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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 18:17

Le 8 janvier 2018, le gouvernement convoque la direction SNCF pour ré entendre ce qu’il sait déjà, sans jamais remettre en cause la stratégie et la campagne anti ferroviaire qui se développe. Le vaudeville qui se joue sous nos yeux pourrait être risible s’il n’était pas si grave.

L’actuelle ministre des Transports, ex-directrice de la stratégie à la SNCF, feint d’ignorer les véritables raisons de la situation pourtant liées aux mauvais choix opérés depuis des années, y compris lorsqu’elle était membre du Comité Exécutif de la SNCF.

Les agitations médiatiques de la direction SNCF avec la complicité du gouvernement ne nous détourneront pas de l’urgence : maintenir le train public.

1. LE RETOUR A UNE ENTREPRISE PUBLIQUE, UNIQUE ET INTEGRÉE : LA SNCF

La réforme ferroviaire de 2014 a éclaté la SNCF en trois EPIC distincts : SNCF (EPIC de tête), SNCF Réseau, SNCF Mobilités. Elle a rendu plus complexe les relations entre les différents services de l’entreprise désormais séparés dans 3 entités. Elle n’a pas réunifié le gestionnaire de l’infrastructure (ex RFF) et le transporteur (la SNCF). En définitif, elle a accentué les difficultés qui existaient déjà au préalable. En outre, elle n’a pas réglé la question du financement et de la dette. Pourtant, en juin 2014, lorsque les cheminots ont cessé le travail afin d’imposer une autre réforme, ils étaient qualifiés d’irresponsables par le gouvernement d’alors.

2. REPRISE DE LA DETTE PAR L’ÉTAT

Les investissements de ces dernières décennies, notamment dans les LGV au détriment du réseau classique, ont été imposés par l’Etat à la SNCF. Il est inconcevable de vouloir faire supporter cette dette aux usagers et aux cheminots. Il convient cependant de ne pas opposer le réseau à grande vitesse au réseau classique, ils doivent être complémentaires.

Le poids de la dette est prétexte à la fermeture de gares, de lignes, de guichets, à la suppression massive d’emploi cheminot (+ de 2000 prévus en 2018), au recours massif à la sous traitance, entre autres.

En attendant, elle génère chaque année 1,7 milliards d’euros d’intérêts qui part directement dans la poche des banquiers.

3. MISSION SPINETTA : EN FINIR AVEC LE TRAIN PUBLIC ?

Les conclusions de la mission confiée à l’ex-PDG d’Air France seront sans surprise.
Elles auront vocation à justifier une nouvelle réforme du système ferroviaire public en stigmatisant au passage les cheminots, leur statut. C’est pourtant ce statut (existant avant la création de la SNCF) qui, malgré des contraintes fortes acceptées par les cheminots, garantit la continuité du service public, un haut niveau de formation et de technicité, une approche de la sécurité des circulations placée au dessus de tout le reste.

La CGT n’acceptera pas que les cheminotes et les cheminots soient les boucs émissaires de ceux qui ont décidé d’en finir avec la SNCF.

4. OUVERTURE À LA CONCURRENCE : LA SOLUTION À RIEN

L’ouverture à la concurrence relève au mieux de la malhonnêteté intellectuelle, au pire, d’une attitude irresponsable qui insulte l’avenir. Elle n’améliorera pas le quotidien de nos concitoyens, pire, elle ajoutera sur le réseau actuel des intervenants qui viendront compliquer une situation déjà bien difficile. On ne fait pas du train comme on vend des forfaits téléphones.

Le transport public de voyageurs comme celui des marchandises, à l’heure des grands défis sociaux et environnementaux, est résolument contemporain. Mieux, il est un maillon structurant du futur en termes de déplacements, d’aménagement du territoire, de réduction des gaz à effet de serre. Il est en outre un appui stratégique essentiel pour l’État, comme l’ensemble des services publics.

La Fédération CGT des cheminots a raison lorsqu’elle exige :

  •  Le retour à une entreprise publique, unique et intégrée : la SNCF, seule garante d’un fonctionnement cohérent de l’ensemble des services de l’entreprise.
  •  La reprise de la dette par l’État sans contrepartie et un financement public à la hauteur des enjeux futurs. Sans la maîtrise publique du chemin de fer par l’État, nous n’aurions jamais connu l’électrification des lignes, la grande vitesse etc ….
  •  L’arrêt immédiat des suppressions d’emploi et des embauches au Statut à la hauteur des exigences du service public ferroviaire.
  •  L’arrêt de la réduction de l’offre ferroviaire par le maintien, voire la réouverture de gares, de lignes, permettant à la SNCF de remplir ses missions de service public partout et pour tous.
  • L’arrêt de toute velléité d’ouverture à la concurrence, contraire à l’intérêt général, à la réponse aux besoins des populations, au maintien du service public en tous points du territoire.

Aussi, la Fédération CGT appelle TOUS les cheminots, les associations d’usagers, les usagers eux-mêmes, ainsi que toutes celles et tous ceux qui souhaitent défendre un service public ferroviaire de qualité, à participer massivement à la manifestation nationale qui aura lieu le 8 février 2018 à Paris.

