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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 14:00
Présidentielle. Les communistes entrent dans l’arène - L'Humanité, 10 mai 2021
Présidentielle. Les communistes entrent dans l’arène
Lundi 10 Mai 2021 - L'Humanité

À 72,40 %, les adhérents du PCF ont opté pour présenter leur propre candidature en 2022. Fabien Roussel propose un « pacte national pour le monde du travail, pour notre jeunesse ».

Cette fois, c’est officiel, Fabien Roussel est candidat à l’élection présidentielle. Une première pour les communistes depuis quinze ans. « Je suis enthousiaste de mener – avec vous, pour vous – la bataille de l’élection présidentielle et des législatives de 2022, afin d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire commune, afin de construire réellement, concrètement, cette France des “jours heureux” ! » a lancé le secrétaire national du PCF à l’issue du vote des militants communistes, qui lui ont confié l’investiture ce week-end. Entre vendredi et dimanche, ils sont 69,45 % des 43 473 adhérents à jour de cotisation à avoir participé à ce scrutin sur leur stratégie en 2022. 72,40 % se sont prononcés en faveur de la première des deux options qui étaient sur la table. Celle-ci compte non seulement une candidature communiste à la présidentielle, mais elle engage également le PCF à travailler à un « pacte d’engagements communs » incluant « des mesures immédiates, des propositions structurelles, appuyant les luttes, pour constituer une majorité de gauche à l’Assemblée nationale ».

Lire aussi : Les communistes veulent bâtir les « Jours heureux du XXIe siècle »

En attendant, c’est aux Français que le député du Nord a proposé, dimanche, « de forger, de sceller un pacte national pour le monde du travail, pour notre jeunesse » : « Oui, cette crise nous impose de nous unir, de reprendre en main notre destin, de reprendre le pouvoir aux multinationales, aux banques et assurances. Il est là, l’enjeu de cette élection. Et ce doit être la priorité de la gauche. C’est la mienne », a-t-il déclaré répétant qu’il ne se « résou(t) pas au scénario malsain d’une élection présidentielle figée dans un duo entre le président actuel et l’extrême droite ».

Après des mois de débat, le candidat appelle à l’unité de sa formation

La seconde option soumise aux communistes, qui privilégiait une candidature commune avec les autres forces de gauche politiques, sociales et citoyennes « dans la clarté d’un projet de rupture », a finalement recueilli 23,13 %. Ses partisans prennent « acte » mais veulent croire que le débat n’est pas définitivement clos. « Pour beaucoup de camarades, c’était plus un vote anti-Mélenchon ; or, ce n’est pas le sujet. La question, c’est le risque d’un second mandat Macron et une vraie menace de l’extrême droite. On sera à nouveau amenés à se poser la question de comment éviter le pire, le risque fasciste, il faut appeler un chat un chat », estime Robert Injey, membre du conseil national du PCF, assurant pour autant ne pas avoir « entendu de camarades dire qu’ils vont quitter le Parti ou faire campagne pour quelqu’un d’autre ».

Après des mois de débat, c’est aussi à l’unité de sa formation qu’a appelé Fabien Roussel. « Notre force, la force du projet que nous voulons faire gagner pour la France, passera par la mobilisation de vous toutes et de vous tous », leur a-t-il adressé, dimanche, avant de décliner les nombreux chantiers qu’il entend ouvrir. S’il a évoqué l’Europe, la paix ou encore l’agriculture, c’est avant tout à « être le candidat du monde du travail et de la création » qu’aspire le parlementaire. De la hausse des salaires à l’interdiction des délocalisations, il a appelé, dimanche, dans son premier discours de candidat, à renvoyer « tous les apôtres de l’argent roi rejoindre les aristocrates du passé » et à reprendre « ce pouvoir qui nous appartient et qui n’aurait jamais dû nous échapper ».

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 13:57
Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle. Franc-parler et lutte des classes - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 10 mai 2021
Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle. Franc-parler et lutte des classes
Lundi 10 Mai 2021

Le député du Nord et secrétaire national du PCF a été désigné à 82,36% par les adhérents du PCF pour être le candidat communiste à l’élection présidentielle. Il assure qu’il sera le candidat du monde du travail et de la jeunesse, en remettant les urgences sociales au cœur du débat. Portrait.

