Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 février 2022 3 09 /02 /février /2022 06:30
Partager cet article
Repost0
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 14:08
Pour la gratuité des transports en commun pour les Jeunes, par Enzo de Gregorio

Lors de son meeting de campagne à Marseille le dimanche 6 février 2022, Fabien Roussel a annoncé que s’il est élu Président, la jeunesse bénéficiera de la gratuité des transports urbains et Inter-urbains à travers des (Train express régionaux TER) dans toute la France. Une mesure qui peut paraître anecdotique pour nombre de Français mais qui est en réalité, une mesure en faveur du pouvoir d’achat et de l’autonomie pour les jeunes.

En effet, nous le savons, pour en avoir échangé avec de nombreux jeunes à travers le Finistère et plus largement dans mes déplacements pour le MJCF, le coût des transports dans le quotidien des jeunes est un frein énorme à leur autonomie. Ainsi, pour de nombreux jeunes, le coût d’un abonnement de transport (TER ou de transports urbain) est tel, qu’ils doivent choisir entre s’alimenter ou prendre le bus pour aller à l’université.

De même pour un jeune travailleur, qui nous avons tendance à l’oublier, il vit souvent dans la précarité avec un faible salaire. Prendre sa voiture est une option beaucoup trop chère.

Les lycéens des quartiers populaires sont souvent mal desservis en transports en commun, ils voient leurs parents se sacrifier pour leur alimentation et leurs loisirs afin que leurs enfants puissent aller sans difficulté au lycée.

Et (c’est) au fond, pour ces jeunes vivre au quotidien dans la précarité est la première source d’inégalité dans leur apprentissage. Quand un étudiant est obligé de partir une heure plus tôt pour aller en cours à pied plutôt qu’en bus, c’est une heure de travail scolaire en moins et une heure de sommeil en moins. Pour un lycéen dont les parents n’ont pas la chance de gagner dignement leur vie, ce sont des sacrifices sur la nourriture, les vacances, des cours particuliers (supplémentaires) qu’ils ne peuvent (se) payer faute de ressource.

La gratuité des transports en commun est une mesure écologique. De telle sorte que , si nous habituons les jeunes à prendre les transports en commun et non la voiture dès le plus jeune âge, nous savons que plus tard ils auront le réflexe: transport en commun, pour les trajets du quotidien. Résultat moins de voiture dans nos villes donc moins de pollution.

Cela n’est pas la seule mesure nécessaire sur les transports en commun, si les transports devenaient gratuits sans réelle redensification du transport, nous ne pourrons aider les jeunes à mieux se déplacer au quotidien que ce soit dans le cadre de leur travail, des études ou des loisirs. La perspective est d’inciter les jeunes à avoir une mobilité douce pour la culture et leurs emplois, en mettant en l’accent sur la capacité des gestionnaires à organiser ces flux et qui devront répondre à une génération toujours plus connectée et en attente de rapidité, ce qui laisse une pierre sur le chemin des transports publics au détriment de la voiture. Elle ne répondant à aucune obligation horaire ou de fluctuation.

Enzo de Gregorio, secrétaire départemental du MJCF 29

Partager cet article
Repost0
8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 06:28

Ci-dessous, un lien sur la partie de cet interview où Fabien ROUSSEL dénonce tous ceux qui promettent la baisse des cotisations sociales : sans cotisation sociale, on fera comment pour financer la Sécurité Sociale ?

 

Partager cet article
Repost0
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 16:16
Vidéo du Meeting de Fabien Roussel à Marseille, dimanche 6 février - revoir l'intégralité du meeting
Vidéo du Meeting de Fabien Roussel à Marseille, dimanche 6 février - revoir l'intégralité du meeting
Vidéo du Meeting de Fabien Roussel à Marseille, dimanche 6 février - revoir l'intégralité du meeting

Partager cet article
Repost0
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 06:43
⭕️ Le candidat du salaire et de la fiche de paie. Fabien Roussel, droit au but !   La Une de l'Humanité !

⭕️ Le candidat du salaire et de la fiche de paie. Fabien Roussel, droit au but ! La Une de l'Humanité !

À Marseille, Fabien Roussel donne un horizon aux jours heureux

PRÉSIDENTIELLE Plutôt que le ruissellement cher à Emmanuel Macron, le candidat communiste a proposé, dimanche, le « “roussellement” pour lutter contre la vie chère ». À commencer par l’augmentation des salaires, qu’il a défendue devant plus de 3 500 participants à son meeting.

