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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 19:00
Travailleurs détachés: un accord perlimpinpin (Anne Sabourin, responsable du secteur Europe du PCF)

"Travailleurs détachés : un accord perlimpinpin" (Anne Sabourin - PCF)


Le gouvernement et la bulle médiatique chantent en chœur l'exploit d'Emmanuel Macron revenant avec la « victoire » du dernier sommet européen. Mais sur le dossier crucial des travailleurs détachés, comme souvent sur le terrain européen, le Président parle beaucoup mais ne change rien. C'est un accord perlimpinpin.
Les mesures négociées ne permettront pas de « protéger » les salariés, qu'ils soient français ou étrangers. L'application des lois du pays d'accueil est affirmée, mais pas celle des conventions collectives. L'accord ne traite pas du lieu principal du dumping social : les cotisations sociales. Aucun moyen nouveau n'est prévu pour lutter contre les abus. Les routiers, très exposés, ont été exclus des discussions. La limite à 12 mois du contrat du travailleur détaché ne tient pas compte de la réalité : en moyenne, ces contrats sont de 33 jours en France. Rien n'oblige les employeurs à limiter leur nombre. La seule conséquence possible est un turn-over accru.
On est loin de la « première victoire de la refondation de l’Europe » dont a parlé Muriel Pénicaud. Pour refonder l'Europe et combattre les nationalismes, il faudrait commencer par arrêter de se moquer du monde du travail et accepter le vrai débat : comment faire converger par le haut les droits sociaux et salaires en Europe? C'est l'unique moyen de lutter contre le dumping social.

Anne Sabourin, Responsable Europe du PCF,
Paris, le 24 octobre 2017.

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 19:00
les députés du PCF

les députés du PCF

Elsa Faucillon : Un budget pour les riches !


Cet après-midi, En Marche a voté le Projet de Loi de Finances, le projet de budget pour 2018. C'est le premier du gouvernement Macron :les mesures qu'il contient sont un cadeau sans précédent aux plus riches, à ceux qui ont tout. Suppression de l'ISF, baisse de la taxe sur les transactions financières et de l'impôt sur les sociétés ou encore “Flat-tax”: en tout, ce sont près de 9 milliards d'euros d'allègement actés pour les plus grandes sources d'argent. Et en même temps, le gouvernement renforce des politiques d'austérité qui ont participé à détruire l'emploi, le service public, la qualité de vie et d'environnement des citoyens. 
Un autre budget est possible.
Les choix faits par Macron ne sont pourtant pas les seuls possibles. Rendre du pouvoir d'achat aux plus modestes et aux classes moyennes, investir dans l'éducation, la santé, le logement, la démocratie, la transition écologique, les transports, ou encore les petites et moyennes entreprises. Des sujets sur lesquels nous devons être ambitieux pour répondre aux besoins comme aux rêves et à l'espoir d'un vrai progrès pour tous, au bonheur de toutes et tous plutôt qu'au bonheur des riches !!
Pour cela, les moyens existent. Encore faut-il aller les chercher là où ils sont et mener véritablement le combat : les 80 milliards de la fraude et de l'évasion fiscale en sont le flagrant exemple. Plutôt que de fragiliser ce qui nous permet de faire face à des enjeux essentiels, il faut mettre l'argent au service du développement humain. Voilà notre budget !

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 18:33
16 novembre: nouvelle journée d'action contre la politique de casse sociale d'Emmanuel Macron à l'appel d'un large front syndical
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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 13:01
Rassemblement du 19 octobre à l'hôpital de Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Rassemblement du 19 octobre à l'hôpital de Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Rassemblement du 19 octobre à l'hôpital de Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Rassemblement du 19 octobre à l'hôpital de Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Sécurité sociale: les économies encore et toujours à l’ordre du jour
 PAR 

Le projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale arrive à l’Assemblée nationale ce mardi. Il prévoit encore une forte compression des dépenses et annonce une stratégie nationale de santé qui, derrière un affichage attrayant, devrait rester dans les logiques précédentes.

Ce mardi 24 octobre, les députés commencent l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2018. Un budget social encore sous pression puisque le gouvernement affiche une volonté ambitieuse de réduire le déficit du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) de 5,2 milliards d’euros en 2017 à 2,2 milliards d’euros en 2018. Le tout en imposant au seul régime général de revenir à un excédent de 1,2 milliard d’euros, du jamais vu depuis 2001.

La « maîtrise des dépenses » au menu

L’objectif de cet effort est principalement de contribuer à la baisse du déficit des administrations publiques qui doit passer l’an prochain de 2,9 % du PIB à 2,6 % du PIB, avec un déficit du seul État en progression. Les comptes sociaux jouent donc le rôle d’amortisseur. En cela, la politique du nouveau gouvernement ne change guère de celle de ses prédécesseurs. En sept ans, le déficit du régime général du FSV a ainsi été divisé par 5 avec, comme on le verra, une compression des dépenses de santé.

Car le nœud de cet effort est bien le secteur de la santé. C’est la branche qui accuse le déficit le plus lourd. En 2017, il devrait être de 4,1 milliards d’euros. En 2018, le PLFSS prévoit un déficit de seulement 800 millions d’euros, soit un recul de ce déficit de 3,3 milliards d’euros, alors même que le rapport de la commission des comptes de la sécurité sociale prévoyait pour cette branche une tendance « naturelle » à aller vers un déficit de 7,8 milliards d’euros. Bref, le déficit de la branche santé devrait reculer de 7 milliards d’euros par rapport à sa tendance.

Certes, le dynamisme des recettes, notamment grâce à l’augmentation de la CSG, va compenser une partie de ce besoin (3,7 milliards d’euros). Mais pas l’intégralité, et il faudra bien en passer par une compression des dépenses. Le gouvernement entend ainsi maintenir à 210,9 milliards d’euros les dépenses totales de la branche maladie en 2018, soit une hausse de 1,02 %, proche de l’inflation. Par rapport à la tendance « naturelle » décrite par le rapport de la commission des comptes de la Sécurité sociale, il s’agit d’une baisse de 3,3 milliards d’euros, soit le niveau de la réduction du déficit de la branche. Autrement dit, ce PLFSS 2018 est encore un budget de compression des dépenses. Si ces dernières ne baissent pas en termes nominaux, elles vont néanmoins rester fortement sous pression et la branche va devoir renoncer à de nombreuses dépenses. Signe qui ne trompe pas : les promesses de remboursement intégral des lunettes et des prothèses auditives et dentaires sont renvoyées à plus tard (un an pour les lunettes, la fin du quinquennat pour les autres).

Certes, en 2018, le gouvernement prévoit une augmentation de la hausse de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) à 2,2 %. Et l’exécutif présente cette hausse comme la preuve de sa volonté de ne pas mettre en péril la santé dans sa politique de consolidation budgétaire. Le PLFSS 2018 affirme ainsi que ce sera « 4,4 milliards d’euros de dépenses nouvelles pris en charge par la collectivité ». Certes, cette hausse de 2,3 % représente la plus forte hausse de l’ONDAM depuis 2014, mais il ne faudrait pas oublier que la commission des comptes de la Sécurité sociale estimait que la croissance naturelle des dépenses concernées par l’ONDAM était deux fois plus rapide. Bref, passer d’un objectif d’ONDAM de 2,1 % à 2,3 % entre 2017 et 2018 ne peut guère être considéré comme un « cadeau » compte tenu des pressions qui pèsent sur le système de santé, notamment le vieillissement de la population. C’est le maintien d’une politique qui a maintenu la croissance de ces dépenses depuis 2012 autour de 2 %. Du reste, l’objectif du gouvernement est de maintenir à 2 % l’ONDAM sur le quinquennat en moyenne.

