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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 06:30
Appels des communistes du Finistère aux manifestations contre la réforme des retraites du jeudi 20 février

Communiqué de la section PCF du pays de Quimper

Retrait du projet de réforme des retraites, et sinon un référendum !

Les communistes du pays de Quimper appellent à faire entendre une nouvelle fois et avec force en participant à la manifestation intersyndicale du jeudi 20 février à 11h place de la Résistance à Quimper, l’exigence majoritaire de retrait de la contre-réforme gouvernementale des retraites.

Non M. le président, vous n’avez pas reçu mandat des Français, pas même des 18 % des inscrits qui ont voté pour vous au 1er tour de la présidentielle, et dont certains ont été abusés, pour casser leur modèle social pendant 5 ans et formater notre société aux besoins de la finance.

La démocratie serait pitoyable si elle se réduisait à mettre, ou pas, un bulletin dans l’urne tous les 5 ans, et à gagner le droit de se taire entretemps.

Les Français sont 61 % à soutenir le mouvement social qui réclame l’abandon de ce projet, de plus en plus critiqué, y compris par le Conseil d’État, et qui met en mouvement contre lui le monde ouvrier comme celui de la culture, les avocats comme les enseignants, les jeunes comme les retraités.

Ils sont 67 % à vouloir être consultés par référendum sur un projet qui touche si profondément à leur vie, à celle de leurs enfants, de leurs petits-enfants.

Car ce que nous portons face à vous, M. Macron, c’est bien un projet de société, une conception de l’humain et de la vie ensemble, il s’agit de partage et de solidarité, de lutte contre l’injustice et les inégalités.

Et pourtant vos député-e-s se sont opposés ce lundi à l’Assemblée Nationale à cette exigence démocratique et républicaine de consultation des citoyen-ne-s portée par les communistes avec le soutien de toute la gauche.

Pour ceux du moins qui étaient présents, car certains comme Annaïg Le Meur, députée de la circonscription de Quimper, avaient semble-t-il à faire ailleurs...

Elle fait pourtant partie de ce petit groupe de députés En Marche désignés par Macron pour porter sa bonne parole et expliquer au bas peuple combien il était sot de ne pas avoir décelé les merveilles cachées dans ce projet.

Mais nul n’en doute, elle aurait voté sans état d’âme contre cette demande de référendum.

LREM ce n’est pas La République En Marche, c’est La Retraite En Moins, et la démocratie aussi.

La démocratie, c’est l’expression du peuple, son droit d’intervention dont personne ne peut le dessaisir.

Retrait du projet, et sinon un référendum !

Toutes et tous ensemble, c’est le message que nous ferons retentir jeudi 20 février à 11h place de la Résistance à Quimper.

Communiqué section PCF de Brest, 18 février 2020: 

Les communistes du pays de Brest appellent à faire entendre une nouvelle fois et avec force en participant à la manifestation intersyndicale du jeudi 20 février à 11h place de la Liberté à Brest , l’exigence majoritaire de retrait de la contre-réforme gouvernementale des retraites.
Non Monsieur le président, vous n’avez pas reçu mandat des Français, pas même des 18 % des inscrits qui ont voté pour vous au premier tour de la présidentielle, et dont certains ont été abusés, pour casser leur modèle social pendant 5 ans et formater notre société aux besoins de la finance.

La démocratie serait pitoyable si elle se réduisait à mettre, ou pas, un bulletin dans l’urne tous les 5 ans, et à gagner le droit de se taire entre-temps.

Les Français sont 61 % à soutenir le mouvement social qui réclame l’abandon de ce projet, de plus en plus critiqué, y compris par le Conseil d’État, et qui met en mouvement contre lui le monde ouvrier comme celui de la culture, les avocats comme les enseignants, les jeunes comme les retraités.

Ils sont 67 % à vouloir être consultés par référendum sur un projet qui touche si profondément à leur vie, à celle de leurs enfants, de leurs petits-enfants.

Car ce que nous portons face à vous, M. Macron, c’est bien un projet de société, une conception de l’humain et de la vie ensemble, il s’agit de partage et de solidarité, de lutte contre l’injustice et les inégalités.

Et pourtant vos député-e-s se sont opposés ce lundi à l’Assemblée Nationale à cette exigence démocratique et républicaine de consultation des citoyen-ne-s portée par les communistes avec le soutien de toute la gauche.

LREM ce n’est pas La République En Marche, c’est La Retraite En Moins, et la démocratie aussi.

La démocratie, c’est l’expression du peuple, son droit d’intervention dont personne ne peut le dessaisir.

Retrait du projet, et sinon un référendum !

Toutes et tous ensemble, c’est le message que nous ferons retentir jeudi 20 février à 11 h place de la Liberté à Brest

Brest PCF

pcf_brest@yahoo.fr

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 07:08
Gauche. Les nouveaux défis du communisme municipal
Mardi, 18 Février, 2020 - L'Humanité

En campagne pour les élections de mars, les édiles et candidats PCF ou apparentés entendent défendre leurs « conquis », comme proposer une version 2020 de ces politiques publiques au service des classes populaires.

