Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 15:34
 Fabien Roussel à l'Assemblée nationale: Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital car leurs réserves sont énormes !
PLFR : Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital car leurs réserves sont énormes ! (Fabien Roussel)
 
Projet de loi de finances rectificatif n°2 CMP -  jeudi 23 avril 2020
 
Intervention de Fabien Roussel – Gauche Démocrate Républicaine (député PCF du Nord, secrétaire départemental du PCF)
 
 
Cette pandémie révèle chaque jour un peu plus l’écrasante responsabilité de notre modèle économique, du poids de la finance, des logiques de profits qui ont prospéré sur l’exploitation des Hommes et de la planète.
Nous avons été bien seuls, avec d’autres, ces dernières années à alerter sur la déshumanisation de la société, sur les risques écologiques ou sur la casse de nos services publics, notamment celui de la santé.
Et aujourd’hui, tout le monde y va de sa petite note pour dire qu’il faut tout changer. Tout le monde veut plus de souveraineté économique, d’industrie, de service public, et nos soignants sont devenus des héros.
Mais comment voulez-vous être crédibles quand il y a tant de revirements!!
Alors, quand nous avons à débattre d’un plan d’urgence pour le pays, doté de 110 milliards d’euros, - excusez du peu - permettez que nous soyons exigeants.
110 Milliards d’euros, ce n’est pas une paille ! Nous aurions aimé pouvoir en bouger les lignes, tous ensemble, pour répondre à l’urgence tout en préparant le monde d’après.
Un amendement communiste, républicain, oserai-je, prévoyait d’interdire les aides aux multinationales logées dans les paradis fiscaux. Adopté au Sénat, il est rejeté à l’Assemblée !
Un autre, proposait une taxe sur les assurances permettant de récupérer 1,9 milliard d’euros pour venir en aide à nos petites entreprises : rejeté aussi !
L’urgence, c’était de pouvoir apporter une aide à toutes celles et ceux qui sont ou qui vont tomber dans la pauvreté. Or il n’y a eu aucun débat sur ce sujet. Nous savons juste que ça sera 880 millions de crédits sur
un total de 110 milliards.
L’urgence, c’était d’aider ces salarié-es qui perdent 16% de leur salaire, les pourboires et les primes, qui subissent les hausses des prix et voient leurs factures augmenter.
L’urgence, c’était aussi d’augmenter le fonds de solidarité pour que 100% des demandes des TPE-PME impactées soient satisfaites, dont celles des artisans sans salarié ou les entreprises ayant 11 à 20 salariées. Au contraire, vous allez être bien généreux avec les grandes entreprises : 20 Milliards de crédits, mais nous ne savons pas qui est concerné et à quelles conditions. Le débat viendrait après coup !
 
Mais nous savons déjà que Luxfer, Famar et d’autres ne sont pas concernées.
Aucun amendement accepté visant à conditionner ces aides en faveur d’objectifs sociaux ou environnementaux. Comme si la revendication du MEDEF, qui a votre oreille, et qui se permet de vous demander ouvertement de repousser la transition écologique, était déjà entendue.
L’urgence, c’était enfin d’apporter une aide plus importante aux territoires ultra marins qui dénoncent le fossé entre vos discours et la réalité des aides apportées.
L’autre absence de ce texte, ce sont les recettes fiscales, introuvables alors que le pays s’apprête à débourser 110 milliards. Qui va payer Monsieur le ministre ?
C’est la dette dites-vous. Mais à la fin qui va payer la dette ? Ses intérêts ? Le gouverneur de la Banque de France comme le Patron du Medef l’annoncent déjà: « il faudra rembourser cet argent » dit l’un et « il
faudra travailler plus » dit l’autre !! Nous, nous demandons que La Banque centrale européenne annule une partie des dettes publiques qu’elle détient et qu’elle finance directement les investissements des Etats comme cela commence à se faire dans d’autres pays.
Ce n’est pas aux peuples de payer la crise, surtout quand ils en subissent déjà les effets dramatiques aujourd’hui !
Oui les traités européens sont dépassés par cette crise, contaminés par le virus. Il est temps d’en écrire de nouveaux, respectueux des peuples, de leur souveraineté et organisant la coopération entre les nations plutôt que la concurrence libre et non faussée !
Enfin, la mobilisation de toute la nation est essentielle, et pas seulement celle qui travaille.
Il est temps de mettre à contribution la finance et le capital dans le redressement du pays car leurs réserves sont énormes !
Les 358 000 familles les plus riches détiennent un patrimoine qui s’élève à 1028 milliards d’euros !
Les assurances ont des réserves de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Les impôts sur les revenus financiers sont plafonnés à 30%.
Les banques continuent en ce moment même à se gaver des intérêts que nous leur versons : 36 milliards d’euros encore cette année dans le budget de l’Etat !!
C’est pourquoi nous vous avions demandé de mettre des critères à l’utilisation de l’argent public, de rétablir l’ISF, de rétablir un juste impôt sur les revenus financiers, de taxer la spéculation, de donner plus de pouvoirs aux salarié-es dans les entreprises. Et vous avez tout rejeté en bloc.
Oui avec vous, le monde d’après n’est pas pour demain !
Pour toutes ces raisons, les députés communistes votent contre ce projet de loi de finance. D’autres députés du groupe GDR, ultra marins, s’abstiennent.
 
Partager cet article
Repost0
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:26
Madame la ministre du Travail, retirez intégralement la réforme de l’assurance chômage ! - Députés communistes, 22 avril 2020

Lire aussi:

André Chassaigne demande le retrait total de la réforme de l’assurance chômage à Muriel Penicaud, ministre du travail

 

Communiqués de presse - Députés communistes

Madame la ministre du Travail, retirez intégralement la réforme de l’assurance chômage !

Dans le contexte de crise sanitaire et face à la crise économique qui s’annonce, notre groupe a demandé ce jour par courrier à la Ministre du Travail le retrait intégral de la réforme de l’assurance chômage. La situation de l’emploi est particulièrement préoccupante et nous devons nous attendre à une forte hausse du chômage dans les prochains mois.