L’hôpital encore mis à contribution

Rien de neuf, donc. D’autant que, comme au cours des années précédentes, c’est l’hôpital qui apportera l’essentiel de l’effort. L’ONDAM hospitalier doit en effet croître de seulement 2 %, le même qu’en 2017, contre un objectif de 2,4 % pour la médecine de ville (soit une progression de 0,3 point). Dans le PLFSS, « l’amélioration de la performance interne des établissements de santé », autrement dit la coupe dans les dépenses, par rapport à leur rythme de croissance normal, s’élève à 1,2 milliard d’euros. Le gouvernement compte beaucoup sur le développement de la chirurgie ambulatoire, autrement dit sur des actes chirurgicaux n’impliquant pas d’hospitalisation. Mais il y aura aussi et encore des suppressions de lits (« inutiles », promet la ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn) et des « rationalisations » (fusions et fermetures)

Les patients apporteront également leur obole avec l’augmentation du forfait hospitalier pour un montant global de 200 millions d’euros. Le gouvernement prétend que cette hausse sera indolore pour les patients car prise en charge par les mutuelles. Mais, en partant du principe que la mutuelle est généralisée, ces dernières ont déjà prévenu qu’elles n’excluaient pas de relever les primes payées pour compenser cette nouvelle dépense. Au bout du compte, les assurés devraient bien contribuer au maintien de cet objectif.

L’effort demandé à l’hôpital n’est pas un hasard. Le secteur hospitalier est en effet celui où les « économies » sont le plus aisées à mettre en œuvre : c’est un secteur hiérarchisé, consommant beaucoup et disposant d’une capacité de regroupement importante. Autant d’éléments qui manquent en médecine de ville où les acteurs sont libéraux et atomisés. Certes, la médecine de ville est également sous contrainte, mais l’hôpital est toujours davantage mis à contribution. Du reste, ces dernières années, on constate une sous-exécution constante de l’ONDAM hospitalier (80 millions d’euros sous l’objectif en 2017 après 385 millions d’euros en 2016). Avec les désagréments que l’on connaît, sur les personnels et les patients. Le gouvernement actuel n’envisage pas réellement de modifier cette stratégie.

 

Or le PLFSS 2018 n’est qu’une répétition générale. Le gouvernement table sur une maîtrise à 2 % de l’ONDAM entre 2018 et 2022 avec le développement d’une stratégie nationale de santé qui a été brièvement présentée par Agnès Buzyn dans un entretien accordé dimanche 22 octobre au Journal du dimanche et qui sera précisée l’an prochain. Les axes de la politique gouvernementale entendent s’appuyer sur la« structuration de l’offre de soins », « la pertinence et l’efficience des produits de santé »,« la pertinence de la qualité des actes », « la pertinence et l’efficience des prescriptions d’arrêts de travail et de transport » et « le contrôle et la lutte contre la fraude ».

 

Quelles dépenses pertinentes ?

D’emblée, dans cet entretien, Agnès Buzyn donne le ton en déclarant que « 30 % des dépenses de l’assurance maladie ne sont pas pertinentes ». Un chiffre considérable qui concernerait pas moins de 63 milliards d’euros ! Sur quoi la ministre se fonde-t-elle pour avancer un tel propos ? Au ministère, on explique qu’il s’agit d’une enquête menée par la fédération hospitalière de France dans laquelle les médecins estimaient que seulement 72 % de leurs actes étaient justifiés, mais aussi d’une étude de l’OCDE estimant le « gâchis » des systèmes de santé de la zone à 25 %. La ministre a donc « déduit » assez hardiment (pour le moins…) de ces deux éléments que 30 % de l’ensemble des dépenses de santé n’étaient pas pertinentes !

Un chiffre très peu fiable dont le cabinet de la ministre précise qu’il n’est là pour donner qu’un ordre de grandeur et qu’il n’est pas un « objectif ». Il n’empêche, ce chiffre « choc » a été abondamment repris tel quel par de nombreux médias, et non des moindres, créant encore une impression de « dépense excessive » dans le système de santé. Et préparant les esprits à de futurs efforts supplémentaires.

Si ce chiffre de 30 % semble donc sans fondement, le gouvernement entend néanmoins mener la lutte autour de la pertinence des soins. Et il entend agir principalement sur deux axes. D’abord, la fin progressive de la tarification à l’acte à l’hôpital, qui encouragerait des actes inutiles, remplacée par des forfaits liés à un « parcours médical ». Ensuite par des incitations financières aux « bonnes pratiques », qui est un grand classique de la démarche libérale en économie de la santé. « Les établissements se verront octroyer un bonus, un intéressement, dès lors qu’ils répondront aux objectifs de qualité, de pertinence et d’efficience des soins », explique au JDD la ministre.

Cette méthode n’est douce qu’en apparence. En réalité, elle sous-tend une nouvelle réduction forte des dépenses de l’hôpital. La tarification forfaitaire et la mise en place « d’objectifs » dont l’atteinte sera rémunérée vont permettre de mieux maîtriser les plafonds de dépenses. Comme fixer des objectifs « qualitatifs » sera très délicat, il est inévitable que ces objectifs seront en réalité financiers et qu’ils s’appuieront sur des évaluations dont on a pu mesurer, avec le chiffre avancé par la ministre, la fiabilité. Les « bonus » risquent donc bien d’être pour les établissements de soins de simples bouées de sauvetage toujours remises en cause.

En attendant, dès 2018, le PLFSS prévoit déjà 250 millions d’euros d’économies sur la« structuration des parcours de soins efficients » et 320 autres millions sur « la maîtrise des volumes et de la prescription des médicaments et dispositifs médicaux ». Il faudra observer si ces objectifs sont atteints et comment. S’il y a une prime à dépenser moins, la qualité des soins pourrait s’en ressentir, surtout dans un contexte de pression sur le secteur hospitalier. La même question mérite d’être posée pour la chirurgie ambulatoire qui n’est pas un problème si elle est encadrée, mais qui peut être risquée si elle n’est qu’un objectif chiffré alimenté par des « bonus ».

L’autre point sur lequel la ministre compte beaucoup, ou du moins sur lequel elle insiste beaucoup, c’est la lutte contre la fraude et contre les arrêts de travail abusifs. La ministre rappelle dans le JDD que la fraude « détectée par les organismes de sécurité sociale (sur les cotisations et les prestations) s’est élevée à 1,2 milliard d’euros et ce chiffre ne cesse de croître ». Mais, précisément, cette fraude concerne les cotisations et les prestations. Sur les seules prestations, la fraude est estimée pour le régime d’assurance maladie à 167 millions d’euros. L’essentiel vient donc du travail non-déclaré. Or la ministre insiste dans l’interview, uniquement sur « ceux qui abusent d’un système généreux », donc précisément sur les fraudes aux prestations. C’est là moins un discours de rationalité économique qu’une classique relance de l’accusation populiste des « profiteurs » des assurances sociales qui seraient la clé du financement de la Sécurité sociale. Pourtant, le PLFSS défendu par la ministre n’attend pas plus de 90 millions d’euros du « contrôle et de la lutte contre la fraude », soit seulement 2,2 % de l’effort nécessaire l’an prochain. Un objectif qui apparaît déjà comme fort ambitieux.

La même remarque vaut pour les arrêts maladie qui apparaissent suspects à Agnès Buzyn. Et, de fait, les indemnités journalières sont en forte hausse. En 2016, selon le rapport de la commission des comptes de la Sécurité sociale, elles ont crû de 4,8 %, portées par les périodes courtes (+5 %), ce qui constitue 20 % de la croissance des dépenses. Comment réduire ce phénomène ? La ministre pose la bonne question dans leJDD : « Jusqu’à quand l’assurance maladie palliera-t-elle les défaillances du management au travail ? » La question de la souffrance au travail et de son coût mérite effectivement d’être posée et doit être un des facteurs de cette croissance.

Mais le gouvernement envisage-t-il sérieusement de s’emparer du problème alors que les ordonnances réformant le droit du travail donnent plus de facilité à l’employeur pour les licenciements et que les décrets d’application prévoient le vote « non secret » lors des référendums d’entreprise ? C’est peu probable et Agnès Buzyn elle-même l’a confirmé en déclarant dimanche 22 octobre sur RTL qu’il était difficile de juger ce qu’était une maladie professionnelle, et en excluant toute reconnaissance du burn-out. Dès lors, malgré les mots, l’assurance maladie va devoir prendre toujours plus en charge les « défaillances du management ».

