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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 17:57

Pierre Dharréville

 responsable du PCF (République, démocratie et institutions)

 

 

Nous avons été choqués de voir le Premier ministre utiliser la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv pour justifier les interdictions de manifestations pacifistes projetées par des  organisations politiques, syndicales et associatives. La lutte contre l'antisémitisme, avec Jaurès, est devenue un essentiel  pour le mouvement ouvrier et les progressistes.

 Nous condamnons  fermement tout amalgame entre le gouvernement israélien et la  population juive, nous condamnons les attaques contre les synagogues  et toute agression antisémite, nous refusons l'affrontement  identitaire que certains essayent d'installer dans notre pays.  L'antisémitisme est une abjection qui doit être combattue avec la plus  forte des énergies, comme doivent également l'être tous les racismes,  sur lesquels prospère l'extrême droite.

 Par son attitude, le Premier ministre porte la division et la zizanie. Il contribue à produire des amalgames qui n'ont pas lieu d'être et à accréditer la thèse d'un affrontement communautaire ou religieux. Après avoir encouragé l'agression perpétrée par le gouvernement  israélien, le gouvernement français a voulu interdire les  manifestations qui s'y opposent ici. C'est une provocation  irresponsable et un geste gravissime pour la République française. 

La voix des peuples pour la paix doit pouvoir s'exprimer pleinement. Le  drame qui se joue en Palestine depuis si longtemps révolte une large  part de l'opinion française et internationale. Y sont posées des  questions de droit international et de droits de l'homme. Ce sont des  questions politiques que l'on ne peut escamoter en rejetant de façon  insidieuse celles et ceux qui les posent à une sorte de complaisance  envers l'antisémitisme. Il s'agit là d'une manipulation insupportable,  aggravée lorsqu'elle s'ajoute à la stigmatisation globalisante des  jeunes des quartiers populaires. Parce que nous sommes des humains  nous sommes sensibles au sort de nos semblables quelle que soit leur  religion, leur culture, leur terre ou leur origine et nous pensons que  c'est là une dimension essentielle de la politique.

C'est en défendant le droit universel, c'est en défendant la justice  et la paix que l'on fera reculer vraiment toutes les haines. C'est  cela qui a mobilisé les résistants face au nazisme et à la shoah.  C'est cela qui valait d'être rappelé hier au Vel d'Hiv.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 12:58

http://r.mail.wesign.it/1z2ajcz0je.jpg

 

Le 21 juillet 2014

 


We Sign It vous propose de soutenir la demande de dissolution de la LDJ  auprès du ministre de l'intérieur,  par Jean-Jacques CANDELIER député PCF du Nord

 

Dissolution de la LDJ

M. Jean-Jacques Candelier interroge M. le ministre de l'intérieur sur la dissolution administrative d'une association.

Soutenez la demande de dissolution de la Ligue de Défense Juive en signant cette pétition


"Une vidéo tourne sur la toile montrant les militants de la LDJ (Ligue de Défense Juive) dégradant les rues et provoquant les manifestants pacifiques qui soutenaient la Palestine et le droit international. Les agissements de cette organisation criminelle, classée "organisation terroriste" par le FBI, et interdite d'activité en Israël comme aux États-Unis, doivent cesser. L'impunité de ces barbares dont le seul but est d'attiser la haine est inacceptable. Leur politique de "défense des juifs" contribue à l'amalgame entre judaïsme et sionisme. Il lui demande s'il compte dissoudre ce groupe fasciste et raciste qui terrorise la population."


Signez et faites signer tous vos amis pour ceux qui ne l’ont pas encore fait : http://dissolutiondelaldj.wesign.it/fr

Diffusez le lien de l'appel dans vos blogs, journaux, radios, tv,

Diffusez le lien de l'appel via tous les réseaux sociaux.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 12:46

18 juillet 2014 |  Par HKsaltimbank

 

HK et les Saltimbanks, tout le monde se rappelle le tube "on lâche rien".

Pour Gaza il a posté le texte ci après sur le blog de Médiapart :

 

Actuellement encore en tournée aux U.S.A et au Canada, je n'en garde pas moins les yeux rivés sur Gaza. Ici à Montréal, des manifestations de soutien au peuple palestinien ont eu lieu juste avant notre arrivée. À New York aussi, à Détroit le lendemain de notre concert, à Madison pareil... Le monde entier se sent concerné, le monde entier est conterné, le monde entier se mobilise et manifeste son indignation, et sa volonté de mettre fin à l'impunité absolue dont jouissent  aujourd'hui le gouvernement et l'armée israélienne. À l'heure où j'apprends avec effroi qu'une opération terrestre est en cours sur Gaza, des amis m'informent et me confirment que le gouvernement français voudrait interdire les manifestations de soutien au peuple palestinien. La France serait ainsi le seul pays au monde où de tels rassemblements seraient interdits ! Après la déclaration de François Hollande au premier jour des bombardements, affirmant que le gouvernement israélien était habilité à «prendre toutes les mesures pour protéger sa population», voilà que les choses sont claires : le gouvernement et l'Etat français se rendent complices de crimes perpétrés contre une population civile occupée et sous blocus. En tant que citoyen français, j'ai honte. Ce Président me fait honte, autant que son premier ministre me fait peur. Les deux, par leur soutien "indéfectible" et leur "lien éternel" à Israël, même quand celui -ci commet les pire atrocités, piétinent jour après jour l'idéal des droits de l'homme, qui a fait l'histoire et la fierté de la France.

 

Ainsi donc ils tuent des enfants qui jouent au football sur une plage

Ainsi donc ils bombardent des hôpitaux

Ainsi donc, ils ne semblent connaître aucune limite,

Tout comme ils ne semblent subir aucune contrainte, aucune règle, aucune loi,

Aucune injonction, aucun rappel à l'ordre, aucune condamnation d'aucune instance internationale
Et ainsi donc la France les soutient… de façon de façon systématique et aveugle


La France ?

Non ! Le terme n'est pas adapté. Je devrais dire, je dois dire, l'actuel Président de la République française et son gouvernement qui, de fait, ne représentent plus aujourd'hui qu'une infime minorité de français.

 

République française ?

Là encore, le terme n'est pas adapté. Ce Président, ce gouvernement n'en sont pas dignes. Pire, en quelques mois, en quelques mots, ils ont tué cette si belle et si fragile idée.

La République : la choses commune, le bien commun, en opposition aux intérêts privés, en opposition aux lobbys de toutes sortes, qu'ils soient le fruit d'une communauté, d'une nation étrangère quelle qu'elle soit, de puissances industrielles, militaires ou monétaires.

La République, esprit de la révolution française, guidée par la seule lumière de ces trois mots : Liberté - Egalité - Fraternité.

Trois mots d'une si grande noblesse

Trois mots comme autant de promesse

Monsieur le Président, vous qui aimeriez tant que l'on vous nomme grand

Ces trois mots vous dépassent j'en ai bien peur

Vous n'en avez pas la hauteur

 

Dans votre défense aveugle de crimes contre l'humanité, car c'est bien de cela dont on parle, vous me faîtes honte Monsieur.  La page que vous écrivez en ce moment-même restera dans notre histoire commune comme une tâche infâme.


Mais qui suis-je ? Moi, l'enfant de Roubaix, le fils d'immigrés algérien, le fils d'un marchand de fruits et légumes et d'une mère au foyer. Qui suis-je pour vous faire à vous la leçon ?
Je suis un de ceux-là qui, sur les bancs de "l'école de la République", ont eu le tort de croire un peu trop fort en ce que leurs professeurs leur enseignaient au sujet de la France : "pays des droits de l'homme".