Publié le Lundi 7 Février 2022
 

Le meeting du candidat communiste à la présidentielle n’a pas encore commencé que l’ambiance est déjà survoltée ce dimanche au parc Chanot, à Marseille. L’enthousiasme parmi les plus de 3 500 participants fait écho à la progression de Fabien Roussel, avec un premier sondage OpinionWay vendredi qui le crédite de 4 % d’intentions de vote. Il y figure à égalité avec Christiane Taubira et l’écologiste Yannick Jadot, devant la socialiste Anne Hidalgo (3 %), mais derrière l’insoumis Jean-Luc Mélenchon (10 %). « Oui, il y a du souffle, ça bouge, nous le sentons tous et nous voyons déjà comment, en quelques semaines, nous avons bousculé le débat », assure, dès son arrivée à la tribune, Fabien Roussel, dont le discours est retransmis en direct sur quatre chaînes télé. Dans l’équipe du candidat communiste, on se réjouit aussi de ce début de dynamique, tout en gardant les pieds sur terre. « On a encore une marge de progression très importante, mais la mayonnaise commence à prendre et c’est évidemment satisfaisant », souligne Ian Brossat, son directeur de campagne. Désormais, l’objectif est clair : « élargir, élargir, élargir ».

Depuis la scène du Palais de l’Europe, Fabien Roussel commence ainsi par un appel : « J’en rencontre tant qui ont renoncé à voter, qui ont voté un jour pour l’un, un jour pour l’autre et qui n’ont plus confiance. Quels qu’aient été vos choix, vous êtes ici les bienvenus pour peu que nous partagions ensemble l’ambition de renouer avec la France des jours heureux » , lance-t-il. Peu après, c’est tout sourires qu’il adresse à la foule : « Le ruissellement de Macron, c’est terminé, ce que je vous propose pour 2022, c’est le “ roussellement” pour irriguer l’économie réelle, lutter contre la vie chère. » Une boutade typique du candidat dont la personnalité n’est pas étrangère à sa dynamique. « Il suscite une proximité, une identification, avec l’idée qu’il nous ressemble, qu’il est sympathique, souriant, spontané », détaille Frédéric Dabi, le directeur général de l’Ifop. Une carte que celui-ci ne manque pas de jouer. « Je suis du Nord, un Ch’ti, je vis dans le bassin minier, tellement meurtri par les fermetures d’usines, toutes ces friches industrielles qui laissent derrière elles leur cortège de chômage et de pauvreté », rappelle le député, promettant de bloquer « toutes les délocalisations pour à chaque fois trouver des solutions », comme de créer « de nouveaux droits au monde du travail ». « Rendre de la dignité aux gens, c’est les faire revenir vers l’emploi. Le revenu universel n’est pas une solution », approuve dans l’auditoire Nicole. « L’approche sociale du PCF peut ramener des gens déçus de la gauche », poursuit l’éducatrice de profession.

D’ailleurs, à deux pas du Stade Vélodrome, la surprise du jour vient des personnalités qui annoncent leur soutien. À commencer par la maire du 1er secteur de Marseille et suppléante de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, Sophie Camard. Ex-insoumis et plus récemment porte-parole d’Arnaud Montebourg, François Cocq prend également la parole, alors que nombre d’anciens militants du champion du made in France ont décidé de se joindre aux communistes. Le chanteur toulousain Magyd Cherfi, l’un des membres de Zebda, joue aussi les guest stars avec un message vidéo, tout comme le ministre espagnol Alberto Garzon.

«  notre pays est riche, riche de votre travail »

Dans la salle, ce sont des syndicalistes qui témoignent. À l’instar de Frédérique, une militante CGT arrivée dans l’un des trois bus affrétés depuis le Vaucluse. Elle a réussi à arracher, avec ses camarades, une augmentation de 85 euros après une lutte de douze jours et a décidé de rejoindre le PCF : « La question sociale est centrale ! Malheureusement, la gauche avait arrêté de la porter. La campagne de Fabien Roussel est un point d’appui dans nos luttes. »

Un peu avant le meeting, c’est dans le Journal du dimanche qu’une autre bonne nouvelle attend le prétendant à l’Élysée. Selon un sondage Ifop, avec 47 % (+ 11 points en trois mois), il est le deuxième candidat qui représente le mieux la gauche, talonnant Jean-Luc Mélenchon (51 %). « Il a réussi à se distinguer sur un point fondamental, le sentiment qu’il parle des vrais problèmes », assure Frédéric Dabi. De ce point de vue, la polémique sur « la viande, le vin et le fromage » lui a au final plutôt servi. Et il n’a pas manqué d’y revenir dimanche taclant « ces bien-pensants » qui « ne voient pas toutes ces familles qui vivent à l’euro près ».

