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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 06:39
Ahmad a retrouvé le plaisir du piano, mais il craint toujours pour sa sécurité et préfère cacher son visage. | Photo : Ouest-France

Ahmad a retrouvé le plaisir du piano, mais il craint toujours pour sa sécurité et préfère cacher son visage. | Photo : Ouest-France

 

Ahmad est Afghan. Et sur les routes de l’exil depuis cinq ans. Dans le pays de Saint-Pol, il a trouvé des soutiens. Une pétition en ligne accompagne son souhait de rester ici.

« Ahmad travaille avec nous et nous avons appris à bien le connaître. Nous pouvons affirmer qu’il est généreux, courageux et travailleur : il est toujours disponible. Nous avons besoin de lui. Ahmad a su créer des liend’amitié. » Dans le haut Léon, les bénévoles des Restos du cœur connaissent bien Ahmad. Et pour cause, il est l’un de leurs bénéficiaires. Mais, s’il reçoit, il sait aussi offrir.

Deux fois par semaine, Ahmad cultive « son jardin, avec les jardiniers bénévoles de Saint-Pol ». Un jardin qui produit des légumes pour la distribution aux Restos du cœur.

Mais ce jeudi, une notification doit lui être remise, pour un renvoi vers l’Italie, le pays par lequel il est entré dans l’espace européen après des années d’exil.

Chemins d’exil

Ahmad a une trentaine d’années. Très jeune, il a dû fuir l’Afghanistan, avec ses parents. La famille s’est installée au Pakistan, où Ahmad s’est marié, a eu des enfants et menait une vie paisible dans un commerce. « Mais il a fallu partir, raconte-t-il. Une loi nouvelle des talibans a privé les étrangers de tous droits, on encourait la mort. » C’était au début de l’année 2012…

Seul, sans sa femme et ses enfants, Ahmad entame un long chemin d’exil. Par la Hongrie, avant l’Italie. Toujours avec la même peur au ventre, celle d’être rejeté. Un jour, parvenu en Italie, alors qu’il s’absente pour aller chercher une autorisation régulière qui lui permettrait de gagner la ville de Bari, il perd tout et doit repartir vers la Hongrie. Il y passera encore deux années, à vivre dans les rues.

Puis il arrive à Paris, suivi de Rennes, et enfin, depuis plusieurs mois, dans le pays léonard, où il est entouré d’un réseau solide de citoyens. « Je ne souhaite rien de plus que continuer ici la reconstruction de ma vie », dit Ahmad.

Une pétition en ligne

Ses soutiens redoutent un renvoi vers l’Italie : « Cela signifierait pour lui un nouveau déracinement, sans soutiens locaux, dans un pays déjà débordé par les demandeurs d’asile et un retour certain à une extrême précarité », soulignent-ils. Ils vont plaider sa cause auprès du préfet du Finistère : « Nous souhaitons que le renvoi vers l’Italie soit annulé et que l’opportunité soit laissée à Ahmad de déposer une demande d’asile en France. »

La Ligue des Droits de l’homme, les collectifs migrants Roscoff Saint-Pol, les Jardiniers du cœur ont lancé une pétition en ligne pour lui permettre de déposer une demande d’asile.

À Saint-Pol, Ahmad, qui maîtrise l’anglais, prend aussi des cours de français. Et il s’est remis au piano. « Pourquoi je veux rester ici ? Parce que je me sens à ma place alors que je ressens le danger ailleurs. Il n’est pas facile de vivre, éloigné de ma femme et de mes enfants. Et je ne peux envisager de rentrer au Pakistan, sinon pour y être en danger. »

Informée de la situation, Sandrine Le Feur, députée de Morlaix, fait savoir « qu’elle compte s’entretenir dans les plus brefs délais avec le préfet, pour l’alerter sur le cas de cette personne. »

 
AHMAD est sur les routes depuis fin 2012. Malgré toutes les galères qu'il a enduré, il ne se départi pas d'une grande gentillesse et d'un grand calme qui force l'admiration . Pourquoi le renvoyer en Italie, pays où il vient de passer 2 années à la rue alors qu'il était demandeur d'asile .
Italie qui ne peut plus seule accueillir toutes ses femmes ,hommes et enfants qui sont bien obligés d'arriver par ses rivages . 
Macron parle de mise à l'abri et d'intégration... et met en place tout un système de tri et d'expulsion. 
L'intégration il n'en a cure quand on voit comment les services de l'état jamais ne tiennent en considération tous les témoignages concordant qui disent la bonne integration d'un tel ou d 'un tel . 

Face à une grosse machinerie d'expulsion que l'europe ne dénonce pas bien au contraire , nous n'avons que notre force citoyenne , alors même si cela vous semble une goutte d'eau , s'il vous plait signez et transmettez ; les personnes en procédure dublin sont bien plus considérées comme des balles de ping pong que comme des êtres en souffrance .. et c'est une honte

https://www.change.org/p/m-le- pr%C3%A9fet-du-finist%C3%A8re- pour-que-ahmad-ne-soit-pas- renvoy%C3%A9-en-italie-et- puisse-faire-une-demande-d- asile-en-france?recruiter= 471457754&utm_source=share_ petition&utm_medium=copylink& utm_campaign=share_petition

AHMAD est sur les routes depuis fin 2012. Malgré toutes les galères qu'il a enduré, il ne se départi pas d'une grande gentillesse et d'un grand calme qui force l'admiration . Pourquoi le renvoyer en Italie, pays où il vient de passer 2 années à la rue alors qu'il était demandeur d'asile .
Italie qui ne peut plus seule accueillir toutes ses femmes ,hommes et enfants qui sont bien obligés d'arriver par ses rivages . 
Macron parle de mise à l'abri et d'intégration... et met en place tout un système de tri et d'expulsion. 
L'intégration il n'en a cure quand on voit comment les services de l'état jamais ne tiennent en considération tous les témoignages concordant qui disent la bonne integration d'un tel ou d 'un tel . 

Face à une grosse machinerie d'expulsion que l'europe ne dénonce pas bien au contraire , nous n'avons que notre force citoyenne , alors même si cela vous semble une goutte d'eau , s'il vous plait signez et transmettez ; les personnes en procédure dublin sont bien plus considérées comme des balles de ping pong que comme des êtres en souffrance .. et c'est une honte

https://www.change.org/p/m-le- pr%C3%A9fet-du-finist%C3%A8re- pour-que-ahmad-ne-soit-pas- renvoy%C3%A9-en-italie-et- puisse-faire-une-demande-d- asile-en-france?recruiter= 471457754&utm_source=share_ petition&utm_medium=copylink& utm_campaign=share_petition

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:07

 

Député communiste de Seine-Maritime, porte-parole du groupe GDR, Sébastien Jumel demande une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur l’affaire Lactalis, ses possibles conséquences en matière de santé et les défaillances du contrôle de l’Etat. Un scandale qui survient à l’issue des états généraux de l’alimentation.

 

Le scandale du lait contaminé à la salmonelle de l’usine Lactalis révèle des failles incroyables dans les procédures de sécurité alimentaire.

Il met en lumière l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat et de ses moyens, l’Etat qui n’apparaît plus en capacité d’imposer le respect de la loi à des intérêts privés très puissants dans le secteur de l’agroalimentaire qui n’hésitent pas à s’affranchir de leurs obligations au risque même de mettre en péril la sécurité des consommateurs, des intérêts qui bravent les interdits, préférant payer des amendes pour leurs infractions que de respecter les règles de transparence les plus élémentaires.

 

C’est inacceptable et nous allons demander la constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les agissements de l’entreprise de transformation au centre de cette affaire et leurs conséquences possibles sur la santé de nos concitoyens, sur les défaillances de la chaîne de contrôle, sur l’incapacité du gouvernement à imposer l’ordre républicain face à des intérêts privés puissants.

 

Cette affaire survient à l’issue des états généraux de l’alimentation. Elle jette un doute sur l’efficacité réelle des mesures envisagées à l’issue de cette consultation. Des mesures qui devront se traduire dans la loi avec pour objectifs d’imposer aux entreprises de transformation alimentaire, dont Lactalis, et au secteur de la distribution une inversion dans la construction des prix afin d’assurer aux producteurs-agriculteurs-éleveurs des prix rémunérateurs. Des mesures qui devront assurer la traçabilité sur la qualité des produits vendus dans le commerce, au bénéfice des consommateurs.

 

Comment l’Etat, aujourd’hui l’arme au pied contre un groupe privé dans une affaire grave de sécurité alimentaire, fera-t-il demain pour imposer à ce dernier et aux autres entreprises du secteur des règles en matière de prix agricoles ?