Si des premières décisions ont été prises par le Gouvernement pour suspendre certaines mesures (report au 1er septembre des nouvelles règles d’indemnisation et de la dégressivité des allocations pour les cadres), le premier volet de la réforme restreignant l’accès à l’indemnisation chômage est toujours en vigueur. Il prévoit notamment un durcissement des règles d’affiliation pour les salariés qui doivent désormais avoir travaillé 6 mois sur une période de référence de 24 mois pour bénéficier d’une ouverture de droit.

Ces règles ont commencé à produire leurs effets en faisant sortir de l’indemnisation chômage des dizaines de milliers de travailleurs : intérimaires, saisonniers, travailleurs enchaînant des contrats très courts dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie ou la culture... Si rien n’est fait rapidement, c’est un véritable drame social qui s’annonce.

Dans les périodes de récession économique, le droit au chômage doit au contraire être le plus large possible afin que notre modèle social joue pleinement son rôle d’amortisseur et de protection à l’égard des plus fragiles.

C’est pourquoi nous appelons le Gouvernement à retirer sans plus attendre cette réforme régressive dont le seul objectif était de faire des économies. Une nouvelle convention Unédic, négociée entre les partenaires sociaux, doit permettre d’urgence le renforcement des droits au chômage des travailleurs.

Partager cet article
Repost0
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:10
Christine Prunaud

Christine Prunaud

Mardi, 21 Avril, 2020 - L'Humanité
Le manque de masques et la casse de l’outil industriel

Par Christine Prunaud  Sénatrice PCF des Côtes d'Armor

Cette crise sanitaire illustre malheureusement les conséquences du déclin industriel de notre pays. Exemple le plus saisissant avec l’usine Honeywell de fabrique de masques à Plaintel (Côtes-d’Armor) pourtant rentable mais fermée en 2018.

200 millions de masques étaient produits dans cette entreprise qui a changé plusieurs fois de propriétaires mais qui ont toujours bénéficié des différentes aides publiques de l'état via le CIR ou le CICE pour laisser au final 300 salariés sur la touche.

La production a été délocalisée en Tunisie et en Chine et les outils de production ont été démantelés par un ferrailleur en février dernier alors que les signes d'une pandémie mondiale étaient plus que pressants.

Le syndicat Solidaires par son secrétaire général des Côtes d'Armor Serge Lequeau pointe très justement avec cette usine, « un condensé édifiant de tout ce que le capitalisme financier international, soutenu par des politiques néolibérales peut produire comme horreur, comme absurdité, comme aveuglement ».

En effet, des deniers publics ont servi à casser un outil industriel dont on ressent aujourd'hui l'impériosité. Ils ont aussi broyé des hommes et des femmes avec un savoir faire technique de haut niveau dans un domaine touchant à la sécurité sanitaire de tous.

Le gouvernement actuel disait encore au sujet des délocalisations il y a quelques mois : « Garder ces usines n’est pas un enjeu d’intérêt public. Laissons faire les lois du marché ! Si, un jour, nous avons des besoins, nous les importerons de Chine ! ». Mais aujourd'hui nous payons toutes et tous les prix de cette confiance aveugle dans le seul marché mondial. La France manque toujours de masques, plus de deux mois après le début de la crise. Les soignants manquent de tout et nos ministres nous demandent de faire preuve de solidarité en fabriquant des masques maison ou en faisant appel à des dons pour aider nos hôpitaux.

Comme toujours face à ce scandale, la solidarité prime avec le projet de créationd’une société coopérative industrielle qui reprendrait les activités. Cette structure reste la plus adaptée à la situation puisqu'elle permet d’associer tous les acteurs du territoire régional, à commencer par les salarié.es, mais aussi d'autres acteurs comme les structures sanitaires et médico-sociaux, ou tout collectif citoyen régionaux.... Le Conseil Départemental des Côtes d'Armor et le Conseil Régional de Bretagne ont fait part de tout leur soutien à ce projet de relance.

Mais le gouvernement par la voie de sa secrétaire d'état à l'industrie vient de doucher les espoirs en indiquant cyniquement « je sais que l'équipe est motivée. Le projet est peut-être une bonne idée mais il ya des alternatives ». Or nous constatons tous au quotidien les effets désastreux de ces alternatives.

Ainsi face au dogme néolibéral du gouvernement, c'est mon rôle de parlementaire d'accompagner cette appropriation collective des moyens de production. L'avenir est là, notre présent confiné nous le prouve bien.

Le manque de masques et la casse de l’outil industriel  - Par Christine Prunaud  Sénatrice PCF des Côtes d'Armor (L'Humanité, 21 avril 2020)

À propos de la réouverture de l’usine de fabrication de masques de Plaintel

Le contexte d’urgence sanitaire que nous connaissons au plan mondial met, aujourd’hui, particulièrement en lumière les responsabilités des décisions prises sur le plan économique et social par les États.


A l’instar de l’entreprise Luxfer dans le Puy de Dôme, unique fabricant de bouteilles d’oxygène médical en Europe, aujourd’hui en cessation d’activité, la fermeture de l’usine de fabrication de masques de Plaintel (Giffard, Dalloz puis Honeywell) en 2018 montre aujourd’hui les conséquences d’un abandon des savoir-faire et des outils industriels.

Comme pour d’autres entreprises malheureusement, ces abandons tiennent toujours à deux causes essentielles :
- la non-prise en compte des alertes des salarié·e·s et la non-anticipation des besoins industriels en matière médicale et sanitaire,
- la recherche du profit maximum et la loi du marché.

À ces causes, il faut ajouter le désengagement de l’État et des gouvernements successifs causant
irrémédiablement la chute de l’entreprise liée au marché sanitaire.

