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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 12:55
Triste nouvelle - décès de notre camarade Stephane Créach, représentant syndical CGT, vice-président du CESER Bretagne, adhérent à la section du PCF BREST
Nous venons d'apprendre avec une grande tristesse le décès de notre camarade Stéphane Créach, salarié de Naval Groupe.
Il fut secrétaire du syndicat de l'Arsenal de Brest de 1995 à 2003 puis délégué central au moment du changement de statut de DCNS.
Il siégeait au CESER et suivait plus particulièrement les questions maritimes.
Stéphane est décédé après avoir lutté contre la maladie.
Il s'était pleinement engagé au service de son syndicat et avait participé en première ligne aux luttes pour défendre l'industrie navale à Brest et dans la région.
Son décès est une immense perte pour la CGT et le PCF.
Les obsèques auront lieu mercredi 13 août à 14h15 au funérarium de St Ernel à Landerneau.
Nous adressons à sa famille, à ses camarades les plus proches, nos plus sincères condoléances.
 
La section du PCF Brest et la fédération du PCF Finistère
Triste nouvelle - décès de notre camarade Stephane Créach, représentant syndical CGT, vice-président du CESER Bretagne, adhérent à la section du PCF BREST

Expression de la CGT ARSENAL de BREST

Aujourd’hui, nous pleurons notre camarade Stéphane Créach 
Une vie entière à mener des batailles justes, à défendre les intérêts des travailleurs, mais malheureusement tu n’as pas gagné cet ultime combat face à la maladie.

Tu auras porté haut et fort les valeurs qui font notre belle CGT, que ce soit en tant que jeune militant puis Secrétaire et Secrétaire Général de la CGT Arsenal de Brest, mais aussi à la FNTE, à l’Union Départementale du Finistère et depuis quelques années au Comité Régional CGT Bretagne.

Tu as été le 1er Délégué Syndical Central de DCNS au moment de la privatisation de DCN et c’est en grande partie grâce à toi, ta ténacité et ton abnégation dans la négociation du tout premier accord d’entreprise que les droits des Conventions Collectives sont aujourd’hui ce qu’ils sont à Naval Group.

Tu portais haut et fort les postions de la CGT sur les questions de défense, de paix, de désarmement.
Tu t’es battu sans relâche ni concession pour le progrès social et le Vivant sur la planète.

Ces combats nous les poursuivrons…
Hasta siempre Stéphane 
Tendres pensées à ta famille

Photo et article du Ouest-France, 9 août 2025

Photo et article du Ouest-France, 9 août 2025

Stéphane Créach, vice-président du Conseil économique et social de Bretagne, est décédé à 57 ans

Stéphane Créach, le vice-président du Conseil économique, social et environnemental de Bretagne (Ceser), est décédé vendredi 8 août 2025 à l’âge de 57 ans des suites d’une maladie. Syndicaliste à la CGT, il était « profondément engagé au service de l’intérêt général et de la Bretagne ».

Ouest-France

Baptiste MARTIN. Le 9 août 2025

Membre du comité régional CGT de Bretagne et vice-président délégué du Conseil économique et social de Bretagne (Ceser), Stéphane Créach s’est éteint vendredi 8 août 2025 à l’âge de 57 ans, a annoncé sa famille.

Père de quatre enfants et grand-père de deux petits-enfants, Stéphane Créach était une figure importante de la CGT Bretagne, notamment à Brest (Finistère). Il y occupait le poste de responsable à l’économie et l’industrie, et représentait le syndicat au Ceser depuis 2013. Salarié à Naval Groupe, il était particulièrement investi au Ceser sur les questions maritimes. Secrétaire du syndicat de l’Arsenal de Brest de 1995 à 2003, il était également délégué central au moment du changement de statut de l’entreprise DCNS (ancien nom de Naval Groupe).

 

« Sa voix plaçait l’humain au cœur de nos choix »

La fédération finistérienne du Parti communiste français a exprimé  une immense perte pour la CGT et le PCF. Stéphane Créach s’était pleinement engagé au service de son syndicat et avait participé en première ligne aux luttes pour défendre l’industrie navale à Brest et dans la région .  Stéphane est décédé après avoir lutté contre la maladie , a indiqué Ismaël Dupont, membre du PCF 29, dans un post Facebook.

