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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:54
Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

France-Turquie. Macron 0 - Erdogan 1
VENDREDI, 5 JANVIER, 2018
L'HUMANITE

Le président français avait cru pouvoir redorer son blason international en recevant l’homme fort d’Ankara que peut bien peu dans le monde souhaitent rencontrer. Il en a été pour ses frais. Le président turc n’a pratiquement rien laché.

Ce vendredi matin, l’édition papier de » l’Humanité » titrait sur « la diplomatie de Macron à l’épreuve d’Erdogan » pour présenter la rencontre officielle entre les deux hommes. Epreuve il y a eu. Terrible pour le président de la république française qui a peut-être cru qu’il pouvait apprendre à un singe à faire des grimaces. Fidèle à lui-même, Recep Tayyip Erdogan, avec son allure dégingandée de sultan en vadrouille, a compris que son homologue français avait besoin de lui sur pratiquement tous les dossiers. Alors, il n’a fait aucune concession, prenant même son hôte à son propre jeu lorsque celui-ci a évoqué des dossiers et des noms de journalistes et d’intellectuels incarcérés. « En Turquie aussi la justice est indépendante », a répondu le président turc en réprimant un sourire. « Je soumettrai ces dossiers au ministre de la justice qui me dira ce qu’il en est pour chaque cas ». Après cela, Emmanuel Macron pouvait bien appeler Erdogan à « respecter l'Etat de droit », l’homme fort de Turquie n’en avait cure. La preuve par sa façon de répondre, cinglante, à un journaliste français qui l’interrogeait sur les facilités données par la Turquie aux djihadistes voire à l’envoi d’armes en Syrie: « Vous parlez comme un adepte de Fethullah Gülen », du nom de la confrérie qui l’avait aidé à accéder au pouvoir et devenue, depuis, son pire ennemie au même titre que tous ceux qui ne partagent pas ses visions politiques.
Emmanuel Macron aura pourtant tout tenté pour se gagner les bonnes grâces de Recep Tayyip Erdogan. Au point d’en être gênant tant le président français semblait précéder les désirs de son invité. Concernant la « lutte contre le terrorisme », par exemple, « notre coopération est exemplaire », a insisté Emmanuel Macron. « Les accords passés fonctionnent très bien ». Et de citer immédiatement comme « organisation terroriste », non pas Daech (l’Etat islamique) mais… le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et « en particulier ses formes de financement ». A la veille de la commémoration de l’assassinat il y a cinq ans de trois militantes kurdes à Paris, l’implication avérée des services de renseignements turcs, le MIT, et les révélations faites le matin même par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) du nom de l’organisateur de cet assassinat, Macron a perdu tout sens de l’honneur de la France. Comme il semble oublier que les populations Yézidis au Sinjar (Irak), promis à un génocide par Daech, n’ont du leur salut qu’à l’intervention des guérilleros du PKK et des unités de défense (YPG, kurdes de Syrie).
En fait, le dialogue s’est apparenté à un dialogue de sourds. Qu’il s’agisse de l’Union européenne - où Macron a du admettre que « les évolutions récentes et les choix ne permettent aucune avancée du processus engagé », alors que Erdogan lâchait que la Turquie était « fatiguée » d'attendre une éventuelle adhésion à l'Union européenne, ajoutant: « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ». Ce qui a le mérite de la clarté.
Macron, voyant que la France demeurait la seule porte d’entrée pour la Turquie dans le monde occidental (les relations d’Ankara sont exécrables avec la plupart des chancelleries, de Washington à Berlin en passant par Londres), pensait que son jeu allait payer, notamment pour prendre une place à la table des grands dans le dossier syrien en insistant sur l’importance des rencontres d’Astana « qui ont permis l’installation de zones de désescalades », soucieux de s’inscrire « dans le processus de Sotchi », mais argumentant sur la décision souveraine des Syriens dans le respect de toutes ses composantes. Mais, là encore, il s’est fait bousculer par Erdogan qui a redit qu’il était hors de question pour la Turquie de laisser un groupe terroriste gagner la Méditerranée. Dans son langage cela signifie empêcher les YPG d’avancer plus à l’ouest pour opérer une jonction entre les trois cantons du Roja, les YPG étant pour lui une émanation du PKK terroriste!
Finalement, le seul point sur lequel a pu s’appuyer Emmanuel Macron est la signature entre Paris et Ankara d’un contrat qui porte sur l'étude de définition du système de défense aérienne et antimissile longue portée Loramids (Long-Range Air and Missile Defense System, ndlr) entre les sociétés turques Aselsan et Roketsan et franco-italienne Eurosam et le gouvernement turc. Bilan assez maigre. La diplomatie de Macron a été vraiment mise à rude épreuve par Erdogan.
Grand reporter
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:31
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 

