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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 06:15

Pour retrouver confiance dans la police, il faut pouvoir la contrôler. Fabien Roussel était l'invité de BFMTV samedi 28 novembre suite à la mobilisation contre les violences policières

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 19:46
Le chiffre du jour - 28% des sympathisants de gauche pensent que Fabien Roussel ferait un bon candidat à l'élection présidentielle selon un sondage commandé par le JDD (dimanche 28 novembre)

Les sympathisants de gauche pensent à 28% que le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, serait un bon candidat à l’élection présidentielle (Source: Journal du Dimanche, 28 novembre, 2020). Et pourtant il est bien moins invité sur les plateaux télés et les médias que les dirigeants de la LFI, du PS, ou de EELV. Ne parlons pas de ceux du RN ou de LREM... De bon augure pour construire une candidature porteuse d'une politique allant dans le sens des intérêts populaires et d'une véritable alternative à la domination capitaliste.

 

Revue de Presse du week end du 21 novembre avec Fabien Roussel

Fabien Roussel était l'invité de La montagne, Nice Matin et l'Opinion.

L’opinion

https://www.lopinion.fr/edition/politique/fabien-roussel-il-faut-pcf-fort-redonner-l-espoir-monde-travail-229460



Fabien Roussel : « Il faut un Parti communiste français fort pour redonner de l’espoir au monde du travail »


Fabien Roussel est député du Nord et secrétaire national du Parti communiste français (PCF) depuis 2018. Il est le onzième dirigeant de la formation politique, qui fêtera fin décembre les cent ans de sa fondation à l’issue du fameux congrès de Tours en 1920 et la scission de la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO).
La majorité des militants vote alors l’adhésion à l’Internationale communiste fondée par Lénine. C’est la naissance de la Section française de l’Internationale communiste (SFIC) qui deviendra le Parti communiste. Un siècle plus tard, c’est à la tête d’une formation affaiblie mais toujours présente à gauche que Fabien Roussel ouvrira les festivités.


Le PCF fête ses cent ans à la fin de l’année. Comment expliquez-vous sa longévité ? La lutte des classes existe toujours. Tant que ce rapport de force persistera, il subsistera un fond communiste pour porter ce combat. Au début des années 2000, le milliardaire américain Warren Buffett disait : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ». C’est lui qui a exprimé le mieux cette réalité ! Ensuite, le PCF est né au lendemain de la Première guerre mondiale pour porter le combat pour la paix.
Il a continué à le faire tout au long de son existence, à travers les luttes internationalistes pour la décolonisation, la liberté des peuples et leur indépendance. Il a aussi mené en France des combats importants pour défendre le monde du travail, en 1936, en 1968, en 1981 et même en 2005 avec la victoire du « non » au référendum sur la constitution européenne.
Entre-temps, il y a eu la résistance pendant la Seconde guerre mondiale puis la participation en 1945 au gouvernement provisoire du général de Gaulle. C’est la création de la sécurité sociale, du système de retraites par répartition et du droit de vote des femmes grâce à l’amendement défendu en 1944 par le communiste Fernand Grenier… Ces dates import antes trouvent encore leurs prolongements aujourd’hui et c’est sans doute cela qui explique notre enracinement dans l’histoire du pays.


L’histoire du PCF épouse celle de la France au XXe siècle, avec ses « moments de dogmatisme et d’aveuglement » comme vous l’écrivez dans la préface. Lesquels ? Nous avons fait une analyse lucide du stalinisme que nous avons dénoncé, tout en restant communistes mais sans remettre en cause le PCF et ses combats. Nous avons cependant su garder un esprit critique sur ce qu’il se passait dans d’autres pays au nom du communisme.
A son époque, Georges Marchais avait pris ses distances avec la manière dont le Parti communiste de l’Union soviétique gérait le pays, notamment sur la question des Droits de l’Homme. Nous avons eu notre originalité sans jamais renier nos fondamentaux, ce que n’ont pas fait d’autres partis. Je pense en particulier à la droite, qui a une histoire forte dans notre pays mais qui, face aux soubresauts de l’histoire mais aussi face à ses erreurs, a fait le choix de changer d’étiquette et même de voie. Nous avons décidé de garder la même maison et ses fondations.


Le PCF s’est longtemps démarqué par son anticolonialisme, quelles traces a-t-il laissées dans l’histoire ? Nous avons souffert d’attaques et de persécutions pour cela. Plus récemment, nous avons été en France à la pointe du combat contre l’apartheid et pour la libération de Nelson Mandela. J’ai moi-même été formé comme cela, j’ai adhéré aux jeunesses communistes pour lutter contre l’apartheid.
Je me suis fait tabasser à des manifs, j’ai fini plusieurs fois au commissariat et ai même été molesté, laissé nu au poste à 17 ans pour m’humilier. Nous étions minoritaires mais quand Nelson Mandela est mort vingt ans plus tard, le monde était à son chevet… Tout ça appartient désormais au passé, mais le combat contre le colonialisme, l’indépendance des peuples et le respect de leurs choix est fortement actuel.
Les enfants de la troisième et de la quatrième génération ont besoin d’avoir accès à cette mémoire et de connaître les combats qui ont aussi été menés en France à cette époque. Des militants communistes ont perdu la vie, fait de la prison et été persécutés parce qu’ils avaient fait le choix de l’indépendance de l’Algérie. Le mettre en avant serait une source d’apaisement, tout comme il faudrait trouver les mots et exprimer des regrets pour dire que les choix faits par les dirigeants d’alors n’étaient pas justes.


L’histoire du PCF, c’est aussi celle de l’union des gauches. Aujourd’hui, où en est-on ? Les débats qui ont émaillé le congrès fondateur de Tours en 1920 perdurent. Entre la social-démocratie qui ne remet pas en cause le capitalisme et la gauche communiste qui souhaite mettre en place un autre système économique plus juste et plus humain, le combat idéologique persiste. C’est aux citoyens de le trancher. L’originalité du PCF par rapport à d’autres forces de gauche, c’est d’avoir toujours été un parti de rassemblement prêt à s’unir dans l’intérêt de la nation et du monde du travail.
C’est le choix que nous avons fait en 1936 avec Léon Blum et les radicaux, qui n’était pas évident, mais aussi en 1945 avec de Gaulle, ce qui était encore moins évident. Enfin en 1973 quand nous choisissons de soutenir François Mitterrand à l’élection présidentielle. Ce sont à chaque fois des mouvements populaires pour l’intérêt général. C’est ce qui doit nous guider, contrairement à ceux qui aujourd’hui à gauche mettent des préalables au rassemblement.


Quelle place occupe la victoire du « non » au référendum de 2005 sur la constitution européenne dans l’histoire du parti ? C’est un moment très important pour deux raisons. Premièrement, c’était une victoire populaire qui a fait la démonstration que le peuple pouvait être lucide et faire un choix en conscience sur cette construction européenne ultralibérale. Les Français ont dit non et le grand malheur de notre pays, c’est qu’il n’a pas été respecté. Par Nicolas Sarkozy d’abord puis par François Hollande. Deuxièmement, la leçon de cette victoire est qu’elle a été rendue possible parce que le PCF a tendu la main aux autres forces de gauche pour mener une campagne commune.
Nous avons fait des tribunes communes avec des dirigeants socialistes, écologistes, des associatifs et des syndicalistes. Marie-George Buffet, alors secrétaire nationale, avait fait le choix de partager le temps d’antenne qui lui était dévolu avec d’autres formations. Ce rassemblement a permis de donner un contenu progressiste au vote pour le « non », à la différence de celui de l’extrême droite qui était nationaliste.
« Dire que les partis sont dépassés et qu’ils ne servent à rien, c’est se raccrocher à l’homme ou à la femme providentielle, à des mouvements éphémères ».


