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24 février 2025 1 24 /02 /février /2025 15:47

 

 

* Les faits *

Pour les marxistes la place du travail dans la société capitaliste est un sujet essentiel. Revenir aux sources ne serait pas un luxe.

Le secrétaire national du PCF publie « le Parti pris du travail » le 24 avril. Il y propose notamment de « créer les conditions pour que plus personne n’ait à recourir au RSA » en garantissant « à tous un emploi ou une formation avec un salaire ».  –> RSA : Revenu de Solidarité Active

Fabien Roussel a déclaré que le RSA n’est pas un horizon de vie et a proposé de le remplacer par une véritable sécurité professionnelle, garantissant un emploi, une formation et un salaire, affirmant que le RSA installe la pauvreté plutôt que de la combattre.

« Je veux supprimer le RSA. Évidemment que le RSA n’est un horizon de vie pour personne ! Remplaçons-le par une véritable sécurité professionnelle, garantissant un emploi, une formation, un salaire », a-t-il précisé.

 

* La polémique *

 

Ne retenant que le début de la phrase « Je veux supprimer le RSA », Monsieur Melenchon lance une campagne « Fabien Roussel veut supprimer le RSA ! Fabien Roussel veut supprimer les allocations, etc. Cette polémique prend de l’ampleur relayée par quelques-uns de ses adeptes sur les réseaux sociaux et par la presse de droite. On connait la méthode : tronquer une phrase pour utiliser cet extrait à des fins malveillantes. C’est classique – cela s’appelle un détournement de citation – et malhonnête.

Monsieur Mélenchon fait semblant d’oublier qu’il disait, à juste titre, exactement la même chose en 2012 !

 

 

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose… Hélas oui, certaines personnes ont cru à ce mensonge, y compris des proches du PCF qui se sont sentis déstabilisés par cette affirmation. « Il veut supprimer le RSA ! ». Il faut quand même ne rien connaitre à l’histoire du PCF pour avaler une telle chose.
On a du mal à comprendre que certaines personnes connaissant les communistes soient tombées dans le panneau. Ce manque de résistance à la pression ambiante est affligeant.

Oui, Fabien Roussel a évoqué l’opposition entretenue par la droite et le RN, entre ceux qui travaillent et les bénéficiaires du RSA « Cela a permis à la droite de séparer les gens entre les travailleurs et ceux qu’elle appelle les « cassos ».

A qui ceux qui relaient une telle calomnie vont-ils faire croire que les communistes méprisent les bénéficiaires du RSA ?
A qui vont-ils faire croire que le PCF quand il parle de la valeur travail se rapproche du MEDEF et de la droite ?

On peut espérer que certains militants sincères de la gauche vont enfin ouvrir les yeux et rétablir la vérité auprès de leur entourage…

* La vérité *

Oui, le PCF est pour la suppression du RSA, parce que oui, il veut le remplacer par la Sécurité Emploi Formation.

Le RSA est un pansement sur une plaie, un pansement très utile.
Mais soigner la plaie pour qu’il n’y ait plus besoin de ce pansement serait encore mieux !

Le projet « Sécurité Emploi Formation brièvement expliqué ci-dessous :

https://www.pcf.fr/la_securit_emploi_formation_en_5_points

Une preuve supplémentaire que le PCF ne s’attaque pas aux allocataires du RSA c’est qu’il vient de déposer une proposition de loi pour étendre celui-ci aux moins de 25 ans :

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23 février 2025 7 23 /02 /février /2025 07:01
Nous voulons MIEUX que le RSA !
💡 Le RSA maintient des millions de personnes dans la précarité. Nous, on défend la Sécurité Emploi Formation : un vrai droit à un emploi ou une formation, avec un revenu garanti.
❌ Le problème ?
635 €/mois, impossible de vivre dignement.
Des contrôles injustes et culpabilisants.
Aucune garantie d’emploi stable ou de formation.
✅ Notre solution : la Sécurité Emploi Formation !
✔️ Un revenu équivalent au SMIC pour toute personne privée d’emploi.
✔️ Une formation gratuite et rémunérée pour celles et ceux qui le souhaitent.
✔️ Un droit réel à l’emploi, garanti par un pôle public et des embauches dans les services essentiels.
📢 Stop à la précarité organisée ! Exigeons un droit au travail et à la formation pour toutes et tous.

 

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23 février 2025 7 23 /02 /février /2025 06:55
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23 février 2025 7 23 /02 /février /2025 06:43

 

Le rapport de la Cour des comptes sur le financement de la Sécurité sociale réussira-t-il à intimider les Français ?

Comme on s’y attendait ces derniers jours, il fait litière des élucubrations de François Bayrou sur un « déficit caché » du régime des fonctionnaires.

Mais il annonce ce que gouvernement et patronat voulaient entendre : une « nette dégradation » de la situation financière de nos régimes de retraites dans les vingt prochaines années.

