Soutien aux mobilisations des agents des finances publiques : défense des services publics de proximité
Communiqué du PCF Finistère, 26 septembre 2019
Le Ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald DARMANIN, a présenté début juin son plan de réorganisation territoriale des finances publiques pour 2019-2022. Abusivement présenté comme de la « déconcentration de proximité », cette nouvelle répartition territoriale fait craindre la suppression de 75 % des trésoreries et entre 18 000 et 30 000 suppressions de postes au niveau national.
Les organisations syndicales dénoncent la fusion de services d’impôts aux particuliers et aux entreprises, ainsi que la multiplication apparente de points de contacts, simples permanences appelées à devenir de véritables coquilles vides des finances publiques de proximité. Ou comment laisser libre cours au creusement des inégalités de prestations et d’horaires entre les territoires…
Les agents se mobilisent dans toute la France face à ce nouveau coup porté par le gouvernement aux missions de service public et à une réorganisation décidée dans le flou, sans calendrier précis.
L’intersyndicale FO-Solidaires-CGT-CFDT des Finances Publiques du Finistère organisera samedi prochain 28 septembre 2019 à Saint Renan une manifestation pour la défense du service public de proximité.
Après les personnels soignants des hôpitaux et des urgences, les enseignants, les postiers, etc., le gouvernement fait le choix d’ouvrir un nouveau front social pour imposer ses réformes libérales visant à casser le statut public et à réduire le nombre de fonctionnaires.
L’affichage par l’Etat d’un renforcement de la présence des services publics dans les territoires n’est qu’un leurre, opportunément agité pour tenter de calmer le mécontentement populaire qui s’exprime de manière inédite depuis des mois avec le mouvement des Gilets Jaunes et les nombreuses luttes sociales en cours.
Les communistes sont attachés à un aménagement équilibré des territoires et au développement des services publics. Ils se battront sur le terrain aux côtés des agents mobilisés dans une volonté de rassemblement, pour faire prévaloir les valeurs de solidarité et de progrès social. Ils invitent les élu-e-s et usagers à soutenir leur mobilisation (départ 11h00 parking carrefour).
Immigration : Lettre ouverte de Fabien Roussel à Emmanuel Macron
Monsieur le Président, Vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons-en !
Pour la deuxième fois en moins d'un an, vous voulez imposer le thème de l'immigration dans l'actualité. À six mois des élections, c'est une vieille ficelle ! Après le vote tout récent de la loi « Asile et Immigration », c'est même de l'acharnement !
Vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons en !
Le sujet mérite mieux que d'être instrumentalisé pour diviser les citoyens, pour imposer votre duo avec l'extrême droite et au final pour flétrir notre République.
Parlons de ces familles qui quittent des pays dont les richesses sont pillées, dont les États sont placés sous tutelle de banques internationales et de dictateurs corrompus, dont les infrastructures publiques ont été bradées à des multinationales ! Parlons des coopérations à développer, qui permettraient à chaque peuple de retrouver sa souveraineté sur ses ressources et son économie.
Parlons de la taxe sur les transactions financières que vous avez refusé d'élargir pour ne pas heurter le monde de la finance, nous privant de deux milliards d'euros destinés à ces pays.
Parlons des 5 milliards d'euros que représente la contribution des migrants à la création de richesses dans notre pays, quand l'Aide médicale d'État, que vous voulez remettre en cause, ne coûte que 900 millions.
Parlons de celles et ceux qui fuient tous ces conflits dans lesquels nous portons une part de responsabilité, dont l'OTAN a été l'acteur ces dernières années : l'Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yemen. Comment peut-on laisser mourir en Méditerranée des hommes, des femmes, des enfants qui fuient le chaos, les bombes, parfois nos bombes ?
Parlons des migrations à venir, que causeront le dérèglement climatique et son lot de catastrophes naturelles. Si nous n'agissons pas fortement, ces migrations vont se multiplier, jetant sur les routes des familles qui auront tout perdu. L'Union européenne est parmi les 3 principaux pollueurs de la planète, et nous devrions nous exonérer de toute responsabilité ?
Parlons donc des moyens à développer en urgence pour que l'Europe tienne ses engagements en faveur du climat.
Parlons de ces travailleurs sans papiers que de très grandes entreprises exploitent sans vergogne en les contraignant à la clandestinité. Quand allez vous les régulariser ?
Parlons des travailleurs que vous livrez à la concurrence avec vos traités européens, qui sont soumis au dumping social opposant les salarié-es de toute l'Union Européenne, dumping que votre directive « travailleurs détachés » n'a en rien remis en cause... Nous voulons les mêmes droits pour tous !
