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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 19:32
Ian Brossat veut en finir avec les règles absurdes de l’Europe du fric (L'Humanité, 19 avril 2019)

Ian Brossat veut en finir avec les « règles absurdes de l’Europe du fric»

Vendredi, 19 Avril, 2019
« Journée marathon » ce jeudi dans le Val-de-Marne pour la tête de liste communiste aux européennes, Ian Brossat. Au programme,  incarner « l’Europe des gens » face à « l’Europe de l’argent », aux côtés des salariés et citoyens mobilisés du département. 
Faire le tour d’un département et de ses luttes: un challenge pour un candidat en campagne. Un défi qu’a voulu relever Ian Brossat, la tête de liste communiste pour les européennes, avec une « journée marathon » dans le Val-de-Marne ce jeudi. Première étape, le centre d’hébergement de migrants d’Ivry-sur-Seine. L’endroit n’est pas choisi au hasard. « Ce lieu est emblématique de l’accueil digne des migrants que nous défendons », explique Philipe Bouyssou, le maire communiste de la ville, peu avant le démarrage de la visite du candidat accompagné de ses colistiers, d’élus et parlementaires du département de ce centre qui en 2 ans a accueilli 3200 personnes. Le seul à disposer d’un centre de soin si développé et d’une école intégrée, rappelle Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs, entre les allées de chalets qui composent les « six villages » du centre. Ici, Ian Brossat a un message à envoyer : « Depuis 2000, l’UE a consacré 5 milliards d’euros a renforcé les frontières. Non seulement ça ne fonctionne pas  mais si cet argent avait été utilisé pour l’accueil nous n’en serions pas là », défend le candidat, en référence aux campements où des migrants vivent dans des conditions déplorables, et plaidant également pour l’ouverture de « voies légales et sûres ». 
 
Un passage par le centre de soins et l’école, où le dialogue se noue avec quelques uns des 74 salariés, puis le cortège prend la direction de l’aéroport d’Orly. En route, le passage en tram devant Rungis donne l’occasion d’évoquer une autre lutte. En effet,  le train de Perpignan qui dessert le marché d’intérêt national  est menacé de suppression au risque de mettre 250 camions de plus sur les routes, dénonce Fabien Guillaud Bataille, secrétaire fédéral du PCF et élu régional. En cause, les 25 millions d’investissements nécessaires. « La banque centrale européenne a déversé 3000 milliards d’euros en 10 ans aux banques sans condition, réplique Ian Brossat. Nous, nous proposons  que cet argent serve à un fonds de financement de la transition énergétique et des services publics". C'est d'ailleurs le leitmotiv de la journée : l’argent est le nerf de la guerre. 
 
C’est la même logique que dénonce le candidat quelques minutes plus tard après avoir rejoint le cortège des salariés mobilisés contre la privatisation d’ADP (lire ici). « Ce n’est plus un président que nous avons c’est un commissaire priseur, il veut tout vendre », fustige-t-il avant de prendre la direction de Limeil-Brévannes. Là aussi des salariés sont en lutte : « L’austérité tue l’Hôpital. En grève », peut-on lire sur les grilles de l’établissement, principalement gériatrique, où 150 lits sont menacés. A l’initiative de la CGT et de Sud, les soignants mobilisés ont organisé un pique-nique. « On a de plus en plus de personnes âgées et de moins en moins de places pour accueillir. Il est hors de question de laisser la main au privé », tempête une syndicaliste CGT. Les événements des derniers jours ont encore fait grimper l’exaspération d’un cran, explique Barbara Filhol en marge du rendez-vous : « Quand je suis arrivée à la maison de retraite hier, raconte la candidate également cadre en Ehpad, mes collègues avaient toutes mis un gilet jaune. Alors qu’on nous dit qu’il n’y a pas d’argent, elles sont en colère de voir qu’en quelques minutes des centaines de millions ont été débloqués par les milliardaires et les grandes entreprises pour Notre-Dame. Il faut reconstruire, mais il y a encore une fois une forme de mépris à dégager si vite des thunes pour des pierres quand il n’y a jamais rien pour nous ». « Il n’y a pas une ville, un département, une région où je me suis rendu où je n’ai pas croisé de luttes pour défendre les services publics », constate Ian Brossat mettant en cause les « règles absurdes », comme celle des 3% de déficits « imposée par le traité de Maastricht », au nom desquelles « on casse les hôpitaux, les écoles, les gares, les maternités… ». 
 
Au pied du chantier du Grand Paris express à Champigny, il n’est pas question d’autre chose. « On a le chantier, on veut aussi un métro qui fonctionne correctement à la fin », explique Fabien Martin, membre d’un collectif d’habitants pendant le rassemblement qui s’est formé autour de la délégation communiste. « Cinq ans après la décision et 3 ans après le début du chantier, on remet en cause les dessertes voire le tracé de la ligne 15 sous prétexte de réduire de 3 milliards le coût total du Grand paris express. Or c’est un enjeu aussi bien pour la vie quotidienne des habitants, des salariés, que pour l’environnement », précise Christian Favier, président communiste du département. 
 
« Tous les jours, à chaque fois que nous réclamons des services publics supplémentaires ou un coup de pousse pour une aide social, on nous dit ce n’est pas possible il n’y a pas d’argent.  C’est comme cela que la France en 20 ans a perdu 40% de ses maternités. Sauf que la réalité c’est que de l’argent il y en a beaucoup », abonde Ian Brossat à Villejuif, devant la LCL dont le groupe, Crédit agricole, est « une des 30 banques systémiques qui font la pluie et le beau temps », précise Denis Durand, économiste du PCF. Un meeting s’organise en pleine rue. Reprendre le pouvoir dans les entreprises comme sur l’argent est ici au menu.  Après l’intervention d’une syndicaliste CGT, le vice-président du département, Pierre Garzon prend l’exemple du budget du Val-de-Marne : pour financer de nouvelles places en crèche ou encore les collèges « il a fallu emprunter. Les intérêts de cette dette représentent 17 millions pour 2019 seulement. C’est inacceptable, c’est une contre-partie non nécessaire à des dépenses indispensables. » Pour réorienter les crédits de la  BCE vers les services publics et la transition énergétique comme le propose le PCF, « il faudra  changer les traités européens, rappelle Denis Durand, mais cette bataille se mène aussi dans chacune de nos luttes ».
 
Après cinq rendez-vous en à peine sept heures, comment résumer le fil rouge de la journée ? « C’est celui de notre liste, on veut l’Europe des gens pas l’Europe de l’argent, on est au diapason du monde du travail, des luttes et des exigences de justice sociale », assure Benjamin Amar, candidat val-de-marnais. Malgré le seuil des 5% qui n’est pas encore attend dans les sondages,  ce prof d’histoire géo engagé à la CGT garde confiance : « pour le moment, notre voix passe certes au second rang mais il y a encore quelques temps on ne l’entendait pas du tout, elle pourrait finir par devenir un cri. » Pour mobiliser, Ian Brossat a encore un argument : « Saisissez-vous du bulletin rouge pour mettre un carton rouge à Macron et à l’ensemble des politiques libérales. »

Ian Brossat « Quand on accueille dignement, tout se passe bien »

Vendredi, 19 Avril, 2019

Alors que la mobilisation grandit contre les conditions faites aux migrants, Ian Brossat a défendu jeudi un modèle à l’inverse de la politique européenne de renforcement des frontières.

Peu avant de rejoindre les salariés d’ADP mobilisés à Orly (lire ci-contre), la tête de liste communiste pour les élections européennes, Ian Brossat, a fait halte à quelques kilomètres, à Ivry-sur-Seine. Première étape d’une « journée marathon » dans le Val-de-Marne, le centre d’hébergement de migrants de la ville a accueilli le candidat entouré de ses colistiers, des élus et parlementaires PCF du département. « Ce lieu est emblématique de l’accueil digne des migrants que nous défendons. C’est une sorte de sas qui leur permet de réparer les dégâts d’un parcours migratoire souvent terrible », explique Philippe Bouyssou, le maire communiste de la ville, peu avant le démarrage de la visite de ce centre qui, en deux ans, a accueilli 3 200 personnes. « Cette belle expérience prouve que, quand on accueille dignement, les choses se passent très bien. Encore faut-il l’organiser. Or, aujourd’hui, on se retrouve dans la pire des situations parce que le gouvernement ne le fait pas. Il faut multiplier sur l’ensemble du territoire ce type de structures », assure Ian Brossat.

