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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 06:15
Après plusieurs bains de sang dans la région alaouite, le nouveau régime syrien sur un fil - Mazhen al Gazali, L'Humanité, 10 mars 2025
« Les autorités ne parviennent pas à endiguer la violence » : après plusieurs bains de sang dans la région alaouite, le nouveau régime syrien sur un fil

Depuis le 7 mars, une violence sans précédent s’est abattue sur les provinces de l’ouest du pays, où se concentre l’essentiel de la communauté alaouite. Les victimes se compteraient par milliers.

Mazen al Ghazali

Homs (Syrie), correspondance particulière.

Les images macabres ont fait le tour du monde : des hommes armés massacrant des civils jusque dans leurs maisons, des piles de corps devant des femmes hurlant au désespoir, des combattants à visage découvert frappant des civils à terre avant de les abattre froidement. Un déchaînement de violence que tout le monde redoutait et qui a fini par avoir lieu.

Le jeudi 6 mars au soir, des rebelles opposés au nouveau gouvernement syrien avaient pourtant frappé les premiers. Au cours d’une attaque surprise sur des positions de forces de sécurité proches de la base russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, seize soldats loyalistes trouvaient la mort avant qu’une série d’actions coordonnées n’embrase une grande partie de la côte syrienne.

Le spectre d’une vague d’épuration ethnique

Emmenée par Muqdad Fatiha, ancien homme fort du régime baasiste connu pour ses nombreux crimes de guerre, la Brigade de défense de la côte (Liwa Deraa al Sahel), frappe alors les forces de sécurité du gouvernement de transition tout en appelant à un soulèvement général en Syrie.

Rapidement dépassées par l’ampleur de cette attaque, les autorités syriennes font aussitôt appel à des renforts pour repousser les rebelles. Des milliers de combattants accourent de tout le pays. Prélude au drame, les combats font au moins deux cents victimes militaires, dont une majorité dans les rangs des forces gouvernementales.

 

Si les combattants de Hayat Tahrir al-Cham (HTC), que dirige le président intérimaire Ahmed Al Charaa sont généralement disciplinés, c’est loin d’être le cas de nombre d’autres milices syriennes. Une fois les rebelles repoussés vers le maquis, des images de massacres se succèdent.

Ivres du désir de vengeance, des hommes armés s’adonnent depuis lors aux pires exactions sur la côte, selon des témoignages que nous avons pu recueillir. Sur le littoral, les zones les plus touchées sont situées dans et aux alentours des villes de Lattaquié, Jableh et Baniyas, une région désormais inaccessible aux journalistes indépendants.

Sur les réseaux sociaux, des combattants se filment mettant à mort par dizaines des hommes désarmés et plus rarement des femmes et des enfants. Désemparée, la population fuit où elle peut. « On est terrorisés, on ne sait pas où aller. Qu’ils nous dépouillent de tous nos biens, mais qu’ils nous laissent vivre, par pitié ! » s’écrie dans un état de grande détresse Abou Zaid, originaire du village d’Ain Shqaq, près de Lattaquié.

Sa famille et lui-même se cachent dans des oliveraies depuis deux jours ; ils observent le va-et-vient de soldats sur les routes au rythme de coups de feu incessants alors que brûlent de nombreux villages de la montagne. « On ne sait pas qui sont ces soldats. Il faut que les forces régulières du gouvernement viennent nous protéger, il nous faut de l’aide et vite, nous n’avons rien à manger », ajoute-t-il, terrorisé.

Abou Zaid décrit des scènes de carnage dans les villages de la côte où des soldats non identifiés et lourdement armés vont de maison en maison pour abattre tous les Alaouites qu’ils croisent, n’oubliant pas au passage de piller leurs biens.

Totalement dépassé par les événements, le gouvernement syrien de transition n’a pas anticipé ce déchaînement de violence sectaire pourtant latent depuis des semaines. Les franges les plus radicales des milices syriennes sont en effet composées de nombreux combattants qui ont fait étalage d’une rhétorique anti-alaouite décomplexée depuis la chute du régime de Bachar Al Assad.

