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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:26

Alors, ces primaires?  Démocratisation de la vie politique par une ouverture plus grande de partis à bout de souffle et à court de légitimité ou processus d'américanisation de la vie politique française et de marginalisation des autres partis de gauche que l'on cherche à transformer en satellites ou en sectes contestaires s'effaçant devant la grosse écurie gouvernementale qui parle aux français les yeux dans les yeux et leur demande d'arbitrer ses différences idéologiques mineures et ses conflits d'intérêts et d'ambitions internes?

Comment ne pas le reconnaître, il y a beaucoup d'électeurs de gauche, même très critiques vis à vis des choix et dufonctionnement du PS des dernières années ou décennies, qui s'intéressent à ces primaires, et se demandent s'ils vont aller y voter. On vous donne l'opportunité de juger qui à le profil le plus intéressant pour gagner face à la droite et qui conduirait en tant que président la meilleure politique au sein du parti qui à gauche a a priori le plus de chance d'amener un réprésentant au second tour des Présidentielles: c'est tout à fait normal d'être émoustillé par la perspective du choix et de commencer à s'intéresser aux débats des primaires, mêmez feutrés et poseurs. De là à se passionner pour la personnalité et les petites phrases de Martine, Manuel, François, Arnaud ou Ségolène, il y a peut-être un pas dificile à franchir, où alors il faut vraiment que de brillants commentateurs politiques nous prennent par la main...   

En tant que simples citoyens, moi et mes amis, nous rêverions que le PS au pouvoir soit enfin de gauche et applique la politique de démondialisation, de transformation de l'Union Européenne, de protection des salariés et de combativité vis à vis du capital, que propose Montebourg... Sans parler de son mot d'ordre d'une 6ème République dont il ne parle plus guère, s'alignant peut-être sur le projet socialiste qui conserve un statut quo favorisant chaque jour davantage le bipartisme et donc les intérêts partisans des socialistes.

Mais j'avoue que je n'y crois pas. Montebourg a démontré ses qualités de girouette opportuniste en passant au gré de ses intérêts personnels et de ses calculs d'un camp à l'autre du PS, de la gauche anti-libérale au soutien à Ségolène Royal. Il cherche surtout dans ce contexte un positionnement tactique qui lui permet d'exister et de continuer à faire parler de lui. Il essaiera peut-être d'arracher quelques promesses à Martine Aubry en monneyant chèrement ses 10 à 15%. Et encore... Un ministère lui suffira sûrement.  

Faut-il alors jouer le "tout sauf Hollande" parce qu'il assume le choix de la rigueur budgétaire et de nouveaux sacrifices sociaux à faire au nom du retour à l'équilibre des comptes depuis qu'il se positionne sur une ligne centriste delorienne après avoir eu la mollesse et le sens du non-choix proverbiaux de cet état quand il était premier secrétaire du PS? 

Mais, quoique que l'on puisse apprécier davantage sa cohérence et se plaire à imaginer une femme présidente, Martine Aubry offre t-elle vraiment des garanties pour mener une politique de gauche dans le cadre de la crise de la dette et d'engagements européens du PS qui vont avec une adhésion au principe de recherche de compétitivité dans le capitalisme mondialisé et celui, illusoire, d'une gestion travailliste ou sociale-démocrate à la papa de ce système capitaliste qui s'emballe et emporte les sociétés européennes dans la tourmente? Je ne le crois pas. 

Sa majorité au PS est à l'origine d'un projet du Parti pour 2012 qui prévoit l'austérité bugétaire faute d'aller chercher l'argent là où il goinfre la minorité de priviligiés, n'envisage pas de tourner le dos au traité de Lisbonne, à la réforme des retraites, ni d'augmenter les salaires, de lutter contre le travail précaire, de revenir sur les déremboursements de médicaments et la réforme de l'hôpital ou de remplacer les centaines de milliers de postes supprimés par Sarkozy et ses sbires dans la fonction publique. Ce sont les insuffisances de ce projet socialiste, pour qui en a connaissance, qui doivent nous conduire à refuser de laisser croire, et donc de vouloir, que seuls les socialistes soient capables à gauche d'atteindre le second tour des présidentielles, et donc que leur candidat représente potentiellement toute la gauche.

 

Au Front de Gauche, nous avons l'ambition de rendre le pouvoir au peuple en commençant par le repolitiser et faire monter le niveau de ses exigences en faveur d'un changement de société émancipateur. Nous voulons que cette société de plus en plus dure, individualiste et inhumaine change vraiment et non pas simplement que les pauvres et les classes moyennes prennent moins de coups parce que Sarkozy, le représentant assumé de l'oligarchie, sera détrôné. Nous avons donc l'espoir et la volonté de passer à plus ou moins court terme devant les socialistes au premier tour des élections. Ceux-ci, même si leurs scores et leurs butins électoraux restent flatteurs du fait des institutions, du black-out des médias sur les alternatives et des logiques du pseudo-vote utile, ne suscitent guère la confiance et l'estime de la population, au niveau national du moins, et n'ont plus de projet historique à la hauteur des enjeux de la période. De plus, les dirigeants du PS, qu'ils soient des politiciens professionnels précoces ou bourgeois dotés d'un capital social, culturel, scolaire, qui les persuadent d'être nés pour gouverner,  ont montré à de multiples reprises qu'ils faisaient corps avec le système et n'étaient nullement une menace pour les intérêts capitalistes.       

 

L'avantage de leur primaire pour les socialistes, c'est que même les médias de droite ou de centre-droit se choisissent un champion au PS pour ne pas décevoir l'intérêt du public et renforcer le bipartisme tout en faisant croire qu'ils respectent la diversité des sensibilités politiques des lecteurs.

 

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A défaut de DSK, et en pleine sarko-sinistrose, le Télégramme de Brest, soutiendrait Hollande..

Ainsi,  y a dix jours, en page 3 du Télégramme du 19 septembre 2011, je lis un gros titre à rassurer papi et mamie "La compétence et la morale" et juste, en dessous, devinez qui apparaît avec l'air vraiment sérieux et chagriné d'avance pour nous qui allons, par "esprit de responsabilité", tout faire pour revenir à 3% de déficit dès 2013 (on est presque à 7% du PIB de déficit aujourd'hui) et appliquer le Pacte de Stabilité pour l'euro... Je vous le donne en mille: François Hollande en veste et cravette bleue, les lèvres fermées et le regard sévère de l'homme qui sait qu'il va nous dire quelque chose qui ne va pas plaire mais qu'on doit être capable d'entendre.

La légende: "Pour séduire les français en vue de la présidentielle, les candidats à l'Elysée ne pourront faire l'économie d'un discours sur la morale publique". Tant qu'il ne s'agit que d'un discours et d'un impératif de communication, tout va bien. Strauss Kahn avait, selon les raccourcis du Télégramme qui ne prétend s'appuyer que sur la rumeur publique, la compétence sans la morale. Hollande incarnerait-il la réconciliation de ces deux qualités si l'on en croit le raccourci inconscient qui se fait à la vue du titre et de la photo?  

L'éditorialiste Christine Clerc, marque néanmoins certaines réserves dans l'article renversant de subtilité qui entoure la photo, où elle définit l'homme, très calculateur et ennuyeux malgré son sens de l'humour pince sans rire, en "bon élève de Jacques Chirac le Corrézien et de François Mitterrand le Charentais". Oh! tout de même, il n'a pas toutes les qualités François, puisqu'il promet 60000 créations de poste dans l'éducation nationale et pour Mme Clerc spécialisée en voyance, c'est sans doute le gros mensonge qui lui fera de gagner des chances d'être élu. Elle préfère néanmoins Manuel Valls qui ne sacrifie pas la vérité à la conquête du pouvoir.

  

Il y a deux jours, je reçois dans ma boîte aux lettres comme beaucoup de morlaisiens deux tracts du PS destinés à aller ensemble, l'un pour appeler à voter aux primaires socialistes, l'autre pour aller voter comme Marylise Lebranchu (députée), Richard Ferrand (Pdt du groupe PS à la région), Jean-Luc Fichet (Sénateur), Gwenegan Gui (vice président de la Région), Joëlle Huon (vice présidente du Conseil Général du Finistère), André Prigent (maire de Plougonven)...etc. 

