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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 05:58
Ian Brossat: « Ce n’est plus un gouvernement mais un cimetière » (L'Humanité, entretien avec Naïm Sakhi, 21 juin 2022)
Entretien IAN BROSSAT, porte-parole du PCF
« Ce n’est plus un gouvernement mais un cimetière »

Face à une Macronie sans majorité absolue, Ian Brossat estime que la gauche devra démontrer son utilité au plus grand nombre pour contrer la politique de casse sociale du gouvernement.

Publié le Mardi 21 Juin 2022

Forte des 138 députés Nupes (hors outre-mer), la gauche sera la principale opposition à la politique de casse sociale d’Emmanuel Macron. Mais pour le porte-parole du PCF, Ian Brossat, face à l’inquiétante percée du Rassemblement national (RN), elle devra « affronter » les réalités qui poussent une partie de la France rurale et populaire dans les bras de l’extrême droite.

Les électeurs ont infligé un revers électoral à Emmanuel Macron, sans majorité absolue à l’Assemblée nationale. La France est-elle entrée dans une zone de turbulences ?

Le président de la République s’est pris une claque monumentale. Il ne dispose pas d’une majorité absolue, plusieurs de ses proches ont été battus, trois ministres ont été balayés. Ce n’est plus un gouvernement, c’est un cimetière. Ce n’est pas ce résultat qui crée des turbulences. C’est l’inverse : le chaos engendré par sa politique qui produit ce résultat. Les Français rejettent son bilan autant que son projet. Ils ne veulent pas de la retraite à 65 ans et de ses réformes punitives. La situation actuelle est porteuse de nouvelles réjouissantes, mais aussi de périls. Au registre des bonnes nouvelles, la sanction encaissée par le pouvoir et la gauche, qui renforce sa présence grâce au rassemblement. La progression exponentielle de l’extrême droite, en revanche, doit nous alerter. Je salue au passage la magnifique victoire de Jean-Marc Tellier, maire PCF d’Avion, qui est le seul à battre le RN dans une circonscription que l’extrême droite avait gagnée en 2017. Il est le seul à ­réaliser cette performance.

Avec 138 députés pour la Nupes et les élus progressistes d’outre-mer, la gauche sera la principale force d’opposition. Quelles sont ses marges de manœuvre pour contrer la politique de casse sociale ?

Nous ne dévions pas de notre ligne de conduite : être utiles au plus grand nombre, au monde du travail, en portant nos propositions sur le pouvoir d’achat, la santé, le service public. C’est ce que nous avons toujours fait, mais le gouvernement a bien souvent fait le choix de les balayer d’un revers de main. Il a fallu qu’André Chassaigne s’y prenne à plusieurs reprises pour imposer la revalorisation des retraites agricoles. Sur la déconjugalisation de l’allocation aux adultes handicapés, par contre, il n’a jamais voulu accéder à nos demandes. C’est pourtant une simple question d’humanité. Le gouvernement changera-t-il d’attitude au vu du nouveau rapport de forces ? Cela reste à vérifier. En tout état de cause, notre présence renforcée à l’Assemblée, couplée au mouvement social, sera un atout pour mener le combat.

Alors que l’objectif de la Nupes était de rassembler des électeurs dont le RN capte la colère, celui-ci réalise une percée historique. Pourquoi n’a-t-elle pas réussi à les convaincre ? Quelles responsabilités pour la Macronie, qui s’est refusée au barrage républicain ?

Le RN national progresse nettement, c’est incontestable. Le choix fait par Macron de renvoyer dos à dos la gauche et l’extrême droite a produit des effets ravageurs. Il est comptable de la présence de 89 députés RN : par sa politique qui a contribué à semer la division chez les Français et par ses tergiversations entre les deux tours. Il va nous falloir affronter ces réalités, analyser cette percée, particulièrement dans la France rurale. C’est l’une des questions centrales qui nous est posée. La gauche enregistre des performances remarquables dans les grandes métropoles, dans les quartiers populaires. C’est moins le cas dans la France des villages. Il va falloir travailler à unir les deux car c’est la condition de la victoire.

Ian Brossat: « Ce n’est plus un gouvernement mais un cimetière » (L'Humanité, entretien avec Naïm Sakhi, 21 juin 2022)
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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 11:52
Résultat des élections législatives de juin 2022 - Le nombre de députés par blocs et forces politiques à l'Assemblée Nationale
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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 05:40
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)
PCF - Un groupe consolidé (L'Humanité, 19 juin 2022)

PCF Un groupe consolidé

(L'Humanité, 19 juin 2022)

Bien embarqués à l’issue du premier tour, huit députés communistes sortants ont été réélus.

En Seine-Maritime, Sébastien Jumel (57,81 %), Jean-Paul Lecoq (65,76 %) et Hubert Wulfranc (61,07 %) confirment l’implantation du PCF dans ce département.

En Île-de-France, Stéphane Peu et Elsa Faucillon sont tous deux reconduits pour un second mandat.

Fabien Roussel (54,5 %), Pierre Dharréville (52,67 %) et le président du groupe GDR, André Chassaigne (69,43 %), s’imposent face au RN.

Dans l’Allier, où Jean-Paul Dufrègne passait la main, Yannick Monnet (55,51 %) l’emporte face à la macronie. Enfin, dans la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis, Soumya Bourouaha, qui succédait à Marie-George Buffet, était seule en lice, dimanche, après le retrait du maire de Stains, Azzédine Taïbi. En revanche, Alain Bruneel perd son siège dans le Nord, battu de 277 voix par l’extrême droite.

« La Nupes a largement contribué à nos succès. La gauche se renforce à l’Assemblée. C’est une très bonne nouvelle avec la constitution de quatre groupes, s’est réjoui Fabien Roussel. Il reste beaucoup à faire pour que la gauche soit majoritaire. Il faudra prendre le temps de comprendre pourquoi de nombreux électeurs n’ont pas franchi le pas. »

Dans les 31 circonscriptions où le PCF était présent au second tour, la formation remporte deux nouveaux sièges.

Nicolas Sansu (57,7 %) dans le Cher et Jean-Marc Tellier (50,11 %) dans le Pas-de-Calais s’imposent face à l’extrême droite. À 71 voix près, le maire d’Avion parvient à reprendre une circonscription au RN, malgré la dangereuse vague brune.