Reste que la gauche, à deux mois du premier tour, est en difficulté, avec un plafond à 10 % qu’aucun candidat ne parvient durablement à franchir. « Face à ce socle beaucoup trop faible, notre obsession est de ramener à la gauche des gens qui en sont partis, pour la grande majorité pas pour voter RN mais pour s’abstenir », insiste le directeur de la campagne des Jours heureux. « Qu’importe le résultat, cette campagne construit le présent et l’avenir. Les avancées sociales de ce pays sont conditionnées au poids du PCF », assure aussi Louis, un Marseillais de 29 ans.

Car des points, le candidat est bien décidé à en marquer de nouveaux. « Si la déprime nourrit la déprime, nous, nous disons que l’espoir nourrit l’espoir. Et l’espoir est là, aujourd’hui, dans cette salle », affirme-t-il. Et c’est d’abord sur ce qui fait le cœur de sa campagne que Fabien Roussel entend avant tout jouer le match. « Je veux la France des jours heureux parce que nous savons que notre pays est riche, riche de votre travail, riche à milliards. Et je refuse que des millions d’entre nous vivent aussi mal à côté de tant d’argent », déroule le parlementaire, rappelant les « 137 milliards » qui font de « la France la championne des dividendes ». « Alors je commence par dire où nous allons prendre largent », développe l’élu du Nord, proposant de rétablir et tripler l’ISF, de rendre l’impôt plus progressif, de « priver les fraudeurs fiscaux de leurs droits civiques », ou encore de nationaliser la BNP, la Société générale et Axa. Le tout, pour « s’attaquer au coût du capital », afin de « reprendre le pouvoir sur la finance, (d’) augmenter les dépenses utiles de l’État » mais aussi les salaires. Ce sera « la première mesure que nous mettrons en œuvre, en commençant par le Smic à 1923 euros brut, soit 1 500 euros net », enchaîne-t-il, fustigeant le « gang des arnaqueurs, les Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour, qui prétendent monter les salaires en baissant les cotisations sociales ». Et le député d’embrayer sur le « droit universel à l’emploi » qu’il veut garantir, « alors que tant de besoins demeurent insatisfaits ». « Nous voulons éradiquer le chômage en garantissant à chacun un emploi ou une formation, et un salaire permettant de vivre dignement », assure-t-il avec au programme la semaine de 32 heures et la retraite à 60 ans, mais aussi une « écologie des solutions plutôt que des punitions », ou encore des moyens pour les services publics, de l’école à l’hôpital, à commencer par la création de 500 000 postes.

« On peut bousculer le scénario établi »

« Il a gagné en notoriété et en distinction en abordant les vrais sujets : travail, pouvoir d’achat, vie quotidienne », relève Frédéric Dabi. D’autres sujets, plus sensibles à gauche, comme le nucléaire ou la laïcité – qui a suscité des critiques au sein du PCF notamment du fait de la présence de Caroline Fourest à une initiative de la formation – n’en sont pas moins abordés : « Notre République laïque, qui doit nous permettre de vivre heureux tous ensemble, est régulièrement mise en cause par toutes les formes de fascisme. C’est un vrai combat » pour l’égalité, glisse le candidat. « La France est un pays laïc. Ce qui m’attire chez Fabien Roussel, c’est qu’il parle au monde du travail, et nous défend, qu’importe nos origines », réagit dans les travées du meeting Aziz, 53 ans, syndicaliste CGT.

Désormais, la prochaine étape consiste à « franchir la barre des 5 %, c’est à portée de main dans les prochaines semaines », estime Ian Brossat. « Nous voulons redonner un espoir à la France, et ouvrir un espoir nouveau à gauche pour lui redonner de la force. (…) On peut bousculer le scénario établi », clame à la fin de son discours Fabien Roussel. « On en a encore sous le pied », promet son directeur de campagne. Encore un peu plus de soixante jours pour relever le défi.