Maintien de la logique de compression des dépenses à moyen terme

En réalité, le gouvernement demeure, en dépit de ces affichages, dans une logique proche de celles de ses prédécesseurs. Compte tenu de la croissance naturelle des dépenses, il est à craindre que les « réformes de structure » avancées par la ministre n'aient pas un effet suffisant pour permettre de sortir de la course aux économies dans laquelle le système français de santé s’est enfermé depuis plusieurs années. Elles pourraient même l’accélérer dans certains cas. Seule la pratique permettra de confirmer ce phénomène, mais le PLFSS 2018 ne se distingue guère, de ce point de vue, des précédents.

Un indice ne trompe pas, c’est le discours alarmiste du gouvernement alors même que la Sécurité sociale est plutôt un « bon élève » budgétaire, que l’ONDAM a été respecté pour la huitième année consécutive, que le déficit du régime général est le plus faible depuis 2001 (alors même que la croissance reste inférieure), que les dépenses de santé françaises progressent moins vite en France qu'ailleurs en Europe et sont inférieures à celle de l'Allemagne (9,1 % du PIB contre 9,7 % outre-Rhin) et, enfin, que la contribution du déficit et de la dette sociale aux déficits et aux dettes publiques est désormais faible. Mais le gouvernement entend maintenir la pression. Pour une raison simple : la Sécurité sociale et la santé en particulier pourraient bien devenir, par leurs efforts, un moyen de « compenser » les cadeaux fiscaux du gouvernement en contribuant à la réduction des déficits.

Car, il convient de rappeler – ce qui n’est jamais fait par l’exécutif – qu’une des raisons des problèmes de financement de la Sécurité sociale est le manque à gagner provoqué par les exonérations patronales. En 2017, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale, les pertes de recettes de cotisations pour la Sécurité sociale liées aux allégements et exonérations de cotisations s’élevaient à 29,5 milliards d’euros. Ce montant est certes largement compensé par l’État (à l’exception de 3,8 milliards d’euros en 2016, ce qui représentait tout de même 80 % du déficit de cette année), mais en augmentant le déficit public, il oblige les assurances sociales à réduire leur déficit et, partant, leurs dépenses. Le financement par la CSG devrait certes modifier la donne et améliorer la situation. Mais la dette accumulée par les déficits faute de recettes suffisantes des années passées, l’introduction de la taxe forfaitaire unique sur les revenus du capital et la généralisation du CICE sous forme de baisse de charges pour 20 milliards d’euros en 2019 seront autant de facteurs de pression sur les recettes du régime général dans les prochaines années. Or, c’est précisément cette pression sur les recettes qui entretient celle sur les dépenses et la dégradation progressive du service rendu au public. Les « économies » restent donc à l’ordre du jour dans la santé.

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 12:46
Agir pour Salah Hamouri: l'Appel de  l'ANECR ce 24 octobre 2017
Agir pour Salah Hamouri : l’APPEL de l’ANECR

mardi 24 octobre 2017

Courrier de l’ANECR invitant les élu.e.s communistes et républicain.e.s à agir afin de contribuer à la mobilisation partout sur le territoire national et faire grandir l’exigence de liberté pour Salah Hamouri.

Cher.e camarade,

Le 23 août 2017, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, a été de nouveau arrêté par la police israélienne. Le 18 septembre, il a été condamné à six mois de prison renouvelables, sous le statut de la « détention administrative ». Ce mode de détention l’empêche de connaître précisément ce qui lui est reproché, d’avoir accès
à son dossier classé secret et de bénéficier d’un procès équitable.

Privé du droit élémentaire pour tout accusé de se défendre, Salah est victime de l’arbitraire le plus total et de l’acharnement des autorités israéliennes. Il a en effet déjà passé sept années dans les prisons israéliennes, accusé de crimes qu’il a toujours nié. Sorti de prison en 2011, il n’a jamais été véritablement libre, interdit de se rendre en Cisjordanie où se trouvait son université, séparé de sa femme et de leur enfant contraints de vivre loin de lui, en France.

Salah Hamouri, avocat défenseur des droits de l’homme, ne doit pas passer un jour de plus en prison ! Un comité de soutien* s’est constitué pour appeler les autorités françaises à agir, comme elles le font chaque fois que l’un de nos compatriotes est emprisonné injustement dans n’importe quel pays du monde, en témoigne la libération récente de Loup Bureau, obtenue grâce à l’engagement du Président de la République.

Nombre d’entre nous ont déjà rejoint le comité de soutien et pris des initiatives pour appeler à la libération de Salah. Par cette lettre, je souhaite inviter chaque élu.e de notre association, en fonction des moyens et des responsabilités qui sont les siens, à agir afin de contribuer à la mobilisation partout sur le territoire national et faire grandir l’exigence de liberté pour Salah Hamouri.

Parmi les gestes qui peuvent être produits :

- Signer et faire signer l’appel du comité de soutien (ci-joint) 
- Proposer l’adoption de voeux au sein de nos assemblées délibérantes (des modèles sont disponibles) 
- Faire fleurir notre soutien dans l’espace public, en posant par exemple des banderoles sur les mairies 
- Faire signer massivement la carte pétition adressée au Président de la République en la mettant à disposition dans les lieux publics, éventuellement avec des urnes 
- Proposer la nomination de Salah Hamouri comme citoyen d’honneur 
- Aider le comité de soutien à financer la campagne par une subvention exceptionnelle ou tout autre soutien logistique

Je vous invite à transmettre à l’ANECR les initiatives prises ou à venir au sein de ta collectivité, afin que nous puissions en faire un recensement national et informer le comité de soutien.

Romain Marchand
Secrétaire général de l’ANECR

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 07:45
Guillaume Roubaud-Quashié

Guillaume Roubaud-Quashié

 

Directeur de la revue Cause Commune, Guillaume Roubaud-Quashie est membre de la direction du PCF. A ce titre, il a dirigé l’organisation de la dernière université d’été du parti, lors de laquelle le populisme est entré au coeur des débats.

Vous êtes directeur de la revue Cause Commune, éditée par le PCF et auparavant intitulée La Revue du projet. Pourquoi ce changement de nom ? S’agit-il, aussi, d’un changement de projet ?

Plus que d’un changement de nom, il s’agit d’un changement de perspective. La Revue du Projet, comme son nom l’indique, portait essentiellement sur la question du projet du Parti communiste. Mais ce dont le Parti communiste a besoin va au-delà : c’est de faire davantage parti, c’est-à-dire, de mettre davantage en coordination les différentes forces, les différences expériences pratiques, théoriques et politiques. Et pour mettre en coordination ce qui reste sans doute la première force militante du pays, cela demande un peu d’organisation. De ce point de vue, la revue a un objectif de convergence. Pourquoi une revue pour le Parti communiste ? Pour offrir aux communistes la possibilité de savoir ce qui se fait, ce qui se travaille, ce qui se cherche. Pour permettre aux communistes de participer mieux et davantage. C’est pourquoi nous considérons que Cause Commune est une revue d’action politique. Nous traitons aussi des problématiques plus immédiates. Par exemple, dans notre premier numéro, nous nous sommes intéressés à la façon de constituer un collectif de défense de La Poste.

Il y a donc un changement de perspective important. Il s’agit plus d’une nouvelle revue que d’une simple version 2.0 de la précédente. Nous abordons les questions d’organisation, les questions électorales et la vie politique en général. On y ajoute donc une dimension plus concrète. Vous savez, le Parti communiste produit beaucoup de choses – et c’est une de ses forces –, mais le niveau de lecture peut parfois être faible. La raison en est que les communistes, confrontés à un temps limité et à une pléiade de possibilités de lectures, finissent parfois par faire le choix de l’abstention. L’idée, ici, est de leur dire qu’en dehors de l’Humanité qui a une autre fonction et une autre périodicité, Cause Commune entend traiter le large spectre des sujets communistes. À cela, s’ajoute un objectif de mise en mouvement et de formation des militants, tout en conservant à la revue un caractère très ouvert.