 

«La France ne manque pas de moyens, loin de là. Mais ils ne profitent qu’à une minorité. Une infime minorité qui prospère insolemment. Ce sont eux les véritables assistés de la République ! » En quelques mots, devant un congrès qui vient de l’élire à la tête du PCF, Fabien Roussel désigne la cible.

On est en novembre 2018, Emmanuel Macron s’apprête à entériner un nouveau « budget des riches », les gilets jaunes frappent à la porte et les blouses blanches crient déjà leur désarroi. Trois ans et une pandémie plus tard, les communistes ont à nouveau voté, et leur secrétaire national a désormais un nouveau défi à relever : se lancer dans la course à l’Élysée.

Icon Quote Il fallait un nouveau visage pour porter notre message, un langage qui imprègne.  André Chassaigne, député PCF

«Il fallait un nouveau visage pour porter notre message, un langage qui imprègne», raconte le député André Chassaigne, qui figure parmi ceux qui ont soutenu dès le départ sa candidature. À l’heure d’entamer la campagne, le principal intéressé jure ne pas y avoir pensé tous les matins en se rasant : « On ne décide pas d’être candidat à la présidentielle, c’est un cheminement au fil des rencontres », assure-t-il.

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Icon World Carte interactive. Une analyse géographique du vote interne des adhérents du PCF sur la stratégie pour l'élection présidentielle

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S’il relève le gant, déterminé à « aller jusqu’au bout », c’est pour « redonner espoir » à tous ceux qu’il a vus dans son « tour de France des entreprises », entamé voilà deux ans. « L’énergie, je la trouve dans les témoignages que je recueille, dans les coups de colère que j’entends. Le dernier qui m’a saisi, c’est à Caudan, à la Fonderie de Bretagne. »

Porte-parole de la France qui souffre

Là, les salariés, qui fabriquent des pièces pour Renault, lui expliquent les sacrifices consentis et, à la fin, « l’actionnaire qui les jette quand même comme des Kleenex ». Une injustice qui prend aux tripes. Alors, le désormais candidat se rêve en porte-parole de cette France qui souffre. «Chaque fois que je suis sur un plateau, ce sont leurs visages que j’ai constamment dans la tête, confie-t-il. Je veux qu’ils retrouvent une utilité à voter pour eux.»

Il s’agit, défend-il, de «mettre sur le podium des idées de la campagne : le salaire, la relocalisation, l’industrie, nos services publics, la jeunesse, la lutte contre les inégalités, l’évasion fiscale…» Et, au passage, de démasquer l’imposture de l’extrême droite : « Pour taper sur le gouvernement, les gens veulent utiliser le bâton le plus efficace, aujourd’hui c’est le RN. Mais ça leur rapporte quoi ? Le drame, c’est qu’en le mettant à un aussi haut niveau, non seulement il n’y a pas de conquêtes sociales, mais en plus, ça crée de la division, des tensions, de la haine, du racisme. Ça affaiblit le peuple. C’est un poison mortel», martèle le député du Nord.

 

Une rage de vaincre les inégalités

«La droite et l’extrême droite étouffent les questions sociales, alors qu’une désindustrialisation massive est en train de se mettre en place sous prétexte du Covid, abonde Laurent Brun.  Les patrons de l’industrie peuvent tranquillement annoncer qu’ils vont supprimer 100 000 emplois. Avoir une candid ature qui axe là-dessus la campagne, ça redonne de la visibilité.» Selon le secrétaire général de la CGT cheminots, possède, pour cela, un atout dans la manche : « “On a l’impression d’avoir quelqu’un comme nous en face”, c’est ce que m’ont dit les grévistes, après une rencontre avec lui lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. »

Icon Quote Fabien est de toutes les luttes, c’est un homme de terrain.  Alain Bocquet, ancien député PCF

Né en 1969 à Béthune, avant de suivre son père, correspondant pour l’Humanité, deux ans au Vietnam, puis de rejoindre sa mère pour finir le lycée à Champigny, c’est aussi des Hauts-de-France que le président du groupe GDR, André Chassaigne, l’a vu débarquer et « foncer tête baissée » à l’Assemblée nationale en 2017.