Photo PCF National - Fabien Roussel au meeting de Marseille du 6 février

Photo PCF National - Fabien Roussel au meeting de Marseille du 6 février

Photo PCF National  - Fabien Roussel au meeting de Marseille du 6 février

Photo PCF National - Fabien Roussel au meeting de Marseille du 6 février

Éditorial. Ouvrir le champ
Publié le Lundi 7 Février 2022

Matin, midi et soir, l’extrême droite nous est servie à la louche. On avait eu droit, la semaine passée, à la question qui semblait brûler les lèvres de tous les commentateurs : la nièce va-t-elle rejoindre Z, malgré la souffrance de la tante, et qu’en dit le grand-père ? On a eu droit tout le week-end au « duel à distance », ainsi baptisé en tout cas, entre le Nord et Reims, Z et M, avec le meeting de l’un et le meeting de l’autre, retransmis l’un comme l’autre dans leur intégralité. Au passage, on a eu : Marine est maman célibataire, Marine n’a pas eu une enfance si heureuse qu’on le croit, Marine n’est pas toujours sage, bref, la belle histoire de Marine racontée par elle-même. Sinon, au dire de certains, son discours est désormais celui d’Henri Krasucki dans un meeting de la CGT – oui, on a entendu ça ! S’ils y croient, c’est grave, s’ils n’y croient pas ça l’est tout autant. Le débat politique relayé à l’envi par les seconds couteaux à demeure dans les écrans, c’est l’extrême droite, l’extrême droite et la droite. Au nom de l’information ? Mais quel impératif catégorique contraint donc les chaînes d’info et la presse en général à cela ?

Ce serait de l’information, quand tout ce qui concerne les forces de gauche est limité au constat de ses divisions et de ses difficultés à se faire entendre. Sans doute. Mais il n’est pire sourd, etc. On connaît la chanson. Il n’y aurait donc pas, à gauche, de propositions sur le pouvoir d’achat, les hôpitaux et la santé, les enjeux environnementaux, l’énergie, l’économie, la fiscalité, le temps de travail… Il est vrai qu’elles ne sont pas les mêmes d’une candidature à l’autre, quand bien même elles peuvent souvent converger. Et alors ? Ce devrait être précisément une raison supplémentaire d’en débattre.

Ce dimanche, à Marseille, le meeting de Fabien Roussel, le candidat communiste, a été un franc succès et son discours, ses propositions autour du thème des Jours heureux semblent de plus en plus audibles et construites. Elles sont autant d’atouts à moins de deux mois de l’élection présidentielle pour en éclaircir les enjeux, ouvrir et travailler le champ des possibles.

Photo PCF National  - Fabien Roussel au meeting de Marseille du 6 février

Photo PCF National - Fabien Roussel au meeting de Marseille du 6 février

Partager cet article
Repost0
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 06:42
A Marseille, Roussel défend la France de la fiche de paye (Ouest-France, 7 février 2022)
Partager cet article
Repost0
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 06:39
Fabien Roussel - "La reconquête à petit pas"/ "A Marseille, le PCF prône la France de la fiche de paie" (Le Télégramme, 7 février 2022)
Partager cet article
Repost0
6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 09:07
47 % des électeurs de gauche ont une opinion positive de Fabien Roussel: rendez-vous ce dimanche 6 février à 15h pour le meeting de Roussel à Marseille retransmis sur LCI et BMF TV
Meeting de Fabien Roussel à Marseille à 15h ce dimanche 6 février à voir sur BFMTV et LCI en direct

Meeting de Fabien Roussel à Marseille à 15h ce dimanche 6 février à voir sur BFMTV et LCI en direct

Partager cet article
Repost0
5 février 2022 6 05 /02 /février /2022 09:10
Voici un article récent qui explique très bien la catastrophe à venir pour les chômeurs, et la chasse aux chômeurs organisée par Pôle Emploi, via les injonctions du gouvernement. Le "Chiffon Rouge" a déjà parlé du contrôle de la recherche d’emploi, mais maintenant ça va encore plus loin dans l’horreur et les agents n’ont plus la main. La CRAM s'invite dans les locaux de Pôle Emploi,pour « redynamiser » les demandeurs d’emploi les plus âgés (!!!) qui auraient déjà dû être en retraite et qui sont plus qu’incités à reprendre un emploi ! Les conseillers Pôle Emploi ont été réunis dernièrement dans le Finistère pour se prendre une soufflante de la part du Directeur Régional et d’un de ses sous-filtres. Des termes très violents ont été employés pour les recadrer : ils étaient nuls, n’arrivaient pas à atteindre les objectifs…
La plupart des agents ont été choqués après cette remontée de bretelles très violente. Beaucoup de conseillers quittent Pôle Emploi car ils sont en souffrance ou se retrouvent en arrêt maladie, souvent de longue durée. Il y a des suicides parmi le personnel, des longues maladies… Bien évidemment, le sort des demandeurs d’emploi est inacceptable, ils vont soit être radiés ou voir leurs allocations baisser drastiquement (cela concerne les saisonniers, les intermittents…) d’environ 30%.
 