En revanche, Jean-Marc Lespade (48,06 %) s’incline dans les Landes, face à Ensemble !. Bruno Nottin (36,64 %), Gabriel Blasco (40,81 %) dans l’Hérault et Patrick Soloch (42,85 %) dans le Nord sont, eux, battus par le RN. Loïc Pen (43,3 %) dans l’Oise chute face à LR. Pour former un groupe, les 12 parlementaires communistes devraient s’appuyer sur leurs partenaires ultramarins. Jean-Philippe Nilor en Martinique, Karine Lebon à La Réunion et Moetai Brotherson en Polynésie française ont été reconduits. Tavini, la formation de ce dernier, envoie par ailleurs deux autres députés à Paris.

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 18:21

 

Le mercredi 8 juin, un vote majoritaire du Parlement européen, indiquait que la vente des voitures neuves à moteur thermique sera interdite dans les 27 pays membres de l’Union européenne à partir de 2035. Affirmer cela n’est pas prendre la meilleure voie pour atteindre la neutralité carbone en Europe d’ici 2050. C’est pourtant ce que promettent la Commission européenne et les gouvernements des 27

 

Les voitures particulières à moteur thermique seraient responsables aujourd’hui de 12 % des émissions de CO2 en Europe. À supposer que la vente de ces voitures neuves soit interdite dans treize ans, leur interdiction ne réduira que dans une assez faible proportion les émissions globales de gaz à effet de serre chez les 27 tant que rouleront les véhicules à moteurs thermiques vendus avant cette date. On sait aussi que beaucoup de ces voitures retirées du marché en Europe sont revendues en Afrique, ce qui n’est pas de nature à réduire le bilan global de la voiture thermique au niveau planétaire.

D’autres paramètres sont à prendre en compte pour contester le calcul simpliste aboutissant à une réduction automatique de 12 % des émissions de CO2, suite à l’arrêt des ventes de voitures neuves équipées d’un moteur thermique en Europe. Avant de les remplacer par des voitures électriques, il faut construire ces dernières et produire les batteries dont elles seront équipées. Pour cela, une course de vitesse est déjà engagée dans l’extraction du cuivre, du lithium, du cobalt, du nickel et autres métaux précieux issus des terres rares, lesquels ne se trouvent que dans un nombre très limité de pays. Leur extraction et leur transformation pour équiper les voitures et les batteries se traduiront par beaucoup d’émissions de CO2. Certains calculs indiquent qu’une telle voiture doit parcourir environ 40 000 kilomètres avant de voir son bilan carbone passer sous celui d’une voiture à moteur thermique. Il est également difficile de savoir quel sera le prix de la voiture électrique dans quelques années, du seul fait de la raréfaction de certains métaux.

Délocalisations, publicité et bilan carbone

Pour réduire les coûts de production de ces nouvelles voitures, les grandes firmes européennes font déjà le choix de délocaliser les chaînes de production dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre, comme elles l’avaient fait précédemment pour les chaînes de production dans l’automobile, imposant la même stratégie aux équipementiers. On peut déjà prévoir que le bilan carbone de ces nouvelles délocalisations contribuera de façon importante à l’augmentation des émissions de CO2 d’ici 2035 à l’échelle planétaire. Mais tout cela fut occulté par des députés européens qui ont manifesté leur enthousiasme après le vote du 8 juin. On voit aussi que la publicité pour vendre des voitures équipées d’un moteur électrique ne cesse d’augmenter depuis cette date. Elle va continuer de croître, avec un bilan carbone en forte croissance au fil des ans.

Il faudra aussi produire en 2035 beaucoup plus d’électricité qu’aujourd’hui dans les pays membres de l’Union européenne pour faire rouler ces voitures. Or, dans l’immense majorité de ces pays, l’électricité provient des centrales à charbon et à gaz qui sont très émettrices de CO2. En renonçant à l’énergie nucléaire, l’Allemagne a relancé la combustion du charbon, que la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale utilisent aussi massivement. On nous rétorquera que la part des éoliennes et des panneaux solaires ne cesse d’augmenter dans les pays membres de l’Union européenne. Mais, là aussi, le bilan carbone de la construction de cette filière produisant de l’électricité par intermittence est très élevé pour une durée de vie des installations relativement courte. Leur production accroît aussi la pression sur les ressources fossiles dont les réserves mondiales diminuent rapidement.

Énergies « vertes » ou souveraineté alimentaire ?

En Allemagne, mais aussi en France et dans d’autres pays membres de l’Union, la méthanisation des effluents d’élevage, pour produire du gaz que l’on transforme en électricité, nous est présentée comme une production idéale d’énergie verte. La réalité est beaucoup plus contradictoire. En Allemagne, du fait de la fermeture des centrales nucléaires, la méthanisation des effluents des fermes porcines et laitières s’est beaucoup développée ces dernières années. Surtout quand la production d’énergie paie mieux que la viande porcine et le lait de vache. Afin d’augmenter la production gazière de chaque installation de méthanisation, on cultive de plus en plus de plantes comme le maïs, que l’on déverse directement dans les fosses à lisier. Cela accélère la fermentation et accroît la production de gaz que l’on transforme sur place en électricité intégrable dans le réseau. Du coup, les superficies consacrées à la culture du maïs ont doublé en dix ans outre Rhin. Car les fosses à lisier consomment autant de maïs que les vaches laitières. L’autre conséquence, en plus du bilan carbone des labours et des engrais azotés, a été un doublement du prix des terres agricoles dans certaines régions du pays.

« L’énergie verte » un « pique-assiette » contre les pauvres

Chez nous, lors d’une assemblée tenue le 1 er juin en Seine-Maritime, Jean-François Delaitre, président de l’Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France, déclarait : « Pour cette année 2022, je formule deux vœux : tout d’abord que le biogaz, cette énergie verte produite par les agriculteurs, soit reconnue à sa juste valeur par les pouvoirs publics et trouve sa place dans le mix énergétique ; et que la méthanisation s’intègre pleinement dans les filières agricoles à l’aube des discussions qui s’engagent ».

Mais s’engager sans limite dans une telle voie c’est aussi mettre la production d’énergie en concurrence directe avec la production alimentaire, ce qui débouche sur des hausses de prix alimentaires, laquelle est de 4,3 % sur douze mois et continue de croître. Alors que le gouvernement tourne en rond pour, soi-disant, permettre aux ménages les plus pauvres de bénéficier de chèques alimentaires, nous avons de bonnes raisons de douter de la lucidité et du réalisme de ce vote majoritaire le 8 juin au Parlement européen sur l’interdiction des voitures à moteur thermique en 2035. Sans un fort recul de l’usage de la voiture individuelle en Europe et ailleurs dans le monde, il n’y aura pas de recul du bilan carbone de ce mode de transport au niveau planétaire.

