salariés en butte à la voracité des actionnaires, lesquels empochent 80% des profits des entreprises (EP 63), et organisent une pression sociale accrue pour étendre leur puissance et rogner les droits du travail. Une politique au service du peuple, c’est-à-dire de l’intérêt général, détrônerait nécessairement « la petite oligarchie des riches, la caste dorée des politiciens qui servent ses intérêts et des médiacrates qui envoûtent les esprits » (EP 14). Mais de cette description des rapports de production, ne découlent pas automatiquement les moyens de l’action politique. Le peuple est constitué aussi de chômeurs, femmes au foyer, artisans, médecins, avocats, et  l’accès à la souveraineté politique demeure à tout moment un choix collectif et individuel, soumis à la délibération démocratique. La théorie de la révolution citoyenne, contrairement au communisme millénariste ou aux néo-libéraux des années 90 (Fukuyama), ne visent aucune « fin de l’histoire ». L’action politique est un choix de tous les instants et un combat sans fin.
 
II. L’écosocialisme est une « politique de civilisation » (Edgar Morin)
Avant d’en venir aux points plus problématiques du livre de J.-L. Mélenchon, je voudrais souligner combien l’écosocialisme proposé par le leader du Front de Gauche et du Mouvement pour la VIème République me paraît s’inscrire dans la « politique de civilisation »  formulée par Edgar Morin dans son livre La Voie(2011). Notons au passage qu’Edgar Morin est un des rares penseurs de notre temps à avoir tenté la théorisation anthropologique et politique, « anthropolitique », d’une méthode de pensée et d’action (les deux mêlés) pour sortir de « l’âge de fer planétaire » qui nous conduit à la catastrophe.
  1. Il s’agit d’abord de prendre conscience que nous sommes des citoyens de la « Terre-patrie », et que celle-ci est engagée dans une « bifurcation fondamentale » (EP 47) capable de provoquer l’extinction de la vie. « L’illusion d’un progrès conçu comme une loi de l’Histoire s’est dissipée à la fois dans les désastres de l’Est, les crises de l’Ouest, les échecs du Sud, la découverte des menaces nucléaires et écologiques », écrit Edgar Morin (LV 29).  J.-L. Mélenchon en prend acte à la fin de son livre : « On doit se demander s’il n’est pas déjà trop tard » (EP 148).
  2.  Les activités humaines entraînent des dégâts déjà irréversibles sur le climat et la biodiversité, notamment dus à l’augmentation exponentielle du nombre d’humains. J.-L. Mélenchon donne des chiffres saisissants (EP 33) : en 5 ans, de 2009 à 2014, la population mondiale a augmenté d’un milliard d’individus, alors qu’il lui a fallu 200 000 ans pour atteindre, vers 1800, le premier milliard. C’est l’ « ère de l’anthropocène » et de l’« homo urbanus » pour reprendre les titres de deux chapitres de son livre : 80% de la population vit en ville en Europe et sur le continent américain (EP 110) 54% des humains sont des urbains.  La population urbaine du monde augmente d’un million par semaine » (LV 317).
  3.  Cette prise de conscience en entraîne automatiquement une autre : le modèle occidental productiviste du développement sans fin est à l’origine de cette situation tragique : « Le chaos qui s’avance est la conséquence directe du productivisme » (EP 59) ; « Il faudrait plusieurs planètes pour répondre aux besoins si tout le monde vivait comme nous. » (EP, 36) écrit J.-L. Mélenchon. Et de proposer un écosocialisme qui rompt radicalement avec un certain socialisme productiviste stalinien ou maoïste. Morin insiste davantage sur la nécessaire critique de l’impérialisme occidentalo-centriste de ce modèle de développement issu de la Révolution industrielle, qui s’impose à la planète entière et la fait entrer dans une crise complexe, écologique, démographique, civilisationnelle. C’est la « globalisation, stade actuel de la mondialisation »,  écrit Morin (LV 26), « unification techno-économique de la planète » produisant en réaction des « contre-processus de résistance », certains régressifs (les tentations théocratiques), d’autres positifs : « refloraisons de cultures autochtones », « processus de métissages culturels » (LV 26).
  4. L’écosocialisme de Jean-Luc Mélenchon s’inscrit dans la « politique de l’humanité » définie par Morin comme « un dépassement de l’idée de développement, même supportable (dit « durable ») » (LV 73). L’individu humain n’est pas une monade autosuffisante en relation avec d’autres monades, il dépend de son environnement.  Il est donc nécessaire d’affirmer l’existence d’un « intérêt général humain » (EP 58) qui sanctuarise les conditions de survie de l’humanité, et donc celles de la biosphère. J.-L. Mélenchon propose d’inscrire dans la Constitution l’extension des droits de l’homme et du citoyen « à de nouveaux droits écologiques » (EP 58).
  5.  Morin comme Mélenchon appellent à une « gouvernance globale » capable de prévenir les guerres, d’imposer des droits sociaux, « l’application de normes écologiques vitales et de normes économiques d’intérêt planétaire » (LV 72), et d’« en finir avec le libre-échange » (Mélenchon, EP 85) :  « Le but est d’organiser les rapports économiques entre pays sur une base civilisée et négociée. Un ordre où l’autosuffisance devrait être l’objectif, le transbordement l’exception. […] Penser une réforme de l’ONU et lui donner les moyens de fonctionner est la priorité » (EP 85). Morin propose de parler de « démondialisation » pour assurer la protection des cultures vivrières et des modes de vie traditionnels,  pour relocaliser la production et donner la priorité partout à l’autosuffisance alimentaire (la «souveraineté alimentaire »)