Et c’est déjà à Saint-Amand-les-Eaux, où il succède à Alain Bocquet comme député, qu’il est élu pour la première fois comme conseiller municipal, en 2014. Il est alors secrétaire de la fédération du Nord du PCF. De ce territoire, il tire une rage de vaincre les inégalités. « Quand je vois ce que les travailleurs chez moi ont pu donner au pays et qu’aujourd’hui on a une surmortalité du fait du désengagement de l’État… Je voudrais porter une République qui respecte tous ses territoires, tous ses habitants. » « Déjà en 2018, on a organisé une marche des Hauts-de-France vers l’Élysée pour mettre un coup de projecteur sur ces inégalités », se souvient Karine Trottein, qui lui a succédé à la fédération du Nord.

Avant ça, le communiste a vu du pays. « Après un passage à l’Humanité, j’ai été journaliste indépendant, ce qui m’a permis de voyager, des fois avec des salaires qui rentraient… et des fois pas. Quand j’ai eu mes jumeaux, mes premiers enfants, il a fallu que je me calme et j’ai travaillé pour France 3 Nancy.» Désormais, pas moins de cinq jeunes visages figurent sur la photo de famille qu’abrite son téléphone. « Une vraie pub United Colors ! » sourit le député devant l’image de sa famille recomposée, prise à l’arrière de sa maison en briques.

Son bagou ne date pas d’hier

Son prédécesseur sur les bancs de l’Assemblée ne tarit pas d’éloges à son endroit : «  Fabien a compris que le monde du travail est un élément déterminant. Ascoval, Bridgestone… il est de toutes les luttes, c’est un homme de terrain », se félicite Alain Bocquet, qui lui a aussi transmis le virus de la lutte contre l’évasion fiscale. Un combat qui rime parfois avec coup d’éclat. «Un jour, au début du mandat, il m’a appelé – il était dans le train – pour me dire qu’il venait de réussir à créer une société offshore en quelques clics sur son téléphone », s’amuse encore André Chassaigne.

Dans l’Hémicycle, il transforme « l’expérience » en démonstration et informe le ministre Gérald Darmanin, alors en charge des Comptes publics, qu’il l’a nommé directeur général d’une société qui permet de délocaliser des fonds dans « vingt-trois paradis fiscaux au choix ». De tête, il cite encore le dernier rapport sur l’ISF avant sa suppression : «  Ils étaient 358 000 familles, leur patrimoine taxable s’élevait à 1 028 milliards d’euros, et on leur en prenait 3,6… Ça me fout en rage, quand je reçois dans ma permanence une dame qui a 600 euros d’électricité à payer dans son logement pourri et qui pleure parce qu’elle n’a pas de quoi habiller son gamin.»

Son bagou ne date pas d’hier. « Je le revois monter sur une chaise dans le préau et prendre la parole devant 200 personnes, mégaphone en main, pour dénoncer ce qui se passait en Afrique du Sud», se rappelle Olivier Marchais, qui a partagé ses années de lycée. À l’époque, avec la Jeunesse communiste, Fabien Roussel est sur le pont pour la libération de Nelson Mandela, mais aussi contre la loi Devaquet, qui prévoyait la sélection à l’entrée à l’université.

De premiers pas en politique soldés par une double victoire, qu’il compte bien ne pas se laisser voler. « Ce tte semaine, j’ai réuni une douzaine d’organisations de jeunesse pour parler du “pacte pour la jeunesse” que nous voulons construire avec elles, et un jeune de l’UNL a dit que Blanquer mettait en œuvre les lois Monory-Devaquet. Je me suis dit : “On a réussi à l’empêcher en 1986, on va continuer le combat et aller jusqu’au bout aujourd’hui ! ”  » lance le député avec cette gouaille qui marque sur les plateaux télévisés.

Icon QuoteJe voudrais porter une République qui respecte tous ses territoires, tous ses habitants. Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

Son franc-parler, cependant, lui joue parfois des tours. Au service de communication du PCF, on rit jaune, par exemple, au souvenir de la comparaison, sur CNews, avec « un string brésilien » utilisé pour imager la critique contre la légèreté des mesures mises en œuvre contre l’arrivée du variant sud-américain. « On a les défauts de ses qualités », reconnaît Roussel qui plaide la « sincérité ». Une franchise dont il reproche volontiers à d’autres à gauche d’être dépourvus.

