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25 août 2023 5 25 /08 /août /2023 06:00
Sébastien Jumel : « Sur l’énergie, il faut créer un rapport de force à l’échelle européenne » - Interview à l'Humanité avec Diego Chauvet- 24 août 2023
Sébastien Jumel : « Sur l’énergie, il faut créer un rapport de force à l’échelle européenne »

Pour le député PCF de Seine-Maritime Sébastien Jumel, l’électricité et le gaz doivent sortir des logiques du marché. S’il salue le travail parlementaire sur le retour aux tarifs réglementés, il compte accentuer la pression sur le gouvernement dès la rentrée.

Jeudi 24 août 2023 - L'Humanité
 

Comment est-il possible que des fournisseurs alternatifs puissent adresser des factures de plusieurs milliers d’euros ?

Le marché n’a jamais protégé personne. Il faut sortir l’énergie, bien commun de première nécessité, de cette logique. Trente ans de libéralisation du secteur de l’énergie ont fait mal aux territoires, à l’emploi, et aux ménages. Ces dix dernières années, le coût de l’énergie a augmenté de 70 %. Le gouvernement a annoncé sortir du bouclier tarifaire, incomplet, peu efficace et coûteux, et il s’est révélé incapable de décorréler les prix de l’électricité de ceux du gaz.

Le sénateur Fabien Gay a dénoncé le hold-up des fournisseurs alternatifs. Non seulement il leur arrive de procéder à des rappels de règlement insurmontables pour les gens, mais ce sont de surcroît les mêmes qui ont bénéficié avec l’Arenh de tarifs à bas coûts qui ont saigné EDF dans des conditions parfaitement déloyales, et même anticoncurrentielles du point de vue des libéraux. Ils y ont donc gagné deux fois, ce qui est inacceptable. Je ne compte pas le nombre de nos interventions à l’Assemblée comme au Sénat pour le dénoncer.

Que proposez-vous ?

Nous avons été à l’initiative d’une proposition de projet de loi, votée par les deux assemblées, pour permettre un retour aux tarifs réglementés. Il manque encore une dernière lecture au Sénat pour qu’elle soit mise en œuvre, et je compte sur un groupe communiste renforcé pour reprendre ce combat. La compétitivité de nos industries est remise en cause par l’explosion des prix de l’énergie.

Quand on parle de souveraineté et que l’on refuse de régler ce problème, on entretient une illusion. On ne peut pas accélérer le développement des énergies renouvelables si on ne sort pas de la logique de marché, ni envisager d’accélérer la modernisation du parc nucléaire.

Pour sortir de la logique de marché, faut-il sortir du marché européen de l’énergie ?

C’est la solution. Il faut créer un rapport de force à l’échelle européenne pour obtenir la reconnaissance que l’énergie est un bien spécifique qui doit échapper aux règles du marché. La France ne risque rien à engager ce combat. Les renoncements à établir un tel rapport de force sont surréalistes. De quelles mesures de rétorsion l’Europe dispose-t-elle contre un pays comme la France ? Aucune.

Puisque vous parlez de rapport de force, comment accentuer la pression au-delà de votre travail de parlementaire ?

L’intersyndicale des électriciens et gaziers est alignée sur ces positions. J’en profite d’ailleurs pour souligner que j’ai saisi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour protester contre la convocation de Sébastien Menesplier (CGT énergie) par la gendarmerie (lire ci-contre). Il est inacceptable de transformer ceux qui luttent en délinquants. On a aussi gagné des choses. On a fait reculer le gouvernement sur le projet Hercule qui aurait démantelé EDF. On l’a même contraint à reprendre la main avec un capital 100 % public

L’Assemblée a mis le gouvernement en minorité à quatre reprises sur le retour aux tarifs réglementés pour les artisans et les collectivités locales. Il y a donc un espace politique pour considérer que l’énergie est un sujet stratégique, un enjeu de souveraineté. La rentrée devra remettre ces questions au cœur de l’actualité politique et parlementaire, pour dire stop et reprendre la main. 

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24 août 2023 4 24 /08 /août /2023 13:52
Précarité étudiante: une forte augmentation pour la rentrée (MJCF, CommunisteS du 24 août 2023)
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24 août 2023 4 24 /08 /août /2023 13:39
Contre l’austérité et la guerre, tous et toutes mobilisés pour gagner ensemble ! - Igor Zamichéi, coordinateur du comité exécutif national du PCF

En cette rentée, le coût de la vie explose et aggrave le quotidien de millions de Français·es. Hausse sur un an de 31 % des prix de l’électricité, hausse de 18,4 % en un an et demi des prix alimentaires, hausse de 10 % des prix des fournitures scolaires… tout augmente, sauf les salaires ! Et voilà qu’on apprend désormais que le gouvernement envisage de doubler les franchises en matière de santé et faire supporter des coûts supplémentaires sur les médicaments et les consultations à l’immense majorité des Français·es.

A chaque régression sociale, la République recule. Comme elle recule quand Nahel est tué à Nanterre pour un refus d’obtempérer et quand un enfant meurt à Nîmes dans une fusillade sur fond de trafic de drogues. Elle recule quand les forces de l’ordre n’ont pas les moyens de protéger la population et quand l’État de droit est attaqué pour ouvrir la voie à une justice d’exception pour ceux qui parmi eux tuent ou mutilent. A cela s’ajoute l’inquiétude face au réchauffement climatique qui bouleverse la vie des peuples ici comme partout dans le monde et face à une situation internationale où la guerre et la militarisation prospèrent et nécessitent la reconstruction d’un grand mouvement pacifiste. Préparons partout la journée internationale pour la paix du 21 septembre avec une grande ambition.

La France s'inquiète de la guerre.
La France souffre du chômage et de la précarité.
La France a faim.
La France crève de chaud dans des logements non rénovés à l’heure du réchauffement climatique.
La France renonce aux soins.
Et la France se fait réprimer quand elle lutte !

Alors nous serons très nombreux le 6 septembre prochain pour soutenir Sébastien Ménesplier, secrétaire général de la FNME-CGT, convoqué à la gendarmerie pour avoir lutter courageusement avec nos camarades énergéticiens pour la défense du droit à la retraite et le service public.

Cette situation faite au peuple est intenable, insupportable ! Elle est la source de tant de drames, de luttes mais aussi d’une colère de plus en plus brune.

Dans cette situation, les communistes ont un grand rôle à jouer pour désigner le vrai ennemi, le capital, et non le voisin ou l’étranger, et transformer la colère en espoir et en mobilisation populaire. Et nous avons de grands atouts pour cela : notre force militante, l’action de nos milliers d’élus locaux et de nos parlementaires, et la place grandissante de notre secrétaire national, Fabien Roussel, dans la vie politique de notre pays alors qu’il est désormais la première personnalité de gauche en France.

L’université d’été de notre parti qui se tient à la fin de la semaine sera un moment important pour approfondir l’ensemble des enjeux de la période. Et la fête de l’Humanité doit être plus que jamais cette belle et grande fête populaire, mettant en valeur notre journal si utile au pays. Organisons des milliers de points de rendez-vous dans les jours qui viennent pour diffuser le bon de soutien, c’est essentiel pour le journal et la réussite politique de la fête !