  6. Un de ces nouveaux droits écologiques à conquérir nationalement et internationalement serait la « règle verte » (« ne pas prélever davantage à la nature que ce qu’elle peut reconstituer », EP 55) : elle permettrait selon Jean-Luc Mélenchon de réguler la production proliférante d’objets obsolescents épuisant les ressources naturelles, creusant une « dette écologique » (EP 54) autrement plus inquiétante que la « dette publique » de l’Etat dont on nous rebat les oreilles : nous détruisons les ressources naturelles plus vite qu’elles ne peuvent se renouveler. E. Morin insiste de plus sur la nécessité de penser ces nouveaux droits au niveau de la « société-monde » en cours de constitution (une opinion publique planétaire consciente de l’urgence écologique). 
  7. Edgar Morin écrit que  ce capitalisme financier qui « a provoqué la crise de 2008 » et « se repaît comme un vampire de nos substances vives » « s’est mis au ban de l’humanité et nous devrions le mettre au ban de l’humanité » (LV 43). Comme lui, Jean-Luc Mélenchon propose de combattre la financiarisation de l’économie, notamment en n’accordant le droit de veto aux actionnaires qu’en fonction du temps de possession de leur part de capital. Il propose comme E. Morin de sanctuariser certaines ressources naturelles comme l’eau, et d’étendre autant que possible le domaine du « commun » en favorisant la production coopérative (les SCOP) et solidaire, en taxant les flux de capitaux. Mais on voit bien que ce combat est nécessairement, lui aussi, planétaire.
  8. Comme Edgar Morin, J.-L. Mélenchon note que le « système formate l’intimité de chacun» (EP 131), que le productivisme est « comme le patriarcat une structure implicite » (EP, 132), qu’il y a donc aussi une « bataille culturelle » (EP 134) à mener pour nous émanciper de « l’ordre globalitaire (global et totalitaire) » (EP 131), dont l’un des aspects est l’envoûtement consumériste (Morin parle d’ « intoxication consumériste », LV 36).  Comme l’écrit Morin, « pas de réforme de vie ni de réforme éthique sans réforme des conditions économiques et sociales du vivre », et « pas de réforme politique sans réforme de la pensée politique, laquelle suppose une réforme de la pensée elle-même » (LV 61), réforme inspirée de sa « méthode » coconstructiviste d’analyse/reliance transdisciplinaire. Comme Morin, Jean-Luc Mélenchon insiste sur l’éducation (notamment à  la sensibilisation aux limites des ressources écologiques) et la nécessité, mise en œuvre dans son livre, de penser ensemble l’expérience quotidienne et les priorités politiques.
  9. La dépendance des habitants du monde entier envers le système de production des biens, notamment due à la généralisation du mode de vie urbain, n’a jamais été aussi totale. Cette situation conduit à ce paradoxe, diversement mais également souligné par l’homme politique et par le penseur : elle favorise l’émergence de l’individualisme. Plus l’individu est dépendant d’un système lointain quant à ses capacités de survie, de déplacement, de nourriture symbolique et culturel, plus il a le sentiment de posséder une intériorité autonome et un intérêt personnel. La dépendance envers le système techno-économique l’émancipe de son environnement humain immédiat.
  10. Cet individualisme a deux faces, l’une positive, l’augmentation d’une conscience autonome possiblement réflexive (EP 111) due aussi à  l’élévation mondiale du niveau d’éducation, l’autre négative, voire nihiliste. La mise en compétition généralisée et la marchandisation des êtres obligés de se vendre sur le « marché du travail » produit une « dissociation » des liens traditionnels (environnement humain, familial) et un mouvement brownien nihiliste d’individualisme égoïste (« le chacun pour soi, la guerre de tous contre chacun » EP 112) que Jacques Généreux nomme la « dissociété » (EP 112 et 134). Ce constat conduit Edgar Morin à penser une nécessaire « réforme de vie » morale fondée sur la convivialité, la solidarité, l’auto-examen. Jean-Luc Mélenchon insiste dans un chapitre original sur l’enjeu psychique et politique que représente la réappropriation du temps contre la tyrannie de l’accélération affolante et la multiplication chronophage de la dépendance envers la technique.
  11. Les réflexions les plus originales de Jean-Luc Mélenchon concernent les possibles modalités nouvelles de la conscience politique et des actions possibles dans un tel contexte d’individualisme « globalitaire ». Le caractère lointain des centres de décision techno-économique et politique tend à produire une indifférence sociale et une perte du sentiment démocratique, que les oligarchies favorisent consciemment : apparemment « la ségrégation spatiale » rend la foule des grandes villes « inapte à être un acteur collectif de l’histoire » (EP 115) et la relègue dans une passivation consentante. Cependant cette inertie et cette dissociation peuvent se retourner en « conscience collective » selon un processus qui n’est pas sans rappeler fortement la description sartrienne de la constitution du « groupe » dans La Critique de la raison dialectique : des individus attendent le bus, et se sentent noyés dans une indifférenciation « sans signification » (les petits pois dans une boite, pour reprendre l’image sartrienne). Mais un incident survient, retard anormal du bus ou tout autre micro-évènement rendant visible le caractère collectif de la dépendance à l’égard du système de transport : le sentiment du « groupe » est né. La protestation commune qui en résulte est le modèle des actions collectives spontanées qui ont pu déclencher des révolutions citoyennes ces dernières années : prix du ticket de bus au Vénézuela, augmentation du prix de l’eau et du gaz en Bolivie, réclamation de transports dignes et efficaces au Brésil, défense d’un jardin public à Istanbul (EP 117). La « révolution citoyenne » est imprévisible comme ces mouvements, elle est dépendante davantage de tels phénomènes de conscientisation que du militantisme traditionnel, dont il faut constater la crise.
 
