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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 15:33

Si la réforme de la Deutsche Bahn, élevée au rang de modèle par les partisans de la casse de la SNCF, n’a pu déboucher sur sa privatisation et son introduction en bourse en raison du krach financier de 2008, elle a induit des dysfonctionnements très graves sur le réseau.

Grève historique à la Deutsche Bahn en 2015 pour l’emploi et le service public

Grève historique à la Deutsche Bahn en 2015 pour l’emploi et le service public

En Europe, alors que les privatisations thatchéro-blairistes font l’effet d’un repoussoir, la Deutsche Bahn, la société des chemins de fer allemands, aurait, elle, réussi sa réforme. Ce qui lui permettrait d’afficher des résultats « exemplaires » en termes d’utilisation du rail. Pour réussir la modernisation de la SNCF, il n’y aurait donc rien de plus simple : s’aligner sur elle, expliquent Emmanuel Macron et le gouvernement français. La ministre des Transports, Élisabeth Borne, le revendiquait le 15 mars dernier sur France Info : « Nous voulons une entreprise plus unifiée et réactive, où les managers ont des capacités de décision. Le modèle allemand avec une structure mieux intégrée répond bien à cet objectif. »

L’affirmation vaut ainsi que l’on s’intéresse à un vrai bilan de la réforme de la Deutsche Bahn. Et le moins qu’on puisse dire est que sa présentation par les autorités françaises heurte de plein fouet l’expérience des usagers allemands, confrontés à une multiplication des dysfonctionnements. La réalité qu’ils ont vécu, qu’ils vivent, c’est une dégradation notoire du service, avec un prix des billets en constante augmentation et parmi les plus élevés du continent, des retards chroniques – ils touchent selon plusieurs études concordantes près du tiers des trains de grandes lignes – ou même de ces accidents meurtriers qui ont bien trop souvent défrayé la chronique durant les deux dernières décennies outre-Rhin.

La réforme du rail de 1994 servit en fait de cadre à la fusion des deux ex-sociétés publiques des chemins de fer est et ouest-allemandes après la réunification. Elle visa à banaliser l’entreprise et le statut de ses personnels pour la transformer en une société par actions comme les autres. Mais la privatisation engagée il y a vingt-quatre ans, n’a jamais pu être menée à terme. L’État fédéral contrôle toujours aujourd’hui 100 % de la Deutsche Bahn (DB) et de ses filiales intégrées, DB Netz (réseau ferré), DB Cargo (marchandises), DB Regio (transport régional), etc.

Absence d’investissements sur le réseau secondaire

Le fiasco d’une libéralisation complète tient à deux raisons essentielles : la date choisie pour l’introduction en Bourse du géant, en 2008, a malencontreusement coïncidé avec le krach financier. « Les conditions ne sont pas propices à la vente de titres de l’entreprise sur les marchés », avait dû reconnaître, penaud, Peer Steinbrück, le ministre des Finances (SPD) du gouvernement Merkel I de grande coalition. L’autre raison de cet échec tient aux luttes des cheminots, en opposition frontale avec la recherche de l’optimisation des profits devenue règle d’or dans la gestion de la DB SA.

Les dégâts n’en sont pas moins déjà considérables, relèvent les syndicalistes et les usagers de l’Alliance chemin de fer pour tous (Bündnis Bahn für alle), ce regroupement d’organisations et d’associations de citoyens qui s’est mobilisé pour la défense du service public. « Le modèle allemand est une véritable imposture », expliquent-ils en substance en listant la multiplication de dysfonctionnements.

L’été dernier à Rastatt, la ligne Nord/Sud, la plus importante du pays, qui relie Karlsruhe à Bâle, a dû être coupée de juillet à octobre. En cause : l’effondrement partiel d’un tunnel en construction sous les voies. Le chantier doit permettre de délester un trafic parmi les plus denses d’Europe à cet endroit. Pour aller au plus vite et optimiser la profitabilité de l’investissement, on a sous-estimé volontairement de multiples paramètres de sécurité, en creusant directement sous les voies existantes. Résultat : les rails se sont enfoncés subitement de quelque 80 centimètres. La fermeture au trafic après qu’un accident a été évité de justesse a provoqué une immense pagaille. Un service de remplacement par bus a dû être mis en place pour les passagers des ICE (les TGV locaux). Quant aux très nombreux trains de fret qui passent par là, ils ont dû emprunter de longs itinéraires de substitution ou transférer sur des camions les containers ,empilés sur leurs wagons.

L’incident de Rastatt a mis ainsi en lumière l’absence d’investissements sur un réseau secondaire vétuste. Le maintien de nombreuses portions de lignes à voie unique, en dépit souvent d’une fréquentation importante compte tenu de la densité de la population, y a fait grimper les risques pour les passagers. Jusqu’à des accidents graves. En février 2016, deux trains affrétés par la compagnie privée Meridian se percutaient de plein fouet entre Rosenheim et Holzkirchen, en Bavière. Bilan : 10 morts et plus de 80 blessés. « Erreur humaine », conclura l’enquête après une intense controverse sur l’absence d’équipements, il est vrai très coûteux, permettant d’enclencher automatiquement un arrêt d’urgence en cas d’engagement de deux convois sur la ligne au même moment. De multiples études établissent une recrudescence des accidents ou quasi-accidents depuis le lancement de la réforme. Car si elle n’a pu entrer en Bourse en 2008 la DB, devenue entre-temps un des leaders mondiaux de la logistique et des transports, présent dans plus de 130 pays, n’en adopte pas moins des principes de gestion soumis à la rentabilité financière.

Jusqu’à l’absurde. En août 2013, les trains n’arrivent plus en gare de Mayence, capitale du Land de Rhénanie-Palatinat. La raison : en cette période de congés d’été, il n’y a plus suffisamment de conducteurs de locomotive, de personnels de bord et dans la gare pour assurer l’arrivée des trains. La circulation de plusieurs dizaines d’entre eux doit être tout simplement annulée. La direction de la DB répète comme un leitmotiv depuis 1994 qu’il faut « rendre le chemin de fer en capacité d’affronter les marchés financiers ». En conséquence de quoi quelque 150 000 emplois et l’ex-statut des cheminots ont été rayés de la carte.

A Berlin, ces nouvelles logiques entrepreneuriales vont plonger le RER local (la S-Bahn) dans le chaos entre 2009 et 2012. Dans sa course à la rentabilité, la filiale de la DB a licencié 900 de ses 3 800 salariés et engagé des économies drastiques en matière de maintenance. Les intervalles entre deux visites de révision à l’atelier s’étendent démesurément. Après un déraillement dans la station Südkreuz (37 blessés), une défaillance des freins est relevée par l’enquête post-accident. Quelque temps plus tard, un organisme de sûreté tire la sonnette d’alarme. Il pointe « des problèmes majeurs sur les cylindres de freins et les axes » de la majorité des voitures. Des centaines de trains doivent être annulés, remplacés au mieux par des services de bus. Il est conseillé de se rabattre sur le réseau du métro. Encore faut-il pouvoir rejoindre « une station terminus, dont le parking est vite saturé », dénonce un livre noir du rail publié en 2011. Des embouteillages automobiles monstres se forment régulièrement dans la capitale fédérale. Et le prix du ticket commence à grimper à une vitesse proportionnelle au nombre d’annulations de trajets ou de retards.

À l’été 2015, GDL remporte une victoire historique

Les syndicats, et singulièrement celui des conducteurs de locomotive (GDL), qui a fait irruption sur la scène publique dans la première moitié de la décennie, revendiquent, outre des revalorisations salariales, des investissements et des créations d’emplois. À l’été 2015, GDL remporte une victoire historique après des mois de conflit très âpre qui ont occasionné plusieurs périodes de paralysie du réseau. Classiquement, les grévistes sont accusés par les dirigeants de la grande coalition et une bonne partie de la presse de « prendre les voyageurs en otage ». Mais l’ampleur du mouvement et une certaine complicité des usagers, qui ont expérimenté à leurs dépens retards et dysfonctionnements chroniques, obligent la direction de la DB à céder. Elle doit signer un accord qui l’engage à embaucher quelque 300 conducteurs de locomotive supplémentaires et une centaine de personnels de bord. L’accord stipule aussi une réduction du temps de travail de 39 à 38 heures sans perte de salaire, qui vient d’entrer en vigueur en ce début d’année 2018.

Ces luttes, devenues autant d’actes de résistance, ont joué un rôle essentiel dans la préservation du service public en entravant la folle poursuite de la marche à la libéralisation. Les syndicalistes font valoir une conception alternative qui mise sur le développement des coopérations et non de la concurrence entre sociétés nationales pour moderniser les chemins de fer européens. Une forte délégation de cheminots allemands était présente dans la manifestation française du 22 mars. Illustration de l’importance à leurs yeux de la solidarité intereuropéenne pour relever ce défi et continuer le combat.

 

 

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 09:13
Le Parlement des Cigognes: un roman nécessaire et très émouvant de Valère Staraselki sur la mémoire du génocide des juifs en Pologne et la complicité de beaucoup de Polonais dans cette extermination

Ce n'est pas la première fois que Valère Staraselski, spécialiste amoureux de Louis Aragon (lire son très beau Aragon. La liaison délibérée chez L'Harmattan), auteur d'une très belle histoire subjective de la Fête de l'Humanité (La fête de l'Humanité. Comme un éclair de liberté, 2015), se frotte à l'écriture romanesque sur la mémoire et l'histoire: L'Adieu aux rois (2013, Cherche Midi), nous replongeait dans la France révolutionnaire de 1793 jusqu'à la chute de Robespierre en janvier 1794, Une histoire française se situait en 1789 juste avant la Révolution Française, Le maître du jardin faisait de Jean de La Fontaine un fabuleux personnage romanesque. 

