Hier soir, un Premier ministre à la fois nerveux et ennuyeux tentait de vendre aux téléspectateurs de France 2 une retraite par points délestée provisoirement de son âge pivot à 64 ans. Ce matin, les éditorialistes commentent majoritairement ce retrait pour ce qu’il est : une manœuvre politicienne pour tenter de briser la grève qui dure depuis plus de 40 jours.
Sur les 19 éditoriaux dont l’Agence France Presse publie des extraits ce lundi matin, 13 sont consacrés à la réforme des retraites et à la dernière manœuvre de Matignon, via le retrait provisoire de l’âge pivot de 64 ans pour percevoir une retraite sans décote. Dans Midi Libre, Olivier Biscaye écrit à ce propos : « En quelques semaines, Edouard Philippe se sera distingué. Le Premier ministre a contribué avec un certain talent à épaissir le brouillard sur les retraites (…) Il n‘est pas d’avantage certain que son intervention dimanche soir au JT de France 2 ait aidé à y voir plus clair. A ce rythme, on va finir par se demander si c’est une réforme utile que le chef du gouvernement entendait faire».
Dans La Montagne, Florence Chedotal ironise en ces termes : «Trouvez-moi comment équilibrer le système des retraites sans augmenter le coût du travail ni baisser les pensions. Vous avez trois mois pour rendre votre copie ! Faute de quoi, l’âge pivot, sorti par la porte et gardé bien au chaud, pourrait revenir par la fenêtre». Elle ajoute que « l’expérience fâcheuse de l’assurance chômage devrait toutefois motiver les partenaires sociaux, même si les marges de manœuvre ne sont pas folles ». Pascal Coquis, formule la même opinion avec d’autres mots quand il écrit dans les Dernières Nouvelles d’Alsace: «Il y a ce proverbe chinois, usé jusqu’à la corde, qui dit que quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. C’est un peu la même chose pour la réforme des retraites et l’âge pivot… » . Pascal Coquis ajoute qu’en retirant l’âge pivot aujourd’hui le Premier ministre « range simplement dans sa poche le chiffon rouge qu’il agitait devant les syndicats « réformistes ». Mais au fond, il ne lâche rien .Sauf sur quelques éléments de langage ».
Montrer à l’électorat de droite qu’on tient bon
Car nous dit Bertrand Meinnel dans le Courrier Picard, « trouver une issue semble devenu la seule chose encore importante. Il importe de marquer des points dans l’opinion. C’est l’objectif du courrier d’Edouard Philippe, proposant une avancée partielle et provisoire; et qui ne règle rien sur le fond d’une réforme peu convaincante et mal préparée». Dans le Républicain Lorrain, Pierre Fréhel constate qu’il y a « un tel relent « d’en même temps » dans le petit cadeau offert à la CFDT que l’on aurait plutôt tendance à y voir une façon pour le boxeur Edouard Philippe de sortir d’un mauvais pas ». C’est aussi l’avis de Bruno Dive quand il écrit dans Sud-Ouest : « Pour le Premier ministre, il s’agissait de montrer à l’électorat de droite qu’il tenait bon sur l’équilibre financier et les mesures d’âge; pour le secrétaire général de la CFDT, il fallait donner des gages à une base parfois plus radicale que lui (notamment à la SNCF) et tenir les deux bouts de la chaîne, entre contestation et cogestion ».
La pression syndicale ne sera pas de trop
Dans le journal l’Opinion, très marqué à droite, Nicolas Beytout met en exergue les objectifs politiques d’Emmanuel Macron et les intérêts économiques du patronat en ces termes : « Le Président peut cocher la case « retraite à points» , le Premier ministre tient le principe de sa mesure d’équilibre des comptes, la CFDT a réussi à faire plier l’exécutif et à faire disparaître toute référence directe à un « âge pivot » et le MEDEF a obtenu l’engagement d’Edouard Philippe qu’il n’y aura pas d’augmentation des charges sociales des employeurs ». Un point de vue assez voisin est formulé par Les Echos, le journal que la famille Beytout a vendu au milliardaire Bernard Arnault voilà une douzaine d’années. Cécile Cordunet y relève que « dans la bataille pour l’opinion de droite, l’exécutif veut montrer qu’il n’a renoncé qu’à un mot -« âge pivot »-, pas à l’essentiel. Depuis ses vœux, le chef de l’Etat anticipe aussi ce moment et martèle qu’il continuera les réformes(…) Si Emmanuel Macron ne doit pas se couper de sa gauche pour un futur second tour présidentiel, c’est à droite qu’il a le plus à perdre, puisque c’est là que se trouvent ses soutiens. Un socle peut muter une fois, il l’a prouvé, sans doute pas deux ».
Le « socle » qui a soutenu Macron tout en se réclamant de la gauche apprend à ses dépens pour qui gouverne l’actuel président. C’est peut-être en raison de ce constat que l’on peut lire ces phrases sous la plume de Laurent Joffrin dans Libération : « Il reste beaucoup à faire pour préserver les intérêts des futures retraités, corriger les injustices potentielles, sans pour autant négliger l’équilibre du système à long terme pour lequel le MEDEF devra faire les concessions nécessaires. La pression syndicale ne sera pas de trop pour aboutir in fine à une réforme qui, pour une fois, ne soit pas une régression mais un progrès».
Après son « compromis » bâti avec le gouvernement, la CFDT a basculé, le week-end du 11 janvier, dans le camp néolibéral. Car le projet de loi confirme que le futur système des retraites sera réduit à la gestion des conséquences, sur les pensionnés, de la politique de compétitivité.
Pour saisir la nature du « compromis » trouvé entre la CFDT et le gouvernement samedi 11 janvier, il faut interroger sa signification sur le fonctionnement futur du système de retraite. Quel a été le vrai prix à payer par la centrale de Belleville pour le « retrait provisoire » de l’âge pivot dans le système actuel ? Il est plus élevé qu'on peut le penser, car ce qui a été accepté, bien davantage qu’une question technique sur les retraites, c’est un projet d’ensemble, économique et social.
La « règle d’or » financière : un nouveau carcan pour le système des retraites
Pour obtenir sa victoire symbolique, la CFDT a effectivement accepté un cadre très précis de gestion du système d’assurance-maladie, puisque le syndicat a décidé de conclure ce compromis une fois connus les deux projets de loi (organique et ordinaire). Il n’y a donc aucune ambiguïté possible sur ce qui a été rejeté et ce qui a été accepté.