Complicité d’inaction

Si des massacres d’une telle ampleur n’avaient encore jamais eu lieu, c’est parce qu’aucun prétexte sécuritaire n’avait pu le justifier. Pourtant, les meurtres et les exactions contre les Alaouites sont monnaie courante, surtout dans les provinces de Hama et de Homs, où ils sont minoritaires, contrairement aux régions côtières.

De manière quotidienne, des enlèvements, des meurtres, des vols et des expropriations ont eu lieu ces derniers mois dans l’indifférence quasi générale des autorités locales, plus soucieuses d’entraver le travail des journalistes que d’enquêter sur cette criminalité systémique.

Depuis les événements de la côte, des crimes ont d’ailleurs également eu lieu dans la province de Hama et Homs, où des familles entières ont été massacrées, notamment à Thuwaym et Mahrousseh où des dizaines de victimes, dont des enfants, sont à déplorer.

Dans le village de Salhab, le cheikh Chaabane Mansour, un dignitaire religieux nonagénaire et philanthrope a été enlevé puis retrouvé assassiné au bord d’un chemin. « Son fils a lui aussi été tué dans des circonstances similaires », explique Bilal, un habitant de Salhab contacté par téléphone.

Dans ces régions comme sur la côte, les Alaouites vivent dans la terreur. « Les villages sont les plus vulnérables. Les forces du gouvernement central n’y sont que rarement déployées et des milices indépendantes radicales peuvent frapper à tout moment, déplore Nibal. Mais quoi qu’il arrive, les autorités ne parviennent pas à endiguer la violence. »

La majorité des crimes sont aujourd’hui imputés à des milices radicales comme la brigade Hamza ou la division Sultan Mourad, toutes deux parrainées par la Turquie et accusées de sérieux crimes de guerre depuis des années. Cependant des témoignages de membres de HTC incriminent également les troupes du président intérimaire.

En attendant que justice soit faite, le bain de sang se poursuit dans de nombreux villages isolés du djebel alaouite sans que la communauté internationale n’ait encore pris conscience de l’étendue de l’horreur que connaissent à nouveau les Syriens. Dans un communiqué déconcertant, la porte-parole de l’Union européenne aux affaires de sécurité dénonce ainsi les crimes… des forces loyales au régime baasiste.

Stop aux massacres de masse des alaouites en Syrie !
Publié le 09 mars 2025

Le Parti Communiste Français exprime sa profonde indignation et sa vive condamnation face aux massacres de masse perpétrés contre les communautés alaouites en Syrie depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024. Ces crimes et exactions survenus notamment dans les régions côtières du pays, ont entraîné la mort de centaines de civils innocents. Ils ont été menés par des unités des forces de sécurité du pouvoir en place à Damas dominé par le mouvement islamiste HTC et ses alliés.

L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), rapportent qu'au moins 750 civils ont été tués entre le 6 et le 8 mars 2025 lors de 29 massacres distincts. Ces atrocités ont été commises principalement dans les gouvernorats de Lattaquié, Tartous et Homs, des régions à forte population alaouite.

En outre, nous ne pouvons exclure la possibilité que des armes françaises aient été utilisées dans ces atrocités. Il est donc essentiel de mener des investigations approfondies pour déterminer l'origine des armements employés et, le cas échéant, établir les responsabilités dans leur transfert et leur utilisation.

Le Parti Communiste Français appelle la communauté internationale à réagir fermement face à ces crimes odieux pour y mettre un terme. Il est impératif que des enquêtes indépendantes soient menées pour identifier et traduire en justice les responsables de ces massacres. Nous exhortons également le gouvernement français et l'Union européenne à prendre des mesures concrètes pour protéger les minorités en Syrie et assurer leur sécurité.

Paris, le 9 mars 2025

Parti communiste français.