En effet, selon un article signé de Benoît Collombat et de la Cellule investigation de Radio France (1), « l’activité d’Honeywell de masques respiratoires jetables en Europe, dont celle de HSP (Honeywell Safety Products) Armor, est une activité rentable. » est-il écrit dans un rapport d’audit du groupe qui conclut : « la rentabilité économique [de l’usine] est avérée mais trop faible pour les standards du groupe Honeywell ». D’où la délocalisation vers la Tunisie et la Chine. C’est à la lumière de ces causes et de ces responsabilités qu’il est nécessaire d’envisager la reprise d’une activité industrielle sur ce secteur d’activité.

- L’outil industriel est aujourd’hui cassé et inexistant. Certes, mais l’expérience montre la nécessité de « relocaliser » certaines productions « décisives » et « vitales » afin d’en garantir la maîtrise. Le savoir-faire détenu par les salariés de Plaintel est, de ce point de vue, un atout sur lequel il faut s’appuyer.

- Il est donc également nécessaire de penser un « modèle économique » qui ne soit pas sous la coupe de la seule « concurrence libre et non faussée » et de la loi du seul profit ainsi que la garantie d’une gestion des commandes et des stocks qui permettent la viabilité du projet.

- Enfin, l’expérience le montre avec une particulière acuité : cette production doit être mise sous « surveillance » démocratique afin que de telles situations ne puissent se reproduire. Cette surveillance devra être conférée aux salariés en tout premier lieu (si on les avait écoutés, nous n’en serions pas là...), mais également à la population et ses représentants au plan local (les réponses du ministère de l’Économie sur le caractère « non stratégique » de l’entreprise sont lourds de conséquences).

La relance de l'activité engage la responsabilité de l’État à qui une part essentielle des productions de la nouvelle entreprise sera destinée. Il doit veiller à la mise à disposition des financements nécessaires à la reprise de l'activité, par l'intermédiaire de Banque Publique d’Investissement France. La Banque de France doit déclarer cette avance de fonds éligible au refinancement de la Banque Centrale Européenne au taux de - 0,75 %, actuellement pratiqué pour ses refinancements de long terme ciblés.

Nous sommes déterminés à nous associer à la recherche de solutions avec toutes les parties qui s’engagent pour construire un projet répondant aux besoins sanitaires en France.

Christine Prunaud - Sénatrice des Côtes d’Armor
Cinderella Bernard - Présidente du groupe des élus communistes au Conseil départementall
Christiane Caro – Membre de la commission nationale santé du PCF
Yannick Le Cam – Secrétaire de la fédération du PCF des Côtes d’Armor

Saint-Brieuc, le 13 avril 2020

(1) L’usine bretonne qui alimentait la France en masques : histoire secrète d’un saccage industriel - Par Benoît
Collombat et Cellule investigation de Radio France - 03/04/2020

Partager cet article
Repost0
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 06:01
Grand âge. La bataille invisible pour éviter le pire dans les Ehpad (L'Humanité, Eugénie Barbézat, 21 avril 2020)
Grand âge. La bataille invisible pour éviter le pire dans les Ehpad

Les médecins et les soignants des établissements pour personnes âgées se sont organisés pour pallier les retards de l’exécutif et parvenir à endiguer une épidémie qui va encore faire des victimes dans les rangs des résidents.

 

Depuis quelques jours, la communication gouvernementale semble se concentrer sur le désengorgement des hôpitaux, éludant le nombre de morts quotidiens qui reste élevé, y compris dans les Ehpad. Ces établissements où résident des personnes âgées dépendantes, longtemps oubliées des statistiques, ont pourtant été le théâtre d’une flambée de l’épidémie. Même si les situations diffèrent d’un établissement et d’une région à l’autre, quand le virus pénètre dans un Ehpad, on constate en moyenne 30 % de décès chez les résidents et 50 % du personnel atteint par la maladie. La moitié des établissements de l’Hexagone étant touchés, la gravité de la situation ne fait plus de doute.

Pascal Champvert, le président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), refuse d’être alarmiste car « la peur de la maladie pourrait avoir des conséquences désastreuses et 98 % des personnes âgées placées en établissement seront épargnées ». Mais il ne nie pas l’importance du nombre de victimes. « D’autant plus qu’il n’y a aucune statistique officielle pour les personnes âgées mortes à domicile du Covid-19 », tient-il à souligner. Pour le docteur Gaël Durel, président de l’Association nationale des médecins coordonnateurs du secteur médico-social (Mcoor), les décès dus au Covid-19 sont largement sous-estimés dans ces lieux. « Il faut au moins les multiplier par 1,3 puisque nous ne sommes autorisés à déclarer morts par Covid que les résidents testés positifs. Sachant que les tests ne sont pas fiables (30 % environ sont de faux négatifs) et que la consigne reste de ne tester que les trois premiers cas. Les autres sont automatiquement suspectés d’être Covid mais ne sont pas considérés comme tels s’ils décèdent ! » s’indigne-t-il. Indignation partagée par sa collègue Nathalie Maubourguet, présidente de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad (Ffamco), qui peste contre la plateforme censée recenser les décès. « Elle fonctionne un jour sur deux. Du coup, on déclare quand et comme on peut. L’État pourrait quand même nous donner des outils corrects pour compter nos morts… »

Des situations catastrophiques dans tout l’Hexagone

Apparemment, protéger les 725 000 résidents en Ehpad et les 250 000 soignants qui s’occupent d’eux ne semblait pas une priorité. Alors même que les hôpitaux étaient saturés dans le Grand-Est, les établissements de la région ont vécu des situations catastrophiques. « Des collègues m’ont raconté que le 15 leur raccrochait au nez quand ils appelaient pour une personne de plus de 80 ans : il n’y avait plus de place aux urgences. Des personnes âgées sont mortes dans des conditions effroyables, faute de médicaments de sédation en quantité suffisante et de matériel pour les aider à respirer, déplore Nathalie Mauboutguet. On n’est pas du tout équipés pour gérer des détresses respiratoires, en particulier en grand nombre et sur un temps long. On n’a pas assez de respirateurs, pas assez de réserve d’oxygène, pas de médicaments… » La docteure avoue s’être préparée psychologiquement à vivre « des situations dignes de la médecine de guerre ». Heureusement, en Gironde, où elle exerce, cela n’a pas été le cas. Pour l’instant.

