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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 05:38

 

Frappés de plein fouet par la suppression de taxes et le coronavirus, les départements et régions risquent de perdre 7,3 milliards d’euros.

Une bombe sociale à retardement est amorcée dans le financement des collectivités locales. En 2020, ces dernières vont essuyer des pertes de recettes à hauteur de 7,3 milliards d’euros, selon un rapport du député LaREM Jean-René Cazeneuve, publié le 29 juillet. Le choc est provoqué par une baisse des recettes fiscales (5,2 milliards) et tarifaires (2,3 milliards) et des surcoûts liés au Covid-19 (3,6 milliards). Un immense manque à gagner pour les territoires, alors que les besoins ne cessent d’augmenter avec la crise sociale, et la légère reprise de l’épidémie. Des pots cassés, il risque d’y en avoir, et les services publics rendus aux habitants pourraient en pâtir, avec à la clé une montée des inégalités. « Les régions subiront des pertes de recettes qui, si elles devraient rester contenues en 2020, seront importantes en 2021 et impacteront leurs capacités d’investissement », précise également le document. Pour le député LaREM, il « convient donc d’envisager de nouvelles interventions de l’État lors du projet de loi de finances pour 2021 ». Interpellé par les élus locaux au début de la crise sanitaire, l’État avait fini par débloquer, en juin, une enveloppe de 4,5 milliards d’euros. Ce jeudi, Jean Castex a également annoncé le déblocage d’une enveloppe de 600 millions d’euros à destination des régions, afin de préserver leurs capacités d’investissement après la crise. Des sommes jugées largement insuffisantes par les collectivités, qui demandent toujours au gouvernement un plan de soutien massif.

Lola Ruscio

 

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 05:38

 

L’ordonnance chargée de mettre en musique la lutte contre l’habitat indigne doit entrer en vigueur en janvier prochain. L’Humanité a eu connaissance de ce texte qui comporte des reculs pour les locataires et des cadeaux aux propriétaires.

En théorie, ça devait être une vraie avancée. Adoptée à l’automne 2018, la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite loi Elan, promettait des outils pour faciliter la lutte contre l’habitat indigne. L’ordonnance de mise en application, qui a été discutée début juillet et devrait être adoptée en Conseil des ministres en septembre, laisse pourtant les acteurs du secteur perplexes, voire franchement inquiets. « Cette loi est destinée à simplifier l’action des pouvoirs publics. Mais du point de vue des occupants, elle pose de nombreuses questions. D’une part, cela ne leur évitera pas d’être pris dans une partie de ping-pong entre les autorités compétentes, qui se renvoient la balle. De l’autre, il n’y a aucune garantie qu’il n’y ait pas une régression de leurs droits », résume Samuel Mouchard, responsable de l’espace solidarité habitat de la Fondation Abbé-Pierre (FAP), qui reçoit et accompagne des victimes de marchands de sommeil.

Une dilution des responsabilités

Premier point d’incompréhension, l’absence d’un acteur unique et intelligible en matière de lutte contre l’habitat indigne. L’objectif de l’ordonnance tel qu’il est annoncé dans la loi est « d’harmoniser et de simplifier les polices administratives », c’est-à-dire les différentes réglementations qui s’appliquent. À l’heure actuelle, il en existe treize, sept agissant au nom du Code de la construction et de l’habitation et cinq au titre du Code de santé publique. Veiller au respect des premières règles est du ressort du maire, quand celles liées à la santé relèvent de la responsabilité de l’État. Cette dilution des responsabilités complique la recherche de solutions. En mai 2019, le député PCF Stéphane Peu avait déposé une proposition de loi pour « établir clairement la répartition des responsabilités entre État, collectivités et établissements publics afin d’éviter l’effet ping-pong » et faire de l’État le seul garant de la lutte contre l’habitat indigne.

L’ordonnance proposée par le gouvernement ne résout pas ce problème. En regroupant l’ensemble des réglementations dans une seule police, comme l’avait proposé en mai 2017 un rapport du député LaREM du Val-d’Oise Guillaume Vuilletet, elle devrait néanmoins faciliter le travail de ceux qui sont chargés de mettre en œuvre les mesures contre les marchands de sommeil. « Avec cette simplification, on peut espérer que les procédures seront plus rapides », commente Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL). Pour autant, les responsabilités restent divisées et les démarches toujours aussi complexes pour les locataires. « Il n’y a plus qu’une législation, mais les acteurs restent les mêmes, déplore Samuel Mouchard.  Cela veut dire que les occupants de ces logements vont continuer à ne pas savoir vers qui se tourner, avec un risque que celui qui est interpellé, le maire ou la préfecture, se dise incompétent. On a raté l’opportunité de faciliter les démarches des victimesen leur offrant un interlocuteur unique. »