Après plusieurs bains de sang dans la région alaouite, le nouveau régime syrien sur un fil - Mazhen al Gazali, L'Humanité, 10 mars 2025
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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 06:09
"Tout ça pour ça": le spleen d'André Chassaigne avant de rendre son écharpe de député (Huffington Post)
Un grand monsieur de la politique. Merci André Chassaigne
 
POLITIQUE - Après vingt-trois ans passés sur les bancs de l’Assemblée nationale, André Chassaigne s’apprête à tirer sa révérence. Dans les prochains jours, le président du groupe GDR rangera son écharpe de député au placard, lui préférant celle d’adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme). « Le mandat local me manque. Mon rêve est de revenir aux fonctions que j’avais à 27 ans pour finir ma vie politique en toute humilité », justifie-t-il auprès de LCP.
Mais avant de définitivement quitter le Palais Bourbon, « Dédé le rouge », comme le surnomment certains de ses amis, est revenu sur sa longue carrière politique et a assuré s’en aller « avec le sentiment du travail accompli » : « J’ai fait mon travail d’élu, comme maire, comme conseiller général, puis comme député. J’en suis fier. Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait ». Il est entré à l’Assemblée pour la première fois en 2002, et s’est ensuite fait réélire à cinq reprises.
Pour autant, le communiste à la célèbre moustache porte un regard amer sur la situation politique actuelle. « J’ai commencé à militer à l’âge de 16 ans, j’en ai 75 aujourd’hui. Nous assistons aujourd’hui à une dérive planétaire sur les valeurs humanistes qu’on écrabouille », a-t-il exposé sur LCP. Il parle de ces individus dépourvus de « morale » qui « deviennent chef d’État » et qui « écrasent tout le monde », tel Donald Trump. « Tout ça pour ça ! », finit par conclure André Chassaigne qui fait part d’une forme de spleen à l’heure de raccrocher les gants : « Quand on a une vie de militant et d’élu comme moi, j’arrive à 75 ans dans un monde qui est à l’opposé de ce que j’ai toujours voulu construire ».
« Un vieux meuble de l’Assemblée »
Conscient d’être devenu au fil du temps une figure emblématique de l’Assemblée, André Chassaigne assume de vouloir transmettre le flambeau à la jeune génération. C’est son suppléant Julien Brugerolles, 43 ans, qui prendra la suite. Quand on lui demande s’il a l’impression d’être « un vieux meuble de l’Assemblée », le président de groupe répond avec humour : « Allez dans un magasin de brocante ou une antiquité, vous verrez que les vieux meubles ça ne se vend plus, les jeunes n’en veulent plus. Il faut faire du moderne ».
Son meilleur souvenir dans l’hémicycle, révèle-t-il, restera la loi sur les retraites agricoles qu’il a initiée et qui porte désormais son nom. Celle-ci réhausse le montant minimum des pensions des agriculteurs à 85 % du SMIC net agricole. « Un combat de plusieurs année s», souligne celui qui est devenu l’un des derniers représentants du communisme rural à l’Assemblée : « J’ai toujours fait de la politique avec mes tripes ». Il continuera à en faire, mais loin de la capitale.
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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 06:07
Guerre en Ukraine, principes de sécurité collective, travail pour la paix - Intervention de Marianne Margaté, sénatrice communiste, au Sénat le 6 mars 2025

La guerre en Ukraine, trois ans après l’invasion russe, demeure une plaie ouverte au cœur de l'Europe. Derrière l’enlisement militaire et les discours belliqueux, une évidence s’impose : aucune solution purement militaire ne mettra fin à ce conflit. Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron sur « l’autonomie stratégique européenne », évoquant notamment l’éventuelle extension du parapluie nucléaire français, révèlent moins une vision cohérente qu'un aveu d’impuissance. Ce projet, flou et dangereux, ne répond pas aux urgences actuelles : désamorcer l’escalade, assurer la sécurité collective et penser la paix hors des logiques de blocs.

Un million de victimes plus tard, le constat est implacable : l’escalade militariste a échoué. Les livraisons massives d’armes, censées faire barrage à l’agression russe, n’ont fait qu’alimenter une machine de guerre destructrice, affectant gravement les populations ukrainiennes, russes et européennes. Les profits record des industriels de l’armement (+29 % pour Lockheed Martin en 2024) contrastent violemment avec l’asphyxie des budgets sociaux européens, où inflation et dette publique fragilisent les services essentiels.

