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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 05:40

 

Neuf organisations de retraités annoncent leur mobilisation le 8 octobre, pour peser sur les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale 2020.

La rentrée parlementaire est scrutée attentivement par les retraités. En premier lieu, le vote du prochain projet de loi de finances décidera de la revalorisation, ou non, des pensions. C’est la raison première de l’appel à la manifestation de ce 8 octobre, par neuf organisations nationales – la CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, UNRPA Ensemble et Solidaires, LSR, et les retraités de la fonction publique. La piste vers laquelle le gouvernement s’oriente, d’indexer les pensions à l’inflation pour les retraites inférieures à 2 000 euros et rien pour les supérieures, va continuer à amputer le pouvoir d’achat. « On rappelle que c’est l’indice des salaires qui devrait servir de référence. Utiliser l’indice des prix est une rupture d’égalité, assure Didier Hotte, secrétaire général adjoint de Force ouvrière UCR. Depuis que c’est le cas, le pouvoir d’achat des retraités est en baisse constante, ce que confirme chaque année le Conseil d’orientation sur les retraites. » Non seulement les pensions n’augmentent pas assez, mais d’autres décisions ont allégé les portefeuilles. À commencer par la hausse récente de la CSG, mais aussi la suppression de la demi-part, la création d’une taxe à 0,3 % sur les retraites…

Entre 120 et 150 rassemblements

Les neuf organisations s’inquiètent aussi fortement du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). « Nous sommes très concernés par la situation des urgences, en grève, des hôpitaux en général, mais aussi des aides à domicile et des Ehpad. Le taux d’encadrement est partout très inférieur aux promesses, poursuit Didier Hotte. On reprend à notre compte la demande de création de 40 000 postes dès cette année dans les services d’urgences, portée par les travailleurs de ce secteur. » La mobilisation du 8 octobre va d’ailleurs croiser celle des Ehpad et des services d’aide à la personne. Elles pourront fusionner localement, car les retraités prévoient entre 120 et 150 rassemblements. « Bien sûr que nous sommes solidaires avec ces travailleurs, mais nous nous battons pour notre pouvoir d’achat », insiste Jean-Pierre Floret, de la CGT retraités. Voilà pourquoi, à Paris, le cortège devrait relier Montparnasse à Matignon, siège du premier ministre, alors que la manifestation des Ehpad se concentrera devant le ministère de la Santé. Les neuf organisations ont toutefois cosigné un courrier à Agnès Buzyn. « Comment peut-on envisager de fermer 30 à 50 % de lits en gériatrie à l’AP-HP alors que 7 % de la population d’île-de-France a plus de 75 ans ? » interpelle la lettre.

« On n’a pas oublié qu’il y a une élection municipale qui vient ! »

D’autres courriers ont été adressés aux maires et à leurs représentants au sein des associations des maires de France et des maires ruraux. Plusieurs soutiens ont d’ailleurs déjà été reçus. « Il ne faut pas sous-estimer notre influence politique, met en garde Jean-Pierre Floret. C’est nous qui faisons vivre beaucoup de communes. Il y a beaucoup d’élus locaux retraités et, en plus, nous sommes 17 millions et nous votons en majorité. » Didier Hotte rebondit : « On n’a pas oublié qu’il y a une élection municipale qui vient ! »

Sur le plan national, les progrès sont plus rares. « Nous n’avons aucune nouvelle de la loi grand âge, déplore Marylène Cahouet de la FSU. Agnès Buzyn s’était engagée à ce qu’il y ait l’inscription de moyens supplémentaires dans le PLFSS, mais a bien prévenu que ce serait un simple redéploiement, donc on ne s’attend pas à grand-chose. » Les neuf organisations ont d’ores et déjà prévu de se retrouver avec des délégations de toute la France, le 21 novembre, à la bourse du travail, pour faire un point sur l’ensemble de ces mobilisations.

Pierric Marissal

 

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 05:38

 

Le député de Seine-Maritime Hubert Wulfranc demande la création d’une mission d’information. « Secret des affaires », affaiblissement des CHSCT… Il dénonce des choix politiques qui fragilisent la sécurité industrielle.
 

 

Hubert Wulfranc

Député PCF de Seine-Maritime

Vous avez interpellé hier le premier ministre, après être intervenu dès vendredi auprès du préfet pour lui signaler des « dysfonctionnements majeurs » dans la gestion de la crise. Quels sont-ils ?

Hubert Wulfranc Les maires ont été livrés à eux-mêmes sans informations, ni directives précises de la préfecture, alors qu’ils devaient faire face à l’inquiétude, voire à la panique des habitants. L’incendie s’est déclaré à 2 h 40, mais aucune information n’a par exemple été communiquée aux élus de la rive sud (Grand-Couronne, Saint-Étienne-du-Rouvray et Oissel-sur-Seine), pourtant limitrophes de l’usine Lubrizol. Aucune consigne claire ne leur est parvenue dans la journée, qu’il s’agisse de la scolarisation des enfants, de la méthodologie à appliquer dans les établissements recevant du public. De nombreux maires ont donc pris des mesures disparates qui ont parfois tourné à la cacophonie du fait d’informations parcellaires, voire contradictoires. Tout cela a participé à ce climat de défiance qui règne aujourd’hui.

Six jours après l’incendie, habitants et paysans sont toujours aussi inquiets des risques sanitaires. Que demandez-vous concrètement aux autorités ?

Hubert Wulfranc Les études d’impact opérées sur la qualité de l’air, de l’eau et des sols ne sont pas suffisantes. Il faut engager très rapidement des enquêtes supplémentaires qui doivent être co-construites avec les élus et les organisations professionnelles, tous ceux qui sont confrontés au problème. Le cahier des charges doit être élaboré très rapidement de manière à consolider, nuancer, voire infirmer les premières études officielles placées sous l’autorité des services de l’État. L’autre exigence majeure, c’est le suivi sanitaire individualisé, immédiat et durable des salariés, du secteur public comme du privé, qui ont été aux avant-postes de cette catastrophe, directement exposés aux fumées. C’est pour toutes ces raisons que j’ai demandé hier la création d’une mission d’information pour recueillir des témoignages, des éclaircissements complémentaires qui permettraient de prendre des mesures opérationnelles. Il faut aussi assurer une indemnisation rapide pour les agriculteurs.

En 2013, l’usine Lubrizol avait été condamnée pour « négligence » à 4 000 euros d’amende, après une fuite de gaz sur le site. Récemment, le préfet a pourtant donné son feu vert à des augmentations de capacité sans évaluation environnementale. Ce drame était-il évitable ?

Hubert Wulfranc Il faut attendre les conclusions des différentes enquêtes. Mais il est certain que ce drame s’inscrit dans un contexte où le gouvernement actuel a fragilisé les outils de prévention, que ce soit par l’affaiblissement des CHSCT et de l’autorité environnementale ou la loi sur le secret des affaires votée en juin dernier. Et puis, les sanctions infligées aux industriels en cas de défaillance dans leur usine sont très insuffisantes. Tous ces choix politiques du pouvoir macronien contreviennent aux défis sociaux et environnementaux.

Faut-il revoir les règles d’implantation de ces usines sensibles, comme l’a suggéré Bruno Le Maire ?

