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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 07:54
Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)
Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)

Marie Politzer, dite Maï Politzer, née Larcade, est née à Biarritz le 15 août 1915  et morte à Auschwitz le 6 mars 1943.

Maï Politzer est la fille d'un cuisinier, ancien chef à la cour d'Espagne, installé à Biarritz après la chute d'Alphone XIII. Seule fille (elle a deux frères, l'un plus jeune, l'autre plus âgé), elle est une enfant « choyée. » La famille est catholique pratiquante. Jeune, Marie Politzer est passionnée par le théâtre et met en scène des pièces avec ses amies. Après avoir fait ses études secondaires dans un couvent de Biarritz, elle suit une formation de sténo-dactylo à Bayonne, fait des études de commerce par correspondance, puis elle part à Paris pour entrer dans une école sage-femme. Diplômée en 1929, ses parents lui donnent leurs économies pour acheter une clinique située dans le 20 e arrondissement de Paris. Elle rencontre Georges Politzer, son futur mari, dans un train en rentrant pour les vacances, en 1929. Il divorce pour l'épouser et le couple se marie le .

Son mari étant communiste, elle adhère à ses idéaux et entre en clandestinité avec lui durant l'occupation, en août 1940, après avoir confié leur fils de sept ans à ses parents.

Né en 1903 sujet de l’Empire austro-hongrois, Georges Politzer s’engage précocement. Issu d’une famille de la bourgeoisie juive de Hongrie, il a 15 ans en 1918 quand il adhère au Parti communiste. L’Empire disloqué, il participe à la défense de la République des Conseils, dirigée par Béla Kun, contre les troupes du dictateur Miklos Horthy, admirateur de Mussolini et initiateur des premières lois antisémites de l’entre-deux-guerres. À 17 ans, il part s’installer à Paris, non sans avoir fait un passage à Vienne afin d’assister aux séminaires de Freud et de Ferenczi.

Inscrit à la Sorbonne, où il rencontre Pierre Morhange, Henri Lefebvre et Norbert Guterman, il enseigne au lycée de Moulins, dans l’Allier, avant d’obtenir l’agrégation de philosophie, en 1926, et d’être nommé professeur de l’enseignement secondaire, emploi qu’il occupera jusqu’en 1939 (2). Militant en tant que syndicaliste enseignant, il adhère au Parti communiste français en 1929 et participe à la Revue marxiste avec Pierre Morhange, Georges Friedmann et Paul Nizan.

Ardemment impliqué dans les actions culturelles du PCF dans les années 1930 – enseignement militant, journalisme, documentation… –, il sera mobilisé en 1939 dans l’intendance à l’École militaire. Entré dans la clandestinité, il est, avec Jacques Solomon et Jacques Decour, à l’origine de la Résistance universitaire et intellectuelle communiste, en lançant dès l’automne 1940 le périodique clandestin l’Université libre, puis en février 1941 la Pensée libre, explique le Maitron (3).

Il écrit des articles pour des journaux de résistants. Elle prend en charge le transport des textes aux imprimeries clandestines et, alors qu'elle est blonde, elle se teint les cheveux en brun pour être moins reconnaissable.
Georges et Marie Politzer sont arrêtés à leur domicile clandestin dans le 18e arrondissement de Paris le 14 février 1942 par les brigades spéciales.
Le 30 mai, huit jours après Georges, ce sont d'autres hommes du réseau qui partent pour le Mont Valérien: Félix Cadras, Arthur Dallidet et Jacques Decour. A huit jours d'intervalle, Maï Politzer a vu partir vers la mort les deux hommes qu'elle aimait, son mari et son amant.

Elle reste au dépôt jusqu'au 23 mars, puis est détenue au secret à la prison de la Santé où elle voit une dernière fois Georges Politzer avant qu'il soit fusillé le 23 mai 1942 dans la forteresse du Mont-Valérien.

Dans la sixième partie du poème Brocéliande de la Diane française, Louis Aragon rendra un hommage appuyé au résistant communiste « aux cheveux roux », assassiné à l’âge de 39 ans, « mort pour la France ». « Dans le Crime contre l’esprit, paru en 1943 puis repris dans l’Homme communiste », précise le Maitron, « il consacra plusieurs pages à Georges Politzer », qui passa trois mois enchaîné et torturé, « du début de mars au 23 mai précisément ». « Pierre Villon (4) se fit aussi l’écho des tortures subies par Politzer », souligne la notice du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : « Arrêtés, tous deux », Georges et Maïe « ont eu une attitude héroïque devant leurs bourreaux, ils n’ont cédé ni aux tortures physiques, ni aux menaces, ni aux offres déshonorantes de récompense ».

Maï Politzer est ensuite transférée au Fort de Romainville en août 1942.
Elle est transférée à Auschwitz par le convoi du 24 janvier 1943, convoi qui contient entre autres des résistantes françaises, la plupart non juives et en majorité communistes, parmi lesquelles de nombreuses veuves de fusillés, telle Hélène Solomon-Langevin, femme de l'écrivain Jacques Solomon.
Elle porte à Auschwitz le numéro 31 680. Danielle Casanova, arrivée par le même convoi qu'elle, et qui a pris la fonction de dentiste au camp, arrive à lui trouver un poste de médecin au revier du camp, bien qu'elle ne soit que sage-femme. Les conditions sont difficiles, mais un peu moins mauvaises que dans le reste du camp : les médecins n'ont pas à subir d'appel, sont abrités du froid et mangent correctement2. Elle y meurt du typhus le 6 mars 1943.
C'est par Marie-Claude Vaillant-Couturier, elle aussi déportée par le convoi du 24 janvier 1943, que la famille de Maï Politzer apprend sa mort, après la libération des camps.
Comme pour Georges Politzer, la mention « mort pour la France » fut accordée à Maï Politzer le 18 mai 1946

Fort de Romainville

Fort de Romainville

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 07:28
Ian Brossat : Certains tentent en cet instant tragique d’instruire le procès de la gauche - Trois questions à Ian Brossat - Libération, 25 octobre (Margaux Lacroux)
Trois questions à...
Ian Brossat : «Certains tentent en cet instant tragique d’instruire le procès de la gauche»
Par Margaux Lacroux

 

Le mot «collabo» a été inscrit à l’encre rouge sur le dôme blanc du siège du parti communiste à Paris, samedi. Le porte-parole du PCF réagit à cet acte de vandalisme, qu’il attribue à l’extrême droite.

Comment interprétez-vous le tag du terme «collabo» devant votre siège ?