Malaise chez les agents de Pôle emploi, chargés d’appliquer une réforme « violente, injuste et inexplicable »

Assurance-chômage - Bastamag

par Emma Bougerol

https://basta.media/Pole-emploi-reforme-assurance-chomage-nouveau-mode-de-calcul-conseiller-indemnisation

L’application de la réforme de l’assurance chômage s’annonce rude pour les demandeurs d’emploi. Elle le sera également pour les agents de Pôle emploi, qui s’interrogent sur le sens de leur métier et l’opacité du mode de calcul de l’indemnisation.

Alors que les vœux de nouvelle année emplissent les boîtes mails des quelque 54 500 agents de Pôle emploi, l’année 2022 ne s’annonce pas réjouissante pour nombre d’entre eux. C’est même le contraire. La réforme de l’assurance chômage, reportée puis finalement mise en place en fin d’année dernière, ajoute un poids sur les bras d’agents déjà au bout du rouleau.

La réforme de l’assurance chômage a été mise en oeuvre en deux étapes, en octobre puis en décembre 2021, après plusieurs mois de reports successifs [1]. À l’automne, le nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) entre en vigueur. Ce nouveau SJR se base sur une période de 24 mois et prend en compte les périodes d’inactivité. Cela entraîne mécaniquement une baisse de l’allocation chômage. La ministre du Travail, Élisabeth Borne prétend « encourager le travail », aux dépens de ceux qui alternent les périodes d’activité et d’inactivité, que celle-ci leur soit imposée ou non. Puis, au 1er décembre, le gouvernement met en place le second volet. Il faut désormais avoir travaillé plus de six mois dans les deux dernières années pour prétendre à son droit à l’indemnisation (contre quatre mois précédemment). La dégressivité des allocations supérieures à 4500€ – pour les salaires élevés – est accélérée (elles baissent au bout de six mois et non plus huit).

De plus, l’exécutif a annoncé à l’automne dernier un durcissement des contrôles de la recherche d’emploi pour les bénéficiaires de l’assurance chômage. « Les demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues », déclarait Emmanuel Macron, dans son allocution du 9 novembre. Branle-bas de combat à Pôle emploi : il faut augmenter de 25% le nombre de contrôles. Le but affiché est de « redynamiser » la recherche d’emploi. Pour Daniel Mémain, syndicaliste de Sud en Occitanie, c’est surtout un moyen « de stigmatiser les chômeurs ».

Des mesures « difficiles à comprendre, difficiles à appliquer, et quasi impossibles à expliquer »

Pour appliquer cette réforme complexe, les agents sont censés avoir reçu une formation spécifique. « La majorité d’entre nous n’a eu qu’une formation en ligne, seul face à un écran. On n’a pas pu poser de questions à des formateurs ou être en interaction les uns avec les autres. Je considère ça comme de l’information, pas de la formation », déplore Daniel Mémain. Selon lui, seuls les agents chargés du calcul de l’indemnisation ont été formés dans de bonnes conditions.

Luc*, conseiller indemnisation dans le Finistère, travaille depuis plusieurs dizaines d’années dans ce domaine. Les nouvelles règles de calcul le rendent perplexe : « Un changement tel qu’il nous est imposé, d’une telle force, d’une telle ampleur, je n’en ai jamais vu. Je trouve cette réforme violente, injuste et techniquement inexplicable. Si quelqu’un m’appelle aujourd’hui pour me demander des explications sur son taux d’allocation, il me faudrait au moins deux heures pour tout lui expliquer. » Face à cette complexité, il se sent dépossédé de son expertise : « C’est très déstabilisant, d’avoir autant d’années de carrière en visant l’excellence et le professionnalisme, et d’arriver à se dire qu’on ne sait plus faire grand-chose. »

Cette souffrance est partagée par nombre de ses collègues. Daniel Mémain voit des conseillers indemnisations « désemparés » face à des mesures « difficiles à comprendre, difficiles à appliquer, et quasi impossibles à expliquer ». « Ils délivrent des décisions qu’ils savent injustes, mais ils ne peuvent rien y faire. Dans beaucoup de cas, c’est le logiciel qui leur donne le montant de l’indemnité. » Un montant variable, dont le mode de calcul est souvent opaque, tant les paramètres pris en compte sont nombreux depuis la réforme.