Cette guerre, issue d’une mondialisation capitaliste en crise, ne bénéficie à aucun peuple. Elle profite exclusivement à une minorité : oligarques russes avides de rentes énergétiques, fonds spéculatifs tirant profit de la dette ukrainienne, et complexe militaro-industriel occidental. Tandis que les armes font des centaines de milliers de victimes sur le terrain, c’est dans les capitales, les conseils d’administration et lors de négociations opaques que se décide l’avenir de ce conflit — un avenir où l’Ukraine risque de sortir exsangue, quel que soit le camp proclamé « vainqueur ».

Les projets de « reconstruction » de l’Ukraine, souvent présentés comme une lueur d’espoir, exigent une vigilance renforcée. Dirigés par des institutions telles que BlackRock ou le FMI, ces plans risquent de transformer le pays en laboratoire néolibéral : accaparement des terres agricoles par des fonds spéculatifs, privatisation des infrastructures au bénéfice des multinationales, droits sociaux sacrifiés sur l’autel de la « compétitivité ». Ce scénario, déjà observé en Irak ou en Grèce, imposerait une double peine aux Ukrainiens : après la guerre, la dilapidation.

L’Europe, quant à elle, paie le prix de sa dépendance stratégique. Pris de court par un Donald Trump isolationniste qui entend redéployer ses forces face à la Chine, Emmanuel Macron s’est livré à une rhétorique martiale, préparant les Français à un effort de guerre. Mais qu’en est-il de l’effort de paix auquel aspirent tous les peuples ? L’idée d’une guerre imminente contre une Russie prête à débarquer sur les Champs-Élysées apparaît davantage comme une justification commode à des politiques d’austérité qu’une réalité tangible.

Alors que nos collectivités locales cherchent désespérément à faire plus avec toujours moins, et que nos services publics s’épuisent à pallier les carences, le gouvernement semble pourtant capable de mobiliser soudainement des ressources considérables pour alimenter une escalade militaire aux objectifs incertains. Cette contradiction révèle un choix politique évident : sacrifier les besoins sociaux pour défendre une souveraineté factice, quitte à accentuer davantage les fractures internes d’une société déjà fragilisée par des crises successives. L’urgence véritable serait de reconstruire un modèle de coopération internationale fondé sur la solidarité, préservant ainsi à la fois la paix et le progrès social, plutôt que d’alimenter une spirale infinie de confrontations aux conséquences imprévisibles.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a les moyens de sortir de l’immobilisme. Au lieu de s’enfermer dans une rhétorique guerrière, elle doit :

* Exiger un cessez-le-feu immédiat et soutenir des négociations sous l’égide de l’ONU, en impliquant des pays non-alignés (Inde, Brésil, Afrique du Sud) ainsi que les acteurs locaux ukrainiens et russes.

* Relancer les principes d’Helsinki de 1975, affirmant l’inviolabilité des frontières et la coopération paneuropéenne, tout en garantissant la sécurité de tous les États, y compris la Russie.

* Dialoguer activement avec les BRICS et organiser une conférence internationale sous l’égide du G20, afin de réduire le risque d'une guerre mondiale en incluant les pays du Sud global majoritaire.

La paix en Ukraine ne sera ni victoire ni capitulation, mais l’art fragile de concilier des intérêts antagonistes. À nous de refuser les simplifications dangereuses et de renouer avec notre vocation de puissance de paix, en exigeant l’arrêt immédiat des combats, en relançant le désarmement nucléaire et en construisant une sécurité européenne inclusive. Cela implique de rompre avec les logiques libérales qui ont laminé notre industrie, fragilisé notre souveraineté et jeté les peuples les uns contre les autres.

 

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 06:03
1,5 milliard d'euros de coupes budgétaires : comment l’enseignement supérieur tente de survivre
1,5 milliard d'euros de coupes budgétaires : comment l’enseignement supérieur tente de survivre

Unanimes, des enseignants-chercheurs aux étudiants en passant par les parents, la communauté universitaire se rassemble, ce mardi 11 mars, dans la rue, pour dénoncer une situation qui a atteint un point de non-retour.

10 mars 2025, Olivier Chartrain - L'Humanité

Que veut faire la France de son enseignement supérieur ? La question doit être posée, aujourd’hui, alors que l’ensemble de la communauté universitaire se donne rendez-vous dans la rue (à Paris, à 12 h 30, place de la Sorbonne) pour dénoncer la menace qui pèse sur les universités, leur personnel, leurs étudiants, leurs diplômes.