Je le vis d’abord comme une infamie. Le Parti communiste, c’est la Résistance. Ce tag a été dessiné sur notre siège au moment où nous commémorons le 79e anniversaire du massacre de Châteaubriant. 27 communistes furent alors fusillés par les nazis. Parmi eux, il y avait Guy Môquet, âgé de 17 ans. Ce siège national du PCF est situé place du Colonel-Fabien, du nom de ce résistant français auteur du premier attentat contre un militaire nazi, le 21 août 1941. Quant aux auteurs de ce tag, je n’ai guère de doute sur leur profil. J’y vois la marque et la signature de l’extrême droite.

Que répondez-vous à ceux qui accusent le PCF de complaisance envers le communautarisme et l’islamisme dans le contexte actuel ?

Je leur réponds que le PCF n’a aucune leçon de République à recevoir de personne. La République française, nous la chérissons et nous avons su la défendre les armes à la main. Après ce que nous venons de vivre, on attendrait des responsables politiques qu’ils veillent à l’unité du pays. Je constate avec effarement que c’est l’exact inverse qui est en train de se produire. Certains tentent en cet instant tragique d’instruire le procès de la gauche, de la disqualifier voire de la criminaliser. Une chose est certaine. Ce n’est pas la gauche, en tout cas pas la mienne, qui vend des armes à l’Arabie saoudite, ce n’est pas ma gauche qui baise les babouches des pétromonarques du Golfe et les décore de tout ce que la République compte de distinctions diverses et variées. Pour le reste, ce que nous disons est clair et précis. Il faut lutter sans faille contre l’islamisme, qui est une forme de fascisme. Cela suppose de condamner avec la plus grande sévérité ceux qui de près ou de loin ont prêté main-forte à l’assassin de Samuel Paty. Et il faut d’un même mouvement lutter contre tout qui fait le terreau de cette idéologie mortifère. Cela suppose de faire revenir l’État dans nos quartiers, pas uniquement sous sa forme répressive mais avec l’ensemble des services publics qui manquent aujourd’hui cruellement. Au premier rang desquels, l’école. 

Quelles suites allez-vous donner ? 

Nous allons porter plainte, bien sûr. Et je ne doute pas les coupables seront identifiés et punis. Mais le plus important n’est pas là. Nous allons surtout continuer le combat pour une République sociale et démocratique. 

Margaux Lacroux

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 07:21
Référendum au Chili : voie ouverte vers la démocratie: 78% des Chiliens envoient à la poubelle la constitution de Pinochet
Référendum au Chili : voie ouverte vers la démocratie: 78% des Chiliens envoient à la poubelle la constitution de Pinochet
Référendum au Chili : voie ouverte vers la démocratie: 78% des Chiliens envoient à la poubelle la constitution de Pinochet
Référendum au Chili : voie ouverte vers la démocratie: 78% des Chiliens envoient à la poubelle la constitution de Pinochet
¡Viva el pueblo de #Chile Viva!
A plus de 78% pour une nouvelle Constitution et à 79% pour une assemblée constituante élue par le peuple ✊✊✊
#Dignidad #Chili Le peuple reprend ses droits
 
Référendum au Chili : voie ouverte vers la démocratie.
Le peuple chilien est enfin débarrassé de la Constitution imposée par la dictature. A une écrasante majorité, plus de 78%, les électeurs viennent d’envoyer à la poubelle, la charte concoctée du temps de Pinochet, « entre quatre murs », comme le déclarait récemment la députée communiste chilienne, Karol Cariola. Il aura fallu plus de trente ans, une mobilisation sociale sans précédent, avec au premier rang les jeunes générations et les femmes, pour que s’ouvre la voie de la rédaction d’une nouvelle charte fixant les règles du pays. Comme l’écrivait Pablo Neruda « vous pouvez couper toutes les fleurs, vous ne pourrez pas empêcher le printemps de venir. »
Les forces conservatrices du pays tentent de récupérer ce résultat avec la volonté de « modérer » le texte en préparation. Rompre avec un passé douloureux, rompre avec la dictature, reste pour les représentants de la finance et de la grande bourgeoisie difficile à accepter. Ils vont y être obligés.
Une nouvelle bataille s’engage pour ne pas laisser à la prétendue « élite » la charge de rédiger la nouvelle Constitution. La majorité démocratique, progressiste, transformatrice doit pouvoir, comme les urnes viennent de le confirmer, rédiger le nouveau texte constitutionnel.
Le Chili vit une transition historique avec comme perspective une société de droits, de justice, de solidarité.
Après le retour de la démocratie en Bolivie, et la résistance héroïque de Cuba et du Venezuela face aux criminels blocus et actions terroristes, après les avancées démocratiques au Mexique et dans plusieurs autres pays de la région, le Chili vient de tourner la page des heures sombres et s’engage sur la voie de la transformation progressiste.
José Fort
Chili : La voie s'ouvre pour une constitution démocratique et sociale (Fabien Roussel - PCF)
 
 
Dimanche 25 octobre 2020 pourra être considéré comme un jour historique au Chili. Lors du référendum, le peuple chilien a clairement voté pour une nouvelle constitution, il a clairement voté pour effacer
définitivement tout lien avec la dictature de Pinochet.
 
Plus de 78% des électeurs ont voté pour la fin de la constitution qui datait de l'ère Pinochet et 79% ont voté pour que la nouvelle constitution soit construite par une convention constituante formée de
citoyens, élus au suffrage universel.
 
Ce résultat est celui des mouvements sociaux qui ont commencé en octobre 2019, interrompus certes par la crise sanitaire mais qui débouchent aujourd'hui sur une grande victoire qui ouvre la route vers une nouvelle
constitution et un nouveau référendum pour l'approuver en 2022.
Le travail va donc se poursuivre pour que cette nouvelle constitution permette les réformes nécessaires pour lutter contre les inégalités sociales, pour se libérer des dogmes néo-libéraux et des privatisations,
et pour garantir la souveraineté du peuple chilien.
Ce dimanche est un nouvel espoir pour la démocratie en Amérique latine après la victoire, la semaine dernière, du MAS en Bolivie contre les putschistes.
 
Le PCF tient à féliciter le peuple chilien de cette victoire. Il apporte son soutien à toutes celles et ceux qui vont maintenant travailler à la construction d'une nouvelle constitution démocratique et sociale.
Le PCF, pleinement solidaire des forces de la gauche de transformation sociale chilienne, restera vigilant devant les tentatives de la droite, de l'extrême droite et du patronat chilien de troubler ce processus
populaire.
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
 
Paris, le 26 octobre 2020.
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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 06:06
Conseil Municipal de Brest du 21 octobre: Intervention de Mathilde Maillard, adjointe communiste, sur les dérogations au repos dominical
 
 
« Monsieur le Maire, chers collègues,

Si la période que nous vivons est remplie d’incertitudes, il y a des choses qui ne changent pas …

En effet, notre conseil municipal s’apprête une nouvelle fois à délibérer sur un certain nombre de dérogations à la règle du repos dominical dans les commerces de notre ville pour l’année à venir.

