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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 07:01

Scandale dans le 18ème arrondissement de Paris !

 

Paris 18ème l'initiatrice de la pétition contre la loi travail, Caroline de Haas se présente contre El Khomri avec le soutien du PCF et d'EELV.

Mais il y aura aussi contre elle, un candidat France Insoumise, Paul Vannier et Sabrina Ali-Benali sa suppléante.

Si la FI ne retire pas ses candidats pour la soutenir vous aurez la réponse concernant ses objectifs pour ceux qui s'en posent encore ! Veulent-ils faire élire El Khomri ?

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:49
Une période politique pleine de surprises, de dangers, de potentialités

La période politique que nous vivons est pleine de périls et de risques de basculement aux conséquences durables (dans une hégémonie ultra-libérale ou d'extrême-droite xénophobe et réactionnaire) mais en même temps extrêmement riche en événements et en bouleversements de toutes sortes.

 

Qui aurait pu imaginer il y a quelques semaines que disparaîtraient de la liste des présidentiables autant de prétendant tels que le président actuel, François Hollande, le président précédent, Nicolas Sarkozy, le préféré des électeurs de droite, selon les sondages, Alain Juppé, le premier ministre au menton levé, Manuel Valls et même l’égérie des verts, Cécile Duflot?

 

Cela fait tout de même beaucoup en très peu de temps! 

 

Dans cette course par élimination, l’homme providentiel de la droite dure est aujourd’hui sur le devant de la scène politico-judiciaire pour son appétit du fric amassé en famille : papa Fillon employant ses enfants et son épouse à des montants de salaire et d’indemnités de licenciement qui laissent pantois, en n’oubliant pas de se servir au passage des primes particulières ristournées de l’enveloppe  qui devait servir à rémunérer ses assistants.

 

A cette heure, la probabilité que la droite soit représentée par Fillon à la présidentielle et que ce feuilleton en soit à son dernier épisode est limitée. 

 

Face à cet imbroglio inimaginable, un homme qui se présente comme une providence surfe sur la vague de la nouveauté en osant se présenter comme le candidat anti-système.

Pour quelqu’un qui a quitté la Banque Rotschild pour intégrer l’équipe de conseillers de Hollande puis le ministère de l’économie, c’est gonflé !!! comme anti-système on peut mieux faire…

D’autant plus quand on regarde ses réalisations : la loi Macron, la loi El Khomri qui sont les principaux marqueurs libéraux du quinquennat  qui d’achève.

D’ailleurs que propose-t-il vraiment ?

Pour l’instant pas de programme construit mais quelques idées mises en avant qui ont de quoi provoquer de fortes inquiétudes.

Le cadre de ses propositions est annoncé : « il n’est pas question de brutaliser le système économique… »  et de décliner les mesures : toilettage du code du travail, pérennisation du CICE, transfert des cotisations chômage et maladie sur la CSG (ce qui commence à ressembler au démantèlement de la Sécu , réforme de la formation professionnelle sans préciser quelle serait cette réforme, respect du taux de 3% du déficit budgétaire fixé par les traités européens c’est à dire poursuite de l’austérité… Voilà ce que l’on connaît de ce que Macron veut mettre en place.

 

Autre "candidate anti-système prétendue", Jean-Marine Le Pen qui, comme ses colistiers et confrères députés européens joue au jeu de l’embauche croisée du conjoint de l’une par un élu qui fait embaucher sa conjointe par la députée épouse du premier cité tout en rémunérant sur fonds européens des militants qui travaillent au siège du FN ou même son propre garde du corps.

Le tout pour plus d’1 million d’€uros. Son programme est toujours le même : raciste et xénophobe, libéral, anti syndical, anti social.

 

Jean-Luc Mélenchon est donc le candidat que les communistes (à 53% des adhérents dans une consultation directe à laquelle ont participé 40 000 militants) ont choisi de soutenir dans un contexte de morcellement de la gauche qui laisse présager un second tour entre la droite ou Macron et l’extrême droite.

 

Candidat qui nous paraissait avoir le plus de chance de faire accéder la gauche d'alternative contre l'austérité et de transformation sociale au second tour des présidentielles. 

 

C'était notre candidat du Front de Gauche en 2012, c'est assurément le candidat dont le programme se rapproche le plus de celui que nous portons. 

Mais nous avons aussi des désaccords sur certains aspects du discours de campagne et du programme sur lequel nous n'avons de toute façon pas eu notre mot à dire (la rupture avec l'Union Européenne, des éléments nationalistes du discours de Mélenchon, la question des langues régionales, ce qu'il dit sur la Syrie, nos rapports avec la Russie, ...), des désaccords surtout avec son projet de recomposition de la gauche passant par la "table rase", la remise en cause de l'idée de gauche et des contradictions de classe au profit d'un affrontement peuple-élites, avec les facilités populistes du "qu'ils s'en aillent tous", et avec la stratégie politique du dénigrement de tout ce qui n'est pas lui.

Des désaccords avec les facilités du discours contre le prétendu discrédit des partis politiques quand on constitue un parti post-moderne "de fans", la politique devenant l'ère du spectacle.   

Nous avons des désaccords aussi avec la stratégie du "tout ou rien", "c'est moi ou le déluge" n'envisageant pas la nécessité pour construire une majorité de gauche qui serait forcément composite et plurielle, de travailler au rassemblement et de faire des compromis. Nous ne pensons pas que zigouiller le Parti Socialiste est le but en soi ni qu'il faudrait laisser les collectivités à la droite ou à l'extrême-droite, et se refuser d'y faire rentrer dans leur gestion au service de la population les représentants d'une gauche authentique, pour garder une "pureté révolutionnaire". 

Nous avons des désaccords avec le sectarisme qui disqualifie tout ce qui ne pense pas exactement comme soi-même. 

Des désaccords avec la construction d'une posture et d'une pratique d'homme providentiel, de leader charismatique engoncé finalement les travers de la Ve République tout en prétendant en sortir, regardant les autres du haut de son nombrilisme narcissique et prétendant tout renverser par la magie du verbe et du volontarisme. 

Des désaccords avec le mode de structuration très verticale et pyramidale de France Insoumise, et avec la volonté qu'a eu Mélenchon d'enterrer le Front de Gauche du jour au lendemain pour créer un outil politique plus conforme à ses intérêts et davantage sous son contrôle, plus consistant d'un point de vue militant, là où le Parti de Gauche, du fait de certaines pratiques politiques internes, était passé de 12 000 adhérents à 2 000 en l'espace de 3 ans et demi.  

Mais le Front de Gauche avec ses contradictions, ses débats, était un outil ouvert qui aurait été utile dans la période pour agréger d'autres forces déçues du PS, refusant le libéralisme à tout crin et la droitisation de la gauche "de gouvernement". 

 

Ce à quoi les communistes travaillent depuis un an, c’est à un programme partagé par la gauche authentique permettant de présenter une candidature commune à l’élection présidentielle et à une alliance qui pourrait assurer l’élection d’une majorité de députés à l’assemblée nationale.

 

Cette perspective n’est pas morte, d’autant plus que la primaire du PS a condamné la politique libérale menée par Hollande ces 5 dernières années et montré l'aspiration de l'électorat, y compris social-démocrate, à autre chose qu'à une politique libérale et austéritaire, s'alignant sur les thématiques et les préconisations de la droite. Nous avons des désaccords avec le programme d'Hamon qui par certains aspects apporte une réponse à des défis du temps (la crise écologique, le travail raréfié par le progrès technologique, la désindustrialisation et la mondialisation) mais qui est un peu trop "bobo" et qui ne nous semble pas aller assez loin dans la remise en cause des logiques capitalistes, libérales, européennes actuelles, mais il peut tout de même s'appuyer à son crédit sur une opposition de gauche sans ambiguïté depuis plus de deux ans à la politique du gouvernement et de Hollande, même si Hamon se débat aujourd'hui dans des contradictions, avec des députés potentiels déjà investis qui ont soutenu cette politique et qui sont aujourd'hui virtuellement le socle de la majorité potentielle d'un frondeur.     

 

Il y a des convergences entre les programmes avancés par Mélenchon, Hamon et Jadot et les sondages récents qui donnent 15% à Hamon, 11% à Mélenchon et 1% à Jadot permettent d’envisager la présence du candidat de la gauche authentique au 2éme tour.

 

L’addition de ces scores envisagés fait 27%, soit mieux que Jean-Marine Le Pen qui est créditée de 26% quand Fillon est à 21% et Macron à 20%.

Nous sommes une majorité à refuser les idées de l'extrême-droite et du néo-libéralisme (la loi travail que Macron et Fillon voudraient encore aggravée était rejetée par deux tiers des Français), à vouloir le progrès social, écologique, démocratique. Toutes celles et ceux qui se mobilisent sur ces questions, toutes celles et ceux qui les soutiennent veulent des suites politiques en adéquation avec leurs attentes, leurs espoirs. Elles et ils ont raison. 

 

Pour le moment chacun campe sur ses positions et ce sont les égos qui prennent le dessus sur la raison et les communistes ne s’y résolvent pas.

 

Benoît Hamon a appelé à "construire ensemble une majorité gouvernementale "cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique". Cette proposition mérite d'être examinée sérieusement même si toutes les ambiguïtés et hypothèques à ce stade sont loin d'être levées.

 

Le PS n'est plus hégémonique à gauche, c'est un juste retour des choses par rapport à des années de trahison de promesses de justice sociale et à sa gestion si calamiteuse du pays lors du quinquennat Hollande. 