 

Àl’heure d’un nouveau scrutin les 15 et 22 mars prochain, « la créativité communiste municipale » est toujours d’actualité, affirme le maire de Montreuil, Patrice Bessac, l’un des deux édiles d’une ville de plus de 100 000 habitants étiquetés PCF et candidat à la tête d’une liste de large rassemblement. Incarnée par l’expression « communisme municipal », la gestion des villes par le PCF, qui cette année fête ses 100 ans, a marqué autant l’histoire de la formation que celle du pays. « Rien que dans la période qui s’étend de 1965 à aujourd’hui, environ 2 900 communes ont eu à un moment ou un autre un maire communiste ou apparenté, ce qui représente 10 millions d’habitants. Cela donne l’ampleur de l’impact de l’action communiste à l’échelle loc ale », explique l’historien Roger Martelli. Un espace qui « s’est rétracté à partir de 1984 et surtout des années 1990, constate-t-il. Mais un ancrage non négligeable s’est maintenu au-delà de ce qu’est l’influence nationale du Parti commun iste ».

Si nombre des politiques d’abord mises en œuvre dans leur commune ont traversé les frontières locales, les élus communistes se revendiquent toujours de l’innovation dans leur gestion communale. Pour le maire de Seine-Saint-Denis, celle-ci s’articule désormais autour de « trois grands axes » que l’on retrouve peu ou prou chez nombre de ses homologues : « le partage, l’écologie du quotidien, la participation citoyenne ». « On tourne des pages mais c’est toujours le même livre », résume Michèle Picard, la maire de Vénissieux (Rhône).

En matière sociale, les édiles du PCF partent avec une certaine expérience. « Ce qui a caractérisé cette gestion communiste, c’est la volonté de réduire les inégalités en utilisant les ressources de la pu issance publique, détaille Roger Martelli. Cela s’est traduit en premier lieu par des politiques ambitieuses de constructions de logements sociaux, mais aussi de mise à disposition des plus modestes de services publics de qualité dans le domaine de la santé, de la culture, ou encore de l’enfance. »

Régie publique de l’eau, transports gratuits, arrêtés anti-expulsion…

Forts de ces « conquis », les maires communistes ont de nouveaux projets. « Nous avons créé à Montreuil la première mutuelle communale santé d’une ville de plus de 100 000 habitants », prend en exemple Patrice Bessac, qui prévoit de l’étendre et propose également en vue du prochain mandat un « check-up santé » gratuit pour tous les jeunes de 18 ans. « L’accessibilité des services » est aussi une marque de fabrique, souligne Philippe Bouyssou, maire dans le Val-de-Marne : « Je suis très fier qu’à Ivry les enfants des familles les plus modestes puissent manger à la cantine pour 42 centimes d’euro ou que l’union sportive puisse proposer les licences les moins chères du département. » Régie publique de l’eau, lutte contre la spéculation immobilière, transports gratuits, arrêtés anti-expulsion figurent aussi sur l’arc des politiques communistes. À Tarnos (Landes), on mise également sur l’économie sociale et solidaire, explique son maire, Jean-Marc Lespade. Comme avec la société coopérative d’intérêt collectif de restauration, qui approvisionne personnes âgées, salariés de la zone industrialo-portuaire, écoles, avec 6 000 repas par jour. Soit de « nouvelles formes de solidarité », selon l’édile de Raismes (Nord), Aymeric Robin. « Cela permet de créer de l’emploi non délocalisable, pas dans une logique de profit mais de redistribution des richesses produites », pointe l’élu du bassin minier, qui propose d’élargir l’ « écoferme » déjà créée avec « une ressourcerie ».

« Le communisme municipal a souvent été réduit à de l’action sociale mais “l’Humain d’abord”, c’est aussi la place qu’on laisse aux individus dans l’élaboration des politiques », assure Aymeric Robin, fier du slogan lancé par son homologue de la ville voisine de Saint-Amand-les-Eaux, l’ancien député Alain Bocquet. « Nous avons eu le trophée de la concertation », ­enchaîne-t-il, exemples d’« urbanisme ­participatif » à l’appui. Une ­exigence démocratique qu’il s’agit de mettre en œuvre dès la campagne, indique Philippe Bouyssou : « La désignation d’un tiers de notre liste par les citoyens eux-mêmes est une véritable innovation. »