Car, me dit-on, le Finistère (il s'agit peut-être ici plutôt du Finistère qui compte vraiment) est avec Martine Aubry. Le texte commence par coutumière concession à la lamentation compassionnelle: "La République va mal et les français souffrent" pour se terminer sur un éloge de Martine Aubry "femme de gauche et femme d'Etat". On n'a pas jugé utile de dire ici que Martine Aubry a gagné ses brevets de pilote d'Etat par sale temps de crise financière en rappelant qu'elle a été n°3 de Péchiney avant de hanter les palais de la République. 

 

Comment interpréter la forme significative de ce prospectus sans contenu ? 

 

Appelle t-on le lecteur à se dire: "j'aime mon chef qui aime ce chef, donc je devrais aimer le chef que se reconnait mon chef"... ? "Les mauvais langues diront peut-être avec perfidie que l'on a constitué les comités de soutien en mode mineur que l'on voit s'étaler dans les communiqués publiés par les socialistes ces derniers jours dans les pages locales des quotidiens régionaux selon la même logique de caporalisation motivée par des intérêts d'ambition individuelle: "mon chef dit que ce chef serait mieux pour nous, donc si je veux être bien vu, il vaut mieux que je me range à son avis..." 

D'autres, plus malveillants encore, diront que les élus locaux se donnent de l'importance en s'affiliant à l'un des poids lourds en concurrence, Aubry et Hollande, conduits en attelage jusqu'à la victoire ou la défaite par des chevaux légers toujours aussi impétieux malgré les années et le cumul des mandats: sénateurs ou députés, conseillers régionaux, maires ou présidents de comité d'agglomération...

 

En tout cas, on ne peut que constater une chose: il n'y a dans ces tracts aucun projet, aucune proposition faite à la population, aucune analyse de la situation de crise profonde qu'elle subit. Ces Primaires censées passionner les français selon les médias dominants lassés de la mafia sarkozyste et en mal de gouvernements "sérieux et modérés", sont moins une résonnance des luttes sociales, des interrogations politiques et des difficultés que traverse le pays que des exercices d'auto-satisfactions nombrilistes et des exercices d'affiliation à des Champions dont on décline à l'envie, à défaut de projets structurés en phase avec les enjeux de l'époque, les traits de personnalité, les stratégies de com' et les habiletés. Bref, encore une fois, ce qui sembler primer sur le débat d'idées, c'est la politique-spectacle, la personnalisation des enjeux électoraux, la lutte pour les bonnes places à tous les niveaux du pays et du parti, l'espoir rabougri du changement des dirigeants sans le changement social... En interne, il est possible qu'on parle plus logos, coupes de cheveux, pages Facebook, comptes twitter, passages radios et télés des champions, trahisons des personnalités et revanches à prendre, pronostics et sondages, plus que de la crise financière, du chômage, des bas salaires et de la précarité, de la montée du Front National.  

En attendant, les socialistes parviennent depuis quelques semaines à  occuper la quasi-totalité de l'espace médiatique, en laissant à peine une petite place pour les états d'âme de centristes sarkozistes repentis comme Borloo ou Morin ou pour les déroutes et les affaires de corruption de la droite. Depuis qu'Hulot n'est plus l'homme providentiel de l'écologie, on entend plus parler d'Europe Ecologie les Verts, encore moins du NPA, du Front de Gauche, si ce n'est pour salir Mélenchon, à défaut de prendre au sérieux et d'argumenter contre nos analyses de la situation et nos propositions, en repassant en boucle le film de ses mouvements d'humeur périodiques.

 

Dans l'opinion, on cherche à imposer l'idée que les espoirs de la gauche ne peuvent être portés que par un candidat PS que l'on retrouvera quoiqu'il arrive au second tour si l'électeur ne joue pas la politique du pire en se faisant plaisir en votant pour des petits, laissant ainsi une voie royale à Marine Le Pen. Cette exposition médiatique de leur compétition pour le pouvoir est à double tranchant pour les socialistes car elle ne les rend pas forcément plus aimables en condamnant à l'effacement leurs adversaires de gauche.

En tout cas, elle est l'occasion pour les notables du PS de se faire valoir. Un exemple choisi en tout bien tout honneur: après avoir opportunément rappelé qu'il serait presque logique que DSK appelle à voter Aubry car "après tout, Martine et Dominique ont toujours été sur la même longueur d'ondes" , ce qui est inquiétant, et annoncé sans faire de manière qu'elle serait candidate à un quatrième mandat de député, parce que la démocratie françaisea besoin d'un nouveau souffle, Marilyse Lebranchu confie sans fausse pudeur ses ambitions à Sophie Prévost dans le Ouest France du 10 septembre, en disant qu'elle accepterait sans hésiter un ministère confiée par sa vieille amie Martine Aubry. Tout le monde est appelé à se rejouir pour elle... Mais quel service veut-elle rendre aux français? Quel projet politique veut-elle défendre en prenant des responsabilités dans un gouvernement de gauche éventuel en 2012? Sans doute que l'exercice d'une conférence de presse pour un quotidien régional où il s'agit surtout de se faire photographier avec Martine ne permet pas de rentrer dans ces détails qui n'intéressent guère le lecteur moyen, qui n'aspire qu'à savoir que ses chefs sont bien où ils sont, bien dans leurs pompes...

 

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Ismaël Dupont.    

 

       

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 19:15

Ca y est: le Front de Gauche est en campagne.

On va la changer cette société oui ou non? ça pourrait ressembler à la révolution citoyenne par les urnes comme nos camarades de Bolivie l'ont fait! On va aller chercher tous les indignés, tous les outragés, tous les écoeurés, tous les dégoûtés, tous les martyrisés, pour être au second tour avec un petit 18%!
Il reste bien encore en France 18% de dignes représentants de nos ancêtres révolutionnaires de 1789 tout de même!
Bon dieu, il faut qu'on renverse la table de ces quarante années de consensus politique qui nous ont conduit où nous en sommes!!!
Nous allons créer des collectifs Front de Gauche, où chaque citoyen pourra participer à la campagne, au programme, sans adhérer à quelque parti politique que ce soit.

 

A Morlaix, la réunion de lancement du collectif Front de Gauche est fixée le jeudi 13 octobre à 20 heures, au local du PCF, 2 petite rue de Callac.

 

L'idée est de retrouver une énergie populaire de façon à ce que le vote leur explose à la gueule, comme il leur a explosé à la gueule en 2005, lors du référendum sur la" constitution européenne des marchés financiers!".

 

Le front de gauche avec son programme partagé "l'humain d'abord!" peut devenir ce front populaire qui peut (qui doit!) bouleverser l'histoire de notre pays, comme celui de 1936!

 

Vite fait en résumé, quelques points du programme:

 

- 6ème république, pour qu'on sorte de l'oligarchie, avec certainement la suppression du président de la république. Exit Mélenchon (ça c'est pour ceux qui ne peuvent pas blairer ses couleurs de cravates!).

- SMA, salaire maximun autorisé, soit 20 fois le smic, mais je vous annonce déjà que j'organiserai dés le début du mandat, une pétition citoyenne pour qu'on passe plutôt à 10 fois le smic! Non mais, pourquoi pas 200 fois le smic pendant qu'on y est?

- RMA, revenu maximum autorisé, au dessus de 360 000 euros par an, on prend tout! ( C'est possible qu'on lance une pétition aussi!)

- Planification écologique, parce qu'une croissance infinie n'est pas possible dans un monde fini! J'ai rencontré l'autre fois un enfant de sept ans qui avait compris cela!!!

- Référendum sur l'orientation nucléaire de notre pays, avec une effervescence démocratique comme celle de 2005 pour se désintoxiquer de quarante années de propagande sur le sujet! Quand je vous disais qu'on ne va pas s'ennuyer! 

- SMIC à 1700 euros brut, et à ceux qui vous disent que ce n'est pas possible, demandez leur plutôt si c'est possible de vivre correctement avec le SMIC actuel!

- Sortie du Traité de Lisbonne parce que nous ne voulons plus que nos enfants vivent dans une société ou le dogme de la finance et de la concurrence de tous contre tous passe avant tout le reste! Nous c'est le partage, la solidarité et l'humain d'abord!

 

Ensuite il y a tout un tas de mesures, diverses et variées, dans le programme partagé que je me ferais un plaisir de vous donner  quand il sera en ma possession.