Le nom, Cause commune, vient du fait que nous affirmons qu’il faut plus de parti et non moins de parti, qu’il faut plus de mise en commun. Notre rôle est d’être un des acteurs de cette mise en commun. C’est une perspective qui est, en un sens, opposée à celles qui prennent acte de la vie en lignes parallèles des luttes émancipatrices voire la théorisent. Nous croyons qu’il faut au contraire faire cause commune.

Votre revue a pour but explicite de s’adresser aux adhérents du PCF et d’animer la vie démocratique et intellectuelle du parti. Comment expliquez-vous ce choix spécifiquement interne ? N’avez-vous pas peur de négliger l’extérieur et que cela implique un cloisonnement intellectuel ? On reproche souvent aux partis d’être repliés sur eux-mêmes…

Le Parti communiste est évidemment celui qui est le plus accusé d’être une espèce de secte absolument repliée sur elle-même. C’est une légende bien connue. Il suffit pourtant de lire l’Humanité, « le journal de Jean Jaurès », qui n’est pas l’organe du Parti communiste, même s’il y a des liens et des proximités. S’il y a un journal qui est largement ouvert au-delà des communistes, c’est bien celui-ci. Donc il n’y avait pas de raison de fond de faire une espèce de version mensuelle de l’Humanité. Il faut soutenir et développer ce journal et, en même temps, ce qui manquait, c’était justement cet outil qui permet d’utiliser la richesse de ce parti. C’est là la mission propre de Cause commune, sans esprit de secte : la revue reste pleinement ouverte à tous les lecteurs !

Vous avez organisé l’Université d’été du PCF dont nous avons rendu compte dans nos colonnes. Parmi les thèmes qui ont suscité le débat, il y a eu la question du populisme, à laquelle nous ne sommes pas insensibles à LVSL comme l’illustre notre dossier sur les gauches espagnoles. Le populisme, comme méthode politique, est largement critiqué au PCF. Pouvez-vous revenir sur ces critiques et leurs fondements ?

Le débat est en cours au PCF et je ne veux pas fermer des portes à l’heure où notre congrès entend les ouvrir en grand, donnant pleinement la parole et la main aux dizaines de milliers d’adhérents communistes. Je n’exprime donc ici qu’un point de vue personnel, tel qu’il est pour l’instant stabilisé avant le large débat collectif qui s’annonce. Je sais les réflexions plurielles et mon camarade Alain Hayot qui a beaucoup écrit sur le sujet, a sans doute un autre regard, par exemple. Pour moi, il y a deux questions. Le populisme est présenté comme la grande forme de proposition alternative importante. Et il ne faut pas prendre ça de haut puisque la force qui présente cette option politique comme une alternative – la France insoumise – est la principale force progressiste du moment.

La première question, c’est celle du populisme tout court. C’est un mot très employé et dont le contenu n’est pas toujours très clairement défini. En réalité, ce mot a une étrange histoire qui renvoie à des moments très différents. Le premier moment lexical du populisme renvoie au socialisme agraire russe, les Narodniki, qui n’a rien à voir du tout avec ce qu’on appelle « populisme » aujourd’hui : c’est eux qui ont introduit les textes de Marx en Russie ; c’est avec eux que Lénine polémique… Le second moment renvoie à une expression progressiste plus vague : le populiste est celui qui est favorable au peuple. Après tout, c’est ce que dit le mot, étymologiquement parlant, et tout le monde est à même de l’entendre ainsi sans être un éminent latiniste. C’est pourquoi il y avait le prix populiste, ce prix littéraire qui était remis à des auteurs progressistes qui parlaient du peuple et pas uniquement de héros de la bourgeoisie.

Et puis, il y a le moment qui commence dans les dernières décennies du XXe siècle. C’est le moment Pierre-André Taguieff qui vient relancer cette espèce de conception du populisme qui consiste à dire qu’il n’y a plus de lecture gauche-droite, mais une lecture de type cercle de la raison, au centre (libéraux de gauche, libéraux de droite, etc.), versus les fous à lier, de part et d’autre de cet axe central. Il s’agit, en quelque sorte, du décalque, en politique, de la lecture sociale insiders versus outsiders. Ce dernier modèle sociologique dont l’essor est d’ailleurs contemporain de celui du « populisme » façon Taguieff prétend ainsi qu’il n’y a plus de classes car la société a été confrontée à une gigantesque « moyennisation » ; ne reste plus que les insiders(ouvriers, cadres, patrons…) d’une part et les outsiders, vrais miséreux qui, seuls, ont droit à quelque (maigre…) charitable intervention. Je ne développe pas, mais la simultanéité n’est jamais fortuite aimait à rappeler le grand historien Ernest Labrousse… Bref, avec le populisme de Taguieff, c’est-à-dire le populisme, tel qu’il est repris par la grande masse des journalistes et des hommes politiques : soit vous êtes au milieu, entre personnes raisonnables qui acceptent l’économie de marché, soit vous êtes dans la catégorie des déments indifférenciés, celle des populistes.

 

« Vous dénoncez les exilés fiscaux ? Populiste ! Vous attaquez les grands média ? Populiste ! Vous notez les proximités entre le monde de la finance et celui des dirigeants politiques des grandes formations ? Populiste ! Accepter la notion, c’est accepter de voir invalidé tout discours de classe. »

 

Pour ma part, je trouve cette conception dangereuse et inopérante. D’un simple point de vue descriptif, mettre Marine Le Pen et Hugo Chavez dans la même catégorie politique, ce n’est pas un progrès de la pensée politique.. Il s’agit de pensées profondément différentes, donc forger un mot qui explique qu’il s’agit de la même chose, c’est une régression au plan intellectuel. Cela ne permet pas de mieux nommer et comprendre les choses ; au contraire, cela crée de la confusion. Plus profondément, cette dernière est dangereuse puisque cela consiste à dire que tout ce qui est une alternative à la situation actuelle, tout ce qui conteste le dogme libéral relève de ce terme qu’est le populisme. Pire, si le populisme est cette catégorie infâmante désignée à caractériser ceux qui opposent « le peuple » aux « élites » alors qu’il n’y aurait, bien sûr, que des individus dans la grande compétition libre, comment ne pas voir combien cette notion forgée par des libéraux invalide immédiatement toute option de lutte des classes ? Comment penser que ce n’est pas aussi un des objectifs de cette théorisation ? Vous dénoncez les exilés fiscaux ? Populiste ! Vous attaquez les grands média ? Populiste ! Vous notez les proximités entre le monde de la finance et celui des dirigeants politiques des grandes formations ? Populiste ! Accepter la notion, c’est accepter de voir invalidé tout discours de classe.

Gérard Mauger a raison selon moi quand il dit dans son intervention, que le populisme, c’est une forme d’« insulte polie », une façon de discréditer. Par ailleurs, lisez Taguieff, pour lui, le populisme, c’est d’abord un « style ». Personnellement, je ne classe pas les forces politiques en fonction de leur style, mais en fonction des objectifs qu’ils nourrissent. Le style est secondaire. J’ajoute que c’est faire un beau cadeau à la droite et à son extrême. Puisque l’extrême droite, en n’étant pas qualifiée comme telle, devenant « populisme », n’est plus le prolongement de la droite, c’est mettre des digues absolues entre Eric Ciotti et Marine Le Pen ; le premier étant censé appartenir au monde raisonnable central et la seconde relever de la catégorie distincte et sans rapport du « populisme ». Beau cadeau de respectabilité à la droite au moment même où elle court après son extrême… Ensuite, renoncer à qualifier l’extrême droite en usant du mot de droite et du mot d’extrême pour lui privilégier la notion de « populisme », c’est lui retirer deux fardeaux (personne n’est « extrême » ; le discrédit de la droite parmi les couches populaires reste large) et lui offrir le peuple (tout le monde entend bien « peuple » dans « populisme », sans agrégation de lettres classiques !). Bref, je sais que ce point de vue n’est pas celui de tous mais, à mes yeux, cette notion est une régression et un danger. Le débat se poursuivra car il n’est pas question de le trancher ici !