Patrick Caré, président du Ceser, a quant à lui regretté la perte  d’un pilier de son assemblée, très attaché à la qualité du dialogue et des travaux qui y sont conduits, et qui souhaitait, encore il y a peu, engager à la rentrée une nouvelle réflexion sur l’avenir de la Bretagne

De son côté, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, a salué  un homme qui portait avec conviction et constance l’exigence d’une Bretagne solidaire, attachée à ses services publics et tournée vers l’avenir. Sa voix, claire et engagée, plaçait toujours l’humain au cœur de nos choix collectifs . Il a rendu hommage, dans un communiqué, à  un homme profondément engagé au service de l’intérêt général et de la Bretagne .

Un hommage lui sera rendu, mercredi 13 août 2025 à 14 h 15, à la salle de cérémonie de Saint-Ernel, à Landerneau (Finistère).

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 11:53
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie

"Alger Républicain" ne connaîtra un nouveau départ qu'après 7 ans d'interdiction pendant la e guerre d'Algérie, à l'Indépendance, en 1962.

A l'heure de l'indépendance, Henri Alleg, torturé par l'armée française, qui a exécuté son ami le mathématicien Maurice Audin, Henri Alleg l'inoubliable auteur de "La Question", est évadé de la prison de Rennes, où sera également enfermée Djamila Boupacha, défendue par l'avocate Gisèle Halimi, et réfugié à Prague.

Boualem Khalfa est évadé, et clandestin en France. Abdelhamid Benzine a été fait prisonnier au maquis comme Jacques Salort.

Le numéro 1 du nouvel "Alger républicain" est daté des mardis 17 et mercredi 18 juillet 1968. En réalité, il est rédigé plus de 15 jours avant. Les communistes algériens n'ont pas l'accord du GPRA et du FLN pour faire reparaître le journal mais ils décident de passer outre, sachant que des centaines de milliers d'Algériens attendent la reparution du journal principal de grande diffusion qui défendait des idées anticolonialistes avant la guerre d'indépendance. Ce sont des ouvriers de "La Marseillaise" organe régional du PCF dans le sud de la France qui vont préparer ce premier numéro d'Alger Républicain nouvelle formule. 

Un titre barre la première page: "Unis comme pendant la guerre de libération nationale, en avant pour l'indépendance, pour la construction de la République algérienne, pour la démocratie, la justice et le progrès!".

Henri Alleg, dans son dernier livre de mémoire, "Mémoire algérienne" (Stock, 2005) , rappelle les termes de cet éditorial: 

"Une Algérie détruisant les séquelles du colonialisme, offrant à tous, quelle que soit leur origine, les mêmes droits et les mêmes devoirs, avançant hardiment dans la voie de la démocratie, de la justice et du progrès... Une Algérie où la terre appartiendra enfin aux fellahs, aux ouvriers agricoles, où les richesses essentielles seront la propriété du peuple tout entier...". 

L'accent était mis sur la nécessité d'une large démocratie et du respect de la diversité des opinions: 

"Il est normal et utile que des nuances de pensée existent et s'expriment et c'est dans la libre discussion entre patriotes, tous également soucieux des intérêts de la patrie, que s'élaboreront les solutions les meilleures aux problèmes posés. Plus large et plus libre sera la discussion, plus clairs et plus nets apparaîtront à chacun les dangers à éviter et les objectifs à atteindre, plus profonde sera la mobilisation populaire autour d'eux et plus ferme sera l'autorité intérieure et extérieure du nouvel État algérien".  

Nous avons retrouvé l'original de ce n°1 d'Alger Républicain nouvelle formule, rédigé essentiellement par Henri Alleg, et publié en accord avec Salort et Benzine à Alger. 

"Alger Républicain" a troqué son en-tête bleu d'autrefois pour la couleur nationale de l'Algérie indépendante: le vert.

Le nouvel "Alger républicain" de l'Algérie nouvelle, toujours dirigé par Alleg et Benzine (Khalfa n'est pas encore rentré de France) tire à 80 000 exemplaires, un nombre d'exemplaires inégalé pour le journal progressiste et communiste. 

Ce tirage allait s'avérer insuffisant, bien que l'absence d'un service de messagerie allait en limiter la diffusion à Alger et sa banlieue. Le journal fut acclamé par des clameurs de joie dans les quartiers d'Alger: "Haoua dja Alger'publicain mta'na!" ("Notre Alger Républicain est revenu!"). Il est placardé sur les murs par des mains inconnues et bénévoles, collés dans les halls et devant les immeubles des cités HLM à Diar El Mahçoul, et au Clos Salambier. 