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », affirme la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Alors, pourquoi aujourd'hui, dans un pays qui en a tous les moyens, ne pas reconnaître le droit de vote des étrangers résidant et payant leurs impôts en France ?
Non, de tout cela vous ne voulez pas débattre car vous préférez que la nation s'écharpe sur l'Aide médicale d'État et sur les allocations sociales, ou qu'elle se préoccupe seulement de distinguer les migrants selon qu'ils fuient la guerre, une catastrophe naturelle ou la misère ?
Vous voulez que nous débattions pour savoir si 28 pays et 500 millions d'Européens sont en capacité d'accueillir quelques dizaines de milliers d'êtres humains, quelque 3% de migrants à travers le monde, risquant leur vie sur un bateau en Méditerranée ? Les pays du pourtour méditerranéen peuvent-il s'exempter du droit maritime et du droit international ?
Monsieur le Président, l'ennemi ne vient pas en bateau. Il vient en jet privé et il se moque des frontières. La pression n'est pas migratoire, elle vient de la finance. Si des entreprises délocalisent, ça n'a jamais été à cause d'un immigré. C'est à cause d'un capital avide de profits qui ronge comme un cancer notre économie, nos emplois, nos droits.
Tous ces hommes et toutes ces femmes que vous stigmatisez sont nos frères et nos sœurs. Nous ne faisons pas de distinctions entre eux. Nous réclamons des droits pour tous, condition d'un accueil réussi. Le droit à la dignité humaine, dans un monde de justice et de paix, dans une France humaniste et universaliste.
Pour ouvrir vraiment un débat sérieux et porter des solutions de progrès, je vous adresse ce jour le manifeste « Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire », qu'a récemment rendu public le Parti communiste français."
Paris, le 25 septembre 2019
Fabien Roussel,
Secrétaire national du PCF, député du Nord
Dix jours après la clôture de la fête de l'Huma 2019,après avoir atterri et récupèré petit à petit, on y est toujours un peu encore et que de bons souvenirs restent à l'esprit dans ce temps suspendu de fraternité, de découvertes, de partage, et de fête !
Beaucoup d'énergie dépensée par nos 90 militants et bénévoles travaillant sur le stand mais à la clef: de la joie, le plaisir de faire des tas de rencontres, de partager des moments uniques dans l'année.
Pour la deuxième année consécutive après 2018, et après 5 années d'exercices où nous devions enregistrer des déficits, le stand du Finistère est bénéficiaire.
Même si ce n'est pas le seul ou principal critère du succès de la fête pour nous, et encore moins de son intérêt humain et politique, c'est un motif de satisfaction supplémentaire pour tous les camarades et bénévoles qui ont donné de leur temps pour le stand du Finistère, pendant les 3 jours, les bâtisseurs et démonteurs du stand, tous ceux qui ont travaillé à la fête en amont et en aval, pour sa préparation, les commandes, la vérification du matériel, la cuisine (les fars du pays bigouden), le chargement et déchargement du matériel à Morlaix, Concarneau, Scaër.
Pour nous la fête a aussi un bilan politique très positif pour notre fédération du PCF 29 puisque nous y avons enregistré 11 adhésions dans le Finistère, avec 8 adhésions réalisées sur notre stand.
Une réunion conviviale avec les nouveaux adhérents suivie d'un repas est d'ailleurs prévue à la fédération du PCF Finistère à Brest, mercredi prochain, 25 septembre, entre 17h30 et 22h.
En 2 ans, le PCF Finistère a enregistré 85 adhésions, sans compter les mutations de camarades venant d'autres départements: 13 rien qu'au mois de septembre! Nos 890 adhérents sont un atout pour construire une alternative à gauche et résister.
Nous ferons prochainementune réunion de bilan de la fête de l'Huma Paris et de projection sur la fête de l'Huma Bretagne le mercredi 9 octobre à 17h30 au local de la section PCF du Relecq-Kerhuon.
Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère
Ils sont profs, infirmières, universitaires, policiers, salariés associatifs, artistes, graphistes, gendarmes retraités, ouvriers, retraités, étudiants, lycéens, artisans...
Ce sont ses militants divers, nombreux, convaincus et déterminés, qui font l'originalité prolongée et la richesse du Parti communiste français, le premier parti de France pour le nombre d'adhérents cotisants.
Notre fédération du PCF Finistère a eu la chance, et ça s'est amplifié notamment grâce à la fête de l'Humanité, où nous avons réalisé 8 adhésions sur notre stand, et 11 en tout sur la fête pour notre fédération, de compter de nombreux nouveaux adhérents au Parti Communiste depuis le début d'année: 44 depuis janvier 2019!!!