L’heure est à révéler aux Françaises et aux Français les raisons de la crise. Le capital coûte cher, très cher à la France. Car cette explosion des prix n’est pas le fait d’une main invisible mais des exigences de profits du CAC 40 nourrissent l’explosion des prix ! Les fournisseurs privés d’électricité se goinfrent, tout comme les grandes entreprises de l’agroalimentaire. Servir la finance, quoi qu’il en coûte, voilà leur unique boussole !

L’heure est plus que jamais à la lutte, car ils préparent une cure d’austérité sans précédent. Le budget de la sécurité sociale, comme le budget de l’État en préparation sont des budgets exclusivement au service du capital, des budgets de combat contre le monde du travail ! Alors que se dessine une grande journée européenne de grèves et de manifestation en octobre, mobilisons massivement pour sa réussite.

L’heure est à construire l’alternative à ce pouvoir.

Partout dans le pays, nous les communistes, soyons à l’initiative, contribuons à la solidarité concrète, multiplions les rencontres publiques larges, ouvertes aux syndicalistes, aux forces de gauche, pour rassembler et construire avec les travailleuses et les travailleurs et les habitants de nos villages et de nos quartiers.

Engageons le débat sur l’emploi, les salaires, le climat, la guerre, et sur le rôle du capital dans la crise actuelle pour construire des mobilisations fortes et victorieuses.

Engageons le débat, avec notre chef de file, Léon Deffontaines, sur les politiques européennes austéritaires qui sont au cœur de la crise de la perte de souveraineté industrielle, énergétique, alimentaire, sanitaire de la France, et qui saccagent les vies de millions de nos concitoyennes et concitoyens.

Et dans toutes nos initiatives, renforçons notre parti pour être toujours plus nombreux à construire la France des Jours heureux dont le pays a tant besoin !

Igor Zamichiei, coordinateur du comité exécutif national 

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24 août 2023 4 24 /08 /août /2023 13:19
Imposer l'austérité, « reciviliser », stopper l’immigration… ce qu’il faut retenir de l’interview de Macron - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 24 août 2023
Imposer l'austérité, « reciviliser », stopper l’immigration… ce qu’il faut retenir de l’interview de Macron

C’est aussi la rentrée pour Emmanuel Macron. Une rentrée à droite toute. Imposer l'austérité, « reciviliser », stopper l’immigration, rétablir l’autorité à l’école… autant de sujets abordés dans l’interview accordée par le président de la République au Point ce jeudi, dans laquelle il détaille également l'« initiative politique d’ampleur » promise cet été.

Publié le
Jeudi 24 août 2023
 

Après la catastrophe des « 100 jours d’apaisement » - d’abord rattrapés par les casserolades contre la réforme des retraites puis par les émeutes suite à la mort de Nahel -, le président de la République avait promis au cœur de l’été « une initiative politique d’ampleur » pour la rentrée. Il en livre les détails dans une très longue interview dans l’hebdomadaire Le Point de ce jeudi.

Si Emmanuel Macron y assure qu’une coalition n’est pas possible en l’état, les perspectives politiques qu’il y déroule ont tout pour séduire la droite LR. Le chef de l’État a d’ailleurs pris soin de téléphoner mardi soir au patron des Républicains, Éric Ciotti. « Le président lui a parlé de son “initiative”, qui serait une sorte de séminaire où chacun pourrait parler librement » avant « une longue discussion » sur « l’immigration, l’actualité internationale ou l’économie », a expliqué à l’AFP l’entourage du député des Alpes-Maritimes. Imposer l'austérité, « reciviliser », stopper l’immigration, rétablir l’autorité à l’école… ce qu’il faut retenir de l’interview présidentielle

Les éternels « pognon de dingue » et « travailler plus »

La formule n’est pas reprise, mais l’esprit reste le même : les dépenses sociales coûtent « un pognon de dingue » . « C’est une réalité que nous avons un haut niveau de dépenses publiques et que nous devons continuer à le faire baisser en commençant par réduire les dispositifs exceptionnels mis en place pour faire face à la crise des prix de l’énergie », juge Emmanuel Macron qui pointe également « la dépense sociale qui représente près de la moitié des dépenses publiques ». Le cap de la réduction des déficits - et de l’austérité qui l’accompagne et à laquelle Élisabeth Borne a commencé à préparer les esprits – est réaffirmé : « Nous commencerons à diminuer le poids de la dette en 2026 et repasserons sous les 3 % de déficit en 2027. »

Se félicitant des très contestées réformes des retraites (qui « accroît justement la quantité de travail ») et de l’assurance chômage, « je ne saurais me contenter d’un taux de chômage à 7 % », prévient le chef de l’État alors qu’il est interrogé sur de possibles nouvelles «  réformes du marché du travail ». Et de plaider, dans la foulée, pour un « système d’assurance-chômage véritablement contracyclique – donc d’autant plus protecteur que le taux de chômage est élevé et inversement – et en allant chercher ceux qui sont en chômage de longue durée ».

« Reciviliser » les quartiers populaires, le mépris de classe brandi en étendard

Les mots sont plus élégants, mais on n’est pas loin du « nettoyage au karcher » proclamé en son temps par Nicolas Sarkozy . « J’ai parlé de décivilisation il y a quelques mois. C’est bien cela que nous avons vu. Il faut donc s’atteler à reciviliser », déclare Emmanuel Macron à propos des émeutes qui ont secoué les quartiers populaires après la mort de Nahel abattu à bout portant par un policier en juin dernier. Sans un mot pour les violences policières, le chef de l’État - s’il ne fait pas de lien direct avec l’immigration ( « ce ne sont pas les étrangers qui ont causé ces émeutes, 90 % sont nés français ») - pointe  « l’intégration » comme le problème central. Et de l’une à l’autre il n’y a qu’un pas : « En résumé oui, il faut réduire l’immigration, mais il faut continuer en parallèle d’agir par l’école, l’intégration, l’autorité, la République. Et l’économie », assure-t-il d’ailleurs plus loin. Un gage de plus donné à l'extrême droite.

D'ailleurs, l'hôte de l’Élysée en profite pour creuser le sillon de décrédibilisation du mouvement écologiste entrepris par l'exécutif depuis des mois : « le radicalisme suscite toujours des réactions et crée des clivages dangereux pour la cause même que l'on entend servir », estime-t-il renvoyant les  activistes du climat à « un hyperindividualisme où chacun estime détenir seul la vérité ».

« Cela montre que le chantier de la famille est essentiel. Ensuite, il y a la place de l’école, de la régulation des écrans, de l’intégration par l’économie et l’emploi », ajoute le président à propos de la réponse aux émeutes. Faire de l'éducation une priorité serait plutôt une bonne nouvelle. Mais, là encore, le projet présidentiel ressemble à s'y méprendre aux vieilles lunes de la droite. « Il y a ce travail en profondeur : l’apprentissage de la langue, le retour de l’autorité du maître à l’école, le travail avec les parents », explique le chef de l’État qui déroule la martingale du retour « des savoirs fondamentaux, lire, écrire, compter, se comporter » au cœur des apprentissages qui seront évalués chaque année en primaire.