Les premiers mois, le tirage d'Alger Républicain de l'indépendance varie entre 80 000 et 100 000 exemplaires pour se stabiliser, après la parution de quotidiens du FLN dans les régions d'Oran et de Constantine, autour de 65 000 à 70 000 exemplaires, tandis que l'organe centrale du FLN, "Le Peuple" ("Ech Chaab" dans la version arabe) ne parvient pas à dépasser les 15 000 ou 20 000 exemplaires. L'étendue de la diffusion fait à cette époque d'"Alger Républicain" le plus grand quotidien d'Algérie.  

Le journal sera de nouveau de nouveau interdit au moment du coup d’État de Boumediene en 1965 faisant suite à l'interdiction du PCA en novembre 1962. Il reparaîtra à la fin des années 80 et pendant les années 90 au moment où les militants communistes du PAGS sortent de la clandestinité mais devra paraître dans un contexte où ses journalistes et équipes peuvent être la cible d'attentats terroristes islamistes. 

Ismaël Dupont 

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 08:15
Histoires d'Algérie: Danielle Minne, alias Djamila Amrane Minne, une française d'Algérie engagée pour l'indépendance avec le FLN
Ils ne désarment pas... contre les partisans et acteurs de la décolonisation de l'Algérie.
Des militants d'extrême-droite, très certainement racistes et nostalgiques de l'OAS et de l'Algérie française, s'en sont pris de nouveau violemment à la maison départementale du parc de la Bergère à Bobigny qui porte depuis juin suite à une décision du Conseil départemental de Seine Saint-Denis le nom de Djamila Amrane-Minne, ex membre du Parti communiste algérien, puis du FLN, comme sa mère et son beau-père, ancienne combattante pour l’indépendance de l’Algérie.
La maison départementale de Bobigny Djamila Amrane-Minne a été partiellement incendiée dans la nuit du 4 au 5 août. Des tags haineux avaient déjà été inscrits trois semaines auparavant.
Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne, est une écrivaine, poète, militante et professeure des universités née le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et morte le 11 février 2017 à Alger.
Fille et belle-fille d'activistes communistes condamnés à mort, militante du PCA ayant intégré l'ALN comme sa mère Jacqueline Guerroudj, et son beau-père, Abdelkader Guerroudj, chef avec Yahia Briki du groupe communiste des Combattants de la Libération, camarade de Fernand Iveton et André Castel, ces militants communistes engagés en coordination avec l'ALN dans la lutte armée pour l'indépendance de l'Algérie, elle fut une militante du Front de libération nationale à Alger durant la guerre d'Algérie.
Arrêtée, condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison, emprisonnée d'abord à Barberousse d'abord à Alger, puis en France, à Rennes, elle a bénéficié de l'amnistie générale de 1962.
Installée en Algérie, après l'indépendance, elle est devenue professeure d'histoire . Durant les années 1990, se sentant menacée par les terroristes islamistes, en tant qu'intellectuelle femme progressiste et laïque, fuyant la violence en Algérie, elle a enseigné l'histoire de la décolonisation en France, à l'université Toulouse II-Le Mirail ; elle est devenue membre du Groupe de recherche sur l'histoire immédiate. Outre des poèmes, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont l'un fondé sur 88 entretiens réalisés entre 1978 et 1986, sur la participation des femmes algériennes à la « Guerre de libération », un ouvrage préfacé par Pierre Vidal Naquet. Des poèmes de Djamila Amrane figurent parmi ceux de vingt-six auteurs dans "Espoir et parole", anthologie de poèmes algériens essentiellement écrits durant la « guerre de libération » et rassemblés par Denise Barrat, que publie en 1963 Pierre Seghers, avec des illustrations d'Abdallah Benanteur.
La nouvelle "Le Couscous du rêve" de Danièle Amrane a été publiée dans Alger-républicain en 1963.
Les parents de Danièle Minne, Jacqueline Netter, d'origine rouennaise, et Pierre Minne, professeur de philosophie, étaient arrivés en Algérie en 1948. Pierre Minne était un ancien résistant, militant anticolonial au Sénégal, qui en a été expulsé en 1947. Il s'est installé alors en Algérie, dans la campagne de Tlemcen où sa femme, Jacqueline Netter, allait devenir institutrice. Après son divorce, cette dernière se remarie avec Abdelkader Guerroudj et tous deux militent au PCA (parti communiste algérien). Danièle suit sa mère dans son travail militant dans les campagnes environnantes où elle découvre « les différences flagrantes, énormes, entre Algériens misérables et Européens largement à leur aise », ce qui la « choque profondément ». « Je ne comprenais pas comment ça pouvait être possible », ajoute-t-elle rétrospectivement.
Engagés dans l’insurrection de novembre 1954, ses parents sont visés, en mai 1955, par un avis d'expulsion du préfet d’Oran mais peuvent s’installer à Alger en janvier 1956.
En mai, à l’âge de 16 ans, Danièle participe à la grève des lycéen.ne.s et étudiant.e.s, puis épousant la cause de l’indépendance du peuple algérien, elle s’y engage à son tour. En pleine bataille d’Alger, elle entre dans la clandestinité sous le nom de Djamila, dans le groupe de Mohand Arezki Bennaceur.
Elle est formée et chargée de transports de documents, d’armes, ainsi que d’actions de sabotage. Elle participe en janvier 1957 à l’explosion du café l’Otomatic.
Activement recherchée, elle est conduite au maquis de la Wilaya III, où elle passe près d’un an en marches épuisantes, pour fuir les ratissages et les bombardements, à soigner les combattant.e.s et les populations blessées. Elle est arrêtée en novembre 1957, alors qu’elle est sur le chemin de la frontière tunisienne à la suite de la décision du colonel Amirouche d’évacuer des maquis les femmes et les étudiant.e.s, après le durcissement des opérations militaires en Kabylie. Condamnée à sept ans de prison, elle rejoint à la prison d’Alger ses sœurs de combat et sa mère (arrêtée en janvier 1957 dans l’affaire Fernand Iveton).
https://journals.openedition.org/clio/13782 - Article de Jacqueline Martin
Wikipédia.
 