Ce sont les soignants du Grand-Est qui ont alerté leurs confrères des régions moins impactées. Les agences régionales de santé ont mis, elles, beaucoup plus de temps à réagir. « Nous, les médecins, avons été les premiers à lancer l’alerte, avant même le confinement et l’interdiction des visites : certains confrères ont mis en jeu leur démission si les directeurs, qui attendaient les consignes des ARS, continuaient à ouvrir les salles de restaurant aux résidents. Il y a eu un gros retard concernant les mesures barrières dans certaines régions », regrette Gaël Durel. À la Villa Evora, à Chartres, là aussi, on a anticipé le confinement : « On a pris les devants une semaine avant les directives du gouvernement », témoigne Françoise, une aide-soignante de l’établissement. Même constat sur les masques : « En récupérer a été notre premier combat, se souvient Nathalie Maubourguet. Au départ, seuls les soignants des hôpitaux étaient prioritaires. On a été un peu oubliés. » Si, aujourd’hui, les masques sont disponibles en quantité suffisante, des difficultés de distribution persistent dans certaines régions et il manque toujours certains équipements comme les charlottes, les lunettes, etc. « C’est surtout la solidarité des communes et des entreprises qui a permis de faire face dans beaucoup d’endroits », précise Gaël Durel.

L’entraide et la débrouille ont été à l’œuvre à peu près partout. Certaines équipes ont même décidé dès le début de l’épidémie de rester confinées avec leurs résidents pour les préserver. D’autres ne comptent plus leurs heures : « Parmi les soignants, aucun n’a déserté, souligne Nathalie Maubourguet. Les jeunes femmes qui travaillent dans les établissements dont je m’occupe sont formidables. Elles déploient une énergie fantastique alors même que les tâches à accomplir se sont multipliées. » Servir les repas en chambre en veillant à ce qu’ils arrivent chauds, aider les personnes atteintes d’Alzheimer, qui ont l’habitude de déambuler, à rester dans leur chambre, initier les résidents et parfois même leurs enfants, qui ne sont plus tout jeunes, aux nouveaux outils de communication… autant de travail supplémentaire qui met les équipes à rude épreuve.

« Ne voir personne, c’est un peu comme être déjà mort »

« Nos taux d’encadrement ne nous permettent pas de travailler correctement en temps normal, alors imaginez en temps de crise, résume Gaël Durel. Depuis trente ans, notre politique de santé oublie les Ehpad, on le paye cruellement aujourd’hui. Il a fallu enfermer dans leur chambre des gens qui le supportaient mal, avec des conséquences psychologiques importantes car personne n’était disponible pour passer un peu de temps avec eux. Ce confinement a eu des conséquences en termes de santé : anorexie, dépression, décompensation, comportements s uicidaires… S’ils ne meurent pas du Covid, ils vont mourir du confinement. Et ils seront totalement ignorés. »

Les effets de l’isolement peuvent en effet être dramatiques, comme le confirme Diane Levesque, administratrice d’une association de bénévoles qui intervient dans cinq établissements du Finistère. « Comme il n’y a pas de malades pour l’instant, on a beaucoup de mal à faire admettre des mesures de prévention à des personnes pour qui c’est uniquement le moment présent qui compte : un sourire, un moment partagé. Pour ceux à qui j’ai pu parler, rester dans leur chambre sans voir personne, c’est un peu comme être déjà morts. »

Du côté des familles, l’inquiétude gagne également. « Pendant toute une semaine, je n’ai pas pu parler à ma mère, raconte Didier. Personne ne décrochait, ni dans sa chambre, ni à l’accueil. » Inquiet, le fils de cette dame, qui vient de fêter ses 89 ans, appelle la direction. Là, il apprend que sa mère est « probablement atteinte du Covid-19 ». Un résident de son établissement situé dans l’agglomération nantaise est décédé après avoir été infecté par le virus. Très inquiet, Didier a très peu de nouvelles. Sa mère, désorientée et affaiblie, s’exprime très peu et le médecin n’a pas été très rassurant.  « Il a simplement demandé si, en cas d’aggravation, la famille souhaitait ou pas qu’elle soit transportée à l’hôpital pour être placée en réanimation. Mon frère et moi n’avons pas su quoi répondre. Nous avons dit au médecin de faire ce qu’il estimait le mieux pour elle… »

Après la crise, il faudra tirer des leçons de cette épidémie

Pour pallier le désarroi des résidents enfermés et des familles qui ne peuvent assister aux derniers moments de leurs parents à cause des procédures sanitaires très strictes, Pascal Champvert préconise « l’embauche massive de psychologues, pour maintenant et pour après ». Le président de l’AD-PA estime aussi qu’un geste symbolique pourrait être fait : « Nommer un ministre des personnes âgées, cela augurerait une meilleure prise en compte de leurs problématiques spécifiques pour l’avenir. » S’il n’a pas encore été entendu à ce sujet, Pascal Champvert semble avoir eu l’oreille de l’exécutif, auprès duquel il a plaidé depuis plusieurs semaines pour que les bénévoles et les familles puissent de nouveau entrer dans les Ehpad « avec, bien sûr, des dispositifs adaptés ». Chez les médecins coordonnateurs, on prend aussi des initiatives : « Malgré le confinement, j’ai demandé à un kiné de revenir au sein d’un établissement, explique ainsi Nathalie Maubourguet. Sans cela, certains résidents risquaient de ne plus jamais pouvoir marcher… »

De l’avis de tous, après la crise, il faudra tirer des leçons de cette épidémie. Le fait que les soignants se soient vus reconnus leur a fait prendre conscience de l’utilité sociale de leur métier. « Il y a une humanité qui est encore plus importante que d’habitude. Le directeur lui-même est là tous les jours depuis un mois. On est tous très solidaires, à tous les niveaux. Il y a un climat de confiance, de rapprochement, qui est vraiment important », se félicite Françoise, 63 ans, aide-soignante depuis vingt-neuf ans à la Villa Evora de Chartres. Bien sûr, il faudra aussi que cela se traduise sur les feuilles de paye. « Pour des personnels qui gagnent à peine le Smic, une prime ne suffira pas », note Pascal Champvert. Quant à Nathalie Maubourguet, elle ne peut imaginer que rien ne change. « Nous avons démontré que ce sont les gens de terrain qui ont réussi à endiguer l’hémorragie dans les Ehpad. Il va falloir enfin nous faire confiance. Et arrêter de soumettre nos budgets à des contraintes bureaucratiques qui amputent le temps précieux que nous devrions consacrer à nos résidents. »

