Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 06:55
Jean Le Brun (1905-1983): grand résistant et maire du Guilvinec - photo Maitron

Jean Le Brun (1905-1983): grand résistant et maire du Guilvinec - photo Maitron

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère

10/ Jean Le Brun (1905-1983): grand résistant et maire du Guilvinec

Source: essentiellement la page consacrée à Jean Le Brun par Alain Prigent dans le Maitron.

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136587&id_mot=

Né le 1er mars 1905 et mort le 2 décembre 1983 au Guilvinec (Finistère) ; officier de marine marchande ; résistant et déporté ; conseiller municipal (1947-1965) puis maire du Guilvinec (1965-1983) ; candidat suppléant du PCF aux élections législatives de juin 1968 dans la circonscription de Quimper.

Son père Jean Marie Le Brun, marin, épousa Marie Maréchal, ménagère. Ayant reçu une formation de radio à L’Abri du Marin, puis à l’école des radios de la marine, Jean Le Brun quitta Le Guilvinec en 1935 et s’engagea à la pêche à Boulogne-sur-Mer à bord des grands chalutiers. Il se maria le 30 janvier 1935 à Boulogne-sur-Mer avec Madeleine Geneau. Le couple eut eu six enfants ; les deux aînés nés à Boulogne-sur-Mer, les suivants au Guilvinec.

Membre du Parti communiste boulonnais dès 1935, il fut officier radio en 1937-1938 à la compagnie France-Navigation créée par le PCF pour assurer le ravitaillement en armes des républicains espagnols. Après la débâcle de 1940 il revint en Bretagne recevant l’ordre du PC clandestin de ne pas reprendre contact avec les communistes du Guilvinec.

Quand la direction clandestine nationale réorganisa son réseau de radios décimé par la Gestapo, elle se tourna vers les officiers radios de France-Navigation et contacta secrètement Jean Le Brun. Tous se retrouvèrent à Paris pour mettre au point leur méthode et prendre livraison de matériel. L’épouse de Jean et leur dernier né furent du voyage malgré les difficultés de déplacement de l’époque. Le matériel radio prit place au retour parmi les affaires du bébé, Maxime Le Brun. Jean Le Brun reprit la pêche à la sardine au Guilvinec puis obtint un poste de répartiteur du poissons auprès des mareyeurs. Il appartenait au réseau le plus secret de toute la guerre, le Service B, assurant les liaisons radios avec Londres.
Les services goniométriques de l’armée d’occupation repérant les émissions venant du Guilvinec, il fut arrêté le 12 janvier 1943 par la Gestapo et condamné à quinze mois de prison par la cour spéciale de Paris pour faits de résistance. Incarcéré à la Santé, à Poissy, à Melun, à Chalons-sur Marne, puis à Compiègne, il fut déporté le 14 mai 1944 par les nazis au camp de concentration de Buchenwald où il devient un matricule, le N° 51801, dans le block 19. Les 2055 prisonniers de ce convoi portèrent les matricules à partir de 50000. Il fit partie du groupe de protections des détenus organisés clandestinement sous la direction de Marcel Paul.
Il a reçu la médaille de la Résistance par décret du 3 août 1946 (JO du 31 octobre 46, p. 96), en même temps que trois autres résistants, dont Roger Arnould, également déporté à Buchenwald. Jean Le Brun et Roger Arnould ont en commun d’avoir sauvé la vie de Marcel Bloch (qui deviendra Dassault), qu’ils exfiltrèrent des convois de la mort le 8 avril 1945, quelques jours avant la libération du camp (qui a eu lieu le 11 avril 1945).

Revenu de l’enfer concentrationnaire, il reprit ses activités militantes et fut élu en 1947 au conseil municipal du Guilvinec. Il devint maire de la commune en 1965, succédant à Marc Scouarnec qui conduisit en 1935 la liste d’union conduite enlevant 19 sièges sur 23. Jean Le Brun dirigea la commune pendant trois mandats jusqu’en mars 1983. Pendant cette période, la municipalité œuvra au développement de la commune (école maternelle, ateliers municipaux, salle omnisports, aménagement du collège Paul Langevin et de l’arrière-port).
Jean Le Brun fut candidat suppléant du PCF aux élections législatives de juin 1968 dans la circonscription de Quimper avec Jean-François Hamon. Arrivés en tête au premier tour ils représentèrent la gauche au second tour.

Louis Péron de l’Association Nationale des anciens Combattants de la Résistance, Mme Yvonne Kervarec de la FNDIRP et Jean Kervision pour le PCF prononcèrent son éloge funèbre.