 

Mais nous ne nous résignons pas, de notre côté, au pire, et nous visons une majorité politique à l'Assemblée Nationale mettant en oeuvre une politique résolument à gauche. Elle ne pourra qu'être pluraliste.  

 

Il en va de même pour les législatives quand partout en France, France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, sur décision de sa direction, constituée par le clan Mélenchon, refuse toute alliance avec les partis de gauche tels qu’Ensemble ou le PCF, ou EELV, ou d'autres dans un cadre pluraliste où on ne parlait pas simplement de ralliement derrière un "chef" et sa logique politique mais où on pourrait faire exister un rassemblement dans la diversité et le respect réciproque.  

Les candidats France Insoumise sont présentés partout y compris contre des députés communistes et du Front de Gauche sortants qui, valeureusement à l'Assemblée, ont combattu pendant 5 ans la politique de Hollande, Ayrault et Valls et réussi à créer des synergies pour résister avec d'autres députés, verts ou socialistes frondeurs. 

 

Ce positionnement peut s’expliquer par la volonté de Mélenchon de transformer son mouvement en organisation politique ce qui nécessite un financement. C’est sur ce principe que repose le financement des partis politiques. Jean-Luc Mélenchon aimerait aussi affaiblir autant que possible le Parti Communiste, qui, avec ses 60 000 militants à jour de cotisation, ses milliers d'élus, son histoire politique presque centenaire, ses pratiques mettant l'intérêt populaire dans les collectivités et la construction de rassemblements de contenu pour battre la droite et l'extrême-droite, est perçu par lui comme un concurrent et un obstacle pour construire une hégémonie sur la gauche de lutte et de transformation sociale.   

 

Dans la IV éme circonscription du Finistère, les communistes ont avancé ma proposition de candidature, pensant que j'étais un candidat sérieux en tant qu'élu du Front de Gauche à Morlaix et Morlaix Communauté, candidat du Front de Gauche aux législatives en 2012, arrivé en troisième position derrière le PS et la droite (5,7%), devant le FN et les Verts, en restant ouverts à la discussion permettant de trouver la voie d’une candidature rassemblée de la gauche authentique.

 

Des propositions de rencontre et d'alliance ont été faites à l'UDB et au NPA au niveau départemental, à France Insoumise, à Nouvelle Donne, au Parti de Gauche, à EELV au niveau local. Nous étions prêts à laisser la tête de liste, à nous intégrer dans un processus de construction collective d'une plateforme programmatique commune aux élections législatives. 

Force est de constater que ces propositions et ces efforts n'ont pas abouti. 

Ce n'est peut-être pas le dernier mot de l'histoire.

Les électeurs pourraient se réveiller le lendemain du second tour des présidentielles avec un sacré mal de tête et un désir d'unité pour faire barrage à la droite (on inclut Macron dedans) et à l'extrême-droite.  

Rien n’est impossible comme le montre la candidature de François Ruffin, réalisateur du film « Merci Patron » et initiateur de Nuit Debout, qui est soutenue à Amiens nord par le PCF, France Insoumise, EELV et Ensemble.

 

Persévérer dans la voie  du chacun pour soi est une attitude suicidaire qui peut conduire à une défaite qui serait préjudiciable aux intérêts des classes populaires.

 

Sans possibilité d’union nous maintiendrons  nos candidatures dans chaque circonscription, à regret, mais en considérant que les candidats du  PCF-Front de Gauche ont toute légitimité pour porter la défense des idées d'une gauche combative, qui priorise les intérêts populaires, qui combat la finance, l'oligarchie et les inégalités, qui lutte pour la démocratie au niveau européen, national, local, en s'appuyant sur le bilan des élus Front de Gauche au Parlement qui, même si Mélenchon et France Insoumise n'en parlent presque jamais, car cela ne les arrange pas (il n'y avait pas un seul député Parti de Gauche, Marc Dolez ayant démissionné du Parti de Gauche, et Mélenchon n'avait pas le contrôle des groupes parlementaires, à son grand regret), et sur les combats qu'ils ont menés et que nous continuerons à mener: 

 

- contre la loi travail (El Khomri), la loi Macron, l'ANI, autant de mesure de remise en cause des droits des travailleurs. 

- contre l'austérité

- contre les milliards d'euros transférés vers les gros groupes dans le cadre du CICE. 

- contre la casse des services publics, de la santé et de la protection sociale

- pour de vraies mesures de justice fiscale et une loi contre l'évasion fiscale

- pour la nationalisation de certaines banques, des autoroutes, et le contrôle public de secteurs stratégiques (énergie, transports). 

- contre l'état sécuritaire et l'état d'urgence permanent  

- contre TAFTA, CETA, la loi du libre-échange et de la dérégulation capitaliste, et le renforcement de la domination d'instances européennes non démocratiques  (commission, BCE).  

 - pour l'égalité homme-femmes, les retraites agricoles, la conquête de nouveaux droits pour les jeunes, les personnes âgées, les handicapés

 

Ismaël Dupont

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:42

Les riches cherchent le bon cheval fiscal à la présidentielle

VENDREDI, 10 FÉVRIER, 2017
L'HUMANITÉ
Photo : Reuters
 

Les plus fortunés s’inquiètent de leur imposition, dont ils espèrent une baisse sensible de la part du prochain président de la République. Le candidat de la droite est le plus acharné dans ce domaine, suivi de près par Emmanuel Macron et, en embuscade, Marine Le Pen.

Ils sont dans les starting-blocks, guettant le visage qui s’affichera sur les écrans, le 7 mai à 20 heures. Il faudra jouer serré, mais c’est juridiquement possible, affirment-ils. Pendant que toute l’attention se focalise sur l’affaire des emplois d’assistants parlementaires de François Fillon, d’autres se passionnent pour un autre marathon : celui qui se jouera entre le second tour de l’élection présidentielle et l’échéance des premiers encaissements de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dû pour l’année 2017, le 15 juin.

Un délai très court pour supprimer l’ISF payable cette année alors que les élections législatives ne seront pas encore terminées, mais rien n’est insurmontable, assure le cercle de réflexion ultralibéral Ifrap. Il suffit « qu’un gouvernement nommé le 10 mai 2017 repousse la date (du paiement de l’ISF – NDLR) au 15 septembre », sans vote du Parlement, et que « la suppression de l’ISF 2017 soit votée ensuite » en juillet, détaille le site de la fondation.

En 2011, Nicolas Sarkozy avait procédé de la sorte pour réformer l’ISF. Désormais, les regards se tournent d’abord vers François Fillon, le plus volontaire pour supprimer cet impôt dès cette année, mais aussi vers Emmanuel Macron, qui court derrière le candidat de la droite en proposant de l’alléger substantiellement. Quant à Marine Le Pen, soucieuse de ne pas s’aliéner les voix populaires, elle en dit le moins possible en promettant prudemment de « mainten(ir) l’ISF », ce qui n’engage à rien sur son taux et son assiette… Et elle opère ainsi une discrète retraite, après son programme de 2012 qui promettait un « impôt progressif unique sur le patrimoine (…), fruit de la fusion entre la taxe foncière et l’ISF ». Une proposition sans doute un peu trop ambitieuse, et proche d’ailleurs de celle défendue aujourd’hui par le candidat PS Benoît Hamon de créer « un impôt unique sur le patrimoine, simple, et progressif ». À cette différence près que le FN proposait à l’époque de maintenir les « mêmes taux » que ceux en vigueur en 2012, mais que François Hollande a remontés depuis, ce qui n’a plus l’air de faire les affaires de la candidate FN…

Campagne obsessionnelle de Fillon

De quoi déclencher l’ironie de Jean-Luc Mélenchon, qui propose, outre le renforcement de l’ISF, d’élargir l’assiette de l’impôt sur les revenus du capital pour les imposer à 14 tranches comme ceux du travail. A droite, « il y a un point sur lequel ils sont tous d’accord : il faut supprimer l’ISF, dénonçait le candidat de la France insoumise à Chambéry, le 16 novembre. Combien ça concerne de monde, ce sujet qui les passionne ? À qui ils parlent ? 342 000 personnes ! 1,7 % des contribuables ! »

Mais cela ne semble pas poser de problème à François Fillon. Cinq ans après l’engagement numéro 17 du candidat Hollande (« Je reviendrai sur les allégements de l’ISF (…) en relevant les taux d’imposition des plus gros patrimoines ») et le discours du Bourget qui l’avait propulsé dans les sondages, il fait le pari exactement inverse, en assumant une mesure toujours très impopulaire (72 % des Français sont opposés à la suppression de l’ISF, selon un sondage Odoxa réalisé en octobre). Le candidat annonce la couleur de façon quasi obsessionnelle : sa proposition d'effacer cet « impôt stupide » est répétée ou reprise plus de 20 fois sur son site de campagne, jusque dans son dernier tract, « Stop à la chasse à l’homme », et elle figure parmi ses 15 mesures et cinq engagements prioritaires. Le 16 avril 2015, dans le Point, il a montré qu’il était prêt à relever le défi. Pour paralyser l’opposition, sa méthode sera de « faire adopter par le Parlement en moins de trois mois les 10 décisions principales qui sont de nature à débloquer la situation économique de manière à profiter de l’élan de la présidentielle ».