Sous votre présidence, elle apparait aujourd'hui aux yeux du monde comme étant devenue tout le contraire : le pays des non-droits de l'homme. Le pays dont le Président défend le bombardement d'enfants. Ce faisant, vous souillez l'image et l'honneur de la France Monsieur.

Oh je sais bien que si ces mots vous parviennent, vous n'hésiterez pas une seule seconde, à me faire payer mon audace : interdire les gens de s'exprimer semble être devenu votre pain quotidien.

 Mais, fort heureusement, vous n'êtes que passage, et cette belle idée de liberté des hommes et des peuples quels qu'ils soient, cette belle idée d'impartialité au seul regard du droit, de la justice, et de la dignité humaine; cette belle et courageuse idée vous survivra.

Et nous, qui croyons encore obstinément en elle, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour libérer la France de tous ces lobbys qui la maintiennent aujourd'hui enchaînée, avec votre complicité. Pour que dorénavant, plus personne ne puisse  jamais prétendre parler en son nom pour défendre l'indéfendable; pour que plus personne ne puisse jamais, en son nom, cautionner l'assassinat lâche d'enfants jouant sur une plage.


C'est notre devoir, c'est notre combat.

 

 

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 09:31

HUMANITE Dimanche (20 au 26 juillet 2014)

Pierre-Henri LAB

 

 

Les idées libérales ne sont pas seulement ringardes. En plombant la croissance, elles conduisent à une nouvelle poussée du chômage et creusent les déficits tandis que la pauvreté et les inégalités explosent. Ce faisant, elles alimentent une crise politique qui pourrait bien engloutir la gauche.

Leurs idées ne sont pas seulement ringardes, elles sont aussi dangereuses. La politique poursuivie par le gouvernement alimente la crise. Après l’INSEE, c’est au tour du FMI de revoir à la baisse ses prévisions pour la croissance  en France. Selon le Fond Monétaire International, celle-ci ne devrait pas excéder 0,7% en 2104 alors que le gouvernement tablait sur 1%. Cette faiblesse est essentiellement due à sa politique d’austérité. S’appuyant sur des calculs du ministère des finances la députée socialiste rapporteure du budget, Valérie RABAULT, a reconnu que « le plan d’économie de 50 milliards d’Euros pour la période 2015 – 2017 aurait un impact négatif sur la croissance de 0,7% par na ». moins de dépenses publiques, c’est en effet moins d’investissements, donc au final moins d’activités. A cet impact négatif, il faut ajouter celui des mesures qui conduisent à une réduction du pouvoir d’achat. Le gel du SMIC et des salaires dans le public et le privé, celui des pensions de retraites ont aussi un impact récessif. Dernier moteur de la croissance, la consommation est désormais en berne. Selon Bercy, elle a reculé de 1,3 point au premier trimestre.

Conduites au nom de la réduction de la dette, les politiques d’austérité ne font au final que l’alimenter. Leur effet récessif creuse les déficits car il entraine une baisse des rentrées fiscales. La dette française atteint désormais 1985,9 milliards d’Euros et représente 93,6% du PIB. Elle était de 1318,6 milliards d’Euros en 2008 et représentait 68,2% du PIB.

Inégalités et pauvretés en progrès.

En plombant la croissance, la politique du gouvernement aggrave le chômage qui concerne désormais 5,320 millions de travailleurs (inscrits en catégories A, B et C, c'est-à-dire ayant pas ou peu travaillé). Rappelons que, pour stabiliser ce dernier, il faudrait un taux de croissance au minimum de 1,5% par an. Or, selon la rapporteure du budget, Valérie RABAULT, le plan d’économies de50 milliards d’Euros va à lui seul « entrainer la suppression de 250 000 emplois d’ici 2017 ».

Austérité salariale, gel des pensions et des prestations sociales, initiés sous le quinquennat précédent et poursuivis par l’actuelle majorité, accentuent le développement de la pauvreté et creusent les inégalités. Selon une étude de l’INSEE publiée le 2 juillet dernier, la pauvreté a progressé de 0,3 points entre 2010 et 2011 pour atteindre 14,3% de la population soit 8,7 millions de personnes. Côté inégalité, l’étude révèle qu’entre 2007 et 2011, les revenus des ménages les 20% les plus riches ont progressé de 10%.

Désastreuse sur le plan économique et social, l’action du gouvernement aggrave aussi la crise politique. En reniant sa promesse de changement, François HOLLANDE a généré déception et colère. Son entêtement malgré deux sanctions électorales et une impopularité record, transforme petit à petit la crise politique en crise institutionnelle et démocratique.

Pour poursuivre sa politique en dépit du rejet dont elle fait l’objet, le gouvernement s’emploie à étouffer toute contestation. Le Parlement est réduit à une simple chambre d’enregistrement tandis que que la réforme territoriale vise, entre autres, à empêcher que localement puissent être poursuivies des politiques différentes de celles poursuivie nationalement.

Quant au « dialogue social », le gouvernement l’a instrumentalisé  pour mettre en œuvre sa politique pro patronale. Il refuse systématiquement que le bien-fondé de celle-ci et des mesures qui la composent soient débattus. Réforme des retraites, pacte de responsabilité, les conférences sociales n’ont servi qu’à faire avaliser ses choix. La négociation ne peut porter que sur de maigres mesures d’accompagnement qui, comme en témoigne le report de la mise en œuvre du compte pénibilité, peuvent être remises en cause à tout moment en cas de mécontentement patronal. Et si, malgré cela, des conflits sociaux éclatent, le gouvernement choisit alors la voie de l’affrontement comme en témoigne la récente grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire et celle à la SNCM.

Montée de l’abstentionnisme, forte progression de l’extrême-droite  … la fuite en avant libérale du gouvernement entraine aussi la gauche vers le chaos L’ensemble de ces composantes sort gravement affaibli des dernières élections. Ebranlée jusque dans ses bastions, la gauche est désormais confrontée à une crise idéologique. Associée jusqu’à présent au progrès et à la justice sociale, la gauche glisse, sous l’impulsion de François HOLLANDE et de Manuel VALLS, vers un libéralisme mâtiné de réformes sociétales. Pas sûr qu’elle y survive …

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 08:14

HUMANITE DIMANCHE (10 au 16 juillet 2014)

Cédric CLERIN

 

Réformer, c’est moderne, qu’importe le sens dans lequel on réforme … Selon les « réformateurs » qui nous gouvernent, ceux qui refusent la concurrence généralisée sont renvoyés au camp des archaïques. Avec  leurs recettes éculées, ressorties des vieux tiroirs, ce sont pourtant eux les véritables ringards !

 

 

 

 

 

« J’assume notre réformisme, notre social-démocratie et je salue la gauche moderne », disait le premier ministre Manuel VALLS, au lendemain du vote de l’assemblée nationale sur le plan d’économies de 50 milliards d’ici à 2017, en avril dernier. La gauche moderne par opposition à la vieille gauche : Front de Gauche, écologistes et « frondeurs socialistes »  qui avaient voté contre la plus grande purge depuis 1945. La modernité, le premier ministre n’a que ça à la bouche, comme son président, mais également le patronat ou l’opposition. Mais en fait de modernité, les uns et les autres ne font que ressasser les vieilles recettes du passé et imposent à la France de prendre la route de l’histoire en sens inverse.