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 16:17

 

Alors que les prix à la consommation ont augmenté de 5,2 % sur douze mois en juin 2021 et mai 2022, dont 27,8 % pour l’énergie, la vague de chaleur de cette semaine est susceptible d’accroître la spéculation sur les produits agricoles. Il serait pourtant possible d’échapper aux spéculateurs en contractualisant des volumes production soumis à un cahier des charges avec un prix garanti. Voilà de quoi étoffer la feuille de route de Marc Fesneau, le nouveau « ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire ».

En raison des conséquences de la guerre en Ukraine, mais aussi de la sécheresse et de la chaleur sévissant sur la France, la presse écrite et audiovisuelle multiplie les commentaires sur le recul du pouvoir d’achat des ménages face aux hausses spéculatives des prix des produits de première nécessité, à commencer par le pain, les pâtes alimentaires et l’huile. Les mêmes médias annonçaient récemment que les industriels bourguignons qui produisent la moutarde de Dijon voyaient le prix de la graine s’envoler, évoquant même un risque pénurie mondiale cette année. On ne rappelait guère, en revanche, que la production de graines de moutarde en Bourgogne est passée de 12.000 tonnes annuelles en 2016 à 4.000 tonnes en 2021 alors que les besoins annuels de l’industrie locale sont estimés à 16.000 tonnes par an.

Cette division par trois de la production régionale résulte de l’accord de libre-échange signé entre la Commission européenne et le Canada, puis approuvé par les 27 pays membres de l’Union européenne, dont la France. Connu sous le sigle CETA, cet accord est entré en vigueur en 2016. À partir de cette date, les industriels français produisant de la moutarde ont augmenté les importations de graines en provenance du Canada au détriment de la production régionale qui coûtait un peu plus cher.

Selon, Fabrice Genin, qui produit de la graine de moutarde à Marsannay-le-Bois, « la filière française n’a pas droit aux insecticides utilisés au Canada » pour protéger cette plante contre les ravageurs, ce qui diminue les rendements en Bourgogne et fait subir aux producteurs une distorsion de concurrence au profit des producteurs canadiens. À cause d’aléas climatiques, la production de graines de moutarde au Canada est passée de 135.000 tonnes en 2020 à 99.000 tonnes en 2021, ce qui s’est traduit par un quasi-doublement de son prix en un an. La production canadienne pour 2022 est encore attendue en baisse de 28 % cet été tandis que les prix continuent d’augmenter.

Le sarrasin entre libre-échange et contractualisation

Ces dernières semaines, plusieurs médias ont également braqué les projecteurs sur un risque de pénurie de sarrasin. Bien que ses galettes bretonnes de blé noir aient de plus en plus de succès auprès des consommateurs, la Bretagne ne produit plus que 3.000 tonnes de graines de sarrasin par an alors qu’elle en utilise 11.000 tonnes. 70 % du sarrasin utilisé en France est importé. Il peut provenir du Canada, de Chine et des pays d’Europe de l’est, sans véritable traçabilité. Il existe pourtant une indication géographique protégée (IGP) depuis 2010 pour un sarrasin breton répondant à un cahier des charges. Les utilisateurs le paient autour de 700€ la tonne contre 450 à 550€ pour le sarrasin importé. L’association « Blé Noir Tradition Bretagne » s’est ainsi créée pour tenter de répondre aux besoins. Sous ce logo, 1.400 producteurs sont habilités à produire du blé noir sur l’ensemble de la Bretagne.

Au XIXème siècle, la France a cultivé annuellement jusqu’à 700.000 hectares de sarrasin contre 30.000 actuellement. En Bretagne et au-delà, dans les zones d’élevage de vaches laitières comme de bovins de boucherie, il serait possible de contractualiser des productions annuelles de sarrasin. Celle culture dont le semis s’effectue au printemps peut servir de « tête d’assolement », à savoir de première culture, quand on laboure une prairie temporaire pendant trois ou quatre ans avant d’y ressemer de l’herbe. Il serait donc possible de passer des contrats gagnant-gagnant avec les éleveurs avec un prix rémunérateur pour cette graine de la famille des « polygonacées » que l’on récolte à la fin de l’été. Entre-temps, elle fleurit, ce qui donne aux abeilles de quoi butiner.

De la lentille verte du Puy au coco de Paimpol

Outre le sarrasin des contrats de production pour des graines riches en protéines comme la lentille, le pois chiche, le haricot sec et les fèves devront être mises en place dans les prochaines années pour renforcer notre souveraineté alimentaire en réduisant notre dépendance aux importations. Alors que la réduction de la consommation annuelle de viande par habitant doit aussi intervenir pour freiner le réchauffement climatique, se fixer un objectif annuel de consommation de 7 à 8 kilos de légumes secs par an et par habitant contre moins de 2 kilos actuellement doit aussi déboucher sur une production croissante de protéines végétales. Le pois chiche donne de bons rendements sur nos terres à blé. Les lentilles produites en France le sont souvent sous signe de qualité, qu’il s’agisse de celle du Berry, de la blonde de Saint-Flour et la verte du Puy. Il en va de même pour les haricots secs de nos garbures et autres cassoulets avec le haricot tarbais et le lingot de Castelnaudary. Au sud, on a aussi le coco de Pamiers et à l’ouest celui de Paimpol, sans oublier les « mogettes », nom donné aux haricots blancs du côté de la Vendée.

Inciter les consommateurs à manger des légumes secs deux à trois fois par semaine et contractualiser la production dans leurs zones de culture traditionnelle aurait de double avantage de renforcer notre souveraineté alimentaire et de réduire le bilan carbone de notre assiette. Cela se fait dans d’autres productions parmi lesquels le lait à comté produit par 1.400 paysans dans les départements du Jura et du Doubs pour l’essentiel. La contractualisation fonctionne aussi depuis longtemps entre Bonduelle, spécialiste des légumes en conserve, et les maraîchers de plusieurs régions qui lui fournissent des produits de qualité, dont les petits pois et les haricots verts, dans le respect d’un cahier des charges avec un prix fixé chaque année avant la mise en culture.

Voilà de quoi inspirer Marc Fesneau, le nouveau ministre de l’agriculture, s’il parvient à conserver son siège de député dimanche soir.

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 08:41
Législatives. Le PCF en lice pour 32 seconds tours (L'Humanité, mardi 14 juin 2022)
Législatives. Le PCF en lice pour 32 seconds tours

Avec plus de candidats qualifiés qu’en 2017, les communistes pourraient voir leur groupe se renforcer à l’Assemblée nationale.