En attendant, le candidat de la droite mène une campagne acharnée, en promettant de mettre « le paquet sur la baisse des charges de la fiscalité du capital », expliquait-il sur TF1, le 25 novembre. Quitte à colporter des contre-vérités. Comme celle qui consiste à faire croire que « la France est le seul pays de l’Union européenne » (UE) qui « prélève, chaque année, une part du patrimoine d’un contribuable ». Ou encore que l’ISF « fait fuir les investisseurs et les talents à venir (les expatriations ont triplé) ». Alors que l’exil fiscal – à ne pas confondre avec les expatriations, qui concernent surtout de jeunes chômeurs – n’a concerné que 0,22 % des contribuables à l’ISF en 2013. Et que d’autres pays de l’UE, comme l’Espagne et les Pays-Bas, et, hors UE, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein, qui ne sont pas spécialement connus pour être des enfers fiscaux, ont des impôts comparables à l’ISF, relève l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE, rattaché à Sciences-Po). Quant aux revenus du capital qui seraient « imposés à 60 % chez nous, contre 30 % en Allemagne », selon François Fillon, peu importe si, après déduction de la taxe d’habitation — que tout le monde paie — et réintégration des loyers perçus et des loyers implicites (c’est-à-dire les loyers que les propriétaires économisent en étant détenteurs de leur logement), « le taux d’imposition serait de 36 % », précise l’OFCE.

En réalité, plutôt que de préserver le « capital des entreprises », d’ailleurs en grande partie épargné par l’ISF (exonération des biens professionnels, des investissements au capital des PME, ou de parts ou actions sous réserve de les conserver), le souci de François Fillon est ailleurs : il s’agit de « restaurer la rentabilité pour les investisseurs dans l’immobilier », comme il l’a dévoilé dans ses propositions sur le logement.

Une ponction de 15 milliards dans les poches du peuple

Détaxer la rente : c’est le point sur lequel Emmanuel Macron veut montrer sa différence, en promettant au contraire de transformer l’ISF « en impôt sur la rente immobilière » et en « exonérant totalement tout ce qui finance l’économie par ailleurs ». En réalité, les deux candidats se rapprochent sur l’idée de diminuer fortement l’imposition globale des revenus du capital. François Fillon veut convaincre que l’ensemble des impôts actuels (ISF, mais aussi sur les donations et successions, les revenus fonciers, les intérêts et dividendes, les plus-values mobilières et immobilières, voire une partie des bénéfices soumis à l’impôt sur les sociétés) pourrait être remplacé avantageusement par une « flat-tax » (impôt à taux unique) à 30 %, en échange de la hausse de deux points des taux supérieurs de la TVA. « Cela représente une ponction de 15 milliards d’euros par an dans les poches du peuple », a calculé Jean-Luc Mélenchon. « François Fillon va donc prendre 300 euros par an dans la poche de chaque salarié payé au Smic ! 300 euros ! Cela représente plus de la moitié du RSA mensuel, plus d’un tiers du minimum vieillesse mensuel, un quart de Smic mensuel ou encore quatre pleins d’essence ou la moitié du coût annuel de la cantine scolaire pour un enfant en moyenne, souligne encore le candidat de la France insoumise. Et que va faire François Fillon avec vos 300 euros ? Il va commencer par rendre 15 000 euros par an à chaque millionnaire de France ! Robin des riches à l’œuvre. »

Pour le PCF, qui appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle mais développe son propre programme, la justice exige de faire tout autrement, en intégrant dans la base de l’ISF les biens professionnels, tout en doublant et en modulant ses taux actuels. C’était d’ailleurs le sens d’un amendement au budget 2017 déposé par les députés PCF-Front de gauche Nicolas Sansu et Gaby Charroux. Une dernière occasion manquée pour la majorité PS, l’Assemblée nationale l’ayant rejeté… avec le concours de la droite.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:00

Le CETA est mauvais pour l’élevage et pour le climat

LUNDI, 13 FÉVRIER, 2017
HUMANITE
Photo Pierre Andrieu/AFP
Photo Pierre Andrieu/AFP

Mercredi, les parlementaires européens doivent approuver ou rejeter l’accord de libre échange négocié entre la Commission européenne et le Canada. Il se dit déjà qu’une majorité de députés votera le texte ruineux pour nos éleveurs à deux semaines du Salon de l’agriculture tandis que la Commission négocie des accords de même type avec une vingtaine de pays.

Le Parlement européen doit ratifier ou rejeter,  ce mercredi 15 février, l’accord de libre échange négocié entre la Commission européenne et Canada, désormais connu sous le sigle CETA. Sur ce sujet, Cecilia Malmström, la commissaire européenne en charge du commerce à Bruxelles, s’est confiée au quotidien libéral français « L’Opinion » du 9 février. « En commission, une très forte majorité de députés européens s’est exprimée en faveur de l’accord ; cela semble assez bien refléter le sentiment général du Parlement. Si tout se passe bien mercredi à Strasbourg, et que le Parlement canadien se prononce ensuite comme prévu avant la fin du mois de février, le CETA pourra entrer en vigueur provisoirement début mars. C’est l’accord le plus ambitieux que la Commission ait jamais négocié au nom des Etats membres », affirme la Commissaire. Voilà qui suppose une approbation par les groupes de la droite européenne et une bonne partie des sociaux-démocrates, comme c’est souvent le cas à Strasbourg.

On notera ici que Cecilia Malmström parle de faire « entrer en vigueur provisoirement début mars » cet accord qui doit pourtant être ratifié ultérieurement par les Parlements de tous les pays membres de l’Union. La Commission semble donc faire peu de cas du vote des Parlements nationaux. En France, c’est du côté des éleveurs et même des céréaliers que cet accord suscite les plus grosses craintes alors que ces secteurs agricoles sont déjà en difficulté. Une étude commune d’Agro Paris Tech, de l’Institut de l’élevage et de l’Institut technique du porc, montre que l’agriculture française a plus à perdre qu’à gagner dans cet accord. « Les produits agricoles et alimentaires représentent près de 10% des échanges en valeur avec le Canada. La balance commerciale agricole et alimentaire est actuellement excédentaire avec le Canada. Mais elle est tirée essentiellement par les boissons. A contrario, le déficit se creuse nettement en céréales et oléagineux et dans une moindre mesure en préparations de viandes et poissons ».

Importer du jambon canadien pour moins payer les cochons vivants
Concernant la viande porcine, l’étude nous dit ceci : « A la sortie des élevages, compte tenu des coûts d’approche à l’intérieur du Canada et pour le transport maritime, l’élevage porcin canadien n’a pas un avantage déterminant en termes de compétitivité coût. Mais c’est à la compétitivité des pièces de découpe qu’il faut s’intéresser en priorité (…) Notamment le jambon non transformé et ses produits d’élaboration pourraient, dans certaines conjonctures, être exportés du Canada vers l’UE, en raison d’un prix sensiblement plus bas sur les marchés nord-américain ».

Pour dire les choses plus clairement, le consommateur canadien mange moins de jambon que son homologue français. Son pays pourra donc nous exporter ces pièces nobles en priorité. Mais leur arrivée sur le marché français servira à faire chuter le cours du porc au marché au cadran de Plérin encore plus souvent que ces dernières années. On ruinera ainsi de nombreux éleveurs qui gagnent très difficilement leur vie depuis que l’embargo de la Russie pèse sur les cours de porc en France en fermant les débouchés pour le lard et autres bas morceaux .Le risque est d’autant plus grand que les volumes exportés sans droit de douane du Canada à l’Europe vont passer de 105.000 tonnes par an à 180.000 tonnes.

Le risque est identique concernant la viande bovine. Dans la cadre de la mise en place du CETA, le Canada va bénéficier d’un contingent de 70.000 tonnes d’exportations annuelles de viande bovine vers l’Europe sans droits de douanes. Le volume n’est pas énorme. Mais, là encore, le consommateur canadien mange surtout de la viande hachée issue des bas morceaux et l’élevage bovin canadien est, comme en France, très spécialisé en races à viande. Or ce sont aujourd’hui les pièces nobles issues de ces races qui peinent à trouver leur place sur le marché en France et en Europe car elles valent nettement plus cher que les autres pièces.

Ajoutons que la Commission est mandatée par les pays membres de l’Union, dont la France, pour négocier des accords de libre échange avec une multitude de pays et groupes de pays. « Nous négocions ou nous nous apprêtons à le faire avec une vingtaine de pays », précise Cecilia Malmström dans l’entretien déjà cité. L’étude des trois organismes déjà cités « estime entre 150.000 et 350.000 tonnes les importations supplémentaires de viande bovine à l’horizon 2025, touts choses égales par ailleurs».

 

Le bas coût de la main d’œuvre des abattoirs polonais
Il faut enfin analyser les conséquences de ces nouvelles exportations canadiennes sur notre marché intérieur au regard de ce qui se passe déjà au sein de l’Union européenne. A la faveur de la sortie des quotas laitiers, la Pologne a augmenté son troupeau de vaches et élève pour l’engraissement de plus en plus de jeunes bovins issus du croisement de deux races pour gagner du poids pour la boucherie. Dans les abattoirs polonais, le coût de la main d’œuvre est trois fois plus bas que dans les abattoirs français, même quand des « travailleurs détachés » sont embauchés chez nous. Du coup, l’Italie est devenue le premier client de la Pologne. D’après les douanes italiennes, en 2015, les carcasses de jeunes bovins élevés en Pologne coûtaient 26% de moins que les carcasses de jeunes bovins français, ce qui a fait reculer les exportations française en Italie quand augmentaient celles de la Pologne.

