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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 07:20
LIBERTÉ D’EXPRESSION. LA POÉSIE PALESTINIENNE DANS LES GEÔLES D’ISRAËL (L'HUMANITE - VENDREDI 3 AOUT 2018 - PIERRE BARBANCEY)

 

Dareen Tatour, poétesse de Nazareth, a été condamnée à cinq mois de prison pour incitation au terrorisme. « Résiste mon peuple, résiste-leur » : ce vers motive son arrestation.

Elle s’appelle Dareen Tatour. Elle est toute menue, n’a que 35 ans et, quand on la voit, on lui donnerait le bon Dieu sans confession, elle, une Palestinienne qui vient de Nazareth. Mais, au pays de la Terre promise, la chose est manifestement impossible. Parce que des confessions, la police et l’armée israélienne en veulent et en redemandent. Surtout lorsqu’il s’agit des Palestiniens. Pour cela, tout est permis.

Depuis son plus jeune âge, Dareen couchait des mots sur le papier. Un assemblage de phrases qui s’est transformé en poèmes. Les thèmes traités ont évidemment évolué de l’enfance à l’adolescence jusqu’à la perception de l’adulte. L’amour, la perte d’un être cher mais aussi la souffrance nationale et la résistance. Il y a quelques années, elle se met à afficher en ligne sa poésie. De fil en aiguille, elle accompagne ses poèmes d’images de ses frères et sœurs palestiniens qui affrontent, la fronde à la main, l’occupant israélien. « Résiste, mon peuple, résiste-leur, résiste au pillage des colons et suis la caravane des martyrs », déclame- t-elle un jour d’octobre 2015, alors qu’à Jérusalem-Est, les jeunes se révoltent et sont réprimés. La sensibilité de Dareen Tatour est à fleur de peau. Il y a une chose qu’elle ne savait pas et que révèle Adalah-NY, une organisation basée à New York qui milite pour la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) contre Israël : les médias sociaux sont sous haute surveillance. Des centaines de Palestiniens ont ainsi été poursuivis et emprisonnés pour de simples écrits sur leur page Facebook. La jeune femme n’est pas passée au travers, son post n’a pas échappé à la sagacité des censeurs israéliens.

Un beau matin, elle est arrêtée au domicile de ses parents, dans le village de Reineh, près de Nazareth. On ne sait pas si, à l’instar de la raillerie de Léo Ferré, les flics qui sont venus la chercher lui ont lancé « Poète, vos papiers ! », mais on peut supposer que, comme Rimbaud, sa mère a vu « l’âme de son enfant livrée aux répugnances ». Ce n’est qu’au bout de vingt jours qu’on daigne lui faire connaître les charges retenues contre elle. Dareen était détenue pour « incitation à la violence » à cause de deux messages postés sur Facebook et d’une vidéo sur Youtube ! Elle est emprisonnée trois mois puis placée en résidence surveillée. Non pas chez elle, mais près de Tel-Aviv, avec interdiction de publier ses écrits et d’utiliser Internet (sic). Une situation qui va durer près de trois ans avant son retour à Nazareth et, en prime, l’obligation de porter un bracelet électronique. En avril 2016, elle fait cependant savoir : « On m’a envoyée en prison pour avoir écrit un poème. Mais la poésie est devenue la clé de ma porte vers la liberté et je vais m’accrocher à celle-ci jusqu’à la fin. » En mai 2017, les conditions de sa détention ont été assouplies. Elle a pu sortir, de 9 heures à 19 heures, accompagnée de « gardiens bénévoles » dûment approuvés par un tribunal.

« J’ÉTAIS EN TRAIN D’ÉCRIRE JUSTE POUR M’EXPRIMER »

Ainsi donc, de simples mots – « Résiste mon peuple, résiste-leur » – effraient l’État d’Israël, sa police et son armée, qui est l’une des plus puissantes du monde. On comprend mieux pourquoi Ghassan Kanafani, Majed Abu Sharar et Kamal Nasser, pour ne parler que de ces écrivains, ont été assassinés par les services israéliens. De leur côté, les islamistes algériens du FIS et du GIA avaient eux aussi promis de faire « périr par le sabre » ceux qui « luttaient avec la plume ». Du mot naît l’idée. De l’idée naissent l’action et la résistance à tout totalitarisme, qu’il soit idéologique, religieux, colonial ou les trois à la fois ! « Je ne savais pas que l’écriture pouvait changer quoi que ce soit. J’étais en train d’écrire juste pour m’exprimer », a expliqué Dareen Tatour au site Mondoweiss. Pendant toutes ces années, de nombreux comités de soutien se sont créés dans le monde.