Le parti a compté à son apogée des centaines de milliers de membres avec un sentiment d’appartenance très fort. Que reste-t-il de cet âge d’or ? Je ne suis pas nostalgique. Le PCF, ce sont aujourd’hui 90 000 sympathisants dont 50 000 cotisants. Nous devons être l’un des premiers partis de France en la matière. En plus de notre réseau d’élus, des 630 mairies communistes et de nos deux groupes à l’Assemblée et au Sénat.
Nous avons toujours des réunions locales dans les villages, les villes et les quartiers où on se retrouve ensemble pour faire de la politique mais aussi pour des moments de fraternité et de convivialité. J’ai justement envoyé un message à tous les adhérents pour les appeler à faire vivre cet esprit de camaraderie pendant le confinement, prendre soin de la famille communiste mais aussi du voisin, du collègue, etc.
Mais il est vrai que l’engagement politique diminue fortement, toutes forces confondues, et c’est grave pour la démocratie. Les gens courent le risque de devenir des consommateurs de la politique. Ils ne votent plus et nous devenons de plus en plus dépendants de forces extérieures. Dire que les partis sont dépassés et qu’ils ne servent à rien, c’est se raccrocher à l’homme ou la femme providentielle, à des mouvements éphémères.


Vous avez été élu sur un discours critique de la période récente, sans candidats du parti à la présidentielle. Est-ce toujours le cas ? La situation politique que nous vivons en ce moment démontre qu’il est nécessaire d’offrir un espoir aux Français. Ils doivent savoir qu’on peut sortir de ce système économique qui privilégie l’argent, la concurrence et la compétitivité. Qui oppose les Français et les divise. Il est important qu’il y ait un PCF qui redonne de l’espoir au monde du travail, c’est tout l’enjeu de notre congrès de l’année prochaine et du choix que nous aurons à faire pour l’élection présidentielle de 2022.

 

 

 

La Montagne

 

https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/fabien-roussel-pcf-la-dignite-humaine-est-au-cur-de-tous-nos-choix_13881081/

 

https://www.leberry.fr/paris-75000/actualites/fabien-roussel-pcf-la-dignite-humaine-est-au-cur-de-tous-nos-choix_13881081/

 

Fabien Roussel (PCF) : « La dignité humaine est au cœur de tous nos choix »

Publié le 22/11/2020 à 08h00

 

Le député et secrétaire national du Parti communiste préface « 100 ans de parti communiste français » (Cherche Midi) et parle d’un « idéal » que l’actualité ravive.

 

Est-ce qu’à 100 ans, on a encore l’avenir devant soi ? Oui ! Un parti qui a réussi à vivre et à participer à la grande histoire de France pendant 100 ans est un parti qui a 100 ans d’avenir. D’autant plus que l’actualité l’exige. La crise sanitaire et économique que nous vivons est en même temps une véritable crise de civilisation. Nous devons complètement repenser nos modes de vie, nos modes de production et l’utilisation que nous faisons de nos richesses, de l’argent.

En cela, nous communistes, avons une vision de la société qui met l’humain, son bonheur, la dignité humaine, au cœur de tous les choix. C’est l’argent qui doit être mis au service de l’être humain et non pas l’inverse. Notre idéal est un combat d’avenir pour notre pays.


La France ne serait pas ce qu’elle est si le PCF n’avait pas existé, dites-vous. Que lui doit-elle, si on devait résumer ? En quelques dates, c’est 36 avec les congés payés, c’est la Résistance, c’est 45 avec de Gaulle, la reconstruction de la France, la Sécurité sociale…, c’est 68, c’est 81 avec la victoire de Mitterrand et de la gauche et c’est enfin 2005 avec la victoire du non au référendum sur le traité constitutionnel européen. Nous avons contribué à tout cela.


Entre-temps, le PCF a enchaîné les défaites, passant à 2 % du corps électoral. Comment l’expliquez-vous ? Si on avait la réponse unique à cette question, on saurait inverser la tendance. Certainement, nos adversaires, à savoir les financiers, les actionnaires qui ont des moyens démesurés, ont été meilleurs que nous. Ils ont gagné quelques batailles, mais ils n’ont pas gagné la guerre. Nous, communistes français, avons peut-être aussi fait des choix mal compris par le monde du travail, notamment en participant à des gouvernements de gauche qui ont tourné le dos à leurs engagements. Peut-être aussi que le choix de ne pas être présents lors de grands rendez-vous électoraux, comme les deux dernières élections présidentielles, a pu laisser entendre que nous n’étions plus là, alors que nous avons fait le choix de soutenir un candidat au nom du rassemblement. Notre absence a pu être mal comprise.


Ce qui vous pousserait donc à présenter un candidat en 2022… La décision n’est pas prise.

Nous nous préparons et posons les deux options sur la table : ne pas participer à cette élection ou y participer et y être prêt, avec un projet, un candidat ou une candidate, un budget, les parrainages. Nous espérons prendre cette décision au printemps. Ce sont les communistes qui décideront.

Nous sommes une force politique qui compte avec 48.000 adhérents, 620 maires, deux groupes parlementaires, 150 conseillers départementaux. En 2017, parce que nous n’étions pas prêts, nous avions fait un choix un peu par défaut, le choix de ne pas y aller.


Vous aviez surtout fait le choix de soutenir Jean-Luc Mélenchon, non ? Oui, bien sûr. La question qui se pose en 2022 est celle d’un changement de société, l’envie de rompre avec le système actuel. Nous disons qu’il est possible d’éradiquer le chômage et la pauvreté. Il est inadmissible qu’il y ait 300.000 SDF dans un pays aussi riche. Il y a l’argent nécessaire pour engager la transition écologique, urgentissime. Ces deux priorités, sociale et écologique, doivent être intimement liées. Il faut sortir des logiques libérales.


Vous dites aussi que les « 500 signatures de M. Mélenchon, c’est son problème »... Puisque nous avions fait le choix de le soutenir en 2017, nous lui avions apporté beaucoup de signatures. Mais si nous présentons un candidat, nous n’allons pas nous occuper des parrainages de Jean-Luc Mélenchon, mais des nôtres.


La France insoumise a-t-elle quelque part participé à marginaliser le PCF ? Non, je ne dis pas ça. Quand on est marginalisé, il est trop facile de dire que c’est de la faute des autres. Il faut faire notre bilan.


 

Cette gauche en ordre dispersé se donne-t-elle une chance ? Le problème de la gauche n’est pas qu’elle soit représentée par différents courants, cela a toujours existé. Il est lié à la faiblesse de son propos. La gauche n’a plus fait rêver. La gauche a trahi. La gauche a déçu. Tant que les forces de gauche ne le diront pas aussi clairement que je le dis et qu’elles ne renoueront pas avec cette aspiration à défendre le peuple et le monde du travail, comme nous voulons le faire, elle sera toujours au ras des pâquerettes. La gauche, même additionnée, n’a jamais été aussi faible.