Le contexte étant celui là, tout nouvel accord de libre échange faisant entrer plus de viande des pays tiers sur le marché européen avive la concurrence et aggrave la tendance baissière des cours payés aux producteurs, sans même bénéficier aux consommateurs. Ajoutons que toutes ces importations inutiles ont aussi un double effet pervers que nos décideurs politiques occultent de manière délibérée. Elles augmentent le bilan carbone de chaque kilo de viande consommé en Europe en allongeant la distance entre la fourche et la fourchette , mais aussi en poussant à la concentration des élevages dans des grandes bâtiments dont la construction est très émettrice de CO2. Ensuite, les animaux sont surtout nourris au grain ne sortent plus pour aller brouter l’herbe des prés. Voilà comment l’Europe tourne le dos aux engagements pris à Paris lors de la Cop21, tandis que le gouvernement français reste muet sur le sujet. Voilà aussi qui situe la responsabilité de chaque député européen au moment de voter pour ou conte le CETA le 15 février.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 12:41

Grèves et manifestations le 7 mars 2017

« Le service public, moi j’y tiens, arrêtons la casse ! »

Dans un communiqué commun du 9 février, la fédération CGT des services publics, FO services publics et santé, la fédération autonome et la FSU territoriale appellent l’ensemble des personnels à participer à la journée de grève et de manifestations du 7 mars 2017.

Pour les syndicats, la casse des services publics s’amplifie partout avec :

- La mise en place de la réforme territoriale, qui s’accompagne de mutualisations des services, de mobilité forcée, de remise en cause du temps de travail, de privatisations de services…

- La baisse des dotations de l’état (DGF), qui entraîne notamment pressions sur les effectifs, suppressions de postes (non-remplacement de départ à la retraite, fin de contrats de non titulaires…), fermetures de services, dégradation de nos conditions de travail…

- La mise en place du RIFSEEP qui accentue l’individualisation de la rémunération ;

- La revalorisation du point d’indice largement insuffisante, ne compensant pas les pertes de rémunération accumulées depuis de trop nombreuses années ;

- La remise en cause des droits conquis, des primes, de l’action sociale, du 1% CNFPT…

Tout cela conduit à une situation historiquement catastrophique dans nos collectivités, causée par les politiques d’austérité menées depuis plusieurs années par les différents gouvernements au service de la finance.

Depuis le 1er janvier 2017 la situation des agents se détériore encore plus avec :

- La fusion des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (40% de disparitions) ;

- La création de nouvelles métropoles ;

- La création de communes nouvelles, qui interviendront en 2017.

Lire le communiqué intersyndical en intégralité

Communiqué intersyndical

« Le service public, moi j’y tiens, arrêtons la casse ! »

Le 7 mars 2017 toutes et tous en grève Les organisations syndicales de la Fonction publique territoriale CGT, FO, FAFPT et SNUTER-FSU, dans la continuité des actions menées depuis plusieurs mois (Loi MAPTAM, NOTRe, Loi El Khomri, ATSEM …) appellent l’ensemble des personnels à participer à la journée de grève et de manifestations du 7 mars 2017.

La casse des services publics s’amplifie partout avec :

- La mise en place de la réforme territoriale, qui s’accompagne de mutualisations des services, de mobilité forcée, de remise en cause du temps de travail, de privatisations de services…

- La baisse des dotations de l’état (DGF), qui entraîne notamment pressions sur les effectifs, suppressions de postes (non-remplacement de départ à la retraite, fin de contrats de non titulaires…), fermetures de services, dégradation de nos conditions de travail…

- La mise en place du RIFSEEP qui accentue l’individualisation de la rémunération ;

- La revalorisation du point d’indice largement insuffisante, ne compensant pas les pertes de rémunération accumulées depuis de trop nombreuses années ;

- La remise en cause des droits conquis, des primes, de l’action sociale, du 1% CNFPT… Tout cela conduit à une situation historiquement catastrophique dans nos collectivités, causée par les politiques d’austérité menées depuis plusieurs années par les différents gouvernements au service de la finance.

Depuis le 1er janvier la situation des agents se détériore encore plus avec :

- La fusion des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (40% de disparitions) ; - La création de nouvelles métropoles ;

- La création de communes nouvelles, qui interviendront en 2017. Des dizaines de milliers de postes sont menacés ! Les modalités d’organisation du temps de travail sont remises en cause pour en allonger la durée ! Depuis plusieurs mois les mouvements de grève se multiplient, ils s’inscrivent dans la durée. Comme dans les hôpitaux, les maisons de retraite, l’enseignement, la Sécurité sociale, ces conflits dans nos collectivités viennent confirmer notre constat, que toutes ces remises en causes s’attaquent au service public qui est un gage d’égalité de traitement de tous les citoyens, attaquant par la même l’ensemble des salariés qui le servent.

 

Nous nous devons d’organiser la résistance face à ces attaques concertées contre le service public local.

Les Fédérations CGT-FO-Sud Santé et Action sociale appellent, elles aussi à la grève le 7 mars sur le champ social, sanitaire et médico-social, dans le public comme dans le privé, pour la défense d’une santé publique accessible à toutes et à tous et pour la défense de la protection sociale.

Ce combat pour notre système de soins solidaire est évidemment aussi le nôtre. D’autres appels à l’action ont été lancés à l’État, dans le secteur de la protection sociale et chez les retraités pour le 7 mars.

Pour mettre un coup d’arrêt aux attaques et porter les revendications, nos organisations ont décidé de prendre leurs responsabilités et appellent les agents territoriaux à participer massivement aux côtés de nos collègues hospitaliers et de l’État à la mobilisation nationale du 7 mars dans la Fonction publique. Et parce qu’au-delà des attaques actuelles, les propositions et annonces qui émergent du débat électoral et qui remettent en cause nos acquis collectifs (emplois, statuts, protection sociale …) nous imposent, agents publics, de prendre la parole et d’exprimer notre profond attachement au service public et à la Fonction publique. Contre la casse de la Fonction publique territoriale, des services publics et de la protection sociale, pour l’augmentation des salaires, pour l’égalité professionnelle femmes/hommes, pour la défense des garanties statutaires, pour les créations de postes indispensables, pour de meilleures conditions de travail, pour le droit à la formation professionnelle.

TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET EN MANIFESTATION LE 7 MARS

Montreuil, le 9 février 2017

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 20:56
Brest. Un rassemblement contre le traité de libre-échange Ceta (Ouest-France, 11 février 2017)

Le parlement européen doit se prononcer mercredi 15 février sur cet projet d’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Ce samedi, faute de pouvoir aller à Strasbourg pour le dénoncer, une cinquantaine d’opposants sont montés place de Strasbourg !

Place de Strasbourg, à Brest, le rassemblement a été organisé par un collectif de syndicats, d’associations et de partis politiques appelé "Stop Tafta Ceta Cisa" du Pays de Brest. Les opposants dénoncent des traités commerciaux perçus comme trop libéraux, "contre la démocratie, contre les travailleurs et contre l’environnement".

Le Ceta sera présenté au parlement européen mercredi 15 février. Récemment, il a connu un petit empêchement en raison d’une opposition de la Wallonie belge. " Il n’a pas été modifié dans le fond, regrette Monique Le Guillou, d’Attac. Nous demandons aux députés européens de refuser cet accord taillé sur mesure pour les multinationales au seul profit des actionnaires !"

 

Selon Monique Le Guillou, "l’accord ne reconnaît pas le principe de précaution environnemental qui est une particularité européenne"; il "favoriserait les très grosses exploitations agricoles"; il "détruirait des centaines de milliers d’emplois"; il entraînerait une "libéralisation des services publics".

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 20:32

Certes il n’est pas encore relié, chapitré ou imprimé mais le programme de M. Macron et des forces qui l’entourent existe bel et bien. Tout est écrit dans les notes de France stratégie, dans les rapports Attali ou Jouyet /Lévy qui recommandent « de traiter économiquement le capital humain ». Celui qui veut détruire ce qu’ils appellent « les rentes », depuis tous les conquis sociaux jusqu’aux droits d’auteurs, n’a pas caché à Lyon qu’il voulait encore exonérer le capital de ses devoirs de rémunération du travail et de financement de la sécurité sociale.

Déjà, dans une précédente déclaration, il expliquait que « l’Etat doit continuer à donner plus de souplesse au marché du travail », après dix-sept contre-réformes pour le « flexibiliser » sans que le chômage ne recule, bien au contraire. « Toute autre politique est un mirage » s’était-il déjà écrié. Voilà qui est clair. Le programme caché est simple et peu original : amplifier les contre-réformes libérales des deux derniers quinquennats en s’émancipant des contradictions qui agitent la famille socialiste.

Les discours du candidat qui se revendique « et de gauche et de droite », comme le faisait il y a déjà bien longtemps M. Lecanuet, entassent lieux communs et lapalissades en usant d’un vocabulaire algorithmique et interchangeable selon les auditoires. Ils ont pour fonction précise de masquer la cohérence d’un programme violemment libéral. Enfiler les évidences comme des perles permet de ne pas affronter le débat politique, social, économique, écologique, culturel, démocratique. Du même coup, se trouve camouflée l’opposition qui s’exacerbe entre le capital et le travail au profit d’une opposition fantasmée et dangereuse entre prétendus modernes et archaïques.

