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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 12:13

Financement de la sécurité sociale pour 2017

Le droit à la santé est fortement remis en cause par les choix politiques du gouvernement

 

 

mercredi 16 novembre 2016

 

Intervention de Laurence Cohen, Sénatrice du Val-de-Marne (groupe CRC au Sénat) dans le débat du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 :

"Nous abordons donc le dernier Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale de ce quinquennat, et le dernier avant les prochaines élections sénatoriales. Ce PLFSS a été adopté, à l’Assemblée nationale, avec une courte majorité, faut-il le souligner ici ?
Qu’il nous semble loin le temps où en 2011, nous étions parvenus à voter des amendements communs de la gauche, pour proposer de nouvelles recettes au PLFSS 2012.

Vous vous félicitez, Madame la Ministre, d’avoir sauvé la Sécu et vous refusez d’entendre que ce redressement se fait au prix d’une réduction drastique des dépenses de santé.

Je suis attachée, comme tout parlementaire, à une bonne utilisation des fonds publics, mais ici la question qui nous est posée est le respect d’un droit fondamental, le droit à la santé pour toutes et tous. Or, il est fortement remis en cause par les choix politiques que vous défendez. Et puis, nous ne partageons pas la vision tronquée et optimiste de ce sauvetage… 
Tronquée, car, comme cela a déjà été signalé, vous omettez de prendre en compte le fonds de solidarité vieillesse (FSV) dans vos calculs, pour affirmer que le déficit ne sera que de 400 M€. Or, le déficit du FSV est, lui, de près de 4 milliards d’euros.

Optimiste, car comme l’a souligné le Haut Conseil aux finances publiques, les prévisions de croissance sur lesquelles reposent votre équilibre financier sont jugées peu réalistes. Lors de votre audition en commission, vous nous avez expliqué, je cite : « ’l’équilibre de la sécurité sociale n’est pas l’ennemi des droits sociaux. »’ Certes ! Et vous m’avez personnellement répondu que vous étiez parvenue à mettre en place la prise en charge à 100 % de l’IVG et de la contraception pour les mineures, que vous aviez développé le dépistage de certains cancers ou bien encore mis en place la généralisation du tiers payant. Je ne conteste absolument pas que ces mesures ouvrent effectivement des droits nouveaux, mais il me semble que les 4 milliards d’économies attendus sur la branche maladie pour 2017 ne sont guère facteurs ou facilitateurs de droits sociaux. Non seulement, je soutiens ces mesures, comme d’autres avancées contenues dans ce PLFSS, mais faut-il le souligner ici, nous nous sommes mobilisés en leur faveur. Le problème, Madame la Ministre, c’est que pour parvenir à un budget en pseudo équilibre, vous demandez toujours aux mêmes de faire des sacrifices : les assurés sociaux, les patients, les personnels de santé. ce PLFSS 2017.

Car que vous l’admettiez ou non, c’est bien eux directement qui en subiront les conséquences, et tout ceci, pendant que des milliards d’euros sont consacrés au CICE, au CIR dont on ne peut que questionner la pertinence, comme l’ont très bien fait, récemment, mes deux collègues Brigitte Gonthier-Maurin et Marie-France Beaufils dans des rapports sénatoriaux.

D’une manière générale, vous n’avez eu de cesse durant ce quinquennat, et cela est peut-être encore plus emblématique dans ce PLFSS, d’obéir aux exigences de rigueur budgétaire et d’austérité imposées par Bruxelles. Dans ce contexte, comment prétendre que l’accès à la santé est aujourd’hui meilleur qu’en 2012 ? Comment continuer à nier que le renoncement aux soins, pour raisons financières, ou bien par manque de professionnels, est toujours aussi inquiétant ? 
Madame la Ministre, pouvez-vous considérer que l’action du gouvernement, pendant 5 ans, a porté ses fruits pour réduire les inégalités territoriales de santé ou pour améliorer la prise en charge au sein des urgences, qui sont au bord de l’explosion, ou bien encore pour permettre aux médecins de ville de faire face à une surcharge de consultations ?"
... LIRE LA SUITE

Le groupe s’opposera au projet de loi Sécurité Sociale Santé. 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 05:40
Takieddine: «J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sarkozy»
 PAR FABRICE ARFI, KARL LASKE ET NICOLAS VESCOVACCI

Dans un entretien filmé avec Mediapart, Ziad Takieddine, l’homme qui a introduit Nicolas Sarkozy auprès de Mouammar Kadhafi, avoue avoir apporté au ministère de l’intérieur, fin 2006 et début 2007, plusieurs valises d’argent liquide préparées par le régime libyen, pour un montant total de 5 millions d’euros. « J’ai découvert des choses qui ne méritent plus d’être cachées », déclare-t-il, en annonçant son intention de « raconter exactement les faits à la justice ».

 

Il mime la scène en même temps qu’il parle : « C’est une valise comme ça. Ça souvre comme ça. Et largent est dedans. » Ziad Takieddine, l’intermédiaire qui a introduit Nicolas Sarkozy auprès de Mouammar Kadhafi dès 2005, révèle pour la première fois dans un entretien filmé avec Mediapart et l'agence Premières Lignes qu’il a personnellement remis à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy, fin 2006 et début 2007, plusieurs valises contenant de l’argent liquide préparées par le régime libyen, pour un montant total de 5 millions d’euros.

Ce témoignage en forme d’aveu a été recueilli une première fois le 18 octobre, puis enregistré face caméra samedi 12 novembre, chez lui à Paris. Ziad Takieddine décrit avec précision la livraison des valises d’argent libyen au ministère de l’intérieur, place Beauvau. Il déclare les avoir remises à deux reprises à Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre, dans son bureau, puis une troisième fois, en janvier 2007, à Nicolas Sarkozy en personne, dans l’appartement privé du ministre de l’intérieur.

« Jai découvert des choses qui ne méritent plus dêtre cachées », déclare Ziad Takieddine, qui se dit « libre de parole » et prêt à témoigner devant la justice pour« raconter exactement les faits de lintérieur ». « Je veux dénoncer l’État mafieux dans lequel on est en train de vivre. Je nen peux plus », déclare-t-il, évoquant ce qu’il a « vu depuis 1993 jusquà aujourd’hui ».

