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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 09:16

 

En quelques semaines, les États-Unis de Donald Trump auront lâchement abandonné les Kurdes à leurs ennemis historiques, soutenu le coup d’État d’extrême droite en Bolivie et déchiré définitivement l’accord de Paris sur le climat. Ces coups de poignard dans le dos du droit international et de la paix trouvent une nouvelle cible : le peuple palestinien abandonné, humilié, emmuré, bombardé à Gaza, et privé de toute liberté comme de ses besoins les plus élémentaires.

L’ancien patron de la CIA, le sinistre évangéliste Mike Pompeo, adepte d’une « diplomatie de droit divin », est ainsi envoyé en service commandé pour entériner le fait colonial, approuver le processus de vol des terres, des maisons et de l’eau des Palestiniens, légitimer le nettoyage ethnique de la population arabe de Cisjordanie, et pousser à la création d’un grand Israël d’inspiration messianique tant espéré par les extrêmes droites des deux pays.

« D’obstacle à la paix » pour chacune des administrations nord-américaines, celle de Reagan comprise, voici la colonisation de la Palestine désormais reconnue et encensée. Il s’agit d’une rupture historique, non seulement dans la reconnaissance du fait colonial unanimement condamné depuis les indépendances, mais également pour la doctrine nord-américaine au Proche-Orient, qui, jusqu’ici, reposait sur une condamnation – plus ou moins hypocrite – de la colonisation. Quel précédent cette infamante reconnaissance va-t-elle créer dans les relations internationales ?

La colonisation-annexion fut pourtant maintes fois condamnée par l’Assemblée des Nations unies et plus récemment par une résolution du Conseil de sécurité de décembre 2016 (1), exigeant « de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Ce coup de force contre le peuple palestinien est destiné à sauver le piètre soldat d’extrême droite Netanyahou et à rassurer la même extrême droite fondamentaliste à un an de l’élection aux États-Unis. Il ne peut rester sans réponse. L’opiniâtreté avec laquelle l’administration états-unienne saborde toutes les conquêtes du droit international et la morgue avec laquelle elle s’assoit sur la dignité des peuples doivent trouver face à elles une réponse ferme et résolue. On ne peut laisser, même par un silence forcément complice, les États-Unis se placer hors des lois internationales pour mieux dicter la loi américaine du talion.

La France doit prendre des initiatives pour isoler les États-Unis lors de la réunion à venir du Conseil de sécurité et pousser au respect du droit international incluant l’autodétermination du peuple palestinien.

La Cour de justice de l’Union européenne a, ces derniers jours, produit un acte de droit d’une cruciale importance contre la politique expansionniste du gouvernement israélien en exigeant l’étiquetage des produits issus des colonies. Fondé sur l’éthique et la demande de respect du droit international, cet arrêt va bien au-delà de la simple question commerciale. Ceci doit donner de la force aux institutions européennes pour le faire respecter et produire les actes politiques en conséquence. Toute autre attitude s’apparenterait à une humiliation.

Défendre aujourd’hui le droit international, c’est défendre une solution à deux États sur les seules frontières reconnues à Israël, celles de 1967, et Jérusalem-Est comme capitale d’un État palestinien. C’est aussi la seule solution viable pour garantir la paix et la sécurité et une des conditions pour un Proche- et Moyen-Orient apaisé. L’Humanité reste à la disposition de ce combat pour un État palestinien. Que se lèvent à nouveau des forces respectueuses du droit, soucieuses de défendre la paix et la justice pour stopper le bras agité des assassins de la Palestine.

(1) Résolution 2334 du Conseil de sécurité 23 décembre 2016.

 

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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 09:12
INÉGALITÉS. PLUS DE 5 MILLIARDS DISTRIBUÉS POUR LES PLUS RICHES (L’HUMANITE - Mercredi 20 Novembre 2019 - Clotilde Mathieu)

 

Dans son portrait social, l’Insee confirme que les réformes fiscales faites en 2018 ont profité pleinement aux plus riches, qui ont gagné 790 euros par an de niveau de vie, contre 130 euros à 210 euros pour les autres.

Un coup de pouce de plus de 10 000 euros par an aux plus aisés. En multipliant les cadeaux fiscaux en 2018, le président des riches n’a pas déçu, a confirmé l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) lors de la publication de son portrait social de la France.