Un cadeau aux marchands de sommeil

Une autre disposition du texte s’apparente à un véritable cadeau offert aux marchands de sommeil. La suspension immédiate et automatique des loyers suite à un arrêté d’insalubrité sur les parties communes, aujourd’hui en vigueur, y est supprimée. L’ordonnance stipule que « lorsque l’arrêté de mise en sécurité porte exclusivement sur les parties communes d’une copropriété, les loyers ne cessent d’être dus que pour les logements devenus inhabitables ». Cette disposition est un retour en arrière. « La suspension des loyers est un des outils les plus efficaces de lutte contre l’habitat insalubre. Cette mesure joue autant un rôle de prévention auprès des propriétaires qu’un rôle de protection auprès des locataires », a rappelé, le 30 juillet, Ian Brossat, adjoint PCF en charge du logement à la mairie de Paris, dans une lettre adressée à la nouvelle ministre du Logement, Emmanuelle Wargon. La question n’est pas un point de détail. Dans une grande partie des logements indignes, ce sont avant tout les parties communes qui sont touchées, les propriétaires veillant à maintenir dans un état acceptable les appartements pour pouvoir les louer. Autre problème, avec cette nouvelle réglementation, non seulement les propriétaires négligents vont continuer à toucher des loyers, mais ils pourront les cumuler avec des aides à la réhabilitation .

À la place de la suspension des loyers, un outil simple et efficace de pression sur les propriétaires, le gouvernement prévoit la mise en place d’un système d’astreintes financières. « Le problème, c’est que celles-ci sont aléatoires. Il faut saisir la justice, obtenir une décision. Toutes les municipalités n’ont pas les moyens de le faire, et il y a toujours un risque qu’au bout d’un certain temps, le juge les diminue », explique Jean-Baptiste Eyraud. Ce système va aussi pénaliser les propriétaires occupants. Alors que la perte des loyers ne les concernait pas, ils seront désormais soumis à l’astreinte au même titre que les propriétaires bailleurs. Cette disposition est d’autant plus injuste que dans les immeubles insalubres, les propriétaires occupants ont souvent des revenus modestes et peinent déjà à faire face aux charges de copropriété. Ils se retrouvent aussi souvent otages d’autres propriétaires indélicats qui refusent de payer leur part de l’entretien des parties communes. Ces pas en arrière sont en contradiction avec la volonté affichée par l’ex-ministre du Logement Julien Denormandie de mener « une véritable guerre aux marchands de sommeil ».

Vers une régression des droits des occupants ?

S’ils semblent une bonne idée, la simplification et le regroupement des textes de loi inquiètent aussi. « Vouloir rendre les procédures plus lisibles, c’est bien, mais il faut être vigilant et s’assurer que cela n’aboutira pas à une régression des droits des occupants. Le système actuel est complexe, mais il est complet parce qu’il répond à des situations et des problématiques très diverses. Nous avons l‘impression que dans l’ordonnance, les problématiques de santé sont désormais passées au second p lan. C’est un problème quand on sait que beaucoup de situations d’habitat insalubre, surtout les moins visibles, ont des conséquences graves sur la santé », estime Samuel Mouchard. Dans le même ordre d’idées, l’absence de précision concernant l’application des droits des occupants – droit à bénéficier de travaux, droit à être hébergé, à être relogé – en cas de procédure d’urgence est un autre motif d’inquiétude. Certains acteurs du secteur évoquent aussi le risque que la nouvelle législation, en étant trop imprécise et pas assez contradictoire, ouvre la voie à de nombreuses contestations de décisions devant les tribunaux.

Reste la très concrète question du temps. Il aura fallu un peu moins de deux ans entre la rédaction de la loi Elan et celle de l’ordonnance de mise en application. Il n’y aura en principe que quatre mois entre l’adoption de l’ordonnance et son application, prévue en janvier 2021. « Le timing est court pour arriver à former les personnels des structures de l’État et des collectivités locales sur le nouveau texte. Nous avons, du coup, des inquiétudes sur sa mise en œuvre. Il y a un risque de temps de latence dans le traitement des arrêtés. Si les formations sont insuffisantes, il y a aussi un risque de voir se multiplier les recours en justice. Il est nécessaire de laisser a ux acteurs le temps de comprendre les subtilités du texte et de s’organiser », souligne Cécile Guerin-Delaunay, chargée de mission conduite de projets de territoire à la fédération Soliha, principale association de réhabilitation de l’habitat.

En principe, le texte de l’ordonnance n’est pas définitif. Alerté par les associations et les acteurs du secteur, le gouvernement a indiqué qu’il allait revoir sa copie. Il a deux mois pour redresser la barre et montrer que sa volonté de lutter contre l’habitat indigne est plus qu’un affichage.

Camille Bauer

 

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 05:30

 

Troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020 : explication de vote

Je veux d’abord, au nom du groupe CRCE, remercier l’ensemble du personnel du Sénat, dont le professionnalisme nous permet de travailler dans des conditions vraiment excellentes.

L’examen de ce troisième PLFR a donné lieu à de nombreux débats d’idées, que nous avions déjà eus, pour nombre d’entre eux, les années précédentes.