Théâtre au ministère des transports: la mauvaise farce a assez duré (CGT Cheminots, 8 janvier 2017)
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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 18:07
Didier Le Reste

Didier Le Reste

La ministre des transports convoquait aujourd'hui les patrons de la SNCF pour réorienter leur politique. Une opération com, dénonce Didier Le Rest. 

" La forme prend le pas sur le fond. Convoquer de façon théâtrale les dirigeants de la SNCF, pour qu'ils expliquent les raisons des dysfonctionnements, relève pour moi de la communication. La ministre des transports, Elisabeth Borne, est bien placée pour savoir les maux dont souffre le service public ferroviaire, après avoir été directrice de la stratégie de la SNCF avec Guillaume Pepy. Aujourd'hui, l'ensemble de ces dysfonctionnements qui affectent la qualité du service et irritent de plus en plus les usagers, sont la résultante du désengagement financier de l'Etat. La France ne finance qu'à hauteur de 32% les infrastructures ferroviaires, pour 50% en Allemagne et 90% en Suède. Il s'agit de choix politiques qui portent un choix de société. C'est l'Etat qui a décidé la LGV (ligne à grande vitesse), lancé le TGV et n'a rien financé. Le système ferroviaire français détient au global une dette de 53 milliards d'euros. La SNCF n'a qu'une dette d'exploitation de 8 milliards. La responsabilité en incombe à l'Etat. Il n'est pas normal que Macron dise qu'il veut bien réduire la dette si on touche au statut des cheminots. Ce ne sont pas eux les responsables". 

" Le routier est le mode de transport le plus subventionné. La concurrence déloyale s'est accélérée, avec l'augmentation des péages pour le train, l'autorisation de circulation des 44 tonnes, puis la suppression de l'écotaxe, les cars Macron... Aujourd'hui, trois opérateurs se partagent le gâteau, dont la filiale SNCF Ouibus, qui vit sous perfusion. La finalité de ces politiques-là est de construire un mastodonte des transports et de la logistique privée dont la part congrue serait le train. Dans la COP 21, les assises de la mobilité, les transports ont été peu traités et surtout pas le rail public. Quand on évoque la mobilité, on parle covoiturage, applications numériques, vélo, ... mais pas de transport de masse. Il faut arrêter l'enfumage et réorienter l'utilisation des fonds publics pour réinvestir dans les réseaux ferrés nationaux". 

"Depuis 2006, la concurrence est ouverte sur le transport de marchandises par le rail: c'est une catastrophe. Nous transportons moins de marchandises qu'en 2000. Nous avons fermé 400 gares de fret. Depuis 2009, les cheminots dédiés au fret sont passés de 15 000 à 7000".

Interview de Didier Le Rest par Kareen Janselme dans l'Humanité du lundi 8 janvier    

"Arrêtons de subventionner la route, investissons dans le rail" - Didier Le Reste, président de la Convergence nationale Rail, élu communiste à Paris
voeux de Didier Le Reste pour 2018 publiés dans le journal des Bretons d'Ile de France. Bloavez Mad !

voeux de Didier Le Reste pour 2018 publiés dans le journal des Bretons d'Ile de France. Bloavez Mad !

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 17:33
SNCF: Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public (PCF, 8 janvier 2018)

SNCF : Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public

 

La ministre des transports Elisabeth Born convoque aujourd'hui, le 8 janvier, le patron de la SNCF pour lui demander des comptes suite à la "succession d'incidents importants et médiatisés" survenus ces dernières semaines dans les gares parisiennes de Montparnasse, Bercy et Saint-Lazare.

 

Il est assez curieux de voir une ministre des transports s’étonner des récents dysfonctionnements de la SNCF tant les différentes politiques menées depuis plus de 20 ans en matière de service public ferroviaire, aussi bien marchandise que voyageur, sont désastreuses. Les derniers chiffres sont éloquents : 2014, suppression de 1432 postes – 2015, 1100 postes – 2016, 1400 postes – 2017, 1200 postes et pour 2018, SNCF Mobilité a déjà annoncé 2000 suppressions d’emplois.

Les suppressions massives d’emplois s’accompagnent d’un manque d’investissement abyssal avec pour conséquence directe un réseau ferré et des installations de sécurité qui ne cessent de se délabrer. L’accident de Brétigny en est le triste exemple.

La SNCF est aujourd’hui malade des choix imposés conjointement par direction et gouvernement. Un duo infernal, où le dogme de la rentabilité est érigé en alpha et oméga des politiques ferroviaires.

 

Nous sommes aujourd’hui en droit de demander des comptes, à la SNCF bien sur, mais aussi aux différents gouvernements. Ceux-ci, tout en votant l’ouverture à la concurrence, ont abandonné toute forme de gouvernance de l’entreprise publique, en laissant les mains-libres à une direction d’entreprise. Les ministres des transports passent, les accidents et incidents se multiplient mais les fossoyeurs du rail public, Guillaume Pépy en tête, demeurent.

D’autres solutions existent. Plutôt que de stigmatiser les cheminots et de pénaliser les usagers, il est temps de mettre fin au dogme libéral qui guide gouvernement et direction dans la gestion de la SNCF.

 

Le PCF demande à ce que l’État français reprenne en intégralité la dette du système ferroviaire, et investisse de façon massive dans la régénération du réseau, les trains de nuits, les TET.