Balayant les effets de l’ensemble des mesures fiscales et sociales appliquées l’an dernier, sans toutefois inclure les mesures gilets jaunes, l’institut est formel : « Les 10 % de personnes les plus aisés (dont les revenus sont supérieurs à 57 120 euros – NDLR) bénéficient d’un gain en niveau plus important que les autres. » Pour cette catégorie, le gain moyen est de 790 euros par an, contre 130 euros pour les personnes vivant avec moins de 8 400 euros, et 260 euros pour l’ensemble de la population. Et ce, grâce à la transformation de l’impôt sur la fortune par l’impôt sur la fortune immobilière. Une faveur présidentielle qui a permis à 350 000 foyers d’augmenter leur revenu disponible de « 3,44 milliards d’euros », soit une hausse moyenne de 9 770 euros. Un gain près de 4 fois plus important que feu le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy. À cela s’ajoute 1,4 milliard d’euros de la mise en place du prélèvement forfaitaire unique qui vise à plafonner la fiscalisation des revenus de placement à 30 %. Avec à la clé un gain moyen de 270 euros par an pour les 10 % les plus aisés et de 460 euros pour ceux faisant partie des 5 % les plus riches. « Cet effet serait même concentré au sein du 1 % les plus aisés », note l’Insee dans ses références, sans toutefois pouvoir communiquer le montant du cadeau.

Si ces deux mesures calibrées pour les détenteurs de capitaux ont donc fait flamber les revenus des plus riches, il en va tout autrement des autres mesures fiscales ou des prestations sociales censées rendre du pouvoir d’achat et de vivre aux plus pauvres. La baisse de la taxe d’habitation de 30 % (gain annuel moyen de 170 euros), la revalorisation de la prime d’activité, des minima sociaux (220 euros) ou encore les baisses de cotisations sociales (80 euros), le chèque énergie (30 euros), sont venus compenser la réforme de l’aide au logement (perte moyenne de 60 euros) et celle sur les prestations familiales, notamment avec les modifications apportées à l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant (– 270). Avec, au total, « un effet limité sur les inégalités ».

Reste que le gouvernement osera sans doute s’en tenir à un seul chiffre. Celui d’une augmentation de 1,4 % du niveau de vie tout en bas et en haut de l’échelle des revenus. Cependant, si les très bas revenus ont été épargnés, les mesures prises ont laissé de côté les classes moyennes. Ces dernières catégories voient leur niveau de vie augmenter dans une bien moindre mesure, passant de + 1,3 % pour les mieux lotis à 0,7 % pour ceux dont le revenu est compris entre 28 060 et 33 720 euros. L’exécutif retiendra également la hausse de 1,1 % du niveau de vie globale en 2018. Mais ces mesures font 8 millions de perdants, au premier rang desquels les retraités, dont l’effet moyen se limite à 120 euros, contre près de 350 euros pour les actifs.

L’effet global est toutefois « important », relève Michaël Sicsic, chargé d’étude à l’Insee et auteur de l’étude. « À titre de comparaison, celui-ci était nul en 2017. » Un chiffre qui nécessite d’être nuancé, alerte l’Insee. Celui-ci ne prend pas en compte la hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et celles des droits sur le tabac. Or, calcule l’Insee, « les réformes de ces prélèvements indirects entraînent une perte globale de 4,51 milliards d’euros pour les ménages ». « Une hausse de la fiscalité indirecte qui affecte les personnes les plus modestes et vivant en zone rurale et périurbaine ». Ainsi, précise l’institut, la perte moyenne pour les 20 % les plus modestes est de « 60 euros ». Celle-ci est aussi comprise entre 70 et 50 euros pour les « personnes vivant dans une commune rurale ou une unité urbaine de moins de 20 000 habitants », contre 30 euros pour ceux de l’agglomération parisienne. En intégrant ces prélèvements indirects, le gain de niveau de vie tombe pour les 10 % les plus modestes à 0,4 %. Soit 30 euros au lieu des 130 euros promis par les mesures gouvernementales. Dès novembre 2018, les gilets jaunes avaient bien compris que le compte n’y était pas.

Les mesures « Gilets jaunes » ne compensent pas les cadeaux aux plus riches

Les nouvelles mesures socio-fiscales annoncées en urgence par le gouvernement en décembre puis janvier – annulation des hausses prévues de taxe carbone (3 milliards d’euros rien que pour 2019), retour à un taux de CSG de 6,6 % pour certains retraités (1,3 milliard), défiscalisation des heures supplémentaires (plus de 3 milliards), revalorisation et élargissement de la prime d’activité (2,3 milliards), pour un total de 10 milliards d’euros – ne devraient pas inverser la tendance consistant à favoriser les plus riches. Ainsi, selon les calculs de l’OFCE, ces mesures représenteraient un gain moyen de « 440 euros par ménage ». Mais ce rééquilibrage vers les classes moyennes, avec un effet potentiel de « 200 euros à 640 euros par an », ne pourra jamais compenser les cadeaux faits aux plus riches au tout début du quinquennat avec la fin de l’ISF additionnée au prélèvement forfaitaire unique. Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), le gain attendu en 2020 en raison des mesures prises dans les budgets 2018, 2019 et 2020 devrait être de 284 euros par an pour un ménage disposant de 1 149 euros par mois, de 822 euros pour les revenus de 1 537 euros et de 4 462 euros pour un ménage disposant d’un revenu supérieur à 11 713 euros par mois.