Avant, seuls les jours travaillés sur une période de 12 mois étaient comptabilisés pour créer le salaire journalier de référence (SJR). Dorénavant, le mode de calcul prend en compte le revenu mensuel moyen sur une période de 24 mois ou de 36 mois (pour les demandeurs d’emploi de plus de 53 ans), et inclut entre autres les périodes d’arrêt, les jours non travaillés, les moments d’inactivité, les congés maternité… Au moment de la réforme, Luc a essayé, avec d’autres collègues, de calculer l’impact que cela aurait pour les bénéficiaires d’aides : « Sur des dossiers classiques, on a observé une baisse de 25 à 30 % de la base de calcul. » Cette base de calcul est celle du salaire brut retenu, à partir de laquelle le taux d’indemnisation est ensuite estimé.

Un climat de tension et d’insécurité

En parallèle de la réforme, les conseillers indemnisations se voient progressivement attribués un portefeuille de demandeurs d’emplois. « Avec le conseiller référent indemnisation, le demandeur d’emploi bénéficie d’un interlocuteur clairement identifié et spécialiste de l’indemnisation, capable d’apporter des informations très qualifiées et de rassurer le demandeur d’emploi sur l’état de ses droits », explique Pôle emploi. Mais ce changement augmente l’appréhension de certains professionnels. Ils craignent pour leur sécurité, car certains bénéficiaires pourraient les rendre directement responsables de la baisse de leurs allocations. « Ils ont très peur d’être stigmatisés, même si c’est le système informatique qui décide de l’indemnisation et qu’ils n’ont plus la main dessus », explique Chantal Rublon, responsable régionale de la CGT Pôle emploi en Bretagne. De son côté, le service public affirme que les expériences menées en agences « ne montrent pas du tout un quelconque risque pesant sur les conseillers référents indemnisation ».

La peur et la fatigue n’épargnent pas les autres agents. Toutes deux conseillères en placement en Ille-et-Vilaine, Sonia* et Agnès* font face à de plus en plus de tension et d’incompréhension de la part des demandeurs d’emploi. Parfois chargées de l’accueil dans leurs agences respectives, elles doivent répondre à de nombreuses questions sur le montant de l’allocation chômage. « Certains ont fait plusieurs dizaines de kilomètres pour venir jusqu’à l’agence, témoigne Agnès. Sauf que je ne peux pas leur répondre sur ces questions, je ne veux pas m’y risquer. C’est trop sensible et ce n’est pas mon domaine. Alors, ça génère de l’agressivité, des paroles virulentes. Pour nous aussi, c’est une souffrance. »

« J’ai l’impression d’être devenue une opératrice de saisie »

Toutes deux ont en tête le meurtre d’une employée à Valence, en janvier 2021. Un an après, Sonia n’oublie pas : « J’ai peur des réactions de certains. Souvent, quand je travaille au rez-de-chaussée, je cherche à me mettre dans un bureau avec une issue. » Elles ont conscience que cette nouvelle réforme, avec les baisses d’allocation qu’elle implique, va exacerber ces tensions. « Je pense que beaucoup de demandeurs et demandeuses d’emploi ne se rendent pas encore compte de la catastrophe à venir. » Les agents, eux, l’entrevoient déjà.