Nous devons revoir totalement notre système de fiscalité. Le débat a montré qu’il n’y avait pas de roue de secours aux logiques économiques et financières qui sont celles tant de la majorité actuelle que des majorités précédentes. Mes chers collègues, nous sommes face à un cocktail explosif, du fait de la dégradation des indicateurs sociaux et économiques et des tensions internationales.

Je pense sincèrement – je le dis en toute humilité – que nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux et des défis qui sont devant nous. Pas grand-chose n’a changé. Il y a même des insolences. Ainsi, les cinq premières fortunes disposent d’un patrimoine équivalant au déficit de 2020 !

M. Philippe Dallier. Avant, c’était les cent familles ; maintenant, c’est les cinq familles...

M. Pascal Savoldelli. Notre collègue Julien Bargeton défend la politique du Président de la République, et c’est normal, mais il y a tout de même 460 milliards d’euros de déficit ! Les indicateurs sont extrêmement préoccupants.

Pour notre part, nous pensons que nous ne sommes pas engagés sur un nouveau chemin menant à plus d’égalité sociale et territoriale et d’innovation environnementale. Rien, dans les décisions prises aujourd’hui, ne nous prouve le contraire. Alors que les collectivités territoriales demandaient 7,5 milliards d’euros, seulement 4,5 milliards d’euros leur ont été donnés. Aucune des exonérations sociales qui ont été accordées aux entreprises n’est assortie de conditions. Nous avons été incapables d’imaginer la moindre recette innovante pour l’État.

Notre groupe a tout de même un motif de satisfaction, celui d’avoir obtenu, avec votre concours, mes chers collègues, la taxation des Gafam à la mesure de leurs immenses profits. Nous sommes heureux d’avoir arraché 150 millions d’euros pour la recherche scientifique. Nous nous réjouissons également de la promotion de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, via les exonérations sociales.

M. le président. Veuillez conclure, mon cher collègue.

M. Pascal Savoldelli. Nous ne voterons pas ce troisième PLFR. La confiance, pour nous, n’est pas une concession à la pares

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 08:50

 

L'éditorial de L'Humanité Dimanche du 30 juillet au 5 août 2020.

La raison voudrait non seulement qu’on mette définitivement au placard la contre-réforme des retraites mais aussi qu’on revienne à la retraite à 60 ans pour permettre aux centaines de milliers de jeunes en âge de travailler de remplacer celles et ceux qui auraient droit à une retraite bien méritée. De même, une réelle diminution du temps de travail hebdomadaire permettrait de créer des centaines de milliers d’emplois. Les crédits publics qui viennent en aide aux grandes sociétés devraient être conditionnés à cette nécessité : faire de la place aux jeunes. Ce n’est pas le choix du pouvoir qui, derrière son projet « un jeune, une solution », utilise la pandémie pour accentuer encore le reformatage du droit du travail tout en faisant bénéficier les entreprises d’un nouveau cadeau royal.

Le premier ministre ne s’en est pas caché, promettant « un dispositif exceptionnel de réduction des coûts du travail ». De fait, le pouvoir utilise la situation pour exonérer les employeurs de cotisations sociales pour toute embauche temporaire d’un jeune jusqu’à la valeur de deux Smic. Cela fait plus de quatre décennies que ces recettes sont appliquées. Résultat : le chômage, la précarité, les inégalités augmentent à la vitesse d’un cheval au galop et les actionnaires se régalent. En vérité, le pouvoir et ses soutiens veulent profiter de l’angoisse et de la peur qu’engendre la crise sanitaire pour faire des jeunes des appendices corvéables de la machine et des pions du grand patronat. Pas un jour ne passe sans que celui-ci ne réclame la réduction de la dépense publique. Voici pourtant que, dans le plan gouvernemental, l’État prendra en charge la valeur des cotisations ainsi perdues pour les caisses de protection sociale. Autrement dit, ceux qui n’ont pas de mots assez durs contre l’emploi public inventent le financement public de l’emploi privé !

Le grand patronat va utiliser ce dispositif comme un effet d’aubaine pour toucher des subventions publiques et accentuer la concurrence en vue de diminuer les rémunérations du travail. La jeunesse devient ainsi le nouveau terrain d’expérimentation du remodelage capitaliste par la mise en concurrence exacerbée entre travailleurs expérimentés et jeunes entrant dans les entreprises. Cette division sera d’autant plus accentuée que la contre-réforme scélérate de l’assurance-chômage empêche chaque jeune qui n’a pas travaillé continûment durant six mois d’être indemnisé.

Le conditionnement à une activité durant deux ans devrait être levé pour qu’un jeune puisse bénéficier du revenu de solidarité active. Une distinction devrait être faite entre l’aide aux petites entreprises et aux artisans et celles aux grandes sociétés bénéficiant déjà d’avantages fiscaux sans contrepartie. Ajoutons qu’avec la Banque publique d’investissement, il serait possible de se donner des moyens pour aider les entreprises qui s’engagent dans des initiatives d’embauches durables et de formations correctement rémunérées.