Sans compter les mutations, les adhésions au MJCF, le mouvement des Jeunes Communistes, enregistrées dans notre département....
Depuis deux ans, c'est environ 85 nouvelles adhésions au PCF Finistère qui ont été enregistrées, et en comptant les mutations, plus de 100 nouveaux adhérents pour notre fédération. C'est un apport et un renouvellement très significatifs, sachant que le PCF Finistère compte à ce jour 900 adhérents.
C'est un grand motif de satisfaction et d'espoir pour nous.
Cela témoigne de l'attractivité intacte de l'engagement communiste, d'un climat d'attentes politiques fortes dans un contexte extrêmement inquiétant et violent du point de vue des régressions sociales et démocratiques, et aussi d'un travail de renforcement de notre fédération et des camarades de nos sections.
C'est par notre travail à la base et notre renforcement militant que nous pourrons aussi peser davantage sur l'évolution de notre société et les rapports de force politiques et sociaux.
Intégrer dans les meilleures conditions tous ces nouveaux militants est un défi. Nous mesurons ce que représente le choix de ces nouveaux adhérents! Et nous voulons leur donner les moyens de donner le maximum de sens à leur appartenance au PCF.
Nous avons à cœur que chaque nouvel adhérent puisse trouver sa place et se sentir à l'aise dans notre collectif militant, qu'il puisse exprimer ses attentes et ses motivations, témoigner des compétences et envies de travailler qu'il peut mettre au service de notre idéal et de nos combats communs.
Qu'il puisse exprimer son rapport à ce que représente pour lui le Parti communiste et le communisme, comme visée et comme pratique réelle.
Nous voulons aussi que puisse continuer à se développer fraternité et convivialité dans le Parti. Et tout simplement échanger pour voir se connaître.
C'est pourquoi nous invitons les nouveaux adhérents des années 2018-2019 à une rencontre à Brest au local de la fédération et de la section de Brest, 6 rue André Berger tram St Martin, le mercredi 25 septembre à partir de 17h30. La fédération du Parti communiste du Finistère est installée entre deux rues perpendiculaires près de la rue Jean Jaurès, André Berger et Henri Moreau, du nom de deux résistants communistes brestois arrêtés par la police française, torturés en prison, et exécutés par les troupes d'occupation allemande au Mont Valérien.
La rencontre permettra d'échanger de manière libre et personnelle, de mieux se connaître, et de se projeter sur les souhaits d'activité de chacun pour le parti et pour lui dans le parti communiste.
Ce qui ne peuvent pas arriver à 17h30 pourront arriver plus tard sans problème.
Un apéro et un repas pris en charge par la fédération seront servis ensuite.
Merci si vous voulez participer au repas (vers 20h) de réserver votre place pour ajuster la commande chez un traiteur au besoin. Repas pris en charge par la fédération. Réservation: 06 20 90 10 52. dupont.ismael@yahoo.fr
Tous les membres de l'exécutif départemental (7) et les membres du conseil départemental du PCF 29 (une trentaine) disponibles et qui souhaitent s'associer à la rencontre, les animateurs de la commission Jeunes de Brest, de la commission Féminisme de la fédération, seront invités à accueillir les nouveaux adhérents sur un plan départemental.
Bien sûr, les sections ont déjà pu faire leurs initiatives d'accueil des nouveaux adhérents et de présentation ou pourront le faire plus tard.
Comme il y a deux ans, la fédération du PCF Finistère organise une soirée d'accueil des nouveaux adhérents (première adhésion au PCF ou au MJCF dans notre fédération, ou mutation d'autres départements) avec un repas dans nos locaux de la fédération et de la section de Brest rue Berger à partir de 17h30 le mercredi 25 septembre.
Il s'agira de mieux se connaître, que chacun puisse faire état de son parcours, de sa vision de la société actuelle, du Parti communiste et du communisme, de ses motivations, de ses envies et premières expériences concernant son militantisme.
Tristan Corbière est un immense poète, d'une grande modernité, qui a su nourrir la poésie d'un refus du beau style et du formalisme éthéré, d'un réalisme cru et d'un souci d'expression intime et sociale, un poète d'une grande inventivité verbale mêlant une culture littéraire certaine nourrie à la mamelle de Villon, Baudelaire et consorts, un sens de l'irrévérence et le souci de faire rentrer la langue de la rue dans le poème. Un homme de la bohème d'une sensibilité maladive, mélancolique, goguenarde, et cynique, portée sur l'auto-dérision et le sens du paradoxe, le refus de l'esprit de sérieux, manifestant aussi de vrais sentiments, un intérêt pour la vie populaire, les marginaux, les chansons et coutumes du peuple, notamment de Basse-Bretagne. Son unique recueil, "Les Amours Jaunes" n'est paru, de manière très confidentielle, qu'en 1873, deux ans avant sa mort. C'est Verlaine qui l'a fait connaître après sa mort en lui consacrant notamment une de ses études sur "Les Poètes maudits" en 1884. Il sera ensuite un des poètes favoris du mouvement Dada (Tristan Tzara préfacera une édition des "Amours Jaunes" en 1947) et surréaliste.
