Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 07:09
Pénurie de masque: chronique d'un mensonge d'Etat (Rachel Prizac, L'Humanité, 8 avril 2020)
Mercredi, 8 Avril, 2020
Pénurie de masques : chronique d’un mensonge d'Etat

La volte-face de l’exécutif sur la protection du visage révèle les duperies du pouvoir macroniste dans la gestion de la crise. La pénurie a été dissimulée derrière des consignes sanitaires irresponsables. Retour sur un véritable scandale.

Gouverner, c’est prévoir. Et, sur ce sujet, le gouvernement ne peut plus se voiler la face. Depuis deux mois, il a délibérément menti pour étouffer le scandale de la pénurie. « Il n’y a pas besoin d’un masque quand on respecte la distance de protection vis-à -vis des autres », expliquait, mi-mars, la porte-­parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, argumentant laborieusement : « Je ne sais pas utiliser un masque (…) ce sont des gestes techniques. » Des « éléments de langage » fantasques déclinés sur tous les tons. « Il faut sortir de ce fantasme autour des masques, explique également la ministre Agnès Pannier-Runacher, le 19 mars. Respecter une distance de plus d’un mètre, c’est beaucoup plus efficace qu’un masque. Et, surtout, on a des cas de contamination de gens qui portent des masques et le tripotent toute la journée. » Un raisonnement repris par le premier ministre lui-même devant la mission d’information parlementaire, mercredi dernier. « Il n’y a pas de preuve que le port du masque dans la population apporterait un bénéfice. Ce serait même plutôt le contraire, à cause d’une mauvaise utilisation », a osé Édouard Philippe devant les parlementaires.

Deux jours plus tard, l’Académie de médecine prend le pouvoir macroniste de court et met fin à l’omerta en demandant que le port d’un masque « grand public » ou « alternatif » aux masques médicaux soit rendu obligatoire pour les sorties pendant la période de confinement et lors de sa levée. Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, lui emboîte le pas. « Nous encourageons le grand public, s’il le souhaite, à porter des masques, en particulier ces masques alternatifs qui sont en cours de production ! » lance-t-il lors de son point presse quotidien, contredisant le discours officiel tenu jusqu’ici par les ministres à longueur d’antenne. Alors, pourquoi avoir attendu si longtemps, au risque de nouvelles victimes, pour consentir à ce changement de cap ?

Cette préconisation sanitaire du masque pour tous figurait pourtant noir sur blanc dans un rapport publié en mai 2019 par Santé publique France. « En cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30 % de la population » y est-il clairement écrit. Une recommandation qui n’a pas été suivie d’effet. Pour la simple et bonne raison que, dès le mois de janvier, le gouvernement savait qu’en cas de pandémie, il n’y aurait pas assez de masques pour répondre aux demandes. Empêtré dans ses mensonges, l’exécutif se retrouve alors face à une double contrainte : gérer la crise à coups de commandes précipitées et chaotiques, et tenter de camoufler politiquement cette pénurie qui aurait pu être évitée. Les ministres se gardent bien, d’ailleurs, de prononcer le mot, évoquant des « tensions » sur le marché mondial ou des « manques avérés ». « Il n’y a pas de sujet de pénurie », insiste Jérôme Salomon, le 26 février.

Un choix délibéré de cacher la vérité

Un mois plus tôt, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, assurait que « des dizaines de millions de masques (étaient) en stock, en cas d’urgence », et que « tout cela (était) parfaitement géré par les autorités ». « Et si un jour il fallait porter un masque, ajoutait-elle, alors nous distribuerions le masque, il n’y a absolument aucune raison d’aller en acheter ». En coulisses, c’est la panique. L’exécutif sait que s’ouvre une course contre la montre pour importer et produire des milliards de masques. Mais la gestion des commandes par les différents services concernés s’avère chaotique, avec des commandes tardives en trop faibles volumes et une coordination hasardeuse. Pendant ce temps, au front, les soignants découvrent effarés que la France ne dispose pas de stocks suffisants pour faire face à l’épidémie. Des médecins portent plainte contre l’État. Pas de quoi intimider le gouvernement, qui s’enferre dans ses mensonges. Le 17 mars, le nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran, affirme avec morgue que « nous avons assez de masques aujourd’hui pour permettre aux soignants d’être armés face à la maladie et de soigner les malades ». C’est une tout autre histoire, tragique, qui s’écrit au même moment dans les hôpitaux et Ehpad.

Le gouvernement s’était pourtant targué de jouer la transparence

Ce jour-là, Olivier Véran lâche le chiffre fatidique : « 110 millions de masques » seraient disponibles dans les stocks de l’État. Il y en avait plus d’un milliard, dix ans plus tôt. Alors comment expliquer cette disette ? Le tournant dans la gestion des stocks date du quinquennat Hollande. En 2013, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, décide de supprimer les stocks de l’État et de transférer cette compétence aux employeurs, qu’ils soient publics ou privés. En 2015, un rapport sénatorial juge la situation « catastrophique » et préconise que l’État conserve ses stocks stratégiques. Il n’en sera rien et la confiance aveugle dans la production chinoise accéléra la catastrophe.

Mais, au lieu de jouer la transparence, comme il s’y était pourtant formellement engagé devant les Français, et de mettre sur la table la réalité de cette pénurie, l’exécutif choisit de cacher la vérité sous une communication indigente. Lors de sa visite d’une usine de masques du Maine-et Loire, mardi 31 mars, pour tenter de redorer son blason et démontrer qu’il était aux manettes pour doper la production nationale, Emmanuel Macron a dénoncé les « irresponsables » qui en sont « déjà à faire des procès, alors que nous n’avons pas gagné la guerre ». Une étrange manière de qualifier les interventions de l’opposition parlementaire, dont le devoir est d’interroger les choix politiques censés être pris dans l’intérêt général.

