Contre son gré, Vincenzo Vecchi est devenu un symbole. Arrêté en août 2019 à Rochefort-en-Terre (Morbihan), où il vivait paisiblement depuis des années, emprisonné, puis libéré en novembre après que la cour d’appel de Rennes a cassé deux mandats d’arrêt européens pris par l’Italie, cet ex-militant anticapitaliste, condamné à plus de douze ans de prison pour des exactions non établies, à Gênes en 2001 et à Milan en 2006, sur la base d’incriminations d’inspiration fasciste, demeure menacé d’extradition. À la demande du parquet, la Cour de cassation a défait le jugement à Rennes et délocalisé, sans date connue à ce stade, l’affaire à Angers. Hier après-midi, à l’invitation du député communiste Pierre Dharréville et en présence de ses collègues Stéphane Peu (PCF), Paul Molac (Libertés et Territoires), Danièle Obono et François Ruffin (LFI), son formidable comité de soutien a tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale pour défendre les principes d’une justice équitable, indépendante, la défense des droits et libertés individuelles. Ce n’est que le début, le combat continue.
Fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien ; Photo Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, p 275
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:
La rue du local de la section PCF de Brest porte son nom... Juste retour des choses pour le diffuseur de la presse et des tracts clandestins de résistance du PCF, de la JC, et du Front National de Libération, organisateur d'attentats contre l'occupant et les collaborateurs, fusillé à 20 ans le 17 septembre 1943 avec 18 autres résistants communistes brestois.
22/ André Berger (1922-1943)
Né le 30 décembre 1922 à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; monteur en chauffage ; communiste ; résistant, FTPF.
Selon Eugène Kerbaul, monteur en chauffage, André Berger aurait adhéré à la Jeunesse communiste clandestine à Brest, en août 1941, à l’occasion de sa reconstitution par Jean Kérautret. Il fut diffuseur de la propagande résistante, du PCF, de la JC et du FN. Il aurait peut-être travaillé comme mécanicien dans les chemins de fer, en 1940 et 1941, car un A. Berger faisait partie de l’organisation communiste clandestine des cheminots de Brest à cette époque, et un Berger était le mécanicien de Roger Chaigneau, membre du triangle de direction de la section du PCF de Brest, le 8 mai 1941, le jour de l’arrestation de ce dernier, alors que le train de marchandise qu’il conduisait venait d’arriver au port de commerce.
À la fin 1941 et au début 1942, André Berger assura les liaisons départementales de la Jeunesse communiste. Il entra au PCF clandestin et aux FTPF en mai 1942.
Il effectua de nombreux sabotages et participa à plusieurs attentats contre l’armée allemande. Il prit part à la protection de Raymonde Vadaine et Marie Salou, lorsqu’elles saccagèrent la vitrine de la LVF, rue de Siam, en août 1942, à deux pas de la préfecture maritime, occupée par la Kriegsmarine.
Il participa à de nombreuses autres opérations, dont certaines très importantes : il fut l’acteur principal de l’attentat contre un immeuble occupé par les officiers allemands près du « Petit-Paris » en Saint-Marc, près de Brest. Accompagné de Jean-Louis Prima, il fit sauter la voie ferrée Paris-Brest, au Rody (Anse du Moulin-Blanc, en Kerhuon). Avec Jean-Marie Teurroc et Paul Monot, il fit sauter le tableau de commande électrique du trafic ferroviaire en gare de Brest.
Il fut arrêté le 22 février 1943 à Nantes, en même temps que Jean-Louis Prima, Yves Gilloux, et Charles Vuillemin. Il fut transféré à Brest le 27 février, puis à Rennes-Jacques-Cartier le 3 mars. Il fut transféré à la prison de Fresnes le 28 juillet. Il fut jugé le 28 août 1843, par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas à Paris, et condamné à mort pour actes de franc-tireur.
Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que 18 autres résistants communistes brestois.
Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine.
SOURCES : fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, d’Eugène Kerbaul, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, d’Eugène Kerbaul, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992, ISBN 2-950 7016-0-4. – Biger Brewalan, René-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère 1940-1944, Master 1, dir. Christian Bougeard, Université de Bretagne occidentale, 2009-2010. – Site Internet Mémoire des Hommes.