Raisonnons logiquement.

Soit la droite reste au pouvoir... no comment!
Soit les sociaux démocrates accèdent au pouvoir (fussent-ils verts!) et alors c'est un avenir à la grecque qui nous attend! Le premier ministre grec, social démocrate, président de la première internationale socialiste!, vient de recevoir les félicitations des institutions européennes, Sarko et Merckel en tête pour la stricte application des deux plans d'austérité qui visent à faire payer la crise au populo qui n'y comprend rien! Mais qui encaisse tout!

On connait leur discours, c'est bien triste ma pov' dame, mais on va pas se mettre à dos nos "partenaires" européens, le monde est libéral, l'europe est libéral, l'économie de marché est partout maintenant, on a adopté le traité de Lisbonne c'est pour que ça nous serve quand même, et il faut qu'on reste concurrentiel face aux pays émergents, nous ne pouvons pas nous marginaliser enfin! Et puis avec plus de croissance nous créerrons de l'emploi et nous partagerons mieux les richesses! Mais il faut aussi reconnaître raisonnablement qu'il est normal de travailler plus longtemps lorsque l'on vit plus longtemps!

Et bla bla bli, et bla bla bla bla!

Bref la sociale-démocratie quoi!

Soit c'est les centristes... la droite quoi!

Soit c'est les fachos... et c'est encore la droite!

 A ceux qui pensent ne pas voter, qu'ils considèrent bien que les copains de Sarko eux, ne vont pas oublier d'aller voter!

A ceux qui pensent que le vote ne sert à rien, parce qu'au final le petit populo se fait toujours baiser, peut-être, mais c'est vraiment pas fatiguant de mettre un bulletin dans l'urne pour la révolution citoyenne, et si malgré tout ça ne fonctionne pas, je serai avec ceux qui feront la révolution à la mode Tunisienne ou Egyptienne, mais il faut bien reconnaître là, que ça risque d'être un peu plus fatiguant et que le résultat est lui aussi plutôt incertain!

HUBERT Peneau.
militant du Parti de Gauche dans le pays de Morlaix.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 05:57

La grève dans l'éducation a été très suivie le 27 septembre. Pourtant le ministère annonçait dès midi 22% de grévistes dans le secondaire et 33% dans le primaire.  Mais, une fois de plus, les chiffres du ministère pour le secondaire ne reflètent pas la réalité puisqu’ils ne sont pas le résultat de la division entre le nombre de personnels en grève et le nombre de ceux qui avaient un service à assurer. Ainsi un gréviste n’ayant pas de cours le matin et faisant grève l’après midi au moment d’assurer ses cours sera compté comme non gréviste, les personnels à mi-temps étant comptés comme ½ grévistes !! Partout en France, les manifestations ont été nombreuses et particulièrement bien fournies: 150000 à 180000 manifestants au total, c'est pas rien, et de surcroît dans une unité syndicale et public-privé. Mais Sarkozy avait autre chose à faire qu'à écouter ces planqués fainéants protégés par leurs statuts qui n'ont jamais à subir les dures lois de la compétition internationale comme les ouvriers, les salariés du privé, les cadres... Toujours la même tactique de division, d'exaspération des préjugés et des rancoeurs entre différentes catégories de la société... Qui a dit que la droite misait sur l'intelligence là où la gauche parlait au coeur?    

 

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A Brest, 5000 manifestants de l'enseignement public et privé ont demandé plus de moyens, des effectifs moins surchargés dans les classes, la possibilité de maintenir une diversité d'options dans la secondaire, et le recrutement d'enseignants qualifiés pour pourvoir les départs non remplacés depuis 5 ans. A Quimper, ils étaient 1500 manifestants.  

En Bretagne, la rentrée 2011 a vu une augmentation de 2300 élèves des effectifs dans l'enseignement public alors que dans le même temps, 40 emplois à nouveau ont été supprimés dans le secondaire (137 en comptant le premier degré et l'administration). Depuis 2007, l'Académie de Rennes a gagné 5400 élèves et perdu 360 emplois. C'est pourquoi les personnels ont manifesté fortement leur mécontentement mardi dernier. En Bretagne, même avec le mode de calcul faussé expliqué précedemment, il y avait 41,5% d'enseignants grévistes en collège, 36,6%  en lycée général, 33% en lycée pro, 45,6% dans le 1er degré. 

Un dossier de L'Humanité dimanche du 22 septembre permet de se faire une juste idée des proportions de l'entreprise de démolition du système d'éducation en France par la droite sarkozyste. 66000 postes ont été supprimés dans l'éducation nationale depuis 4 ans. Ainsi, alors que, entre 2000 et 2008, les dépenses pour l'éducation, privée et publique, ont progressé en moyenne de 32% au sein des pays de l'OCDE, la France a diminué les siennes de manière drastique: en 2011, elle consacrait 6% de son PIB à l'éducation, alors que ce taux était de 6,4% en 2000 et de 6,6% en 1995. 

Tout a été mis en oeuvre pour rendre l'école plus inégalitaire, moins efficace pour élever le niveau d'instruction de tous les enfants et des jeunes:

1°) C'est une évidence, le manque de bons moyens de fonctionnement pour l'école (classes surchargées, profs non remplacés...) pénalise d'abord et avant tout les enfants de la classe populaire ou ceux dont les parents ont des difficultés à aider scolairement leurs enfants, à leur transmettre des habitus et une culture générale favorisant la réussite scolaire, à leur payer des cours de soutien privé.

2°) l"assouplissement" de la carte scolaire et la flambée incontrôlée de l'immobilier dans les villes a réduit la mixité sociale à l'école

3°) cette logique de ségrégation est accentuée par les graves dysfonctionnements (stagiaires ayant eu le concours non formés professionnellement et mis dans des classes d'emblée 18 heures par semaine, profs titulaires absents non remplacés pendant des semaines ou remplacés par du personnel précaire non qualifié, niveau d'encadrement vie scolaire réduit, d'où des problèmes de discipline...) liés aux baisses de moyens dans les établissements publics qui conduisent, surtout dans les grandes villes, une partie des classes moyennes et supérieures à mettre leurs enfants dans le privé, conduits en cela par des logiques individualistes visant la performance et la réussite sociale des enfants.

4°) L'autonomie accrue des établissements et la réforme du socle commun de compétences promue par l'OCDE et l'Union Européenne a accru de son côté (en présentant les choses de manière assez caricaturale) le clivage entre des établissements favorisés qui continuent à dispenser une formation intellectuelle généraliste et exigeante visant à préparer, dès le collège, les élèves au supérieur, et des établissements de zones géographiques moins favorisées qui se recentrent sur des apprentissages utilitaires fondamentaux rendant les jeunes employables sans forcement développer chez les élèves l'ambition d'aller au-delà. Comme le dit très bien le journaliste de L'Humanité, Jean-Claude Benard, "c'est la disparition programmée d'une éducation commune délivrée par le service public et son remplacement par deux écoles distinctes: d'un côté, les écoles du socle commun, limitées à la scolarité obligatoire et formant un salariat destiné aux tâches d'exécution; de l'autre, les écoles du programme et une scolarité étendue jusqu'à bac +3 pour former les salariés destinés aux tâches d'encadrement. En réformant l'éducation, la droite construit un salariat clivé, sans culture commune".

5°)Le collège unique a été villipendé en paroles par la droite et attaqué concrètement, comme en témoigne la valorisation de l'apprentissage précoce pour les enfants de la classe ouvrière par Sarkozy: on réduit ainsi les chances que ces jeunes acquièrent les clefs de lecture critique du monde pour se révolter, pour exiger des augmentations de salaire ou pour vouloir reprendre leurs études plus tard pour évoluer professionnellement.

6°) L'école est de plus en plus conçue comme une entreprise où le chef d'établissement se pense, grâce à sa nouvelle formation, aux pressions et aux flatteries dont il est l'objet de la part de son institution, comme un manager (payé en partie au résultat, à la prime) chargé de relations publiques et d'évaluation différenciée de ses enseignants, en fonction de leur investissement, non dans l'activité pédagogique, mais dans la communication et les projets vitrine de l'établissement destinés à séduire des parents consommateurs.               

 

 

Ismaël Dupont.   