Je veux qu’on puisse dire, dans notre pays, que si la gauche arrive au pouvoir, le Smic va augmenter de 300 euros, les retraites vont augmenter, qu’on pourra partir plus tôt à la retraite, parce que c’est possible. On veut vivre mieux. Les discours de responsables de gauche, qui disent quand ils sont dans l’opposition qu’ils vont casser la baraque puis, une fois au pouvoir, que c’est compliqué, font du mal à la gauche.


 

Il faut aller chercher des voix chez les abstentionnistes ? Oui, c’est mon combat. L’objectif est de convaincre ceux qui sont en colère ou déçus. Je leur dis « Retrouvez goût à voter car sans vous, on ne rependra pas le pouvoir ». Ceux qui se détournent des urnes laissent le pouvoir à la finance. Il faut qu’ils reviennent dans la bataille.


 

Ça vous tente l’aventure présidentielle ? On ne se pose pas cette question… Je me bats ces derniers temps pour les salariés de Vallourec, Bridgestone, Airbus… Par un autre candidat ou par nous-mêmes, ces idées doivent être portées aux législatives et à la présidentielle. Je suis passionné, indigné. Je veux que cette question de la dignité humaine soit au cœur d’un projet de société. Voilà ce qui m’anime quand je me lève le matin. 


 

Propos recueillis par Florence Chédotal

 

Nice Matin

 

https://www.nicematin.com/politique/fabien-roussel-secretaire-national-du-pcf-evoque-une-candidature-de-son-parti-a-la-presidentielle-604674

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, évoque une candidature de son parti à la présidentielle

Le Parti communiste, qui fête cette année ses cent ans, devrait présenter un candidat à la présidentielle en 2022, après deux impasses en 2012 et 2017 où il s'est rangé derrière Jean-Luc Mélenchon. C’est ce que laisse entrevoir son secrétaire national...

Le Parti communiste français fêtera ses cent ans en décembre. À cette occasion, vient de sortir aux éditions du Cherche-Midi un ouvrage collectif qui retrace et analyse ce siècle d’existence, préfacé par Fabien Roussel, député du Nord et secrétaire national du PCF depuis fin 2018. Ce dernier martèle la vitalité de son parti.


Que reste-t-il, aujourd’hui, de l’idéal communiste de 1920? Un engagement toujours aussi fort, aussi combatif et aussi dur. Le capitalisme est toujours là, avec son cortège de pauvreté, de chômeurs et d’inégalités. Face à cela, les communistes, et d’autres, proposent un autre modèle de société, qui privilégie l’être humain et la planète.


Comment analysez-vous la perte d’influence du PCF à partir des années quatre-vingt? Si l’on faisait 16 % à l’élection présidentielle comme en 1981 [Georges Marchais, 15,35% au premier tour, ndlr], je signerais dès demain! La perte d’influence qui a suivi s’est traduite par des pertes pour le monde du travail. Elle a résulté des déceptions engendrées par la gauche, et nous avons participé à ces gouvernements de gauche qui ont pris le tournant de la rigueur à partir de 1983-1984. Le PS a tourné le dos à ses engagements et nous avons payé, avec lui, le prix de ces reniements. Nous avons, par ailleurs, fait le choix de ne pas être présents aux deux dernières présidentielles et cela a pu contribuer à ce que les Français pensent que nous n’étions plus présents dans le paysage politique. Nous avons pourtant de nombreux élus, des groupes à l’Assemblée et au Sénat. Être absent des échéances présidentielles a donné le sentiment que nous n’avions plus rien à dire. Or, nous avons des choses à dire.
"En 1981, c'est grâce au PCF que la gauche a gagné au second tour"


Par son côté pagnolesque, en étant parfois caricatural, Georges Marchais a-t-il fait plus de mal que de bien au PCF? Les Français conservent beaucoup de tendresse pour Georges Marchais. Ils l’appréciaient parce qu’il était sincère et leur ressemblait. C’était un homme du peuple, un ouvrier et il parlait comme eux. Je ne crois donc pas que son image ait affaibli le parti. En 1981, c’est grâce au PCF que la gauche a gagné au second tour.


Le PCF a-t-il payé une trop grande indulgence vis-à-vis du système soviétique? C’est vieux, ça. Ce n’est plus le sujet ! Georges Marchais est d’ailleurs le secrétaire national qui a mis de la distance avec Moscou. Et depuis, nous avons toujours défendu un communisme à la française, adapté aux réalités de notre pays. Dans ses combats internationaux, le PCF est le parti qui a combattu l’apartheid. Moi, j’ai adhéré pour libérer Nelson Mandela, quand personne ne s’en souciait encore vraiment. Le PCF s’est aussi battu contre la colonisation, la liberté et l’indépendance des peuples. Peu de partis ont cette histoire dans notre pays et nous en sommes fiers.
"Nous voulons avoir un candidat qui défende les premiers de corvée"


Comment expliquez-vous le déclin parallèle ces dernières années du PS et du PCF, alors que le premier s’est recentré et que le second est resté proche des classes populaires? Il faut relativiser notre baisse. Nous avons certes enregistré un score faible aux européennes [2,5 %, ndlr], mais il n’est pas significatif de notre influence. Celle-ci ne se mesure pas qu’à ces résultats-là. Nous avons 620 maires et près de 50.000 adhérents qui cotisent. Quel autre parti a encore cette implantation?


Comment expliquer alors que le PCF ait été cannibalisé par Jean-Luc Mélenchon ? Sans doute parce que nous avons fait le choix de nous effacer derrière sa candidature aux deux dernières présidentielles.


Et qu’allez-vous faire en 2022? Nous engageons le débat au sein du parti sur la possibilité de présenter un candidat à la présidentielle pour porter justement les espoirs du monde de travail, des premiers de corvée. Nous voulons avoir un candidat qui les défende, pour lutter contre les délocalisations et restaurer les services publics. Nous avons un processus démocratique de décision et celle-ci sera prise au printemps.
"Porter de pair l'urgence sociale et l'urgence climatique"


L’évolution du monde a-t-elle fait évoluer votre logiciel? Nous avons décidé de faire nôtre un slogan: l’humain et la planète d’abord. Nous voulons porter de pair l’urgence sociale et l’urgence climatique, mettre l’humain et la planète au cœur de notre projet de société. Ce sont les deux jambes sur lesquelles nous voulons marcher. L’une n’ira pas sans l’autre.


Vous avez manifesté contre le projet de loi de sécurité globale. Vous le jugez liberticide? Nous allons voir comment se déroule le débat, notamment les amendements à l’article qui vise à empêcher de diffuser des images de policiers. Si, comme le dit le ministre, il ne sera pas interdit de les filmer, alors il n’y aura pas de problème. Nous sommes aussi soucieux de protéger les policiers quand ils font l’objet d’appels au meurtre ou à la vengeance. Mais la presse, comme n’importe quel citoyen, doit pouvoir filmer.

Thierry Prudhon

 

 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 19:41
Signez pour l'initiative citoyenne européenne pour l'accessibilité du vaccin conte la Covid !
 
C'est une campagne soutenue par le PCF et ses partenaires aux niveaux de la gauche européenne. 
 
L'heure n'est plus aux profits et aux contrôles privés. Tout le monde a droit à un remède. La seule façon de surmonter cette pandémie est de trouver une solution collective, c'est-à-dire de faire des vaccins et des traitements anti-pandémie un bien public mondial, librement accessible à tous.
 
Rassemblons un million de signatures en Europe !
 