« Nous devons laisser plus d’autonomie aux établissements, dans leurs projets, dans leurs recrutements, comme nous l’avons fait à Marseille », vante aussi le chef de l’État qui plaide en faveur d'une rentrée scolaire dès le 20 août pour les élèves « qui en ont besoin », ou encore pour la refonte des programmes d’histoire et d’ « instruction civique ». S’il évoque le problème de l'absence de remplacements des profs absents, il ne précise pas les moyens qui seront alloués à le résoudre. Et, pour le collège, il mise aussi sur une pré-orientation : « Dès la cinquième, il s’agit de faire entrer les métiers au collège.  »

Des œillades aux LR en vue de la réforme sur l’immigration

« Est-ce qu’on est submergés par l’immigration ? Non. C’est faux de dire cela. Cela dit, la situation que nous connaissons n’est pas tenable et nous devons réduire significativement l’immigration, à commencer par l’immigration illégale. Nous avons une obligation de résultat », a déclaré le président de la République. Un « non, mais » qui en dit long sur un sujet objet de surenchères permanentes entre la droite et l’extrême droite.

 Pour ce faire, il faut mieux protéger nos frontières extérieures, européennes, car rappelons-le, la France n’est pas un pays de première entrée en Europe, mais surtout d’immigration secondaire pour des étrangers entrés par un autre pays de l’Union européenne », poursuit Emmanuel Macron en annonçant qu’il va «  mandater dès la rentrée le ministre de l’Intérieur pour repartir du projet du gouvernement, échanger avec toutes les forces d’opposition qui vont dans ce même sens et construire un projet le plus efficace possible » .

Une « initiative politique d’ampleur » résumée à une rencontre avec les chefs de partis

On allait voir ce qu’on allait voir. Après l’échec des « 100 jours d’apaisement », le chef de l’État avait promis une « initiative politique d’ampleur » pour la rentrée. Au final, celle-ci se résumera en une rencontre la semaine prochaine avec « toutes les forces politiques représentées » au Parlement. La réunion, qui pourrait avoir lieu mercredi 30 août selon certains partis politiques conviés, portera « sur la situation internationale et ses conséquences sur la France, et sur les nuits d’émeutes que nous avons vécues, avec pour objectif de prendre des décisions pour renforcer l’indépendance de notre pays et rebâtir notre nation et tout ce qui la tient ». « Sortiront de ces travaux des décisions immédiates, des projets et propositions de loi, mais aussi des projets de référendums », ajoute Emmanuel Macron, dans cette interview-fleuve.

Parmi ceux-ci, pourrait revenir la réforme des institutions abandonnée lors du premier quinquennat ou encore le chantier de la décentralisation.« Nous devons poser la question de l’organisation territoriale qui est confuse et coûteuse, dilue les responsabilités. On voit bien qu’entre les communes, intercommunalités, départements et régions, on a trop de strates et un problème de clarté des compétences », estime l'hôte de l’Élysée, en écho au « conseiller territorial » voulu par Sarkozy en son temps et qui n'avait finalement pas vu le jour.  

Sur l'international, des positions réaffirmées 

« Une bonne négociation sera celle que les Ukrainiens voudront », affirme Emmanuel Macron à propos de la guerre menée par la Russie chez son voisin. L'hôte de l'Elysée assure qu'il discutera « quand ce sera utile » avec Vladimir Poutine à qui il reproche de nourrir « le désordre du monde »« tout en étant membre du Conseil de Sécurité de l’ONU ». Le président de la République avait aussi assuré dès mercredi, à l'occasion d'un sommet, que la France ne reconnaissait pas « l'annexion par la Russie de territoires ukrainiens », après des propos controversés de son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui avait jugé « illusoire » un  « retour en arrière » sur la Crimée. 

Quant aux interventions militaires françaises au Sahel, elles « ont été des succès », estime-t-il malgré la détérioration des relations avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Concernant ce dernier pays, le chef de l’État appelle  à la « restauration de l’ordre constitutionnel » et à la libération du président Mohamed Bazoum, renversé le 26 juillet par des militaires« Ce coup d’État est un coup contre la démocratie au Niger, contre le peuple nigérien et contre la lutte antiterrorisme ».

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23 août 2023 3 23 /08 /août /2023 06:44

Dans le journal "La Terre", une expression forte de Fred Giraud au nom de la fédération PCF des Deux-Sèvres sur les procédures judiciaires à l'encontre des opposants aux méga-bassines.

La fédération des Deux-Sèvres du PCF appelle à soutenir les camarades poursuivis, dont un qui a eu un verdict d'un an de prison ferme en août, d'autres d'un an avec sursis, et à soutenir David Bodin, secrétaire de l'UD CGT et militant par ailleurs du PCF, convoqué avec d'autres militants syndicaux opposés aux mega-bassines le 8 septembre au tribunal correctionnel de Niort. Sophie Binet sera présente pour le soutenir le 8 septembre à Niort devant le tribunal. Saint-Soline, un cas d'école de la brutalité et de la violence des pratiques du président Macron et de son gouvernement face au mouvement social, syndical, écologiste, et aux oppositions citoyennes.

Photo Le Convoi de l’eau : @lessoulevements

Photo Le Convoi de l’eau : @lessoulevements

Non à la guerre de l’eau ! Vive La Paix De L’eau

 

Par Frédéric GIRAUD, secrétaire départemental Fédération PCF en Deux-Sèvres.


Le tribunal Correctionnel de Niort a prononcé début août la condamnation à un an de prison pour Loïc S., militant écologiste et « anti-bassines », de la prison avec sursis pour trois autres participants à la manifestation de Sainte-Soline !

En parallèle, le secrétaire de l’Union Départementale CGT du département des Deux-Sèvres, également adhérent du PCF, est cité à comparaître le 8 septembre prochain devant le même Tribunal, au motif de « soupçons d’organisation de manifestation interdite ». Ce camarade sera jugé avec 7 autres militants anti-bassines, de Sud Solidaires, de la Confédération Paysanne, de BNM (Bassines Non Merci), des Soulèvements De La Terre,…

Après le dramatique bilan humain de la manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline,
la répression de l’État Macron s’abat sans discernement : garde à vue, tabassage d’un militant chez lui par des « barbouzes », recours à la brigade anti-terroristes, emprisonnement pendant plusieurs semaines avant sa comparution pour Loïc S., traçage ADN, etc… et poursuites judiciaires de plusieurs militants… Mais aucun des gendarmes qui ont blessé des manifestants, y compris très grièvement, ne sont à ce jour poursuivis et ne le seront jamais faute de pouvoir les identifier !!!

Ces actions qui utilisent systématiquement la violence, la peur, l’intimidation et amalgament les manifestants à des factieux ne relèvent en aucun cas d’un État de droit. Elles participent d’une stratégie de pourrissement du mouvement massif et déterminé contre les méga-bassines et contre la privatisation de l’eau. Il en a été de même lors du mouvement contre la réforme des retraites et auparavant, contre les Gilets Jaunes.

Nous saluons le rapport des observateurs de la Ligue des Droits de l’Homme sur les « faits » qui se sont produits lors de la manifestation de Sainte-Soline. Ils sont incontestables : il s’est agi d’« empêcher l’accès à la bassine quel qu’en soit le coût humain ». Rappelons que la bassine n’était alors qu’un trou de terre entouré de grilles !