Or, deux éléments clés ont été adoptés par la centrale de Belleville qui risquent rapidement de se transformer en pièges. Le premier, c’est la « règle d’or » financière, présente dans l’article 1 de la loi organique, qui interdit tout déficit sur cinq années consécutives, quelle que soit la situation macroéconomique. Ce cadre est très restrictif. En effet, l’ampleur des chocs conjoncturels oblige souvent le système à afficher un déficit plus large en raison de la baisse des recettes liée à la hausse du chômage. Comme le rappelle l’économiste Henri Sterdyniak dans une note publiée lundi 13 janvier, le déficit du système des retraites a été, durant la période 2009-2013, de 0,6 % du PIB. Avec, rappelons-le, un PIB qui a reculé de 2,2 % en 2009, forcément beaucoup plus que le montant des prestations à payer aux retraités.
Cette capacité d’absorption de la crise n’était pas anecdotique pour l’économie française. D’abord, parce qu’elle entraîne une dégradation relativement modérée des comptes publics. Mais surtout parce qu’elle permettait de maintenir les revenus des retraités et, ainsi, d’amortir les effets de la crise sur la consommation des ménages. Elle jouait le rôle de « stabilisateur automatique » qui ne peut fonctionner que si on laisse filer les déficits.
Une fois la croissance revenue, les recettes suivent et le déficit se résorbe. Entre 2016 et 2018, le régime général de l’assurance-vieillesse a ainsi affiché un excédent cumulé de 2,9 milliards d’euros. Avec la nouvelle règle d’or, c’en sera terminé : en cas de crise, il faudra trouver des solutions rapides de réduction des déficits. Cela induira des mesures rapides. Mais il faudra aussi dégager des excédents à la mesure des déficits causés par la crise. Autrement dit : cette règle d’or signifie une austérité permanente et la mort d’un des principaux stabilisateurs automatiques de l’économie française.
Car la CFDT a accepté, dans ce compromis, un autre élément en forme de piège : elle a agréé aux conditions du retour à l’équilibre financier en 2027 « sans augmentation du coût du travail ». En acceptant cette condition, la CFDT reconnaît l’impossibilité d’ajuster le système par les recettes.
Certes, cette concession est limitée au système actuel. Sauf que la règle d’or financière, elle, s’applique dès 2025 à l’ensemble du système des retraites, autrement dit pas seulement au système par points. Certes, l’autre condition est le refus de « baisser les pensions ». Mais que signifie ce terme ? S’agit-il de préserver un niveau nominal ou réel ? S’agit-il de préserver un taux de remplacement des salaires ? Il existera de nombreux moyens d’ajuster par le montant des pensions le système. Dans ce cas, les retraités seront sans doute amenés à compléter leur retraite par des emplois. Le projet de loi ordinaire contient, au reste, et sans surprise, dans son article 25, des mesures pour améliorer « l’attractivité du cumul emploi-retraite ».
Inévitablement, c’est bien l’allongement de la durée de cotisation ou de l’âge légal pour l’ancien régime par annuités qui permettra d’équilibrer, en cas de crise, l’ensemble du système des retraites. Autrement dit : on a abandonné l’âge pivot pour prendre des mesures d’allongement de la durée du travail, seule possibilité qui sera laissée à la conférence de financement.
Or, cet allongement de la durée du travail comme le cumul emploi-retraite n’ont qu’une fonction macroéconomique : augmenter « l’armée industrielle de réserve » en faisant pression sur le marché du travail et donc sur les salaires d’embauche. Le système des retraites est désormais axé sur cette seule obsession qui, in fine, risque de réduire les revenus réels des travailleurs et des retraités.
Une gouvernance très encadrée
Et c’est ici que se referme le second piège : celui de la gouvernance future du système. La CFDT soutient un système par points au nom de l’universalité du régime revendiquée par les fondateurs de la Sécurité sociale. Mais ces derniers se sont toujours refusé à un système étatisé : de 1945 à 1967, ce sont les salariés seuls qui ont géré le système. Or, le projet de loi crée bel et bien un système où l’État a le dernier mot.
On pourrait y voir un élément positif, dans la mesure où l’État pourrait incarner l’intérêt général issu du débat démocratique. Mais cela relève de la naïveté à plus d’un titre. En réalité, le système universel de retraite tel qu’il apparaît dans le projet de loi semble plusieurs fois verrouillé pour empêcher toute hausse des cotisations et des dépenses liées aux retraites.
Certes, l’article 55 du projet de loi évoque formellement la possibilité pour le conseil d’administration de la caisse nationale de retraite universelle (CNRU) de jouer sur le taux des cotisations d’assurance-vieillesse pour rééquilibrer financièrement le système. Mais cette option semble la moins probable. D’abord, parce que la gestion de ce conseil d’administration est paritaire et que le patronat français refuse tout relèvement du coût du travail au nom de la compétitivité externe. Ce n’est pas là un processus nouveau. Lorsque le paritarisme a été établi en 1967, c’était bien pour faire valoir les intérêts du patronat et donc préserver les taux de marge. Si néanmoins, on parvenait à imposer, à force de lutte, une telle augmentation, il surgirait immédiatement une deuxième difficulté : c’est le gouvernement qui prend la décision par décret « après avis du Comité d’experts indépendants ».
Or, ce Comité ignore la représentation syndicale. C’est pourquoi, en langage néolibéral, il est « indépendant ». Il ne l’est pourtant ni de l’État, ni d’une certaine idéologie, puisqu’il sera constitué, selon l’article 56, de quatre membres nommés par le président de la République (le président de ce Comité), celui de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil économique, social et environnemental, ainsi que deux membres de la Cour des comptes. Encadré par cette dernière institution, ce comité sera clairement là pour fermer la porte à toute tentation de hausse des dépenses et des cotisations. C’est d’ailleurs lui qui fixera le cadre à long terme de l’action de la CNRU. C’est un des moyens les plus courants du néolibéralisme pour encadrer les décisions politiques : avoir recours à ces conclaves d’experts chargés de faire respecter la bonne route sous couvert d’expertise indépendante et de vision « rationnelle ». Dès lors, et c’est bien l’objet de ce type de comités, on voit mal l’État aller contre les experts.