Tristan est né à Morlaix, au manoir de Coat Congar, en Ploujean, le long de l'avenue de Launay.
Il est né Édouard (Édouard-Joachim), comme son père, homme d'affaires self-made-man, ancien mousse, patron d'une compagnie de navigation transportant marchandise et voyageurs entre Morlaix et Le Havre, et grand écrivain maritime à succès, auteur du "Négrier", roman édité quatre fois de son vivant. Sa mère Marie-Angélique était une Puyo, d'une famille de notable morlaisiens.
Le nom de plume de notre poète, Triste-en-Corps-Bière, Tristan Corbière, dit sa conscience de la mort qui progresse en lui, son humour noir, et son goût du macabre et du spectacle, son rire jaune de dandy malheureux et maladif.
Tristan est mort à Morlaix et est enterré au cimetière Saint-Martin. Il a vécu à Morlaix de 1845 à 1859, date où il rejoint le Lycée Impérial de Saint-Brieuc. Il sera très malheureux, puis poursuivra le lycée à Nantes, avant de revenir en Bretagne, sans pouvoir passer son bac, tentant de se soigner de ses terribles rhumatismes et sa tuberculose à Roscoff, dans la maison de vacances de ses parents.
Il a vécu plusieurs années à Roscoff, multipliant les canulars et les scandales, comme entre 1864 et 1868, puis à Morlaix à nouveau en 1869 après un voyage à Italie. Il s'est installé à Montmartre après la Commune, en 1872, avant de mourir dans sa trentième année à Morlaix en 1875. Tristan Corbière est enterré au cimetière Saint-Martin, non loin de la gare de Morlaix.
Nous avons voulu dans le Chiffon Rouge rendre hommage à ce génie précoce trop peu connu du grand public, poète universel et plus grand des Morlaisiens dans le domaine de l'art sans doute.
De la sorte, nous publierons régulièrement pendant un mois des poèmes de Tristan pour le partager avec les lecteurs du "Chiffon Rouge" la modernité, la beauté mendiante et l'émotion, de cette poésie.
Le Poète Contumace, Les Amours Jaunes (1873) -
Extraits:
"Sur la côte d'ARMOR. – Un ancien vieux couvent,
Les vents se croyaient là dans un moulin-à-vent,
Et les ânes de la contrée,
Au lierre râpé, venaient râper leurs dents
Contre un mur si troué que, pour entrer dedans,
On n'aurait pu trouver l'entrée.
– Seul – mais toujours debout avec un rare aplomb,
Crénelé comme la mâchoire d'une vieille,
Son toit à coups-de-poing sur le coin de l'oreille,
Aux corneilles bayant, se tenait le donjon,
Fier toujours d'avoir eu, dans le temps, sa légende...
Ce n'était plus qu'un nid à gens de contrebande,
Vagabonds de nuit, amoureux buissonniers,
Chiens errants, vieux rats, fraudeurs et douaniers.
– Aujourd'hui l'hôte était de la borgne tourelle,
Un Poète sauvage, avec un plomb dans l'aile,
Et tombé là parmi les antiques hiboux
Qui l'estimaient d'en haut. – Il respectait leurs trous, –
Lui, seul hibou payant, comme son bail le porte :
Pour vingt-cinq écus l'an, dont : remettre une porte. –
Pour les gens du pays, il ne les voyait pas :
Seulement, en passant, eux regardaient d'en bas,
Se montrant du nez sa fenêtre ;
Le curé se doutait que c'était un lépreux ;
Et le maire disait : – Moi, qu'est-ce que j'y peux,
C'est plutôt un Anglais... un Être.
Les femmes avaient su – sans doute par les buses –
Qu'il vivait en concubinage avec des Muses !...
Un hérétique enfin... Quelque Parisien
De Paris ou d'ailleurs. – Hélas ! on n'en sait rien. –
Il était invisible ; et, comme ses Donzelles
Ne s'affichaient pas trop, on ne parla plus d'elles.
– Lui, c'était simplement un long flâneur, sec, pâle ;
Un ermite-amateur, chassé par la rafale...
Il avait trop aimé les beaux pays malsains.