Lors de l’enquête sur l’affaire Karachi et les ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie saoudite entre 1993 et 1995, Takieddine, qui servait de go-between aux politiques et industriels français, avait déjà avoué aux juges avoir remis des fonds au clan Balladur dans la perspective de la présidentielle de 1995. Renaud Donnedieu de Vabres, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire – collaborateurs respectifs des ministres François Léotard et Nicolas Sarkozy et du premier ministre Édouard Balladur – ont d’ailleurs été renvoyés devant le tribunal correctionnel par la justice dans ce dossier, qui a été dépaysé à Lyon.

Dans l’affaire libyenne, Ziad Takieddine a, dès l’origine, servi d’introducteur à Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’intérieur, en préparant sa première visite à Tripoli et sa rencontre initiale avec Mouammar Kadhafi, en octobre 2005. À raison d’un ou deux voyages en Libye par mois à compter de cette date, il s’est chargé de la signature de nombreux contrats sécuritaires ou pétroliers, en concertation permanente avec Claude Guéant, comme l’ont montré des documents déjà publiés par Mediapart.

Les valises d’argent que Ziad Takieddine s’accuse d’avoir transportées à Paris lui auraient été remises à Tripoli par l’un des chefs des services secrets libyens, Abdallah Senoussi, un proche de Mouammar Kadhafi dont il était le beau-frère par alliance.

Le 9 mai 2012, Takieddine avait déjà déclaré aux juges « tout à fait crédibles » les« informations révélées par la presse au sujet du financement de la campagne de M. Nicolas Sarkozy de 2007 à hauteur de 50 millions d’euros ». Un an plus tard, le 18 décembre 2013, il avait expliqué sur procès-verbal qu’à l’issue de la première visite de Nicolas Sarkozy, en 2005 à Tripoli, Abdallah Senoussi lui avait fait part de l'appétit financier de Nicolas Sarkozy dans la perspective de l'élection de 2007.

Un an plus tôt, en 2006, lorsque les Libyens demandent à Ziad Takieddine d’opérer des remises d’espèces à Paris, c’est sous couvert de l’activité des services spéciaux libyens, que supervise Abdallah Senoussi, raconte aujourd'hui l’homme d’affaires franco-libanais.

« Mon commentaire est simple, a réagi Claude Guéant, sollicité par Mediapart. Je n’ai jamais reçu d’espèces du gouvernement libyen, non plus de quiconque d’autre du reste. Je n’en ai pas davantage vu passer. Le prétendre est mensonger et diffamatoire. »Contacté, l’entourage de Nicolas Sarkozy n’a pas voulu réagir.

Les faits avoués aujourd’hui par Takieddine avaient déjà été évoqués par Abdallah Senoussi dans le cadre d’une procédure secrète devant la Cour pénale internationale (CPI), dont Mediapart a révélé la teneur le 7 novembre dernier. Or, Takieddine avait confié exactement le même récit au journaliste Nicolas Vescovacci (lire notre Boîte noire), quelques jours plus tôt, le 18 octobre, à une date où l’intermédiaire ne pouvait pas connaître matériellement l’existence du PV de Senoussi devant la CPI.

Lors de son audition devant la CPI le 20 septembre 2012 (récemment transmise aux juges français), l’ancien dignitaire libyen affirmait avoir « personnellement supervisé le transfert » d’une somme de 5 millions d'euros, « pour la campagne du président français Nicolas Sarkozy en 2006-2007 ». Il précisait que ce transfert avait été réalisé « via un intermédiaire français, en la personne du directeur de cabinet du ministre de l’intérieur »et « un second intermédiaire, le nommé Takieddine, un Français d’origine libanaise installé en France ».

« À ce propos, je dois préciser que Sarkozy m’a, en personne, demandé déviter que Saïf Kadhafi ou Bachir Saleh ne soient mis au courant, avait ajouté Senoussi. Et jusquà la livraison de la somme, rien na en tout cas filtré. Mais je confirme que cette somme a bien été réceptionnée par Sarkozy. » C’est donc ce récit que Ziad Takieddine confirme désormais, au risque de s’auto-incriminer devant la justice.

« C’est une valise avec un zip en cuir marron »

Abdallah Senoussi était, côté libyen, l’un des artisans du rapprochement Kadhafi-Sarkozy. Il espérait que la France pourrait l’amnistier, ou en tout cas revenir sur la condamnation à perpétuité prononcée contre lui à Paris, en 1999, dans l’affaire de l’attentat contre le DC-10 d’UTA. Nicolas Sarkozy et son équipe en avaient non seulement accepté le principe, mais ils avaient confié le dossier à Thierry Herzog, l’avocat personnel du ministre devenu président, comme Mediapart en avait apporté la preuve ici.

Les listings des déplacements de Ziad Takieddine, désormais entre les mains de la justice, confirment ses nombreux allers et retours Paris-Tripoli entre novembre 2006 et janvier 2007 : les 16-17 et 27 novembre 2006, le 6 décembre 2006, les 15 et 26-28 janvier 2007. Sous réserve des vérifications que ne manqueront pas de faire les enquêteurs, ces voyages rendent matériellement possibles les transferts de fonds évoqués par Takieddine.

  • LA PREMIÈRE VALISE
  • La première remise d'espèces remonterait à novembre 2006. C’est Abdallah Senoussi qui aurait demandé à Takieddine d’opérer ces versements d’argent.

    « Un jour, M. Senoussi me demande si je peux être celui qui transporte ces sommes à Claude Guéant, de lintérieur. À ce moment-là, je dis “si cest bon, cest bon”. Mais comment faire rentrer ça en France? Il me dit : “Le ministère de lintérieur sera informé et donc tu rentres, il ny a pas de problème” », raconte Takieddine. La première fois, c’est Hameda Senoussi, le frère d’Abdallah, qui se présente avec l’argent en espèces. Abdallah Senoussi explique à Takieddine : « Voilà, il tamène une valise pour que tu la ramènes en France demain à Monsieur Guéant. »

     

     

  • Cette valise contient à peu près 1,5 million d'euros « en billets de cinq cents », et« quelques liasses de deux cents ». Des billets « totalement neufs ! », selon Takieddine.