« Un rapport de forces à construire »

Le candidat PCF tire aussi des leçons de son expérience au cabinet de la communiste Michelle Demessine, nommée secrétaire d’État au Tourisme au sein du gouvernement Jospin, en 1997. «Nous sommes utiles dans un gouvernement, mais à chaque fois, Lionel Jospin et le ministre de l’Économie et des Finances de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, disaient : “Ces réformes sont justes, mais le pacte européen ne nous permet pas de les mettre en œuvre.’’ L’orthodoxie budgétaire, déjà. » Et de poursuivre : « C’est là-dessus que la gauche plurielle a buté. Elle n’a pas été au bout des espoirs qui lui étaient confiés, et c’est la première fois qu’on a eu Le Pen au second tour. Et la deuxième fois, c’était avec Hollande…»

Face aux 2 % que lui promettent pour l’heure les sondages, le député ne perd pas sa répartie : «Je suis un mec positif, un combattant, on n’est qu’au début de la campagne, chaque élection présidentielle a révélé son lot de surprises. »  «Si je ne suis pas élu, ce qui peut arriver, glisse-t-il en souriant avant de reprendre son sérieux, qu’au moins les idées que nous aurons portées pendant la campagne s’imposent. C’est un rapport de forces à construire pour que le monde du travail, la jeunesse se fassent respecter.» 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 13:55
Fabien Roussel lance sa campagne thématique - L'Humanité, Naïm Sakhi, 12 mai 2021
Présidentielle. Fabien Roussel lance sa campagne thématique
Mercredi 12 Mai 2021

Fraîchement désigné candidat, le secrétaire national du PCF a présenté ses premières propositions, notamment sur la sécurité et la jeunesse.

 

«F aire campagne sur les grands sujets qui préoccupent les Français, sans en exclure aucun. » Fabien Roussel a voulu donner le ton pour son début de campagne. Deux jours après avoir été investi candidat du PCF par ses militants, le député du Nord a tenu une conférence de presse, mardi 11 mai, pour exposer ses premières propositions. Le candidat communiste pour la présidentielle a aussi promis de « multiplier les rencontres et les déplacements à travers le pays » dans les semaines à venir.

Police de proximité

Et c’est sur le thème de la sécurité, plutôt inhabituel pour un candidat de gauche, que Fabien Roussel a dégainé ses premières propositions. « Ma gauche ne sera pas laxiste », assure le député du Nord, affirmant qu’il s’agit là d’une « question populaire ». Le candidat veut créer une police de proximité de 30 000 agents nouvellement recrutés, « statutaires », et dotés d’une « meilleure formation qu’actuellement ». Sur sa présence à la manifestation organisée par les syndicats de police le 19 mai, annoncée un peu plus tôt dans la journée, le communiste assure avoir été invité « à une marche citoyenne par les policiers de Saint-Amand-les-Eaux », sa commune de cœur, où il est élu. Le candidat espère que l’appel pour cette manifestation « sera large ». En parallèle, Fabien Roussel a annoncé une rencontre dans les jours à venir avec certains syndicats de police et de commissaires. « Les premières victimes de l’insécurité, ce sont les habitants des quartiers populaires », insiste-t-il, annonçant être favorable au renforcement des peines encourues en cas d’agression contre les forces de police, mais aussi contre « les enseignants, les contrôleurs dans les trains, les agents des guichets du service public… ».

Mais pour Fabien Roussel, « il faut marcher sur les deux jambes. La réponse ne peut pas être que répressive ». Le communiste ambitionne ainsi d’augmenter de 50 % les budgets de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur d’ici 2027. Il souhaite notamment limiter à vingt le nombre d’enfants par classe au nom de « l’égalité républicaine ». Plus largement, il propose de construire « un pacte » avec une jeunesse passée « des bancs de la fac à celle des queues de l’aide alimentaire ». Le candidat du PCF, qui a d’ores et déjà rencontré douze organisations de jeunesse, veut instaurer, entre autres, un « revenu de 850 euros pour tous les étudiants ».

