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L’écrivaine et journaliste syrienne Samar Yazbek publie « Une mémoire de l’anéantissement », dans lequel des hommes, des femmes et des enfants de l’enclave palestinienne témoignent des atrocités perpétrées par l’armée israélienne, qui n’hésite pas à utiliser des robots tueurs.
Samar Yazbek est une romancière et journaliste syrienne. Opposante de gauche au régime de Bachar Al Assad, plus d’une fois menacée de mort, contrainte à l’exil en 2011 avec sa fille, poursuivie par les services de renseignements, elle est retournée clandestinement sur place en 2012 et 2013, revenue puis repartie après la chute du dictateur. Elle publie Une mémoire de l’anéantissement (Stock).
Elle y rapporte les témoignages de 26 rescapés de Gaza, évacués au Qatar pour y être soignés. Ce sont des récits à la première personne, sortis de la bouche d’hommes, de femmes, d’enfants, aux statuts sociaux divers. Tous ont vécu sous les bombes durant plus de deux ans. Ils ont subi le pire.
Survivants du génocide, ils sont ceux dont on parle peu et qui ont tant à dire. Ils racontent les drones, les bombes à l’uranium utilisées au même titre que la famine, l’amoncellement des corps, les chats et les chiens qui dévorent les cadavres, les plaies des blessés grouillant de vers. Et ces enfants de 6 ans dont les cheveux blanchissent en une nuit.
Vous donnez la parole à des Gazaouis. On a certes des images de la catastrophe qui les frappe, mais les témoignages verbaux directs sont exceptionnels…
Ce livre fait partie de mon projet autour de la mémoire collective. Depuis Feux croisés. Journal de la révolution syrienne (2012), les Portes du néant (2016) et 19 Femmes : les Syriennes racontent (2019), je donne la parole aux victimes. La vie quotidienne, personnelle, intime, est éminemment politique.
Je relate la manière dont des êtres si atrocement meurtris ont vécu dans l’enfer. Montrer une part de leur souffrance, c’est le devoir des journalistes, des intellectuels, des écrivains et des activistes ; affronter l’horreur avec leurs armes à eux, les mots.
Dans quelles conditions ont eu lieu les entretiens ?
J’étais au Qatar pour des raisons personnelles : ma fille, qui travaille là-bas, a eu un grave accident. Je suis allée à son chevet depuis la France. Sur place, j’ai découvert par hasard des rescapés gazaouis venus se faire soigner dans le complexe médical Thumama. La plupart étaient amputés, brûlés, très blessés. Ils étaient environ 3000, avec leur famille. Je me suis présentée comme bénévole auprès des femmes.
J’ai d’abord vu un enfant en fauteuil roulant, amputé des deux bras et des deux jambes. J’ai passé des années à documenter la guerre en Syrie ; j’en ai été traumatisée. Là, il fallait faire quelque chose. Dans les médias, ce ne sont que slogans politiques.
J’ai décidé de rester avec eux pendant des mois, durant l’année 2024, pour documenter leur souffrance et faire entendre leur voix. Ce n’était pas prévu. Je finissais un roman. Je m’apprêtais à aller au Soudan travailler avec des femmes violées.
Quelles questions avez-vous posées ?
À chacun, j’ai posé deux questions : que s’est-il passé pour vous le 7 Octobre ? Comment avez-vous perdu un morceau de votre corps ? Je me suis concentrée sur leur vie : une femme était en train de faire la cuisine quand elle a perdu sa fille ; un homme allait à l’école avec son fils, quand les avions ont bombardé son immeuble.
Qui sont ces hommes et ces femmes ?
Ce sont des professeurs d’école, des femmes au foyer, des étudiants, des journalistes, des infirmières, des patrons. Il y a beaucoup de mères, des adolescents. Abddallah, le plus jeune témoin, a 13 ans. Son visage a été complètement brûlé. Son corps est constellé de débris d’obus.
Il a vu sa famille entière brûler sous ses yeux. Les deux premiers témoins du livre sont mari et femme. Leur seul fils a été tué par un bombardement ; l’une de ses sœurs a perdu sa jambe lors de l’effondrement de la maison, l’autre est morte et la sœur jumelle de cette dernière a été brûlée, défigurée.
L’impression qu’on retire, à la lecture, est celle d’un traumatisme monstre partagé par tous.