Clotilde Mathieu

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 17:23
Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Ismaël Dupont, Plourin-les-Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Ismaël Dupont, Plourin-les-Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Ismaël Dupont, Plourin-les-Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Ismaël Dupont, Plourin-les-Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Ismaël Dupont, Plourin-les-Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Ismaël Dupont, Plourin-les-Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, Plourin les Morlaix, 19 novembre 2019

Hier soir, un peu plus de 70 personnes sont venues à la salle du Cheval Blanc à Plourin-les-Morlaix, gracieusement mise à disposition par le conseil municipal une nouvelle fois pour une conférence-débat organisée par l'AFPS pays de Morlaix dans le cadre du Festival de la Solidarité Internationale avec la courageuse et brillante anthropologue isréalienne, Eléonore Merza Bronstein, qui anime avec son mari Eitan Bronstein Aparicio l'association anti-colonialiste israélienne Decolonizer et a écrit un livre exceptionnel sur l'impact de la Nakba sur la société israélienne où se mêle leur parcours militant : "Nakba. Pour la reconnaissance de la tragédie palestinienne en Israël".  

Éléonore a rappelé qu'il n'y avait aucune différence en terme idéologique entre Benny Gantz, le boucher de Gaza, et Benjamin Netanyahou. Actuellement, avec les encouragements de Trump, les Israéliens sondent le terrain à coup d'actes colonialistes unilatéraux contraires au droit international pour mesurer s'ils peuvent pratiquer une annexion pure et simple de la Cisjordanie. Pour Eléonore, un changement de politique ne viendra pas d'abord d'une évolution positive interne de la société israélienne mais de la pression internationale, de la montée en puissance de BDS. Le camp de la paix et l'opposition anti-colonialiste en Israël sont très minoritaires, peu organisés, menacés de mort souvent, ou de licenciement. On observe en ce moment un rétrécissement des libertés des juifs israéliens, des opposants à la politique coloniale. Les Palestiniens n'attendent pas d'avoir des leçons de stratégie de résistance mais ils demandent surtout aux militants de la gauche anti-colonialiste de travailler leur propre société, de s'adresser au monde pour montrer que tous les Israéliens ne cautionnent pas le colonialisme, l'occupation, les crimes de guerre, et les violations du droit international. L'Eurovision en Israël a été l'occasion d'une bataille contre la banalisation de l'Etat d'Israël en rappelant que Tel Aviv, la ville blanche, avait été bâti sur les ruines de 8 villages palestiniens. 

La société israélienne est bâtie sur 3 commémorations fédératrices d'une société en réalité très clivée, hiérarchisée et inégalitaire: une première fête nationale pour commémorer le génocide, le judéocide de la Shoah, une seconde pour commémorer le sacrifice des soldats tombés pour protéger Israël, et une troisième pour célébrer l'indépendance, c'est à dire la création d'Israël. L'armée est l'institution qui structure la société israélienne: les hommes font 3 ans de service militaire et restent des réservistes reprenant annuellement du service jusqu'à leur 50 ans, les femmes 2 ans. La recherche d'emploi est conditionnée par les états de service dans l'armée. Les arabes, les religieux, les gauchistes, et les inaptes n'ont qu'à bien se tenir. La Nakba est un mot auquel les Israéliens donnent peu sens, même si ça progresse un peu, et il est tabou d'en parler, même puni légalement de la commémorer le jour de l'Indépendance.

Pour Eléonore, en France, le CRIF ne représente que lui-même mais développe le discours qui correspond aux intérêts de la droite sioniste israélienne. Les débats sur Israël-Palestine sont passionnés du fait que la France accueille les deux plus fortes "communautés" musulmanes et juives d'Europe et qu'elle a un sentiment de culpabilité vis-à-vis de l'une comme de l'autre, du fait du passé colonial et des guerres coloniales et de la complicité de l’État français dans l'antisémitisme et le génocide. Aux Etats-Unis, les juifs très critiques vis-à-vis d'Israël et de la politique coloniale sont en revanche de plus en plus nombreux, et c'est un vrai motif d'espoir. 

Ce qui a mené Eleonore et Eitan à prendre une distance critique à affronter les mythes coloniaux israéliens: la double culture peut-être pour Elénore (mère juive alsaco-algérienne, père syrien expulsé du Golan), l'héritage universaliste et militant de parents communistes pour Éléonore, une prise de conscience éthique à l'armée pour Eitan, 100% israélien, dont la mère aussi était communiste.

Actuellement 16% des Israéliens sont pour un droit au retour des 7 millions de réfugiés Palestiniens, c'est à la fois peu et beaucoup compte tenu du conditionnement idéologique et médiatique, de l'apartheid et de la séparation de fait entre arabes israéliens, druzes et juifs, des fantasmes et des peurs sur des Israéliens qui seraient rejetés à la mer en cas de retour des Palestiniens, là où en revanche le gouvernement est prêt à accueillir les bras ouverts les 7 millions de "Juifs" dans le monde au nom du projet d’État pour les Juifs, censément laïc mais fondé sur une identité religieuse et une promesse messianique. En réalité, pour Eléonore, Israël n'a strictement aucune légitimité à parler au nom de tous les Juifs.