 

Le PCF porte l’idée d’un grand service public ferroviaire du 21è siècle, au sein d’une entreprise unique et intégrée, qui permette à chacune et chacun de se déplacer quel que soit son lieu de résidence sur le territoire, tout en assurant des conditions de travail décentes pour les cheminot-es.

 

Le 3 février prochain dans le cadre des états généraux du progrès social que nous tiendrons à Paris, nous ferons des propositions pour créer ce grand service public ferroviaire du 21è siècle.

SNCF: Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public (PCF, 8 janvier 2018)
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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 17:00

Dès le mois de mai, le contrôle technique du véhicule sera plus cher (+20%), plus régulier (tous les ans pour un véhicule de + de 6 ans) et valable moins longtemps (24h). Si les réparations ne sont pas faites dans la journée, c'est 135€ d'amende. (Le Parisien)

N'est-ce pas là, sous couvert de sécurité ou d'écologie, mais en lien avec les lobbies des constructeurs, une manière de matraquer un peu plus les classes populaires et de pousser à acheter des voitures neuves et à la surconsommation quand dans plein de pays, on fait rouler les voitures 15-20 ans, et de fait, une partie des nôtres seront envoyées en Afrique si elles ne peuvent plus rouler ici. Pas d'accord!

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 10:08
Martha Desrumeaux: syndicaliste et communiste résistante et déportée. Pour que la classe ouvrière rentre au Panthéon!
Martha Desrumeaux: syndicaliste et communiste résistante et déportée. Pour que la classe ouvrière rentre au Panthéon!
Martha avec son mari Louis Manguine dans leur maison à Evenos dans le Sud. Tous deux en retraite bien méritée.  "Louis Manguine, tout d'abord dessinateur dans une entreprise métallurgique de Douai, est responsable des " métallos " du Nord en 1936. En septembre 1938, il épouse Martha Desrumaux, dirigeante du Parti Communiste. Prisonnier durant la guerre, il reprend ses fonctions en 1946. Après sa libération, il est élu :  de 1947 à 1959, au conseil municipal de Lille de 1950 à 1966, secrétaire général de l'UD-CGT du Nord1. 1950 correspond à l'année où sa femme, Martha Desrumaux, avait dû abandonner ses responsabilités dans cette organisation.  Il décède le 30 novembre 1982, le même jour que son épouse, âgé de 77 ans"

Martha avec son mari Louis Manguine dans leur maison à Evenos dans le Sud. Tous deux en retraite bien méritée. "Louis Manguine, tout d'abord dessinateur dans une entreprise métallurgique de Douai, est responsable des " métallos " du Nord en 1936. En septembre 1938, il épouse Martha Desrumaux, dirigeante du Parti Communiste. Prisonnier durant la guerre, il reprend ses fonctions en 1946. Après sa libération, il est élu : de 1947 à 1959, au conseil municipal de Lille de 1950 à 1966, secrétaire général de l'UD-CGT du Nord1. 1950 correspond à l'année où sa femme, Martha Desrumaux, avait dû abandonner ses responsabilités dans cette organisation. Il décède le 30 novembre 1982, le même jour que son épouse, âgé de 77 ans"

Martha Desrumeaux. La classe ouvrière au Panthéon
OLIVIER MORIN
MARDI, 26 DÉCEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
Une pétition via Facebook pour faire entrer Martha Desrumaux dans la nécropole rassemble des soutiens très larges. Baziz Chibane/La Voix du Nord/MaxPPP
 

Relancée par les Ami·e·s de Martha Desrumaux, la campagne pour que la « Pasionaria du Nord » soit reconnue, s’étend et sort de l’oubli une femme hors du commun.

En 1936. Après des mois de grève et de luttes acharnées, les patrons sont forcés de négocier avec les organisations de travailleurs. Face à eux, ce 7 juin à l’hôtel Matignon, aux côtés de Benoît Frachon et Léon Jouhaux, représentant la CGT, une seule femme est présente, Martha Desrumaux. Elle a apporté avec elle les fiches de paye d’ouvrières du textile du Nord, pour appuyer la satisfaction des revendications.

« Avec Martha Desrumaux, c’est toute la classe ouvrière qui serait honorée au Panthéon. » Laurence Dubois, présidente de l’association les Ami·e·s de Martha Desrumaux, est de celles et ceux qui ont relancé la campagne pour que cette ouvrière, élue du peuple et syndicaliste, ait enfin la reconnaissance de la patrie. À l’occasion du 35e anniversaire de sa mort et des 120 ans de sa naissance, le souhait de faire entrer Martha Desrumaux dans la nécropole revient avec vigueur, rassemblant des soutiens très larges à travers une pétition relayée par la page Facebook « Martha Desrumaux, une femme du Nord ». La sénatrice PCF Michelle Gréaume ou encore Martine Aubry, la maire PS de Lille, se sont notamment jointes à des milliers d’autres voix pour réclamer sa panthéonisation. Déjà en 2015, alors que François Hollande souhaitait faire entrer des femmes illustres au Panthéon, son nom avait été porté jusqu’à l’Élysée, notamment par la voix de la députée communiste Marie-George Buffet. Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, qui furent déportées à Ravensbrück dans le même camp que Martha Desrumaux, eurent les honneurs de la nation. Mais la figure du mouvement ouvrier ne fut pas retenue.