Je ne saurai trop vous recommander ma lecture d'hier, Le Parlement des Cigognes, de Valère Staraselki. 

Le livre doit son titre à une peinture classique représentant des Cigognes se désaltérant et se reposant auprès d'un étang que l'on trouve au musée de Cracovie et autour de laquelle vont se rencontrer des jeunes français et Zygmunt, un vieil israélien rescapé du ghetto de Cracovie, revenu pour la première fois d'Israël depuis 1946.

C'est un roman économe, court, et bouleversant.

Le lecteur est amené à s'identifier à ces jeunes français qui viennent faire un séminaire de stage d'entreprise à Cracovie, l'un d'entre eux, David, connaissant l'histoire atroce des juifs de Cracovie, 25% de la population, exterminés dans le ghetto de Podgorze, fermé en 1943, puis dans un camp d'extermination dans la ville elle-même, à Plaszow, aujourd'hui encore très peu identifié par la municipalité de Cracovie, ou à Auschwitz. Les jeunes gens, avant de rencontrer ce vieux rescapé de la Shoah au musée des Beaux Arts de Cracovie vont longer les lieux aujourd'hui non identifiables et non signalés du calvaire de dizaines de milliers de juifs de Cracovie en faisant un footing sur les pourtours de la ville, qui furent il y a 75 ans l'enfer dont parle "La liste de Schindler", de Steven Spielberg, et dont David laisse échapper quelques scènes d'atrocité ordinaires, avec notamment les caprices de psychopathe du commandant du camp, Amon Göth     

Mais le récit prend toute sa dimension tragique, onirique et poignant avec le récit du vieux survivant de la Shoah au musée et à l'aéroport de Cracovie, récit de son évasion d'un wagon à bestiau le conduisant vers la mort, de sa traque par des paysans polonais antisémites voulant le tuer, le rendre aux Allemands, ou le dépouiller, ou encore par des partisans de droite polonais de l'AK, qui n'hésitaient pas à assassiner les juifs fugitifs eux aussi dans les bois, les champs, et leurs cachettes de fortune. Récit d'une survie quasi animale de bête traquée dans la nature d'un adolescent qui fuit une humanité devenue indifférente, cruelle, et dangereuse. Zygmunt raconte aussi comment les lynchages, les pogroms, les assassinats de juifs, couverts ou organisés par l'armée polonaise de l'intérieur (partisans de droite de l'AK, Armia Krajowa), les gendarmes polonais, les scouts catholiques et la population où l'antisémitisme restait très présent en dépit de quelques actions solidaires isolées de "justes", ont continué jusqu'en 1946. Là, Valère Staraselski éclaire très utilement des passages moins connus de l'histoire qui mettent en relief le poids de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme dans la société polonaise, et la multiplicité des crimes et complicités de crime contre l'humanité auquel cela a conduit pendant la période de la guerre, qui a également été terrible pour l'ensemble de la population polonaise, évidemment. 

De quoi aussi porter un éclairage dans la profondeur historique sur la résurgence du nationalisme d'extrême-droite en Pologne aujourd'hui.         

Ismaël Dupont

 

Valère Staraselski à Dialogues Morlaix le 11 novembre 2017 avec Lucienne Nayet et Serge Puil, et d'autres camarades du PCF (photo Jean-Luc Le Calvez)

Valère Staraselski à Dialogues Morlaix le 11 novembre 2017 avec Lucienne Nayet et Serge Puil, et d'autres camarades du PCF (photo Jean-Luc Le Calvez)

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 09:12
Fête du Viaduc 2012

Fête du Viaduc 2012

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fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

fête du Viaduc 2012

Fête du Viaduc 2013

Fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2013

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

fête du Viaduc 2014

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fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

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Fête du Viaduc 2015

Fête du Viaduc 2015

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fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2015

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2016

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

fête du Viaduc 2017

54 ANS DE COMBAT COMMUN

 

DES LIENS FORTS AVEC LA POPULATION

 

Cette année nous tenons la 54 ème Fête du Viaduc du nom du journal de la section PCF du pays de Morlaix.

Cette durée en dit long sur la qualité des liens que les communistes et leurs amis (car ils ont toujours été présents sur la Fête) ont su tisser avec la population. En témoigne aussi la fidélité des annonceurs qui sont pour beaucoup dans le succès financier.

 

UNE FETE NOMADE

 

Le souci de rencontrer la population et différentes contraintes ont conduit à chercher des implantations diverses. La première fête s’est déroulée le 5 septembre 1965 à Kernéguès. Mais très rapidement le 1er mai, la fête des travailleurs, devint le rendez-vous incontournable des communistes avec la population du pays de Morlaix. Jusqu’en 1978 elle se déroula autour du terrain de foot de la Madeleine ; terrain où se déroulait une rencontre corpo très suivie. En 1979 la fête s’installa aux Jacobins pour une mémorable édition, très riche artistiquement… mais qui ne dégagea pas beaucoup de bénéfices. A partir de 1980 s’ouvre une longue période dans la vallée de Ty-Dour. Elle va durer jusqu’en 2004 à ce carrefour du quartier du plateau nord-est. Je fus à l’origine de son départ en décidant, en tant qu’adjoint à l’urbanisme, de la construction de la résidence étudiante sur le terrain qui servait de parking. S’en suivirent 2 ans à Ploujean où la salle mettait les stands à l’abri des intempéries puis le déplacement, par souci de visibilité, place Allende pendant 3 années. Un essai fut fait en 2010 à la Boissière, Place de la Commune de Paris, dont le nom nous plaisait évidemment. Mais l’année suivante nous rejoignîmes la place Allende.

 

POLITIQUE, CULTURE ET CONVIVIALITE

 

Organisée par le PCF, la Fête du Viaduc n’est évidemment pas une simple kermesse. La politique y tient une grande place. Par l’intervention politique assurée par un dirigeant national, départemental ou local, par un élu ou un candidat. Nous lui avons substitué depuis plusieurs années un débat avec les participants à la fête qui peuvent ainsi échanger avec le dirigeant présent et les militants. Mais la politique est aussi présente par les affiches , les livres, la presse, les revues, les pétitions, les expos… et les discussions informelles toujours passionnées. S’y ajoute la présence d’associations amies et de nos partenaires. Tous les ans, nous y enregistrons plusieurs adhésions.

 

La culture a toujours été présente à la fête du Viaduc. Expositions de peinture, dessins, photos avec toujours la diversité, la qualité…et le contenu. Spectacles : chansons françaises, rock, chants de marins ; musique, jazz, musique et danse bretonnes, fanfare, musique baroque, percussions, spectacle de magie, théâtre, littérature…sans oublier la dimension sportive.

 

La fête est aussi un moment de rencontre et de convivialité. Aux jeux, stands, loteries, concours s’ajoute bien évidemment la restauration. Aux casse-croûtes et grillades des premières années se sont ajoutés la crêperie et le restaurant où militant-e-s et ami-e-s font tous les ans merveille permettant ainsi d’ajouter aux plaisir des papilles ceux des retrouvailles et des discussions.

 

LA SOLIDARITE EN ACTION

 

Beaucoup de partis politiques ont organisé des fêtes …qui parfois ont disparu. Nous ne sommes pas peu fiers de tenir cette année la cinquantième fête du Viaduc. Ce n’est possible que grâce à l’investissement des militants et des amis qui d’année en année y mettent toute leur énergie dans les différentes tâches à assurer. Que grâce aussi à toutes celles et à tous ceux qui y participent chaque année.

 

Longue vie à la Fête du Viaduc et succès à tous les combats que nous mènerons ensemble !

Alain David (édito du Viaduc pour l'annonce de la 50 ème fête du Viaduc légèrement remanié) 

 

 

A partir de ce travail de restitution d'archives de Jean-Luc Le Calvez, et du dépouillement de quelques exemplaires du Journal du PCF, on peut restituer quelques moments forts de l'histoire de la section PCF de Morlaix ces 50 dernières années, tour à tour dirigée par Michel Derrien, Alain David, Jean-Yvon Ollivier, Stephane Mayer, François Bourven, Daniel Ravasio. 

 

La Fête du Viaduc est née non pas le 1er Mai mais en septembre 1964.

Elle avait lieu d'abord au Stade de Kernéguès et était déjà une grande fête populaire. L'entrée était payante (2 francs). Il n'y avait pas encore de partie musicale et artistique mais on pouvait y entendre l'allocution d'un membre du comité fédéral du PCF (Gabriel Paul en 1965), y participer ou y assister à des tournois de foot (entre des équipes coporatives: Ameublement, Renault, Hôpital...), des concours de Palais, de Luttes Bretonnes.

Plus tard,  à la fin des années 1960 et jusqu'en 1978, la Fête du Viaduc s'est déplacée au Terrain de la Madeleine. La Musique s'est invitée, comme le Radio-Crochet, la Course à l'Oeuf, la Course Humoristique, les Floralies, les Concours de Dominos.    

Dans les années 1980 et jusqu'en 2004, la Fête du Viaduc avait lieu dans la Vallée du Ty-Dour. Puis à Ploujean en 2005 et 2006, place Allende de 2007 à 2009, place de la Commune en 2010 à La Boissière, puis à nouveau place Allende.      