"Nous militants israéliens anticolonialistes, on milite aussi pour notre bien-être, pour vivre dans un monde un peu moins dégueulasse".  En France et aux Etats-Unis, de nombreux juifs s'activent aussi pour dénoncer la politique coloniale, l'occupation militaire, l'apartheid en Israël-Palestine. L'accès au pouvoir de Donald Trump reste une catastrophe pour la Paix et la cause du droit dans la région. Même si Obama aussi a accordé des armes à Israël comme jamais. 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 17:15
Les revendications du MJCF face à la précarité étudiante

Après la vague d’indignation provoquée par la tentative de suicide d’un étudiant lyonnais, la question de la précarité étudiante est apparue sur le devant de la scène.

La précarité étudiante n’est pas quelque chose de nouveau

Depuis les années 80, la population estudiantine ne cesse de croître. Pour autant, les investissements dans l’enseignement supérieur et pour les étudiants ne suivent pas et ne sont pas à la hauteur. La précarité étudiante est de plus en plus forte, obligeant un grand nombre d’étudiants à se salarier en dépit de leurs études. La démocratisation de l’enseignement est une bonne chose, mais ouvrir les portes de l’enseignement supérieur ne suffit pas, il faut également investir dedans pour permettre à tout le monde d’étudier dans de bonnes conditions.

Aujourd’hui, un étudiant sur quatre vit avec moins de 500€ par mois. 14 % des étudiants disent ne pas pouvoir se restaurer au CROUS (ticket à 3€30). Un étudiant sur deux est obligé de se salarier à côté de ses études. Le salariat étudiant est la première cause d’échec à l‘université. L’inaction des gouvernements successifs n’a fait que creuser encore plus cette précarité.

Depuis son arrivée au pouvoir, Macron n’a rien fait pour lutter contre la précarité étudiante, bien au contraire. L’une de ses premières mesures a été la diminution de 5€ des APL, alors même que le logement est le premier poste de dépenses chez les étudiants. Aujourd’hui, seuls 11 % des étudiants ont accès à un logement CROUS. Parmi ces logements, nombreux sont vétustes et méritent une rénovation complète.

Il y a plus de 2,7 millions d’étudiants dans notre pays et Macron ne s’en préoccupe pas. Il est temps que le gouvernement mette en place des politiques ambitieuses pour que les jeunes et les étudiants puissent sortir de la précarité.

Face à la précarité étudiante, le gouvernement regarde ailleurs

Depuis la semaine dernière, les vidéos de la barrière détériorée devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la conférence de Hollande perturbée tournent en boucle dans les médias. Alors que sont abordés les problèmes sociaux, qui touchent une majorité d’étudiants, les caméras sont braquées sur un acte minoritaire fait par une poignée d’individus, initiative peut être regrettable, mais n’ayant rien de dramatique.

De nombreux rassemblements ont eu lieu partout en France pour exiger une réponse politique de la part du gouvernement. Sa seule réponse a été de dénoncer des actes isolés. Les médias ont suivi. Et d’un problème qui touche une écrasante majorité d’étudiants, on en est venu à débattre de la liberté d’expression sur les universités. Pourtant, la question de la liberté d’expression est loin d’être le principal problème que rencontrent les étudiants. Les revendications du MJCF pour sortir de la précarité étudiante.

Pour sortir de la précarité étudiante, le MJCF revendique un revenu étudiant issu d’une branche de la Sécurité sociale dédiée qui soit financé sur les cotisations sociales. Ce revenu étudiant doit être fixé au-dessus du seuil de pauvreté pour permettre à tous les étudiants de pouvoir vivre dignement pour étudier dans de bonnes conditions. Ce revenu est la seule solution pour permettre de sortir l’ensemble des étudiants du salariat.

Les étudiants ont aujourd’hui de plus en plus de mal à se loger. Dans les grandes villes les logements étudiants à tarification sociale se font rares. C’est particulièrement vrai pour la capitale qui compte pas loin de 650 000 étudiants pour seulement 6 500 logements CROUS. Le faible nombre de logement à tarification sociale, le prix exorbitant des logements dans le privé obligent les étudiants à se loger dans des logements vétustes loin de leur lieu d’études. Le MJCF revendique ainsi la création de logements à tarification sociale pour les étudiants, ainsi que la nationalisation de l’ensemble des logements étudiants aujourd’hui gérés par le privé. 

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 06:39

Mexique, 16 novembre (Prensa Latina) L'ancien président bolivien Evo Morales a expliqué ici comment l'ambassade des États-Unis a éclos le coup d'État qui l'a renversé et a fait couler le sang.

Selon une interview publiée aujourd'hui par La Jornada sous le titre : Je suis tombé dans le piège ; le coup d'Etat a eu lieu à l'ambassade des États-Unis : Evo, explique que tout a commencé avec des discussions pour modifier la constitution pour une nouvelle réélection ..