Publié le Mardi 14 Juin 2022 - L'Humanité
 
 
Dans le Puy-de-Dôme, c’est le président sortant du groupe GDR, André Chassaigne, qui, face à un candidat du RN, est favori après ses 49,13 % du premier tour.
 

Sur les 50 candidats présentés aux législatives par le PCF, dans le cadre de la Nupes, pas moins de 32 disputeront le second tour le 19 juin. Un chiffre en nette progression par rapport à 2017, où 12 de ses prétendants s’étaient qualifiés. Parmi ces communistes en lice dimanche prochain figurent ceux des 11 circonscriptions sortantes du PCF, soit 9 députés qui sollicitent un nouveau mandat, et 2 passages de relais. Le premier en Seine-Saint-Denis : Soumya Bourouaha remplace Marie-George Buffet, devenue sa suppléante, et est arrivée avec 36,13 % devant le dissident Azzédine Taïbi (21,43 %). Le second dans l’Allier : Jean-Paul Dufrègne, élu en 2017, a laissé sa place de titulaire à Yannick Monnet, qui, fort de 30,57 % des voix, affrontera Michel Barbarin (LaREM, 19,44 %). Dans le département voisin, c’est le président sortant du groupe GDR, André Chassaigne, qui, face à un candidat du RN, est favori après ses 49,13 %. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, réalise également un bon score dans sa circonscription du Nord, avec 34,13 %, face au RN (32,64 %). Soit un bond de près de 11 points par rapport au premier tour de 2017 (23,61 %).

Des surprises ne sont pas exclues

« Le PCF peut espérer en conquérir 4 ou 5 de plus », selon Adrien Tiberti, l’un de ses dirigeants nationaux qui n’exclut pas d’autres surprises. Il cite notamment la circonscription de Vierzon, où Nicolas Sansu est en bonne position pour faire son retour à l’Assemblée nationale (lire notre entretien). Il a rassemblé 32,36 % des voix au premier tour, tandis que la députée sortante du Modem, Nadia Essayan, a été éliminée. Il affrontera la candidate du RN (22,99 %). Jean-Marc Lespade, maire de Tarnos, dans les Landes, est également qualifié au second tour avec 30,24 %, et ambitionne de l’emporter face au député macroniste sortant, Lionel Causse (33,78 %). Le PCF place également ses espoirs à Sète, dans l’Hérault, où le député sortant Christophe Euzet (LaREM) a été éliminé. Son candidat Gabriel Blasco (21,75 %) compte battre celui du RN (31,01 %) dimanche prochain. À Lens-Avion, dans le Pas-de-Calais, Jean-Marc Tellier (PCF) est au second tour avec 35,37 %, face au candidat du RN (38,35 %).

André Chassaigne s’est réjoui des résultats de la gauche. « Si la dynamique électorale initiée dimanche se poursuit, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, qui comprend deux composantes – celle des députés communistes et celle des députés des outre-mer –, aura vocation à s’exprimer au sein de la gauche unie à l’Assemblée nationale, en toute indépendance, et dans le respect de la singularité politique de chacun de ses membres », a-t-il réagi.

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 07:56

 

Mesdames, messieurs,


Ce soir, avec les résultats des élections du 1er tour des élections législatives, les Françaises et les Français ont, dans leur grande majorité, confirmé leur rejet vis-à-vis du projet politique porté par Emmanuel Macron, dont la coalition obtient un score historiquement bas pour un président.

Des personnalités de la majorité sortante sont en grande difficulté ce soir. Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Education nationale, a été éliminé dès le premier tour.

Ce rejet s'exprime d'abord dans une abstention massive – environ 53 % –, une abstention historique.


Elle avait déjà atteint un record en 2017. Elle est plus forte encore en 2022 et de 10 points supérieurs à 2012. Les législatives sont boudées par les Français·es alors que c'est au Parlement que se décide la politique de la nation !


Mais tout a été fait pour minorer cette élection législative, pour donner l'impression aux Français·es que seule l'élection présidentielle compte.


Il faut déployer des efforts importants pour expliquer à nos compatriotes que seul le Parlement détermine la politique du pays.


Aucune campagne d'incitation au vote n'a été initiée par le gouvernement. Mais surtout, tout est fait, depuis des années, pour laisser penser que la politique ne pourrait pas changer la vie des gens et le fonctionnement de notre société. Faut-il dès lors s'étonner que l'abstention reste aussi forte ?


Il reste un second tour pour se rattraper et offrir la possibilité de battre Macron et sa politique nuisible pour le peuple.


Car c'est la bonne nouvelle de ce premier tour :  les électrices et les électeurs qui se sont rendus aux urnes ont choisi de donner de la force à tous les candidats de l'alliance des forces de gauche et écologistes.


A cette heure, plusieurs centaines de candidats de notre coalition, dont de nombreux candidats communistes, devraient ainsi être présents au second tour, pour affronter des candidats macronistes, de la droite traditionnelle ou de l'extrême droite.


Une victoire au second tour de ces candidats ouvrirait l'espoir de construire une majorité nouvelle avec, dès le mois de juillet, des mesures fortes en faveur de la hausse des salaires, des pensions et pour le blocage des prix.


Les Français·e viennent d'envoyer un message fort : ils ne veulent pas donner de majorité absolue au président et lui laisser les mains libres pendant 5 ans pour mettre en place une politique en faveur des plus riches.


Nous avons 6 jours pour confirmer ce choix et transformer l'essai.


6 jours pour battre définitivement Macron.


6 jours pour confirmer la dynamique des candidats de la gauche unie, à laquelle participe le Parti communiste français et ses candidats dans 54 circonscriptions, en y incluant la Corse.


6 jours aussi pour battre partout l'extrême droite qui réalise encore des résultats inquiétants de très nombreuses circonscriptions.


L’extrême droite connaît encore une forte progression par rapport à 2017, qui l’installe durablement et dangereusement dans le paysage politique.


Je le dis d'ailleurs tout de suite : partout où des candidats d'extrême droite sont présents au second tour, tout doit être mis en œuvre pour qu'ils soient battus. J'en appelle à l'électorat de gauche qui s'est abstenu, à la jeunesse : mobilisez-vous aussi pour que l'extrême droite n'envahisse pas les travées de l'Assemblée nationale !


Oui, dans les jours qui viennent, par notre mobilisation, il est possible d'empêcher le Président des riches de mettre en œuvre son funeste projet de retraite à 65 ans.