Condamné des huissiers, comme des médecins,
Il avait posé là, soûl et cherchant sa place
Pour mourir seul ou pour vivre par contumace...
Faisant, d'un à-peu-près d'artiste,
Un philosophe d'à peu près,
Râleur de soleil ou de frais,
En dehors de l'humaine piste.
Il lui restait encore un hamac, une vielle,
Un barbet qui dormait sous le nom de Fidèle ;
Non moins fidèle était, triste et doux comme lui,
Un autre compagnon qui s'appelait l'Ennui.
Se mourant en sommeil, il se vivait en rêve.
Son rêve était le flot qui montait sur la grève,
Le flot qui descendait ;
Quelquefois, vaguement, il se prenait attendre...
Attendre quoi... le flot monter – le flot descendre –
Ou l'Absente... Qui sait ?
Le sait-il bien lui-même ?... Au vent de sa guérite,
A-t-il donc oublié comme les morts vont vite,
Lui, ce viveur vécu, revenant égaré,
Cherche-t-il son follet, à lui, mal enterré ?
(...)
– Est-ce qu'il pouvait, Lui !... n'était-il pas poète...
Immortel comme un autre ?... Et dans sa pauvre tête
Déménagée, encor il sentait que les vers
Hexamètres faisaient les cent pas de travers.
– Manque de savoir-vivre extrême – il survivait –
Et – manque de savoir-mourir – il écrivait :
Depuis 2016, la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) a profondément modifié la carte hospitalière avec de nombreuses fermetures d’hôpitaux de proximité, de services, de lits et, ainsi, réduit l’accès aux soins pour nos concitoyennes et nos concitoyens.
C’est notamment en partant de ce constat que les sénatrices et les sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste ont initié un tour de France des hôpitaux et des EHPAD, en janvier 2018. Après avoir visité plus de 150 établissements, le constat est clair : il y a urgence à recruter des personnels soignants, administratifs, ouvriers et accroitre les moyens des hôpitaux de proximité afin d’améliorer la prise en charge des patient.e.s en tous points du territoire ainsi que les conditions de travail des personnels.
La présente proposition de loi a donc pour objet de modifier la loi « organisation et transformation du système de santé », qui reconfigure l’offre hospitalière autour de la gradation des soins en trois niveaux : les soins de proximité, les soins spécialisés, et les soins ultra-spécialisés.
Le gouvernement entend ainsi « labelliser 500 à 600 hôpitaux de proximité », mais la communication est trompeuse. Car loin de créer de nouvelles structures, cette réforme vise en réalité à transformer des établissements existants en « hôpitaux de proximité » en les réduisant à de véritables coquilles vides, privés de leurs services essentiels et, par conséquent, de bon nombre de leurs lits. Ils exerceront, seulement à titre obligatoire, une activité de médecine et, de façon dérogatoire, au bon vouloir des directeurs ou directrices d’ARS, une activité de soins de suite et de réadaptation, notamment.
Pas de maternité, pas de service d’urgence, des hôpitaux réduits au strict minimum ! Moins d’actes techniques, c’est moins d’actes rémunérateurs : avec la tarification à l’activité, c’est la préparation de déficits systémiques.
Le risque est grand d’assister à une concentration encore plus forte qu’aujourd’hui de l’expertise et des moyens financiers dans les grandes structures hospitalières et de plans de retour à l’équilibre pour les autres.
Éloigner toujours plus les services de soins des habitantes et des habitants n’est pas un gage d’amélioration de notre système de santé. La métropolisation de la santé va toucher de plein fouet les services d’urgence et de maternité.
Même si la ministre de la santé répète avec le président de la République qu’il n’y aura aucune fermeture d’hôpitaux ni de maternités, la réalité est tout autre ! Leur rôle consistera essentiellement à réorienter les patient.e.s vers des hôpitaux de niveau deux ou trois, en fonction de la gravité des maladies et de la spécificité des traitements.
En réduisant les services, nous aurons ainsi des hôpitaux de seconde zone dans les territoires ruraux et périurbains et des services spécialisés et de pointe dans les métropoles et les grands pôles urbains. Dans de telles conditions, comment parler de respect de la sécurité des patientes et des patients ?
Alors que nous rencontrons une difficulté d’accès aux soins très forte sur l’ensemble du territoire avec le développement de « déserts médicaux », cette réorganisation des hôpitaux ne va pas améliorer l’attractivité des hôpitaux de proximité, dépourvus de services spécialisés, et donc ne va pas attirer de jeunes médecins.
Depuis près de 30 ans, nous avons vécu une succession de fermetures d’établissements, parmi lesquels de nombreuses maternités, souvent sous le prétexte de l’impossibilité d’assurer la sécurité des patientes et, aujourd’hui, en raison de la démographie médicale en berne.