Asphyxiés par le sous-financement depuis (au moins) 2007 et la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) portée à l’époque par Valérie Pécresse, les établissements d’enseignement supérieur ont atteint les limites ultimes de leurs capacités de résilience. On ne saurait s’y prendre de manière à la fois plus violente et plus efficace pour les conduire vers un projet qui ne serait plus celui de l’université française.

Selon les modes de calcul, les chiffres divergent. Mais ils demeurent impressionnants : selon le Snesup-FSU, principal syndicat des enseignants à l’université, il manque 8 milliards à l’enseignement supérieur et à la recherche (ESR) pour « financer les 150 000 places qui manquent pour les étudiants, la transition écologique et la rénovation du bâti, la revalorisation des salaires, l’amélioration des taux d’encadrement avec des enseignants-chercheurs », énumère sa cosecrétaire générale, Anne Roger.

L’équivalent de la fermeture de 7 universités

Selon l’Union étudiante, la loi de finances adoptée le 5 février par 49.3 programme « 1,5 milliard de coupes budgétaires » pour l’enseignement supérieur. Soit, selon le syndicat, l’équivalent de la fermeture des universités de Rennes II, Montpellier-Paul-Valéry, Sorbonne Université, Aix-Marseille, Lyon III, Chambéry et Pau (chère au cœur de François Bayrou).

L’alerte avait déjà été donnée en décembre dernier par les présidents d’université eux-mêmes, au moment où 80 % (60 sur 75) des établissements dont ils ont la charge risquaient de se retrouver en cessation de paiements. Ce qui permet de pointer une des premières perversions du système : « l’autonomie » d’universités dont l’activité demeure, de par la nature des missions qui leur sont confiées, étroitement dépendante des financements publics, consiste essentiellement à se débrouiller avec ce que l’État veut bien leur donner.

Voter une loi de finances qui stagne ou baisse, comme c’est le cas depuis des années, c’est de facto les mettre dans l’impossibilité matérielle d’accueillir tous les étudiants, de financer les rémunérations de leur personnel, de rénover leurs bâtiments qui sombrent parfois dans un état de délabrement indigne au point de rendre impossible leur utilisation. C’est encore les contraindre à fermer l’hiver pour réduire les dépenses énergétiques (surtout avec des bâtiments-passoires), ou à renoncer aux cours à distance qui facilitent l’accès des étudiants salariés à l’université…

Pour faire face, les responsables mettent en œuvre des solutions qui sont en réalité des expédients, sciant la branche sur laquelle est assise l’excellence de l’enseignement supérieur et de la recherche français (ESR). Certaines universités ont déjà commencé à envisager de supprimer des formations entières : c’est la partie visible de l’iceberg.

D’autres, après avoir accepté l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants hors Union européenne, réfléchissent à le faire pour tous les autres. Plus insidieuse est la suppression de groupes de travaux dirigés, qui permet de mettre autant d’élèves devant moins d’enseignants… au détriment des conditions d’études et de l’attention portée à chacun. Surtout quand, pour les mêmes raisons économiques, les enseignants-chercheurs titulaires sont remplacés par du personnel précaire – dont l’infinité des statuts offre l’embarras du choix.

Dans un tel contexte, « l’affaire du Hcéres » (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) ne tombe pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Pour résumer, les universités voient leurs formations évaluées tous les cinq ans, par roulement, par ce Haut Conseil. Cette année, c’était le tour de la « vague E », c’est-à-dire les établissements d’Île-de-France hors Paris, de Lille, d’Amiens, mais aussi de La Réunion et Mayotte.

Mettre à genoux l’université publique

Résultat (provisoire) de ce travail : selon les cas, entre le quart et la moitié des formations ont reçu un avis défavorable. Lire ces documents, trois pages à peu près pour chaque licence ou master, est… instructif. La qualité de ces formations y est souvent louée, avant une balance points forts/points faibles, des recommandations pour s’améliorer et un avis… le plus souvent défavorable, qui n’hésite pas à contredire tout ce qui a précédé ! Une étrangeté qui conduit certains à s’interroger sur d’éventuelles manipulations du Hcéres.