Eugénie Barbezat
 
Un droit de visite pas encore effectif

Deux heures quinze de conférence de presse… et une seule information concrète. Dimanche, Édouard Philippe et Olivier Véran ont annoncé le rétablissement, à partir du lundi 20 avril, d’un «  droit de visite pour les familles » dans les Ehpad et les établissements accueillant des personnes en situation de handicap. Dans des conditions « extrêmement limitées », de façon « très encadrée », a précisé le ministre de la Santé. Comment ? « Ce sera à la demande du résident », avec « pas plus de deux personnes de la famille » et « sous la responsabilité des directions d’établissement », a énuméré M. Véran. Bien sûr, les contacts physiques resteront proscrits. L’AD-PA, Association de directeurs d’Ehpad, a salué cette décision du gouvernement, « très encourageante, compte tenu du nécessaire prolongement du confinement sur les semaines à venir ». Et souhaité que les nouvelles modalités puissent être « adaptées » aux visites de kinésithérapeutes et de bénévoles « pour préserver et accompagner l’autonomie à la marche et le temps de vie sociale ». Concrètement, rares étaient hier les Ehpad en capacité de rendre effectif ce droit de visite, la plupart réclamant du temps – et du matériel –, pour pouvoir le mettre en place. Samedi, le département du Bas-Rhin avait déjà annoncé son intention de permettre aux familles de rendre visite aux personnes âgées hébergées en Ehpad.

 
Partager cet article
Repost0
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 05:52
L'OFCE et l'Insee estiment l'impact économique de la crise du coronavirus: un coût de 125 millards pour la France, le risque de 400 000 chômeurs en plus (L'Humanité, 21 et 24 avril 2020)
Mardi, 21 Avril, 2020
Première estimation du coût de la crise pour la France : 125 milliards et 400 000 chômeurs de plus selon l’OFCE

L’OFCE publie une sorte de portrait-robot économique de la France confinée. Bilan : une perte de revenus vertigineuse pour les entreprises, l’État et les ménages.

On savait que la France traversait une récession sans précédent. Il restait à chiffrer le montant de la facture pour chaque catégorie de la population, et c’est ce que l’OFCE (organisme de prévision affilié à Sciences-Po) s’attache à faire dans sa dernière publication. Il s’intéresse à trois catégories d’agents économiques : les ménages, les entreprises et les administrations publiques (ou APU, c’est-à-dire l’État, les collectivités territoriales, la Sécu, etc.). Huit semaines de confinement leur coûteraient la bagatelle de 125 milliards d’euros.

Augmentation du taux d’épargne... pour certains

57 % des pertes seraient supportées par les APU (72 milliards), qui doivent financer le plan de sauvetage de l’économie décidé par le gouvernement : chômage partiel, fonds de solidarité, etc. Les entreprises soutiendraient, quant à elles, 35 % de l’ensemble des pertes (soit 44 milliards) et les ménages « seulement » 8 %, mais pour un montant malgré tout substantiel : 9 milliards d’euros, soit environ 400 euros de moins par ménage en moyenne sur la période ! Cette chute s’explique notamment par l’absence de compensation financière intégrale de certains dispositifs. Par exemple, environ 1,2 million de salariés et 100 000 travailleurs non salariés ont dû prendre des arrêts de travail pour garde d’enfants, selon les estimations de l’OFCE, ce qui se traduirait par une perte nette de revenu d’environ 600 millions d’euros.

Un certain nombre d’analystes s’émeuvent, depuis quelques jours, d’une augmentation en flèche du taux d’épargne des ménages. Selon l’OFCE, les Français pourraient cumuler environ 55 milliards d’euros d’« épargne forcée » (c’est-à-dire de l’argent non dépensé en raison d’un empêchement à consommer), mais il faut rappeler que ce phénomène est très inégalitaire : un cadre supérieur sans enfant épargnera bien davantage qu’un smicard qui doit payer les repas de ses enfants privés de cantine…

Le risque d’une spirale récessive

La note de l’OFCE cherche également à examiner les effets de la crise sur le marché du travail. Et malgré tous les filets de sécurité (chômage partiel, fonds de solidarité, report du paiement de cotisations sociales, etc.), le choc pourrait être brutal. Selon les économistes de l’organisme, la France pourrait compter 400 000 chômeurs supplémentaires à l’issue du confinement. Ce chiffre, à prendre avec précaution évidemment, intègre les licenciements (au moins 220 000 personnes, selon les estimations), les fins de période d’essai, les fins des contrats courts, etc. Il ne faut pas oublier les salariés qui verraient leur contrat interrompu pendant la période d’essai mais sans pouvoir bénéficier du chômage et qui seraient obligés de s’inscrire au RSA (60 000 personnes, selon l’OFCE).

Toute la question est de savoir dans quel état le pays sortira du confinement et quelles seront les politiques publiques mises en place afin de relancer la machine. L’OFCE se demande par exemple comment l’État compensera les pertes d’exploitation subies par les entreprises et s’il exigera le remboursement des montagnes de créances accumulées (non-paiement des cotisations sociales). « Le risque est grand de voir s’enclencher une spirale récessive dont les mécanismes sont très habituels, craint l’OFCE. Faillites et réduction de l’emploi conduiront à une réduction du revenu des ménages qui alimentera la réduction de l’activité. »

Il faudra donc venir en aide aux entreprises, mais pas n’importe comment : l’organisme préconise un soutien ciblé, en fonction notamment des pertes effectivement subies.