En 1921, elle adhère au PCF « Elle est de toutes les luttes »

Pourtant, sa vie hors du commun, dédiée tout entière à l’émancipation des classes laborieuses et particulièrement des femmes ouvrières, mérite d’être honorée. Neuf ans seulement après sa naissance à Comines (Nord) en 1897, Martha devient brutalement orpheline de père. Elle part alors travailler dans une famille bourgeoise de la banlieue lilloise où elle est bonne à tout faire. Elle s’enfuit rapidement et retourne à Comines où elle se fait embaucher comme ouvrière à l’usine Cousin. En y travaillant le lin, elle découvre la dureté des conditions de travail et se syndique à la CGT à 13 ans. Éloignée de sa région à la suite de la déclaration de guerre en 1914, elle se retrouve ouvrière aux usine Hassebroucq de Lyon, où elle dirige sa première grève victorieuse, dès 20 ans.

En 1921, elle adhère au tout jeune Parti communiste français que le congrès de Tours a fait naître un an auparavant et contribue de manière déterminante à l’organisation des ouvrières du textile. « Elle est de toutes les luttes », explique l’historien Pierre Outteryck. « En 1920-1922 à Comines, en 1928-1929 à Halluin, en 1930 autour des assurances sociales, en 1931 contre le puissant patronat roubaisien, en 1933 à Armentières… » Pendant ce temps, l’inlassable militante rattrape l’écueil d’une vie happée trop tôt par le labeur et apprend à lire et à écrire. En 1927, l’année où elle rencontre Clara Zetkin, la fondatrice de la Journée internationale des droits des femmes, à Moscou, pour les 10 ans de la révolution d’Octobre, elle devient également la première femme élue au Comité central du PCF. Elle impulsera par la suite les premières marches des chômeurs vers Paris, dont « la marche de la faim » en 1933. « Le mouvement des chômeurs fut un embryon des conditions d’union de la classe ouvrière », précisait-elle avec son accent du Nord, parfois injustement moqué lorsqu’elle s’exprimait en dehors de sa région natale.

Fondatrice du journal l’Ouvrière, représentante de la CGTU au comité de fusion avec la CGT, puis aux côtés de Danielle Casanova lors de la création de l’Union des jeunes filles de France (UJFF)… Son engagement pour la dignité des femmes et sa présence lors de moments cruciaux comme les accords Matignon sont autant de pas en avant pour la lutte féministe.

Quand la guerre éclate, en 1939, Martha Desrumaux, réfugiée en Belgique, réorganise le PCF dans la clandestinité. Elle revient à Lille dès juin 1940 et participe activement à la grande grève patriotique des mineurs, en mai et juin 1941. Dénoncée par le préfet Carles, elle est enfermée à Loos puis déportée au camp de concentration de Ravensbrück. Là encore, elle organisera la résistance avec Marie-Claude Vaillant-Couturier et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, ainsi que des déportées antifascistes tchèques, allemandes, polonaises et soviétiques, toujours avec fraternité et le souci des plus faibles. Lili Leignel, déportée à Ravensbrück à 11 ans, se rappelle d’une « femme simple » qui était « un exemple pour tous avec son amour du prochain incommensurable et sa grande conviction ». Dès la fin de la guerre, alors que les femmes n’ont le droit de vote que depuis un an, Martha Desrumaux est élue au conseil municipal de Lille et reprend ses fonctions à la CGT du Nord. À la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP), elle s’engage pour transmettre les valeurs et le souvenir des déportés et poursuit le combat pour l’émancipation des femmes à l’Union des femmes françaises (qui deviendra Femmes solidaires).

En 1982, Martha Desrumaux décède. Le même jour que son mari. À la suite de ses compagnes de la Résistance, la France s’honorerait à faire entrer au Panthéon « cette ouvrière ordinaire à l’existence extraordinaire ».

Martha Desrumeaux: syndicaliste et communiste résistante et déportée. Pour que la classe ouvrière rentre au Panthéon!

Martha à Ravensbrück
Les ami.e.s de Martha Desrumaux

19 déc. 2017 — Dans le périple de déshumanisation qui est imposé à chaque nouvelle arrivante, elle a retrouvé, en passant à la douche, Martha Desrumaux, militante communiste du Nord, membre du Comité central du parti et qu'elle connaissait d'avant-guerre de réputation. Martha est la déportée française la plus ancienne du camp. Elle est en contact avec des Allemandes et des Tchèques, Tchèques qui l’ont sauvée de la mort à l'arrivée en remplaçant sa carte rose d'inapte au travail par une carte jaune de travailleuse.