Le PCF, auxquels se sont joints «des associatifs, syndicalistes et douze autres partis politiques» européens, lance une campagne de signatures sur une année pour un vaccin ou traitement anti-Covid «accessible à tous» en Europe.
 
Le FIGARO, 30 novembre 2020 - LE PCF LANCE UNE CAMPAGNE EUROPÉENNE POUR UN VACCIN ACCESSIBLE A TOUS.

«Nous voulons recueillir un million de signatures dans sept pays», a indiqué Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, lundi lors d'une visio-conférence de presse, en précisant que c'était le seuil pour que la commission de Bruxelles soit «en devoir» de répondre à la pétition.

En France, le PCF table sur la signature de «150.000 personnes». La pétition #Right2cure et #PasDeProfitsurlaPandémie« sera accessible sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Intagram). «Aujourd'hui, le droit aux soins et à la santé est sacrifié sur l'autel de la rentabilité et du profit. Pour gagner contre cette pandémie, il est vital qu'un vaccin soit librement accessible à tous», fait valoir le PCF.

Selon Roussel, «il faut de la transparence sur le vaccin«, or «nous ne connaissons rien des négociations secrètes entre la Commission européenne et les six 'Big Pharma'», les multinationales« qui mettront les vaccins sur le marché. «On voit bien ce qui se trame, il faut se mobiliser pour un vaccin gratuit pour tous», a ajouté le Dr Patrick Pelloux, président de l'Association des urgentistes de France.

«Les travailleurs ne doivent pas payer pour cette pandémie», a affirmé Veda Polycarpou (parti progressiste des travailleurs de Chypre), «la vulnérabilité et la souffrance ne doivent pas devenir une source de profit», a ajouté Colm Gildernew (député Sinn Féin, d'Irlande du Nord).

En France, les autorités sanitaires ont recommandé lundi de vacciner en priorité les résidents des Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) contre le Covid-19. Selon le président Emmanuel Macron, la première étape de vaccination commencera «vraisemblablement dès la fin décembre, début janvier, sous réserve"

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 10:08

 

La pandémie et les conséquences désastreuses qui l’accompagnent dans le domaine économique social et humain ont mis en lumière le rôle irremplaçable du secteur associatif.

 

 

Ce secteur associatif intervient dans la vie quotidienne de millions de personnes, auprès de toutes les générations, dans une démarche d’éducation populaire et avec pour principe l’accès aux droits pour tous. Il agit dans de très nombreux domaines, le social, le médical, l’éducation, le sport, les loisirs, le tourisme, la culture et les spectacles, l’environnement…

Lors du premier confinement et dès celui d’octobre, la réactivité des associations pour secourir, sécuriser, protéger, aider a été saluée et nos concitoyens ont jugé leur action efficace pour répondre aux urgences liées à la situation.

Aux côtés du service public, le secteur associatif, riche de l’engagement de ses 13 millions de bénévoles et de ses 1,8 million de salariés, a rapidement pallié les défaillances de l’État. Pour autant, un pan du milieu associatif a subi un vrai coup d’arrêt, le sport, les loisirs, le tourisme, la culture, alors que les associations de lutte contre l’exclusion, du médico-social se sont retrouvées avec un surcroît d’activités, sans moyens supplémentaires.

Malgré une reconnaissance qui reste verbale et un soutien réel pour le moins timide de la part du gouvernement, les bénévoles et les salariés des associations redoublent d’une présence précieuse auprès des plus précaires et des plus pauvres, près de 10 millions en France.

Les fermetures d’entreprises, les licenciements se multiplient, la crise de la faim se double d’une crise psychologique. La situation est porteuse de lourdes inquiétudes et nécessite de rassembler toutes les forces pour y faire face. C’est avec l’engagement des personnels du service public, de l’hôpital, de l’école et avec l’apport du tissu associatif que s’est maintenue la cohésion nationale face aux carences de l’État et du gouvernement. Or, celui-ci s’entête à les priver des moyens indispensables à la conduite de leurs missions.

Pour les associations dont l’équilibre financier est souvent délicat et déjà fragilisé avant la crise, les conséquences de la politique du gouvernement ne se sont pas fait attendre. Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif, indique qu’à la rentrée 4 000 associations employeuses étaient menacées de disparaître et près de 30 000 au bord du dépôt de bilan. Au 1er semestre, une diminution de 3,5 % des effectifs a été enregistrée, soit 60 000 emplois.

Laisser faire serait mettre en cause de très nombreuses activités humaines, menacer des milliers d’emplois supplémentaires et ouvrir la porte à l’explosion des inégalités.

Les militants communistes, leurs élus savent à quel point le tissu associatif concourt au dynamisme des territoires et considèrent ses acteurs comme des partenaires essentiels à l’échelle des collectivités pour lutter contre les injustices sociales, économiques et animer le territoire.

Le secteur associatif, son organisation et son rayonnement, ses valeurs de solidarité et de partage constituent une véritable richesse, unique en Europe. Il résulte de conquêtes citoyennes et trouve son fondement dans la loi de 1901 qui a ouvert le droit et la liberté à toute personne de s’associer sans autorisation préalable. Cette loi est venue prolonger celle de 1884 qui a donné lieu à d’âpres combats et a abouti à la légalisation des syndicats. Autant de mobilisations victorieuses qui ont fait notre modèle de société et qu’il faut défendre face à un pouvoir qui encourage l’individualisme et met tout en œuvre pour restreindre les libertés.

L’existence des associations, c’est la possibilité pour des millions d’adhérents de pratiquer des activités de leurs choix, d’acquérir des compétences, de porter un projet collectif, de s’épanouir, et pour un coût d’adhésion avec lequel jamais le privé ne pourra rivaliser.

Fondées sur la recherche de l’émancipation et l’engagement citoyen, gérées selon la règle égalitaire « une personne une voix », les associations sont aussi historiquement des espaces, des écoles de la démocratie aujourd’hui menacées par les dérives autoritaires du pouvoir, comme le montre la récente étude de l’Observatoire des libertés associatives dans lequel est engagé le CNRS.

Elles sont donc des structures à défendre contre l’offensive libérale et un enjeu pour les communistes dans la rencontre de milliers et de milliers de femmes et d’hommes engagé·e·s.

Marie-Jeanne Gobert, membre du CEN, responsable des relations avec les associations.

 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 06:50

 

Alors que l’opposition au projet dit de « Sécurité globale » trouve un très large écho dans le pays et que l’insupportable violence policière qui s’est abattue sur Michel Zecler provoque une lame de fond d’indignation et de colère, le président de la République et le gouvernement, confrontés à une véritable crise politique, ne peuvent se contenter de déclarations. Aujourd’hui, seul le retrait pur et simple du texte dit de « sécurité globale » est en mesure de répondre à la situation et à un climat particulièrement préoccupant et dangereux.