Sa candidature est celle qui, aujourd’hui, répond le mieux aux objectifs du capitalisme mondialisé et financiarisé qui souhaite s’affranchir du pouvoir des citoyens et des travailleurs comme de la politique pour imposer directement ses vues à l’ensemble de la société.

Face à la crise qui n’arrête pas de secouer l’économie mondiale, il leur faut impérativement extorquer une plus-value de plus en plus rare. Les ressources naturelles s’amenuisent et leur prédation fait courir des risques majeurs à la planète. Quant au salariat, il progresse partout et avec lui les revendications sociales et salariales. Il faut donc impérativement mettre de l’huile dans les rouages de la machine folle et se serrer les coudes pour dégager de nouvelles marges de profit en s’attaquant au droit du travail, aux richesses socialisées et à la propriété publique. Le bouleversement induit par le numérique devient prétexte à dissocier le travail de la richesse produite, quand il pourrait être mis au service d’une nouvelle conception du travail humain, de la réduction du temps de travail, de la transition écologique de nos modes de productions. Autant de choix qui permettaient de créer massivement de nouveaux emplois.

Ce capitalisme rechigne à faire vivre le compromis désormais trop coûteux qui lui fut imposé par les luttes ouvrières et salariales. Cette contre-offensive est en gestation depuis des années dans les différents clubs et rapports, repris dans la vulgate médiatique, visant à adapter la France à une construction européenne mise au seul service de la loi de l’argent.

Ce phénomène est mondial, à l’image de la globalisation capitaliste. Il existe un point commun entre M. Trump, M. Fillon ou M. Macron. Tous ont déjà mis ou envisagent de mettre aux commandes de l’Etat et à la tête des ministères des hommes issus de l’oligarchie capitaliste maquillés en personnalités dites de « la société civile » quand, jusqu’ici s’affirmait malgré tout la nécessité d’un compromis entre les élus issus du suffrage universel et les exigences des oligarques. « Être élu est un cursus d’un ancien temps » a d’ailleurs déclaré M. Macron avec d’autant plus d’aplomb qu’il ne l’a jamais été !

Il s’agit au fond de mettre au pas cadencé de la mondialisation capitaliste les Etats-Nations et leurs colossaux moyens d’action. C’est la copie de « l’ordo-libéralisme », à l’allemande, un ultra-libéralisme dans lequel la puissance publique n’est plus garante de l’égalité sociale et politique mais de la mise en concurrence de tous contre tous. C’est le modèle des taxis Uber ou des cars chargés de porter des coups au service public des transports. La promotion de l’extrême droite lepéniste sur fond de décomposition politique vient à point pour faire accepter ce projet au nom du moindre mal.

Cette violente offensive réclame une gauche à la hauteur. Elle doit s’attacher à réhabiliter l’engagement social, citoyen, culturel, associatif et la politique comme manifestation de la souveraineté populaire. Cela suppose de placer une puissance publique démocratisée, décentralisée et émancipée de la finance et du marché capitaliste au cœur des choix économiques fondamentaux, dans le secteur bancaire et industriel comme pour assurer la transition écologique.  Sans cet effort, le capitalisme débridé continuera sa course folle en détruisant l’environnement comme les droits sociaux et démocratiques, alimentant encore  plus la crise de la politique dont se nourrit l’extrême droite. Le sursaut et l’unité nous appellent !

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 20:24

Le programme commun de Fillon et Macron ruine encore nos paysans !

VENDREDI, 10 FÉVRIER, 2017
HUMANITE.FR
Lors d'une session de questions au gouvernement en juin 2009 à l'Assemblée, les députés communistes Jean-Jacques candelier, Maxime Gremetz et Marie-georges Buffet réagissent à la loi de modernisation de l'économie (LME) votée en août 2008. Photo : Jacky Naegelen/Reuters
Lors d'une session de questions au gouvernement en juin 2009 à l'Assemblée, les députés communistes Jean-Jacques candelier, Maxime Gremetz et Marie-georges Buffet réagissent à la loi de modernisation de l'économie (LME) votée en août 2008. Photo : Jacky Naegelen/Reuters

Selon les sondages, Emmanuel Macron et François Fillon seraient en concurrence pour se qualifier en seconde position pour le second tour de l’élection présidentielle face à Marine Le Pen. Mais, cette semaine, les négociations commerciales entre les distributeurs et leurs fournisseurs nous montrent que le rapport rédigé par Macron pour Fillon en 2008 et la loi qui en est sortie en 2009 servent depuis cette date à ruiner les paysans et les PME de l’industrie agroalimentaire.

Pour mieux comprendre la ressemblance entre les projets de François Fillon et d’Emmanuel Macron, il faut regarder ce qui se passe en ce moment dans le cadre de la négociation annuelle entre les grandes enseignes de la distribution et leurs fournisseurs de denrées alimentaires. Ces dernières doivent négocier chaque année entre novembre et février les prix qu’elles recevront pour les denrées référencées durant douze mois dans les linéaires des magasins Leclerc, Carrefour, Auchan, Casino et autres. Dans un communiqué en date du 9 février, l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) écrit à propos de l’attitude des grandes enseignes : « Les demandes de déflation sont systématiques et déconnectées de la réalité économique des fournisseurs (…) Dans le même temps, les pressions promotionnelles s’accélèrent. Les demandes insistantes  d’investissements supplémentaires sur les mécaniques promotionnelles se multiplient. Depuis 2015, le chiffre d’affaires des produits sous promotions a augmenté de 7% pour atteindre un niveau record depuis 5 ans ».

Mais en quoi Emmanuel Macron et François Fillon sont-ils  coresponsables de cette situation ? Il faut ici se souvenir que Macron fut le rapporteur final de la Commission Attali voulue par Nicolas Sarkozy dès la fin de l’été 2007 sur une suggestion de Michel-Edouard Leclerc. La feuille de route confiée à Jacques Attali par Nicolas Sarkozy était de produire un texte visant à introduire plus de concurrence dans les négociations commerciales en donnant plus de pouvoir aux distributeurs pour piller leurs fournisseurs. Ce que proposait le rapport confié à Macron par la commission Attali et remis à Fillon au début de l’année 2008. Sur la base de ce rapport, Fillon fit voter la Loi de Modernisation Economique (LME) par les députés et les sénateurs de droite cette année-là. Elle est entrée en vigueur dès 2009 et elle donne depuis des pouvoirs accrus aux grandes enseignes pour piller leurs fournisseurs  moyennant un chantage annuel, voire permanent au déréférencement si  on ne leur cède pas sur les prix. Dans les négociations annuelles, elles vont même jusqu’à exiger des baisses de prix supplémentaires correspondant à 50% des sommes versées aux entreprises agroalimentaires au titre du CICE que les enseignent perçoivent de leur côté !

Les promotions  ne coûtent rien aux distributeurs

Quand l’ANIA parle de « demandes de déflation » de la part des enseignes, il faut lire baisse des prix payés aux fournisseurs. Quand ces fournisseurs sont des laiteries, la baisse des prix est répercutée aux paysans en faisant chuter le prix du lait au départ de la ferme. C’est ainsi que le prix du lait avait baissé de 17% en juillet 2015 par rapport à juillet 2014 et ça continue depuis. Même quand le prix du beurre remonte sensiblement sur les marchés à terme, le prix du lait ne repart pas à la hausse tant la pression des distributeurs est forte. Cette pression passe souvent par les promotions. Il faut savoir ici que les promotions ne coûtent rien aux distributeurs. Ce sont les fournisseurs qui financent des promos en baissant les prix sur un volume donné de produits laitiers ou de viande. Ils financent même les journaux édités à cet effet et distribués dans nos boîtes aux lettres. Mais pourquoi les fournisseurs cèdent-ils ainsi au chantage des distributeurs ? De peur de perdre des débouchés via un déréférencement. Car les enseignes importent aussi des produits laitiers et de la viande dans le seul but de faire chuter les cours. Rien n’est plus facile que d’importer de la viande de vache de réforme de Pologne, d’Irlande ou d’Allemagne pour acheter moins de viande française et faire ainsi chuter les cours via une moindre demande sur les champs de foire hexagonaux. Au point que le revenu des éleveurs spécialisés à chuté de 40 à 50% en 2016 tandis que les dépôts de bilans ont augmenté de 30% dans les élevages laitiers et de 83% dans les élevages de porcs. Ainsi, les mêmes politiques de pillage des distributeurs produisent les mêmes effets dévastateurs en raison du pouvoir que leur a donné la LME de Fillon dont le contenu fut dessiné par le rapport de Macron.

Quand Fillon tenta de recruter Macron à Matignon

Hier, Michel Sapin et Stéphane Le Foll ont déclaré dans un communiqué qu’ils avaient réuni le jour même « les représentants des secteurs agricoles, agroalimentaires et de la distribution pour faire le point sur le déroulement de la négociation commerciale ». Selon ce même communiqué, « Stéphane Le Foll a rappelé la nécessité que les négociations en cours s’appuient prioritairement sur des éléments objectifs de conjoncture et a insisté sur la nécessité de mieux articuler à l’avenir les relations commerciales entre l’amont et l’aval de la filière, en s’appuyant notamment sur les nouvelles dispositions de la loi de transparence, la modernisation de la vie économique et la lutte contre la corruption dite Sapin 2 ». Cette loi « Sapin 2 » devait corriger les excès de la LME de Fillon. Sauf qu’elle ne semble rien changer au comportement des distributeurs dans les négociations commerciales. C’est bien ce que redoute la FNSEA quand elle écrit dans un communiqué à l’issue de cette réunion où elle était représentée : « Dans la Loi Sapin 2, des outils sont prévus pour prendre en compte les coûts de production agricoles tout au long de la chaîne alimentaire: c’est le moment de juger de leur efficacité (…) Le temps est venu une bonne fois pour toutes d’inverser la logique de construction du prix et de sortir de la spirale infernale de la LME qui s’avère être une véritable machine à casser de la valeur ». A l’issue de cette même réunion, le syndicat Jeunes Agriculteurs a publié un communiqué qui commence par ce constat : « Alors qu’en Europe la plupart des distributeurs ont accepté de payer leurs fournisseurs de produits laitiers plus chers que l’année dernière compte tenu des hausses des cours mondiaux, la France semble faire exception ».