 

La seconde question renvoie évidemment aux conceptions de Chantal Mouffe autour du « populisme de gauche ». Au départ, Mélenchon expliquait aux journalistes qui lui collaient cette étiquette populiste : si le populisme, c’est dénoncer les collusions, etc., etc., alors qu’on me taxe de populiste. Néanmoins, il le faisait sur le mode de la récusation et de la provocation. Aujourd’hui, sa position a changé puisqu’il assume cette stratégie « populiste de gauche » théorisée au départ par la philosophe belge. La tâche se complique ainsi et il faut faire la différence entre le populisme taguieffien des journalistes quand ils parlent de Marine Le Pen (… et de Mélenchon) et le populisme de Mouffe. Pour ce qui est de Chantal Mouffe, il s’agit d’un projet théorique qui est plus solide que ce que fait Taguieff. Annie Collovald refuse d’ailleurs de parler de concept pour le populisme de Taguieff, et considère que c’est à peine une notion qui frise l’inconsistance. C’est ce qu’elle explique dans un ouvrage qui selon moi reste fondamental, Le populisme du FN, un dangereux contresens[2004].

 

« Le populisme nait donc d’une recherche de renouveau de la pensée social-démocrate, quand d’autres vont inventer, avec Giddens et Blair, la « troisième voie ». »

 

Chez Mouffe, et en réalité chez Laclau, on est face à une réponse, dans le domaine de la social-démocratie, élaborée dans la panade des années 1980. Période au cours de laquelle toutes les grandes conceptions social-démocrates traditionnelles sont mises en difficulté, sans parler bien évidemment de la situation des socialismes réels qui étaient par ailleurs combattus par la social-démocratie. Les amis de Mouffe et de Laclau, depuis longtemps en opposition aux communistes, ne vont bien sûr pas se rapprocher des communistes soviétiques dans les années 1980, au moment même où triomphe la grasse gérontocratie brejnévienne et post-brejnévienne où le système soviétique montre toutes ses limites et son inefficience. Le populisme nait donc d’une recherche de renouveau de la pensée social-démocrate, quand d’autres vont inventer, avec Giddens et Blair, la « troisième voie ».

Quels problèmes cela pose pour nous ? D’abord, la question de classe est complètement explosée. Dans la pensée de Chantal Mouffe, c’est clair, net, et précis : il n’y a pas de classe en soi, mais des discours des acteurs. Il s’agit d’un postmodernisme caractéristique de la pensée des années 1980, pensée d’ailleurs très datée : il n’y a pas de réalité mais d’indépassables discours. Il n’y a pas d’intérêt objectif de classe ; d’où l’importance accordée au mot plus vague de « peuple ». Est-ce un progrès ou une régression ? Nous considérons que la question de classe est une question centrale ; elle l’est même nettement plus aujourd’hui qu’hier. Il suffit d’ouvrir les yeux sur les évolutions du capitalisme contemporain. On est ramenés aux socialismes utopiques que Karl Marx combattait. C’est amusant de voir aujourd’hui le beau film de Raoul Peck, Le Jeune Karl Marx, qui évoque ces débats avec tous ces socialistes rêvant en dehors du monde de classe…

Deuxièmement, l’horizon des communistes reste un horizon universaliste qui pose le communisme comme objectif. Cet horizon est complètement absent chez Mouffe pour qui il faut trouver une manière de gérer les dérives du capitalisme et les antagonismes dans ce qu’elle appelle un cadre « agonistique » (un cadre de combats, de tensions, de conflits – agôn, en grec). Puisque pour elle, les conflits sont inépuisables et penser les abolir serait contraire à l’anthropologie profonde, selon sa lecture de la « nature humaine » qui se revendique de Freud. Tout cela me semble poser plus de problèmes que cela n’en résout… Dire qu’on renonce à l’objectif de dépassement des conflits de classe, au moment où le capitalisme est de plus en plus inefficient et criminel, me paraît être inopérant et négatif. Donc même si la proposition de théorique de Mouffe est intéressante – au sein de la social-démocratie, elle refuse la capitulation pure et simple façon Blair et Schröder et permet ainsi que se mènent bien des combats communs –, elle débouche sur un horizon limité. Il s’agirait de renoncer au communisme au moment même où le capitalisme ne parvient clairement plus à répondre aux possibilités de développement de l’humanité. L’humanité a les ressources et les savoirs pour répondre aux grands défis (faim, santé, logement, culture, développement durable…) mais le capitalisme, parce qu’il vise le profit étroit et maximal de quelques-uns, tourne le dos à ces perspectives et approche le monde de l’abîme.

Pourtant, lorsque Pierre Laurent écrit un ouvrage intitulé 99%, il oppose un « eux » et un « nous », qui va plus loin que la simple classe traditionnellement révolutionnaire aux yeux des marxistes – le prolétariat. Bref, il fait lui aussi du populisme, non ?

Absolument pas, ici, on est dans la logique qui est celle de l’alliance de classe, qui est une logique que le PCF a souvent adoptée. Thorez faisait déjà cela dans les années 1930 ; ce n’est pas du populisme. D’ailleurs, une des lectures bien connues des communistes de ces années là est Ce que sont les amis du peuple de Lénine dans lequel il détruit les populistes russes. Donc non, ce n’est pas du populisme, c’est l’idée, déjà développée par Lénine, selon laquelle il est possible de faire des alliances avec d’autres classes, loin du « solo funèbre » de la classe ouvrière.

Pierre Laurent part d’une analyse du capitalisme contemporain qui ne profite plus qu’à une toute petite minorité. Il ne profite même pas aux petits entrepreneurs. Donc certes, il y a les salariés tout court, qui représentent une très large majorité des travailleurs, mais il y a aussi les petits patrons, qui sont insérés dans des chaînes de donneurs d’ordre qui font d’eux des quasi-salariés, puisqu’ils sont dominés par de grandes entreprises. Ils pâtissent donc aussi du système capitaliste. Ajoutons l’ubérisation et sa masse d’auto-entrepreneurs et on comprend pourquoi Pierre Laurent a raison d’élargir l’horizon au-delà de la seule classe définie par la place dans les rapports de production.

Mais en termes de méthode il y a une convergence, sur l’idée d’opposer le « eux » de la petite minorité et le « nous » du reste de la population…

Sur le « eux » et le « nous », entendonsnous bien. C’est une expression largement utilisée avant Mouffe, par exemple chez le chercheur britannique Richard Hoggart dans La Culture du pauvre. Pierre Bourdieu diffuse cet essai qui popularise cette dichotomie entre un « eux » et un « nous » dans les sciences sociales. Hoggart ne se définissait pas pour autant comme populiste, donc cette idée du « eux » et du « nous » n’est pas une marque déposée du populisme.

Un des éléments qui a cristallisé les oppositions est l’utilisation du terme « gauche ». Il est évident qu’analytiquement, la gauche existe. Mais est-il nécessaire, après le quinquennat de François Hollande, et le discrédit qui porte sur cette étiquette, d’utiliser le terme « gauche » ? Ainsi que le dit Iñigo Errejon dans LVSL, la bataille politique ne devient-elle pas, dès lors, une bataille pour l’étiquette ?