Tous s’accordent sur l’allégement du code du travail, la baisse du « coût » du travail, l’aide aveugle et la levée de tous les « obstacles » au développement des entreprises. Une doxa dont on trouve les germes des John LOCKE en 1690 puis chez Adam SMITH, et « modernisée » par la formule  « Laissez passer, laisser faire » au milieu du XVIIIème siècle par le marquis de Gournay. Tout ce qu’entendent détruire ou amoindrir les ringards concerne en fait les conquêtes sociales gagnées depuis 150 ans. La société qu’ils veulent construire, c’est XIXème siècle social dans un XXIème siècle technologique.

Le choc de compétitivité, une idée de Laval en 1935 ….

A gauche, « la réforme » est devenue le symbole d’une gauche moderne. Après le discours de Vauvert (Gard), dimanche 7 juillet, Marie-Noëlle LIENEMANN, sénatrice socialiste, régissait à la rhétorique utilisée par le premier ministre : « Rien n’est  plus vieillot que cette fausse modernité de la réforme et du mouvement qui fleure bon les discours de Jean jacques SERVEN-SCHREIBER dans les années 1960 ou du Centre Démocrate de jean LECANUET ou même la rhétorique giscardienne. On peut même remonter plus loin : le « choc de compétitivité », trouvaille du Président de la république, est une idée de … Pierre LAVAL en 1935. Sans aucun succès d’ailleurs.

Sur la lecture de la société, les ringards regardent également la société avec les yeux du passé. « Je ne crois pas à la lutte des classes » disait Jérôme CAHUSAC  en janvier 2013. Problème, selon une enquête Ifop pour « L’Humanité », 64% des Français pensent que c’est une réalité, soit 10 points de plus qu’en juin 1967. 

Mais les ringards font toujours mine de ne pas regarder vers le passé. En 2011, Manuel VALLS déclare : « Est-ce  que dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, avec la concurrence que nous connaissons, nous pouvons nous permettre d’être sur des idées des années 1970, 1980, 1990 ? Non ! C’est ma marque, il faut dépasser la question des 35 heures. ». un argument que l’on retrouve aujourd’hui chez François FILLON qui propose tout bonnement de « supprimer la durée légale du travail dans les entreprises privées ». Or, l’histoire sociale du XXème siècle a été celle de la réduction du temps de travail. Et pour cause. Depuis 1960, la productivité du travail en France ! a été multiplié par 4. La proposition de François FILLON reviendrait, conformément aux traités européens, à limiter le temps de travail à 48 h soit un retour à … 1919. 

L’Angleterre d’il y a 30 ans, l’Allemagne d’il y a 10 ans.

Les « obstacles » dont il est bon ton de libérer les entreprises ne sont pas davantage une idée neuve. Raymond BARRE, alors premier ministre, en faisait son premier objectif en 1974 en s’excusant du « classicisme » de sa politique. Sur ce sujet, Pierre GATTAZ, président du MEDEF, ne fait que recycler ce que disait déjà papa (Yvon GATTAZ), en 1984, quand il promettait 471 000 emplois contre des « contraintes allégées ». Il avait été exaucé par le gouvernement CHIRAC en 1986 avec la levée de l’autorisation administrative des licenciements. La (déjà) vieille recette n’a pas empêché le pays de continuer à s’enfoncer dans le chômage.

L’inspiration réformatrice des uns et des autres vient de leurs prédécesseurs américains, anglais et allemands qui, s’il est entendu que le but de l’économie est de permettre à chacun de mieux vivre, ont tous échoué. Ronald REAGAN et Margaret TATCHER inspirent désormais François FILLON. « C’est un Pays (la Grande-Bretagne) où on ne travaillait plus, où les organisations syndicales avaient pris le pouvoir » disait-il récemment. Tony BLAIR est depuis toujours la référence  de Manuel VALLS et les réformes  de SCHROEDER ont été saluées par François HOLLANDE (et Nicolas SARKOZY) lors du dernier congrès du SPD allemand. Résultats ? Selon L’Unicef, en 2014, 25%  des enfants américains sont considérés comme pauvres. Seule la Roumanie fait pire dans les pays dits « avancés ». En 2011, une étude envisageait un taux de 47% d’enfants pauvres en Grande-Bretagne à  l’horizon 2020 après quinze années de Blairisme, qui a lui-même hérité du triplement de la pauvreté sous l’ère TATCHER. La modernité Outre-manche prend le visage que décrivait Charles DICKENS au  XIXème siècle. Même bond en arrière en Allemagne où les associations sociales dénoncent un « record de pauvreté » ; à quoi il faut ajouter que le socialisme moderne du chancelier SCROEDER a réussi à dépasser la France en termes d’inégalité. La France tente d’imiter l’Allemagne d’il y a 10 ans, alors qu’elle met en place le salaire minimum et les USA d’il y a 30 ans alors que les inégalités y ont atteint un tel niveau que le président OBAMA y voit un danger pour l’avenir du pays. Le succès du livre de Thomas PIKETTI « le capital du  XXIème siècle », témoigne de cette angoisse. Ce dernier donne un aperçu d’où nous mène la politique des ringards : « je pense possible un retour des structures de classes plus proche du XIXème siècle que de celles de Trente Glorieuses ».


 

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 08:01

PCF Front de Gauche

Michel Sapin : le VRP des actionnaires !

 

 

 

Sapin n'est pas un ministre de la République, c'est le VRP du patronat. Sa dernière déclaration « Notre amie c'est la finance, la bonne finance » en est l'illustration. Passons sur l'aspect que cette déclaration enterre  le discours de Hollande contre le monde de la finance au Bourget.

 

 

 

Prenons l'actualité,  c'est quoi la bonne finance ? Celle qui pousse les Marins de la SNCM à se battre pour sauver l'emploi après qu'un fonds de pension se soit gavé de dizaines de millions  d'euros lors d'une privatisation scandaleuse ? Bouygues qui va s'engraisser une nouvelle fois sur le dos de l'Etat et donc du contribuable avec le dossier Alsthom ?  Le CAC 40 qui bat des records quand le chômage bat lui aussi des records ? Ce sont les 159 milliards de trésorerie de 36 entreprises du CAC 40 ?  Ce sont les 298,6 milliards d'euros d’intérêts et de dividendes payés par les sociétés non financières, illustration de la réalité du coût du capital ?

 

La « bonne » finance de M. Sapin, c'est celle que nous subissons et dont les profits saignent les salariés et leurs familles.

 

C'est celle de Warren Buffett  quand il dit « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ».

 

Conférence sociale: le gouvernement a tué dans l’œuf toute tentative

Avant même ses conclusions, la troisième conférence sociale est d'ores et déjà un échec terrible pour François Hollande et Manuel Valls.

 

Ils en portent la pleine responsabilité car on ne peut impunément avoir autant de mépris et de brutalité pour les syndicats d'un côté et, de l'autre, autant d'attention et de douceur pour le patronat. Le gouvernement a tué dans l’œuf toute tentative de démocratie sociale en alignant les discussions sur les exigences du Medef. Ces conférences sociales censées être le socle d'un « compromis historique » entre le monde du travail et le patronat n'ont été que la justification médiatique d'une succession de régressions sociales pour les salariés, de l'ANI aux seuils sociaux, en passant par les retraites.

 

Aujourd'hui tout est à reprendre, la méthode comme le fond. L'agenda du Medef ne peut être celui d'un gouvernement de gauche. C'est autour des questions de démocratie, de la cité à l'entreprise, et de droits des salariés que le dialogue social doit être maintenant repensé. La gauche doit rapidement se reconstruire autour d'un projet de progrès social dont l’intérêt général serait le garant et le moteur.

 

Vite la fronde de gauche !