Au-delà, l’accès au travail des jeunes devrait s’inscrire dans un véritable plan sur plusieurs années tirant les leçons d’une crise sanitaire qui n’en finit pas. Celle-ci pose des défis potentiellement riches en millions d’emplois. La reconquête industrielle et agricole et le déploiement d’une économie de la mer en lien avec une alimentation de qualité adossés à une stratégie de transition environnementale réclament autant de formations que de travail. De grands projets sont nécessaires pour développer les transports publics en ville comme à la campagne, pour consolider la SNCF et l’aider à impulser le fret ferroviaire, pour rénover et construire des logements à prix abordables, aider collectivités locales et associations à monter des projets urbains soucieux de l’environnement, pour une restauration scolaire de qualité, ou une agriculture urbaine riche en emplois et formations. L’avenir ne passe pas par la flexibilité et la précarité du travail mais par une sécurité de vie dont celle du travail et des formations, incluant une garantie de rémunération.

Patrick Le Hyaric, Directeur de l'Humanité

 

 

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 06:57

 

MONSIEUR LE MINISTRE,

Alors que le Ségur de santé vient de s’achever, je tiens à attirer votre attention sur la situation de soignants qui n’ont pas été conviés à la table des négociations et qui souffrent de n’être ni entendus, ni considérés.

En effet, les sages-femmes manifestent un profond désarroi face au manque d’attention portée à leurs légitimes requêtes.

Après 5 années d’études, en dépit de leurs solides connaissances en obstétrique, gynécologie, orthopédie, pédiatrie, etc., malgré l’exercice de leur métier au plus près du public, elles ne disposent toujours pas du statut de personnel médical, quand bien même elles figurent parmi les professions médicales inscrites dans le Code de la Santé publique.

Depuis des années, les sages-femmes tentent de se faire entendre pour que leur métier soit reconnu statutairement et financièrement.

Alors qu’elles ont continué à exercer durant la phase aigüe de la crise sanitaire, dépourvues de masques puisqu’oubliées des décrets attribuant ce matériel de protection aux professionnels de santé, il serait grand temps de leur manifester la reconnaissance de la nation.

En outre, la question de la périnatalité, trop absente des débats, doit sans plus tarder être traitée. Les décrets de 1998 régissant les effectifs des maternités sont en effet déconnectés des réalités de terrain. Le nombre de sages-femmes est ainsi devenu trop insuffisant pour répondre à l’augmentation du nombre de naissances. D’où une constante dégradation de la prise en charge des futures mères et des conditions d’exercice des sages-femmes.

A l’heure où le Chef de l’Etat et le gouvernement affichent leur volonté de reconnaître le dévouement des soignants et de renforcer notre système de santé, il serait incompréhensible que le cri de détresse des sages-femmes ne soit pas entendu.

En ce sens, je vous appelle solennellement à recevoir, dans les plus brefs délais, les organisations représentatives de cette profession et à prendre en compte leurs propositions pour que ce métier soit mieux considéré et qu’il suscite de nouvelles vocations.

Vous remerciant par avance pour les prolongements que vous réserverez à la présente, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

Fabien Roussel,

Député du Nord.

 

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 05:17

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:56

 

Le gouvernement a annoncé ce lundi plusieurs mesures réglementaires issues des propositions de la convention citoyenne pour le climat.

« Le gouvernement passe de l’écologie de petits pas à l’écologie de petits riens. » C’est ainsi que Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace, décrit les mesures réglementaires annoncées, hier, à la sortie du conseil de défense climatique qui s’est tenu à l’Élysée. Des décisions issues des 149 propositions de la convention citoyenne pour le climat, dont 146 avaient été retenues par Emmanuel Macron, et annoncées par la nouvelle ministre de l’Écologie, Barbara Pompili, la ministre déléguée aux Transports, Emmanuelle Wargon, et Bérangère Abba, pour sa première apparition en tant que secrétaire d’État à la Biodiversité après sa nomination, dimanche.

À l’ordre du jour de ce conseil : la maîtrise de la consommation de l’énergie, la lutte contre l’artificialisation des sols et la rénovation énergétique des bâtiments. Sur ce dernier point, aucune mesure suffisamment contraignante n’est jusqu’ici prévue, contrairement aux vœux de la convention citoyenne pour le climat, qui exprimait le besoin de rénover 20 millions de logements ces dix prochaines années.

« L’obligation de rénovation devait être la clé de voûte de cette politique environnementale, et elle est absente de ces mesures. À la place, Barbara Pompili ne fait que réitérer des propositions très peu significatives », observe Clément Sénéchal. En l’occurrence, l’introduction de la notion de « performance énergétique » dans ce qu’on appelle un « logement décent », à compter du 1er janvier 2023. C’est-à-dire qu’au-dessus d’un certain seuil de consommation d’énergie, un locataire pourra exiger de son propriétaire de réaliser des travaux d’isolation. Or, ce seuil a été fixé à 500 kW/h au m2 par an, ce qui « ne correspond même pas à l’étiquette G du diagnostic de performance énergétique », constate le député Matthieu Orphelin. En d’autres termes, les logements correspondant à la pire catégorie énergétique resteraient dans les clous. La mesure ne concernerait donc que 120 000 foyers maximum, « soit entre 1 et 2 % des logements se trouvant en précarité énergétique, et pour un décret qui ne sera pris qu’en 2023, donc après le quinquennat. La fin de la précarité énergétique était pourtant un engagement de campagne d’Emmanuel Macron… », déplore le porte-parole de Greenpeace.

