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20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 05:37

ENSEMBLE POUR LA PALESTINE

PLATEFORME DES ONG FRANCAISES POUR LA PALESTINE

11 juillet 2018

 

C’est une première dans le monde. Une proposition de loi présentée par la sénatrice Frances Black interdisant les activités en lien avec des colonies implantées sur un territoire occupé a été adoptée par le sénat irlandais (le Seanad) le 11 juillet 2018. Elle doit maintenant être examinée par la chambre basse du Parlement.

 

En quoi cette proposition de loi consiste ?

La proposition de loi irlandaise a pour but d’interdire certaines activités économiques en relation avec des colonies illégales dans des territoires reconnus par la communauté internationale comme étant occupés. Constituerait donc une infraction pénale :

  • La vente et l’importation de produits issus des colonies ;
  • L’implication dans la fourniture de services dans les colonies ;
  • L’extraction de ressources d’un territoire occupé sans le consentement des autorités compétentes ;
  • La tentative, l’assistance et la complicité dans la commission de ces actes sont répréhensibles de la même manière.

Qui est concerné ?

Les personnes résidentes en Irlande, entreprises de droit irlandais ou toute structure dont le centre de contrôle est basé en Irlande sont concernées.

Sur quelles bases juridiques repose-t-elle ?

En droit pénal international, le transfert par un État de sa population civile sur un territoire qu’il occupe militairement est un crime de guerre (1). Cela constitue également une grave violation du droit international humanitaire (2). La loi irlandaise considère aussi la colonisation comme un crime. Les activités économiques mentionnées dans le projet de loi participent au maintien d’une situation illégale (la colonisation et l’exploitation d’un territoire occupé), d’où la nécessité de leur interdiction.

Quelles peines prévoit-elle ?

Des peines allant de l’amende (d’un maximum de 5000€) à l’emprisonnement (d’une durée maximum de 5 ans).

A quels territoires occupés la loi s’appliquerait-elle ?

En pratique, la loi pourrait s’appliquer au Territoire palestinien occupé (TPO), territoire reconnu occupé dans de multiples résolutions de l’ONU, dans l’avis du 9 juillet 2004 de la Cour internationale de justice, par l’Union européenne et la France. L’importation et la vente des produits des colonies israéliennes serait donc interdite (et non celles des produits issus d’Israël).

Pourquoi est-ce important ? Le cas palestinien.

Les colonies israéliennes sur le Territoire palestinien occupé sont un exemple moderne et clair d’une violation de l’interdiction de transfert de populations civiles sur un territoire occupé.
Israël occupe la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, depuis 1967 et y a transféré, depuis, plus de 600 000 de ses citoyens. Un tel transfert a été facilité par la confiscation large de terres palestiniennes, des terres particulièrement fertiles. Cette colonisation a drastiquement réduit les terres disponibles pour l’agriculture, le logement, l’accès à l’eau et à l’électricité pour la population palestinienne. Elle a mené au déplacement forcé de Palestiniens et à de nombreuses violations des droits de l’Homme sur le terrain. La manière dont les colonies ont été construites a mené à la fragmentation du TPO en enclaves difficilement joignables entre elles à cause des différents obstacles à la circulation (checkpoints, routes déviées, Mur…). Plus de la moitié de Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, est réservée aux colonies de peuplement et à l’exploitation du territoire occupé pour le bénéfice d’Israël.

En ayant des liens économiques et en permettant à des entreprises françaises ou des résidents français d’avoir de tels liens avec les colonies israéliennes, la France est complice du crime de guerre imputé à l’Etat d’Israël.

Les mesures contenues dans la proposition de loi sont-elles compatibles avec le droit européen ?

Selon le Traité sur le Fonctionnement de l’UE, les règles en matière de commerce sont généralement uniformes parmi tous les pays membres. Cependant, des exceptions existent, lorsqu’elles peuvent être justifiées sur la base de « moralité ou sécurité publiques » de « politiques publiques », et de la « protection de la santé et de la vie humaine » (3). La compatibilité de la proposition de loi avec le droit européen a été confirmée par deux études juridiques (4).

De telles mesures n’entrent pas non plus en contradiction avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Et en France ?

En France, le débat sur les relations entre l’Etat français, les entreprises françaises et les colonies israéliennes existe depuis de nombreuses années. Depuis 2014, plusieurs associations (dont la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et la Fédération internationale des droits de l’Homme) et syndicats demandent l’arrêt des relations économiques avec les colonies israéliennes à travers la campagne Made in illegality, dans une volonté de respect du droit international. En 2017, Amnesty International lance également sa campagne « 100% illégal – Arrêtons l’importation de produits issus des colonies israéliennes ».

De nombreux élus ont interpellé le gouvernement français sur ces questions. Pour le moment, la France a demandé opérateurs économiques, dans un avis publié le 24 novembre 2016, de se mettre en conformité avec le droit européen en apposant sur les produits des colonies israéliennes des étiquettes indiquant leur origine réelle et non l’origine « Made in Israel ». Pour le moment, néanmoins, cette réglementation n’est quasiment pas respectée, faute de contrôles par les douanes françaises.

Retrouvez la vidéo (en anglais) du débat et du vote au Seanad (11 juillet 2018) publiée sur cette page.

  1. Statut de Rome
  2. IVe Convention de Genève
  3. Article 36 du traité sur le Fonctionnement de l’UE et Règlement du Conseil européen n°260/2009 du 26 février 2009 sur les règles communes d’importation, JO L 84, 31 mars 2009.
  4. L’une du Professeur et avocat spécialiste du droit international James Crawford de l’Université de Cambridge, l’autre de l’avocat irlandais Michael Lynn.

 

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 16:43
AFFAIRE BENALLA - COMMUNIQUE DES DEPUTES  COMMUNISTES
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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 16:42

Alors que les syndicalistes d’Air France sont condamnés à 4 mois de prison avec sursis pour avoir arraché une chemise, qu’un cheminot est menacé de licenciement pour avoir allumé une torche en gare, ou qu’un sans-abri qui a volé, chez une habitante de Figeac, une paquet de riz, des pâtes et une boîte de sardines est condamné à deux mois de prison ferme, le collaborateur d’Emmanuel Macron n’a qu'une suspension de 15 jours. Inadmissible.