Il est bien là le résultat de la LME, œuvre commune de Fillon et de Macron. Fillon fut d’ailleurs tellement satisfait du travail effectué par Macron qu’il chargea en 2010 l’intermédiaire Antoine Gosset-Grainville de le contacter pour lui proposer le poste de directeur adjoint de son cabinet à Matignon. Macron déclina l’offre, préférant garder son salaire de banquier en train de négocier un gros contrat qui lui rapporta plus de 2 millions d’euros à l’époque.  

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:40

L’affaire Fillon ou la destitution de la Ve République

 PAR CHRISTIAN SALMON

L’affaire Fillon est un naufrage. Le naufrage d’un homme et le naufrage d’un système politique auquel il appartient depuis 35 ans. Car aujourd'hui, l’élection au suffrage universel ne suffit plus à donner la légitimité pour gouverner.

 

L'affaire Fillon n’est pas le premier scandale qui ait fait vaciller une candidature présidentielle sous la Ve République. On serait même tenté de dire que c’est un classique. Georges Pompidou et l’affaire Markovic, Jacques Chaban-Delmas et sa feuille d’impôt, Valéry Giscard d’Estaing et les diamants de Bokassa, Jacques Chirac et les emplois fictifs de la mairie de Paris. Dernière en date, l’affaire du Sofitel de New York qui emporta la candidature de Dominique Strauss-Khan à l’élection présidentielle de 2012 et ouvrit la voie de l’Élysée à François Hollande. Quant à Nicolas Sarkozy, ce n’est pas une mais plusieurs affaires qui alimentent la chronique politico-judiciaire depuis son élection en 2007. Et ce n’est pas un destin élyséen que l’affaire Cahuzac a discrédité, c’est tout le quinquennat de François Hollande. « Ce n’est pas qu’elles se dégonflent, disait Jacques Chirac, elles font “pschitt” » ; c’est souvent vrai, mais il arrive aussi qu’on ne s’en relève pas.

L’affaire Fillon est un naufrage. Le naufrage d’un homme, le naufrage d’un système politique auquel il appartient depuis 35 ans et dont il a épousé toutes les versions, du séguinisme au sarkozysme, et du gaullisme social au libéralisme décomplexé. C’est enfin un nouvel épisode d’un naufrage aux conséquences imprévisibles, celui de la VeRépublique.

Naufrage personnel tout d’abord. Les révélations du Canard enchaîné ont frappé en plein cœur le récit du candidat, un récit qui relevait d’un registre plus moral que politique et qui invitait au redressement national par le travail et au prix de sacrifices. Fillon proposait aux Français une véritable cure d’« austérité » qu’ils étaient sommés d’accepter au nom de l'« exemplarité » de son auteur. Fillon promettait de retrouver le chemin de l’authenticité, au prix d’une rupture avec les illusions du bling-bling sarkozyste comme avec les mirages de l’identité heureuse d’Alain Juppé. Avec lui, le pays allait retrouver des horaires de travail décent, des écoliers en uniforme et, en prime, la messe du dimanche. Et avec son profil de notable de province, son épouse au foyer, ses cinq enfants et son manoir de Beaucé, Fillon avait un certain crédit. Il pouvait même claironner le triptyque « travail, famille, patrie » sans que personne ne songe à l’accuser de pétainisme subliminal. Gaulliste il était, gaulliste il restait. Sa probité personnelle était indexée à celle du Général, qui remboursait ses factures d’électricité. La statue du commandeur Séguin tenant lieu de témoin de moralité.

 

Les campagnes électorales aujourd’hui ne reposent plus seulement sur des contenus idéologiques ou des programmes, mais sur des performances théâtrales et des productions symboliques. Elles se déroulent à la frontière du public et de l’intime, de la politique et de la morale. Dans ce contexte, les affaires constituent l’événement perturbateur, le coup de théâtre indispensable à la tension dramaturgique. Ce sont la tension narrative, l'identification symbolique, les métaphores (et la façon dont elles sont interprétées dans le flux des événements) qui déterminent le vainqueur d’une élection et non pas son programme.

Avec l’affaire Fillon, l’élection présidentielle est entrée dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles. Emmanuel Macron l’a bien compris, qui vient de déclarer au JDD : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. La politique, c’est mystique. C’est tout mon combat. » Au risque de l’extinction de voix. Ou de la démystification, comme dans le cas Fillon.

La mystique macronienne, c’est un peu plus qu’un récit de vie. Cela met en jeu des actes de langage, mais aussi des moyens de production symbolique, une théâtralité, des effets de cadrage (photographique, syntaxique, sémantique). Enfin, pas de mystique sans la réverbération des discours dans la médiasphère, leur appropriation par les réseaux sociaux. Thomas Mann considérait la vie dans le mythe comme une « vie en citations », définition qui prend avec Internet une signification nouvelle : désormais, le grand mythographe, c’est Google. Nos dieux profanes, qu’ils soient sportifs, mannequins ou présidents, naviguent sur le Web. C’est lui qui hiérarchise les divinités et dresse la carte de leurs navigations. Il y faut de l’inédit et de la répétition. Jeanne d’Arc et Uber. Le Puy du Fou et les nanotechnologies. Pas de performance qui ne s’avance codée, cryptée, drapée de précédents. Pas même de campagne électorale sans que l’on convoque les grands anciens, un récit des origines. Pas d’élection qui ne soit un revival. C’est cette réécriture, cette répétition, cette trace qui donne à l’inédit son « aura » spectrale, sa troisième dimension.

Ce qui fait le succès d’une campagne, ce n’est pas une image ou une « histoire », c’est une performance complexe, entre rituel et stratégie, capable tout à la fois de se connecter avec l’électeur, de focaliser le débat, de contrôler l’agenda, d’imposer une ligne narrative, de créer son propre réseau de diffusion virale. La feuilletonisation de la vie politique que dénonce François Fillon appartient en partie déjà au passé, à l’âge télévisuel où il y avait encore une audience pour chaque épisode. Aujourd’hui, la communication politique est dominée par l’exigence de la vitesse. Les enchaînements narratifs se transforment en engrenages de coups d’éclat et d’effets de surprise. Inutile d’essayer de dérouler un récit au long cours lorsqu’une information peut surgir à tout instant et venir bouleverser la séquence en cours.

Le carré magique

C’est le croisement de ces effets qui explique le succès ou l’échec d’une campagne électorale. Ce que j’avais appelé, au moment de la campagne d’Obama, le carré magique de la communication politique. Premier côté du carré : Raconter une histoire capable de constituer l’identité narrative du candidat en résonance avec l’histoire collective (storytelling). Deuxième côté : Inscrire l’histoire dans le temps de la campagne, gérer les rythmes, la tension narrative (timing). Troisième côté : Cadrer le message idéologique du candidat (framing) et imposer un « registre de langage cohérent » en « créant des métaphores ». Quatrième côté : Créer son réseau sur Internet et sur le terrain, c’est-à-dire un environnement hybride et contagieux susceptible de capter l’attention et de structurer l’audience du candidat (networking).

Le carré magique n’est pas une recette, c’est un schéma qui désigne des enjeux stratégiques, les conditions de réussite ou d’échec d’une performance collective. Chaque côté du carré magique est un champ de bataille. De ce point de vue, l’affaire Fillon est un cas d’école : les quatre côtés du carré magique ont été enfoncés par l’affaire et ses rebondissements.

Les scénaristes de série télévisée ne s’y sont pas trompés. « On est presque dans une pièce de Shakespeare », explique l'un deux. Surnommé sur Twitter « House of Sarthe » en référence à la série House of Cards, on a comparé l’affaire Fillon à Downton Abbey, Game of Thrones ou encore Borgen. Le timing des révélations du Canard était presque parfait. L’emploi présumé de l’épouse et des enfants de Fillon, la ristourne sénatoriale et ses éventuels conflits d’intérêts n’intéressaient personne tant qu’il n’était pas le vainqueur annoncé de la présidentielle. À trois mois de l’élection, il devenait vulnérable, à portée du soupçon et de l’opprobre. C’était le moment idéal pour un coup de théâtre.

Le Fillon presbytéral, qui promettait aux Français un long carême contre la rémission de leurs péchés, s’est trouvé renvoyé à ses propres faiblesses. Goût du luxe, voitures de sport, costumes sur mesure et mocassins à glands. Celui qui promettait du sang et des larmes et fustigeait les assistés était beaucoup moins sourcilleux quand il s’agissait de ses propres deniers : soupçons d’emplois fictifs, ristourne sénatoriale, conflits d’intérêts… « Je suis un homme, pas un saint ! » protestait le pécheur comme à confesse… mais c’était déjà trop tard. Il eût fallu le dire avant. Ou, à tout le moins, ne pas jouer les saintes-nitouches. Avec moins de trémolos dans la voix et un peu plus de modestie. Maintenant le mal est fait. L’icône est à terre, l’identité narrative du candidat en miettes.