Tandis que l’écologie caracole en tête des préoccupations des Français, le communisme municipal version 2020 entend en faire un de ses points forts. « Red is new green », a lancé le PCF lors des élections européennes pour tenter de tourner la page de l’image productiviste qui lui colle à la peau. Sur les territoires, le slogan national se décline au quotidien. « Incontestablement, il y a une prise de conscience chez les communistes », confirme Jean-Marc Lespade. Les maires PCF ont ainsi figuré ces derniers mois parmi ceux qui ont pris des arrêtés antipesticides. « Selon le baromètre des villes cyclables, les deux communes de plus de 100 000 habitants en plus forte progression sont Grenoble et Montreuil », se réjouit Patrice Bessac, qui pointe aussi le développement de l’isolation thermique des logements ou de la géothermie. Un enjeu d’importance dans une ville conquise par EELV entre 2008 et 2014. Leur bilan et projet restent cependant disputés. À l’instar d’Ivry-sur-Seine, où une coalition réunissant FI, PS et EELV se présente face à Philippe Bouyssou. La principale pomme de discorde concerne le projet d’incinérateur défendu par le candidat ­communiste. « Cette reconstruction va permettre de traiter les déchets en polluant beaucoup moins que l’usine actuelle et c’est aussi un lieu de production de chaleur urbaine en remplacement d’une multitude de petites usines de chauffe qui brûlent du gaz, du charbon ou du fioul », oppose le maire.

« Il n’y a jamais d’acquis, ce sont des droits qu’il faut défendre »

Plus au sud, dans la banlieue lyonnaise, Michèle Picard explique que « la première préoccupation des Vénissians, c’est la sécurité ». Un terrain semé d’embûches pour la gauche, qui doit faire face à la surenchère sécuritaire de la droite : « Mes opposants dans la campagne veulent doubler, voire tripler la police municipale », constate l’élue. Mais « une ville est un puzzle », poursuit-elle. « Si vous faites de la sécurité sans faire de prévention, d’éducation, si vous ne développez pas la culture, le sport, les politiques d’emploi, cela ne fonctionne pas », assure l’édile, tout en rappelant qu’il s’agit d’ « une mission régalienne de l’État ».

Souvent assimilé aux villes de la banlieue rouge, le communisme municipal s’est aussi invité en zone rurale. En Auvergne, Saint-Amant-Roche-Savine, un petit village de 500 habitants, dont le député André Chassaigne a été maire de 1983 à 2010, est connu aux alentours pour son festival la Belle Rouge, explique Serge Joubert, le maire actuel, qui évoque aussi l’expérience menée pour accueillir des réfugiés. Si l’agriculteur tout juste retraité insiste sur le fait qu’à l’échelle d’une petite commune « on est parfois impuissant », la priorité numéro un reste le service public : « Avec un collège sur la sellette, c’est la grosse bagarre. »

Tout n’est pas rose (ou rouge) pour autant. Comme dans toutes les communes de France, les maires communistes doivent faire face à l’austérité budgétaire imposée par les gouvernements successifs. « En 2013, nous avions 1,6 million de dotation, en 2020 nous avons 60 000 euros », dénonce le maire de Tarnos. Le constat est unanime. « En quatre ans, nous avons perdu 6 millions d’euros. C’est la moitié d’une école, un an et demi de maintenance de tous nos équipements publics. À cela s’ajoute la contractualisation, qui contraint par ricochet les investissements », fustige la maire de Vénissieux. Mais pour eux, comme pour Patrice Bessac, « même en temps de crise, de difficultés financières, il faut continuer d’inventer, de s’appuyer sur les citoyens. Il est toujours possible de se battre, de trouver des idées nouvelles ». « Tout faire pour maintenir le périmètre des services publics tel qu’il est aujourd’hui avec un conservatoire, une médiathèque, un cinéma d’art et d’essai, deux théâtres, deux galeries d’art, des équipements sportifs, un accès aux vacances, des foyers de retraités, des maisons de quartier… Ne rien vouloir lâcher, c’est déjà en soi d’une extrême modernité. Cela crée une identité de la ville qui dév eloppe l’attachement de ses habitants », ajoute Philippe Bouyssou.

Mais, dans ces villes comme ailleurs, l’abstention, en particulier des classes populaires, gagne tout de même du terrain. « Une partie de la population ne se reconnaît plus dans ces notables qui ne ressemblent plus au corps social et qui n’habitent plus les mêmes cités populaires qu’eux. C’est particulièrement vrai dans le Val-de-Marne », avance l’historien Emmanuel Bellanger, dans un entretien au Monde. Un argument que réfute le maire d’Ivry-sur-Seine : « Parmi les élus communistes d’Ivry, la plupart d’entre nous habitons dans des cités populaires. Cette proximité, je ne suis pas certain qu’elle existe dans les autres forces politiques », réplique-t-il. « Dans nos villes, les habitants sont là depuis longtemps, il y a le sentiment d’une banalité de nos politiques publiques comme si elles existaient partout ailleurs », estime le maire val-de-marnais, qui reconnaît que la crise de confiance nationale dans les partis de gauche à force de « trahisons » ne les épargne pas. Aymeric Robin, qui doit faire face à un RN qui a recueilli 43 % des voix aux européennes, en tire une conclusion : « Il n’y a jamais d’acquis, ce sont des droits qu’il faut défendre. » « Le vote RN est aussi l’expression d’un sentiment d’abandon de la République parce qu’on ferme des classes, des bureaux de poste, des hôpitaux… Le communisme municipal est un rempart parce qu’on a cette proximité avec les habitants, mais jusqu’à quand ? » interroge-t-il, renvoyant à « un malaise beaucoup plus profond ». « Les colères peuvent se transformer en amertume », met aussi en garde Roger Martelli. « Alors que les gilets jaunes ont témoigné du phénomène de relégation des catégories p opulaires, poursuit l’historien, cette façon (du communisme municipal – NDLR) de ra ccorder la fierté des territoires populaires et la fibre sociale mérite d’être aujourd’hui encore poursuivie. »