Hubert Wulfranc L’industrie pétrochimique a-t-elle sa place dans notre pays ? Oui, bien évidemment. Car, s’il ne s’agit pas d’exporter les risques, voire de les aggraver, dans les pays en voie de développement pour satisfaire des égoïsmes locaux de courte vue, l’enjeu, c’est donc d’imposer aux industriels des règles beaucoup plus strictes en matière de prévention des risques.

Entretien réalisé par Maud Vergnol

 

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 15:01

 

C’était hier au siège de la FNSEA. Avec Richard Giradot, président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) et Dominique Chargé , président de Coop de France qui structure les coopératives agricoles, Christiane Lambert, présidente du syndicat paysan, présentait à la presse un texte commun intitulé « Pacte productif 2025 ». L’ambition affichée par les trois organisations est d’agir ensemble « pour une filière agricole et agroalimentaire française à la hauteur des enjeux de demain » pour reprendre le titre du document de remis aux journalistes. Mais le texte occulte les aspects les plus déterminants du contexte. 

Au premier abord, il y a dans ce document le constat de la situation actuelle et la volonté des trois organisations de travailler ensemble pour remonter la pente. Le constat est plutôt préoccupant. On y lit ceci dès les pages 4 et 5: « En 2000, la France était le 3ème pays exportateur de produits agricoles et agroalimentaires. Aujourd’hui notre pays est au 6ème rang mondial, dépassé successivement par l’Allemagne en 2006, le Brésil en 2011 et la Chine en 2013 (…) En valeur, la part des exportations alimentaires françaises dans les exportations totales de la zone euro s’est ainsi réduite de 6 points depuis le début des années 2000, en passant de 22% en 2001 à 16% en 2019».

Le texte omet de rappeler, qu’en 2004 et 2007, les pays d’Europe centrale à bas coûts de main d’œuvre sont entrés dans l’Union européenne. Sans avoir intégré la zone euro , la plupart d’entre eux sont des exportateurs de produits agricoles bénéficiant des bas coûts de main dans la vaste zone de libre échange qu’est le marché commun agricole. Voilà qui explique pour une bonne part les raisons du constat suivant en page 6 de ce document : « En France, de 1997 à 2017, les surfaces de légumes ont diminué de 14% (hors légumes secs) alors qu’elles ont progressé de 40% en Allemagne et de 25% aux Pays Bas. Au niveau des fruits, depuis 2010, les surfaces de vergers français ont enregistré une baisse de 7% toutes productions confondues et plus particulièrement de 29% pour les vergers de pêchers et 19% pour les vergers de pruniers ».

 

Des travailleurs détachés sous payés en Allemagne et en Espagne 

Ce recul peut avoir plusieurs explications qui se cumulent. Les travailleurs saisonniers, détachés et mal payés des pays d’Europe centrale sont nombreux en Allemagne, au Pays Bas et en Espagne, ce qui réduit le prix de la cueillette et du conditionnement. Parallèlement, les centrales d’achat des grandes enseignes françaises de la distribution importent plus que de besoin dans le seul but de créer une demande inférieure à l’offre sur le marché franco-français des fruits et légumes et au delà. Cela a pour conséquence de faire chuter les cours à la production, ce qui ne favorise pas l’installation des jeunes quand les anciens partent en retraite. Mais le document des trois organisations n’en dit pas un mot.

Du coup, il fait état d’un « coût du travail toujours élevé malgré des politiques récentes d’allègement des charges», en page 13 du document. Viennent à l’appui de cette affirmation les explications suivantes : « Dans les industries agroalimentaires, sur les dix dernières années, au sein de la zone euro, c’est en France que les charges employeurs ont augmenté le plus vite. Elles pèsent aujourd’hui jusqu’à 13% de la valeur ajoutée contre 10% pour l’ensemble de la zone euro. De manière plus spécifique, dans les filières où le déficit se creuse (fruits, légumes, volaille porc), le coût de la main d’œuvre a une influence particulièrement déterminante. L’hétérogénéité des règlementations sociales, particulièrement importante entre pays européens en matière de coût du travail peut constituer un premier élément de cette différenciation de coût. Le salaire minimum dans les secteurs agricoles, les cotisations patronales, l’hétérogénéité des règles sociales (licenciements procédures d’embauche, etc. ), sont autant de facteurs qui pèsent sur la compétitivité de certaines filières en France » nous disent d’une même voix l’ANIA, Coop de France et la FNSEA.

 

Les vraies raisons du manque de main d’œuvre dans l’agroalimentaire 

Faut-il alors aligner le salaire minimum de notre pays sur ce qui se pratique en Pologne, en Roumanie ou en Bulgarie ? Le texte commun ne le dit pas. En page 14, cette fois, il reconnaît que « les employeurs agricoles et agroalimentaires rencontrent des difficultés en matière de recrutement et de fidélisation des salariés. En 2018, 11% d’offres n’étaient pas pourvues. Et la situation semble se dégrader en 2019 : 16% d’offres non pourvues pour les six premiers mois de l’année. Pour l’industrie agroalimentaire 21.000 emplois ne trouvent pas preneur chaque année», lit-on dans ce texte commun.

Dès lors, on peut raisonnablement penser que précariser davantage les salariés et réduire encore leur rémunération ne facilitera pas les embauches sur les chaînes d’abattage de volaille, ou d’emballage des tomates et des pommes. Sans oser demander la baisse du SMIC, FNSEA, ANIA et Coop de France affirment que « pour continuer à produire (…) le secteur agricole a besoin d’être soutenu parce qu’il est en concurrence avec des pays européens ayant fait des choix différents » . Il faudrait donc « amplifier et pérenniser la dégressivité de l’allègement de charges patronales pour les salaires compris entre 1,2 et 1,6 SMIC » et autres mesures du même type.

 

Sortir les patrons de la seringue en y mettant leurs salariés

Occultant le fait que la grande distribution les maintient « dans la seringue » et que le vote de la loi Egalim le 2 octobre 2018 par la majorité parlementaire ne leur permettra pas d’en sortir, le document commun de ces trois organisations plaide pour que l’on fasse entrer les salariés de l’industrie agroalimentaire comme ceux de l’agriculture dans cette même seringue. Moyennant quoi, le document nous dit en page 18 que l’ambition commune des trois organisations est de « stopper le hausse des importations et augmenter de 60% les exportations de produits agricoles et alimentaires à l’horizon 2030». On reste ici dans une logique de concurrence mondiale mortifère qui , entre les importations massives de nourriture du bétail , d’engrais et de carburants par les pays membres de l’Union européenne pour ensuite exporter des produits finis , voire des animaux vivants vers des pays lointains, occulte totalement l’augmentation du bilan carbone de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire en France et en Europe. 

Mais cette question n’est pas traitée dans ce document, pas plus que la pauvreté et la précarité d’un nombre croissant de salariés qui a débouché durant l’automne 2018 par le mouvement des « gilets jaunes » , lesquels n’en pouvaient plus de travailler dur et d’avoir des fins de mois difficiles en même temps.

 

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 14:58

Nous venons d’apprendre, grâce à l’association Lanceur d’alerte (lanceuralerte.org) cofondée par Alexandre et Maxime Renahy, que des grands groupes français ne publient pas leurs comptes alors que la loi les y oblige.