Il est possible de lui opposer une majorité de gauche et écologiste qui, dès le 1er juillet prochain, portera le SMIC à 1 500 euros net, qui impulsera l'augmentation immédiate de tous les salaires et des pensions, qui bloquera et fera baisser les prix des carburants, de l'énergie et de tous les produits de première nécessité, qui rétablira la retraite à 60 ans pour toutes et tous, qui donnera les moyens à chaque jeune d'étudier correctement en disposant d'une allocation d'autonomie.


Il est possible de lui opposer une majorité de gauche et écologiste qui reconstruira sans attendre l'hôpital public, qui rebâtira une école de la République garante de la réussite de tous nos enfants, qui redonnera les moyens à nos communes et à nos départements les moyens de reconquérir les services publics de proximité, qui refondera les services publics de la police et la justice pour que chacun vive dans la sécurité et la tranquillité, qui renationalisera nos entreprises de l'énergie et du ferroviaire, pour affronter les défis climatiques et environnementaux.


Il est possible enfin de porter à l'Assemblée une majorité de gauche, avec un groupe GDR, un groupe écologiste, un groupe socialiste et un groupe insoumis. Une majorité qui redonnera du pouvoir au Parlement, aux élus du peuple, qui ne se pliera pas aux exigences d'un homme seul, mais portera à l'Assemblée les exigences des populations.

Oui, c'est possible si les millions d'électrices et d'électeurs qui ne se sont pas rendus aux urnes ce dimanche se mobilisent et utilisent les bulletins de vote des candidats de gauche, des candidats de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale pour dire ce qu'ils veulent comme politique, tout de suite et durant les 5 prochaines années.


Je vous le dis : rassemblons-nous dimanche prochain dans les urnes pour qu'arrive enfin le temps des réformes heureuses.


J’en appelle à chacun d'entre-vous : 

  • à l'ouvrier qui n'en peut plus plus de voir ces grands groupes bloquer les salaires et supprimer des emplois tout en distribuant des énormes dividendes ;
  • au jeune qui n'en peut plus de Parcoursup et qui veut enfin pouvoir étudier correctement dans la filière de son choix ;
  • à l'agriculteur qui aspire à vivre dignement de son travail ;
  • à l'enseignant qui aspire à transmettre un savoir et des connaissances dans une école publique ambitieuse pour la réussite de tous ;
  • à ces personnels de santé maltraités dans leur travail, sous payés ;
  • à ces familles qui doivent accompagner un aîné ayant perdu son autonomie et qui ne savent pas comment ils vont payer le coût de l’Ehpad.

Nous avons une semaine pour battre Macron et la droite, pour résister partout à l'extrême droite qui ne sera jamais une alternative aux politiques libérales.


Une semaine pour rendre possible un premier changement dans la vie des salariés, des jeunes et des retraités.


Dimanche prochain, partout dans le pays, ayons un défi enthousiasmant à relever.

 

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 07:45
Salah Hamouri : De qui se moque la porte parole du Quai d'Orsay ? (PCF)
Salah Hamouri : De qui se moque la porte parole du Quai d'Orsay ?

L'avocat franco-palestinien Salah Hamouri vient de voir, une nouvelle fois, sa détention administrative prolongée de trois mois. Interrogée par le journaliste de l'Humanité, Pierre Barbancey, la porte-parole du Quai d'Orsay, Anne-Claire Legendre, s'est contentée d'évoquer les « démarches » et les « demandes d'explication » de la France au gouvernement israélien afin de masquer l'inaction, le mutisme et le désintérêt sur le sort de ce défenseur des droits humains.

Cette situation doit cesser. Le gouvernement israélien prend impunément des décisions arbitraires dans le cadre d'une procédure qui viole les droits humains fondamentaux, les droits de la défense et le droit international, bafouant toutes les résolutions des Nations unies à propos de la situation du peuple palestinien. 

Alors qu'aucune charge n'est retenue contre lui, qu'il n'a pas accès à son dossier et qu'il n'a jamais été présenté devant un tribunal, Salah Hamouri, défenseur des droits des prisonniers politiques palestiniens, est maintenu en prison par décision d'une autorité militaire. Cette ordonnance illégale ne vise qu'à prolonger indéfiniment son incarcération, à révoquer sa résidence à Jérusalem et à l'expulser définitivement d'Israël. 

Le Parti communiste français (PCF) appelle à la libération immédiate de Salah Hamouri et de tous les prisonniers politiques qui croupissent injustement dans les geôles israéliennes. Le gouvernement français doit cesser de cautionner par son inaction et son silence la politique de Naftali Bennett.

La ministre des Affaires étrangères et le président de la République se doivent maintenant d'agir pour que notre compatriote retrouve la liberté sans délai.

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 15:34

Les candidats de la NUPES réalisent selon les comptages entre 25,6% des voix et 26,8% (comptage FI).

Nombre de circonscriptions en tête par force
Ensemble : 203 ; Nupes : 194 ; RN : 110 ; LR-UDI : 42 ; DVG : 9 ; DVD : 8 ; REG : 7 ; EXD : 2 ; Centre : 2
Nombre de second tours par force
Ensemble : 419 (contre 513 en 2017)
Nupes : 386 (contre 142 pour la gauche en 2017)
RN : 208 (contre 118 en 2017) ; Reconquête : 0

Focus sur le PCF
- 522 429 voix pour les 50 candidats PCF- Nupes (25,4% de moyenne) et 4921 pour les 4 candidats de la Corse, soit 527 350 voix pour nos 54 candidats (contre 620 272 voix pour 462 candidats en 2017)
32 qualifiés au second tour (contre 12 en 2017):

dont au moins 15 chances sérieuses de victoire:

Yannick Monnet (30% à Moulins) dans la circonscription d'un député sortant communiste Jean-Paul Dufrègne (Allier)

Pierre Dharreville (35% à Martigues-Istres), député sortant en tête

Nicolas Sansu (32% à Bourges)

Jean-Marc Lespade (30% à Dax-Tarnos)

Véronique Mahé (en tête avec 24% à La Baule-Guérande)

Alain Bruneel, député sortant (33% à Marchiennes- Aniche)

Fabien Roussel, député sortant (34% à Saint-Amand-les-Eaux)

Loïc Pen (26% à Creil)

Jean-Marc Tellier (35,5% à Lens-Avion)

André Chassaigne, député sortant (49% à Ambert-Thiers)

Hubert Wulfranc, député sortant (44% à Sotteville-les-Rouen)

Sébastien Jumel, député sortant (37,6% à Dieppe)

Jean-Paul Lecoq, député sortant (48,7% au Havre)

Amadou Deme (27% à Limours-Montjumeau)

Elsa Faucillon (54% à Colombes-Gennevilliers)

Stephane Peu, député sortant (62% à Saint-Denis - Pierrefitte)

Soumya Bourouha et Marie-Georges Buffet, députée sortante (36% à Stains face à un dissident communiste qui s'est retiré depuis)

Julien Léger (en tête, 31% à Champigny-Leperreux, Val-de-Marne)

 

 

 

 

 

Elections législatives, 1er tour: déclaration du CEN du PCF
1er tour des élections législatives - déclaration du CEN – 13 juin 2022

Les résultats des élections législatives témoignent de la crise politique profonde que traverse notre pays, notamment du rejet de la politique d’Emmanuel Macron. Face à cette crise de régime, l’enjeu du second tour est désormais l’élection de nombreux député·es de gauche et écologistes pour commencer à ouvrir un autre avenir à la France.