 

La naissance de cette fête du Viaduc témoigne d'un renforcement et d'une ambition nouvelle du PCF dans le Pays de Morlaix et coïncide avec la création du journal Le Viaduc, organe de la section du Parti Communiste de Morlaix.

Ce journal naît fin 1963 avec pour directeur de publication Louis Ollivier. On y lit aussi des articles de Michel Derrien, le secrétaire de section du PCF Morlaix, qui sera adjoint au maire pendant plusieurs mandats, et de François Paugam, le très estimé dirigeant de la CGT des Cheminots, responsable à l'organisation du PCF.

Alain David, qui sera secrétaire de section du PCF Morlaix de 1968 à 1976, devient à la fin des années 1960 et pour plusieurs décennies le directeur de publication et la plus brillante plume duViaduc.

 

Le premier éditorial du Viaduc commence ainsi, donnant le ton à la fois populaire, impertinent et bien senti du journal :

 

"Travailleurs morlaisiens, vivez-vous au dessus de vos moyens? C'est du moins l'avis de notre Ministre des finances qui entend ajouter un cran à votre ceinture. Toute la propagande gaulliste de la presse, de la radio et de la télévision, est insuffisante pour démontrer que les vessies sont des lanternes. En effet, depuis 1958, les prix ont augmenté de 42,50%, les taxes de vie chère de 78% et les profits des grosses sociétés de 85%. Mais depuis 5 ans, bien des yeux se sont ouverts sur la nature du pouvoir des financiers dont les méfaits pèsent de plus en plus sur la population laborieuse de notre ville.

- Les salaires et traitements sont en retard sur les prix

- Les vieux vivent dans la misère

- Les logements neufs sont inabordables

- Notre zone n'a d'industriel que le nom. Pourquoi?

La main d'oeuvre qualifiée manque, mais le pouvoir et la municipalité laissent dormir dans les cartons le projet de collège technique...

Nous voulons combattre avec vous sur tous les plans la politique néfaste du gaullisme, du patronat et de leurs représentants à la municipalité".

 

Au delà de ces déclarations politiques générales, le 1er Viaduc fait aussi la part belle aux revendications locales: mieux équiper pour les besoins des sportifs la salle du Poulliet, datant d'un an, et que l'on détruit cette année, 50 ans après, prévoir une école pour le quartier Saint Augustin, dont la population a cru avec les nouveaux immeubles de la Rape Saint Augustin.

 

L'édito du Viaduc n°2, publié en janvier 1964, a un titre et des propositions que l'on ne renierait pas aujourd'hui:

 

" Pour une démocratie véritable.

Le remplacement du pouvoir gaulliste par une république démocratique est à l'ordre du jour. De part, la constitution actuelle, le pouvoir sert les banquiers, les marchands de pétrole, les trusts: il faut que ça cesse. Il faut remplacer le pouvoir d'un seul homme par celui de tout le peuple et non par celui d'un autre homme. Le PCF propose à tous les démocrates comme base d'un programme commun:

- élection à la proportionnelle d'une assemblée constituante qui dotera le pays d'une constitution démocratique.

- par l'intermédiaire de l'Assemblée Nationale, le gouvernement doit être l'émanation de la volonté populaire.

- transfert du pouvoir des Préfets aux conseils généraux élus à la proportionnelle

- laïcité de l'Etat et de l'Ecole et réforme démocratique de l'enseignement

- réforme de la fiscalité permettant de faire payer les grosses sociétés

- nationalisation des monopoles pour permettre une véritable politique sociale

- abandon de la force de frappe, signature des accords de Moscou et politique de désarmement" 

 

Suite une présentation de François Paugam, "sympathiquement connu de notre population", candidat du Parti aux Cantonales. 

 

Au verso du journal qui ne compte que feuille A4 recto verso jusqu'en 1970, on trouve des articles locaux truculents sur la nécessité de nettoyer les abords de l'école du Calvaire - en l'occurence la promenade ombragée par les peupliers qui offre un magnifique panorama sur la ville mais où s'entassent les boîtes de conserve qui servent aux jeux de "foot boîtes" des enfants. On demande à brancher les eaux de ruissellement de future école Corentin Caer au tout-à-l'égoût et à installer des bancs en contrebas sur la promenade. On apprend que les crédits pédagogiques dont bénéficient les écoles publiques morlaisiennes sont insuffisants, comme leurs systèmes de chauffage sont défaillants. A l'inverse, on nous présente une école maternelle et primaire modèle de Moscou où le taux d'encadrement et les conditions pédagogiques sont optimales: "dans l'Etat socialiste, l'ENFANT EST ROI". 

 

Viaduc n°3 - Mars 1964 - sous le titre ironique "Les arguments frappants des patrons", une charge contre Tilly qui fait tabasser les militants de la CGT à Guerlesquin: "La direction "TILLY" à GUERLESQUIN, n'aime pas les défenseurs des ouvriers. F. PAUGAM, responsable CGT en a fait l'expérience. Aux tracts qu'il distribuait à GUERLESQUIN pour dénoncer l'exploitation dont sont victimes les ouvriers de cette entreprise, le beau-frère de Mr Tilly a opposé les coups de poing. La classe ouvrière ne peut tolérer de telles méthodes. Pour parer cette méthode fasciste dont notre camarade F.PAUGAM a déjà été victime, tous les travailleurs doivent faire preuve d'une vigilante solidarité à l'égard de leurs responsables, prévoir et assurer leur défense dans tous leurs déplacements intéressant leur travail de militant".

 

Sur le plan local, diatribe contre les voitures qui encombrent l'allée du Poan Ben, jadis "réservée aux jeunes enfants et aux vieillards qui y trouvaient une paisible retraite, loin de l'agitation de la ville": "leur gaz d'échappement n'a rien de comparable avec l'air pur des sommets" et la mairie ne finance pas de classe de neige pour les enfants, "la pétarade des moteurs crée dans les classes une ambiance défavorable aux études et sensibilise des organismes déjà fortement éprouvés par les trépidations de la vie moderne".

Cette attaque contre l'invasion de l'allée du Poan Ben par la voiture ne s'arrête pas là: "Le moins dangereux n'est pas le gymkana des voitures parmi les enfants aux heures d'entrée et de sortie des écoles. Attend-on un accident grave pour remédier à cet état de chose? Qu'a cela ne tienne des mesures sont envisagées: un agrandissement du parking par la couverture de la rivière! pas moins...

Ce qui, parait-il coûterait plus cher que la couverture du bassin. Ce serait, avouez-le, porter beaucoup d'estime aux quatres roues et bien peu à nos enfants qui n'ont, il est vrai, que deux jambes à garer. Pourquoi ne pas transformer les cours d'écoles en parking? ..."

 

Toujours dans ce Viaduc n°3, le PCF, dans son programme pour les cantonales, plaide pour le rattachement de Morlaix à St Martin des Champs, précise sa conception du soutien public au développement économique du territoire: "l'expansion économique ne signifie pas pour nous, des cadeaux aux capitalistes sous forme de terrains et d'installations gratuites (zone de Kerivin aménagée aux frais du contribuable)".

 

En fin, au bas de la page 2, ce qui deviendra une tradition dans le journal des communistes morlaisiens, on peut lire une mise en cause du Télégramme:

 

"LES SILENCES ... DU TELEGRAMME"

Le télégramme a omis d'informer ses lecteurs des raisons pour lesquelles il n'a pu paraitre vendredi 21 février:

Les linotypistes ont fait grève pour soutenir un de leur camarade mis à pied injustement. Bravo pour cet exemple

LOUABLE DE SOLIDARITE OUVRIERE!".

 

Dans le Viaduc N°4 (juin 1964), les rédacteurs qui militent pour l'installation d'un centre médico-pédagogique à Morlaix s'offusquent que la Salle Omnisports de Morlaix soit retenue pour la célébration du messe à l'occasion de la fête Diau tandis que le 7 juin, le stade de Kernéguez est également retenu pour la célébration d'une messe: "Décidément le pouvoir encourage au maximum le clergé et celui-ci en profite. Après la radio et la télé, la réaction monopolise les installations sportives".   

 

Dans Le Viaduc n°6 (novembre 1964), le PCFMorlaix justifie la constitution d'une liste indépendante au 1er tour des élections Municipales tout en se montrant partisan d'une union avec les socialistes au second tour sur la base d'un programme commun. "Une liste d'union au 1er tour consisterait à passer sous silence les grandes réalisations des élus communistes, notamment à SCAER, LEUHAN, SCRIGNAC, HUELGOAT etc... où ils détiennent la municipalité depuis 20 ans... En présentant une liste d'union au 1er tour comme en 1959 nous créerons la confusion et faciliterons ainsi l'élection des représentants du pouvoir... Notre Parti, qui arrive en tête des partis de gauche à MORLAIX, ne peut accepter  d'être une force d'appoint. Pour avoir la confiance des travailleurs, il faut que chaque Parti détermine le niveau de ses forces...

Quand nous aurons mis en échec les défenseurs du Pouvoir Gaulliste, au soir du 1er tour, les Communistes feront tout, à Morlaix, pour former une liste d'union pour le 2e tour; sur la base d'un programme commun et compte-tenu des forces de chaque organisation.