III. Les points qui me paraissent problématiques dans le livre de Jean-Luc Mélenchon 
  1. L’expression reste parfois brutale, et il arrive qu’elle me heurte. Par exemple, l’attaque parait gratuite contre l’écologie politique constituée en parti : « la firme qui truste le label » (EP 14). Elle est désormais classique contre les « solfériniens » et François Hollande, mais paraît davantage justifiée par une politique qui ménage les oligarchies sur le fond aussi bien que sur la forme.  La bonne voie serait cependant de marquer fermement la volonté de fédérer dans le respect mutuel des militants de base écologistes et socialistes, ou d’autres sensibilités du mouvement ouvrier (anarchistes) ou plus nouvelles (féministes, LGBT), vers une recomposition-union « écosocialiste » à la gauche du Parti socialiste en déclin.
  2. Cependant cette brutalité a le mérite d’inclure et de reconduire vers la politique ceux qui la rejettent violemment : « la gauche et la droite, c’est pareil », disent-ils (EP  9). Question de priorité politique (de dosage) : fédérer les sensibilités diverses de la gauche est plus urgente ou s’adresser aux abstentionnistes. J’ai tendance à penser que l’urgence est de fédérer ce qui reste du camp de la « vraie » gauche, n’en déplaise à J.-L. Mélenchon récusant les « savantes explications pour discerner la vraie gauche de la fausse » (EP 31) : en effet, « la gauche peut mourir », fédérons d’abord ce qui reste de ses forces vives agissantes. Et arrêtons tout à fait de penser que tout le « peuple » est attiré par le FN : les chiffres montrent que le succès du FN résulte mécaniquement de la droitisation de l’électorat de droite (lequel a toujours été pour une bonne part un électorat ouvrier ou plus généralement encore, salarié). Soyons clair : il ne s’agit pas, en tout cas pas d’abord, de s’adresser à l’extrême-droite ou à ceux qui sont attirés par les thèses de l’extrême-droite, mais de reconstruire un discours fort à la gauche du PS : redéfinir la « vraie » gauche.
  3. Jean-Luc Mélenchon, comme il l’explique lui-même, est passé d’une phase où il s’agissait de trancher à une phase plus fédératrice. Encore un petit effort, camarade : il n’est pas sûr que la relégation du mot « gauche » soit à l’ordre du jour en France, contrairement à ce qui s’est passé en Amérique du Sud ou en Espagne. Substituer à la polarité parlementaire gauche-droite une opposition « citoyenne » entre « le peuple » et les oligarchies (EP 31) réactive des soupçons de « bonapartisme de gauche », auxquels il faut répondre. Certes, J.-L. Mélenchon s’appuie sur la phrase fameuse de Robespierre (p. 31 « Je suis du peuple etc. ») et la polarité d’origine parlementaire gauche-droite se rattache à la tradition révolutionnaire française dont il se réclame par ailleurs. Revendiquer le mot « gauche » aurait le mérite d’inscrire clairement la « révolution citoyenne » et la convocation de l’assemblée constituante dans la continuité politiques et historique de la tradition républicaine française, dont certes la mémoire se perd (cette perte de mémoire qui m’a fait écrire Les Rouges), mais qui demeure vivace en France, je le crois. D’autre part, on sent chez Jean-Luc Mélenchon une hésitation à quitter tout à fait les sentiers balisés de l’électoralisme social-démocrate (avec les écueils afférents de personnalisation) : mais sa pensée à cet égard est en avance sur son  sentiment (peut-être même sur ses intentions politiques).
  4. Certaines nuances demeurent entre les « voies » de pensée et d’action dégagées par E. Morin et celles proposées par le livre de Jean-Luc Mélenchon. Disons trop brièvement que l’universalisme dont se revendique l’homme politique paraît encore un peu trop abstrait. Les notions d’ « enveloppement » ou de « démondialisation » proposées par E. Morin demeurent à exploiter, ainsi que son insistance sur la nécessaire diversité humaine et la valorisation des cultures primitives ou anciennes, modulant l’occidentalo-centrisme de l’universalisme abstrait « républicain » compromis dans la colonisation, ou ses réflexions sur la nécessaire révolution cognitive pour penser l’articulation nouvelle du politique, du culturel (intellectuel) et du psychique : « Le développement, écrit Morin (LV 39-40) a secrété un sous-développement intellectuel, parce que la formation disciplinaire que nous, Occidentaux, recevons, nous apprenant à dissocier toute chose  nous a fait perdre l’aptitude à relier et, du coup, celle à penser les problèmes fondamentaux et globaux ».
  5. L’un et l’autre cependant pêchent à mon sens également par un optimisme  trop grand  concernant la rationalité universalisante. Optimisme sur les capacités heuristiques de l’autoexamen et la portée thérapeutique ou politique de la réflexivité pour Morin : j’avoue cependant que je partage cet optimisme, même si je me le reproche. Cela conduit le philosophe notamment à négliger la question des modalités pratiques de l’action politique et l’influence des institutions politiques.
  6. Chez Jean-Luc Mélenchon au contraire, l’optimisme heuristique débouche sur une surévaluation des méthodes de « l’éducation populaire » ; a contrario, son analyse des nouvelles modalités d’action politique révèle un manque de confiance dans le militantisme politique traditionnel (certes en crise), dans la structuration politique à la base. Et l’on retombe du coup, faute de « mouvements » spontanés urbains, à cause de ce chaînon manquant de l’enracinement politique, sur le risque d’un bonapartisme de gauche, dont J.-L. Mélenchon serait l’homme providentiel. Mais on sent que sa pensée est en évolution sur cette question, et une fois encore, en avance, peut-être sur ses intentions politiques (qui le portent à ne faire confiance qu’à lui-même) ; donnons-lui crédit d’ouvrir d’autres pistes d’action, notamment grâce au mouvement horizontal Pour la Vème République qu’il vient de lancer, et que j’appelle à rejoindre.  
  7. Cependant un mot encore sur ce risque de « bonapartisme de gauche » (ou de chavisme, si on préfère) : l’emploi du mot « planification » (EP 91) à propos de l’écologie politique (mot qui « fait peur » EP 91 en effet, puisqu’il est celui de la politique étatiste centraliste stalinienne ou gaullienne) laisse planer un doute, quant au rapport à l’Etat, et au type d’Etat (institution du commun) qu’il s’agit de défendre. Tout ceci reste à éclaircir par la délibération libre dans le Mouvement pour une VIème République.