Je partage leur souffrance. Si Abdallah a vu sa mère brûler vive devant ses yeux, qui sait si demain nous ne serons pas visés ? L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de la sauvagerie. Des gens comme nous se doivent de lutter pour la justice qui est chose très profonde.
On ne peut rester silencieux, en évitant de dire la vérité. Je n’ai pas senti de velléité de vengeance chez toutes ces personnes. Je n’ai pas confiance en un système politique international qui ne fait rien. On dit que la guerre est finie. C’est totalement faux.
Comment la romancière en vous a-t-elle pu appréhender ces cris de douleur loin de toute fiction ?
Quand la révolution en Syrie a débuté en 2011, jamais je n’aurais cru documenter un jour l’horreur de notre humanité actuelle. Jamais ! Ce projet a transformé ma vie.
La romancière en moi est exilée, coupée de sa capacité à inventer de la fiction. Il m’était impossible, par le prisme de la littérature, d’évoquer l’horreur du présent, les viols, les bombardements et les massacres en Syrie. J’ai donc commencé ce projet sur la mémoire collective.
Votre ouvrage tranche, par sa franchise crue, alors qu’on ne se livre, le plus souvent, qu’à des réflexions générales portant sur le conflit israélo-palestinien.
Cette situation dure depuis presque soixante-dix ans. Je pense qu’on doit créer un nouveau narratif, très différent de ce dont on a l’habitude. À mon avis, une vie humaine, avec ses détails personnels, donne à voir bien plus et en dit plus long que les discours politiques.
On doit travailler avec ce genre de narratif. C’est davantage utile, plus fort et plus profond que les paroles sèches des médias. Avec le temps, on a déshumanisé les Palestiniens.
Il y a une répétition dans les récits. Cette récurrence marque le caractère intentionnel de certains actes et confirme l’entreprise génocidaire méthodique mise en œuvre…
La récurrence des témoignages fait partie de ma méthode. Un massacre est ainsi vu sous plusieurs angles. Pour celui qui a eu lieu à l’hôpital Al-Shifa, j’ai donné la parole à deux femmes, ainsi qu’à un docteur. Chacun a sa façon de dire, d’évoquer tel détail, de raconter ce qu’il a vécu. C’est comme un puzzle où chaque pièce finit par s’assembler.
Une fois le livre lu, on saura ce qu’il s’est réellement passé dans ce complexe hospitalier, le plus important de la bande de Gaza. Ils ont tué les patients, assiégé la place, interdit l’eau et la nourriture, bombardé le bâtiment, détruit le service de maternité, les couveuses. Un soldat israélien a fait semblant de violer un jeune homme amputé. Il secouait son lit de façon suggestive en disant : « Je te nique. »
Tous disent que les actes infâmes commis par Israël ne sont pas liés aux attaques du Hamas.
C’est ce qu’ils ont le plus souvent répété. Ils me disaient : « Nous sommes pacifiques et ils nous attaquent. Ils ont tué les bébés, les femmes enceintes. »
Certains mentionnent la nouveauté terrifiante des armes. Bombes empoisonnées, mais surtout l’usage des drones…
Je suis journaliste depuis trente-sept ans. J’ai travaillé en Syrie, au Moyen-Orient. J’étais sur la ligne de front en Syrie. J’ai interviewé des chefs islamistes radicaux. J’ai vécu sous les bombardements. J’ai vu des massacres. J’ai écrit sur les prisons et les viols, mais je n’ai jamais documenté cette façon de tuer les gens. Je pense à Shima, 21 ans. Elle m’a raconté la mort de son père.
Il faut savoir que des robots tueurs vivent parmi les Gazaouis. On les surnomme « zannana » à cause du grésillement qu’ils émettent. Ce sont des drones. Son père a été la cible d’un quadricoptère de ce type qui peut tirer et même se faire exploser. Il est entré dans une pièce, en a traversé deux autres – tel un petit papillon métallique – pour tuer son père, avant de ressortir la fenêtre. C’est ça la science-fiction, la sauvagerie absolue. Il s’agit d’une nouvelle guerre, menée par l’Intelligence artificielle.
Que pensez-vous des négociations en cours sur le sort futur de Gaza et, plus largement, de la Palestine ?
Je préfère ne rien dire. J’ai perdu l’espoir mais je ne peux pas le dire. Il n’y a pas de mots pour dire la situation.
Où vivez-vous désormais ?
Je ne sais pas. Je vole avec le vent ! Je voyage beaucoup. Je suis entre la France, le Liban et le Qatar.