ARCHIVES
DANIELLE MINNE, devant la cour d'assises des mineurs d'Alger
 
Le Monde
Alger, 9 juillet. - La jeune militante communiste Danielle Minne doit être jugée aujourd'hui à huis clos par la cour d'assises des mineurs d'Alger. Elle est impliquée dans plusieurs attentats commis en 1956 et 1957, tandis qu'elle était encore mineure. Sa défense est assurée par Me Bruguier, du barreau de Paris.
Danielle Minne a été arrêtée par une unité militaire le 26 novembre 1957 près de Bordj-Bou-Arreridj alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre la Tunisie dans un convoi sanitaire rebelle en compagnie de la doctoresse Nefissa Hamoud et de Louise Attouche.
Trois faits lui sont notamment reprochés : avoir fait le guet lors d'un sabotage de lignes téléphoniques le 10 novembre 1956 ; avoir transporté une bombe qui a explosé à Radio-Algérie le 14 janvier 1957 en causant des dégâts matériels; avoir accompagné Kerfallah Zaïa quand celle-ci déposa une bombe au bar de l'Otomatic le 26 janvier 1957.
La jeune Danielle Minne a toujours soutenu qu'elle ignorait la nature du paquet qu'elle avait transporté et la mission de Kerfallah Zaïa.
[Danielle Minne est la fille de Jacqueline Guerroudj et la belle-fille d'Adbelkader Guerroudj, tous deux condamnés à mort le 7 décembre 1957 lors du procès des " combattants de la libération ". Jacqueline Guerroudj et Abdelkader Guerroudj ont vu depuis lors leur peine commuée en celle des travaux forcés à perpétuité par suite de" mesures générales de grâce prises par le président de la République au début de l'année.)
Histoires d'Algérie: Danielle Minne, alias Djamila Amrane Minne, une française d'Algérie engagée pour l'indépendance avec le FLN
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Deux destins hors du commun: André Castel et Annick Castel-Pailler : un couple de carantécois dans la tourmente de la guerre d'Algérie.