Vendredi, 24 Avril, 2020 - L'Humanité
Statistiques. L’économie française placée « sous anesthésie »

L’Insee chiffre à 35 % la chute de l’activité. La convalescence s’annonce longue et douloureuse.

 

Difficile de renouveler les expressions imagées pour dépeindre l’étendue de la crise que nous traversons. Temple de la statistique publique, l’Insee s’est mue en médecin de famille pour ­diagnostiquer que, « comme un organisme placé sous anesthésie, l’économie française n’assure plus que ses fonctions vitales. Les mesures de soutien budgétaire aux entreprises et aux ménages visent notamment à favoriser les conditions du réveil – dont on sait qu’il ne sera que très progressif – puis de la convalescence ».

Dans sa note de conjoncture publiée ce jeudi, l’Institut national remarque que les données administratives classiques consolident l’état des lieux dressé empiriquement fin mars. Au 23 avril 2020, l’activité économique globale est en baisse de 35 % par rapport à la normale. Si l’industrie et le BTP ont un peu relevé la tête du fait de quelques réouvertures d’usines ou de chantiers (- 39 % au 23 avril contre - 43 % au 9 avril pour la première, - 79 % contre - 88 % pour le second), les branches agricoles ont perdu un peu de terrain (- 13 % contre - 10 %) et le secteur marchand (hors loyers) est stable dans sa chute (- 49 %). Quant à la consommation des ménages, malgré un léger rebond des paiements par carte, elle s’est contractée d’un tiers de sa normale. Or, ceux-ci comme les entreprises auront à payer la note, même si la hausse spectaculaire du déficit public amortit la majorité du choc lié à la considérable perte de revenu national.

Dans cette note cataclysmique, l’institut a laissé un petit commentaire :  « Ce choc se distingue par sa soudaineté et par son ­ampleur, qui découlent directement de sa nature très singulière : la mise à l’arrêt “volontaire” – faute de mieux pour lutter contre l’épidémie – d’une large partie de l’économie. » Aux futurs électeurs et aux historiens de se faire un avis sur la gestion de cette crise par le pouvoir en place !

Stéphane Guérard
Partager cet article
Repost0
23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 12:07
Les sénateurs communistes viennent de faire adopter un amendement sur l’interdiction des aides d’Etat aux entreprises résidant dans des paradis fiscaux !

Les sénateurs communistes viennent de faire adopter un amendement sur l’interdiction des aides d’Etat aux entreprises résidant dans des paradis fiscaux !
Vivement le passage à l’Assemblée.. !

Glenn Le Saoût

" Nous débutons le débat en séance sur le projet de loi de finances rectificatif.Nous allons défendre des amendements visant à solliciter la contribution des hauts patrimoines,des dividendes,des compagnies d’assurance,des revenus les plus élevés...au nom de la solidarité et de la justice fiscale.
Dans le même esprit un amendement proposera le refus des aides d’argent public aux entreprises qui ont des liens avec les paradis fiscaux...
À suivre....

Dans le cadre du débat au Sénat sur le projet de loi de finances rectificatif,adoption contre l’avis du Gouvernement et de la Commission des Finances d’un amendement visant à empêcher le versement d’aides publiques à des entreprises ayant des liens avec les paradis fiscaux...
Amendement identique déposé par les centristes,les indépendants et le groupe communiste,républicain,citoyen et écologiste" .

Page Facebook d'Eric Bocquet

 

#COVID19 #PLFR2

110 milliards d'€ d'argent public
Aucune recette
Aucune contribution des plus riches ni des actionnaires
Des aides insuffisantes pour la population
Le logiciel libéral confirmé

➡️ Voilà pourquoi nous votons CONTRE ce nouveau plan d'urgence, comme le souligne Pascal Savoldelli.

❗️Sénat: rejet d'une aide d'urgence aux plus défavorisé.e.s❗️
Irresponsabilité et irrespect du gouvernement et de la droite!

Dans le cadre de l'examen par le Sénat du 2ème Projet de Loi de Finances Rectificatif, j'ai déposé au nom du groupe CRCE un amendement proposant d'accorder 300€ en urgence, au bénéfice des personnes et ménages les plus fragilisés par les impacts de la crise sanitaire du Covid19.

Alors que pour faire face aux multiples conséquences de la pandémie en cours, nous débattons d'un PLFR qui engage 110 milliards d'euros d'argent public, notamment pour soutenir les conditions de la reprise de l'activité des entreprises, le gouvernement et la droite via le rapporteur général LR de la commission des finances ont en une fraction de secondes émis un avis défavorable à notre amendement, sans argument aucun. « Circulez, Il n’y a rien à voir ! ».

Au moment même où les ménages populaires sont confrontés par exemple à une explosion du coût des dépenses alimentaires de 9% pour les seuls fruits et légumes et à d’autres coût de la vie qui creusent les inégalités. C'est indécent ! C’est irresponsable et irrespectueux !

 

Partager cet article
Repost0
23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 11:53
Partager cet article
Repost0
22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 14:25
Le PCF lance une grande pétition nationale - Ce n'est pas à nous de payer la crise !
Le PCF lance aujourd'hui une grande pétition nationale
Ce n'est pas à nous de payer la crise !
Nous demandons au Président et à son gouvernement de prendre d'urgence 4 mesures de solidarité nationale, qui doivent être financées par l'Etat, les banques et les profits des entreprises :
  • Blocage des prix de l'alimentation, de l'eau, de l'énergie, des télécoms et suppression de la TVA sur les produits de première nécessité.
  • Gel des loyers et des prêts immobiliers.
  • Versement d'une allocation exceptionnelle jusqu'à 300 euros par mois pour les 9 millions de français vivant sous le seuil de pauvreté.
  • Indemnisation à 100 % du chômage partiel et augmentation du SMIC de 20% et augmentation des plus bas salaires, des minimas sociaux et des pensions en conséquence.

A SIGNER ET FAIRE SIGNER EN MASSE !