Les faits ? Équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, alors qu’il n’est pas policier, il s’en est pris à un jeune homme à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, à Paris. Les images parlent d’elles mêmes, Alexandre Benalla tabasse un jeune homme au sol en marge de la manif du 1er Mai.

En plus d’être intolérable, cet acte est d’une lâcheté incroyable. Frapper un jeune homme sans défense et qui se trouve au sol vous classe un homme. Un seul mot minable.

Le passivité de la police présente en nombre au moment des faits interroge aussi. Pourquoi ne sont-ils pas intervenus ? Pourquoi ont-ils laissé faire ? Pourquoi la justice n’a-t-elle pas été saisie pour des faits pénalement condamnables ?

Derrière cette histoire sordide, se cache une réalité du macronisme : la justice de classe. Il apparaît évident que Emmanuel Macron a à la fois tenté d’étouffer cette affaire, et que la justice ne s’applique pas à tous de la même manière.

Aujourd’hui il faut faire toute la lumière sur cet acte de violence. Gérard Collomb doit s’expliquer et la justice doit ouvrir une enquête.

Dans l’immédiat une chose s’impose, la démission de Alexandre Benalla.

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 16:38

"Le Monde" a révélé mercredi qu'un collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a violemment frappé à plusieurs reprises un manifestant, le 1er mai à Paris. Franceinfo revient sur les différentes personnes impliquées dans cette affaire. 

La polémique prend de l'ampleur, au lendemain des révélations du Monde sur les violences commises par Alexandre Benalla, collaborateur de l'Elysée, lors des manifestations du 1er-Mai. Après la diffusion d'images le montrant en train de frapper un jeune manifestant, le parquet a annoncé à franceinfo l'ouverture d'une enquête préliminaire, jeudi 19 juillet, pour "violences par personne chargée d'une mission de service public""usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique".

Ce chargé de mission, adjoint au chef de cabinet François-Xavier Lauch, a été suspendu entre le 4 et le 19 mai, avant de réintégrer l'Elysée, officiellement, pour des fonctions plus administratives. Un autre collaborateur, Vincent Crase, a également été mis à pied pendant deux semaines après les faits, a annoncé le porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, jeudi matin. Franceinfo fait le point sur les acteurs de ce dossier. 

Alexandre Benalla, le collaborateur de Macron auteur des violences

Il est, à ce stade, la principale personne mise en cause dans cette affaire. Alexandre Benalla a été identifié par Le Monde comme étant l'auteur de violences sur un manifestant, lors d'un rassemblement le 1er mai place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. 

Le conseiller a été reconnu par le quotidien sur des images filmées et diffusées sur les réseaux sociaux ce jour-là, le montrant entouré de CRS, en train de frapper à plusieurs reprises un jeune manifestant à terre. L'homme, muni d'un casque de policier, "agissait dans le cadre de l'un de ses jours de congé", et "ne devait avoir qu'un rôle d'observateur" auprès des forces de l'ordre, a précisé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Alexandre Benalla travaille depuis plus d'un an pour Emmanuel Macron, il a été responsable de sa sécurité pendant sa campagne pour l'élection présidentielle, selon Le Monde. L'homme s'est fait remarquer à plusieurs reprises sur cette période : selon les documents "Macron Leaks", cités par le quotidien, ce collaborateur d'Emmanuel Macron a souhaité commander deux pistolets à balles en caoutchouc, mais aussi un Flash-Ball et des boucliers anti-émeutes pour l'équipe de la sécurité du candidat. Il avait évacué avec force un photographe au cours d'un meeting à Caen (Calvados), en mars 2017, le jugeant trop près d'Emmanuel Macron. 

Entre 2011 et 2012, le chargé de mission a également été chargé de la sécurité de Martine Aubry, puis a fait partie du service d'ordre en charge de la protection de François Hollande, alors candidat socialiste à l'élection présidentielle. Il a aussi travaillé pour Arnaud Montebourg, précise Le Monde. Ce dernier a mis fin à leur collaboration "au bout d'une semaine", après qu'Alexandre Benalla a provoqué un accident de voiture et "voulait prendre la fuite", a relaté au Monde l'ancien ministre de l'Economie et du Redressement productif.

D'après les informations du Monde, Alexandre Benalla a été en parallèle salarié du groupe de sécurité privée Velours et a lancé une Fédération française de la sécurité privée au printemps 2016, avec l'homme qui l'accompagnait le 1er mai, Vincent Crase. 

Vincent Crase, le gendarme réserviste présent lors du 1er-Mai

Il s'agit du deuxième collaborateur de l'Elysée mis à pied dans le cadre de cette affaire. Vincent Crase, un gendarme réserviste basé dans le département de l'Eure, était "employé de la République en marche", et "très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", a révélé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Présent aux côtés d'Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai, il a lui aussi "outrepassé" son autorisation d'assister à une intervention des forces de l'ordre, a précisé le porte-parole de l'Elysée. 

Selon les informations du Monde, Vincent Crase travaille depuis plusieurs années dans le milieu de la sécurité privée. En avril 2016, Alexandre Benalla a créé une Fédération française de la sécurité privée avec Vincent Crase. D'après les "Macron Leaks", cités par le quotidien, le gendarme a lui aussi travaillé au service de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, en 2017. Il était impliqué dans la commande, par Alexandre Benalla, de pistolets à balles en caoutchouc. 

Patrick Strzoda, le directeur de cabinet de Macron qui a délivré une autorisation à Benalla 

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat est celui qui a autorisé Alexandre Benalla à assister, auprès des policiers, aux rassemblements du 1er-Mai. Le chargé de mission "m'avait prévenu deux jours plus tôt qu'il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police, pour voir comment se gérait une grande manifestation", a révélé Patrick Strzoda au Monde"Il m'en a demandé l'autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu'il y allait en observateur", a-t-il ajouté. 