Pierre Moscovici a le culot de baptiser cela la « vérité des chiffres » alors que ces estimations reposent sur des hypothèses volontairement désespérantes de chômage (7% pour toujours) et de productivité apparente du travail. Dans ces conditions, la Cour des comptes enferme ses projections dans le postulat d’une diminution de la part des richesses consacrées aux retraites de 13,9% du PIB en 2025 à 13% en 2045 !

Les travaux du Conseil d’Orientation des retraites avaient pourtant fourni des éléments montrant que le problème n’est pas la démographie mais celui de l’activité, de son contenu, donc du chômage et d’un emploi efficace, donc des capacités humaines à développer. Est-ce pour cela que le gouvernement a choisi de faire appel à la Cour des Comptes, cette institution d’Ancien régime, plutôt qu’au COR, qui réunit dans la transparence experts et représentants des forces économiques et sociales ?

Certes, le rapport entre le nombre des inactif·ves et celui des actif·ves doit augmenter de 25 % d’ici à 2060, mais l’augmentation du PIB en volume, qui mesure les richesses produites, est estimée à 60 % : il y a de la marge si le coût du capital cesse de plomber l’économie !

L’heure n’est donc pas à ergoter sur quelques milliards de cotisations en plus ou en moins sous l’effet d’ajustements à la marge de la durée d’assurance ou des taux de cotisation. Il faut non seulement abroger la réforme de 2023 mais surtout arrêter l’enchaînement infernal des réformes qui, successivement depuis trente ans, dégradent les droits des assurés sans apporter aux régimes de retraites les ressources dont ils ont besoin pour répondre aux attentes que le pays a massivement exprimées dans les mobilisations provoquées par l’annonce de la réforme Macron.

Ce sont ces mobilisations, et celles qui doivent les prolonger, qui font entendre la voix de la raison !

Pour que la retraite au XXIe siècle soit pleinement « un nouvel âge de la vie, et non une antichambre de la mort », selon le projet d’Ambroise Croizat, il faut la rendre possible à 60 ans, avec prise en compte des carrières longues, des années d’études, de la pénibilité.

Cela coûterait cher, nous dit-on ? Pour dégager les moyens nécessaires à la protection sociale, aux services publics, aux salaires, il faut donc oser s’attaquer en priorité au chômage, à la précarité, aux restrictions imposées aux dépenses de formation, et emmener ainsi les entreprises dans un chemin d’efficacité économique, sociale et écologique nouvelle.

Deux pistes majeures de financement doivent être examinées. Elles sont proposées par le PCF mais elles sont portées bien plus largement dans les mobilisations sociales :

  • une cotisation additionnelle sur les revenus financiers des entreprises et des banques. À 10 % (taux moyen de cotisation patronale retraite) elle pourrait rapporter plus de 50 Milliards d'euros, tout en incitant les entreprises à se désintoxiquer de la « finance »

  • une surcotisation (taux plus élevé, sur la part patronale) des entreprises qui « taillent » dans l’emploi, les salaires et la formation, n’appliquent pas l’égalité salariale femmes/hommes. Plus précisément, dont ceux-ci diminuent ou augmentent moins que la moyenne de leur branche, en s’inspirant de ce qui existe déjà pour les accidents de travail. Il s’agit ainsi d’emmener les entreprises vers un chemin de progrès. Car celles qui contribuent de façon saine et efficace à l’activité et à l’emploi bénéficieront du taux normal, donc moins élevé.

Nous demandons le chiffrage et l’évaluation de cette mesure !

Ces deux mesures combinant pénalisations et incitation permettraient de dégager les ressources nécessaires à une réforme de progrès tout en permettant

  • la suppression des exonérations de cotisations sociales ;

  • la sortie progressive de la CSG et une taxation renforcée des revenus proprement financiers des ménages.

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22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 15:34
Vente de l'Humanité Magazine par le PCF Morlaix ce samedi 22 février 2025 (Photos Pierre-Yvon Boisnard)
Vente de l'Humanité Magazine par le PCF Morlaix ce samedi 22 février 2025 (Photos Pierre-Yvon Boisnard)
Vente de l'Humanité Magazine par le PCF Morlaix ce samedi 22 février 2025 (Photos Pierre-Yvon Boisnard)
Vente de l'Humanité Magazine par le PCF Morlaix ce samedi 22 février 2025 (Photos Pierre-Yvon Boisnard)

Sur le marché de Morlaix sous un grand soleil ce samedi 22 février avec Patricia Paulus et Ismaël Dupont et plusieurs autres camarades qui nous ont rejoint au moment de la vente de l'Humanité Magazine du week-end, avec un dossier spécial sur les pesticides, et distribuer "A cœur ouvert", le journal santé du PCF. 

Photos de Pierre-Yvon Boisnard. 

Merci à lui!