Monsieur le Maire, vous connaissez la position du groupe des élus communistes sur le sujet. Elle est ancienne, constante, renouvelée chaque année à cette même période. Les communistes sont opposés au travail le dimanche dans le commerce. Qu’il concerne les secteurs du commerce de détail ou des concessions automobiles.

Pour les communistes, la règle du repos dominical est une conquête sociale majeure. Elle a permis le développement d’une vie associative, culturelle, sportive, riche et essentielle à la cohésion du pays et au bien-être général.

De ce point de vue, nous regrettons que les deux délibérations sur lesquelles nous sommes amenées à nous prononcer aujourd’hui nous engagent sur un chemin différent.

Nous le regrettons d’autant plus qu’après plusieurs années d’application, nous estimons que l’intérêt de ces ouvertures dominicales dérogatoires reste à démontrer…

Dans la période de crise économique et sociale que nous connaissons, nous pensons que la solution pour aider le commerce brestois à rebondir ne se situe pas dans l’ouverture le dimanche mais bien dans une revalorisation significative du pouvoir d’achat de tous nos concitoyens. Pouvoir d’achat matraqué depuis des années et une nouvelle fois aux abonnés absents des dernières mesures gouvernementales comme en témoigne le plan de relance présenté début septembre par le Premier Ministre Castex… Rien sur les hausses de salaires, rien non plus sur les augmentations de pensions et de minima sociaux ainsi que leur nécessaire élargissement.

Alors que la grande précarité gagne du terrain, alors que les revenus des ménages ne cessent de diminuer, comment imaginer dès lors que nos concitoyens fréquentent davantage les commerces, dimanche compris ?

Au regard de ces éléments, il nous est permis de douter de la réalité des effets économiques bénéfiques que permettraient ces mesures tant sur l’emploi local que sur le pouvoir d’achat des ménages.

Elus communistes, nous voyons également dans ces ouvertures dominicales des atteintes portées aux droits et aux conditions de travail des salariés des secteurs concernés. Ce seront une fois de plus des salariés à temps partiel, mal payés, précaires, majoritairement des femmes, qui seront concernées par ces dérogations et qui n’auront d’autres choix que de se rendre au travail les dimanches d’ouverture au détriment de leur vie personnelle, amicale, familiale.

Notons que la date du dimanche 26 décembre est proposée à l’ouverture, ce qui viendrait écourter le week-end de Noël pour tous les salariés concernés.

Bien sûr, aujourd’hui, il y a urgence à épauler nos commerces de proximité et nous nous rejoignons sur ce sujet. Cela a d’ailleurs fait l’objet de dispositifs d’aides mis en place par nos deux collectivités que nous avons soutenus.

En revanche, l’ouverture des commerces le dimanche ne bénéficient pas aux commerces de proximité. Ce sont les intérêts des groupes de la grande distribution qui sont renforcés en captant une grande majorité de la clientèle sur ces dates. Ce sont d’ailleurs ces mêmes groupes qui militent chaque année pour une généralisation des ouvertures dominicales dans notre ville…

Communistes, nous ne voulons pas d’une société où le consommateur remplacerait le citoyen. Le dimanche doit rester un repère collectif dédié au temps libre commun, qu’il soit familial, amical, associatif, sportif, culturel ou autres.

Et comme aime à le dire notre camarade Taran Marec : « Labour Zul, Labour Nul ».

Monsieur le Maire, chers collègues, le groupe des élus communistes votera contre ces deux délibérations.

Je vous remercie. »

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 06:06
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Gérard Streiff est prévu pour nous parler de son abécédaire amoureux du communisme le 24 novembre à Morlaix pour la rentrée des Mardis de l'éducation populaire et le 25 novembre au Relecq-Kerhuon

Gérard Streiff est prévu pour nous parler de son abécédaire amoureux du communisme le 24 novembre à Morlaix pour la rentrée des Mardis de l'éducation populaire et le 25 novembre au Relecq-Kerhuon

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
L'écrivain Guy Darol interviendra probablement le mardi 8 décembre à 18h autour de son dernier livre Wattstax, une fierté noire: Musique et combat anti-raciste aux Etats-Unis.

L'écrivain Guy Darol interviendra probablement le mardi 8 décembre à 18h autour de son dernier livre Wattstax, une fierté noire: Musique et combat anti-raciste aux Etats-Unis.

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
A Quimperlé Jeudi Rouge le 26 novembre avec le Jeudi  26 novembre à 18h30 avec Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"

A Quimperlé Jeudi Rouge le 26 novembre avec le Jeudi 26 novembre à 18h30 avec Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Fréderick Genevée donnera une conférence pour les Jeudi Rouge du PCF à Quimperlé le 14 décembre: Président du Musée d'histoire vivante , coordinateur de l'ouvrage collectif "Aux alentours du Congrès de Tours  1914/1924"

Fréderick Genevée donnera une conférence pour les Jeudi Rouge du PCF à Quimperlé le 14 décembre: Président du Musée d'histoire vivante , coordinateur de l'ouvrage collectif "Aux alentours du Congrès de Tours 1914/1924"

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
Renaud Faroux - conférence sur Picasso à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Renaud Faroux - conférence sur Picasso à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Renaud Faroux - conférence sur Henry Moore à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Renaud Faroux - conférence sur Henry Moore à Landerneau (les rendez-vous artistiques du PCF Finistère)

Dans les 3 mois à venir, quelques propositions d'initiatives des sections du Parti communiste français du Finistère: éducation populaire, 100 ans du Parti communiste. 

A Morlaix:

LES MARDIS DE L’ÉDUCATION POPULAIRE au local de la section PCF, 2 petite rue de Callac
 
Avec l'écrivain et journaliste Gérard Streiff autour de l'Abécédaire amoureux du communisme mardi 24 novembre

"Le Communisme est mort selon les médias. Pourtant, il existe encore des communistes. Gérard Streiff, en fait partie, il explique par cet abécédaire comment on devient communiste en 1968, et pourquoi cinquante plus tard il est toujours communiste. L’occasion pour certains de découvrir ce souvenir, pour d’autres la culture, les combats, les révoltes, la pensée de 50 ans de communisme. Ce livre est un recueil d’images, d’anecdotes, de rencontres, de dates. Des souvenirs en vrac, avec des trous (de mémoire).  Le communisme par le petit bout de ma lorgnette". Livre à 12 €, éditions du Petit Pavé

 
Avec l’écrivain Guy Darol probablement le mardi 8 décembre, 18h. Autour de son dernier livre Wattstax, une fierté noire: Musique et combat anti-raciste aux Etats-Unis.
 