  8. Je suis également sceptique sur une certaine tonalité « nationale » dans certains passages du livre, notamment celui-ci : la France « nation universaliste » ayant vocation à « s’étendre sans fin » « du point de vue des principes qui l’organisent et la régissent » (EP 80). Certes, la France, deuxième puissance du monde, du point de vue de l’étendue, compte-tenu de ses territoires maritimes, aurait intérêt à exploiter écologiquement les ressources de la mer (cela est intéressant). Mais cette arrogance un brin impérialiste, même purement intellectuelle (les principes politiques), me gêne – même si elle est formulée pour contrer la mélancolie décliniste ambiante.
  9. J’aurais tendance, quant à  moi, à tempérer cet optimisme rationaliste du philosophe et du politique par un intérêt marqué pour le pessimisme freudien d’un Georges Bataille (je mettrai en ligne dès parution ces jours-ci dans un ouvrage collectif de mon texte : « La Politique de Georges Bataille ») : la nécessaire mise en cause de l’opposition rationaliste foi/raison (politique et religion) est à mon sens bien plus radicale chez ce poète de la pensée que chez E. Morin, même si la clairvoyance du philosophe à cet égard est ce qui s’est formulé de plus intéressant sur cette question (notamment dans son livre Autocritique, sur lequel je reviendrai dans un autre texte). Jean-Luc Mélenchon, sur cette question, en reste souvent à de rassurantes et classiques ritournelles « laïques », mais son intérêt pour la théologie de la libération, sa « religion de l’humain », et sa réflexion personnelle sur les racines religieuses de son propre engagement (la foi de sa mère : voir une interview récente) laissent entrevoir des clairvoyances intéressantes à cet égard.
  10. Mais j’en viens à mes réticences les plus marquées : elles concernent le chapitre « Le retournement du monde ». Première nuance. J.-L. Mélenchon écrit : « L’histoire en cours est celle  de la lutte de l’oligarchie pour le pouvoir absolu. Parce qu’elle n’a pas le choix » (EP 67). Je ne conteste pas le fait, mais il est très nécessaire à mon sens d’écrire le mot oligarchie au pluriel. Ce singulier fait à mon sens commettre à Jean-Luc Mélenchon une erreur d’appréciation, sûrement due à sa lecture très latino-américaine des actuels changements de rapports de force mondiaux. L’analyse de l’émergence des BRICS est passionnante, et l’évènement que fut en août dernier leur décision de « commercer dans leurs monnaies nationales » (EP 72) parait en effet déterminante : elle signifie la fin de l’hégémonie économique du dollar, et donc la fin d’une globalisation « américaine », telle qu’elle s’est imposée après la Chute du Mur. Certes « l’empire américain » reste militairement dominant (quoique les avis paraissent à cet égard partagés), et on peut craindre que son déclin hégémonique (voire sa chute brutale, en effet envisageable) ne le conduise à provoquer une guerre généralisée, ou du moins un dangereux et instable jeu d’alliances dont on a déjà vu les effets dévastateurs. Certes le GMT, signe patent de sa volonté impérialiste intacte est un effet de sa réaction à son déclin et montre les risques engendrés par celui-ci. 
    Mais faut-il pour autant soutenir les initiatives des BRICS, notamment la proposition « faite par la Chine de créer une monnaie commune mondiale » (EP 71) ? Certes « nous sommes en opposition frontale avec les USA sur des points essentiels » (EP 77) touchant notamment aux droits de l’homme, à la démocratie, aux droits sociaux, à l’écologie. Mais partageons-nous davantage de valeurs avec les chinois, avec Poutine, avec l’Afrique du Sud ? Les visées impérialistes des chinois sont-elles moins dangereuses que les américaines ? N’y a-t-il pas des oligarques russes, chinois, sud-africains etc. qui dominent la politique de leurs pays en imposant les mêmes modèles financiers et politiques que les banksters US et avec lesquels nous ne partageons rien.
    Plusieurs faits me semblent (à vue de nez de citoyen moyennement informé) aller dans un autre sens que ceux cités précédemment. 
    La politique d’Obama n’a-t-elle pas deux axes : moindre implication militaire directe dans les conflits,  et détente avec l’Iran ? Certes, le désengagement américain tend à mettre en avant ses alliés, notamment l’Europe et la France : mais est-ce une politique « atlantiste » de la part des Français ou le signe d’une faiblesse américaine et l’émergence d’une multipolarité de fait, que personne ne pense ni ne domine ? D’autre part, d’après ce qu’il m’a semblé comprendre, l’Etat Islamique est financé par l’Arabie Saoudite, notamment pour récupérer un moyen de pression sur les Américains, précisément parce qu’Obama a pris ses distances avec cet Etat. Obama ne sera pas toujours président, et l’analyse de Jean-Luc Mélenchon sur  la dangerosité du déclin américain est complètement valable. Mais force est de constater que la politique d’Obama (on pourrait ajouter : moindre soutien à la politique belliciste d’Israël, même si c’est une affaire de nuances) n’est pas militairement ouvertement et directement offensive. D’autre part enfin, la puissance américaine n’a pas dit son dernier mot, peut-être (une découverte nouvelle en matière de maîtrise d’énergie, thermonucléaire par exemple, serait peut-être en mesure de changer au moins provisoirement la donne : ils y croient en tout cas).
    Bref, je ne suis pas sûr que le « non-alignement » des BRICS, même s’il offre des marges d’action sur le plan international (en offre-t-il sur ces questions essentielles que sont les questions écologiques ou sociales ?) et ouvre des contradictions entre oligarchies peut-être exploitables, soit, en définitive, par défaut d’émergence d’organismes internationaux véritablement régulateurs dans le sens d’une « politique de civilisation », plus défendable que l’ex-Bloc soviétique. Dialectique subtile à doser : jouer des contradictions d’accord, refuser le chantage à la guerre (à propos de l’Ukraine par exemple), mais il n’est pas question, il me semble, de choisir un bloc contre un autre. On ne va quand même pas se refaire le coup du « grand frère soviétique » : la justification politique de ce choix politique géostratégique serait encore plus faible, c’est peu dire, et certaines affirmations de Jean-Luc Mélenchon me paraissent ambigües à ce sujet.
     