Certaines mesures semblent toutefois aller dans le bon sens, comme l’interdiction des terrasses chauffées – mais seulement après l’hiver prochain pour épargner les restaurateurs, qui ont particulièrement souffert de la crise.

L’objectif annoncé du zéro artificialisation a également été réitéré, afin de limiter la bétonisation des sols. Au cœur de cette question, l’implantation de nouvelles zones commerciales, en périphérie des villes, qui grignotent des terres agricoles. Barbara Pompili demande ainsi aux préfectures de réexaminer ces autorisations, avant qu’un moratoire soit mis en place. Matthieu Orphelin déplore que ce moratoire sur la construction de nouvelles zones « n’intègre pas l’interdiction des nouveaux entrepôts Amazon, alors qu’un emploi créé chez Amazon détruit 2,2 emplois dans les petits commerces… ». La mise en œuvre et les conséquences de ce moratoire restent également floues, alors qu’il a déjà été évoqué des dérogations, comme le droit d’implanter des zones commerciales lorsqu’une région en est dépourvue.

Après ces premières mesures réglementaires, le gouvernement devrait ensuite présenter un projet de loi pour d’autres mesures, en janvier 2021, devant le Parlement. D’ici là, les élus locaux et les citoyens de la convention pour le climat seront consultés, dès mercredi, par Barbara Pompili.

Florent Le Du

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:54

 

Une mission doit faire le point après l’été sur l’impact environnemental de la nouvelle technologie. Le Shift Project, un groupe de réflexion qui œuvre à une économie libérée du carbone, s’est penché sur la surconsommation d’énergie que va demander cette technologie.


 

Hugues Ferreboeuf Directeur des activités numériques au Shift Project

 

Que consomme la 5G et quel sera son impact environnemental ?

Hugues Ferreboeuf Une station 5G consomme au moins deux fois plus d’énergie qu’une station 4G. Même en prenant en compte le fait que l’équipement se mette en veille entre des communications ou que la part de consommation « fixe » d’un équipement 5G soit plus faible que dans une station 4G. La 5G est certes plus efficace mais elle consomme plus.

L’impact environnemental va dépendre des modalités de déploiement. Le principe étant que, plus il y a d’équipements, plus il y a consommation d’énergie. En 2025, selon le cahier des charges de l’Arcep, l’Autorité de régulation des communications électroniques, 40 000 stations 5G devraient être déployées. Cela couvrira seulement 50 à 60 % du territoire. Et que veut-on faire ? Au gouvernement, des ministres disent vouloir la même couverture en 5 G qu’en 4G. La réponse à cette injonction politique, c’est 200 000 stations 5G sur le territoire.

 

Et que deviendra la 4G ?

Hugues Ferreboeuf Le réseau 5G ne va pas se substituer aux précédents, il va s’ajouter aux 4G, 3G et 2G. En France, il y a 80 000 stations 4G, sur des sites où sont aussi installées des antennes 3G et 2G, ce sont à chaque fois des équipements différents. Il serait logique qu’en planifiant le déploiement d’un nouveau réseau on prévoie le démantèlement des plus anciens. Or rien n’est prévu, ni prise de décision, ni calendrier. Nous ne pouvons pas continuer à rajouter des couches tous les dix ans sans poser la question de l’existant. Si aucun réseau n’est démantelé, nous estimons que, en 2025, les réseaux mobiles consommeront 40 % de plus qu’aujourd’hui. En 2030, si la 2G est démantelée et la 5G mise en œuvre, la consommation sera de l’ordre de 2 à 2,5 fois celle de 2019.

 

Qu’est-ce que l’effet rebond, qui va aussi influencer la consommation d’énergie ?

Hugues Ferreboeuf Il a été découvert au XIXe siècle, il n’est pas spécifique au numérique, mais y est quasi systématique. L’amélioration d’un processus technologique rend moins coûteuse en argent, temps ou énergie une ressource. Ce gain d’efficacité va être annulé par une utilisation accrue. Le trafic Internet croit ainsi de 20 à 30 % par an, et les réseaux mobiles de 50 à 100 %. C’est ce qui explique l’augmentation de la consommation d’énergie du numérique : 8 à 9 % par an depuis une dizaine d’années.