Joseph Epstein, bon pour la légende est réédité au moment où son auteur, l’artiste Pascal Convert, est reconnu pour son œuvre sur la mémoire et l’oubli.
Le sculpteur Pascal Convert vient de se voir décerner le grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Rien d’extraordinaire, sauf que… l’artiste travaille depuis des années sur les thèmes de la mémoire et de l’oubli. Sa dernière œuvre porte sur l’Afghanistan. Mais sa marque fondatrice remonte à plus longtemps. En 2003, il crée le Monument aux fusillés du Mont-Valérien. C’est son projet qui a été retenu dans un concours ouvert après le vote, par le Sénat, d’une proposition de Robert Badinter. L’ancien garde des Sceaux, se rendant à la cérémonie de la cascade du bois de Boulogne, avait découvert, stupéfait, qu’aucun nom n’apparaissait sur le site proche de Suresnes où ont été exécutés plus de 1 000 fusillés résistants et otages.
À partir de là, va s’enchaîner une série de petits miracles personnels et collectifs pour l’histoire de l’art et l’art de l’histoire. Le monument n’est pas en marbre. Il ne s’impose pas par sa solennité. C’est une cloche où sont gravés sur le bronze 1 008 noms, un nombre arrêté avec le concours des familles et des associations comme il ne l’avait jamais été jusque-là. Leurs noms forment ainsi, sans hiérarchie, une ronde des fusillés.
Un monde de la conscience et du courage
Convert ne travaille pas que la forme… le fond l’intéresse aussi. Au fait, se demande-t-il, qui étaient ces fusillés auxquels on va rendre la lumière ? Le sculpteur se fait enquêteur : leur vie ? Leur combat ? Les 1 000 sont tout un monde, mais pas n’importe quel monde. Ils sont un monde de la conscience et du courage, des militants ouvriers communistes, des chrétiens à la fleur de l’âge, un aristocrate patriote, le commandant Honoré d’Estiennes d’Orves. Ce fond, à son tour, prend la forme d’un film : Aux noms des fusillés.
Et les étrangers, et les juifs, demande le sculpteur-enquêteur à Badinter. Qui répond en deux mots : « Voyez Epstein. » Convert ne se le fait pas dire deux fois. Qui est cet Epstein ? Le chef des FTP de l’Île-de-France qui précédera Henri Rol-Tanguy, mais dont les Allemands ne connaîtront que le nom d’emprunt, Estain. Au départ, un jeune juif se destinant à la carrière d’avocat mais qui, frappé par le numerus clausus du régime du maréchal Pilsudski, se retrouve en France où il rejoint le Parti communiste français. Puis, en Espagne, mitrailleur dans les Brigades internationales du côté des républicains. Épopée d’un homme, avec d’autres, dans un livre au titre évocateur Joseph Epstein, bon pour la légende…
Des histoires compliquées,
à la limite du roman
Une deuxième séquence s’ouvre avec Georges Duffau. C’est le nom donné à l’enfant d’Epstein qu’adopte le premier mari de Paula Epstein. Les histoires « privées » de la Résistance, histoires de la clandestinité, sont des histoires compliquées, à la limite du roman. Georges Duffau forme, depuis, avec Pascal Convert, un couple d’inlassables chercheurs. Sur sa lancée, l’artiste écrit un grand livre sur Raymond Aubrac, filme, sculpte, expose. Celui qui a gagné le droit, avec ses enfants, de s’appeler « Duffau-Epstein » s’immerge dans l’histoire du Mont-Valérien, y accueille des classes, organise des rencontres.
Epstein a fini comme il a vécu. Pris, le 16 novembre 1943, à sa descente du train à la gare d’Évry-Petit-Bourg. Jamais, il ne donnera un nom. Toujours inconnu des brigades spéciales de Vichy. Il avait rendez-vous avec Missak Manouchian. Le temps n’est pas encore venu pour les autorités françaises d’accepter, comme cela leur a été demandé, de faire entrer ces purs héros au Panthéon. Étrangers, juifs, communistes, l’ombre de l’Affiche rouge plane encore. L’ironie de l’histoire veut qu’en reconnaissant le formidable travail artistique de Pascal Convert contre l’oubli, c’est l’honneur de Joseph Epstein, l’un de ces « judéo-bolcheviques », comme les appelaient les nazis, qui ressort.