Le directeur de cabinet a été informé dès le lendemain des faits commis par son collaborateur. Il a alors alerté Emmanuel Macron sur ces violences, qui lui a répondu que "si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions", rapporte Le Monde. Patrick Strzoda a par la suite convoqué Alexandre Benalla, qui a reconnu les faits face à lui. 

Condamnant un "comportement manifestement inapproprié" qui a "porté atteinte à l'exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République", le directeur de cabinet a annoncé par courrier au chargé de mission qu'il était mis à pied pour une période de deux semaines. "Je vous invite (...) à faire preuve, à l'avenir, d'un comportement exemplaire", lui a-t-il écrit. "A défaut, je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République." 

Directeur de cabinet du chef de l'Etat depuis le 16 mai 2017, selon Ouest-France, Patrick Strzoda doit prendre sa retraite au mois d'octobre, d'après le quotidien régional. A 66 ans, il a été directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, en 2016. Il avait auparavant été préfet dans les Hautes-Alpes, les Deux-Sèvres et les Hauts-de-Seine, avant d'être nommé préfet de la région Bretagne en 2013, puis préfet d'Ille-et-Vilaine.

Cet homme, c'est Alexandre Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet du président, casque de CRS sur la tête, identifié par le quotidien sur plusieurs vidéos et dont l'identité est confirmée par le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron. Le parquet de Paris a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête préliminaire, notamment pour "violences par personne chargée d'une mission de service public" et "usurpation de fonctions".

Ce chargé de mission, adjoint au chef de cabinet François-Xavier Lauch, a été suspendu entre le 4 et le 19 mai, avant de réintégrer l'Elysée, officiellement, pour des fonctions plus administratives. Un autre collaborateur, Vincent Crase, a également été mis à pied pendant deux semaines après les faits, a annoncé le porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, jeudi matin. Franceinfo fait le point sur les acteurs de ce dossier. 

Alexandre Benalla, le collaborateur de Macron auteur des violences

Il est, à ce stade, la principale personne mise en cause dans cette affaire. Alexandre Benalla a été identifié par Le Monde comme étant l'auteur de violences sur un manifestant, lors d'un rassemblement le 1er mai place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. 

Le conseiller a été reconnu par le quotidien sur des images filmées et diffusées sur les réseaux sociaux ce jour-là, le montrant entouré de CRS, en train de frapper à plusieurs reprises un jeune manifestant à terre. L'homme, muni d'un casque de policier, "agissait dans le cadre de l'un de ses jours de congé", et "ne devait avoir qu'un rôle d'observateur" auprès des forces de l'ordre, a précisé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Alexandre Benalla travaille depuis plus d'un an pour Emmanuel Macron, il a été responsable de sa sécurité pendant sa campagne pour l'élection présidentielle, selon Le Monde. L'homme s'est fait remarquer à plusieurs reprises sur cette période : selon les documents "Macron Leaks", cités par le quotidien, ce collaborateur d'Emmanuel Macron a souhaité commander deux pistolets à balles en caoutchouc, mais aussi un Flash-Ball et des boucliers anti-émeutes pour l'équipe de la sécurité du candidat. Il avait évacué avec force un photographe au cours d'un meeting à Caen (Calvados), en mars 2017, le jugeant trop près d'Emmanuel Macron. 

Entre 2011 et 2012, le chargé de mission a également été chargé de la sécurité de Martine Aubry, puis a fait partie du service d'ordre en charge de la protection de François Hollande, alors candidat socialiste à l'élection présidentielle. Il a aussi travaillé pour Arnaud Montebourg, précise Le Monde. Ce dernier a mis fin à leur collaboration "au bout d'une semaine", après qu'Alexandre Benalla a provoqué un accident de voiture et "voulait prendre la fuite", a relaté au Monde l'ancien ministre de l'Economie et du Redressement productif.

D'après les informations du Monde, Alexandre Benalla a été en parallèle salarié du groupe de sécurité privée Velours et a lancé une Fédération française de la sécurité privée au printemps 2016, avec l'homme qui l'accompagnait le 1er mai, Vincent Crase. 

Vincent Crase, le gendarme réserviste présent lors du 1er-Mai

Il s'agit du deuxième collaborateur de l'Elysée mis à pied dans le cadre de cette affaire. Vincent Crase, un gendarme réserviste basé dans le département de l'Eure, était "employé de la République en marche", et "très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", a révélé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Présent aux côtés d'Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai, il a lui aussi "outrepassé" son autorisation d'assister à une intervention des forces de l'ordre, a précisé le porte-parole de l'Elysée. 

Selon les informations du Monde, Vincent Crase travaille depuis plusieurs années dans le milieu de la sécurité privée. En avril 2016, Alexandre Benalla a créé une Fédération française de la sécurité privée avec Vincent Crase. D'après les "Macron Leaks", cités par le quotidien, le gendarme a lui aussi travaillé au service de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, en 2017. Il était impliqué dans la commande, par Alexandre Benalla, de pistolets à balles en caoutchouc. 

Patrick Strzoda, le directeur de cabinet de Macron qui a délivré une autorisation à Benalla 

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat est celui qui a autorisé Alexandre Benalla à assister, auprès des policiers, aux rassemblements du 1er-Mai. Le chargé de mission "m'avait prévenu deux jours plus tôt qu'il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police, pour voir comment se gérait une grande manifestation", a révélé Patrick Strzoda au Monde"Il m'en a demandé l'autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu'il y allait en observateur", a-t-il ajouté. 

Le directeur de cabinet a été informé dès le lendemain des faits commis par son collaborateur. Il a alors alerté Emmanuel Macron sur ces violences, qui lui a répondu que "si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions", rapporte Le Monde. Patrick Strzoda a par la suite convoqué Alexandre Benalla, qui a reconnu les faits face à lui. 

Condamnant un "comportement manifestement inapproprié" qui a "porté atteinte à l'exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République", le directeur de cabinet a annoncé par courrier au chargé de mission qu'il était mis à pied pour une période de deux semaines. "Je vous invite (...) à faire preuve, à l'avenir, d'un comportement exemplaire", lui a-t-il écrit. "A défaut, je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République." 