Avec l’affichiste Dugudus (Régis Léger), Mardi 19 janvier. Présentation de son travail d'artiste affichiste et de son travail sur les affiches cubaines.
Il y aura en même temps une expo de son travail au Ty Coz. 
 
JOURNÉE CAMARADES
 
Dimanche 20 décembre  au local du PCF à Morlaix - journée « CAMARADES »
 
projection du documentaire Camarades d’Yves Jeuland en matinée
auberge espagnole
puis projection du film Les Camarades de Mario Monicelli.
 

Au Relecq-Kerhuon:

Avec l'écrivain et journaliste Gérard Streiff autour de l'Abécédaire amoureux du communisme mercredi 25 novembre

A Douarnenez, Mercredi 25 novembre: Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"

A Quimperlé, salle Isole, Espace Benoîte Groult: début Jeudis Rouges de la saison 2019/2020

  • le Jeudi  26 novembre à 18h30 avec Bernard Vasseur, philosophe, qui nous présentera son nouvel ouvrage "Le Marxisme a de l'avenir, pourvu qu'on le libère du passé"
  • Le Lundi 14 Décembre 18h30 - avec Frederick Genevée, historien, Président du Musée d'histoire vivante , coordinateur de l'ouvrage collectif "Aux alentours du Congrès de Tours  1914/1924"
  • Le Jeudi 28 janvier  2021 18h30 soirée "Afrique du Sud, où en sommes nous ? et le rôle des femmes dans la lutte contre l'apartheid avec Jacqueline Dérens.

En prévision aussi: avec Barbara Stiegler pour une soirée "Que nous dit la crise sanitaire sur l'état de notre société"; avec Sophie Démare Lafont autour de "La Bible, une sacrée histoire" et Sara Lickel Chargée de plaidoyer au Secours Catholique sur le Droit à l'alimentation.

***

Pour les vœux de la fédération PCF Finistère, nous prévoyons une invitation de l'historien d'art Renaud Faroux co-auteur avec Yolande Rasle du livre "Libres comme l'art" sur "100 ans d'histoire entre les artistes et le PCF" pour une présentation en mots et en images des peintres liés à l'histoire du communisme français. Ce sera probablement au Relecq-Kerhuon.  Renaud Faroux est aussi le conférencier qui est venu nous présenter et mettre en contexte plusieurs expositions du FHEL des Capucins à Landerneau et du Musée de Pont Aven.

***

A signaler aussi, même si ce n'est pas organisé par le PCF, que notre camarade, ancienne secrétaire nationale du PCF, ministre de la Jeunesse et des Sports, et actuellement députée communiste de Seine Saint-Denis, Marie-George Buffet, sera l'invitée de l'université populaire du Pays d'Iroise le 15 décembre à 18h30 à Locmaria Plouzané pour une conférence sur: "De la révolution de 1789 à nos jours, l'égalité homme femme, un reflet de choix politiques"

Quelques rendez-vous d'éducation populaire organisés par les sections du PCF Finistère en novembre, décembre, janvier
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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 08:47
Madeleine Braun

Madeleine Braun

Madeleine Braun au poste de vice-présidente de l'Assemblée- Source: documentation photographique l'Humanité

Madeleine Braun au poste de vice-présidente de l'Assemblée- Source: documentation photographique l'Humanité

Madeleine Braun (née Madeleine Weill) vient au monde à Paris le 25 juin 1907 dans une famille bourgeoise. Son père Albert Weill est directeur de société, sa mère Gabrielle Hirsch artiste peintre.

Étudiante à la faculté de droit, elle a 23 ans lorsqu'elle se marie avec un administrateur de sociétés, l'homme d'affaire Jean Braun. Salomon Braun, son beau-père, la charge alors de gérer le service social de l’hôpital qu’il dirige, au sein duquel elle prend conscience des inégalités sociales. Bien que vivant plus aisément, Madeleine n'est pas insensible à la misère qui l'entoure. La montée du nazisme en Allemagne ne la laisse pas indifférente. Elle prend fait et cause pour les républicains espagnols contre le général Franco. Afin de donner plus d'efficacité à son hostilité au fascisme, elle s'engage dans le mouvement Amsterdam-Pleyel et en devient secrétaire générale sous l'autorité de Paul Langevin et de Victor Bash. Entre 1936 et 1939, elle rend plusieurs visites aux combattants républicains, apportant aide et secours. 

La guerre venue, Madeleine quitte Paris et se replie dans le sud de la France. Ce repli est un engagement militant. Dès juillet 1941, elle prend contact avec Georges Marane, dirigeant communiste clandestin. Elle se consacre à la constitution d'un Front National (organisme de rassemblement dans la résistance au nazisme et à Vichy créé par le PCF) pour la zone sud en rassemblant communistes, gaullistes, catholiques, socialistes, républicains de toutes obédiences. En 1942, alors que les troupes allemandes sont maîtres de presque toute l'Europe, elle adhère au Parti communiste français. Madeleine Braun, qui prit le pseudonyme de Nicole, rallia des gaullistes, des hommes politiques, et entretint des contacts fructueux avec la hiérarchie catholique de la zone sud et devint membre du Comité directeur du Front national en liaison avec Georges Marrane et Hubert Ruffe.

Les risques sont de plus en plus grands. Madeleine, devenue Nicole, multiplie ses activités de résistante, échappant toujours à l'arrestation. Elle est rédactrice du Patriote dont elle devient la directrice à la Libération à Lyon.

A la Libération, elle est décorée de la croix de guerre 1939-1945 et promue chevalier de la Légion d'honneur. En 1944, le Front National la délègue à l'assemblée consultative provisoire. Les électrices et les électeurs de la Seine l'envoient siéger à l'Assemblée Nationale de 1945 à 1951. Elle est élue le 21 octobre 1945 sur la liste du parti communiste députée de la Seine à la 1ère Assemblée constituante et réélue le 2 juin 1946 à la 2ème Assemblée constituante.

En 1946, elle est élue vice-présidente de l'Assemblée Nationale. C'est la première femme de l'histoire de la République qui occupe ce poste de haute responsabilité. À ce titre, elle est présidente de séance et dirige les débats en alternance avec les autres vice-présidents. Elle y est réélue à quatre reprises.