C’est une question très importante et l’entretien d’I. Errejon est très intéressant. Dans les forces de gauche, beaucoup raisonnent « toutes choses égales par ailleurs » (ce qui était, est et sera, etc.). Or, il est certain, et ça tout le monde le sait, que le positionnement de la population par rapport à l’étiquette « gauche » s’est largement détérioré, même si beaucoup d’acteurs politiques se sont aveuglés là-dessus. Ces derniers sont restés attachés à ce signifiant (le mot « gauche »), alors qu’il avait un signifié (le contenu, le sens) de moins en moins clair dans le pays. D’ailleurs, « l’existence analytique » de la gauche dont vous parlez mériterait peut-être d’être interrogée. C’est un peu une manie de métaphysicien que de rattacher des contenus définitifs à ce mot « gauche » alors que ce terme recouvre des contenus très variables. Il est vrai que lorsque le PCF est la principale force de gauche, celui-ci opère une redéfinition du mot « gauche », le dotant d’un solide et indubitable contenu de classe. François Mitterrand, verbalement, laisse faire un certain temps et l’opération lexicale des communistes connait un certain succès, bien au-delà de ses rangs. Ces combats d’hier ont toujours une efficace aujourd’hui : voyez combien il a été difficile pour François Hollande d’être considéré comme « de gauche » au vu de la politique qu’il menait. Ça lui a coûté très cher.

 

« Je crois donc qu’il faut avoir un point de vue dialectique sur le sujet. Il faut toujours se référer à la gauche, puisque cela veut encore dire quelque chose de fort pour beaucoup de gens, mais il faut éviter d’utiliser ce terme seul et sans contenu explicite puisqu’il est aujourd’hui associé négativement à des expériences libérales comme celle de François Hollande. »

Après le LEM, j’ai proposé des éléments d’analyse de cette difficile question dans feu La Revue du projet(dossier « Quatre essais sur la gauche », La Revue du projet, n°50, octobre 2015). Sauf qu’en même temps, ce qui a moins été vu, c’est que le PCF a moins de pouvoir de définition qu’avant sur le contenu du mot « gauche », et donc que la force subversive de cette étiquette s’est érodée. Les expériences sociallibérales ont petit à petit vidé de son sens ce terme pour une partie notable de la population, sans faire disparaître son contenu passé pour une autre.

Je crois donc qu’il faut avoir un point de vue dialectique sur le sujet. Il faut toujours se référer à la gauche, puisque cela veut encore dire quelque chose de fort pour beaucoup de gens, mais il faut éviter d’utiliser ce terme seul et sans contenu explicite puisqu’il est aujourd’hui associé négativement à des expériences libérales comme celle de François Hollande. La proposition de la France insoumise, de LREM voire du FN de ne pas se situer clairement par rapport à ce terme consistait à essayer d’aller récupérer ces gens pour qui le mot gauche est un mot perdu, associé à des expériences négatives et à des conceptions politiciennes de la politique. Il s’agissait aussi de composer avec le rejet du clivage gauche-droite, qui est devenu un repoussoir pour beaucoup de monde.

Continuer à utiliser le terme « gauche » comme si de rien n’était impliquerait alors de s’adresser uniquement à ceux à qui le mot parle, mais s’aliéner le reste de ceux pour qui il ne veut plus rien dire. Je crois donc que la solution consiste à utiliser cette notion avec modération, mais surtout, insister sur les contenus. Plutôt que de dire seulement « nous sommes pour une politique de gauche », qui est un discours abstrait et qui n’est pas compris par tous, il est sans doute préférable d’expliquer que « nous sommes pour l’augmentation des salaires, les droits des salariés, les services publics, etc. » voire « Nous sommes pour une politique de gauche, c’est-à-dire pour l’augmentation des salaires… ».

L’un des reproches régulièrement adressés au populisme repose sur la place des affects en politique. Ceux qui se revendiquent du populisme affirment qu’il est nécessaire de prendre en compte les affects et l’esthétique lorsque l’on construit un discours et un programme, et de ne pas s’appuyer uniquement sur la raison, c’est-à-dire sur la véridicité des idées et des discours. Est-ce pour vous de la démagogie ? Doit-on refuser les affects en politique ?

Non, bien évidemment que non. Avec la politique, il y a forcément des dimensions affectives et esthétiques qu’il faut prendre en compte. Et il faut reconnaître, de ce point de vue, que la France insoumise a réfléchi à ces questions et a fait des choses intelligentes et plutôt fortes. Quel est le point de désaccord ? Revenons à Mouffe. Elle est dans une relation postmoderne dans lequel l’horizon rationnel se dissout. Le problème, ce n’est pas juste d’intégrer la dimension affective, c’est de renoncer à la dimension rationnelle. Personnellement, je veux bien qu’on utilise toutes les armes de communication à notre disposition, mais toujours avec une finalité rationnelle et avec un primat rationnel. Ce n’est pas le cas chez Mouffe, chez qui les discours flottent sans lien avec le réel.

 

« L’affect est une contrainte nécessaire, et non un objectif en soi, si l’on veut que le peuple soit acteur, et qu’on ne se limite pas à vouloir emporter les foules grâce à un leader charismatique… »

 

Utiliser les affects n’est donc pas problématique en soi ; tout le monde utilise les affects. Là où les choses deviennent plus dangereuses, c’est lorsqu’on considère qu’on doit patauger dans ces affects et s’y soumettre. Il faut au contraire avoir en permanence l’objectif de les dépasser très vite. Il est primordial d’amener au maximum vers une large réflexion rationnelle. L’affect est une contrainte nécessaire, et non un objectif en soi, si l’on veut que le peuple soit acteur, et qu’on ne se limite pas à vouloir emporter les foules grâce à un leader charismatique… qui est par ailleurs mortel. L’horizon du communisme ne consiste pas à être guidé par des bergers éloquents, mais à avoir un peuple acteur et conscient. Et puisque nous sommes en plein centenaire, faut-il rappeler la perspective de Lénine ? « C’est à l’action révolutionnaire consciente que les bolchéviks appellent le prolétariat. »

Précisément, sur cette figure du leader charismatique, on peut avoir le sentiment que le PCF est un peu traumatisé par son passé stalinien et la façon dont des figures ont pu faire l’objet d’un culte. À tel point que le parti semble être dans le refus de cette fonction tribunicienne. Faut-il s’en tenir au « ni dieu, ni César, ni tribun » de l’Internationale ou faut-il être capable de penser la nécessité des médiations et la façon dont un individu est capable d’incarner quelque chose à un moment donné, et d’exercer une fonction de traduction des demandes politiques dans le champ politique ?

Le mouvement ouvrier a toujours eu des figures de proue, bien avant Staline. Il y avait des bustes de Jaurès dès son vivant. L’idée que Staline a inventé le culte de la personnalité, que celui-ci relève de la pure importation est complètement absurde et ne résiste pas à l’analyse. La figure tribunicienne est pour nous une limite, parce qu’on quitte le domaine rationnel pour renforcer le domaine affectif. Quand ce n’est plus un objectif politique qu’on soutient mais une personnalité, quand le peuple troque son esprit critique contre l’adoration d’une figure humaine (et donc faillible…), il y a toujours danger. Cette limite a bien évidemment une force puisqu’elle permet aussi d’entrainer les individus vers un but commun. Gramsci disait « Il est inévitable que la révolution, pour les grandes masses, se synthétise dans quelques noms qui semblent exprimer toutes les aspirations et le sentiment douloureux des masses opprimées […]. Pour la plus grande partie des masses […], ces noms deviennent presque un mythe religieux. Il y a là une force qu’il ne faut pas détruire. » Encore une fois, il s’agit d’une contrainte, et non d’un objectif. Reste que, la présence d’un tribun peut aider, et il n’y a pas besoin de remonter si loin que ça. Une figure comme Georges Marchais – mon ami Gérard Streiff y revient un peu dans sa belle petite biographie – a bien sûr pu, un temps, incarner et rendre visible l’option communiste.