 

 

Avec l’article 24 de ce projet de loi, Michel Zecler, dont les images du tabassage n’auraient pu être diffusées, serait très certainement poursuivi pour « rébellion » ou « violence à l’égard de fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique ». Ce jour, en milieu d’après-midi, la majorité parlementaire a décidé de suspendre l’article 24, ce qui constitue une première victoire pour le mouvement populaire et un premier recul pour le pouvoir. C’est l’ensemble du texte qui doit désormais être rejeté, au regard des atteintes graves qu’il porte en matière de liberté d’informer et de savoir, de liberté d’expression, de liberté de manifester, de processus de privatisation des missions de sécurité, alors qu’une politique publique ambitieuse est plus que jamais nécessaire. La France n’est plus elle-même, son image à l’étranger est profondément abîmée avec une telle surenchère autoritaire, les dérives liberticides, la loi de l’arbitraire. D’autres textes (nouveau Schéma national du maintien de l’ordre, Livre blanc sur la sécurité intérieure, projet de loi « confortant les principes républicains » – en particulier concernant ce dernier, nous nous opposons à ce que son article 25 soit l'occasion de reprendre les dispositions de l’article 24 sur la « sécurité globale ») dessinent un horizon lourd de menaces pour notre Etat de droit.
Le droit à la sécurité pour toutes et tous est un impératif démocratique, une garantie essentielle pour les droits humains. Il y a donc urgence à procéder à une refondation pour une police respectueuse des valeurs républicaines, au service et proche des citoyens. Alors qu’Emmanuel Macron et les membres du gouvernement se refusent toujours à parler de « violences policières », qui ont dramatiquement marqué la répression des mouvements sociaux et populaires des dernières années, il faut agir pour y mettre fin, ne plus accepter les provocations du ministre de l’Intérieur et du préfet de Police de Paris. L’IGPN doit être remplacée par un contrôle démocratique.
Il y a urgence à reconstruire le lien de confiance entre police et citoyens par la création d’une véritable police nationale de proximité, répondant aux attentes et aux besoins des populations, comme le propose une proposition de loi déposée en septembre 2017 par le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste au Sénat. La formation initiale, trop courte, et la formation continue, qui doit être élargie à plus de bénéficiaires, sont à rebâtir. Les brutalités et les violences policières, le racisme et toutes les formes de discriminations, les manquements à la déontologie et à une indispensable exemplarité, portent un très lourd préjudice à notre pacte républicain.
Le PCF apporte son soutien aux fonctionnaires de police qui, dans des conditions difficiles, avec une dégradation continue de leurs conditions de travail au cours des dernières années, face à une pression de plus en plus dure, au nom de la politique du chiffre et d’une politique de répression, maintiennent une action respectueuse de nos principes républicains en assurant des missions de sécurité et de tranquillité publiques.
Une Police nationale de proximité, proche des citoyens, eux-mêmes associés à ces enjeux, travaillant avec les différents partenaires à l’échelle des territoires, avec les moyens dont elle n’a jamais bénéficié à ce jour, sera l’une des priorités du PCF qui présentera, dans les prochains jours, un plan d’action pour une politique progressiste de sécurité.

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 08:51
Photo de la manif du 28 novembre contre la loi Sécurité Globale à Paris (page facebook de Benjamin Amar, dirigeant de la CGT et du PCF)

Photo de la manif du 28 novembre contre la loi Sécurité Globale à Paris (page facebook de Benjamin Amar, dirigeant de la CGT et du PCF)

Une marée humaine pour défendre la démocratie ce samedi 28 novembre ...

600 manifestants à Morlaix, + 200 le samedi matin

+ 500 à Saint-Malo

Près de 7000 à Rennes

+ 5000 à Brest

3500 à Lorient

2000 à Vannes

10 000 à Nantes

3 500 à Tours, 1000 à Laval, 13 000 à Lyon, 6000 à Bordeaux, 5000 à Montpellier

200 000 à Paris, etc...

Loi "sécurité globale". 500 000 personnes défilent pour défendre les libertés
Samedi 28 Novembre 2020 - L'Humanité

À l’appel de la coordination « Stop loi Sécurité globale », 200 000 personnes ont manifesté à Paris contre la législation liberticide du gouvernement et ses dérives autoritaires. 

 

« Flou à lier » ; « Police criminelle est un pléonasme » ; « Le véritable virus s’appelle Darmanin, Lallement »… À l’appel de la coordination « Stop loi Sécurité globale », composée de syndicats de journalistes, d’associations de défense des droits humains, 200 000 personnes ont rivalisé d’inventivité à Paris, ce 28 novembre, pour dénoncer la loi sécurité globale et la dérive autoritaire du pouvoir. Dès 13 heures, un groupe de gilets jaunes a occupé la place de la République en scandant : « Liberté ! Liberté ! »

Un slogan qui a retenti partout en France : des milliers de personnes ont battu le pavé, comme à Lyon (13 000), Bordeaux (6 000), ou encore Montpellier (5 000). Au total, les organisateurs ont compté plus de 500 0000 manifestants réunis dans plus de 100 rassemblements à travers le territoire.

Place de la République donc, Mélanie et Laura, étudiantes à la Sorbonne, s’impatientent de voir la manifestation commencer. « Elle a bien failli ne pas avoir lieu ! Vous vous rendez compte, ils ont voulu nous empêcher de manifester alors qu’on dénonce les restrictions de toutes nos libertés », lâche la première, remontée contre le préfet de police Didier Lallement qui souhait interdire le défilé. Le tribunal administratif de Paris a finalement cassé cette décision, vendredi. « Depuis les manifs des gilets jaunes, on veut nous empêcher de manifester. Désormais, Darmanin veut nous dissuader de filmer la police. Cette loi me fait très peur, ce n’est pas le pays dont je rêve », abonde son amie, en regardant, l’air dépité, l’impressionnant dispositif policier. Des camions de CRS et de gendarmerie ont été déployés tout le long du boulevard du Temple, reliant la place de la République à la place de la Bastille, point d’orgue de la mobilisation.

Comme lors de précédents rassemblements, les manifestants réclament le retrait des articles 21, 22, et du très contesté article 24 de, qui prévoit de pénaliser la diffusion d’images de policiers, ainsi que l’abandon du nouveau Schéma national du maintien de l’ordre. « Cette loi est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, tance Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. C’est un pas de plus qui est franchi dans l’attaque de nos libertés individuelles et collectives ». Dans le cortège, des citoyens témoignent de leur inquiétude quant à la dérive autoritaire du pouvoir, qui pourrait pénaliser tous ceux qui filment ou font circuler sur les réseaux sociaux des images de violences policières. «Si on ne peut plus filmer, qui va nous protéger des violences policières ? » demande Maimouna, 19 ans. 

Les images de Michel Zecler, ce producteur de musique sauvagement tabassé et traité de « sale nègre » par quatre policiers cette semaine, étaient dans toutes les têtes. « S’il n’y avait pas eu d’images, il serait certainement en prison. Qui l’aurait cru face à la parole de trois policiers ? Personne ! Depuis des années, on parle de violences policières, Adama, Théo, Cédric Chouviat, et les vidéos ne suffisent pas à condamner les policiers », s’indigne la jeune femme qui a vu la diffusion du tabassage via Loopsider. Micro en main, Assa Traoré, la sœur d’Adama, a lancé, sous les applaudissements de la tête du cortège : « Il faut élargir le combat. Il faut interdire les violences policières, il faut que la France assume [le fait] qu’il y a du racisme dans la police. Arrêtons l’hypocrisie, ça se passe comme ça depuis des années dans nos quartiers. Certains n’ont pas eu le temps de sortir leur téléphone. »

Non loin de la place de la Bastille, vers 16 heures, la tension est montée d’un cran entre une poignée de protestataires vêtus de noir qui a brûlé du mobilier urbain et les forces de l’ordre. Les organisateurs de la marche ont enjoint à ne « pas casser », à ne « pas braquer cette manifestation dans laquelle (étaient) présentes de nombreuses familles. »

Face à un gouvernement qui fait mine de poursuivre une concertation pourtant au point mort, la coordination  « Stop loi Sécurité globale » en appelle  au président de la République pour qu'il "entende le peuple, descendu dans la rue en masse, pour défendre les libertés, toutes les libertés."