Je finirai par une remarque à l’égard de mes amis « intellectuels » (qui font profession d’enseigner, de lire et d’écrire). Retrouvons le goût du dialogue avec les politiques : prenons-les au sérieux, et résistons à la spécialisation des savoirs dénoncée par Michel Foucault dans L’Ordre du discours. L’intellectuel, pour « spécifique » que son humilité lui commande d’être, doit sortir de la tour d’ivoire de l’ « expertise », certes pas pour reconduire les erreurs passées de l’universalisme abstrait, mais pour enrichir de nos nuances argumentées la vision du monde généraliste que ne doit pas manquer de chercher à préciser tout citoyen qui se respecte. Il est donc très nécessaire de discuter avec les hommes politiques, lorsqu’ils font l’effort, comme c’est le cas ici, de penser.
 

 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 05:24
COMMUNIQUE DU FRONT DE GAUCHE 

La manifestation nationale de soutien au mouvement des opposants à la destruction de la zone humide du Testet dans le Tarn a eu lieu samedi 25 octobre pour l'essentiel dans le calme. Mais des incidents graves et violents ont eu lieu tard dans la nuit du 25 au 26 octobre entre les gendarmes mobiles et les opposants au projet du barrage. Suite à ces incidents, un jeune homme de 21 ans, Rémi Fraisse est décédé. Nous présentons toutes nos condoléances à la famille et aux proches de Rémi Fraisse.

Nous savons maintenant de source officielle que sa mort a été causée par une grenade offensive tirée visiblement dans le dos. La mort de ce jeune homme n’est donc pas un accident. La responsabilité en revient d'abord à à tous ceux qui s'obstinent depuis des mois à imposer un grand projet inutile remettant en cause la bio diversité, bafouant la démocratie et la mobilisation citoyenne. Elle est aussi celle d’un gouvernement, et en premier lieu des ministres de l’Intérieur successifs, qui ont choisi la répression brutale, celle-ci s’aggravant même ces dernières semaines. L’utilisation de grenades offensives pour réprimer des mouvements citoyens, que le ministre de l’Intérieur a été obligé maintenant d’interdire, est d’une extrême gravité dans un pays démocratique. Elle interpelle l’ensemble des forces attachées à la liberté de manifestation et plus globalement à l’existence d’un Etat de droit. Cette situation ne peut rester sans réaction et le Front de gauche se prononce pour une large réaction démocratique unitaire.

bandeau Front De Gauche

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 05:01

Les extrémistes, est-ce vraiment ceux qui défendent notre terre commune contre l'agro-business?