 

« Pourquoi est-ce que Georges Marchais, aussi, avait cette puissance d’évocation et d’entrainement ? Parce qu’il s’agissait d’un ouvrier d’une famille populaire. »

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Aujourd’hui, les responsables communistes sont confrontés à cette question de l’incarnation. Et Pierre Laurent, de ce point de vue, a eu raison de signaler qu’il est important de poser la question sociale et ce à quoi renvoie l’incarnation. Pourquoi est-ce que Georges Marchais, aussi, avait cette puissance d’évocation et d’entrainement ? Parce qu’il s’agissait d’un ouvrier d’une famille populaire. Cela joue beaucoup, même si ce n’est pas tout. Même chose pour Maurice Thorez, qui était au départ mineur, et qui était capable d’argumenter et de vaincre des technocrates de la bourgeoisie. C’est important, parce que cela opère en creux la démonstration que les travailleurs, si profondément méprisés, sont capables, en travaillant, d’avoir les ressources pour diriger le pays. Cela envoie un signal important, puisque l’objectif des communistes est bien de faire parvenir cette large classe laborieuse au pouvoir, ce qui implique qu’elle sente bien qu’elle en est capable et que le mépris que la bourgeoisie lui voue est infondé. C’est un objectif essentiel lorsqu’on voit à quel point les incapables qui gèrent ce monde sont en train de l’envoyer dans le mur.

Pierre Laurent a donc expliqué qu’il nous fallait davantage cet objectif jusque dans la direction du Parti, en donnant une forte place aux diverses facettes du large spectre du salariat. Je suis parfaitement d’accord avec lui : je crois que nous avons à travailler vite et fort sur cet enjeu. Aucun des autres grands partis ou « mouvements » ne semble s’en préoccuper lorsqu’on observe que leurs dirigeants sont presque tous issus de CSP+. Le problème dans le pays est qu’il y a des millions d’ouvriers et d’employés, et qu’ils sont très peu représentés en politique aux échelons de direction. C’est une situation qui nous préoccupe, nous, et qui ne peut pas durer.

Parmi la bataille de tranchée intellectuelle que se livrent marxistes orthodoxes et populistes post-marxistes, Gramsci fait figure de point nodal. Les intellectuels populistes s’appuient largement sur le concept de sens commun développé par Gramsci et sur l’idée qu’il est nécessaire de construire unehégémonie nationale-populaire. Mais les marxistes reprochent à ceux-ci de vider la pensée de Gramsci de son contenu de classe. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Gramsci a écrit beaucoup, mais assez peu en réalité, et sur de nombreux sujets. Ses réceptions sont très nombreuses, très variées et très contradictoires. Parmi les usages fréquents de Gramsci, et qui vont contre ses textes, il y a l’idée qu’il serait un marxiste… antimarxiste ! C’est-à-dire, un marxiste qui relègue les questions économiques au second plan. Ce n’est pas du tout ce que dit Gramsci, mais c’est l’usage de masse. C’est la camelote soi-disant gramscienne qu’on nous refile souvent.

Selon celle-ci, Gramsci aurait compris l’importance des questions culturelles alors que les marxistes ne les prenaient pas en compte. Ça, c’est le « gramscisme pour les nuls ». Donc effectivement, les « populistes », Alain de Benoist et d’autres, piochent dans Gramsci ce qui leur permet de se dire qu’on peut s’occuper d’autres questions que les questions de classe. C’est un usage alibi de Gramsci.

C’est une erreur profonde, puisque Gramsci réfléchit dans un cadre marxiste et qu’il prend en compte les questions économiques qui restent déterminantes en dernière instance. L’usage qui est fait de Gramsci par les populistes est donc un usage assez banal qui s’arrête à la crème du capuccino pour bazarder le café, comme le font tous les libéraux.

Par ailleurs, il est reproché à des intellectuels comme Chantal Mouffe ou Iñigo Errejon leur excès de constructivisme et la dimension postmoderne de leur analyse lorsqu’ils parlent de construire un peuple. Il s’agit pour eux de dire qu’il n’y a pas de pour soi déjà là – ni d’en soi, du moins pour Chantal Mouffe –, que c’est aux acteurs politiques, par leurs pratiques discursives, d’élaborer ce sujet politiquepour soi. Marx ne faisait-il pas déjà la même analyse lorsqu’il distinguait le prolétariat en soi et le prolétariat pour soi ?

Mais justement non, parce que ce n’est pas seulement dans la « pratique discursive » que l’on construit les sujets politiques, mais par la lutte, et cela n’existe guère dans le référentiel populiste qui met en avant les discours. Comment est-ce que les gens se mettent en mouvement ? Bien sûr, les discours ont leur importance, mais cela n’est pas l’essentiel…

Mais précisément, le terme de pratique discursive ne renvoie pas uniquement aux discours, mais à toutes les actions qui ont un effet symbolique…

Historiquement, on a fait une distinction entre ce qui relève du discours et de la parole, et à l’inverse, des choses concrètes. Cette distinction est utile et pertinente, notamment en matière politique. Pourquoi ? Parce que la politique, lorsqu’elle se met en place, est d’abord une affaire de discours. Par là même, cela met à distance les couches populaires dont le métier et la formation ne tournent pas de manière centrale autour de l’usage des mots, des bons mots, des belles formules… D’où, à l’inverse, la présence de nombreux avocats en politique La grande majorité du peuple n’a évidemment pas appris la rhétorique, ce qui la place d’emblée dans une situation d’infériorité et de délégation visàvis de ceux qui « parlent bien ».

Donc, lorsque l’on s’intéresse au salariat, il est très important de distinguer ce qui relève du discursif et ce qui relève de l’expérience concrète. Les personnes et les consciences ne se mettent pas en mouvement par une simple démonstration, comme dans les rêveries du socialisme utopique et le gauchisme où l’on vient avec son petit plan rationnel qu’il suffit d’exposer et le socialisme se fait comme deux et deux font quatre. Une des grandes leçons de Marx en la matière remet à sa place la force du verbe. En effet, c’est à travers les luttes, et notamment les luttes victorieuses, que l’on met en mouvement le grand nombre.

 

« Lisez donc les discours de Maurice Thorez ou de Jacques Duclos, ce n’est ni Sarkozy ni O’Petit ! Néanmoins, plus que le verbe, c’est l’action qui est la plus déterminante. Il faut faire la démonstration que l’action collective marche. »

 

Revenons à Cause Commune. Pourquoi fait-on un dossier sur la façon dont on peut sauver le bureau de poste proche de chez soi ? Parce que le fond du problème, et de ce qu’a été le déclin du PCF (années 1980-1990-début des années 2000), c’est lorsque vous avez une démonstration concrète de l’impuissance et de l’inutilité de l’action collective. Le déclin du PCF n’a pas eu lieu de la façon dont certains fabienologues [les spécialistes de la place du Colonel Fabien, là où siège le PCF, ndlr] le disent. Pour eux, il provient de décisions du comité central (« Le 4 avril 1983… », « le 3 avril 1987 », « le 1er août 1978, lorsque Georges rentre de la chasse… »). Ces explications sont superficielles et ne vont pas au cœur du problème. Je vais vous donner un exemple. À la fin des années 1970, il y a une grande marche des sidérurgistes, qui sont beaucoup mieux organisés que le reste du salariat. La masse des gens est moins organisée et observe l’action des sidérurgistes, très impliqués et qui bénéficient d’un fort soutien syndical et politique. Or cette action échoue malgré leur lutte acharnée. Cela entraine des conséquences immédiates, incomparables à la force des discours et des résolutions de Georges, Charles ou que sais-je. Les gens se disent « si on lutte, on perd, donc autant que je me débrouille tout seul » et « c’est inutile de monter un syndicat dans ma petite entreprise où il n’y en a pas, puisque même les sidérurgistes, si organisés, se font laminer ». Cela révèle toute la puissance de l’expérience. La vérité du déclin du PCF est celle-là : l’expérience concrète de l’inefficacité de l’action collective qui conduit au repli des individus sur leur sort personnel.

Certes, le verbe est important, et il est aussi apprécié par les couches populaires qui apprécient le bon mot et la belle phrase. D’ailleurs, c’est l’honneur du Parti communiste de n’avoir jamais été démagogue et de n’avoir jamais « parlé mal » pour « faire peuple ». Au contraire, nous avons toujours eu à cœur de nous exprimer de la façon la plus belle et la plus noble possible. Lisez donc les discours de Maurice Thorez ou de Jacques Duclos, ce n’est ni Sarkozy ni O’Petit ! Néanmoins, plus que le verbe, c’est l’action qui est la plus déterminante. Il faut faire la démonstration que l’action collective marche. Plus encore, il faut faire faire aux gens l’expérience que l’action collective est efficace. Parce que cela réamorce des pompes essentielles pour l’emporter politiquement. Je me réjouis des 19,5% obtenus par Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, mais ils ne suffisent pas, on n’ira pas au bout simplement avec ça et la puissance du verbe.