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 18:47
Crise sanitaire. Comment notre société peut-elle vivre avec cette pandémie ? (4)
Jeudi 26 Novembre 2020 - L'Humanité

rappel des faits Depuis presque un an, le monde, confronté à l’épidémie de Covid-19, doit relever de nombreux défis, notamment démocratiques, humains et sociaux.

 

tous les coups sont permis

Dominique Noguères Vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme

-
Au printemps, pendant le premier confinement, nous avions déjà vu se dessiner un avenir bien sombre avec des reculs importants de nos droits. L’état d’urgence sanitaire, qui en suivait un autre, a continué de mettre la population sous le boisseau de décisions gouvernementales plus autoritaires les unes que les autres. Sans revenir sur la nécessité de nous protéger, force est de constater que la machine s’est emballée au point de nous mettre en cette fin d’année dans une situation inédite de recul de nos libertés. Les exemples ne manquent pas, hélas. Outre le fait que la vie associative, militante, syndicale est malmenée par les contraintes imposées par la circulation du virus, les imprécisions, les hésitations, les discours guerriers du gouvernement contribuent à générer au mieux un état de sidération, au pire une inquiétude entraînant un repli sur soi, la peur de l’autre, malgré des élans de solidarité inédits. Le travail de sape de certains médias, les discours haineux et provocateurs diffusés à longueur de journée par de soi-disant experts sur des chaînes d’information continue contribuent à alimenter une ambiance malsaine. Les difficultés rencontrées pendant cette période de pandémie ne doivent pas permettre que soient sacrifiés les principes fondamentaux d’un État de droit. On nous ressort l’immigration, cause de tous les maux, une antienne qui revient comme à chaque fois que la situation est tendue. Les affirmations les plus fantaisistes et nullement étayées se répandent, qui contribuent à maintenir une population sous la menace d’une invasion et pire encore sous celle de migrants qui viendraient prendre leurs droits.

Et c’est aussi la loi sur la sécurité globale qui, bien loin de protéger, mettra toute la population sous surveillance. Des journalistes ou tout simplement des citoyens qui veulent témoigner sur des violences policières sont menacés de fortes amendes ou de peines de prison. Les risques d’autocensure sont énormes. Une réforme profonde des missions des polices municipales et des entreprises de sécurité privées et le recours aux drones et aux caméras couronnent le tout. Plus récemment, c’est une ordonnance pénale du 18 novembre 2020 qui ne permettra pas à la justice d’être rendue sereinement et équitablement par le non-respect du contradictoire, par le recours au juge unique, par la visioconférence imposée. Alors que dans ces périodes si troublées c’est plutôt l’apaisement qui devrait être la priorité du gouvernement, c’est en fait une fuite en avant sécuritaire et autoritaire qui se met en place, dont on se demande où elle s’arrêtera. L’inquiétude est grande de voir un jour tomber toutes ces mesures liberticides en de mauvaises mains. Elles nous sont présentées comme des mesures de sécurité sanitaire, mais nous n’avons aucune certitude sur leur utilisation future. Pour exemple, après l’état d’urgence lié aux attentats terroristes, la plupart des mesures spéciales ont été intégrées dans le corpus législatif. En sera-t-il de même après la fin de l’état d’urgence sanitaire ? Si nous sommes tous demandeurs de sécurité, cela ne peut être au détriment de notre sûreté et de nos droits. L’État de droit et nos libertés sont trop importants pour qu’ils soient ainsi malmenés. Alors, pandémie ou pas, pour continuer à vivre au mieux malgré les difficultés quotidiennes, ne perdons ni nos valeurs ni nos convictions, faisons-les vivre par tous les moyens en notre possession, tous les jours sans répit.

Le projet de loi sécurité globale est un danger

Céline Verzeletti Secrétaire confédérale de la CGT

-
Les mesures prises durant la crise sanitaire ont eu un impact considérable sur l’organisation et les conditions de travail, sur les droits des travailleur·ses, leurs libertés individuelles et collectives, ainsi que sur leur situation sanitaire et sociale. Pendant les confinements, des salarié·es du secteur privé ou public ont travaillé dans des conditions extrêmement dégradées. Cela a parfois eu des conséquences sur leur santé : certains ont été contaminés, sont tombés malades, et parfois même en sont malheureusement décédés. D’autres ont perdu par la suite leur travail, ce qui a engendré une paupérisation intense des personnes et des familles. Ces situations ont eu un impact négatif direct ou indirect sur la santé mentale des salariés, des précaires, des intérimaires, des privés d’emploi, des autoentrepreneurs, des indépendants, des commerçants et des artisans. Certains d’entre eux n’ont pas pu bénéficier du chômage partiel. De nombreux étudiants salariés ont perdu leur travail et se sont retrouvés piégés dans un abîme social effrayant. La non-gestion de la crise sanitaire, les privations de libertés n’ont pas suffi au gouvernement. Ce dernier a adopté, par voie d’ordonnances et de décrets, une série de mesures dérogatoires au droit du travail pour une durée parfois indéterminée, via l’état d’urgence sanitaire. Les employeurs ont ainsi pu imposer ou modifier la prise de jours de congé ou de repos, déroger au repos hebdomadaire et dominical, allonger unilatéralement la durée du travail, différer le versement de certaines rémunérations, suspendre l’élection des représentants du personnel dans les entreprises, ou encore s’exonérer de certaines obligations de suivi médical.

Le coup porté par le gouvernement et le patronat est un double coup de massue : une estocade ! Pourtant, l’état d’urgence dit sanitaire ne s’imposait pas, les mesures sanitaires pouvaient être prises par les dispositions du Code de la santé publique. Au lieu de déroger au Code du travail, il fallait, à l’inverse et dans l’urgence, renforcer les droits des travailleur·ses et de toute la population, accorder immédiatement des aides massives à toutes les personnes en grande précarité et revaloriser tous les métiers d’utilité sociale. Cette option ne fut pas celle du gouvernement. Au lieu de continuer à supprimer des lits d’hôpitaux, le gouvernement devait investir dans le service public de la santé, les services publics en général pour lutter contre toutes les paupérisations. L’ensemble des inégalités ont augmenté durant la crise. C’est inacceptable. Au lieu de profiter de la crise sociale et sanitaire pour nous évincer, toutes et tous, de nos droits les plus fondamentaux, le gouvernement a le devoir de nous assurer une qualité de vie sociale et démocratique. En portant atteinte aux libertés, dont celle de la presse, il assombrit la démocratie. Le projet de loi sécurité globale est un vrai danger et ne doit plus être, tout comme celui portant sur le séparatisme. Oui, le gouvernement assombrit les fondements mêmes de notre République, il divise et tente de nous réduire à l’état d’objet. Ne cédons rien, ne lâchons rien ! Nous sommes sujets, et c’est bien en tant que sujets libres et citoyens que nous pourrons vivre avec cette pandémie. C’est parce que nous resterons libres et solidaires que nous resterons vivants et dignes !

sortir le capitalisme et saisir l’alternative

Alain Bihr Sociologue, professeur honoraire de sociologie à l’université de Bourgogne-Franche-Comté