Nous, militant.es du PCF présent.es lors de cette manifestation, restons choqué.es d’avoir vu un tel déploiement de violence de la part des forces de l’ordre qui ont frappé les manifestant.es présent.es dans les cortèges avec des armes de guerre, grenades de désencerclement, grenades lacrymogènes et assourdissantes, et autres quads armés !… 3200 gendarmes, 9 hélicoptères !

« Quel que soit le décompte exact de l’utilisation des armes à Sainte-Soline, nous retiendrons qu’il a été fait usage de plusieurs milliers de munitions d’armes de guerre dont certaines dysfonctionnaient, mettant encore plus en danger les manifestant•e•s. Elles étaient tirées de manière indiscriminée pendant quasiment deux heures, témoignant d’une intensité exceptionnelle et d’un usage immodéré du recours à la force » (extrait du rapport définitif de la LDH du 10 juillet 2023).

Six experts de l’ONU ont indiqué dans une lettre au gouvernement français leur inquiétude sur les violences policières et plus largement la non prise en compte de la problématique de l’eau par ce gouvernement : « Nous sommes profondément préoccupés par la criminalisation des individus qui manifestent contre les méga-bassines, ainsi que les dérives de la stratégie du maintien de l’ordre…par la poursuite du développement des projets de méga-bassines en France » .

Que faut-il de plus, à ce gouvernement, qui se dit garant de la République, pour reconnaître l’impasse de la répression et l’impasse écologique des méga-bassines ? Des morts ?

Avec le collectif BNM dans lequel le PCF 79 est impliqué depuis le début du mouvement, avec les SDLT, la Confédération Paysanne, l’UD CGT 79, Sud Solidaires, de nombreuses associations, des élu.es politiques dont les élu.es régionaux PCF à la Région Nouvelle Aquitaine, nous demandons un moratoire de tous les chantiers en cours qui permette d’établir un dialogue sur la construction d’un projet de territoire de gestion de l’eau et de l’agriculture, élaboré démocratiquement.

Plus largement, l’eau est vitale et doit être partagée, son accès ne doit pas être source de conflit entre les pays, entre les peuples et entre les régions. Le défi climatique renforce l’exigence d’un nouveau modèle de coopération basé sur l’entraide, inséparable du désarmement et de la consolidation de la paix dans le monde.

Pour le PCF, protéger et défendre l’eau et son usage dans le Marais Poitevin, c’est aussi construire la paix, en France et dans le monde !

Le maintien de l’ordre doit garantir la liberté de manifester, qui est un droit constitutionnel fondamental de notre République. Il doit être respecter point barre.

Pour que vive la paix de l’eau et non la guerre de l’eau !


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22 août 2023 2 22 /08 /août /2023 18:35
À un mois de la Fête, l’Humanité cambriolée a besoin de votre soutien - Fabien Gay
À un mois de la Fête, l’Humanité cambriolée a besoin de votre soutien
Publié le Lundi 21 août 2023 - l'Humanité

Chers lectrices et lecteurs, Alors que l’été n’est pas encore achevé et que notre rédaction est mobilisée pour continuer de décrypter l’actualité, un mauvais coup est venu frapper le groupe l’Humanité. Dans la nuit du mercredi 16 août au jeudi 17 août, le bâtiment où nous avons nos bureaux a été cambriolé. Quasiment toutes les entreprises de l’immeuble ont également été visitées et je veux leur apporter notre plein soutien.

En ce qui nous concerne, ce sont une cinquantaine d’ordinateurs qui ont été dérobés avec d’autres outils informatiques, comme le matériel vidéo, auxquels s’ajoutent des dégradations importantes qui occasionnent des désagréments importants pour notre vie commune.

Un mauvais coup dans une période charnière

C’est d’autant plus un mauvais coup qu’il se produit dans une période charnière pour toutes nos équipes. Nous avions récemment renouvelé l’ensemble de nos outils informatiques pour assurer dans les meilleures conditions le changement d’outil éditorial le 4 septembre et le lancement de notre nouvelle plateforme numérique, de notre nouvelle liseuse et la création de notre application numérique pour le 15 septembre prochain.

Depuis, des milliers de messages de soutien nous parviennent. Cela nous va droit au cœur.

De plus, tout le service de la Fête de l’Humanité qui devait emménager ce jeudi 17 août sur le terrain pour assurer le montage, l’accueil des militants et des prestataires se retrouve sans outils informatiques.

Grâce à la solidarité de nos équipes, nous avons pu assurer la sortie des éditions et les équipes de la Fête ont pu s’installer sur le terrain ce week-end. Depuis vendredi, des milliers de témoignages nous parviennent pour nous soutenir et nous apporter des mots de réconfort. Cela nous va droit au cœur et révèle l’émoi qui dépasse notre seule rédaction.

Mais, maintenant, nous avons besoin de vous, lectrices et lecteurs, amies et amis et toutes celles et tous ceux qui sont attachés à nos titres et à la Fête de l’Humanité pour assurer le lancement de notre « révolution numérique » le 15 septembre et la Fête de l’Humanité.

Nous appelons chacune et chacun à se mobiliser et à venir en nombre à la Fête, pour y débattre, y échanger, s’amuser, se cultiver et nous soutenir. Nous vous appelons à vous munir du bon de soutien auprès des militants communistes. Nous donnons d’ores et déjà rendez-vous au plus grand nombre le jeudi 14 septembre à 18 h 30 à l’Agora de l’Humanité pour l’inauguration de la Fête.

Une souscription exceptionnelle « Solidarité avec l’Humanité »

Nous lançons dès maintenant une souscription exceptionnelle « Solidarité avec l’Humanité ». Les assurances nous rembourseront, mais les délais seront longs, peut-être de plusieurs mois voire d’un an ou deux. Et c’est maintenant que nous devons remplacer ce matériel pour assurer nos missions à votre service.

En cette fin de mois d’août, nous connaissons des difficultés de trésorerie qui avaient déjà motivé un appel précédent à souscription et qui ne nous permettent pas de faire face à cette nouvelle épreuve. C’est pour cette raison que nous faisons appel à votre générosité pour nous soutenir.

Chaque geste, même modeste, nous sera utile pour permettre l’acquisition rapide de matériel. Nous avons encore une fois besoin de vous et je sais que l’Humanité, bien commun du mouvement social et des progressistes, peut encore et toujours compter sur vous. 