Hier, face au tollé provoqué par ce changement de discours sur le port du masque, Olivier Véran a encore une fois noyé le poisson. Interrogé par l’opposition sur ce « flottement », le ministre de la Santé s’est contenté de répondre que la question restait « ouverte ». « À mesure que les recommandations scientifiques évoluent, nous sommes amenés nous-mêmes à nous réinterroger », a poursuivi le ministre. Celles de l’Académie de médecine et du directeur général de la santé sont pourtant on ne peut plus claires.

 

Rachel Prizac
Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 18:00

Présentation de la fresque d'Harshvardam Kadam à la Manu à Morlaix par l'AADI

Grâce au travail de Jean-Claude Breton et de l'association AADI qui organisent le festival Armor India, Morlaix a la chance depuis des années d'inviter de grands artistes et intellectuels indiens et de faire connaître notre région et la Bretagne à des milliers d'Indiens, notamment de l'ouest, de la région de Pune et de Bombay, dans le cadre d'échanges scolaires et universitaires.

Voici le lien vers la video que vient de faire Harshvardhan Kadam, l'artiste de street art connu en Inde qui nous avait offert l’inoubliable fresque de l’éléphant en septembre 2015 sur le mur de la Manufacture de tabac…
 
Jean-Claude et Claudine Breton l'avaient retrouvé à Pune en février 2017, lorsqu’il réalisait, avec son frère , une immense fresque sur le mur de la prison de Yeravada ( où Gandhi a passé de longs mois)...
 
Il s’agit de la plus longue fresque de toute l’Inde, à laquelle ont participé de nombreux volontaires sous la direction des 2 frères , dont cette vidéo vient à peine être confectionnée, pour notre grand plaisir.
 

Nous sommes pas peu fiers d’avoir accueilli Harshvardhan à Morlaix, quelle maîtrise !

 
Nous pensons en particulier à la petite équipe de bénévoles de l'AADI qui avaient tant bossé lors de la difficile installation de la fresque de l’éléphant, et qui se souviennent de la gentillesse de l’artiste.
 
Voici quelques photos prises lors de la rencontre de Jean-Claude Breton et sa femme qui avaient invité l'artiste plusieurs jours dans la région de Morlaix en 2015, avec Harshvardhan Kadam et son frère à Pune, qui sortent la vidéo de leur réalisation, step by step, ce mois-ci.
 
Au moment d’obtenir l’autorisation de peindre sur le mur de la Manu sélectionné, il avait fallu malheureusement se contenter d'une impression numérique , qui en pratique n’avait pas tenu.
 
En revanche cela a permis de récupérer la fresque, qu’on redéploie périodiquement sur les murs du local de l'AADI à la Manufacture de Tabac à Morlaix.
 
Il serait bon de mieux valoriser encore au niveau de Morlaix et Morlaix-Communauté cet extraordinaire partenariat avec la société civile et les créateurs de l'Inde, une source d'enrichissement mutuel.
 
Ismaël Dupont
 
Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

Photo Jean-Claude Breton

2018 devant la mairie de Morlaix - Rassemblement de jeunes indiens et bretons en échanges scolaires

2018 devant la mairie de Morlaix - Rassemblement de jeunes indiens et bretons en échanges scolaires

Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 15:45

Alors que les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste ont ces trois dernières semaines, réitéré leurs demandes lors de deux questions d’actualité et du débat de la loi de finances rectificatives, de moyens supplémentaires pour les hôpitaux, relayant les revendications des personnels hospitaliers en grève depuis plus d’un an, le gouvernement a accepté de débloquer 2 milliards d’euros.

 

Cet argent indispensable à l’achat de matériels notamment les masques, les gants… ne pouvait répondre ni à la gravité de la pandémie ni à la crise réelle que vit l’hôpital. Raison pour laquelle, le groupe CRCE a demandé l’examen en urgence d’un budget de la Sécurité sociale rectificatif, ce qui lui a été refusé !

Les politiques suivies, depuis le Plan Juppé, sont responsables de la casse de notre système de santé, or le gouvernement ne semble pas en tirer des leçons. Ainsi, le nouveau ministre Véran, suit les traces funestes d’Agnès Buzyn, en annonçant une prime spéciale pour les soignants pour un montant de 1 milliard d’euros, au lieu d’augmenter les salaires, d’ouvrir des lits, de titulariser et d’embaucher du personnel.

Dans l’édition du quotidien Les Échos du 2 avril, le rapporteur LREM du Budget à l’Assemblée nationale, a reconnu que « le correctif budgétaire voté il y a dix jours avait un caractère provisoire, et (que) les montants sont revus en conséquence à mesure qu’on avance dans la crise ».

Le gouvernement semble naviguer à vue, ne prenant même pas la peine d’informer la représentation parlementaire ! Nous avons appris par la presse, une provision de 3,1 milliards d’euros supplémentaires pour les dépenses de santé. C’est une bonne chose, mais nous aimerions connaître les mécanismes de financement et le but qui lui est assigné.