A lire:

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 1/ Daniel Trellu (1919-1998)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

 

Photo Repas Républicain du PCF Pays Bigouden, 23 janvier 2019, au Guilvinec: château de Kergoz, Maxime Le Brun et Claude de Lunardo.

Photo Repas Républicain du PCF Pays Bigouden, 23 janvier 2019, au Guilvinec: château de Kergoz, Maxime Le Brun et Claude de Lunardo.

Maxime Le Brun, à droite, qui milite depuis ses 14 ans au Parti Communiste, ancien éducateur spécialisé chez les Religieuses à Quimper, ancien marin-pêcheur, né en résistance. Son père, Jean Le Brun, maire du Guilvinec jusqu'en 1983, fut radio sur les cargos. Communiste, il aida à acheminer des armes à l'Espagne Républicaine et avec un poste émetteur remis par la France Libre, il organisa des transmissions radios avec Londres, allant chercher le poste avec sa femme et son fils, Maxime, né en 41, alors tout bébé. Dénoncé, Jean Le Brun fut déporté à Buchenwald où il intégra la résistance du camp. On lui doit notamment d'avoir protégé et sauvé Marcel Bloch (Marcel Dassault) selon la décision prise par le Parti communiste clandestin pour la reconstruction de la France. Jean Le Brun, animateur du journal Le Travailleur Bigouden avec Jean Kervision et Gaston Balliot, fut, aux dires mêmes du maire actuel du Guilvinec, de droite, un super maire, très humain, très respecté pour ses valeurs, sa proximité, son exemplarité, en plus d'être un héros de la résistance.
C'était le 23 janvier 2019 de la section PCF du Pays Bigouden au château de Kergoz entre l'école Louise Michel, la rue George Politzer et la rue Neruda. Il reste des traces des Rouges dans ce pays de communisme populaire, chez les marins-pêcheurs et les ouvrières des conserveries.
A côté de Maxime Le Brun, il y a Claude De Lunardo dont le père, immigré italien, a fait de la résistance, comme son grand-père, Vincent Larnicol, qui cachait des armes dans sa carrière à Lesconil, et a connu deux ans de prison pendant l'occupation suite à une rafle, à Quimper, Vanves et Compiègne, avant de s'évader d'un convoi partant en déportation en Allemagne en 44.
Le Parti Communiste, c'est aussi l'ordinaire d'un héritage héroïque et cependant mode

 

Partager cet article
Repost0
10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 20:49
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de Morlaix Ensemble, pour une ville solidaire, écologique et active sur la Santé et les solidarités à Morlaix, à Ploujean, ce jeudi 9 janvier (photos Jean-Luc Le Calvez)
Atelier participatif de la liste Morlaix Ensemble introduit et animé par Cathérine Tréanton et André Laurent sur la santé et les solidarités à Morlaix.
A la salle socio-culturelle de Ploujean, jeudi 9 janvier, de 18h30 à 20h30.
Morlaix, une ville qui a perdu 800 habitants de 2011 à 2016, près de 2000 entre 2008 et 2020, dont seule la population de plus de 60 ans et de plus de 74 ans a tendance à augmenter, qui compte une grande proportion de familles monoparentales, 20% de privés d'emplois (contre 8% en moyenne bretonne), un taux de mortalité précoce due à des comportements à risque, à la précarité, supérieur à la moyenne.  
Des échanges de très grande qualité sur l'accueil et la politique petite enfance, l'accompagnement de la jeunesse vers l'autonomie, la prévention des addictions, la lutte contre le chômage, la précarité sociale, énergétique, la lutte contre la fracture numérique, l'accès à la santé et aux soins, la prévention, l'accompagnement du vieillissement, les EHPAD, foyers logements participatifs et solidaires à construire pour les personnes âgées, l'accès aux droits, l'aide à domicile, la défense du service public hospitalier et le soutien à l'ORPAM, la lutte contre l'isolement des personnes âgées. Cette réunion publique nous a permis de faire émerger un certain nombre de besoins, de constats, et de propositions qui vont guider notre politique municipale de gauche dans les 6 ans à venir.
 
Partager cet article
Repost0
10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 20:27
Dividendes records du CAC 40 en 2019 : 60 milliards dilapidés vers la spéculation ! (Fabien Roussel--PCF)
COMMUNIQUE DE PRESSE
 
Dividendes records du CAC 40 en 2019 : 60 milliards dilapidés vers la spéculation ! (Fabien Roussel--PCF)
 
60 milliards d'euros, c'est l'orgie de liquidités restituées en 2019 aux actionnaires du CAC 40, dépassant de très loin le niveau record de 2007, avant la crise financière.
 