En parcourant les lieux, on comprend pourquoi ils pourraient faire figure de modèle. Entre les logements en bois, on croise des yourtes dédiées aux activités sociales et aux trois repas servis par jour. « Organisé en six villages, c’est le seul centre à disposer d’un pôle santé si développé et d’une école intégrée », ajoute Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité. À l’instar des associations qui ont interpellé en début de semaine les candidats aux européennes sur le sauvetage des migrants en Méditerranée, il a aussi son message : « C’est un enjeu de solidarité européenne, il faut revoir les accords de Dublin ! lance-t-il. On n’est pas envahis, il faut le répéter, on est face à des personnes qui ne viennent pas pour consommer mais parce qu’elles fuient des drames. »

Une vision partagée par Ian Brossat : « On n’est pas moins digne de venir ici parce qu’on crève de faim que pour des raisons d’asile. Depuis 2000, l’UE a consacré 5 milliards d’euros à renforcer les frontières. Non seulement ça ne fonctionne pas, mais si cet argent avait été utilisé pour l’accueil, nous n’en serions pas là », a défendu le candidat, plaidant également pour l’ouverture de « voies légales et sûres ».

Julia Hamlaoui

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 17:30
L'Humanité Dimanche: Ian Brossat à la Une, entretien exceptionnel sur les trois ruptures à engager pour sauver l'Europe!

La une de l'Humanité dimanche parue aujourd'hui.
Entretien avec Ian Brossat : trois ruptures pour sauver l'Europe.
➡️ A retrouver en kiosque ou à commander sur la boutique en ligne de l'Humanité : https://humanite.aboshop.fr/

Ian Brossat :  Trois ruptures pour sauver l'Europe

Jeudi, 18 Avril, 2019
Cédric Clérin - L'Humanité Dimanche

Alors que l’élection européenne a lieu le 26 mai, entretien avec la tête de liste de la liste PCF, Ian Brossat.

Ian Brossat, tête de liste communiste pour l’élection européenne, sillonne la France depuis plusieurs mois. Mais c’est le débat à 12 sur France 2, le 4 avril, qui l’a fait connaître du grand public. Claires, précises, concrètes, ses interventions et ses propositions lors de cette soirée l’ont imposé dans le paysage politique. Rencontre.

Après des mois de campagne, qu’est-ce que vous retenez de vos multiples rencontres ?

Ce qui me frappe le plus, c’est l’ampleur des mobilisations un peu partout dans notre pays sur l’enjeu des services publics. La question des maternités qui ferment, celles des hôpitaux, des bureaux de poste, des lignes de train qui disparaissent sont devenues un enjeu qui anime un nombre très important de nos concitoyens et qui permet de mesurer concrètement les conséquences des politiques d’austérité qui ont été appliquées depuis une vingtaine d’années dans notre pays. Et tout l’enjeu maintenant, c’est de faire le lien entre cette réalité vécue par des millions de gens et ces politiques d’austérité appliquées à l’échelle de l’Europe et de la France depuis trop longtemps.

Pour l’instant, ce lien ne se fait pas forcément, quand on voit le taux d’abstention qui s’annonce, comment mobiliser notamment les classes populaires ?

La première chose à rappeler, c’est que la règle des 3 % au maximum de déficit public qu’on nous a imposée depuis le traité de Maastricht conduit directement à la disparition des services utiles au quotidien. Moins de dépense publique, c’est moins de services publics.

Je rencontre aussi beaucoup de Français qui sont également dégoûtés par le cours actuel de l’Union européenne, mais se disent que c’est le combat de David contre Goliath et que le rôle du Parlement européen est assez dérisoire. Or la réalité, c’est que toutes les dispositions prises à l’échelle de l’Europe passent par un vote majoritaire au Parlement européen. Le rapport de forces à l’intérieur même du Parlement européen est absolument décisif. Un exemple : le traité budgétaire qui avait été négocié par Sarkozy et Merkel puis ratifié par François Hollande, contrairement à ses engagements de campagne, en 2012, avait une validité de cinq ans. Il est désormais caduc. Il sera à nouveau soumis au Parlement européen. Ce sera l’un des premiers votes sur lequel les futurs eurodéputés se prononceront.

Ce traité budgétaire sanctuarise les politiques d’austérité puisqu’il nous impose la fameuse règle d’or : pas plus de 0,5 % de déficit structurel. S’il est adopté, ce sera donc une nouvelle cure d’austérité. Une question concrète se pose donc : y aura-t-il des députés européens demain pour s’y opposer ? Y aura-t-il une majorité au Parlement européen pour rejeter ces politiques d’austérité en France ?

Au vu des critiques contre l’UE, pourquoi ne pas en sortir ?

Les règles actuelles de l’Union européenne ne nous conviennent pas. Cela dit, l’expérience britannique et les premiers pas vers le Brexit ne nous encouragent pas à emprunter une voie qui consisterait à sortir de l’Union européenne. Évidemment, il faut respecter le vote des Britanniques. Mais leur difficulté à sortir de l’UE témoigne du fait que les liens entre nos États sont si puissants qu’on n’en sort pas sans casse. Pour autant, il faut s’interroger sur les raisons qui font que les peuples d’Europe éprouvent de plus en plus de défiance vis-à-vis de l’Union européenne. Elle est devenue au fur et à mesure des années une gigantesque machine à produire de la régression sociale et à pourrir la vie des peuples. L’Union européenne ne pourra de toute façon pas continuer comme aujourd’hui. Soit elle change, soit elle mourra parce que le divorce entre les peuples de l’Union européenne sera tel qu’elle ne s’en remettra pas.

Face à la montée de l’extrême droite, pourquoi ne pas répondre à l’appel de la majorité à s’unir contre elle ?

Tout simplement parce que le nationalisme est l’enfant des politiques libérales. Ce sont les politiques libérales imposées à coups de latte par nos dirigeants européens qui conduisent les peuples à se tourner vers les nationalistes.

Il est par ailleurs mensonger de nous faire croire que l’extrême droite serait une alternative « sociale » aux libéraux. Il est temps de mener une opération vérité sur le vrai programme de l’extrême droite. Quand on regarde les positions défendues par Mme Le Pen en France, on s’aperçoit qu’elle est contre l’augmentation du Smic et qu’elle est contre l’augmentation de l’ISF.

Quand on regarde les votes des députés du Rassemblement national au Parlement européen, on s’aperçoit qu’ils ont défendu la directive sur le secret des affaires qui protège les multinationales contre les investigations, notamment celles des journalistes qui enquêtent sur la fraude fiscale. Leurs amis autrichiens ont mis en œuvre la semaine de 60 heures de travail et leurs amis italiens, Salvini en tête, grands patriotes devant l’Éternel, viennent de vendre le port de Gênes et le port de Trieste aux Chinois ! Et l’extrême droite voudrait nous faire croire que c’est avec eux qu’elle va, demain, construire l’Europe sociale et défendre la souveraineté des peuples ?

On voit là tout le danger qu’il y aurait à limiter le débat européen à un affrontement entre l’extrême droite et les libéraux.

Quelles propositions principales faites-vous pour changer cette Europe-là ?

Je dirais d’abord qu’il y a une logique globale avec laquelle il faut rompre. Aujourd’hui, l’Union européenne fonctionne à partir de deux dogmes. Le premier, c’est l’austérité et la fameuse règle des 3 % de déficit public à laquelle il est interdit de déroger, faute de quoi on peut être sanctionné. La deuxième, c’est la concurrence libre et non faussée. C’est d’ailleurs une drôle d’idée d’avoir créé une Union dans laquelle les peuples et les États ne sont pas là pour se serrer les coudes, mais dans laquelle ils passent le plus clair de leur temps à se tirer dans les pattes. Donc, il faut rompre avec les traités européens. Et c’est pour nous une exigence absolument majeure parce que ces traités européens portent en eux un ADN libéral.

Et concrètement, sur quels thèmes faut-il agir ?

D’abord, nous souhaitons que les travailleurs d’Europe puissent enfin vivre de leur travail. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas puisque, depuis dix ans, le taux de travailleurs pauvres en Europe est passé de 7 % à 10 %. Alors même que le produit intérieur brut au sein de l’Union européenne est passé de 15 000 milliards d’euros à 17 000 milliards d’euros. Nous avons produit plus des richesses et, dans le même temps, nous nous sommes appauvris.