C’est la raison pour laquelle, les autrices et auteurs de la présente proposition de loi entendent opposer une alternative à la loi « Buzyn » qui se situe dans la continuité des politiques libérales ayant affaibli l’hôpital public, colonne vertébrale de notre système de santé.
Elles et ils considèrent que les missions des hôpitaux de proximité doivent être redéfinies et élargies, en les inscrivant dans une politique globale d’aménagement du territoire et d’amélioration de l’accès aux soins, avec un maillage fin entre médecine hospitalière et médecine de ville.
C’est pourquoi les sénatrices et les sénateurs du groupe CRCE proposent de redéfinir l’hôpital de proximité comme étant un établissement doté d’un service d’urgences, d’une maternité de niveau 1 et de services de médecine et de chirurgie, doté de services de soins de suite et de structures pour les personnes âgées, en lien avec un réseau de centres de santé et la psychiatrie de secteur.
Pour y parvenir, il est impératif d’embaucher des personnels soignants, administratifs et ouvriers en rendant plus attractives les professions de la fonction publique hospitalière (revalorisation des salaires, titularisation, reconnaissance de la pénibilité des métiers...).
Par conséquent, les autrices et auteurs de la proposition de loi estiment qu’il est urgent d’augmenter le budget des hôpitaux afin de rattraper les décennies d’austérité budgétaire, en revalorisant, notamment, l’objectif national des dépenses de l’Assurance maladie (ONDAM) autour de 4,5 % par an.
Le financement de cette proposition de loi est assuré par l’exonération de la taxe sur les salaires qui pèse sur les hôpitaux pour un montant de 4 milliards d’euros par an.
Actuellement, cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient des salarié.e.s, à l’exception des collectivités locales, des régies publiques, des groupements, des établissements publics de coopération culturelle, de l’établissement français du sang (EFS)... Cette taxe grève le budget des hôpitaux, ce qui est injuste vis-à-vis des autres établissements publics et vis-à-vis des établissements privés de santé qui bénéficient des suppressions des cotisations patronales qui ont remplacé le CICE.
L’exonération de la taxe sur les salaires s’inscrit dans la continuité des propositions de financement de la Sécurité sociale. Il est indispensable de dégager de nouvelles recettes pour la Sécurité sociale en luttant véritablement contre la fraude aux cotisations patronales qui grève le budget de la Sécurité sociale de 80 milliards d’euros par an, en soumettant à cotisations sociales les revenus financiers et, enfin, en mettant davantage à contribution les industriels de la santé et du médicament.
La présente proposition de loi vise donc à redéfinir les missions des hôpitaux de proximité en dégageant les moyens à la hauteur des besoins de santé sur l’ensemble du territoire.
Proposition de loi visant à redéfinir les missions des hôpitaux de proximité
Le I de l’article35 de la loin°2019-774 du 24juillet2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé est ainsi modifiée :
Article 1er
1° Le huitième alinéa est ainsi modifié :
a) Les mots : « le cas échéant, » sont supprimés ;
b) À la fin, les mots : « et n’exercent pas d’activité de
d’obstétrique » sont remplacés par les mots : « et disposent d’un service d’urgences ouvert en permanence, d’une maternité de niveau I, des services de médecine et de chirurgie, des services de soins de suite et de structures pour les personnes âgées, en lien avec un réseau de centres de santé et la psychiatrie de secteur » ;
2° Les neuvième et avant-dernier alinéas sont supprimés.
Article 2
I. – À la quatrième phrase du premier alinéa du 1 de l’article 231 du code général des impôts, après le mot : « communaux, », sont insérés les mots : « des établissements publics de santé, ».
II. – Le I s’applique à la taxe sur les salaires due à raison des rémunérations
versées à compter du 1 janvier 2020.
Article 3
La présente loi entre en vigueur six mois après sa promulgation.
Le ministre de l’action et des comptes publics a lancé une réforme de réorganisation des finances publiques. Plus qu’une réorganisation, c’est une restructuration au sabre clair qui est annoncée avec la suppression des trésoreries de plein exercice, l’implantation des services comptables dans les seuls pôles urbains, et l’ouverture de permanence de manière épisodique. Cela ouvre ainsi une grande période d’incertitude et d’inquiétude pour les agents, les usagers et les élus locaux.
De très nombreux agents sont d’ailleurs mobilisés contre ce plan à l’image du mouvement de grève de ce lundi 16 octobre. Dans le département du Nord, près de la moitié des agents était en grève et prêt de 75 % des trésoreries étaient fermées.