En hausse de 12 % par rapport à 2018, ces dividendes versés pour l'essentiel aux grands actionnaires des multinationales du CAC 40 vont dépasser allègrement les 500 milliards d'euros depuis 2009.
 
L'argent coule donc à flot, pour les fortunés et les fonds spéculatifs, en quête de rentabilité toujours plus grande, au détriment de l'investissement, des salaires et de l'emploi. Et son débit ne cesse de grossir, puisque sur la dernière décennie, la rémunération des actionnaires aura progressé 4 fois plus vite que les salaires.
 
Il est temps de « mettre la main » sur ce pactole accaparé par des spéculateurs sans foi, ni loi. C'est indispensable pour financer nos retraites, la création d'emploi, les hausses de salaires, la transition
écologique et l'investissement productif.
 
Le PCF propose à ce titre de faire cotiser ces dividendes au même titre que tous les revenus et de moduler les cotisations sociales des entreprises à partir de critères sociaux et environnementaux.
 
A cette condition, les entreprises et particulièrement les grands groupes industriels et financiers pourraient retrouver le chemin vertueux d'une production utile aux besoins de la société, de salaires
décents et d'une protection sociale de haut niveau pour les salarié-e-s qui produisent les richesses.
 
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
 
Paris, le 9 janvier 2020.
Partager cet article
Repost0
10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 19:32
Gouvernement espagnol : un nouvel espoir pour les peuples d'Espagne (PCF)
Gouvernement espagnol : un nouvel espoir pour les peuples d'Espagne (PCF)
 
La constitution d'un gouvernement de coalition de gauche en Espagne, pour la première fois depuis le début de la transition démocratique post-franquiste met fin à de nombreuses années de gouvernement conservateur et néolibéral. Celui-ci a laissé le pays dans un état socialement exsangue et où les tensions politiques et nationales sont exacerbées par le réveil de l'autoritarisme hispaniste qui a ouvert la
voie à l'extrême-droite.
Le PCF salue fraternellement et chaleureusement la bataille menée par le Parti communiste d'Espagne et la Gauche Unie, au sein de la coalition Unidas Podemos, qui ont contraint le PSOE à conclure un programme de
gouvernement fondé sur la récupération des droits remis en cause par la droite : droit des travailleurs et des travailleuses, droit à l'éducation, droits des retraités, droit d'accès à l'énergie, droit d'expression et de réunion, droits des femmes, droits des LGBTI, pour une vaste réforme fiscale. Ce programme de gouvernement comporte le ferment d'importantes avancées pour les peuples et les nations
d'Espagne.
Le PCF salue la coalition Unidas Podemos et nos camarades du PCE et de la Gauche Unie Alberto Garzon et Yolanda Diaz, qui auront respectivement les portefeuilles de la consommation et du travail ausein du prochain gouvernement.
Une autre bataille majeure commence désormais : celle de faire respecter cet accord, celle de combattre partout la droite et l'extrême-droite revanchardes, celle de sortir le pays de la crise sociale et institutionnelle. L'intervention et les mobilisations populaires seront déterminantes pour faire respecter l'accord et imposer des choix en faveur des travailleurs. Cette bataille est aussi celle de la gauche européenne. Nos camarades espagnols de la Gauche Unie et du PCE pourront compter sur la solidarité constante et active des communistes français dans cette lutte.
 
Parti Communiste Français,
 
Paris, le 10 janvier 2019.
Partager cet article
Repost0
10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 05:59
FINANCES PUBLIQUES. LE DÉFICIT CACHÉ DU PROJET DE RÉFORME GOUVERNEMENTAL (L’HUMANITE - Jeudi 9 Janvier 2020 - Clotilde Mathieu)
FINANCES PUBLIQUES. LE DÉFICIT CACHÉ DU PROJET DE RÉFORME GOUVERNEMENTAL (L’HUMANITE - Jeudi 9 Janvier 2020 - Clotilde Mathieu)

Alors que l’exécutif tape sur les déséquilibres du système actuel de retraite pour justifier la mise en place de l’âge pivot, le régime à points devrait, dès 2025, placer durablement toutes les caisses dans le rouge.