Il y a eu le début d'une guerre sale basée sur des mensonges, dirigée par l'ambassade des États-Unis, a-t-il dit. Il a dit que près de deux mois avant les élections, j'ai convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade des États-Unis et je lui ai montré comment des personnes occupant des postes d'ambassade se rendaient dans certaines régions pour faire chanter nos concitoyens.

Ils leur ont dit : Ne votez pas pour Evo, ne soutenez pas, si vous ne soutenez pas, si vous ne votez pas ou ne soutenez pas Evo, nous allons en faire des rues pavées, et le chargé d'affaires m'a promis qu'ils ne feraient pas de politique.

Mais ils sont restés impliqués et ont dépensé beaucoup d'argent pour faire chanter tous les secteurs sociaux, les travailleurs et les étudiants, afin qu'ils ne votent pas pour lui, explique Morales.

Il a dit qu'ils ont démontré avec des documents les nouvelles capacités des États-Unis d'agir en Bolivie où l'agence anti-drogue DEA n'est pas, parce qu'ils l'ont expulsé, ni d'autres d'intervention et d'espionnage, mais ils mettent en œuvre d'autres alternatives.

Pour Evo Morales, il est clair que la raison du coup est le lithium. Si le nom du coup d'État est à l'ambassade des États-Unis, le nom de famille est lithium, a-t-il dit.

Il a révélé que peu avant les élections présidentielles, Ivanka Trump s'est rendu dans la ville de Purmamarca, au nord-ouest de l'Argentine, à la frontière avec la Bolivie, partie connue sous le nom de triangle du lithium, car elle inclut également le Chili. Le triangle d'or blanc concentre 75 % du total de cet élément dans le monde.

Cependant, la Bolivie concentre presque tout le métal qui semble être l'un des éléments les plus importants pour l'avenir du monde.

Nous avons commencé à développer l'industrie du lithium, mais il y a des politiques de privatisation, dit-il. Il y a aussi les complots des grands monopoles qui veulent s'emparer du métal.

Il considère que le coup d'Etat a été préparé à l'avance. C'était un coup totalement différent. J'espère vraiment que ce ne sont pas toutes les forces armées qui ont participé, mais les commandants.

Ils utilisent les forces armées pour mettre des balles dans le peuple, a-t-il dénoncé.

Il a dit qu'après son arrivée au Mexique, il a tout entendu à travers des messages, des vidéos, des réseaux sociaux. J'ai vu comment le peuple s'organise, et pour les ponchos rouges, leur trajectoire de lutte contre le colonialisme, contre l'interventionnisme, contre le militarisme, est historique.

En Bolivie, ce que nous avons vu, ce que nous avons vécu, c'est que des institutions comme la police ne sont au service que de groupes oligarchiques.

Hugo Chávez avait dans sa Police, ses Forces armées et organisé les milices armées. Qui sait si certaines forces sociales sont la base pour devenir des milices, ou si le peuple a aussi son propre groupe organisé, armé et légal.

Les gens ne veulent pas des forces armées dans la ville, parce qu'ils sont complices du coup d'Etat, a-t-il souligné.

Mon pire crime est de nous libérer, non seulement dans la partie sociale et culturelle, non seulement dans la partie idéologique et politique, mais aussi dans la partie économique. La croissance de la Bolivie surprend tout le monde. C'est le péché d'Evo.

mv/lma

source :  https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=321503&SEO=denuncia-evo-morales-como-estados-unidos-dirigio-el-golpe-en-bolivia

Tag(s) : #Evo#Bolivia#GolpeDeEstado#EvoElMundoEstaContigo

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 06:38

 

A la hausse ou à la baisse, on ne cesse de spéculer sur le blé et les autres céréales dans les salles marché. Comme la récolte mondiale de 2019 confirme celles des quatre années précédentes, permettant depuis cinq ans de répondre à la demande solvable, on spécule tantôt à la baisse et tantôt en légère hausse dans les salles de marché. Mais, dans un monde où très peu de pays disposent de stocks de sécurité, une récolte mondiale réduite par des aléas climatiques pourrait vite déboucher sur des pénuries et des émeutes de la faim comme en 2007-2008.

Sommes nous condamnés à dépendre en permanence d’un marché mondialisé et toujours spéculatif quand il s’agit, entre autre chose, de notre pain quotidien ? La question se pose quand on analyse, chiffres à l’appui, le point de presse mensuel de FranceAgriMer concernant les cours du blé du maïs et de l’orge. Ainsi, le blé français serait «compétitif» cet automne sur les marchés internationaux. Néanmoins, rendu au port de Rouen pour l’exportation, son prix était en recul de 21,9% en septembre dernier par rapport à celui de septembre 2018, en dépit d’une meilleure qualité. Si cela peut consoler les producteurs français, les prix des blés russes et ukrainiens exportés depuis les ports de la mer Noire sont en recul de 22,5% sur ceux de 2018, ceux de l’Argentine sont en baisse de 26,1% et ceux qu’exporte l’Australie ont chuté de 27,8%.