Julia Hamlaoui
Gauche. Les nouveaux défis du communisme municipal (Julia Hamlaoui, 18 février 2020)
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 06:59
Éducation. Comment la réforme du bac ronge le lycée de l’intérieur (L'Humanité, 17 février 2020)
Éducation. Comment la réforme du bac ronge le lycée de l’intérieur
Lundi, 17 Février, 2020

À travers l’exemple d’une discipline, les sciences économiques et sociales, une enquête révèle les effets délétères des mesures du ministre Blanquer dans le secondaire, pour les professeurs comme pour les élèves.

 

Mise en concurrence des disciplines, fragilisation des équipes, recul de l’interdisciplinarité, renforcement des inégalités sociales, territoriales et éducatives… C’est, à travers le sort d’une discipline parmi d’autres, un inquiétant tableau du lycée sous Blanquer, que brosse une enquête, réalisée par l’Association des professeurs de sciences économique et sociale (Apses) et publiée le 11 février par le média en ligne AOC. Elle met des données chiffrées, précises et factuelles, sur ce que l’on pouvait jusqu’ici percevoir seulement à travers des témoignages.

Premier enseignement : « La dégradation des conditions de travail des enseignants et des conditions d’enseignement des élèves » relève Igor Martinache, du bureau de l’Apses. Selon les 650  répondants (sur quelque 5 000 profs de SES) à l’enquête, le nombre moyen d’élèves par enseignant est passé de 170 à 203 entre 2018 et 2019. Conséquence pour les profs, « un alourdissement des tâches associées » : corrections, renseignement des livrets et des bulletins, rédaction d’avis pour Parcoursup, réunions d’équipe…

Les solidarités professionnelles volent en éclats

La réforme a « fragilisé les équipes pédagogiques », écrit l’Apses, et généré « de fortes tensions entre certaines disciplines » en organisant « une véritable mise en concurrence de celles-ci ». Un exemple : la spécialité « Histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques » (HGGSP) a vu les profs d’histoire-géographie et ceux de SES s’opposer pour savoir qui pourrait l’assurer – ces heures d’enseignement conditionnant l’existence ou la disparition de postes. Aux dépens, finalement, des SES : 84 % des répondants n’interviennent pas en HGGSP en première, et seulement 5 % assurent 1 h 30 au moins sur les 4 heures de la spécialité.

En positionnant les chefs d’établissement en arbitres, cette compétition entre disciplines renforce ce que l’Apses nomme la « managérialisation des établissements ». Selon l’enquête, « l’attribution d’une spécialité peut être utilisée comme un moyen de s’assurer l’allégeance des collègues d’une discipline préoccupés par la sauvegarde d’un poste. » Une évolution qui fait voler en éclats les ­solidarités professionnelles et personnelles. C’est la confirmation d’une enquête, menée fin 2019 par le Snes-FSU, montrant que pour un prof sur deux (50,4 %) « les conflits ont augmenté », tandis que 44,2 % avouaient rencontrer moins leurs collègues.

« Une ségrégation scolaire, qu’elle soit de niveau ou d’origine sociale »

Convaincre les chefs d’établissement, mais aussi séduire les familles pour que le plus grand nombre d’élèves choisissent la « bonne » spécialité : « Dans le lycée Blanquer, écrit l’Apses, les enseignants ont la tâche implicite de se transformer en entrepreneurs de leur “marque disciplinaire” » pour ne pas la voir s’effacer. Ainsi, d’un lycée à l’autre, la « demande » des familles et les rapports de forces à l’intérieur de l’établissement font varier – parfois considérablement – les conditions d’enseignement, au détriment de la valeur nationale du diplôme.