 

 

Parmi eux, l’association pointe le Groupe Arnault; Lagardère SA; LM Holding (Arnaud Lagardère); H51 (Holding Hermès); Webmedia (Marc Ladreit de Lacharrière); Fimalac communications (Marc Ladreit de Lacharrière); Les Mutuelles de Bretagne; Le Club Med; Olympus Steel et CFEB Sisley (famille d’Ornano). Ils sont des dizaines à s’affranchir ainsi en toute impunité de l’obligation légale de publication des comptes, prévue aux articles L232-21 à 23 et R 123-11 du code de Commerce. C’est la raison pour laquelle, aux côtés de Maxime et Alexandre Renahy et du site LemediaTV, j’ai décidé, à mon tour, d’assigner en justice le premier d’entre eux, le Groupe Arnault.


L’exigence de transparence, si largement exprimée dans le mouvement social, est d’autant plus légitime quand elle s’applique à des entreprises aussi largement bénéficiaires de fonds publics, via le CICE en particulier (40 milliards d’euros en 2019). L’utilisation de l’argent du contribuable ne s’accommode d’aucun secret, et surtout pas celui des affaires, brandi comme un artifice bien commode. Ce paravent du secret des affaires ne sert en réalité qu’à dissimuler la jungle des sociétés offshore et les mécanismes d’évasion fiscale, dont l’unique but est d’échapper à l’impôt.


Parfaitement rodé, ce système affaiblit nos services publics, sape notre pacte social et prive nos recettes de quelque 80 à 100 milliards d’euros par an. Cela n’a que trop duré !


En refusant de publier leurs comptes, ces groupes ne s’exposent qu’à une simple amende, allant de 1 500 à 3 000 euros en cas de récidive. La loi doit changer et devenir plus sévère.


L’action en justice que je lance aujourd’hui est un appel résolu au respect de la loi. A l’Etat maintenant de manifester à l’égard des plus riches le même empressement que celui dont il fait preuve vis-à-vis des privés d’emplois et des allocataires de prestations sociales. A défaut, nous n’hésiterons pas à généraliser la procédure initiée ce jour.

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 14:54

Un singulier débat traverse le petit monde des capitalistes français. Ainsi le PDG de Veolia proclame (article publié le 21 septembre dernier) : « Rénovons le capitalisme pour le protéger ».

 

 

Deux idées résument son propos : « On » (eux, les capitalistes) donne l’impression de ne produire de la richesse que pour les actionnaires. À cela, il n’a rien à opposer sinon du bavardage sur « le nouveau rôle de l’entreprise ». Deuxième thème : « On » (toujours eux) dépend trop de la finance, « 70 % (de notre activité de PDG) repose sur des critères financiers. (…) Ce sont là nos vrais adversaires : Rénover le capitalisme, c’est les empêcher de l’abattre ». Problème : ce cancer financier est consubstantiel de leur système. Seule solution : dépasser le capitalisme. Mais le PDG ne semble pas prêt pour le grand saut.

Gérard Streiff

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 05:53

L’intersyndicale Éducation du Finistère appelle les personnels à se rassembler, jeudi 3 octobre à Brest et à Quimper, après le suicide de la directrice d’école de Pantin.

L’intersyndicale Éducation du Finistère appelle à un rassemblement des personnels à Brest (rue Yves-Collet devant l’antenne de la DSDEN) et à Quimper (Cité administrative, devant la DSDEN), jeudi 3 octobre 2019 à 17 h, après le suicide d’une directrice d’école de Pantin, survenu lundi 23 septembre dans le hall de son établissement.

Dans les lettres envoyées à plusieurs directeurs d’école de la ville de Pantin, Christine Renon, 58 ans et trente ans d’enseignement, évoque le manque de soutien de la part de l’État, le rythme scolaire des enfants, le manque d’outils de travail ou encore les pratiques « chronophages ».

Vendredi 27 septembre, des parents d’élèves ont adressé un courrier au ministre de l’Éducation nationale. Ils veulent l’alerter sur « un dramatique cri d’alerte ».

« L’institution est responsable »

L’intersyndicale finistérienne (FSU, Snudi-FO, SNFOLC, Sud éducation, CGT Educ’action, SE-UNSA, CNT et Sgen-CFDT, interpelle : « Combien sommes-nous à nous retrouver peu ou prou dans ce qu’elle décrit ? Dans le premier comme dans le second degré, et quelle que soit notre poste dans l’Éducation nationale, nous sommes toutes et tous, à des degrés divers et dans nos missions respectives, concerné-es par la souffrance au travail et le risque d’épuisement professionnel. »

Elle poursuit : « L’institution est responsable. Il faut des réponses concrètes pour garantir la santé, l’intégrité morale et physique des personnels. Ce geste dramatique nous touche profondément : tristesse et émotion, colère aussi ! Nous devons traduire cette colère en action. Nous construirons avec les collègues les perspectives de mobilisations sur le long terme afin que cela ne se reproduise plus jamais. »

Ouest-France, 1er octobre

 

Communiqué du SNES-FSU:

Le SNES-FSU exprime sa plus profonde émotion après le suicide de Christine Renon, adresse tout son soutien à sa famille et ses proches et assure de sa solidarité ses collègues, son syndicat.

Son geste, sur son lieu de travail, la lettre qu’elle laisse pour l’expliquer, tout indique que les motivations de notre collègue sont d’ordre essentiellement professionnel. L’émotion et le mouvement de protestation des enseignants du premier degré sont révélateurs des difficultés auxquelles sont confrontés les directeurs d’école, surchargés de travail et accablés d’injonctions hiérarchiques

Au-delà, c’est toute la communauté scolaire, dans sa diversité de métiers, qui se reconnait dans le sentiment d’abandon exprimé par Christine Renon : les personnels sont laissés seuls face aux difficultés toujours plus aiguës que connaît l’Ecole. Ils composent avec l’absence de soutien d’une hiérarchie plus prompte à mettre en œuvre les nouvelles politiques publiques managériales qu’à faire corps avec la profession, à imposer des réformes pensées sans et contre les personnels.

Ces pratiques managériales méconnaissent les réalités de l’enseignement, dessaisissent les personnels de leur expertise, et ne leur accordent ni reconnaissance ni les moyens nécessaires à l’exercice de leur métier. Aujourd’hui, les personnels sont tiraillés entre le sens de leur engagement et la réalité qu’ils vivent au quotidien. Ce sont ces situations professionnelles qui sont responsables d’une grande souffrance et sont à l’origine de ce drame.

Un an après le mouvement #pasdevague la colère légitime des personnels de l’Education est intacte. Le gouvernement n’a rien fait pour y répondre.

Le SNES-FSU appelle les personnels à participer aux hommages rendus à la mémoire de Christine Renon (rassemblements jeudi 3 octobre, minute de silence collective dans les établissements, signatures de motions etc). Un préavis de grève a été déposé.