Elle a finalement été jugée, lundi, et condamnée à cinq mois de prison ferme (et six mois avec sursis) pour incitation au terrorisme, à l’issue d’un procès aux allures parfois surréalistes. Notamment lors d’une discussion portant sur la traduction en hébreu de mots arabes utilisés dans le poème de Dareen. « Je me m’attendais pas à ce que la justice soit rendue. Dès le départ, le dossier était politique parce que je suis une Palestinienne et que je soutiens la liberté d’expression », a- t-elle commenté sobrement en ajoutant : « C’est un État raciste et la loi sur l’État-nation juif prouve que l’apartheid existe ici. Ils ne me feront pas abandonner. Je ne suis pas la première prisonnière et je ne serai pas la dernière. Je continuerai. » Il est vrai que, par ailleurs, dans les écoles israéliennes, les élèves apprennent les vers d’un poète sioniste et révisionniste, Uri Zvi Greenberg, qui écrivait : « Le sang déterminera qui sera l’unique dirigeant. »

Ironie de l’histoire : loin de se laisser intimider ou abattre, Dareen Tatour a profité de cet enfermement forcé pour se remettre à écrire. « J’ai été arrêtée et jugée à cause de la langue arabe, dit-elle, et j’appelle tout le public arabe à continuer d’écrire et de s’exprimer dans notre langue. » Mais peut-être les juges et les dirigeants politiques israéliens devraient garder en mémoire cette parole du grand poète palestinien Mahmoud Darwich, exilé et mort loin de sa terre : « Sans doute avons-nous besoin aujourd’hui de la poésie, plus que jamais. Afin de recouvrer notre sensibilité et notre conscience de notre humanité menacée, et de notre capacité à poursuivre l’un des plus beaux rêves de l’humanité, celui de la liberté. »

Pierre Barbancey

 

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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 07:18
SEBASTIEN JUMEL (DEPUTE PCF) - EXPLICATION DE VOTE MOTION DE CENSURE GDR, NOUVELLE GAUCHE, FI

" Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, chers collègues, pour les parlementaires communistes que nous sommes, cela fait plusieurs mois que la coupe de ce président, de son gouvernement, de sa majorité, est pleine. Ce qui ressort des échanges que nous avons avec nos concitoyens, au quotidien, est sans appel : la coupe que vous servez aux Français est pleine d’une politique à sens unique, qui fait mal aux classes populaires, qui fait mal aux classes moyennes.

Quarante et une réformes, avez-vous rappelé, pour abîmer la France, pour renoncer à l’aménagement de nos territoires. Pouvoir d’achat des retraités attaqué, emplois aidés supprimés, crise de l’hôpital laissée sans réponse, attaques contre le monde du travail, diminution des aides personnalisées au logement, torpillage du logement social, soustraction des services publics dans les milieux ruraux et dans les villes moyennes, volonté de tuer à petit feu nos communes, renoncement à un État qui corrige les inégalités. Et en même temps – cela va de pair – cadeaux fiscaux par milliards à ceux pour qui l’argent dégouline déjà !

Vous agissez comme s’il fallait jeter par-dessus bord la République qui protège, pour servir ceux qui pensent que l’heure est venue d’administrer à la France la purge thatchérienne, comme jadis ils auraient saigné le malade pour mieux le guérir. Nous vivons un niveau d’attaque contre le modèle social français qui n’a pas connu d’équivalent. Nos concitoyens ne sont pas dupes de cette entreprise ultralibérale. La coupe est pleine et nous avons donc mille et une raisons de voter la défiance contre votre gouvernement, contre sa politique dont nous pensons qu’elle abîme la République.

L’idée qu’Emmanuel Macron est le président des riches ne fait plus débat. À ce niveau, d’ailleurs, ce n’est plus le sparadrap du capitaine Haddock qu’il traîne, mais un boulet de galérien. Cela étant, jusqu’aux quinze derniers jours, qui ébranlèrent le « nouveau monde », pouvait demeurer l’illusion qu’une nouvelle manière de faire de la politique était incarnée par ce jeune président élu sur la promesse d’une « République exemplaire ». Mais patatras ! Cette construction-là s’effondre à son tour. Nous mesurons, à travers ce que révèle le comportement du collaborateur préféré du Président, à travers la latitude, les facilités dont il a joui, la dissimulation, les avantages multiples dont il a bénéficié, après même que ses actes répréhensibles ont été connus au sommet de l’État, que cette construction était un château de cartes, un tour de passe-passe. La République exemplaire est en fait un mirage posé sur l’horizon des Français.

Cette affaire Benalla-Élysée-Macron, qui survient en plein débat sur le projet de réforme constitutionnelle, agit comme le révélateur d’une gouvernance qui n’a d’exemplaire que la façon dont elle consacre, comme jamais jusqu’alors, l’hypertrophie présidentielle dans la pratique de nos institutions. Cette affaire révèle une présidence Macron qui s’occupe de tout et du reste, pratique sans complexe la confusion des pouvoirs, organise un État de déférence, et même de révérence, et qui, au-dessus du Gouvernement, passé à l’ombre, orchestre un gouvernement bis, au mépris même de nos institutions.

Cette présidence sourde aux avertissements du pays, ivre de ses vérités, fait passer la précipitation pour de l’esprit de décision. Elle veut au quotidien étouffer le débat démocratique et désormais, même, elle le délégitime, elle le caricature en immobilisme pour mieux demain le réduire à peau de chagrin, en remplaçant les représentants du peuple par des technocrates qui mettront en œuvre vos projets, vos pseudo-vérités du marché libre et sans entraves. Ce qui gêne le plus cette présidence, c’est l’idée que l’opposition discute ses projets, des projets qu’elle voudrait déjà décisions, en vertu de la vitesse d’exécution libérale.