La levée des brevets des vaccins

Fabien Roussel veut aussi « faire de cette élection un moment de luttes et de combats pour imposer des idées nouvelles », prenant en exemple le changement d’avis d’Emmanuel Macron sur la levée des brevets des vaccins. Le député rappelle ainsi qu’il demande cette action depuis le 20 juillet, date à laquelle il avait formulé cette nécessité lors des questions au gouvernement. S’il espère que la France votera cette suspension des brevets devant l’OMS, le communiste avertit qu’il faudra ensuite se battre pour « élargir les capacités de production des vaccins », afin de « faire reculer la logique de l’offre et de la demande pour obtenir des vaccins génériques ». Fabien Roussel affirme enfin qu’il continuera à être présent à toutes les mobilisations à venir, notamment celles contre les délocalisations, pour faire « surgir dans cette campagne des milliers d’hommes et de femmes cachés dans l’abstentionnisme ». « Les centaines de sièges du PCF en France seront ouverts, partagés et avec une convivialité que nous avons tant besoin de retrouver », conclut-il.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:42

 

Les infirmiers et aides-soignants des « réas », ces unités hospitalières, cœur de lutte contre le Covid, manifestent ce mardi dans 117 villes. Ils répondent à l’appel de l’Union des réanimations en France pour une reconnaissance, des syndicats d’infirmiers, de la CGT et de SUD.

Ils n’avaient jamais été autant sous les feux des projecteurs : depuis plus d’un an, l’activité des services de réanimation est devenue un enjeu décisif pour l’ensemble de la population mondiale. Les yeux rivés sur les taux d’occupation et le nombre de nouveaux entrants dans ces unités hospitalières, les citoyens et leurs gouvernements vivent au rythme de l’afflux des patients présentant les symptômes les plus graves. Célébrés comme des héros au début de la pandémie, prétendument récompensés comme tels par le Ségur de la santé et ses 183 euros d’augmentation, les soignants des réanimations de France ne se sentent toujours pas estimés à leur juste valeur.

 

« On y laisse des plumes »

À l’occasion d’une journée d’action inédite, les paramédicaux de réa, mais aussi de soins critiques, soins intensifs et déchocage, ont d’ores et déjà prévu de se mobiliser aujourd’hui dans 117 villes de France pour exiger non seulement une revalorisation salariale mais aussi une reconnaissance de leurs compétences spécifiques, qui fait cruellement défaut à l’heure actuelle. « Il y a plein de gestes techniques très pointus à connaître en réa, des produits et traitements à manipuler avec précaution. Il faut plusieurs mois pour les maîtriser », pointe Nathalie Loinsard, secrétaire de la CGT au CHU de Rennes, qui a travaillé plus de sept ans en réanimation avant d’être mutée en pneumologie.

« Une erreur de dosage dans un traitement, un mauvais calibrage de machine, tout cela peut être dangereux. Ce sont des compétences spécifiques qu’on n’apprend pas à l’école, ou alors très rares sont les infirmiers qui obtiennent le financement pour décrocher le diplôme universitaire concerné », explique Benjamin Berthet, infirmier diplômé d’état (IDE) et délégué syndical CGT à l’hôpital Lyon-Sud. À cet égard, les formations accélérées de leurs collègues d’autres services pour servir de renforts face à la vague de Covid-19 ont certes permis de faire face à l’afflux de patients en réanimation, mais cela s’est traduit par un alourdissement des tâches des soignants déjà en poste dans ces unités. « La plupart du temps, on arrive à rattraper les erreurs qui sont faites par nos collègues, mais on y laisse des plumes. Nous, parce qu’on doit les surveiller tout le temps, eux, parce que c’est tellement stressant que certains se retrouvent complètement dégoûtés de leur métier. Et puis parfois, les erreurs peuvent avoir des conséquences plus dramatiques… » témoigne l’agent hospitalier, qui s’est porté volontaire pour accompagner les nouveaux venus.