 

Depuis de nombreuses années, les producteurs agricoles mobilisés pour défendre leur métier dénoncent l’arrogance, la loi du plus fort que font régner des groupes comme Lactalis mais aussi Bigard. Ce dernier a récemment refusé de se soumettre à une obligation de présence devant la représentation nationale dans le cadre des travaux parlementaires.

 

Il est temps que la légalité républicaine reprenne le dessus sur la puissance de l’argent. C’est le message de fond de cette affaire.

SCANDALE LACTALIS : « IL EST TEMPS QUE LA LEGALITE REPUBLICAINE REPRENNE LE DESSUS SUR LA PUISSANCE DE L’ARGENT » (SEBASTIEN JUMEL)
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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:05

Alors que les migrants continuent à tenter d’atteindre l’Europe et que les drames se succèdent en Méditerranée, les Etats Européens, dont la France, ne parlent que de fermeture des frontières, de contrôle et de « trié. Trous eurodéputé-e-s s’en insurgent. Avec Eva JOLY (Verts – ALE), Christine REVAUKT (S et D) et Patrick LE HYARIC (GUE – GNV)

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:01

 

À l'occasion de l'année qui s'ouvre, le gouvernement essaye de rééquilibrer la perception qu'ont les Français de son action. Le président de la République avait en personne donné le la en tentant de capter l'intérêt de la jeunesse lors de ses voeux télévisés de nouvel an. D'où cette volonté de mettre le thème d'un « nouveau projet social » au coeur de son action. L'inflexion dans les mots est nette par rapport à l'image désastreuse de « présidence des riches » qui s'est peu à peu imposée. Elle est moins évidente dans la réalité.

Jusque-là, le président marquait son ambition de « libérer le pays » à coups de réformes emblématiques allant de la suppression de l'ISF au remodelage du Code du travail, sans guère se soucier des conséquences sociales de sa politique. Voici un Emmanuel Macron qui, comme s'il s'agissait là de simples « malentendus », affirme qu'il ne laissera personne au bord de la route. Et, dans un contre-pied pour le moins spectaculaire, de multiplier les promesses : un toit pour tous, le développement des réseaux de télécommunications et de transport, des prix agricoles rémunérateurs...

Pourtant, il y a loin du discours à la réalité. Le changement ne se lit ni dans la forme ni sur le fond. D'abord, pas de pause dans les réformes. « Les transformations se poursuivront avec la même force en 2018 », affirme le président, qui précise « qu'il n'arrêtera pas d'agir ».

Dix projets de loi sont ainsi inscrits au calendrier parlementaire, si l'on en croit le premier ministre. Ensuite, le fond des orientations ne change guère, comme le montre l'ordre du jour des réformes programmées. Le texte essentiel qui sera discuté au printemps prochain concernera l'entreprise. Il se pare de l'acronyme Pacte, pour plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, et annonce diverses mesures en faveur de l'entreprise, des allègements d'impôts au relèvement des seuils sociaux. La réforme annoncée de la participation, quant à elle, ne remplacera pas les augmentations de salaire, qui sont tant attendues.

La réforme de l'indemnisation du chômage se concrétiserait par un contrôle renforcé des ayants droit. Côté formation professionnelle, l'idée centrale est de remettre les clés du système aux entreprises. Enfin, l'année 2018 sera celle de la relance des privatisations.

Dans ce contexte, le message en direction des jeunes est lui-même plein d'ambiguïté. En doublant ses voeux par la diffusion d'un résumé sur les réseaux sociaux, le président de la République a voulu faire coup double. Pour, in fine, se contenter de mettre en avant la responsabilité individuelle de chacun, oubliant à dessein le rôle de la puissance publique et de la responsabilité du chef de l'exécutif en la matière.

Le calcul est simple. Emmanuel Macron entend plus que jamais profiter des faiblesses des différentes forces d'opposition pour mener à bien ses projets de réformes. Miser sur une vie politique sans ressort, une gauche divisée, un syndicalisme désuni, un débat public paralysé est sans doute de bonne guerre mais aggrave les périls.

En ces temps troublés, que va devenir le contenu d'une démocratie déjà bien malade, si l'appel à l'unité nationale sert de paravent à la mise en oeuvre, à la hussarde, d'une politique dictée par les seules lois de la rentabilité financière ?

(*) Économiste et syndicaliste.

 

 

L'APPEL À L'UNITÉ NATIONALE N'ÔTE RIEN À L'ORDRE DU JOUR DES RÉFORMES ET NE REMET EN CAUSE AUCUNE DE LEURS ORIENTATIONS.

 

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 07:09
Calais: Le J'accuse des militants solidaires (L'Humanité, mardi 16 janvier 2018)

4 migrants sont morts à Calais en 2017, en 2016 ils étaient 14 et 18 en 2015. Sur instruction du sinistre Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur qui n'a rien à envier à ceux d'autres époques, les policiers lacèrent les tentes des migrants par grand froid, leur interdisent l'accès aux abris, les gazent et les brutalisent, détruisent leurs effets personnels en plus parfaite contradiction avec les engagements internationaux en matière de traitement des réfugiés et de respects des droits de l'homme. Les mineurs isolés qui tentent souvent de rejoindre leurs familles en Angleterre sont victimes de toutes les exploitations. 

C'est le dossier de L'Humanité du mardi 16 janvier, une série de témoignages sur la situation des exilés à Calais. Morceaux choisis:  

Khan Mouzié: "Personne ne peut supporter les conditions dans lesquelles nous vivons, à Calais"

"Monsieur le président, je souhaite demander l'asile en France, j'ai traversé de nombreux pays pour parvenir jusqu'ici, l'Iran, la Turquie, les Balkans... On m'a obligé à plusieurs reprises à donner des empreintes digitales. Pour cette raison, parce que mes empreintes sont enregistrées dans d'autres pays européens, vous refusez de m'accorder la protection de la France. Nous sommes nombreux dans cette situation à Calais. Nous essayons maintenant de passer en Angleterre parce que, nulle part en Europe, on n'a voulu nous accueillir. Monsieur le président, personne ne peut supporter les conditions dans lesquelles nous vivons ici, à Calais. Les nuits sont froides et, régulièrement, vos policiers jettent nos affaires dans des bennes à ordures. A deux reprises, ils m'ont cassé la main. Un matin même, j'ai été gazé pendant que je faisais ma prière. Monsieur le président, je souhaite de tout mon coeur pouvoir vivre en France et y apporter mon savoir-faire. Pourquoi me condamnez-vous à cette vie-là?"

Mathilde Robert: "L'une des politiques les plus dures jamais menées en matière d'immigration" 

"Cela fait deux mois que je suis arrivée à Calais comme volontaire à l'Auberge des migrants, à la fin de mes études. Ce que je veux dire à Emmanuel Macron, c'est que personne n'est dupe. Sous ses beaux discours, il conduit avec Gérard Collomb l'une des politiques les plus dures et inhumaines jamais menées en matière d'immigration. Leur cynisme me dégoûte. La réalité, c'est que, à Calais, trois personnes sont mortes et une à été très grièvement blessée en tentant de franchir la frontière au cours du dernier mois. La réalité, c'est que la frontière et leurs politiques tuent. Harcèlement policier permanent, violence, destruction régulière de leurs maigres effets, refus d'ouverture des hébergements d'urgence disponibles... les exilé.e.s sont désespéré.e.s et prennent tous les risques. J'ai honte que cela se déroule dans mon pays, dont la devise républicaine est "Liberté, égalité, fraternité". L'un des exilés, apprenant que j'étais française: "I learned one thing in french, in Calais. It's: Allez, dégage!"   

Hervé Caux, secrétaire général CGT du port de Calais: "Les exilés doivent accéder plus facilement à l'asile et au travail" 

"Monsieur le président, ceux qui travaillent sur le port de Calais ont eu de nombreuses occasions de subir l'échec des méthodes inefficaces de vos prédécesseurs pour gérer les difficultés liées à la présence à Calais, d'exilés désireux de passer en Grande-Bretagne. Depuis votre élection, nous continuons d'en faire les frais chaque jour. Comment travailler sereinement quand vous savez qu'une femme ou un enfant risque peut-être sa vie derrière les portes d'un camion? Et lorsque vous l'ouvrez, et que vous voyez leur regard, comment ne pas comprendre que les solutions de l'extrême-droite ne sont pas les bonnes? Il s'agit d'êtres humains en détresse. La solution, monsieur Macron, est que ces exilés accèdent plus facilement à l'asile et au travail. Faute de quoi, l'Angleterre restera un eldorado et les travailleurs du port continueront de faire les frais de politiques inhumaines menées depuis vingt ans. Quelles réponses concrètes apportez-vous, par ailleurs, aux conséquences sociales et économiques du Brexit, qui s'annoncent dévastatrices?"