De plus, nous sommes inquiets de la déclaration du directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est, qui a estimé ce vendredi 3 avril qu’il n’y avait « pas de raison » d’interrompre la suppression sur cinq ans de 174 lits et de 598 postes au CHRU de Nancy. Ainsi alors que la pandémie de Covid-19 démontre l’impérieuse nécessité d’ouvrir des lits, d’augmenter les salaires et d’embaucher du personnel, comme nous le demandons depuis des années, le gouvernement ne semble toujours pas avoir changé de logiciel, même si le ministre Véran a tenté de ‘’temporiser’’

Nous le savons toutes et tous, l’hôpital, les EHPAD, le secteur de la santé comme du médico-social ont besoin, de toute urgence, de moyens conséquents chiffrés à au moins 10 milliards.

Il y a urgence à sortir des discours martiaux assortis des pleins pouvoirs à l’exécutif et surtout de s’affranchir des règles de l’austérité budgétaire imposée par l’Union européenne, sur ordre du marché. Il y a urgence à investir massivement, pour l’hôpital, avec le déblocage de 10 milliards d’euros pour la santé et le recrutement de 100 000 personnels soignant·es. Il y a urgence à investir dans les EHPADS avec le recrutement de 300 000 personnes sur trois ans.

Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain Citoyen et Ecologiste demandent une véritable transparence sanitaire dans les mesures d’urgence pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et l’examen d’un budget de la sécurité sociale (PLFSS) rectificatif. La Santé n’a pas de prix !

Hôpitaux publics : le gouvernement ne semble toujours pas avoir changé de logiciel – (CRCE)
Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 09:29
Le 14 février 2020 à Plougonven - le comité de défense de l'hôpital public du pays de Morlaix

Le 14 février 2020 à Plougonven - le comité de défense de l'hôpital public du pays de Morlaix

Photo Jean-Marc Nayet

Photo Jean-Marc Nayet

Communiqué du Comité de Défense des Usagers du Centre Hospitalier du Pays de Morlaix.

 

Mardi 7 avril, lors de la journée mondiale de la santé, avec le réseau européen contre la privatisation et la commercialisation de la santé et de la protection sociale et la coordination nationale,

le comité de défense de l’hôpital public en Pays de Morlaix appelle toute la population, dans le respect des mesures de confinement, à accrocher ce jour là et jusqu’à la fin du confinement, à leurs fenêtres, balcon, ou clôture, des draps blancs portant des slogans pour soutenir les personnels hospitaliers, l’hôpital public et notre système de santé et de protection sociale.

La situation sanitaire de la France est grave, chacun l’éprouve en ce moment en supportant le confinement, puisque face au coronavirus, c’est la seule option pour pallier les carences de notre système de santé, lui qui était le plus performant du monde en l’an 2000 d’après l’OMS.

Aujourd’hui, les mesures d’économie ont réduit les capacités de notre système de santé, qui en raison des pénuries n’est plus en mesure de répondre à la crise sanitaire.

Les soignants, quels que soient leurs spécialité, grade ou lieu de profession, se trouvent démunis.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir alerté les gouvernements successifs du dysfonctionnement des soins dans les services des hôpitaux publics et le manque des besoins humains et matériel ; mais aucun n’a daigné prendre au sérieux les alarmes des personnels et des usagers.

Les appels aux dons se multiplient, mais la vraie solidarité c’est la sécurité sociale, mise en difficulté par les exonérations massives de cotisations et des mesures d’économie.

Il est impératif d’ouvrir les lits et les services qui ont été fermés ces dernières années et de recréer des emplois dans tous les hôpitaux publics.

Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 09:26
Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 07:32
Inde :  Le registre de Modi est la nouvelle version des lois allemandes de 1935 dénonce Arundhati Roy, écrivaine, auteur du Dieu des petits riens et de Mon coeur séditieux (L'Humanité, entretien avec Lina Sankari, 2 avril 2020)
Jeudi, 2 Avril, 2020
Inde : « Le registre de Modi est la nouvelle version des lois allemandes de 1935 » dénonce Arundhati Roy

Lauréate du Booker Prize et du prix Sydney de la paix, Arundhati Roy est dans le viseur du pouvoir nationaliste hindou. Combattante tout-terrain, l’écrivaine défie les démons de l’Inde violente, documente les ravages d’un néolibéralisme génocidaire. Et fait le lien entre la politique du premier ministre indien, Narendra Modi, et la montée des fascismes au XXe siècle.

Elle vient de publier « Mon cœur séditieux ».

Entretien.

 

Lorsqu’elle s’adresse à la foule, en ce 1er mars, à Jantar Mantar (New Delhi), Arundhati Roy envoie un clin d’œil à l’Inde des Lumières. Sur ce site, des outils astronomiques du XVIIIe siècle construits sur ordre du maharadja Jai Singh II, dont la curiosité et les recherches s’étendaient aux arts, à la philosophie autant qu’à la religion. Autrement dit, l’antithèse de l’obscurantisme du pouvoir actuel, le BJP, dont les zélotes organisent des séances de beuverie autour de l’urine de vache sacrée afin de lutter contre le coronavirus. À l’heure où les nationalistes hindous lancent des pogroms contre les habitants des quartiers ouvriers à majorité musulmane de la capitale, où le pouvoir tente d’en finir avec le caractère séculaire de la Constitution et où les lois islamophobes se multiplient, l’autrice indienne s’adresse à l’opposition qui, même minoritaire, n’entend pas livrer le pays au fascisme.  : « Vous pouvez être en accord ou en désaccord avec une Constitution dans son ensemble ou en partie, mais agir comme si elle n’existait pas, comme le fait ce gouvernement, c’est démanteler complètement la démocratie. »

Arundhati Roy aurait pu profiter du confort que le succès du « Dieu des petits riens » lui conférait. Elle a plutôt choisi de se lancer sur les routes de l’Inde pour révéler les périls combinés de l’ethnonationalisme et de l’ultralibéralisme. Elle part ainsi sur les berges de la rivière Narmada, dans l’État du Gujarat, pour soutenir les villageois menacés d’expulsion dans le cadre de la construction d’un des plus grands barrages au monde. Elle dénonce la civilisation nucléaire et milite contre l’occupation indienne du Cachemire. Ce travail, fruit de vingt ans de réflexions, est aujourd’hui compilé dans « Mon cœur séditieux » (Gallimard). Concomitamment, l’éditeur publie « Au-devant des périls. La marche en avant de la nation hindoue », une conférence prononcée à New York, en 2019, dans laquelle elle fait le lien entre la politique du premier ministre indien, Narendra Modi, et la montée des fascismes au XXe siècle.