Et c’est là le dernier verrou : l’État n’est pas, à notre époque, le simple reflet de choix démocratiques. Il est encadré par des contraintes qui en font une puissance au service du capital, puisque les intérêts de ce dernier sont perçus comme l’intérêt général (à travers des phrases comme « ce sont les entreprises qui prennent les risques et créent des emplois »). Les limites de déficit, les divers comités « indépendants », l’incapacité à jouer sur la politique monétaire, la nécessité de fixer des orientations pluriannuelles des finances publiques (qui s’impose au cadre de la CNRU selon l’article 55) sont autant d’éléments qui renforcent et assurent cette tendance. Les tentatives avortées de sortie du cadre, de l’expérience de 1981 à celle de Syriza en Grèce, soulignent combien les choix de l’État, lorsqu’il veut briser ce cadre, sont contraints par les investisseurs et la compétition internationale. Seule la démocratie sociale représenterait alors un vrai contre-pouvoir. Et on a vu combien ce projet réduit cette dernière.
Dès lors, on parvient à ce paradoxe typique du néolibéralisme : l’étatisation conduit à une dépolitisation des choix économiques et sociaux. En centralisant les retraites sous le contrôle de règles financières contraignantes et de gardiens « indépendants », on ôte la capacité du système à prendre des choix alternatifs.
Les syndicats, limités à la gestion du désastre
Mais cela va encore plus loin. Car le dernier piège se referme avec l’article 3 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2020 voté l’automne dernier. Cet article met fin au principe de la loi Veil de 1994 qui établissait la compensation de toutes les baisses de cotisations par l’État. Le gouvernement peut désormais, sans en aviser les partenaires sociaux, décider de réduire les cotisations sociales et choisir ou non de les compenser.
Or, l’article 1 du projet de loi organique sur les retraites, s’il fixe le cadre financier par la règle d’or, ne donne aucune garantie sur les ressources. On ne rétablit pas le principe de la compensation. Si donc, comme c’est hautement probable, le gouvernement poursuit sa politique de compétitivité-coût par la baisse du coût du travail, le conseil d’administration du CNRU sera chargé d’ajuster le système par des mesures qui font payer les retraités ou les futurs retraités. Ce sera d’abord l’allongement de la durée du travail grâce à l’âge d’équilibre qui reste bien dans le projet de loi pour le système par points et imposera ainsi un système de bonus/malus. L’âge d’équilibre augmentera avec l’espérance de vie (article 10).
Ce sera ensuite la baisse du taux de remplacement des retraites par rapport au dernier salaire. De ce point de vue, le projet de loi en son article 9 offre certes une garantie en promettant une évolution positive des taux d’acquisition et de service (ou de conversion) des points acquis. Mais c’est en réalité une faible protection. D’ici à 2045, les deux taux seront compris entre l’inflation et celle du revenu moyen par tête. À partir de 2045, ils seront par défaut égaux au revenu moyen par tête. On assure que cette situation est meilleure que la revalorisation à l’inflation actuelle.
Mais il existe trois réserves. D’abord, les retraites de l’ancien système continueront à être revalorisées au niveau de l’inflation, ce qui va concerner pendant longtemps une grande majorité des retraités (les premières pensions issues en partie du système par points arriveront en 2037). Ensuite, la revalorisation au salaire moyen est la règle en Allemagne et cela n’a pas empêché une forte chute du taux de remplacement des salaires et même une baisse de la moyenne des pensions versées pour deux raisons : l’éclatement du marché du travail et la modération salariale. Les réformes du marché du travail vont donc jouer contre les futurs retraités.
Enfin, l’article 9 prévoit que le gouvernement aura finalement la main sur les taux d’acquisition et de service « en l’absence d’approbation » d’une délibération du CA de la nouvelle caisse de retraite universelle. Bref, l’État pourra, pour financer sa politique de compétitivité, réduire le taux de service du point.
Autrement dit : le système de retraite qui sera en place dès 2022 sera un système géré par les coûts et uniquement par les coûts. C’est d’ailleurs le vrai intérêt du système par points dit à cotisations définies. Les cotisants ignorent absolument le montant de leurs pensions et le taux de remplacement jusqu’au moment de leur retraite. C’est donc ce critère qui sert de variable d’ajustement. Pour s’en convaincre, on rappellera que les régimes complémentaires par points existant en France ont vu leur taux de remplacement se réduire d’un tiers entre 1993 et 2018.
Le système est centré sur l’équilibre financier et non sur le maintien du niveau de vie des retraités qui n’est pas évoqué dans le projet de loi. Et comme les syndicats n’auront aucune maîtrise, ni aucune garantie sur les ressources, ils ne seront que les gérants du désastre ou les accompagnateurs de l’ajustement du système par les retraités.
Accepter un tel système revient donc purement et simplement à accepter cette logique : le maintien d’un coût du travail faible permettra de créer assez d’emplois et de richesses pour équilibrer le système sans baisser le niveau de vie des retraités. C’est donc un aveu de confiance dans la logique de la politique de l’offre et de la défiscalisation du capital comme politique économique. Cette confiance semble étrange. Les cas suédois et allemand montrent que les retraités ont fait les frais de cette logique avec l’explosion du risque de pauvreté chez les personnes âgées de ces deux pays. C’est pourtant le choix implicite de la CFDT.
De ce point de vue, le gouvernement a remporté samedi 11 janvier une éclatante victoire. Car s’il a, pendant des mois, multiplié les concertations et chercher des compromis, ce n’est pas réellement par hésitation ou incertitude sur la réforme elle-même. Le projet de loi publié le 10 janvier reprend très largement les conclusions du rapport Delevoye dont les grands principes étaient en réalité prêts dès 2017.
Cette recherche du compromis ne visait donc pas à modifier le projet, mais en réalité, à faire accepter une politique économique centrée sur la compétitivité externe et la protection du capital aux syndicats. Son modèle, c’était la concertation suédoise de 1991-1992 qui avait débouché sur le système qui a constitué l’inspiration de la réforme française. Cette concertation avait créé un large consensus, allant de la droite jusqu’aux syndicats, autour de la nécessité de la stabilité financière et de la préservation du coût du travail. Mais, malgré son adhésion au système par points, la CFDT ne pouvait accepter officiellement des mesures d’économies puisqu’elle défendait une réforme de « justice sociale ». C’était sa position en novembre dernier. Dès lors, elle rejetait effectivement une logique qui est celle de la gestion par les coûts. Avec la tragicomédie de « l’âge pivot », sa position a changé.