Les Communistes ont prouvé leur discipline républicaine en votant en masse pour élire les camarades PRAT et TANGUY PRIGENT. Il est temps de cesser la polémique et de passer au travail de masse, c'est à dire à l'explication aux électeurs des malfaisances du régime gaulliste et de l'équipe du docteur Le Duc".

 

Lors des Municipales de 1965, les communistes affirment le caractère politique des élections locales:

"Nous proclamons que les élections municipales ont un caractère politique.

Pour qui réalise t-on?

Qui paie?

Répondre à ces deux questions, c'est faire un choix politique.

Nous, Communistes, avons choisi. Nous voulons réaliser pour les travailleurs, pour les classes les plus deshéritées; nous voulons faire payer les riches et avant tout les gros patrons.

Toutes les municipalités communistes ont toujours appliqué ces deux principes.

Le rôle d'une municipalité ouvrière est de réaliser avant tout pour alléger la peine des travailleurs, de défendre l'enfance, d'organiser les loisirs de la jeunesse, d'aider les vieux".

Pour les enfants, le PCF de Morlaix propose la création de trois nouveaux patronages laïques (Madeleine, centre-ville, Rampe Saint Augustin) et le soutien au départ en vacances en colonies des enfants de famille modeste. Pour les mères qui travaillent à la Manufacture, à l'hôpital, aux PTT, il propose une crèche municipale. Pour les vieux, la création d'un Foyer, la création d'une aide aux travailleurs. La création aussi d'un office municipal d'HLM et l'achat par la ville des terrains nécessaires à la construction de logements accessibles aux bourses modestes. Le gros chantier du mandat parait-être celui de l'aissinissement: "le docteur Le Duc, maire de Morlaix depuis 18 années, écrit: "il convient d'améliorer les conditions d'hygiène et de ne plus utiliser la rivière comme exutoire naturel". Bravo, Monsieur le Maire, il eut fallu penser plus tôt et commencer par construire un épurateur et un collecteur central et ensuite étendre à toute la ville le tout-à-l'égout".    

 

Dans le Viaduc de juin 1965, c'est une pétition pour demander l'implantation d'un STOP à l'intersection de la Bellevue de la Madeleine et de la Venelle de la Madeleine à cause des collisions de voitures à répétition. "Attend t-on un autre accident, peut-être mortel, celui-là? La vie d'un homme vaut-elle moins qu'un panneau? Les habitants du quartier de la Madeleine, lorsqu'ils entendront un crissement strident et si un malheur arrivait sauront accuser les responsables de cette négligence que l'on pourra qualifier de criminelle".   

 

Après une interruption,  en 1970, Le Viaduc, qui a a désormais comme directeur de publication Alain David, secrétaire de section du PCF Morlaix depuis quelques mois, s'étoffe, gagne en quantité d'articles, à qualité de mise en page, et en ambition: notamment celle d'établir un dialogue avec les lecteurs. Il parait toujours tous les deux mois.

En novembre 70, le journal qui coûte 30 centimes, auquel on s'abonne, a

Pourquoi ce journal?

 

AMIS LECTEURS, 

 

En France, l'écrasante majorité des journaux appartient à un petit nombre de groupes financiers. Quant à la radio-télévision, elle demeure un instrument de propagande au service du gouvernement. Et ce n'est pas parce qu'un dirigeant communiste ou syndical peut faire de temps à autre une apparition sur le petit écran que cela change quelque chose à l'essentiel. L'information est unilatérale, dirigée, partiale. 

C'est pourquoi la section de Morlaix du PCF a décidé de publier un journal local afin de faire connaître à la population de Morlaix et de ses environs le point de vue des communistes sur quelques questions internationales, nationales et locales. 

Il est évident que, dans une publication modeste comme la nôtre, il nous sera impossible d'aborder ou de développer tous les problèmes de l'actualité. D'autre part, les auteurs des différents articles de ce journal sont des militants de base de la section de Morlaix du Parti Communiste, ce sont des ouvriers, des paysans, des artisans, des enseignants et ils n'ont pas, pour rédiger, la facilité des journalistes professionnels.

Nous espérons cependant que vous lirez avec intérêt ce journal que vous recevrez tous les deux mois.

C'est avec plaisir que nous accepterions de dialoguer avec vous en répondant, dans nos prochains numéros, aux questions que vous nous auriez posées en écrivant au siège de notre parti, situé 5, rue Haute à Morlaix.

Le Comité de rédaction".

 

Signent leurs articles dans ce journal Renée Deroux (la place de l'EPS dans l'éducation nationale), François Paugam (luttes sociales aux Combustibles Morlaisiens), Daniel Crassin (Regards sur la RDA: réaction argumentée à un article du Télégramme), Janine Tardivel qui fait le compte rendu d'une conférence où Alain David et Louis Le Roux, membre du Comité Cental du PCF, ont parlé de la situation prometteuse du Chili.

 

En juin 1971, Le Viaduc relate une conférence débat avec le grand résistant communiste ROL-Tanguy, né en gare de Morlaix, ouvrier metallurgiste, ancien des Brigades Internationales et libérateur de Paris. "150 personnes étaient venues assister à la conférence-débat que donnait Rol-Tanguy dans la salle des conférences de la mairie de Morlaix. Aux côtés de Rol-Tanguy avaient pris place au bureau les camarades Alain David, secrétaire de section, Louis Aminot, membre du comité fédéral et Le Nagar de Plougonven". 

 

En mai-juin 1972, il est question de la 8e fête du Viaduc. Louis Ollivier commente: "Le 1er mai 1972, malgré son temps incertain, a apporté sur le terrain de la Madeleine, un millier de personnes. Notre "Fête du Viaduc" devient la kermesse la plus importante de notre ville. En effet, le grand nombre de stands, leur décoration, leur qualité et surtout le match de football ont contribué à son succès en créant une ambiance gaie, joyeuse et sportive". Alain David écrit un article anti-colonialiste de circonstance:

Halte à l'agression américaine au Vietnam:

 "Depuis plus d'un quart de siècle, les peuples d'Indochine sont contraints à défendre leur existence et leur dignité, leur indépendance et leur liberté. En minant les ports de la République Démocratique du Vietnam, en reprenant les bombardements intensifs sur les objectifs civils, le gouvernement américain fait un pas de plus dans l'escalade de la guerre. Il faut en finir avec cette "sale guerre". Comme tous les peuples du monde, les peuples indochinois ont un droit imprescriptible: le droit à la paix. Cette paix ne pourra voir le jour tant que l'envahisseur américain occupera l'Indochine"...

Comme d'habitude François Paugam se fait écho des luttes sociales dans la région de Morlaix, aux PTT et aux Imprimeries. Michel Derrien écrit sur les implantations d'école à La Vierge Noire et à La Boissière, et sur le manque d'espaces de vie collective dans le nouveau quartier HLM de La Vierge Noire. Son texte, toujours d'actualité, mérite d'être cité:

"Le vendredi 19 mai, la première chaîne de télévision présentait une dramatique: "Un dimanche volé". C'est le drame réel d'un ouvrier vaincu par la fatigue du travail, les bruits de la rue et de l'immeuble filtrant à travers les cloisons et les fenêtres de l'appartement, le manque de sommeil accumulé. Au-delà de cette existence, on peut trouver une condamnation des logements construits au rabais, véritables usines à névroses, des cadences de travail, de l'absence de terrains de jeux pour les enfants des HLM, condamnés à jouer au milieu des voitures ou dans les escaliers. Allez vous promener dans la rue de La Vierge Noire à Morlaix. Voyez ces clapiers humains qui montent, les espaces libres sont chichement mesurés. Dans quelques années, des centaines d'enfants y habiteront. Ce décor de béton vous fera immanquablement penser au film de Gérard Chouchan. Existe t-il une solution? Certes oui. Les constructions de ce quartier sont en place, on n'y peut plus rien. Mais il existe encore, tout à côté, du terrain. Il faut d'urgence que la ville de Morlaix achète, si ce n'est déjà fait, le "petit bois de Coat Serho", ainsi que les prés et les terrains qui bordent la route de Lanmeur. A cet endroit, il est possible, sans de trop grandes dépenses, d'aménager une part de promenade et de loisir. L'aménagement d'un bassin ne pose aucune difficulté. En outre, il faut des terrains de jeux pour les enfants. Ne serait-il pas possible de prévoir un tel espace entre la Boissière et la Vierge Noire? L'erreur serait d'attendre que les constructions soient terminées pour penser à un tel problème..."    

 

En décembre 1972, Le Viaduc s'ouvre sur un article d'Alain David sur le Programme Commun:

 

"Le programme... c'est le vôtre.

Le programme commun signé par le Parti Communiste, le Parti Socialiste, et les Radicaux de Gauche ouvre au peuple des perspectives nouvelles.  

Ce programme n'est pas un simple accord électoral conclu entre les dirigeants des trois partis; ce programme commun que les travailleurs ont attendu si longtemps c'est une arme que nous mettons entre leurs mains pour qu'ils puissent se libérer des quelques monopoles parasites qui sucent le fruit du travail de tout un pays.

Le programme commun est le programme de tous ceux qui ont intérêt à l'avènement d'une démocratie véritable. C'est le programme des ouvriers dont l'exploitation est sans cesse accrue, des employés et des fonctionnaires dont le pouvoir d'achat est sans cesse menacé par la hausse des prix, des artisans et des commerçants de plus en plus victimes du secteur monopoliste, des paysans que l'on force à quitter la terre pour grossir les rangs des chômeurs ou des O.S, des femmes surexploitées qui bouclent de plus en plus difficilement leur budget, des jeunes à qui ce régime n'offre aucun espoir et des personnes âgées qu'il oblige à vivre dans la misère.