Nous faisons une proposition très simple : un Smic européen fixé à 60 % du salaire moyen de chaque pays, ce qui reviendrait à un Smic français à 1 400 euros net. On est très loin de la proposition de Mme Loiseau qui, elle, reviendrait à établir le Smic français à 900 euros ! Notre volonté, c’est de construire une Europe dans laquelle on tire les travailleurs vers le haut.

Ensuite, nous voulons une Europe dans laquelle les services publics se développent, au lieu d’être en permanence sacrifiés. C’est la raison pour laquelle nous proposons une clause de non-régression sociale. La France avait développé, après la Seconde Guerre mondiale, un secteur public puissant, adossé à des entreprises publiques qui disposaient d’un monopole. C’était le cas dans le secteur de l’énergie, dans le secteur des transports, dans le secteur des télécoms. Tout cela a été sacrifié parce qu’on nous a imposé des directives de libéralisation. C’est un pan de notre identité nationale qui a été saccagé. On nous a imposé un moule libéral qui ne correspond ni à nos traditions, ni à nos valeurs.

Ils nous ont expliqué à l’époque que les usagers, désormais appelés « clients », bénéficieraient de cette libéralisation. Aujourd’hui, nous avons suffisamment de recul pour faire le bilan de ces directives de libéralisation. Et nous constatons que, par exemple, dans le domaine de l’énergie, cela a conduit à une hausse des tarifs de 70 %.

Confrontés à ce type de disposition, nous devrions pouvoir faire valoir une forme de droit de veto, une clause de non-régression. L’Union européenne doit accepter qu’en son sein puissent coexister des modèles économiques différents. Je suis persuadé que d’autres peuples, d’autres États européens profiteraient d’une telle disposition.

Vous évoquez régulièrement le rôle de la BCE…

Il faut en effet une troisième rupture sur la question de l’argent et de la répartition des richesses. La BCE, a versé depuis dix ans 3 000 milliards d’euros aux banques privées, sans la moindre condition. Cet argent-là serait beaucoup plus utile s’il allait vers les services publics, vers le bien-être des populations et vers la transition énergétique.

Par ailleurs, nous souhaitons une politique de fermeté absolue vis-à-vis de l’évasion et de la fraude fiscales, qui représentent 1 000 milliards d’euros à l’échelle de l’Europe. Il est temps que le Luxembourg, les Pays-Bas, Malte et l’Irlande, tous ces États qui nous pillent en nous privant de nos recettes fiscales, figurent sur la liste des paradis fiscaux établie par l’Union européenne. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

Quel rôle doit, selon vous, jouer l’Europe sur le plan international ?

L’UE nous a été vendue comme un moyen de faire face à la mondialisation libérale. Aujourd’hui, elle est devenue un accélérateur de cette mondialisation. Notamment en multipliant ces fameux traités de libre-échange qui conduisent à ouvrir nos frontières à n’importe quel produit, dans n’importe quelle condition sociale et environnementale. Donc, l’Union européenne serait utile si précisément elle remplissait sa promesse et si elle nous permettait, au contraire, de faire valoir un autre modèle que le modèle libéral défendu par les États-Unis.

Nous nous opposerons, comme nous l’avons toujours fait, aux traités de libre-échange. Nous proposons au contraire de relocaliser les activités en instituant une clause de proximité dans les marchés publics. Ce qui peut être produit en France doit être produit en France, et la commande publique doit y contribuer.

L’Europe, ça devait être également la paix. Aujourd’hui, c’est l’inverse : c’est la course aux armements. L’Union européenne impose aux États membres de consacrer 2 % de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires. C’est bien la seule fois d’ailleurs que l’Union européenne nous fixe un objectif de dépenses. Jusqu’à présent, elle nous fixait essentiellement des objectifs d’économies dans le domaine de l’éducation ou de la santé, par exemple !

D’autre part, la fameuse défense européenne indépendante des États-Unis… est une vaste supercherie. La réalité, c’est que c’est Trump qui nous demande d’augmenter les dépenses militaires. Nous, nous sommes cohérents. Nous voulons l’indépendance. Et donc, la rupture avec l’Otan.

La droite a fait du refus de l’accueil des migrants son cheval de bataille…

L’Union européenne passe son temps à ériger des frontières et dépense des sommes colossales pour empêcher les migrants d’y entrer. En revanche, elle laisse les frontières grandes ouvertes aux fraudeurs fiscaux. Je propose l’inverse. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La fraude fiscale coûte 100 milliards d’euros par an en France. L’immigration nous rapporte 4 milliards d’euros par an. Car les étrangers présents en France travaillent, paient des impôts et des cotisations. Ce que je veux, c’est qu’on ferme les frontières aux fraudeurs fiscaux qui se comportent en parasites.

En revanche, pour ce qui est des humains, en l’occurrence des réfugiés, je considère que notre devoir est de les accueillir. Pas n’importe comment, pas de manière anarchique, mais de manière organisée, avec une clé de répartition à l’échelle de l’Union européenne.

Il n’est pas acceptable qu’un pays comme la Pologne, qui touche 12 milliards d’euros cash de l’Union européenne chaque année, puisse se dérober à toute forme de solidarité et laisse les pays du Sud gérer seuls une situation comme celle-là. Donc, oui. Il faut accueillir, il faut héberger. Il faut s’organiser pour cela.

Les électeurs de gauche sont dubitatifs devant la multiplication des listes et craignent que tout le monde ne soit perdant, qu’en pensez-vous ?

Je regrette cette dispersion. Le Parti communiste a tendu la main aux autres forces politiques de la gauche anti-austérité. Je regrette que cela n’ait pas abouti. Nous n’avons pas réussi le rassemblement par le haut. Nous avons donc cherché à construire un rassemblement par le bas. Nous avons décidé d’ouvrir très largement notre liste à des figures du mouvement social et associatif, puisqu’un tiers des membres de notre liste n’ont pas leur carte au Parti communiste. Ce sont des gilets jaunes, des cols bleus, des blouses blanches, des stylos rouges, des hommes et des femmes engagés dans le mouvement social.

Il faut néanmoins avoir l’honnêteté de reconnaître que toutes ces listes de gauche ne disent pas la même chose et n’ont en tout cas pas dit ou fait la même chose sur les enjeux européens. Le Parti communiste a ce grand atout dans cette campagne d’être constant et cohérent. Nous sommes une force politique qui, sur cette question, n’a jamais menti, ni jamais trahi, jamais fait croire à personne que nous construirions l’Europe sociale avec des traités ultralibéraux.

L’élection européenne, ce n’est pas non plus la fin de l’histoire. Une fois l’élection passée, il faudra bien que la gauche se reparle, si nous voulons construire une alternative à Macron et Le Pen. Il va bien falloir retrouver le chemin de l’unité et du rassemblement.

Après le premier débat télévisé, le 4 avril, que vous avez réussi selon tous les observateurs, sentez-vous une nouvelle dynamique sur le terrain ?

Je sens que depuis ce débat, il y a plus de monde dans les meetings, une mobilisation de terrain qui s’accroît, des sondages qui commencent à s’améliorer. Il va cependant falloir déployer une mobilisation puissance 10 d’ici le 26 mai, car beaucoup de Français vont se décider dans les derniers jours. Depuis 1979, il y a toujours eu des députés communistes au Parlement Européen et ils ont fait la preuve de leur utilité. Ils ont joué un rôle indispensable de lanceurs d’alerte.

Sans eux, le projet de Constitution européenne n’aurait jamais été diffusé dès 2003, soit deux ans avant le référendum victorieux. Sans eux, qui aurait relayé la mobilisation des dockers en 2003 et 2006 pour faire échec aux directives de libéralisation des services portuaires ? Sans eux, le programme européen d’aide alimentaire qui profite à 3 millions de Français aurait été purement et simplement supprimé. Et si nous avions été un peu plus nombreux, nous aurions fait échec au quatrième paquet ferroviaire, adopté à seulement 24 voix près, qui a abouti à la funeste loi sur la SNCF et à la fermeture des petites lignes. Il faut donc jeter toutes nos forces dans la bataille pour renforcer notre présence au Parlement européen.

Entretien réalisé par Cédric Clérin cclerin@humadimanche.fr

Comité de soutien finistérien à la liste aux élections européennes du PCF conduite par Ian Brossat: rejoignez le comité de soutien!