En acceptant de discuter de mesures d’économies dans le cadre restrictif de l’équilibre financier sur cinq ans, d’une gouvernance encadrée et de la préservation du coût du travail, la confédération bascule ouvertement dans le consensus néolibéral. Jadis, le réformisme entendait contraindre le capitalisme à améliorer le sort des travailleurs. Il a aujourd’hui un autre sens : accepter de soumettre davantage les travailleurs à la loi du capital en espérant que ce dernier se montrera reconnaissant. Mais cette victoire du gouvernement pourrait n’être qu’une victoire à la Pyrrhus dans un pays qui n’est pas dupe des intentions de l’exécutif.
Pierre Berthelot (document sur le site internet de l'ANACR 29: site des amis de la résistance du Finistère: http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère
14/ Pierre Berthelot (1924-1986)
Une rue va bientôt porter son nom à Brest. A la demande des associations suivantes: l' Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance ANACR; la Fédération Nationale des Déportés Internés et Patriotes FNDIRP; l'Association Républicaine des Anciens Combattants ARAC; la Fédération Nationale des Combattants Volontaires de la guerre 1939- 1945 et des forces de la Résistance; l' Association Nationale des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire; l' Amicale des Anciens Déportés du Camp de Oranienbourg Sachsenhausen et ses Kommandos; le Comité de Brest du souvenir des Fusillés de Châteaubriant...
Pendant la Deuxième guerre mondiale, notre camarade Pierre Berthelot a eu un rôle important dans la Résistance.
Né le 16 janvier 1920 à St Ségal dans le Finistère.
Il a été adopté par la Nation le 23 janvier 1924 suivant jugement du Tribunal civil de Châteaulin, en tant que fils d'un grand blessé de guerre. Son père Louis Berthelot, Officier de la Légion d'Honneur, Médaille Militaire, Croix de Guerre 1914/1918, Croix de Guerre 1939/1945 , était revenu du front amputé d'une jambe.
Pierre est entré à l'Arsenal de Brest en 1935.
Il est engagé volontaire pour la durée de la guerre le 17 JUIN 1940 à Brest.
Embarqué le 18 JUIN 1940 à Brest à bord du pétrolier ravitailleur rapide " le Tarn", avec toute la Flotte de Guerre, il prend la mer direction l'Angleterre. Sous la mitraille des avions allemands, au milieu des mines flottantes, près du Conquet, il voit l'aviso "le Vauquois" exploser, se couper en deux au contact d'une mine dérivante lâchée la veille par des avions allemands. Plusieurs de ses camarades travaillant avec lui à l'Arsenal de Brest périrent avec environ 132 autres marins. Ordre fût donné de changer de cap ! Direction le Maroc !
Devant St Nazaire , le cuirassé "Jean Bart "rejoint la Flotte. Son Commandant , le Capitaine de Vaisseau Ronac'h avait réussi l'exploit de faire sortir le cuirassé du fin fond de l'arsenal.
Malgré les tirs de l'aviation ennemie le "Tarn " ravitailla en munitions, en mazout et en eau le "Jean Bart ".
Après Casablanca avec Georges Abalain , frère de Albert , tous les deux du Pont de Buis comme Pierre Berthelot , Toulon et les Camps de Jeunesse du côté de Aix en Provence, à Meyrargues, puis à Gap,
en janvier 1941, Albert Abalain vint du Pont de Buis en Finistère jusqu'à Gap dans les Hautes Alpes (près de 1200 kms ), contacter son frère Georges Abalain et Pierre Berthelot pour qu'ils quittent leur camp de jeunesse.
Ils se firent libérés le 30 janvier 1941 et rejoignirent le Finistère pour combattre l'occupant nazi et ses collaborateurs français.
Au Pont de Buis, son père Louis Berthelot et Albert Abalain (fusillé au Mont Valérien avec 18 de ses camarades le 17 septembre 1943 ) avait créé un groupe de Résistance du Parti Communiste Français,les futurs Francs Tireurs et Partisans (FTPF ) .
Après de nombreuses actions offensives avec ses camarades, Venise Gosnat Responsable inter régional des FTPF pour la Bretagne le nomma responsable de la direction des opérations armées des Francs Tireurs et Partisans (FTPF ) pour le Sud Finistère, avec Jean Louis Prima et Pierre Corre (fusillés en 1943).
Organisateur de nombreux attentats ....
Vol d'explosifs à la Poudrerie nationale de Pont de Buis, dans les entreprises de carrière ... Destruction par explosifs du téléphérique de la poudrerie nationale du pont de Buis . Envoi de valises d'explosifs à ses camarades dans tout le Finistère, le Morbihan et les Côtes du Nord. Vol de métaux pour la revente.
Destructions de dépôts de fourrage de l'armée allemande dans les gares.
Attaques de perceptions , bureaux de poste, pour se procurer de l'argent, des tickets d'alimentation afin de subvenir aux besoins de son organisation de Résistance et acheter du ravitaillement pour nourrir les camarades entrés dans l'illégalité et les familles des emprisonnés. Fabrication , distribution de tracts ,et inscriptions murales contre le gouvernement de Pétain et l'armée d'Occupation....
C'est Pierre Berthelot qui approvisionnait en explosifs ses camarades brestois. A chaque envoi , 50 kilos de dynamite, 2 valises de 25 kilos .
Les FTP ont fait la plupart de leurs attentats avec cette dynamite.
Arrêté le 21 octobre 1942 à Landévénnec, transféré à la gendarmerie de Argol , puis au commissariat de St Martin à Brest, il est incarcéré à la prison de Pontaniou. Torturé par des policiers français sous le portrait de Pétain, en présence et sous l'autorité du juge Piton du tribunal de Rennes, il nia farouchement toute participation à la Résistance.
Le 20 janvier 1943 il est transféré de Brest au camp de Royalieu à Compiègne au Front Stalag 122 sous administration allemande.