« Un pognon de dingue ». Le projet de réforme des retraites du gouvernement représenterait une perte de 41 milliards, d’après l’économiste de l’OFCE Henri Sterdyniak, voire de 67 milliards d’euros selon les calculs de Guillaume Duval, rédacteur en chef du magazine Alternatives économiques. Un « coût » caché par l’exécutif qui s’est bien gardé de divulguer un quelconque chiffrage financier de la réforme.

Un taux unique pour les cotisations patronales de 16,87 %

Les chiffres vertigineux avancés par les économistes s’expliquent par le taux de cotisations unique qui sera fixé à 28,12 %, dixit le rapport Delevoye, partagé à 60 % pour les employeurs et à 40 % pour les assurés. Soit un taux unique pour les cotisations patronales de 16,87 %. Et si, dans le privé les entreprises cotisent à hauteur de 16,46 %, l’État le fait à 74,28 %. Le taux est également de 30,6 % dans les collectivités territoriales et la fonction publique hospitalière. Si bien que, du fait de l’alignement du taux, le trou dans les caisses pourrait se chiffrer à 37 milliards d’euros, a calculé Henri Sterdyniak. Dans le détail, il serait de 33 milliards d’euros pour la fonction publique d’État, 4 autres pour la fonction territoriale et hospitalière.

Pour Guillaume Duval, le manque à gagner serait quasi double. Ce dernier a pondéré « les masses salariales des secteurs » pour définir un taux unique moyen de 23,8 %. « Entre le taux de 16,9 % prévu par le gouvernement et les 23,8 % moyens actuels, il y a un trou de presque 7 points de cotisations. Compte tenu des 916 milliards d’euros de salaires bruts versés en 2018, cela équivaut à un manque à gagner de 63 Mds d’euros par an pour les retraites », estime-t-il.

À cela s’ajoutent les pertes des retraites complémentaires, via la chute des cotisations des cadres au-delà de 120 000 euros de revenus annuels, qui tomberaient de 28,12 % à 2,81 %. Ce qui provoquerait une perte de 4 milliards en 2025 et de 5 milliards en 2040, soit une moyenne de 4,8 milliards par an. Au total, cela représenterait, sur ces quinze ans, quelque 72 milliards de manque à gagner en cotisations pour les régimes complémentaires, selon un document interne à l’Agirc-Arrco daté du 20 octobre 2019. Et cela s’ajoute au trou « résultant de la défiscalisation de l’épargne, évaluée de façon minimaliste dans l’exposé des motifs de la loi Pacte à 1,2 milliard par an. Le déficit global pour la solidarité serait donc de 6 milliards par an et 90 milliards en cumulé jusqu’à 2040 », note l’Ugict.

« Or, nulle part dans le rapport Delevoye comme dans les éléments communiqués depuis, il n’est précisé par quel miracle le financement des retraites est supposé rester constant après la réforme malgré cette chute spectaculaire des rentrées de cotisations patronales », dénonce Guillaume Duval. Même Dominique Seux, chroniqueur sur France Inter, directeur délégué de la rédaction du journal les Échos, trouvait, ce lundi, « étonnant, voire incroyable que l’on ait si peu d’éléments sur le cadrage financier de la réforme  ». Et de s’interroger : « Est-elle neutre, coûteuse ? La transformation du système permet-elle de réaliser des économies ? » Face à la chute des ressources, les gouvernements pourront toujours suivre les explications de l’ancien premier ministre, François Fillon, auteur de la réforme des retraites de 2003, lequel, en 2016, déclarait que « le système par points (…) permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue : ça permet de baisser chaque année la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions ».

La transition : une zone rouge impossible à déterminer

Reste qu’en fixant la date d’entrée dans le système à points à 1974, en laissant vivre deux systèmes en même temps, le gouvernement a créé les conditions d’une « transition impossible » qui « aboutira à fragmenter et à fragiliser pendant longtemps » le système de retraite, alerte Henri Sterdyniak. « Dès 2022, théoriquement, mais surtout en 2025 en pratique (car très peu de jeunes nés en 2004 ou après commenceront à travailler avant 2025), les caisses existantes seront privées des cotisations des personnes nées après 1975. » Elles seront délestées d’environ la moitié des ressources, explique l’économiste, alors « qu’elles devront continuer au moins jusqu’en 2037, voire jusqu’en 2065, à verser autant de prestations, l’ensemble des caisses seront structurellement en déséquilibre ». Une zone rouge impossible à déterminer vu le flou qui réside autour de cette période de transition, relève Henri Sterdyniak.