 Pour aider l'Humanité :

  • Je fais un don
    Votre don donne droit à une réduction d'impôt de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
    Par exemple, si vous donnez 100 €, vous récupérez 66 €. Si vous donnez 200 €, vous récupérez 132 €. Si vous donnez 500 €, vous récupérez 330 €...
  • Je prends un abonnement de soutien.
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20 août 2023 7 20 /08 /août /2023 07:56
Concentration dans les médias, des empires pour le pire - Cathy Dos Santos, L'Humanité, 12 août 2023
Concentration des médias, des empires pour le pire
Publié le
Samedi 12 août 2023
 

La mort dans l’âme, une majorité de nos consœurs et de nos confrères ont décidé de quitter la rédaction du « Journal du dimanche » (« JDD »), au terme d’une grève de six semaines. Ils abandonnent une « maison », poussés dehors par un patron obsédé par l’ivresse du fric et de l’info trash qui peut rapporter gros. Le fait qu’Arnaud Lagardère, sous la coupe du groupe Vivendi détenu par le milliardaire Vincent Bolloré, refuse une charte interdisant les propos racistes dans les colonnes du « JDD » est sidérant. Cette posture en dit long sur la brutale détérioration de l’espace médiatique, de l’indépendance de la presse et, in fine, de la conception de la déontologie du métier qu’ont les actionnaires.

Les craintes soulevées par l’arrivée de l’extrémiste Geoffroy Lejeune à la tête du « JDD », condamné pour haine raciale alors qu’il dirigeait « Valeurs actuelles », se vérifient déjà. Le groupie d’Éric Zemmour a ramené dans ses cartons des représentants de la réaction putride, dont Cyril de Bektech, ancien collaborateur de « Minute » et de « National hebdo ». Dans ces conditions, la reparution de l’hebdomadaire ne réjouit que ses dirigeants. Les problèmes de fond pointés par les grévistes, eux, restent sans réponse. D’ailleurs, la pusillanimité du gouvernement durant le conflit du « JDD » est éloquente. Pourtant, les problèmes avancés ne concernent pas que la profession ; elles minent l’existence de la presse et, de facto, la vie démocratique de notre pays. Les ordonnances de 1944 du Conseil national de la Résistance ont garanti, au lendemain de la Libération, la liberté d’expression et l’indépendance des titres vis-à-vis des puissances de l’argent et de l’influence de l’État. « La presse n’est pas un objet commercial mais un instrument de culture », affirmait à l’époque la Fédération nationale de la presse française dans sa déclaration des droits et des devoirs. Ce cadre est en train d’exploser sous la pression de la concentration médiatique.

En France, onze milliardaires détiennent 80 % de la presse quotidienne généraliste, près de 60 % de la part d’audience des télévisions et la moitié des audiences de la radio. Cette concentration entre les mains d’une poignée de dirigeants a, bien sûr, des objectifs économiques. En témoigne la guerre qu’ils se livrent avec les géants du numérique pour capter l’énorme marché de la publicité. L’autre versant est la domination idéologique. L’accaparement des médias par des grands groupes capitalistes a pour but de constituer des empires de l’information (et de la désinformation !) à même d’agir sur les États, les organismes politiques et économiques. Leur ascendant n’a pas de frontières. Leur domination sur l’information est telle que les titres qu’ils dirigent contribuent à façonner et à manipuler l’opinion publique afin de servir leurs intérêts économiques et leurs croisades politiques. Le système Bolloré a transformé les médias en forces de frappe où la vacuité des débats côtoie un torrent de désinformation, rabâchée jusqu’à la nausée. Elles servent de marchepied à l’extrême droite et offrent une tribune aux thèses complotistes et obscurantistes.

Les médias indépendants sont les premiers à souffrir de cette profonde restructuration qui piétine l’information, le pluralisme, la pensée et les idées. Le président a confirmé la tenue d’états généraux de l’information en septembre. Chaque citoyen est en droit d’en questionner leur finalité. Ils n’auront de crédibilité que s’ils prennent en compte les propositions de loi qui sont déjà sur la table. Elles posent enfin un cadre avec des lois efficaces qui limitent la concentration des médias et offrent des garanties d’existence aux médias indépendants avec des aides publiques priorisées. « Un journal, disait Albert Camus, c’est la conscience d’une nation. » On ne peut rester les bras croisés face à la crise démocratique que connaît notre pays.

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20 août 2023 7 20 /08 /août /2023 07:52
Le journal « L’Humanité » cambriolé, son directeur appelle à la solidarité avant la Fête de l’Huma »

Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis et directeur de la publication du journal évoque « un préjudice conséquent » après le cambriolage des locaux.

Les locaux de la rédaction du quotidien L’Humanité, situés à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ont été cambriolés jeudi matin et du matériel informatique a été dérobé.

Les faits se sont déroulés peu après 6h dans un immeuble situé dans le quartier Pleyel à Saint-Denis. Les auteurs, vêtus de tenues d’ouvriers, ont cassé une vitre située au rez-de-chaussée pour pénétrer dans l’immeuble de cinq étages abritant plusieurs entreprises, selon des sources proches de l’enquête.

Fabien GAY (sénateur PCF de Seine-Saint-Denis et directeur de la publication) a évoqué « un préjudice conséquent en pleine préparation de la Fête de l’Humanité et du lancement de notre nouveau site le 15 septembre. » « Nous appelons à la solidarité de toutes et tous ! »

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, a dénoncé « une attaque majeure contre le travail de la presse et, au-delà, à notre démocratie »« Nous appelons à la solidarité financière la plus large avec le journal », ajoute-t-il.

Alors apportons notre aide à L’HUMANITE  : il est possible de faire un don en ligne (site du journal).

Le journal l'Humanité cambriolé: son directeur Fabien Gay et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, appellent à un sursaut de solidarité vis-à-vis du journal L'Humanité
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20 août 2023 7 20 /08 /août /2023 06:00
Ian Brossat en meeting à Rennes pour les élections européennes de 2019 - Photo France Chapa

Ian Brossat en meeting à Rennes pour les élections européennes de 2019 - Photo France Chapa

Ian Brossat : L'union est nécessaire mais elle ne doit pas être déconnectée de la base sociale du pays

 

L’ENTRETIEN POLITIQUE DU WEEK-END. Le porte-parole du PCF estime que l’union, « nécessaire », doit se faire sur d’autres « bases qu’en 2022 » et insiste sur la déconnexion avec la base sociale du pays.

À l'aube d'une rentrée politique chargée, les communistes affichent la mine des « jours heureux ». Fabien Roussel, qui avait fait de cette formule un marqueur de sa campagne présidentielle, est la personnalité préférée des électeurs de gauche, selon un récent sondage Elabe pour Les Échos. Il devance Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin et François Hollande.

Si le secrétaire national du Parti communiste est placé aussi haut, c'est qu'il incarne « une gauche populaire, authentique, qu'on a bien connue et qui a disparu », selon Ian Brossat, porte-parole du PCF et adjoint à la maire de Paris en charge du logement. À mille lieues du reste de la Nupes, qui s'est émue que Fabien Roussel partage sa recette de salade de hareng dans un camping corse.

La polémique aoûtienne est révélatrice d'un « mépris de classe », assène Brossat, qui ajoute qu'« on ne peut pas se faire aimer du peuple si l'on déteste tout ce qu'il est ». La césure entre le PCF et les Insoumis, notamment, semble actée… Pour la première fois, un cadre communiste explique sans ambages que l'union de la gauche ne devra pas se faire sur les mêmes bases qu'en 2022. Comprendre : sans LFI et, si possible, autour du projet de Roussel. Ian Brossat revient aussi sur son vieux combat contre la prolifération d'Airbnb à Paris, l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne (UE) et à l'Otan, l'université d'été du parti à Strasbourg et le refus d'y inviter le rappeur Médine

Le Point : Partagez-vous l'avis de Nicolas Sarkozy, qui estime, dans un entretien au Figaro, que l'Ukraine ne devrait rejoindre ni l'Otan ni l'UE, mais « rester neutre » ?