Le 24 janvier 1943 il est déporté au camp de concentration de Oranienbourg Sachsenhausen dans le même train que 230 femmes venant du camp de Romainville: Danielle Casanova, Marie Claude Vaillant Couturier qui témoigna au procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg, Hélène Langevin , fille du Professeur Paul Langevin, épouse de Jacques Solomon, Maï Politzer ,épouse de Georges Politzer (Jacques Solomon et Georges Politzer ont été fusillés le 23 mai 1942 au Mont Valérien), Charlotte Delbo, Suzanne Momon ,la mère de Gilbert Brustlein, qui avec Pierre Georges (plus connu sous le nom de Fabien ) participa à l'attentat du métro Barbès, puis à l'exécution de Karl Hotz Feld Kommandant de la place de Nantes avec 2 autres militants communistes ,Marcel Bourdarias et Spartaco Guisco.
Les 4 wagons des femmes furent détachés à Halle et dirigés vers Auschwitz .
Le train des 1600 hommes continua vers Berlin et le sinistre camp de Oranienbourg Sachsenhausen .
Pierre Berthelot a été transféré au camp de Dachau le 18 juillet 1944.
Libéré le 27 mai 1945, il est rapatrié le 28 mai 1945 à Paris hôtel " Lutétia " .
Pierre Berthelot en raison de sa bravoure a reçu de nombreuses distinctions et décorations:
Chevalier de la Légion d'Honneur
Croix de Guerre avec Palme et Citation à l'Ordre de l'Armée
Croix du Combattant Volontaire
Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
Croix du Combattant
Médaille de la Déportation et de l'Internement pour faits de Résistance
Médaille de la France Libérée
Médaille des Bléssés Militaires
Médaille Commémorative de la Guerre 1939/1945 avec Barrette "Engagé volontaire"
Il est mort pour la France le 7 avril 1986 à Brest des séquelles de sa Déportation.
Pierre Berthelot est revenu des camps Grand Invalide de Guerre à la suite des privations et des sévices subis.
Nos camarades de la commission féministe du PCF Finistère étaient Place de la Liberté pour informer les Brestois.es. sur l’enjeu féministe de la réforme des retraites : des discussions intéressantes et 250 tracts distribués .
En France, aujourd’hui, 6ème puissance économique mondiale, les Françaises sont plus pauvres que les français et la réforme des retraites ne va pas améliorer les choses !
70% des travailleurs pauvres sont des femmes !
L’écart moyen des salaires entre les femmes et les hommes en France aujourd’hui est de 25 % et de 15% même à temps complet !
70% des allocataires du minimum vieillesse sont des femmes (868 €)
Tous régimes confondus de retraites, la pension de femmes est en moyenne de 1123 € contre 1933 € pour les hommes.
Les femmes partent plus tard que les hommes à la retraite à taux plein car elles stoppent leurs carrières pour les enfants, subissent le temps partiels…
La retraite est le miroir grossissant des inégalités salariales !
La réforme des retraites de Macron propose de calculer le montant de la retraite sur l’ensemble de la carrière (au lieu de 25 ans aujourd’hui dans le secteur privé) : c’est mécanique ! Cela va diminuer les pensions et décupler les inégalités
Pour les femmes, notre autonomie financière est garante de notre liberté !
Le PCF demande au président Macron d’abandonner son projet de réforme des retraites……
Cantinières, femmes de ménages, assistantes maternelles, caissières, aide soignantes, infirmières, AVS, assistantes de vie, travailleuses précaires de tous domaines, ingénieures ou directrices, révoltons nous toutes ensemble !
Pour une société juste, permettant à chaque être humain, émancipé-e, de se développer pleinement, librement et décider de sa vie, rejoins, rejoignez le PCF !
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:
13/ Albert Abalain (1915-1943)
Article de Jean-Pierre Besse pour le Maitron des fusillés de la seconde guerre mondiale en ligne: http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr
Né le 13 janvier 1915 à Quimerch (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; pensionné, réformé de la marine ; communiste ; résistant FTPF dans le Finistère.
Fils d’un poudrier et d’une ménagère, Albert Abalain était pensionné à 100 % de la Marine et domicilié à Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère). Il adhéra au Parti communiste français (PCF) en 1936, milita à la Confédération générale des travailleurs (CGT) et participa à la reconstruction du PCF clandestin ainsi qu’à des actions menées à l’Arsenal de Brest (Finistère). Il entra très tôt dans la résistance armée communiste et selon certaines attestations contenues dans son dossier à Caen, il aurait été chef départemental des FTP du Finistère et membre de l’état-major FTP. Il fut arrêté le 1er octobre 1942 en gare de Châteaulin (Finistère) par la police française après le démantèlement du groupe FTP de Lorient (Morbihan). Le rapport de la gendarmerie de Châteaulin, en date du 1er octobre, signalait : « Suite à l’attentat dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1942 contre la caserne Frébaud à Lorient [...] des renseignements reçus du commandant de section de Lorient, Abalain réformé 100 % de la marine et domicilié chez ses parents ne serait pas étranger à cette affaire. Sur le quai nous remarquons un individu correspondant au signalement. » Il fut arrêté en possession de papiers qui le domiciliaient à Hauteville (Ain), d’une somme d’argent et de faux-papiers. Il réussit à s’évader mais fut repris au petit matin du 2 octobre près du pont SNCF à Pont-de-Buis. Incarcéré au château de Brest puis détenu par le Service de police anticommuniste (SPAC) à Lorient du 8 au 12 octobre 1942, il fut à nouveau enfermé au château de Brest puis à la prison Jacques-Cartier de Rennes (Ille-et-Vilaine) à partir de janvier 1943 avant d’être transféré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne) le 28 juillet 1943. Il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand Gross Paris (Abt B) le 28 août 1943 pour « sabotages par explosifs et attaques à [sic] l’armée allemande ». Le rapport de gendarmerie déjà cité nous donne le signalement suivant : « 1 m 70, cheveux blonds, yeux bleus, nez rectiligne, visage ovale. » Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien.
Abalain figure sur le monument aux morts de Pont-de-Buis-lès-Quimerch, ville où vivaient, après la guerre, sa mère, Jeanne née Veignant (veuve), et ses frères. Le site des plaques commémoratives le dit « fusillé au Mont-Valérien avec dix-huit autres militants communistes de Brest ». Le fichier départemental du Finistère le donne bien comme fusillé au Mont-Valérien le 28 septembre et la presse locale donne la même information.