Nous ne distinguons pas cette affaire de violence politique, d’impunité et de sentiment de toute puissance du projet de réforme constitutionnelle du président Macron, de son projet de société du laisser-faire et du laisser-passer, débarrassé de tout ce qui lui fait obstacle. Le Parlement vient de faire la démonstration par l’absurde de la caricature et de la nocivité de cette réforme.

Nous sommes face à un président qui, décidément, a emprunté l’itinéraire d’un enfant gâté, qui ne supporte pas le temps de la démocratie ; un président dont le projet constitutionnel présente des similitudes troublantes avec celui de la Constitution du Second Empire de Napoléon III ; un président qui n’aime pas la transparence, comme en témoigne le texte sur le secret des affaires ; un président gêné par la liberté de la presse, comme l’illustre le texte sur les fake news ; un président qui veut moins de Parlement pour plus de Président.

Monsieur le Premier ministre, en vous écoutant, on a l’impression que la chanson Tout va très bien, madame la marquise redevient d’actualité.

Le peuple ne l’entend pas de cette oreille. En votant cette motion de censure, nous sommes fidèles à sa colère".

(Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, FI et NG).

 

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 08:52
Braderie de Morlaix (photo Le Télégramme)

Braderie de Morlaix (photo Le Télégramme)

COMMUNIQUE DE PRESSE du PCF Morlaix

Publié dans le Télégramme le 2 août. 

Les commerçants prennent une nouvelle fois l'eau.

 

Rendez vous estival des touristes, locaux et des commerçants pendant l'été, la grande Braderie de Morlaix s'est bâtie une solide réputation, tant l'implication et le professionnalisme des « locaux » n'est plus à faire et surtout à démontrer.

L'équipe Municipale a décidé de mener la vie dure à cette association de commerçants très active dans l'éveil et à l'animation du centre ville.

Elle s'est vue dans l'obligation d'assurer et de prendre en charge les coûts de sécurité liés à l’événement.

Un véritable coup de couteau dans le dos des commerçants qui, après avoir pour certains bu la tasse dans la nuit du 3 au 4 juin, se retrouvent une nouvelle fois noyés mais cette fois volontairement.

Il est donc certain que les coûts engendrés par cette sécurité mais aussi l’installation de surcoût ne vont pas faciliter les efforts de cette association qui se donne comme objectif de participer à   la remontée économique du commerce de centre ville.

Après les associations sportives, les commerçants morlaisiens seraient-ils la nouvelle cible de la municipalité Le Brun ? 

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 08:52
Les communistes présents au festival du Bout du Monde à Crozon

Festival du Bout du Monde à Crozon 

Samedi 4 Août de 14h00 à 17H00  à l'entrée des cars du festival ( chemin d'accés au festival)

Parce que la fête et le partage n'interdisent pas la réflexion et la conscience politique ... 

des militants communistes finistériens iront à la rencontre des festivaliers, distribueront des flyers pour la féte de l'huma, vendront la vignette de bon de soutien de la fête de l'Humanité (ouvrant droit à l'entrée pour les 3 jours), feront signer la pétition pour exiger une autre République que celle de la monarchie présidentielle des présidents qui se succèdent depuis des décennies, dérive autoritaire qu'accentue encore Emmanuel Macron. 
 
 
 
Les communistes présents au festival du Bout du Monde à Crozon
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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 07:30

Juin 1936. La semaine tombe à 40 heures. Les maîtres des Forges tonnent contre ce qu’ils baptisent « la loi de fainéantise sociale» : «Nos entreprises sont perdues. Comment relever le pays si nos ouvriers habitués à la tache et fiers de l’accomplir travaillent deux fois moins ? La France va à sa ruine. Et tous pâtiront de ce luxe de paresse !» La chanson contre la réduction du temps de travail est une vielle rengaine. Au fil des siècles, les archives déclinent les mêmes arguments. 