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 16:43

La droite est tombée si bas qu'elle perd la majorité dans une Assemblée qui a été conçue pour être dominée par les notables conservateurs capables de tempérer et d'immobiliser les ardeurs réformatrices de l'Assemblée Nationale, seule émanation directe et réellement légitime de la volonté générale du peuple.

Si le basculement de la majorité au Sénat a été rendu possible par les succès répétés de la gauche et principalement des socialistes aux élections municipales, régionales, départementales, depuis 2002 (la droite n'a fait bonne figure qu'aux Présidentielles et aux législatives de 2007), il traduit aussi, au-delà des divisions de la droite qui reflètent un sentiment d'affaiblissement autant que des contradictions d'intérêts, l'exaspération des élus de terrain face aux pratiques mafieuses de ce pouvoir (affaire Clearstream, affaire de Karachi et des retrocommissions sur ventes d'armes, les malettes d'Omar Bongo et de Liliane Bettancourt...), et aussi face à ses politiques de recentralisation et de casse des services publics et de la protection sociale véhiculées en partie par la réforme des collectivités territoriales.

Une majorité de gauche à l'Assemblée aurait en 2012 les moyens de faire passer des réformes audacieuses sans craindre le blocage et la guerre de tranchées au Sénat. Des enquêtes parlementaires pourront enfin être conduites en toute indépendance sur les pratiques illégales de l'exécutif. Et la droite n'aura pas les moyens d'imposer à marche forcée d'ici 2012 la constitutionnalisation de la rigueur incarnée par sa fameuse règle d'or. C'est une excellente chose.

Le renouvellement des élus et l'entrée au Palais du Luxembourg, en lieu et place de dinosaures de droite connus pour leur népotisme, d'élus désintéressés, travailleurs et atypiques comme Joël Labbé, maire de St Nolff très à gauche (nouvellement à EELV) ou Michel Le Scoarnec (le maire communiste d'Auray), est enthousiasmante. Dans le Morbihan, département historiquement conservateur s'il en est (en dehors de la région lorientaise), comme le fait remarquer Ouest France aujourd'hui, la gauche n'avait eu pendant la Vème République qu'une seule et unique sénatrice: ils sont maintenant trois nouveaux sénateurs de gauche à la remplacer. C'est historique...

Pour le PCF et le Front de Gauche, le plaisir est tempéré par la perte de 3 sièges de sénateurs d'un point de vue global: mais nos élus seront assurément plus utiles à l'intérieur d'une majorité de gauche dominée par le PS qui aura besoin de leurs voix la plupart du temps, et plus encore sans doute de leur force de proposition. 

Voici la réaction de Pierre Laurent lue sur le site internet du Point: 

 

   

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a dit, dimanche, sa "grande satisfaction" de voir le Sénat, "citadelle de la droite", basculer à gauche à sept mois des échéances de 2012, malgré la perte de trois sénateurs dans le groupe CRC-SPG sur les vingt-quatre qu'il comptait. Le Sénat était une "citadelle de la droite depuis le début de la Ve République avec un scrutin taillé sur mesure pour la droite", il va désormais "pouvoir jouer un rôle de point d'appui au mouvement de résistance contre la politique de la droite", a-t-il dit. C'est une "grande satisfaction de voir le Sénat basculer à gauche à sept mois des échéances" de 2012 (présidentielle et législatives), a ajouté le numéro un communiste. Dans ce scrutin sénatorial, le PCF a perdu deux sièges, un en Seine-Saint-Denis "de seulement quelques voix" et un autre (le sortant Bernard Vera) dans l'Essonne "dû à une situation compliquée" avec une liste dissidente PS face à la liste d'union PS-EELV-PCF, selon Pierre Laurent. En revanche, "un siège a été gagné dans le Morbihan" avec Michel Le Scouarnec (PCF), a-t-il souligné. Le groupe CRC-SPG (communistes et Front de gauche) comptait 24 sénateurs (21 communistes, 2 du Parti de gauche et 1 du PC réunionnais), il en compte désormais 21. "Nos listes ont progressé dans la plupart des départements en termes de voix", que ce soit sur les listes Front de gauche ou celles d'union avec le PS, a-t-il dit, soulignant la "progression de l'influence du Front de gauche", ce qui pourtant "ne se retrouve pas en nombre de sièges" du fait du mode de scrutin, selon lui.

 

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:21

 

 

Il n'existe pas encore de vidéo du discours de clôture de Pierre Laurent à la Fête de l'Huma sur le WEB mais voici le lien avec le sîte de l'humanité pour retrouver sa version écrite:

 

http://www.humanite.fr/politique/pierre-laurent-tenez-vous-prets-479729

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 18:38

Dans les pages Finistère du Ouest France du vendredi 9 décembre, le député socialiste du Finistère, Jean-Jacques Urvoas, s'indignait à juste de titre des conséquences de la décision prise par le gouvernement Fillon, dans le cadre du renforcement de la politique de rigueur, de doubler la taxe sur les mutuelles, remarquant que les 1,1 milliards de recettes fiscales supplémentaires ainsi prélevées sur les revenus des classes moyennes et populaires pesaient bien lourd par rapport aux 200 millions d'euros gracieusement concédés à titre exceptionnel par les très très grandes fortunes (plus de 500 000 euros de revenus par an) en échange bien sûr de la suppression de l'impôt sur les grandes fortunes (2 milliards de recettes en moins). Mais on fait croire que l'austérité qui s'imposerait à tous est équitablement répartie car les riches contribuent davantage à l'effort de l'austérité...

Cette surtaxe sur les mutuelles va entraîner une augmentation de leurs tarifs équivalant probablement en moyenne à un mois de cotisation supplémentaire pour les salariés, les retraités, et les précaires. Sachant que les déremboursements partiels progressifs par la Sécurité Sociale du 2003 du séjour hospitalier, de consultations médicales et de soins divers et de nombreux médicaments rendaient déjà les mutuelles plus chères, moins accessibles et pourtant toujours plus nécessaires pour faire face à la maladie ou la prévenir, cette nouvelle pression sur les mutuelles se répercutera fatalement sur leurs usagers et risque d'éloigner de leurs services des millions de français qui n'auront plus les moyens d'accéder aux complémentaires santé et hésiterons à engager de gros frais pour se soigner, ou ne le pourront tout simplement pas. L'accès au soin, affirme ainsi à raison M. Urvoas, devient « de plus en plus coûteux et inégalitaire. 50% des dépenses courantes de santé sont désormais à la charge des patients. Se soigner devient un luxe ».

Devant cette opposition résolue d'un responsable socialiste à la casse du système de santé publique français, on est plutôt rassuré et on se dit qu'il y a sans doute de bonnes choses à attendre d'une éventuelle victoire de la gauche en 2012, du moins dans ce domaine, mais il suffisait ce 9 décembre de revenir en page 4 du Ouest France pour lire en gros titre:

« La Cour des comptes s'alarme du trou de la Sécu »

Et en sous-titre, au dessus de la photo du très consensuel ancien responsable socialiste de la commission des Finances au Parlement du début de l'ère Sarkozy:

« L'hémorragie du déficit (30 milliards) est trop forte, affirme son président, Didier Migaud. Il préconise un traitement de choc sur les médicaments, l'hôpital, l'emploi...Aie, aie, aie! ».

On nous prévient déjà car il s'agit encore et toujours de fabriquer du consentement par l'appel à la raison, à la clairvoyance: c'est vrai que cela fera mal mais il n'y aura pas d'autre alternative que de se soigner moins ou de payer plus pour rester en bonne santé ou la retrouver car il y a un très gros trou (30 milliards d'euros...) dans la caisse de la Sécu, un déficit qui s'épand à la manière d'une hémorragie, et au final, il faudra bien l'éponger et c'est vous qui allez le faire, quelle que soit la majorité au pouvoir en 2012...

Et cela fera mal, très mal - aie, aie, aie... -mais il faut comprendre que la saignée s'impose en toute logique comptable, pour des raisons de bonne gestion.

Migaud et sa cour des comptes sont formels: le déficit de la Sécu n'est pas d'abord et avant tout la conséquence du chômage de masse, de la généralisation des bas salaires, de la dégradation des conditions de travail et des conditions de vie liée aux nouvelles formes de management et au stress dû à la précarisation des salariés, ou encore l'effet des baisses de cotisations patronales et de la crise économique qui balaie l'Europe depuis 2008 et les remous sur les marchés financiers rendus fous de spéculation par leur libéralisation, phénomènes créés ou aggravés par les politiques libérales menées depuis 30 ans.