Directeur de cabinet du chef de l'Etat depuis le 16 mai 2017, selon Ouest-France, Patrick Strzoda doit prendre sa retraite au mois d'octobre, d'après le quotidien régional. A 66 ans, il a été directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, en 2016. Il avait auparavant été préfet dans les Hautes-Alpes, les Deux-Sèvres et les Hauts-de-Seine, avant d'être nommé préfet de la région Bretagne en 2013, puis préfet d'Ille-et-Vilaine.

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 05:29

 

Le chef de file du PCF pour le scrutin européen, Ian Brossat, s’est rendu cette semaine dans la vallée de la Roya. « Nous avons un devoir d’hospitalité », insiste-t-il après y avoir rencontré des migrants et ceux qui se battent à leurs côtés.

Vous vous êtes rendu dans la vallée de la Roya et avez rencontré Cédric Herrou mercredi. Pourquoi une telle initiative ?

Ian Brossat Il s’agissait de saluer la victoire remportée par la question prioritaire de constitutionnalité de Cédric Herrou, grâce à laquelle le principe de fraternité vient d’être reconnu comme constitutionnel. En outre, la question des réfugiés sera importante dans cette campagne. Aujourd’hui, beaucoup sont tétanisés par la montée de l’extrême droite en Europe et n’osent plus défendre un accueil digne. S’il ne reste qu’une liste pour tenir la dragée haute aux populistes et aux xénophobes, ce sera la nôtre.

Que retenez-vous de ces rencontres et de ce que vous avez vu dans la vallée ?

Ian Brossat D’abord, le dispositif policier colossal qui y est déployé. Nous avons été contrôlés avant de pouvoir entrer chez Cédric Herrou. Ce dispositif coûte chaque jour 50 000 euros aux contribuables. C’est exorbitant. Imaginons l’accueil que cela permettrait de financer. Ce qui m’a frappé également, c’est la détermination de ceux qui se battent pour accueillir les réfugiés dans un contexte si difficile. Enfin, pour faire peur, on ne traite cette question qu’en termes de stocks et de flux. Or, en réalité, ce sont des hommes, des femmes, parfois des mineurs qui fuient la guerre, la misère. Les réfugiés que j’ai croisés ont fui des situations absolument monstrueuses et aspirent à reconstruire leur vie, pour une part en France. Nous avons un devoir d’hospitalité.

« Plateformes de débarquement », « centres contrôlés »… Que pensez-vous des conclusions du sommet européen de la fin juin ?

Ian Brossat Ce sommet est une honte pour l’Europe et pour la France. Emmanuel Macron s’est aligné sur les positions de l’extrême droite italienne. Depuis 2000, 15 milliards d’euros ont été investis pour renforcer les frontières extérieures de l’Union européenne. Mais ceux qui fuient ces pays en guerre ou sous le joug de dictatures sanguinaires finissent toujours par trouver les chemins qui permettent de partir. Et, trop occupés à tenter de les empêcher d’entrer, on ne se mobilise pas sur la question de l’accueil. C’est un échec sur toute la ligne, construit avec la complicité de la France. Il faut donc porter d’autres exigences. Quand on permet à ces hommes et femmes d’avoir un toit sur la tête et un accompagnement social, personne n’a ce sentiment de chaos sur lequel joue le ouvernement.

Qu’opposez-vous à la formule « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » utilisée pour justifier ce type de politique ?

Ian Brossat Remettons un peu de rationalité dans le débat. Depuis 2015 et la « crise migratoire », qui est en réalité une crise de l’accueil, l’ensemble des pays de l’Union européenne ont vu arriver 3 millions de demandeurs d’asile, soit l’équivalent de 0,6 % de la population. Depuis le début de 2018, ce sont 41 000 personnes qui sont arrivées par la Méditerranée. On est très très loin d’une « submersion » comme voudrait nous le faire croire l’extrême droite ou comme certains, dont Gérard Collomb, le répètent à l’envi. L’écrasante majorité des réfugiés est aujourd’hui accueillie par des pays du Sud. Nous sommes non seulement très loin d’« accueillir toute la misère du monde » mais nous n’y prenons même pas la part que nous devrions.

Alors que les gouvernements d’extrême droite se multiplient en Europe, peut-il y avoir une solution à l’échelle du continent ?

Ian Brossat Dans l’immédiat, la France doit être beaucoup plus ferme à l’égard des pays qui refusent l’accueil et ouvrir ses ports aux bateaux humanitaires. Les dirigeants européens sont capables de taper du poing sur la table quand il s’agit de défendre la finance, comme cela a été le cas en Grèce, et ils feignent l’impuissance lorsqu’il s’agit d’imposer le respect des droits fondamentaux. Les libéraux ont fait le lit des fachos avec une politique qui conduit à ce que désormais 10 % des actifs vivent sous le seuil de pauvreté, contre 7 % il y a dix ans. Le discours de Macron au Congrès lundi, selon lequel le débat se joue entre progressistes proeuropéens et nationalistes, est très dangereux. Il jette dans les bras de l’extrême droite tous ceux qui contestent l’Union européenne libérale. C’est pourquoi nous voulons mettre à l’ordre du jour, lors des élections, une Union européenne qui porte les aspirations des peuples.

 

 

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 05:28

 

Depuis janvier 2016, 311 militants sociaux et des droits de l’homme ont été assassinés. Le gouvernement annonce des mesures bien faibles.

Alexander Castellano était vice-président de l’Association paysanne pour la protection de l’environnement dans la ville de Cartagena del Chaira, au sud de la Colombie. Luis Francisco Vargas était bénéficiaire de l’Unité de restitution des terres, un programme gouvernemental en direction des victimes du conflit armé. À Tumaco, Margarita Estupiñan était reconnue pour son engagement social. Quant à Ana Maria Cortés, elle a été la cheffe de campagne du candidat de gauche lors de la récente élection présidentielle à Caceres.