En librairie, le 3 février prochain : Joseph Epstein, bon pour la légende - Lettre au fils (2007),réédité par Confluences, 324 pages, 9 euros. Une conférence de Pascal Convert, en présence de Georges Duffau-Epstein, aura lieu le samedi 25 janvier, à 15 heures, dans le cadre de l’exposition « Libertad », sur les 80 ans de la fin de la guerre d’Espagne aux archives départementales de Gironde, à Bordeaux.
Disparu l’été dernier, Vladimir Velickovic, né en Yougoslavie et médaillé à Paris dès 1965, a vécu les atrocités nazies puis la fin de son pays. Exposition à Landerneau d’un maître du paroxysme.
Landerneau (Finistère), envoyé spécial.
On commence ou presque par un Paysage aux oiseaux morts de modestes dimensions, peint en 1962. Un paysage désolé et nu, tout de noir et de gris. On termine avec une toile de cinq mètres par deux mètres cinquante. Deux piquets et des barbelés devant les sombres nuages de fumée d’incendies que l’on devine. Des oiseaux noirs. C’est une toile de 2019 intitulée Danger. Dans cette même dernière salle de l’exposition du Fonds Hélène-et-Édouard-Leclerc de Landerneau sont accrochées trois autres toiles de semblables dimensions, réalisées au cours des quinze dernières années. Elles renvoient avec des feux dans les lointains, sous de grands ciels de cendres, à des incendies, des bombardements, des villages rasés que l’on devine.
Plus de cinquante ans de peinture depuis que Vladimir Velickovic, né à Belgrade en 1935, est remarqué à la Biennale de Paris par le critique d’art Georges Boudaille. Ce dernier attire encore l’attention sur le jeune peintre, dans les Lettres françaises, quand il obtient sa première exposition personnelle, rue du Dragon. Il l’avait déjà repéré deux ans avant, dans son pays. Il peignait déjà « des corps torturés, empalés, martyrisés qui témoignaient des souffrances de ses compatriotes lors de la dernière guerre, alors qu’il n’était qu’un enfant ». Un début de reconnaissance internationale va suivre avec quelques articles au même moment dans la presse américaine.
Il est l’un des rares artistes reconnus en France aussi bien qu’à l’Est
En 1970, le conservateur très éclairé Pierre Gaudibert lui consacre une première grande expo au musée d’Art moderne de la ville de Paris. En 1972, il représente la Yougoslavie à la Biennale de Venise. On le rattache au courant de la figuration narrative. À Paris, il travaille dans l’atelier d’Antonio Segui avec Gérard Titus-Carmel, repéré lui aussi dans les Lettres françaises. Velickovic est alors l’un des rares artistes reconnus en France aussi bien qu’à l’Est où il n’a jamais obéi en quoi que ce soit au réalisme socialiste. Dès cette période, il va exposer dans de nombreuses villes du monde.
Les terribles exactions des nazis contre les partisans et la population vont le marquer à jamais. Mais c’est au Louvre qu’avec son père il découvre la peinture devant la célèbre Pietà d’Avignon d’Enguerrand Quarton avec le corps pantelant du Christ mort sur les genoux de la Vierge, un bras pendant. Le peintre est athée et le restera toujours. Mais il comprend à quel point la figure du Christ dans l’imaginaire occidental exprime le tragique de la condition humaine. Il est donné au monde pour y vivre la souffrance et en être repris. C’est à cette figure que le peintre va s’attacher dans une série d’une puissance expressive que l’on ne connaît nulle part ailleurs, autour du Retable d’Issenheim exposé au musée de Colmar et de son auteur Matthias Grünewald. Le Christ du retable témoigne d’une rupture fondamentale en cours dans la représentation de la crucifixion. Ce n’est plus la sérénité de celui qui va rejoindre son père qui est représentée, mais la souffrance de celui qui meurt en ayant éprouvé jusqu’au bout l’humaine condition.