Vente de l'Humanité Magazine par le PCF Morlaix ce samedi 22 février 2025 (Photos Pierre-Yvon Boisnard)
Vente de l'Humanité Magazine par le PCF Morlaix ce samedi 22 février 2025 (Photos Pierre-Yvon Boisnard)
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22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 08:04
Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)

Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien, William Sportisse

Presse Universitaire de Rennes, 2012

Éditions El-Ijtihad- Alger 2013

Entretiens avec Pierre-Jean Le Foll-Luciani  

 
William Sportisse est né à Constantine dans une famille juive arabophone dont les ancêtres sont pour partie des Juifs expulsés d'Espagne au moment de la Reconquista et des berbères. Il passe une grande partie de sa jeunesse au Camp des Oliviers dans le quartier de Bellevue, à la périphérie de Constantine, un quartier d'habitations à bon marché (HBM) que des juifs du centre-ville rejoignent en même temps qu'une minorité de musulmans et qu'une majorité d'européens. Les "communautés" différentes y vivent en relatif bon voisinage, notamment les juifs et les musulmans qui s'échangent gâteaux et plats lors de leurs fêtes religieuses. Pendant le Front Populaire, son frère Bernard Sportisse joue un rôle dans la mobilisation de la jeunesse, au côté d'autres jeunes juifs engagés au PCA et à la CGT. A Constantine, les jeunesses socialistes sont principalement constituées de juifs, et les jeunesses communistes sont constituées principalement de juifs et de musulmans. Bernard Sportisse en fait partie, au côté de Maurice Laban, de George Raffini, qui rejoindront ensuite les maquis rouges du PCA pendant la guerre d'Algérie au côté des indépendantistes algeriens, de Pierre Bartoli, de Simon Khalfa. En 1936, les JC de Constantine note William Sportisse devaient regrouper 60 à 70 adhérents. William qui a 12-13 ans en fréquente au sein du cercle populaire de jeunes du quartier d'El Kantara. Son frère Lucien, instituteur à Akbou, est communiste lui aussi. Le 5 août 1934, une émeute populaire musulmane avait visé les juifs de Constantine, plus de 200 magasins avaient été saccagés et pillés, plusieurs familles attaquées, et 25 juifs tués, dont six femmes et cinq enfants. Parmi eux un parent de William Sportisse, cousin de sa mère, l'agriculteur au village de Bizot, Michel Attal, dont le fils Robert Attal deviendra membre du PCA et correspondant local d'"Alger Républicain". Lucien en tant que communiste, critique du colonialisme et de sa pratique de division entre juifs, musulmans, Européens, est accusé d'avoir eu une responsabilité dans ces émeutes violentes visant les juifs, y compris par des antisémites proches de l'Action française, ou des milieux juifs conservateurs. Dans ses entretiens avec l'historien Pierre-Jean Le Foll-Luciani, William Sportisse laisse entendre que les autorités coloniales auraient pu trouver un intérêt dans ces émeutes anti-juives et leur récupération, voire les provoquer, ou ne rien faire pour les empêcher. "La vision raciale du monde" que celles-ci ont propagé a contribué à creer un antagonisme entre musulmans et juifs là où la coexistence dans le monde précolonial était ancienne, et la culture en grande partie commune. L'impérialisme déviait aussi la colère des fellahs contre des boucs-émissaires, la petite bourgeoisie juive, ce qui avait le double avantage de pouvoir s'appuyer sur elle comme une alliée en besoin de protection. Néanmoins, Lucien Sportisse dès cette époque refuse de minimiser la réalité de l'antisémitisme, aussi bien chez les Européens que chez les musulmans. Germaine, la sœur de Lucien, Bernard, et Lucien, deviendra également communiste après la seconde guerre mondiale, se mariant avec un dirigeant du parti communiste espagnol, l'ancien combattant républicain Luis Delage.
Lucien Sportisse, né en 1905, est le premier des Sportisse à s'être engagé au Parti communiste algérien, en 1927, après un premier passage à la SFIO, adhésion communiste qui se fera sur des bases anticolonialistes, liées à ces expériences de la misère algérienne comme instituteur en zone rurale. A l'époque dans la région de Constantine, les effectifs du Parti communiste n'excèdent pas les 200 adhérents. C'est un instituteur partisan des méthodes Freinet, qui militait au sein de la tendance "L'école émancipée" du SNI (syndicat national des instituteurs). Dès le début des années 30, il milite avec les ouvriers boulangers de Constantine ou les dockers de Philippeville (Skidda) regroupés dans la CGTU. Dès le début des années 30, comme activiste communiste, Lucien est pisté par la police, la gendarmerie, la Sûreté départementale. Il milite avec d'autres militants communistes comme Lucien Monjauvis, Antoine Hajje, Aloïs Zimmerman, dépêchés par le PCF pour enquêter sur les émeutes antijuives du 5 août 1934. Les prises de position anticolonialistes de Lucien Sportisse et sa critique de l'expropriation des paysans musulmans par les gros propriétaires et l'administration coloniale, et ses engagements