Aujourd’hui, ils sont beaucoup à être en souffrance. Leurs syndicats sont quasi unanimes : il faut agir, et vite. Dans une déclaration commune du 9 décembre, sept syndicats – CGT, FO, SNAP, SNU, STC, et même les syndicats habituellement plus proches de la direction comme la CFDT et CFE-CGC – dépeignent une situation « de plus en plus critique » face aux injonctions, plans et projets qui s’additionnent, sans répit pour les salariés. Contactée, la direction de Pôle emploi assure vouloir recruter « 900 CDI supplémentaires » pour mettre en œuvre le Contrat d’engagement jeune [2]. « J’avais choisi ce métier pour aider les autres, me sentir utile dans mon travail, raconte Sonia. Après plus de dix ans de métier, je n’y trouve plus beaucoup de sens. Je n’ai plus le recul pour poser un diagnostic, on me dit tout ce que je dois faire. J’ai l’impression d’être devenue une opératrice de saisie. »

Emma Bougerol

Lire aussi:

Contrôle des chômeurs. À Pôle emploi, la politique de radiation bat son plein (L'Humanité, Cécile Rousseau, 22 décembre 2021)

Chômeurs, salariés de Pôle Emploi: la transformation d'un service public de l'emploi en machine deshumanisée soumise aux logiques néo-libérales

Malaise chez les agents de Pôle emploi, chargés d’appliquer une réforme « violente, injuste et inexplicable » - Bastamag, Emma Bougerol
Partager cet article
Repost0
5 février 2022 6 05 /02 /février /2022 08:00
Fin de la vie chère : demandez le programme ... de Fabien Roussel! - L'Humanité, 4 février 2022
L’analyse. Fin de la vie chère : demandez le programme !

Fabien Roussel, le candidat communiste à la présidentielle, a présenté 180 propositions. Au volet social, la hausse généralisée des salaires, la baisse des factures et du temps de travail, des « réformes heureuses pour les classes populaires » financées par la mise à contribution de la rente inouïe du capital.

Samedi 5 Février 2022 - Julia Hamlaoui - L'Humanité

 
En tout 180 propositions, 6 objectifs et 3 « moyens », déclinés en 128 pages. Avec son programme « La France des jours heureux », le candidat du PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, met en avant ses « différences ». Il ne manque pas, au passage, de s’amuser d’être repeint en « candidat de la gauche préféré de la droite » : « Ils n’ont pas dû bien lire mon programme », sourit-il. Surtout, le député en a « marre des propositions punitives, des promesses d’austérité, d’économies… Je propose des réformes positives, heureuses pour les classes populaires », avance-t-il. Si son programme dessine un changement global, des questions démocratiques à la lutte contre les discriminations, il veut « faire de la lutte contre la vie chère et pour le pouvoir d’achat le cœur de la présidentielle ».

« Éradiquer le chômage et la pauvreté »

Au rang de ses « différences » avec une partie de la gauche, il en est une que le candidat du PCF met régulièrement en avant : il rejette absolument le « revenu universel ». « Nous voulons passer d’une France des bas salaires, du chômage et des allocations à une France du travail et d’un revenu élevé qui en est issu », explique le député du Nord, qui défend un « droit universel au travail » avec un nouveau service public dédié. Mais sans création d’emplois, « ça ne marchera pas », prévient d’emblée Fabien Roussel, qui a fait de la réindustrialisation une priorité, avec notamment un « moratoire » sur les délocalisations. Pour « travailler tous », il s’agit aussi de « travailler moins », avec la semaine de 32 heures et la retraite à 60 ans. De quoi, en outre, « restituer aux salariés les gains de productivité qu’ils réalisent ».

Icon QuoteNous défendons un “droit universel au travail” avec un service public dédié. sans création d’emplois, ça ne marchera pas.  Fabien Roussel, candidat PCF

Le candidat propose aussi d’investir dans les services publics à hauteur des besoins, avec la création de 500 000 postes de fonctionnaires. Le secteur associatif ne serait pas en reste avec « 100 000 emplois d’utilité publique ». Quant aux revenus, sont défendues la hausse du Smic à 1 500 euros net « tout de suite », une revalorisation des pensions à 1 200 euros minimum, une augmentation de 30 % dans la fonction publique, mais aussi la mise en place de « conférences salariales dans toutes les branches ». Concernant les écarts de salaires entre les hommes et les femmes – « toujours de 16 % en moyenne » –, le candidat prend l’engagement de les éliminer « en six mois dans le public et en un an dans le privé », quitte à recourir à des administrateurs judiciaires.