François Guénoc, vice-président de l'Auberge des migrants: "Vous ne gagnerez pas la guerre d'usure contre les exilés et leurs soutiens"  

"Monsieur le Président, vous venez ce mardi sur la frontière britannique à Calais. Ici, nous, bénévoles et militants, travaillons depuis plus de vingt ans pour aider les exilés à survivre et trouver une place en Europe, à l'abri des guerres, de la répression, de la misère. Au lieu d'avoir à nos côtés le gouvernement de la République, nous devons faire face à la police. Et solliciter la solidarité d'autres citoyens pour abriter, fournir des vêtements et les sommes nécessaires pour préparer et distribuer des repas. Nous devons travailler avec les exilés dans la rue, le vent et la pluie. Le projet de loi que votre ministre de l'intérieur vient de présenter aux associations n'est qu'une aggravation de la politique menée par vos prédécesseurs. Politique qui a fait la preuve de son inhumanité, de son coût exorbitant et de son inefficacité. Vous avez décidé de mener une guerre d'usure contre les exilés, les bénévoles et les militants. Vous ne la gagnerez pas. Appuyés sur la devise républicaine et nos valeurs de solidarité, nous ne baisserons jamais les bras".   

Calais: Le J'accuse des militants solidaires (L'Humanité, mardi 16 janvier 2018)
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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 07:01
L'honneur est sauf et les lobbies n'ont pas triomphé: le Parlement européen vote l'interdiction de la pêche électrique le mardi 16 janvier 2018

Des député.e.s européens Verts ( Verts-ALE ), ceux de la Gauche unitaire européenne ( GUE-GVN ) dont font partie les trois députés européens communistes ou Front de Gauche, Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu, Marie-Christine Vergiat, et certains député.e.s socialistes, notamment français.e.s, avaient enfoncé le clou, exigeant des explications de la Commission européenne, accusé d’être allée à l’encontre de ce rapport, et peut-être même d’en avoir sciemment caché les conclusions. Ce dernier épisode, mettant en cause la bonne foi de la Commission européenne dans le dossier de la pêche électrique, a sans doute dû peser lourd dans le choix des députés européens au moment du vote. Il reste maintenant à savoir comment la Commission européenne va tenir compte de ce vote du Parlement. Les députés, y compris les députés français de droite, ont promis de veiller à l’application effective de l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

 

Le Parlement européen vote l’interdiction de la pêche électrique
JEAN-JACQUES RÉGIBIER
MARDI, 16 JANVIER, 2018
HUMANITE.FR
Par 402 voix pour, 232 contre et 40 abstentions, les députés européens ont voté « l’amendement 303 » interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes

Les députés européens ont voté ce midi à une large majorité un amendement interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes.

Ce matin (mardi 16 janvier), le résultat était encore loin d’être acquis, malgré une forte mobilisation au cours des derniers jours des ONG et des députés européens opposés à la pêche électrique. Le vote qui s’est déroulé vers 13h au Parlement européen, a permis de lever tous les doutes.

Par 402 voix pour, 232 contre et 40 abstentions, les députés européens ont voté « l’amendement 303 » interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes. Une victoire saluée par tous ceux qui ont activement milité pour l’interdiction de cette pratique halieutique destructrice de la ressource et des fonds marins, tout particulièrement les Verts et la Gauche unitaire européenne, ainsi que certains socialistes et des députés libéraux et de droite.

L’écologiste Yannick Jadot (Verts-ALE) souligne l’importance qu’a eue la mobilisation citoyenne très large, impliquant les ONG et des associations, les pêcheurs artisanaux, les scientifiques, une partie de la grande distribution ainsi que des chefs de cuisine, pour aboutir à ce vote. « Une très belle victoire, » se réjouit-il, « contre une pêche terriblement néfaste, une véritable arme de prédation massive. » Même réaction du côté de la Gauche unitaire européenne. Même réaction pour Younous Omarjee (GUE-GVN), qui s’est particulièrement impliqué contre la pêche électrique, et parle d’« un vote historique et d’une « immense victoire, » qu’il attribue également à la large mobilisation citoyenne. Même si tous les doutes ne sont pas levés sur le devenir à terme de ce mode de pêche, tous les défenseurs de l’environnement et d’une pêche plus respectueuse de la ressource, ont poussé ce matin un ouf ! de soulagement.

Des dérogations illégales

La pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998, comme elle l’est dans les autres continents, mais des dérogations avaient été accordées depuis 2006, autorisant la pêche électrique à des fins scientifiques, sans que ce mode de capture puisse cependant dépasser les 5% de l’ensemble des pêches pratiquées en Europe. Mais les pêcheurs des Pays-Bas s’étaient engouffrés dans la brèche, dépassant largement les quotas autorisés, puisque 28% de la flotte néerlandaise pratiquerait actuellement la pêche électrique. L’Union européenne, allant elle-même au delà de ses propres recommandations, aurait accordé 87 licences aux Pays-Bas pour ce type de pratique, sous la pression des lobbies néerlandais, selon les opposants à ce mode de pêche. Ceux-ci ont fait valoir, tout au long du débat animé qui a précédé le vote du Parlement européen, et études à l’appui, que la pêche électrique ravage les fonds marins, détruisant les écosystèmes et les zones de reproduction. Ils ont également dénoncé les conséquences sociales de cette pratique halieutique, qui défavoriserait les pêcheurs au chalut traditionnel, fileyeurs et petits pêcheurs côtiers. Les représentants des pêcheurs du Boulonnais et du Dunkerquois ont pu témoigner de la baisse drastique de leurs prises, suite à l’accroissement de la pêche électrique par les bateaux néerlandais, dans leurs zones de pêche, au sud de la Mer du Nord.

Les défenseurs du projet avaient mis en avant l’efficacité supérieure de ce procédé de pêche qui rapporterait 4 à 5 fois plus de poissons que la pêche classique au chalut, permettant également d’économiser du carburant pour les navires qui, sortant moins longtemps et consomment moins d’énergie.

Le débat technique sur les dégâts produits par ce type de pêche est monté d’un cran il y a quelques jours quand Bloom, une ONG spécialisée dans les questions halieutiques, a révélé que la Commission européenne n’avait pas tenu compte d’un long rapport d’expert de 2006 qu’elle avait elle-même commandée, et qui était défavorable à la pêche électrique. Les experts scientifiques de l’UE mettaient en garde « contre les problèmes qui devraient être résolus pour accorder des dérogations, » ce qui n’a jamais été fait. Des député.e.s européens Verts ( Verts-ALE ), ceux de la Gauche unitaire européenne ( GUE-GVN ) et certains député.e.s socialistes, notamment français.e.s, avaient enfoncé le clou, exigeant des explications de la Commission européenne, accusé d’être allée à l’encontre de ce rapport, et peut-être même d’en avoir sciemment caché les conclusions. Ce dernier épisode, mettant en cause la bonne foi de la Commission européenne dans le dossier de la pêche électrique, a sans doute dû peser lourd dans le choix des députés européens au moment du vote. Il reste maintenant à savoir comment la Commission européenne va tenir compte de ce vote du Parlement. Les députés, y compris les députés français de droite, ont promis de veiller à l’application effective de l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

Lire aussi :

Le communiqué du Parlement européen

L’Union européenne face au côté obscur de sa flotte

Notre entretien avec Claire Nouvian directrice de l'association Bloom

Pêche électrique : l’UE à contre-courant

Peche-electrique-technique-innovante-ou-a-des-fins-industrielles ?

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 06:48
Photo : Pierre Pytkowicz

Photo : Pierre Pytkowicz

Dans L'Humanité du mardi 16 janvier, un très bel article de Nicolas Dutent rend hommage à Jean Salem, le fils d'Henri Alleg, l'auteur de la question, journaliste et militant communiste pro-indépendance torturé par les parachutistes en Algérie, et de Gilberte Alleg. Né en Algérie le 16 novembre 1952, le professeur de philosophie à la Sorbonne, spécialiste d'Epicure, de Démocrite et de Lucrèce, comme de Marx, penseur et passeur joyeux du matérialisme antique, auteur d'une quarantaine d'ouvrages, est décédé d'un cancer contre lequel il a lutté deux ans ce week-end. A contre-courant dans le milieu intellectuel français, particulièrement entre la fin des années 80 et les années 90, il était resté un militant communiste et un défenseur du marxisme. 