La puissance expressive du peintre vient au premier plan
Velickovic, dans une série de toiles de grandes dimensions, va décliner la passion en motifs tragiques avec le corps du supplicié, des ciels d’un gris profond, de sombres oiseaux prêts à becqueter les chairs. On pense à Prométhée, à la Ballade des pendus de Villon « pies, corbeaux nous ont les yeux cavés »… Mais on le comprend. Le peintre ne nous raconte pas des histoires. Il peint cette série dans les années 2000. Dans les vingt années qui précèdent, son pays a disparu, s’est déchiré dans des affrontements ethniques absurdes et parfois fratricides, avec des déchaînements inouïs de haine et de violence entre celles et ceux qui vivaient jusqu’alors en paix. Velickovic, pour reprendre les mots de Picasso ou ceux de Malraux à propos de Goya, n’est pas un peintre décorateur d’appartements, mais un artiste qui crie.
Il n’en est pas moins utile de préciser, tant sa puissance expressive vient au premier plan, qu’elle ne pourrait avoir cette force si ses moyens plastiques n’étaient pas au plus haut niveau. C’est un dessinateur hors pair, on le voit dès ses débuts ( Animal, 1962), c’est un coloriste exceptionnel quand bien même il a concentré sa palette sur les gris, les rouges, des touches de jaune. Il en joue en virtuose ( Lieu. Figure XXII, 1986).
Il faut saluer ici cette exposition pour ce qu’elle nous donne et pour ce qu’elle signifie. Il y eut une période où il était de bon ton de faire la moue devant les artistes de ces années et particulièrement ceux de la figuration narrative. Peut-être parce qu’à leur manière ils exprimaient un rejet de l’ordre ou plutôt du désordre du monde.
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère
21/ Joseph Ropars (1912-1943)
Né le 8 décembre 1912 à Guisseny (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier à l’Arsenal de Brest ; militant communiste ; résistant au sein des FTPF.
Marié, sans enfant, Joseph Ropars entra aux pupilles de la Marine à l’âge de quatorze ans, puis poursuivit dans la Marine nationale avant d’intégrer l’Arsenal de Brest (Finistère). Il était membre du Parti communiste français (PCF) clandestin.
Au mois de mai 1942, il rejoignit les groupes de combattants d’Yves Gilouxet participa au sabotage de la station électrique de l’Arsenal de Brest le 26 mars 1942, puis à la destruction du central téléphonique allemand de Brest.
Arrêté le 1er octobre 1942 avecCharles Cadiouà son domicile de Saint-Marc (Finistère) par la police française et le Service de police anticommuniste (SPAC) pour « activité de franc-tireur », il fut incarcéré à la citadelle de Brest puis à la prison Jacques-Cartier à Rennes (Ille-et-Vilaine), enfin remis aux autorités allemandes et transféré le 28 juillet à Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Il fut condamné à mort par le tribunal militaire du Gross Paris le 28 août 1943 et fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien.
http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/
(notice rédigée par Jean-Pierre Besse et Delphine Le Neveu)
Fonds ANACR 29 - Lettre de Joseph Ropars à sa mère et à sa soeur (le 17 septembre 1943)
Fonds ANACR 29 - Lettre de Joseph Ropars à sa mère et à sa soeur (le 17 septembre 1943)
Joseph Ropars, au centre en haut, était le bon compagnon de détention d'Albert Rannou, en bas à gauche
Ainsi donc, ce serait la CGT qui, par son « entêtement idéologique », ruinerait la France ! Le voilà, donc, le coupable tout désigné à la « chienlit » actuelle. Et sans doute avec lui, toutes les autres organisations syndicales, les mouvements populaires et les forces politiques qui se dressent contre un projet largement repoussé par les Français. Soyons sérieux. Si quelqu'un aujourd'hui menace la prospérité de notre pays et celle de nos concitoyens, ce n'est sûrement pas de côté-là qu'il faut chercher. Le responsable, c'est plutôt celui qui cherche à imposer à tout prix une réforme des retraites synonyme de régression sociale. Comment qualifier autrement un texte qui fera une grande majorité de perdants parmi les quelque 20 millions d'actifs assujettis au régime général ? Égrener les exemples serait fastidieux. En faisant du blocage des ressources financières la clé de voûte de sa réforme, le président de la République ferme en réalité la porte à tout débat. Pour garantir l'équilibre, en l'absence de toute alternative, les ajustements se feront ainsi immanquablement par la baisse des droits : recul de l'âge d'équilibre, modalités d'indexation des retraites défavorables, baisse des pensions en jouant sur la valeur d'acquisition du point ou sa valeur de service... En d'autres termes, conférence de financement ou pas, les syndicats auront à choisir entre l'augmentation de l'âge de départ à la retraite et le gel des pensions. De quoi provoquer la colère, non ?