Présence importante du PCF aujourd’hui à la très belle manif à Paris, 5 ans après l’assassinat, le 9 janvier 2013, de nos trois camarades kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez qui ont été froidement exécutées dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan à Paris. L'enquête menacée en France a révélé l'implication des services secrets turcs. Malgré les promesses faites par le ministre de l'intérieur de l'époque, Manuel Valls, les autorités n'ont jamais cherché à faire la lumière sur ce triple assassinat, refusant de lever le secret défense. L'enquête n'a donc pas pu avancer et a été classé. Par ailleurs, les familles des victimes et les représentants de la communauté kurde n'ont jamais été reçus par les autorités françaises. 

Nous exigeons que la justice soit rendue et réaffirmons toute notre solidarité avec le combat du peuple kurde, pour sa liberté, la paix et l’avènement d’une société féministe et de justice sociale.

Après la prise de parole de Pierre Laurent exprimant la solidarité des Communistes envers les kurdes, leurs luttes et l’urgence de faire éclater la vérité sur les meurtres de Sakine, Rojbin et Leyla, Laurence Cohen a apporté à mon tour tout notre soutien aux femmes kurdes. Leur combat pour l’émancipation des femmes est exemplaire car elles le livrent en même temps que celui contre Daesh. Espoir très fort pour tous les progressistes. Solidarité avec nos sœurs de combats, les militantes kurdes de Syrie, d’Irak et de Turquie.

Didier Le Rest, maire adjoint communiste du 10e arrondissement où ont été exécutés les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez a également pris la parole. 

Et voici en PDF la lettre que Patrick Le Hyaric, député européen communiste, directeur de l'Humanité, a envoyé à Emmanuel Macron par rapport à l'assassinat de Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 

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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 07:01
Turquie: Erdogan renoue avec un symbole de la dictature

Dans les années 1980, l'obligation faite aux prisonniers politiques de la junte militaire turque de porter un uniforme avait entraîné des vagues de grève de la faim, symbolisant la dérive de la dictature de Kenan Evren. Le 24 décembre 2017, veille de Noël, Recep Taypi Erdogan a lui aussi fait publier un décret prévoyant d'imposer des uniformes spécifiques à certains prisonniers: marron pour ceux accusés d'avoir participé à la tentative de putsch de juillet 2016, gris pour ceux qui le sont de lien avec le terrorisme. Selon Reporters sans Frontières (RSF), "plus de 58 000 détenus" dont des "dizaine de journalistes" sont également concernés par cette mesure qui devrait entrer en application d'ici un mois. Tous les prisonniers devront porter l'uniforme lors de leurs apparitions publiques, "au mépris de la présomption d'innocence" s'indigne encore RSF qui demande l'abrogation d'un décret participant "à la dérive de la justice turque vers un instrument de vengeance politique".  

L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2017

Erdogan à Paris : Une provocation et un outrage (PCF)

L'annonce de la visite du président turc Erdogan à Paris, le 5 janvier 2018, tonne comme une provocation. Elle se déroulera la veille d'une manifestation commémorant l'assassinat de trois militantes kurdes il y a cinq ans. La justice française avait pourtant mis en évidence l'implication des services secrets turcs dans ce crime.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan constitue un nouvel outrage à l'égard des familles des victimes et des Kurdes qui subissent une impitoyable guerre meurtrière. Les parlementaires et les maires du HDP ont vu leur immunité levée, ont été destitués et croupissent désormais en prison après avoir été condamnés dans des procès iniques.

La Turquie d’Erdogan est dans une situation de chaos, dans une fuite répressive permanente.
L'opposition est réduite au silence tandis que des purges gigantesques peuplent les prisons. La politique est devenue un champ de vengeance dans lequel des milices islamo-fascistes jouissent de l'impunité pour tuer et lyncher ceux qui protestent encore.

Comment dans ces circonstances affirmer que la Turquie demeure "un partenaire essentiel" ? Le devoir de la France est d'être aux côtés des défenseurs des droits humains en Turquie.