29 et 30 novembre 2025
34ème Fête de l’Humanité Bretagne
Parc expos Lorient Agglomération à LANESTE
Pass 2 jours 20 €
Pass journée 14 €
Sur place 24 € et 16 €
Gratuit – 18 ans
https://www.facebook.com/FeteDeLHumaniteBretagne
Internet
https://www.fete-huma-bretagne.fr/
Les concerts
Samedi 29 novembre
17h30 TENSiiN. Originaire de Rennes, il façonne un univers singulier entre R&B et pop où se mêlent mélodies planantes et rythmiques incisives.
20h30 LES HURLEMENTS D'LEO
Groupe de rock français, originaire de Bordeaux. Ils jouent un genre qu'ils définissent comme « java-chanson-punk-caravaning ».
22h SIDI WACHO
Nom du nouveau groupe de Saïdou, chanteur de MAP (Ministère des Affaires Populaires), engagé pour les luttes des exploités du monde entier. Leur album Libre mêle cumbia, hip-hop en français, espagnol, arabe et portugais.
Dimanche 30 novembre
15h LUNE BLEUE & BRING'S
C’est la rencontre entre la créativité mélodico/rythmique de Lune Bleue Trio et de la poésie scandée de Bring’s (chanteur de Freedom For King-Kong).
16h Fanfare Zébaliz
Joyeuse fanfare de Brest' même depuis 40 ans !
17h15 MATHILDE
Mathilde mêle engagement et émotion avec une pop lyrique et militante. Formée au chant lyrique et au gospel, sa voix se déploie pleinement dans ses textes : elle chante l’amour dans toute sa complexité, le silence des oubliées et ravive les luttes d’hier et d’aujourd’hui.
18h30 Fanfare Zébaliz
LES DÉBATS.
Samedi 29 novembre
14h "Debout la Culture! » Agora
Pierre Dharréville, responsable Culture du PCF
Gaëlle Le Stradic VP Culture région Bretagne
Aleksandra Ruszkiewicz, professeure à l’école d’art de Lorient, syndicaliste
15h « La France en a-t-elle fini avec son passé colonial ? » Espace Jeunes
Emmanuel Tjibaou, député indépendantiste kanak
15h Rencontre stand régional CGT
« La double besogne : un héritage du passé ou un levier pour l’avenir ? »
16 h Municipales Agora
"Prévention et sécurité : les collectivités face aux nouveaux enjeux"
Gilles Leproust, Maire d’Allonnes, Président de l’association Maires Ville et Banlieue de France
17 h Face à l’extrême droite, quelle alternative à gauche ? Espace Culture
Gladys Grelaud, conseillère régionale, membre du CEN du PCF
Pierre-Yves Cadalen, député LFI du Finistère
Damien Girard, député Les Ecologistes du Morbihan
Simon Uzenat, sénateur, 1er secrétaire PS 56
Gaël Briand, conseiller régional UDB
Dimanche 30 novembre
11h Accès aux soins : Quelle coopération sanitaire avec la République de Cuba ? Agora
Avec André Chassaigne, Gaël Roblin, élu à Guingamp
11h Témoignages de jeunes communistes de retour de Cuba Espace Jeunes
14h Education : sortir de l’emprise du privé Espace Culture
Paul Devin, co-Animateur de la commission « éducation » nationale du PCF, Président de l’Institut de recherche de la FSU.
14h Construire solidairement la Palestine de demain Espace Jeunes
avec l'AFPS (Association France Palestine Solidarité), et l'AJPF (Association pour le Jumelages de camps Palestiniens avec des villes Françaises), Thousand Madleens
15 h Rencontre syndicalistes Stand Régional PCF
Dimanche 16h30 Meeting avec Philippe Rio, maire de Grigny, élu meilleur maire du monde, Président de la Coopérative des élu.es communistes et républicains
Rencontres auteur.es samedi
15h L'historienne Fanny Bugnon : "L'élection interdite" - Itinéraire de Joséphine Pencalet, ouvrière bretonne (1886-1972)
16h Maxime de Lisle : "On a mangé la mer" (BD - Une enquête au cœur de la crise de la pêche en France. Récit de Maxime de Lisle. Dessin et couleur d'Olivier Martin)
16h30 Camille Le Boulanger : Eutopia (espace Jeunes)
18h15 André Chassaigne : « Cuba, une étoile dans la nuit» (Agora)
18h30 Armelle Mabon : Le massacre de Thiaroye
Dimanche
16h aux Ami.es de l’Huma, Patrick Le Hyaric présente son livre « un monde à la renverse ».