Quels sont les défis aujourd’hui posés par le pouvoir nationaliste hindou ?

Arundhati Roy. Jusqu’à présent, le gouvernement a refusé de revenir sur le projet de loi d’amendement sur la citoyenneté, qui est anticonstitutionnel, et accorde des droits de citoyenneté accélérés seulement aux non-musulmans du Pakistan, du Bangladesh et d’Afghanistan. Mais il a commencé à envoyer des signaux contradictoires concernant le registre national des citoyens (NRC), qui est la véritable menace pour les musulmans indiens, ainsi que pour des millions d’autres. Les manifestations continuent mais sont violemment réprimées.

Entre le 24 et le 27 février, des foules hindoues armées, soutenues par la police de Delhi, ont attaqué des musulmans dans des quartiers ouvriers du nord-est. La violence était dans l’air depuis un certain temps. Lorsque l’attaque a été lancée, les policiers ont été vus, se tenant à l’écart, ou soutenant la foule. Des maisons, des magasins, des véhicules ont été incendiés. Beaucoup ont été hospitalisés pour des blessures par balles. Des vidéos horribles ont circulé sur Internet. Dans l’une d’elles, de jeunes hommes grièvement blessés, étendus dans la rue, certains entassés les uns sur les autres par des policiers en uniforme, sont contraints de chanter l’hymne national.

Par la suite, l’un d’eux, Faizan, est décédé des suites d’un coup de bâton de policier dans la gorge. Plus de 50 personnes ont perdu la vie. Environ 300 personnes ont été admises à l’hôpital pour blessures graves. Des milliers de personnes vivent désormais dans des camps de réfugiés. Au Parlement, le ministre de l’Intérieur s’est félicité. Et le BJP (Bharatiya Janata Party, parti du premier ministre Narendra Modi – NDLR) n’a ménagé aucun effort pour présenter la violence comme une « émeute » hindoue-musulmane. Ce n’était pas une émeute. Il s’agissait d’une tentative de pogrom, menée par une foule armée fasciste.

Le recensement, déjà testé en Assam, État de l’est de l’Inde, a créé un nouveau groupe d’individus – musulmans pour la plupart – sans aucun droit. Peut-on parler d’un nouveau système de castes ?

Arundhati Roy. Durant une grande partie de son enfance et de sa vie d’adulte, Modi a appartenu à une organisation nationaliste hindoue d’extrême droite, Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS). Aujourd’hui, le RSS est le navire amiral qui contrôle le BJP. Il prône un système de castes moderne, dans lequel les musulmans seraient les nouveaux dalits (plus connus ici sous le terme récusé d’intouchables – NDLR).

L’idée de pureté de la race est omniprésente. Il s’agit de la version RSS des lois allemandes de Nuremberg de 1935. L’amendement contre les musulmans est le premier acte. D’autres suivront sans doute. Chrétiens, dalits, communistes… tous ennemis du RSS. Les tribunaux des étrangers et les centres de détention, qui ont déjà commencé à se multiplier, ne sont pas censés accueillir des centaines de millions de musulmans. Mais ils sont destinés à nous rappeler que c’est là que les musulmans de l’Inde devraient en réa­lité vivre.

Au moment de la sortie du « Dieu des petits riens », en 1997, vous incarniez l’Inde nouvelle. Que signifie être écrivain dans l’Inde d’aujourd’hui ?

Arundhati Roy. Pour moi, être écrivain aujourd’hui revient à essayer de comprendre l’immense complexité du pays où je vis… une complexité unique à bien des égards, en particulier en ce qui concerne le fonctionnement de la caste. Les intellectuels indiens, qu’ils soient conservateurs, libéraux ou de gauche, ont été tellement malhonnêtes dans leur manière d’appréhender cette question. Pour moi, cela signifie regarder vers le Cachemire et essayer de ne pas cligner des yeux lorsque toutes les machines de l’État et les médias se retournent contre moi ; cela a signifié marcher dans les forêts de l’Inde centrale où une guerre a été déclarée contre les peuples autochtones pour donner les terres à des entreprises ; cela signifiait se lever lorsque le gouvernement central brûlait une partie de ma ville… mais, surtout, cela signifiait trouver un moyen de continuer à écrire, d’être toujours écrivain.

Vous dites avoir écrit ces essais pour reprendre le « contrôle de la langue », alors que l’époque est au détournement de mots. Parler et donc penser avec les paroles de l’adversaire, c’est déjà se rendre, dites-vous. Le choix des mots est-il un acte militant ?

Arundhati Roy. L’adversaire prend nos mots et leur fait signifier le contraire de ce qu’ils signifient vraiment. Il déploie nos mots contre nous. Mais pour moi, le choix des mots n’est pas toujours un acte militant. Pas du tout. Parfois, c’est un acte tendre. Un acte d’amour. Un acte poétique. Un acte irrévérencieux.