Elle propose, entre autres, une loi visant à faire admettre les femmes à égalité de titres à toutes les fonctions publiques et professions libérales. Elle prend également la défense des républicains espagnols réfugiés en France et s’insurge contre la présence dans le pays de Nicolas Franco, envoyé par son frère le général Franco. Elle défend les droits de la presse.

À la tribune de l'Assemblée, elle dénonce la politique étrangère réputée « atlantiste » de la France, inféodée, selon elle, à l'« impérialisme américain ».

En 1951, Madeleine Braun ne se représente pas aux élections législatives et se lance dans l’édition, devenant co-directrice avec Louis Aragon des Editeurs français réunis (EFR) qui dans la politique éditoriale du Parti communiste français, avaient la responsabilité des romans et traductions d’œuvres des pays socialistes ainsi que de la publication d’ouvrages historiques.

Comme sa mère, elle pratiqua la peinture.

Madeleine Braun s'est éteinte à Saint-Cloud le 22 janvier 1980.

Sources: 

Héroïques, Femmes en résistance, Tome 1, édition Le Geai Bleu, Antoine Porcu

https://histoireparlesfemmes.com/2014/03/10/madeleine-braun-premiere-vice-presidente-de-lassemblee-nationale/

Wikipédia

Maitron: https://maitron.fr/spip.php?article17818, notice BRAUN Madeleine, née WEILL par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 16 octobre 2020.

 

Lire aussi:

Portrait de résistante communiste - France Bloch-Sérazin, Chimiste de la résistance armée, 1913-1943 (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste: 2 - Madeleine Braun, cofondatrice du Front National, première femme vice-présidente de l'Assemblée Nationale (100 ans d'engagements communistes)
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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 08:30
France Bloch, chimiste de la résistance armée - Source brochure UFF ( Héroïques, Femmes en résistance, Tome 1, édition Le Geai Bleu, Antoine Porcu)

France Bloch, chimiste de la résistance armée - Source brochure UFF ( Héroïques, Femmes en résistance, Tome 1, édition Le Geai Bleu, Antoine Porcu)

France Bloch dans son laboatoie de recherche. Source: Alain Guérin, La Résistance, 1943 - publié dans Héroïques, Femmes en résistance, Tome 1, édition Le Geai Bleu, Antoine Porcu

France Bloch dans son laboatoie de recherche. Source: Alain Guérin, La Résistance, 1943 - publié dans Héroïques, Femmes en résistance, Tome 1, édition Le Geai Bleu, Antoine Porcu

France-Bloch Sérazin - Une femme en résistance - 1913-1943, par Alain Quella Villéger (éditions Antoine Fouque) - Prix littéraire de la résistance 2019  "Le rôle des femmes dans la Résistance, qui plus est juives et/ou communistes, est longtemps resté un point aveugle de l'historiographie des années 1940-1945. Cette biographie historique vient ainsi réparer un oubli en faisant renaître, à partir d'un travail d'archive rigoureux, la figure emblématique et méconnue de France Bloch-Sérazin, chimiste de premier plan et militante communiste engagée tôt dans la résistante française. France Bloch-Sérazin, « morte pour la France », a été arrêtée à Paris par la police de Vichy et guillotinée par les nazis à Hambourg en février 1943, alors qu'elle n'avait pas trente ans.

France-Bloch Sérazin - Une femme en résistance - 1913-1943, par Alain Quella Villéger (éditions Antoine Fouque) - Prix littéraire de la résistance 2019 "Le rôle des femmes dans la Résistance, qui plus est juives et/ou communistes, est longtemps resté un point aveugle de l'historiographie des années 1940-1945. Cette biographie historique vient ainsi réparer un oubli en faisant renaître, à partir d'un travail d'archive rigoureux, la figure emblématique et méconnue de France Bloch-Sérazin, chimiste de premier plan et militante communiste engagée tôt dans la résistante française. France Bloch-Sérazin, « morte pour la France », a été arrêtée à Paris par la police de Vichy et guillotinée par les nazis à Hambourg en février 1943, alors qu'elle n'avait pas trente ans.

Lu dans Héroïques, Femmes en résistance, Tome 1, édition Le Geai Bleu, Antoine Porcu:

"Fille de l'écrivain Jean-Richard Bloch, France prépare après son baccalauréat une licence de chimie. Elle lit aussi bien des livres de philosophie que des ouvrages scientifiques. Passionnée de Stendhal... à 23 ans, elle adhère au PCF dans la section du XIVe arrondissement où elle fait la connaissance d'un jeune ouvrier métallo, Frédo Sérazin , qui deviendra son époux. Frédo Sérazin sera assassiné par les miliciens à Saint-Etienne en 1944. Après l'exode de 1940, France, de retour à Paris, s'engage dans la Résistance, et commence par tirer des tracts sur une vieille ronéo. Mise en contact avec Marcel Paul, celui-ci veut utiliser au mieux ses compétences. Sa formation de chimiste va lui permettre de fabriquer des explosifs. Elle apprend aux FTPF l'utilisation des grenades de sa fabrication. C'est France Bloch-Sérazin qui fabrique l'explosif utilisé en 1941 pour faire sauter un pylône électrique d'utilité vitale pour les Allemands qui occupent la région d'Orléans. France participe à l'attaque d'une cartonnerie et accompagne les FTP qui vont dynamiter les premières voies ferrées. Arrêtée par la police de Pétain, France subit la torture pendant les interrogatoires qui se succèdent. Emprisonnée à la Santé en "division punitive", enchaînée jour et nuit, France Bloch ne parle pas. Elle est conduite à Haguenau en Alsace, puis à la prison allemande de Lübeck. Le 10 février, elle est transférée à la prison de Hambourg et le 12 février elle est décapitée à la hache par les Nazis. Avant de mourir, la permission lui est donnée d'écrire une dernière lettre à Frédo, son époux:

Mon Fredo

Cette lettre est la dernière que tu recevras de moi. Ce soir à 21 heures, je vais être exécutée. J'ai été condamnée à mort le 30 septembre. Mon recours en grâce a été refusé par le Führer du IIIe Reich. Je vais mourir comme tant d'autres sont tombés depuis des mois.

Tu m'as donné du bonheur, j'étais fière de toi, fière de notre union, fière de notre si profond accord, fière de notre cher amour de Roland. 

Je meurs pour ce pourquoi nous avons lutté, j'ai lutté, tu sais comme moi que je n'aurais pas pu agir autrement que je n'ai agi, on ne se change pas.