Elles et il seront en dédicace (avec d’autres) :
Julien Martinière, auteur de la BD À la ligne d’après le livre de Joseph Pontus
Thérèse Thiéry pour « De ce côté-ci du pont ».
Dimanche à 16h, la chanteuse Mathilde dédicace son disque au stand CGT-Bretagne
Les expos
espace BAAM (Bande d’Artistes & Ateliers Mutualisés)
BAAM est un collectif d’artistes qui anime un lieu de vie et d’exposition à Lorient, ainsi que des événements hors les murs. C’est un laboratoire joyeux de partage et d’expérimentation artistique.
Catherine Molteni, peintre et graphiste
La Via Campesina expose « la diversité paysanne nourrit et protège le monde »
Inauguration samedi à 18h15 avec la Confédération Paysanne
Les Urbansketchers, une communauté de dessinateurs qui se consacre à la pratique du dessin sur place.
Espace Cinéma
Samedi
16h00 « Le chant des sardinières » 26’ de Nina Montagné
Hiver 1924. Pendant plus de six semaines, 2000 ouvrières des conserveries de sardines de Douarnenez se mettent en grève et obtiennent 1 franc de l’heure. Cent ans après, quelle empreinte cette grève a-t-elle laissée à Douarnenez ?
16h45 « Chaluts en périls » de Mathurin Peschet (2024 – 26’)
Plongée sans filtre à bord d’un chalutier du Guilvinec, le Magellan. Dix jours au plus près de ces forçats de la mer et de leurs préoccupations.
17h30 « Marguerite » de Marine Sage 3’33’’
Ce court-métrage documentaire a été présenté au premier Festival de courts Féministe de la Maison des Femmes de Montreuil en 2021.
Dimanche
11h00 « La résistante et l’enfant » Documentaire de Jean Barat 1h20’
En présence du réalisateur et de Jean Golgevit, enfant caché et fils d’Eva Golgevit, résistante et rescapée de la Shoah.
14h00 Action Aid 14’
Film sur la paysannerie coopérative de bananes et autres productions à comparer avec l’agriculture intensive et mondialisé des grands groupes agro-alimentaires.
14h30 « Marguerite » 3’33’’+ 10’ débat avec Marine Sage
Le teaser Fête de l’humanité Paris 2025 (3’44’’) sera diffusé samedi à 15h40 et dimanche à 10h45 et 13h45.
***
L’urgence du communisme et du rassemblement à gauche
L’époque est à l’incertitude politique, dans un contexte où le mécontentement populaire, qui s’est traduit dans la rue les 10 et 18 septembre, recherche un débouché politique.
Plus que jamais la colère sociale doit s’exprimer assez fort pour peser sur les choix politiques, plus que jamais la gauche doit se rassembler pour offrir une perspective et endiguer la montée du RN. Et dans cette gauche diverse, le poids du PCF sera décisif, pour empêcher les dérives de compromission avec le capital que nous avons connues.
La Fête de l’Huma sera un moment de ces mobilisations, échanges à gauche, construction du rassemblement, besoin de communisme pour changer la société en profondeur…
Catherine Quéric,
Présidente de la Fête de l’Humanité Bretagne
Conférence de presse du PCF Finistère. 21 octobre 2025
Le gouvernement Lecornu 2, imposé par un président de la République disqualifié et qui a évité de justesse la censure, va désormais défendre un budget à l’image de ces 8 dernières années : dur pour le monde du travail et les services publics, doux pour le capital et les plus riches.
Nous, communistes, sommes convaincus qu’il faut renforcer les recettes de l’État, par la taxation des fortunes et des hauts revenus : rétablissement de l’ISF, plus progressif (+15 milliards d’euros), taxe Zucman pour les 2 % de foyers dont la fortune est supérieure à 100 millions d’euros (+ 15 milliards d’euros), réduction des exonérations d’impôt sur les héritages via le pacte Dutreil et la transmission de biens familiaux d’entreprises (+4 milliards d’euros), taxation des revenus du capital et taxes sur les superdividendes. Il faut également s’attaquer au scandale des 210 Milliards d’euros par an d’aides publiques aux entreprises sans conditionnalité. Le capitalisme français est de plus en plus assisté par l’État. Il nourrit une croissance affolante des inégalités et une société où l’appauvrissement d’une grande partie de la population nourrit les privilèges exorbitants d’une minorité. L’argument de la dette pour s’attaquer aux dépenses publiques et sociales est malhonnête, c’est Macron qui a renforcé de 1135 milliards d’euros la dette de l’État, notamment avec sa politique pro-riches et de cadeaux aux grands groupes.