L’explication de cette chute des cours en début de campagne est simple. En 2019, on a produit dans le monde 762 millions de tonnes de blé tendre pour une demande solvable estimée à 524 millions de tonnes. Comme le stock de report promet d’être conséquent, on a spéculé à la baisse dans les salles de marchés dès le début de l’été et jusqu’au début du mois de septembre. Surtout que des pays importateurs de gros volumes comme l’Arabie saoudite et l’Algérie ne se sont pas pressés pour faire connaître leurs appels d’offres. Parallèlement, la Russie a fait un peu de rétention, ce qui a contribué à faire remonter les cours de 7% en octobre par rapport à septembre en moyenne concernant les ventes au jour le jour.

 

Moins 11% pour un blé livrable en mars 2020

 

S’agissant du «marché à terme», le producteur français de blé tendre qui s’engage à livrer sa marchandise en mars 2020 se voit proposer un prix de 180,75 € la tonne au moment de la livraison, contre 202 euros l’an dernier à la même époque, pour le même type de contrat. La baisse du prix est de 11% pour un blé de meilleure qualité que celui de l’an dernier. La note de conjoncture de FranceAgriMer nous donne l’explication suivante : « Suite aux bonnes récoltes de blé tendre estimées avant l’été, puis confirmées ensuite chez la plupart des pays producteurs, les prix du blé sur Euronext se sont affichés en nette baisse durant tout l’été. L’inversement de la tendance au cours du mois de septembre s’est poursuivi par une hausse en octobre également, soutenu par une forte demande (notamment de l’Egypte) et les inquiétudes par rapport aux récoltes de l’hémisphère sud». On sait que la production de l’Australie est annoncée en baisse de plus de 20%  du fait de la sécheresse et que celle de l’Argentine baisserait de 5%.

A l’inverse du blé tendre utilisé pour faire du pain et des biscuits, le blé dur que l’on transforme en pâtes alimentaires et en semoule à couscous a vu sa récolte baisser sensiblement en France du fait de la sécheresse. Du coup, son prix est de 250 euros la tonne une hausse sensible par rapport à l’an dernier. Les cours risquent encore de fluctuer du fait de la baisse de volumes disponibles en France mais aussi au Canada. Dans ce pays, la quantité n’est pas à la hauteur des attentes tandis que la qualité médiocre de certains blés durs va les rendre invendables pour la consommation humaine du fait des aléas climatiques de la fin de l’été. 

 

Prix en baisse et coûts de production en hausse pour le maïs

  

S’agissant des céréales fourragères comme le maïs et l’orge, les prix  2019 sont en repli sur ceux de 2018. Le recul de la production porcine en Chine suite aux dégâts causés par la peste porcine africaine a conduit à réduire le cheptel de 40%. Cette baisse du cheptel porcin chinois réduira les débouchés de deux céréales durant encore quelques mois. Pour des livraisons à échéance de janvier 2020, le prix de la tonne de maïs se négociait dernièrement à 165,5  euros  contre 172 euros l’an dernier à pareille époque. Or, du fait de conséquences de la sécheresse, le rendement du mais grain français est en baisse en 2019 par rapport à 2018. Le prix est en baisse alors que les coûts de production sont en hausse. S’agissant de l’orge fourragère, le prix de la tonne rendue au port de Rouen pour l’exportation était de 158 euros la semaine dernière contre 200 euros l’en dernier à la même époque. 

 

La France gagnerait à produire davantage de protéines végétales 

 

On sait que la France exporte bon an mal an 50% du blé tendre qu’elle produit. La moitié de ce blé exporté est acheté par des pays non membres de l’Union européenne. Ces pays font jouer la concurrence sur les prix et privilégient aussi les achats de blés avec un taux de protéines élevé que les blés français ont souvent du ma à atteindre, bien que ce ne soit pas le cas cette année. La France gagnerait donc à cultiver moins de blé. Surtout que sa culture en rotations courtes demande de gros apports d’engrais azotés tout en appauvrissant les sols en matière organique.

 Comme d’autres pays membres de l’Union européenne, la France gagnerait à cultiver davantage de protéines végétales comme le soja, la féverole, le lupin pour le bétail ; le pois chiche, le haricot sec, la lentille pour l’alimentation humaine. Cela suppose aussi une nouvelle orientation des aides européennes en faveur de ces productions. Ce serait enfin la meilleure façon de ne plus contribuer à la déforestation de l’Amazonie en réduisant progressivement les importations de soja qui dépassent chaque année les 40 millions de tonnes dans les pays membres de l’Union européenne. 