Mon amour, soit très courageux, autant que moi, autant que notre amour était fort, était solide, était vrai. Qu'Eliane et Roland soient très heureux. Et toi, mon amour, tu sais que je suis à toi.

J'embrasse une dernière fois ta mère, qui aura de la peine, et aussi Paulette, Alexandre, toute la famille. 

Ta France à toi".

".      

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 08:25
La mort de Danielle Casanova - Boris Taslitzky - 1950

La mort de Danielle Casanova - Boris Taslitzky - 1950

" Dans La Mort de Danielle Casanova, Taslitzky met en place une composition simple et claire marquée par la symétrie des personnages. L'éclairage est contrasté en accord avec le caractère funèbre de la scène. L'oblique du corps de la jeune femme barre le tableau et exprime avec force et clarté l'idée d'un cadavre. Le blanc du manteau de cette nouvelle Marie contraste avec l'ensemble du déco sombre et brun et les détenus aux visages livides. La grande spiritualité de la scène est due à la clarté de l'héroïne qui se détache face aux tristes costumes rayés de tous les autres prisonniers du camp dont le recueillement est particulièrement émouvant. La composition du tableau souligne l'équilibre entre cette vision déchirante et le sens de la transcendance qui place par sa mort cette jeune communiste au niveau d'une martyre." (libres comme l'art, 100 ans d'histoire entre les artistes et le PCF, Yolande Rasle - Renaud Faroux, 2020)

Née le 9 janvier 1909, la Corse Danielle Casanova, membre des JC depuis 1928, meurt à l’âge de 34 ans, le 10 mai 1943, en déportation à Auschwitz. Ce n’est pas uniquement son martyre, sa mort à Auschwitz, qui fait sa grandeur, c’est aussi sa création et sa direction déterminée de l’Union des jeunes filles de France (UJFF), ainsi que son rôle de premier plan dans le communisme clandestin et son entrée en résistance. Le PCF honore sa mémoire en faisant d’elle, à juste titre, une héroïne nationale célébrée le jour de la fête de Jeanne d’Arc. Le tableau de Boris Taslitzky, la Mort de Danielle Casanova, peint en 1950, en est l’expression artistique, ainsi que sa présence dans le Musée Grévin d’Aragon. Charlotte Delbo en fait un personnage marquant de son œuvre. Dans le martyrologue qui s’affirme, elle est « la femme », Guy Môquet « le jeune », Gabriel Péri « l’intellectuel », Pierre Semard « le cheminot », Jean-Pierre Timbaud « le métallo ».

Autoportrait de Boris Taslitzky au crayon (décembre 1937)

Autoportrait de Boris Taslitzky au crayon (décembre 1937)

Portrait de Boris Taslitzky en 1990 (photo. I. Rollin-Royer)

Portrait de Boris Taslitzky en 1990 (photo. I. Rollin-Royer)

COMMUNIST'ART: Boris Taslitzky (1911-2005)
 Prisonniers regardant passer un mort (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier) -   Ce dessin est assez explicite. Les visages sont vides, ils n’expriment aucune expression. Les individus, des prisonniers, regardent un mort passer devant eux comme si c’était quelque chose de banal, comme s’ils étaient habitués à cette horreur

Prisonniers regardant passer un mort (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier) - Ce dessin est assez explicite. Les visages sont vides, ils n’expriment aucune expression. Les individus, des prisonniers, regardent un mort passer devant eux comme si c’était quelque chose de banal, comme s’ils étaient habitués à cette horreur

Le sommeil dans les box (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier)

Le sommeil dans les box (Camp de Buchenwald - 1944 - Technique : crayon sur papier)

« Je voudrais savoir moi aussi dessiner pour les montrer dans cet enclos du crime, face à face : ces hommes, ces penseurs, ces artistes, ces savants, soldats de la noble cause de la Culture, de la Beauté, de la Civilisation, de l’Humanisme et le monstre fasciste botté, le revolver, la mitraillette ou le gourmi à la main, terrorisant, assassinant hommes et femmes et aussi des enfants seulement coupables de ne pas appartenir à la prétendue race supérieure. C’est dans ce cadre dantesque où s’affrontaient l’Esprit et la Bête que Boris Taslitzky a croqué ses immortels dessins, qui, pour un si grand nombre d’entre nous, sont et resteront éternellement bouleversants. Ces dessins projetés, ces dessins réalisés, achevés, témoignages à tout jamais irrécusables d’un drame inimaginable pour la raison humaine, dans lequel le fascisme avait projeté les descendants de l’an II, symbole de l’amour de la liberté et de l’honneur de l’homme. »

Ainsi s’exprimait en mars 1978 Marcel Paul, l’un des responsables de l’organisation clandestine au sein du camp de Buchenwald, dans un avant-propos présentant les cent-onze dessins-témoignages réalisés par Boris Taslitzky.

Julien Cain administrateur général de la Bibliothèque nationale révoqué par le gouvernement de Vichy, compagnon de lutte de Boris à Buchenwald témoignait : « Je revois ma première rencontre avec Boris Taslitzky à Buchenwald, à l’automne 1944, au premier étage du block 40, dans le lavabo ou ‘waschraum’ qui nous servait ce jour-là de lieu de réunion. Il s’agissait d’organiser parmi les Français du camp un concours de poésies, de récits en prose et de dessins. De ce concours devaient sortir des œuvres émouvantes et sincères, quelques-unes pathétiques, d’autre simplement charmantes. Le ‘Jury’ avait estimé que ce premier et timide effort vers une vie spirituelle et collective dans ce camp de mort devait être expliqué et commenté par un manifeste. Boris Taslitzky avait été chargé de le rédiger. Il le lut d’une voix à la fois timide et assurée. Il définit avec précision une sorte d’Art poétique dont les formules vigoureuses me frappèrent, et il termina en nous lançant comme un défi les vers du ‘Lancelot’ d’Aragon que je ne connaissais pas encore : Vous pouvez me frapper en voici la raison / Riez de mon silence et souillez ma figure / Je ne pratique pas le pardon des injures / Lorsque je ne dis rien c’est que j’ai mes raisons… » (...) « Depuis ce jour, j’ai revu bien souvent Boris Taslitzky. Je l’ai vu travailler. Je l’ai vu devant ses modèles, composant sans hâte des portraits de détenus, ses camarades, que son crayon approfondissait peu à peu et qu’il chargeait d’expression. Je l’ai interrogé. J’ai voulu connaître sa formation, celle de l’artiste et celle de l’homme. Et j’ai compris comment, sans l’avoir recherché peut-être, par le jeu naturel des forces qui étaient en lui, Boris Taslitzky était devenu l’incarnation même de l’artiste révolutionnaire. »

(Source: Jacky Tronel: http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-camps/cent-onze-dessins-de-boris-taslitzky-faits-a-buchenwald-10459)

 

Boris Taslitzky est reconnu pour être un des très grands témoins de la déportation parmi les artistes peintres et dessinateurs. Grâce à l'organisation clandestine du camp de Buchenwald, il fit partie de la dizaine d'artistes qui put obtenir secrètement des petits crayons et du papier pour témoigner de l'enfer concentrationnaire. A Buchenwald, Taslitzky avait retrouvé le futur ministre Christian Pineau qui, lors de la libération du camp, avait acheminé ses dessins clandestins vers la France et les avait remis à Aragon, lequel les avait publiés sur le champ: "111 dessins de Boris Taslitzky faits à Buchenwald, 1944-1945", présentés par Julien Cain, La bibliothèque française, 1946.

http://www.boris-taslitzky.fr/.