Ian Brossat: the best of du débat politique Européennes du 4 avril sur France 2 à revoir en vidéo

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 07:14

La fédération du Finistère du PCF organise un banquet pour la sauvegarde de l'Humanité le samedi 11 mai au Relecq-Kerhuon (salle de l'Astrolabe) entre 11h et 17h. 

De 11h à 13h: interventions sur l'actualité, l'importance, l'histoire de l'Humanité.

Expositions de Unes, d'Archives sur l'Humanité.

13h: repas (couscous, 14€)

14h-17h: Partie festive et musicale avec notamment la présence de CLAUDE COUAMME, PATRICIA PAULUS... 

Toutes les dons, les abonnements sont les bienvenus pour assurer l'avenir de notre journal, outil de culture, d'éducation populaire, de visibilité des luttes et des classes populaires absolument indispensable.

Réservation du repas: dupont.ismael@yahoo.fr / 06 20 90 10 52

 

1904-2019: 115 ans du journal de la gauche sociale, internationaliste, humaniste, marxiste: Les 1001 naissances de l'Humanité, par Cédric Clérin

Les 1 001 naissances de l’Humanité

Jeudi, 18 Avril, 2019

Cédric Clérin

Le journal fête ses 115 ans d’une histoire jalonnée de difficultés financières. La solidarité a permis de déjouer les multiples embûches politiques et économiques.

Dès le premier jour, Jaurès avait prévenu : « Faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’autres groupes d’affaires est un problème difficile mais non pas insoluble. » Depuis 115 ans le journal, qui naît une première fois le 18 avril 1904, ne cesse de démontrer la pertinence des avertissements fondateurs.

À peine plus d’un an après sa première édition, l’Humanité connaît, à l’été 1905, ses premières difficultés. Tombé à 12 000 exemplaires vendus, l’existence du journal est déjà en question. La banque Rothschild fait même une proposition d’achat, rejetée par Jaurès. La direction est cependant contrainte à un projet de suppression de 15 postes et une réduction de moitié de l’enveloppe dédiée au paiement du personnel. Les salariés doivent consentir une réduction de salaire importante. Le congrès du Globe, qui a unifié les socialistes, s’est tenu en avril et sert de toile de fond à l’histoire éditoriale naissante. Objet de vifs débats, l’Humanité est alors dans le giron du Parti socialiste unifié sans en être l’organe central.

La seconde naissance en 1906

Situation politique instable, la situation économique est très difficile. Jules Renard, l’une des plumes du journal, écrit le 17 janvier 1906 dans son journal : « L’Humanité. C’est la fin : on lui a coupé l’électricité. Trois hommes font le journal. À la nuit tombante, ils attendent qu’on apporte les bougies. » Le 3 octobre 1906, soit à peine trente mois après le fameux « Notre but », Jaurès rédige un « Notre crise » qui lui fait douloureusement écho. « Maintenant, nos forces sont à bout, et si nous ne recevons pas une aide immédiate, nous succomberons au fardeau », écrit-il. « La brutalité de l’annonce suscite une importante émotion. On se mobilise en faveur du journal. Un nouveau regard est porté sur le quotidien », raconte l’historien Alexandre Courban. La mobilisation permet une seconde naissance : le 22 décembre 1906, la Société nouvelle du journal l’Humanité, qui édite encore le journal aujourd’hui, voit le jour. En janvier 1907, la première souscription individuelle est lancée pour ouvrir l’Humanité à « toutes les tendances, à toutes les idées, à toutes les forces du socialisme et du prolétariat organisé ». Les souscriptions des ouvriers, syndicats et coopératives sauvent le journal du naufrage. L’évolution du contenu éditorial avec davantage d’informations et d’actualité sociale lui permet d’élargir son public. De 40 000 exemplaires en janvier 1907, il passe à 88 000 exemplaires en décembre. Sous le contrôle éditorial de son directeur, le journal repart avec désormais le Parti socialiste comme actionnaire principal auquel il devient organiquement lié en 1911.

Républicaine socialiste à ses débuts puis socialiste, l’Humanité devient « journal communiste » après le congrès de Tours en 1920. « Il est une chose qui est restée immuable : c’est l’indépendance absolue du journal à l’égard des puissances d’argent », note Étienne Fajon, qui sera plus tard directeur du journal (1). Au long de cette décennie, le journal dénonce la guerre du Rif, l’occupation de la Ruhr, et se fait l’écho en France de la révolution d’Octobre. De saisies en procès, d’amendes en emprisonnements de ses dirigeants (Paul Vaillant-Couturier, son rédacteur en chef, est emprisonné pour avoir critiqué Mussolini), l’Humanité est assaillie de toutes parts.

En 1929, le gouvernement Tardieu fait occuper la Banque ouvrière et paysanne par la police, la met en liquidation et fait exiger par administrateurs judiciaires le paiement des dettes du journal. Rien ne semble pouvoir alors sauver l’Humanité. Son directeur, Marcel Cachin, lance l’appel à la constitution des comités de défense de l’Humanité (CDH). 1,5 million de francs sont collectés en quatre mois. Le journal est sauvé une nouvelle fois par ses lecteurs et ses soutiens.

La première Fête de l’Humanité en 1930

Les CDH se retrouveront l’année suivante lors de la première Fête de l’Humanité. Créée en pleine crise, elle deviendra un élément fondamental de rayonnement pour le journal en réunissant plusieurs centaines de milliers de participants au début septembre de chaque année au long de ses 83 éditions.

En 1939, la méthode pour faire taire l’Humanité est encore plus brutale : elle est interdite le 26 août en même tant que le Parti communiste. Qu’à cela ne tienne. L’Huma clandestine parait dès le 26 octobre 1939 et publiera 317 numéros tout au long de la guerre. « Huma ! Une pauvre Huma, un papelard, mal ronéotypé, mais l’Huma », comme le fait dire Aragon à Guillaume Vallier dans les Communistes. Ceux-ci font vivre leur journal au péril de leur vie tout comme les équipes du journal, dont une grande partie est assassinée par l’occupant ou la police de Vichy, dont Gabriel Péri et Lucien Sampaix. L’Huma renaît à nouveau au grand jour le 21 août 1944 sous forme d’une feuille recto verso qui coûte 2 francs. Au lendemain de la guerre, la loi Bichet permet une certaine égalité dans la diffusion de la presse et sanctionne les trusts d’avant-guerre, dont la plupart ont collaboré. Le pluralisme de la presse devient principe constitutionnel et l’Humanité comme les journaux de la Libération se voient garantir une place dans le débat public. Les grands éditeurs auront cependant tôt fait d’affaiblir la loi par un intense lobbying auprès des parlementaires (2).

Le 3 octobre 1948, la famille s’agrandit : la naissance de l’Humanité Dimanche permettra de donner la pleine mesure des CDH. En 1963 on en comptera 40 000 à travers le pays et un demi-million d’exemplaires vendus de l’hebdomadaire. Malgré de tels résultats, l’économie de la presse reste très compliquée et une souscriptio n est lancée cette même année pour boucler les comptes du journal. « La fabrication du journal (papier et impression) représente 60 % de ses dépenses. Il s’agit de frais incompressibles. Ni l’esprit d’initiative et la rigueur d’une administration scrupuleuse, ni le dévouement désintéressé de nos employés ne peuvent les compenser. L’Humanité a donc besoin d’aide », écrit Étienne Fajon en 1964. Pour garantir le pluralisme, son successeur, Roland Leroy, obtiendra de l’Etat, l’aide aux quotidiens à faibles ressources publicitaires.

Le défi des révolutions technologiques

En 1989, la chute du mur de Berlin sera un nouveau défi de taille pour le quotidien né quatre-vingt-cinq ans plus tôt et qui déjà doit affronter une crise de la presse qui s’aggrave. C’est par un plan social que le journal entame une décennie qui le verra cesser d’être l’organe central du PCF en 1994. Cinq ans plus tard, l’Humanité Dimanche est supprimée, un nouveau projet dont l’ambition affichée était d’élargir le lectorat de l’Humanité échoue et entraîne une nouvelle crise, avec à nouveau des conséquences sociales en 2001. La période qui s’ouvre alors est marquée notamment par de grands mouvements sociaux, le centenaire de 1904 et par la bataille contre le TCE (traité établissant une constitution pour l’Europe) de 2005, dans laquelle le titre se distingue. Le magazine, disparu, renaît en 2006 grâce à quelque 8 000 cofondateurs et touche plus de 70 000 lecteurs quelques mois après un lancement réussi. Un succès éditorial et financier qui n’empêchera pas l’Humanité de crouler sous les dettes qui l’obligent à vendre son siège, construit par Oscar Niemeyer en 1989. Grâce à la vente et à une souscription exceptionnelle, le journal est une nouvelle fois sauvé.