Tous ces renoncements encouragent la droite, l’extrême droite et la diffusion de leurs idées. Se rassembler pour une alternative à gauche, et de gauche, est d’une urgence vitale. De plus en plus nombreux, même au sein du parti socialiste et chez les écologistes, l'idée s'affirme que la politique de Valls et Hollande nous enferment dans une dépression économique, sociale et démocratique. Valls dit la gauche peut mourir et c'est sa politique qui la tue en tournant le dos aux promesses et à ce que la gauche veut dire. Avec tous ceux et celles qui cherchent, à gauche, une autre voie que l'austérité, il y aura naturellement des débats sur les solutions. Mais ce qui est nouveau, c'est que la discussion existe, dans les luttes, avec les salariés et les syndicalistes, avec tous ceux et toutes celles, les solutions. Mais ce qui est nouveau, c'est que la discussion existe, dans les luttes, avec les salariés et les syndicalistes, avec tous ceux et toutes celles, responsables associatifs, écologistes, socialistes, Front de gauche, abstentionnistes... pour chercher ensemble une issue.

Il faut ouvrir en grand ce dialogue en lien avec les luttes, , avec toutes les forces vives de la société, avec tous ceux et celles qui expriment les urgences populaires

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:06

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M. Sapin, le ministre « ami de la finance », a décidé de ramener de 1,25 % à 1 %, nouveau plus bas historique, le taux d'intérêt du livret « A », produit d'épargne le plus populaire en France.

 

Certes, c'est moins bas que ce que préconisait le gouverneur de la Banque de France (0,75%). Et il est vrai que, à 1 %, le taux servi demeure supérieur à l'augmentation en rythme annuel de l'indice des prix hors tabac, tombé à 0,3 % en juin.

 

Cependant cette faible inflation exprime, surtout, la déficience de l'activité économique due au chômage, aux salaires et traitements insuffisants, à la politique d'austérité aggravée. Nombre d'observateurs parlent désormais d'un risque de déflation, le pire mal que puisse connaître l’économie.

 

Et le calcul expressément fait par l’Élysée et Matignon de tenter de soutenir un peu la demande intérieure, si atone, par une moindre épargne des ménages, au lieu d'une sortie de l’austérité, risque d'accentuer le climat d'insécurité sociale pour nombre de familles aux revenus modestes et moyens, sans du tout relancer la consommation, le logement et la croissance.

 

Surtout, cette décision rend relativement plus rémunérateurs encore les placements sur le marché financier. Le risque existe alors que, au lieu de favoriser une reprise du secteur de la construction, frappé de marasme du fait, notamment, du refus de relancer le logement social, la baisse du taux du livret « A » suscite, de la part des détenteurs les plus aisés, leur report vers les actions et obligations. Est-ce cela que M. Sapin appelle « la bonne finance » ?

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 06:38

L'UMP avait un déficit de 79 millions en 2013. 

La faute à la perte du pouvoir présidentiel et des élections intermédiaires entre 2007 et 2012? Sans doute. L'électeur et la poule aux oeux d'or du financement public ont décidé de faire la grève du zèle en voyant de près ce qu'était la galaxie sarkozyste et copéiste. 

Aujourd'hui, ça déballe. 25 000€ de billets d'avion offerts à Nadia Copé, qui bénéficiait en outre d'un poste de collaborateur de cabinet de complaisance, le salaire (8500€) et les frais de Geffroy Didier (la Droite Forte), les téléphones (10000€) et les billets de train (13000€ l'an passé) de Rachida Dati, les meetings dont le coût passe de 7 millions d'euros en 2007 à 23 millions d'euros en 2012, et même 33 millions si on y ajoute les dépenses de communication. Les 11 à 17 millions de doubles factures de Bygmalion imaginées par Jerôme Lavrilleux, le bras droit de Jean-François Copé. 

Voilà les arrivistes profiteurs, les mafieux qui réclamaient aux citoyens français toujours plus de sacrifices sociaux sur l'autel de la compétitivité et du moins de charges, qui dénonçaient les privilèges des fonctionnaires, des chômeurs ou des immigrés qui touchaient la CMU. 

Un seul conseil à cette triste bande organisée représentative des moeurs des puissants et des nouveaux riches de notre époque: restez comme vous êtes, la saleté a sans doute encore beaucoup d'avenir en politique.  

Même si, rappelons-le, tout de même, tous les politiques, y compris à l'UMP, ne sont pas des "pourris".    

Article Médiapart:  Copé rémunère sa femme via l'Assemblée nationale

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 06:34
http://www.acrimed.org/article4400.html
L’offensive du grand patronat et des médias contre le repos

par Antoine Léaumentle 9 juillet 2014

Nous reproduisons, sous forme de tribune [1], et avec l’autorisation de son auteur, un article publié par Antoine Léaument sur son blog. L’auteur, membre du Parti de Gauche (PG), y analyse un nouvel épisode de la construction médiatique de l’opinion économique, à propos de la bataille menée par le patronat contre le repos (« entendu au sens large, c’est à dire autant la durée légale hebdomadaire du travail que le nombre de congés annuels ou encore le nombre d’années de cotisations pour pouvoir partir en retraite »). Une fois de plus, les médias y jouent un rôle déterminant dans la vulgarisation d’une pensée de marché faite de fausses évidences, de raccourcis simplistes, voire de vraies mystifications (Acrimed).

Fort des victoires qu’il engrange les unes après les autres face à un pouvoir politique qui ne lui résiste pas, le grand patronat est plus combatif que jamais. Il faut dire que Jérôme Cahuzac avait clairement montré le manque d’ambition de François Hollande et de son gouvernement en la matière lorsqu’il avait déclaré, face à Jean-Luc Mélenchon : « La lutte des classes, au fond, ça résume ce qui est notre réelle divergence : vous vous y croyez toujours, moi je n’y ai jamais cru. Jamais. ». Comme l’avait parfaitement analysé Jean-Luc Mélenchon deux jours plus tard chez Jean-Jacques Bourdin : « C’est une déclaration politique. Il dit : “il n’y aura pas de bataille contre le capital” » (voir de 00:00 à 01:30)


J.-L. Mélenchon "Bourdin Direct" BFMTV par lepartidegauche

Un an et demi plus tard, et après que chacun a pu découvrir que Jérôme Cahuzac était capable de mentir « les yeux dans les yeux » et « en bloc et en détail », on s’aperçoit combien Jean-Luc Mélenchon avait vu juste ce 9 janvier 2013 où il était interviewé par Jean-Jacques Bourdin : la lutte contre le capital n’a pas eu lieu et elle n’aura pas lieu. Alors que François Hollande candidat promettait que « [son] adversaire, [son] véritable adversaire » c’était « le monde de la finance », le Premier ministre de François Hollande président déclare, au siège du groupe AXA, que « nous avons besoin de la finance ».

Dans ce contexte, on comprend que le grand patronat soit gourmand : à chaque fois qu’il demande, il obtient ! C’est comme jouer au loto en sachant déjà qu’on va gagner… pourquoi se priver ? Pourquoi s’arrêter tant qu’il n’y a pas de résistance en face ? La lutte des classes, le grand patronat sait très bien qu’elle existe et, comme il a face à lui un pouvoir politique qui croit qu’en faisant des risettes au Medef on fait baisser le chômage, il en demande toujours plus.