Ian Brossat : Nicolas Sarkozy n'est pas une référence pour nous en matière de politique internationale. C'est le moins que l'on puisse dire. Néanmoins, sur le fond, je ne pense pas que l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne ou l'Otan soit une bonne idée. Au Parti communiste, nous ne sommes pas favorables à un nouvel élargissement de l'UE.

Depuis plusieurs décennies, nous n'avons cessé de faire entrer dans l'UE des pays qui n'ont pas du tout le même modèle social que le nôtre. Cet élargissement sans fin nous tire inévitablement vers le bas. Quand vous pensez que la Moldavie frappe à la porte de l'UE alors que son smic est à 46 euros par mois ! Quant à l'Otan, permettre à l'Ukraine de l'intégrer renforcerait une logique de blocs qui ne serait pas propice à la résolution pacifique du conflit.

En cantonnant l'Ukraine à cette neutralité, ne se plierait-on pas aux désidératas de Poutine ? N'est-ce pas une façon de dire « puisque Poutine ne veut pas qu'on le fasse, ne le faisons pas » ?

Il faut être pragmatique. La question essentielle, c'est : comment sort-on de ce conflit ? Or, de fait, l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan ne réglerait pas le conflit ; elle l'aggraverait. Notre seule boussole doit être la résolution pacifique de ce conflit.

L'organisation, par exemple, de « référendums strictement encadrés par la communauté internationale » peut-elle y contribuer ?

Oui, je suis favorable à l'autodétermination des peuples.

À la Ville de Paris, où vous êtes adjoint en charge du logement, vous avez remporté plusieurs bras de fer avec Airbnb, notamment la limitation de la location des résidences principales à 120 jours par an. Envisagez-vous de mettre en œuvre d'autres mesures à la rentrée pour renforcer la régulation de la plateforme ?

Il faut d'abord rappeler que nous revenons de loin ! Lorsque je me suis emparé de ce sujet en 2014, personne ne s'y intéressait. Nous avons perçu très tôt que le développement anarchique d'Airbnb risquait de se faire au détriment du logement et du cadre de vie des Parisiens.

Nous avons donc construit tout un arsenal juridique et je constate que toutes les initiatives que nous avons lancées ont porté leurs fruits : la limitation de la location des résidences principales à 120 jours par an, l'interdiction (sauf autorisation exceptionnelle) de location de résidences secondaires sur les plateformes de location touristique, la mise en place d'un numéro d'enregistrement qui fait qu'un loueur doit désormais s'enregistrer auprès des services de la ville… Tout cela fonctionne.

D'ailleurs, sur ce dernier point, Airbnb a été condamné en 2021 à 8 millions d'euros et, depuis, la plateforme ne publie plus d'annonces sans numéro d'enregistrement. Les propriétaires qui fraudent ont été sanctionnés à hauteur de 6,5 millions d'euros depuis deux ans et demi. Sans ces mesures, nous aurions été totalement envahis par Airbnb dans les quartiers touristiques.

Faut-il désormais aller plus loin ? Évidemment. Je pense à la fois à des mesures que la Ville de Paris va prendre et à des revendications que nous portons auprès du législateur. Sur le plan strictement municipal, nous avons voté, il y a maintenant deux mois, un nouveau plan local d'urbanisme (PLU) qui doit nous permettre d'interdire totalement la création de nouvelles surfaces dédiées à la location touristique à l'année.

Elles seront purement et simplement interdites dans les quartiers les plus impactés par le développement de ces plateformes, donc les quartiers les plus touristiques : Montmartre, le Marais, les abords de la tour Eiffel… Le PLU est maintenant soumis à une enquête publique. Il faut donc compter un peu plus d'un an pour que ces mesures puissent être appliquées.

Et sur le plan législatif ?

Nous portons deux exigences. Premièrement, il n'est pas normal que les propriétaires qui louent sur Airbnb ou d'autres plateformes bénéficient d'une niche fiscale. Il faudrait au moins aligner la fiscalité de ces locations touristiques sur la location classique. Je souhaite que, dans le cadre du prochain projet de loi de finances, cette hérésie soit purement et simplement supprimée.

Deuxièmement, il y a la question des passoires thermiques. Ce qui est prévu aujourd'hui, c'est l'interdiction progressive, à la location classique, des logements qui sont des passoires thermiques. Pour l'instant, cette mesure ne s'applique pas aux locations touristiques. Mon souhait est que cela change et que les passoires thermiques soient aussi interdites à la location sur les plateformes de type Airbnb. Juste avant l'été, le gouvernement a annoncé son intention de changer les choses. Il est temps qu'il passe aux actes car, pour l'instant, l'exécutif avance à la vitesse d'un escargot qui aurait perdu le sens de l'orientation…

Vous organisez l'université d'été du PCF à Strasbourg, du 25 au 27 août. Vos partenaires de la Nupes ne figurent pas parmi la liste des intervenants. Vous faites bande à part ?

Non, nous avons envoyé une invitation à l'ensemble des forces de la Nupes, qui ont loisir de participer à notre université d'été. Le PC a également un calendrier particulier puisque le grand moment de débat public, pour nous, reste la Fête de l'Humanité, qui a lieu le deuxième week-end du mois de septembre. En ce qui concerne notre université d'été, elle remplit d'abord un rôle classique de formation des adhérents. D'autres universités d'été ne ressemblent plus à cela mais nous, nous en sommes tenus à cette tradition. Nous n'en faisons pas un moment de grand show politique.

C'est la raison pour laquelle vous n'avez pas invité le rappeur Médine, dont la participation aux universités d'été d'EELV et de LFI a fait couler beaucoup d'encre ?

Il n'a jamais été question de l'inviter.

La Nupes est-elle dépassée ? Est-ce devenu « un boulet, une camisole », selon l'expression de Fabien Roussel ?

La Nupes a partiellement et ponctuellement rempli sa mission il y a un an, au moment des élections législatives. Elle a permis à la gauche, qui aurait pu être rayée de la carte, d'en sortir vivante. Cela dit, l'alliance ne nous a pas permis de gagner. Aujourd'hui, la gauche est encore trop faible : nous ne représentons qu'un quart des députés à l'Assemblée nationale ! Il faut de toute urgence se donner les moyens de remporter des victoires. La Nupes, dans sa configuration actuelle, nous le permet-elle ? Je n'en suis pas certain. Il faut aller au-delà de ce que nous avons fait et arrêter de croire que la Nupes serait une sorte d'œuvre sacrée que l'on n'aurait pas le droit de toucher.

Faut-il l'élargir au reste de la gauche, notamment aux figures qui y sont notoirement hostiles, comme Bernard Cazeneuve ?