Aujourd’hui Monsieur le Ministre nous parle de concertation. Or, nous le voyons bien, tout est déjà verrouillé. Il nous parle de l’ouverture de nouveaux points d’accueil et de proximité et d’une implantation plus importante notamment de la ruralité. Mais il omet de dire que ces points d’accueil ne seront ouverts que de manière partielle et surtout que les trésoreries, alors qu’elles sont ouvertes aujourd’hui à temps plein, seront purement et simplement fermées.
Nous savons que Gérald Darmanin est un bon communicant. Avec trois grammes de savon il est capable de faire trois baignoires de mousse. Pour autant nous ne sommes pas dupes. La réalité est beaucoup plus complexe que ce qu’il annonce.
En effet, et pour ne prendre que cet exemple, comment peut-il ouvrir de nouveaux points d’accueil alors que dans le même temps il a annoncé la suppression de 5 800 emplois au sein de son ministère d’ici 2022. Les premiers à en pâtir seront les usagers et notamment les publics les plus fragiles.
C’est pourquoi je m’oppose fermement à ce plan de réorganisation des finances publiques et soutiens avec force la mobilisation des agents et des élus.
La possibilité d’une guerre nucléaire ? Personne n’y croit aujourd’hui, estime le philosophe Jean-Pierre Dupuy. Pourtant, dans « La guerre qui ne peut pas avoir lieu », il démontre que rien de solide n’empêchera le monde de sombrer dans une telle catastrophe.
L’auteur a eu la charité de prévenir son éditeur : le livre, son livre, « ne marchera pas ». Il ne figurera jamais parmi les bestsellers ; les ventes sont condamnées à rester confidentielles et l’on comptera sur les doigts de la main les comptes rendus. On n’invitera pas l’auteur à la télévision. Pourquoi ? Non pas que l’ouvrage soit mal écrit, verbeux, incompréhensible, trop long, trop court… C’est le contraire. Simplement, le sujet traité, la possibilité d’une guerre nucléaire, dans le monde actuel, « tout le monde s’en fout », estime le philosophe Jean-Pierre Dupuy. « Le sujet dont je traite ne passionne pas les foules », ajoute-t-il, parce que chacun est convaincu que la probabilité d’une guerre nucléaire est voisine de zéro. La bombe atomique n’a pas été utilisée pendant la guerre froide, une période d’affrontement idéologique extrême entre grandes puissances. Pourquoi le serait-elle aujourd’hui ? C’est une arme trop dévastatrice, est-on tenté de répondre. L’humanité n’a pas envie de se suicider. Dans les années soixante, des études étasuniennes évaluaient à 600 millions le nombre de morts qu’elle provoquerait. C’était avant l’entrée dans l’arsenal nucléaire de la bombe à hydrogène autrement plus puissante. Désormais, c’est en milliards qu’il faudrait compter. « Les chiffres sont si énormes qu’ils ne disent rien à personne », observe l’auteur avant de renvoyer à la « banalité du mal » d’Anna Arendt.
Les dirigeants politiques connaissent le prix d’un conflit nucléaire. Et les stratèges également, qui ont créé le concept de dissuasion sur lequel repose la paix mondiale depuis Hiroshima. En gros, le détenteur de la bombe atomique sait que s’il utilise l’arme atomique, il sera forcément la cible d’une riposte du pays agressé aussi dévastatrice sinon davantage. Donc, il s’abstient d’employer l’arme nucléaire. Le monde peut dormir tranquille.
L’histoire récente fourmille de ces escalades hasardeuses maîtrisées par miracle
Jean-Pierre Dupuy entend démontrer qu’aucun de ces arguments ne tient la route. À ses yeux, la menace d’une guerre nucléaire, loin d’avoir disparu, est « la plus importante » à laquelle nous restons confrontés. Donald Trump, qu’il cite avec gourmandise en exergue du livre, ne dit pas autre chose :
« Le monde n’a pas de défi plus important à relever (…). Personne ne veut en parler. Je crois, affirmait Trump dans une interview (mais le Trump du début des années 1990, bien avant son élection), qu’il n’y a rien de plus stupide que de croire que cela n’arrivera jamais juste parce que tout le monde sait que les armes nucléaires ont un immense pouvoir de destruction et qu’on va donc se garder de les utiliser. Quelle connerie [bullshit] ! »
Si une guerre nucléaire est déclenchée, prévient Jean-Pierre Dupuy, il ne faut pas croire que ce sera le fruit empoisonné de la décision d’un chef d’État. Aucun n’est assez fou pour désirer l’apocalypse. Lors de la crise de Cuba, qui vit les États-Unis et l’Union soviétique à deux doigts de s’affronter au début des années soixante, ni le président John Kennedy ni Nikita Khrouchtchev ne voulait d’un conflit nucléaire. Aujourd’hui, ni Donald Trump ni son homologue nord-coréen Kim Jong-un ne souhaite en venir au pire. Ils peuvent se traiter de « vieillard gâteux et impuissant » pour l’un, de « petit homme fusée » pour l’autre, ils savent jusqu’où ne pas aller.