En 2019, placé en redressement judiciaire, le défi du journal de Jaurès est de réussir à trouver sa place dans une révolution technologique qui bouleverse les habitudes de lectures et nécessite des fonds importants. 90 % des médias sont possédés par 9 milliardaires qui peuvent éponger les pertes d’un modèle économique pour l’instant difficile à trouver. Comme, depuis 115 ans, l’Humanité peut survivre grâce aux efforts conjoints de ses équipes et du soutien indéfectible de ses lecteurs.

(1) En feuilletant l’Humanité 1904-1964. (2) L’Âge d’or de la corruption parlementaire 1930-1980, de Jean-Yves Mollier. Perrin, 2018.

Cédric Clérin

http://www.humanite.fr/

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:29
L'Humanité a 115 ans - lui construire un chemin d'avenir, par Patrick Le Hyaric, 17 avril 2019
L’Humanité a 115 ans 

Il y a 115 ans aujourd’hui l’Humanité imaginé par Jean Jaurès et son ami, le bibliothécaire de l’Ecole Normale Lucien Herr sortait pour la première fois des presses. Le « journal socialiste quotidien » avait alors pour mission de seconder et d’appuyer l’effort d’unification du mouvement ouvrier, éclaté en chapelles et tendances, quand la classe ouvrière gagnait en cohérence et cohésion. Dès les premiers mois et premières années, fidèle à son serment d’indépendance, le journal dû faire face à d’immenses difficultés, manquant de disparaitre à plusieurs reprises. Trait d’union entre les mains ouvrières pour donner à comprendre le monde et pouvoir le transformer, il parvint malgré les difficultés à réaliser ses missions.

La dynamique historique et mondiale du communisme que l’Humanité épousa dès les lendemains du congrès de Tours en 1920, contribua à relancer ce journal qui s’engagea ardemment et souvent en première ligne dans les luttes égalitaires et libératrices du siècle dernier : Front populaire, Résistance, luttes anticoloniales… Acteur de victoires décisives dont la libération de Nelson Mandela, creuset des combats contre le capitalisme dévastateur, l’Humanité a toujours cherché à donner corps et chair au souhait formulé par Jean Jaurès de « travailler à la réalisation de l’humanité ».

L’Humanité renoue aujourd’hui avec ses difficultés originelles, manquant cruellement des ressources nécessaires pour faire vivre, avec l’ambition dont nous ne nous sommes jamais départis, ses titres, son site internet et sa grande fête annuelle. C’est au fond le destin d’un journal de lutte et d’alternative que d’affronter les embuches et les pièges. Mais aujourd’hui ceux-ci redoublent d’intensité. C’est la notion même de pluralisme qui s’effondre devant l’offensive capitalistique dans le secteur des médias et la pusillanimité de la puissance publique. La procédure de redressement judicaire à laquelle nous faisons face en est la traduction inédite et brutale.

Mais nous ne manquons pas d’atouts pour affronter les périls, au premier rang desquels la communauté de nos lecteurs fidèles, précieux, attentifs et dévoués qui contribuent régulièrement à abonder les campagnes de souscriptions indispensables pour assurer notre trésorerie et permettre nos parutions quotidiennes et hebdomadaires. Nous ne saurons jamais assez les en remercier.

Aujourd’hui, dans un secteur de l’information et de la presse écrite chamboulé, L’Humanité, ce trésor du mouvement émancipateur, relai des idées communistes, et foyer des débats critiques, continue d’œuvrer au rassemblement des forces sociales, politiques, syndicales associatives et citoyennes qui refusent la fatalité d’un monde inhumain et travaillent à l’émergence d’un alternative. Garantir la pérennité de ce combat est un travail de longue haleine entamé au cœur des rédactions mais aussi avec nos lecteurs et amis engagés dans la grande campagne d’abonnement que nous venons de lancer et qui commence à porter ses fruits.

L’avenir de l’Humanité est, en somme, l’affaire de toutes et tous. C’est l’utilité de ses combats et l’originalité de ses choix éditoriaux qui doivent permettre sa diffusion la plus large possible, notamment auprès des jeunes générations avides de construire un monde d’égalité sociale, politique, écologique et démocratique. Notre engagement commun est la plus sûre garantie pour que vive l’Humanité et souffler avec elle de nombreuses autres bougies d’anniversaire.

Éditorial. Un chemin d’avenir pour l’Humanité

Jeudi, 18 Avril, 2019

L’Humanité fête aujourd’hui ses 115 ans en affrontant de redoutables difficultés financières. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle combat pour sa survie, de l’appel poignant de Jean Jaurès, le 5 octobre 1906, contre le « déficit qui nous écrase », à celui de Marcel Cachin, en 1929, quand le gouvernement d’alors prend « l’Humanité à la gorge », en passant par celui de Roland Leroy alors que s’avance « une crise de la presse ». À chaque fois, les lectrices et lecteurs, des syndicats, des mutuelles, des associations, des personnalités diverses, les organisations communistes se sont portés au chevet du journal, lui permettant de continuer à vivre.

C’est la force de l’Humanité d’être ainsi adossée à une force militante et, plus généralement, au mouvement populaire et culturel. Elle se manifeste en ce moment même avec une collecte de souscriptions qui dépasse 2,2 millions d’euros depuis la mi-janvier, la réalisation de plus de 4 000 nouveaux abonnements, une augmentation de 3 % des ventes chez les marchands de journaux, l’organisation dans tous les départements de rencontres festives, banquets et débats publics sur l’utilité de la lecture de nos journaux.

Cet effort doit être poursuivi et amplifié. Être placé sous la protection du tribunal de commerce et devoir présenter un « plan de redressement » n’a rien de banal. Le contexte de production des journaux est bouleversé : pillage des contenus par les géants du numérique combiné à la baisse drastique des recettes publicitaires, augmentation régulière des coûts de production, baisse des recettes de ventes et d’abonnements, mutation profonde du secteur de la presse entre concentrations et rachats par des puissances industrielles et financières extérieures à la France, changement des modes de lecture de l’information avec les développements numériques, crise de la distribution, diminution depuis neuf ans des aides publiques au titre de quotidien à faibles ressources publicitaires.

C’est dans cet environnement hostile que doit se mouvoir, se débattre et combattre l’Humanité, seul organe de presse quotidienne nationale non adossé à un groupe financier ou industriel. Ce contexte oblige l’Humanité à se réinventer pour être plus et mieux au service des combats des peuples pour leur émancipation, porter la voix des invisibles, promouvoir l’unité populaire contre les divisions et la guerre organisée de tous contre tous, faire circuler les idées alternatives et animer l’offensive contre les idées néoconservatrices et d’extrême droite.

Pour être plus efficace, les rédactions de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche vont travailler ensemble pour alimenter chacun de nos supports, à commencer par la plateforme numérique appelée à être plus réactive. L’Humanité décryptera les informations et devrait accueillir plus de reportages. L’Humanité Dimanche s’attachera à donner plus de recul, plus de profondeur aux sujets sociaux, politiques, culturels, internationaux, tout en étant plus proche de la vie quotidienne.

Notre objectif est de mieux servir les lectrices et lecteurs, tout en se lançant l’impérieux défi de conquérir un lectorat nouveau. Nous tentons également de créer pour les prochains mois une « plateforme collaborative » sur les enjeux du travail, avec la participation de syndicalistes, de salariés, d’une multitude de penseurs et de chercheurs de différentes disciplines.

115 ans, c’est l’heure pour l’Humanité de surmonter ses lourdes difficultés et de tracer de nouveaux chemins pour son avenir. Le combat est difficile. L’amplification de la campagne de dons et la proposition faite à chacune et chacun de réaliser un abonnement vont permettre d’ouvrir la voie du redressement. L’Humanité a un avenir grâce à son indépendance et sa spécificité de journal de création communiste, hérité d’une histoire riche au service de la classe ouvrière, des créateurs, de la souveraineté populaire et de la paix. Le mouvement populaire a plus que jamais besoin de l’Humanité, car, comme l’écrivait Jaurès, « la réalisation de l’humanité » est plus que jamais à l’ordre du jour.

Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité
Patrick Le Hyaric à Roscoff avec Glenn Le Saoût et Cindérella Bernard, candidats aux Européennes du PCF comme lui, et le propriétaire du restaurant bar C'est ici sur le Port de Plaisance

Patrick Le Hyaric à Roscoff avec Glenn Le Saoût et Cindérella Bernard, candidats aux Européennes du PCF comme lui, et le propriétaire du restaurant bar C'est ici sur le Port de Plaisance

L'Humanité a 115 ans - lui construire un chemin d'avenir, par Patrick Le Hyaric, 17 avril 2019

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 09:09
Européennes - Autour de Ian Brossat, il est en train de se passer quelque chose (Libération, Jérôme Lefilliâtre, 19 avril 2019)
Européennes

Autour de Brossat, «il est en train de se passer quelque chose»

Par Jérôme Lefilliâtre

Depuis sa prestation au débat télévisé de France 2, la tête de liste des communistes aux européennes fait frémir les sondages. Les militants croient que la barre des 5% est atteignable.

Les communistes ont la banane. Jeudi matin, une quinzaine d’entre eux patientent à l’entrée du centre humanitaire d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), qui accueille 400 migrants et leurs familles, sous la responsabilité d’Emmaüs Solidarité. Leur tête de liste aux européennes, Ian Brossat, se fait attendre pour cette visite de terrain. L’adjoint en charge de logement à la mairie de Paris est rentré tard, la veille au soir, d’un meeting à Jarny (Meurthe-et-Moselle). Il a fait salle comble, attirant plusieurs centaines de personnes. «Ça marche encore, les vieilles villes coco !» rigole un conseiller de Brossat, ravi. Le maire d’Ivry, Philippe Bouyssou, grille une clope sous le soleil : «Ian fait une très belle campagne. Il montre le sérieux, la combativité, la pertinence de sa candidature. Le tout est maintenant de le faire connaître.» Non loin de là, Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne, n’a pas de mots assez doux pour son jeune collègue : «dynamisme», «disponibilité», «empathie», «aisance»

Ian Brossat débarque, reposé, élégant : chino vert et veste bleue, chemise blanche et bottines marron. Il distribue les bises et les poignées de main. Dans le Val-de-Marne, le Parti communiste (PCF) est chez lui. La petite troupe s’enfonce dans le centre d’accueil des migrants, venus pour la plupart de la Corne de l’Afrique et d’Afghanistan. Un «village» de yourtes et de bâtiments modulaires, doté en son sein d’une école et d’un centre médical, posé sur le terrain d’une ex-usine d’eau de la ville de Paris. Le lieu est d’une surprenante tranquillité. «Quand on organise l’accueil, les choses se passent très bien», constate Brossat, qui veut «multiplier» les initiatives de ce type sur «le parcours migratoire». Quelques échanges avec les 74 salariés du centre, deux ou trois mots face à une caméra pour les réseaux sociaux et l’agrégé de lettres modernes prend la direction de l’aéroport d’Orly, où les syndicats opposés à la privatisation d’ADP manifestent. La journée-marathon qui débute doit se terminer tard par l’enregistrement de Salut les Terriens, l’émission d’Ardisson. La nouvelle réjouit la compagnie, qui ne cesse de regretter la trop faible présence du PCF dans les médias.

«Début de dynamique»

Tout passage télé est bon à prendre. La notoriété du candidat communiste a d’autant plus à y gagner qu’il est bon dans l’exercice. Au débat de France 2 début avril, Ian Brossat s’est fait remarquer avec ses paroles claires et percutantes, son assurance, son refus de polémiquer avec les concurrents de gauche. «Ce débat a sans doute changé la donne, admet-il dans la camionnette qui nous conduit à Orly. Mais je n’ai rien inventé pendant cette émission. J’ai fait des propositions que je porte depuis neuf mois, mais devant 1,5 million de personnes cette fois. Depuis, l’ambiance a changé. Les salles sont blindées. Il y a un début de dynamique, qu’il faut élargir et conforter. Je sens de la fierté chez les camarades qui veulent montrer pourquoi on se bat.» Deux ans après une élection présidentielle où il s’est effacé derrière Jean-Luc Mélenchon, le PCF a très envie d’exister.

Les sondages restent bas (2-3% d’intentions de vote en sa faveur) mais frémissent dans le bon sens. Les sollicitations médiatiques augmentent, au point que Brossat se permet de refuser, devant nous, un duel avec Florian Philippot sur LCI («Je veux pas parler avec Philippot, je veux parler tout seul», se marre-t-il). Et les communistes ne se cachent plus de viser 5%, le seuil permettant d’envoyer des députés au Parlement européen. «On sent qu’il est en train de se passer quelque chose. Avec l’efficacité de sa parole, Ian exprime ce que pense une majorité de gens de gauche. Il apparaît comme un repère», se réjouit l’ancien secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, croisé à Orly, un jambon-beurre à la main. A l’entrée du terminal 3 de l’aéroport rénové, inauguré par le Premier ministre ce jeudi, les militants de la CGT fournissent une bonne partie du cortège de l’intersyndicale. Les huiles du PC, dont le secrétaire national, Fabien Roussel, ont fait le déplacement, couvant du regard Brossat lorsque ce dernier tente une punchline au micro : «Emmanuel Macron veut tout vendre. Ce n’est plus un Président de la république, c’est un commissaire-priseur.» Succès mitigé.

«Ne taper personne à gauche»

«L’enjeu central de la campagne est de faire le lien entre les préoccupations quotidiennes des gens et les politiques européennes», argumente Brossat dans la camionnette. Et de citer le quatrième paquet ferroviaire qui a entraîné la réforme de la SNCF ou la règle des 3% de déficit qui oblige à fermer des services publics. La stratégie de la tête de liste, qui peut compter sur un budget de campagne de 2 millions d’euros venus des militants et du parti, est de travailler deux bassins de population : les «terres populaires communistes» évidemment, mais aussi les métropoles. Pour certains habitants des grandes villes, le profil de Brossat, ancien prof de 39 ans, résident du XVIIIe arrondissement – mi-populaire mi-bobo – de Paris, auteur récent d’un livre anti-Airbnb, membre de la majorité d’Anne Hidalgo, présente d’évidents attraits. On connaît des électeurs dits à fort capital culturel et précarisés qui sont tentés, lassés par les querelles d’ego entre Jadot, Hamon et Glucksmann ou les éruptions en tout genre de La France insoumise.

Malgré l’optimisme affiché du PCF, l’objectif des 5% est loin d’être acquis. Il faudra vraisemblablement aller l’arracher sans alliance. A quelques jours de la date limite de dépôt des listes, l’hypothèse d’une union avec Benoît Hamon, que le PCF voulait sceller avec Brossat en tête de liste, est quasi enterrée. «Je le regrette, réagit le communiste. Je ne comprends pas pourquoi il prend le risque d’aller faire 4 ou 5% aux européennes alors que son but est la présidentielle… Je n’arrive pas à le cerner.» Dans l’entourage du patron de Génération.s, on explique avoir testé cette idée à travers des études. Résultat non concluant : l’alliance avec le PCF aurait fait fuir une partie des sympathisants de Génération.s vers les listes de Jadot et Glucksmann. Et on ajoute que la mini-hype pour Brossat est très parisienne… Face aux divisions, Ian Brossat s’est fixé une ligne de conduite : «J’ai décidé de ne taper personne à gauche. Vu l’état de la gauche, tous les coups qu’on donne sont contre-productifs. Et après les européennes, il va bien falloir qu’on retrouve le chemin du rassemblement.» Bref, on se compte le 26 mai, puis on discute.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 10:07

Tribune. Depuis 2015, la coalition militaire menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, soutenue par les Etats-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et la France a engendré «la pire crise humanitaire au monde» selon l’ONU. Le bilan est terrifiant, 10 000 morts selon les chiffres officiels, et plus de 70 000 d’après les ONG. Du fait de l’embargo et de la destruction des infrastructures civiles, une famine sans précédent touche 16 millions de Yéménites. Cinq millions d’enfants sont touchés par la malnutrition retardant ainsi leur développement physique, mental et cognitif. Un enfant meurt au Yémen toutes les cinq minutes, une génération entière s’éteint.

Au service de l’industrie de l’armement 

La communauté internationale détourne le regard. La France n’échappe pas à cette règle, tiraillée entre les ventes d’armes aux membres de la coalition, Arabie Saoudite et Emirats arabes unis en tête, et ses engagements internationaux. Le président de la République a beau affirmer qu’«il est faux de dire que l’Arabie Saoudite est un grand client aujourd’hui de la France», elle se hisse pourtant à la deuxième place en matière d’exportations d’armes.