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:42

 

Ian Brossat invité de Public Sénat jeudi 7 novembre 2019

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:40

La mobilisation des personnels de l’hôpital public de ce jeudi 14 novembre a été exceptionnelle. Elle exprime la très grande souffrance des personnels soignants et leur attachement à trouver des solutions rapidement pour sauver l’hôpital public, revaloriser les métiers, réouvrir les lits, des unités de soins, des services d’urgence, des maternités, des hôpitaux de proximité

 

 

De manière exceptionnelle, le Président de la République a tenu à réagir avant la fin de la manifestation pour annoncer un nouveau train de mesures, confirmant ainsi que sa ministre n’a pas su être à la hauteur jusqu’à maintenant.

Comment peut on en effet répondre aux besoins de l’hôpital public en poursuivant les politiques d’austérité et la baisse, année après année, du budget de la santé et de la Sécurité Sociale ?


Ces déclarations du chef de l’État ont percuté l’étude du Projet de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS) au sénat. Les sénateurs de tous bords ont décidé, sur initiative du groupe communiste, de suspendre ces travaux. Ils ont ensuite refusé de voter le volet "recettes" ! A cette heure, l’étude du PLFSS est bloquée. C’est inédit ! Mais compréhensible logique : car ce budget, contraint, réduit, sera remis en cause la semaine prochaine à l’issu du conseil des ministres par les nouvelles mesures du gouvernement.


Cette situation n'est pas seulement un grand cafouillage ou un bricolage d'État. C'est la démonstration que ce pouvoir ne parvient plus à imposer sa politique au pays.


Un an après le surgissement du mouvement des « Gilets jaunes », les Français ne sont pas en attente de « pédagogie » ou de « progressivité » dans la mise en œuvre des réformes. Ils supportent plus des choix budgétaires consistant à réduire la dépense publique, faire des cadeaux aux plus riches, alléger le capital. La colère grandit également dans le pays contre une réforme des retraites qui met à mal la sécurité sociale. Rien de tout cela ne permet de répondre à l'urgence sociale qui s'exprime depuis des mois !

Bien au contraire ces politiques aggravent les inégalités !


Ce gouvernement doit changer de politique, de dogme économique, desserrer les cordons de la bourse pour répondre aux besoins de notre pays. En matière de dépenses de santé, l’ONDAM exige une hausse d’au moins 4,5% au lieu des 2,2 annoncés : il faut ajouter 4 milliards d’euros pour répondre aux besoins de notre système de santé. C’est la seule issue pour s’en sortir.

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:35

 

La cour d’appel de Rennes a cassé les deux mandats d’arrêt européens émis par l’Italie à l’encontre de l’ex-manifestant contre le G8 de Gênes.

Un seul être manquait, et tout était dépeuplé à Rochefort-en-Terre (Morbihan)… Interpellé début juillet sur la base de deux mandats d’arrêt européens émis par l’Italie et incarcéré depuis, Vincenzo Vecchi, condamné à douze ans de prison pour « saccage et pillage » lors du contre-G8 de Gênes en 2001 et d’une manifestation antifasciste à Milan en 2006, a été remis en liberté vendredi. Et dans son bourg d’élection, au café associatif de La Pente, où le comité de soutien rassemblant ses amis et ses voisins a ses habitudes, la fête a, entre vivats et embrassades, duré jusqu’à l’aube, samedi matin.

La cour d’appel de Rennes a jugé dénué d’objet le premier mandat d’arrêt à l’encontre du militant italien : sa défense avait produit plusieurs pièces établissant qu’il avait déjà purgé la peine visée. Sur le second, pour des faits imputés à Vincenzo Vecchi lors des manifestations de Gênes en 2001, la justice française a constaté « l’irrégularité de la procédure d’exécution ». « C’est une décision juste, se félicite Me Catherine Glon, une des avocates de Vincenzo Vecchi. Cette procédure, depuis le début, était irrégulière ; elle était aussi inexacte : les autorités italiennes avaient menti à l’État en évoquant des décisions de justice qui n’existaient pas ou n’étaient plus exécutoires. » Pour l’écrivain Éric Vuillard, très engagé dans le comité de soutien (lire l’Humanité du 21 octobre), la remise en liberté de Vincenzo Vecchi est une « victoire » qui « s’inscrit dans un paysage plutôt sinistre en Europe. Il y a une dégradation progressive des libertés publiques, une atteinte progressive aux droits fondamentaux et, finalement, on s’en accommode, dénonce-t-il. Là au moins, voilà une décision positive. La liberté, ce n’est pas qu’un mot, il y a toujours quelqu’un derrière la liberté. Le sort de cette personne irradie sur tous ». Également membre du comité de soutien, Pierre Laurent salue lui aussi la décision : « L’extradition demandée par l’Italie n’aura pas lieu, se réjouit le sénateur PCF. Après la Grèce, un tribunal français indique que les militants politiques ne sont ni des criminels ni des terroristes. Nous ne pouvons qu’être heureux que Vincenzo retrouve les siens. »

Après que l’avocat général s’était déclaré favorable à l’extradition lors des audiences, le procureur général de Rennes ne lâche pas l’affaire, avertissant dans un communiqué qu’il étudie l’éventualité d’un pourvoi en Cassation. Selon le parquet, la décision n’affecte pas la validité et la régularité du mandat d’arrêt européen délivré par les autorités italiennes, mais uniquement la procédure de notification en France.