Ce sera « par hasard », à la suite de la mauvaise interprétation d’un phénomène, ou d’un incident mineur déclenchant une cascade de conséquences non maîtrisées, que l’arme nucléaire sera utilisée. L’histoire récente fourmille de ces escalades hasardeuses maîtrisées par miracle. Jean-Pierre Dupuy en rappelle quelques-unes, dont certaines peu connues. En 1962, par exemple, un sous-marin soviétique croisant au large des côtes de Cuba fut repéré et encerclé par des bâtiments étasuniens — qui ignoraient qu’il était porteur d’engins nucléaires. Pour le contraindre à faire surface, ils lui envoyèrent des grenades sous-marines, conformément à un protocole de crise conclu entre les deux superpuissances. Sauf que le commandant du sous-marin ignorait tout du deal et que les communications avec Moscou étaient interrompues. Dans sa coque, où la température dépassait maintenant les 50 C, le commandant pouvait riposter en lançant ses engins nucléaires contre la flottille. Le commissaire politique donna son feu vert. Mais pas un troisième personnage, un officier d’un rang un peu moins élevé que le commissaire mais qui, hiérarchiquement, était au-dessus du commandant du sous-marin (il était chef d’état-major d’une flottille de sous-marins). Le submersible fit donc surface et l’incident en resta là. Que se serait-il passé en l’absence du troisième homme, qui se trouvait là un peu par hasard ? Peut-être a-t-on échappé à une guerre nucléaire ce jour-là.
Peut-on laisser des logiciels et des processus automatisés décider de l’avenir de milliards d’individus ?
Plus près de nous, il y a un an, un autre incident a manqué se terminer en catastrophe. Le 13 janvier 2018, les habitants de l’archipel d’Hawaï ont vécu 38 minutes d’enfer lorsqu’un message d’alerte a été diffusé (radio, internet…) leur annonçant qu’un missile balistique se dirigeait vers eux et qu’il ne s’agissait pas d’un exercice d’alerte. On imagine l’angoisse des habitants au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient. Il s’est avéré plus tard que le déclenchement de l’alerte ne résultait pas d’une erreur grossière. Il avait été pris sur le fondement de vidéos mal interprétées. On était passé à deux doigts d’une catastrophe ! « On s’en est sorti grâce à la chance », a résumé à propos de ce type d’incidents l’ancien secrétaire étasunien à la Défense Robert McNamara, qui n’était pourtant pas un pacifiste.
Peut-on laisser des logiciels et des processus automatisés décider de l’avenir de milliards d’individus ? La doctrine nucléaire est à bout de souffle, conclut Dupuy et, de la même façon que les systèmes de déclenchement du feu nucléaire échappent de plus en plus à l’homme, la doctrine qui les sous-tend se délite peu à peu. Croit-on vraiment qu’un chef d’État dont le pays vient de subir une attaque nucléaire va riposter et ajouter du malheur au malheur ? Imagine-t-on qu’un bouclier antimissile peut sérieusement stopper 100 % des attaques de missiles alors qu’un seul d’entre eux peut rayer une capitale de la carte ?
Autant de questions embarrassantes qui passionnent le philosophe. Et qui devraient interpeller le citoyen. Le livre sera peut-être un succès — malgré le pessimisme de son auteur.
A. Chassaigne exige que des actions fortes soient menées dans l'urgence afin de respecter les objectifs climatiques internationaux
André Chassaigne est intervenu le 23 septembre à Berlin,(curseur 0:46:10) à l'occasion de la première réunion de l'Assemblée parlementaire franco-allemande, pour interroger les deux gouvernements respectifs sur leur irresponsabilité face au changement climatique. "Il faut pointer l'insuffisance des actions de nos deux gouvernements. Derrière les slogans et autres postures médiatiques tendant à promouvoir la lutte contre le changement climatique, la réalité est très en deça des objectifs fixés par le GIEC. Face à ce fleau, qui demeure une bataille sociale, car les premières victimes sont les populations les plus vulnérables, un tournant énergétique s'impose dans l'urgence. André Chassaigne exige ainsi que des actions fortes soient menées dans l'urgence afin de respecter les objectifs climatiques internationaux.
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Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste.
Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale.
Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.