En un mot le programme commun que nous vous appelons à acheter, à étudier, à populariser et à soutenir, c'est le VOTRE.

A.DAVID"     

 

(Suite au prochain numéro...)

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 09:00
Pol Houellou (Bourric-2010)

Pol Houellou (Bourric-2010)

Gilles Le Bigot

Gilles Le Bigot

POL HUELLOU (chant, flûtes, sanza)

GILLES LE BIGOT (guitare)

 

Pol Huellou, originaire du Finistère est connu pour sa participation à de nombreuses aventures musicales, The Roving Laddies, Escale-Dédale, etc.

Gilles Le Bigot, (ex- l’Héritage des Celtes, Barzaz) s’est produit avec des artistes tels que Yann Fanch Kemener, Marthe Vassalo, Denez Prigent, Gilles Servat… Compositeur et arrangeur, il est l’auteur de  récentes créations sous le titre « Empreintes »

 

Ensemble, ce duo s’est régulièrement produit depuis les années 90, en Bretagne, Irlande, Allemagne et  se sont également retrouvés sur de nombreux projets tel Elixir, Hommages Vagabonds, etc.

On les retrouvent tout dernièrement sur le nouveau CD de Pol Huellou & Friends : The Lost Agenda,  et nous aurons  le plaisir de les retrouver sur un certain nombre de titres extraits de ce dernier opus.

www.gilleslebigot.com

Pol Huellou

Pol Huellou

Gilles Le Bigot

Gilles Le Bigot

Pol Huellou et Gilles le Bigot

Pol Huellou et Gilles le Bigot

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 07:55
Salah Hamouri

Salah Hamouri

Libérez Salah Hamouri

Libérez Salah Hamouri

Après Morlaix-Communauté, Guimaëc, Plourin-les-Morlaix, Morlaix, Carhaix, Douarnenez, les élus de de Quimper, Brest, Pont L'Abbé, Le Relecq Kerhuon ont voté une motion pour la libération de l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri détenu de manière arbitraire par les Autorités militaires israéliennes sur ordre du ministre d'extrême-droite Avigdor Liberman pour sa seule résolution à défendre les prisonniers politiques palestiniens dans le cadre de ses nouvelles activités d'avocat. 

Rappelons que c'est Piero Rainero, élu PCF d'opposition à Quimper, qui a été à l'origine d'un appel des élus et d'une lettre à Macron pour qu'il intervienne résolument pour la libération de Salah Hamouri, appel qui, relayé par plusieurs partis de gauche et régionalistes, plusieurs associations et personnalités du département, a réuni près de 175 signatures d'élus. 

On continue le combat jusqu'à la libération de Salah Hamouri et des autres prisonniers politiques palestiniens: Ahed Tamimi, Khalida Jarrar, Munther Amira, Marwan Barghouti, et 350 enfants de 12 à 18 ans !  

 

Cela fait 175 signatures d'élus bretons qui demandent la libération de Salah Hamouri, 157 pour le 29, 14 pour le 56, 4 pour le 22.  

Dont pour le Finistère : 17 maires, conseillers départementaux, 4 conseillers régionaux, 2 sénateurs: 

 

Demande d'intervention de la France pour la libération de notre compatriote Monsieur Salah Hamouri emprisonné en Israël.

Monsieur le Président de la République,

Nous avons l'honneur d'attirer votre attention sur la situation de notre compatriote Monsieur Salah Hamouri, 32 ans, avocat spécialisé dans la défense des Droits de l'Homme, emprisonné en Israël depuis le 23 août dernier sans qu'aucun motif ne lui ait été signifié, ni à ses avocats.

Un tribunal israélien a décidé il y a quelques jours son maintien en « détention administrative » pour une durée de 6 mois renouvelable sans aucune inculpation ni jugement. Il s'agit là d'une procédure héritée du mandat britannique sur la Palestine au début du siècle dernier qu'appliquent les autorités de Tel-Aviv et qui peut conduire à des internements administratifs par périodes de 6 mois renouvelées indéfiniment sans aucun jugement.

L'arbitraire a déjà marqué la vie de ce jeune avocat franco-palestinien demeurant à Jérusalem. Il a dû subir en effet, alors qu'il était étudiant, de 2005 à 2011, 7 longues années de prison reposant sur des accusations infondées, les faits qui lui étaient reprochés n'ayant jamais, et pour cause, été établis. Le Président Nicolas Sarkozy et le Ministre des Affaires Etrangères de l'époque, Monsieur Alain Juppé, prenant acte de cette absence totale d'éléments à charge, étaient intervenus auprès du gouvernement israélien pour obtenir sa libération. Dans un communiqué le Ministère des Affaires Étrangères s'était même « réjoui » de cette libération.

L'acharnement contre Monsieur Salah Hamouri, qui vise à travers lui la lutte légitime du peuple palestinien pour le respect de ses droits et de sa liberté, pour le respect des décisions de l'ONU, n'a que trop duré.

Aujourd'hui face à un tel arbitraire notre compatriote ne peut compter que sur les autorités françaises pour retrouver la liberté.

Nous nous permettons de vous indiquer que de très nombreuses associations, la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, l'Union Juive pour la Paix, le Syndicat des Avocats de France, l'Association France-Palestine Solidarité, entre autres, réclament la libération immédiate de Monsieur Salah Hamouri. De même que des personnalités aussi diverses que MM. Michel Warschawski (historien israélien, fils de l'ancien Grand Rabbin de Strasbourg), Pierre Joxe (ancien ministre), Christiane Hessel (veuve de M. Stéphane Hessel), Jean Ziegler (vice-président de la commission des Droits de l'Homme de l'ONU), Rony Brauman (fondateur de Médecins sans Frontières), Michel Tubiana (Président d'honneur de la LDH), Richard Falk (professeur de droit international aux USA), ainsi que des députés, des sénateurs, des syndicalistes, des intellectuels, des journalistes, des artistes...Des conseils municipaux, départementaux ont également adopté des vœux en ce sens.

Nous vous demandons par conséquent, Monsieur le Président de la République, d'agir au plus vite et avec fermeté, de faire entendre la voix de la France pour exiger la libération de l'un des siens comme vous avez su le faire pour obtenir la libération des prisons turques du journaliste Monsieur Loup Bureau.

Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre considération distinguée.

ALEXANDRE Delphine,conseillère municipale et communautaire de Lorient, PCF-FDG, (56)

ANDRÉ Solène, conseillère municipale de Plouégat-Guerrand

ANTOINE Jean-Marc, adjoint au maire de Carhaix

APPÉRÉ Patrick, élu municipal de Brest, Autre Gauche-BNC

ASSELBOURG Patrick, adjoint au maire de Plourin-lès-Morlaix, PCF

ASSIH Isabelle, conseillère départementale, Quimper, PS

AUDIC Stéphane, conseiller municipal de Roscoff, M1717

AUDOUIN Pascale, conseillère municipale de Caudan (56)

AUFFRET Isabelle, conseillère municipale déléguée de Carhaix

AUFFRET Martine, conseillère municipale de Cléguérec (56)

BABCERES Jean-Philippe, conseiller municipal de Morlaix, coopérative citoyenne

BELLEC Claude, conseillère municipale déléguée de Brest, PCF

BELLEGUIC Pierrot, maire de Kergloff

BENHENNI Djelloul, conseiller municipal de Rosporden, Front de gauche

BERGOT Bertrand, conseiller municipal de Carhaix

BERNARD Jo, conseiller municipal délégué de Carhaix

BEUGNARD Antoine, adjoint au Maire de Plouzané, EELV

BEUZIT Michèle, maire de Lannéanou

BILLIRIT Jacqueline, conseillère municipale de Carhaix, PS

BINAISSE Élisabeth, conseillère municipale de Morlaix, PS

BIZIEN Edith, conseillère municipale de Carhaix

BLONDIN Maryvonne, sénatrice, PS

BODILIS Alain, élu à Plounéour-Menez

BOEUF Jacques, conseiller municipal de Douarnenez, Initiative citoyenne à gauche

BOIREAU Josselin, conseiller municipal de Saint Thégonnec, EELV

BOURNOT-GALLOU Claudie, adjointe au maire du Relecq-Kerhuon, PCF

BRABAN-JÉGOU Corinne, conseillère municipale de Carhaix, PS

BUI Gwenegan, conseiller régional, PS

BURLOT Jeannine, conseillère municipale de Cléguérec (56)

CADIOU Alain, conseiller municipal délégué de Carhaix

CAILLAREC Daniel, premier adjoint au maire de Motreff

CHALINE Nathalie, adjointe au maire de Brest et conseillère communautaire de BMO, EELV

CLOAREC Jean-Marie, adjoint au maire de Rosporden-Kernével, Front de gauche

CLOAREC Jean-Pierre, conseiller municipal de Morlaix, coopérative citoyenne

COANT-JAOUEN Marie-Pierre, première adjointe au maire de Berrien

COCHENNEC Patrick, conseiller municipal de Cléden-Poher

COMPAIN Xavier, adjoint au maire de Plouha, conseiller communautaire, PCF

CORRE Christian, conseiller municipal de Plourin-lès-Morlaix

COTTEN Daniel, adjoint au maire de Carhaix

COTTY Stéphane, adjoint au maire de Plounévézel

COUTELLER Serge, adjoint au maire de Carhaix

CREIGNOU Michel, adjoint au maire de Guissény

CROGUENNEC Jean-François, adjoint au maire de Pleyber-Christ

DAVID Jean-Claude, conseiller municipal de Plourin-lès-Morlaix

DERRIEN Christian, maire de Langonet et conseiller départemental du Morbihan (56)