Le débat doit dépasser la seule 5G et interroger les usages et leur priorisation : streaming, jeux en ligne, télétravail ? Le questionnement a commencé à être posé pendant le confinement. Les premiers temps, la charge sur les réseaux a augmenté de 10 à 20 %. Il y a eu un risque de congestion du réseau. Les fournisseurs de contenu ont accepté de réduire leur service, limiter l’HD par exemple. La contrainte environnementale pose cette question de priorisation des usages. On pourrait envisager d’autres façons d’utiliser et d’organiser l’écosystème numérique qui n’aboutiraient pas à une telle inflation énergétique.

 

Faudra-t-il aussi changer d’équipement ?

Hugues Ferreboeuf Oui, l’immense majorité des smartphones ne sont pas compatibles avec la 5G. Tous les ans, 25 à 30 millions de smartphones sont vendus en France, un chiffre qui a tendance à stagner. La 5G va doper les ventes : on pourra compter 5 à 10 millions de terminaux supplémentaires. N’oublions pas que 99 % de l’empreinte carbone d’un smartphone sont émis lors de sa production et de son acheminement. L’immense majorité est fabriquée dans des pays où l’énergie est fortement carbonée.

 

Entretien réalisé par Pia de Quatrebarbes

 

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 13:22

Il y a 75 ans  –  Bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki        

Pour la PAIX et le désarmement nucléaire

 

 

Rendez-vous le jeudi 6 août à partir  de 14h au sommet du Menez Hom

La caravane de la Paix

09h30 : Regroupement des voitures quai Quelen au FAOU

10h00 : Départ de la caravane

11h00 : Le FRET, jet de gerbes de fleurs dans la rade à la mémoire des innocents sacrifiés

12h00 : Crozon : jonction avec les jeûneurs de l’île longue

13h30 : Pique-nique à la chapelle Ste Marie du Menez-Hom

14h30 : Marche vers le sommet du Menez-Hom

75 ans : Vite en FINIR !

Le 6 Août 1945, la bombe atomique était larguée sur Hiroshima provoquant la mort quasi instantanée de plus de 100 000 civils

« …la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie… »  écrit alors Albert Camus.

Continuer, 75 ans après, à justifier et à promouvoir l’existence de l’arme nucléaire est une aberration !

Voté à l’ONU en 2017 un traité d’interdiction des armes nucléaires est en cours de validation. Manque 10 signatures.

Arc boutée sur son dogme de la dissuasion nucléaire, la France officielle refuse de le signer. Et ceci en dépit de la dangerosité, et d’abord pour nous mêmes, de la possession d’une telle arme, des milliards dilapidés chaque année dans son entretien et de la volonté majoritaire (2/3 des français selon un sondage IFOP de 2018) de s’en séparer.

Il faut en finir avec ce déni de démocratie.

 Du haut du Menez Hom ce jeudi 6 août clamons haut et fort 

       « La France doit signer le traité d’interdiction  des armes nucléaires ! »

 

Déclaration du CIAN29  constitué à l’initiative du Mouvement de la Paix et de l’Université Européenne de la Paix, le Collectif29 pour l’interdiction des armes nucléaires regroupe une quinzaine d’associations et organisations syndicales et politiques.

 

 

Cian29, retour sur la 6 août au Menez Hom contre la prolifération des armes nucléaires .

Le cian29 initié par le mouvement de la paix et l‘université européenne de la paix regroupe une quinzaine d’associations et organisations syndicales et politiques du département dont la fédération 29 du PCF.

En 1945, les bombardements d‘HIROSHIMA et NAGASAKI ont fait la preuve de la barbarie de l’usage des bombes atomiques. Crimes contre l’Humanité qui ont fait plus de 300 000 victimes.

Il y a mieux à faire que de financer le gâchis des militarisations de nos territoires et d’en faire des cibles oh combien dangereuses

 

Prise de parole de Christian Collimard, animateur du Mouvement de la Paix dans le sud Finistère et du CIAN 29, lors du rassemblement d'août 2019

Ni en Presqu’île de Crozon

Ni en rade de Brest

Ni ailleurs…

PLUS UNE SEULE BOMBE NUCLÉAIRE

 

 

La France doit signer le traité d’interdiction des armes nucléaires voté le 7 juillet 2017 à l’ONU

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 06:52

 

C’est en septembre que se tiendront les enchères des premières fréquences de cette technologie. L’empressement du gouvernement à la déployer occulte les problèmes de consommation d’énergie, d’emploi et d’égalité territoriale qu’elle pose.

Avec la poussée des alliances gauche-Verts, la soutenabilité de la 5G s’est récemment invitée dans le débat des élections municipales. Pour le gouvernement, qui projette de hâter son déploiement à la rentrée, cette nouvelle génération de réseaux mobile représenterait plutôt une opportunité de relance de l’activité économique, tout comme de grappiller quelques milliards d’euros via les ventes de fréquences aux opérateurs. Et pour complexifier le tout, le premier équipementier du secteur, Huawei, s’est retrouvé au cœur d’accusations d’espionnage.