-
Comment notre société peut-elle vivre avec cette pandémie ? La réponse est en partie comprise dans la question, à condition d’inverser l’adjectif qui qualifie « notre » société. C’est précisément parce qu’elle est inhumaine qu’elle peut continuer à survivre (mais non pas vivre) avec cette pandémie. En contraignant bon nombre de ceux qui ont un emploi à continuer à se rendre sur leurs lieux de travail, au risque d’une contamination ; en en contraignant d’autres à transformer une partie de leur logement en annexe de « leur » entreprise. En précipitant des centaines de milliers de titulaires d’emplois précaires dans le chômage, source d’angoisse et menace d’appauvrissement. En interdisant aux uns et aux autres toute sortie qui ne soit pas strictement fonctionnelle. En nous privant tous et toutes de la joie de retrouver nos proches, parents et amis, d’échanger avec eux poignées de main et embrassades, repas et conversations. En nous tenant à l’écart des restaurants, cinémas, salles de concert, musées, terrains de sport, etc. En transformant l’espace public en cette scène où ne figurent plus que des visages masqués, anonymes, sans expression, fantomatiques. Mais, dans une société capitaliste, pour la dénommer proprement, l’essentiel n’est pas là. Il s’agit moins de sauver des vies humaines et encore moins ce qui rend la vie humaine que les conditions qui rendent possible la poursuite de la valorisation et de l’accumulation du capital, fût-ce à moindre échelle et à un rythme ralenti. Ce que « nos » gouvernants et les médias nomment « l’économie ». Et, sous ce rapport, la pandémie n’est pas une si mauvaise affaire : par la brusque montée du chômage, elle dégrade encore un peu plus le rapport de forces entre travail et capital en accroissant, demain plus encore qu’aujourd’hui, la concurrence entre celles et ceux qui ont un emploi et celles et ceux qui n’en ont pas. Quant au surcroît d’endettement public rendu nécessaire par le « sauvetage de l’économie », « nos » gouvernants comptent bien sur les contribuables pour en supporter la charge finale. Et, chacun·e ainsi confronté·e plus que jamais à la hantise du lendemain, les voix seront encore plus faibles pour rappeler que c’est cette même « économie » qui, par ses débordements inconsidérés sur des milieux naturels, engendre depuis quatre décennies ces zoonoses à répétition, dont la pandémie actuelle n’est que la dernière en date… en attendant les prochaines.

Le tableau précédent serait cependant désespérant s’il n’était unilatéral. Car, au cœur de la pandémie, quelques indices forts ont fait signe en direction d’un autre monde possible. Des solidarités locales ont permis, dans les banlieues urbaines aussi bien qu’au fin fond des campagnes, que les plus démuni·es et les plus isolé·es puissent ne pas succomber, matériellement ou psychiquement. La réduction de « l’économie » à la production des biens et services de première nécessité a mis en évidence l’inutilité, voire la nocivité d’une bonne partie de tout le reste, partant la possibilité mais aussi la nécessité d’une réduction substantielle du temps de travail, que l’emploi de tous et de toutes pourrait comprimer davantage encore. La pandémie a de même mis en évidence la priorité absolue d’assurer à chacun·e ces équipements collectifs et services publics que sont le logement, l’éducation, la santé, la culture, tous malmenés par des décennies d’austérité néolibérale. Sans compter l’accablant spectacle de l’incurie et du cynisme de la gestion de la pandémie et de ses suites par « nos » gouvernants. Alors, qu’attendons-nous pour les congédier et prendre nos affaires en main ?

De la démocratie sanitaire

Texte collectif

La santé est devenue un principe supérieur de nos sociétés, au point même que le président de la République, pourtant préoccupé par les enjeux économiques, a pu s’engager à la protéger, « quoi qu’il en coûte ». Mais de quelle santé parle-t-on ? Si l’on reprend en effet la définition de l’OMS, la santé « est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Elle s’inscrit donc dans un ensemble d’enjeux sociaux que la gestion de crise a réduit à la lutte contre l’épidémie sans autre considération. Et cette lutte contre l’épidémie s’est elle-même resserrée autour de la gestion des soins hospitaliers, et, plus encore, des lits de réanimation, au sein des services qui traitent les formes les plus sévères – mais minoritaires – de ­Covid-19. Tout est fait pour protéger les hôpitaux, présentés comme la dernière digue pour protéger le système de santé dans son ensemble, au risque d’oublier le rôle central de la prévention et de la promotion de la santé dans ses multiples dimensions. Mais, autant au printemps l’urgence et les incertitudes entourant la maladie pouvaient justifier une telle focale, autant celle-ci mérite d’être interrogée aujourd’hui dans la deuxième vague, alors que l’on en sait plus sur les effets délétères des mesures de gestion de crise, en particulier du confinement. Des associations de patients et des professionnels de santé alertent sur les conséquences sanitaires dramatiques des retards, voire des arrêts de dépistage et de prise en charge de certaines pathologies. Les hôpitaux connaissent des tensions internes beaucoup plus importantes, car les professionnels, dans un contexte de ressources contraintes, ne sont plus d’accord pour privilégier systématiquement les patients atteints du Covid au détriment des autres. Plus largement, les associations caritatives alertent sur l’augmentation de la pauvreté (dont on connaît les effets délétères sur la santé), la malnutrition ou encore l’augmentation des violences conjugales quand les psychologues et les psychiatres s’alarment de l’accroissement et de l’aggravation des troubles psychiques. Bref, si la pandémie de Covid-19 est à bien des égards une crise de la santé publique, mettant en lumière le poids considérable des inégalités sociales de santé, il est à craindre que les mesures prises aujourd’hui ne conduisent à d’autres crises de santé publique tout aussi graves. Pour faire ces choix politiques difficiles mettant en balance les malheurs d’aujourd’hui et ceux de demain, il est essentiel d’impliquer les forces démocratiques. Or, le gouvernement s’est enfermé dans une gestion élitaire et verticale de la crise, en donnant à un Conseil scientifique, créé ex nihilo, une place centrale dans la gestion de la première vague et aux délibérations secrètes du Conseil de défense le soin de gérer la deuxième vague. De nombreux parlementaires se sont émus récemment de l’absence de débat démocratique dans l’Hémicycle à propos des choix de société cruciaux que soulève cette pandémie. Nombreux sont également les acteurs de la santé communautaire, associations, professionnels de la santé publique et responsables de collectivités locales à se plaindre ne pas avoir été associés aux décisions malgré leur expertise et leurs réseaux d’acteurs de terrain. Ils jouent et pourraient jouer un rôle primordial dans la prévention, la promotion de la santé et la réduction des risques, autant de stratégies de santé publique plus efficaces que la communication archaïque fondée sur la peur et la stigmatisation qui nous est proposée aujourd’hui. Ce n’est pas d’une loi de « sécurité globale » que notre pays a besoin aujourd’hui, mais d’une politique de « santé globale ».

Signataires : Henri Bergeron, directeur de recherche au CNRS, Olivier Borraz, directeur de recherche au CNRS, Patrick Castel, chargé de recherche à la FNSP, coauteurs de Covid-19 : une crise organisationnelle (Presses de Sciences-Po), et Étienne Nouguez, chargé de recherche au CNRS. Tous travaillent au Centre de sociologie des organisations de Sciences-P

Crise sanitaire. Comment notre société peut-elle vivre avec cette pandémie ? - Contribution de Dominique Noguères, Céline Verzeletti, Alain Bihr (L'Humanité, 26 novembre)
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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 06:25

Macron n'est plus crédible. Il est responsable de la situation sociale de notre pays.