DESMARRES Thierry, adjoint au maire de Plougasnou, EELV

DILASSER Martine, élue municipale à Pleyber-Christ, conseillère communautaire

DIVARD Ronan, conseiller municipal de Loperhet, UDB

DROUGLAZET Claude, conseiller municipal de Concarneau, gauche antilibérale

DUPONT Ismaël, élu à Morlaix et Morlaix-Communauté, PCF-Front de gauche

EUZEN Maxime, conseiller municipal de Plourin-lès-Morlaix, M1717

FER Michel, adjoint au maire de Pleyber-Christ

FICHET Jean-Luc, sénateur du Finistère, PS

FILIPE Roselyne, élue municipale de Brest, Autre Gauche-BNC

FOUILLÉ Jean-Pierre, conseiller municipal de Quistinic, PCF, (56)

FRENAY Sylvaine, Ergué-Gabéric, conseillère communautaire de QBO, La Gauche Gabéricoise

GAUGAIN Astrid, conseillère municipale de Bénodet, EELV

GAUTIER Patrice, maire d’Évran et conseiller communautaire de Dinan Agglomération (22)

GENIEZ Chantal, adjointe au maire de Kergloff

GERBAUD Serge, conseiller municipal et communautaire de Hennebont, PCF-FDG (56)

GOUÉDARD Hervé, conseiller municipal de Morlaix, PS

GOUÉROU Anne, conseillère municipale de Quimper, Kemper écologie à gauche

GRAMOULLÉ Gilbert, conseiller municipal et communautaire de Quimper, PS

GRIVEAU Jean-Louis, conseiller municipal de Douarnenez, Ensemble Douarnenez

GUEGUENIAT Paul, conseiller délégué à Saint-Yvi, UDB

GUELLEC Éric, conseiller municipal de Brest, vice-président de Brest Métropole, PCF

GUÉMÉNÉ Yannick, élu à Plouégat Guerrand et délégué à Morlaix-Communauté

GUEN Gérard, adjoint au maire de Botmeur

GUEYE Marie, vice-présidente du conseil départemental, Brest, PS

GUEZENNEC Pierre, conseiller municipal de Brest, EELV

GUILLEMOT Hélène, adjointe au maire de Carhaix

GUILLEMOT Matthieu, conseiller municipal et communautaire de Poher Communauté, NPA 

GUILLEMOT Philippe, conseiller municipal de Spézet, conseiller communautaire de Haute Conouaille

GUILLERM Françoise, adjointe au maire de Langonnet (56)

GUYADER Cédric, conseiller municipal de Carhaix

HÉRÉ Jacqueline, adjointe au maire de Brest, PCF

HÉRÉ Roger, conseiller municipal de Plouigneau, PCF-Front de gauche

HUET Joël, adjoint au maire de Pleyber-Christ

HUIBAN Serge, conseiller municipal de Kergloff

HUON Joëlle, conseillère municipale de Plouigneau, conseillère départementale, PS

INIZAN Frédéric, conseiller municipal de Pleyber-Christ

JADE Évelyne, conseillère municipale de Douarnenez, Initiative citoyenne à gauche

JAN Marianne, conseillère municipale de Concarneau, gauche antilibérale

JAOUEN Marie-Christine, maire de Saint-Hernin

JAOUEN Roland, conseiller municipal de Plonéour-Lanvern, FI

JEUDY Jean-Pierre, maire honoraire de Carhaix

JUMEAU Philippe, conseiller municipal de Lanester (56), PCF/FDG

KERDRAON Anne-Marie, conseillère municipale déléguée de Carhaix

KERGUILLEC Julien, conseiller municipal de Pleyber-Christ, FI

KERMAREC Charles, élu municipal de Brest, Autre Gauche-BNC

KERNEIS Yann-Fanch, conseiller municipal de Plouzané, conseiller communautaire de BMO, EELV

KERVERN Anne-Marie, adjointe au maire de Brest, UDB

KUCHEL Émilie, adjointe au maire de Brest, PS

LAINÉ Jérémy, adjoint au maire de Guimaëc, PCF

LAINÉ Marie-Thérèse, adjointe au maire de Kergloff

LARHANTEC Danièle, adjointe au maire de Pleyber-Christ

LE BAIL Siméon, adjoint au maire de Kergloff

LE BELLEC Étienne, conseiller municipal du Guilvinec, PCF

LE BIGOT Daniel, conseiller municipal de Quimper, Kemper écologie à gauche

LE BIHAN Marie-Madeleine, adjointe au maire de Rosporden, divers gauche

LE BLEIS Yannick, conseiller municipal d'Ergué-Gabéric, président de La Gauche Gabéricoise

LE BOEDEC Nadine, conseillère municipale de Lanester, FDG, (56)

LE BRAS Olivier, conseiller régional, Saint Thégonnec, PS

LEBRETON Fabrice, conseiller municipal d'Hennebont, FDG, (56)

LECOMTE Jean-Yves, conseiller municipal de Plouigneau

LE CORRE Karen, conseillère municipale d'Ergué-Gabéric, La Gauche Gabéricoise

LE GOFF Pierre, maire de Guimaëc

LE GUÉLAFF José, maire de Motreff

LE GUEN Yvette, conseillère municipale de Brest, Autre Gauche-BNC

LE GUENNOU Thierry, adjoint au maire de Baye

LE LORC'H Jean-Michel, conseiller municipal délégué de Brest, PCF

LE MESTRALLAN Michel, conseiller municipal de Ploemeur, PCF-FRG, (56)

LE MOAL Karen, adjointe au maire de Rosporden-Kernével, Front de gauche

LÉON Éric, conseiller municipal de Plouégat-Guerrand

LE RAY Jean-François, conseiller municipal de Kergloff

LE SCOUARNEC Michel, maire honoraire d'Auray, ancien sénateur, PCF

LE TANNOU Valérie, adjointe au maire de Carhaix

LEYZOUR Félix, maire honoraire de Callac, ancien parlementaire PCF (Sénat et Assemblée nationale) (22)

LIZIAR Pierre-Yves, conseiller municipal du Relecq-Kerhuon, PCF

LOUSSOUARN Marif, adjointe au maire de Brest, EELV

LUCAS Jean-Michel, conseiller municipal et communautaire de Landeleau, FI

LUZU Brendan, conseiller municipal de Carhaix

MACOUIN Nolwenn, conseillère municipale de Quimper, PS

MADEC Jacques, adjoint au maire de Locmariaquer (56)

MANACH Yann, conseiller municipal délégué de Carhaix

MAZEAS Jacqueline, adjointe au maire de Carhaix, vice-présidente de Poher Communauté

MAZELIN Isabelle, adjointe au maire du Relecq Kerhuon, PCF

MOAL Pierre-Yves, maire de Lomélar, UDB

MOISAN Yves, maire de Plouézoc'h, vice-président de Morlaix Communauté, PS

MORVAN Pierig, conseiller municipal de Rosporden-Kernével, PCF-Front de gauche

MONTANARI Isabelle, adjointe au maire de Brest, PS

NEDELEC Yohann, maire du Relecq-Kerhuon, PS

NÉDELLEC Philippe, adjoint au maire de Kergloff

NIOCHE Françoise, conseillère municipale de Rosporden-Kernével, PCF

NIOCHE Robert, membre du conseil consultatif de Kernével

NOLL Sarah, élue à Morlaix et Morlaix-Communauté, coopérative citoyenne

OGET Marie-Renée, ancienne députée des Côtes d’Armor, PS (22)

OLIVIER Alain, conseiller municipal de Plozévet, PCF

PARCHEMINAL Jean-Michel, maire de Plounéour-Menez

PAULUS André, conseiller municipal de La Feuillée, PCF

PENCALET Françoise, élue municipale et communautaire, Douarnenez, Initiative citoyenne à gauche

PENNEC Guy, maire de Plourin-lès-Morlaix

PEREIRA Véronique, maire du Cloître Saint Thégonnec 

PIERRET Sorence, conseillère municipale de Douarnenez, Ensemble Douarnenez

PICHON Ronan, conseiller municipal de Brest, vice-président de Brest Métropole Océane, EELV

PIRIOU Thierry, maire de Pleyber-Christ, PS

PORODO Patrice, conseiller municipal de Rosporden-Kernével, PCF-Front de gauche

POULIQUEN Guy, maire de Locquénolé

QUELENNEC Ludovic, conseiller municipal de Kerlaz, PCF

QUEMENER Paul, maire de Berrien

QUILLEROU Marie-Antoinette, conseillère municipale déléguée à Carhaix

QUILTU Catherine, 1ère adjointe au maire de Carhaix

RAINERO Piero, conseiller municipal de Quimper, PCF

RANNOU Jacques, maire-délégué de Kernevel, PCF

RÉA Larry, conseiller municipal délégué du Relecq-Kerhuon, PCF

REBOURS Alain, conseiller municipal de Plounéour-Menez, Ensemble

RICHARD Anita, conseillère municipale de Rosporden, PCF

RIVIÈRE Gilles, conseiller municipal de Châteauneuf du Faou, PCF

ROBERT Paul, conseiller municipal de Douarnenez, Initiative citoyenne à gauche

RODDE Sylvie, conseillère municipale de Pleyber-Christ

SALAMI Réza, adjoint au maire de Brest, vice-pésident de Brest Métropole

SCATTOLIN Valérie, conseillère municipale de Morlaix, FDG

SEGALEN Pascal, conseiller municipal du Relecq-Kerhuon, PCF

STERVINOU Matthieu, conseiller municipal de Quimper, PS

TANGUY Jean-Marc, conseiller départemental, élu municipal et communautaire de Quimper, PS