Tous ont été assassinés ces derniers jours, allongeant encore la sinistre liste des exécutions ciblées. Tous les trois jours, un militant des droits sociaux ou humains est tué, dénonce la Défense du peuple. Selon cet organisme public, 311 personnes ont été abattues en raison de leur militantisme depuis le 1er janvier 2016 et ce, en dépit des accords de paix signés en novembre de cette même année entre l’ancienne guérilla des Farc et le gouvernement du président Juan Manuel Santos. La majorité de ces homicides ont eu lieu dans des zones dominées par les cultures illicites et l’exploitation minière illégale.

Le représentant du Haut-Commissariat aux droits de l’homme pour l’ONU en Colombie, Alberto Brunori, qualifie la situation de « très grave ». Ces dernières années, les Colombiens sont passés « de la peur du conflit à la peur des assassinats sélectifs de leaders sociaux et de défenseurs des droits de l’homme », a-t-il déclaré au quotidien El Tiempo. « Le sicaire n’agit pas seul, quelqu’un le paye, quelqu’un lui donne un ordre et exerce une activité criminelle. (...) Il faut s’attaquer aux structures qui se trouvent derrière ces assassinats », a-t-il ajouté. C’est l’une des principales revendications des ex-combattants des Farc, qui sont eux aussi une cible de prédilection des groupes paramilitaires. Le chef de l’État s’est entretenu en début de semaine avec son successeur Ivan Duque sur les mesures à prendre. Mais face à l’ampleur des tueries, et surtout les rouages qu’elles impliquent – à savoir les complicités politiques mais aussi économiques qui lient sociétés et multinationales à des groupes armés –, les annonces de Juan Manuel risquent de faire un flop. On voit mal comment un numéro spécial au ministère de l’Intérieur pour dénoncer d’éventuelles menaces ou encore des promesses de récompenses pour quiconque offrirait des informations sur les auteurs de ces crimes endigueraient un fléau politique qui ronge la fragile concorde nationale.

 

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 05:27

Dans son dernier rapport biennal publié lundi, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture donne à voir une situation qui empire.

Certains sont trop petits ou indésirables, d’autres pourrissent trop vite. Et le résultat est sans appel : un poisson pêché sur trois n’arrive jamais dans nos assiettes. Le tiers perdant finit généralement à la poubelle ou bien retourne dans l’eau, sans vie. C’est l’un des enseignements majeurs à tirer de « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », le préoccupant rapport biennal de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié lundi. Où l’on apprend aussi que, paradoxalement, la production halieutique n’a jamais été aussi élevée. En 2016, elle atteignait 171 millions de tonnes, soit 150 millions de plus qu’en 1950. Une « valeur record », pour reprendre les mots de la FAO, qui s’explique par le développement croissant de l’aquaculture. Les poissons d’élevage dépassent pour la première fois ceux issus de la pêche, et cette tendance n’est pas près de s’inverser. Les auteurs du rapport notent que les captures de pêche sont « relativement stables depuis la fin des années 1980 ». Preuve que les réserves halieutiques s’épuisent pour Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom, dont l’objectif premier est de sensibiliser à la protection des écosystèmes marins : « Chaque année, on invente des manières et des technologies plus efficaces pour aller chercher le poisson, c’est assez dramatique. »

Au-delà de cette avalanche de chiffres, deux gros problèmes ressortent du rapport. D’un côté, le gaspillage, principalement en raison d’un manque de connaissances ou de moyens dans certaines parties du globe. Une fois le poisson pêché, encore faut-il pouvoir le conserver et le garder frais. Pour enrayer ce fléau, la FAO travaille aux côtés des pays en développement. Par exemple, l’utilisation de casiers surélevés pour faire sécher les poissons a permis de réduire les pertes après capture de 50 % en deux ans dans des pays comme le Burundi, la Tanzanie et la République démocratique du Congo, tous riverains et très dépendants du lac Tanganyika.

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE VA RENDRE LA SITUATION ENCORE PLUS INJUSTE

L’autre danger, plus difficile à contrer, est celui de la surexploitation de certaines espèces. Et le constat est affligeant. « On observe une tendance à la baisse de la proportion de stocks de poissons exploités à un niveau biologiquement durable », avancent les auteurs du rapport. Une formulation alambiquée pour dire que la pêche est, globalement, de moins en moins responsable. À l’inverse, le nombre d’espèces surexploitées a triplé au cours des 40 dernières années, pour atteindre 33 % des stocks surpêchés en 2015. Une conjoncture préoccupante pour Frédéric Le Manach : « Le rapport de la FAO est centré sur la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies (l’objectif 14 concerne la vie aquatique et prévoit notamment de mettre fin à la surpêche d’ici à 2020 – NDLR). Mais les tendances décrites dans ce rapport montrent qu’on n’y arrivera pas. Au contraire, cela empire. » Et pour ne rien arranger, le changement climatique va rendre la situation encore plus injuste, selon le directeur scientifique de Bloom : « Les pays qui dépendent le plus de la pêche, dans la ceinture intertropicale notamment, vont voir leur stock de poissons remonter vers les pôles, où les eaux sont moins chaudes. Et ce sont les pays qui sont le plus responsables du changement climatique qui vont en profiter. »

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 05:24

 

La plateforme rouvrait le 26 juin à la fin des épreuves du bac. À cette date, ils étaient plus de 170 000 sans proposition de place : Eolia, Louis, Salomé et Thomas témoignent d’une attente insupportable.