Icon QuoteDans notre service, il nous manque 18 postes. On est obligés de bâcler les soins. THIERRY ROUSSELIN, AIDE-SOIGNANT EN RÉANIMATION AU CHU D’ANGERS

« Dans notre service, il nous manque 18 postes. On est obligés de bâcler les soins. La fatigue et la dégradation des conditions de travail nous mettent en danger et mettent les patients en danger », dénonce Thierry Rousselin, aide-soignant en réanimation au CHU d’Angers depuis quinze ans et délégué syndical SUD santé sociaux. Si leur métier nécessite moins de technicité que celui de leurs collègues infirmiers, la spécificité du milieu de la réanimation exige néanmoins un temps de formation pour les aides-soignants qui débarquent dans le service. « On travaille en douze heures depuis un an. Au départ parce que c’était imposé par le plan Blanc, puis parce que les collègues sont tombés dans le piège en se disant que ça leur faisait des congés en plus. Les anciennes ne tiennent plus, elles partent. Or, on a besoin de personnes expérimentées pour former les nouvelles », précise-t-il.

 

Un décret bloque les salaires

Fortement marqués par l’expérience de la crise sanitaire, ces paramédicaux souhaitent que les infirmiers et aides-soignants qui se destinent à la réa suivent une formation obligatoire supplémentaire à l’issue de leur cursus de base, et que ces compétences supplémentaires soient reconnues sur le plan salarial. « Quand on s’est aperçu qu’on faisait preuve de beaucoup de technicité mais sans aucun traitement supplémentaire par rapport aux infirmières des autres services, on s’est dit : pourquoi ne pas demander une nouvelle bonification indiciaire (attribution de points majorés – NDLR) ? », se souvient Monica, infirmière en réanimation à l’hôpital de Beauvais. « Mais la direction de l’hôpital nous a répondu que, tant qu’un décret le permettant n’était pas publié, ils ne pourraient rien faire dans ce sens », poursuit-elle. C’est de ce service de l’Oise qu’est né le mouvement de l’Union des réanimations de France pour une reconnaissance, à l’automne dernier.

Icon Bullhorn Pour signer la pétition : Il faut un plan d'urgence pour sauver l'hôpital public ! 

Par le biais d’une page Facebook qui compte aujourd’hui plus de 3 000 membres, Monica et ses collègues infirmières se sont organisées avec leurs collègues de partout en France pour unifier leurs revendications et trouver une date de mobilisation nationale. Une initiative soutenue pleinement par leurs collègues médecins. « Leur longue expérience leur a fait acquérir des compétences techniques. Par exemple, nous citons la mobilisation et les soins des patients instables, intubés avec de lourds supports techniques qui exigent une attention toute particulière afin de ne pas compromettre leur sécurité  », écrivait le collectif de praticiens à la direction de l’hôpital déjà en juillet 2020, plaidant notamment pour une revalorisation salariale de leurs collègues. Si les paramédicaux ne pourront pas à proprement parler faire grève car ils seront réquisitionnés pour assurer la continuité du service public, ils comptent sur leurs collègues en repos pour rendre visibles leurs manifestations aujourd’hui.

 

Manque d’effectifs et de lits

« La réa a énormément évolué en quinze ans. Avec toutes les machines à maîtriser, le temps qu’on y passe, il nous faudrait quinze heures par jour et non douze pour tout faire correctement », explique Benjamin Berthet, infirmier en réanimation à l’hôpital Lyon-Sud et délégué CGT. Outre la question de la formation et de la revalorisation salariale, les paramédicaux souhaitent que le ratio patients/soignants soit revu en raison de l’alourdissement de leur charge de travail, pour « passer à 2 patients par infirmier et 3 par aide-soignant, contre 2,5 et 4 actuellement ». Une pétition est en ligne sur change.org.

 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:33

 

Fabien Roussel appelle TOUTES LES FORCES POLITIQUES, TOUTES LES ORGANISATIONS QUI ONT SIGNÉ CET APPEL à se rencontrer dans les prochains jours pour décider d’initiatives communes pour interpeller gouvernement et direction de la Banque de France.

 

 

Le Comité européen des risques systémiques, organisme lié à la Banque centrale européenne (BCE), alerte sur les risques d’une multiplication des faillites provoquées par la double crise sanitaire et économique.

En France, les reports de paiements d’impôts et de cotisations sociales ont permis de repousser les échéances, et 675 000 PME et TPE ont souscrit un prêt garanti par l’État (PGE). Le nombre de défaillances d’entreprises a ainsi diminué de 38 % en 2020.