    L’intermédiaire a ouvert la valise et regardé ce qu'il y avait à l'intérieur. « Je nai pas compté, jai ouvert et jai vu, précise-t-il. Je me suis fait un plan dans ma tête pour savoir ce que jallais mettre dessus pour cacher, si javais de la place. Il [Senoussi] me dit : “Ne vous inquiétez pas, de toute manière les services sont prévenus… Vous rentrez avec, vous le livrez à M. Guéant et vous nous confirmez quand cest reçu !” »

    L’intermédiaire est conduit à l'aéroport de Tripoli par l'officier de sécurité d’Abdallah Senoussi qui reste avec lui jusqu'à l’embarquement. Il prend un vol Tripoli-Paris « des plus classiques et normaux », le vol quotidien affrété par la compagnie Afriqiyah Airways. Il arrive à Paris. Son chauffeur l’attend à l’aéroport. Il passe les contrôles sa valise à la main, « comme nimporte quel passager ».

    Les Libyens l’ont assuré qu’il passerait la frontière sans problème : « Tout le monde est avisé. Ils vous attendent. Donc je leur fais confiance. Jai confiance en Senoussi. »

    « Dans ma voiture, je téléphone à M. Guéant, poursuit Takieddine, et je lui donne rendez-vous immédiatement. » Il est reçu immédiatement. Il se rend place Beauvau, au ministère de l'intérieur.

    « Et je sors de la voiture avec la valise. Et je rentre par la porte principale. Je donne mon nom. Je sais que je suis attendu. Je rentre directement. On maccompagne chez Monsieur Guéant. » L’intermédiaire a sa valise à la main. « C’est une valise avec un zip en cuir marron. C'est un grand sac marron. »

    Ziad Takieddine connaît les lieux. « Je rentre, explique-t-il. Vous allez en face vous avez les escaliers principaux où vous avez le grand bâtiment. Et le bâtiment collé et une autre entrée à droite. Au premier étage, cest le bureau de Monsieur Guéant. »

  •  

    Il fait son entrée dans le bureau du directeur de cabinet. « Il sort de derrière son bureau,poursuit Takieddine. On parle un tout petit peu. Il voit où jai laissé la valise. Et voilà. »Guéant « sattendait » à cette remise, d’autant qu’elle s’effectue sans commentaire si l’on en croit l’intermédiaire.

    Takieddine laisse la valise dans le bureau : « À côté de l'armoire là, je la laisse, dit-il. À lui de se débrouiller. Je nai pas à savoir où il va la mettre… » Claude Guéant ne l'ouvre pas devant son visiteur. Aussitôt la valise déposée, Takieddine ne songe qu’à « partir, fuir… ». « Ça ne mintéresse pas du tout. Je sors, je monte dans ma voiture. Et je suis allé déjeuner. Et voilà. »

    • LA DEUXIÈME VALISE

    Le deuxième voyage s’effectue sur le même mode. Mais chez Abdallah Senoussi, l’intermédiaire constate que tout est prêt. « Cétait la même valise. Et moi dailleurs jai dit : “Est-ce que vous avez des valises destinées à ce genre… parce que cétait la même !” »

    Cette fois, l’intermédiaire évalue son contenu à deux millions d’euros. À l’arrivée à l’aéroport, il appelle encore Claude Guéant. « Javais un numéro de téléphone sur lequel il me répondait tout le temps. [C’est] un numéro de téléphone quil a conservé jusquà la présidence et après… où il mavait promis de ne jamais le changer pour moi… »

    « J’ai transporté un total de 5 millions d’euros »

    À l’arrivée au ministère, il y a un léger changement : « Je devais me diriger vers M. Guéant et là on me dit qu’il faut quon me dirige ailleurs. Et là je vois M. Guéant qui nous amène chez M. Sarkozy. Qui est dans un bureau. Donc je dépose la valise, le truc… Guéant le prend. Et je vois Sarkozy et il me dit : “La prochaine fois vous venez chez moi direct !” »

    Claude Guéant laisse la valise dans son bureau. « Il nouvrait jamais la valise, pas devant moi en tout cas, dit Takieddine. Je ne sais pas ce quil en faisait après. Il la ramenait chez lui, il la montée dans un coffre. Je nen sais strictement rien. »

    L’intermédiaire s’est installé. Il a posé la valise là où il pouvait. Il a échangé quelques mots, « comme sil ny avait pas de valise », sur des dossiers en cours – c’est l’époque où Takieddine envoie de nombreuses notes à Guéant. « Et je men vais comme sil ny avait pas de valise », conclut-il.

    Ce jour-là, Takieddine ne s’attendait pas à voir le ministre. C’est en passant par un salon qu’il a vu Sarkozy sortir. « Il me dit “essayons de se voir la prochaine fois, passez directement chez moi” », précise Takieddine. C’est ce qu’il a fait la fois suivante.

    À chaque fois, Ziad Takieddine « rend compte » de son voyage à Abdallah Senoussi. « Et il pose des questions : “Comment ça sest passé ? Quest-ce quil a pris ? Est-ce quil les a comptés ?” »

    L’intermédiaire dit qu’il « sait très bien » qu’il a « transporté de cette manière un total de 5 millions deuros pour les échanges de services ».

    LA TROISIÈME VALISE

    Elle doit contenir 1,5 million. Mais « je nai compté ni là, ni là ! », assure-t-il.

    La dernière remise aurait eu lieu en janvier 2007. « Moi, jai pris le rendez-vous avec M. Guéant », poursuit l’intermédiaire. Mais cette fois, il se rend « directement en haut au premier étage », où il y a « un appartement ». L’appartement privé du ministre. C’est un endroit qu’il connaît parce qu’il y a déjà rencontré Nicolas Sarkozy. Il y est venu pour téléphoner avec le ministre de l’intérieur à son homologue saoudien, le prince Naïef, en 2004. Lorsqu’il espérait vendre le système de surveillance des frontières au royaume saoudien – des tractations qui avaient été stoppées sur l’ordre du président Chirac. C’était un dimanche après-midi.