Pour gagner, il ne suffira pas d'agréger des forces supplémentaires. Le sujet, c'est notre base sociale. Elle est trop étroite. Nous enregistrons de très bons résultats dans les grandes villes et dans les quartiers populaires, mais nous réalisons des contre-performances dans la France périphérique. Nous ne parlons pas aux classes populaires des campagnes. Or, pendant le mouvement de contestation de la réforme des retraites, il y a eu des mobilisations énormes dans les petites et moyennes villes. Ceux qui ont marché contre le report de l'âge légal de départ à 64 ans ne votent pas tous pour nous, loin de là. Cela doit nous interpeller. Ce n'est pas une question de casting, c'est une question de fond.

Comment analysez-vous le récent sondage qui place Fabien Roussel en tête des personnalités préférées des électeurs de gauche, devant Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin et François Hollande ?

C'est la reconnaissance de ce que Fabien Roussel fait depuis des années et le début de quelque chose. Pourquoi est-il à ce niveau de popularité ? Parce que les Français reconnaissent la sincérité de son engagement, sa générosité, ses combats sur la nécessaire revalorisation du travail, sur le partage des richesses, sur la défense des valeurs de la République. Il incarne une gauche populaire, authentique, qu'on a bien connue et qui a disparu.

omment la gauche peut-elle, justement, renouer avec les classes populaires ? Faut-il s'inspirer des caravanes de LFI, qui sillonnent la France l'été ?

Inspirons-nous d'exemples locaux. La victoire de Jean-Marc Tellier, désormais député du Pas-de-Calais, dans une circonscription où Marine Le Pen était majoritaire à la présidentielle et où le député sortant était RN est, de ce point de vue, éclairante. Pour reconquérir les classes populaires, il faut les prendre au sérieux, ne pas les prendre de haut, accepter de parler de leurs problèmes de la vie quotidienne et ne pas cliver inutilement sur un certain nombre de sujets.

Pourtant, même lorsque vous ne cherchez pas à cliver, vous êtes pris dans des polémiques. Une simple vidéo de Fabien Roussel partageant sa recette de salade de hareng dans un camping a beaucoup fait réagir. Comment s'entendre sur le fond quand on s'invective à propos de telles futilités ?

C'est ridicule mais assez révélateur. On ne peut pas se faire aimer du peuple si l'on déteste tout ce qu'il est. Tout cela suinte le mépris de classe. Si Fabien Roussel atteint ces niveaux de popularité, c'est que les Français savent qu'il ne se fiche pas d'eux. Il n'a pas commencé à fréquenter le camping quand il est devenu candidat à la présidentielle. Il ne joue pas de rôle. Certains devraient arrêter de créer de toutes pièces des polémiques absurdes.

Comment comprendre la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, ses outrances, ses remontrances et ses sorties complotistes ? Que cherche-t-il, selon vous ?

Jean-Luc Mélenchon vit sa vie. Notre ambition, c'est de permettre à la gauche de gagner avec tous ceux qui le souhaitent. L'union est nécessaire mais, pour être gagnante, elle ne doit pas se faire sur les mêmes bases qu'en 2022.

Aux sénatoriales, les Insoumis ne font pas partie de l'accord entre écologistes, socialistes et communistes. Aux européennes, chaque composante de l'alliance devrait avoir son propre candidat. Peut-on être unis tout en ayant des listes séparées à chaque échéance électorale ?

L'union prend des formes différentes. Rappelons que même lorsque toute la gauche participait au gouvernement de la gauche plurielle de Lionel Jospin, chaque composante avait sa liste aux européennes de 1999. Nous ne portons pas le même projet sur l'Europe. Il serait insensé que nous nous retrouvions sur une liste de gens qui défendent les traités européens que nous avons rejetés. Une campagne menée sur des bases aussi friables ne tiendrait pas deux semaines.

Emmanuel Macron a annoncé une « initiative politique d'ampleur à la rentrée ». Qu'en attendez-vous ? Y participerez-vous ?

 

Je n'en attends pas grand-chose. Emmanuel Macron est condamné à annoncer en permanence de grandes initiatives qui ne voient jamais le jour. S'il s'agit de nous demander de monter à bord du Titanic avec lui, il n'en est pas question. On peut toujours discuter, mais cela ne mènera à rien tant que le chef de l'État ne changera pas radicalement de politique.

Source Le Point

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17 août 2023 4 17 /08 /août /2023 06:30
En Palestine, des élus français pour la solidarité en actes - Marion D'Allard, L'Humanité
En Palestine, des élus français pour la solidarité en actes

Venue des quatre coins de France, une délégation de maires, de responsables associatifs et de syndicalistes s’est rendue, fin juin, en Cisjordanie occupée à l’invitation de l’Association de jumelage des camps de réfugiés palestiniens avec les villes françaises.

Publié le
Mardi 18 juillet 2023

Cisjordanie occupée, envoyée spéciale.

Se rendre en Palestine n’est jamais anodin. Y aller dans le cadre d’une délégation de l’Association pour le jumelage des camps de réfugiés palestiniens avec les villes françaises (AJPF) l’est sans doute encore moins.

Fin juin, une petite quarantaine d’élus, de responsables d’associations et d’organisations syndicales, venus des quatre coins de France, ont fait le voyage, à l’invitation de l’association créée en 1999 par le militant communiste Fernand Tuil et le Palestinien Ahmed Muhaisen, aujourd’hui disparus.

Si les deux tiers d’entre eux n’avaient jamais mis les pieds en Palestine occupée, tous y sont allés avec un objectif : faire vivre la solidarité concrètement et sur le terrain, porter haut les revendications de la reconnaissance d’un État palestinien et du droit au retour des réfugiés.

Un voyage initiatique

« J’imaginais que ce serait comme un voyage initiatique, et ça l’a été », confie Stéphane Buisine, conseiller municipal à Limay, jumelée depuis plus de vingt ans avec le camp de réfugiés de Shuafat. Avec Djamel Nedjar, maire communiste de cette ville des Yvelines, ils ont profité de leur passage en Palestine pour rencontrer le responsable du comité de résistance populaire de Shuafat.

Une séance de travail au cours de laquelle « on a beaucoup travaillé sur la question des déchets, de l’éducation et de l’intégration des femmes », détaille Stéphane Buisine. Pas de jumelage encore mais un premier voyage aussi, pour Carole Thomas. Élue à la solidarité à la mairie d’Alba-la-Romaine (Ardèche), elle mesure désormais « la réalité d’un système colonial, la toute-puissance de l’État israélien qui grignote le territoire palestinien ».

Si embarquer la population de sa ville dans un grand projet de coopération décentralisée lui semble pour l’instant prématuré, Carole Thomas assure que d’autres passerelles existent pour créer des liens de solidarité. Construire des projets d’échanges autour de l’archéologie en fait partie.

Lui aussi du voyage, Samy Charifi Alaoui a troqué, le temps d’une petite semaine, sa casquette de cheminot contre une bonne paire de baskets. Secrétaire général du secteur fédéral de la CGT cheminots de la région Paris-Est, il est « venu dans l’idée de (s)’engager dans une coopération avec un camp de réfugiés ». Mais les jours passant, les rencontres se faisant, les choses ne se sont pas passées comme prévu.