Non, le déficit de la Sécu aurait essentiellement des origines culturelles, il renverrait à des traditions ou à un tempérament national à l'origine obscur qui rendrait les français « accros » aux consultations, drogués aux médicaments. Il va donc falloir les désintoxiquer et la meilleure manière de le faire, comme quand il s'agit de limiter la consommation de tabac, est de rendre ces services toujours plus onéreux. Le journaliste de Ouest-France, Paul Burel commente ainsi: « la Cour des comptes réclame du sang et des larmes ».

Pour preuve, Didier Migaud ne s'en tient pas à préconiser encore et une nouvelle fois des déremboursements, des réductions de prise en charge par la solidarité nationale. Non, il légitime et exige un renforcement de la réforme libérale de l'hôpital, pourtant souvent condamnée sur un plan local par les socialistes, comme à Morlaix lors du dernier conseil municipal en juin 2011: il faut de toute urgence une « cure d'amaigrissement pour l'hôpital...les marges de manœuvre sont considérables en matière de compétitivité et de restructurations ». Migaud préconise également de continuer à supprimer des postes de fonctionnaires à la Sécurité sociale (6000) en supprimant les feuilles de soins sur papier.

 

Le 18 décembre 2010, Le Télégramme présentait un dossier très instructif sur une pleine page dont le titre était « le luxe de se soigner ». Citons-le car il rappelle certains hauts faits passés presque inaperçus dans les médias (mais pas dans les pharmacies et les cabinets médicaux) des gouvernements de droite qu'il convient de se remettre en mémoire:

 

« Avril 2003. 617 produits pharmaceutiques voient leur taux de remboursement fondre brutalement. Et 80 autres sont déremboursés du jour au lendemain, car considérés comme peu efficaces dans le traitement de certaines pathologies. Mars 2006, 152 médicaments sont à nouveau recalés de l'arsenal thérapeutique remboursé. Avril 2010, de nouvelles mesures donnent naissance à la vignette orange qui estampille désormais 170 médicaments remboursés à hauteur de 15% au lieu de 35% précédemment. Étape intermédiaire avant de tomber dans les oubliettes des produits déremboursés... Cette action a... eu des répercussions désastreuses pour les foyers les plus modestes. Depuis quelques mois, il n'est pas rare d'avoir à se délester d'une trentaine d'euros au comptoir de la pharmacie pour guérir une bronchiolite, une angine ou toute autre affection hivernale souvent bien douloureuse ». Un pharmacien d'un quartier de HLM de Vannes, Ménimur, offre ensuite un témoignage intéressant: « selon lui, de nombreux déremboursements ont été fixés dans le but de faire des économies. « Certains médicaments visés sont vraiment efficaces. Je pense notamment aux sirops contre la toux, aux collutoires contre les maux de gorge, aux expectorants. On peut difficilement faire sans. Le discours sur leur inefficacité, c'est du pipeau. Si c'était vraiment le cas, les médecins ne les prescriraient pas... Il n'est pas rare (désormais) de voir des gens refuser de prendre un produit. Pour eux, ils sont souvent hors de prix » ». A Saint Brieuc, un autre pharmacien constatait il y a 8 mois que de plus en plus de gens « sautent la cause médecin » pour ne pas payer le prix de la consultation, sachant qu'il leur prescrira quantité de médicaments non ou faiblement remboursés. De ce fait, les disparités entre les patients sont de plus en plus flagrantes, regrettait cette pharmacienne : « Nous sommes inquiets car on s'oriente vers une médecine à deux vitesses. Les maladies du quotidien, qui sont parfois douloureuses, ne sont plus prises en charge. Seules sont remboursées les surinfections et les pathologies lourdes ».

 

S'attaquer à la prise en charge par la sécurité sociale, ce n'est pas se soucier des générations futures en réduisant une dette qui pèserait d'un fardeau écrasant sur elles... Elles naîtront peut-être moins nombreuses et vivront moins longtemps si on continue de la sorte. C'est plutôt réduire cyniquement, alors que les Français n'ont jamais produit autant de richesses par leur travail (lesquelles ont rarement été aussi mal réparties) les revenus indirects en termes de prestation sociale du grand nombre afin de faire passer toujours plus de pans de la dépense des familles de la prise en charge collective mutualisée par la Solidarité Nationale à la prise en charge privée par le biais de systèmes d'épargne ou d'assurance privée. Au final, ce sont les entreprises que l'on cherche à taxer moins en limitant au maximum les cotisations sociales et les revenus financiers que l'on cherche à doper à leur livrant en pâture la sécurité sociale comme on l'a fait avec la retraite par répartition.

Face à cette politique de classe qui démantèle la solidarité nationale pour confier toujours plus de secteurs de l'existence et de l'activité sociale aux marchés financiers, le Front de Gauche, dans son projet pour 2012 intitulé « L'Humain d'abord », entend imposer la prééminence du droit à la santé et du devoir de solidarité.

Les médicaments efficaces et les dépenses de santé seront à nouveau remboursés à 100%, tout comme les soins liés à la perte d'autonomie. Le financement des dépenses de santé individuelles sera garanti par un système fiscal redistributif donnant à chacun selon ses besoins et prenant à chacun selon ses moyens. Nous commencerons par en finir avec les 30 milliards d'euros annuels d'exonérations de cotisations sociales patronales sans réelle efficacité pour lutter contre le chômage, 30 milliards qui correspondent curieusement au poids du trou de la Sécu.

Le prix des médicaments sera contrôlé à travers le développement des médicaments non rentables par la recherche publique et la généralisation de leur prescription par les soignants. La création d'un pôle public du médicament y aidera et permettra un encadrement plus strict des pratiques commerciales des laboratoires pharmaceutiques. Nous contrôlerons également davantage les pratiques de dépassements d'honoraires des médecins. Nous établirons une couverture nationale de santé égale sur tout le territoire et reviendrons sur toutes les restructurations de l'hôpital public qui le fragilisent dans la concurrence avec les cliniques privés, l'éloignent des usagers et de leurs besoins au profit du triomphe des logiques comptables et de l'exigence d'auto-financement. Nous augmenterons le nombre d'étudiants appelés à devenir médecins et lancerons un grand programme de formation de toutes les disciplines de santé libéré de l'influence des laboratoires pharmaceutiques.

La santé est notre bien commun et pour la garantir à tous dans la mesure des possibles de la nature et des progrès de la science et de l'art humain, il faut un effort national reposant prioritairement sur les plus aisés.

 

Ismaël Dupont.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 18:17

Bandeau Melenchon-158c7

 

 

"Il faut que nous restions ces forces de l'esprit au moment où s'avance la tempête de l'histoire", c'est sur ces mots pleins de gravité que s'est clos un préambule de discours où Mélenchon, devant Pierre Laurent, Christian Picquet, Clémentine Autain et des militants de toutes les forces du Front de Gauche rassemblés à Grenoble le dimanche 28 août pour l'université du parti de Gauche, venait de mettre en garde les forces politiques de l'establishment libéral contre un réveil brutal du peuple s'ils continuaient à vouloir étouffer le débat sur les projets et les causes de la crise actuelle du capitalisme.

"Le mot crise n'est même plus adapté". "Le système capitaliste tout entier est englobé dans une crise globale" . Celle qui menace de destruction les éco-systèmes de cette terre que le productivisme dicté par la course aux profits maximum saccage: "la question de la perpétuation de l'éco-système n'est pas l'à-côté de la question sociale... Nous voulons planifier le redéploiement industriel, productif... avec la préoccupation de mettre en phase les systèmes productifs avec les conditions de la perpétuation des éco-systèmes".  

Cette crise globale, c'est aussi celle qui fait planer des risques d'auto-destruction sur le capitalisme et l'économie productive eux-mêmes. Celle qui saccage la moralité publique, la cohésion sociale, les acquis de la révolution et de la République. "Le moteur de tous les dangers, a martelé Jean-Luc Mélenchon, c'est le capitalisme de notre temps, sous la forme particulière qu'il a prise, lorsque la finance veut contrôler toutes les activités humaines et imposer partout ses taux de profit démentiels". "Ce capitalisme là, nous proposons à toute la société de s'en libérer...Nous proposons de définanciariser l'économie". 