Fabien Roussel invité de Caroline Roux, les 4V du jeudi 26 novembre 2020

Il n'y a pas besoin de jouer au Cluedo pour savoir qui est le responsable de ces crimes industriels (Fabien ROUSSEL)
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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 16:49
Sécurité globale / Marche des libertés : Le préfet Lallement doit lever l'interdiction partielle et garantir le droit à manifester (PCF)
 
 
Sécurité globale / Marche des libertés : Le préfet Lallement doit lever l'interdiction partielle et garantir le droit à manifester (PCF)
 
 
La proposition de loi sur la "sécurité globale" suscite une opposition de plus en plus large, en France, en Europe et dans le monde.
 
Des dizaines de milliers de personnes ont déjà manifesté avec nous contre ce projet dans tout le pays ces derniers jours, en particulier mardi 17 et samedi 21 novembre. Avant-hier à l'Assemblée nationale, si le texte a été adopté en première lecture, cette adoption a vu l'opposition de 104 parlementaires qui ont voté contre, dont l'ensemble des députés communistes du groupe GDR.
 
La Défenseure des droits, autorité indépendante, a souligné dans son avis du 5 novembre que cette loi contient d'immenses risques d'atteintes au droit au respect de la vie privée, d'obstacles au contrôle des forces de sécurité, de non-respect du principe de légalité des délits et des peines et d'atteintes aux libertés d'information et de communication, d'atteintes aux principes constitutionnels d'égalité devant la loi, de
nécessité des peines, de proportionnalité et d'individualisation des
peines.
 
En particulier, si l'article 24 était en application, combien de cas de violences policières auraient été passés sous silence ? Le refus du gouvernement de se mobiliser contre les violences d'une minorité d'agents porte atteinte à l'ensemble des forces de l'ordre. Hier soir encore, un producteur de musique s'est fait littéralement tabasser par trois policiers. Pendant de longues minutes, il a subit coups et insultes racistes. Un tel acharnement est indigne d'une police républicaine.
 
Trois rapporteurs spéciaux de l'Onu ont clairement indiqué, dans leur rapport du 12 novembre, craindre que « l'adoption et l'application de cette proposition de loi puissent entraîner des atteintes importantes aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ».
 
Aussi, de nombreux syndicats et associations ont appelé à manifester une nouvelle fois à Paris et partout en France, ce samedi.
 
Dans ce contexte, l'interdiction partielle de la Marche des Libertés prévue à Paris est scandaleuse.
 
Alors que les organisateurs ont appelé les participant.e.s à respecter les gestes barrières, la distanciation physique et le port obligatoire du masque, cette interdiction prend prétexte de la situation sanitaire
et du risque terroriste pour porter une nouvelle atteinte au droit constitutionnel de manifester, garanti par l'article 10 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen.
 
Pour le PCF, cette décision du préfet de Police de Paris participe d'une surenchère autoritaire inacceptable. Le préfet Lallement doit lever l'interdiction partielle et garantir, comme sa fonction lui en fait
devoir, le droit de manifester.
 
La doctrine du maintien de l'ordre doit en outre être profondément révisée pour mettre un terme à des pratiques qui, loin de garantir l'ordre public, participent d'une stratégie de la tension qui encourage
les violences, met en danger la sécurité des manifestant.e.s, et creuse le fossé entre les citoyen.ne.s et la Police.
 
 
Paris, le 26 novembre 2020
 
Parti communiste français.

 

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 07:31
Ian Brossat Porte-parole du PCF, adjoint à la maire de Paris

Ian Brossat Porte-parole du PCF, adjoint à la maire de Paris

Ian Brossat : « Toutes les bornes ont été franchies lundi soir »
Mercredi 25 Novembre 2020 - L'Humanité

L’élu parisien dénonce les violences et l’autoritarisme du gouvernement, et propose des solutions d’hébergement pour les réfugiés en Île-de-France.

 

Ian Brossat Porte-parole du PCF, adjoint à la maire de Paris

Comment avez-vous vécu l’évacuation violente de la place de la République ?

Ian Brossat Il faut d’abord se replacer dans le contexte, et resituer les responsabilités des uns et des autres. Ces réfugiés sont les recalés de l’évacuation du 17 novembre à Saint-Denis. L’État ne les a pas pris en charge au moment de cette opération bâclée et particulièrement chaotique. Depuis, ils passaient leur temps à errer dans le Nord-Est parisien et dans les rues de la Seine-Saint-Denis, avec un harcèlement policier visant à les empêcher de poser leurs tentes, même pour se reposer quelques heures. Un certain nombre d’entre eux, avec des associations, ont donc organisé ce campement place de la République pour attirer l’attention sur leur situation. Au lieu de les prendre en charge, l’État a décidé de sonner la charge avec de très nombreuses violences : des réfugiés agressés, des journalistes molestés, les tentes confisquées, les élus, y compris ceux de Paris, nassés. Des violences manifestes, et totalement inacceptables. Ces réfugiés sont des demandeurs d’asile, et ils l’obtiendront pour une bonne part. En attendant, ils ont été doublement punis : la semaine dernière, lorsqu’ils n’ont pas été pris en charge, et lors de l’évacuation de la place de la République.

Que proposez-vous pour répondre à leur situation ?

Ian Brossat Dans l’urgence, il faut les héberger. Aujourd’hui, ils ne peuvent être ni dedans, puisqu’ils n’ont pas d’hébergement, ni dehors parce qu’on ne les laisse pas s’installer sur le bitume pour poser leurs tentes. C’est une situation invraisemblable. La Ville de Paris a fait des propositions à l’État, que j’ai transmises vendredi 20 novembre au préfet de la région Île-de-France. Je lui propose de mobiliser deux centres des congrès actuellement vides : le parc des expositions de la porte de Versailles et l’Espace Champerret dans le 17e arrondissement. Il s’agit de dizaines de milliers de mètres carrés qui nous permettraient d’éviter les campements. La maire de Paris a également exprimé au gouvernement son souhait de mobiliser ces deux sites.

Si ces solutions lui sont proposées, pourquoi l’État a-t-il réagi violemment, selon vous ?

Ian Brossat Le gouvernement déploie une forme d’autoritarisme, alors même que ses moyens et son énergie devraient servir à héberger ces réfugiés. Les forces de l’État sont, elles, mobilisées pour les harceler. Il fait l’inverse de ce qu’il devrait faire. Nous sommes confrontés à un gouvernement qui s’aligne sur les positions de la droite et de l’extrême droite en matière migratoire.

Gérald Darmanin a jugé les images « choquantes » . Vous y étiez. Qu’en pensez-vous ?

Ian Brossat Ce ne sont pas les images qui sont choquantes. Elles reflètent la réalité, et c’est elle qui est choquante. Assez ironiquement d’ailleurs, cela apporte au ministre de l’Intérieur la démonstration de l’utilité de ces vidéos qu’il voudrait interdire. Si elles n’existaient pas, le ministre n’aurait pas réagi et demandé une enquête. Je ne sais pas ce que cela donnera mais je vois beaucoup de gens s’indigner depuis lundi soir. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Toutes les limites, toutes les bornes ont été franchies. Ce gouvernement représente un risque pour les libertés publiques.

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