Mais ce qui frappe surtout, ce sont les reproches qui sont formulés : « taux d’encadrement insuffisant », « manque de lien avec la recherche », « suivi insuffisant du devenir des étudiants », exigence d’« accroître la dimension professionnalisante via des stages », « internationalisation qui peine à décoller », manque de dispositifs de remédiation, etc.

Qui ne verrait le lien entre ces remarques et l’état d’asphyxie financière des universités tel qu’il vient d’être décrit ? A fortiori concernant les universités en question, qui recrutent plus que d’autres des étudiants issus de milieux populaires, parce qu’elles sont implantées dans des territoires défavorisés sur le plan socio-économique – ce qui, par exemple, ne facilite ni les voyages à l’étranger, ni le lien avec le tissu économique quand celui-ci est ravagé…

Autrement dit, on reproche aux universités de subir les conséquences de la politique qu’elles subissent ! Et, accessoirement, de renâcler à rendre leurs étudiants « employables », alors que ce n’est pas leur mission – et qu’on n’hésite pas, « en même temps », à leur reprocher de s’éloigner de la recherche. Il ne s’agit pas d’incohérences : c’est la politique de l’ESR que l’Union européenne a adoptée depuis plusieurs années.

Mettre à genoux l’université publique, c’est ouvrir le marché aux fonds de pension qui se jettent sur le très lucratif « marché » du supérieur privé, avec l’aide de Parcoursup… et les conséquences catastrophiques pour les étudiants qu’on ne parvient plus à masquer. Et peu importe que les étudiants eux-mêmes vivent aujourd’hui dans des conditions indignes, ou que la recherche française s’effondre. L’enjeu dépasse largement, on le voit, la communauté universitaire qui s’unit aujourd’hui pour résister à ces orientations mortifères.

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 06:00
Fabien Roussel appelle à relocaliser l’industrie, pour l’emploi et l’écologie (L'Humanité, Margot Bonnery, 5 mars 2025)
Fabien Roussel appelle à relocaliser l’industrie, pour l’emploi et l’écologie

Mardi, Fabien Roussel s’est rendu dans la Sarthe pour rencontrer les salariés du secteur automobile et soutenir la réindustrialisation du pays, alors que les promesses gouvernementales restent bien trop souvent lettre morte.

Margot Bonnéry Margot Bonnery, L'Humanité

Le Mans (Sarthe), envoyée spéciale.

Au pied de l’usine Renault Le Mans (Sarthe), les drapeaux rouges de la CGT fendent l’air. « Je contribue à fabriquer un véhicule que je ne pourrai jamais m’acheter. J’aime mon travail, mais mon salaire ne suit pas. J’aimerais mieux en vivre », fustige un ouvrier.

Alors que les salaires des Français stagnent, les véhicules sont de plus en plus chers. « Nous avons besoin d’une grande industrie dans notre pays qui permette de garantir un emploi avec un bon salaire et de bonnes conditions de travail pour que chacun puisse vivre dignement », insiste Fabien Roussel auprès des syndicalistes.

Malgré les belles promesses gouvernementales pour le développement de l’industrie française à la suite de la crise du Covid, cinq ans après aucune amélioration n’est remarquée par les ouvriers. Des usines ferment ou sont délocalisées, les salaires sont gelés, les carrières avant la retraite se rallongent… Pour y faire face, le PCF s’est lancé dans une campagne nationale pour défendre la réindustrialisation. « L’argent public et les aides aux entreprises doivent être conditionnés au maintien de l’emploi en France. C’est une règle d’or qu’on doit mettre en place, affirme Fabien Roussel. Relocaliser est le meilleur moyen de retrouver une indépendance, une souveraineté économique véritable. »

Relocaliser pour sauver l’emploi

« Les chiffres montrent que la production hexagonale de véhicules a beaucoup plus chuté que la vente. Pour retrouver notre indépendance financière, nous devons relocaliser puisqu’une grande partie de nos usines sont parties à l’étranger, comme en Roumanie, en Slovénie ou en Chine », analyse-t-il devant un panneau publicitaire représentant un châssis de Renault 5. En discutant avec les ouvriers, l’élu apprend que les pièces produites dans cette usine s’en vont à l’étranger pour être assemblées avant de revenir en France.