La bonne nouvelle de ce premier tour vient du résultat des candidat·es de la Nupes, et parmi eux des candidat·es communistes dans le prolongement de la campagne présidentielle de notre candidat Fabien Roussel qui arrive en tête dans sa circonscription.

L’alliance des partis soutenant le président de la République, avec 25,8 %, obtient le plus faible résultat pour une coalition présidentielle. Les Français·es ont ainsi sévèrement sanctionné le bilan des cinq années précédentes et affirmé leur opposition aux projets de régression sociale annoncés, tel le report de l’âge de départ en retraite à 65 ans.

Avec 52,49 %, l’abstention atteint un nouveau record historique pour ce scrutin : plus de 25 millions de nos concitoyennes et concitoyens se sont abstenu·es. Elle progresse donc de 10 points en dix ans. Une majorité du pays a ainsi exprimé sa rupture avec la représentation politique qui leur apparaît ne pas répondre à leurs attentes et à leurs besoins. C’est le résultat du rejet des politiques conduites par les pouvoirs successifs, singulièrement sous le quinquennat d’Emmanuel Macron, qui aura de surcroît tout fait pour minorer les enjeux de ce scrutin, aggravant encore la présidentialisation du régime qui mine notre démocratie et la dévitalisation du débat public.

Dimanche prochain, le président de la République peut et doit être mis en minorité à l’Assemblée nationale.

Avec 26,8%, la Nupes arrive en tête du scrutin.
Le PCF remercie les plus de 6 millions d’électrices et d’électeurs qui ont porté leurs voix sur les candidates et candidats de notre union.

C’est le résultat d’engagements partagés sur des mesures concrètes pour améliorer la vie des Français·es, tels l’augmentation du SMIC à 1 500 euros et des salaires ou encore la retraite à 60 ans, ainsi que de la richesse de la diversité des forces de notre coalition. Les Français·es viennent d’envoyer un message fort au président : ils ne veulent pas lui laisser cinq années de plus les mains libres pour poursuivre sa politique en faveur des plus riches et du capital.

Contrairement à ce qu’affirment le président et les dirigeants de son mouvement, l’arrivée de nombreux députés de gauche à l’Assemblée ne serait en rien le chaos mais bien un levier décisif pour sortir des difficultés actuelles, réparer la France des dégâts de leur politique et affronter les défis du siècle. Un tel changement nécessitera en outre une toute autre utilisation de l’argent et de nouveaux pouvoirs aux salarié·es.

Les 54 candidat·es communistes, avec nos camarades candidat·es en Corse, totalisent quant à eux 527 350 voix. Parmi eux, 32 sont qualifié·es au second tour. Nos députés sortants sont tous qualifiés et réalisent de très bons résultats qui témoignent de la reconnaissance de nos concitoyen·nes de leur action offensive à l’Assemblée pour obtenir des avancées concrètes tout au long du précédent quinquennat. Le PCF félicite l’ensemble de ses candidates et candidats et remercie les militantes et militants communistes et des autres forces de notre union pour ces résultats. Il appelle à la mobilisation maximale pour la réélection des députés sortants et le maximum de conquêtes.

Le bon résultat des candidates et candidats de la gauche unie est d’autant plus important que l’extrême droite voit, dans ce premier tour des législatives, renforcé son poids menaçant pour notre République. En obtenant 24 % et plus de 5,4 millions de voix, elle atteint son plus haut niveau pour un scrutin législatif depuis la Libération. Alors que plusieurs dizaines de ses candidat·es sont aux portes de l’Assemblée, tout doit être fait pour leur barrer la route.

Dans ces circonscriptions, le PCF appelle à utiliser les bulletins de vote qui permettront de les battre dimanche prochain. Et alors que le président de la République a été élu grâce aux voix de millions de Français·es qui ne voulaient pas de la candidate de l’extrême droite à l’Élysée, son refus à cette heure d’appeler clairement à battre les candidats de l’extrême droite est consternant et fait peser un grave danger sur le pays.

Dans cette situation d’une grande gravité pour la France, l’heure est à la mobilisation la plus large, dimanche prochain, pour confirmer et amplifier le résultat de ce premier tour, faire élire le maximum de député·es de gauche, et permettre l’élection d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, avec en son sein un groupe de la Gauche démocrate et républicaine renforcé, avec de nombreux·ses député·es communistes et d’Outre-mer.

C’est possible si des millions d’hommes et de femmes qui se sont abstenu·es ce dimanche utilisent cette fois le bulletin Nupes pour s’assurer de la défaite des représentant·es du pouvoir en place.

C’est l’appel que lance le Parti communiste français aux électeurs et électrices de gauche, à la jeunesse, aux abstentionnistes : dans les jours qui viennent, élargissons encore l’influence de la gauche, en développant ensemble un projet ambitieux, à même de répondre aux aspirations populaires et du monde du travail et de la création, d’affronter les défis auxquels le pays et la planète se trouvent confrontés, de relever le défi de paix, de mettre fin à la toute-puissance du capital sur nos vies.

Le PCF appelle également à créer les conditions de la mobilisation populaire et sociale dès le lendemain du scrutin pour créer les conditions de nouvelles conquêtes sociales, écologistes et démocratiques. De nombreux député·es de gauche en métropole et en outre-mer, avec un plus grand nombre de député·es communistes et des luttes sociales puissantes seront déterminant·es pour agir pour les salaires, l’emploi, la justice sociale et permettre la prise du pouvoir sur l’argent et de nouveaux pouvoirs des citoyen·nes et des salarié·es.

Luttons, résistons et faisons demain advenir le temps des réformes heureuses pour notre peuple !