D’autres conséquences se confirment. Il y a le bachotage et le stress permanents, générés par les évaluations constantes, et dénoncés par les mouvements contre les « E3C ». L’éclatement du groupe-classe, qui implique une hétérogénéité ingérable, par exemple, en SES, entre les élèves qui suivent la spécialité mathématiques et les autres. Le recul de l’interdisciplinarité, en revanche, était un peu passé sous les radars. « Les synergies entre les programmes des différentes disciplines d’une même série » de l’ancien bac (par exemple entre histoire-géo et SES, ou philosophie et SES) sont devenues impossibles. Ainsi « toutes les spécialités ne se vaudront pas aux yeux des formations de l’enseignement supérieur », ce qui aura pour effet de renforcer « la ségrégation scolaire, qu’elle soit de niveau ou d’origine sociale », et les « délits d’initiés » permettant à des familles, mais pas à d’autres, de faire les « bons » choix pour leurs enfants. Or, conclut Igor Martinache, « le lycée n’est pas seulement le lieu où l’on se prépare pour l’enseignement supérieur. C’est un temps pour réfléchir, construire ses capacités réflexives, sa citoyenneté… » C’est bien la nature profonde du lycée, sa fonction quasi anthropologique, que la réforme ronge de l’intérieur comme un poison. Une réalité désormais solidement établie, et que le ministère ne pourra se contenter de nier à grands coups de menton, selon sa stratégie habituelle.

Olivier Chartrain
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 06:40
Santé. Les Grenoblois au secours de leur clinique

 

Lundi, 17 Février, 2020 - L'Humanité

Alors que son actionnaire principal envisage la vente de la « Mut », usagers et soignants s’unissent pour préserver l’accès pour tous à des soins de qualité.

 

Au service de cancérologie du groupement hospitalier mutualiste de Grenoble, Nicolas Albin, cancérologue, ne cache plus ses inquiétudes. « À ce stade, c’est un problème éthique. La santé est-elle une marchandise comme les autres ? » Le brouillard qui entoure le devenir de la « Mut », comme l’appellent affectueusement les habitants, se fait de plus en plus pesant. Le personnel a appris il y a tout juste un an que l’actionnaire majoritaire de la clinique, Adrea Mutuelle, envisageait sa cession à un groupe privé lucratif. C’est pour l’éviter que médecins et employés ont décidé de créer une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) et de prétendre à son rachat. Classée sous le statut d’établissement de santé privé d’intérêt collectif (Espic), la Mut assure une mission de service public, au même titre qu’un hôpital public, sans but lucratif : les patients y sont traités de la même manière, quelle que soit leur situation. Une offre de soins précieuse qui serait fortement menacée en cas de vente à un acteur lucratif. « En cancérologie, on opère mais on propose aussi un accompagnement, des soins de support. Tout cela pourrait disparaître avec une gestion privée lucrative, puisque ce ne serait plus assez rentable », s’inquiète le médecin.

Avec 437 lits, 1 100 salariés et 200 médecins, la Mut est le deuxième acteur de santé en Isère après le CHU Grenoble-Alpes. Si sa vente au privé lucratif n’est pas encore avérée, le destin de la clinique grenobloise de Belledone, absorbée par le géant C2S l’année dernière, fait planer le doute. D’autant plus que l’intégration d’Adrea Mutuelle dans un nouveau groupe laisse penser à un montage financier. « Notre sentiment est qu’il veut dégager des fonds et vendre au plus offrant », s’inquiète Jean-Philippe Moutarde. Dans le quartier Saint-Bruno où il réside, à deux pas de la clinique, ce mutualiste dans l’âme est bien décidé à ne pas voir partir la Mut dans les filets d’un groupe privé lucratif. « Il y a un attachement presque familial des Grenoblois à la clinique. Une génération l’a vue naître, l’autre y est née », s’émeut-il. Avec d’autres habitants, il a mis sur pied un collectif d’usagers prêt à défendre bec et ongles l’esprit de la Mut, créée en 1957.

Dangers sur la maternité et le service des urgences

Aux côtés du personnel, plusieurs fois appelé à débrayer, les usagers ont multiplié les rassemblements et réunions pour défendre le statut d’Espic. Une pétition contre la vente atteignait ce week-end plus de 13 000 signatures. Une mobilisation sans relâche qui émeut jusqu’à la mairie de la ville aux trois roses. « Certaines activités hospitalières sont rentables et d’autres par nature coûteuses. Un repreneur à but lucratif ne s’embarrassera sûrement pas de ces dernières. (…) L’esprit mutualiste, dont vous vous devez de porter la concrétisation, empêche de sacrifier l’égal accès aux soins de qualité sur l’autel de la rentabilité », a écrit le maire de Grenoble, Éric Piolle (EELV), le 7 février au président d’Adrea Mutuelle.

Au-delà de la vente, c’est aussi le flou entretenu par l’actuel propriétaire, qui n’a pas répondu aux sollicitations de l’Humanité, que dénoncent les défenseurs de la Mut. « C’est très opaque. Adrea a choisi la stratégie d’en dire le moins possible », regrette Joëlle Estivals, représentante du collectif des usagers. La Grenobloise craint notamment que le rachat de la Mut par le privé lucratif ne signe la fin de la maternité. « Elle a pourtant très bonne réputation, on y expérimente une des neuf maisons de naissances en France. Ce sont des maternités alternatives où les femmes peuvent accoucher comme à la maison », note-t-elle. Les urgences, activité peu rentable par excellence, soulèvent elles aussi de vives inquiétudes. Si le service venait à fermer, ses 33 000 passages annuels se déporteraient sur le CHU, où la situation est déjà très tendue, à l’image de la majorité des hôpitaux publics. « Il y a un vrai risque sanitaire », met en garde le cancérologue Nicolas Albin. Le médecin craint qu’un nouvel actionnaire privé ne prenne la ­décision d’arrêter les remboursements de dépassements d’honoraires et les soins les moins rentables : un changement qui sonnerait le glas de l’égalité des patients et exclurait les moins fortunés de la Mut.