Boris Taslitzky est né en 1911 de parents juifs russes émigrés après l'échec de la révolution de 1905. Son père, ingénieur, meurt pendant la première guerre mondiale. Le jeune Boris devient pupille de la nation. Il commence à peindre à l'âge de quinze ans et fréquente les académies de Montparnasse, vise le Louvre et copie les grands maîtres: Rubens, Delacroix, Géricault, Courbet. En 1928, il entre à l'Ecole des beaux-arts de Paris. En 1933, il adhère à l'AEAR, l'association des écrivains et artistes révolutionnaires dont il devient le secrétaire général de la section Peintres et Sculpteurs et en 1935, au Parti communiste français. En 1936, lors de la présentation de Quatorze juillet, pièce de Romain Rolland, il participe à l'exposition qui réunit Picasso, Léger, Matisse, Braque, Jean Lurçat, Laurens et Pignon dans le hall du théâtre de l'Alhambra. En 1937, il réalise des dessins d'illustration pour le journal communiste Ce soir d'Aragon et Jean-Richard Bloch. Il est en 1938, secrétaire général des Peintres et Sculpteurs de la Maison de la Culture de Paris.

Mobilisé à Meaux, Boris Taslitzky est fait prisonnier en juin 1940. Il s'évade en août et s'engage dans la Résistance au côté du Parti communiste clandestin et du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Arrêté en novembre 1941, condamné à deux ans de prison, il est transféré dans les prisons de Riom et de Mauzac, puis au centre de Saint-Sulpice-la-Pointe, et le 31 juillet 1944, déporté à Buchenwald où il parvient à faire quelque deux cents dessins qui témoignent de la vie des camps. Sa mère est déportée elle aussi et meurt au camp d'extermination d'Auschwitz.

Après-guerre, en 1946, Aragon fait éditer une centaine de ses dessins de Buchenwald. Après guerre, avec André Fougeron, Jean Vénitien et Jean Amblard, Boris Taslitzky devient un des défenseurs du réalisme socialiste en France.  En 1955, il illustre le recueil du poète breton Eugène Guillevic (né à Carnac en 1907- décédé à Paris en 1997), L'âge mûr, Eugène Guillevic qui était devenu sympathisant du Parti communiste pendant la guerre d'Espagne, puis adhérent en 1942 (il est resté adhérent communiste jusqu'en 1980).      

Dans ce tableau saisissant, visible aujourd’hui au Musée de la Résistance nationale, à Champigny-sur-Marne, le peintre et résistant communiste Boris Taslitzky immortalisait une scène de vie à la maison centrale de Riom, intitulée « La pesée » - Boris Taslitzky est arrêté par les gendarmes d’Aubusson (Creuse), le 13 novembre 1941. Il est écroué provisoirement à la maison d’arrêt de Guéret puis transféré à Clermont-Ferrand. Le 11 décembre 1941, le président du tribunal militaire le condamne à deux ans de prison et dix ans d’interdiction de droits civils, civiques et familiaux au motif qu’il « a effectué plusieurs dessins destinés à la propagande communiste ». Après son jugement, Boris est transféré à la maison centrale de Riom.

Dans ce tableau saisissant, visible aujourd’hui au Musée de la Résistance nationale, à Champigny-sur-Marne, le peintre et résistant communiste Boris Taslitzky immortalisait une scène de vie à la maison centrale de Riom, intitulée « La pesée » - Boris Taslitzky est arrêté par les gendarmes d’Aubusson (Creuse), le 13 novembre 1941. Il est écroué provisoirement à la maison d’arrêt de Guéret puis transféré à Clermont-Ferrand. Le 11 décembre 1941, le président du tribunal militaire le condamne à deux ans de prison et dix ans d’interdiction de droits civils, civiques et familiaux au motif qu’il « a effectué plusieurs dessins destinés à la propagande communiste ». Après son jugement, Boris est transféré à la maison centrale de Riom.

COMMUNIST'ART: Boris Taslitzky (1911-2005)
L'insurrection victorieuse de Buchenwald

L'insurrection victorieuse de Buchenwald

Collaboration entre Taslitzky et le poète communiste breton Eugène Guillevic

Collaboration entre Taslitzky et le poète communiste breton Eugène Guillevic

Collaboration entre le professeur de philosophie et poète Gaucheron et Boris Taslitzky: Un pommier de plein vent, 1974

Collaboration entre le professeur de philosophie et poète Gaucheron et Boris Taslitzky: Un pommier de plein vent, 1974

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 08:00
Bolivie: la fabrique des mensonges (José Fort, L'Humanité, 23 octobre 2020)
Bolivie : la fabrique de mensonges
Vendredi 23 Octobre 2020
 

José Fort Journaliste, ancien chef de la rubrique internationale de l’Humanité

Au lendemain de la large victoire de Luis Arce, candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), à l’élection présidentielle, me reviennent en mémoire des images et des déclarations. Elles datent de 2019. C’était hier ou presque.