Le PCF condamne la visite du dictateur R.T. Erdogan et exprime sa solidarité totale avec tous les démocrates de Turquie. Il appelle à faire de la manifestation du 6 janvier 2018 à Paris un succès pour que Vérité et Justice soient rendues à Leïla, Sakine et Rojbin.

Parti communiste français,

Le 2 janvier 2018.

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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 06:40
Droits des migrants: la France est hors la loi! (par Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2018)

En ce qui concerne les droits des migrants en France, 2018 commence comme a fini 2017: Emmanuel Macron et son ministre de l'intérieur Gérard Collomb, peaufinent leur arsenal de mesures durcissant de plus en plus leur politique migratoire, au point de risquer la condamnation de la France - une de plus! - par la Cour européenne des droits de l'homme. La honte! 

Rappel de quelques données utiles à qui entend contribuer à faire de ce combat de civilisation l'une des priorités de l'année qui s'ouvre. 

2017. Non contentes de détruire délibérément les effets des migrants des camps de fortune (tentes, couvertures...), voire de les priver d'eau et de toilettes, ou bien de les refouler avant même qu'ils ne puissent déposer une demande d'asile, ou encore d'instaurer un "délit de solidarité" à l'encontre des bénévoles portant secours à des réfugiés "illégaux", les autorités ont multiplié, courant décembre, les "circulaires" ministérielles et les instructions aux préfets destinées à accélérer à tout prix les expulsions. Le dernier de ces textes prévoit l'envoi d'"équipes mobiles" d'agents dans les centres d'hébergement d'urgence pour y organiser le tri des résidents afin d'en expulser les personnes sans papiers. Un comble lorsqu'on sait que l'accueil dans ces centres repose précisément sur le principe de l'inconditionnalité!

Le seul résultat à attendre d'un tel dispositif serait que les personnes sans papiers, se sentant menacées dans ces lieux, se résolvent à reconstituer des campements sauvages... 

2018. Les fêtes passées. L'offensive reprend de plus belle. Certes, le 11 janvier prochain, le gouvernement organise une réunion de "concertation". C'est qu'il se voit contraint de tenter d'enrayer l'impressionnante mobilisation du mouvement associatif au grand complet contre les régressions programmées. 

Il ne s'attendait pas davantage aux effets sur de larges secteurs de l'opinion publique des vives critiques formulées par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, à l'encontre des violations des droits fondamentaux des migrants que représentent les mesures décidées ou en préparation. 

Il se voit obligé de répondre au malaise qui s'exprime au sein même de l'actuelle majorité contre cette dérive indigne.

Cela étant, le projet de loi "immigration et asile" si redouté n'est nullement remis en question.  

Attendu au premier trimestre de cette année, il prévoit notamment le doublement de la durée de rétention des étrangers en attente d'expulsion; l'accélération des "réconductions", en particulier des "migrants économiques"; la réduction des possibilités pour les déboutés du droit d'asile de déposer un recours; et même le refus de l'asile aux demandeurs pouvant être "réadmis dans un pays tiers sûr". On aura une idée de ce que l'exécutif entend par "pays sûr" en se souvenant que le président de la République envisageait l'été dernier d'installer des "hots-pots" (centres d'examen des demandes d'asile) ... en Libye, un pays si "sûr" qu'on y a découvert récemment des marchés aux esclaves! Inconcevable! 

Telle est la situation en ce début 2018. Une action à poursuivre et un débat à relancer en cette année marquée par le 65e anniversaire de l'entrée en vigueur de la convention européenne des droits de l'homme, dont notre pays est signataire.     

Droits des migrants: la France est hors la loi! (par Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2018)
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 11:39

La situation marocaine est remarquablement expliquée par Rosa Moussaoui. 

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 09:20
Laurent Baudry, de l'association La Minoterie/À pleine voix, Daniel Fleury, journaliste du web magazine Kedistan et Naz Öke, journaliste fondatrice de Kedistan.

Laurent Baudry, de l'association La Minoterie/À pleine voix, Daniel Fleury, journaliste du web magazine Kedistan et Naz Öke, journaliste fondatrice de Kedistan.

Les toiles originales de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de 28 ans emprisonnée en Turquie, sont exposées à partir de ce week-end à Traon-Nevez, au Dourduff-en-Mer. C'est la première date d'une tournée internationale de ces oeuvres fortes et sans filtre, témoignage de la souffrance et de la résistance du peuple kurde. Expo, débats, et projections jusqu'au 21 janvier. 