Il est possible pourtant de faire autrement, comme les communistes le proposent. Mais cela suppose de faire sauter quelques carcans. Comme augmenter les salaires, d'abord : nous demandons une hausse du SMIC de 20% et de l'ensemble des salaires, dans le public comme dans le privé. De faire respecter sans attendre l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, cela rapporterait 6 milliards d'euros de cotisations supplémentaires. Il faut mettre fin également au régime spécial de la finance : les revenus financiers perçus par les entreprises sont exonérés de cotisation pour notre système de retraite. Nous proposons de les mettre à contribution comme les autres revenus, à hauteur de 10,45 %. Cela rapporterait 30 milliards à notre système de retraites. Moduler enfin les cotisations sociales des entreprises favorisant l'emploi, la formation, les salaires, le climat. Voilà les propositions que nous mettons sur la table, pour garantir à tous une retraite digne, dès l'âge de 60 ans. Et cela sans aucun risque de ruiner la France, bien entendu.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord
Né le 1er juin 1921 à Brest (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; électricien à l’Arsenal de Brest ; syndicaliste CGT.
Paul Monot adhéra au Parti communiste français en 1938, à dix-sept ans. Mobilisé en 1939, et démobilisé en fin 1940, il reprit aussitôt le contact avec le Parti communiste. Il diffusa alors les tracts clandestins du PCF, des Jeunesses communistes (JC), puis du Front national à sa création. Il fit des inscriptions sur les murs, et fut aussi collecteur du Secours populaire clandestin.
D’après Eugène Kerbaul, au début de 1941, il commença de premiers sabotages, avec son groupe communiste dirigé par Pierre Corre. On pense qu’il faisait partie du premier groupe Organisation spéciale (OS) du PCF, qui organisa en mars 1941 une embuscade, au cours de laquelle plusieurs militaires allemands furent tués et leurs corps dénudés, immergés en rade.
Paul Monot participa à la préparation et au déroulement de grèves organisées à l’Arsenal de Brest par le PCF clandestin en octobre et décembre 1941, dont l’un des aspects était la protestation contre les exécutions des otages de Chateaubriand et des condamnés du groupe Élie par les Allemands.
Il prit part à des actions de sabotage de sous-stations électriques à l’Arsenal de Brest le 27 mars 1942. De même il pratiqua des sabotages destinés à marquer, le 14 juillet 1942, la fête nationale dont la célébration avait été interdite par les autorités allemandes avec l’accord de Pétain.
Parmi les attentats attribués avec certitude à Paul Monot, citons celui à la dynamite contre le Gasthaus de la rue Jean-Jaurès, lieu de rendez-vous et de débauche pour les officiers allemands, qui fut perpétré avec Lucien Argouarc’h et quelques autres Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Autre attentat, celui de la « Maison de Hitler » située au bas de la rue Jean-Jaurès, appelée comme telle par les Brestois parce qu’il s’y trouvait en permanence dans la vitrine des portraits des principaux dirigeants du IIIe Reich. Passé aux FTP dès leur création fin avril 1942, il participa à plusieurs de leurs actions, y compris à des missions de sabotage et coups de main, à Lorient et dans divers secteurs du Morbihan. Il fabriquait des bombes chez lui.