"C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches" disait Hugo.
Jugez plutôt... Le patrimoine des 500 plus grandes fortunes de France représente 1228 milliards d’euros, deux fois plus qu’en 2017. En 1996 le patrimoine des 500 plus grandes fortunes en France était de 80 milliards d'euros, représentant 6,4 % du PIB. En 2024, il a atteint 1228 milliards d'euros, soit 42 % du PIB !!! Le mois dernier, une étude a montré également qu’en 20 ans, la richesse des 10% de français les plus riches a été augmentée de 91%, celle des 10% de français les plus pauvres a baissé de 54% en euros constant, en tenant compte de l’inflation, tandis que les 500 plus grandes fortunes françaises ont vu leur richesse multipliée par 14.
Les milliardaires ont un pouvoir d’influence médiatique et politique considérable. Ils ne s’en cachent plus et ils mettent en orbite de manière éhontée la droite et l’extrême-droite qui servent leurs intérêts. Voyez les courbettes de Jordan Bardella à l’université d’été du MEDEF, qui promet aux patrons de ne pas remettre en place l’ISF, de ne pas instaurer la taxe Zucman, de diminuer encore les impôts des riches et les cotisations des entreprises.
Nous nous employons à combattre cette domination des politiques capitalistes, au Parlement avec nos deux groupes parlementaires, présidés par Stephane Peu (GDR, 17 députés) et Cécile Cukierman (CRCE-K, 18 sénateurs), comme dans la rue !
Grâce aux mobilisations et face à la colère de plus en plus forte de nos concitoyen, les représentants zélés de la finance ont dû annoncer une suspension de la réforme des retraites. Nous jugerons sur les actes car rien n’est encore gagné et l’indexation de cette suspension de la réforme des retraites au vote du projet de loi de finances de la sécurité sociale qui comporte des mesures de régression sociale crapuleuses comme le doublement des franchises médicales ne présage rien de bon. Les communistes continueront à se battre pour l'abrogation totale de la réforme des retraites.
Mais nous utiliserons autant que possible le débat parlementaire pour porter nos exigences : augmenter le pouvoir d’achat par la hausse des salaires et des retraites, pour faire gagner la baisse de la CSG, le retour de l’ISF, la taxe Zucman, la fin des franchises médicales, le 100 % sécu, l’augmentation des moyens financiers des collectivités, un plan de relance de l’industrie et le développement des services publics, la mise en place de critères sociaux et environnementaux pour les aides publiques aux entreprises, une réelle politique du logement.
Un sursaut populaire inédit est nécessaire pour remettre le progrès social à l’ordre du jour et changer notre destin collectif. Nous appelons toutes les forces syndicales, associatives et citoyennes à y participer. Le peuple doit reprendre la main.
Les communistes finistériens restent toujours également pleinement engagés pour la Paix, contre l’économie de guerre et l’augmentation très importante des dépenses d’armement et notamment dans le domaine des armes nucléaires avec une stratégie de la tension qui ne nous semble pas la plus à même de protéger de protéger de la guerre les citoyens l’Europe et de la France.
Nous sommes également engagés dans la solidarité internationale avec les peuples opprimés, notamment par l’impérialisme états-unien et le régime d’extrême-droite d’Israël qui est son protégé et son serviteur. Nous pensons à Cuba, où un de nos camarades s’est rendu récemment, Taran Marec, avec une délégation de la JC, au Venezuela et d’autres pays d’Amérique latine menacés par des politiques d’agression et d’ingérence de D.Trump, aux voisins d’Israël et bien sûr au peuple palestinien.