Mon cœur séditieux, somme d’essais parus ces vingt dernières années, d’Arundhati Roy, Gallimard, collection « Du monde entier », 1 056 pages, 26,99 euros.

Inde :  Le registre de Modi est la nouvelle version des lois allemandes de 1935 dénonce Arundhati Roy, écrivaine, auteur du Dieu des petits riens et de Mon coeur séditieux (L'Humanité, entretien avec Lina Sankari, 2 avril 2020)
Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 07:22
Port du masque : après la désinformation, la volte-face du gouvernement - L'Humanité, 6 avril 2020
Lundi, 6 Avril, 2020 - L'Humanité
Port du masque : après la désinformation, la volte-face du gouvernement

Le directeur général de la santé a enjoint vendredi à l’ensemble de la population de porter des masques, rompant avec le mensonge d’État concernant leur utilité.

 

« Les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies, car ce n’est pas nécessaire si l’on n’est pas malade », déclarait Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, le 17 mars dernier à l’issue du Conseil des ministres. Des « éléments de langage » relayés à longueur d’antenne sur les télévisions et les radios par les tenants de l’exécutif, allant jusqu’à prétendre que nos concitoyens ne sauraient de toute façon pas utiliser correctement un masque… En réalité, au lieu de jouer la transparence sur la pénurie de masques et d’expliquer que le peu de stock disponible serait, légitimement, réservé aux soignants, le gouvernement d’Édouard Philippe avait choisi de ne pas informer les Français, et d’utiliser de faux arguments sanitaires.

Nouvelle recommandation de l’Académie de médecine

Aujourd’hui tout a changé : « Nous encourageons le grand public à porter les masques », a affirmé vendredi Jérôme Salomon, le directeur général de la santé. Un mot d’ordre gouvernemental qui s’appuie sur une nouvelle recommandation de l’ Académie de médecine et concerne les masques « artisanaux », en tissu, que quelques entreprises et des particuliers ont commencé à confectionner, parfois en s’appuyant sur des tutoriels diffusés via Internet et validés par des médecins et des hôpitaux. « Lorsqu’on sort de chez soi, qu’on va faire des courses, qu’on prend l’ascenseur, les transports en commun, la recommandation est que tout le monde porte un masque que l’on peut faire soi-même et qu’on n’est pas obligé d’acheter à la pharmacie, explique au Parisien le professeur Yves Buisson, membre de l’Académie. Tout le monde doit faire comme s’il était porteur sain du virus, contaminé. Ce masque ne vous protège pas, c’est un masque altruiste : en couvrant son nez et sa bouche, on évite de disséminer le virus autour de soi.» L’académie estime d’ailleurs que le port du masque devrait être rendu obligatoire pour les sorties pendant et après le confinement, ce qui constituerait « une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur».

Le virus pourrait se diffuser de manière aérosol

Ces nouvelles consignes interviennent alors que la France a annoncé avoir commandé près de 2 milliards de masques auprès de fournisseurs chinois, tout en renforçant la capacité de production nationale. Un changement de doctrine qui coïncide donc avec la fin de la pénurie ? Pas seulement. D’une part, les masques médicaux, masques chirurgicaux ou bien FFP2, restent réservés aux malades et au personnel soignant. Et d’autre part, il apparaît de plus en plus probable que la diffusion du virus ne se produit pas uniquement par des gouttelettes, mais également de manière aérosol, c’est-à-dire dans l’air expiré. Ce mode de transmission expliquerait la haute contagiosité du virus, également transmis par des patients sans symptômes. C’est en intégrant cette éventualité que les autorités sanitaires américaines ont recommandé le port du masque.

Une évolution salutaire

La France n’est en effet pas le seul pays à ajuster ainsi sa communication : la volte-face la plus spectaculaire est venue des États-Unis où, vendredi, le président Donald Trump lui-même a annoncé que les autorités sanitaires conseillaient désormais aux Américains de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent de chez eux. En Allemagne, les citoyens sont désormais encouragés à porter en public des masques faits maison. Leur port est obligatoire en République tchèque et en Slovénie, et dans les supermarchés autrichiens. Une évolution salutaire qui aurait pu être anticipée en s’inspirant de l’Asie, où le port du masque est banalisé depuis longtemps et où la réticence occidentale a surpris.

***

Réaction de Fabien Roussel pour le PCF:

Le gouvernement répétait que le grand public ne devait pas acheter de masque. "En fait, il y avait tout simplement une pénurie", a déploré lundi 6 avril le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, tout en reconnaissant "une situation difficile à gérer".

Le gouvernement aurait du être transparent dès le départ, a-t-il estimé, au risque de voir les mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus ne pas être comprises par les Français.

Au début du confinement, le gouvernement "répétait que les Français ne devaient pas acheter de masques et qu'il fallait les réserver pour les soignants. En fait il y avait tout simplement une pénurie (...). Maintenant qu'on a commandé deux milliards de masques, changement de braquet, il faudrait tous en porter" , a déclaré Fabien Roussel sur Sud Radio, admettant toutefois une "situation difficile à gérer".

 
Port du masque : après la désinformation, la volte-face du gouvernement - L'Humanité, 6 avril 2020
Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 07:16
Personnes âgées. Ehpad, le cri d’alarme (L'Humanité, Jean-Jacques Régibier, 7 avril 2020)
Mardi, 7 Avril, 2020
Personnes âgées. Ehpad, le cri d’alarme

Alors que le nombre des décès dans les maisons de retraite explose, les personnels dénoncent l’insuffisance criante des mesures prises pour faire face à la pandémie.