Et l’équation semble insoluble. « D’ici à 2037, tout ajustement visant à équilibrer le système de retraite devrait porter obligatoirement sur les personnes soumises au système actuel. » Or, concernant ces dernières, il sera compliqué pour le gouvernement d’assumer publiquement de baisser leurs pensions. « C’est ce qu’illustre la tentative du premier ministre de fixer à marche forcée un âge pivot de 64 ans dès 2027, avec une hausse démarrant en 2022 », juge l’économiste, qui balaie l’argument démographique agité par la majorité. Cette motivation peu avouable vise comme l’ensemble de la réforme à créer les conditions pour baisser les pensions des futurs retraités.

Clotilde Mathieu

 

Partager cet article
Repost0
10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 05:51

Edito (8/1/20)

« Venezuela : une inquiétante dérive »

« Virale sur les réseaux sociaux, les images de Juan Guaido, président de l‘Assemblée nationale vénézuélienne, tentant en vain, dimanche 5 janvier, d’enjamber les grilles du Parlement, repoussé par les boucliers des forces de l’ordre (…) 

 

donc,  

 

« seule une pression diplomatique des démocraties incluant les Etats-Unis et l’Union européenne pourrait aider les acteurs vénézuéliens à sortir de l’impasse en négociant une transition (…) blablabla blablabla

 

La vérité : l’opération clownesque de Guaido tentant d’escalader les grilles de l’Assemblée nationale n’était qu’une ridicule et basse opération de propagande comptant sur  l’irresponsabilité de journalistes imbéciles, complices ou incompétents. 

Le 5 janvier, personne n'a empêché Guaido de pénétrer dans l’hémicycle pour l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale ! 

La preuve ici (en particulier dans les deux vidéos présentées à partir de la 8e minute) : 

Dans cette vidéo, nous revenons sur l'élection du député d'opposition Luis Parra comme nouveau président de l'Assemblée Nationale du Venezuela. Nous vous proposons quelques clés pour comprendre ce qui s'est passé dimanche 5 janvier 2020 à Caracas.

Lecteurs, abonnés du Monde, révoltez-vous ! Résistez ! Pour avoir accès à l’information de base, factuelle, irréfutable, faut-il désormais ne plus compter que sur les réseaux sociaux ? 

 

Maurice Lemoine (journaliste)

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2020 4 09 /01 /janvier /2020 13:59
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
Prise de parole d'Antoine Gauchard pour la FSU et l'intersyndicale

Prise de parole d'Antoine Gauchard pour la FSU et l'intersyndicale

Prise de parole de Sébastien Le Scornet, avec Julien Tanguy en arrière-plan, pour la CGT, et l'intersyndicale

Prise de parole de Sébastien Le Scornet, avec Julien Tanguy en arrière-plan, pour la CGT, et l'intersyndicale

Prise de parole de Sébastien Le Scornet, avec Julien Tanguy en arrière-plan, pour la CGT

Prise de parole de Sébastien Le Scornet, avec Julien Tanguy en arrière-plan, pour la CGT

Prise de parole d'Isabelle Camenen pour la FSU et l'intersyndicale

Prise de parole d'Isabelle Camenen pour la FSU et l'intersyndicale

9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
Prise de parole de Sébastien Menes pour SUD-Solidaires

Prise de parole de Sébastien Menes pour SUD-Solidaires

9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
Marc Corbel, l'élégance à la française, la star de nos défilés!!!

Marc Corbel, l'élégance à la française, la star de nos défilés!!!

9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez
9 janvier 2020: Dans la manif contre la réforme des Retraites de Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez

"Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite" (Bertold Brecht)

Manif du jeudi 9 janvier à Morlaix - Photos Jean-Luc Le Calvez

Un peu moins de 2000 personnes, une mobilisation importante malgré tout avec des manifestants très déterminés à obtenir le retrait du projet de casse du système de retraite par répartition de Macron et Edouard Philippe.

Les communistes étaient présents en nombre avec leurs tracts et leur table avec un café offert, même si le temps était un peu perturbé.

Prochaine mobilisation dans deux jours- samedi 11 janvier - 10h30, place Puyo sur le Port de Morlaix

Soyons au moins aussi nombreux!!!

Il est temps que le petit roitelet des salles de marchés écoute enfin le peuple!