Homologué à titre posthume au grade de capitaine FFI en décembre 1947 avec attribution de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance en 1948, il eut, à titre, la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR) en décembre 1953 et la Légion d’honneur en juin 1955.
Extraits de missive de juillet 1943, quelques jours avant son exécution.
« Je n'ai aucun espoir de sauver ma vie, l'officier instructeur m'a déclaré que je serais fusillé. Cela ne m'effraie pas, je mourrai brave en communiste, je suis fier d'avoir lutté pour l'indépendance de mon pays et de sauver de l'esclavage le peuple de France. Ceux qui m'ont livré aux Allemands, des policiers français ou soi-disant tels, ceux qui se sont fait les pourvoyeurs de cours martiales, auront à rendre des comptes, un jour, de leur conduite répugnante. Ce que j'ai pu souffrir par eux, vous ne le saurez jamais. Impossible d'imaginer le sadisme de ces chiens de garde du capitalisme. Privés de soins, de nourriture, cravaché jour et nuit, exposé durant des nuits durant aux courants d'air du mois de novembre, sans paillasse et sans couverture, dans une cellule si petite qu'il n'est pas possible de remuer pour tenter de se réchauffer. J'imaginais mal, avant mon arrestation, que les Français puissent se conduire ainsi avec les bons patriotes. La justice est en marche, là-bas du côté de l'Est de l'Europe où les héros de l'Armée Rouge infligent aux fauteurs de guerres capitalistes de sévères pertes. »
Réforme des retraites : la FSU appelle à un élargissement du mouvement
12 janvier 2020
La diffusion de l’avant-projet de loi ainsi que le courrier du Premier Ministre aux organisations syndicales le 11 janvier n’ont fait que confirmer les craintes de la FSU et amplifier sa détermination à continuer la mobilisation. La réforme est bel et bien maintenue par le gouvernement malgré le mouvement social en cours et pour lequel le soutien de l’opinion se renforce encore.
Dans son courrier, le Premier Ministre confirme que l’âge pivot sera effectivement appliqué dans le système universel qu’il prévoit. La petite ouverture sur un « retrait provisoire » de cet âge pivot en tant que mesure paramétrique immédiate est tout de suite assortie de deux verrous : d’une part, cet âge d’équilibre figurera bel et bien dans la future réforme, et d’autre part le Premier Ministre prend soin de préciser que « le coût du travail » ne doit en aucun cas être augmenté. Il exclut donc toute augmentation des cotisations patronales.
Cela signifie d’emblée qu’il interdit d’agir sur les taux et assiettes de cotisations et donc de rechercher des financements nouveaux, préférant des mesures qui, d’une manière ou d’une autre, en jouant sur les âges, les durées ou encore d’autres modalités, réduiraient les droits des seul-es salarié-es. Ce n’est donc pas une avancée.
Par ailleurs, la FSU sera reçue à l’Éducation Nationale demain, lundi 13 janvier, à 17h30 sur la question des salaires. Elle ne dispose pas d’éléments à cette heure sur le niveau, les modalités et les éventuelles contreparties en termes de charge de travail des « compensations à la réforme » pour les enseignant-es annoncées par JM Blanquer. La FSU refuse cette logique de compensation puisqu’elle ne veut pas de cette réforme et que la question de la revalorisation est, pour elle, déconnectée de la réforme des retraites. En revanche, elle attend du Ministre que des propositions concrètes et chiffrées soient enfin mises sur la table afin de procéder à une revalorisation salariale légitime. La FSU rappelle que ce sont les carrières et les salaires de tous les personnels de l’éducation qu’il faut revaloriser avec une attention particulière aux inégalités professionnelles femmes / hommes et elle fera lors de cette réunion ses propres propositions en ce sens.
La FSU porte aussi ses exigences de revalorisation et de résorption des inégalités salariales au niveau de l’ensemble de la Fonction publique ; elle rappelle que de nombreux agent-es publics, notamment de catégorie C, ont de très faibles revenus et que beaucoup ont, comme les enseignant-es, un régime indemnitaire faible.
La FSU soutient toutes les actions en cours pour faire échec au projet de réforme des retraites ; elle appelle à faire lundi des réunions et assemblées générales et à faire du mardi 14 janvier une journée nationale de grève interprofessionnelle et de manifestations dans tout le pays.
Elle appelle à poursuivre ce mouvement sur les deux jours suivants : mercredi 15 et jeudi 16 janvier, des actions diverses sont d’ores et déjà programmées, et en particulier un rassemblement à l’appel de l’intersyndicale de la Fonction publique devant Bercy mercredi à midi et, jeudi 16 janvier, une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations, dans le cadre de l’intersyndicale interprofessionnelle.
Que le Premier ministre en prenne bonne note, notre exigence du retrait de la réforme n'est pas provisoire !
PCF PAYS DE BREST
Le Premier Ministre a annoncé dans un courrier aux syndicats son intention de "retirer provisoirement" l'âge pivot du projet de loi.
C'est un premier recul ! Après plus d'un mois de grèves et de manifestations massives, le gouvernement est en difficulté face à un mouvement social toujours majoritaire dans le pays.
Que le Premier ministre en prenne bonne note, notre exigence du retrait de la réforme n'est pas provisoire.
En effet, cette annonce ne règle en rien le fond du problème. Alors que la part des retraités va augmenter dans les années qui viennent, le gouvernement veut limiter les dépenses pour les retraites à 14% du PIB. Il refuse d'élargir l'assiette des cotisations en mettant à contribution les revenus financiers des entreprises. Il ne veut pas non plus remettre en cause la politique d'exonération des cotisations sociales dont bénéficient les entreprises. Il prépare donc en réalité une baisse des pensions pour les futurs retraités.
Le projet de loi doit désormais être entièrement retiré et de vraies négociations doivent s'ouvrir sans préalable.
La section du Pays de Brest du PCF appelle à participer aux actions syndicales :
ce lundi 13 janvier à 12h30 rendez-vous à l'inspection académique à Brest pour demander la rupture conventionnelle avec J-M Blanquer et mardi 14 à faire grève et participer à la manifestation à 11 h place de la Liberté à Brest .
PCF BREST - MANIF DU 9 JANVIER
Une majorité de citoyennes et de citoyens le demande : retrait de la réforme Macron !