 

L’épidémie invisible a cessé de l’être. Le nombre de victimes recensées du coronavirus dans les Ehpad a explosé au cours des derniers jours, passant de 371 personnes à 2  189 entre le 1er et le 5 avril.

Aussi, la part des décès des résidents des maisons de retraite dans le bilan global des victimes de l’épidémie ne cesse de croître. Au niveau national, environ un tiers des morts du Covid-19 sont des résidents des maisons de retraite. Dans le Bas-Rhin, l’un des départements les plus touchés par le coronavirus, ce pourcentage frôle depuis lundi les 40 % (176 décès dans les Ehpad, 277 en dehors). Pour Hélène (1), aide-soignante dans un établissement d’Arles (Bouches-du-Rhône), le manque de matériel de protection explique en partie la vitesse de propagation du virus. Dans sa maison de retraite, le premier cas confirmé de coronavirus a concerné un membre du personnel, mardi dernier. Le lendemain, une résidente était contaminée et, à la fin de la semaine, une douzaine de résidents étaient suspectés. « J’ai fait la toilette d’une personne sur laquelle il y avait un doute, mais je n’avais pas de masque FFP2. J’ai eu peur. La résidente a toussé tout le long de la toilette, qui dure 40 minutes. Elle avait 39°C de fièvre. Nous sommes plusieurs à nous succéder dans la même chambre, pour la toilette, le goûter, les soins. Mais on remet toutes la même blouse. J’ai ajouté un tablier en plastique et pui s, sur le masque, j’ai attaché une taie d’oreiller… »

« Un seul masque pour 7 h 30 de travail »

Infirmière dans un Ehpad en campagne, près de Dijon, Cécile pointe elle aussi le non-respect des règles d’hygiène dû au manque d’équipements – « un seul masque pour 7 h 30 de travail », précise-t-elle. Elle déplore aussi le caractère tardif des restrictions au sein de son établissement. « Le 1er  avril, un karaoké a été organisé avec les 45 résidents dans la salle commune… Du grand n’importe quoi ! » Délégué CGT des Ehpad du groupe privé Orpea, Guillaume Gobet, qui travaille à Royat, près de Clermont-Ferrand, confirme : « Sur mon établissement, on a mis en confinement le 27 mars. Mais on a continué pendant plusieurs jours à faire manger les résidents dans la même salle, les uns à côté des autres. Mes collègues me disent que, dans de nombreux Ehpad du Sud, c’est toujours le cas. » Certains résidents, sous dialyse, ont aussi fait des allers-retours entre Ehpad et hôpital. « S’ils ont été contaminés, toute la salle à manger peut l’être. »

Pour Cécile, de Dijon, la surcharge de travail aggrave la situation sanitaire. « Tous les congés annuels ont été supprimés. Je travaille 6 jours sur 7. On est épuisées », lâche cette jeune infirmière qui explique pourtant avoir choisi ce métier « par passion ». Comment assurer une décontamination efficace quand on a une seule auxiliaire de vie pour 25  chambres ? interroge aussi Guillaume Gobet. « Résultat : une fois le Covid entré, les Ehpad deviennent des nids à virus. »

« Moi, j’achète des lingettes pour bébé pour nettoyer mes résidents », dit Cécile, qui ajoute : « On en est là dans les Ehpad. On compte le nombre de pommes de terre qu’on met dans les assiettes pour être sûrs de ne pas manquer à la fin du service. Quand on a travaillé toute sa vie, payer plus de 2 000 euros par mois pour ça, je trouve ça révoltant. » Une réalité qui n’avait pas attendu le coronavirus pour s’exprimer. « Cela fait trois ans, appuie Guillaume Gobet, qu’on dénonce cette situation auprès des ARS, du gouvernement. On a fait de nombreuses grèves. Mais nous n’avons jamais été pris au sérieux. Je ne sais plus comment faire pour être entendu. »

(1) Les prénoms ont été changés.
Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 07:15
Jean-Marie Le Scraigne à l'école des filles de Huelgoat en 2010 (photo Le Télégramme)

Jean-Marie Le Scraigne à l'école des filles de Huelgoat en 2010 (photo Le Télégramme)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:

63/ Jean-Marie Le Scraigne - Jañ-Mari Skragn (1920-2016)

L'oncle du journaliste, historien et écrivain quimpérois Georges Cadiou (L'hermine et la croix gammée), Jean-Marie Le Scraigne (en breton Jan-Mari Skragn, dit-il) est né au Huelgoat en juin 1920 (décédé en décembre 2016). Il a été retiré de l'école à 13 ans pour aider à la ferme malgré ses excellents résultats scolaires. Il est d’abord resté travailler à la ferme familiale, sur le plateau granitique de cette commune (en breton ar c’hludou), au cœur de l’Arrée.

Après son mariage, devenu père de famille, il préféra changer de métier et travailla comme carrier et marbrier, jusqu’à sa retraite.

Fervant militant communiste, il fut longtemps (une vingtaine d'années) conseiller municipal d’Huelgoat, élu sur la liste d"Alphonse Penven (maire et conseiller général PCF de la Libération à 1983, paysan de ce même quartier qui fut également député dans les années d'après-guerre).

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

Jean-Marie Le Scraigne s’est parfois exprimé à la télévision en breton (FR 3) sur la période du Front Populaire et nous a expliqué son engagement, contre la volonté paternelle...Il était connu comme chanteur de fest-noz (dans les années soixante-dix, avec B. Le Guern, L. Lozac’h). C’est à l’heure de la retraite qu’il s’est mis à composer des chansons, notamment à danser, en breton et en français. En 1986, il s'inscrit à un concours de contes en breton et obtient le premier prix. C'est en français il commencera à mettre ses contes par écrit, avant que les responsables de "Brud Nevez" lui conseillent de le faire en breton.