Sur la base de fausses informations, l’extrême droite bolivienne, l’armée et la police, soutenues par Trump et l’Union européenne, se sont déchaînées contre tous ceux qui avaient des liens avec Evo Morales. Des images comme celles des hordes fascistes incendiant les habitations de la famille de l’ancien président et de ses ministres, traînant dans la rue la maire de Vinto, Patricia Arce, tondue, peinte en rouge, le visage en sang, l’armée et la police assassinant des manifestants, jeunes pour la plupart. Les images aussi d’Evo Morales réfugié chez les siens, recherché par des tueurs et qui n’a pu survivre que grâce à une opération aérienne organisée par le Mexique et l’Argentine. Celles encore de la Wiphala, le drapeau des peuples andins, brûlée par les putschistes brandissant la Bible. Me reviennent également en mémoire des déclarations sordides. Celles venues de Washington où s’était préparé le coup d’État. Celles de l’Union européenne et de Paris reconnaissant le pouvoir putschiste. Celles de ceux qui ont refusé de qualifier l’événement de coup d’État, se réfugiant derrière des formules alambiquées comme « gouvernement de facto ». Me reviennent aussi à l’esprit les mensonges repris notamment par nombre de médias français. Ceux qui ont soutenu que l’élection d’Evo Morales était entachée de fraudes alors que, comme nous l’affirmions dans ces colonnes, souvent bien seuls, c’est l’Organisation des États américains (OEA), appendice de Washington, qui avait monté une opération de déstabilisation d’envergure, de fausses nouvelles et a incité la droite et l’extrême droite à déclencher les violences et à installer des fantoches au pouvoir. Me reviennent à l’esprit ceux qui refusaient d’admettre qu’il y a bien eu coup d’État, ceux qui évoquaient, il y a deux jours encore, la « démission » de l’ancien président, ceux qui ont qualifié Morales d’« apprenti Caudillo », de « fraudeur » et interprété la sédition fasciste comme une « insurrection populaire ».

Le peuple bolivien insulté et réprimé pendant de longs mois vient de prendre sa revanche sur l’arbitraire et les racistes fortunés. Il faut s’en réjouir tout en restant lucide. Il y a des erreurs à ne plus commettre : les fascistes boliviens, l’armée et la police, encouragés par Trump risquent de ne pas rester l’arme au pied. Une question donc se pose : la pression populaire sera-t-elle suffisante pour empêcher les sales coups ?

Luis Arce, ancien ministre de l’Économie d’Evo Morales, définira sa propre politique. Lui, c’est lui. Mais, pour accomplir la tâche qu’il s’est fixée, « conduire le processus de changements sans haine », il lui faudra épurer l’armée et la police au risque sinon d’être, un jour ou l’autre, victime d’un même coup d’État que son prédécesseur.

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 07:51
Colonel Fabien, le siège du Parti communiste français, souillé par les fachos!
C'est devenu une triste habitude dans la galaxie de l'extrême-droite et de la droite extrême: s'en prendre aux locaux du Parti communiste, les taguer, les vandaliser. Cela nous fait mal mais quelque part, nous nous enorgueillissons d'avoir des ennemis pareils, même quand ils cherchent à renverser les valeurs et à inverser les faits en qualifiant de "Collabo" le principal parti engagé dans la Résistance française contre les Nazis et le régime d'extrême-droite de Vichy dont sont héritiers les actes et les discours xénophobes, racistes et nationalistes d'aujourd'hui. Le sacrifice de plusieurs dizaines de milliers de résistants communistes de 1940 à 1944 pour une société de liberté, d'égalité, de fraternité, de paix, dément cette accusation! Ils peuvent bien taguer le siège du PCF. Colonel Fabien c'est d'abord un grand résistant, et la cohorte des femmes et des hommes qui ont sauvé l'honneur de la France. D'Olga Bancic à Marie Claude Vaillant Couturier, de Guy Moquet à Henri Krasucki, ils sont des milliers, célèbres ou anonymes, torturés, fusillés, déportés, morts ou rescapés. Et ils sont vivants au Panthéon de notre mémoire.
 
***
 
Honte à ceux qui s'attaquent à notre parti. Notre histoire est celle de résistantes et de résistants. Nous porterons plainte et continuerons notre combat pour la liberté, pour une République sociale et démocratique !
Parti Communiste Français
 
***
 
« Le siège du parti communiste souillé du mot "collabos" »
Rance ambiance. Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité.
Après que d’anciens ministres et des ministres en poste actuellement n’ont d’autres soucis que d’importer de l’extrême droite le vulgaire mot d’ « islamo-gauchisme » pour qualifier certains d’entre nous, voici que les loups aux crocs tordus de leur haine se déchaînent. Au mépris de l’histoire, ils viennent jusqu’au siège du parti communiste le souiller du mot « collabos ». Eux, sans doute les héritiers des croix de feux, du petainisme et de la collaboration avec Hitler, ont toujours été contre le parti des résistants et des fusillés. On n’est pas étonné. Par contre, ils se sentent forts pour sortir ainsi avec leurs pots de peinture comme aux pires temps des chasses aux idées de gauche. Progressistes de toutes chapelles, il est temps de faire front commun contre le confusionnisme, et les droites extrêmes et l’extrême droite. Il est temps de passer à la contre offensive pour ensemble remettre la republique sociale, laïque, démocratique sur ses pieds. Les progrès civilisationnels sont venus de là depuis 1789. Ensemble debout.
Patrick Le Hyaric
 
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Collabo de la paix
Collabo de la justice sociale
Collabo des jours heureux !
Mais même en jouant avec ce mot, j’en ai la gerbe. Avec cette inscription on crache sur l’histoire et pas seulement des communistes. Celle de la France. Celle de la résistance.
C’est cracher sur ces jeunes communistes toulousain•nes qui balancent des papillons (mini tracts) anti-Vichy, anti-nazis, anti-collaboration sur le défilé de Pétain près du Capitole. C’est le premier acte de résistance à l’occupation.
C’est cracher sur Colonel Fabien, auteur du premier acte armée de résistance en France sous l’occupation.
C’est cracher sur Charles Tillon et l’appel à la résistance du 17 juin qui fut bien plus entendu et lu par la population que celui qu’on nous impose depuis des années (la radio, peu de famille en avait pour info).
C’est cracher sur ces milliers de fusillés au Mont-Valérien, à Chateaubriant, à Nantes... ou encore ces dizaines de milliers d’interné•es, de déporté•es communistes.
Ni le PCF, ni le MJCF, n’ont été parfaits durant la seconde guerre mondiale (du pacte à l’Humanité), mais nous avons été les premières et seules organisations politiques à avoir agit et structuré des groupes de résistance en interne. A avoir réorganisé nos structures pour qu’elles soient opérationnelles à la résistance, en prenant modèles sur l’expérience des brigades internationales. Vous savez le truc anti-fasciste avant 1940...
Depuis des années la droite, l’extrême-droite, les imbéciles... bref les anticommunistes primaires tentent de modifier, minimiser, gommer, salir la mémoire communiste durant la seconde guerre mondiale. C’est inadmissible, indigne de l’histoire de France. N’importe quel•le vrai•e républicain•e sait reconnaître les vérités de l’histoire et où se situait les communistes !
VIVE LA FRANCE
VIVE LES COMMUNISTES ✊
Gwenn Herbin
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