Les électeurs de la primaire de la droite et du centre croyaient avoir choisi l’anti-bling-bling de la droite, tourné la page du Fouquet’s et du rapport décomplexé de Sarkozy à l’argent. Un président intègre, raide comme la justice ne saurait faire de mal dans une période de crise. Les révélations du Canard enchaîné, confortées par celles d’« Envoyé spécial » et de Mediapart, ont mis à mal l’image d’intégrité de celui qui avait fait de sa foi chrétienne un gage de probité. « Ces révélations ont instillé le doute en nous, reconnaissent deux électeurs des Hauts-de-Seine interrogés par le journal La Croix. Il est peut-être dans le droit, mais pas dans l’exemplarité. » Contraint de passer au confessionnal, il feignait de s’excuser tout en criant au complot : « On veut me mettre à genoux ! » Sans doute, comme le dit la sociologue Monique Pinçon-Charlot, « il existe chez François Fillon un sentiment d’impunité sincère car ce n’est pas l’impunité d’un homme mais celle de toute une classe. Ce sentiment se construit dans l’entre-soi des puissants, qui vivent dans une bulle ». Ce qui nous ramène à la politique.

Élu plus jeune député de l’Assemblée à 26 ans, sénateur-maire, plusieurs fois ministre, premier ministre pendant cinq ans, François Fillon n’est pas un perdreau de l’année. C’est un apparatchik qui a bénéficié des largesses de la République pendant 35 ans. Son discrédit atteint toute la classe politique. « Jamais dans l'histoire de la République, a déclaré François Bayrou, sur France 2, un candidat aux plus hautes fonctions, à la présidence de la République, n'a été ainsi sous l'influence des puissances d'argent. »

L’après-Hollande s’est démultiplié, nous sommes dans l’après-Juppé, l’après-Sarkozy, l’après-Valls, et maintenant l’après-Fillon… Marine Le Pen elle-même ne se sent pas très bien, craignant de glisser dans un “après” prénommé Marion. Trois générations dégringolent les escaliers du pouvoir. Avec l’exténuation de la sphère politique, rappelait Jean Baudrillard, le président devient de plus en plus semblable à ce “Mannequin du pouvoir” qu’est, selon Pierre Clastres, le chef dans les sociétés primitives. Loin d’être magnifié par la fonction, il apparaît désormais écrasé par elle, humilié, infériorisé, soumis à des rituels désuets, contraints de jouer les présidents, de « faire président » sans en avoir les moyens. Faute de puissance d’agir, de résolution et d’action (le state craft), il reste la mise en scène du pouvoir (le stage craft) : c’est le côté spectral, et pas seulement spectaculaire, de l’exercice du pouvoir.

Le pouvoir impersonnel

Loin d’exercer une fonction d’autorité, nos mannequins du pouvoir sont condamnés à donner des signes aux fractions éclatées d’un électorat volatil, mais aussi aux faiseurs d’opinion et à tous ceux qui peuvent donner du crédit ou de la popularité à un pouvoir discrédité ; sondages, agences de notation, éditorialistes… Une politique qui consiste à adresser à l’opinion des signes d’optimisme en pleine crise de la confiance, des signes de volontarisme en situation d’insouveraineté, des signes de sérieux et de rigueur à l’intention des marchés. Chaque ministre est chargé non plus d’un domaine de compétences et d’une autorité régalienne, mais d’un portefeuille de signes. « Comment se construit le pouvoir charismatique ? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. » (Macron encore)

Mais cela ne trompe plus personne.

Depuis Le Coup d’État permanent de François Mitterrand, les opposants à la VeRépublique ont constamment dénoncé son caractère monarchique, le rôle et la place d’un président élu au suffrage universel, érigé au sommet de la pyramide du pouvoir, qui décide de tout et qui est, pendant la durée de son mandat, le maître du temps politique. C’est la critique du pouvoir personnel. Mais c’est un pouvoir impersonnel qui gouverne aujourd’hui : les marchés, les agences de notation, les organisations transnationales… L’homme réputé le plus puissant de la nation est un homme qui doit négocier ses marges de manœuvre avec la Commission à Bruxelles ou la chancellerie à Berlin. Depuis le traité de Maastricht et l’acte unique européen, c’est un souverain sans monnaie ni frontières. À l’abri de l’élection présidentielle, qui accrédite tous les cinq ans le mythe d’une nation souveraine et dope l’illusion d’un choix collectif, c’est “un gouvernement d’affaires courantes” qui se poursuit entre les élections. L’essentiel se joue ailleurs. C’est pourquoi le régime présidentiel court à sa perte…

L’élection au suffrage universel ne suffit plus à donner la légitimité pour gouverner, elle apparaît comme une étape de plus dans la spirale du discrédit qui ronge nos institutions démocratiques. Le suffrage universel, clé de voûte de la Cinquième République, ne fait plus recette auprès des électeurs. Les Français l’utilisent de plus en plus comme un droit de veto plutôt que comme le fondement d’une légitimité. C’est l’essence du vote antisystème. On n’élit plus, on élimine… Sarkozy fut élu sur la rupture (avec Chirac), Hollande pour en finir avec Sarkozy. Les primaires ne font qu’accélérer le mouvement. Après Hollande, empêché de se représenter, Sarkozy fut sèchement congédié, Juppé et Valls éliminés. Car il ne suffit pas de sanctionner les anciens, il faut aussi faire mentir les sondages. Les primaires organisées pour relégitimer les partis fonctionnent à rebours. Elles ont fonctionné comme une guillotine électorale, éliminant un à un les leaders des partis et les favoris des sondages. L’électeur stratège se comportant en parieur averti, qui mise à la baisse comme s’il avait davantage à gagner au discrédit des favoris qu’à l’espoir d’une alternance tant de fois déçue. On peine à discerner une logique positive à l’œuvre dans la succession d’événements qui marquent le processus électoral en cours. Le discrédit est si puissant, sa vague est si haute, que les candidats n’ont d’autre choix que de surfer sur elle, de se mettre de son côté, dénonçant le système, promettant la rupture, affichant leurs transgressions.

Le général de Gaulle avait opté pour un régime présidentiel dans le but de restaurer l’autorité de l’État, minée de l’intérieur par « le régime des partis ». Mais la VeRépublique s’est accommodée du régime des partis. Le président de la République n’est plus un obstacle à leur influence dissolvante. Bien au contraire ! En leur sein, la bataille pour l’élection présidentielle ne s’interrompt jamais. Ils sont devenus des appareils partisans, des machines financières et des écuries militantes pour la conquête du pouvoir. La crise de régime de la politique a mis à mal une idée chère à notre histoire de France récente : l’alternance. Les Français n’y croient plus. L’action est perçue comme illégitime ou inefficace et la parole politique a perdu toute crédibilité.

La médiasphère, avec ses talk-shows et ses réseaux sociaux, sa dramaturgie, son rythme 24/7, ses commentateurs, ses communicants, ses groupes de riposte et ses community managers, constitue le théâtre de la souveraineté perdue. Les hommes de l’État insouverain y sont convoqués non plus comme les souverains d’antan en majesté, mais comme des imposteurs exposés à la vindicte publique. Ils sont en permanence soumis à un processus de vérification et à une obligation de performance. L’insouveraineté se manifeste jusque dans les épisodes de leur vie intime… L’homo politicus que nous connaissons depuis deux siècles est voué à disparaître. Il cherche sa voie ailleurs, à l’aveugle, dans cette zone grise où la politique perd ses droits.

Trois ans avant la chute de la IVe République, le président de la République René Coty avait chargé Jacques Chaban-Delmas d’un message à l’intention du général de Gaulle : « Je constate comme vous, que la France est ingouvernable dans les conditions actuelles, autrement dit, que les institutions ne peuvent rester en l'état…Voulez-vous faire savoir au général de Gaulle que je le tiens pour le seul homme capable de tirer la France de ce marasme ? Dites-lui que si une crise se présente, je ne manquerai pas de m'engager à fond en faisant appel à lui pour former le gouvernement, dans le cadre de nos institutions, afin précisément de changer celles-ci. » Il ajoutait qu’il était prêt à s’effacer pour que le grand homme ne soit pas « gêné par la présence, à la table du Conseil des ministres, d'une autorité juridiquement supérieure à la sienne – lui qui détient de fait la plus haute autorité morale qui soit dans le pays ».

La IVe République agonisait dans le jeu de chaises musicales des gouvernements successifs. La Cinquième République y remédia au prix d’une personnalisation extrême du pouvoir exécutif, légitimée par l’élection du président de la République au suffrage universel. Six décennies passèrent… le souvenir du général de Gaulle conservant bon an mal an à la fonction le prestige de la « plus haute autorité morale qui soit dans le pays ».

Si je rappelle ces circonstances, c’est qu’il semble bien que la Ve République, au terme d’une révolution complète, soit revenue à son point de départ, à savoir la question que René Coty posait au général de Gaulle : comment « former [un] gouvernement, dans le cadre des institutions [existantes], afin précisément de changer celles-ci » ? C’est le problème qui se pose au pays.