Nous sommes en 1848. La journée de travail du textile lyonnais vient de passer de 14 à 12 heures. Pour la chambre patronale, c’est la catastrophe. Elle adresse au préfet une supplique pour dénoncer la dangerosité et l’amoralisme de la nouvelle loi : « Nous attirons votre attention sur les graves conséquences qu’auraient à subir nos industries au cas où la loi venait à être appliquée. Vous le savez, la main d’œuvre ici est exigeante et hors de prix. Avec 14 heures, nous tenions à peine.12 heures précipiteraient les faillites. Le travail, dans nos entreprises, a toujours commencé à 4 h du matin, repos d’un quart d’heure à midi, repos final à 18 h. Les filles employées s’y livrent sans que leur santé n’ait jamais été altérée et sans qu’elles se plaignent de leur sort par ailleurs envieux quand on songe à tous les « sans travail » qui écument les rues. Ici, la main d’œuvre est plus coûteuse qu’à l’étranger. Si nous maintenions le même salaire pour la journée réduite à 12 heures, la partie ne serait plus tenable. Nous serions dans l’obligation de fermer nos manufactures et de les transporter là où l’ouvrière est la moins dispendieuse. Et puis, que l’on ne se trompe pas, l’ouvrière ramenée à 12 heures, continuerait à se lever à l’aurore pour n’arriver à la manufacture qu’à la minute obligatoire, plus disposée à se reposer des occupations auxquelles elles auraient vaqué dehors qu’à attaquer avec ferveur le travail de nos fabriques. Redevenue plus tôt libre le soir, elle n’en profiterait pas dans l’intérêt de son sommeil. Il y aurait à craindre pour la moralité de celles qui se verraient affranchies de toute surveillance pendant deux longues heures de la soirée. » Le texte est éloquent. On entendra la même remarque pour réprouver la loi qui interdit aux enfants le travail dans les mines : « Loi qui porte atteinte au droit du travail et à la liberté individuelle » 
 

1919. La loi des 8 heures suscite les mêmes réactions. Voici ce qu’écrit un entrepreneur : « On en veut à ceux qui font la richesse du pays. Il est sûr que nos industries péricliteront, et puis que feront nos ouvriers de tout ce temps vacant ? Désœuvrement, fréquentation plus assidue des estaminets. Décidément la morale n’est plus du côté du gouvernement. Faudra-t-il bientôt que nous transportions nos industries dans les colonies? »
 

Un dernier exemple. 12 novembre 1938. Par une série décrets, baptisés « décrets misère », le gouvernement Daladier supprime les conquis du Front Populaire. Entre autres la semaine de quarante heures. L’argument mérite citation : « Cette loi de paresse et de trahison nationale est la cause de tous les maux de notre économie. Elle va précipiter la chute de la France. On ne peut pas avoir une classe ouvrière avec une « semaine de deux dimanches » et un patronat qui s’étrangle pour faire vivre le pays ! ». 
Deux ans plus tard, reprenant les mêmes arguments, Pétain balayera les dernières lois sociales et les syndicats qui en étaient à l’origine…

Michel Etievent

Auteur du livre "Ambroize CROIZAT ou l'invention sociale"

Acteur et Hôte du Film "La Sociale" de Gilles PERRET

 

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 07:28

La situation des sans-abri est encore plus difficile en été, en raison de la fermeture de centres et de la réduction des places d’hébergement.

« Je ne veux plus avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus », avait déclaré le président Macron en juillet 2017. Un an après, les associations d’aide aux sans-abri observent pourtant un accroissement de la pénurie en matière de structures d’accueil. « La situation des sans-abri cet été est plus dégradée que l’année dernière au même moment », résume Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Les lieux d’hébergement d’urgence ne parviennent plus à répondre à la demande, soulignait, le 20 juillet, le Collectif des associations unies. À Paris, 130 familles appellent tous les soirs le 115 sans obtenir de solution. À Toulouse, seuls 10 % des appels reçus débouchent sur un hébergement. Dans le Val-de-Marne, il n’y a plus aucune admission.

Faute de place suffisante, les autorités essaient de sélectionner entre les misères. À Marseille, par exemple, pour qu’une femme enceinte soit hébergée, il faut qu’elle soit à huit mois de grossesse ou plus. Sinon, c’est la rue. Ailleurs, l’accueil est parfois réservé aux seules familles avec enfants de moins de 3 ans. Tant pis pour les 4 ans et plus…

Les raisons de cette situation aggravée sont multiples. Il y a la gestion saisonnière de la misère par les autorités. Sur les 13 000 places d’hébergement ouvertes dans le cadre du plan hivernal et les 5 300 dans celui du plan grand froid, seules 5 000 ont été pérennisées. Résultat : depuis le 31 mars, beaucoup des personnes hébergées dans ce cadre sont remises à la rue sans solution, alors même que, durant l’été, l’accueil de jour, les maraudes et les distributions alimentaires sont en baisse.

« Il y a une diminution de la solidarité en période estivale. Les gens ont tendance à penser : une nuit à la belle étoile, c’est pas grave. Mais, l’été, il y a des problèmes de santé, d’alimentation. L’accès à l’eau et à l’hygiène devient un véritable parcours du combattant », observe Bruno Morel, directeur d’Emmaüs Solidarité. « Dans certains territoires, comme Lyon, Marseille ou les Hauts-de-Seine, s’ajoute à cela une baisse des budgets pour payer des nuitées d’hôtel, ce qui provoque encore des expulsions », explique de son côté Florent Gueguen.

Et la situation ne devrait pas s’améliorer. Selon Bruno Morel, le gouvernement veut fixer des prix plafonds pour une place en hébergement d’urgence, bien en dessous de ceux pratiqués (35 euros en 2018, 31 en 2019, contre plus de 40 euros actuellement). Une baisse qui risque d’accentuer encore la logique de tri entre publics précaires. C. B.