5000 manifestants à Brest, 400 à Carhaix,

10 000 manifestants à Rennes, 4000 manifestants à Lorient, 1500 à Vannes, 5000 manifestants à St Nazaire

50 000 à 60 000 manifestants à Toulouse, 15 000 à Toulon

220 000 personnes à Marseille

Le lien avec les photos de Pierre-Yvon Boisnard de la manif de Morlaix du 9 janvier:

Lien diaporama manif Morlaix
Partager cet article
Repost0
9 janvier 2020 4 09 /01 /janvier /2020 07:58

ENSEMBLE CONTRE LA GRANDE REGRESSION SOCIALE !

Morlaix 06-01-2020 Alain DAVID

Au temps de l’industrie et du capitalisme naissants, parmi les nombreuses prérogatives qu’ils s’étaient octroyées les propriétaires des usines ont érigé deux principes qu’ils voulaient intangibles.

D’abord la pleine propriété des richesses qui y étaient produites par le travail des salariés. A charge pour eux d’assurer l’ensemble des frais et de payer la main d’œuvre sous forme de salaires. Dès lors, ces gens n’étant pas des philanthropes, on conçoit aisément le pourquoi de leurs efforts pour réduire au maximum la part des richesses consacrée aux salaires. Il ne faut pas chercher ailleurs l’explication « des enfants de cinq ans travaillant dans les mines » que chante Jean Ferrat dans Ma France ou les véritables casernes où oeuvraient pour un salaire de misère les bataillons d’ouvrières des industries textiles.

Deuxième principe : le pouvoir absolu de décision concernant toute la vie de l’entreprise. Des choix d’investissement, de la production aux conditions de fonctionnement s’appuyant pour cela sur une maitrise aux ordres. Pouvoirs si exorbitants que Jaurès a pu dire que la République avait laissé la liberté à la porte des usines.

On le voit une situation d’exploitation et d’aliénation intolérable. Toutes les réactions individuelles ou collectives des salariés, leurs luttes nombreuses souvent sauvagement réprimées par le patronat et par l’état, l’action des organisations syndicales et des partis politique qu’ils s’étaient donnés ont eu pour objectif de faire cesser cette inégalité de droits, de pouvoirs et de traitement.

Ce combat, plusieurs fois séculaire, avec des avancées et des reculs, avec des temps forts aussi comme le Front populaire, la résistance et les programmes de son conseil national, toutes les luttes du 20ème siècle, mai 68, un rapport de force international aussi, tout cela a permis la mise en place d’une société originale permettant aux salariés et aux populations de bénéficier d’un certain nombre de droits, de statuts, de garanties, de sécurités. Un meilleur partage des richesses et une limitation du pouvoir patronal.

Mais cette situation n’a jamais été acceptée par les tenants du capital qui n’ont eu de cesse de les limiter et de les remettre en cause. Ambroise CROIZAT, le « père de la sécurité sociale » ne s’y trompait pas lorsqu’il disait « ne parlez pas d’acquis sociaux mais de conquis sociaux » persuadé que le patronat ne cesserait jamais de les remettre en cause. Le 4 octobre 2007, dans un article de la revue « Challenges », Denis KESSLER, ancien vice-président  du MEDEF crache carrément le morceau. Analysant les différentes réformes du gouvernement (statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraites, refonte de la sécurité sociale, paritarisme, ..) et y apportant un soutien sans réserve, il explique qu’ « il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance. »

C’est ce qui ne cesse d’être mis en œuvre depuis par les gouvernements qui se sont succédés tellement ce programme original contrarie de plein fouet les intérêts du Capital. Qu’on en juge dit toujours Denis Kessler : « caisses de sécurité sociale, statut de la fonction publique, importance du secteur public productif, conventionnement du marché du travail, représentation syndicale, régimes complémentaires de retraites, etc… » et de déclarer que cette situation « est à l’évidence complètement dépassée ».

Partout les forces du capital tentent par tous les moyens de « regagner le terrain perdu ». La mondialisation et les délocalisations permettent, en recherchant les coûts les plus bas, de contourner les salaires minimum, la législation du travail y compris en utilisant le travail des enfants. Dans le même temps la remise en cause du code du travail redonne les mains libres au patronat. Les attaques contre les représentations syndicales privent les travailleurs de leurs possibilités réelles d’intervention sur leurs conditions de travail, l’activité et l’avenir de l’entreprise. Les atteintes contre les Prud’hommes renforcent encore le pouvoir des employeurs déjà disproportionné par rapport aux salariés. L’union européenne est utilisée au maximum pour remettre en cause le secteur public pour cause de non-respect de la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée ». Petit à petit, méthodiquement les budgets, les lois, la règlementation doivent se plier à une conformité de plus en plus pesante avec l’organisation libérale de la société.