    Nicolas Sarkozy est là. Takieddine et le ministre échangent un « Bonjour ». L’échange avec Nicolas Sarkozy dure quelques minutes : « Il me parle, il me dit : “Quest-ce quon fait à propos de ces nurses, de ces infirmières [bulgares – ndlr] ?” » Takieddine a posé la valise, cette fois encore.

    « À lentrée, il y a quelque chose de rectangulaire, qui est très profond, comme un salon, qui est en longueur. » La valise est posée dans un petit salon, « contre le mur ». Nicolas Sarkozy sait-il ce qu’elle contient ? « Ça franchement, bien sûr ! », s’exclame Ziad Takieddine. En tout cas, le ministre de l'intérieur n’a pas ouvert la valise. « Ni ouvert, ni vérifié, ni rien du tout. On parlait tout de suite dautre chose. »

    Dans quel état d'esprit se trouve l’intermédiaire à ce moment là ? « Comme dhabitude, je suis serein », déclare-t-il. Comment sent-il le ministre, nerveux ?« Non, non, il est faux ! Il est faux ! Cest quelquun qui est faux ! », explose-t-il. Mais « en 2006-2007, pour moi, Sarkozy était toujours un champion », confie-t-il aussi. Les deux hommes se disent au revoir. Cette fois, Takieddine n’a pas croisé le directeur de cabinet.

    L’image du « champion » s'est éclipsée. L'intermédiaire reproche désormais à Nicolas Sarkozy les « bains de sang » et « la guerre déclenchée en Libye ». Le 5 mars 2011, Ziad Takieddine avait été arrêté par les douanes au Bourget, de retour de Tripoli où il avait accompagné des journalistes du JDD partis interviewer Kadhafi. L’homme d’affaires était porteur d’une valise contenant 1,5 million d’euros, de l’argent non déclaré provenant de ses affaires personnelles avec le régime, explique-t-il.

    Selon ses explications aux juges en mai 2012, il était« également porteur dun message de M. Kadhafi à lattention de M. Guéant » : en substance, que la France ne s’ingère pas, qu’il voulait « préserver lintégrité de la Libye et éviter une guerre civile » et qu’il allait « quitter le pouvoir ». « Je nai pas pu transmettre ce message puisque jai été interpellé à mon retour au Bourget, avait poursuivi Takieddine. Je suis convaincu que jai fait l'objet de cette interpellation et une fouille corporelle par le fait que M. Guéant était persuadé que je détenais des preuves de ce financement » – « les éléments » dont allaient faire état Mouammar Kadhafi et son fils Saïf al-Islam dans les jours précédant l’offensive occidentale.

    « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale, allait expliquer le fils de Kadhafi. C’est nous qui avons financé sa campagne et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. »

     

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 13:13
hôpital de Morlaix (photo Ouest-France)

hôpital de Morlaix (photo Ouest-France)

8 français sur 10 inquiets sur le système de santé

mardi 15 novembre 2016

Selon un sondage Odoxa publié le 14 novembre, la dégradation du système de santé est anticipée par plus des trois quart des français.

Pour 80 % des personnes interrogées, ce système sera à l’avenir "plutôt moins bon qu’il ne l’est actuellement".

Ils sont 76 % à estimer que la préservation de l’assurance maladie devrait être "une priorité de l’action du prochain président".

Cette question se place en quatrième position derrière la lutte contre le chômage ou le terrorisme (86 %) et le combat contre l’insécurité (80 %).

Selon l’enquête, les personnes interrogées ont une bonne image de leur système de santé, ainsi que de ses acteurs : plus des trois quarts pensent que la France est "en meilleure situation des ses voisins européens". 67 % jugent que le système français est meilleur que ceux de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Espagne et de l’Italie.

Une image "exceptionnellement bonne" souligne l’étude.

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 13:11

Michel Le Scouarnec, sénateur du Morbihan

"On sait combien la situation financière des départements est précaire du fait de l’explosion des dépenses sociales"

mardi 15 novembre 2016

Concernant la politique social des départements et l’avenir de la protection de l’enfance Michel Le Scouarnec (groupe CRC) a écrit à la Ministre des Familles, de l’enfance et des Droits des femmes :

"Madame la Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur la politique sociale des Départements, et précisément sur la protection de l’enfance.

Dans l’histoire des réformes territoriales, c’est par la loi « Defferre » du 22 juillet 1983 que le département s’était vu confier la compétence de l’aide sociale à l’enfance, puis la loi du 5 mars 2007 réformant la protection sociale avait réaffirmé le rôle central du Département, notamment dans le recueil des informations, créant des observatoires départementaux de la protection de l’enfance.

L’importante réforme territoriale engagée par votre Gouvernement, si elle modifie l’architecture territoriale de la République et réorganise les compétences des Régions, Départements, Collectivités locales, ne marque pas une réorganisation d’ampleur de la compétence sociale.

Ainsi La loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, dite « loi MAPTAM », fait des Départements le niveau de collectivité chef de file en matière d’action sociale et de développement social. La loi NOTRe, du 7 août 2015 précise que « les Départements sont compétents pour mettre en œuvre toute aide ou action relative à la prévention ou à la prise en charge des situations de fragilité, au développement social, à l’accueil des jeunes enfants et à l’autonomie des personnes ».

Si le texte supprime la clause générale de compétence pour les Départements et les Régions, il réaffirme que « le Département reste responsable des compétences de solidarité dont les politiques relatives à la protection de l’enfance et à l’adoption. »

Malheureusement on sait combien la situation financière des Départements est précaire du fait de l’explosion des dépenses sociales.

Dans sa dernière enquête annuelle sur les dépenses sociales des Départements, en date du 21 juin 2016, l’Observatoire National de l’Action Sociale (ONAS), note que celles-ci représentent toujours 65% des dépenses totales de ces collectivités.

Le rapport révèle également que la charge nette relative aux dépenses sociales a augmenté, sur la période 2010-2015, deux fois plus vite que l’ensemble des autres dépenses des collectivités : +25% contre +11%. Concernant les dépenses en faveur de l’aide sociale à l’enfance en 2015, elles étaient de 7,2 milliards hors personnel (+ 2,7).