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 08:09
Une délégation de la JC à Cuba pour exprimer la solidarité des Jeunes communistes français
Ils se sont envolés pour Cuba le 6 août avec une délégation de 20 jeunes communistes venus de tout le pays : Maine-et-Loire, Haute-Garonne, Vienne, Paris, Seine-Saint-Denis, Nord, Finistère (notre camarade de la JC et du PCF élu à Brest et secrétaire départemental de la JC Taran Marec), Tarn...
Pendant 10 jours, ils vont rencontrer des jeunes cubains, participer à des échanges politiques, découvrir des projets dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture ou encore de la transition énergétique.
Cette délégation, c’est aussi un acte de solidarité. Ils apportent des valises de médicaments et iront aider de jeunes agriculteurs dans leur travail quotidien, fortement entravé par le blocus imposé par les États-Unis.
 Ce blocus, illégal en droit international, est chaque année condamné par l’ONU à une écrasante majorité. Il affame et isole un peuple qui n’a jamais cessé de résister.
Depuis la France, cap sur Cuba : pour témoigner, pour agir, pour faire vivre la solidarité internationale.
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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 08:01
80 ans après Hiroshima : « La dissuasion nucléaire n’empêche rien, au contraire : elle favorise », analyse Roland Nivet, président du Mouvement de la paix - L'Humanité
Entretien avec Roland Nivet réalisé depuis Hiroshima par Valentin Ollier pour l'Humanité
80 ans après Hiroshima : « La dissuasion nucléaire n’empêche rien, au contraire : elle favorise », analyse Roland Nivet, président du Mouvement de la paix
 
Accompagné d’une délégation française du Mouvement de la paix, Roland Nivet participe à la Conférence d’Hiroshima contre les bombes A et H, où 4 000 pacifistes se réunissent. Entre les témoignages des rescapés (les Hibakushas) et les prises de position pour le respect du droit international, il appelle à la remise en cause de la dissuasion nucléaire.
 
Rubrique Monde de l'Humanité 
 
Vous participez avec une délégation française du Mouvement de la paix à la Conférence d’Hiroshima contre les bombes A et H. 80 ans après leur utilisation, quels sont les enjeux de ces discussions ?
 
Un des premiers moments forts de la Conférence a été le témoignage des hibakushas, les survivants et témoins d’Hiroshima et de Nagasaki. Ils ont raconté les conséquences de la bombe atomique sur les corps et les esprits, les cancers, les fausses couches et la panique généralisée… Nous tenions à ce qu’une partie de notre délégation soit composée de jeunes. Pour eux, ces témoignages vivants sont extrêmement importants. Dans nos discussions, c’est bien sûr la préoccupation des armes nucléaires qui prédomine. Mais nous avons aussi longuement abordé la question du conflit en Palestine qui fait écho aujourd’hui à la remise en cause du droit international. Dans nos échanges, j’ai senti cette année une forme de gravité. Tout le monde est conscient que nous sommes au bord de la catastrophe. Nous avons appelé tous les chefs d’États au respect des résolutions des Nations unies.
 
Lorsque l’on observe la passe d’armes entre Medvedev et Trump qui brandissent tous deux la menace atomique ou Emmanuel Macron qui souhaite étendre notre parapluie nucléaire, que penser de la dissuasion et de son efficacité ?
 
On s’aperçoit que la dissuasion n’empêche rien, au contraire : elle favorise. La campagne la plus importante aujourd’hui c’est la revalorisation du droit international. C’est le droit qui fixe l’obligation à la communauté internationale d’éliminer les armes nucléaires. Nous dénonçons l’illusion de la dissuasion comme possibilité de préserver ou d’apporter la paix, en appelant les cinq États dotés de l’arme et membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU de s’engager dans la signature du Traité pour l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Des alternatives sont possibles. Toutes les délégations s’attachent à dire que nous avons besoin de coopération. En 2017, les 122 États qui ont voté le TIAN étaient pour la plupart des États du Sud. Pour gagner le plus rapidement possible le désarmement nucléaire, il est nécessaire que nous, les opinions publiques des pays dotés d’armes nucléaires, trouvions les moyens de travailler mieux ensemble.
Comment expliquer que malgré la signature du Traité de non-prolifération (TNP) en 1968 et celui du TIAN en 2017, la prolifération se poursuit ?
La prolifération se poursuit parce que les forces du lobby militaro-industriel disposent aussi des moyens de communication. Il s’agit d’un combat entre ceux qui continuent de penser l’humanité en termes de domination économique et financière et ceux qui cherchent à inventer un monde plus juste, plus solidaire. Et dans ce bras de fer, les opinions publiques constituent les éléments déterminants. Il n’y a pas d’autres solutions. Il faut travailler mieux, sur le terrain politique, syndical et associatif. Dans la paix finale, il y a l’idée d’une coopération entre les États, les ONG, les opinions publiques et les organisations internationales. C’est de cette manière que le TIAN s’est imposé.
 
Alors que l’agression russe en Ukraine se poursuit et qu’Israël n’en finit plus d’attaquer ses voisins, le Traité de non-prolifération ne présente-t-il pas une limite en permettant à des États bénéficiant de l’arme nucléaire de dominer ceux n’y ayant pas droit ?
 