La justice sanctionne les remises à la rue

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a demandé mardi 24 juillet au gouvernement français de reloger en urgence une demandeuse d’asile et ses trois enfants. Ils font partie des quelque 300 personnes remises à la rue à la fin du plan hivernal à Toulouse où, avec les beaux jours, le nombre de places d’hébergement a fondu de 1 100 à 700. Début juillet, le tribunal administratif avait déjà ordonné à l’État de trouver une solution dans les plus brefs délais. Mais la préfecture avait fait la sourde oreille. D’où la démarche devant la CEDH.

 

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 07:27

L’exécutif a beau marcher sur des œufs ces dernières semaines pour tenter d’apaiser les craintes des syndicats et de l’opposition de gauche, tous redoutent la remise en cause de ce dispositif destiné à allouer aux veuves et veufs une partie de la retraite de leur conjoint.

« Faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur », s’est défendu le président de la République, lundi 9 juillet, lors de son congrès versaillais. Fin juin, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, s’était pourtant interrogé dans une note transmise aux partenaires sociaux sur la pertinence de maintenir ce dispositif. Et le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, avait reconnu que cette pension de droit dérivé pourrait « baisser pour certains et augmenter pour d’autres ». Le 10 juillet, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a même réussi à raviver les inquiétudes, tout en essayant de les dissiper. « Pour les retraités de demain, nous maintiendrons le système des pensions de réversion, cela concerne des femmes qui n’ont pas travaillé, qui se sont occupées de leurs enfants ou ont travaillé aux côtés de leur mari sans cotiser », a-t-elle expliqué devant l’Assemblée nationale. Une manière de sous-entendre que les trois quarts des 4,4 millions de bénéficiaires de cette mesure, qui actuellement cumulent retraite de droit direct et pension de réversion, pourraient se voir lésés. « Une maladresse », a invoqué son cabinet, qui se veut rassurant sur la pérennité du dispositif.

Cette propension gouvernementale à souffler le chaud et le froid fait bondir syndicats et associations de retraités. « On sent que Macron et le gouvernement Philippe cafouillent un peu, mais la menace sur les pensions de réversion existe bel et bien », estime Gérard Gourguechon, porte-parole de l’Unirs (Union nationale interprofessionnelle des retraité-e-s Solidaires). « On ne sait pas encore quelle forme cela va prendre, mais d’une manière ou d’une autre, ils vont y toucher », s’inquiète pour sa part Jean-Pierre Floret, responsable Union confédérale des retraités (UCR) CGT à la coordination intersyndicale qui rassemble neuf syndicats et associations de retraités. « Or, il s’agit une fois de plus de s’attaquer aux catégories les plus pauvres », dénonce-t-il. En effet, en 2016, 89 % des bénéficiaires des pensions de réversion, un mécanisme qui consiste à réallouer au conjoint du salarié décédé la moitié de la pension que celui-ci aurait touchée en retraite, étaient des femmes. Or, d’après les derniers chiffres de la Drees (la direction des études et des statistiques des ministères sociaux), la pension moyenne de droit direct (y compris majoration de pension pour enfant) s’élevait ainsi à 1 065 euros par mois pour les femmes et à 1 739 euros pour les hommes en 2016. Mais, en tenant compte des pensions de réversion, la retraite moyenne des femmes atteignait 1 322 euros par mois, ce qui réduisait l’écart à « seulement » 24,9 % avec les pensions moyennes des hommes.

« On nous dit qu’aujourd’hui, les femmes travaillent plus qu’avant, mais nombre d’entre elles continuent à élever des enfants, à avoir des carrières interrompues et, au final, des petites pensions », souligne Jean-Pierre Floret. Le nombre de femmes actives est certes en expansion : d’après l’Insee, entre 2005 et 2015, le taux d’activité des femmes de 15-64 ans a ainsi progressé de 3,2 points pour atteindre 67,6 %, quand celui des hommes est resté quasi stable (+ 0,3 point), pour s’établir à 75,5 % en 2015. Mais, d’après les prévisions effectuées en 2017 par le Conseil d’orientation des retraites (COR), il faudrait attendre 2070 pour que la pension moyenne de droit direct des femmes représente 90,3 % de celle des hommes. « À partir du moment où l’objectif de la réforme des retraites est d’harmoniser les différents régimes, selon la règle où un euro cotisé donne un euro de droit, avec l’objectif de diminuer la part des pensions dans le PIB, on sait que certains vont y perdre », explique Patrice Perret, membre de la délégation Unirs qui rencontre le haut-commissaire à la réforme des retraites dans le cadre de la consultation engagée avec les syndicats. « On a le sentiment que ce que cherche Delevoye, c’est d’aboutir à un système de splitting, qui existe dans d’autres pays et consiste pour les deux conjoints à se partager le montant total de leurs pensions », subodore-t-il. En 2007, le secrétariat général du COR avait d’ailleurs produit un document de travail consistant à évaluer l’impact d’un passage du système de réversion actuel à un partage des droits entre époux. Derrière l’apparence progressiste d’une telle mesure, le COR reconnaissait que « le partage des droits est moins coûteux que la réversion pour les régimes car les assurés des deux sexes perçoivent globalement moins de prestations. Le passage de la réversion au partage des droits apparaît comme un jeu à somme négative entre les hommes et les femmes ».