Après avoir obtenu plusieurs dizaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux au moment même où il est demandé au peuple de « faire des efforts » et de « se serrer la ceinture », le grand patronat prépare sa prochaine offensive. Sans doute s’est-il senti renforcé par la manière dont le gouvernement a répondu aux grèves des cheminots et des intermittents : désormais, chacun sait que face à un mouvement social, François Hollande fait comme Nicolas Sarkozy et joue le pourrissement et l’épuisement de celles et ceux qui ne peuvent se priver trop longtemps de précieuses journées de salaires. Sans doute, aussi, le grand patronat se sent-il appuyé par les médias qui parlent d’« économies nécessaires », de « manque de compétitivité » et qui font passer les cheminots grévistes pour de dangereux terroristes. Sur ce dernier point, je vous invite d’ailleurs à aller consulter l’article de mon camarade de l’OPIAM sur le champ lexical utilisé par le Parisien, mais aussi cet excellent article d’Acrimed sur le vocabulaire utilisé par divers médias.

Je le disais : le grand patronat se sent fort et prépare sa prochaine offensive. Les signaux se font de plus en plus évidents et il est donc nécessaire de nous préparer à mener une bataille que le gouvernement ne mènera pas de notre côté de la barricade. Cette offensive sera contre le repos (entendu au sens large, c’est à dire autant la durée légale hebdomadaire du travail que le nombre de congés annuels ou encore le nombre d’années de cotisations pour pouvoir partir en retraite), et elle a déjà commencé.

Dans cette bataille qui s’avance, le grand patronat a décidé d’utiliser deux armes extrêmement efficaces : les sondages « d’opinion » et les enquêtes « scientifiques ». Armes d’autant plus efficaces qu’elles produisent des chiffres en tout genre, dont les médias sont friands. On peut donc s’attendre à des séries d’articles sur le temps de travail… et ça a déjà commencé.

1. Le sondage d’Ethic

 

Ethic : un mouvement patronal associé au Medef

Comme je l’expliquais dans mon article sur les sondages à la conemployés par les médias pour justifier qu’ils avaient bien eu raison de parler de « boulet du Front national » à propos de Jean-Marie Le Pen, ou comme l’expliquait encore mieux Pierre Bourdieu à propos des enquêtes d’opinion effectuées par un pouvoir politique pour appuyer ses réformes, les sondages ont un puissant effet de validation : ils sont une arme presque imparable pour dire « j’ai raison ». Comme l’explique parfaitement Bourdieu dans l’article que j’ai mis en lien :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible.  »

Cela, il n’y a pas que les personnalités politiques ou les médias qui l’ont compris : il y a aussi le grand patronat. Pour preuve ce sondageOpinionway commandé par « Ethic », le mouvement patronal dirigé par Sophie de Menthon. Ne vous laissez pas tromper par le nom : cette organisation n’a rien de particulièrement éthique. Pour vous situer l’organisation et sa dirigeante, voici ce que dit Sophie de Menthon à propos du travail des enfants :


Sophie de Menthon sur le travail des enfants par Toinou0409

Les gentilles multinationales contre les méchantes PME, il faut l’entendre pour le croire, mais c’est bien ce que pense Sophie de Menthon. Ajoutons, pour parfaire le tableau, que son organisation fait partie des « membres associés et partenaires du Medef », comme le prouve sa présence en page 2 de la liste fournie par le Medef lui-même.

Le traitement médiatique du sondage d’Ethic

L’organisation patronale « Ethic » a donc commandé un sondage. Etrangement, le résultat va tout à fait dans le sens du Medef… A tel point que Le Point a pu faire un article sur ce sondage, sobrement titré : « Scoop ! Les Français sont favorables aux réformes… ». Et le fait que soit signalée l’origine patronale du sondage ne pousse pasLe Point à questionner ledit sondage et à en chercher les limites. Non, tout au contraire : les résultats sont pris comme des données scientifiques sur lesquelles est fait un compte rendu objectif. Et pourtant, l’article du Point touche du doigt le principal problème de ce sondage. Voyez plutôt :

«  Les Français prêts à la fin de la durée légale du travail !

Mais les Français ne semblent pas seulement prêts à demander des efforts aux fonctionnaires : ils sont 63 % à approuver “la fixation du temps de travail par accord de branche ou d’entreprise, au lieu d’une règle nationale”. En clair, une fin des 35 heures, même si l’intitulé de la question se garde bien de les citer.  »

Le plus intéressant ici, c’est que l’article dénonce la formulation des questions (au point de devoir préciser « en clair, une fin des 35 heures ») mais en tire quand même des conclusions comme « Les Français prêts à la fin de la durée légale du travail ! ». Le point d’exclamation à la fin de cet intertitre en dit long sur la complicité médiatique avec le grand patronat.

Analyse critique du sondage d’Ethic

Allons dans le détail de ce sondage. Six grandes questions sont posées. Les voici :

- 1. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à la restriction du statut de fonctionnaire aux missions régaliennes de l’Etat (police, justice, armée et certains domaines de la santé) ? 
- 2. Êtes-vous favorable ou opposé(e) aux mesures suivantes ? – 1) En cas d’arrêt maladie, un nombre identique de jours de délai de carence pour les salariés du privé et du public ; 2) Une cotisation identique à l’assurance chômage pour les salariés du privé et du public ; 3) Un régime de retraite unique pour les salariés du privé et du public. 
- 3. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à une limitation importante du financement public des associations et à l’incitation aux dons privés, déductibles des impôts sur le revenu ou locaux, qui seront seulement complétés par les fonds publics en fonction des montants récoltés ? 
- 4. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à une réduction de 20 milliards d’euros par an des subventions aux entreprises en échange d’une baisse de charge ? 
- 5. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à la fixation du temps de travail par accords de branche ou d’entreprise, au lieu d’une règle nationale ? 
- 6. Êtes-vous favorable ou opposé(e) à l’allongement d’un mois chaque année de l’âge de départ à la retraite pour bénéficier d’une retraite à taux plein ?

Évidemment, tout va toujours dans le sens des réformes proposées par le grand patronat, même si les choses sont plus ténues sur la question des retraites. Signalons d’abord qu’il existe dans chaque sondage ce qu’on appelle en science politique un « effet d’acquiescement », c’est à dire qu’une personne sondée a toujours plutôt une tendance à répondre positivement à une question plutôt que négativement. Si l’on observe la tournure des questions, on s’aperçoit d’abord qu’elles sont formulées systématiquement de manière à ce qu’une réponse « favorable » aille dans le sens de ce que préconise le grand patronat. D’autre part, les termes « favorable » et « opposé(e) » sont loin d’être équivalents puisque le premier est très fortement connoté de manière positive alors que le second est au contraire connoté très négativement. J’exagère ? Qu’on en juge par les listes de synonymies proposées par le CNTRL :

Favorable : bon, propice, bienveillant, beau, avantageux, heureux, indulgent, complaisant, bénéfique, bienfaisant… 
Opposé : contraire, inverse, hostile, ennemi, discordant, différent, antagoniste, incompatible, séparé, contradictoire…

On le voit : rien que le choix de l’outil interrogatif pose déjà un problème. Mais ça ne s’arrange pas quand on entre dans le détail de la formulation des questions :