Jean Salem: "Lutter pour de belles causes, c’est déjà le chemin du bonheur"
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR DIEGO CHAUVET
LUNDI, 15 JANVIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

Le philosophe et grand intellectuel marxiste, professeur de philosophie à Paris-Panthéon la Sorbonne est mort le 14 janvier à l'âge de 65 ans. Ses principaux travaux de recherche portent sur la philosophie des atomes et sur la pensée du plaisir. Il était le fils d’Henri Alleg qui avait publié pendant la guerre d’Algérie, La Question, le premier grand livre sur la torture, qui fut longtemps censuré. Nous vous proposons de relire l'entretien qu'il avait accordé le 13 février 2015 à l'Humanité Dimanche.

Philosophe, professeur à la Sorbonne, animateur du séminaire « Marx au XXIe siècle », Jean Salem est aussi le fils d’Henri Alleg, l’auteur de « la Question », emprisonné durant la guerre d’Algérie. Arrivé, comme il le dit, à l’âge des « anecdotes », le philosophe épicurien livre dans son nouvel ouvrage ses réflexions sur l’état du monde, la dégénérescence des gauches en Europe, mais aussi ses propres passions intellectuelles. Il juge aussi avec sévérité les évolutions de son parti, le PCF, ces trente dernières années. Jean Salem ne se sent pas obligé d’être optimiste dans une époque qu’il qualifie de décadente. Mais il propose des voies pour construire un bonheur durable. Entretien.
 
HD. Vous avez choisi la forme d’un entretien pour ce nouveau livre. Pourquoi ?
Jean Salem. Peut-être à cause du penchant narcissique à raconter sa vie... et au fait que je suis arrivé à l’âge de l’« anecdotage ». Ça a aussi été une proposition d’Aymerick Monville, mon éditeur.
 
HD. En dehors de l’âge des anecdotes, la période tourmentée que nous traversons a-t-elle justifié la publication de ce livre ?
J. S. J’ai écrit un certain nombre de livres : sur le bonheur, sur Lénine, le matérialisme antique, Maupassant... Et outre de multiples voyages universitaires, depuis cinq ou six ans, j’ai fait beaucoup de voyages « académicopolitiques » ou de militant. En Corée du Sud notamment, où je travaille avec des camarades dont le parti a été interdit en décembre 2014 (le Parti progressiste unifié, marxiste – NDLR). Durant ces trente dernières années, on nous a expliqué que l’Union soviétique, c’était pire que le nazisme. Que de notre histoire à nous, les communistes, nous ne pourrions qu’avoir honte. Aujourd’hui, avec le séminaire sur Marx que j’anime à la Sorbonne depuis 2005, je vois revenir l’intérêt pour le marxisme alors que les étudiants avaient tendance à poser leur stylo lorsqu’on l’évoquait... J’observe en même temps un regain militant au sein du PCF, notamment la création de cercles de jeunesses communistes très actifs. Issu d’une famille qui s’est réfugiée en Union soviétique, mais ayant été peu élevé par mes parents du fait des années de clandestinité et d’emprisonnement de mon père, j’ai été aussi influencé par la partie de ma famille qui n’était pas communiste, qui estimait merveilleux qu’Israël existe. J’ai pensé que ça pouvait servir à comprendre qu’arriver au communisme, aux idées justes, est un cheminement : on enlève des oeillères, on oublie sa tribu et ses soi-disant racines... Le « cinéma » identitaire court les rues. Et on manque d’organisations qui fédèrent tout le monde sur des idées générales et pas sur la basquitude, la corsitude... Je ne suis pas contre ces revendications, mais on s’est égaré dans une telle fragmentation de revendications parcellaires, de victimisations, que la pensée unique n’a plus de mal à nous dominer tous.
 
« SI ON OBSERVE UN REGAIN MILITANT AU SEIN DU PCF, IL NOUS FAUT UNE ORGANISATION DE COMBAT POUR LE RENFORCER. »
 
On doit beaucoup de choses à Robespierre, à la révolution soviétique, et on doit encore plus de choses à l’histoire du mouvement ouvrier au XXe siècle. On va droit dans le mur si on ne rappelle pas ces hauts faits.
 
HD. Vous êtes en accord avec l’essai écrit par Domenico Losurdo sur « l’autophobie des communistes » à la fin du XXe siècle, que vous citez (1). Vous consacrez un passage à ceux que vous qualifiez de « liquidateurs » du PCF dans les années 1990. Quel est votre regard sur l’évolution du Parti aujourd’hui?
J. S. Dans les réunions de cellule, auxquelles j’ai pu assister ces dernières années, j’ai surtout vu des gens des classes moyennes... La tactique de Front de gauche a « fait ses preuves » dans des pays comme l’Espagne : Izquierda Unida apparaît comme un parti corrompu comme les autres... Chez nous, ça n’a pas pris la même tournure. Mais si le Front de gauche a créé un mouvement qui a permis une belle campagne à quelqu’un qui ne vient pas de chez nous, qui a fait se redresser la tête à beaucoup de gens en France, ce front électoral s’est ensuite écroulé. Cependant, je pense qu’il y a un redressement en ce moment au sein du PCF. Nous avons besoin d’une organisation de combat pour le renforcer.
 
HD. Vous citez l’exemple du Front de gauche. Vous n’épargnez pas Syriza en Grèce... Maintenant qu’ils sont au pouvoir, est-ce un événement positif ?
J. S. Il ne faut pas avoir raison trop tôt. Tous les révolutionnaires merveilleux que je peux connaître dans le monde me signalent que tous ceux qui ont quitté le parti communiste grec pour en dire le plus grand mal sont membres de Syriza. Les gens du PASOK qui ont senti le vent tourner aussi... Mais à mon avis, Syriza n’est qu’une variante de la social-démocratie adaptée à 2015, à l’époque de la colère des peuples. Je pense que l’on doit comprendre que le modèle qui tend à donner de l’importance à l’État, à collectiviser certaines activités économiques, permet de lutter contre l’individualisme, les guerres, la vénalité, la capacité à vendre tout et n’importe quoi, y compris les êtres humains...
 
« DISPARU DU PROGRAMME DE L’AGRÉGATION DURANT 40 ANS, MARX REDEVIENT UN VÉRITABLE PHÉNOMÈNE. SES OUVRAGES PARTENT COMME DES PETITS PAINS. »
 
HD. Ce qui signifie pour vous que les compromis sont impossibles ?
J. S. Dans une période de crise totale, on ne peut pas refaire le monde. Il faut être dans la société. Le PCF ne cesse de le répéter et il a raison, mais il faut aussi rappeler le passé et les intérêts que servent ceux avec qui l’on peut s’allier.
 
HD. Vous ne vous sentez pas obligé d’être optimiste aujourd’hui, comme on pouvait ne pas l’être en 1938 ou en 1914, écrivez-vous... La veille des deux guerres mondiales ?
J. S. Dans « Lénine et la Révolution », j’écris que nous sommes dans une sorte de pièce de Tchekhov. On ne sait pas ce qui va venir, mais on sent que ça va venir. Guerre ? Fascisme ? Révolution ? Des dirigeants comme Hugo Chavez ou Fidel Castro ont souligné ces dangers qui montent d’un peu partout.
 
HD. Pour le philosophe marxiste et épicurien que vous êtes, existe-t-il dans une telle période des raisons d’être heureux ?
J. S. Dans nos sociétés de plus en plus sombres, atomisées, on ne cesse de parler de repli sur la famille. Paradoxalement, il y a de plus en plus de personnes isolées. Je ne veux pas jouer les professeurs de bonheur, mais je crois qu’il faut savoir lutter contre tous ces petits plaisirs frelatés qui nous tombent dessus pour nous donner trois minutes de bonheur, et s’efforcer de trouver du bonheur dans la durée. Il n’est pas seulement celui de la famille, il peut être aussi celui d’un travail passionnant, du voyage... Mais je parle bien de sources de plaisir solide, durable. Ensuite, lutter pour de belles causes est source d’un bonheur spécifique. Malgré l’atomisation des luttes, je vois des choses magnifiques. J’admire ces gens, souvent chrétiens, qui, dans le nord de la France, risquent des années de prison en hébergeant des frères venus du bout du monde et traqués par la police parce que sans papiers. Pour moi qui ai pas mal de chances, au pluriel, un de mes plaisirs c’est de retrouver des militants qui ressemblent à ceux de générations précédentes, ou à ces jeunes communistes dont j’ai parlé précédemment...
 