MAIS TOUTES LES FAILLITES QUI N’ONT PAS EU LIEU EN 2020 RISQUENT DE DÉFERLER QUAND LES AIDES S’INTERROMPRONT ET QU’IL FAUDRA REMBOURSER LES PRÊTS ET  250 000 EMPLOIS SERAIENT AINSI DIRECTEMENT MENACÉS.

C’est d’autant plus préoccupant que les banques sont en train de durcir leurs conditions de crédit, alors qu’elles ont reçu 2 000 milliards de prêts à taux négatif de la BCE.

Le gouvernement a annoncé que les aides ne seraient supprimées que progressivement et que les PGE pourraient être remplacés par des participations en capital. Mais l’attribution de ces allégements obéira aux critères de la rentabilité financière. Les PME-TPE qui font le plus d’efforts pour l’emploi, la formation, la recherche risquent de ne pas répondre à ces critères, surtout, comme c’est souvent le cas dans les secteurs les plus dynamiques, quand elles ne disposent pas d’actifs matériels à mettre en garantie.

Les syndicalistes de la Banque de France proposent que cette institution, dans le prolongement de son action en matière de droit au compte et de médiation du crédit, ait le pouvoir d’IMPOSER L’EXERCICE D’UN DROIT AU CRÉDIT POUR LES ENTREPRISES VIABLES QUI S’ENGAGERAIENT À CRÉER DES RICHESSES EN PRIVILÉGIANT L’EMPLOI ET LES CHOIX ÉCOLOGIQUES DE PRODUCTION.

Cette exigence d’un soutien massif aux PME-TPE qui s’engagent en faveur de l’emploi et de l’écologie se heurte aux suppressions d’emplois massives dans les banques, à la dégradation des conditions de travail de leurs salariés, à la contradiction violente entre leur conscience professionnelle et les consignes venues de leurs directions et des salles de marchés.

ELLE SE HEURTE AUX 1 000 SUPPRESSIONS D’EMPLOIS ANNONCÉES À LA BANQUE DE FRANCE, particulièrement dans les succursales départementales en contact avec le public et avec les petites entreprises, qui s’apprêtent pourtant à recevoir la vague des PME-TPE menacées de faillite (déjà 1 400 % d’augmentation des sollicitations au titre de la médiation du crédit) et celle des ménages touchés par le surendettement à la suite des pertes d’emplois.

C’EST CE QUE PORTE l’appel syndical « contre 1 000 nouvelles suppressions d’emplois à la Banque de France : Halte à la saignée ! », qui a obtenu le soutien de tous les partis de gauche et de très nombreuses associations. Il exige les moyens, pour notre banque centrale nationale :

  • de développer son activité au service de l’emploi et des entreprises ;
  • de développer son activité auprès des usagers en difficulté, en situation de surendettement, demandeurs d’un recours au droit au compte bancaire…
  • de garantir, conformément à la loi, la qualité et la sécurité de l’approvisionnement de tout le territoire en billets, alors que 131 suppressions d’emplois dans l’exercice de cette mission sont  annoncées ce jeudi au CSE central de la Banque de France.

Comme eux, nous considérons que le service public de la monnaie et du crédit exercé par la Banque de France va être vital pour sortir de la crise sanitaire et économique.

Aussi Fabien Roussel appelle TOUTES LES FORCES POLITIQUES, TOUTES LES ORGANISATIONS QUI ONT SIGNÉ CET APPEL à se rencontrer dans les prochains jours pour décider d’initiatives communes pour interpeler gouvernement et direction de la Banque de France.

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 08:15
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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 08:05

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 08:02

 

Allocution de Fabien Roussel suite à sa désignation comme candidat présenté par le parti communiste pour l’élection présidentielle de 2022.

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 16:29
Vaccin : Les Big pharma doivent être placées sous tutelle des nations et des peuples du monde (Fabien Roussel - PCF)

Vaccin : Les Big pharma doivent être placées sous tutelle des nations et des peuples du monde (Fabien Roussel - PCF)

Après des mois de lutte, d'appels de pays comme l'Afrique du Sud et l'Inde, après les interventions du Pape, de prix Nobel pour la Paix, de scientifiques, de médecins, ce sont désormais les États-Unis qui appellent à lever les brevets sur les vaccins contre la Covid. C'est un tournant important dans la lutte contre la pandémie mondiale qui a tué plus de 3,2 millions de personnes dans le monde.