Face à ce constat, Les Départements sont contraints de revoir à la baisse, voire abandonner, d’autres politiques (soutien aux communes, subventions aux associations…), y compris dans le domaine social, notamment sur les politiques de prévention.

A ce sujet, les équipes de professionnels qui exercent au sein de services de l’Aide Sociale à l’Enfance (éducateurs, psychologues, gestionnaires, assistants familiaux etc.) sont aujourd’hui très inquiets pour l’avenir de la Protection de l’Enfance.

J’ai moi-même été alerté par le personnel de l’Aide Sociale à l’Enfance au centre Médico-Social d’Auray, de la décision du Président du Conseil Départemental du Morbihan, au 31 août 2016, de ne pas renouveler le contrat de certains psychologues du Services de l’Aide Sociale à l’Enfance, une restructuration plus générale des postes de psychologue de ce même service étant également envisagée.

D’autres Conseils départementaux voisins auraient déjà pris des décisions similaires, contraints de poursuivre leurs efforts de rationalisation dans la gestion des compétences sur lesquelles ils peuvent agir. Pourtant, les fonctions exercées par les psychologues au sein des services de l’Aide Social à l’Enfance jouent un rôle primordial dans la prévention qui seule, à terme, viendra atténuer les besoins en action sociale.

En France, chaque année, près de 150 000 enfants sont confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance des départements suite à une décision de placement prononcée en raison de maltraitance, de problèmes sociaux et éducatifs. Depuis la décentralisation des progrès incontestables ont été réalisés : diversification des services offerts aux familles, respect du droit de l’enfant et des parents, développement d’un travail social de proximité … Mais le système de protection de l’enfance est fragile ; ce qui a été construit en plusieurs décennies pourrait être déconstruit par des choix de politique publique.

Je sais pouvoir compter sur tout votre engagement à œuvrer en faveur d’évolutions institutionnelles qui consolident la mission publique d’aide sociale à l’enfance et contribuent à bâtir une société qui avance dans le sens du progrès social.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de mes meilleurs sentiments."

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 09:09

Donald Trump, entre autres monstruosités, a vociféré que le réchauffement climatique était une invention des Chinois pour déstabiliser l'Amérique, et j'ignore si, au pouvoir, il va continuer sur cette lancée. Le déni est un refuge de l'esprit bien connu, et les médias d'outre-Atlantique en savent quelque chose. Eh bien, moi aussi. Car il y a trois semaines, j'ai écrit ici même que le gouvernement s'apprêtait à prendre un arrêté réglementant l'épandage de pesticides agricoles afin de diminuer les effets des produits chimiques cancérigènes, mutagènes, etc. Je précisais benoîtement que, malgré les couinements de la FNSEA, une zone tampon protégerait les riverains, les points d'eau, et qu'un délai d'attente obligatoire de 24 ou 48 heures serait fixé afin que les agriculteurs eux-mêmes ne soient atteints par leurs propres émanations. J'ai cru tout cela parce que cela circulait, et je dois aujourd'hui battre ma coulpe, tout autant que les éditorialistes du New York Times et du Washington Post.

 Il s'avère, en effet, que le ministère de l'Agriculture, suivi par celui de l'Écologie, semble (restons prudents) avoir totalement retourné sa veste. Le nouvel « arrêté phyto » se contentera de proroger les dispositions antérieures, c'est-à-dire de recommander la prudence auprès des crèches, des maisons de retraite, des terrains de sport, des parcs publics.

La capitulation est totale. En rase campagne, si j'ose dire. La justice vient pourtant de mettre en examen, le 17 octobre, le Château Escalette et le Château Castel la Rose, maisons viticoles accusées d'avoir intoxiqué les voisins immédiats en 2014. Pour la seule période 2013-2014, les ventes de pesticides, en France, ont augmenté de 16 % selon des chiffres très officiels. Y a-t-il un décideur politique pour s'en émouvoir ? Y a-t-il un ministre au(x) ministère(s) ? Il faut croire que non, en la matière. Le vrai gestionnaire de ces dossiers s'appelle Xavier Beulin et est président de la FNSEA. À ce titre, il cogère la politique agricole française, ou plutôt il la gère. C'est ce que dénoncent la Fondation Nicolas Hulot, la Fédération nationale d'agriculture biologique, France nature environnement, et autres associations qui, apparemment, ne pèsent guère. Trump se vautre dans le déni. Mais nous, dans quoi nous vautrons-nous?
 

Pesticides: "Poison à gogo" - courant d'ère d'Hervé Hamon, Le Télégramme - 13 novembre 2016
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 09:31
Après 30 ans d'essais, le FN réussit la greffe de ses idées sur la police (L'Humanité, 9 novembre 2016)
Après trente ans d’essais, le FN réussit la greffe de ses idées sur la police
GRÉGORY MARIN
MERCREDI, 9 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Le parti de Marine Le Pen avait tenté de créer un syndicat dans la police dans les années 1990. Il n’en a plus besoin : dans les manifestations de policiers rejetant syndicats et politiques, on reprend à pleins poumons ses slogans, et 66 % de la profession pourrait voter Le Pen en 2017.

Le malaise qui couvait depuis longtemps chez les policiers, s’appuyant depuis plusieurs années sur un manque de moyens, matériels et humains, a donc glissé vers la radicalisation d’extrême droite. Certes, le syndicat Alliance tirait déjà très à droite la réflexion syndicale, et donc ­politique, de la profession (élargissement de la légitime défense, lutte contre le « laxisme » judiciaire…), mais jusqu’ici donnait un cadre légal aux revendications policières. La transformation de la contestation en mouvement « asyndical » – le mot a plusieurs fois été employé –, dans une profession où le taux de syndicalisation atteint pourtant 49 % (1), a changé la donne.