Je ne le crois pas. La Cour de justice internationale a estimé que le TNP impliquait une obligation juridique à aller jusqu’au bout du désarmement nucléaire. Le TIAN n’est que la mise en œuvre du TNP. Rien ne s’oppose à ce que la France signe celui-ci et pousse auprès de l’ensemble de ses partenaires pour que l’on avance vers le désarmement nucléaire. C’est une injustice inadmissible pour les populations victimes de cette menace. Si on veut faire grandir une construction de la paix alternative, il y a des solutions. Notamment grâce à l’outil que représente le droit international, grâce à la négociation et à la diplomatie. Je crois que le TNP est toujours un bon instrument pour faire remarquer à la France et d’autres leurs contradictions. Si nos pays se permettent de violer le droit international, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas. Nous sommes dans une bataille qui vise à arrêter de discréditer le droit international, même si celui-ci peut être amélioré. Le TNP est l’élément fondateur, il faut le préserver et il comporte un engagement. C’est tricher avec la loi que de dire que le TNP permet la domination nucléaire de certains États.
 
 
80 ans après Hiroshima : « La dissuasion nucléaire n’empêche rien, au contraire : elle favorise », analyse Roland Nivet, président du Mouvement de la paix - L'Humanité
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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 07:49
Arrêter Netanyahou par l'action et des sanctions internationales (PCF, 8 août 2025)
Arrêter Netanyahou par l’action et les sanctions internationales
 
Le gouvernement de Benjamin Netanyahou vient de présenter un plan pour « prendre le contrôle » de Gaza-Ville, qui marque une nouvelle étape dans sa politique d’épuration ethnique des territoires palestiniens. Cette annonce intervient alors que la famine continue de sévir dans l’ensemble de la bande de Gaza, du fait du blocus israélien et que, sous les ordres de ce Premier ministre et de son cabinet d’extrême droite, les massacres de masse, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité se poursuivent. Dans le même temps, la colonisation s’intensifie en Cisjordanie, en violation de toutes les résolutions des Nations unies.
Contre ce plan, s’exprime un mouvement de protestation sans précédent en Israël. Les mouvements de paix, d’anciens otages libérés et des familles des otages toujours détenus dans des conditions abominables par le Hamas appellent à l’arrêt d’une guerre qui ne vise que des populations civiles. 500 anciens hauts responsables de l’armée et des services de renseignement viennent même de dénoncer le fanatisme du gouvernement, qui « conduit l’État d’Israël à la perte de sa sécurité et de son identité ». Nos camarades de la coalition Hadash et du Parti communiste israélien appellent, quant à eux, à renforcer la mobilisation contre Netanyahou et sa politique, y compris par la grève.
Toutes ces voix doivent être entendues de la communauté internationale. Le Parti communiste français leur apporte sa solidarité et il appelle toutes les forces éprises de paix, de justice et de démocratie à se mobiliser à leurs côtés et aux côtés du peuple palestinien sous la terreur.
Le seul moyen d’arrêter Netanyahou et l’horreur en cours est la pression internationale comme celle qui s'est exercée en son temps pour mettre fin à l'apartheid en Afrique du Sud. Soit la communauté internationale continue de se montrer complice des massacres de masse et de l’épuration ethnique, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par le gouvernement, l'armée et les colons israéliens. Soit elle impose à Netanyahou et à son protecteur états-unien un cessez-le-feu immédiat, l’entrée d’une aide humanitaire massive à Gaza, l’arrêt des exactions en Cisjordanie et la libération des otages encore détenus par le Hamas.
Les largages de quelques tonnes d’assistance ne suffisent plus. La reconnaissance de l’État de Palestine est indispensable, mais elle ne peut intervenir lorsque Gaza aura été transformé en cimetière. Il est urgent d’agir concrètement.
L’ONU a condamné le plan provocateur de Netanyahou. La Chine, le Brésil, l’Espagne et d’autres États ont protesté. La France a une responsabilité primordiale et doit s’inscrire dans ce mouvement en agissant pour :
- Proposer à l’ONU une résolution condamnant sans réserve cette nouvelle violation du droit international. Le gouvernement français doit convoquer l’ambassadeur de l’État d’Israël pour lui notifier l’opposition sans réserve de notre pays, et rappeler pour consultation l’ambassadeur de France en Israël.
- Déclarer un embargo sur les armes : pas une arme, pas une balle, pas une technologie, pas une puce électronique ne doit être livrée à Israël et l’armée israélienne. L’annonce de l’Allemagne est un point d’appui inédit. Les soldats et les colons franco-israéliens qui participent aux massacres doivent être poursuivis et condamnés en France pour crime contre l’humanité.
- Prendre des sanctions à l’encontre de l’actuel pouvoir israélien tant qu’il bafouera le droit international. La France doit agir concrètement pour que l’UE suspende l’accord d’association avec l’État d’Israël. Les avoirs de dirigeants israéliens doivent être gelés. Sans attendre, notre pays doit prendre la tête d’une coalition de tous les États disposés à prendre des sanctions contre les dirigeants israéliens. Elle peut elle-même décider immédiatement de rompre toute relation commerciale avec Israël et de mettre fin à l’importation de produits provenant des colonies et des territoires occupés.
- Décider d’appliquer les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale à l’encontre de Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant, dont les crimes innommables ne peuvent rester impunis.
- Annoncer que la bande de Gaza est indissociable de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, qu’ensemble ces territoires sont partie intégrante du futur État de Palestine. C’est ce que demande l’Organisation de libération de la Palestine, seule représentante légitime du peuple palestinien.
L’avenir de la région, la paix pour Palestiniens et Israéliens passent par l’existence d’un Etat de Palestine laïc et démocratique, reconnu de plein droit par les Nations unies. Celles-ci doivent désormais faire savoir au pouvoir israélien que, s’il concrétisait sa volonté d’empêcher les deux peuples de vivre demain dans des États aux frontières sûres et reconnues, il serait mis au ban de la communauté internationale.
Paris, le 9 août 2025
Parti communiste français.
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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 07:47
PCF Morlaix - Vente de l'Humanité magazine sur le marché de Morlaix ce samedi 9 août