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 05:52

Économistes, nous participons activement à la campagne de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale. La perspective d’une victoire de la gauche aux élections législatives éveille un immense espoir dans une partie de notre peuple : priver Emmanuel Macron d’une majorité parlementaire, porter un coup d’arrêt à son autoritarisme, à ses assauts contre nos retraites et contre nos services publics (santé, école, justice, …), et répondre aux attentes populaires qu’il n’a cessé de bafouer pendant cinq ans : augmentation des salaires dont le SMIC à 1 500 euros, retraite à 60 ans, égalité salariale entre les femmes et les hommes, investissements et créations massives d’emplois pour faire face, enfin ! au péril climatique et à l’urgence sociale.

 

La gauche ne peut pas se permettre de décevoir ces espoirs. L’enjeu politique qui prend une importance croissante à quelques jours du scrutin, est celui des moyens, en particulier financiers, de réaliser les objectifs sociaux et écologiques qui sont largement partagés à gauche, et donc conjointement des pouvoirs à conquérir contre le MEDEF, les grandes banques, les BlackRock et autres fonds d’investissement.

Dans le camp du pouvoir, comme à chaque fois qu’une circonstance semble de nature à favoriser des politiques s’écartant d’une stricte obéissance aux exigences du patronat, des marchés financiers et des multinationales, des économistes annoncent l’apocalypse en cas de victoire de la gauche. Selon eux, il faudrait continuer de sacrifier l’emploi et les salaires, et se mettre à baisser les dépenses publiques, au nom de la « baisse du coût du travail ». Songent-ils un instant au choc contre le pouvoir d’achat qui accompagne le retour en force de l’inflation, aux ravages de la précarité, du chômage et du sous-emploi qui touchent des millions d’habitantes et habitants de ce pays ? à l’effondrement de notre capacité de production de richesses que les grands groupes de l’industrie, des services et de la finance ont provoqué avec leur obsession de la rentabilité financière, avec la complicité active d’Emmanuel Macron ? Sans parler de l’effet meurtrier de la remontée des taux d’intérêt de la BCE, vouée à la sauvegarde des intérêts du grand capital face à l’inflation et au dollar, remontée contre laquelle rien n’est fait.

C’est une tout autre logique qu’il est devenu urgent d’opposer à ces orientations.

Mais il ne suffira pas de taxer les riches, d’augmenter les salaires, de mobiliser l’épargne, et de favoriser « l’investissement », en espérant stimuler ainsi l’activité économique. Ce keynésianisme traditionnel a régulièrement échoué, notamment depuis 1982. Car au-delà de l’Etat et des services publics, il y a les entreprises.

Le cœur de l’enjeu de la réussite politique ce sont les entreprises, ce qu’elles vont faire. Elles sont dominées par le grand capital et sa logique.

Or, il faut regarder la réalité en face. Les forces du capital n’ont aucune intention de coopérer avec un gouvernement de gauche dans la réalisation de son programme social et écologique. Le président du MEDEF a annoncé la couleur : les patrons « vont arrêter d’embaucher, ils vont arrêter d’investir ». Comment surmonter cet obstacle ?

La réussite d’un défi inédit exige un renouvellement des modes de pensée. Il faut aller au-delà du triptyque « taxer, mobiliser l’épargne, investir ». La création monétaire doit être massivement mobilisée, mais tout autrement, aussi bien pour les dépenses publiques (embauches et formation dans la santé, l’éducation, les transports, la justice, etc.) que pour changer les critères de décisions des entreprises, avec une sélectivité nouvelle du crédit bancaire. Dans les entreprises des pouvoirs décisionnels doivent être confiés aux travailleurs et aux citoyens pour mettre en œuvre des propositions alternatives. Les critères des au moins 160 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises doivent être changés, devenir systématiquement écologiques et sociaux. De nouvelles institutions de suivi et de planification assureront la réussite de cela.

Il ne suffira pas, en effet se croyant « radical », d’opposer une relance de la demande (hausse des salaires et des dépenses publiques) à ce que le camp conservateur prétend être une « politique de l’offre » et qui est en réalité un soutien tous azimuts et sans conditions aux profits, à la rentabilité des capitaux privés.

Opposer « politique de l’offre » et « politique de la demande », c’est ne pas voir qu’il faut une offre radicalement nouvelle en même temps qu’une autre demande, un autre type de consommation ! Une autre offre, c’est loin de n’être que de l’investissement. C’est une production écologique et sociale, exigeant des recherches, faite de services publics, visant les besoins humains de santé, de culture, etc., et faite d’une nouvelle industrialisation écologique et sociale. Il faut oser voir que le programme de la NUPES contient en partie cette idée incontournable d’une autre offre.

Mais il faut en tirer les conséquences de politique économique : c’est l’emploi qui est le cœur du lien, absolument nécessaire, entre offre et demande. Un lien que nous voulons profondément transformer. Le comportement anti-emploi de tout le système, et avant tout des grandes entreprises et des banques, n’est pas seulement un problème de manque « d’empathie sociale », ou d’aveuglement sur la demande générée par les salariés et leurs revenus, c’est la conséquence de la domination du capital.

L’emploi, les qualifications, les capacités humaines de créativité sont aussi au cœur d’une transition productive écologique réussie qui devra s’opposer à la priorité au capital et à l’accumulation.

Une autre offre, c’est aussi baisser les coûts tout autrement, en s’attaquant à celui du capital (dividendes, intérêts bancaires, gâchis matériels et financiers), en impulsant des dépenses d’efficacité (formation, recherche, emploi) et des partages qui font baisser les coûts tout autrement. Voilà le défi que nos macroniens ne veulent pas voir, en brandissant les coûts comme un simple épouvantail qui empêche de réfléchir.

Alors que faire ? Bien sûr, il faut rééquilibrer totalement les impôts, refondre la fiscalité et développer l’activité. Mais quelle activité et comment ? Investir ? Mais aujourd’hui, ce que font les grandes entreprises et l’État lui-même, c’est dépenser en capital financier voire matériel contre l’emploi ! Au nom de quoi, pour les macroniens, il faudrait tout faire pour les profits, poursuivant en cela la politique de F. Hollande et de bien d’autres avant. Au contraire, la question clé, c’est l’emploi son développement, sa qualification reconnue dans les salaires, au lieu de le supprimer, de le déqualifier. L’emploi et la formation doivent venir d’abord, l’investissement doit l’accompagner et l’appuyer. Au-delà, il s’agit d’aller vers un nouveau paradigme : une sécurité d’emploi ou de formation tout au long de la vie.