Slogans haineux  qui ciblent les banlieues

L’ancien conseiller spécial de Marine Le Pen en 2012, Michel Thooris, lui-même secrétaire général du syndicat France Police (0,95 % aux élections professionnelles selon le ministère de l’Intérieur), a salué avec bienveillance ces actions comme des « manifestations spontanées ou improvisées, ­marquées par un rejet de l’establishment, des syndicats majoritaires et des politiques ». L’exacte réplique des propos du porte-parole autoproclamé des premières manifestations policières, le très médiatisé Rodolphe Schwartz, dont on s’est aperçu plus tard que s’il était bien militant FN (il a été sur la liste de Wallerand de Saint-Just pour les élections régionales d’Île-de-France), il n’était plus policier mais agent de sécurité en grande surface…

Le Front national jure n’avoir aucun lien avec ce mouvement. Officiellement, s’il affiche un « soutien sans faille », soulignait un communiqué de son vice-président, Florian Philippot, le 18 octobre, c’est que ces actions révèlent pourtant fort opportunément des préoccupations très proches des siennes. À tel point que dans les cortèges, surtout fréquentés par de jeunes fonctionnaires, on entend les slogans les plus haineux, révélait le 6 novembre le site antifasciste Rebellyon. info. Aux cris de « Français réveille-toi, tu es ici chez toi » ou du classique frontiste « On est chez nous », les policiers réclamaient le vendredi précédent, dans les rues de Lyon, « le ménage dans nos banlieues »…

Entre mobilisations policières « improvisées » et accueil des réfugiés, le Front national capitalise sans effort. Les résultats de la vague 6 de « l’enquête électorale française » du Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof), livrée lundi, sont édifiantes : 66 % des policiers s’apprêteraient à voter pour Marine Le Pen (20 points de plus qu’en 2012), même s’ils sont « seulement » 51 % à penser que « le FN est le meilleur parti pour régler les problèmes de la France ». Car le parti d’extrême droite joue sur les deux tableaux : d’une part, il dénonce le « laxisme inouï des gouvernements successifs », Valls-Hollande compris, tout en demandant « la reconstitution intégrale des effectifs de police et de gendarmerie détruits sous le mandat de Nicolas Sarkozy »… jusqu’alors candidat préféré des policiers.

Ce parti instrumentalise la situation économique

Le FN joue sur du velours, s’appuyant sur « la combinaison de valeurs politiques orientées et d’une situation économique difficile dans les catégories les moins qualifiées de la fonction publique », notait Bruno Cautrès, chercheur au CNRS, dans le Huffington Post, le 19 octobre. Depuis 1998, et l’invalidation par la Cour de cassation du FN-Police (pourtant reconnu par Jean-Louis Debré, le ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac) au motif qu’il diffusait « l’idéologie d’un parti politique », il n’aurait pu rêver meilleure implantation à l’approche des élections présidentielle et législatives.

(1) Selon la Dares, service statistique du ministère du Travail.
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 07:01
Ce que dit Trump à la France - Patrick Apel-Muller (L'Humanité)
La fable de la mondialisation capitaliste heureuse se fracasse spectaculairement sur l’élection de Donald Trump. Mis en concurrence, les peuples se voient présenter l’addition des délocalisations, des déréglementations, des précarités généralisées, d’écarts de richesse qui se creusent, monstrueux, au profit d’une minorité infime qui saute d’un marché financier à l’autre. Les milieux financiers et les médias dominants prêchent sans trêve que cette jungle économique est le seul monde possible et oriente les exaspérations vers le voisin, le concurrent malgré lui, le plus pauvre qui touche des aides, l’immigré.
 
D’autres épisodes avaient précédé en Hongrie, Pologne, Autriche, aux Philippines. Aucun cependant n’a de telles répercussions sur le cours de la planète. L’élection d’un milliardaire aux mains sales au terme d’une campagne où il a agité toutes les peurs et les plus bas instincts risque de faire boule de neige. Elle crédibilise les nationalismes les plus réactionnaires et les populismes racistes. Voilà pourquoi Marine Le Pen l’applaudit bruyamment.
 
Le nouveau Président des Etats-Unis a su profiter des colères d’Américains broyés par les délocalisations, déclassés par la crise des subprimes, humiliés par la dissipation de leurs rêves. Le socles des conservateurs a voté pour lui et il a mobilisé l’électorat républicain sudiste sur une rhétorique qui fait appel à l’imaginaire des confédérations de la guerre de sécession, celui de la supériorité blanche qu’a exaspéré l’élection d’Obama. Mais les républicains n’ont pas gagné de voix par rapport au précédent scrutin de 2012. Leur victoire tient d’abord à l’abstention démocrate, celle de ces ouvriers du Midwest ravagés par la fermeture d’usines, des jeunes qui ne pouvaient faire confiance aux Clinton associés à Wall Street, aux noirs qui ont vu déçus leurs espoirs d’égalité. Il n’a pas suffi d’agiter l’épouvantail aux cheveux roux pour les décider. Hillary a cru que la peur remplirait les urnes et a fait l’impasse sur un programme de progrès social ; çà ne lui a pas été pardonné. Jean-Christophe Cambadélis, qui décalque la recette devrait l’avoir en mémoire.
 
Il ne suffira plus de dénoncer « le système »…Quel crédit accorder à un Nicolas Sarkozy ou un Emmanuel Macron, qui sont l’un et l’autre les purs produits et les acteurs de ce capitalisme débridé ? Ceux qui en France n’ont à la bouche que l’amour des entrepreneurs, ces candidats de droite qui tous s’en prennent à l’assistanat et méprisent les pauvres, ces médias qui en boucle répètent que la modernité réside dans la régression sociale et la suppression descdroits du travail, les responsables venus de la gauche qui font le sale boulot de la droite, même les patrons qui, à tout vouloir détruire du pacte social, vont engendrer des monstres feraient bien d’y réfléchir. Les colères comprimées fermentent et peuvent exploser dans le pire. Quand ceux qui veulent transformer la société, la présidentielle américaine rappelle l’inanité des calculs de boutique et l’impératif de rassembler les forces sur des objectifs de progrès. Il n’est plus temps de laisser du temps au temps.
 