Une situation que la création d’une société coopérative d’intérêt collectif préviendra, espère le médecin. C’est avec cette nouvelle société, étendard de la démocratie en entreprise, où une personne est égale à une voix en assemblée générale, que le personnel de la Mut s’est porté candidat à son rachat le 10 février. « C’est une façon pour les médecins et les salariés de prendre leur destin en main et de défendre le statut d’Espic de la clinique », s’enthousiasme-t-il. Si le cancérologue admet que l’aspect financier du projet n’est pas encore au point, « il tient la route d’un point de vue médical ». Il est d’ailleurs appuyé par le maire Éric Piolle. « La Scic est un projet qui embrasse (les garanties d’une offre de soins précieuse) et il est donc tout à fait logique que la ville soutienne cette belle, riche et ambitieuse initiative », a-t-il écrit le 10 février dans un courrier de soutien. L’édile a aussi précisé que, dans le cas où la candidature de la coopérative serait retenue par Adrea Mutuelle, la ville de Grenoble s’allierait aux salariés et usagers, invités à prendre part au projet, dans sa gouvernance. Mais, pour le moment, la patience est de mise : l’actionnaire majoritaire de la clinique n’a pas encore communiqué sur l’avenir de la Mut.

Marie Toulgoat
Santé. Les Grenoblois au secours de leur clinique mutualiste (L'Humanité, Marie Toulgoat, 17 février 2020)
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 06:31
Photo Ouest-France Morlaix - 10 décembre 2019

Photo Ouest-France Morlaix - 10 décembre 2019

Morlaix. Rassemblement jeudi contre le projet de réforme des retraites

L’intersyndicale de Morlaix (Finistère) appelle au rassemblement contre le projet de loi sur la réforme des retraites jeudi 20 février 2020, à 11 h, place des Otages.

Alors que le projet de loi sur la réforme des retraites est en examen au Parlement, l’intersyndicale morlaisienne, qui regroupe la CGT, FO, FSU, Sud Solidaires, appelle au rassemblement, jeudi 20 février 2020, contre le projet de loi de réforme des retraites, place des Otages, à Morlaix, à partir de 11 h. L’objectif pour l’intersyndicale morlaisienne ? Participer au renforcement de la contestation contre le projet de loi et continuer à instaurer le doute dans la majorité gouvernementale.

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 06:23
Samedi 22 février, 14h à Saint-Martin des Champs, Maison des assos du Binigou: Débat public sur les centres de santé organisé par le comité de défense de l'hôpital
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 06:09
Retraites. La macronie a peur du peuple - les députés LREM refusent le recours au référendum sur la réforme des retraites demandé par la gauche
Retraites. La macronie a peur du peuple
Lundi, 17 Février, 2020 - L'Humanité
 
La majorité parlementaire a rejeté lundi 17 février la motion référendaire, par 160 voix contre 70 voix, alors que 67 % se déclarent favorables à un référendum.
 
 
Nouveau déni de démocratie sur la réforme des retraites : en dépit des contestations sociales et de son rejet massif par les Français, les députés LaREM ont largement repoussé la motion référendaire déposée par le groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR), lundi soir à l’Assemblée nationale, par 160 voix contre 70.
Pour être recevable, cette motion devait être signée par au moins 58 députés, qui avaient pour obligation d’être tous présents en même temps dans l’hémicycle en vue de son examen. L’objectif des 61 parlementaires signataires issus des rangs du PCF, de la FI, du PS et du groupe LT était simple : soumettre le projet de loi sur les retraites à un référendum.
Chacun leur tour, ils ont soutenu cette motion. A la tribune, le député PCF Fabien Roussel a ouvert les débats. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? », a interrogé le secrétaire national du PCF. « Êtes-vous seulement à l’écoute du Président ou êtes-vous à l’écoute de tous les Français ? », a-t-il également demandé. 
 