La mise en place de la réforme des retraites, avec pour objectif leur ouverture aux banques et aux assurances est un nouvel avatar de cette volonté de mainmise du capital sur tous les aspects de la vie des gens. Comme on le voit, que cela heurte de plein fouet la volonté majoritaire de la population ne conduit pas le pouvoir à remettre en cause ses objectifs ni à revoir sa copie. C’est donc au peuple de prendre la parole et de la faire respecter.      

Nous assistons  à un véritable recul de société, à la remise en cause de tout ce que les combats des siècles et des décennies passées avaient permis d’obtenir ; au sacrifice de toutes les garanties et les sécurités sur lesquelles les populations pouvaient s’appuyer pour avoir la perspective d’un avenir où leurs besoins et leurs aspirations soient enfin pleinement prises en compte. Il est curieux que les beaux esprits qui dissertent, magazines, médias et caméras ouverts sur un supposé « grand remplacement », que rien ne vient étayer, n’aient pas un mot sur cette grande régression sociale qui, elle, menace pourtant ce qui fait l’identité même de notre pays.

Dans ce contexte naissent inquiétude, refus et volonté de s’opposer à ce désastre annoncé. Le pouvoir ne s’y trompe pas qui tente par tous les moyens, notamment médiatique, de semer la division parmi la  population.

Ne tombons pas dans le piège. Face à la gravité de l’agression il est de la responsabilité de tous les démocrates de tout faire pour que la riposte de notre peuple soit à la hauteur des enjeux.

Alain DAVID  

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2020 4 09 /01 /janvier /2020 07:58
Appel du PCF pour la manif et la journée de grève du jeudi 9 janvier à 11h: place des Otages à Morlaix

Depuis près d’un mois, le gouvernement tente par tous les moyens de faire passer en force son projet de retraites par points, qui serait la plus grande récession sociale des dernières décennies. E. Macron a confirmé sa volonté d’aller au bout de ce projet lors de ses vœux.

Malgré ce coup de force, le monde du travail, de la création, la jeunesse réaffirment leur rejet du projet de retraite Macron, dont chacun a compris les objectifs :

• moins de pensions pour une très large majorité des salariés, un âge de départ à la retraite encore reculé, des injustices accrues au détriment des salariés les plus précaires, des femmes, des fonctionnaires,….

• la protection sociale progressivement transférée vers les assurances et les fonds de pensions.

Une victoire sociale et politique sur Macron est possible !

Le PCF est pour sa part déterminé à aider le mouvement social à obtenir une grande victoire politique sur Macron et ses amis de la finance. Il travaille partout dans le pays à montrer qu’une réforme progressiste des retraites est possible et à rassembler les forces de gauche et écologistes pour obtenir le retrait du projet Macron.

Pour une retraite digne du œdème siècle, le PCF propose :

• retraite à 60 ans garantie pour tous

• pensions au moins équivalentes au SMIC revalorisé à 1.500 euros nets

• calcul de la pension sur les 10 meilleures années dans le privé et les 6 derniers mois dans le public

Financer une grande avancée sociale pour les salariés en s’attaquant enfin à la finance:

• en revalorisant les salaires et le SMIC qui peut être tout de suite augmenté de 20% ;

•en faisant cotiser le capital (cotisations sociales sur les dividendes notamment) au même titre que les salaires ;

en créant les 3 millions d’emplois nécessaires à la réindustrialisation, à la révolution écologique et au développement des services publics ;

• en instaurant une véritable égalité salariale et professionnelle femmes / hommes.

 

La section du Pays de Morlaix du PCF appelle à participer à la manifestation le jeudi 9 janvier avec un rendez-vous à 11 h place des Otages.

 

Appel du PCF pour la manif et la journée de grève du jeudi 9 janvier à 11h: place des Otages à Morlaix
Partager cet article
Repost0
9 janvier 2020 4 09 /01 /janvier /2020 07:50
COURRIER AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
 
Vous trouverez ci-dessous le courrier que Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat, André Chassaigne, président du groupe Gauche Démocrate Républicaine (PCF et associés) à l'Assemblée nationale et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, ont adressé au Président de la République à propos de la situation au Moyen orient.
 
 
USA/Iran : "Cesser immédiatement toutes les opérations militaires, protéger les populations civiles" (Eliane Assassi, André Chassaigne, Fabien Roussel)
 
 
 
Monsieur le Président de la République,
 
La France doit tout mettre en oeuvre pour stopper le périlleux engrenage militaire en Irak et enrayer la montée croissante des tensions avec l'Iran que le président Donald Trump déchaîne et attise. En aucune
manière notre pays ne doit soutenir cette surenchère, ni s'engager dans des opérations militaires nouvelles en Irak ou en Iran. Alors que les menaces s'accumulent, le Parlement doit être réuni en urgence pour en
débattre.
 