Francis Favereau, linguiste, spécialiste de la culture et de la langue bretonne, raconte:

" Parallèlement, Jean-Marie Le Scraigne a commencé à raconter divers contes (rismodilli, dit-il), qu’il avait entendus dans sa jeunesse à Kervinaouet, de la bouche de valets ou de mendiants, essentiellement. Il est ainsi devenu conteur, à la radio ou à la télévision, comme dans les veillées organisées ces dernières années, notamment par Dastum... Il compte actuellement parmi les meilleurs, avec Marcel Guilloux (Haute-Cornouaille) ou Jude Le Paboul (de Baud, Vannetais, disparu en 2001). L’originalité de J.M.Le Scraigne, c’est qu’il a transcrit la plupart de ses contes, d’abord en français, ne sachant guère écrire le breton, nous disait-il. Chez lui, Bilz(ic), l’adversaire déclaré du seigneur ainsi que du recteur, devient un «voleur honnête», comme il en faudrait davantage, conclut-il. Voilà qui, pour ce qui est de l’idéologie, nous situe aux antipodes de la morale traditionnelle héritée de FEIZ HA BREIZ  etc. Il y a chez lui un peu de cet «esprit sauvage de la Montagne», comme le dit si bien Y. Gwernig. On comprend mieux ce positionnement original grâce à l’étude qu’en a faite Ronan Le Coadic dans Campagne Rouges de Bretagne (SKOL VREIZH n° 22, 1991), où il a donné laparole aux communistes de cette région, en breton (F. Landré, maire de Scrignac, décédé en 1999, Daniel Trellu - cf. tome 3 - et Alphonse Penven, maire du Huelgoat et conseiller général du cantonde 1945 à 1983, qui fut député communiste de 1956 à 1958, disparu peu après son interview, ancien paysan dans la ferme de Coat Mocun sur les hauteurs du Huelgoat, dont J.M. Le Scraigne fut longtemps le colistier :

«Cela vient de loin, cela est ancien, parce que cette région était pauvre et que la terre était mauvaise. Les habitants pauvres avaient envie d’améliorer leur situation. Oui. Certains dans cette région ont fait la Révolution des Bonnets Rouges. Il y en avait beaucoup dans la région de Carhaix. A Plouyé, on en a découvert beaucoup en faisant le nouveau cimetière, beaucoup d’ossements. Ces gens avaient été tués par les soldats. Il y avait eu des heurts au Ty meur en Poullaouen, un combat entre Poullaouen et Carhaix. Et les Rouges, malheureusement, avaient perdu. Beaucoup avaient étét ués. Puis ce pays a été longtemps radical. Oui, c’était une région rouge par icia utrefois» (p. 55)...«Moi, je crois que les communistes ont confiance en l’homme, en son travail, et qu’ils soutiennent les pauvres surtout. Oui, des humanistes. Il s’agit d’aider ceux qui sont en bas de l’échelle à remonter et d’essayer d’avoir plus de justice dans ce pays» disait Jean-Marie Le Scraigne...

Francis Favereau  (https://ffavereau.monsite-orange.fr)

 

Œuvres (source BNF):

Une vie de militant au Huelgoat
 
Drôle de guerre
 
Contes du Huelgoat et du Centre-Bretagne
 
Koñchennou hag huñvreou
 
Contes et rêveries
 
Lavariou an Uhelgoad
 
Ma buhez e kêr ar Vinaoued
 
Bremañ 'zo bremañ !
 
Un Huelgoatain vous raconte
 
Ma vie au Huelgoat
 
Ma buhez e Kêr ar Vinaoued
 
Rimodellou 'kostez Huelgoad 1 avec Jean-Marie Le Scraigne comme Auteur du texte
 
Rimodellou 'kostez Huelgoad 2 avec Jean-Marie Le Scraigne comme Auteur du texte
 
Drôle de guerre, Occupation, Résistance
 
Rimodellou 'kostez Huelgoad 3 avec Jean-Marie Le Scraigne comme Auteur du texte
Rimodellou 'kostez Huelgoad avec Jean-Marie Le Scraigne comme Auteur du texte
 
Contes du Huelgoat et du Centre-Bretagne
 
Amzer ar vrezel 'kostez an Huelgoad
 
Rimodellou 'kostez Huelgoad
"Une vie de militant" de Jean-Marie Le Scraigne aux éditions Emgleo Breiz - C'est tout un pan de la vie politique du centre-Bretagne que Jean-Marie le Scraigne raconte, avec en filigrane les contraintes quotidiennes d'un homme qui a dû subvenir aux besoins de sa famille tout en faisant face aux aléas de l'économie: les petites exploitations rurales qui périclitent, le rude travail dans les carrières, en parallèle avec des contrats d'ouvriers agricole dans l'est de la France, les ennuis de santé de ses enfants... Sans parler, en qualité d'élu, de l'obligation de siéger dans divers conseils et organismes.

"Une vie de militant" de Jean-Marie Le Scraigne aux éditions Emgleo Breiz - C'est tout un pan de la vie politique du centre-Bretagne que Jean-Marie le Scraigne raconte, avec en filigrane les contraintes quotidiennes d'un homme qui a dû subvenir aux besoins de sa famille tout en faisant face aux aléas de l'économie: les petites exploitations rurales qui périclitent, le rude travail dans les carrières, en parallèle avec des contrats d'ouvriers agricole dans l'est de la France, les ennuis de santé de ses enfants... Sans parler, en qualité d'élu, de l'obligation de siéger dans divers conseils et organismes.