Nous nous félicitons de l’arrêt des bombardements et du génocide à Gaza mais ne voulons pas d’un futur de Gaza qui se fasse sans les Palestiniens, et leur droit à l’auto-détermination sur leur terre, et qui fasse l’impasse sur la nécessaire poursuite judiciaire contre les auteurs des crimes de guerre et contre l’Humanité commis par le Hamas comme par les dirigeants politiques et militaires israéliens. Nous demandons la libération de Marwan Barghouti, le Mandela palestinien, et de tous les prisonniers politiques palestiniens, la fin de la colonisation et le démantèlement des colonies de Cisjordanie, l’arrêt des violations des droits humains contre les palestiniens à Gaza, en Cisjordanie et en Israël. Nous voulons la coexistence de deux peuples dans la Paix, la liberté, l’égale dignité et le droit à l’existence de chacun, Israéliens et Palestiniens. Cela passe par la création d’un véritable Etat palestinien dont Netanyahou et son gouvernement d’extrême-droite ne veulent à aucun prix.
Ce soir, mardi 21 octobre, nous avons une rencontre internationale avec le Parti communiste palestinien et le parti communiste israélien en viséo-conférence dans le cadre de notre campagne 1 million d’oliviers pour la Palestine/ 1000 à l’échelle du PCF Finistère, qui nous a permis déjà de réunir ce 21 octobre 7600 euros avec un objectif de 10 000 euros au mois de décembre pour acheter en pépinière en Palestine planter 1000 oliviers (10€ l'olivier).
Pour les Municipales de mars 2026, nous plaidons partout pour nous mettre en situation de gagner à gauche, pour un rassemblement de la gauche et des écologistes sur des projets locaux construits avec toutes les forces politiques de gauche et les citoyens qui défendent le pouvoir d’achat, les services publics, l’égalité d’accès aux droits, de tous les citoyens, dans le domaine des transports, de l’école, du logement, etc. Nous voulons des municipalités qui protègent les citoyens, et notamment ceux aux revenus les plus modestes, dans un environnement de plus en plus brutal et anxiogène. Les communistes ont actuellement 55 élus (à 60 en comptant les sympathisants) dans le Finistère et nous souhaitons au minimum garder cet ancrage, et continuer à gérer à gauche dans l’intérêt des habitants les municipalités où nous sommes présents déjà dans des exécutifs d’union de la gauche et nous pensons pouvoir afficher un bon bilan : Brest, Quimper, Morlaix, Le Relecq-Kerhuon, Rosporden, Plouigneau, Briec, Guimaëc, etc. Et nous voulons aussi de nouvelles conquêtes municipales pour la gauche dans le Finistère comme à Landerneau, où Gladys Grelaud menera une liste d’union de la gauche, Douarnenez, Concarneau, etc.
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF 29, sur le plateau de Tébéo. (Photo d’archives Le Télégramme/Julie Sicot)
Avec Fadwa Khader dirigeante du PPP, parti communiste palestinien, membre de l'OLP, Efraim Davidi de la direction du parti communiste israelien, Issa Elshatleh, de l'association des ingénieurs agronomes arabes et coordinateur de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine en Cisjordanie et Christine Hernandez du PCF Val-de-Marne et de l'association Amitié Solidarité Palestine en maîtresse d'oeuvre, nous étions 7 camarades du PCF Finistère, Lucienne Nayet, Claude Bellec, Jacqueline Here, Enzo De Gregorio, Taran Marec, Patrick Gambache et moi, à participer à une rencontre internationale en viséo conférence au côté de nos camarades du secteur international du PCF, et des communistes Var, du Lot et Garonne, de Gironde, du Val de Marne d'autres départements encore, une viséo-conférence très riche et lourde d'enseignements, avec des témoignages bouleversants, sur la situation en Palestine, en Israël, la politique du fascisme en Israël et de ses rapports avec l'impérialisme états-unien, les intérêts économiques et stratégiques, les résistances pacifiques, la destruction de l'économie palestinienne par la rétention des taxes, les restrictions de circulation, la construction de 450 colonies et avant-postes qui morcelent le territoire palestinien de Cisjordanie, la destruction des camps de réfugiés, et la campagne des oliviers pour résister à la colonisation pacifiquement et soutenir l'économie agricole palestinienne. Ce soir, c'est 7600 euros qui ont été récoltés ou promis dans le Finistère avec et par le PCF, la fédération et les sections du Finistère, au profit de l'achat de 1000 oliviers pour la Palestine qui seront achetés en décembre et plantés cet hiver, sur un objectif de réunir 10 000 euros d'ici un mois et demi. Pour la solidarité internationale avec le peuple palestinien et les Israéliens qui luttent pour la paix et la justice, contre le colonialisme, on ne lâche rien!