HD. Comment expliquez-vous le regain d’intérêt pour Marx dans un contexte où, selon la pensée unique que vous combattez, le bonheur ne peut être qu’individuel ?
J. S. Si Marx n’a plus été au programme de l’agrégation pendant quarante ans, il est redevenu un véritable phénomène. Les rééditions de ses ouvrages partent comme des petits pains. On s’accorde aujourd’hui à constater que le délire néolibéral est en fin de course. Au moins sur le plan idéologique. Plus personne ne peut supporter le discours qui fait de nous des sortes de grands singes mus uniquement par la concurrence et l’envie d’être le premier. À force d’entendre prôner une société de rentabilité maximale, les gens ont commencé à faire le bilan. Dans une société où il n’y a besoin que d’entrepreneurs, on considère que ne sont pas rentables la philosophie, l’histoire, la musique, l’humour, l’amour... Mais les gens sont des humains. Et les humains ne sont pas du tout cet homme abstrait défini de façon délirante par le néolibéralisme. En philosophie, on n’en a rien à faire de la concurrence. On lit les livres passionnants, et plus il y en a, mieux on se porte.
 
POUR EN SAVOIR PLUS

 
 
 
Le propos peut parfois paraître féroce lorsqu’il y dit ses vérités... Mais le livre est avant tout vivant et agréable à lire. La forme de l’entretien y est pour beaucoup. Jean Salem y est interrogé par l’un de ses pairs, Aymeric Monville : on le comprend vite, les deux philosophes tombent très souvent d’accord. Mais le parcours de Jean Salem, indissociable de son propos, en fait un ouvrage de réflexion ancré dans la vie, dans la biographie d’un homme plongé dès son enfance dans des pages fondamentales de l’histoire du XXe siècle. Fils d’Henri Alleg, Jean Salem a grandi entre Alger, la Provence, l’URSS et à nouveau la France, au gré des péripéties de la décolonisation... Le philosophe marxiste, spécialiste d’Épicure et de Lucrèce, raconte ce parcours en militant communiste, souvent critique et exigeant, mais non sans une affection certaine pour son parti et ses militants. Jean Salem a notamment publié « l’atomisme antique, Démocrite, épicure, Lucrèce » (Livre de poche, 1997), « Philosophie de Maupassant » (Éditions Ellipses, 2000, prix Bouctot 2001 de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen), « le bonheur ou l’art d’être heureux par gros temps » (Flammarion, 2006), « Lénine et la révolution » (Encre marine, 2006), « élections piège à cons ? Que reste-t-il de la démocratie ? » (Flammarion 2012).
« RÉSISTANCES, ENTRETIENS AVEC AYMERIC MONVILLE », DE JEAN SALEM, ÉDITIONS DELGA, 2015, 322 PAGES, 20 EUROS. 
Journaliste à l'Humanité Dimanche
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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 21:02
Mercredi 17 janvier - Dédicace de Kris et Fournier au musée de la Résistance de Saint Connan dans les Côtes-d'Armor pour leur très belle BD sur les tirailleurs sénégalais

Pôle de l'Etang-Neuf - 22480 Saint-Connan

02 96 47 17 66 - etangneuf.asso@orange.fr
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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 20:50
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Julien Jaulin/hanslucas

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Julien Jaulin/hanslucas

Gauche. Le PCF mise sur de « nouvelles audaces »
JULIA HAMLAOUI
MARDI, 16 JANVIER, 2018
L'HUMANITE
 

À l’occasion de ses vœux, hier, le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, a appelé à la riposte face au « cambriolage de la maison France ».

Place à la contre-offensive. Le PCF, dont le secrétaire national Pierre Laurent présentait ses vœux hier soir place du Colonel-Fabien, est décidé, après une année 2017 marquée par les premières victoires du macronisme, à tout mettre en œuvre pour donner vie à la riposte. « Nous formons le vœu, et c’est le sens même de notre combat, du droit au progrès pour chaque être humain », a lancé Pierre Laurent, fustigeant le creusement des inégalités, le pouvoir démesuré d’une « si petite poignée d’actionnaires »… En somme, « le cambriolage de la maison France ».

« Il ne faut pas laisser se développer l’œuvre de destruction du macronisme », alerte, de son côté, le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, qui occupera une partie de son emploi du temps des deux prochains mois avec une trentaine de débats autour de son dernier ouvrage, Macron, entreprise de démolition. Face à la « régression spectaculaire » déjà à l’œuvre, le dirigeant communiste croit en la nécessité d’une « démystification du macronisme dont la stratégie de communication marque des points ». « La modernité d’Emmanuel Macron, c’est la version colorisée des vieux scénarios d’exploitation au service de la finance. Et ça se verra, de plus en plus », insiste de son côté Pierre Laurent, prenant l’exemple de la rupture conventionnelle collective censée prévenir le « traumatisme du licenciement ».

« Résister ne suffit plus, il faut une contre-offensive »

Après l’échec du mouvement social et politique à faire reculer le gouvernement sur les ordonnances de casse du Code du travail à l’automne, « l’unité des ripostes » sera une condition essentielle pour arracher des victoires, ajoute Olivier Dartigolles. « Il ne faut pas reproduire le schéma des derniers mois avec un premier opposant qui distribue les bons et les mauvais points et qui, à la fin, se retrouve comme tout le monde » face aux réformes qui passent, assure-t-il, en référence à Jean-Luc Mélenchon.

Évasion fiscale, hôpitaux, Ehpad, université, égalité homme-femme, solidarité avec les migrants… « Le problème de la France, c’est que le travail du grand nombre fait la richesse d’une poignée d’autres, et que ce gouvernement, pas plus que les autres, ne met l’argent où il le devrait pour développer notre pays », dénonce le sénateur de Paris, faisant de chacun de ces thèmes une bataille à mener. « Résister ne suffit plus, il faut créer les conditions d’une contre-offensive », ajoute Igor Zamichiei, le responsable de la fédération parisienne du PCF, en charge des états généraux du progrès social organisés en Île-de-France le 3 février prochain. « Mettre fin à la prédation de la finance, réinvestir dans le développement des capacités humaines, reconquérir le pouvoir de décider dans l’entreprise et dans la cité, voilà comment nous voulons agir concrètement pour transformer le monde. Nous voulons que dans chacun de ces domaines les états généraux du progrès social fournissent des clés pour l’action », a également détaillé, hier, Pierre Laurent.

L’année à venir sera aussi celle du congrès du PCF, dans un paysage encore secoué par l’ouragan de la dernière présidentielle. « Pas de question taboue », avait annoncé Pierre Laurent lors du lancement de la préparation de ce rendez-vous qui doit se tenir en novembre prochain. « Cinquante ans après 1968, a-t-il résumé hier, nous proposons de reprendre le chemin de nouvelles audaces sociales et démocratiques contre tous les présupposés idéologiques qui prétendent s’y opposer. Et dix mois après l’élection d’Emmanuel Macron, dans laquelle c’est vrai il a en partie réussi le hold-up sur l’aspiration de notre peuple à faire du neuf, nous reprenons l’écriture d’une vraie modernité. »

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 12:43

Le lundi 15 février 2018, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF , a, lors d'une soirée fraternelle présenté ses vœux et ceux du PCF pour l'année 2018.

LES VŒUX 2018 DE PIERRE LAURENT (SECRETAIRE NATIONAL DU PCF)

Mesdames et Messieurs, 

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, 

Chers amis, Chers camarades,

 

Je veux d’abord présenter à chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux de bonheur, de réussite et d’épanouissement personnel pour vous, pour vos proches, pour toutes celles et ceux que vous représentez ici. 

e ne veux pas seulement vous présenter mes vœux de bonheur,  je voudrais qu’ensemble ce soir nous clamions haut et fort l’actualité du droit au bonheur pour tous. 

 

Le rapport sur les inégalités mondiales, publié en décembre, confirme l'envolée spectaculaire et continue des écarts de richesses au profit de 1 % de la population mondiale. 

 

Nous n'acceptons pas ce monde. 

 

Oui, nous formons le vœu, et c'est le sens même de notre combat, du droit au progrès pour chaque être humain, le droit de vivre dignement en choisissant sa vie, le droit au progrès social, écologique, féministe pour toutes et tous, dans notre pays, la France, comme comme sur toute la planète, le droit d’avancer, tous et chacun, dans la solidarité. 

 

Oui, je sais, les temps politiques sont mauvais. Ils ne nous disent pas çà. 

Mais je crois que l’époque, elle, nous appelle à cela. 

 

Pourquoi en effet devrions-nous réserver à nos projets de vie individuels les belles utopies qui forment nos vœux en ce mois de janvier  ? 