Le discrédit est une chose instable et invisible à l’œil nu. Il se répand comme un gaz et il corrompt les sociétés avant même qu’une personnalité charismatique ne s’en empare et ne transforme ce gaz insaisissable en force matérielle. Ainsi de tous les fascismes. Ainsi du mouvement qui a porté Trump au pouvoir. Une chose est sûre : lorsque le discrédit prend le pouvoir, il est bien difficile de l’arrêter et de faire rentrer le diable dans sa boîte.

Une course-poursuite est engagée entre la politique institutionnelle, qui sert de masque aux vrais pouvoirs dominant le monde, et les citoyens qui s’en détournent en se réappropriant les termes, les lieux, les formes du débat public. D’un côté, une classe politique à bout de souffle, absentéiste, dévitalisée, soucieuse uniquement de sa survie ; de l’autre, des citoyens qui par leurs initiatives, leurs luttes et leurs colères assemblées provoquent un vaste mouvement de “destitution” de la politique institutionnelle.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:57

Compteurs Linky, pourquoi le courant a du mal à passer ?

MERCREDI, 8 FÉVRIER, 2017
HUMANITE.FR

Le mouvement « Stop Linky » contre l’installation de compteurs dits « intelligents » ne cesse de prendre de l’ampleur partout en France. Pourquoi ? Enquête et entretiens.

Les CLIC (Collectifs locaux inter-associatifs de citoyens) regroupés au sein du réseau   se multiplient. En cliquant sur ce lien vous pouvez prendre connaissance de leurs actions et de leurs raisons. 

Il en est de même pour bon nombre de communes dont les conseils municipaux et leurs maires prennent des arrêtés ou des moratoires contre l’installation des compteurs Linky. Ca concerne, à ce jour 321 communes comme vous pouvez en prendre connaissance sur le site dédié 

Précisons que ce n’est pas une affaire de « vieux réacs » et de communes de la France profonde. En effet, ça se passe à la campagne mais aussi en milieu urbain. Vous le lirez en cliquant sur le lien ci-dessus, petites et grandes communes, tous bords politiques confondus, comme Saint-Denis, Aix en Provence, Lyon 1, Douarnenez, Coudekerque-Branche, Yerres, Bagnolet, Melun,  Biarritz, Caen, Gaillac, Quimperlé, Carhaix, Forcalquier, Saran etc. ont pris une délibération ou adopté un moratoire contre l’installation de Linky et de Gazpar.

Pourquoi ce mouvement « Stop Linky » ? En voici les principales raisons complétées nos entretiens avec :

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- la conseillère Front de Gauche de Paris, Danielle Simonnet qui explique pourquoi elle s'oppose au déploiement des compteurs Linky à Paris sur 

 

Linky et le danger des ondes électromagnétiques

Linky émet-il des ondes électromagnétiques qui vont s’ajouter à celles émises par les téléphones portables, les antennes-relais, la Wifi, les télécommandes etc. ?

Dans le doute, les communes ont voté des délibérations et adopté des moratoires comme celui de Saint-Macaire (Gironde)  à l’origine de la fronde contre les compteurs intelligents et dont nous avons interviewé son initiateur Stépahne Lhomme.

Ou encore le  qui considère que « des incertitudes demeurent sur les conséquences que peuvent avoir ces nouveaux compteurs  sur la santé des personnes». Ce qui lui vaut d'être traduit par Enedis devant le tribunal adminsitratif (lire l'interview de son maire adjoint ci-dessus).

Tout récemment, le conseil municipal de Saran (Loiret) a demandé un  Il en ressort que "faute de certitudes, le principe de précaution qui a valeur constitutionnelle, s’impose".

Pourtant la très officielle ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) dit qu’il n’y a pas de danger ni de risque sanitaire dans son rapport 

Les ARS (agences régionales de santé) s’en servent même pour "rassurer" les maires à l’image de la note de l'ARS de Bretagne téléchargeable sur 

En gros, Linky utilise la technologie du CPL (courant porteur en ligne) et respecte les normes européennes quand au champ électromagnétique.

Cependant,  l’ANSES reconnaît que ces compteurs communicants sont installés au moment où les objets connectés se multiplient ainsi que la numérisation des services et des infrastructures. Et donc recommande que « le développement des objets connectés s’accompagne de normes techniques afin de ne pas exposer les personnes »… aux ondes électromagnétiques.

Alors pas de problèmes d'ondes électro-magnétiques ? Pas sûr à la lecture de l’

Selon lui, « les mesures citées dans le dossier de l’ANSES sont incomplètes puisqu’elles n’incluent pas les champs d’induction magnétique et les champs électriques 50 hertz. »

Sont également posées les questions sur la sécurité des données personnelles et la sécurité tout court. La presse régionale se fait l'écho de compteurs Linky ayant pris feu ou perturbé d'autres appareils électriques et bien d'autres problèmes.

 

La légalité des délibérations et des moratoires

Pour comprendre de quoi il retourne, il faut avoir bien en tête que  « les ouvrages des réseaux publics de distribution appartiennent aux collectivités territoriales » - article 

ENEDIS en est le concessionnaire et le gestionnaire dont les missions sont définies à l’article 

Alors légaux ou non ces délibérations et moratoires pris par les communes ?

- « Non », selon l’AMF (association des maires de France) et la FNCCR (fédération nationale des communes concédantes de réseaux). Pour elles, « L'installation des compteurs Linky est  une décision de l'État, conforme aux directives européennes. »

Egalement interpelée par de nombreux parlementaires, à l'image du député Philippe Kémel ,la ministre de l’écologie s'est retranchée derrière l'

- "Si ils sont légaux" considèrent les élus et juristes opposés à l’installation des compteurs Linky. Parce que les communes en restent  même après en avoir transféré la compétence AOD (autorité organisatrice de la distribution d'électricité) à un Syndicat départemental d'énergie (SDE).

Toujours est-il que si la forme que prend l’opposition des communes est discutable juridiquement (la question n’est en fait pas tranchée par les nombreux jugemetns devant les tribunaux administratifs), son fond est légitime ce d’autant qu’il se fait l’écho des populations.

De toute façon ce n’est ni à l’Etat ni au préfet de juger illégales les délibérations. Seul le tribunal administratif est compétent.

C’est pourquoi de nombreuses communes comme celle de Saint-Denis (voir interview de l’adjoint au maire) se retrouvent devant ce tribunal. Toutefois, ce n’est pas systématique et  tout dépend de la façon de rédiger la délibération ou le moratoire selon le point de vue du 

Les jugements qui ont été pris ne l’ont pas été, pour l’instant, sur le fond. D’où cette  par les opposants aux compteurs communicants.

 

Le refus par les usagers, conséquences

Indépendamment des délibérations et moratoires des conseils municipaux s’opposant  aux Linky, les usagers ont la possibilité de demander à leur maire de refuser l'installation d'un Linky comme d'un Gazpar ou son retrait si celui-ci a été installé selon les explications et la lettre type (à envoyer au maire) à télécharger sur 

C’est mieux que d’agir seul et le fait que l’installation d’un compteur doit faire l’objet d’un courrier 45 jours avant la date prévue, laisse du temps. A propos de délai et d'information de la population avant toute installation, il semblerait qu'ENEDIS force un peu voire beaucoup la main en utilisant des 

Insistons, ENEDIS doit obligatoirement envoyer un courrier aux abonnés concernés 45 jours avant la date du rendez-vous pour procéder au changement de compteur. Pas question d'accepter des rendez-vous par téléphone.

Par ailleurs, la loi de transition énergétique ne sanctionne pas le refus individuel de changer son compteur existant contre un Linky. La CRE (commission de régulation de l’énergie) menacerait de taxer 19 euros HT par mois le relevé manuel des compteurs à tous ceux qui refusent Linky (dont le relevé se fait à distance). Ce qui serait illégal comme de couper le courant aux récalcitrants.

 

La pose d’un compteur Linky est gratuite

Exact, de même que la dépose de l’ancien compteur !

Cependant un  relatif aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité prévoit que le financement soit assuré par les consommateurs via le  à raison de 1 à 2 euros par mois prélevés sur les factures d’électricité… jusqu’à atteindre le coût du compteur Linky (de 120 à 240 euros).

Ce tarif figure sur les factures de tous les usagers comme vous pouvez le vérifier et sera augmenté de 2,71% en moyenne le 1er août 2017.

Au final les compteurs Linky sont bien financés par les consommateurs !

Et quel gâchis financier de remplacer les compteurs actuels qui fonctionnent trés bien!

 

La question de l’emploi et du service public

Certes les entreprises chargées de la pose des nouveaux compteurs Linky  (et Gazpar) recrutent des techniciens de pose, des planificateurs et des chefs d’équipe. Mais ils sont salariés des entreprises sous-traitantes de pose et non d’ENEDIS et pas forcément sous CDI (contrat à durée indéterminée). Il s’agit donc d’emplois précaires.

C’est assez paradoxal car dans le même temps, Itron, fabricant de compteurs électriques a annoncé des suppressions d’emplois comme vous pouvez le voir sur 

Quant au personnel d’ENEDIS,  il suffit de discuter avec l’agent venu relevé le compteur pour comprendre que Linky va supprimer des emplois et le service public qui va avec comme le dénonce le conseiller municipal de Quimper Piero Rainéro dans son récent 

Finis les relevés à domicile et donc la présence humaine, importante pour de nombreux usagers isolés.

 

Liens utiles

- site du méditeur national de l'énergie 

-  et de l’

- l'association 

- 

- l'impact sur l'emploi et la vie quotidienne selon 

- 

 

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