Des personnels de l’Education Nationale meurent au travail et de leur travail. Cette situation est intolérable. Le Ministre doit prendre la mesure de l’émotion et la colère des personnels et apporter des réponses sans tarder.

 la FSU, avec les autres organisations syndicales siégeant au CHSCT ministériel s’est adressée au Ministre pour demander la tenue d’un CHSCT extraordinaire sur la prévention des actes suicidaires. Lire le courrier unitaire

 

Suicide de la directrice d'école de Pantin, Christine Renon : rassemblement à Brest et à Quimper jeudi 3 octobre à 17h
Éducation. Le suicide de la directrice à Pantin accuse toute l’institution
Vendredi, 27 Septembre, 2019 - L'Humanité

La tristesse et la colère sont grandes dans la communauté éducative après le geste désespéré de Christine Renon. La directrice d’école maternelle, ne supportant plus son épuisement professionnel, a mis fin à ses jours.

 

Une rentrée « apaisée », « une des meilleures » qu’il ait jamais vécue, lui qui a le souci permanent du « bien-être » des personnels et des élèves… Le week-end dernier, le gouffre qui sépare les discours de Jean-Michel Blanquer de la réalité sur le terrain s’est ouvert sous les pieds de Christine Renon, et l’a engloutie. À 58 ans, la directrice de l’école maternelle Méhul, à Pantin (Seine-Saint-Denis), a mis fin à ses jours. Son corps a été retrouvé lundi matin, avant l’arrivée des enfants, dans la grande nef de cette école à l’architecture remarquable. Avec un soin glaçant, elle a pris garde de préserver élèves et collègues du choc de la découverte. Toujours plus attentionnée aux autres qu’à elle-même, comme la décrivent nombre de ceux qui l’ont côtoyée au cours de ses quelque trente ans d’activité dans la ville.

Elle a aussi rédigé et envoyé des lettres – à ses proches, ses collègues enseignants et directeurs d’école, sa hiérarchie, les syndicats – où elle se décrit « épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée ». Sa mort a causé un choc dont l’onde se propage et s’élargit depuis lundi, tant dans la ville et aux alentours que dans le monde enseignant. Ses collègues directrices et directeurs d’école de Pantin appelaient d’ailleurs à un rassemblement-hommage devant l’école, hier à 18 heures. Un appel auquel se sont agrégées des organisations, dont les syndicats SNUipp-FSU et SUD éducation.

Dans la lettre qu’elle a envoyée à ses collègues, l’enseignante dresse un véritable inventaire de son activité depuis avant même la rentrée, entre professeurs non nommés, déplacés, risque de fermeture – finalement annulée – d’une classe entraînant la réorganisation de toute l’école, livraisons aléatoires de matériel, gestion complexe de plusieurs « agressions » entre élèves et des demandes des parents concernés, accumulation des tâches et des contraintes bureaucratiques, manque de matériel. « Le travail des directeurs est épuisant », écrit-elle, d’autant qu’ils sont « seuls ! Seuls pour apprécier les situations, seuls pour traiter la situation (…). Ils sont particulièrement exposés et on leur demande de plus en plus sans jamais les protéger. »

Une de ses proches collègues, elle aussi directrice d’école à Pantin, confirme. Elle nous décrit par le menu l’empilement des tâches bureaucratiques, souvent aux limites de l’absurde : le document de suivi de l’obligation scolaire, 4 à 5 pages à rédiger chaque fois qu’un élève manque plus de 4,5 demi-journées d’école, et « qui ne sert à rien », dénonce-t-elle : « Une fois j’ai signalé un enfant qui avait manqué 98 demi-journées : rien ne s’est passé. » La plateforme Onde, autrefois appelée « base élève », est quant à elle tellement sécurisée que leur hiérarchie leur demande de recopier les données qu’elle contient (inscription des élèves, classes, enseignants, situations de handicap…) afin d’y accéder… Arrêtons là : c’est une impressionnante litanie, qui donne la mesure des tâches administratives croissantes, guère valorisantes et souvent dépourvues de sens, qui accablent les directeurs. Avec en point d’orgue, cette année, un exercice « d’alerte intrusion » particulièrement lourd à mettre en place, mais fixé… la semaine des élections des parents d’élèves, que le directeur doit aussi organiser !

Notre interlocutrice – qui a tenu à conserver l’anonymat, ce qui en dit long sur le climat « d’apaisement » souligné par le ministre de l’Éducation nationale – évoque encore l’isolement, mais aussi l’absence de formation des directeurs face à la complexité des situations rencontrées : accueil et formation des jeunes enseignants, qui constituent parfois la majorité dans l’école et sont, sinon livrés à eux-mêmes au quotidien, en butte au comportement parfois violent de quelques parents, menaces physiques… « Un directeur n’est pas outillé pour répondre à ça. On gère avec ce qu’on est, notre expérience… et le secours des collègues. » Des situations d’autant plus difficiles « quand on habite parfois à quelques rues de nos agresseurs. On a la trouille, on ne dort plus, on s’abrutit dans le travail. On a tous vécu ça – Christine aussi. On n’est pas protégés du tout. » Et, ajoute-t-elle, « on recueille la détresse de tout le monde ». Mais qui recueille la leur ?

À tout cela, qui est déjà beaucoup, il semble que s’ajoute à Pantin une situation assez conflictuelle avec la mairie. À l’issue d’une « consultation » ayant mobilisé seulement 17 % des familles, la ville est l’une des rares à avoir maintenu la semaine de quatre jours et demi… contre l’avis de la plupart des équipes enseignantes, et de nombreux vœux adoptés par les conseils d’école. Depuis cette mobilisation, le comportement des cadres et des élus de la ville est décrit comme « méprisant » par notre interlocutrice : « Le personnel municipal n’en peut plus, les chefs sont odieux avec tout le monde. »

Alixe Rivière, coprésidente de la FCPE 93 (parents d’élèves) et ancienne parent d’élève de l’école Méhul, rappelle l’exigence de l’association pour « des décharges de classe à 100 % pour les directeurs » et pointe également le problème du manque de stabilité des inspecteurs à Pantin : « Ils changent chaque année, on ne peut rien construire avec ça. » Lui-même autrefois en poste à Pantin, Paul Devin, secrétaire général du SNPI-FSU (syndicat des inspecteurs), décrypte le mécanisme à l’œuvre : « Le manque de moyens, le bricolage permanent, c’est le premier facteur qui place les directeurs dans l’impossibilité de faire bien leur métier. Le deuxième facteur, c’est l’asservissement de la politique éducative aux alternances politiques », avec des injonctions qui s’empilent ou, au contraire, se contredisent, parfois d’une année sur l’autre. « Tout cela fait que les gens n’arrivent plus à percevoir le sens de leur activité. Or ce sens, il leur est nécessaire pour trouver l’énergie de faire ce métier. »

« On n’a pas signé pour ça. Ce n’est pas ça, être enseignant ! »

Cosecrétaire générale du SNuipp en Seine-Saint-Denis, Marie-Hélène Plard témoigne du résultat de cette situation : « Toutes les semaines nous recevons des appels de collègues en grande difficulté. Parfois cela se résume à : « Je souhaite démissionner, quelle est la procédure ? »  Quand ses collègues du syndicat SUD éducation 93 dénoncent le fait que « le new management tue dans l’Éducation nationale, comme à France Télécom ou à la SNCF », elle appuie : « On n’a pas signé pour ça. Ce n’est pas ça, être enseignant ! » « New management » ? Un mélange de paternalisme et d’autoritarisme, dont on pourra trouver une triste illustration dans la gestion même du choc provoqué par le geste de Christine Renon. Une « cellule psychologique » pour les profs a été mise en place par le rectorat dans les deux écoles les plus proches. Mais qui doit en gérer l’accès ? Les directeurs… L’école Méhul, elle, a rouvert dès mardi matin : « Avec la moitié des collègues en arrêt et six remplaçants, raconte notre directrice, dont quatre contractuels qui n’avaient jamais mis les pieds dans une classe. » Et quand Alixe Rivière se demande quel dispositif a été mis en place pour les élèves, la réponse laisse pantois : « Pour eux, il y avait une simple feuille A4 dans la salle des profs, qui expliquait aux enseignants ce qu’ils devaient dire aux enfants… »

« Il faut entendre le cri d’alerte de Christine Renon, martèle Paul Devin. Ce n’est pas un geste isolé. L’ensemble des personnels crie qu’il n’en peut plus. L’institution doit prendre conscience que toute cette souffrance non traitée nuit à tout le monde et, au final, dessert l’ambition démocratique d’une école de qualité pour tous.​​​​​​​ » Une ambition que Christine incarnait au quotidien.