L'exposition « Les yeux grands ouverts » est co-organisée dans le pays de Morlaix par le Plourinois Laurent Baudry, de l'association La Minoterie/À pleine voix (lire ci-dessous) et Naz Öke et Daniel Fleury, journalistes à Kedistan, un site d'information basé à Angers qui traite de la Turquie et du Moyen-Orient. C'est en 2016, à l'occasion du Festival de cinéma de Douarnenez, qu'ils se sont tous les trois rencontrés, et qu'est ainsi né le projet.

« Invitée absente » du festival de cinéma de Douarnenez


Zehra Dogan, fondatrice de l'agence féministe Jinha (qui signifie « femme et information »), militante citoyenne qui se bat pour retrouver ses racines et sa culture kurde, était alors l'invitée du festival. Finalement, la jeune femme y sera « l'invitée d'honneur absente », car incarcérée le 21 juillet 2016 dans son pays, la Turquie, à cause de la publication d'un dessin et de la photo d'une enfant qui déplorait par quelques mots sur une feuille blanche : « On tire sur nous, laissez-nous retourner à l'école ».

Des toiles fortes et audacieuses


Elle passe alors 141 jours de détention provisoire dans la prison des femmes du village de Mardin. Une incarcération pendant laquelle les geôliers autorisent Zehra, diplômée des Beaux-Arts, à s'exprimer par la peinture. Elle se lance alors dans toute une série de portraits sur les femmes en milieu carcéral, des peintures audacieuses de corps très dénudés, qui échappent au filtre de la censure et donneront lieu à une première exposition, sobrement intitulée « 141 », dans un supermarché désaffecté d'une petite ville turque. La journaliste Naz Öke se prend d'affection pour la jeune femme et son combat pour la culture kurde, touchée par « la tendresse énorme qui découle de ses personnages ».

 

 Elle se rapproche de Laurence Loutre-Barbier, une éditrice lyonnaise de livres d'arts pour concevoir bénévolement un livre sur Zehra, et une exposition itinérante et internationale de ses oeuvres.

Deux ans, 9 mois et 22 jours


Sa peine effectuée, Zehra Dogan est temporairement libre, et se cache à Istanbul en attendant sa condamnation définitive. Une période prolifique pendant laquelle elle peint énormément pour parler des massacres auxquels elle assiste. Laurence Loutre-Barbier en profite pour se rendre en Turquie et parvient à exfiltrer illégalement, cachées dans un rouleau, une cinquantaine de ses toiles ainsi que les textes rédigés par la jeune Kurde, pour les ramener en France. Le 12 juin 2017, le jour même où Naz Öke travaillait à photographier en studio les toiles pour le livre, elle apprend que Zerah Dogan, condamnée à deux ans, 9 mois et 22 jours d'emprisonnement, vient d'être arrêtée. Dans la prison de haute sécurité de Diyarbakir, plus question de loisirs. Zehra réalise alors que toutes les solutions alternatives pour dessiner sont sous sa main. Elle continue de peindre, en cachette, sur des journaux ou papiers d'emballage, en utilisant du bout des doigts le jaune du curcuma, le rouge du sang des femmes... La plupart des dessins sont détruits par ses gardiens mais elle parvient à correspondre avec Naz Öke dont elle reçoit parfois les lettres.

Vente aux enchères des toiles


En prison, elle poursuit son combat par des lectures, débats avec ses codétenues dont elle rédige les récits de vie. Témoignage de ces leçons d'existence, les toiles de Zehra présentées à Traon-Nevez s'exposeront ensuite à Paris, Londres et New York. Des reproductions seront vendues aux enchères le dimanche 21 janvier, au profit des enfants de prisonniers et des familles dont les villes ont été rasées. Laurent Baudry lance d'ailleurs un appel aux artistes locaux qui voudraient eux aussi mettre leurs créations aux enchères. 