Au nom de quelle théorie, de quel raisonnement, de quel empêchement, de quelle raison d’État ? 

 

Pourquoi donc nos rêves et nos utopies du quotidien ne formeraient-elles pas le grand projet commun d’un droit au progrès pour chaque être humain ? 

 

 

Nous vivons l'époque où les révolutions techniques, scientifiques, démographiques, numériques offrent des possibilités inégalées d'épanouissement de toutes les capacités humaines : vivre dignement de son travail, se loger décemment, vivre en bonne santé, faire des projets d'avenir, en décider librement, se former, se cultiver, changer de métier, d'activité, créer, participer à la vie de la cité… 

 

Devenir maître de ses choix, être en capacité de décider, réinventer la politique.

En tous domaines, nous sommes à l'heure des choix pour l'humanité. 

Et le choc des visions est partout.

 

J’entends la parole libérée des femmes contre les violences sexistes qu’on veut aussitôt étouffer. 

J’entends la colère du monde face à la bêtise raciste et criminelle de Donald Trump. 

J’entends l’arrogance du PDG de Lactalis, 8ème fortune française, 116ème fortune mondiale, justement le fameux 1 %, à qui il faudrait déjà tout pardonner parce qu’il daigne sortir de son silence. 

 

J’entends l’inhumanité de Gérard Collomb contre les migrants et le manque de considération des associations  qui les prennent en charge.

 

Et je me dis : non, le monde n’appartient pas à ceux qui en détiennent aujourd’hui les clés.

Un nouveau monde frappe à la porte, une nouvelle époque est possible, qu’il s’agit d’écrire ensemble.

*

 

Nous voulons la réussite solidaire, pour chacun, pour notre pays,  pas la soumission aux « premiers de cordée ». 

 

La modernité d’Emmanuel Macron, c’est la version colorisée des vieux scénarios d’exploitation au service de la finance. Et çà se verra, de plus en plus. 

N’est-ce pas, Madame Muriel Pénicaud ? 

A qui ferez-vous croire encore longtemps que la rupture conventionnelle collective, cette méthode de licenciement de masse introduite au détour d’un article des ordonnances Macron contre l’avis de tous les syndicats, c’est, je vous cite, la meilleure manière d’éviter « le traumatisme du licenciement » ? 

 

L’avenir du travail, l’or que nous avons chacun entre les mains, vaut bien mieux que ces vieilles sornettes. 

 

Voilà pourquoi, nous communistes, avons décidé d’entamer l’année 2018 avec la tenue le 3 février prochain à Montreuil d’Etats Généraux du progrès social, auxquels j’ai le plaisir de tous vous convier. 

La grande bataille pour le progrès humain contre la soumission à la finance sera notre fil conducteur de l'année. 

 

D’autres rendez-vous suivront tout au long de 2018 pour construire ce grand combat du progrès humain : les Rencontres Niemeyer, ici même le 26 janvier, pour un droit à la ville à taille humaine et démocratique ; les 3è Etats Généraux du numérique les 9 et 10 mars ; nos assises pour l’écologie les 4 et 5 mai ; une Convention nationale pour l’art, la culture et l’éducation populaire les 28 et 29 septembre.

 

Oui, cinquante ans après 1968, nous proposons de reprendre le chemin de nouvelles audaces sociales et démocratiques contre tous les présupposés idéologiques qui prétendent s'y opposer. 

 

Et dix mois après l’élection d’Emmanuel Macron, dans laquelle, c'est vrai, il a en partie réussi le hold-up sur l'aspiration de notre peuple à faire du neuf, nous reprenons l’écriture d'une vraie modernité là où les pages que le Président prétendait tourner et qui ne le seront en vérité jamais. 

 

Utopie, nous diront certains. 

Je suis sûr du contraire. 

Et comme je l'ai dit ici même le 4 novembre en réfléchissant à l'actualité de nouvelles révolutions : « Le 21ème siècle est celui qui posera comme jamais à la planète toute entière la question de la modification en profondeur  des rapports sociaux ». 

 

Cette question que Gwymplaine, le personnage du roman de Victor Hugo « l'Homme qui rit », pose en ces termes à la Chambre des Lords   : 

« Mylords, vous êtes en haut. Vous avez le pouvoir, l'opulence, la joie, le soleil immobile à votre zénith, l'autorité sans borne, la jouissance sans partage, l'immense oubli des autres.
Mais il y a, au-dessous de vous, quelque chose. Au-dessus peut-être. Mylords, je viens vous apprendre une nouvelle. Le genre humain existe. »

 

 

Alors, nous qui sommes du monde du travail abîmé par la crise et les accidents de la vie, comme l'était le visage de Gwymplaine,  nous renouvelons le pari de l'anticipation, de la modernité qui fut celui du manifeste de Marx et Engels. 

Et contre ceux qui voudraient habiller de modernisme le maintien et l'extension des privilèges, nous choisissons le parti de la démocratie, c'est-à-dire du pouvoir partagé de tous, le parti du « nouveau monde » qui pousse, émerge, pour en libérer toutes les potentialités et entrer dans une période nouvelle de véritables progrès sociaux. 

 

*

Vieux rêves éculés hurleront certains. 

Alors, parlons simple et clair. 


Parlons Lactalis, par exemple. 


Avec près de 10 milliards d'euros de fortune, Emmanuel Besnier le PDG, a multiplié par 2,5 cette fortune ces quatre dernières années. 

Durant cette période, il a été le champion de l'écrasement du prix du lait payé aux agriculteurs. Les producteurs de lait sont devenus les otages de Lactalis qui a droit de vie ou de mort sur la filière. 

 

Comment le système capitaliste a-t-il pu mettre dans une telle dépendance  nous tous, paysans et consommateurs ?

 

Le groupe est aujourd'hui au coeur d’une faille de la sécurité alimentaire, avec le scandale du lait infantile contaminé à la salmonelle. 

Et il continue à faire preuve de la même arrogance. 

Beaucoup de questions se posent : sur les conditions de travail et de production, sur les conditions de la distribution et du retrait des lots contaminés... 

Ces questions doivent être posées. 

La loi du secret, qui est une marque de fabrique du PDG, doit être brisée. 

L'aveu du ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, qui n'a jamais pu rencontrer le PDG même au coeur de la crise du lait, en dit long : les patrons du 1 % se croient tout permis. Ils se prennent pour les maîtres du monde. 

Toutes les questions doivent être posées.

Par exemple, combien a-t-on supprimé d'emplois dans les administrations de contrôle de l’État depuis 2012 ? Mille postes supprimés ! 

 

Ou encore,  quel est le montant du chèque d'économies sur son ISF que va toucher Emmanuel Besnier grâce à Emmanuel Macron, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ? 

 

Car Mr Emmanuel Macron, c'est bien çà les premiers de cordée. 

Il faut faire les liens qu'on nous interdit de faire. 

La crise Lactalis, c'est la crise d'un système hyper-productiviste visant le profit, toujours plus de profit. 

 

Et il faut aussi interroger le mode de consommation auquel nous astreint ce système devenu fou. 

Car l'affaire Lactalis est le plus bel exemple qu'écologie et social ne font aujourd'hui qu'un.

 

J'en suis certain, si nous allons au bout de ces questions, comme vient de le demander le député communiste Sébastien Jumel, en réclamant la constitution d'une commission d'enquête, c'est tout un système qui sera mis à nu. 

Et c'est un système de pouvoirs qu'il faudra changer, car le pouvoir sur de tels enjeux industriels et alimentaires ne peut pas en démocratie appartenir à une si petite poignée d'actionnaires, vivant dans le secret le plus absolu. 

Non, ce monde n'est pas le seul possible, personne ne nous fera admettre cela.

 

Mettre fin à la prédation de la finance, réinvestir dans le développement des capacités humaines, reconquérir le pouvoir de décider dans l'entreprise et dans la cité, voilà comment nous voulons agir concrètement pour transformer le monde.  

 

Nous voulons que dans chacun de ces domaines les Etats Généraux du progrès social, les quatre ateliers qui en constitueront le menu sur le travail et la protection sociale, sur l'industrie, sur les services publics et sur le logement,  fournissent des clés pour l'action.  

Des clés et des pistes pour trouver l'argent, car de l'argent, il y en a, à condition de changer de logique de développement, et de décider autrement de son utilisation.

 

L'évasion et l'optimisation fiscales sont un racket permanent, 80 milliards d'euros pour la seule évasion fiscale évaluée pour notre seul pays.

 

Nous ne lâcherons pas . 

 

Le groupe communiste au Sénat utilisera sa niche parlementaire le 7 mars prochain pour déposer le projet de loi de résolution pour une COP fiscale des frères Bocquet, déjà adoptée grâce à nos députés à l'Assemblée nationale. 