 
 
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 07:00

Intervention de Didier Le Reste

Généraliser le travail du dimanche causera une augmentation massive de la précarité des salarié-e-s

jeudi 10 novembre 2016

Lors de son intervention en Conseil de Paris, Didier Le Reste, s’est adressée au Maire de Paris :

Vous avez vous-même déclaré, à plusieurs reprises, qu’il ne fallait pas affaiblir la protection des salariés, surtout dans un moment de crise comme celui que nous traversons. Vous avez également affirmé en septembre 2015 sur France 2 : "il faut un corpus de règles qui protège l’ensemble des salariés". Ce corpus de règles, vous le savez très bien, c’est le Code du Travail qui comme le précise l’article L. 3132-3 : « Dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche. » Bien sûr, il existe des dérogations et vous avez vous-mêmes rappelé qu’elles étaient suffisamment nombreuses, je vous cite, « la réalité des dimanches à Paris c’est 15 000 commerces déjà ouverts le dimanche, commerces de bouche, artisans créateurs, entreprises familiales ou encore restaurants et entreprises culturelles ». L’Union départementale des associations familiales a précisé, comme nous l’avons fait également, qu’elle pouvait accepter le principe de l’augmentation du nombre de dimanches travaillés mais elle estime qu’il ne faut pas aller jusqu’à 12 dimanches. Elle craint une banalisation de l’ouverture dominicale.

Votre changement de cap avec cette ouverture de 12 dimanches est difficilement compréhensible si l’on suit vos multiples déclarations en faveur de la protection des salariés et la garantie de conditions de travail décentes.

Généraliser à ce point le travail du dimanche, par un dimanche travaillé par mois en plus de toutes les dérogations habituelles et des ouvertures illégales que nous pouvons sanctionner mais pas empêcher pour le moment est une atteinte à un élément clé de la cohésion de la société française : celui du temps libre commun à la grande majorité de la population. Un outil fondamental pour le vivre ensemble, pour la vie associative, culturelle et familiale. Nous le réaffirmons, le repos dominical a été, et reste, une conquête sociale majeure. Ce temps commun est pour Paris une nécessité.

Le travail du dimanche ne se pense pas qu’en termes économiques, c’est un enjeu de société. Les préconisations formulées par la majorité municipale que l’on retrouve dans le rapport de la MIE vont à l’ encontre de ce pas de côté de votre part Madame la Maire. Je cite : « Le repos dominical est un principe essentiel de la société française, fondamental aussi bien pour la protection des salariés que pour la cohésion sociale. C’est le seul moment de « respiration » de la ville, la seule rupture d’un rythme très stressant. Il est indispensable à la vie personnelle, familiale, amicale, sportive et culturelle. »

Forcer la consommation et augmenter la précarité salariale n’est donc pas la priorité pour Paris. Je suis d’accord avec vous, Madame la Maire, ou plutôt j’étais d’accord avec vous quand vous réaffirmiez auprès d’Emmanuel Macron que Paris ne serait pas une « ville entièrement dédiée au consumérisme ». Mais vous créez les conditions pour que cela soit le cas et c’est un changement de politique auquel les salariés et les syndicats n’adhèrent pas, d’ailleurs ceux-ci se sentent floués.

Dans les Échos du 6 septembre 2015 vous avez insisté sur les conséquences sociales d’une généralisation du travail du dimanche , où vous disiez en substance : « les salariés concernés sont en grande majorité des femmes avec des enfants dont la « liberté » de choix de travailler le dimanche est « plus que contrainte. Les implications sociales et familiales seront donc majeures pour les Parisiennes et les Parisiens ».

En effet, le Haut Conseil à l’Égalité ainsi que le rapport de la MIE et les syndicats s’inquiètent des conséquences pour les femmes. Elles seront une fois de plus les premières touchées. Les femmes représentent 56% des salariés qui travaillent le dimanche et elles sont principalement jeunes et résidant dans les zones urbaines sensibles. Pour les 50% d’entre elles qui sont cheffes de famille monoparentale, la garde des enfants le dimanche grève lourdement leur budget. Moins de temps de famille, des temps de trajet plus longs, moins de temps de repos, un budget garde alourdi, elles ne pourront pourtant pas refuser de travailler le dimanche en raison de la précarité de leur contrat ! Généraliser le travail du dimanche causera donc une augmentation massive de la précarité pour toutes ces femmes attaquées en permanence par les logiques capitalistes et patriarcales. Où est le libre-choix lorsque l’on travaille par nécessité de survie ? Alors que les salaires sont notoirement insuffisants, certains salariés sont contraints de travailler le dimanche pour gagner quelques euros de plus, quitte à sacrifier leur vie de famille, leur repos et santé et leurs loisirs. Ce sont pour ces raisons que les salariés du commerce sont contre l’extension du travail du dimanche. Voir le récent échec des négociations au Printemps Haussmann.

En effet, le profit à tirer pour les salariés est quasi inexistant et les difficultés pour les petits commerces indépendants de proximité seront majeures. Majoritairement, les salaires des ZTI sont majorés à 30% tandis que les petits commerçants devront majorer à 100% ou tout du moins à beaucoup plus de 30%. De plus, les contrats de fin de semaine (VSD) des centres commerciaux conduisent à des situations précaires et à la destruction de l’emploi pérenne.

Plus de précarité pour les salariés et plus de difficultés pour le petit commerce indépendant de proximité c’est tout ce que va apporter l’extension à 12 dimanches ouvrés.

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 08:10
Après avoir donné 20 milliards par an au patronat au seul titre du CICE, le gouvernement veut gratter 650 millions aux détenteurs du Livret A...

Après avoir donné 20 milliards par an au patronat au seul titre du CICE, le gouvernement veut gratter 650 millions aux détenteurs du Livret A...

Ainsi, un retraité dont la pension est bloquée pour la quatrième année consécutive est susceptible de voir s’ajouter 35€ d’intérêts à la fin de cette année sur un Livret A sur lequel il a placé 10.000€. C’est beaucoup trop aux yeux de François Hollande et de Michel Sapin. Et comme les détenteurs d’un Livret A sont nombreux en France, Bercy a calculé qu’il avait là la possibilité de gratter 650 millions d’euros de cette manière. Pour l’instant les choses sont encore floues concernant le niveau de la baisse de rémunération du Livret A. Toujours selon Les Echos, « le gouvernement, en accord avec le gouverneur de la banque de France, conservera la capacité de déroger à la formule de calcul automatique ». Voilà qui est clair comme du jus de chique !"