Renseignements 
Contact et programme complet des rencontres sur kedistan.fr
 

Zehra Dogan. Les yeux grands ouverts (Le Télégramme, Morlaix, Sophie Guillerm, 5 janvier 2017)
Zehra Dogan. Les yeux grands ouverts (Le Télégramme, Morlaix, Sophie Guillerm, 5 janvier 2017)
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 09:09
3 ciné-débats sur Le Jeune Karl Marx de Raoul Peck avec Jean-Michel Galano dans les Côtes d'Armor: 1er, 2, 3 février à Lannion, Saint-Brieuc, Dinan
Jean-Michel Galano, professeur agrégé de philosophie, spécialiste de la pensée de Karl Marx

Jean-Michel Galano, professeur agrégé de philosophie, spécialiste de la pensée de Karl Marx

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:56
100 000 emplois d'intérimaire en plus l'année dernière, et un bilan du CICE de 45 milliards d'euros accordés aux entreprises, avec un coût global de l'emploi conservé ou créé à 225 000€

Dans l'Humanité du jeudi 4 janvier, on peut lire, sur les bases des notes de l'INSEE et de la banque de France, un état des lieux de la situation de l'emploi en France et des effets des politiques économiques. 

Le bilan est plus que révélateur: 

Entre 2012 et 2017, les bénéfices du CAC 40 ont été multipliés par deux et les dividendes ont augmenté de 50%. Pour autant, sur la même période, le nombre de chômeurs catégories A, B et C seulement a augmenté d'un million de personnes, passant de 4,7 millions à 5,7 millions de femmes et d'hommes. 

Le CICE voulu par Hollande, Valls, Macron pour complaire à leurs amis de la finance et du patronat, s'est traduit par 45 milliards d'euros versés aux entreprises, avec un bilan de 225 000€ accordés pour un emploi conservé ou créé. C'est complètement dément au regard de la justification prétendue du dispositif d"exonération de charges: en réalité, il s'agissait de justifier une augmentation de la profitabilité des entreprises pour les actionnaires ou les patrons et une baisse drastique de la dépense publique et sociale, selon un credo néo-libéral assumé. 

La part de l'emploi intérimaire dans l'emploi général augmente fortement: 100 000 de plus en an l'année dernière. On retrouve les niveaux d'avant la crise financière de 2008.

En 2018, la suppression des emplois aidés selon l'OFCE va causer 63 000 destructions d'emplois.      

100 000 emplois d'intérimaire en plus l'année dernière, et un bilan du CICE de 45 milliards d'euros accordés aux entreprises, avec un coût global de l'emploi conservé ou créé à 225 000€
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:28
Christophe Ramaux, économiste attérré, maître de conférence

Christophe Ramaux, économiste attérré, maître de conférence

Entretien de l'Humanité (Audrey Paillasse) avec Christophe Ramaux - jeudi 4 janvier 2018

Le gouvernement préfère pointer les autres du doigt plutôt que de réfléchir à une politique macroéconomique efficace pour enrayer le chômage. 

Emmanuel Macron promet une nouvelle baisse des charges pour les entreprises. Quel effet cette baisse va t-elle avoir sur l'emploi? 

Ce n'est pas une bonne stratégie. Les études montrent que les allègements généraux sur les bas salaires améliorent peu la compétitivité, puisque cela bénéficie massivement à des entreprises qui ne sont pas exportatrices. On crée des effets d'aubaine, c'est-à-dire des sommes dont les entreprises n'ont pas besoin pour maintenir ou créer de l'emploi. Elles pourront donc augmenter les dividendes, les hautes rémunérations des cadres dirigeants mais cela ne bénéficiera absolument pas à l'emploi. Le gouvernement s'inscrit dans une logique de déflation interne, de course à la compétitivité par l'abaissement des coûts salariaux. A l'échelle européenne, tous les pays se livrent à ce genre de politique; c'est une spirale par le bas qui nous entraîne. 

Qu'est-ce que vous proposer de faire alors?  

Il faudrait lancer un vaste plan de relance en France et dans l'Union européenne pour le logement, la transition énergétique, la santé, l'éducation, etc. Il y a d'immenses besoins sociaux, et de fortes inégalités contre lesquelles il faut lutter. L'Union européenne fait trop d'austérité, alors qu'elle a un excédent commercial! Elle a les moyens de mettre en place une autre politique économique.

Pour faire baisser le chômage, le gouvernement entend durcir le contrôle des chômeurs. Qu'en pensez-vous? 