Depuis le 5 décembre, des millions d’hommes et de femmes se retrouvent dans les grèves, dont beaucoup en reconductible, et les manifestations à l’appel des organisations syndicales.
Ils et elles rejettent la réforme du système de retraites que veulent leur imposer le président de la République et son gouvernement.
Ce projet n’est pas acceptable, car il est porteur de régression des droits de chacune et chacun : toutes les hypothétiques avancées proposées par le gouvernement devraient être financées par des baisses de pensions ou par l’allongement de la durée de la vie au travail. D’autres choix sont pourtant possibles.
C’est pourquoi nous demandons le retrait du projet présenté par le Premier ministre, afin que soient ouvertes sans délai de vraies négociations avec les organisations syndicales, pour un système de retraites pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail.
Nous sommes déjà 132.755 signataires (dont 77.043 validés) ! Et vous ? Signez, faites signer votre famille, vos voisins, vos collègues, la retraite, c’est l’affaire de toutes et tous !
André Moat à la tribune d’un meeting de la CGT en 1978 ou 1979 (fonds A. Moat, CRBC) - Photo présentée dans le Maitron en ligne
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:
12/ Andrée Moat (1920-1996)
UNE CITOYENNE ENGAGEE DANS LE MILITANTISME
Il est de bon ton aujourd'hui dans certains milieux d'opposer citoyenneté et engagement politique et syndical. Andrée MOAT, au contraire fut une immense citoyenne militante communiste, CGT et culturelle.
1 - SYNDICAL
La première fois que j'ai vu Dédée MOAT c'est en 1968. Jeune enseignant je venais de prendre ma carte au Parti à la cellule de St Martin-des-Champs. Avec la fougue des néophytes je ne ratais pas une des nombreuses réunions. En alternance avec Emile LE FOLL, responsable cheminot, Dédée assurait la prise de parole de la CGT. Avec un talent d'oratrice certain nourri de la culture et de son expérience politique et syndicale. Il fallait voir comment elle enflammait les salles. Plus tard je la croiserai dans bien des manifs avec ses camarades de la CGT de Saint-Pol.
2 - POLITIQUE
Dès 1945 elle adhère au parti communiste et en sera membre jusqu'à sa disparition. Je la retrouverai au comité fédéral puis au bureau fédéral du Finistère Nord où le jeune responsable que j'étais, apprit beaucoup de sa participation à la réflexion collective, de sa capacité à prendre du recul et de la hauteur sans jamais oublier ni les enjeux ni la réalité concrète. Mais l'apport de Dédée dépassait largement cette dimension "institutionnelle". Sa porte était toujours ouverte et ses oreilles attentives aux réflexions et aux interrogations face à des situations politiques toujours plus complexes. Je sais que, comme moi, nombreux furent les dirigeants qui bénéficièrent de ses réflexions et de ses conseils.
Dirigeante de premier ordre donc mais aussi militante de terrain. Il faut avoir participé avec elle à des campagnes électorales dans ce Léon si fermé aux idées communistes pour savoir ce que cela impliquait comme engagement et comme énergie. Que ce soit pour assurer les réunions , pour distribuer des tracts ou pour vendre la presse, elle était toujours présente et active.
Sans parler évidemment de son immense activité autour des livres, Dédée fut vraiment de celles et de ceux qui contribuèrent à faire du PCF et de son entourage un incomparable intellectuel collectif.
3 - CULTUREL
En plus de sa passion pour les livres pour laquelle elle sillonna au volant de sa 2CV les routes du Finistère, d'une fête ou d'une réunion à l'autre, embauchant un camarade chauffeur lorsque la conduite devenait plus difficile pour elle. Dédée s'investissait dans la vie culturelle et associative locale que ce soit le cinéma, l'amicale laïque ou la défense de l'école. Sa forte personnalité, ancrée au milieu de camarades très soudés de sa cellule/section de Saint-Pol/Roscoff, ont fortement marqué la vie sociale et politique de ce coin de Léon. En témoigne la popularité qui fut la sienne dans toute la population , dans tous les milieux des chercheurs en biologie marine comme des emballeurs de Saint Pol , des élus roscovites comme des dockers du port .
C'est un cadeau de la vie pour moi que d'avoir pu connaître et militer avec quelqu'un de la qualité de Dédée.
Alain DAVID
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" Dédée Moat était une femme d'une grande culture et d'une grande simplicité, avec son éternel pantalon bleu (plus un pantalon de pêche pour cette passionnée de la mer qu'un bleu de travail!) ses pieds nus
dans ses sandales par tous les temps, même dans la neige, je l'ai vue, et sa 2 chevaux...Et son rire et son humour. Parmi les activités militantes qui comptaient pour elle, il y avait la diffusion de l'Huma,
elle faisait un tabac lors des ventes de masse, et ce dans le Léon ! Mais elle ne dédaignait pas les tâches les plus humbles par exemple confectionner des articles pour les stands de la fête de l'Huma, comme
ces cartes avec des algues séchées ...Dédée c'était aussi l'amitié, toujours disponible pour les copains qui avaient besoin de réconfort".
Yvonne Rainero
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Article du Maitron en ligne - établi par Paul Boulland
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158608, notice MOAT Andrée, Françoise [épouse KÜFFER] par Paul Boulland, version mise en ligne le 4 mai 2014, dernière modification le 12 novembre 2019.
Née le 5 octobre 1920 à Paris (XVIIe arr.), morte le 12 novembre 1996 à Morlaix (Finistère) ; bibliothécaire CNRS à Paris puis à Roscoff (Finistère) ; militante communiste et syndicaliste CGT ; membre du conseil national du syndicat CGT du CNRS, membre du bureau de l’UD-CGT du Finistère (1971-1972) ; membre du comité (1959-1985) et du bureau (1965-1979) des fédérations communistes du Finistère, puis Finistère Nord.
Son père, Jean Moat, ingénieur à la Thomson-Houston, mourut en 1941. Sa mère, Marie-Louise Moat, née Daroque, fut secrétaire de direction avant son mariage puis sous-économe du centre d’apprentissage de Clamart (Seine, Hauts-de-Seine) après la mort de son mari.
Andrée Moat était l’aînée de trois filles. Sa sœur cadette, Colette Moat, épouse Privat, professeure de lettres puis enseignante à l’Université de Rouen, fut député communiste de Seine-Maritime.