La tâche est t-elle trop difficile pour nous, vouée à l'échec en elle-même car nous sommes maintenant dans le train en marche de l'économie financiarisée et mondialisée ou dans l'avion en vol, de sorte qu'il ne s'agit plus que de survivre en restant compétitifs et réduisant nos droits sociaux et nos dépenses publiques? "Il n'y a qu'un combat qu'on ne risque pas de perdre, répond Mélenchon, c'est celui qu'on ne mène pas". De toute manière, il n'y a pas d'autre choix que de chercher à tenir la dragée haute aux puissances financières qui écrasent tout ce qui s'abaisse devant elle, telle la Grèce de Papandréou qui doit privatiser pour près de 40 milliards de biens publics socialisés au cours de l'histoire. "Ainsi, vous êtes prévenus braves gens: si vous cédez, il n'y aura pas de limites à la prédation".

En tant que candidat du Front de Gauche aux élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon  "en appelle donc à la résistance de la patrie républicaine", de cette part de la France qui reste l'héritière de la grande révolution. Cette résistance se fonde sur l'humanité, les droits de la personne humaine qui sont de plus en plus bafoués aujourd'hui (droit à la santé, à l'éducation, à l'emploi stable, au logement décent)... 

Notre projet politique s'appuie prioritairement sur la reconnaissance des besoins sociaux et non des contraintes financières. "La modernité, c'est de partir des besoins humains et de mettre à contribution l'intelligence et les capacités d'invention collectives pour les servir".

Quels sont les obstacles à faire basculer pour faire un virage à 180 degrés afin de mettre en oeuvre un projet émancipateur? La gouvernance de la BCE d'abord, chien garde des intérêts des rentiers et du capital que l'on veut désormais confier à un ancien conseiller de la banque Goldman Sachs, celle-là même qui est impliquée dans le maquillage des comptes de l'Etat grec... C'est aussi le pouvoir impérial des Etats-Unis qui "ne garantissent plus la valeur des dollars que par la peur qu'ils inspirent avec leur puissance militaire". C'est surtout aujourd'hui "ce coup d'état financier" auquel on est en train d'assister sans broncher en Europe, les socialistes français y compris, avec ce "semestre européen" qui permettra à la commission de censurer les budgets nationaux, avec ce pacte pour l'euro plus ou "pacte des rapaces" dénoncé par Patrick le Hyaric. Et la dette... "Qu'est-ce que c'est cette histoire de dette? La dette n'est qu'un prétexte...Le montant de la dette n'équivaut qu'à 12% de ce que notre économie produit en 7 ans...". A quoi le Front de Gauche s'engage t-il? A forcer à l'abandon "des normes de management absurdes qui abaissent non seulement la productivité mais aussi le goût de vivre", à rompre avec la précarité, qui touche particulièrement les femmes, à rompre avec l'absence d'indemnisation de la moitié des chômeurs: "nous briserons le coeur de l'exploitation, nous briserons toute cette servitude de la précarité". De même, "il faut cesser la politique d'appauvrissement délibéré de l'Etat" qui fragilise et dépèce les services publics. Pour cela, "les revenus du capital doivent être taxés à la même hauteur que ceux du travail". On nous annonce minoritaires, mais qui sait de quoi demain sera fait, qui sait quel sera le scénario dans quatre mois?  Certes, nous aurons pour toute la campagne à peine l'argent que le PS va dépenser pour ses seules primaires. Mais notre force, c'est l'appel "à la mise en commun de toutes les intelligences", notre volonté de faire de notre campagne "un modèle d'argumentation", notre volonté de "parler à tout le monde", y compris et surtout à ceux qui pensent que droite et gauche, c'est au fond la même chose. Cette élection, a dit Mélenchon au début de son discours, "doit être un grand moment d'éducation populaire". Ce qui fera notre force, c'est "notre discours de rebellion, de rassemblement" qui n'écarte pas le débat, qui appelle même toutes les forces de gauche, du NPA au PS, à un grand débat sur nos propositions respectives pour faire face à la crise du capitalisme. Car "si nous n'avons pas d'adversaires à gauche, oui nous avons des divergences".       

 

 

 
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 08:58

la bourse ou la vie

 

 Les éditoriaux de Ouest France se suivent et se ressemblent trop. Avant-hier, 27 août, François Regis Hutin, commentant dans un sens anti-redistributif la formule de Saint Exupéry "Jette leur du grain, ils se battront. Fais-les construire une cathédrale, ils s'uniront", propose à ces enfants irréfléchis et dissipés que seraient les français de se rassembler autour de la construction européenne et de la lutte contre le protectionnisme et cet idéal de "démondialisation" qu'il juge démagogique et contraire au sens de l'histoire (parce qu'il confond à dessein la réalité d'une accélération des contacts humains et commerciaux au niveau mondial induit par les progrès techniques et la mise en concurrence politiquement orchestrée des peuples et des systèmes sociaux pour le plus grand profit du capital au travers de la dérégulation des mouvements de capitaux). Sans cela, nous dit notre petit père des peuples centriste, en excitant des convoitises et des frustrations, notre société de consommation va produire dans nos sociétés riches une recrudescence des "pillages et de manifestations tournant à l'émeute". C'est un sacré tour de passe-passe digne d'un Cameron ou d'un Sarkozy que celui qui consiste à faire passer la révolte contre les inégalités et la brutalité policière, celle des jeunes londoniens cet été et celle des banlieues parisiennes en 2005, pour une révolte d'individualistes trop gâtés incapables de se sacrifier à des idéaux communs.

Aujourd'hui, 29 août, c'est Michel Urvoy qui cherche lui aussi à éteindre l'incendie de la révolte sociale qui couve en mettant en garde les socialistes contre un excès d'audace dans leurs promesses en matière sociale ou de service public: "une opposition susceptible de l'emporter ne peut pas délivrer n'importe quel message, n'importe quel excès de promesses, sans risquer de favoriser son adversaire pour défavoriser la confiance dans la France". Sous-entendu: si vous ne voulez pas que nous perdions notre triple A - ah, ah, ah!...- il faut bien oser dire aux français qu'il faudra se serrer la ceinture.

Cela tombe bien: comme le déplore Jean-Paul Piérot dans son éditorial de L'Humanité du jour, les leaders socialistes lors de leur université d'été de La Rochelle n'ont pas développé "d'idées fortes pour construire une victoire de la gauche solide et péréenne" mais se sont contenté de rodomontades et de petites phrases pour afficher leur différence et leur confiance dans la perspective de la compétition des Primaires, François Hollande dépassant sans doute les autres dans l'usage excessif du JE censé lui créer par la magie de l'égotisme une stature présidentielle et le mettre en phase avec la France profonde passionnée par les hommes providentiels sûrs de leur destin... En revanche, rappelle J.P Pierrot, "au moment où Nicolas Sarkozy agite le chiffon rouge de la dette pour réduire les dépenses utiles à la société, comprimer la consommation et étouffer la croissance, le Parti socialiste en reste à promouvoir une répartition plus équitable de sacrifices dans le cadre du retour aux 3% de déficits publics en 2013 ou 2014". L'invocation assumée par beaucoup de candidats à la primaire socialiste, Hollande et Aubry en tête, au "sérieux" nécessaire fait partie d'une pédagogie du renoncement appelé à légitimer la politique de rigueur qui suivrait une victoire en 2012 et à assurer cette victoire en pariant sur la généralisation chez les français de la conviction que nous sommes impuissants à changer les règles du jeu actuelles du capitalisme financier et mondialisé.   

Tout en réaffirmant que notre objectif premier était de se débarasser de Sarkozy et de construire une majorité de gauche en 2012, Pierre Laurent a rappelé que le consentement des socialistes à l'austérité, qui cache une résignation  plus grave encore au fonctionnement du capitalisme actuel, est inacceptable. Il a marqué sa différence à l'université d'été du PCF à Karellis (Savoie) en disant que dans la campagne pour 2012, "nous ne concourons pas pour le titre de meilleur gestionnaire de la crise, nous sommes candidats pour porter des solutions pour en sortir". 