Les prisonniers palestiniens libérés témoignent de l’enfer subi dans les prisons israéliennes. Passages à tabac, lâcher de chiens, gaz, privations de nourriture, torture psychologique. Ils racontent les années de sévices.
Jénine (Cisjordanie occupée), correspondance particulière.
Les portraits s’étalent fièrement sur les quatre murs de la pièce, grands et nombreux, jusqu’à déborder derrière la télévision, la chaîne hi-fi et la commode. Dans son salon, à l’abri des regards, Fatima laisse exploser la joie qu’elle n’a pas le droit de montrer dehors.
Les autorités israéliennes ont interdit toute manifestation de liesse sous peine de poursuites. Son fils est libre. Ahmad avait 21 ans et pesait 95 kg lorsque l’armée israélienne est venue le chercher, un matin d’avril 2002, l’accusant d’avoir pris part à des attaques contre des citoyens israéliens. Il en a aujourd’hui 44, et n’en pèse plus que 40.
« Dès qu’on a appris qu’un échange de prisonniers aurait lieu, on est resté à attendre que le téléphone sonne », raconte Fatima, entourée d’une sœur cadette et des deux frères d’Ahmad. À leurs côtés, leurs épouses ponctuent régulièrement le récit de hochements de tête ou de détails ajoutés à la volée.
Finalement, c’est sur une liste diffusée le vendredi sur les réseaux sociaux que la famille découvre qu’Ahmad fait bien partie des 31 prisonniers originaires de Jénine qui seront libérés deux jours plus tard.
Le lendemain, une nouvelle liste circule sur les boucles WhatsApp des familles de prisonniers. Pour douze détenus de Jénine, dont Ahmad, une autre destination apparaît à côté du nom : l’Égypte.
Le lundi 13 octobre, en échange des 48 derniers otages israéliens – vivants ou morts – que le Hamas s’est engagé à libérer, Israël a relâché 1 968 prisonniers palestiniens. À cette liste se sont ajoutés 250 condamnés à perpétuité, qualifiés de « terroristes » par Israël, déportés temporairement en Égypte, avant un éventuel transfert vers la Turquie ou le Qatar. Un aller simple, sans retour.
« Vous êtes exilé à vie. Toute la terre ici appartient à Israël. » Dans le véhicule qui le transfère de la prison de Ramon, dans le sud du pays, vers celle de Ktziot, au cœur du Néguev, Ahmad apprend la sentence de la bouche d’un officier du Shin Bet – le service de renseignement intérieur israélien.
Son regard vide envahit l’écran du téléphone, entre les mains de son frère, avec lequel il converse toute la journée. « Je n’ai rien ressenti », confie-t-il. Ni à l’annonce de sa libération ni à celle de son exil.
D’une voix plate, presque mécanique, Ahmad énumère les « mauvais traitements » subis pendant vingt-trois ans – un euphémisme pour la torture, dont l’intensité s’est encore accrue les derniers jours passés dans le plus grand centre de détention d’Israël. « J’étais inconscient », lâche-t-il simplement, lorsque, le 11 octobre, à deux heures du matin, son nom a été cité parmi ceux des prisonniers qui seraient libérés.
Cette nuit-là, il avait encore été passé à tabac. Les coups, les fouilles à nu, l’interdiction de prier, les chiens lâchés près de son visage alors qu’il était cloué au sol : Ahmad a tout enduré, jusqu’au bout. « La Croix-Rouge nous a prévenus qu’on allait être frappés lors du transfert vers l’Égypte, même devant eux, sans qu’ils puissent l’en empêcher », affirme-t-il, avant d’ajouter : « À côté de ce qu’on a subi, Guantanamo, c’est rien. »
Derrière le téléphone, la mère d’Ahmad mime les coups sur son visage, son cou, ses bras, et décrit les joues creusées par la faim, jusqu’à rendre son fils méconnaissable. « Quand il a appelé lundi, j’ai demandé : « Où est Ahmad ? » Il m’a répondu : « C’est moi, maman. » » Autour d’elle, six de ses petits-enfants, âgés de 5 à 14 ans, écoutent le récit des tortures, sans broncher.
Aucun n’a jamais rencontré cet oncle. Ils ne le connaissent qu’à travers les portraits qui ornent les murs ou les panégyriques des repas de famille. Ahmad incarne le héros de la seconde Intifada, qui s’est levé contre la violence de l’occupation israélienne.