 

Le gouvernement a connaissance de la gravité de la situation mais refuse toute responsabilité. Le président de la République justifie sans complexe cette stratégie, considérant que «c’est pure démagogie que de dire d’arrêter de vendre des armes à Riyad». Lorsque des milliers de Yéménites meurent et que des millions d’autres sont menacés par la famine, le dilemme n’est plus économique mais moral.

Au mépris du droit international 

Cette politique d’exportation, rentable financièrement, se fait au mépris des traités internationaux, et engage, comme lors des quinquennats précédents, la responsabilité de notre pays. L’article 6 du Traité sur le commerce des armes, ratifié en 2014 par la France, interdit en effet toute vente d’armes dès lors qu’elles sont susceptibles d’être utilisées contre des populations civiles. Et pourtant ce sont près de 3,4 milliards d’euros d’armement qui ont été livrés à l’Arabie Saoudite entre 2015 et 2017, au plus fort du conflit. En vendant ces armes (chars Leclerc, avions ravitailleurs A330 MRTT, corvettes Gowind, canons Caesar, systèmes de ciblage pods) la France s’est même engagée auprès de l’Arabie Saoudite à assurer leur maintenance sur plusieurs décennies. Malgré le conflit, notre pays maintient sa coopération militaire avec Riyad.

Si le Parlement européen – comme d’autres pays européens tels que la Finlande, les Pays Bas, la Suisse – s’est prononcé en faveur de la suspension des livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis en décembre 2018, le gouvernement reste inflexible. Les récents votes du Sénat et de la chambre des représentants sur l’arrêt du soutien militaire, dont les ventes d’armes, n’auront pas non plus suffi à infléchir la stratégie américaine.

Contrôle opaque et antidémocratique

Ce commerce lucratif pour les industries de défense s’appuie sur des règles opaques, excluant de fait tout contrôle démocratique. En effet, l’attribution des licences d’exportation est entièrement aux mains de l’exécutif. Les règles d’attributions ainsi que les décisions prises par la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG), chargée de conseiller le Premier ministre en la matière, sont protégées par le secret-défense. Le Parlement est totalement absent de ce processus décisionnaire. La seule information dont disposent les citoyens se fait sous la forme d’un, très sommaire et peu précis, rapport au Parlement publié chaque année. Ni l’intitulé précis du matériel vendu, ni le nom du fabricant, ni la quantité du matériel ne sont indiqués. Malgré la demande des ONG françaises depuis 1997 de la création d’un office parlementaire, le contrôle des exportations a posteriori, notamment la traçabilité, est quasi inexistant.

Dans d’autres pays européens, une plus grande implication du Parlement permet un meilleur contrôle des autorisations d’exportations d’armes. Pour que cette situation cesse, nous demandons la mise en place d’une délégation parlementaire qui participera au processus de décisions pour l’attribution des licences d’exportation. L’urgence commande de telles mesures, pour que la France mette sa diplomatie au service de la paix, et cesse de se rendre complice de puissances criminelles.


 

Signataires:
 

Alexis Corbière député France insoumise, Christian Hutin, député socialiste, Jean-Paul Lecoq député Gauche démocrate et républicaine, Sébastien Nadot député non-inscrit, Esther Benbassa sénatrice Europe Ecologie-les Verts, Frédérique Dumas députée UDI, Jean Felix Acquaviva député Liberté et territoires, Manon Aubrycandidate France insoumise aux élections européennes, Clémentine Autain députée France insoumise, Joël Aviragnet député socialiste, Marie-Noëlle Battistel député socialiste, Marie-George Buffetdéputée Gauche démocrate et républicaine, Ugo Bernalicis député France insoumise, Alain Bruneel député Gauche démocrate et républicaine, Moetai Brotherson député Gauche démocrate et républicaine, Erica Bareigts députée socialiste, Gisèle Biémouretdéputée socialiste, Christophe Bouillon député socialiste, Guy Bricout député socialiste, Luc Carvounas député socialiste, André Chassaigne député Gauche démocrate et républicaine, Eric Coquereldéputé France insoumise, Alain David député socialiste, Pierre Dharreville député Gauche démocrate et républicaine, Jean-Paul Dufrègne député Gauche démocrate et républicaine, Laurence Dumont députée socialiste, Elsa Faucillon députée Gauche démocrate et républicaine, Olivier Faure député socialiste, Caroline Fiat députée France insoumise, Guillaume Garot député socialiste, Raphaël Glucksmann candidat Place Publique aux élections européennes, David Habib député socialiste, Régis Juanicodéputé socialiste, Sébastien Jumel député Gauche démocrate et républicaine, Marietta Karamanli députée socialiste, Manuéla Kéclard-Mondésir députée Gauche démocrate et républicaine, Jean Lassalle député non-inscrit, Michel Larive député France insoumise,Jerôme Lambert député socialiste, Bastien Lachaud député France insoumise, Serge Letchimy député socialiste, Josette Manin députée socialiste, Jean-Luc Mélenchon député France insoumise, Jean Michel Clément député Libertés et territoires, Paul Molac, député Libertés et territoires, Danièle Obono députée France insoumise, Younous Omarjee France insoumise aux élections européennes, Mathilde Panot députée France insoumise, Georges Pau-Langevindéputé socialiste, Stéphane Peu député Gauche démocrate et républicaine, Christine Pires-Beaune députée socialiste, Dominique Potier député socialiste, Loïc Prud’homme député France insoumise, Adrien Quatennen, député France insoumise, Valérie Rabault députée socialiste, Jean-Hugues Ratenon, député France insoumise, Muriel Ressiguier députée France insoumise,Fabien Roussel député Gauche démocrate et républicaine, Sabine Rubin députée France insoumise, François Ruffin député France insoumise, Bénédicte Taurine députée France insoumise, Sylvie Tolmont députée socialiste, Hervé Saulignac député socialiste, Hélène Vainqueur-Christophe députée socialiste, Boris Vallaud député socialiste, Michèle Victory députée socialiste, Hubert Wulfranc député Gauche démocrate et républicaine.


 

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 06:21
Benjamin Amar 42 ans  Professeur d’histoire-géographie au lycée Gutenberg de Créteil, débatteur reconnu, Benjamin Amar est également responsable syndical dans le Val-de-Marne (94).

Benjamin Amar 42 ans Professeur d’histoire-géographie au lycée Gutenberg de Créteil, débatteur reconnu, Benjamin Amar est également responsable syndical dans le Val-de-Marne (94).

Benjamin Amar est en 9e position sur la liste L'Europe des gens contre l'Europe de l'argent conduite par Ian Brossat, soutenue par le PCF et République et Socialisme

« L’Europe tape sur les salariés et épargne les grands groupes »

Vendredi, 19 Avril, 2019 - L'Humanité

Candidat sur la liste PCF conduite par Ian Brossat aux élections européennes, le responsable syndical Benjamin Amar appelle à une lutte résolue contre le dumping fiscal en Europe.

Quel est votre regard sur le mot d’ordre de grève pour vendredi et samedi lancé par la CGT dans la grande distribution ?

Benjamin Amar: Je partage évidemment les revendications avancées par la CGT commerce. Il faut dénoncer sans relâche le fait que les grandes surfaces bénéficient d’énormément d’argent public, dont la plus grande partie est reversée à leurs actionnaires. Pour les salaires, il ne reste que des miettes. C’est un véritable hold-up social. Pour dénoncer et faire changer cela, les salariés ont besoin de se mobiliser sur le long terme.

La grande distribution a détruit 30 000 emplois en France en cinq ans, invoquant des restructurations indispensables pour rester compétitive face à la concurrence du commerce numérique, l’épuisement du modèle de l’hypermarché et le besoin de se recentrer sur la croissance à l’international. Qu’en pensez-vous ?