Le rôle (clandestin) de Martha Desrumaux, et de ses camarades de la « colonne n° 2 », qui est chargée de vérifier, aux douches, que les détenues n'ont ni poux, ni gale, est magnifié dans le livre du collectif de détenues sur Ravensbrück : « À chaque nouvelle arrivée de prisonnières, la colonne n° 2 était aux douches et l'une ou l’autre de ces anciennes, dans la mesure où elle arrivait à parler aux femmes, en dépit de la présence des SS, essayait de les aider à supporter le premier choc et de les avertir de ce qu'il fallait faire pour éviter l'extermination : ne pas se déclarer malade, ne pas montrer ses infirmités pour ne pas recevoir la carte rose, ne pas se dire juive. »
« Martha, dit Esther Brun, nous fut d'un grand secours. C'est elle qui par son travail aux douches nous procurait du linge propre, des bas, des chaussures et surtout cet hiver, des lainages, des robes et des manteaux... Martha était celle qui nous aidait le plus ; elle avait tant d'amies dans le camp, tant de sympathies chez les prisonnières de toutes les nationalités... »

Extrait de Marie-Claude Vaillant-Couturier, une femme engagée, du PCF au procès de Nuremberg, de Dominique Durand, Éditions Balland, 2012, p.260-261

Martha Desrumeaux: syndicaliste et communiste résistante et déportée. Pour que la classe ouvrière rentre au Panthéon!

Tous à l'écoute ce lundi 8 janvier de 9 à 10 heures....
Notre ami, Pierre Outteryck, historien, co-président de l'association Création, Recherche, Innovations sociales est l'invité d'Emmanuel Laurentin dans l'émission la Fabrique de l'Histoire sur France Culture,en liaison avec la campagne " Martha Desrumaux, pour une ouvrière au Panthéon "! Martha Desrumaux,une femme du Nord

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 10:01
L'artiste kurde Zehra Dogan emprisonnée par Erdogan exposée à Traou Nevez à Plouézoc'h du 5 au 21 janvier 2017 - c'est parti pour plusieurs jours de rencontres, de débats, de films et concerts autour des kurdes et de leurs combats
L'artiste kurde Zehra Dogan emprisonnée par Erdogan exposée à Traou Nevez à Plouézoc'h du 5 au 21 janvier 2017 - c'est parti pour plusieurs jours de rencontres, de débats, de films et concerts autour des kurdes et de leurs combats

Une bonne trentaine d’œuvres originales de Zehra Doğan seront exposées en janvier au Pays de Morlaix, en Bretagne, accompagnées durant trois semaines de tables rondes d’information, de débats, et de musique.

Une bonne occasion pour toute la Bretagne de saluer la résistance d’une artiste et journaliste kurde, qui lutte, même en prison, pour défendre une culture, une histoire, et l’idée qu’une autonomie kurde apporterait à la Turquie un avenir commun possible, en faisant dialoguer la mosaïque de peuples présente sur son territoire, hors du rouleau compresseur de la “turcité” de l’Etat-nation.

Femme de 28 ans, elle a été condamnée pour avoir, avec son art, porté au grand jour les exactions de l’armée de l’Etat turc dans les villes de l’Est, ces dernières années. Une journaliste et artiste qui décrit la réalité de la guerre, “les yeux grands ouverts” a été jetée en prison pour 2 ans et 9 mois.

Ce sont des réalités des dernières années, tout autant que des racines de ce présent en Turquie et au Moyen-Orient, que traiteront des tables rondes, programmées durant ces trois semaines d’exposition. Mais ce sera tout autant du combat d’une femme, pour les femmes, qu’il s’agira.

Si ce contexte ne prête pas à la fête, l’avenir pour lequel Zehra résiste, la défense d’une culture et d’un vivre ensemble, eux, appelleront à musiques et lectures également.

Ces trois semaines sont organisées par La Minoterie / À Pleine Voix et Kedistan avec le concours des Éditions Fage, des Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB), d’Initiative pour un Confédéralisme Démocratique,  du Festival du Cinéma de Douarnenez, du groupe Yıldız et de l’association Mama’z Cooking, et le soutien de L’association Traon Nevez et Le village de Plouézoc’h.

Du 5 au 21 janvier 2018
aux portes de Morlaix…

Traon Nevez
au Dourduff en Mer – 29252 Plouezoc’h

En voici une programmation succincte :
(Programme complet en version A4 plié à imprimer ou présentation verticale pour lecture en ligne et mailing)

Ouverture de l’exposition : tous les jours à 14h

Vendredi 5 janvier 2018

• 18h | Inauguration
Avec Laurent Baudry de l’Association La Minoterie / A Pleine Voix, Naz Oke et Daniel Fleury de Kedistan, et en partenariat avec Albert Thomas président de l’Association Traon Nevez, d’Yves Moisan, maire de Plouezoc’h, de Tony Rublon président des Amitiés Kurdes de Bretagne, de Valérie Caillaud, présidente du Festival du Cinéma de Douarnenez, et Laurence Loutre-Barbier, éditrice des Éditions Fage.
Repas avec l’Association Mama’z Cooking de Paimpol. Chants populaires kurdes, arméniens, turcs avec le groupe Yıldız.