Le 1er octobre 1942, Paul Monot fut arrêté à Brest par des policiers français du Service de police anticommuniste (SPAC) et abominablement torturé. Le 11 novembre 1942, il fit une tentative d’évasion qui échoua en raison de l’intervention d’un policier français. En représailles, du 13 novembre 1942 au 28 janvier 1943, Paul Monot et ses camarades de cellule, dans le château de Brest, eurent les fers aux mains et aux pieds. Il fut transféré à Rennes le 28 janvier 1943, où il fut à nouveau torturé, mais il supporta ces supplices avec un courage admirable. Il fut transféré à la prison de Fresnes le 28 juillet, jugé le 28 août 1943 par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas à Paris, et condamné à mort pour sabotages et actes de franc-tireur.
Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que dix-huit autres résistants communistes brestois. Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Il reçut la mention « Mort pour la France » attribuée par le ministère des Anciens Combattants en date du 16 juin 1949 et fut cité à l’ordre du régiment no 419, Rennes, 30 août 1946, comportant Croix de guerre avec étoile de bronze.
SOURCES :DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935 - janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992. – Site Mémoire des Hommes.
Gilles Pichavant
Lettre copiée après qu'elle ait été transmise par Jacques Guivarch et Annie sa femme, de Pleyber-Christ. Lettre accompagnant celles beaucoup plus nombreuses, d'Albert Rannou, tué avec Paul Monot.
Paul Monot était né le1er juin 1921 à Brest, il a été fusillé à 22 ans, il était ouvrier à l'arsenal de Brest, membre du Parti communiste français (PCF) et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) dans la région de Brest
(Sur le coin de la page à grand carreau du cahier d'écolier ou est écrit cette dernière lettre de Paul Monot, le marteau et la faucille).
Fresnes, le 17 septembre 1943
Chers Grand-mère, oncle, tante et cousine !
Je vous envoie un mot pour vous donner une bien triste nouvelle : il est près de 11h et on vient de me prévenir que mon recours en grâce a été rejeté et que je serai fusillé cette après-midi à 16h. Mais je saurai mourir en vrai Français.
Je demande pardon à Grand-mère et à vous tous car je n'ai pas toujours été chic et je ne savais pas ce que je faisais. Mais depuis le temps que je suis ramassé j'ai eu le temps de réfléchir à tout cela et de me mordre les doigts bien des fois.
N'oubliez pas surtout les policiers français et il faut qu'ils payent ce qu'ils ont fait, car je les déteste bien plus que l'occupant et ceux-là oui sont les vrais traîtres à la patrie.
Pour moi, je suis (difficile à lire), je pars et c'est la loi, je trouve cela régulier. Il y en a qui meurent dans leur lit, d'autres au champ d'honneur, moi je meurs au poteau. Qu'est-ce que vous voulez, c'est la destinée, je ne suis pas jaloux de ceux qui restent et comme il y a déjà des monceaux de cadavres avant moi, j'espère que je serai dans les derniers à payer de la vie la joie de voir enfin la victoire qui approche à grand pas.
L'unité communiste réalisée pour un monde sans guerre. Car n'oubliez jamais que vous n'aurez cela qu'avec un régime où tous les prolétaires seront unis.
Dernière lettre à sa famille de Paul Monot- résistant communiste brestois de l'Arsenal condamné à mort et exécuté au Mont Valérien le 17 septembre 1943
En dépit des 5 000 milliards d’euros perdus dans la crise de 2008, les réformes en cours visent à permettre aux Bourses de siphonner davantage l’épargne populaire.
«J’ai vu l’essentiel de ma retraite partir en fumée en quelques jours. » Technicien dans l’informatique, Anthony Smith habite à Londres. Comme des millions de salariés britanniques, il comptait se garantir un maintien de son niveau de vie après passage à la retraite en versant 10 % de son salaire tous les mois sur le fonds de pension de son entreprise. Il pensait pouvoir bénéficier d’une rente d’environ 15 000 livres (17 620 euros) par an, qui aurait complété la très maigre retraite de base forfaitaire de 560 livres (660 euros) par mois versée à tous par l’État britannique. Ses économies ne se remettront pas du krach financier de 2008. Un tiers du capital qu’il a épargné va disparaître.