Olivier Chartrain

Une profession surexposée

Avec 39 cas pour 100 000, le taux de suicide est 2,4 fois plus élevé parmi les enseignants que pour la moyenne des salariés. Signe du malaise, en primaire, la proportion de démissions est passée de 1,08 à 3,18 % entre 2012 et 2016, tandis que la profession est considérée comme l’une des plus exposées aux risques psychosociaux. « Les professeurs du premier degré sont, comparés aux cadres du privé et de la fonction publique, ceux qui doivent gérer les plus fortes exigences émotionnelles et qui subissent le plus de contraintes de temps et de pression », soulignait récemment une étude ministérielle.

Frédéric Grimaud « Il y a une perte de sens du travail enseignant »
Vendredi, 27 Septembre, 2019 - L'Humanité

Spécialiste de la souffrance au travail, Frédéric Grimaud déplore l’impact des nouveaux modes de management dans l’éducation nationale.
 

 

Frédéric Grimaud.Chercheur à l’université d’Aix-Marseille.

Professeur des écoles, membre de l’Institut de recherche de la FSU et chercheur à l’université d’Aix-Marseille, Frédéric Grimaud travaille sur la souffrance au travail des enseignants. Auteur du Travail contrarié des directeurs d’école, à paraître prochainement aux éditions Syllepse, il décrypte l’impact néfaste des nouvelles formes de management dans l’éducation nationale, notamment sur la santé de ses collègues.

Ce nouveau suicide témoigne une fois de plus du mal-être enseignant. Vous qui travaillez depuis des années sur la question, quel constat dressez-vous ?

Frédéric Grimaud Depuis deux ans, j’ai animé des stages dans 36 départements sur la santé et la souffrance au travail des enseignants. À chaque fois, la salle était pleine et les collègues exprimaient un grand désarroi. Notamment les directrices et directeurs d’école. Ils sont parmi les personnels les plus touchés et exposés. Beaucoup décrivent des situations de surmenage où ils se retrouvent empêtrés dans des logiques administratives chronophages qui leur font perdre le sens de l’activité historique de leur métier. Normalement centrés sur l’animation des équipes et le développement de projets pédagogiques, ils voient aujourd’hui leur fonction souvent réduite à des tâches d’exécutants. L’un de ces directeurs me disait : « Le travail que je fais, un bon secrétaire peut le faire. » Ça en dit long sur le sentiment de dépossession qui les anime et de la souffrance qui peut en découler…

Comme s’exprime cette souffrance ?

Frédéric Grimaud Il y a évidemment – on le voit aujourd’hui – le cas extrême du suicide. Dans ma circonscription, une collègue a d’ailleurs tenté de se donner la mort deux jours après la rentrée. Ce sont souvent les profils les plus investis et reconnus par leurs pairs qui sont les plus susceptibles de passer à l’acte. Mais, attention, ces gestes ultimes, très visibles et médiatisés, ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Au quotidien, les altérations de la santé chez les enseignants et directeurs s’expriment de multiples manières. Cela peut aller de la démotivation profonde au conflit dur avec les collègues, en passant par la dépression et la démission. Bref, il ne faut pas se focaliser sur les seuls cas de suicide pour saisir l’ampleur du phénomène. Toutes ces situations expriment, chacune à leur manière, une profonde souffrance et dressent un tableau inquiétant.

Quelle est la responsabilité de l’éducation nationale dans ce mal-être ?

Frédéric Grimaud Nos travaux mettent en cause les nouvelles techniques de management public apparues depuis la fin des années 1990. La responsabilité de l’administration est d’être la courroie de transmission de ces nouvelles logiques. Jour après jour, elle bombarde les directeurs de tâches éloignées de leur réelle activité en classe. Des tableaux Excel à remplir dans la journée, des formulaires où ils doivent rendre des comptes… Sous pression constante, les directeurs, devenus à leur tour courroie hiérarchique, ont le sentiment de travailler à flux tendu pour une administration jamais satisfaite. Cela crée un profond malaise. Le pire, c’est que cette fameuse « administration », les corps intermédiaires et d’inspection, souffre également de cette situation. Ils sont eux aussi pris entre le marteau et l’enclume. Ils savent qu’ils demandent aux enseignants de faire un travail qui n’a pas de sens dans les classes. On crée un système complètement fou…

Comment y remédier ?

Frédéric Grimaud La volonté du new management est de transformer les salariés en exécutants de tâches prescrites et conçues en dehors de la situation du travail. Cette nouvelle logique dépossède le travailleur de ses outils et du sens même qu’il peut donner à son travail. Il faut donc en priorité redonner aux enseignants leur capacité à agir, les rendre à nouveau concepteurs de leurs tâches. Pour y parvenir, il faut redévelopper des collectifs de travail, favoriser les échanges entre collègues, créer de la dispute professionnelle… En résumé, que l’administration leur fasse réellement confiance !

La politique de Jean-Michel Blanquer accentue-t-elle cette logique de nouveau management ?

Frédéric Grimaud Complètement. Il va même très loin puisqu’il préconise les méthodes de lecture, restreint les animations pédagogiques au « savoir lire-écrire-compter », ne jure que par les neurosciences… En ce moment, les maîtresses de CP et CE1 font passer des évaluations normées – et contestées – à tous les élèves. Elles ne les corrigent pas. Elles les renvoient à un logiciel qui leur retourne les résultats en leur disant ce qu’elles doivent faire dans leur classe ! C’est une dépossession totale du métier. Les syndicats le dénoncent, rappellent ce qui s’est passé à La Poste, à France Télécom, à l’hôpital. Mais pour l’instant, il y a peu de résistance dans le métier et, parfois, ça vire au drame…

Entretien réalisé par Laurent Mouloud
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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 05:47
Sébastien Jumel : « Il faut une amélioration qualitative de l’inclusion »
Lundi, 30 Septembre, 2019

Éducation. Auteur d’un rapport sur la scolarisation des enfants handicapés, le député communiste Sébastien Jumel expose les grands axes des 157 propositions qu’il avance.

 

Sébastien Jumel est Député PCF de Seine-Maritime

Vous insistez dans votre rapport sur la nécessité d’avoir des statistiques fiables. Pourquoi ?