Cette déclaration de Xavier Beulin au moment de la mort de Rémi Fraisse témoigne non seulement d'un manque d'empathie, mais illustre surtout un ancrage dans la droite dure du président de la FNSEA, fermé à toute considération d'intérêt général autre qu'économique.  


La FNSEA dénonce au sujet du barrage de Sivens, les "djihadistes verts" d'un mouvement "bien organisé".

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé aujourd'hui que l'opposition au barrage de Sivens (Tarn) avait généré "des djihadistes verts" et que ce qui est "présenté comme un mouvement pacifique est extrêmement bien organisé".

"L'équilibre démocratique est menacé aujourd'hui", a ajouté lors d'une rencontre avec la presse le responsable du syndicat agricole pour qui "quand une décision est prise, on l'exécute, sinon ce n'est plus une démocratie digne de ce nom".

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles s'exprime alors dans un contexte de vives polémiques autour du projet, en raison de la mort d'un manifestant Rémi Fraisse dans la nuit de samedi à dimanche.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/29/97001-20141029FILWWW00257-sivens-la-fnsea-denonce-des-djihadistes-verts.php

 

A lire aussi, article de Médiapart: 

Le projet du barrage de Sivens se révèle être un savant mélange de conflits d’intérêts, d’alliances politiciennes et d’agrobusiness. Un précédent barrage, celui de Fourogue, promu par le conseil général du Tarn, illustre toutes les dérives de cette gestion locale. Les travaux du barrage sur la zone du Testet sont suspendus et Ségolène Royal, sortie de son silence, a convoqué une réunion mardi prochain.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 07:27

Qui a dit que la France était encore une démocratie? 

 

Alors que la commission européenne s’apprête à rendre son avis sur le projet de budget 2015, actuellement en discussion à l'Assemblée nationale, le gouvernement annonce des économies supplémentaires de 3,6 milliards d'euros.

Ne tenant aucunement compte des alertes des parlementaires de toutes les sensibilités de gauche sur les conséquences dramatiques des 21 milliards d'euros d'économies déjà programmés dans le budget, Hollande et Valls anticipent les nouvelles exigences de Bruxelles. Le parlement est une nouvelle fois traité avec un grand mépris. Alors que l'exécutif disait encore il y a quelques jours que la France n'avait rien à craindre, qu'elle " fait ce qu'elle avait à faire", voilà qu'il annonce ce qui ne devait en aucun cas se produire ! Une fois de plus la parole publique prend les allures d'une vaste tromperie.

 

Tout cela en dit long sur le vent de panique qui souffle dans les couloirs de l'Elysée, Matignon et Bercy.
En échec sur l'emploi, la croissance et le déficit, Hollande et Valls ajoutent à ce bilan apocalyptique une totale soumission aux exigences qui viennent de Bruxelles, ou d'un patronat déterminé à attaquer plus encore le marché du travail.

Comment, avec une telle actualité, accepter de voter demain le PLFSS ? Il faut stopper Valls et prendre un autre chemin.

 

logo

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 07:23

Le procureur de la République d'Albi vient de déclarer que la mort de Rémi Fraisse a été provoquée par "un explosif militaire de type grenade offensive ». Les premiers témoignages sont donc confirmés, c'est bel et bien un tir des forces de gendarmerie qui est à l'origine du décès d'un jeune homme de 21 ans, ni armé, ni cagoulé, dont le seul bagage était un BTS, des convictions et une passion pour les plantes et les fleurs. La justice devra faire toute la lumière sur les circonstances de cette tragédie. La jeunesse de notre pays a bien des choses à exprimer, à crier et à dénoncer. Le travail républicain des forces de l'ordre n’est-il pas, en priorité, de les protéger ? Avec des grenades offensives ? Cette réalité est totalement insupportable. 

 Sans attendre les résultats de l'enquête administrative, le ministre de l'Intérieur vient de demander la suspension de l'utilisation de ces projectiles de gendarmerie. C'est bien le moins qu'il pouvait faire. Il faut davantage en saisissant le Parlement, en abordant toutes les questions sur le type d'intervention des forces de l'ordre en de tels moments, en essayant de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à un tel niveau de tension à Sivens ? Comment permettre à des citoyens qui défendent des idées et des valeurs, se rassemblent et s'opposent à des projets jugés inutiles, de ne pas se sentir criminalisés et menacés ? 

 

François Hollande et le gouvernement ne semblent toujours pas, ce soir, avoir pris la juste mesure de ce qui vient de se passer. La République se manque a elle-même, quand, dans de telles circonstances, ses plus hauts représentants ont des paroles qui tardent et des décisions qui paraissent bien trop faibles.

 

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF


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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 07:36

Ensemble Finistère ! (Membre du Front de Gauche)

Mouvement pour une Alternative de Gauche, Ecologiste et Solidaire

Déclaration de Ensemble !

Mort en s'opposant à un projet inutile

La manifestation nationale de soutien au mouvement des opposants à la destruction de la zone humide du Testet dans le Tarn a eu lieu samedi 25 octobre pour l'essentiel dans le calme. Mais des incidents graves et violents, opposant gendarmes mobiles et opposants au projet du barrage ont eu lieu tard dans la nuit du 25 au 26 octobre.

 

Suite à ces incidents, un jeune homme de 21 ans, Rémi Fraisse est décédé.