Une autre piste – redoutée par les syndicats – pourrait consister à généraliser l’existence d’un plafond de revenus comme condition d’attribution pour le conjoint survivant, critère n’existant actuellement que pour le régime de base privé (lire notre article ci-contre). L’exécutif pourrait également souhaiter aligner le niveau de réversion du public et du privé. Ou fixer un âge minimal pour accéder à ce droit pour les conjoints de fonctionnaires. Dans tous les cas, les syndicats craignent que l’argument de l’harmonisation ne serve qu’à tirer l’ensemble des pensionnés vers le bas.

 

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 07:27

Cinq années d’enquête ont été nécessaires pour reconstituer les montages offshore qui ont permis au maire de Levallois-Perret et à son épouse de cacher leur pactole, aux origines douteuses, à l’administration fiscale.

Beaucoup ont ironisé sur la filouterie et les excès du maire « Les Républicains » (LR) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany, et de son épouse, Isabelle, impliqués dans d’innombrables affaires judiciaires et mis en examen à de nombreuses reprises. Le couple semblait même en jouer, ces dernières années, en s’affichant, cigare aux lèvres, dans les salons VIP et dans les magazines people, tantôt présentés comme des personnages hauts en couleur dignes des Tontons flingueurs, des Thénardier modernes ou des voleurs du théâtre de Guignol. Cette farce, fort heureusement, va bientôt prendre fin. Les époux Balkany ont été renvoyés le 6 juillet devant le tribunal correctionnel et devront alors s’expliquer, outre des faits de corruption, de la façon dont ils ont caché au fisc, depuis plusieurs dizaines d’années, une fortune de 13 millions d’euros.

Patrick et Isabelle Balkany ont dissimulé à l’administration fiscale « des revenus occultes et un patrimoine tout aussi occulte en ayant recours à des prête-noms et à des structures offshore », écrivent les juges dans leur ordonnance de renvoi. Et ce « de façon habituelle ». Le maire de Levallois aurait eu recours à des sociétés-écrans et des comptes dans des paradis fiscaux dès 1986. C’est ainsi qu’il a pu acquérir, sans jamais la déclarer, une résidence de choix sur l’île Saint-Martin, dans les Antilles. Officiellement, cette « villa Pamplemousse » est la propriété d’une société fiduciaire basée au Liechtenstein, dénommée Real Estate French West Indies. En garde à vue, Isabelle Balkany a finalement reconnu qu’elle et son mari en étaient les réels propriétaires. Il a été difficile de nier les évidences. L’assurance habitation ? Elle était réglée par les Balkany. Les voitures stationnées devant la villa ? Propriété des Balkany. Les enquêteurs ont même retrouvé dans la bibliothèque un livre dédicacé par Nicolas Sarkozy à « Patrick et Isabelle »,selon une information révélée par Libération. Ils retrouveront aussi un peignoir avec les initiales « P. B. » avec du cash dans les poches dans un riad situé dans la palmeraie de Marrakech. Cette propriété, d’une valeur de 5,8 millions d’euros d’après Mediapart, aurait aussi été achetée en 2009 par une structure panaméenne, Haydridge, avec des fonds provenant d’une autre société immatriculée au Panama, appelée Himola, mais en utilisant des comptes bancaires basés à Singapour. Derrière ces deux sociétés écrans se trouve Jean-Pierre Aubry, bras droit du maire de Levallois et directeur de la société civile immobilière Semarelp, en partie détenue par la ville. Il servait de prête-nom aux Balkany, qui avaient bien la jouissance de cette splendide résidence. Pour percer à jour ce montage financier complexe, les juges instructeurs ont lancé de nombreuses perquisitions de par le monde. On comprend mieux pourquoi cette enquête a duré plus de cinq années. L’opacité a permis aux Balkany de vivre la grande vie jusqu’à leurs 70 ans… sans jamais payer l’impôt sur la fortune. Leur pactole serait aussi constitué, selon les magistrats, d’autres fonds planqués dans les paradis fiscaux.

L’intérêt de ce procès, outre qu’il présentera enfin les Balkany comme de vulgaires délinquants, permettra de comprendre d’où vient leur fortune. Si le couple a toujours mis en avant ses héritages familiaux, l’enquête révèle d’autres sources, autrement plus compromettantes. Le riad de Marrakech aurait été en partie financé par un homme d’affaires saoudien, Mohamed bin Issa al-Jaber, au moment où ce dernier négociait avec la ville de Levallois-Perret des droits à construire pour un projet de tours jumelles. Le procès permettra aussi de faire le lien entre le pactole des Balkany et la fameuse affaire des HLM des Hauts-de-Seine, point de départ de cette enquête.