Tous les jours, c’est le même rituel. Ouvrir l’ordinateur. Se connecter sur Parcoursup. Regarder la progression de sa place, ou pas. Salomé Vella est dépitée. D’emblée refusée dans les écoles d’art qu’elle convoitait, ainsi que dans les prépas, elle doit tout miser aujourd’hui sur une filière arts plastiques à l’université parisienne très convoitée de la Sorbonne. « Mais je suis 600e en attente et il n’y a que 350 places », explique l’élève du lycée de Domont, dans le Val-d’Oise. Pourtant, depuis longtemps, elle se voyait travailler plus tard dans le design, la mode. Encouragée par ses professeurs, elle avait mis tous ses espoirs dans Parcoursup. Quand on lui pose la question : et ce bac, comment ça s’est passé ? Elle fait la moue. « Je me suis dit qu’il valait peut-être mieux ne pas l’avoir. Redoubler pour avoir une seconde chance », soupire-t-elle. Mais la plateforme n’aime pas trop les redoublants. « Parcoursup, c’est bien plus stressant que le bac. Avec la peur au ventre de se retrouver sans rien l’année prochaine. » Elle le sait : avec une réponse positive, elle se serait bien plus accrochée pour réussir son examen. « On est beaucoup à être déçus, dit-elle. À ne pas avoir la filière que l’on souhaitait. » Pour elle, les vacances rimeront avec une attente insupportable. Son père parle de lui payer une école privée. « Mais comment va-t-il faire pour débourser 8 000 euros par an ? »

 

SALOMÉ VELLA, ÉLÈVE EN TERMINALE ES, DOMONT (95)

"JE ME SUIS DIT QU'IL VALAIT PEUT ÊTRE MIEUX NE PAS AVOIR MON BAC. REDOUBLER POUR AVOIR UNE SECONDE CHANCE."

La deuxième phase d’admission Parcoursup a démarré le 26 juin et 20 % des candidats n’avaient toujours pas de place garantie à la rentrée prochaine. Il reste encore plus de 130 000 candidats en attente d’une place en enseignement supérieur. Et 40 000 se sont désinscrits du système. Parmi eux, 30 000 n’avaient que des refus sur tous leurs vœux. Au total donc, 170 000 lycéens n’ont pas eu satisfaction. Bien plus en réalité, car beaucoup ont préféré accepter un vœu qui ne correspondait pas à leur choix, dans une filière qui n’est pas sous tension, comme leur avaient souvent conseillé leurs professeurs.

RÊVE BRISÉ

 

THOMAS THEBAULT, ÉLÈVE EN TERMINALE S, LILLE (59)

"CERTAINS SONT PRIS DANS CE QU'ILS VOULAIENT. ILS ONT DES MAILLEURES NOTES QUE MOI, CELA CRÉE UNE AMBIANCE TRÈS PARTICULIÈRE. IL FAUT ÊTRE EXCELLENT MAINTENANT POUR SUIVRE LES ÉTUDES DE SON CHOIX ?"

Jeudi 28 juin. Dans les rues de Paris, la colère gronde. Les cheminots, retraités, étudiants ont répondu à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO. Thomas Thebault manifeste sous la banderole de l’Union nationale des lycéens. Élève en terminale S dans un lycée de Lille, il avait choisi histoire par sécurité. En 85e position d’attente sur 3 000, il a de fortes chances d’intégrer cette filière. « Mais ce ne sont pas les études que je souhaite mener », dit-il. Il acceptera par défaut, car il se voyait bien dans un BTS audiovisuel, ou une prépa. Rêve brisé. S’il arpente cet après-midi les pavés parisiens, c’est parce « les cheminots aussi sont contre la sélection à l’université, ils sont avec nous ! Comme nous, ils défendent le service public ». Il avoue avoir très mal vécu un système qui « met les uns les autres en compétition ». Il explique : « Certains sont pris dans ce qu’ils voulaient. Ils ont des meilleures notes que moi, ça crée une ambiance très particulière. Il faut être excellent maintenant pour suivre les études de son choix ? » La phase complémentaire ? Il ne s’est pas encore penché dessus. De toute façon, il sait qu’il ne pourra pas accepter une université dans une autre académie que la sienne. « Mes parents n’ont pas les moyens de me payer un logement, des frais de transport. Ils sont très stressés, eux aussi, et Parcoursup revient tous les jours dans nos conversations. »

GÉNÉRATION SACRIFIÉE

 

EOLIA, ÉLÈVE EN TERMINALE S, GAGNY (93)

"DES ÉLÈVES MOINS BONS ONT ÉTÉ PRIS... C'EST UN TIRAGE AU SORT ORGANISÉ CE TRUC"

Christelle Gokpon comprend très bien. Sa fille, Eolia, en terminale S option SVT dans un lycée de Gagny (Seine-Saint-­Denis), est toujours en attente. « Au stress du bac se rajoute celui de l’incertitude de la poursuite de ses études », déplore la maman. Elle parle d’une anxiété permanente, le nez collé sur l’ordinateur via Parcoursup matin et soir. « Une amie de ma fille m’a même avoué : “en libérant des places, j’ai l’impression d’avoir sauvé des vies” ! » S’il le faut, c’est sûr, elle y ira au culot. À la rentrée, elle frappera aux portes des universités pour défendre le dossier de sa fille. Avec 13 de moyenne, Eolia pensait avoir au moins une réponse positive dans ses choix, en biologie. Mais non. « Des élèves moins bons ont été pris… » souffle-t-elle. Dès le 26 juin, Eolia cliquait sur ce que proposait la phase complémentaire. Eh oui, on brade aussi chez Parcoursup ! Mais il faut faire vite : huit jours pour se décider et répondre. Elle découvre « deux ou trois propositions à Lille, mais tout le reste, c’est en Guyane ou à La Réunion » ! Elle décroche un sourire face à l’absurdité. « C’est un tirage au sort organisé ce truc ! » Si rien ne bouge, elle pense partir une année en Espagne. Aller à l’étranger, histoire de ne pas perdre son temps. Comment va-t-elle payer ? Ou sera-t-elle logée ? Elle n’en sait rien, avoue-t-elle, un peu perdue. Les projets d’été, les vacances semblent tellement loin… Bien loin de ce qui les préoccupe aujourd’hui. Christelle Gokpon, elle, a la désagréable sensation d’une génération sacrifiée au profit des seules élites.