 

La richesse, elle est dans les entreprises, produite par le travail et soustraite ensuite aux revenus du travail par l'écrasement du pouvoir d'achat salarial. 

Le Produit intérieur brut de la France est de 2200 milliards d'euros. 

Mais, pour comparaison, la capitalisation boursière du seul CAC 40 a été multipliée par vingt en trente ans, atteignant 1200 milliards d'euros et dégageant 73 milliards d'euros de profit. 

 

Voilà où est l'argent qui manque aux budgets publics, aux salaires, aux cotisations sociales. Les exonérations d'impôts aux entreprises, notamment les plus grandes, CICE, CIR, cadeaux fiscaux… représentent cumulés un manque à gagner équivalent à 25 % du budget de l’État. 

Le cambriolage de la maison France est une affaire qui marche. 

Que fait la police ? 

Et que fait Bruno le Maire, dont il est de notoriété publique qu'il n'est ni de droite, ni de gauche ! 

Ni de gauche, merci on savait ! 

Je le cite : « nous allons rendre 400 millions d'euros aux 1000 premiers contributeurs de l'ISF ».

 

Alors, parlons en de ces 1000 premiers contributeurs ! 

Les 10 plus grandes fortunes de France détiennent 240 milliards d'euros de fortune. 

Les 100 premières fortunes de France, 439 milliards d'euros. 

C'est-à-dire qu'en France, 100 personnes détiennent autant d'argent à un instant T, que ce qu'1 million de smicards gagneront durant toute leur vie.


Et c'est la même chose dans le monde entier. 

Le 1 % des plus hauts revenus capte à lui seul 27 % de la croissance mondiale, et soit dit au passage, des études montrent que ce 1 %  concentre les plus gros pollueurs de la planète. 

Pendant ce temps, la moitié de la population de la planète capte à peine 12 % de la croissance mondiale. 

 

Mais comme ils sont modernes ces gens là, ils nous ressortent un argument nouveau !

« Certes, la France est riche. Mais les plus fortunés, écrasés par la pression fiscale, fuient la France ». 

 

C'est vieux comme le capitalisme comme argument, mais soit… vérifions donc.

Allons faire un tour du côté de Neuilly sur Seine : 

En 2004, la fortune immobilière s'élevait à 16 milliards d'euros. 

En 2016, elle était à hauteur de 32 milliards d'euros.

Un jour, il faudrait organiser un « Safari-club », une visite guidée Neuilly, Place Vendôme, pour voir le paradis des riches, et on verrait qu'il existe bien, ici, sous nos pieds, pas seulement dans les Iles.


Et que fait le gouvernement ? 

Il précarise l'emploi et facilite le licenciement avec les ordonnances Macron, tapant toujours sur le même clou, ignorant les vraies causes de la crise et de l'inefficacité : le coût du capital.

 

Il pique 5 euros par APL dans la poche de ceux qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Il demande aux bailleurs sociaux de compenser le désengagement de l’État à hauteur d'1,5 milliard ce qui fera autant d'argent en moins pour les réhabilitations , les constructions neuves et le bien être des locataires. 

 

Il offre 4,6 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux plus riches dans  le budget de l'Etat 2018. Et il prend autant dans la poche des retraités via la CSG.  

 

Le problème de la France, ce n'est pas son soi-disant déclin ou appauvrissement.  

Le problème de la France, c'est que le travail du grand nombre  fait la richesse d'une poignée d'autres, et que ce gouvernement, pas plus que les autres, ne met plus l'argent où il devrait le mettre pour développer notre pays. 

Entendez le cri des infirmières des hôpitaux et des EPHAD :

«Entre ce qu’il faut noter sur l’ordinateur ou le dossier, les protocoles et les procédures administratives, je n’ai plus le temps de faire mon métier de soignante ! » 

«Dans la réalité, nous avons moins de 5 minutes pour l’aide à la toilette ou l’aide au repas en Ehpad… C’est inhumain ! » 

«Les contraintes financières modifient profondément notre travail… Nous poussons les familles à reprendre les patient-e-s, quitte à en culpabiliser certain-e-s ! »

«Les temps de prévention et d’éducation sanitaire ne sont pas financés… »

 

Voilà, Monsieur Macron, la parole venue du «bas de la corde », celle qui vient d'exploser aussi ces derniers jours dans les prisons, et fait souffrir tous les jours de centaines de milliers d'agents dans tous les services publics, à commencer par le plus précieux d'entre eux l'école.   

 

Mais, vous n'en tenez pas compte. Vous poursuivez, vous persévérez même.

 

Pour reprendre l'exemple de l'hôpital, les regroupements « GHT » vident les établissements de proximité de leur sens. 

Le désert sanitaire s'étend. Les zones blanches, ça n'existe pas que dans la téléphonie. 

 

Et quand l'hospitalisation privée prendra le pas, que faudra-t-il faire Mme Buzyn ? 

Négocier en contrepartie sonnantes et trébuchantes avec le privé pour qu'il daigne couvrir ces zones blanches ? 

 

Nos parlementaires Pierre Dharréville, Laurence Cohen, Dominique Watrin sont à pied d'oeuvre, et l'hôpital, les EPHAD  seront une de nos grandes causes en 2018. 

 

Le « tout ambulatoire » pourrait conduire à fermer 7 lits sur 10 d’ici 2020 ! 

 

Ce que veut la population ce ne sont pas des superstructures hospitalières mais des hôpitaux publics de proximité travaillant en concertation avec les services spécialisés, de recherche et d’enseignement, dans un parcours de soins intégrant une offre publique ambulatoire de centre de santé, des équipes en nombre suffisant et bien formées, investies dans la prise en charge partagée. 

 

Et la modernité ce serait de continuer à sacrifier tout cela ?

 

« Au ciel de qui se moque-t-on » chantait Brassens dans une de ses dernières magnifiques chansons. 

*

 

L'investissement dans les nouvelles générations, dans la formation, l'avenir, voilà encore des mots dont Emmanuel Macron aime se gargariser.

Et pourtant, ce qui attend les bacheliers en juin 2018 est extrêmement inquiétant. Sous couvert d’une meilleure gestion des flux, le « Plan Etudiants » légalise, renforce et généralise la sélection à l’entrée de l’université.

 

Selon les projections, le nombre d’étudiants devrait croître de 30 à 40 000 chaque année d’ici 2025 ! Soit l’équivalent d’une ou deux grosses universités supplémentaires par an. C'est une chance !

 

Car former plus de médecins, d'enseignants, d'ingénieurs, d'agronomes, nous avons besoin, c’est un investissement ! 

Oui la formation, la culture, c'est moderne !

 

Or, le gouvernement Macron poursuit la politique d’assèchement financier entreprise par les gouvernements précédents.

 

Ainsi, Macron met 1 milliard sur la table pour le quinquennat (200 millions par an). 

Les présidents d’université demandent 5 milliards (soit 1 milliard par an). 

Les syndicats de personnels et d’étudiants demandent 10 milliards (soit 2 milliards par an). 

 

Les besoins sont en effet criants dans tous les domaines ! 

Mais qui décide ? Qui a raison ? Qui détient les pouvoirs ?

Là encore, une belle bataille d'avenir à mener. 

 

A Toulouse en décembre, la mobilisation des étudiant.e.s et personnels a permis de faire reculer temporairement un projet de fusion de l’UT2J (Université Toulouse 2 Jean Jaurès). 

A Clermont-Ferrand la semaine dernière, les lycéens et étudiants ont pu empêcher l’adoption d’une procédure draconienne de sélection par l’Université Clermont Auvergne. 

 

Je félicite les étudiants, les organisations de Jeunesse, dont la Jeunesse Communiste de France et l'UEC qui sont de ce combat.

 

Vous n'avez pas attendu Macron pour penser réellement à ce que vous pouvez pour la France, tous les matins. 

*

Faire le choix, pour 2018 et l'avenir du progrès social pour toutes et tous, c'est aussi mener le combat résolu pour l'égalité Hommes / Femmes.

 

Je veux d'abord saluer le combat courageux des femmes qui libèrent leur parole pour l'égalité et contre les violences sexistes !

C'est un combat que nous menons ensemble ! 

 

Ce combat pour l'égalité Hommes / Femmes est à mener ici, comme dans tous les pays et je pense notamment à la Pologne où le gouvernement veut limiter encore le droit à l'avortement déjà sérieusement mis en cause.

 

Mais quand le Président de la République française déclare gravement l'égalité Hommes / Femmes « grande cause nationale », on ne nous fera pas prendre les vessies pour des lanternes ! 