Si 8,5 milliards de doses vont être produites dans le monde d'ici la fin de l'année, l'objectif est d'atteindre 15 milliards de doses au plus vite et de pouvoir les proposer à des tarifs accessibles pour tous les pays.

Les logiques financières des Big pharma n’ont pas lieu d’être. C’est pourquoi elles doivent être placées sous tutelle des nations et des peuples du monde qui luttent contre cette pandémie !

Seule la vaccination massive et la mise en commun de la recherche et de la production permettront de mettre fin à cette épidémie et d'éviter l'apparition de nouveaux variants.

Les discussions pour la levée des brevets se trouvaient dans une impasse au sein de l'OMC depuis des semaines, face aux refus des actionnaires des principaux pays producteurs de vaccins comme les États-Unis et ceux de l'Union européenne dont la France qui protègent les actionnaires de l'industrie pharmaceutique.

Depuis le début, Pfizer, Moderna, Aztrazeneca...entendent profiter de la pénurie de vaccins et de la forte demande pour augmenter leurs marges et fournir leurs vaccins aux plus offrants. En Europe, l'opacité la plus totale entoure les négociations avec les Big Pharma. Mardi dernier, la ministre de l'industrie confirmait encore la nécessité de protéger ces industriels du secret des affaires refusant de dire au Parlement combien ces vaccins seraient achetés. C'est pourtant le budget de la sécurité sociale qui devra prendre en charge cette dépense.

C'est pourquoi il est devenu incontournable de lever la propriété intellectuelle sur la production de ces vaccins pour en faire un bien public mondial. Mobilisons toutes les capacités industrielles dans le monde pour produire ces vaccins à des tarifs accessibles, comme nous le faisons avec des médicaments génériques. Sortons définitivement les vaccins des griffes des big pharma !

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 6 mai 2021.

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 20:22
Appel aux marches pour le climat le dimanche 9 mai
De nombreuses marches pour le climat auront lieu partout en France et dans le Finistère dimanche 9 mai. A Morlaix, ce sera à partir de 14h, au départ du parking Saint Nicolas devant devant le CAF, à l'initiative de plusieurs organisateurs (collectifs des citoyens pour le climat, Bretagne Vivante, association A pied à vélo, LDH)
 
Voici une publication de Pierre Laurent qui éclaire les enjeux de cette mobilisation.
"Vote du projet de loi Climat
Selon le site officiel https://propositions.conventioncitoyennepourleclimat.fr/... sur les 149 propositions initiales des citoyen.ne.s de la Convention sur le climat, 11 ont été acceptées, 134 sont en suspens (c’est-à-dire très expurgées par l’Assemblée nationale et le Sénat), 4 ont été purement rejetées.
Celles et ceux qui aspiraient avec la loi climat et résilience à une véritable prise de conscience de l’urgence environnementale et climatique ont été déçu·e·s.
Le Haut Conseil pour le climat a souligné le manque d’ambition du texte en termes de périmètre, de portée et de flou calendaire. Les 150 citoyen·ne·s tiré·e·s au sort pour la Convention citoyenne pour le climat ont mis la note de 2,5 sur 10 au projet de loi.
Mais comment penser que le président de la République, qui a permis la réintroduction des néonicotinoïdes, a supprimé les CHSCT, ne respecte pas les objectifs des accords de Paris et continue de subventionner les énergies fossiles, aurait pu répondre à l’urgence climatique et sociale ?
Fabien Gay a l’habitude de dire que « La majorité se targue de faire mieux que le reste du monde parce que nous faisons un tout petit mieux que quasi rien. »
Cela signifie-t-il que nous faisons suffisamment et efficacement ? Non.
C’est à l’aune de notre conscience et de l’urgence que nous devons mesurer l’efficacité de cette loi. C’est un nouveau modèle de société que nous devons viser, respectueux de la planète et de celles et ceux qui la peuplent.
En clair, rompre avec le capitalisme, la loi du profit et de l’intérêt privé pour aller vers une société où l’humain et la planète sont au centre des préoccupations et des décisions. C’est pour cela que nous serons des manifestations pour le Climat le 9 MAI prochain et que je vous invite à y participer".
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