Depuis plus de quarante ans maintenant, les conflits se multiplient au Moyen-Orient, interagissent et se métamorphosent pour créer un état de guerre permanent détruisant l'ensemble des sociétés.
 
Aucun de ces conflits ne s'est réellement achevé sans que ne s'ouvre un nouveau front. Les ingérences étrangères se multiplient, des acteurs régionaux caressent des projets hégémoniques suscitant une instabilité
grandissante et un surarmement exponentiel.
 
Après la rupture de l'accord sur le nucléaire et l'adoption de sanctions drastiques contre Téhéran, le président américain souffle sur les braises pour enflammer la région en intensifiant les frappes aériennes
qui ont conduit à l'assassinat du général iranien, Qassem Soleimani.
Cette politique brutale, qui suscite d'innombrables inquiétudes avec des risques d'escalade militaire illustrés par les tirs de missiles iraniens ce 8 janvier, ne manquera pas de souder et de revivifier les forces autoritaires et conservatrices qui sévissent contre leur propre peuple.
Dans l'immédiat, elle peut avoir des conséquences imprévisibles, si les pays membres de l'OTAN décident d'embrayer le pas aux Etats-Unis.
 
Le président américain a ordonné l'envoi de 3.500 soldats supplémentaires en Irak doublant de ce fait les forces d'occupation. Les menaces et les provocations de la Maison Blanche évoquent désormais des frappes sur Bagdad alors que le parlement irakien vient d'exiger le départ des troupes étrangères du pays. En Iran, le pouvoir des mollahs, pourtant fragilisé par les puissants mouvements populaires de novembre et décembre dont la répression aurait fait près de 1.500 morts, se trouve aujourd'hui prodigieusement renforcé à l'occasion du deuil national décrété par les autorités. D. Trump, avec l'agressivité dont il est coutumier, veut ajouter l'humiliation et le racisme sans fard en menaçant de bombarder 52 sites culturels iraniens.
 
De leurs côtés, bloqués et assujettis par leur engagement dans une « coalition anti-Daesh » dirigée par les Etats-Unis et pour des résultats médiocres, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni se contentent d'un
communiqué commun appelant à la « désescalade » mais sans condamner l'initiative inconsidérée et illégale prise par un D. Trump pourtant largement critiqué par son propre Congrès. Pire, à la veille de la réunion des ambassadeurs des pays membres de l'OTAN, Londres et Paris ont déjà exprimé leur « entière solidarité » avec le président D. Trump.
 
Cet alignement et cette allégeance constituent une grave erreur et une faute lourde de conséquences.
 
La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, et les pays membres de l'Union européenne devraient au contraire refuser de s'inscrire dans la perspective d'un conflit armé ou larvé avec l'Iran.
Il est plus que temps de faire entendre une autre voix, celle de l'intérêt des peuples et de la paix.
 
La France doit dans l'immédiat suspendre sa participation au commandement intégré de l'OTAN et s'opposer à tout engagement militaire occidental supplémentaire au Moyen-Orient. L'expérience des dernières décennies a largement montré vers quelles abîmes ces engagements précipitent les populations du Moyen-Orient. La politique de la France ne doit pas s'inscrire dans la logique des puissances régionales et de leurs alliés ou suzerains internationaux ; elle doit, au contraire, viser une rupture avec ces dynamiques dévastatrices.
 
Nous considérons que la France doit condamner toutes les actions militaires unilatérales et toutes les provocations, qu'elle doit interpeller et encourager le secrétariat général de l'ONU pour conduire
une mission de paix actée par le Conseil de sécurité avec un triple objectif : la cessation immédiate de toutes les opérations militaires, la protection des populations civiles et la construction d'un cadre commun de sécurité collective dans la région.
 
 
Eliane Assassi
Présidente du Groupe CRCE au Sénat
 
André Chassaigne
Président du groupe GDR à l'Assemblée nationale
 
Fabien Roussel
Secrétaire National du PCF
 
Paris, le 8 janvier 2020.
La France doit tout mettre en oeuvre pour stopper le périlleux engrenage militaire en Irak et enrayer la montée croissante des tensions avec l'Iran (PCF, lettre au Président Macron)
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011