Cela passe par une définanciarisation effective de l'économie au travers d'une lutte effective contre les paradis fiscaux et d'une harmonisation fiscale européenne, d'une taxation des mouvements de capitaux et de la reprise du contrôle du mouvement des capitaux aux frontières de l'union européenne, d'une fiscalité plus lourde sur les riches, d'une séparation des banques de dépôt et d'investissement, d'un grand pôle financier public pour limiter la croissance de l'économie financière.

Cela suppose aussi une réforme des statuts de la Banque Centrale Européenne, qui devrait être placée sous le contrôle du Parlement européen et être autorisée à créer de la monnaie pour racheter les dettes des Etats et leur prêter à des taux d'intérêt très bas. Cela peut passer enfin par une annulation d'une partie de la dette des Etats européens, jugée illégitime (car produite pour moitié par les taux d'intérêt usuraires exigés par les banques depuis 30 ans), et une annulation des politiques dites de rigueur qui étouffent la croissance dans l'oeuf et se traduisent par la stagnation des salaires, le chômage, la baisse des prestations sociales et le délitement des services publics accessibles à tous.      

Pour aller vers ces réformes structurelles qui rompraient avec les logiques de marchandisation et de socialisation des pertes privées, il est indispensable de renouer nous dit Pierre Laurent avec une "gauche de courage" qui engage le bras de fer avec les puissances financières afin de satisfaire les exigences légitimes de la population en termes d'emploi, de services publics, de protection sociale, de salaires. Pour cela, dès aujourd'hui, il faut tenter d'élever le niveau d'exigence et de combativité de notre population et non l'encourager au fatalisme et au renoncement au progrès social.

Dans son discours de vendredi dernier, Pierre Laurent a aussi dénoncé  « l’été des grands mensonges », s'en prenant au discours dominant sur l'action des marchés. Pour lui, « il ne s’agit pas d’une main invisible mais d’un ensemble d’acteurs identifiés : des grands groupes capitalistes, des grandes banques, des institutions financières, des fortunes colossales amassées grâce au dumping social… ». De même, il a dénoncé « les mensonges sur la non-responsabilité des gouvernements dans la crise » et ceux entourant le plan d’austérité. « Il aura pour conséquence, une récession durable. » a-t-il martelé. La veille, Pierre Laurent avait participé à l’envahissement des locaux de l’agence de notation Standard & Poor’s, désignant ainsi la nécessité d'engager l'épreuve de force avec le capital: « il faut combattre le chantage des marchés, inverser la vapeur, en fermant la chaudière de la finance et en alimentant celle de la relance sociale». Pierre Laurent a également appelé en vue des législatives et des présidentielle à la constitution dans les entreprises et les quartiers « d’assemblées citoyennes ». « Nous voulons être la nouvelle voie à gauche et donner confiance à tous ceux qui veulent arracher la page du sarkozysme et qui aujourd’hui doutent » a-t-il lancé, avant de céder la parole au candidat du Front de gauche pour l’élection présidentielle.

Devant les communistes, Jean-Luc Mélenchon l’a réaffirmé : « désormais je ne dis plus "je" mais "nous" et je me demande à chaque instant si vous êtes d’accord. » Pour lui, la France peut être un moteur du changement en Europe et dans le Monde : « notre pays n’est pas la cinquième roue du carrosse, c’est la cinquième puissance mondiale. » Critiquant le capitalisme vert et les candidats socialistes qui « avalent tout rond la règle absurde des 3% de déficit donnant ainsi la victoire idéologique aux sarkozysme », Jean-Luc Mélenchon a affiché sa sérénité : « La saison des tempêtes est revenue mais nous avons un outil pour y faire face, c’est le Front de gauche »
 

Tout au long du week-end, les 500 participants de l'université d'été des Karellis, haut lieu du tourisme social dans les Alpes, ont enchaîné les débats sur les défis posés par la crise: "Quelle politique économique pour un vrai changement?", "Quelle fiscalité pour demain?", "Faut-il achever l'euro?", "La crise, le peuple et la politique, enquête sur l'opinion" avec le sociologue Michel Simon, "Quelle assise sociale pour la gauche?", "Comment battre le FN de Marine Le Pen?"  

 

La couverture de l'université d'été du PCF à Karellis par ALTERNATIVE TV:

 

Et aussi, un bref reportage télévisé (TV8 Montblanc) sur l'université d'été du PCF:  

http://lejt.tv8montblanc.com/L-universite-d-ete-du-PCF_v2655.html

 

Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon 

 

Il y a eu ces derniers jours dans les médias une polémique lancée sur le choix du PCF et du Parti de Gauche d'organiser leurs universités d'été séparement, choix qui traduirait selon les commentateurs les difficultés et l'inachèvement de l'union incarnée par le Front de Gauche. Même si on peut regretter en effet que nos universités d'été aient été organisées le même week-end, ce qui interdisait aux militants de participer aux débats ouverts aux sympathisants et autres militants de gauche de l'université d'été du partenaire, il n'y a rien d'anormal à ce que chaque parti conserve une force de réflexion et de renouvellement des propositions autonome, et Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, en assistant respectivement aux universités d'été du PCF et du Parti de Gauche, ont bien montré que nous avions des objectifs partagés et un combat à mener en commun au niveau du Front de Gauche, même si chaque composante du Front de Gauche gardait son indépendance et sa spécificité. A l'université du Parti de Gauche, il y avait des personnalités communistes et des intellectuels de la gauche critique qui témoignent là aussi d'une volonté d'ouverture et de rassemblement de la gauche anti-libérale. On peut lire ainsi sur un site d'information: "Sur la liste des invités au stage grenoblois, on remarque des personnalités des médias (Edwy Plenel de Mediapart, Denis Sieffert de Politis...), des militants associatifs (Jean-Baptiste Eyraud du DAL, quelques économistes dont Jacques Généreux (IEP de Paris, ex-PS) et Yves Dimicolli (commission économie du PCF), de nombreux syndicalistes, des militants tunisiens et marocains... et des communistes, des élus, des militants mais aussi certains dirigeants, telle Marie-Pierre Vieu, ou d’anciens, comme Roger Martelli et Patrice Cohen-Seat".

 

Lors de cette université d'été du parti de gauche dans la banlieue de Grenoble, Jean-Luc Mélenchon a violemment attaqué le favori des sondages pour les primaires socialistes, François Hollande, en lui reprochant le "cynisme" qui consiste à plaider depuis des mois pour la rigueur et les sacrifices nécessaires tout en prétendant engager un rapport de force avec les pouvoirs financiers et préparer le chemin pour le relèvement de la France et l'insertion de la jeunesse.

On peut regretter qu'il ait choisi de cibler prioritairement un candidat dans ses critiques alors que c'est tout le projet et la stratégie du PS qui compromet l'alliance à gauche et le véritable changement en 2012. On ne peut par ailleurs qu'approuver sa proposition de grand débat élargi à toutes les forces de gauche, du PS au NPA, pour clarifier les divergences et les convergences sur les moyens du changement pour 2012 et de la sortie de la crise économique et sociale, le but étant aussi de mettre au premier plan des médias les diagnostics sur les causes de la crise et les projets plus que la politique-spectacle et les rivalités d'ambitions.     

 

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 06:41

Non à la soumission aux marchés financiers,

Les peuples ne doivent pas payer leur  crise !