 

le guide touristique de la fraude

Les îles flottantes

Bientôt une 119e île en Polynésie française ? C’est l’idée d’une poignée de libertariens de la Silicon Valley. Créer des îles artificielles, à mi-chemin entre le mégayacht de luxe et une sorte d’Atlantide sauvée des eaux. Pour l’instant, il ne s’agit que de vidéos. Mais le projet a pris du poids depuis la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement de Polynésie française et l’institut Seasteading. Cette entité, financée par le milliardaire Peter Thiel, cofondateur de Facebook et PayPal, a chargé une start-up basée à Singapour, Blue Frontiers, de piloter le projet. Devant l’ONU, ses promoteurs vantent la création d’un pôle de recherche sur la mer. C’est un autre discours qui est mis en avant sur le site de Blue Frontiers pour séduire les investisseurs. Cette « nouvelle terre » fonctionnerait « sous son propre cadre réglementaire spécifique ». Aucun argent public ne sera demandé aux populations locales, plaident les libertariens, évitant d’esquisser le statut fiscal qu’ils imaginent pour cette zone. L’autre apôtre du projet est Patri Friedman, petit-fils de Milton Friedman, qui rêve de sortir de tout cadre étatique : « Je veux pouvoir choisir mon gouvernement comme je choisis mon téléphone portable ou mon parfum », clame ce libertarien, ex-ingénieur chez Google.

Pierre Duquesne

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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 06:54
Demande d'interdiction de la manifestation d'extrême-droite radicale à Scrignac sur le mot d'ordre "Communistes assassins": la réponse du ministre de l'intérieur COLLOMB au parlementaire communiste PIERRE LAURENT
Le calme et la retenue de ce gouvernement face aux démonstrations de haine de l'extrême-droite radicale nous surprendront toujours... 
 
Une sérénité qui contraste avec la vigueur avec laquelle certains à LREM s'en prennent aux militants des droits sociaux et démocratiques...  Mais qui sied tout à fait à un ministre de l'intérieur qui laisse les identitaires s'organiser en milices en Savoie pour repousser les migrants qui tentent de franchir les Alpes ou qui contournent lui-même les principes démocratiques et républicains les plus élémentaires au nom d'une politique de répression de l'immigration ou du mouvement social. 
 
Aucune référence dans la réponse du gouvernement au mot d'ordre de la manifestation "Communistes assassins"' et à ses visuels guerriers, ni aux menaces de mort écrites contre un militant communiste avant la manif que la préfecture et les RG connaissaient.  
 
Rien que du très banal selon eux.  
 
En Allemagne, cette même mouvance néo-nazie a pu constituer un ficher avec une liste de milliers de militants de gauche qu'il conviendrait de "traiter" en priorité en cas de contexte porteur et en Italie les agressions racistes se multiplient avec la complicité de membres du gouvernement. 
 
Le fond de l'air est quelque peu inquiétant, on va dire. 
 
 
Une situation dangereuse pour les populations
Projet de manifestation de l’extrême-droite radicale à Scrignac - Par Pierre Laurent, Sénateur Communiste de Paris  / 19 avril 2018


Question écrite n° 04550

M. Pierre Laurent attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur un projet de manifestation le 21 avril 2018 à Scrignac dans le Finistère.

Le média internet de sensibilité d’extrême-droite Breizh info indique que plusieurs groupuscules de l’extrême-droite radicale bretonne, racistes, antisémites, antirépublicains comme l’Adsav et la mouvance du réseau social néo-nazi Breiz Atao - projetaient de faire une manifestation le 21 avril 2018 sous le mot d’ordre de « communistes assassins ». Ces groupes comptent dans leurs rangs des antidémocrates et des extrémistes violents qui ont déjà sévi à plusieurs reprises en envahissant un centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) et en s’attaquant à des militants et citoyens de gauche. Ils profèrent, pour certains d’entre eux, des menaces de mort sur les réseaux sociaux et cultivent la nostalgie du nazisme.

Il y a un risque réel que ces personnes s’attaquent à des biens et à des personnes à Scrignac, explicitement désignée par eux comme une commune indigne car encore sous influence communiste depuis la Résistance. Cela peut donc générer des troubles graves à l’ordre public.

Il est à noter que le 24 novembre 2016 dans des conditions similaires un arrêté d’interdiction contre une manifestation de Génération identitaire a été pris par la préfecture de police afin d’éviter des affrontements violents et des troubles à l’ordre public.

Il lui demande ce qu’il compte faire face à cette situation.

Réponse de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur

Publiée le : 19/07/2018, page 3628


Texte de la réponse :

Le 2 avril 2018, à Scrignac (29 - zone gendarmerie nationale), des dégradations sont constatées sur la chapelle Koat-Keo et la tombe de l’abbé Perrot, tué en 1943. Ces dégradations ont été attribuées par les militants nationalistes bretons à la mouvance antifasciste (les inscriptions « KENAVO LES FACHOS », « FTP » ou encore « Menez Are Enep Feskour : Les monts d’Arrée contre les fascistes » ont été découvertes sur les lieux). En réaction, un appel au rassemblement pour le 21 avril 2018 a alors été diffusé en sources ouvertes et sur les réseaux sociaux par la mouvance nationaliste bretonne. Ce rassemblement, prévu au sein du cimetière de Scrignac, n’a pas fait l’objet d’une déclaration auprès de la préfecture. Aucune menace particulière n’a été détectée par la gendarmerie en amont de cet événement.