A ses yeux, l’exigence du référendum est la seule sortie par le haut possible. Un constat partagé par François Ruffin. « Bien sûr qu’on le veut ce référendum, bien sûr qu’on veut voir si les Français avalent vos bobards ! », a insisté l’insoumis auprès des députés LaREM. « La voilà votre justice sociale : vous l’avez vu cette publicité d’Axa qui présente votre réforme ? Pour combler la baisse des pensions à venir, Axa offre de cotiser un plan épargne retraite. C’est un hold-up préparé dans l’ombre ! », s’indigne-t-il. Moins tonitruant, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se dit « prêt » à ne pas voter cette motion référendaire à condition que « le 49.3 ne soit pas enclenché par le gouvernement. » Pour l’heure, l’exécutif ne compte pas recourir à cet article explosif de la Constitution., mais n’a fait aucune promesse.  
Sans surprise, les arguments de la gauche ont été balayés d’un revers de main par la majorité et le gouvernement. « Je ne peux m’empêcher de me demander quelle serait la question qui serait posée aux Français », s’interroge, non sans malice, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites. Avant d’énumérer avec arrogance: « Pour ou contre un système solidaire par répartition ? Pour ou contre le maintien des départs anticipés pour celles et ceux qui mettent leur vie en danger pour protéger la nôtre ? Pour ou contre le maintien d’un système dans lequel les pensions des femmes sont 40% moins élevées que celle des hommes ? ». 
 
Le membre de l’exécutif se garde bien de dire que son système prétendu universel va aggraver en réalité les inégalités de pensions entre les sexes. Surtout, sa réforme par points va baisser mécaniquement les pensions au gré des aléas économiques. Qu’importe, Laurent Pietraszewski tacle sévèrement l’opposition de gauche, voyant dans la motion référendaire un simple « artifice de procédure » pour empêcher le débat parlementaire. 
Un peu plus tôt dans l'Hémicycle, Fabien Roussel (PCF) avait pourtant prévenu : « En refusant d'écouter le mouvement social, en refusant de donner le temps du débat au Parlement, vous prenez un grand risque. Celui d’une fracture profonde avec nos concitoyens, avec  les syndicats, les partenaires sociaux. Celui d’un fossé qui va se creuser entre des députés et les Français et abîmer encore plus la politique.»  
Retraites. La macronie a peur du peuple - les députés LREM refusent le recours au référendum sur la réforme des retraites demandé par la gauche
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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 16:46
Samedi 15 février - la parole aux quartiers - Morlaix Ensemble rue de Callac
Samedi 15 février - la parole aux quartiers - Morlaix Ensemble rue de Callac
Samedi 15 février - la parole aux quartiers - Morlaix Ensemble rue de Callac
Samedi 15 février - la parole aux quartiers - Morlaix Ensemble rue de Callac

"La parole aux quartiers" de Morlaix Ensemble- samedi 15 février, à 14h, rue de Callac.

Les problèmes signalés dans le quartier:
- Pas assez d'espace vert dans le secteur
- Vitesse excessive des voitures dans la rue
- Manque passage piéton sortie Val Pinard
- Pas de transport collectif du fond de vallée vers centre-ville
- les commerces sont partis
- le revêtement de la rue est au mauvaise état

Propositions:
- desserte de transport en commun vers le centre ville
- Necessité d'un ramassage public des encombrants
- Elargissement des trottoirs
- Réhabilitation de l'ancienne piscine de Lannidy

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 13:51

Lors d'une réunion au local du PCF Finistère et à notre invitation à Brest le mercredi mercredi 12 février, plusieurs organisations de gauche ont décidé de donner un relais départemental à la plateforme unitaire pour une autre réforme des retraites validée par une large partie du spectre des organisations de gauche au niveau national en janvier.

Dans le Finistère, pour l'instant au moins PCF, EELV, Génération.s, PS, République et socialisme, UDB, Radicaux de gauche sont d'accord de signer un appel départemental sous forme d'un tract unitaire, sous forme de ce tract-appel départemental  rédigé à plusieurs en synthétisant l'appel national.
 
Nous organisons une conférence de presse de dimension départementale ce mardi 18 février à 12h30 au local du PCF 6 rue André Berger à Brest pour populariser cet appel, en présence de représentants de toutes ces organisations.
 
Et nous appellerons tous collectivement à une large participation à la journée d'action du 20 février à l'occasion de laquelle sera distribué dans les manifs du département cet appel collectif signé par au moins 7 organisations de gauche au niveau du Finistère. 
 
***
Retraites : d'autres choix sont possibles ! (Plateforme unitaire)

PLATEFORME COMMUNE DES FORCES DE GAUCHE ET ÉCOLOGISTES

Signataires :

ENSEMBLE, EUROPE ECOLOGIE LES VERTS, GAUCHE DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE, GAUCHE RÉPUBLICAINE ET SOCIALISTE, GÉNÉRATION.S, LES RADICAUX DE GAUCHE, NOUVELLE DONNE, PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, PARTI SOCIALISTE, PLACE PUBLIQUE, POUR UNE ECOLOGIE POPULAIRE ET SOCIALE, RÉPUBLIQUE ET SOCIALISME, UNION DES DÉMOCRATES ET ECOLOGISTES.

Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
Retraites : d'autres choix sont possibles (Plateforme commune des forces de gauche et écologistes) - Conférence de presse commune de 7 organisations de gauche à Brest le mardi 18 février
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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 13:07
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)
Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi. Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli. (Maitron)

Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi. Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli. (Maitron)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

 

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; artisan mosaïste ; militant communiste ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF.

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), Carlo De Bartoli arriva à Paris en mai 1925 avec son père et ses deux frères, pour fuir la misère et les violences fascistes. Cette année-là, il rencontra Aline, à Paris, venue elle aussi de sa Bretagne natale pour vivre une vie meilleure que celle de ses parents, agriculteurs sans terres. Ils se marièrent à la mairie du VIIIe arrondissement et eurent deux enfants : Sonia le 8 décembre 1934 à Saint-Brieuc, et Edgard le 7 juillet 1938 à Brest.
Ouvrier du bâtiment, il fut petit artisan dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor). Il vint à Brest en 1936, et adhéra aussitôt au Parti communiste, dont il devint un militant très actif. Il milita aussi beaucoup à l’Union populaire italienne qui regroupait en Bretagne nombre de militants antifascistes italiens et pour laquelle il organisa de nombreuses réunions dans le Finistère et les Côtes-du-Nord. Il participa très étroitement à la solidarité avec l’Espagne républicaine.
En 1939, il fit voter par les Italiens antifascistes de la région brestoise une motion où ils s’engageaient à défendre la France contre toute attaque fasciste, y compris de l’Italie mussolinienne. Quelques mois plus tard, fidèle à son attitude, il voulut s’engager dans l’armée française, mais il fut refusé car il était sans doute suspect aux yeux des autorités de la « drôle de guerre » ; de même on lui refusa la naturalisation française.
Fin 1939, il participa à la reconstruction dans la clandestinité du Parti communiste que le gouvernement Daladier venait d’interdire. Au début 1941, il se vit confier, par la direction du Parti communiste de Brest, l’organisation du Parti communiste dans le secteur du bâtiment. Ce secteur était en pleine expansion du fait de l’ampleur des travaux ordonnés par la Wehrmacht, la Kriegsmarine, et la Luftwaffe. Une main-d’œuvre à la recherche de travail affluait alors vers ces chantiers même si ce n’était pas de gaieté de cœur, car il n’y avait pas d’autres emplois dans la région brestoise. Charles De Bortoli organisa plusieurs groupes du Parti communiste parmi les gars du bâtiment. Puis il organisa un groupe de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, qui effectua des sabotages sur les chantiers, avec l’appui d’autres communistes. En mars 1941, il aurait participé à l’immersion en rade de Brest des corps de trois (ou cinq) soldats allemands abattus par un autre groupe de l’OS du PCF. En même temps, il menait une grande activité de propagande résistante communiste, en diffusant des tracts et journaux du PCF et du FN.
Carlo De Bortoli était domicilié à Brest (Finistère) au moment de son arrestation. Il travaillait alors à l’École navale de Brest. Ancien artisan, il était responsable de l’organisation armée au sein des travailleurs du bâtiment.
Entré dans la Résistance, il fut immatriculé aux FTP à partir d’avril 1942. Il fut arrêté le 28 avril 1942 à Brest par la police française et des inspecteurs allemands, en compagnie de Charles Cadiou, Yves Prigent et Mathurin Le Goff, tous de Brest, lors d’un transport de matériel d’imprimerie, vers 20 h 30. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Brest le 15 mai 1942 pour propagande anti-allemande, sabotages dans une base navale, et actes de franc-tireur, il fut interné à Brest du 28 avril au 24 juin, puis Rennes, du 25 juin au 24 juillet, et enfin à Fresnes du 27 juin au 22 août 1942, date à laquelle il a été fusillé (place Balard à Paris). Son corps fut jeté le jour même dans une fosse commune du cimetière parisien d’Ivry où 828 dépouilles de suppliciés furent découvertes à la Libération.
L’acte officiel de décès de Carlo de Bortoli fut prononcé par le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, le 19 décembre 1945, no 11.390. Homologué adjudant à titre posthume, médaillé de la Résistance, il fut cité à l’ordre du jour no 40 de la division comportant l’attribution de la Croix de guerre.
Sa femme Aline De Bortoli, responsable du Comité des femmes patriotes de Brest, recherchée par la Gestapo, dut fuir les bombardements sur Brest en février 1943 et se réfugia à Bréhand, dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), jusqu’à la Libération. Elle y poursuivit ses activités de résistance en tant qu’agent de liaison entre les maquis tout en diffusant tracts et journaux, hébergeant des résistants, récoltant matériel et nourriture pour les combattants. Elle fut par la suite vice-présidente de l’Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR) du Finistère et responsable départementale de l’association des familles de fusillés et de massacrés de la résistance. Elle était « combattant volontaire de la Résistance ».

 

Sources

SOURCES : DMPA, BMC, dossier. – Le journal de la Résistance, 2004. – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992.

Jean-Pierre Besse, Gilles Pichavant - Maitron

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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