« La conviction très forte que c’était là que notre engagement serait utile »

« À Masafer Yatta, quand je me suis assis dans cette petite école menacée de destruction, j’ai tout de suite eu la conviction très forte que c’était là que notre engagement serait utile », confie le syndicaliste. Dans cette zone semi-désertique du sud de la Cisjordanie, les populations de tradition bédouine subissent quotidiennement les assauts de la colonisation. Il lui fallait acter un engagement concret.

Et c’est sous la forme d’une prise en charge financière du salaire d’une dizaine d’animateurs qu’il s’est concrétisé. « Les gamins du coin étaient même privés de leur camp d’été. On a fait en sorte qu’il puisse avoir lieu », sourit Samy.

Dans le camp de réfugiés de Nur Shams, dans le gouvernorat de Tulkarem, c’est une tout autre ambiance qui attendait les élus de la petite ville armoricaine de Rostrenen. Hymnes nationaux, spectacle de danse traditionnelle, la signature officielle de l’accord de coopération s’est faite en grande pompe.

Un brin impressionné, Guillaume Robic explique que « la grandeur de la cérémonie est à la hauteur de l’espoir que suscite ce genre d’accord ». Le maire de Rostrenen n’en était pas à sa première visite en Palestine. Sur place, il a constaté l’aggravation des tensions. « Il y a ici un véritable apartheid, un colonialisme territorial doublé d’un impérialisme culturel qui laissent un sentiment très fort de colère et d’indignation. »

Yveline Le Briand ne le contredira pas. Première adjointe à la mairie de Grigny (Essonne), elle est venue officialiser une démarche de jumelage, entamée un an plus tôt par Philippe Rio, le maire communiste de sa ville, avec le camp de réfugiés d’Aïda, au nord de Bethléem. Sensibilisée à la cause palestinienne, Yveline concède que ce voyage a eu sur elle l’effet d’un électrochoc. « Savoir est une chose, mais le vivre, être témoin de ce traitement réservé aux Palestiniens dans le silence ahurissant de la communauté internationale, dépasse l’entendement », confie l’élue.

La montée en tension de la situation sur place, constatée par toutes celles et tous ceux qui connaissaient le terrain, va de pair avec l’extrême-droitisation du pouvoir israélien, explique Isabelle Tordjman-Tuil.

Elle qui vient « depuis trente ans en Palestine » a vu « la colonisation s’intensifier ». « Les populations palestinienne et israélienne sont de plus en plus isolées les unes des autres », déplore la militante. Avant de conclure, sans jamais se lasser, que « la paix se fera par les peuples ».

La maire communiste de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, a pris la présidence de l’Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF) en janvier dernier. Elle s'est rendue avec une délégation d'élus fin juin en Palestine

La maire communiste de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, a pris la présidence de l’Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF) en janvier dernier. Elle s'est rendue avec une délégation d'élus fin juin en Palestine

Palestine : « En tant qu’élu, notre premier devoir est de témoigner »

La maire communiste de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, a pris la présidence de l’Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF) en janvier. Charlotte Blandiot-Faride revient sur l’engagement de l’association auprès du peuple palestinien et interpelle directement le gouvernement français sur la situation.

Publié le
Mardi 18 juillet 2023
La maire communiste de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, a pris la présidence de l’Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF) en janvier dernier. Elle s'est rendue avec une délégation d'élus fin juin en Palestine
 
 

Chaque année, l’AJPF (Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises) organise le déplacement de délégations d’élus en Palestine et dans les camps de réfugiés, en Cisjordanie et au Liban. En quoi est-ce essentiel ?

Il n’y a pas meilleure façon de se rendre compte de la situation que d’y aller. Constater ce que subissent chaque jour les Palestiniens, ce que perpètrent une armée et un gouvernement colonial. L’AJPF s’est constituée, en complémentarité de beaucoup d’autres associations qui luttent pour les droits du peuple palestinien, avec une certitude : les liens tissés entre les peuples peuvent faire gagner la paix.

Alors que la question palestinienne a été reléguée au second rang des priorités internationales, que les médias dominants parlent peu et mal de ce conflit, envoyer sur place des élus de la République – mais pas que – permet de constater l’oppression, le mépris, la haine même qui s’abattent sur ce peuple dans le silence assourdissant de la communauté internationale, qui condamne, certes, de temps en temps, les actes du gouvernement et de l’armée israélienne, mais sans jamais prononcer de sanctions.

Pourtant, on l’a vu avec la guerre en Ukraine, elle a les moyens d’agir. En parallèle, lors de ces délégations, l’AJPF s’oblige à travailler avec un panel de partenaires locaux, responsables politiques palestiniens ou personnalités issues de la société civile – y compris israélienne. L’AJPF ne cherche pas à imposer un récit mais à opposer le réel aux préjugés.

Quelles actions menez-vous sur le terrain ?

Le but de notre association est avant tout de créer des réseaux, des liens privilégiés avec les camps de réfugiés palestiniens. Il appartient ensuite à chacun de développer des projets en fonction des besoins, des affinités, des capacités d’investissement. Ce lien de jumelage est d’abord politique. Nous militons pour la reconnaissance de l’État de Palestine et du droit au retour des réfugiés. Mais pas seulement.

Le jumelage ou la coopération décentralisée permettent également des échanges culturels, sportifs ou de solidarité. Soutien scolaire, formation d’animateurs socioculturels, financement de centres de santé, projets d’assainissement ou de traitement des déchets, accueil en vacances de jeunes Palestiniens… le panel d’actions possibles est large.

C’est grâce à cela que, par exemple, des jeunes Palestiniens du camp de Balata (dans les environs de Naplouse, au cœur de la Cisjordanie occupée – NDLR), ont pu, en se rendant à Mauléon (Deux-Sèvres), voir la mer pour la première fois.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la situation sur place ?

Je suis allée en Palestine pour la première fois il y a dix ans, et j’y suis retournée quatre fois depuis. À tous les niveaux, la situation s’est largement durcie et profondément dégradée, y compris ces derniers mois. Depuis janvier, le nombre d’incursions israéliennes dans les camps et les villages palestiniens a explosé, avec plus de 200 Palestiniens tués en quelques mois à peine.

Il est particulièrement frappant de constater à quel point les colons agissent violemment, encore plus que l’armée parfois. Ils détruisent des maisons, incendient des terres agricoles et des véhicules, assassinent en toute impunité.

En face, le peuple palestinien fait preuve d’une immense résilience, mais, coupé géographiquement de ses voisins et ignoré de la communauté internationale, il ressent aussi une profonde lassitude, un véritable sentiment d’isolement.

En tant qu’élue, quel message adressez-vous au gouvernement français et à l’Union européenne ?

Notre premier devoir est de rendre compte, clairement, de ce que nous avons constaté et vécu sur place. Il est évident qu’à chaque fois que la communauté internationale réagit sur la situation des Palestiniens, la réponse n’est pas à la hauteur du préjudice subi. L’ONU a reconnu à plusieurs reprises que l’État d’Israël bafouait le droit international.

Dans certaines villes palestiniennes, comme Hébron, les soldats, armés jusqu’aux dents, qui ont contrôlé plusieurs fois l’identité des membres de notre délégation et retenu pendant des heures nos accompagnateurs palestiniens sans raison, étaient franco-israéliens. C’est-à-dire que, là-bas, certains de nos compatriotes se sentent tout-puissants.

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