 

La mort de ce jeune homme n'est pas un accident, elle est imputable à tous ceux qui s'obstinent depuis des mois à imposer par la violence, un grand projet inutile bafouant la démocratie, la mobilisation citoyenne, le respect de la biodiversité.

 

La répression est brutale depuis le début du conflit, s'accélérant ces dernières semaines. Des dirigeants politiques,des élus, avec l'aide des pouvoirs administratifs publics, refusent même tout débat démocratique et ne respectent pas les décisions de justice.

 

Le drame de samedi devrait les faire réfléchir : un jeune homme de 21 ans est mort à cause d'un grand projet inutile (la destruction d'une zone humide pour construire un barrage dévolu à la culture industrielle du maïs!).

 

En attendant les conclusions de l'enquête sur le décès, Ensemble (Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologiste et Solidaire, membre du Front de Gauche) condamne les actes répressifs des forces de l'ordre qui ont causé la mort de Rémi et s'associe à tous les hommages qui lui sont et lui seront rendus.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 07:24

Pour les informations, le site est en marche et en   train d’être alimenté : www.collectif3a.org.

 

COMMUNIQUE DE  PRESSE

Appel des 250 à la journée nationale de manifestations du 15 novembre

C‘est ce lundi 27 octobre qu’a été lancé à la Bourse du travail de la République (Paris) un appel unitaire à manifester le samedi 15 novembre à Paris et dans les grandes villes de France dont les mots d’ordre sont les suivants :

·      Pour dire non au budget d’austérité du gouvernement VALLS et appeler à ce qu’il soit rejeté !

                Pour dire non aux exigences du Medef !

                Pour rassembler et construire une alternative à la politique actuelle !

Cet appel, initié par le collectif Alternative à l’Austérité (3A), est lancé par 250 premiers signataires issus du monde syndical, associatif, politique ainsi que diverses personnalités.

 

Le collectif 3A est composé de syndicats, associations, partis politiques. Il est la poursuite du collectif unitaire crée pour préparer la marche nationale du 12 avril 2014 contre l’austérité qui avait réuni 100 000 personnes. Il a organisé le 21 juin 2014 des rencontres pour « Sortir de l’austérité, combattre les inégalités, réinventer la démocratie ». 

 Ces premiers signataires  illustrent une grande diversité syndicale en terme d’organisations (issus de la CGT, Solidaires, FO, FSU et de syndicats de magistrats), de secteurs (du public comme du privé) et géographique. On trouve également des signataires responsables d’associations agissant dans les domaines de la précarité, du chômage, du logement, de l’altermondialisme, du féminisme, de la défense du service public, des droits LGBT, Economie sociale et solidaire. Enfin du côté politique se retrouvent les premiers responsables et élus des partis ou courants qui refusent la politique du gouvernement : tous les composantes du FDG (PCF, PG, Ensemble, GU, PCOF, R&S), NPA, Nouvelle Donne, EELV, MJS et du club des socialistes affligés.

L’appel est ouvert à signature sur le site www.collectif3a.org.

 La manifestation parisienne partira à 14 heures de Denfert-Rochereau pour se rendre vers l’assemblée nationale.



   
Appel à manifester contre le "budget d'austérité" le 15 novembre
 

    
Paris, 27 oct 2014 (AFP) - Le collectif Alternative à l'austérité (3A) composé de partis politiques, de syndicats et d'associations appelle à manifester le 15 novembre à Paris pour "dire non au budget d'austérité du gouvernement Valls et réclamer qu'il soit rejeté".

   "Ceux qui gouvernent n'ont aucune idée de ce que l'austérité fait subir comme galère", a déclaré lors d'une conférence de presse de présentation de la
 manifestation Willy Pelletier, de la fondation Copernic, qui dénonce "une nouvelle noblesse d'État qui foule du pied ce pour quoi elle a été élue".

   "A partir du moment où l'Assemblée nationale n'a pas été capable de bloquer la politique du gouvernement, c'est au peuple de le faire", a renchéri Éric
 Coquerel du Parti de gauche, "il faut une mobilisation très forte pour faire en sorte de faire dérailler la locomotive de Manuel Valls".

   L'appel à manifester a été signé notamment par le parti de gauche (PG), le PCF, le NPA, Nouvelle Donne, Ensemble, Gauche unitaire, plusieurs membres
> d'EÉLV, des responsables d'associations féministes, de lutte contre le chômage, des syndicalistes de la CGT, Solidaires, FO, FSU....

   Cet appel se fait dans la lignée de la manifestation contre l'austérité du 12 avril qui avait réuni plusieurs milliers de personnes à Paris.

   "C'est la contestation du peuple de gauche qui pense que ce gouvernement fait une politique de droite", selon Olivier Besancenot du nouveau parti anticapitaliste (NPA). "C'est une vraie bagarre politique qu'on souhaite mener jusqu'au bout, c'est-à-dire faire tomber le budget", a-t-il ajouté estimant que "la vraie fronde aura lieu dans la rue".

   "Dans ce moment de crise, il n'y a pas de solution s'il n'y a pas de mobilisation populaire", a renchéri Clémentine Autain pour Ensemble, composante du Front de gauche, déplorant l'absence de couverture médiatique pour annoncer la manifestation.
    "Nous sommes nombreux à avoir honte qu'un gouvernement mène au nom de la gauche une politique qui rende plus difficile la vie à un très grand nombre de gens. Le budget doit tomber, le gouvernement doit cesser", a-t-elle dit.