communistes, lui valent une révocation de son poste d'instituteur. Après sa révocation, Lucien part en Oranie, où il travaille dans le bâtiment avec un autre militant communiste, Nicolas Zannettacci. Il prend la direction de l'UD des syndicats d'Oran, mobilise les chômeurs, principalement musulmans, d'Oran en1935-1936, ce qui lui vaut d'être de nouveau dans le collimateur de la police, qui arrête les participants des meetings où il intervient comme syndicaliste. Le 2 août 1935, Lucien est arrêté et emprisonné lui-même, ciblé aussi bien en tant que communiste que en tant que juif et anticolonialiste. En septembre 1935, il est condamné à 4 mois de prison. C'est à ce moment que sa mère, analphabète, apprend le français, pour mieux pouvoir participer à la défense de son fils aîné adoré, notamment à partir de la lecture de "L'Humanité". En 1936, Lucien Sportisse va être conduit à quitter l'Algérie, l'administration de l'éducation nationale se déclarant prête à le réintégrer en France, mais pas dans le Constantinois, ni en Algérie. C'est une manière de l'expulser par contrainte. Ses camarades du PCA l'encouragent à accepter un poste en France où il pourra militer tout aussi utilement. A l'époque, Lucien et son épouse, Alice Cremades, se sont séparés. William Sportisse précise qu'Alice Cremades est une "militante importante du PCA à Oran, élue au Comité central aux côtés de Lucien en 1936" et qu'elle était allée à Paris puis en Espagne organiser la solidarité concrète avec le peuple espagnol contre le franquisme. Alice gardera le nom de Sportisse quand elle militera au PCF et au PCA clandestin pendant la seconde guerre mondiale et qu'elle sera élue conseillère générale d'Alger-Bab al Oued (1945-1951) et députée communiste d'Oran (1945-1951). En décembre 1954, c'est elle qui intervient à l'Assemblée Nationale pour dénoncer la politique du tout répressif conduite par Mitterrand et Mendès-France après le 1er novembre 1954 et exiger des réformes politiques et sociales en Algérie qui prennent en compte le fait national algérien et l'aspiration à la liberté du peuple algérien. Au début de la guerre, Lucien Sportisse est âgé de 1934, et il est instituteur à Sevran. Envoyé dans les Alpes comme pionnier dans un régiment de génie, il est privé d'armes comme d'autres militants communistes. A l'armistice, la politique anticommuniste et les lois anti-juives de Vichy rendent sa réintégration comme instituteur "impossible". Lucien est aidé par des bénévoles de la Croix Rouge, des chrétiens, et reprend contact avec le PC clandestin dans le sud de la France. En août 1941, alors qu'il travaille et milite clandestinement à Aubenas, Lucien Sportisse est arrêté par la police française en tant que communiste. Il est envoyé avec des droits communs dans la forteresse de Sisteron en Provence, puis au camp de Fort-Barraux en Isère, puis au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn, où il donne des cours à d'autres détenus, politiques, syndicalistes, ou juifs. Il s'évade dans la nuit du 11 au 12 juillet 1943 avec une cinquantaine de co-détenus après avoir creusé un tunnel, puis il rejoint la résistance communiste et FTP. Le Front National de Libération de la France (structure communiste de résistance et de rassemblement) lui enjoint de prendre la direction du "Patriote", le journal de la Résistance communiste pour la région lyonnaise. Il y travaille notamment clandestinement avec Madeleine Braun, première présidente femme de l'Assemblée Nationale, à la libération, directrice du "Patriote", avec George Marrane, Yves Farge. Lucien Sportisse, rappelle son frère William, est "également en lien avec des résistants maghrébins musulmans, nombreux à Lyon, par l'intermédiaire d'un autre résistant juif communiste algérien, né à Tlemcen, Joseph Boukobza. Lucien est dénoncée par une collaboratrice infiltrée dans leur réseau et abattu par la Gestapo aidé de collaborateurs doriotistes du PPF le 24 mars 1944 dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. Joseph Boukobza sera lui aussi abattu par des miliciens français après avoir été dénoncé par la même indicatrice.
Pendant que son frère Lucien devient un héros de la Résistance, William a vécu la guerre en militant au PCA clandestin, en tant que jeune communiste, avec George Raffini notamment, et d'autres militants communistes juifs comme Emile Attali, ouvrier imprimeur, ou "musulman" et européen, selon la terminologie consacrée à l'époque, dans un contexte où l'antisémitisme d’État de Vichy s'applique aussi à plein en Algérie et dans le reste de l'Afrique du Nord, les juifs ayant perdu la nationalité française par l'abrogation du décret Crémieux le 8 octobre 1940, devenant des "indigènes" encore plus discriminés que les autres par le racisme du système colonial très bien adapté à l'antisémitisme d'état du régime du maréchal Pétain. Son frère Bernard Sportisse est arrêté avec d'autres communistes algériens, certains, membres de la direction, sont condamnés à mort comme Thomas Ibanez, Ahmed Smaïli, Georges Raffini, Lisette