Par ailleurs, chez Marx, ce n’est pas le verbe qui permet de passer d’un prolétariat en soi à un prolétariat pour soi. C’est justement par les luttes et les relations dialectiques que le prolétariat entretient avec les autres classes qu’il prend conscience de lui-même. Aujourd’hui, on a un problème de conscience de classe, et il est de taille. Celle-ci a reculé très fortement au profit d’autres grilles « eux/nous » comme les délirantes mais ascendantes grilles raciales. Cependant, plutôt que d’être dans la nostalgie du « c’était mieux avant », il faut se poser fermement la question de savoir comment il est possible de reconstruire une conscience de classe. Nous devons amplifier ce travail mais vous pouvez compter sur les communistes pour le mener.

 

Entretien réalisé par Lenny Benbara pour LVSL

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 11:43
Le budget 2018 du gouvernement Macron-Philippe: un budget de classe Note publiée par "Les économistes attérés"
2018 : Un budget de classe

lundi 23 octobre 2017

Note publiée par "Les économistes attérés"

"Réduire les dépenses publiques et sociales pour diminuer les impôts sur les riches et augmenter les profits des entreprises, telle est l’obsession des classes dominantes en Europe, des technocraties nationales et de la Commission européenne. En même temps, les gouvernements doivent tenir compte des besoins des citoyens et les dépenses publiques sont nécessaires, même pour les entreprises, de sorte qu’ils ne peuvent aller trop loin et trop vite.

Le Pacte de stabilité et le Traité budgétaire continuent à préconiser des politiques restrictives en Europe ne tenant pas compte des exigences macroéconomiques. En même temps, les entreprises souffrent elles aussi de ces politiques d’austérité. Les gouvernements nationaux doivent gérer cette contradiction.

La politique budgétaire d’Emmanuel Macron et de son gouvernement repose sur une priorité : il faut réduire fortement la fiscalité sur les plus riches (les investisseurs financiers) ou futurs plus riches (les entrepreneurs) pour inciter ceux-ci à rester ou à revenir en France et s’aligner sur les nouvelles normes du capitalisme financier. Il s’agit de faire entrer la France en plein dans la concurrence fiscale pour les plus riches, même si celle-ci est globalement un jeu à somme négative pour les peuples.

La loi de programmation des finances publiques 2018-2022 s’inscrit dans la logique européenne d’un objectif de solde structurel équilibré à terme. Or, comme nous allons le voir, la mesure du solde structurel est arbitraire et l’objectif absurde. La politique budgétaire française sera légèrement restrictive en 2018, année où la baisse du déficit public devrait heureusement être inférieure aux exigences de Bruxelles ; elle serait plus nettement restrictive encore les années suivantes. Les réformes envisagées (un ministre des finances de la zone euro pour contrôler le budget des États membres) sont lourdes de menaces.
Pour équilibrer sa politique, le gouvernement prétend donner du pouvoir d’achat aux salariés par la baisse des cotisations sociales. Mais celle-ci est financée par des ponctions sur les retraités et remet en cause la nature même des prestations chômage. La baisse de la taxe d’habitation sera financée par la baisse des dépenses des collectivités locales.

L’objectif est de faire croire aux salariés que c’est uniquement en baissant les dépenses publiques et sociales qu’ils peuvent dorénavant avoir des hausses de pouvoir d’achat.....

 Lire la suite sur le site "Les économistes attérés"

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 11:41
L'assemblée nationale adopte la réforme de la taxe d'habitation: le groupe communiste vote contre
L’assemblée nationale adopte la réforme de la taxe d’habitation

lundi 23 octobre 2017

La suppression sur trois ans de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages a été adoptée, le 21 octobre, par les députés lors de l’examen, en première lecture, du projet de loi de finances (PLF) pour 2018.

la réforme de la taxe d’habitation débutera par une première baisse de 30% en 2018, puis de 65% en 2019 et 100% en 2020 pour les ménages concernés. Cela représentera un coût de 3 milliards d’euros l’an prochain, puis 6,6 milliards d’euros, et 10,1 milliards en 2020.

Le groupe GDR a voté contre cet article 3.

Extraits de l’intervention de MG Buffet : "Tout le monde, sur les bancs de cette assemblée, reconnaît que la taxe d’habitation est profondément injuste, mais vous n’allez pas jusqu’au bout de la démarche, puisque vous ne la supprimez pas : vous essayez simplement d’en corriger les effets, sans engager immédiatement une véritable réforme de la fiscalité locale.

Vous parlez de pouvoir d’achat, mais vous commencez par augmenter la CSG pour aller, je le pense, vers une fiscalisation de protection sociale, avec toutes les conséquences que cela comporte pour les droits des hommes et des femmes de notre pays.

Si vous voulez augmenter le pouvoir d’achat, des pistes beaucoup plus simples existent : vous pouvez jouer sur la TVA, qui est également un impôt très injuste et qui frappe notamment les couches populaires, et inciter le patronat à augmenter les salaires – ce qui est, bien sûr, contraire à l’esprit de votre réforme du code du travail. C’étaient là pourtant de vraies solutions...."

- lire la suite (1ère partie) (2ème partie)

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 11:39

LCP

Les députés communistes présenteront demain leur "contre-budget" pour 2018

lundi 23 octobre 2017

Aujourd’hui, l’Assemblée termine l’examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2018 puis, mardi 24 octobre en fin d’après midi, vote par scrutin public sur cette première partie.

Les députés communistes entendent montrer leur opposition. Ils vont déposer demain, un contre-budget.

Sur la chaine parlementaire (LCP), Fabien Roussel, député du nord, démontre qu’un autre budget est possible qui met l’argent au service du développement humain et de la planète.

Ce contre projet va être diffusé à un million d’exemplaires et s’inscrit d’en un projet de société.

Pour le groupe "il faut mobiliser directement la rue pour lutter contre les mesures du gouvernement d’E. Macron"

Cidefil reviendra sur ce document dans ces prochaines éditions.

- Ecouter Fabien Roussel

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 11:10
Décès de Louis Viannet, dirigeant de la CGT jusqu'en 1995
Décès de Louis Viannet, dirigeant de la CGT jusqu'en 1995

Louis Viannet nous a quitté cette nuit. Il était le secrétaire général de la CGT jusqu'en 1995 et ce mouvement social formidable de convergences et de démocratie dans les luttes.
Un militant très attachant, humble et responsable.

Bien triste nouvelle.

 

Pierre Laurent salue la mémoire de Louis Viannet

C’est avec une grande tristesse que j’apprends la disparition de Louis Viannet.
Louis a marqué l'histoire de la CGT d'abord comme dirigeant de la fédération des PTT puis comme secrétaire général de la confédération. Il été un dirigeant national du Parti communiste français : d’abord à la Poste où il travaillait et militait syndicalement et politiquement, à la fédération de Paris, puis au niveau national où il fut membre du comité central et pendant plus de dix ans membre du bureau politique, avant de mettre un terme au cumul de ses fonctions nationales au PCF et à la CGT.

Secrétaire général de la CGT, il a mené avec Bernard Thibault, qui lui succédera, la lutte contre les réformes d’Alain Juppé en 1995. 22 ans après, ce mouvement social reste encore dans toutes les mémoires.
Louis Viannet était un humaniste, un pacifiste. Toute sa vie, il fut un militant syndicaliste, communiste, soucieux des droits humains, proche des travailleurs, toujours attentif à faire évoluer son combat et sa réflexion.
A sa famille, à ses proches, aux militant-es de la CGT, je présente, en mon nom et celui des communistes, toutes mes condoléances.

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