Nos camarades de la section PCF pays de Morlaix Jean-Luc Le Calvez et Martine Carn étaient sur le marché de Morlaix ce samedi 9 août pour vendre l'Humanité Magazine, ils en ont vendu 7 et tout était parti à 11h! Même l'été les communistes sont présents dans les actions militantes.

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 06:00

 

 

 

 

 

 

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9 août 2025 6 09 /08 /août /2025 06:00

 

 

 

 

 

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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 07:26
Chômage : la rupture conventionnelle, prochaine victime du gouvernement

Pour réduire les coûts de l’indemnisation chômage, le gouvernement prévoit de s’en prendre au dispositif de départ négocié entre employeur et employé, pourtant mis en place à la demande du Medef.

C’est l’attaque que les syndicats n’avaient pas vu venir. Parmi la série de nouvelles mesures promues par le gouvernement pour limiter l’accès à l’indemnisation chômage au nom de l’équilibre budgétaire, figure l’idée de réformer les ruptures conventionnelles.

Comme rappelait la feuille de route présentée le 4 août par l’exécutif, syndicats salariaux et patronaux sont invités à réfléchir aux modalités d’indemnisation de cette procédure instaurée en 2008 sous Nicolas Sarkozy, à la demande du patronat.

Destinée à permettre un divorce à l’amiable entre employeur et salarié en CDI, la rupture conventionnelle a en effet ouvert une voie médiane entre la démission, qui ne donne droit à aucune indemnisation chômage, et le licenciement, que l’employeur doit justifier et qui peut donner lieu à une contestation juridique devant les prud’hommes.

Un dispositif trop cher, selon le gouvernement

Elle a permis d’« apaiser » le marché du travail : « On voit que le nombre de contentieux prud’homaux a beaucoup baissé grâce à ces ruptures conventionnelles », a tenu à rappeler, fin juillet, Patrick Martin, le patron du Medef, appelant à « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Mais, pour le gouvernement, le dispositif coûte trop cher et, comme pour le reste de l’assurance-chômage, il faut lancer la chasse « aux abus ».

« Nous sommes toujours dans la stigmatisation des chômeurs, l’idée que la situation serait de leur faute, cela s’inscrit dans le discours populiste actuel sur l’assistanat », déplore Michèle Bauer, avocate spécialisée en droit du travail, qui accompagne de nombreux salariés. Elle rappelle par ailleurs qu’« une bonne partie de ces ruptures sont en fait des licenciements déguisés » et que beaucoup d’autres concernent « des salariés en grande souffrance pour qui c’est la seule solution ».