C'est proprement indécent. On accuse les chômeurs en laissant entendre que, s'il y a du chômage, c'est parce qu'ils le veulent bien. La mesure est mesquine car l'écrasante majorité d'entre eux n'aspire qu'à une seule chose: travailler; pour des raisons financières, mais aussi de dignité. Le chômage résulte d'une responsabilité sociale, de la responsabilité gouvernementale. Il est inconvenant de transférer le poids de cette faute sur les épaules des chômeurs. Nous avons un problème de création d'emplois qui dépend de la politique macroéconomique du gouvernement. Il faut insister là-dessus: le gouvernement est dans la diversion permanente; il détourne l'attention des vrais enjeux. Par ailleurs, ces mesures vont inciter les chômeurs à accepter des emplois précaires. Le projet libéral du gouvernement repose sur l'idée qu'on ne peut plus offrir le plein-emploi, et que la seule chose que la société puisse viser, c'est de contraindre les gens à accepter des miettes de travail. Et en effet, sur le papier, si vous obligez tous les chômeurs à travailler deux ou trois heures par semaine, vous n'avez plus de chômage.

Un important volet des réformes concerne la formation professionnelle. Comment faire pour qu'elle soit un outil efficace pour lutter contre le chômage?   

Il faudrait commencer par réhabiliter l'enseignement professionnel, qui a mauvaise réputation. En France, nous vivons dans un système élitiste qui n'a rien de républicain, où l'on a tendance à dévaloriser, voire mépriser les filières professionnelles, les métiers manuels, et personne ne peut s'en satisfaire. C'est aussi lié à des modes de gestion des entreprises, qui sont marquées par la financiarisation, et par un management trop souvent autocrate, où le travailleur n'est pas respecté ni valorisé. On est dans une spirale négative, où l'entreprise ne rend pas le travail manuel attrayant. Pour cela au moins, on pourrait prendre exemple sur l'Allemagne: quand un enfant obtient un poste d'ouvrier, sa famille le fête, elle en est fière. Ce n'est pas le cas en France.  

Il y a donc bien un problème de formation, mais gare à laisser entendre que ce soit la priorité. Finalement, on nous chante toujours la même petite musique: s'il y a du chômage, ce n'est pas en raison du manque d'emplois mais parce que les chômeurs ne seraient pas assez formés. Encore une fois, on fait de la diversion en prenant d'autres cibles, et cela ne fait que déstabiliser le tissu social.  

 

 

"Le gouvernement est dans la diversion permanente, il détourne l'attention des vrais enjeux" (Christophe Ramaux, économiste atterré et maître de conférences, l'Humanité du 4 janvier 2017)
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:10
Auxiliaire de vie, un métier qui contribue au maintien à domicile de millions de personnes âgées et handicapées et qui est très peu considéré pourtant (L'Humanité, 4 janvier 2018)

Sylvie Ducatteau, dans l'Humanité du jeudi 4 janvier 2018,  suit Marina (un pseudonyme), une auxiliaire de vie de 50 ans qui accompagne des personnes âgées ou handicapées pour les toilettes, l'accompagnement du lever et du coucher, l'aide à la prise des repas. Marina est salariée à mi-temps en région parisienne: pourtant, elle quitte son domicile chaque jour à 7h50 pour ne rentrer le soir qu'à 20h. Elle se déplace en bus et en RER et travaille pour une entreprise privée d'aide à domicile. Malgré son goût d'être avec les personnes âgées pour leur rendre service, elle parle d'un "travail d'esclave" avec une entreprise qui a mis en place un système de contrôle du temps de présence des auxiliaires de vie chez ses clients via un flash code imprimé à valider sur le livret personnel de chaque client. On pointe comme à l'usine pour fliquer les Auxiliaires de vie. Le temps de transport entre "chaque client" n'est pas rémunéré. 

" Des Marina, il en existe des milliers.

72% des aides à domicile sont employées à temps partiel.

Le ministère du Travail recense 536 000 aides à domicile ou aides ménagères. Ces salariées, essentiellement des femmes, occupent le bas de l'échelle salariale. Elles perçoivent le plus faible salaire médian de toutes les professions. Elles sont souvent âgées et ont connu des parcours professionnel heurtés par la précarité et le chômage. C'est le cas de Marina, qui depuis deux décennies cumule les CDD à l'hôpital, dans les EHPAD, dans les crèches même. Les stages, les formations. 800 euros, c'est ce qu'elle gagne chaque mois. Soit un peu plus de 9 euros brut de l'heure". (Sylvie Ducatteau, l'Humanité du jeudi 4 janvier).    

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