Benjamin Amar: Ces multinationales invoquent la concurrence et les impératifs de la mondialisation lorsque cela les arrange. Mais dans les ordonnances Macron, c’est bel et bien le périmètre national qui est retenu pour apprécier les difficultés économiques d’une entreprise, indépendamment de ses profits réalisés à l’étranger. L’argument de la compétitivité est le cheval de Troie de toutes les régressions sociales. Souvenons-nous notamment de l’affaire Vilvorde en 1997, lorsque Renault avait annoncé des bénéfices historiques et en même temps des suppressions de postes en prétextant qu’il fallait anticiper les difficultés à venir. Pour éviter cela, il faut revenir à des faits très concrets. Comme le fait que Carrefour a engrangé, entre 2009 et 2017, 7 milliards de bénéfices, dont 80 % sont allés dans la poche des actionnaires. Et les travailleurs devraient se résoudre à des miettes quand ce sont eux qui produisent la richesse ? Si on se résigne à cela, plus aucun argument n’est audible.

Carrefour et Auchan pratiquent le dumping fiscal dans l’Union européenne en plaçant, par exemple en Belgique, des fonds considérables remontés de leurs filiales à l’étranger pour bénéficier d’un régime d’imposition très favorable. Agit-on assez en France et en Europe pour lutter contre ces pratiques des grands groupes ?

Benjamin Amar: Le gouvernement se félicite d’avoir mis en place une loi contre la fraude fiscale. J’invite tout le monde à aller voir ce qu’elle contient. C’est ridicule. On y apprend la nomination de trente « officiers fiscaux » pour lutter contre la soustraction de 100 milliards d’euros à l’impôt chaque année. Il n’y a en réalité aucune volonté politique d’agir. Rien, dans ce que devait annoncer Emmanuel Macron lundi dernier, ne concernait l’évasion fiscale ou la taxation du capital. Il y a pourtant des leviers possibles, comme celui de s’engager résolument pour l’harmonisation fiscale européenne.

Faut-il mener une lutte plus déterminée en Europe contre les paradis fiscaux dont abusent les géants de la grande distribution ?

Benjamin Amar: Ce doit être un enjeu de ces élections européennes. Cela peut nous conduire à nous fâcher avec un certain nombre de nos voisins, mais la politique, c’est aussi aborder les sujets qui fâchent. L’Europe est forte avec les faibles et faible avec les forts. Elle tape sur les salariés, et épargne les grands groupes. Il y a un immense chantier à ouvrir, et je pense qu’une grande partie de l’opinion pourrait soutenir ce projet.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel avec Martin Gausseran

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 04:56
Orly : Ian Brossat en guest-star de la manifestation contre la privatisation d’ADP (Bartolomé Simon, Le Parisien, 18 avril 2019)

Une heure après l’inauguration du nouveau bâtiment de jonction, syndicats et élus manifestaient contre la privatisation d’ADP. Parmi eux, le candidat aux européennes du PC, Ian Brossat.

Ce jeudi midi, une vague « rouge » a déferlé sur Orly. Un cortège composé de 300 élus et de l’intersyndicale des salariés d’Aéroports de Paris a défilé devant les terminaux, s’échouant en face du bâtiment de jonction inauguré plus tôt dans la matinée par le Premier ministre Edouard Philippe.

Alors que le gouvernement a officiellement acté la privatisation du groupe ADP, les manifestants militent pour la mise en place d’un référendum sur la question. « Les Val-de-Marnais y répondront non par milliers », estime Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne

« Une question européenne »

A ses côtés figurait Ian Brossat, candidat du parti communiste aux élections européennes de 2019. L’ancien maire-adjoint de Paris fait étape ce jeudi dans le département. D’un passage au centre d’hébergement d’urgence pour migrants d’Ivry, à la visite du chantier de la ligne 15 sud à Champigny, sans oublier les hospitaliers d’Emile-Roux à Limeil, le candidat est de toutes les « luttes » val-de-marnaises.

Ce midi, la lutte se jouait à Orly. « Je suis venu assurer mon plein soutien aux manifestants », indique Brossat. À l’instar de la problématique des réfugiés, évoquée à Ivry, l’élu considère que la privatisation d’ADP est aussi « une question européenne » car « liée à la politique d’austérité ».

Ce matin, Edouard Philippe a évacué la polémique sur la privatisation. Motif invoqué : le « contexte » lié à l’incendie de Notre-Dame. Il a néanmoins souligné que l’essentiel des revenus d’ADP venait du commerce, secteur « moins » stratégique que la gestion des frontières, dont l’Etat gardera le contrôle.

Bartolomé Simon, Le Parisien, 18 avril 2019

 

 

Orly : Ian Brossat en guest-star de la manifestation contre la privatisation d’ADP (Bartolomé Simon, Le Parisien, 18 avril 2019)

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 04:45

Tribune libre solidarité. Pas un Kurde ne doit mourir sur notre sol

Mercredi, 17 Avril, 2019

Tribune publiée dans l'Humanité: Pas un Kurde ne doit mourir sur notre sol

Signataires : Ariane Ascaride, Josiane Balasko, Rony Brauman, Pierre Laurent, Gérard Mordillat, Robin Renucci.

Nous sommes en colère car, en 2019, sur le sol de notre pays, des femmes et des hommes, des militants de la cause kurde pourraient mourir dans l’indifférence générale alors même que les combattants kurdes étaient encore salués il y a quelques jours quand est tombé le dernier bastion de l’État islamique, à Baghouz en Syrie.

Ils combattent pour notre liberté en Syrie et en Turquie, où populations et militants kurdes résistent avec courage à la dictature d’Erdogan. Ils viennent de lui infliger un cinglant désaveu lors des élections municipales du 31 mars, en réélisant toutes les municipalités kurdes que le dirigeant d’Ankara avait destituées, jetant leurs maires en prison.

Des milliers de Kurdes croupissent dans les geôles d’Erdogan. Le 8 novembre 2018, la députée Leyla Güven a entamé une grève de la faim. Sa vie ne tient aujourd’hui qu’à un fil. Des milliers d’autres prisonniers mènent à présent cette grève de la faim au péril de leur vie. Huit sont déjà décédés. Qui en parle ?

Depuis trois ans, leur dirigeant, Abdullah Öcalan, ne reçoit plus aucune visite de sa famille, ni des avocats. Les grévistes demandent la fin de ce régime d’isolement et la reprise d’un processus de négociations entre le pouvoir turc et les Kurdes.

En France, à Strasbourg, 14 militants kurdes, hommes et femmes, ont rejoint ce mouvement de grève de la faim depuis le 17 décembre. Leur vie est à leur tour en danger. Le silence des autorités françaises et européennes, comme des médias, est injustifiable. Il peut contribuer à l’irréparable, la mort d’une, d’un ou de plusieurs d’entre eux. Nous ne l’acceptons pas.

Nous lançons un appel au réveil des consciences. Les Kurdes qui montent au front pour notre liberté doivent être secourus et entendus. Nous demandons au gouvernement français d’aller les rencontrer sur place à Strasbourg. Nous appelons les médias à rompre le silence, à informer sur leur action et à faire entendre leurs revendications. Nous appelons tous les démocrates de France à se mobiliser pour que cesse l’indifférence qui peut aujourd’hui leur coûter la vie.

Faudra-t-il la mort d’un des 14 militants kurdes, grévistes de la faim à Strasbourg depuis près de 120 jours, pour que se réveille la France des droits humains ?

Tribune libre solidarité. Pas un Kurde ne doit mourir sur notre sol - L'Humanité, 17 avril: tribune signée par Pierre Laurent, Ariane Ascaride, Josiane Balasko, Gérard Mordillat, Robin Renucci, Rony Brauman

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 15:26
Fabien Roussel et Ian Brossat

Fabien Roussel et Ian Brossat

Ultrariches : renoncez à l'exonération fiscale sur vos dons (Fabien Roussel - PCF)
 
 
Les nantis de la République n'en finissent pas de communiquer sur leurs promesses de dons pour la reconstruction de Notre-Dame. Les chiffres sont vertigineux, 1 Milliard d'euros, et témoignent que l'argent coule bien à flot sur quelques comptes en banque.
Si l'émotion suscitée par la catastrophe dont Paris et la France ont été victimes est saine et réelle, la décence exige que ces grandes fortunes renoncent, comme quelques unes l'ont déjà annoncé, à toute exonération
fiscale qui coûterait 600 millions d'euros au budget de l'État et donc à la préservation du patrimoine culturel de notre pays.
Grâce à Emmanuel Macron, elles bénéficient déjà de multiples cadeaux fiscaux : suppression de l'ISF, dividendes croissants non taxés (57,4 milliards d'euros), fonds publics détournés de leur finalité (CICE,
CIR,...), niches fiscales optimisées, à l'image des exonérations de 60 % sur le mécénat.
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
 
Paris, le 17 avril 2019.

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