1 La 5G, à quoi ça sert et combien ça coûte ?

Si l’on en croit la communication d’Orange à destination du grand public, la 5G permettra de télécharger sur son téléphone un film en très haute définition (4K) en à peine 4 minutes. On nous promet aussi des avancées en matière de réalité virtuelle et de réalité augmentée, qui en sont pour l’heure à leurs balbutiements. Rien de très nécessaire. En résumé, ce protocole de communication offre des débits en théorie jusque 100 fois plus rapides que la 4G, et de connecter ensemble toujours plus de terminaux.

Les opérateurs préfèrent se concentrer sur les usages professionnels. Ils sont conscients qu’en l’attente d’un service vraiment accrocheur, ils peineront à convaincre le grand public d’investir dans du matériel compatible et un nouveau forfait plus cher, à partir de 40 euros selon les premières annonces. « La 5G sera vraiment utile pour le déploiement massif de capteurs dans les villes, les smart cities. Certains usages prévus posent d’ailleurs de vraies questions, comme ces caméras intelligentes qui permettront de faire de la reconnaissance faciale en quasi-temps réel », explique Gauthier Roussilhe, designer, chercheur sur les impacts environnementaux du numérique et auteur de l’étude « La controverse de la 5G », dont la dernière version est parue ce mois de juillet. Les temps de latence très courts de cette nouvelle génération sont aussi censés permettre à terme des usages qui n’existent pas encore, comme la voiture totalement autonome, le pilotage de machines complexes dans l’industrie 4.0, voire de la chirurgie à distance.

La 5G ne devrait en tout cas pas servir à réduire la fracture numérique. En France, le territoire est loin d’être entièrement couvert par la 4G, et le retard s’accumule en matière de diffusion de la fibre optique, puisque moins de 80 % de la population y a accès. « Selon les premiers retours aux États-Unis et en Grande Bretagne, la 5G en milieu rural a un rendement d’à peine 300 euros par an et par kilomètre carré, alors qu’il est de 250 000 en zone urbaine. C’est vite calculé, surtout vu la faible portée, 300 mètres, des antennes-relais, qui coûtent plus de 15 000 euros à l’installation », pointe Gauthier Roussilhe. Selon les estimations des opérateurs, il faudrait aussi que les usagers de smartphones consomment de 6 à 10 fois plus de données et de services pour que la 5G devienne rentable.

2 Une source de création d’emplois en France ?

« Chez Nokia en France, la 5G ne va pas créer d’emplois, bien au contraire, puisqu’on subit un nouveau plan de licenciement de 1 200 postes, pour l’essentiel des ingénieurs travaillant notamment dans le développement de la 5G », déplore Claude Josserand, DSC CGT chez Nokia. Ils ont cravaché, soir et week-end pendant deux ans, pour que l’équipementier finlandais rattrape son retard technologique sur ses deux concurrents, Ericsson et Huawei. Une fois fait, ces centaines d’ingénieurs français sont « remerciés » et leur emploi délocalisé en Inde ou en Europe de l’Est. « Il ne restera vraiment plus grand-chose de la 5G. Chez Ericsson en France, il n’y a que quelques unités de venteIl y aura un peu de créations d’emplois sur l’installation et la mise à jour des antennes, mais l’activité est à 100 % sous-traitée, y compris chez Nokia, qui fait venir pour cela des travailleurs détachés roumains qui seront virés dès que le boulot sera fait », assure, amer, le syndicaliste.

Reste la maintenance réseau, une activité déjà existante, et l’éventuelle création de nouveaux services. « Mais 80 % du trafic français est occupé par des services américains, note Gauthier Roussilhe. Quant aux terminaux et objets connectés, ils sont globalement fabriqués en Chine. Ce n’est pas une fatalité, mais sans sérieuse volonté politique, je vois mal comment la 5G pourrait créer de l’emploi en France. »

3 Et les enjeux d’espionnage dans tout ça ?

Pour garantir une souveraineté numérique, il faudrait maîtriser la chaîne de production du processeur au logiciel, des antennes-relais aux câbles sous-marins. Ce serait d’ailleurs le meilleur moyen pour que le secteur crée réellement des emplois sur les territoires. Sauf qu’aujourd’hui en matière de smartphones et d’Internet mobile, on investit dans des technologies finlandaise (Nokia) et suédoise (Ericsson), pour utiliser des services américains, sur des terminaux chinois. La possibilité pour les opérateurs français d’installer des antennes Huawei est soumise à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), qui n’accorde que quelques autorisations très contraintes géographiquement et dans le temps. Dans ces conditions, l’équipementier, soupçonné d’être bien trop proche du gouvernement chinois, aura disparu du territoire dans les 5 à 8 ans (voir encadré).

« Les Américains nous espionnent depuis tellement d’années. On sait qu’ils mettaient déjà les câbles sous-marins sur écoute pendant la guerre froide, raconte, fataliste, Gauthier Roussilhe. Et les révélations d’Edward Snowden montrent qu’il n’y a plus de souveraineté numérique en Europe. Au moins de son côté, la Chine l’a vite compris, ce qui fait qu’ils sont aujourd’hui en position de force. »

Il convient d’ajouter à ce triste constat le Cloud Act. Cette loi signée en 2018 par Donald Trump impose aux entreprises états-uniennes, sous injonction de justice, de récupérer les données et communications personnelles d’un individu quelle que soit sa nationalité, sans que celui-ci en soit informé, ni que son pays de résidence ne le soit, pas plus que le pays où elles sont stockées.