Thomas Lemahieu

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:34

 

Le commandant en chef joue de ses prérogatives pour gracier trois officiers pourtant jugés coupables d’exactions contre des civils commises en Irak ou en Afghanistan.

L’hyperpuissance doit pouvoir jouer de sa force sans aucune entrave. En conséquence, ses soldats sont dotés d’un droit de vie ou de mort sur n’importe quel individu dès lors qu’ils sont déployés sur un des multiples théâtres d’intervention du Pentagone. C’est ce message qu’a envoyé Donald Trump en graciant, le 15 novembre, trois officiers accusés de crimes de guerre par les tribunaux militaires.

Le commandant en chef de l’armée américaine a usé de ses prérogatives pour faire libérer Clint Lorance, un officier qui purgeait une peine de 19 ans à la prison militaire de Fort Leavenworth après avoir été jugé coupable de l’assassinat délibéré de deux civils en Afghanistan. Il est intervenu de la même façon en faveur de Matthew Golsteyn, un officier des forces spéciales (Seal), reconnu coupable du meurtre d’un autre civil afghan désarmé. Enfin, il a ordonné que soit réhabilité Edward Gallagher, officier des Seal, lui aussi, qui avait été acquitté des accusations de plusieurs crimes de guerre commis en Irak en 2017, mais avait néanmoins été dégradé pour avoir posé avec le cadavre d’une des victimes qu’il venait de trucider à l’arme blanche.

Une volonté de rendre intouchables les expéditions américaines

« Quand nos soldats doivent combattre pour notre pays, je veux leur donner la confiance de combattre ! » a lancé le locataire de la Maison-Blanche. On ne saurait être plus clair sur la volonté de rendre intouchables, ou à tout le moins au-dessus du commun des lois de l’humanité, les expéditions militaires américaines et leurs exécutants. La décision suscite des réactions alarmées jusqu’au sein du Pentagone. Car aucun président de l’époque moderne n’a jamais usé ainsi de son pouvoir de squeezer la justice, fût-elle militaire. Gary Solis, un juge retraité de l’armée, cité par le New York Times, ne voit pas d’équivalent, « du plus loin » qu’il se souvienne. Même Nixon, dit-il, « ne pardonna pas » à un certain lieutenant Calley, coupable d’avoir co-organisé le terrible massacre de civils à My Lai durant la guerre du Vietnam.

Les trois hommes graciés par Trump ont été accablés devant les tribunaux militaires par les témoignages de leurs propres hommes. Clint Lorance a ordonné en juillet 2012 aux membres de son escadron de faire feu sur des villageois désarmés. Il a tenté de masquer son forfait à travers un rapport falsifié. Mais les soldats sous le choc l’ont immédiatement confondu. Jugé en cour martiale, il avait été placé depuis lors derrière les barreaux.

Le major Golsteyn a été jugé pour meurtre avec préméditation dans des exactions commises en 2010 en Afghanistan. Dans son dossier figure son aveu devant des enquêteurs de la CIA d’avoir tué un civil suspecté de fabriquer des bombes mais relâché faute de preuves. Donald Trump avait déjà tenté de le blanchir, quand il a été confondu pour meurtre en 2018, en dégainant un de ses tweets les plus sanglants : « Nous entraînons nos boys à être des machines à tuer. Pour ensuite les inculper quand ils tuent. »

Le refus d’adhérer à la Cour pénale internationale

Quant à Edward Gallagher, il fut accablé également par de multiples témoignages de soldats ayant servi sous ses ordres. Il apparaît ainsi qu’après avoir assassiné au couteau un civil afghan, il a menacé de réserver le même sort à d’autres membres des forces spéciales s’ils ne se taisaient pas. Le forcing de Donald Trump est destiné à pousser la logique de la toute-puissance états-unienne. En pleine cohérence avec le refus des administrations américaines successives – y compris celle de Barack Obama – d’adhérer à la Cour pénale internationale qui aurait pu juger des exactions commises par les troupes américaines en maints points de la planète.

C’est cette logique qui transpire dans le tournant national-libéral que veut impulser Trump depuis son accession au pouvoir. Il entend renforcer la domination multidimensionnelle des États-Unis en leur conférant une sorte de droit supérieur à celui des autres Terriens. Qu’il le fasse en se retirant des accords internationaux en faveur de la lutte contre le changement climatique, qui, dit-il, pénaliserait « de façon déloyale » la compétitivité des firmes américaines. Ou qu’il déclenche des guerres commerciales et économiques avec la Chine et le reste du monde.

Bruno Odent

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