Sébastien Jumel Lors de la mission parlementaire, nous avons constaté qu’on avait toutes les peines du monde à obtenir des chiffres précis du nombre d’enfants handicapés, de ceux qui sont scolarisés, du nombre d’heures où ils sont effectivement à l’école, ou même du nombre de ceux contraints à chercher une solution à l’étranger. Et quand nous avons des chiffres, ils ne sont pas étayés. Par exemple, un enfant est compté comme scolarisé alors qu’il ne l’est que de deux heures par semaine. Ce flou s’explique par la diversité des intervenants – maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), ministères de la Santé et de l’Éducation nationale – et l’absence de pilotage transversal. Notre première proposition est donc de créer un service public de l’école inclusive, avec un pilotage global et un partage des données. C’est important d’avoir une mesure objective de la situation pour pouvoir avancer. Il faut aller au-delà de l’évolution quantitative observée depuis 2005, pour effectuer un saut qualitatif.

Quelles sont les conditions pour effectuer ce saut qualitatif ?

Sébastien Jumel La première chose à faire, c’est de simplifier et d’humaniser les traitements des dossiers par les MDPH. C’est le premier pas des familles puisque ce sont ces MDPH qui décident si l’enfant va avoir une affectation en institut spécialisé ou en milieu ordinaire, s’il va bénéficier ou non d’un accompagnant. Or, faute de moyens, ce sont de véritables usines à gaz, avec des délais trop longs. Pour les familles, c’est un parcours du combattant. Il faut être énarque pour remplir un dossier et avoir un bac+ 5 pour comprendre la décision notifiée par la MDPH. Le deuxième point est le maintien des structures spécialisées. Je suis favorable à une révolution copernicienne en faveur de l’inclusion, mais certains enfants doivent être pris en charge dans des établissements spécialisés. L’inclusion à tout prix peut être violente. Il faut se méfier d’un discours très généreux sur l’inclusion qui met les enfants dans des situations douloureuses et sert en réalité à générer des effets d’aubaine budgétaires. Nous proposons donc de prendre en compte le choix des familles et l’intérêt de l’enfant pour mettre en place des parcours plus souples, avec des passerelles entre milieu spécialisé et milieu ordinaire. Il faut enfin aborder la question des moyens. La politique ambitieuse que nous prônons en a besoin, notamment pour la déprécarisation des intervenants et un plan de formation massif des accompagnants et du personnel. Mais, dès qu’il est question de moyens financiers, Jean-Michel Blanquer, que nous devons revoir le 8 octobre, se montre réticent.

Que prônez-vous pour améliorer la situation des accompagnants ?

Sébastien Jumel 95 % des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ont des contrats à temps partiel de moins d’un an. Le ministre a annoncé le passage en CDD de trois ans, renouvelable une fois, et une circulaire prévoit de décompter leurs heures « invisibles » (formation, préparation…). C’est une première avancée. Sauf que la circulaire n’est pas mise en œuvre partout de la même manière. Cette année encore, des AESH ont dû commencer à travailler sans contrat. Comme député communiste, je souhaiterais un statut dans la fonction publique d’État. Mais pour que le rapport soit voté à l’unanimité, il a fallu créer du consensus. Nous avons donc proposé une première avancée : une cédéisation plus massive des AESH, avec des temps hebdomadaires plus longs intégrant les heures invisibles.

Pourquoi mettez-vous l’accent sur l’amélioration de la formation ?

Sébastien Jumel La mission a été confrontée à de nombreux témoignages d’enseignants en souffrance. Accueillir des enfants handicapés sans être formé, c’est une violence institutionnelle. Nous souhaitons qu’il y ait des modules de formation obligatoires dans les instituts de formation et un plan de formation continue. Au-delà, il faut réfléchir aux conditions d’accueil. Il est impossible de mettre en place une pédagogie différenciée pour un enfant en situation de handicap dans des classes à 30 élèves ! Nous proposons donc que ces enfants soient pris en compte dans l’établissement de la carte scolaire ou la dotation horaire des collèges. L’impératif de formation vaut bien sûr aussi pour les AESH. Nous avons recueilli des témoignages d’AESH censés s’occuper de jeunes sourds… qui ne parlaient pas la langue des signes. Il faut des formations spécifiques à chaque handicap.

Vous avez aussi souligné les besoins dans l’enseignement supérieur.

Sébastien Jumel Un chiffre donne une indication : sur 53 000 doctorants, il y en a eu 123 en situation de handicap. Nous faisons des propositions pour que ça s’améliore, parce que ces élèves ont une énergie et des potentiels énormes.

Camille Bauer
Education et Handicap: Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime: il faut une amélioration qualitative de l'inclusion (entretien avec Camille Bauer, L'Humanité, 30 septembre 2019)
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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 05:38
Résumé: Pour comprendre la place qu'occupent aujourd'hui Éric Zemmour et ses idées réactionnaires dans l'espace public français, ce livre analyse ses écrits en regard de ceux d'Édouard Drumont, pamphlétaire d'extrême droite de la fin du XIXe siècle et du début XXe. Il met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire.  La place qu'occupe Éric Zemmour dans le champ médiatique et dans l'espace public français suscite l'inquiétude et la consternation de bon nombre de citoyens. Comment un pamphlétaire qui alimente constamment des polémiques par ses propos racistes, sexistes, homophobes, condamné à plusieurs reprises par la justice, a-t-il pu acquérir une telle audience ? Pour comprendre ce phénomène, ce livre replace le cas Zemmour dans une perspective historique qui prend comme point de départ les années 1880, période où se mettent en place les institutions démocratiques qui nous gouvernent encore aujourd'hui. Ce faisant, il met en regard le parcours d'Éric Zemmour et celui d'Édouard Drumont, le chef de file du camp antisémite à la fin du xixe siècle. Car les deux hommes ont chacun à leur époque su exploiter un contexte favorable à leur combat idéologique. Issus des milieux populaires et avides de revanche sociale, tous deux ont acquis leur notoriété pendant des périodes de crise économique et sociale, marquées par un fort désenchantement à l'égard du système parlementaire. Dans ce saisissant portrait croisé, Gérard Noiriel analyse les trajectoires et les écrits de ces deux polémistes, en s'intéressant aux cibles qu'ils privilégient (étrangers, femmes, intellectuels de gauche, etc.) et en insistant sur les formes différentes que ces discours ont prises au cours du temps (car la législation interdit aujourd'hui de proférer des insultes aussi violentes que celles de Drumont). L'historien met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire, et propose quelques pistes pour alimenter la réflexion de ceux qui cherchent aujourd'hui à combattre efficacement cette démagogie populiste.