 

LOUIS BOYARD, ELEVE EN TERMINALE ES DANS UN LYCEE DU VAL DE MARNE

VIVRE DU BON CÔTÉ DU PÉRIPH

Louis Boyard, avant d’être président de l’Union nationale des lycéens, est avant tout lycéen. En terminale ES dans un lycée du Val-de-Marne, il se passionne pour l’histoire et les sciences politiques. Avec 17 de moyenne dans ces deux matières, il espérait pouvoir intégrer Sciences-Po, ou une fac d’histoire. « Le 22 juin, jour de l’ouverture de la plateforme, j’ai découvert que je n’aurai pas mon projet de vie. » Même s’il pensait s’y être préparé, le choc est brutal. Partout, en attente avec un positionnement qui ne lui laissait guère d’espoir. Il a choisi des facs parisiennes « car c’est un fait admis que les diplômes y ont une plus grande valeur », mais il ne vit pas du bon côté du périph. Alors, « il faut passer à autre chose », assure-t-il, puisqu’il se sait condamné à ne pas suivre une formation qu’il aura choisie. « Je vais étudier, car aujourd’hui c’est une nécessité. Là où je peux. Mais de toute façon, je sais que ça ne me plaira pas. » Les études qu’il convoitait définissaient la suite de sa vie. Alors, à cet instant précis, il veut juste ne plus réfléchir. S’échapper de tout ça. « C’est notre avenir qui est condamné », tempête-t-il.

 

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18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 05:51

 

l’idéologie de la dette

Comment et quand en sommes-nous arrivés là ? Comment ce qui était le champ du débat démocratique, et qu’on nommait politique, a-t-il soudain été remplacé par une comptabilité vétilleuse jalonnée de « reportings », d’évaluations et de contrôles de gestion qui infantilisent les peuples ?

À ces questions, l’économiste Jacques Rigaudiat, qui fut conseiller social de Jospin et de Rocard, apporte des réponses d’une grande clarté. Le tour de passe-passe s’opère autour du concept de dette. Et le grand tournant est l’entrée en vigueur du traité de Maastricht, en 1993, qui a transformé en code disciplinaire le nouveau rapport de force résultant de la mondialisation. L’arnaque – car c’en est une – a consisté, nous dit Rigaudiat, à identifier la « dette publique » à ce qu’il nomme « dette maastrichtienne » dont « nulle créance n’est défalquée ». En oubliant les actifs d’un État ou d’un service public, les magiciens de l’ordolibéralisme parviennent rapidement à faire exploser l’endettement. Ils n’ont ensuite aucun mal à démontrer que les peuples « vivent au-dessus de leurs moyens » et à contraindre les gouvernements aux fameuses réformes «qui s’imposent ».

Rigaudiat parle, à la manière de La Boétie, de « servitude volontaire ». Une fois le système en place, un discours culpabilisant invoquant le bon sens bourgeois («on ne vit pas au-dessus de ses moyens ») fait le reste. Or, un véritable nœud coulant antisocial ne cesse de se resserrer. Les États, et par conséquent les peuples, ne sont pas seulement montrés du doigt pour leur irresponsabilité dispendieuse, ils perdent leur autonomie. Le traité de Maastricht les soumet directement au diktat des marchés. Son article 104, que confirmera par la suite le traité de Lisbonne de 2007, interdit à la Banque centrale européenne « d’accorder des découverts ». Les prêteurs seront désormais privés. Pour lutter contre l’endettement, l’État n’a plus de prêteurs institutionnels. Ce sont les marchés qui deviennent ses seuls créanciers. Rigaudiat a une formule dont la justesse fait froid dans le dos : « L’État devient privé. » La corporate gouvernance remplace la politique.

On voit combien, dans un tel paysage, un personnage comme Macron est l’homme de la situation. Entre l’État et les marchés, nous dit Rigaudiat, « c’est le vide ». Et c’est aussi le vertige qui s’est emparé des démocraties. L’auteur étend ensuite sa démonstration aux administrations. Les pages consacrées au déficit de la Sécurité sociale sont particulièrement édifiantes. Où l’on voit que ce déficit, en partie artificiel, sert in fine à financer des entreprises. La dette est bien devenue une « arme de dissuasion massive » pour le modèle social français.Rigaudiat n’élude pas la question politique, la nécessaire remise en cause des traités avec, comme corollaire, un affrontement que l’auteur croit inévitable avec l’Allemagne.

La Dette, arme de dissuasion sociale massive, Jacques Rigaudiat, éditions du Croquant, 212 p., 12 euros.

Source : Denis Sieffert (Journal Politis)

 

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18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 05:47

Ils sont quatre – PWC, EY, KPMG et Deloitte – dominant le monde de l’audit, mais aussi celui de l’industrie de l’évasion fiscale. Pourtant, c’est à eux que la Commission européenne fait appel pour l’aider à écrire les règles fiscales. Un rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory révèle un univers de conflits d’intérêts.

D’eux, on ne connaît souvent que les sigles : PWC, EY, KPMG et Deloitte. Le monde financier les a surnommés les Big Four, tant ils semblent indissociables : ils forment à quatre un cartel mondial de la comptabilité et de l’audit. Toutes les multinationales font appel à eux pour les conseiller et approuver leurs comptes. Leur place incontournable leur permet d’échapper à toute remise en cause sérieuse, bien qu’ils se retrouvent acteurs de nombreux scandales financiers comme la crise de 2008 l’a illustré.

Ces mêmes quatre acteurs sont les rouages indispensables de l’industrie de l’évasion fiscale. Ils se retrouvent comme conseillers, comme facilitateurs, comme artisans de tous les schémas d’optimisation, d’évasion, de fuite dans les paradis fiscaux, comme l’ont prouvé les LuxLeaks, les Panama Papers, les Paradise Papers, les Malta Files ou encore les Offshore Leaks.

Pourtant, c’est à ces mêmes groupes que la Commission européenne fait appel pour élaborer les règles fiscales européennes, comme le révèle une enquête de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO) publiée le 10 juin. « Ensemble avec un petit groupe de sociétés de conseil financier, les quatre grands ont conçu certains des plus importants dispositifs de sauvetage européens. Voir les Big Four, qui ne cessent de vider les coffres publics en facilitant l’évasion fiscale, concevoir en même temps les réponses politiques pour y répondre ajoute l’insulte à la blessure », s’emporte l’ONG, qui rappelle que l’évasion fiscale coûte des milliards d’euros par an aux États, ce qui les prive d’autant de moyens pour financer les hôpitaux, l’éducation ou les services publics.