- 1. Pour la question sur les missions régaliennes de l’État, qu’auraient répondu les sondés s’il leur avait été demandé « Êtes-vous d’accord pour que l’éducation de vos enfants soit désormais réalisée par des entreprises privées ? ». 
- 2. Pour la question « Êtes vous favorable ou opposé(e) aux mesures suivantes ? » (question 2), on s’aperçoit que la vraie question posée est celle de l’égalité. Comment être contre ce qui est dans la devise de notre pays ? Ce qui reste dans le non-dit, en réalité, c’est sur qui est fait l’alignement : le mieux ou le moins-disant ? Pas sûr que les gens auraient répondu pareil avec ces éléments-là en balance. 
- 3. Pour la question sur le financement des associations, rien n’est dit sur le cas où la fin des financements publics entraînerait la fin de l’activité associative et rien n’est dit sur la provenance des « dons privés ». D’autre part, la formule « seulement complétés par des fonds publics » donne l’impression qu’il n’y aurait pas de baisse massive des financements, ce qui est évidemment faux. 
- 4. Pour la question sur la réduction des subventions aux entreprises, qui pourrait être opposé à cela ? D’autant que l’idée d’une baisse « des charges », mot clairement connoté négativement, apparaît comme quelque chose de positif. Bien sûr, on ne précise ni le montant de cette baisse « des charges », ni à qui elle profiterait, ni quelles en seraient les conséquences. 
- 5. Pas besoin de revenir plus que ne l’a fait Le Point sur la question des accords de branche qui est une question sur les 35h. 
- 6. Enfin, la question sur la retraite est celle qui pose à la limite le moins de problème d’un point de vue scientifique (hors, bien sûr, la question du « favorable / opposé(e) ») mais il est intéressant de regarder les résultats détaillés où l’on s’aperçoit que chaque classe d’âge y est défavorable à l’exception des plus de 65 ans…

On le voit : ce sondage est hautement critiquable d’un point de vue scientifique. Le fait que ce soit un organisme patronal qui ait fait la commande doit normalement mettre la puce à l’oreille d’un journaliste critique, mais on voit que ce n’est pas le cas pour celui ou celle du Point, qui semble se réjouir du « résultat » complètement biaisé. Fait intéressant : cette fois, la ficelle est assez grosse pour que les gens ne se laissent pas avoir. Je vous invite à aller regarder les commentaires laissés sous l’article : ils sont moqueurs. Que disait Bourdieu, déjà ? « On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel ». Loupé, donc.

Mais le fait que l’opération soit un échec parce que Sophie de Menthon a pris des gros sabots ne doit pas nous rassurer pour autant. Voyez les questions posées : restriction du statut de fonctionnaire, augmentation du délai de carence, baisse du financement public des associations, nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises, fin des 35 heures, nouvel allongement de la durée de cotisation pour la retraite… Voilà ce que le grand patronat a encore dans ses cartons. Et on voit que plusieurs questions concernent la durée du travail (délai de carence, 35 heures, durée de la cotisation pour la retraite). Soyons donc très vigilants.

2. Le rapport « scientifique » de Coe-Rexecode

Je le disais plus haut, l’autre technique qui a été employée récemment par le grand patronat pour s’attaquer au temps de travail (ou plutôt au temps de repos) est l’utilisation d’une enquête « scientifique » visant à montrer, pour faire court, que les Français sont des paresseux qui se tournent les pouces, contrairement aux autres européens qui, eux, sont des gens travailleurs et motivés.

Coe-Rexecode : un institut du grand patronat

Avant de nous intéresser au fond de cette étude et à ses résultats médiatiques, intéressons-nous d’abord aux conditions sociales de sa production. Elle est le fruit du travail de l’institut « Coe-Rexecode » pour « Centre d’observation économique et de recherches pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises ». Ça en jette, non ? « L’expansion de l’économie » et « le développement des entreprises », ça doit déjà vous situer de quel côté de la barricade se situe l’institut.

Si l’on va maintenant faire un tour sur le site internet de « Coe-Rexcode », on trouve des choses particulièrement intéressantes. A la une, bien sûr, l’étude sur le temps de travail, avec le graphique le plus accablant possible pour la France : avoir une des durées du travail les moins élevées de l’Union européenne nous classe en 27e position (sur 28) là où les Roumains tiennent la première place du podium. En soi, l’ordre du classement en dit long lui aussi : j’aurais plutôt tendance naturellement à faire le classement dans l’autre sens et à mettre aux premières places les pays où l’on travaille le moins. Je vous mets une image de ce graphique et, à côté, une autre de la CGT datée de 1919. Elle a le mérite d’expliquer de manière assez simple ce qu’est la lutte des classes dans le domaine du temps de travail.

Toujours sur la page d’accueil de l’institut Coe-Rexecode on trouvait au moment où j’ai rédigé cet article un autre graphique : celui du « coût de la main d’œuvre en Europe », qui représente le « niveau du coût de l’heure de travail ». Les Français ont la barre qui monte le plus haut, ça veut dire qu’ils coûtent cher à leurs patrons. A côté de ça, les Britanniques, eux, ne coûtent pas cher à leurs patrons. Deux cibles dans le collimateur ici : le niveau de revenu et le niveau des cotisations patronales.

Rien que sur la page d’accueil, l’essentiel du discours du Medef était donc résumé au moment où j’ai écrit cet article : les Français ne travaillent pas assez et ils coûtent trop cher aux patrons. Ils ne sont pas assez esclavagisés au goût des puissants.

Ceci posé, il est intéressant d’aller faire un tour du côté des adhérents et généreux donateurs de cet institut. La liste est accessible sur le site. Et c’est là que ça devient cocasse, car parmi les 76 adhérents, on trouve :

30 entreprises du monde de la banque, de la finance et de l’assurance, avec l’essentiel des grandes banques françaises : BNP, BPCE (Banque populaire – Caisse d’Epargne), BRED-Banque Populaire, Crédit du Nord, Banque Postale et Société Générale. 
- 13 entreprises du CAC 40 : BNP, Société Générale, Bouygues, Air Liquide, L’Oréal, Lafarge, Renault, Saint-Gobain, Solvay, Total, EDF, Orange et GDF-Suez. Notez aussi la présence de PSA Peugeot-Citroën et Natixis, respectivement sorties du CAC 40 le 24 septembre 2012 et le 19 septembre 2011. 
- 15 organisations patronales membres du Medef : le CCFA, le CISMA, la FFA, la FFB, la FIM, la FPI, le GFI, le GIM, la LEEM, le SYMOP, le SYNTEC, UFIP, l’UIC, l’UIMM et l’UNICEM. 
- Le Medef lui-même en tant qu’organisation

Pour faire court, c’est bien simple : toutes les organisations adhérentes qui ne sont ni des entreprises ni des organismes publics sont des organisations membres du Medef ou le Medef lui-même

Bien sûr, on peut considérer que tout cela est le fruit du hasard. On peut penser que c’est tout à fait par hasard qu’un institut de recherche très majoritairement financé par des banques, des entreprises du CAC 40, le Medef et des organismes membres du Medef, fait des rapports sur le temps de travail qui vont exactement dans le même sens que ce que dit Pierre Gattaz.

On peut aussi penser, contrairement à Jérôme Cahuzac, que la lutte des classes n’est pas une théorie mais un fait concret, particulièrement palpable dans la situation présente. On peut penser que le rapport fourni par Coe-Rexecode est éminemment politique et qu’il ne survient pas à n’importe quel moment. On peut penser que si les classes pauvres, moyennes et précaires sont désorganisées, la classe des très riches, des puissants et des oligarques est, elle, organisée et combattive.

Les médias complices du grand patronat

La provenance du rapport aurait en soi mérité une enquête approfondie des journalistes, d’autant que l’orientation politique de l’organisme a déjà été mise en cause par le passé. Les chiffres avancés par Coe-Rexecode auraient normalement dû être questionnés en détail, du fait de leur probable manque d’objectivité (on a vu plus haut, par exemple, qu’il n’était pas neutre de présenter en bas de classement les pays ayant les temps de travail les moins élevés). Pourtant, les grands médias ont très largement repris les données du rapport sans les questionner. Mieux : certains ont carrément repris la dépêche AFP telle quelle. Si l’on compare par exemple l’article du Monde sur le sujet et celui de Challenges, on s’aperçoit que les phrases et les paragraphes sont globalement identiques et le sont même parfois au mot près.