La benjamine, Sylvie Moat, épouse Blanc, fut monteuse de cinéma, notamment pour René Allio.
André Moat poursuivit des études supérieures et fut licenciée ès lettres. Elle fut un temps enseignante, dans un lycée de Villeurbanne (Rhône) selon Gabriel Le Gall, un de ses anciens camarades du PCF à Roscoff. Elle intégra ensuite le CNRS, comme bibliothécaire. À la fin des années 1940, elle participa notamment à l’établissement de deux volumes de l’Inventaire des périodiques scientifiques et techniques reçus depuis 1938 par les bibliothèques de Paris.
Adhérente du PCF et des Jeunesses communistes en 1945, elle fut secrétaire de la cellule communiste du Muséum d’histoire naturelle (Ve arr.) en 1946-1947. Elle épousa Walter Küffer, le 27 décembre 1947 à Paris (Ve arr.) et s’établit avec lui en Suisse, dans la région de Berne, où elle adhéra au Parti suisse du Travail, et fut secrétaire de la section Berne Romande, entre 1948 et 1950. Un fils, prénommé Hans, naquit de cette union, en 1949. Revenue en France, séparée de son mari, elle revint s’établir avec son fils à Clamart, où elle fut secrétaire de la cellule locale Saint-Étienne à partir de 1951.
En 1954, Andrée Moat travaillait au centre de documentation du CNRS, situé à Paris, dans le Ve arrondissement. Entre 1952 et 1956, elle siégea au secrétariat de la section Clamart, comme responsable à la propagande. En 1953, elle fut candidate aux élections municipales sur la liste conduite par Roger Dumagny, premier secrétaire de la section. Déjà élève d’une école fédérale au cours de l’année 1954, elle fut candidate à une école centrale d’un mois du PCF destinée aux rédacteurs. Sa candidature fut écartée par la Section de montée des cadres qui souhaitait des éclaircissements sur ses séjours en Suisse. Entre 1953 et 1956, elle fut également membre du bureau puis secrétaire générale adjointe du syndicat national des techniciens du CNRS.
En 1956, Andrée Moat vint travailler à Roscoff, comme bibliothécaire de la station de biologie marine du CNRS, et assuma de nouvelles responsabilités militantes. Secrétaire de la section de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), elle siégea au comité (1959-1965) et au bureau (1965-1979) de la fédération du Finistère puis du Finistère Nord, créée en 1972. Elle y fut à nouveau chargée de la propagande. Elle quitta le bureau fédéral en 1979 et siégea au comité fédéral jusqu’en 1985. Elle fut candidate du PCF aux élections cantonales (canton de Saint-Pol-de-Léon) en 1967, 1973 et 1979.
En 1967, elle obtint 566 voix, soit 5,61% des suffrages exprimés.
Toujours militante syndicale, responsable de la section CGT de la station biologique de Roscoff, Andrée Moat fut élue au comité national du syndicat CGT du CNRS (1959-1961). Elle participa également à la section départementale de l’Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires (UGFF). Sur le plan interprofessionnel, elle siégea à la commission exécutive (1960-1983) et au bureau (1971-1972) de l’UD-CGT du Finistère. Elle fut également trésorière de l’UL-CGT de Saint-Pol-de-Léon.
Guy Jacques, océanographe au CNRS qui fut son collègue à la station biologique de Roscoff, évoque dans ses souvenirs, « une bibliothécaire, Andrée Moat, toujours en bleu de travail pour rappeler son appartenance au Parti communiste et à la CGT. »
Gabriel Le Gall témoigne lui aussi de son éternel « bleu de chauffe ».
Secrétaire adjointe du ciné-club de Saint-Pol-de-Léon/Roscoff, elle siégea au comité national de la Fédération française des ciné-clubs dans les années 1960.
Durant de longues années, Andrée Moat fut responsable de la librairie dans les rassemblements locaux ou départementaux de la CGT et du PCF. Selon ses anciens camarades, elle se refusait à y vendre des ouvrages qu’elle n’avait pas lu elle-même.
Figure de la ville de Roscoff, tant par son activité professionnelle que par ses engagements, Andrée Moat reçut la médaille de la ville à l’occasion de son départ en retraite, en 1985. Elle continua de militer au sein de la section CGT des retraités de l’UL-CGT de Saint-Pol-de-Léon.
Son fils Hans Küffer devint architecte en région parisienne. Il fut lui-même militant communiste.
Après son décès, ses archives personnelles furent confiées à Denise Roudot, puis déposée par Yves Le Berre au Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC) de l’Université de Bretagne occidentale (UBO), à Brest (Finistère). S’y ajoutèrent, en 2016, deux boîtes rendant compte de son activité à Clamart (1953-1954), conservées originellement au Centre d’Histoire sociale du XXe siècle. Ce fonds documente, presque au jour le jour, de plus de quarante ans d’activités militantes.
60 milliards d'euros, c'est l'orgie de liquidités restituées en 2019 aux actionnaires du CAC 40, dépassant de très loin le niveau record de 2007, avant la crise financière.
En hausse de 12 % par rapport à 2018, ces dividendes versés pour l'essentiel aux grands actionnaires des multinationales du CAC 40 vont dépasser allègrement les 500 milliards d'euros depuis 2009.
L'argent coule donc à flot, pour les fortunés et les fonds spéculatifs, en quête de rentabilité toujours plus grande, au détriment de l'investissement, des salaires et de l'emploi. Et son débit ne cesse de grossir, puisque sur la dernière décennie, la rémunération des actionnaires aura progressé 4 fois plus vite que les salaires.
Il est temps de « mettre la main » sur ce pactole accaparé par des spéculateurs sans foi, ni loi. C'est indispensable pour financer nos retraites, la création d'emploi, les hausses de salaires, la transition écologique et l'investissement productif.
Le PCF propose à ce titre de faire cotiser ces dividendes au même titre que tous les revenus et de moduler les cotisations sociales des entreprises à partir de critères sociaux et environnementaux.
A cette condition, les entreprises et particulièrement les grands groupes industriels et financiers pourraient retrouver le chemin vertueux d'une production utile aux besoins de la société, de salaires décents et d'une protection sociale de haut niveau pour les salarié-e-s qui produisent les richesses.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord
:
Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste.
Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale.
Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.