Jane McGovern habite à San Francisco, elle travaillait comme cadre dans une entreprise pharmaceutique. Pour compléter les maigres revenus garantis par la sécurité sociale états-unienne et arrondir sa retraite, elle a opté pour le fonds de pension privé de son entreprise. En octobre 2008, elle déplore l’écroulement de la valeur de son placement : « Depuis cet été, ça n’arrête pas. En l’espace de quelques mois, mon capital a fondu de 40 %. »
Les témoignages comme ceux-là ont pris la forme d’une sinistre rengaine, il y a moins de douze ans, au lendemain du krach financier, tant ils correspondaient au sort commun dans les pays anglo-saxons, où prévaut un système par capitalisation. Des dizaines de millions de petits épargnants salariés ont été ruinés. Nombreux sont ceux qui ont sombré dans la grande pauvreté, contraints de survivre avec le maigre filet de garantie public ou de différer, quand ils n’ont pas perdu leur emploi, leur départ jusqu’à… 75 ans, voire au-delà. Le choc fut d’une telle ampleur qu’il ne s’est plus trouvé grand monde à l’époque pour défendre la capitalisation, y compris parmi les « experts » qui l’avaient déjà promue, en Europe, comme un complément indispensable aux revenus tirés des systèmes publics par répartition. Le « fiasco des fonds de pension anglo-saxons » faisait la une de divers titres peu suspects d’esprit critique à l’égard du libéralisme. Le diagnostic, il est vrai, était bien trop accablant. Les pertes desdits fonds ont culminé à 5 400 milliards de dollars (environ 5 000 milliards d’euros), soit plus de deux fois la valeur du PIB (l’ensemble des richesses produites) d’un pays comme la France en un an.
« Lorsque la Bourse montait, on a porté trop d’attention aux systèmes par capitalisation, les systèmes de retraite ont été individualisés. Aujourd’hui, c’est chacun pour soi, et les salariés risquent de se retrouver avec des retraites minables », concluait en octobre 2008 Pierre Habbard, de la Tuac, la commission syndicale consultative de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) regroupant les pays les plus développés, organisme qui appuyait pourtant déjà fortement l’extension de régimes « complémentaires » par capitalisation.
Douze ans plus tard, tous ces constats sans appel, ces témoignages terrifiants ont totalement disparu de l’analyse des gouvernants des grandes puissances occidentales. Dans son « Panorama des pensions 2019 », l’OCDE n’y fait plus aucune allusion et appuie au contraire ostensiblement, en France, les réformes d’Emmanuel Macron, en plaidant l’instauration d’un meilleur « mix » entre régimes public et privé. Soit, traduit du sabir technocratique, un appel pressant à accorder une part croissante aux fonds de pension ou aux assurances-vie dans la gestion de la couverture vieillesse.
Si l’on veut bien y regarder de plus près, il s’agit de siphonner l’épargne populaire vers les marchés financiers, toujours plus voraces, pour tenter de doper vaille que vaille un système à bout de souffle, malade de cette financiarisation. Ce qui ne manque pas de faire surgir, au passage, l’émergence du besoin d’une tout autre mondialisation.
Aux États-Unis ou au Royaume-Uni, les fonds de pension des entreprises ont pu évoluer vers un recours quasi systématique à des plans d’épargne à « cotisations définies » en lieu et place des garanties offertes par les anciens modèles à « prestations définies », soit le versement de pensions-rentes garantissant un maintien du pouvoir d’achat des retraités. Un vrai changement de paradigme qui a permis de drainer l’épargne des salariés, futurs retraités, vers la Bourse tout en transférant sur leurs épaules l’intégralité du risque induit par ces placements.
En Europe, des sociétés comme le géant états-unien BlackRock ou l’assureur français Axa sont aux avant-postes de ces efforts de captation de l’épargne populaire par les marchés financiers. À l’heure de la très faible rentabilité des emprunts d’État, pour cause de taux d’intérêt de la BCE voisin de zéro, ils font le forcing pour banaliser les placements en actions. Axa invite ainsi à souscrire des contrats d’assurance-vie dits Excelium, un placement en partie constitué d’actions avec, donc, risque avéré de perte en capital. L’un des produits d’épargne phares de BlackRock, l’ETF (Exchange Traded Fund), est, lui, carrément indexé sur l’évolution des cours du Dow Jones ou du CAC 40.