Ainsi, dans la liste d’articles évoquant ce rapport que je fournis ci-dessous, seuls les deux derniers ont une attitude un minimum critique par rapport aux résultats : La Croix interroge un chercheur de l’OCDE pour avoir un point de vue différent ; Libération utilise un titre interrogatif, précise que l’institut est « proche du patronat », change l’ordre du classement du rapport (« notre pays se [situe], en 2013, au 2e rang des pays où l’on travaille le moins en Europe  »), compare les données de manière rigoureuse, précise qu’il existe une marge d’erreur dans ce type de données et, enfin, interroge sur la pertinence même des chiffres (« Une durée élevée du temps de travail, enfin, n’est pas forcément signe d’un haut niveau de développement »).

Voici la liste, sans doute non exhaustive, des articles que j’ai pu repérer. Notez bien l’orientation des titres et le déclinisme quasi général vis-à-vis de notre pays.

Le Figaro : « Exclusif : le rapport accablant sur le temps de travail des Français » 
Le Figaro : « Les Français travaillent cinq semaines de moins que les Allemands » 
Le Monde : « Les Français travaillent moins que les autres Européens » 
Les Echos : « Travail : les salariés français loin d’être les plus bosseurs, en Europe » 
Le Huffington post : « Temps de travail : le rapport qui accable les Français » 
TF1  : « Les Français travaillent 30 jours de moins que les Anglais » (et encore, si on en croit l’adresse du lien, le titre initial était même : « Les Français travaillent le moins en Europe ») 
Challenges : « La durée du travail en France est (presque) la plus faible d’Europe ». On notera le « (presque) » entre parenthèses, qui permet de dire qu’on est bien les plus mauvais et les plus nuls. 
RTL  : « Les Français ne travaillent pas assez » 
Libération  : « Les Français, travailleurs fainéants de l’Europe ? » 
La Croix : « Le temps de travail des Français à nouveau dans le collimateur »

Analyse critique du rapport de Coe-Rexecode

Pourtant, il y aurait eu matière à critiquer ce rapport et à en tirer des choses intéressantes. Ne souhaitant pas ici rallonger inutilement cet article, je ne ferai que donner des pistes de réflexion qui sont autant d’angles possibles qui auraient pu être adoptés par des médias critiques. J’ai déjà parlé de l’orientation pro-patronale de l’organisme Coe-Rexecode, je n’y reviens pas. De même, je ne reviens pas sur la manière dont les résultats sont présentés en classant derniers les pays où la durée du travail est la moins élevée, alors qu’il s’agit au contraire d’un indice du progrès social. L’article de Libération donne quant à lui des pistes utiles sur la question de la durée du travail, j’y reviendrai un peu plus bas.

Notons ici (mais nous y reviendrons) qu’en recoupant les données de l’institut Coe-Rexecode avec celles de l’OCDE [2] (dont on peut difficilement penser qu’il s’agit d’une organisation marxiste), on s’aperçoit qu’il existe des différences assez élevées entre les chiffres ; ainsi, en 2012, les salariés allemands travaillaient en moyenne 1597 heures par an pour Coe-Rexecode contre 1393 pour l’OCDE (écart de plus de 200 heures) et les Français 1553 heures pour Coe-Rexecode contre 1479 pour l’OCDE (écart de plus de 120 heures). Dit autrement : pour Coe-Rexecode, les Français travaillent moins que les Allemands ; pour l’OCDE, c’est l’inverse.

Mais il y a un point, pourtant capital, que je n’ai vu soulevé dans aucun article pour critiquer ce rapport : celui de la productivité horaire. Raisonner en termes d’heures de travail « dans l’absolu » est complètement abstrait si l’on ne sait pas ce qui est fait pendant ces heures de travail. Et ça, le grand patronat ne l’ignore pas ; c’est bien pourquoi l’étude elle-même ne fait pas le rapprochement.

Pour rendre les choses plus visuelles, j’ai préparé six graphiques que j’insère ci-dessous. Vous pouvez visionner chacun d’entre eux en cliquant sur la barre grise qui se situe juste en dessous du titre du graphique. Vous allez voir, c’est joli comme tout et ça bouge dans tous les sens. Notez tout de même avant de vous amuser :

- 1. que j’ai sélectionné l’année 2012 parce que la valeur de la production horaire moyenne par salarié (graphique 4, valeur également utilisée dans les graphiques 5 et 6) n’était pas disponible pour l’année 2013. 
- 2. que je n’ai mis dans ce graphique que les pays pour lesquelsl’OCDE fournissait cette donnée ; ne figurent donc pas ici la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Lettonie, la Littuanie, Malte et la Roumanie. 
- 3. que je n’ai mis dans ce graphique que les pays qui ont adopté l’euro pour monnaie afin d’éviter un effet des taux de change sur la valeur de la production ; ne figurent donc pas non plus ici la Pologne, la République Tchèque, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni et la Hongrie.

Le premier graphique, qui s’intitule « Durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps plein (Coe-Rexecode) » reprend les chiffres mis en avant par l’étude Coe-Rexecode et reproduit fidèlement le sens de classement utilisé par l’institut patronal. On voit ici la France à l’avant-dernière place, juste devant la Finlande ; l’Allemagne est quant à elle dans le premier tiers du classement. C’est ce graphique qui a été mis en avant par Coe-Rexecode, puis par l’AFP, puis par les journaux qui ont repris la dépêche AFP. L’objectif ici n’est d’ailleurs pas tant de s’en prendre aux 35 heures (puisque l’étude démontre qu’en moyenne les Français travaillent plus de 39 heures par semaine) qu’aux RTT, jours fériés et congés payés. Quand le grand patronat sent qu’il a le vent en poupe, plus rien ne l’arrête…

Le deuxième graphique, qui s’intitule « Durée effective annuelle moyenne de travail de l’ensemble des salariés (Coe-Rexecode) », reprend des données fournies par Coe-Rexecode… mais beaucoup moins mises en avant par l’institut. Comme le nom du graphique l’indique, il s’agit du temps de travail annuel de l’ensemble des salariés, qu’ils soient à temps plein ou à temps partiel. On s’aperçoit que la France et l’Allemagne font partie d’un ensemble de huit pays ayant un temps de travail moyen globalement similaire (entre 1546 heures par salarié pour la Finlande et 1648 heures pour l’Espagne), parmi les plus bas de la zone euro. Pourquoi une telle différence par rapport au graphique précédent ? C’est ce qu’explique Luc Peillon dans l’article de Libération que j’évoquais plus haut :

« Pour calculer (et comparer) le temps de travail de l’ensemble d’une société, il faut réintégrer les temps partiels. Leur développement ne constitue en effet, à l’échelle de la population active, rien d’autre qu’une forme (souvent imposée) de réduction du temps de travail, de la même manière que les 35 heures en France. Et l’Allemagne, pour ne citer qu’elle, est friande de cette RTT qui ne dit pas son nom. Elle compte ainsi 26,7% de temps partiels, contre 18% en France.  »

Le troisième graphique reprend exactement la même donnée, mais utilise les chiffres de l’OCDE. Pour certains pays, les choses ne changent pas beaucoup ; pour d’autres, en revanche, les différence sont énormes : l’Allemagne passe ainsi « derrière » (je reprend le vocabulaire patronal) la France ; le Luxembourg « perd » plusieurs places. L’Italie en « gagne » quelques unes. Hors quelques éléments stables (la Grèce et les pays de l’est sont dans les deux cas ceux où les travailleurs sont le plus exploités), le graphique est globalement chamboulé. La base des bases en matière de journalisme étant normalement de recouper les sources, on est en droit de se demander pourquoi cela n’a été fait dans aucun article alors même que des données contradictoires existent…