THOMIN Mélanie, conseillère municipale de Quimper, PS

TROADEC Christian, maire de Carhaix, conseiller départemental

TUPIN Hugues, conseiller municipal de Douarnenez, PCF

TURLAN Émile, conseiller municipal de Landivisiau

VALLÉE Brigitte, conseillère municipale de Kergloff

VERMOT Jean-Paul, conseiller départemental, élu municipal et communautaire de Morlaix, PS

VIGNON Laurence, conseillère municipale de Quimper, PS

VIGOUROUX Gaëlle, conseillère régionale

VILMIN Jocelyne, conseillère déléguée du Relecq-Kerhuon

VULPIANI Sylviane, conseillère régionale, PS


 


 

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 05:42
Grève à la SNCF: la direction tente la dissasiuon massive (L'Humanité, Marion d'Allard)
Rail. Grève à la SNCF : la direction tente la dissuasion massive
MARION D’ALLARD
VENDREDI, 30 MARS, 2018
L'HUMANITE
 

En contestant le principe de 18 préavis de deux jours sur trois mois, les responsables de l’entreprise entendent retenir des jours de repos aux grévistes.

«Sabotage » contre « basses manœuvres », à la veille du coup d’envoi de la grève des cheminots, le ton monte entre organisations syndicales et direction de la SNCF. Alors que l’action des cheminots contre la réforme ferroviaire promet de mobiliser très largement les salariés du rail, la direction du groupe public ferroviaire « tente d’entraver l’expression des cheminots par la grève », dénonce la CGT, première organisation syndicale de la SNCF. En cause, entre autres, la multiplication des communications internes émanant de la direction à destination des salariés et dont le contenu, pour un agent qui hésiterait à se lancer dans l’action, peut paraître dissuasif. L’une de ces communications cristallise aujourd’hui la colère des syndicats.

« Un durcissement du droit de grève, jusqu’à l’illégalité »

Elle concerne les préavis de grève et les retenues de salaire et de jours de repos qui en découlent. En optant pour le principe d’une grève reconductible de deux jours tous les cinq jours, les syndicats de cheminots – à l’exception de SUD rail, dont l’appel à la grève est continu – ont fait le choix de « déposer un préavis de grève pour chaque période de quarante-huit heures, avec, à chaque fois, un motif différent parce que la loi nous l’impose », explique Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots. Or, et c’est là la pierre d’achoppement, la direction estime que les trois mois d’action constituent « un seul et même mouvement de grève ». Ce faisant, elle « met en avant des modalités de décompte des journées de grève clairement illégales », dénonce la CGT. En clair, « l’entreprise adapte la réglementation pour que la grève coûte le plus cher possible aux cheminots », poursuit Laurent Brun. Une réglementation qui stipule que, à partir de trois jours de grève, l’agent perd un jour de repos. En refusant de reconnaître le dépôt de 18 préavis de deux jours sur les trois mois de mobilisation, la direction de la SNCF « a décidé de manipuler les règles de rémunération et veut durcir, jusqu’à l’illégalité, le droit de grève », estime pour sa part SUD rail (troisième syndicat de l’entreprise). Mais, pour la CGT, « aucun doute ne subsiste sur la légalité (des) modalités » de la grève. Le syndicat en veut pour preuve un arrêt de la Cour de cassation du 30 janvier 2008 qui établit qu’« aucune disposition légale n’interdit l’envoi de préavis de grève successifs mentionnant des motifs différents » et voit, dans l’attitude de la direction, la preuve de sa « fébrilité (…) face à la détermination des cheminots et de leurs organisations syndicales ».

Des actions à gauche pour soutenir la mobilisation

Les formations de gauche signataires de l’appel pour la défense des services publics, publié en amont de la mobilisation du 22 mars, préparent des initiatives pour soutenir le mouvement de grève des cheminots, qui débutera mardi. Dès vendredi, Isabelle de Almeida (PCF), Olivier Besancenot (NPA), Benoît Hamon (Génération.s), notamment, doivent se retrouver dans la matinée pour une initiative commune à la gare de Lyon, à Paris. L’ex-porte-parole du NPA et le fondateur de Génération.s devraient se rendre jeudi prochain avec Pierre Laurent (PCF), Sébastien Jumel (député communiste) ou François Ruffin (député insoumis), à Woincourt (Somme) et au Tréport (Seine-Maritime), afin de mettre en lumière les dangers que fait peser la réforme du gouvernement sur les « petites » lignes et soutenir les cheminots.

journaliste
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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 05:36
Social: La "bataille du rail" débute (Le Télégramme, 2 avril 2018)... Et pour en savoir plus, ...
Paris, place de la République: Mai 68-Mai 2018: "ils commémorent, on recommence!"

Paris, place de la République: Mai 68-Mai 2018: "ils commémorent, on recommence!"

Les cheminots vont entamer, ce lundi soir, leur mouvement contre le projet de réforme d'un gouvernement déterminé à ne pas céder, malgré l'opposition unitaire des syndicats de la SNCF.

 

La grève à la SNCF, par épisodes de deux jours sur cinq, initiée par la CGT, l'Unsa et la CFDT (*), jusqu'au 28 juin commence ce soir.

 

Prédisant une mobilisation de grande ampleur, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a prévenu dans le Journal du Dimanche que « des lignes seront fermées. Cette grève sera très pénalisante pour nos clients ». Le mouvement « a été pensé pour avoir un maximum d'impact sur le trafic et être le plus économe possible pour les grévistes », a déclaré le patron de la SNCF.

 

L'entreprise ferroviaire a annoncé, dimanche, un trafic très perturbé pour mardi avec un TGV sur huit et, en régions, un TER et un Transilien sur cinq en circulation en moyenne. Les Intercités seront aussi fortement touchés, mardi, avec un train sur huit, selon ses prévisions.

 

Une prime pour les conducteurs occasionnels

 

Pour inciter des cadres à conduire des trains pendant la grève, la direction a proposé une prime de « conducteur occasionnel » d'un montant de 150 euros, signe d'une direction « aux abois », selon Erik Meyer (Sud Rail). Un « faux procès » pour la direction de la SNCF, cette prime ayant « pris effet au 1er janvier 2018 », a assuré un porte-parole.

De source gouvernementale, on dit s'attendre « à un mouvement social très lourd, très fort, avec un impact très dur sur les usagers du train ». Dimanche, dans Le Parisien, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a fustigé l'attitude « incompréhensible » des syndicats.

Les cheminots sont appelés à croiser le fer contre la suppression de l'embauche au statut à la SNCF, les modalités d'ouverture à la concurrence ou encore la transformation de la SNCF en société anonyme, ce qui ouvre la voie à une future privatisation, selon les syndicats.

« Une détermination tranquille et totale »

 

Le projet de réforme « vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique » et « ne réglera pas le sujet de la dette, ni celui des dysfonctionnements », affirment-ils dans leur préavis.

Face à ces critiques, le gouvernement joue la carte de la concertation, multipliant rencontres bilatérales, séances plénières et interventions médiatiques.

« Personne ne peut comprendre que les syndicats de cheminots engagent une grève longue et pénalisante alors que le gouvernement est dans le dialogue », estime Élisabeth Borne.

Invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, a souligné « la détermination tranquille et totale » du gouvernement, assurant qu'il n'y avait « aucun projet ni ouvert, ni caché de privatisation » de la SNCF.

* Sud-Rail appelle, lui, à une grève illimitée, reconductible par 24 heures, dès ce lundi.

 

 

Dans les airs, la collecte des déchets ou l'énergie, plusieurs appels à la grève ont été lancés à partir de ce lundi. Ils s'ajoutent au mouvement de la SNCF.

Air France.La compagnie sera touchée mardi, puis le 7 avril, par ses quatrième et cinquième journées de grève depuis le 22 février. Vendredi, le troisième appel à la grève, lancé par onze syndicats de tous métiers, avait entraîné l'annulation d'un quart des vols, selon la direction. Dimanche l'intersyndicale a annoncé une nouvelle grève les 10 et 11 avril.

Ces syndicats réclament une augmentation générale des salaires de 6 %. Ils jugent insuffisante la politique salariale de l'entreprise, compte tenu des efforts passés des salariés et des bons résultats de la compagnie en 2017. La direction a accordé une augmentation générale de 0,6 % au 1er avril et 0,4 % au 1er octobre. Elle affirme ne pas pouvoir offrir plus, sans fragiliser sa croissance.

Ramassage des déchets. Les fédérations CGT des Transports et des Services publics lancent un appel commun à la grève dans l'ensemble de la filière déchets à partir de mardi, « du balayeur à la collecte, au centre de tri, à l'incinérateur ».