Ce serait à ces dizaines de millions de salariés « ordinaires » d’affronter seuls, comme de vulgaires petits boursicoteurs, le risque d’une rapide dévalorisation de leurs « actifs ». Soit un véritable cataclysme en cas d’éclatement de la gigantesque bulle spéculative qui s’est accumulée sur les Bourses ces derniers mois. Un déchaînement d’une intensité inégalée qui ferait passer l’ouragan financier de 2008 pour un aimable zéphyr.
Une trentaine de colistiers et soutiens de la liste de gauche "Morlaix Ensemble" étaient sur le pont samedi 18 janvier au matin pour rencontrer les habitants de Pors ar Bayec et du quartier de la Madeleine afin de recueillir leur parole sur leur quartier, ses points faibles, les améliorations à prévoir, aller se rendre compte de visu des problèmes et des choses à régler et à inscrire dans notre projet municipal.
La démocratie participative en acte, ça commence par la consultation des habitants sur leur quartier.
Plusieurs nouveaux soutiens aussi ont été enregistrés pour le comité de soutien de la liste "Morlaix Ensemble" (soutenue par Génération.s, le PS, le PCF, avec 50 % de citoyens engagés de gauche sans affiliation politique partisane et conduite par Jean-Paul Vermot).
Jeudi prochain, 23 janvier, à 18h30, à l'Auberge de Jeunesse, Morlaix Ensemble organise un forum participatif sur la place des habitants de Morlaix dans la gestion de leur ville. Venez nombreux!!!
Photo JL Le Calvez 18 janvier 2020 Rue de la Madeleine
Photo JL Le Calvez 18 janvier 2020 Rue de la Madeleine
Photo JL Le Calvez 18 janvier 2020 Rue de la Madeleine
Photo JL Le Calvez 18 janvier 2020 Rue de la Madeleine
Photo Ismaël Dupont Rue de La Madeleine 18 janvier 2020
Photo Ismaël Dupont Rue de La Madeleine 18 janvier 2020
Photo Ismaël Dupont Rue de La Madeleine 18 janvier 2020
Photo JL Le Calvez 18 janvier 2020 Rue de la Madeleine
Le Cian 29, Collectif pour l’interdiction des armes nucléaires dans le Finistère et qui rassemble une quinzaine d’associations et organisations syndicales et politiques, a organisé ce samedi matin une marche pacifiste dans les rues du centre-ville de Quimper. Le cortège, composé d’une trentaine de personnes, a défilé derrière une fausse bombe nucléaire.
Cette arme que les militants dénoncent et veulent voir disparaître. « Avec le prolongement de la surenchère entre les États-Unis et l’Iran, on s’est demandé si cela n’allait pas déclencher une guerre nucléaire, assure Roland de Penanros, de l’Université européenne de la paix. Ce rassemblement, c’est pour dire non à la surenchère. Il faut désarmer cette région, en faire une zone d’exclusion du nucléaire, comme en Arctique ou en Amérique du Sud. Le but est de faire pression sur le gouvernement français pour qu’il signe le traité d’interdiction des armes nucléaires, que la France n’a toujours pas signé, contrairement à 122 États ».
Dans le sillage Paris, qui est devenue en mai la première ville française à souscrire à ce désengagement, les militants souhaiteraient que les villes bretonnes suivent ce mouvement. « Après tout, les maires sont les premiers responsables de la sécurité de leurs citoyens, il est normal qu’ils s’engagent, reprend le représentant du Cian 29. Berrien est la première commune bretonne à avoir dit non aux armes nucléaires ».
Un courrier aux listes candidates
Le collectif va adresser un courrier aux listes candidates aux élections municipales dans une quinzaine de villes finistériennes (Quimper, Brest, Concarneau, Douarnenez…), leur demandant de s’engager sur ce dossier en cas d’élection. « La concentration à l’île Longue de l’essentiel de notre force nucléaire fait des villes du département les premières victimes potentielles en cas d’attaque nucléaire », estime Yvonne Rainero (PC).
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Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste.
Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale.
Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.