Au quatrième graphique, qui représente la productivité horaire moyenne en euro dans chaque pays [3], ça commence à devenir franchement croustillant, tant on voit à quel point le déclinisme généralisé des médias n’a pas lieu d’être. Pour faire simple, il s’agit de la valeur moyenne, en euros, de ce qui est produit par l’heure de travail d’un salarié. En observant ce graphique, on constate plusieurs choses très intéressantes :

- D’abord, puisque les médias comparent toujours la France et l’Allemagne, signalons que nous sommes devant ce pays en terme de productivité : un salarié français produit en une heure près de trois euros de plus qu’un salarié allemand. 
- Ensuite, on constate qu’il existe un écart assez considérable entre le Luxembourg et l’Irlande d’une part et les autres pays d’autre part. Cela vient de la taille des secteurs bancaires et financiers dans ces deux pays, qui sont disproportionnés. Les encours bancaires au Luxembourg représentent ainsi 21 fois le PIB du pays ; en Irlande, ils représentent 6,6 fois le PIB du pays. 
- Enfin, hors le Luxembourg et l’Irlande dont on vient de voir le poids du secteur bancaire, on constate que la France fait partie du groupe de tête qui se tient dans un mouchoir de poche (entre 45,4 et 45,7 euros produits par heure de travail) et qui comprend, en plus d’elle, les Pays-Bas et la Belgique. L’Allemagne se trouve quant à elle à mi-chemin entre ce groupe-ci et celui d’après où la productivité horaire d’un salarié tombe à 39,5 euros.

Les cinquième et sixième graphiques croisent la productivité horaire et le temps de travail moyen effectif sur une durée d’un mois. J’ai fait deux graphiques pour montrer l’effet considérable de la différence de chiffres de Coe-Rexecode et de l’OCDE sur le temps de travail (différence évoquée dans la comparaison entre les graphiques 2 et 3). Ainsi, alors que dans le graphique 5, qui prend les chiffres de Coe-Rexecode, l’Allemagne est juste derrière la France, elle se trouve reléguée en milieu de tableau avec les chiffres de l’OCDE, quand la France conserve sa quatrième place (et même sa deuxième place si l’on sort du tableau le Luxembourg et l’Irlande). Alors que l’écart de productivité mensuelle entre la France et l’Allemagne est de 200 euros par salarié si l’on s’appuie sur les chiffres de Coe-Rexecode, il est de 650 euros par salarié si l’on prend les chiffres de l’OCDE. 

***


Qu’il le fasse à l’aide de sondages ou à l’aide d’enquêtes « scientifiques », le grand patronat est en train de travailler au corps l’opinion publique pour s’en prendre au temps de repos. Il est difficile de prédire si la prochaine attaque se fera contre les 35 heures, contre les congés et RTT, contre les jours fériés ou contre la retraite, mais cette attaque arrivera bientôt, probablement au début de l’année prochaine.

Alors que le grand patronat est clairement passé à l’offensive, François Hollande cède mois après mois un peu plus des acquis sociaux acquis de haute lutte par ceux qui ne niaient pas la lutte des classes.

Dans le même temps, la presse a quasiment cessé toute activité critique et prend de plus en plus pour argent comptant (c’est le cas de le dire) les chiffres fournis par le grand patronat.

Dans une logique circulaire, le grand patronat utilise ensuite les articles d’une presse qui se prétend « objective » pour renforcer son propre discours. C’est ainsi, par exemple, que Pierre Gattaz peut « retweeter » un article de RTL faisant état de l’étude de Coe-Rexecode sur le temps de travail. Dit autrement, Pierre Gattaz paie pour qu’un institut fasse des études économiques qui sont reprises par la presse puis reprises par Pierre Gattaz. La boucle est bouclée.

La lutte des classes n’est pas une religion : c’est un fait socio-économique. Toute la difficulté est de réussir à le rendre visible quand le grand patronat, la presse et le gouvernement cherchent à le faire disparaître.

J’espère que l’exemple étudié ici rend cette lutte des classes palpable. Il est fondamental de le faire chaque fois que cela est possible afin que cesse l’idée que les accapareurs de richesse sont ceux que les puissants gavés d’argent appellent « les assistés ». Ils utilisent ce mot pour diviser les classes pauvres des classes moyennes et faire en sorte que personne ne regarde les vrais accapareurs : grand patronat, actionnaires, financiers, oligarques en tout genre. N’oubliez pas que les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié de l’humanité et que si la loi forçait les vrais accapareurs de richesse à partager, le monde irait bien mieux.

Tenez, prenons un exemple concret tiré des graphiques que je vous ai présentés plus haut. On a vu que la productivité mensuelle moyenne d’un Français salarié se situait entre 5 600 et 5 900 euros (graphiques 5 et 6). Pourtant, le salaire net moyen en France n’était en 2011 que de 2 128 euros et le salaire net médian de 1 712 euros [4]. À votre avis, à qui profite l’écart entre la productivité et le salaire ? [5]

Antoine Léaument

Notes

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

[2] Pour consulter les données, sélectionnez « Average hours worked per person engaged ».

[3] Source : OCDE. Sélectionnez la valeur « GDP per hour worked, national currency, constant prices » pour retrouver ces données.

[4] Pour ces chiffres, voyez cet article assez complet. Vous pouvez également utilisercet outil, qui vous permet de comparer votre revenu avec celui de la population française.

[5] Il s’agit là d’un raccourci polémique de l’auteur. La totalité de la différence entre la productivité moyenne des salariés et le salaire moyen ne revient évidemment pas à l’actionnaire : une grande partie de cette productivité va dans les salaires, puis dans les impôts, puis dans les remboursements d’emprunts, puis dans les investissements de l’entreprise et puis, bien sûr, dans les poches de l’actionnaire. Ceci dit, si la part des salaires dans le PIB reste supérieure à celle des dividendes, la première baisse constamment depuis une trentaine d’années, tandis que la seconde ne cesse d’augmenter... (Note d’Acrimed)

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 15:32

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5 millions de chomeurs, 10 millions de pauvres, 87% des embauches se faisant sous statut de CDD... Voici le lourd climat dans lequel se tient la 3eme conférence sociale du quinquennat de François Hollande. Malgré cette situation gravissime dont les premières victimes sont les chômeurs et les salariés, le dialogue social est une nouvelle fois violenté. La décision du Premier ministre sur le compte pénibilité, sous l'injonction du président du MEDEF, Pierre Gattaz, est inacceptable. Elle en dit long sur Manuel Valls, ses méthodes et sa conception du dialogue social. 

Cette pseudo concertation a tout d'un piège pour préparer de nouvelles concessions à l'appétit insatiable du MEDEF qui lorgne ouvertement sur la fin des seuils sociaux et la mise en pièce du code du travail. Un piège qu'une partie des syndicats de salariés (CGT, FO, FSU, après Solidaires) a mis à jour en annonçant le boycott de la deuxième journée du sommet social.

 

Démocratie parlementaire attaquée par les menaces et les rappels à l'ordre, démocratie locale méprisée avec la réforme territoriale, le gouvernement n'aime pas davantage la démocratie sociale. Cette 3ème conférence prend des allures d'un stand de ball-trap sponsorisé par le MEDEF où les cibles sont les droits sociaux des salariés. Le gouvernement invite. Gattaz savourera l'entrée, le plat de résistance et le dessert. Le pays payera la facture. 

 

PCF Front de Gauche

 

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