La Pétition est accessible ICI ou en cliquant sur l'image :
Partager cet article
Repost0
21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 08:07
Plus que jamais, le 1er mai - Appel syndical unitaire CGT, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef, UNL

COMMUNIQUÉ DE PRESSE INTERSYNDICAL CGT, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef, UNL

Alors que le monde entier fait face à la pandémie, ce 1er-Mai sera plus que jamais la journée internationale de luttes des travailleuses et travailleurs.
Depuis le début de la crise sanitaire, des millions de personnes sont confinées. De nombreux pays vivent grâce aux oublié.e.s, aux invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie.
Évidemment, ce sont d’abord l'ensemble des personnels de santé qui n’a pas compté ses heures, son dévouement. Ensuite, il y a tous les salarié.e.s, souvent des femmes, du commerce, de l'agro-alimentaire, du paramédical du social, du nettoiement, etc., ainsi que tou.te.s ces agent.e.s de la fonction publique qui ont continué d’assurer leurs missions de service public et, plus largement, ceux et celles qui travaillent au service de la population.
Les paroles de reconnaissance des gouvernements n’ont pas été suivies d’actes forts. Les mots sont évidemment insuffisants pour exprimer notre colère et notre détermination à faire changer les choses. Nous porterons ce 1er-Mai 2020, bien que confiné.e.s, les revendications qui sont plus que jamais d’actualité :

Car sacrifier la santé des travailleur.euse.s n’est pas admissible
Si la « reprise » de la vie sociale dont le travail fait partie est une espérance, une nécessité pour beaucoup d’entre nous (et, pour d’autres, plus pour remettre leur profit à l’ordre du jour), cela ne peut se faire sans la garantie la plus absolue de la sécurité de chacun, chacune, ainsi que celle de ses enfants. La santé, la sécurité,, le droit de retrait, de grève, le droit syndical doivent être respectés !

Car sacrifier les droits des travailleur.euse.s sur l’autel de l’économie n’est pas tolérable et ne pourra continuer quelle que soit la situation
Des semaines à 60 heures de travail, la perte des congés, des jours de repos, le travail dominical étendu, les abus sur le télétravail ne sont pas légitimes et ne peuvent durer ! Ce n’est pas une prime donnée au bon vouloir du patron ou de l’employeur public, une aide ponctuelle aux plus modestes qui suffiront aux travailleur.euse.s : ce sont de vraies revalorisations salariales du Smic et des salaires, en particulier dans les conventions collectives où ils sont les plus bas, tout comme dans la fonction publique !

Sacrifier les plus précaires d’entre nous n’est pas admissible dans une société d’égalité et de solidarité :
Vacataires, intérimaires, intermittent.e.s, services civiques, la précarisation des travailleur.euse.s s’est multipliée ces dernières années et la situation des chômeur.euse.s et étudiant.e.s a été dégradée, tout comme celle des sans-papiers aujourd’hui ignoré.e.s sur le plan sanitaire comme social.
Elles et ils payent le prix fort de la situation et les inégalités sociales explosent. Le manque d’investissement au niveau de la santé, la réforme de l’assurance chômage, le projet de réforme de la retraite par points, mettent à mal la protection sociale, laquelle est un socle protecteur.
De plus, le développement des services publics est nécessaire et indispensable pour assurer l'égalité et répondre aux besoins de la population. De nombreuses aides sont prévues pour les entreprises, alors que pour ceux et celles qui sont dans les situations difficiles, elles restent mineures. Il faut permettre la suspension des loyers et des dépenses de toute l’énergie, une aide pour l’accès à internet et aux transports car nous savons que si la crise sanitaire peut régresser, la situation économique et sociale va continuer à faire des dégâts.
Cette situation inédite qui peut, malheureusement, perdurer et/ou continuer, a remis en lumière l’essentiel : un hôpital et un système de santé publique avec de vrais moyens humains, matériels, financiers, un système de protection sociale large tout au long de la vie, des services publics qui ne sont pas sacrifiés par des politiques de restructurations, suppressions au bénéfice des appétits de ceux qui prospèrent dans ce système capitaliste !
Le 1er-Mai doit permettre à chacun et chacune de s’emparer de ces revendications et par tous les moyens de les rendre visibles.
Même confiné.e.s, manifestons toutes et tous le 1er-Mai, avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux (...) et donnons à cette journée une véritable force collective !
Le 1er-Mai, soyons visibles, solidaires, déterminé.e.s. Nous ne paierons pas la crise générée par des choix politiques d’un système capitaliste mortifère.
Transformons le monde de demain en un monde vivable, de justice sociale, écologiste et féministe !

Montreuil, le 20 avril 2020

Partager cet article
Repost0
21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 07:00
Ehpad : tout ce qui aurait pu éviter ce drame... et qui a été ignoré (L'Humanité, 21 avril 2020, Aurélien Soucheyre et Maurice Ulrich)
Mardi, 21 Avril, 2020 - L'Humanité
Ehpad : tout ce qui aurait pu éviter ce drame... et qui a été ignoré

« Notre pays ne remplit pas ses devoirs à l’égard des plus vulnérables. » Ce terrible constat sur les Ehpad, corroboré par des élus FI et PCF, a été dressé par une députée LaREM... en 2017. Depuis, le gouvernement a reçu une foule de rapports alertant sur la situation catastrophique dans les établissements pour personnes âgées dépendantes. Mais les solutions proposées ont quasiment toutes été enterrées.

 

Avant même d’être frappés de plein fouet par l’épidémie de coronavirus, les Ehpad étaient déjà en « profonde crise ». La sonnette d’alarme a été tirée à maintes reprises, et de nombreux rapports ont été remis au gouvernement depuis l’élection d’Emmanuel Macron, qui n’a jamais répondu à la hauteur des enjeux. Dès septembre 2017, les députés PCF et FI s’émeuvent d’une grève de 117 jours dans un établissement, les Opalines à Foucherans (Jura). La commission des Affaires sociales met en place une « mission flash » en urgence, conduite par Monique Iborra. « Notre pays ne remplit pas ses devoirs à l’égard des plus vulnérables », alerte la députée LaREM, qui livre des conclusions au vitriol. Les Ehpad sont en sous-effectif grave, avec des conditions de travail indignes. Les accidents du travail y sont deux fois supérieurs à ceux du BTP. Les salaires des personnels beaucoup trop faibles, et les prix souvent exorbitants pour les familles. La tarification à l’acte est qualifiée « d’équation kafkaïenne », et le service rendu insuffisant. « Les Ehpad sont un lieu de souffrance de notre société. Souffrance de la maltraitance et souffrance au travail », dénonce le député PCF Pierre Dharréville.