« Taxer, mobiliser l’épargne et investir », ce ne serait pas voir non plus, au contraire de Keynes lui-même, l’importance de l’impulsion initiale anti-austérité par des avances monétaires massive. Ce n’est pas voir l’urgence d’une baisse sélective des taux d’intérêt, alors qu’ils ont commencé à remonter fortement. Ce n’est pas, non, plus voir à quel point la vulnérabilité de notre économie dans la mondialisation et la financiarisation s’est accentuée depuis l’époque, déjà lointaine, où la première politique de François Mitterrand s’y était fracassée, se refusant à changer la gestion des entreprises dominée par le taux de profit.

La condition de réussite d’une politique de gauche – la situation ne nous permet plus de biaiser avec cette exigence – est la conquête de pouvoirs démocratiques contre le pouvoir du capital sur l’utilisation de l’argent, dans les entreprises, dans les banques, dans les banques centrales.

Cela passe par le rétablissement et le renforcement des prérogatives économiques des instances représentatives du personnel dans les entreprises, des syndicats et des salariés eux-mêmes, pour imposer la réalisation de projets de développement de l’emploi, de la production écologique et de la création de valeur ajoutée dans les territoires, contre les licenciements et les délocalisations, et pour obtenir leur financement par des crédits bancaires ciblés et assortis de taux d’intérêt bas, voire négatifs.

C’est pourquoi le programme que nous soutenons comprend tout particulièrement la nationalisation du système bancaire et de crédit, de certains grands groupes d’entreprises, ainsi que des pouvoirs décisionnels des travailleurs et des instances locales de planification, c’est l’apport du PCF. Nous pensons même qu’il faudra, nécessairement, et la vie le montrera, créer de véritables institutions démocratiques et sociales de planification à partir des territoires, organisant jusqu’au niveau national le dialogue orienté social et écologie avec les entreprises et les banques, pour une planification et une gestion nouvelle ainsi que pour le suivi de cette gestion, avec incitations et pénalisations. Nous les nommons des « conférences permanentes emploi, formation, transformation productive écologique ». Elles peuvent être le pivot d’un nouveau type de démocratie et de République.

Les politiques économiques, les nouvelles institutions, doivent appuyer cette nouvelle logique. Il faut de nouveaux critères pour les aides publiques : appliqués immédiatement et conjugués avec une mobilisation du crédit bancaire distribué par les banques publiques qui existent déjà, ils permettraient une hausse efficace de l’ensemble des salaires, au-delà du SMIC, et de l’emploi. Par la suite, des nationalisations d’un nouveau type, incluant des droits de décisions des salariés et des citoyens pour mettre en œuvre d’autres critères de gestion, doivent être mises en œuvre pour les banques privées et pour des entreprises industrielles stratégiques. C’est un des leviers d’action d’une nouvelle planification écologique et sociale, démocratique, à partir des territoires et des besoins, basée sur des engagements transparents, des financements nouveaux et un suivi démocratique.

Simultanément, la France doit agir pour une nouvelle internationalisation. À la place des traités actuels, elle doit être en pointe pour la négociation de nouveaux traités internationaux visant une coopération dans les productions fondée, non sur la rentabilisation des capitaux multinationaux mais sur le développement solidaire des biens communs (emploi, santé, environnement, … ) aussi bien dans les pays pauvres ou émergents que dans les pays développés, avec des financements internationaux émancipés de l’hégémonie du dollar et de Wall Street.

En Europe, l’argent créé par la BCE peut tout de suite être mobilisé pour refinancer des Fonds apportés par notre pôle financier public à des projets démocratiquement élaborés, décidés, réalisés et contrôlés dans nos territoires ou pour financer les services publics. Nous proposerons à tous les pays de l’UE d’y travailler dans des coopérations renforcées, et même d’élargir ces Fonds à l’ensemble des pays de la zone euro, pour commencer à changer concrètement les règles auxquelles doit obéir la construction monétaire européenne.

C’est à partir de ces mobilisations immédiates que seront créées, mais aussi dans les urnes et les institutions, les conditions de l’adoption de nouveaux traités, remplaçant le carcan des traités actuels par une solidarité des peuples et nations européens associés pour le développement de tous les habitants du continent, et pour de nouvelles coopérations avec nos voisins du Sud et de l’Est. Cela contribuerait à une émancipation vis-à-vis du dollar pour l’émergence d’une nouvelle commune mondiale de coopération de tous les peuples, jalon vers un nouvel ordre du monde.

Il serait préjudiciable à la réussite de la gauche que, sous couvert de respectabilité (envers qui ?) ou d’orthodoxie académique, on omette ces points fondamentaux, ou qu’on ne les considère que comme des ajouts de convenance. Nous considérons, au contraire, qu’ils sont des éléments déterminants pour « réussir », un apport indispensable à la gauche et au mouvement social. Nous aurons bien des occasions d’agir et d’intervenir en ce sens dans la mandature.

Telle est notre conception de l’union et de la responsabilité politique : nouveau type d’union populaire et agissante, se nourrissant du débat ouvert et transparent, pour la réussite et la dynamique d’un changement réussi. N’en déplaisent à tous les conservatismes de droite, comme de gauche, « le monde change de peau », comme le dit la chanson d’A. Souchon, « sera-t-il laid ou bien beau ? ». Cela dépend selon qu’on laisse « les clés du camion » aux amis de G. Roux de Beyzieux et au grand capital de Blackrock et compagnie, à leurs pouvoirs à leur logique.

Un monde nouveau pousse sur le terreau des révolutions écologique, informationnelle, monétaire et anthropologique. Pour ce monde le développement doit viser l’émancipation humaine, appelle une nouvelle démocratie d’intervention et il dépend avant tout de l’emploi, de la formation, des services publics, bien au-delà des équipements matériels, n’en déplaise à ceux qui veulent nous faire croire que le capital et son monopole sur les entreprises comme sur la pensée et sur la société serait indépassable.

 

Frédéric Boccara, économiste, Université Sorbonne Paris-Nord, membre du CEN du PCF et du parlement de la NUPES

Yves Dimicoli, économiste, ancien membre du CEN du PCF et du Conseil d'analyse économique (CAE) auprès du Premier ministre

Denis Durand, Directeur de la revue Économie et Politique, membre du CN du PCF

Jean-Marc Durand, Rédacteur en chef de la revue Économie et Politique, membre du CN du PCF

Evelyne Ternant, docteur en économie, candidate NUPES dans la 2ème circonscription du Jura, membre du CEN du PCF et du parlement de la NUPES

 

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