Vincent, Emile Touati, Danielus Dietmar. Ces militants sont embastillés souvent à la prison de Barberousse au-dessus de la Casbah d'Alger qui allait quelques années plus tard accueillir d'autres condamnés à mort du PCA comme Yveton et surtout du FLN. Après le débarquement allié en Algérie, William Sportisse s'engage dans les FFL, engagé dans l'armée en Mauritanie, où la très grande majorité des officiers sont hostiles aux juifs. Il se battra en France contre les nazis, notamment dans les poches de l'Atlantique encore aux mains des Allemands à l'ouest de la France. C'est à Marseille qu'il apprend les massacres de Sétif, Guelma, et du nord-Constantinois suite aux manifestations du 8 mai 1945. Entre 15 000 et 45 000 algériens tués au cours de véritables chasses à l'homme auxquelles participent milices de colons, armée et police coloniale, pour venger la mort de 102 européens suite aux tirs contre des manifestants nationalistes à Sétif et Guelma. William Sportisse va devenir dirigeant des JC et de l'UJDA à Constantine et Alger entre 1945 et 1948. C'est un permanent de la JC (payé irrégulièrement et mal, comme les journalistes et collaborateurs d'"Alger Républicain"), un "fonctionnaire de la révolution"!
Il se déplace beaucoup dans les Aurès, à Khenchela notamment, où il constate l'ampleur du sentiment national, portant haut l'UDMA dans l'électorat musulman. Le PCA compte à cette époque environ 9000 militants. La JC, suite à l'impulsion du PCA, va créer l'Union de la jeunesse démocratique algérienne (UJDA) pour intégrer un maximum de musulmans, parfois mêmes des organisations, comme les Scouts musulmans algériens de Blida, offrir une base d'action et de rassemblement élargie au mouvement communiste. Les militants musulmans deviendront bientôt majoritaires au sein du PCA, lequel entretient de plus en plus de lien avec les nationalistes autonomistes ou indépendantistes musulmans et affirme de plus en plus une ligne de critique radicale du colonialisme. "A Constantine, rappelle William Sportisse, au sein des JC et de l'UJDA, il y a des militantes actives comme Reinette Zaoui (demi-soeur d'Emile Attali et future épouse de Georges Raffini), Edith Zerbib (qui épousera Bernard Sportisse) ou Raymonde Peschard (morte au maquis pendant la guerre de Libération). Les secrétaires nationaux de l'UJDA sont Henri Alleg et René Azoulay, et William Sportisse, lui, en est le dirigeant de Constantine. Plusieurs militants de l'UJDA rejoindront les rangs indépendantistes et le combat national algérien pendant la guerre de Libération comme Hamib Gherab, Henri Maillot, Maurice Laban, ou d'autres camarades communistes, qui deviendront membres du maquis des Combattants de la libération. Henri Maillot et Maurice Laban seront assassinés par l'armée française.
A cette époque, William Sportisse est très lié à Henri Alleg. Il intègre le comité central du PCA en avril 1947 et devient permanent du PCA entre 1948 et 1953, rendant compte des luttes sociales dans le journal communiste "Liberté", particulièrement actif dans les luttes anticolonialistes du Constantinois et de Kabylie. Dans son livre d'entretien avec Pierre-Jean Le Foll-Luciani, William Sportisse revient de manière passionnante sur son quotidien de dirigeant communiste dans cette atmosphère d'ébullition et d'oppression coloniale, dans le monde urbain et rural algérien, sur les évolutions politiques et stratégiques du PCA, de plus en plus engagés pour l'indépendance algérienne, sur le rapport des juifs algériens et des communistes juifs au sionisme, à l’État naissant d'Israël, sur le soutien aux mouvements d'émancipation nationale au Maroc et en Tunisie. William Sportisse devient à la demande du PCF et du PCA journaliste radio en Hongrie, à Budapest, dans une radio communiste diffusant des émissions en langue arabe et il reviendra en 1955 en Algérie pour retrouver son pays en guerre, rentrer en clandestinité avec le PCA, puis avec le mouvement national algérien, à Constantine pendant toute la durée de la guerre, changeant de nom et d'apparence physique pour échapper à l'arrestation, établissant la liaison avec le FLN et l'ALN, organisant la collecte et la solidarité financière avec les camarades engagés dans les maquis, la liaison avec les prisonniers des bagnes et camps français. Son expérience de la lutte clandestine acquise sous Vichy lui est utile pendant la guerre d'Algérie. William Sportisse écrit dans un journal clandestin "Le Patriote", le même nom que le journal communiste de Résistance à Lyon pour lequel son frère Lucien travaillait. Il y fait notamment, en décembre 1957, l'éloge de la résistante communiste Raymonde Peschard tuée les armes à la main pour défendre la liberté du peuple algérien contre l'oppression coloniale:
" Traquée par la police et les parachutistes, notre camarade Raymonde Peschard est morte au combat. Elle a versé son sang généreux pour l'indépendance de sa patrie qu'elle aimait tant. Venue très jeune à notre parti, parce que sensible aux souffrances de son peuple, elle haïssait le racisme et l'oppression colonialiste. Patriote algérienne, elle avait pu rejoindre le maquis, après avoir été poursuivie par les parachutistes de Massu. Son souvenir restera vivant dans le cœur des Algériens et des Algériennes. De nouveaux combattants et combattantes se lèveront pour poursuivre son combat héroïque afin de réaliser son désir le plus cher, la liberté de son peuple" (William Sportisse, Le Patriote, décembre 1957).
A l'Indépendance, William Sportisse sort de sa clandestinité, les chefs du FLN l'identifient comme dirigeant communiste. A cette époque, le journal du PCA "Al Houriya" est très bien accueilli et se vend très bien à Alger aussi bien qu'à Constantine. Le Parti communiste algérien à l'Indépendance compte 8000 à 10 000 adhérents. Mais l'anticommunisme est fort au sein du FLN, que cela soit chez les ruraux ou des nationalistes des villes issus de la bourgeoisie musulmane, et les tendances autoritaires et hostiles au multipartisme aussi, et le PCA va être inquiété dans ses activités et son indépendance très vite, avec la complicité de la grande majorité des parlementaires et hommes politiques qui n'ont rien dit. Le PCA est privé de son journal "Al Houriya" mais sa sensibilité continue à s'exprimer au sein d'""Alger Républicain" où William Sportisse entre en 1963, un journal qui tire à cette époque à 70 000 exemplaires et où Sportisse travaille avec Henri Alleg, Boualem Khalfa, Lakhdar Kaïdi, Jean-Pierre Saïd, Jacques Salort, Georges Marcelli, Mustapha Kaïd. En 63, lors des débats du code de la nationalité, malgré l'opposition publique des députés Abdelkader Guerroudj, ancien communiste, d'Hocine Aït Ahmed, Meriem Belmihoub, et des députés d'origine européenne qui avaient participé à la lutte anticolonialiste, et d'une opposition publique égalemment de Claude Sixou, la poétesse Anna Greki (Colette Grégoire), Lucien Hanoun, Francine Serfati, Jacqueline Guerroudj, Jean-Claude Melki et André Beckouche, tous compagnons de la libération algérienne, une conception étroite de la nationalité, indexée à la confession musulmane, est adoptée qui exclut potentiellement les Européens et les juifs qui se sont battus pour la nation algérienne et sa liberté, ou bien leur accorde la nationalité à titre exceptionnel et sous condition. Au moment du coup d'Etat de Boumediene, William Sportisse est emprisonné comme beaucoup de militants communistes (beaucoup seront torturés, nombreux seront liquidés). Le PCF et "L'Humanité", et également les pays du bloc communiste, organisent une solidarité internationale avec William Sportisse et d'autres détenus progressistes et communistes algériens, comme Bachir Hadj Ali, Henri Zannettacci, Jacques Salort. Bachir Hadj Ali tirera de cette expérience le livre "L'arbitraire". William Sportisse sera ensuite libéré de prison en 68, assigné à résidence à Tiaret, et il participera à la construction du PAGS clandestin, parti communiste héritier du PCA, à Tiaret avec Sadek Hadjerès et d'autres militants ayant échappé aux arrestations.
William Sportisse reste en Algérie pendant la décennie noire des attentats et meurtres islamistes et de la guerre civile avant d'être poussé à partir par des camarades d'"Alger Républicain", sachant qu'il était une cible en tant que militant de gauche et communiste. Il quittera l'Algérie son pays natal en 1994.
Comme l'a écrit Augustin Paillière dans La Revue du Projet du PCF en 2014:
"Depuis la période coloniale jusqu’à l’aube de la « décennie noire » de la guerre civile, ce témoignage sur le « parcours d’un communiste algérien » est passionnant pour nous, communistes français, à plus d’un titre.
Son plus grand mérite est de faire sortir de l’ombre l’histoire des communistes algériens. Dans une société que la colonisation avait construite sur des bases racistes, plusieurs générations de juifs, d’Européens et de musulmans se sont battu ensemble contre le fascisme, le colonialisme et le capitalisme, presque toujours dans la clandestinité. À l’heure où, même en France, la lecture raciale des crises sociales et économiques regagne du terrain, l’histoire de l’engagement de ces militants, et on pense évidemment aussi à Henri Alleg, constitue un héritage précieux pour les communistes du siècle présent.
William Sportisse analyse, sans complaisance, la contribution des communistes à la guerre d’indépendance et explique la difficulté à maintenir l’union des Algériens sans mettre de côté leurs positions en tant que communistes.
À l’indépendance, le PCA a payé cher cette position. D’abord toléré, il est formellement interdit dès 1964 et ses militants sont réprimés, y compris physiquement. Malgré la prison, malgré la torture (infligée à des Algériens par des Algériens) et malgré vingt ans passés en résidence surveillée, William Sportisse continue d’analyser les orientations contradictoires prises par le FLN en fonction des progrès réels ou des reculs qu’elles ont représentés pour la grande majorité des ouvriers et des paysans algériens. Cela force le respect."
Note de lecture réalisée par Ismaël Dupont - 20 février 2025
 