« Un pacte pour la jeunesse »

C’est autour d’un « pacte pour la jeunesse » que Fabien Roussel avait fait sa rentrée en septembre dernier. Celui-ci figure désormais en bonne place dans son programme. L’objectif ? Un « système zéro jeune au chômage », décrit le communiste, qui ne veut « pas d’une solution à 500 euros avec un emploi précaire pour six mois comme le propose Macron », mais « une convention de sécurisation individuelle qui assurera soit un emploi, soit une formation ». Outre l’ouverture de nouveaux droits comme l’accès au RSA avant 25 ans, un « revenu étudiant » entre 850 et 1 000 euros, ou la gratuité du permis de conduire, un dispositif de prérecrutement dans la fonction publique serait créé.

« Que les gros paient gros »

La pandémie n’a pas vidé tous les porte-monnaie : les cinq premières fortunes de l’Hexagone ont doublé pendant la crise, selon le dernier rapport d’Oxfam. « Que les gros paient gros et les petits paient petit », aime à répéter le prétendant du PCF à l’Élysée, qui cite régulièrement un autre rapport. Celui de la commission des Finances de l’Assemblée montrant que, déjà, « en 2017, les 358 198 foyers redevables à l’ISF ont déclaré un patrimoine net taxable de 1 028 milliards d’euros ». « 1 000 milliards d’euros et il n’y aurait pas d’argent pour répondre aux besoins du pays ? » s’impatiente le député, qui prévoit de rétablir et tripler l’impôt sur la fortune. En parallèle, celui sur le revenu, avec 15 tranches, serait rendu plus progressif, tout comme la fiscalité des donations et successions.

Quant aux entreprises, le candidat propose d’appliquer la même logique avec un nouvel impôt sur les sociétés progressif et modulé en fonction de critères économiques, sociaux et environnementaux. Face à l’évasion fiscale, un « prélèvement à la source des bénéfices des multinationales » serait mis en place et une COP fiscale proposée. Mais le candidat entend également s’attaquer aux « vraies charges » qui pèsent sur les PME. Non pas les cotisations sociales comme le répètent la droite et le Medef, mais « les taux d’intérêt élevés », les primes d’assurance « insupportables » ou encore les factures d’électricité qui s’envolent. Pour « reprendre la main », la nationalisation de deux banques (BNP et Société générale), d’une compagnie d’assurances (Axa) mais aussi d’EDF et d’Engie est prévue.

« De nouveaux traités pour l’Europe »

Règle des 3 %, réduction du déficit et de la dépense publique… « Ces traités européens sont morts, rendus caducs par la pandémie. Nous devons donc en réécrire de nouveaux », assure Fabien Roussel, qui affiche l’objectif de « sortir de la soumission à l’oligarchie financière ». Au-delà du « refus de payer la dette liée au Covid », il souhaite remettre la main sur la Banque centrale européenne, aujourd’hui indépendante. « La BCE a fait tourner la planche à billets : 1 800 milliards d’euros ont été injectés dans l’économie entre 2020 et 2021, dont 290 milliards pour la France. Mais ils sont passés par les marchés financiers, on ne fait pas ce que l’on veut avec », déplore le parlementaire, estimant indispensable « que la BCE prête directement aux États pour investir dans la transition écologique, les services publics, la réindustrialisation ».

« 6 % du PIB pour le climat »

Un « pacte pour le climat et l’urgence sociale » à l’échelle de l’Europe fait aussi partie des mesures mises en avant par le PCF sur la question environnementale. « Comme le proposent les chercheurs du Giec, nous voulons consacrer 6 % du PIB pour le climat, soit pour la France 140 milliards d’euros, et 900 milliards pour l’Union européenne », détaille Fabien Roussel, qui sur ce terrain se distingue de ses concurrents de gauche par sa position tranchée sur le nucléaire. « Nous voulons une énergie électrique décarbonée, pilotable, stable. Il n’y a pas à tortiller, c’est ou l’hydraulique ou le nucléaire, pour nous ce sera les deux », s’exclame-t-il, plaidant pour un « mix énergétique » comprenant 6 nouveaux EPR. Changement de modèle agricole – favorisant le bio, les circuits courts, avec un objectif de 500 000 agriculteurs d’ici à 2030, une nouvelle PAC – et développement des transports en commun (investissement de 50 milliards d’ici à 2030 et gratuité pour les jeunes et les salariés) figurent également en bonne place parmi les 180 propositions. « S’il y a le feu à la planète, martèle le candidat, il faut y mettre les moyens, mais cela ne doit pas se faire contre les classes populaires. »

Fin de la vie chère : demandez le programme ... de Fabien Roussel! - L'Humanité, 4 février 2022
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011