Samedi 6 janvier

Turquie : “Démocratie” autoritaire ou dictature ? La situation des prisonnierEs, des Kurdes et du Rojava
• Carte blanche à Kedistan et à l’AKB
• Assiette kurde
• Projection et échanges : “Open the Border” de Mikael Baudu et Gant Sevenet

Dimanche 7 janvier

La culture au cœur de l’engagement
• Entre édition et engagement Table ronde les Éditions Fage et les Éditions Isabelle Sauvage.
• Écrire, chanter la culture kurde : Quelles identités ? Table ronde avec Anne Cousin, historienne, avec Maha Hassan, écrivaine kurde et Estelle Beaugrand chanteuse du groupe Yıldız.
• Repas partagé, soupe…

Samedi 13 janvier

Rojava entre utopie sociale et réalité
Rencontres animées par Élodie, d’Initiatives pour un Confédéralisme Démocratique.
• Témoignages sur le Kurdistan : Maha Hassan, écrivaine, et Gulistan Sido en direct d’Afrin au Rojava (par visioconférence),
• Le Rojava, histoire et réalité politique
• Soupe et auberge espagnole
• Féminisme au Kurdistan et jinéologie : Projection du “La guerre des filles”, film de Mylène Sauloy

Samedi 20  janvier

• Soirée cinéma, Animée par Yann Stéphant, directeur du Festival de Cinéma de Douarnenez
“Gulistan, Terre de Rose” film de Zaynê Akyol
“Marche arrière – Tornistan”, film d’animation de Ayşe Kartal
• Repas, auberge espagnole

Dimanche 21 janvier

• Ventes aux enchères d’œuvres d’artistes au profit des familles des prisonnierEs kurdes de Turquie
• Clôture festive de l’exposition et des rencontres…

Nous publierons le programme détaillé dans les meilleurs délais.

Durant ce même mois de janvier, une exposition d’autres oeuvres originales se tiendra également du 12 au 30 janvier sur Angers (Maine-et-Loire), à la Tour Saint Aubin, en attendant les mois de mars et avril, à Paris, dans le lieu culturel “La maison des métallos”, la présentation d’une soixantaine d’oeuvres, films, lectures et tables rondes, là aussi.

Kedistan vous avait promis d’y travailler, c’est en cours… et n’oubliez pas le livre paru aux Editions Fage, disponible dès maintenant ici sur le site, et dès janvier en librairie.

Consultez aussi : 

Vous pouvez organiser, vous aussi, un atelier d’envoi de cartes postales, ou une exposition, en soutien. Des reproductions sont disponibles… Voir ICI

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 10:00
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois

Incroyable soirée hier d'hommage à Zehra Dogan à l'occasion de l'inauguration à Traon Nevez (Le Dourduff-en-Mer, Plouézoc'h) ce vendredi 5 décembre d'une quinzaine d’œuvres originales de la journaliste et artiste kurde de 28 ans, fondatrice de l'agence féministe JINHA, accusée d'être membre d'une organisation illégale et d'avoir fait un dessin d'un enfant se plaignant de n'avoir plus accès à son école rasée dans un quartier kurde par l'armée d'Erdogan. Zehra Dogan a été arrêtée et emprisonnée une première fois le 21 juillet 2016 puis libérée en décembre 2016. En prison, elle a eu l'occasion avec une amie de rédiger de manière manuscrite un journal de résistance avec ses magnifiques et déchirants dessins. A la sortie de prison, elle a composé, sur des feuilles de journal, ces magnifiques tableaux décrivant l'oppression du peuple kurde mais touchant à l'universel que l'on peut voir à Traon Nevez, en Plouézoc'h, pendant quelques mois, avec un style d'une maturité i
incroyable, avant d'être à nouveau condamnée à 2 ans, 9 mois, et 22 jours de prison le 12 juin 2017 par la justice aux ordres d'Erdogan et de son projet ultra-nationaliste turc et liberticide. Zehra Dogan nous livre un témoignage véritablement exceptionnel de l'expression des souffrances et de la résistance du peuple kurde. Sa peinture est une résistance, comme son journalisme, au plus près du peuple kurde, dans le sud-est de la Turquie, sur la région kurde frontalière avec la Syrie où les forces d'Erdogan se déchaînent contre les élus, les militants, et les simples citoyens. Bravo et merci à Laurent Baudry et son association La minoterie/ à pleine voix, à l'association Kedistan, co-organisateur et représentant légal de Zohra Dogan pour la tournée internationale de ses oeuvres sorties dans l'illégalité, à la mairie de Plouézoc'h et à l'association Traon Nevez, pour avoir rendu possible cette exposition d'un témoignage et d'une force plastique et politique énormes! Courez la voir jusqu'au 21 janvier 2018!

Laurent Baudry l'organisateur de l'évènement, Laurence Loutre-Barbier pour les éditions Fage (qui a permis de faire venir les oeuvres de Zohra Dogan), Yves Moisan, le maire de Plouézoc'h, le responsable de l'association Traon Nevez, les animateurs de l'association Kedistan qui fait tourner les œuvres de Zehra Dogan en Europe, Naz Oke et Daniel Fleury, les Amitiés Kurdes de Bretagne avec Tony Rublon son président et une jeune professeur kurde destituée de son emploi qui a témoigné sur la répression du mouvement démocratique par Erdogan, et enfin François Rippe pour l'AFPS qui a fait un pont entre l'oppression et les luttes de libération des peuples palestinien et kurde, sont intervenus sur cette présentation de l'exposition Zehra Dogan et de ses enjeux.   

Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois

Du talent, de la générosité, une voix et une musique (oud, violon, tambourins) qui nous emmène très loin dans l'expression de l'amour, de la nostalgie, de la douleur, des peuples historiques de l'Anatolie (Turcs, Kurdes, Grecs, Arméniens), le groupe breton Yildiz qui s'est spécialisé avec bonheur dans l'interprétation de chants classiques d'Orient, de Thrace et d'Anatolie, avec Estelle Beaugrand, chanteuse très émouvante à la voix pure et profonde, Fabien Gillé (oud), Julien Lebon (Violon), Gaëtan Samson (Derbouka, Riqq, Daf perse, Mazar, Cymbales) a enthousiasmé et fait danser les participants à l'inauguration de l'exposition Zehra Dogan à Traon Nevez. Quel plus bel hommage à Zehra Dogan, la jeune artiste kurde emprisonnée par Erdogan, pouvait-on faire que d'exhausser ainsi toute l'humanité de l'âme anatolienne et l'histoire de cette région par l'intimité des émotions et des chants.

Ismaël Dupont - 6 janvier 2018 

Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois
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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:19
Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

Merci à Robert Clément d'avoir exhumé ce poème peu connu et engagé de Rimbaud, un des rares artistes et écrivains de renom (pas à l'époque encore) à avoir vibré pour la Commune de Paris et la Révolution: 

Morts de Quatre-vingt-douze (Arthur Rimbaud)

Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize,
Qui, pâles du baiser fort de la liberté,
Calmes, sous vos sabots, brisiez le joug qui pèse
Sur l’âme et sur le front de toute humanité ;

Hommes extasiés et grands dans la tourmente,
Vous dont les cœurs sautaient d’amour sous les haillons,
Ô Soldats que la Mort a semés, noble Amante,
Pour les régénérer, dans tous les vieux sillons ;

Vous dont le sang lavait toute grandeur salie,
Morts de Valmy, Morts de Fleurus, Morts d’Italie,
Ô million de Christs aux yeux sombres et doux ;
Nous vous laissions dormir avec la République,

Nous, courbés sous les rois comme sous une trique.
– Messieurs de Cassagnac* nous reparlent de vous !

Arthur Rimbaud

* Paul de Cassagnac (1842- 1904): Journaliste et député bonapartiste d'extrême-droite ennemi juré des Républicains de gauche 

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:19
Aharon Appelfeld

Aharon Appelfeld

Littérature.


 Déporté enfant, rescapé de la Shoah, ami de Philip Roth qui l’a mis en scène dans Opération Shylock, l’écrivain israélien, auteur d’une quarantaine de romans, avait 85 ans.

L'écrivain israélien Aharon Appefeld s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 85 ans. Rescapé de la Shoah, il a été l'un des auteurs les plus importants de ce que l'on nomme en son pays la "seconde vague" littéraire. Son oeuvre campe en abondance d'inoubliables figures de juifs ou de demi-juifs d'Europe centrale, intellectuels, petit-bourgeois, commerçants, assimilés à la civilisation occidentale puisque élevés dans la culture germanique. Pris dans les rets du génocide, internés dans des camps, ces êtres sont amputés de tout patrimoine. Les survivants, tragiquement orphelins d'une mémoire collective, errent seuls et démunis, en proie à des souvenirs perdus. Si certains de ses livres sont à fort teneur autobiographique et peuvent à ce titre être significatifs du génocide, Aharon Appefeld n'entendait pas être considéré comme un "écrivain de l'Holocauste" 

"Vous ne pouvez pas être un écrivain de la mort, disait-il, l'écriture suppose que vous soyez vivants". Son sujet permanent, c'est le destin de son peuple. Au fil de la singularité propre à l'être juif, il part toujours du particulier pour aller au général.

Des destins marqués par le génocide et le déracinement 

Il a publié une quarantaine de romans, des nouvelles et son autobiographie, Histoire d'une vie, couronnée en 2004 par le prix Médicis étranger. Dans certaines de ses œuvres, ses héros, déracinés par force, doivent changer de langue - tout comme lui- et passer du yiddish à l'hébreu. Le personnage marginal de Et la fureur ne s'est pas encore tue  (l'Olivier, 2009), né comme lui avant la Seconde Guerre mondiale dans une famille juive des Balkans, a, comme lui, connu la montée de l'épouvante nazie. Et comme lui a échappé de peu à la mort. Né en 1932 à Czernowitz, ville roumaine aujourd'hui en Ukraine, Aharon Appefeld n'a que 8 ans quand il est déporté avec son père dans un camp de concentration de Transnitrie. A l'automne 1942, il parvient à s'échapper et survit durant plus de deux ans dans les forêts ukrainiennes avec d'autres évadés. Il dit avoir été "adopté par un gang de criminels". 