   "Ce gouvernement nous amène droit dans la crise et dans un face-à-face entre la droite et le FN", selon Jérôme Gleizes, qui fait partie de "la dizaine" de signataires d'Europe Écologie-Les Verts (EÉLV).

Collectif unitaire 3A Alternative A l'Austérité

  
Site : www.collectif3a.org - contact@collectif3a.org

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 06:39

Déclaration choc de l'ancien ministre de l'Éducation nationale. Dans un entretien accordé le mercredi 22 octobre à RFI, Benoît Hamon a estimé que la politique actuelle du gouvernement "menace la République" et mène vers un "immense désastre démocratique". 

Selon lui, l'action de François Hollande et de son Premier ministre Manuel Valls "réduit les capacités d'intervention de la puissance publique". 
"Et la menace de la République, c'est la préparation tout droit, comme on s'y prépare pour 2017, d'un immense désastre démocratique", soit "non seulement l'arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen sans coup férir, mais en plus la menace que demain, elle dirige le pays". 

 

benoit-Hamon.jpg

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 06:30

valls 0

 

Actuellement 80% des contrats signés sont en CDD...

Le premier ministre Valls trouve que cela relève, non les dangers du contrat précaire, mais les privilèges des salariés en CDI, "très protégés"... trop protégés.

Après avoir limité le caractère protecteur du CDI avec l'ANI, le gouvernement de François Hollande voudrait désormais carrément le supprimer et créer un contrat unique n'ayant évidemment pas le même caractère sécurisant pour le salarié que le CDI.  

"La vie, la santé, l'amour sont précaires, et vous voudriez que le travail ne le soit pas", avait dit il y a quelques années la très cynique Laurence Parisot.

Manuel Valls a suivi son conseil: calquons les relations en entreprises sur la brutalité du monde de la nature où les gros mangent les petits.  

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 13:00

source: ACTEURS PUBLICS

Les syndicats de fonctionnaires interpellent François Hollande
http://www.acteurspublics.com/2014/10/23/les-syndicats-de-fonctionnaires-interpellent-francois-hollande

gattazhollande

Quatre syndicats de la fonction publique (FSU, CGT, Solidaires et FA-FP) font part de leur colère à François Hollande dans une lettre ouverte rendue publique le 23 octobre. Ils dénoncent une politique aux “conséquences néfastes” pour le service public et les agents et appellent à une mobilisation le 18 novembre devant l’Assemblée nationale.

Selon les organisations syndicales, les fonctionnaires n’en peuvent plus. Alors que les négociations s’engagent avec le ministère de la Fonction publique sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations des agents [lire notre article], le message des syndicats est cette fois directement adressé au président de la République. Les syndicats appellent par à ailleurs à un rassemblement le 18 novembre "devant l’Assemblée nationale et partout sur le territoire".

Dans une lettre ouverte adressée à l’Élysée et datée du jeudi 23 octobre, la CGT, la FSU, la FA-FP et Solidaires mettent en garde François Hollande contre des réformes ayant “pour objectif central la recherche de réduction des coûts” [cliquez ici pour accéder à la lettre]. “Les inquiétudes sont grandes face aux projets en cours : réforme de l’État, revue des missions publiques, réorganisation territoriale, projet de loi de santé”, citent les syndicats.

1 million de smicards

Aujourd’hui, plus d’un million d’agents vivent avec des revenus équivalents au Smic, voire en dessous pour celles et ceux qui sont à temps partiel imposé”, soulignent-ils alors que Manuel Valls a confirmé le gel de la valeur du point d’indice jusqu’en 2017. “Comment accepter que cette valeur ait décroché de l’inflation de 14 % depuis le 1er janvier 2000 ?” martèlent les organisations syndicales.

Si elles saluent la priorité accordée à l’éducation, la sécurité et la justice, “nous ne pouvons admettre que ce renforcement se fasse au détriment de tous les autres secteurs”, écrivent-elles, dénonçant les conséquences en termes de “perte de repères quant aux missions”, de “souffrance au travail” et de “désorganisation des services”. Et de pointer du doigt l’objectif de 50 milliards d’euros d’économies et les aides aux entreprises qui, selon elles, “ne produisent aucunement les résultats nécessaires”.

Pour une autre fiscalité

De peur de passer pour des défenseurs invétérés du statu quo, les représentants des fonctionnaires ne nient pas la nécessité de réforme. “S’il y a bien un secteur qui, au fil du temps, s’est fortement modernisé, adapté, c’est celui des services publics, afin de toujours répondre mieux aux besoins de la population”, estiment-ils.

Conscients des contraintes économiques et du manque de financements pour maintenir le modèle social français, ils en appellent à “une véritable réforme fiscale basée sur davantage de justice sociale, symbolisée par l’impôt progressif sur le revenu”. Ils rappellent également l’impératif de lutte contre la fraude fiscale, estimée à 60 milliards d’euros par la Cour des comptes.

Alors que les débats font rage au sein de la majorité sur la “bonne” politique à mener et que des élections professionnelles auront lieu dans quelques semaines dans les trois fonctions publiques, cette lettre résonne comme un ultime cri d’alerte des syndicats.   

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