Moi: Les pensions sont bloquées depuis des années et les charges augmentent. Les livrets A seront bientôt vides puisqu'il faut puiser dedans pour les fins de mois!

Les détenteurs d’un Livret A dans le viseur de Bercy ?
GÉRARD LE PUIL
MARDI, 8 NOVEMBRE, 2016
HUMANITE

Les détenteurs d’un Livret A dont la rémunération actuelle de 0,75% seraient, selon Les Echos dans le viseur de Bercy...

Selon le ministère des Finances, il s’agit nous disent Les Echos « de fixer le taux du Livret A au plus près du niveau de l’inflation ». Et selon les calculs de l’INSEE, qui sous-estiment gravement la place du logement dans l’évolution des prix, l’inflation entre octobre 2015 et septembre 2016 ne serait que de 0,4%  sur douze mois. Comme le Livret A rapporte 0,75% d’intérêts sur un an, Bercy estime qu’une rémunération de l’épargne populaire à 0,35%  hors inflation est scandaleusement élevée.

Ainsi, un retraité dont la pension est bloquée pour la quatrième année consécutive est susceptible de voir s’ajouter 35€ d’intérêts à la fin de cette année sur un Livret A sur lequel il a placé 10.000€. C’est beaucoup trop aux yeux de François Hollande et de Michel Sapin. Et comme les détenteurs d’un Livret A sont nombreux en France, Bercy a calculé qu’il avait là la possibilité de gratter 650 millions d’euros de cette manière. Pour l’instant les choses sont encore floues concernant le niveau de la baisse de rémunération du Livret A. Toujours selon Les Echos, « le gouvernement, en accord avec le gouverneur de la banque de France, conservera la capacité de déroger à la formule de calcul automatique ». Voilà qui est clair comme du jus de chique !

Il est vrai qu’il faut tenter de trouver de l’argent quelque part après avoir donné 20 milliards par an au patronat au seul titre du Crédit d’impôt pour lé compétitivité et l’emploi( CICE). Surtout que 20% de cette somme a été consommée par des entreprises commerciales comme Leclerc, Carrefour, Auchan, Casino et quelques autres. Des entreprises commerciales  qui ont la double particularité de ne produire aucune richesse mais d’exiger de leurs fournisseurs qu’ils leur restituent, sous forme de baisse de prix, l’équivalent de la moitié de la somme que ces entreprises ont perçu au titre du CICE pour être référencés dans les magasins.

Il faut enfin se souvenir que si les taux d’intérêts sont très bas en France et en Europe, c’est parce que la Banque centrale européenne (BCE) n’en finit pas de prêter de l’argent aux banques sans intérêts au point que nos dirigeants jugent désormais normal de ne plus rémunérer l’épargne populaire. Tout ça pour atteindre en 2016 une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 1,2% comme en 2015. En intégrant dans ce PIB les réparations consécutives aux inondations de cet été comme le coût des accidents de la route et d’autres  dépenses du même type anormalement comptées comme créatrices nettes de richesses dans le calcul de l’évolution du PIB par l’INSEE.     

Journaliste et auteur
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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 08:05
Abdelrrahman souffre de contusions et bénéficie d'un arrêt de travail de trois jours. Ses pommettes sont encore enflées. © Radio France - Michel Benoit

Abdelrrahman souffre de contusions et bénéficie d'un arrêt de travail de trois jours. Ses pommettes sont encore enflées. © Radio France - Michel Benoit

La victime, Abdelrrahman, son amie Kenza et Yannick Bedin, responsable du partic comumniste sur la vilel de Bourges. © Radio France - Michel Benoit

La victime, Abdelrrahman, son amie Kenza et Yannick Bedin, responsable du partic comumniste sur la vilel de Bourges. © Radio France - Michel Benoit

Le parti communiste appelle à un rassemblement de tous les démocrates ce mardi à 18h devant la préfecture de Bourges, Rassemblement en soutien au président des jeunes communistes du Cher. Abdelrrahman Aqlibus a été agressé samedi midi par des sympathisants d'extrême droite à Bourges.

Le militant communiste explique avoir été pris à parti par sept militants d'extrême droite, alors qu'il rentrait chez lui après avoir participé à une manifestation en faveur des migrants. L'agression s'est déroulée aux abords de la place Séraucourt. Le jeune homme s'est d'abord fait insulter. Il n'a pas réagi, ce qui n'a pas empêché trois agresseurs de porter leurs coups. Bilan : de multiples contusions au visage, à l'arrière du crane, et au thorax. Le jeune homme de vingt ans s'est vu prescrire une ITT de trois jours. Il en est sûr : ses agresseurs étaient au rassemblement anti migrants du FN samedi matin où ils avaient déjà porté quelques coups à des contre-manifestants. Abdelrrahman affirme aujourd'hui que cet agression l'incite davantage encore à militer pour la démocratie.

Ses agresseurs au rassemblement anti-migrants

Pour Yannick Bedin, responsable du parti communiste sur Bourges, que ces agresseurs soient membres ou pas du Front National n'a pas d'importance. Ils font partie de la même mouvance. Ces sympathisants sont "souvent le bras armé du parti". Un comportement, selon l'élu communiste qui laisse augurer de ce que serait le climat politique en France si le Front National grandissait encore car "ces hordes là se sentiraient pousser des ailes", estime Yannick Bedin. Le parti communiste n'exclut pas de se porter partie civile dans cette affaire.

De son côté, le responsable du Front National dans le Cher, Jean-René Coueille s'étonne que le dépôt de plainte soit aussi tardif, (deux jours après les faits). Le conseiller régional frontiste affirme faire confiance à la police pour retrouver ces agresseurs. Il rappelle également, que ce sont bien les contre-manifestants qui ont tenté de faire taire les militants FN anti-migrants samedi matin, devant la préfecture. Ce qui a pu énerver certains participants au rassemblement frontiste.

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