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère:  63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

Lire aussi:

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun (1907-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 07:13
Le préfet Didier Lallement, récidiviste de l'indécence (L'Humanité, 3 et 6 avril 2020)
Vendredi, 3 Avril, 2020
Après l'insulte aux morts, aux malades et aux soignants, la démission du préfet Lallement est une évidence

Le préfet de police Didier Lallement a établi le vendredi 3 avril « une corrélation » entre les malades en réanimation et ceux qui n’ont pas respecté le confinement. Un raccourci provocateur et indigne qui a suscité une levée de boucliers chez les soignants et bien au-delà. D'autant que l'homme, nommé il y a un an à Paris après avoir géré de manière très répressive le mouvement des Gilets jaunes à Bordeaux, n'en est pas à ses premiers propos scandaleux...

 

Ce n’est pas son premier fait d’armes mais celui-ci a provoqué un véritable tollé. Ce vendredi 3 avril, lors d’une interview sur BFMTV, le préfet de police de Paris Didier Lallement a déclaré : « Ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qui sont en réanimation, désormais aujourd’hui, ce sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. C’est très simple. Il y a une corrélation très simple. »

Dans la foulée, responsables politiques mais aussi soignants n’ont pas manqué de réagir. « Je n’ai pas de mot, c’est proprement scandaleux. Insulter, traiter ceux qui sont en danger de mort de délinquants, c’est un véritable scandale. Il faudra dire à M. Le préfet qu’il y a des soignants en réanimation. Après de tels propos, il ne peut que démissionner », a notamment réagi le Pr Frédéric Adnet du Samu de Seine-Saint-Denis. « C’est inadmissible de dire des choses pareilles ne reposant sur aucun élément scientifique ou épidémiologique et stigmatisant pour des gens qui souffrent et sont victimes d’une maladie grave », ajoute Jean-Daniel Lelièvre, épidémiologiste à l’Institut Mondor de recherche biomédicale.

Après la répression du mouvement social...

Déjà remontée contre la répression du mouvement social exercée par le préfet Lallement, la gauche est aussi montée au créneau. « Pour lui, ceux qui sont malades ou qui sont morts l’ont bien cherché ! Écœurant. L’état d’urgence sanitaire ne doit pas avoir ce visage insultant. Les gens doivent être respectés ! », a lancé Jean-Luc Mélenchon tandis qu’une autre insoumise, Clémentine Autain, estimait qu’il « a bien cherché l’exigence de sa démission ». Même tonalité du côté des communistes : « Quelle honte ! Quel mépris pour toutes celles et ceux qui risquent leur vie au travail et attrapent le Covid19 ! Il était déjà responsable de la gestion désastreuse des manifs à Paris. Il fait encore une fois preuve d’inhumanité. Il doit démissionner ! », a tancé Fabien Roussel le secrétaire national du PCF. « Son rôle n’est pas d’attribuer des bons points. Ces propos sont absolument scandaleux, il y a aujourd’hui un policier qui est mort en Seine-et-Marne du coronavirus. C’est à ceux qui sont obligés d’aller travailler tous les jours, qui ne peuvent pas se confiner, qu’il faut penser », a abondé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.

Les propos du préfet ont fait réagir jusque dans les rangs de la majorité. « L’autorité n’est pas la brutalité et le maintien de l’ordre n’est pas le jugement moral de nos concitoyens. En plus de méthodes très contestables et contestées, le préfet Lallement sort régulièrement de son devoir de réserve. Combien de temps encore ? », a notamment tweeté le député LaREM, Aurélien Taché.

Contenir l’incendie

Dans l’après-midi, sur demande du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, la préfecture a tenté de contenir l’incendie par un communiqué : « Didier Lallement regrette les propos qu’il a tenus ce matin lors d’une opération de contrôle des mesures de confinement et tient à les rectifier ». Et de poursuivre : « Son intention n’était pas d’établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation ». À écouter et réécouter son intervention, c’est pourtant bien ce qu’on entend.

« Ce propos du préfet de police est inexact. Ce qui est vrai, c’est que le bon respect du confinement est un enjeu sanitaire majeur », temporise l’entourage de Castaner. Ça ne suffira sans doute pas à convaincre…

Lundi, 6 Avril, 2020
Apostrophe. Didier Lallement, récidiviste de l’indécence
 

Combien de fois faudra-t-il qu’il récidive pour qu’on le démissionne ? Pour vanter le renforcement du maintien de l’ordre dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, le préfet de police Didier Lallement a osé affirmer, le 3 avril sur BFM, que « ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qu’on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple ». Il signe là une double abjection. En suggérant que les malades méritent leur sort, d’une part. En oubliant, de l’autre, les milliers de Français exposés au quotidien car ils n’ont pas loisir de rester confinés : personnel hospitalier, livreurs, ouvriers, employés de grande surface… et même ses propres forces de police. Au-delà de la bêtise de cette sortie, qui témoigne de sa volonté forcenée de surveiller et punir les désobéissants, fût-ce par le biais d’un virus mortel, le préfet de Paris sort encore une fois de son devoir de réserve. En novembre 2019, il assénait à une gilet jaune : « Nous ne sommes pas dans le même camp. » La question demeure : qui, aujourd’hui, peut encore être dans le camp de Didier Lallement ?  Cyprien Caddeo

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011