 

Nous jugeons aux actes et les actes sont clairs. 

 

Je ne peux ici entrer dans le détail mais si la loi travail XXL est défavorable à tous, elle l'est particulièrement pour les femmes, puisqu'elle raye de la carte l'ensemble des outils mis en place depuis les années 80 pour agir sur les inégalités Femmes / Hommes au travail ! 

Certes, Marlène Shiappa promet dans quelques mois une loi très dure pour sanctionner les entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale, en lien avec la ministre du travail. 

 

Comment se fait-il dès lors que les amendements que notre Groupe a porté au Sénat pour durcir les sanctions aux entreprises en cas de non-respect de la loi, ou ceux pour limiter le recours aux temps partiels, ont été rejetés dans la loi travail de Pénicaud comme dans le PLFSS ?

 

*

 

Enfin,  faire le choix du progrès social est aussi un choix de civilisation dont l'enjeu, je l'affirme solennellement, est la survie de l'Humanité . 


La recherche effrénée du profit immédiat couplée à une régulation d’un marché sous domination des puissants nous mène à une triple catastrophe : sociale, écologique et démocratique. 

 

Depuis la fin du monde bipolaire, tous les trafics explosent : armes, drogues, êtres humains, animaux, blanchiment d’argent sale ou pillage de la propriété intellectuelle. 

 

Ces trafics sont devenus des marchés de plus en plus lucratifs. 

 

Le seul blanchiment de l’argent sale, représente selon l’ONU au moins 5 % du PIB mondial. 

 

Les organes humains, les animaux et plantes rares, le commerce de déchets dangereux, la prolifération nucléaire, les contrefaçons de médicaments ou la piraterie informatique viennent s’ajouter au commerce des armes et au trafic de drogue. 

 

L’esclavage et le travail des enfants rapportent des dizaines de milliards. 

Et ces trafics odieux ne sont pas les seuls « trous noirs » de l’économie mondialisée. 

 

Les richesses produites par le travail des peuples sont captées et s’accumulent chez les ultra-riches. Elles échappent, via les paradis fiscaux, aux budgets nationaux de solidarité et d’éducation. 

 

Le pillage des ressources naturelles des énergies fossiles nourrissent les guerres. 

 

L’humiliation des peuples, le « deux poids - deux mesures » et la loi du plus fort, les dérégulations du travail et des services publics alimentent les colères, les entrepreneurs de violences, le « chacun pour soi », la guerre de tous contre tous, les nationalismes et tous les replis identitaires. 

Nous sous-estimons encore l’ampleur gigantesque de tous ces gâchis. 

Gâchis est d’ailleurs un terme trop faible pour exprimer ce qui se passe dans le monde.

L’Europe n’est pas à l’abri : la City de Londres reste par exemple, l’une des plaques tournantes du blanchiment de l’argent sale. 

 

J'ai employé l’image du « trou noir ». Elle me paraît juste. 


En physique les trous noirs sont des endroits de l’univers qui absorbent toute la matière qui les entoure et où les lois traditionnelles de la physique ne s’appliquent pas. 

 

Ce dont je parle ici s’y apparente. 

Les revenus générés par tous ces trafics, par tout le travail et l’intelligence des humains sont  absorbés par les mafieux et les ultra-riches. 


Le fonctionnement de la finance mondiale, les paradis fiscaux, permettent que l’essentiel échappe aux lois traditionnelles de la société. 

L’autorité politique ne s’applique pas à eux. Ils s’en servent et la dominent. 

*

L’économie dirige le monde et elle est régit par des prédateurs. 

 

S’attaquer à ce système d’exploitation et au pillage de la nature, construire l'humanité de demain, devient une urgence. 

 

Le discours rétrograde et répressif tenu à nouveau par le Ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, sur les migrants est à l'opposé de ce que l'on est en droit d'attendre de la France.

 

Le double langage gouvernemental est insupportable.

 

D'une part, il est primordial que le droit d'asile soit pleinement respecté pour toutes les populations victimes de guerres et de persécutions, comme l'exige le droit international et comme le demande à juste titre le Directeur de l'OFPRA.

 

D'autre part, il est urgent que la France prenne la mesure de ses responsabilités en matière d'accueil et de migration.

Le tri que veut imposer le gouvernement, les bénéficiaires de l'asile et rien que ceux-là, tous les autres devant être expulsés, n'a aucun sens.

 

Notre pays a toujours accueilli les migrants et s'en est enrichi.

 

 

 

Non seulement, ce n'est pas aux Associations qui gèrent le premier accueil, comme à la Porte de la Chapelle, de procéder à ce tri, et nous soutenons avec force leur demande  de retrait de la circulaire du 12 décembre, mais la France doit engager une politique d'accueil allant au-delà des seuls bénéficiaires potentiels de l'asile.

 

C'est notre responsabilité internationale.

C'est notre intérêt.

 

Le Parti communiste a entrepris l'élaboration d'un projet de loi sur ce que pourrait être une politique de migration de la France généreuse, à la hauteur de ses traditions et de ses valeurs.

Toutes celles et ceux parmi vous qui souhaitent y contribuer seront les bienvenus.

 

*

A l'heure où Donald Trump affiche son mépris à l'égard des peuples du monde, la France se doit de porter une autre ambition que la défense de ses seuls intérêts ou pire, le repli nationaliste ou xénophobe.

Aux Etats-Unis même, la vision de Trump est fortement contestée.

 

Mais à l'inverse, le marché mondialisé ne peut tenir lieu de projet politique et démocratique pour l'Humanité.

Or, si Emmanuel Macron semble décidé à jouer un rôle international accru, c'est semble-t-il pour endosser le costume d'un leader moderne du monde occidental, surtout préoccupé de se tailler sa place à la table du marché.

 

Ce n'est pas la France.

Les droits humains, les droits des peuples ne peuvent être une monnaie d'échange à la table des puissants.

Les droits des migrants, les droits du peuple kurde, les droits du peuple palestinien ne sont pas à négocier.

 

La France se grandirait en reconnaissant au plus vite l’État de
Palestine.

 

Cette ambition, nous devons la porter en Europe pour reconstruire  une union de peuples souverains, solidaires et associés, loin de la caricature ultra-libérale qu'est devenue l'Union Européenne.

 

*


Le pouvoir de l'argent, qui s’abrite dans les paradis fiscaux, dans les sièges des multinationales, dans les coulisses de Bruxelles, nous voulons aller le chercher pour le mettre au service du progrès social en France et en Europe. 

Emmanuel Macron veut relancer le projet libéral européen, aujourd'hui en crise profonde, voire en voie de dislocation.

 

Dans cette crise, la montée des extrêmes droites et des populismes réactionnaires menacent la possibilité de poussées transformatrices progressistes. 

 

Le Forum européen que nous avons tenu en novembre dernier à Marseille  a montré, à l'opposé, les possibilités de convergence progressiste pour une toute autre Europe, celle des peuples.

Un énorme travail pour les concrétiser, les rendre pérennes et solides reste cependant  à produire. 

 

Nous voulons préparer l'élection européenne de 2019 avec cette ambition.

 

Nous venons donc d'écrire à toutes les forces susceptibles de travailler avec nous à une telle perspective, pour échanger sur  cette échéance électorale cruciale.

 

Notre Conseil national, réuni fin mars, prendra d'importantes décisions à ce sujet.

 

Chers amis, chers camarades,

 

Vous le voyez, le Parti communiste va préparer le Congrès extraordinaire qu'il tiendra fin novembre 2018, dans l'action, plein de combativité et avec la volonté de réinventer le Parti communiste et la gauche dont notre peuple a besoin pour construire un nouvel avenir d'émancipation humaine.

 

J'espère que vous serez nombreux avec nous le 3 février prochain pour les Etats Généraux du progrès social, et dans toutes les étapes de la construction de notre nouveau projet au cours de l'année 2018.

 

Et vous me permettrez de conclure par cette suite du discours du Gwymplaine aux lords anglais :  

« Je suis celui qui vient des profondeurs. Mylords, vous êtes les grands et les riches. C'est périlleux. Vous profitez de la nuit. 

 

Mais prenez garde, il y a une grande puissance, l'aurore.
L'aube ne peut être vaincue. Elle arrivera. Elle arrive. Elle a en elle le jet du jour irrésistible. 

Et qui empêchera cette fronde de jeter le soleil dans le ciel ? Le soleil, c'est le droit. Vous, vous êtes le privilège ». 

 

Ensemble, jetons le soleil dans le ciel. 

Je vous remercie. 

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