Résumé: Pour comprendre la place qu'occupent aujourd'hui Éric Zemmour et ses idées réactionnaires dans l'espace public français, ce livre analyse ses écrits en regard de ceux d'Édouard Drumont, pamphlétaire d'extrême droite de la fin du XIXe siècle et du début XXe. Il met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire. La place qu'occupe Éric Zemmour dans le champ médiatique et dans l'espace public français suscite l'inquiétude et la consternation de bon nombre de citoyens. Comment un pamphlétaire qui alimente constamment des polémiques par ses propos racistes, sexistes, homophobes, condamné à plusieurs reprises par la justice, a-t-il pu acquérir une telle audience ? Pour comprendre ce phénomène, ce livre replace le cas Zemmour dans une perspective historique qui prend comme point de départ les années 1880, période où se mettent en place les institutions démocratiques qui nous gouvernent encore aujourd'hui. Ce faisant, il met en regard le parcours d'Éric Zemmour et celui d'Édouard Drumont, le chef de file du camp antisémite à la fin du xixe siècle. Car les deux hommes ont chacun à leur époque su exploiter un contexte favorable à leur combat idéologique. Issus des milieux populaires et avides de revanche sociale, tous deux ont acquis leur notoriété pendant des périodes de crise économique et sociale, marquées par un fort désenchantement à l'égard du système parlementaire. Dans ce saisissant portrait croisé, Gérard Noiriel analyse les trajectoires et les écrits de ces deux polémistes, en s'intéressant aux cibles qu'ils privilégient (étrangers, femmes, intellectuels de gauche, etc.) et en insistant sur les formes différentes que ces discours ont prises au cours du temps (car la législation interdit aujourd'hui de proférer des insultes aussi violentes que celles de Drumont). L'historien met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire, et propose quelques pistes pour alimenter la réflexion de ceux qui cherchent aujourd'hui à combattre efficacement cette démagogie populiste.

Gérard Noiriel : « Cela s’est toujours vérifié : quand le social recule, l’identitaire augmente »
Lundi, 30 Septembre, 2019

Extrême droite. Avec le Venin dans la plume, l’historien Gérard Noiriel analyse la place qu’occupe éric Zemmour dans « la part sombre de la République » et compare sa rhétorique identitaire à celle, antisémite, d’édouard Drumont.

 

Éric Zemmour était, samedi, l’invité d’honneur de la convention de la droite, organisée par Marion Maréchal-Le Pen. Outre sa chronique dans le Figaro et son émission sur Paris Première, il a obtenu un créneau quotidien sur la chaîne CNews. Comment expliquer une telle place dans la vie politique et les médias ?

Gérard Noiriel C’est une bonne question, qui permet de sortir d’une hyperpersonnalisation. Zemmour, c’est le résultat de certaines mutations des champs médiatiques qui ont fait le jeu de journalistes pamphlétaires à partir des années 2000 : chaînes en continu, TNT et réseaux sociaux. Si l’islamophobie n’est pas un phénomène nouveau, sa banalisation est inquiétante.

Si Éric Zemmour vient à nouveau d’être reconnu coupable de provocation à la haine raciale, son audience est réelle. Dans votre ouvrage, vous soutenez que « les propos de Zemmour libèrent des pulsions que le droit actuel s’efforce de contenir »…

Gérard Noiriel Le droit, qui condamne Zemmour pour la troisième fois, se fonde sur l’incitation à la haine en fonction des origines. Or, Zemmour dénonce toujours la loi comme injuste. Dans sa rhétorique, il se présente comme une victime. Son discours est une délinquance de la pensée, de non-respect de la loi. Il ne fonde pas son discours sur la raison. Son fonds de commerce, c’est la tragédie, l’apocalypse. Ce qui explique que ceux qui ont des propensions à s’angoisser vont y adhérer. J’ajoute que Zemmour a en fait basculé dans les années 2000, selon moi, par opportunisme et carriérisme.

Vous étudiez, dans le Venin dans la plume (1), le parallèle que l’historien israélien Shlomo Sand a esquissé entre Édouard Drumont et Éric Zemmour. À l’immense succès d’édition de la France juive du premier, en 1886, répondrait celui des ouvrages de Zemmour.

Gérard Noiriel Édouard Drumont comme Éric Zemmour sont ce que Bourdieu appelait des transfuges, qui utilisent leurs origines populaires pour tenter de persuader leurs lecteurs. Zemmour rejette toutes les critiques à son encontre comme mépris de classe. Tous deux profitent du fait que la presse de masse va inventer la « fait-diversion » de la politique : un criminel, une victime, un juge/policier. Cette matrice organise une vision de la politique : Drumont va personnifier la France, et non les Français, comme victime, et l’agresseur comme étranger/juif. Chez Drumont, le « remplacement » se fait par le haut, avec Rothschild. Chez Zemmour, le « remplacement » se fait par en bas. Le schéma s’est adapté à la conjoncture et aux lois antiracistes. Mais la matrice est la même : la France est victime du parti de l’étranger, dont la quintessence est, pour lui, le musulman. Ce qui se présente chez Zemmour comme histoire est un récit tragique qui fait de la France une personne menacée, incarnée par les grands hommes. La grammaire de ces discours identitaires oppose un « nous » aux « eux », et inverse les rapports dominants-­dominés. Zemmour entend réhabiliter la colonisation en faisant des colons des victimes et des immigrés des dominants. De fait, lorsque le schéma marxiste de la lutte des classes s’affaiblit, les schémas identitaires sont relancés. Cela s’est toujours vérifié dans l’histoire : quand le social recule, l’identitaire augmente.

Le choix de Macron de remettre l’immigration au cœur du débat publique, alors que les retraites sont en discussion, n’est-il pas une autre forme de diversion ?

Gérard Noiriel L’usage de la thématique de l’immigration est une vieille ressource de la droite depuis la fin du XIXe siècle. La droite a toujours joué le national contre le social, c’est une structure qui perdure à toutes les époques.

Quelle est la fonction sociale de l’histoire que vous reprenez de Marc Bloch ?

Gérard Noiriel Comme historien, je ne propose pas de programme politique. Ma prudence est aussi une critique vis-à-vis des intellectuels. Le terme politique est utilisé trop largement. Je crois à la conception bourdieusienne de l’autonomie des champs. Les enjeux du métier d’historien relèvent de l’éducation civique. Ils visent l’émancipation des personnes, plutôt que la bataille politique. La science doit se cantonner dans l’explication et la compréhension mais doit être communiquée à tous.

Opposer aux discours identitaires un travail de « désidentification », c’est aussi une perspective pour les programmes scolaires, le développement de l’esprit critique et citoyen.

Gérard Noiriel Tout à fait. Ce point est en filigrane dans le Venin dans la plume. Il se trouve davantage explicité dans mon Histoire populaire de la France, dans laquelle je commence par montrer que la science, comme souci du vrai, vise à permettre à chacun ce que Brecht appelait le Verfremdet, le processus pour se faire étranger à soi-même.

(1) Le Venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République, de Gérard Noiriel. La Découverte, 252 pages, 19 euros.
Entretien réalisé par Nicolas Mathey
Extrême-droite: de Drumont à Zemmour. Gérard Noirel, auteur du "Avec le Venin dans la plume": Cela s'est toujours vérifié, quand le social recule, l'identitaire augmente (L'Humanité, 30 septembre 2019)
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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 05:00
Extrême droite. Marion Maréchal promet le pouvoir à son camp
Lundi, 30 Septembre, 2019

La prétendue « convention de la droite », réunie samedi à Paris par les amis de Marion Maréchal, a servi de tribune aux propos les plus nauséabonds. Au-delà des provocations iniques d’Éric Zemmour, l’offensive est à prendre au sérieux.