« Comment les Big Four peuvent-ils justifier le conflit d’intérêts en conseillant les multinationales sur les façons d’éviter de payer l’impôt et, dans le même temps, en jouant un rôle majeur dans l’élaboration des lois fiscales des pays ? », s’est interrogé le député européen irlandais Matt Carthy, lors d’une discussion sur les règles fiscales européennes. On a envie d'ajouter : comment la Commission européenne peut-elle expliquer qu’elle fasse appel, pour élaborer le cadre fiscal européen, à des cabinets qui font profession de faciliter l’évitement de l’impôt ?

Car chaque année, la Commission européenne verse des dizaines de millions aux quatre grands cabinets pour s’abreuver de leurs conseils, expertises, recommandations, en vue d’élaborer les règles futures. En 2016, selon le recensement réalisé par CEO, elle a ainsi versé 51,4 millions d’euros à KPMG, 23,8 millions à EY, 17,5 millions à PWC, 12,3 millions à Deloitte, soit un total de 105 millions d’euros juste pour une année. Manifestement, leurs apports sont précieux.

 

Mais quels sont-ils exactement ? En octobre 2014, relate le rapport, la DG Taxud (direction de la commission chargée de la fiscalité) a versé 7 millions d’euros de commissions à PWC, Deloitte et EY pour mener des études comparatives sur les différents systèmes fiscaux et de douanes. « Les plus grands facilitateurs de l’évitement fiscal étaient payés pour fournir les analyses destinées à servir de base pour élaboration des mesures fiscales futures », ne peut s’empêcher de s’étonner l’ONG, en concluant que, toutefois, « c’était en octobre 2014. En novembre 2014, LuxLeaks démontrera le rôle joué par PWC, EY, Deloitte et KPMG pour aider les multinationales à ne pas payer des millions d’impôt en utilisant les schémas d’évasion au Luxembourg ».

 

Pourtant, après LuxLeaks, après toutes les autres révélations, rien n’a changé. La Commission européenne continue de s’alimenter régulièrement auprès des quatre grands pour l’aider à établir ces nouvelles réglementations. Et elles sont nombreuses. En 2014, il y a eu l’accord sur la transparence fiscale, qui comprend un échange automatique des informations entre les États sur les accords fiscaux passés avec les multinationales. En 2015, ce fut l’élaboration d’un texte établissant la base fiscale commune pour les multinationales, afin de fixer des règles pour les prix de transfert, principal mécanisme utilisé par les multinationales pour éviter l’impôt dans certains pays. En 2016, ce fut un nouveau plan pour tenter d’élaborer des règles en vue de lutter contre l’évitement fiscal, faciliter la transparence et permettre l’établissement de règles communes pour définir les bases taxables dans chaque pays de l’Union, en liaison avec les travaux de l’OCDE sur les mêmes sujets.

À chaque fois, les Big Four ont été invités à donner leurs lumières, leurs analyses, leurs conseils. Et pendant qu’ils étaient payés pour conseiller la Commission européenne, ils monnayaient leur influence au travers de leurs réseaux et bataillaient, tant à l’OCDE qu’à la Commission européenne, pour obtenir les mesures les moins contraignantes possible, pour abattre les dispositifs censés être trop contraignants et trop coûteux pour les multinationales.

Sans que cela ne semble leur poser le moindre problème apparent, les quatre grands se retrouvent ainsi dans les réseaux de lobbying, très actifs à la Commission européenne, note le rapport. Ils figurent naturellement dans le groupe des auditeurs européens et le groupe européen de contact, censés l’un comme l’autre éclairer la Commission sur les principes et les standards de la comptabilité et l’environnement réglementaire et prudentiel. Mais ils sont aussi membres assidus au sein du lobby européen des affaires sur la fiscalité (European Business Initiative on Taxation) qui regroupe les principales multinationales, tout comme de la chambre américaine de commerce auprès de la Commission européenne, l’un comme l’autre militant pour l’effacement de toutes les barrières faisant obstacle aux affaires.

Ce sont eux qui, par exemple, ont recommandé l’unanimité des membres de l’Union pour l’adoption des nouvelles mesures sur la lutte contre l’évasion fiscale, la transparence comptable ou l’unité des bases taxables. En poussant à une telle mesure, les Big Four connaissaient parfaitement ce qui allait en résulter : la paralysie.

Plus besoin, après une telle mise en lumière du système, de s’interroger sur les raisons de l’impuissance de la Commission en matière de lutte contre l’évasion fiscale, sur la pantalonnade de la liste noire des paradis fiscaux ou sur l’impossible taxation des multinationales du Net et des plateformes numériques. Tout est organisé pour qu’il en soit ainsi.

Tant au sein des grands cabinets d’audit qu’à la Commission européenne, personne ne semble voir quelque problème à ce mélange des genres, à ces conflits d’intérêts multiples et institutionnalisés, à cette capture des institutions par des intérêts privés. Il est vrai que les frontières sont très poreuses entre les deux mondes, que la pratique des allers et retours entre les Big Four et la Commission européenne est désormais elle aussi devenue un usage normal.

Pas moins de huit fonctionnaires travaillant à la DG Taxud ou à la DG Finance sont d’anciens consultants de KPMG, Deloitte, EY ou PWC. De même, quatre représentants des pays membres, désignés pour siéger dans les commissions finances et fiscalité, sont aussi d’anciens consultants des quatre grands cabinets. Mais le mouvement peut être inverse. De nombreux fonctionnaires européens trouvent un accueil chaleureux dans les grands cabinets pour entamer une deuxième carrière. Et on ne compte plus les échanges de stagiaires, naviguant de l’un à l’autre pour faire leur apprentissage du dur monde des affaires.

« Alors que les services publics sont étranglés par l’austérité, les milliards de recettes fiscales manquantes ont un impact sur la vie réelle, privant les systèmes de santé et d’éducation de beaucoup d’argent public. C’est immoral. Le contournement des lois fiscales qui s’appliquent à tous dans un État démocratique montre le mépris pour les citoyens », conclut l’ONG. Mais ce sont des considérations qui ne semblent pas atteindre le monde des décideurs.

 

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