Ecrire dans sa "langue maternelle adoptive"

Recueilli par l'Armée rouge, il y est enrôlé comme "garçon de cuisine" . Il quitte l'Union soviétique en 1945 et émigre en Palestine mandataire l'année suivante. "Personne ne voulait des orphelins en Europe. Le seul endroit où l'on pouvait aller était la Palestine" . En 1957, il retrouve son père, qu'il croyait mort comme sa mère, assassinée par les nazis en 1940. Il entame des études, littéraires et d'agriculture, effectue son service militaire et commence à écrire. Son premier recueil de nouvelles, Fumée, paraît en 1962. Il écrit en hébreu, "sa langue maternelle adoptive" . Il a longtemps enseigné la littérature à l'université Ben Gourion. Homme de gauche résolu, ancré de tout temps dans le Parti travailliste, Aharon Appelfeld met en lumière l'impasse du sionisme, tel le héros de son roman Le garçon qui voulait dormir (l'Olivier, 2011), un Israélien, qui, par la force des choses, ne se reconnaît plus dans la nouvelle identité collective en vigueur. L'écrivain, au fil des ans, a vu s'élargir les failles dans la société de son pays. 

Il a reçu maints prix littéraires prestigieux. Il apparaît dans le roman Opération Shylock, de son ami américain Philip Roth, qui le compare à Kafka et Bruno Schluz. Le dernier roman de Aharon Appelfeld, De longues nuits d'été, est paru en 201 à l'Ecole des loisirs.

Muriel Steinmetz  

 

Aharon Appelfeld, l’auteur d’Histoire d’une vie, est mort (Muriel Steinmetz, L'Humanité - 5 janvier 2018)
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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:13

Non seulement les Français subiront les hausses d'impôts, notamment de la CSG, de plein fouet, mais cette réforme fiscale fragilise le financement de la protection sociale.

La contribution sociale généralisée (CSG) a augmenté de 1,7 point, à 9,2 %, le 1er janvier. Presque tout le monde est touché, puisque l'assiette de cet impôt s'applique à tous les types de revenus : salaires du privé, du public, retraites, épargne et dans une moindre mesure, aux revenus du capital et des jeux... Le taux de la CSG appliqué aux allocations chômage et aux indemnités journalières reste, lui, fixé à 6,2 %. Cette hausse, qui doit rapporter 22,5 milliards d'euros à l'État cette année – selon l'étude d'impact réalisée par l'Assemblée nationale –, doit compenser, si l'on en croit la communication gouvernementale, la baisse progressive des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. Mais on est loin d'être dans un jeu à somme nulle. La baisse est en effet estimée à 14,2 milliards d'euros, dont 4,8 milliards pour la suppression de la cotisation salariale maladie et 9,4 milliards pour la fin de la contribution salariale d'assurance-chômage. Rappelons que seuls les salariés du privé verront les effets de cette baisse sur leur fiche de paye, alors que tout le monde va subir la hausse. Les retraités subiront la hausse de la CSG sans aucune compensation, tandis que les fonctionnaires toucheront une prime différenciée et bénéficieront de la suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité.

1 POINT D’AUGMENTATION DE LA CSG POUR LES REVENUS DU CAPITAL ET DES JEUX, ALORS QUE LA HAUSSE EST DE 1,7 POINT POUR LES SALAIRES ET LES RETRAITES.

Intox sur le pouvoir d'achat. Ainsi, le gain net pour le budget de l'État devrait s'élever à 5,3 milliards d'euros, dont le gros sera ponctionné directement sur le pouvoir d'achat des Français. Un tour de passe-passe qui repose essentiellement sur le fait que la hausse de la CSG se ressentira sur les fiches de paye dès ce mois de janvier, alors que la totalité des baisses de cotisations promises ne sera effective qu'en octobre prochain. Ce gouvernement semble particulièrement affectionner les manipulations du calendrier fiscal. Comme l'a montré l'Insee dans ses prévisions pour la France en 2018, les mesures défavorables au pouvoir d'achat (hausse de la CSG, de la fiscalité sur le tabac et les produits pétroliers) seront en effet concentrées sur le début d'année, tandis que les mesures dites « favorables », comme la réduction de la taxe d'habitation, interviendront en fin d'année. Au total, « la combinaison de ces hausses et de ces baisses augmenterait les prélèvements obligatoires de 4,5 milliards d'euros » pour les familles cette année, avance l'Insee. À noter que l'institut a inclus dans les baisses la suppression de l'ISF : le poids à payer pour les classes moyennes et modestes avoisine donc plutôt les 9 milliards d'euros...

Outre cette intox sur le pouvoir d'achat savamment entretenue par la communication gouvernementale, cette hausse de la CSG pour « compenser » des baisses de cotisations fait peser une menace de fond sur le financement de la protection sociale. Il y a une différence de logique entre la cotisation, forme de salaire différé et socialisé, et l'impôt payé par tous et qui pis est, non progressif. « Avec cette réforme du financement, la porte serait ouverte pour que les assurances sociales deviennent des prestations universelles d'un montant uniforme et relativement faible », estime l'Économiste atterré Henri Sterdyniak dans le rapport « 2018: un budget de classe » qu'il a co-rédigé. Ce pourquoi les trois groupes de gauche (PCF, FI et Nouvelle Gauche) à l'Assemblée nationale ont saisi, en décembre, le Conseil constitutionnel, au motif notamment que la hausse de la CSG contrevient « au principe d'égalité devant les charges publiques », ajoutant que « la complexité de cet article contrevient par ailleurs au principe de clarté et à l'objectif d'intelligibilité des lois ».

PIERRIC MARISSAL (Journal L’Humanité)

Augmentation de la CSG: le mauvais tour de passe-passe (Pierric Marrisal, L'Humanité)
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