 

Les proches de Marion Maréchal l’assuraient : le rendez-vous de samedi, à Paris, consistait en une respectable « convention de la droite ». Sans surprise, elle s’est avérée une grand-messe appelant à la guerre des civilisations, une apologie de la haine raciste avec pignon sur rue. Car la chaîne LCI n’a pas hésité à retransmettre en direct les éructations d’Éric Zemmour, qui devraient lui valoir de nouvelles poursuites judiciaires. Aussi nous ne reproduirons pas ses propos ici. D’autant que le plus inquiétant est sans doute ailleurs, loin du fonds de commerce de celui qu’une partie de la presse continue d’appeler « polémiste ». Un visage beaucoup plus présentable de l’extrême droite s’est remis en selle, samedi. Car, Marion Maréchal a beau s’en défendre à longueur de temps, son discours devant les siens, appelant à « briser les barrières partisanes » et avançant cinq « défis » prioritaires, ressemble à s’y méprendre à un véritable programme politique pour 2022. Alors que le programme officiel de la journée consistait à travailler sur des « alternatives au progressisme », c’est Robert Ménard qui a rapidement mis les pieds dans le plat. « J’en ai assez des excuses des uns et des autres pour ne pas se présenter à la prochaine présidentielle ! Trop jeune, trop intello ? Je m’en fous. On a besoin d’un visage qui incarne ce qu’on dit là. Un chef, quelqu’un qui parle aux gens ! » a lâché le maire de Béziers à l’adresse de l’ex-députée FN du Vaucluse. « La seule chose qui compte, c’est de se donner rendez-vous dans trois ans, mais à l’Élysée », avance-t-il.

Le Rassemblement national n’est « pas suffisant pour gagner »

Dans une salle chauffée à blanc, celle qui est officiellement retraitée de la politique prend la parole et attaque sans détour le cœur de son sujet : la présidentielle de 2022. Son parti (elle est toujours encartée au Rassemblement national) n’est « pas suffisant pour gagner », alors que l’effondrement de LR représente « une opportunité  historique ». « Il faut rompre avec la droite des experts-comptables », avance-t-elle, avant de développer les cinq « piliers » de son projet politique : « Le grand remplacement, le grand déclassement, le grand épuisement écologique, le grand basculement anthropologique et le grand affrontement des puissances étrangères. » Le premier fait référence à la thèse du négationniste Renaud Camus, le deuxième fait mine de s’intéresser aux classes populaires. Celui sur l’écologie, qui est, selon elle, « un conservatisme » et « un combat identitaire », s’appuie sur le localisme à la sauce RN, les deux derniers recyclant les vieux fantasmes de l’extrême droite sur la guerre des civilisations.

« J’entends les impatiences et les frustrations. Mais qui peut penser que nos idées arriveront au pouvoir sans avoir brisé les barrières partisanes d’hier ? » avance la petite-fille de Jean Marie Le Pen, alors que les élus issus de LR ou du RN sont aux abonnés absents. Seul l’eurodéputé RN Gilbert Collard a fait le déplacement. Mais Marion Maréchal en est persuadée : la droite extrême, recomposée par le bas et non par des accords d’appareil, peut accéder au pouvoir, comme chez certains de nos voisins européens. Pourtant, elle ne se place pas sur le terrain du populisme, récusant même le terme, et préfère incarner une droite conservatrice ripolinée, avec une ligne économique ultralibérale assumée, comme en atteste sa tribune publiée à la veille de l’université du Medef. « On ne peut pas gagner seulement avec les électeurs FN, il faut faire venir à nous les électeurs de la droite traditionnelle », abonde Robert Ménard. Une stratégie développée longuement par l’ex-députée du Vaucluse dans les colonnes du Figaro Magazine, dans lequel elle appelait, début septembre, à « ancrer dans un avenir commun des Français issus de courants variés : des souverainistes, des libéraux-conservateurs, des populistes, la droite nationale ». Samedi, Marion Maréchal, qui a opportunément abandonné le nom Le Pen, a lancé devant les siens, confiante : « Demain, nous serons au pouvoir, j’en suis convaincue ! » Science-fiction ? « Sous des formes disparates et encore embryonnaires, c’est le fascisme qui fait son retour, analyse le sociologue Hugo Palheta (1). Il ne s’annonce plus comme une hypothèse abstraite, mais comme une possibilité concrète. »

(1) Lire, de l’auteur, la Possibilité du fascisme. France, la trajectoire du désastre. La Découverte, 265 pages.
Maud Vergnol
Extrême-droite: Marion Maréchal promet le pouvoir à son camp (Maud Vergnol, L'Humanité, 30 septembre 2019)
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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 19:00
Encore un budget de classe... pour le capital ! (Fabien Roussel, PCF)

Encore un budget de classe…pour le capital ! (Fabien Roussel)

 

Ce budget 2020 aurait dû être marqué par des réponses concrètes à l’urgence sociale et l’urgence climatique. Il n’en est rien. Il ne répondra pas, non plus, aux besoins exprimés par nos communes et nos services publics, notamment en matière de santé ou de transports.

Alors que la jeunesse défile pour réclamer des mesures d’urgence pour lutter contre les dérèglements climatiques, alors que tout le monde sait que notre pays doit investir massivement dans les secteurs du logement et des transports pour respecter notre trajectoire carbone, le budget 2020 ne prévoit rien de plus. Rien. Pire, 1 000 postes seront supprimés au Ministère de la Transition Écologique. Oui, il y a matière à porter plainte !

Alors que nos concitoyens demandent à retrouver leur pouvoir d’achat, ce Gouvernement prévoit seulement de baisser les deux premières tranches de l’impôt sur le revenu mais refuse d’augmenter les tranches les plus élevées, rétablir l’ISF ou s’attaquer de front aux niches fiscales. Résultat : les 5 milliards d’euros donnés de la main gauche à ces contribuables seront repris de la main droite à tout le monde, y compris les plus modestes : économies sur l’assurance chômage et les APL, baisse du budget de la santé, hausse des mutuelles et de l’électricité…Beaucoup de nos concitoyens, au final, y perdront.

Alors que les Français vont élire leur maire en mars prochain, le Gouvernement maintient sa politique d’austérité envers nos communes. La trajectoire de réduction de 13 milliards d’euros des moyens des collectivités est sanctuarisée. Nos communes vont donc continuer de tirer la langue !

Enfin, les plus heureux seront de nouveaux les grandes multinationales qui vont voir leur impôt sur les bénéfices baisser. Les 2,5 milliards de réduction annoncés pour 2020 (11 milliards sur l’ensemble du mandat !! ) vont profiter essentiellement au 750 multinationales au chiffre d’affaires supérieur à 250 millions d’euros. Bernard Arnault peut se frotter les main. Lui qui a vu sa fortune croitre de 35 milliards en un an, paiera encore moins d’impôts l’année prochaine ! Cadeau ultime : à partir de 2023, il ne paiera plus de taxe d’habitation puisqu’elle sera supprimée pour les 20% les plus riches !

Les richesses existent dans notre pays. Mettons-les au service du développement humain et de la planète. Nous défendrons donc durant ce débat budgétaire des propositions ambitieuses pour tous nos concitoyens, pour nos services publics, pour le climat. Pour un autre modèle de société.

« Le capitalisme est à bout de souffle » admettait le Président de la République en début d’année. Avec ce budget, il lui redonne de l’air ! Les Français apprécieront…

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord.

Encore un budget de classe... pour le capital ! (Fabien Roussel, PCF)
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