En 2018, 31 mesures pour «changer de modèle»

Mais le gouvernement refuse tout plan ambitieux et se cache derrière des promesses. Les parlementaires reviennent à la charge en mars 2018. Le sénateur LR Bernard Bonne pointe dans un rapport « une dérive sanitaire de l’Ehpad », et appelle à une réforme globale. Quelques jours plus tard, Monique Iborra et l’élue FI Caroline Fiat (lire aussi notre entretien) présentent une nouvelle mission. « La profonde crise des Ehpad ne peut laisser indifférent », écrivent-elles, sachant que les « professionnels expriment ne plus pouvoir exercer dans des conditions humaines et décentes leur métier », avec le soutien des directions et l’interrogation constante des familles. Elles indiquent en outre que les structures privées sont en moyenne plus chères et moins dotées en effectifs que les publiques. Et s’inquiètent que, avec 24,5 aides-soignants et 6 infirmiers pour 100 résidents, le temps de soin et de toilette est « inférieur à une heure par jour ». Elles proposent enfin un plan de 31 mesures pour un « changement de modèle ».

Buzyn alertée : il manque 60 000 postes

Olivier Véran, alors rapporteur du budget de la Sécurité sociale, les chiffre à 7 milliards d’euros. Soit beaucoup trop pour le gouvernement. Mais l’exécutif, conscient que la question monte, prend soin de déployer sa communication. La ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, assure qu’un plan est en préparation. En janvier 2019, elle reconnaît que les Ehpad sont « à bout de souffle », et que 20 000 postes vont être créés, sur 60 000 manquants… En mars, lors des assises des Ehpad, elle annonce « des mesures fortes », dès lors que le rapport de Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale, lui sera remis. « Le gouvernement passera à l’action pour porter des solutions immédiates » qui feront « une différence dès 2019 », affirme-t-elle.

Beaucoup de promesses pour quelques mesurettes

Agnès Buzyn reçoit le rapport quelques jours plus tard. Il préconise la création de 80 000 postes d’ici à 2024, l’utilisation de 3 milliards d’euros sur dix ans pour rénover les Ehpad, des baisses de reste à charge de 300 euros pour les plus modestes et un soutien de 550 millions pour les services d’aide à domicile. Mais l’heure n’est pas encore à présenter la « loi grand âge ». Si bien qu’en août 2019, la ministre en est toujours à promettre « de l’argent pour les Ehpad », pour le budget… de 2020. En octobre 2019, nouveau rapport, cette fois-ci signé par l’ancienne ministre du Travail Myriam El Khomri, qui propose 825 millions d’euros pour de nouvelles embauches. « Nous ne sommes pas préparés au vieillissement de la population », s’inquiète alors Agnès Buzyn, qui finira par présenter des mesurettes après avoir beaucoup communiqué et ignoré la proposition de loi « d’urgence pour la santé » des parlementaires PCF, pourtant conséquente et budgetée.

Mardi, 21 Avril, 2020 - L'Humanité
Éditorial. Marchandise

L'éditorial de Maurice Ulrich. 

La loi grand âge, lancée au son du clairon avec une vaste consultation en ligne à l’automne 2018, devait donner des pistes, élaborer des solutions. Il y a eu des milliers de réponses, des propositions. Depuis, rien

À la liste des cyniques et des imbéciles dopés par la crise, on peut ajouter Christophe Barbier, avec mention, sur BFM, appelant à une reprise rapide pour l’économie : « Pour sauver quelques personnes âgées, on va mettre des milliers de gens au chômage ? » Cynique et imbécile, au service de cette perversion intellectuelle qui a fait de « l’économie » et plus précisément du profit et de la rentabilité, quoi qu’il en coûte, l’alpha et l’oméga des politiques libérales. C’est précisément parce que la santé de tous, et plus encore celle des personnes âgées, lui a été soumise que nous en sommes là.

On pensait des propos comme ceux-ci proscrits par les pages les plus sombres de l’histoire, car il ne s’agit pas de « quelques personnes très âgées », mais de près de 8 000 morts désormais dans les Ehpad, dont environ 300 appartiennent au groupe Korian, avec 30 000 lits. Les bénéfices de la société, cotée en Bourse, ont progressé de 10,4 % l’an passé et sa présidente, dont le salaire avoisine le million d’euros, se flattait de sa solidité. Aurait-on oublié les grèves qui se sont multipliées, cette même année, pour les salaires, les conditions de travail et d’accueil, les moyens d’aide et de soin ? Pour « l’économie », l’âge et la dépendance sont un marché et, disons-le avec rage, « les vieux » sont une marchandise.

En juin et juillet 2018, devant la Mutualité française et devant le Congrès, Emmanuel Macron évoquait la dépendance. Au rythme actuel, elle devrait concerner 1,6 million de personnes en 2030, 2,5 millions en 2060. Il invitait à regarder le problème en face : « Ne pas le voir ou considérer que ce serait l’affaire de quelques-uns, c’est ne pas nous traiter dignement nous-mêmes », ou encore, « il nous faut construire pleinement le financement et l’organisation de ce risque social ». En les laissant au privé ?

La loi grand âge, lancée au son du clairon avec une vaste consultation en ligne à l’automne 2018, devait donner des pistes, élaborer des solutions. Il y a eu des milliers de réponses, des propositions. Depuis, rien. Le monde d’après, comme on dit maintenant, va-t-il apporter des réponses ? Il faudrait, il faudra, changer de vision de « l’économie ».

Par Maurice Ulrich
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011