lire aussi: 

Histoires d'Algérie : Blanche et André Moine, militants communistes du PCA pendant la guerre d'Algérie

La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa

Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale et les travaux pionniers de Pierre-Jean-Le Foll-Luciani - par Malika Rahal) 

D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

Témoignage - L'itinéraire de Michel Tanguy, instituteur morlaisien communiste en Algérie pendant la guerre d'Algérie

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

Histoires d'Algérie: Djamila Boupacha, militante FLN défendue par Gisèle Halimi et dont Picasso fit une icône de la lutte des Algériens

Communist'Art: Anne Greki, poétesse algérienne (1931-1966)

Histoires d'Algérie: Colette Grégoire dite Anna Greki, poétesse, communiste, militante de l'indépendance: l'amour et la rage au coeur

Histoires d'Algérie - Fernand Iveton: militant communiste algérien décapité pour l'exemple en février 1957

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

A Khenchela, les colonialistes ont arrêté un instituteur français à titre d'otage - Marie Perrot, L'Humanité, 11 novembre 1954

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22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 07:51
Camp d'El Arroub (photo site de l'UNWRA)

Camp d'El Arroub (photo site de l'UNWRA)

Un camp de réfugiés palestiniens jumelé à Carhaix envahi par l’armée israélienne

Quentin Saison, Ouest-France, 20 février 2025

Un camp de réfugiés palestiniens jumelé à Carhaix envahi par l’armée israélienne

Le camp de réfugiés palestiniens d’El Arroub (Cisjordanie), jumelé à la ville de Carhaix (Finistère) depuis 2002, a fait l’objet d’une incursion de l’armée israélienne, mercredi 12 février 2025, comme a pu le confirmer Ouest-France auprès de l’UNRWA. Des organisations du Centre Bretagne expriment « leur soutien à la population du camp ».

Dans un communiqué du 19 février 2025, l’Association France Palestine solidarité (AFPS) Centre Bretagne et l’antenne locale du parti communiste français (PCF) expriment leur « solidarité avec la population du camp d’El Arroub, une nouvelle fois victime des violences de l’occupation israélienne ».

Jumelé à la ville de Carhaix (Finistère) depuis 2002, le camp de réfugiés palestiniens situé à une vingtaine de kilomètres de Jérusalem (Israël) a en effet fait l’objet d’une incursion de l’armée israélienne, le 12 février 2025, comme a pu le confirmer l’office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) auprès de Ouest-France.

L’agence onusienne explique notamment « qu’un incident s’est produit au centre de santé du camp, qui a été utilisé par l’armée israélienne comme un lieu de détention temporaire pour interroger plusieurs dizaines de Palestiniens, en violation du droit international ». L’organisation ne dresse aucun bilan humain.

Une dernière visite en 2018

La situation suscite un vif émoi au sein de l’antenne locale de l’AFPS, rapidement rejointe par le PCF. « Nous condamnons le mépris que l’armée israélienne affiche envers la population palestinienne et les institutions internationales de l’ONU », écrivent-ils. « Ce qui se passe est un drame », complète Pierre-Yves Thomas, conseiller municipal communiste.

« On a encore une correspondante régulière, qui nous raconte ce qu’il se passe là-bas », raconte Jean-Pierre Jeudy, membre de l’AFPS. La dernière venue d’habitantes du camp, à Carhaix, remonte à 2018.

Le Télégramme Carhaix - 21 février 2025

Le Télégramme Carhaix - 21 février 2025

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22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 07:44
Journal Le Monde 21 février: Capture d'écran de l'article sur le vote au Sénat d'une proposition de loi interdisant le mariage aux étrangers en situation irrégulière

Journal Le Monde 21 février: Capture d'écran de l'article sur le vote au Sénat d'une proposition de loi interdisant le mariage aux étrangers en situation irrégulière

Après la remise en cause du droit du sol, une nouvelle rupture avec les valeurs républicaines. C'est Vichy qui revient au galop. Un sénateur "centriste" fait passer une loi qui conditionne le mariage... Pas de papiers, pas d'amour... "A chaque fois vous donnez le point à l'extrême-droite. Vous vous ferez avaler par Marine Le Pen, nous nous ferons tous avaler" a justement dénoncé le sénateur communiste Fabien Gay, directeur de l'Humanité, disant sa "honte", sa "honte collective", et son sentiment d'une absence de hasard devant un calendrier concordant avec la remise en cause du droit du sol. " On sait quand l'extrême-droite arrive au pouvoir, on ne sait jamais quand elle part et dans quel état elle laisse la République" (Fabien Gay, sénateur communiste de Seine Saint-Denis). C'était cité dans le journal de France Inter le 20 février à 13h.