Le 21 avril 2018, de 18h à 20h30, environ 80 militants nationalistes bretons, des mouvements Adsav et Yaouankiz Breizh, se sont recueillis sur la tombe de l’abbé Perrot. À cette occasion, la compagnie de gendarmerie départementale de Châteaulin a déployé un dispositif de sécurité publique d’une dizaine de gendarmes. L’événement n’a engendré aucun trouble à l’ordre public. Les manifestations organisées par la mouvance nationaliste bretonne rassemblent généralement quelques dizaines de personnes. La gendarmerie met en place un dispositif de prévention afin d’anticiper d’éventuels troubles à l’ordre public. Les militants les plus impliqués sont identifiés et font l’objet d’un suivi. Lors de ces manifestations, si des infractions sont constatées, des enquêtes sont systématiquement diligentées par les unités de gendarmerie territorialement compétentes.

Ainsi, cinq militants ont été interpellés puis placés en garde à vue le 23 novembre 2016 pour avoir tenté de s’introduire dans un centre d’accueil et d’orientation pour migrants mineurs à Arzon (56) en essayant de forcer, à deux reprises, le dispositif mis en place par les gendarmes. Le 16 mars 2017, deux d’entre eux ont été condamnés par le tribunal de grande instance de Vannes pour des dégradations et violences sur dépositaire de l’autorité publique.
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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 06:05
Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d'Armor

Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d'Armor

Le 13 mars dernier, juste avant la mobilisation de l'ensemble des acteurs de la prise en charge, de l'accueil et de l'accompagnement des personnes âgées du 15 mars, Christine Prunaud s'est fait le porte-voix de l'inquiétude et de la souffrance des personnels et acteurs du secteur auprès de la ministre de la santé Agnès Buzyn:

"Les professionnels m'ont de nouveau alertée sur les difficultés qu'ils rencontrent, soit dans le cadre des services d'aide à domicile, soit d'établissement d'accueil des personnes âgées. Je partage leurs légitimes inquiétudes. En effet, le secteur médico-social se dégrade de jour en jour, la situation est catastrophique pour les personnels et pour les bénéficiaires.  

Les structures d'aide à domicile dénoncent la maltraitance induite par les contraintes budgétaires qui fragilisent les structures, la dégradation des conditions de travail, le recul du pouvoir d'achat des salariés et l'accroissement du nombre de travailleurs pauvres dans le champ des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.  

Ainsi, l'Union Nationale des services d'Aide à domicile demande 160 000 emplois en plus pour la seule activité de l'aide aux personnes d'ici 2022. 

Au sein des EHPAD, les syndicats demandent au gouvernement des effectifs supplémentaires (200 000 postes) et les moyens financiers nécessaires à la prise en charge dans de bonnes conditions des personnes âgées accueillies et soignées. Précisément, ils souhaitent l'application d'un ratio d'un agent par résident conformément au Plan solidarité grand âge de 2006, le retrait de la nouvelle réforme de la tarification jugée unique, ainsi que l'amélioration de leurs rémunérations et de leurs carrières.  

Pour finir, la question primordiale des manques de financement doit obtenir des réponses pertinentes et rapides en vue de l'urgence de la situation: en redonnant à l'hôpital public les moyens nécessaires, en mettant en place un financement solidaire à 100% de la Sécurité Sociale, avec le remboursement de la dette de l'Etat APA-PCH pour les départements, le rétablissement de l'ISF ou encore la suppression des restes à charge pour les familles, du CICE et de la CSG... 

Comment continuer d'accepter que nos personnes âgées vivent et vieillissent dans de telles conditions? Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les conditions de travail intolérables des personnels soignants et de l'aide à domicile. Il est urgent de construire une véritable politique de prise en charge de la dépendance, à hauteur des besoins. 

Je suis certaine que dans le cadre de vos fonctions, vous saurez apporter des réponses à la hauteur de l'urgence et de la gravité de la situation. Je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de les plus cordiales salutations". 

Christine Prunaud, Sénatrice des Côtes d'Armor 

 

La réponse de Agnès Buzyn, que nous mettons ici en lien PDF, est un mélange de satisfecits sur sa volonté de dialogue et de concertation, de constats généraux qui ne mangent pas de pain ("je suis bien consciente des conditions d'exercice des personnels en établissements et services pour personnes âgées en perte d'autonomie, et tout particulièrement au sein des EHPAD, qui présentent des contraintes particulières. L'aide aux personnes les plus fragile est un métier difficile dont la valorisation sociale n'est pas toujours à la hauteur de l'engagement et du professionnalisme de ceux - majoritairement celles- qui l'exercent) surtout quand on ne les rattache pas à des choix politiques et financiers, et de justification d'une politique qui a ajouté devant la colère des professionnels 50 millions au budget prévu pour les EHPAD et l'aide à domicile (110 millions d'€): on est très loin de pouvoir satisfaire les besoins du secteur avec cet investissement public.   

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