L'Union européenne et les gouvernements utilisent les dettes publiques pour imposer aux peuples d'Europe une véritable purge sociale. Alors que les banques et autres opérateurs financiers n'en finissent pas de spéculer sur les dettes publiques, il faudrait que ce soit les populations qui payent une crise dont les marchés financiers sont les premiers responsables et uniques bénéficiaires.
C'est pour cela que les gouvernements de l'Union, la Commission et le Parlement européen, avec la participation active de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, veulent imposer une nouvelle gouvernance économique asservie à la finance avec pour objectif de mettre sous surveillance accrue les budgets nationaux, de durcir les sanctions contre les Etats en cas de déficit dit excessif et de réduire les dépenses publiques.
Le pacte « euro plus » utilisait déjà la crise de la dette pour imposer l'austérité, la baisse des salaires des pensions et des retraites, la diminution du nombre de fonctionnaires, la flexibilité du travail, le recul de l'âge du départ en retraite, la casse des systèmes de protection sociale, tout en réduisant les pouvoirs des organisations syndicales.  Le tout, au seul bénéfice des actionnaires des grandes sociétés et du système financier international ! Une mesure déjà prise, le « semestre européen », vise à soumettre au Conseil et à la Commission, les budgets des Etats avant même qu'ils soient débattus par les parlements nationaux.
Pour essayer de verrouiller totalement ce montage, les gouvernements européens veulent intégrer dans la loi fondamentale des Etats l'objectif de l'équilibre budgétaire, ce que Nicolas Sarkozy appelle « la règle d'or ». Stupide économiquement - que se serait-il passé si cette règle avait été appliquée au moment de la crise financière où les Etats ont renfloué les banques -, cette proposition est une agression contre la démocratie, car les politiques économiques seraient ainsi totalement soustraites au débat politique et à la décision citoyenne.
Une telle disposition, adoptée par les parlementaires des deux chambres, ne doit pas être intégrée dans la Constitution française comme le veulent le président de la République et l'Union Européenne.
Les citoyens et les citoyennes ne doivent pas payer les dettes qui sont le résultat de la soumission des Etats aux marchés financiers. Ces dettes sont illégitimes et les peuples ne doivent pas en faire les frais. Il faut exiger aujourd'hui un moratoire et des audits citoyens sur les dettes publiques. Dans l'immédiat, les organisations signataires
appellent les citoyennes et les citoyens, leurs organisations associatives, syndicales et politiques à se mobiliser contre la constitutionnalisation de l'austérité et les parlementaires à voter contre ce texte si Nicolas Sarkozy osait malgré tout convoquer le Parlement en congrès à Versailles.

SIGNATAIRES de l'APPEL: ATTAC, CGT-Finances, FASE, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Union syndicale Solidaires.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 13:47

Terra Nova, la boîte à idées constituée d'universitaires et de technocrates réformistes qui conseille les socialistes et prétend leur permettre de redéfinir leurs positions traditionnelles en articulant refus de l'immobilisme, pragmatisme économique, souci des finances publiques et de justice sociale, n'en finit plus de chasser sur les terres du libéralisme et du centre.


Au printemps, le think tank se signalait par un rapport très médiatisé ratifiant les intuitions et les options stratégiques formulées par Strauss-Khan en 2007 pour redéfinir les axes de campagne et le projet du PS: l'ancien monde ouvrier désintégré par la désindustrialisation, la nouvelle organisation du travail, l'individualisme consumériste, ne vote plus pour le PS mais plutôt à droite ou à lextrême-droite. Le vivier électoral du PS se trouve maintenant dans les classes moyennes et supérieures éduquées et urbaines et dans les populations issues de l'immigration des quartiers populaires, lesquelles sont sensibles aux thématiques sociétales (protection des libertés, droit à la différence, lutte contre les discriminations) plus qu'à un discours social volontariste et dirigiste classique. Le PS n'a donc pas à craindre de recentrer son discours économique en misant sur l'intelligence d'un électorat cultivé qui reconnait l'inéluctabilité de l'adaptation à la mondialisation par plus de compétitivité et moins de déficits publics, mais il doit aussi générer l'adhésion par sa génorisité et son audace dans le domaine de la politique de l'immigration, de l'effort culturel, de l'extension du droit à la différence et de la sécularisation du droit (mariage homosexuel, adoption par des couples unisexe...).

 

On peut ici se référer à la réaction du PCF sur les conclusions de cette étude patronnée par Olivier Ferrand, le père de l'idée des Primaires Socialistes:

 

Le dernier rapport de la fondation Terra Nova a un titre alléchant :« Gauche, quelle majorité électorale pour 2012». Hélas, ses conclusions le sont beaucoup moins. Ses auteurs, dont le très strauss-kahnien Olivier Ferrand, constatant "le divorce" entre la gauche et la classe ouvrière, proposent de se consacrer prioritairement aux classes moyennes, le "nouvel électorat de la gauche". Cette nouvelle coalition, baptisée "la France de demain" par l'étude, comprend les diplômés, les jeunes, la "France de la diversité" et les femmes. Pour ces grands stratèges, cibler les classes populaires, ce serait faire du « social-populisme ». Quel sabordage idéologique! Cette démission en rase campagne de la fondation Terra Nova augure mal de la campagne électorale de 2012. C'est une formidable offrande faite à l'extrême droite qui n'attend que cela en se positionnant masquée sur le terrain social. Au moment où une partie de la droite s'acharne sur les plus pauvres, cette étude a une utilité et une seule : celle de prouver qu'il ne suffit pas se dire de gauche pour l'être réellement. Olivier Dartigolles, Porte-parole du PCF

 

Ces bons services rendus à ceux qui ont intérêt à ce que la gauche s'aliène complètement les catégories populaires (en se décomplexant par rapport à un racisme social longtemps refoulé quoique très sensible dans des journaux de la gauche bobo type Libération ou Nouvel Observateur: les ouvriers sont définitivement "ringards, réactionnaires et acquis au  Front National") et fasse passer l'acceptation de la brutalité des règles du jeu néo-libéral, à peine compensée par un poil de redistribution à la périphérie, pour du réalisme économique, n'ont pas tardé à être récompensés.

Terra Nova a en effet reçu le prix du meilleur "think tank de l'année". De quoi recompenser aussi sa position bienveillante vis à vis de la réforme des retraites.

Le mouvement altermondialiste pour la taxation des transactions financières, ATTAC, a tenu à sa manière courtoise à féliciter les grosses têtes de Terra Nova, qui viennent combler le vide laissé par la disparition de la fondation StSimon, tout aussi progressiste si on en croit les articles du Monde: "Il faut préciser que l'audace iconoclaste de Terra Nova est assurée par des financements assurés à 80% par des entreprises connues pour leur sens civique telle Microsoft, Areva, Total, Cap Gemini, EADS, RTE... qui "garantissent son indépendance" comme l'explique sans rire sa plaquette de présentation. Attac France félicite Terra Nova pour la franchise avec laquelle, en un temps de confusion idéologique, elle réaffirme avec constance le programme d'une véritable gauche de droite. En invitant le Parti socialiste à suivre la voie résolument moderne empruntée par les sociaux-démocrates portugais, espagnols, grecs, elle dessine pour lui des horizons prometteurs, riches en futures démissions et déroutes électorales". 

 

Terra Nova n'a pas voulu démentir cet éloge paradoxal et a commis il y a peu deux rapports qui, tout en se basant sur des études statistiques sérieuses montrant certains caractères inégalitaires indéniables de la politique familiale en France et de l'enseignement supérieur, préconisent d'augmenter les frais d'inscription à l'université et de faire passer de 3 ans à un an (ainsi que le voulait déjà l'UMP) le congé parental (un an pour l'homme ou la femme, ou 6 mois pour chacun des membres du couple) au motif qu'il profiterait en l'état actuel prioritairement à des pauvres filles sans diplôme qui s'installeraient ainsi dans l'assistanat et compliqueraient leur chance d'accéder à un emploi ensuite. Terra Nova, pour alléger les dépenses publiques toujours tout en se parant d'un vêtement de redistributeurs impitoyables pour les privilèges des riches, entend également rompre avec le caractère d'universalité des allocations familiales et du quotient familial permettant d'avoir des allègements d'impôts grâce à ses enfants à charge.

 

Olivier Dartigolles dénonce aussi sur le sîte internet national le positionnement de Terra Nova pour un triplement des frais d'inscription à l'université. Citons le communiqué qu'il a rédigé pour le PCF:  

 

"Dans une contribution sur l'enseignement supérieur et la recherche pour la présidentielle, la fondation Terra Nova, propose d'augmenter les droits d'inscription à l'université : "un triplement des droits d'inscription en licence et un quadruplement en master et en doctorat sur cinq ans". Décidément, la fondation autrefois progressiste, n'en fini plus de céder aux sirènes ultra-libérales. Elle continue de marquer des buts contre son camps, celui du progrès et de la justice sociale. Après avoir proposé à la gauche dans une note précédente d'abandonner les classes populaire, voilà maintenant qu'elle suggère que les étudiants payent plus chère leur études. Les syndicats étudiants qui se battent depuis des dizaines d'années pour lutter contre les hausses des droits d'inscriptions apprécieront !Je propose à Terra Nova de choisir : soit elle arrête de copier par dessus les épaules de ses collègues des « think tank » UMP, soit elle cesse de se réclamer de la gauche. Pour info, être de gauche c'est se battre pour l'accès au savoir pour tous et cela passe par la gratuité des études".

 

       

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