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22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 07:41
"L’exécutif nous emmène dans le mur" - Éditorial de Fabien Gay dans L'Humanité - 21 février 2025
"L’exécutif nous emmène dans le mur"
 
Éditorial de Fabien Gay, directeur de l'Humanité et sénateur communiste de Seine St Denis, dans L'Humanité - 21 février 2025 
 
Mais où va le gouvernement Bayrou ? Après avoir imposé, par un nouveau 49.3, un budget dégradé, copier-coller de celui de Barnier et en jouant sur les peurs – « La France a besoin d’un budget… même mauvais » –, ce gouvernement déroule une politique à faire pâlir de jalousie l’extrême droite. En plus de mentir éhontément devant la représentation nationale sur sa connaissance des crimes sexuels perpétrés au sein de l’établissement scolaire Bétharram, le premier ministre veut imposer un agenda politique inquiétant. Alors que Mayotte est encore à terre, soufflée par le cyclone Chido, qu’aucun euro n’est encore arrivé pour la reconstruction, ce gouvernement donne son feu vert à l’Assemblée nationale pour remettre en cause le droit du sol. Ceux qui se proclament sans cesse de la République et de son arc, pour mieux en exclure des forces progressistes, touchent donc à un de ses éléments fondateurs.
En s’asseyant sur les principes d’indivisibilité de la République et d’égalité devant la loi, en introduisant une discrimination fondée sur l’origine, totalement contraire à l’article Ier de la Constitution, le gouvernement franchit un nouveau cap et laisse planer le projet d’une réforme constitutionnelle plus globale sur le droit du sol. Car, après Mayotte, ce sera au tour de la Guyane puis, en réalité, de l’ensemble du territoire. Même le ministre des Outre-Mer, Manuel Valls, s’en inquiète. C’est dire la dérive ! Comment interpréter cette reprise d’une marotte de l’extrême droite tout en pensant l’étouffer ?
Le socle commun (macronistes, LR et affiliés) commet non seulement une grave erreur mais agit avec une lâcheté sans nom qui légitime l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Les projets de réforme sur la justice des mineurs qui veulent en finir avec l’excuse de minorité, ou encore le projet de loi agricole qui, au nom de la simplification, élude l’enjeu environnemental sont de cet acabit. À chaque fois, les droites permettent à l’extrême droite de valider ses thèses. Et, à la fin, ce seront eux qui avaleront le socle commun et s’empareront du pouvoir.
Refuser de voir cela est une erreur politique. Ce mouvement est mondial. Le monde de la tech, pointe avancée du capital le plus radicalisé, a choisi de favoriser les extrêmes droites partout sur la planète pour remodeler la géopolitique mondiale. L’Amérique de Musk exige de Trump qu’il annexe le Groenland et partage l’Ukraine, pour mettre la main sur les métaux précieux et les terres rares, pour envoyer des fusées SpaceX sur Mars. Leur vérité alternative est propulsée par de puissants algorithmes ou des médias amis. Et gare à ceux qui se mettront en travers de leur chemin. Il y a vingt ans, Bush alimentait la théorie de l’axe du mal pour mener des guerres en Irak et en Afghanistan. Le vice-président américain est venu rappeler aux peuples européens que, s’ils n’adhéraient pas à la grande alliance des réactionnaires, alors ils seraient considérés comme des ennemis de la « liberté d’expression », et donc de la liberté.
Nous vivons un basculement, ici, en France, avec un gouvernement libéral qui ne s'appuie sur aucune légitimité populaire et qui prépare les esprits à l’arrivée de l’extrême droite qui, elle-même, se trouve dans une accélération de l’histoire au niveau mondial. Il est temps que les forces de gauche et de l’écologie ripostent ensemble, dans le dialogue et non dans l’invective et les outrages. L’enjeu est trop grand. Il faut recréer l’espoir d’un projet porteur de rupture et de changement majeur pour la vie de milliers de travailleurs et travailleuses, basé sur le partage des pouvoirs, des savoirs et des richesses pour plus de justice sociale, l’écologie et la paix.
 
Fabien Gay
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21 février 2025 5 21 /02 /février /2025 18:12
Expression du syndicat CGT Cheminots Léon Trégor suite aux reportages du Télégramme sur le ferroviaire dans le Pays de Morlaix (10 février 2025)
Expression du syndicat CGT Cheminots Léon Trégor suite aux reportages du Télégramme sur le ferroviaire dans le Pays de Morlaix (10 février 2025)
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