4 Que savons-nous des risques sanitaires ?

L’OMS affirme en substance qu’ « aucun effet nuisible sur la santé causé par l’utilisation d’un téléphone mobile n’a été démontré », tout en classant les rayonnements électromagnétiques parmi les cancérigènes possibles. Dans les faits, sur la 5G, on ne sait pas grand-chose. « Pour réaliser une véritable enquête sanitaire, il faudrait suivre une cohorte de personnes pendant une dizaine d’années et regarder les conséquences sur leur santé, selon les temps et la fréquence d’usage du smartphone, l’intensité de l’exposition aux ondes…, énumère Gauthier Roussilhe. Les études récentes ne regardent que les effets ionisants, c’est-à-dire si la réception du signal fait chauffer les tissus. »

La seule véritable étude sur l’usage du téléphone mobile a été effectuée entre 2000 et 2010, soit à la préhistoire du smartphone, alors que seules 10 % des personnes suivies utilisaient plus de 30 minutes par jour leur terminal. Elle avait déjà établi la corrélation entre l’usage intensif du mobile et les risques de tumeur du cerveau. Les usages ont depuis radicalement changé. « Pour apporter une réponse fiable, plusieurs études parallèles seraient nécessaires pour éviter les conflits d’intérêts. Et se rendre compte que le temps de la recherche ne peut être forcé dans le calendrier économique », assure le chercheur. Claude Josserand est lui plus rassurant. « Les antennes 5G dirigent plus précisément leur faisceau vers les terminaux, le rayonnement est donc plus faible que les générations précédentes », explique l’ingénieur chez Nokia.

Gauthier Roussilhe a, en outre, constaté que beaucoup d’anti-5G aujourd’hui font cause commune avec les anti-Linky. « Imposer des infrastructures sans concertation, sans que même les élus locaux aient leur mot à dire est un modèle à bout de course. Cela va créer de plus en plus de résistances, et probablement des dégradations d’antennes », prédit-il. D’autant que les acteurs ne sont plus des services publics, mais des sociétés privées en quête de rentabilité.

5 Plus efficace ou plus énergivore ?

« La 5G est extrêmement consommatrice d’énergie. Pourquoi ? Pour regarder plus vite la pub ? Est-ce que c’est ça l’enjeu ? », a lancé début juillet Julien Bayou, secrétaire national d’EELV. Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, lui a répondu être « totalement en désaccord », la technologie représenterait « un gain d’efficacité ». Face à ces affirmations, difficile de s’y retrouver. « Présenté ainsi, les deux ont raison, sourit Gauthier Roussilhe. À débit constant, la 5G consomme moins que la génération précédente. Mais même si elle était 2 fois moins énergivore, comme le but est de multiplier le trafic par 100, la consommation restera 50 fois supérieure ! » L’équipementier Huawei, techniquement le plus avancé, estime que les besoins en énergie de ses antennes vont être multipliés par 3, et qu’il faudra davantage de relais.

Mais regarder la consommation des antennes consiste à prendre cette question par le petit bout de la lorgnette. La hausse des débits engendre une augmentation des services « cloud », donc des centres de données, qui consomment déjà, selon les estimations du Shift Project, 500 térawatts à l’heure, soit la production d’environ 80 centrales nucléaires. « Et on ne parle jamais de l’énergie nécessaire à la construction des terminaux, puisqu’il va falloir en changer pour la 5G, ajoute le chercheur. Il faut aussi ajouter aux conséquences écologiques l’extraction des métaux, et la production des déchets électriques et électroniques, qui augmentent de 8 % par an. »

Le discours rabâché sur le numérique qui dématérialise et donc permettrait des économies, y compris d’énergie, a vraiment pénétré les esprits. « On a, au contraire, besoin de rematérialiser le numérique, prendre conscience que cela pollue et que c’est un enjeu d’aménagement du territoire », assure Gauthier Roussilhe. La fuite en avant n’est pas une fatalité. Finir de couvrir le territoire de fibre optique, combler le retard accumulé serait une réelle alternative. Ces minces câbles proposent les plus hauts débits - les antennes-relais 5G se branchent d’ailleurs sur la fibre - sans émettre d’ondes ni consommer toujours plus d’énergie…

« Je milite pour la mise en place d’un observatoire du numérique, première brique pour repenser la technologie et ses conséquences écologiques et sociales, ce qui implique parfois de ne pas numériser, résume Gauthier Roussilhe. Les services publics, par exemple, ne sont pas que des fonctions ou des coûts, mais du tissu humain, du lien social. Il est urgent de se poser la question de quel numérique est soutenable dans ce monde, avant de fantasmer sur quel monde est possible grâce au numérique. »

Pierric Marissal

 

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