Il n’empêche. « C’est aujourd’hui 25 % de l’indemnisation au chômage », soit 9,4 milliards d’euros, a souligné, sur BFMTV-RMC, Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail et de l’Emploi, pour à peine plus d’un sixième des allocataires. La raison de ce surcoût est, selon elle, des indemnités « supérieures » et une durée d’indemnisation plus longue que pour ceux qui se retrouvent au chômage pour une autre raison (15 mois contre 14 en cas de licenciement économique et 13 pour les autres types de licenciements et les ruptures volontaires).

Un dispositif victime de son succès

La rupture conventionnelle est par ailleurs victime de son succès. Entre 2019 et 2024, son nombre est passé de 439 000 à 515 000, soit une hausse de 17 %. « La plupart des gens concernés par les ruptures conventionnelles sont des cadres. Ils ont des salaires, donc des indemnités, élevés », confirme Michèle Bauer. 

Mais elle explique surtout la plus longue durée d’indemnisation par le fait « que beaucoup de ruptures conventionnelles ont lieu après une période de forte pression et qu’il s’agit de salariés qui ont besoin d’abord d’une aide psychologique », mais aussi parce que beaucoup « donnent lieu à des reconversions plus longues pour ceux qui veulent changer de domaine ou créer une entreprise ».

Surtout, calculer le montant et la durée des indemnités des personnes en rupture conventionnelle par rapport à ceux de l’ensemble des chômeurs « est absurde », souligne Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT en charge des négociations sur l’assurance-chômage : « On compare ce qui n’est pas comparable. La moitié des personnes indemnisées par l’Unédic sont des précaires qui arrivent au chômage après un cumul de CDD ou de missions d’intérim. Forcément, avec des contrats courts et des petits salaires, ils sont moins bien indemnisés. Ce qu’il faudrait, c’est comparer uniquement les allocataires qui étaient en CDI. »

Mais, pour le gouvernement, toute source d’économies sur le dos de la protection sociale est à étudier. Dans le cas des ruptures conventionnelles, il suggère deux pistes de réforme : allonger le délai de carence et réduire la durée d’indemnisation. « Le salarié perçoit des indemnités pour quitter l’entreprise et bénéficie aussitôt de l’assurance-chômage. Ne faut-il pas instaurer un délai correspondant à cette indemnisation avant de percevoir le chômage ? » avait ainsi fait mine de s’interroger la ministre de la Santé et du Travail, Catherine Vautrin, le 21 juillet, dans l’Union.

Jusqu’à présent, les personnes ayant signé une rupture conventionnelle, qui reçoivent des indemnités supérieures au montant légal, ne reçoivent pas d’allocation chômage pendant 150 jours, contre 75 en cas de licenciement économique. L’idée serait donc d’étendre encore ce délai. « Mais l’indemnité supralégale a été gagnée à défaut de conserver son emploi. S’en servir pour réduire la durée d’allocation, c’est reprendre d’une main ce qu’on a donné de l’autre », commente Denis Gravouil.

13 000 personnes pourraient être concernées

Une étude de l’Unédic, datée du 30 juin, a tenté d’évaluer ces différentes pistes d’économies. Elle estime que 13 000 personnes pourraient être concernées par cet allongement du délai de carence, puisque c’est le nombre de gens qui, en 2024, ont atteint les 150 jours de déféré pour l’ouverture de leurs droits. L’impact financier pourrait être entre 30 millions et 200 millions d’euros la deuxième année, et se réduit progressivement ensuite au moment des premières fins de droits pour un effet annuel en régime de croisière entre 15 millions et 60 millions d’euros.

Et encore, sous réserve que cette modification des règles n’entraîne pas une baisse des ruptures conventionnelles au profit des licenciements. Quant au plafonnement des allocations, son effet est encore plus complexe à mesurer, là encore parce qu’il pourrait entraîner un changement de comportement de la part des salariés.

Ce flou comptable n’entrave pas la croisade du gouvernement contre les bénéficiaires de rupture conventionnelle, présentés comme des profiteurs. Tout en cherchant à préserver un système qui avantage le patronat. « Dès le départ, on avait bien vu que c’était encore une mesure qui allait profiter aux employeurs mais pour laquelle l’État allait devoir payer », rappelle Michèle Bauer.

À son instauration, les syndicats et la gauche avaient d’ailleurs bataillé pour obtenir le droit à l’indemnisation en contrepartie de cette facilité de la rupture de contrat. L’État ne voulant plus payer, cette compensation risque de se réduire comme une peau de chagrin.

 

 
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