Une violence qui imprègne leur quotidien, dans ce bastion de la résistance palestinienne du nord de la Cisjordanie, où la colonisation se vit jusque dans la chair. Les bras tatoués des hommes gardent la mémoire des séjours en prison.
Dans le hall d’entrée d’un immeuble de la résidence universitaire arabe-palestinienne, Tariq fume cigarette sur cigarette. Il raconte les retrouvailles, trois jours plus tôt, avec ses enfants. « Mon fils s’est enfui, ma fille m’a demandé qui j’étais », confie-t-il.
Sa fille est née alors qu’il était incarcéré. Sa détention a débuté à la veille des attaques du 7 octobre 2023, après lesquelles tous les prisonniers palestiniens ont été privés de visites et d’appels téléphoniques. Depuis, sa famille n’avait pas eu pareille occasion de se réjouir.
Déplacée de force en février depuis le camp de Jénine, elle a appris, le jour même où Tariq a été libéré, qu’elle risquait à nouveau l’expulsion. Les 630 autres familles réfugiées dans ces chambres universitaires vides doivent payer un loyer qu’elles ne peuvent plus assumer, après avoir tout perdu dans les opérations de l’armée israélienne contre ce qu’elle appelle « le nid de frelons ».
Engoncé dans son canapé, Tariq énumère, imperturbable, les sévices endurés : coups, gaz, insultes. Il se dit pourtant chanceux : dans la cellule voisine, les détenus de Gaza étaient battus jusqu’à l’inconscience. Depuis le 7-Octobre, 77 prisonniers palestiniens identifiés – dont 46 originaires de Gaza – sont morts sous la torture, par privation de nourriture ou faute de soins, selon un bilan publié en août par le Club des prisonniers palestiniens.
À une vingtaine de minutes en voiture, Samira a passé un an en prison, après son arrestation avec son frère, Omar en 2004, accusé d’attentat contre Israël. Entourée de ses deux parents, dans le salon qui a accueilli une discrète célébration six jours auparavant, elle raconte la joie de la libération et la découverte de la déportation.
Dès qu’ils ont su qu’Omar allait être transféré en Égypte, Samira, sa mère et son frère ont pris la route de la Jordanie pour tenter de le rejoindre au Caire, depuis Amman. Mais pour eux, la frontière est restée close : les autorités israéliennes les ont refoulés, apposant une interdiction de sortie sur leurs papiers. « Nous réessaierons encore et encore », martèle la mère d’Omar, à qui il a été demandé de se présenter aux services de renseignement israéliens près de Ramallah – sans grand espoir.
À quelques rues de là, Kamil, le frère d’Omar, raconte le premier appel avec son frère, après deux années de silence. Il a fallu plusieurs tentatives avant qu’Omar, mutique, ne décroche un mot au téléphone. « J’ai prié pour retourner en prison plutôt que d’être libéré », a-t-il avoué à son frère, tant les coups avaient été violents pendant le transfert entre le Néguev et la frontière.
Les deux enfants de Kamil, impassibles, écoutent ce récit de coups, d’humiliations, de privations. « Certains prisonniers jeûnaient pour garder un peu de nourriture plus longtemps, tant les portions étaient faibles », décrit Kamil, en désignant les gobelets d’eau sur la table pour illustrer les maigres rations quotidiennes.
Il évoque aussi les cellules surpeuplées – souvent douze détenus pour quatre lits, sans sommier –, les maladies qui se propagent, notamment la gale. « Si Omar demandait à prendre une douche, on lui répondait « demain », mais demain pouvait durer une semaine ou un mois, et il n’y avait jamais de savon. »
La nomination, en mars 2025, d’Itamar Ben Gvir comme ministre israélien de la Sécurité nationale, a entraîné un durcissement brutal des conditions de détention. Ce dernier s’est vanté d’avoir réduit les conditions de vie des prisonniers palestiniens au « minimum légal ».
Sans possibilité de recours, alors que chaque famille de détenus affirme que leurs proches ont été battus davantage encore lorsqu’ils demandaient à voir un avocat – pour les dissuader de renouveler leur requête ou de dénoncer leurs conditions de détention.
Ces pratiques sont documentées par l’ONU, ainsi que par de nombreuses organisations internationales. En septembre, la Cour suprême israélienne a donné raison à l’Association pour les droits civils en Israël et à Gisha, qui dénoncent la cruauté croissante de la politique pénitentiaire israélienne.