Les syndicats réclament la création d'un « service public national » des déchets avec un « statut unique public » pour les salariés de la filière. Exigeant la « reconnaissance de la pénibilité » du travail dans ce secteur, ils demandent un départ anticipé à la retraite de cinq ans « à taux plein » pour tous et de dix ans pour les métiers « exposés à l'insalubrité et la pénibilité » (ramassage des ordures, agents de tri), ainsi qu'une réduction du temps de travail. Cette grève illimitée devrait toucher notamment Paris et sa région, celle de Marseille, Montpellier, ainsi que l'Est et le Nord, selon la CGT.

Énergie. La FNME-CGT, première organisation syndicale dans l'énergie, a commencé, dimanche, une grève qui doit durer « jusqu'au 28 juin », calquant son calendrier sur celui des cheminots.

Elle réclame notamment « l'organisation d'un nouveau service public de l'électricité et du gaz qui réponde à l'intérêt général ». Le syndicat veut aussi un « bilan de la déréglementation du secteur de l'énergie », « la fin de la libéralisation du marché de l'électricité et du gaz » et « un statut de l'énergéticien pour l'ensemble des salariés » de ce secteur.

Universités. Une fronde contre la loi modifiant l'accès à l'université (loi Ore, Orientation et réussite des étudiants), accusée d'instaurer un système de sélection, s'est emparée de plusieurs universités, notamment à Toulouse, Bordeaux, Paris, Rouen, tandis que les examens approchent. Elle a pris de l'ampleur après l'expédition punitive survenue à Montpellier pour laquelle le doyen et un professeur de la faculté de droit sont mis en examen.


Le Télégramme - 2 avril 2018 

 

 

 

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 05:23
Street art à Béthléem

Street art à Béthléem

Israël a rejeté les appels internationaux à une enquête indépendante après la mort, vendredi, de 16 Palestiniens tués par l'armée israélienne au cours d'une manifestation le long de la frontière entre Gaza et l'État hébreu. L'usage de balles réelles par l'armée israélienne est au coeur des interrogations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'Homme. Vendredi a été la journée la plus meurtrière dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014 : sur les plus de 1.400 blessés recensés, 758 l'ont été par des tirs à balles réelles. Les Palestiniens accusent les soldats israéliens d'avoir tiré sur des manifestants qui ne représentaient aucun danger immédiat. Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une « enquête indépendante » sur l'usage, par Israël, de balles réelles, une demande rejetée par l'État hébreu. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu (notre photo), a également rejeté toutes les critiques, félicitant même l'armée, « la plus éthique du monde »*. Les États-Unis ont, de leur côté, bloqué, samedi soir, un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'Onu appelant « toutes les parties à la retenue et à prévenir toute escalade supplémentaire » et demandé une enquête sur les affrontements.

*"Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a d’ailleurs félicité l’armée « pour avoir protégé les frontières du pays ». « Bravo à nos soldats », a-t-il écrit dans un communiqué."

En savoir plus, l

ire aussi: 

 
 
 
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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 05:13
Zeev Sternhell

Zeev Sternhell

« En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »

Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.

Par Zeev Sternhell (historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme), auteur de Ni droite ni gauche, l'idéologie fasciste en France

L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts.

Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers.

Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies.

Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.

 Tribune de Zeev Sternhell (publiée par Le Monde le 17 février 2018)

Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans.

A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ?

Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?

La réponse, dira peut-être l’historien, se trouve en microcosme dans les idées et les activités de deux importants députés de la majorité, Miki Zohar (Likoud) et Bezalel Smotrich (Le Foyer juif), fidèles représentants de la politique gouvernementale, récemment propulsés sur le devant de la scène.

Mais ce qui est plus important encore, c’est le fait que cette même idéologie se trouve à la base des propositions de loi dites « fondamentales », c’est-à-dire constitutionnelles, que la ministre de la justice, Ayelet Shaked, avec l’assentiment empressé du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, se propose de faire adopter rapidement par la Knesset.

Shaked, numéro deux du parti de la droite religieuse nationaliste, en plus de son nationalisme extrême, représente à la perfection une idéologie politique selon laquelle une victoire électorale justifie la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale, depuis l’administration jusqu’à la justice, en passant par la culture.

Dans l’esprit de cette droite, la démocratie libérale n’est rien qu’un infantilisme. On conçoit facilement la signification d’une telle démarche pour un pays de tradition britannique qui ne possède pas de Constitution écrite, seulement des règles de comportement et une armature législative qu’une majorité simple suffit pour changer.

« IL S’AGIT D’UN ACTE CONSTITUTIONNEL NATIONALISTE DUR, QUE MME LE PEN N’OSERAIT PAS PROPOSER »

L’élément le plus important de cette nouvelle jurisprudence est une législation dite « loi sur l’Etat-nation » : il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que le nationalisme intégral maurrassien d’antan n’aurait pas renié, que Mme Le Pen, aujourd’hui, n’oserait pas proposer, et que le nationalisme autoritaire et xénophobe polonais et hongrois accueillera avec satisfaction.

Voilà donc les juifs qui oublient que leur sort, depuis la Révolution française, est lié à celui du libéralisme et des droits de l’homme, et qui produisent à leur tour un nationalisme où se reconnaissent facilement les plus durs des chauvinistes en Europe.

L’impuissance de la gauche

En effet, cette loi a pour objectif ouvertement déclaré de soumettre les valeurs universelles des Lumières, du libéralisme et des droits de l’homme aux valeurs particularistes du nationalisme juif. Elle obligera la Cour suprême, dont Shaked, de toute façon, s’emploie à réduire les prérogatives et à casser le caractère libéral traditionnel (en remplaçant autant que possible tous les juges qui partent à la retraite par des juristes proches d’elle), à rendre des verdicts toujours conformes à la lettre et à l’esprit de la nouvelle législation.

Mais la ministre va plus loin encore : elle vient juste de déclarer que les droits de l’homme devront s’incliner devant la nécessité d’assurer une majorité juive.

Mais puisque aucun danger ne guette cette majorité en Israël, où 80 % de la population est juive, il s’agit de préparer l’opinion publique à la situation nouvelle, qui se produira en cas de l’annexion des territoires palestiniens occupés souhaitée par le parti de la ministre : la population non-juive restera dépourvue du droit de vote.

Grâce à l’impuissance de la gauche, cette législation servira de premier clou dans le cercueil de l’ancien Israël, celui dont il ne restera que la déclaration d’indépendance, comme une pièce de musée qui rappellera aux générations futures ce que notre pays aurait pu être si notre société ne s’était moralement décomposée en un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque 300 000 colons.

Aujourd’hui, la gauche n’est plus capable de faire front face à un nationalisme qui, dans sa version européenne, bien plus extrême que la nôtre, avait presque réussi à anéantir les juifs d’Europe. C’est pourquoi il convient de faire lire partout en Israël et dans le monde juif les deux entretiens faits par Ravit Hecht pour Haaretz (3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) avec Smotrich et Zohar. On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts.

Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens.

Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée.

Le spectre de l’apartheid Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance.

Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée.

POUR MIKI ZOHAR, LES PALESTINIENS “SOUFFRENT D’UNE LACUNE MAJEURE : ILS NE SONT PAS NÉS JUIFS”

La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité.

Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ». Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien.

Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite.

Le Monde a publié cette tribune le 17 février 2018 et le quotidien israélien de gauche Haaretz a publié une tribune du même auteur sur ce thème

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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 11:43
Auguste Blanqui

Auguste Blanqui

Blanqui l’Insurgé, l’Enfermé Conférence - Diaporama de Philippe FRECHET

Mercredi 18 avril 2018

– 15h00 - Maison du peuple

– 1 impasse Tréguier – 29600 Morlaix

Entrée gratuite

Cette conférence-diaporama dresse le portrait d’Auguste Blanqui (1805- 1881), inclassable et irréductible révolutionnaire qui passa plus de 33 ans en prison pour ses idées. Avec le support d’un diaporama illustré d’une riche iconographie et de tableaux didactiques, Philippe Fréchet retracera d’abord la vie du révolutionnaire ; il donnera lecture de quelques portraits de Blanqui (tracés par ses amis ou ses ennemis) ; enfin, un rapide panorama des idées sociopolitiques de l’époque tentera de situer l’insaisissable Blanqui (et ses émules, les « Blanquistes ») dans ce fouillis idéologique.

« Lorsque je travaillais sur des sujets touchant à l’histoire politique du XIXe siècle (que ce soit pour ma conférence sur Louise Michel, pour celle sur Élisée Reclus ou celle sur Jean Jaurès), chaque fois, j’ai rencontré des mots qui revenaient tel un refrain : « Blanqui », « le blanquisme », « les Blanquistes »... avec, toujours, une sorte d’aura de mystère autour de ces termes, sans que jamais les choses soient très claires... Blanqui et les Blanquistes étaient-ils socialistes, communistes, anarchistes, autre chose ? Pourquoi ce personnage récurrent fut-il, sur la scène politique, à la fois aussi présent et, en même temps, aussi absent (du fait, bien sûr, de ses nombreux et longs séjours en prison) ?

Qui était Auguste Blanqui ?

Que voulait-il exactement ?

Comment comptait-il l’obtenir ?

Cette conférence tente de répondre à toutes ces questions. », dit le conférencier.

Philippe FRECHET est un ancien enseignant. Conférence à l’initiative du Comité Trégor-Argoat des Amies et amis de la Commune de Paris 1871

http://commune-1871-tregor.monsite-orange.fr

Blanqui, "l'Enfermé" au Château du Taureau pendant la Commune de Paris en 1871

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