 

« Le bilan carbone de cette délocalisation dépasse l’entendement. Le climat et l’emploi sont menacés. L’ensemble des pièces automobiles doivent être fabriquées dans l’Hexagone », argumente-t-il. « Bien sûr qu’il faut décarboner l’industrie automobile, l’adapter au dérèglement climatique, mais comment créer l’industrie de demain, sans donner du travail à tous ces travailleurs et tous ces salariés ? » renchérit Hoël Le Moal, cosecrétaire de la section PCF du Mans.

Grâce à son ancrage dans le secteur, le site industriel du Mans n’est, pour l’heure, pas menacé de fermeture. Mais la délocalisation continue de ravager la région. À la fin du mois d’avril, l’équipementier automobile Valeo, à La Suze-sur-Sarthe, va mettre un terme à sa production en laissant 250 salariés sans emploi.

Même problématique dans la ville d’Allonnes, où la possible fermeture de l’usine NTN, spécialisée dans la fabrication de joints de transmission pour l’automobile, risque de laisser sur le carreau près de 127 employés. « Nous ne devons pas attendre que des usines ferment pour agir. Cette bataille pour l’industrie est un projet d’avenir. Elle va durer des mois, voire des années, mais nous ne devons pas baisser les bras », insiste Hoël Le Moal.

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10 mars 2025 1 10 /03 /mars /2025 06:15

 

Les propos du président de la République Emmanuel Macron illustrent le vent de panique qui s’est emparé des classes dirigeantes européennes. Celles-ci sont aujourd’hui dans une impasse faute d’avoir pris la moindre initiative diplomatique depuis trois ans.

Il n’est pas trop tard pour garantir la sécurité des peuples d’Europe et la paix sur notre continent !

Mais pour cela, notre pays ne peut pas s’engager dans un fédéralisme européen botté et nucléarisé comme le propose Emmanuel Macron, ni en déclarant « ouvrir le débat stratégique » sur l’extension à l’échelle européenne de la couverture de la force nucléaire française.

Ce n’est pas assurer la paix, c’est prendre le risque d’une confrontation nucléaire en Europe.

Trois ans après l'agression russe, criminelle et injustifiable, contre l’indépendance de l’Ukraine, après un million de victimes, il est évident qu’il n’y aura pas de solution militaire, mais uniquement une solution négociée politique et diplomatique.

Nous appelons la France à s’engager dans la voie de la désescalade militaire et de choisir une autre voie : celle de la diplomatie garantissant la sécurité de la France, celle des peuples d’Europe et le respect du international.

Elle doit prendre l’initiative pour l’arrêt des combats et l’ouverture de négociations pour une paix durable, solide, respectant les principes de la charte des Nations Unies et de l’acte final de la déclaration d’Helsinki. Elle doit engager le dialogue avec les BRICS et appeler à une réunion du G20 pour enrayer tout risque de 3ème guerre mondiale.

Osons le dialogue avec l’ensemble des nations inquiètes pour la Paix !

Depuis des années, le PCF appelle à sortir de l’OTAN et à construire notre propre sécurité européenne. Nous y sommes.

Il faut donc sortir des logiques libérales qui nous ont conduit à vendre notre industrie à des puissances étrangères dont les États-Unis et reconstruire un véritable pôle public de la défense au service de la France et de la Paix.

Des entreprises stratégiques françaises sont actuellement menacées. Sauvons les !

Oui à l'autonomie stratégique au service de la Paix et des peuples.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,

Le 5 mars 2025.

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9 mars 2025 7 09 /03 /mars /2025 19:39
Encore une très belle vente solidaire de légumes frais à prix coûtant à la Vierge Noire ce 8 mars avec le PCF Pays de Morlaix
Encore une très belle vente solidaire de légumes frais à prix coûtant à la Vierge Noire ce 8 mars avec le PCF Pays de Morlaix
Encore une très belle vente solidaire de légumes frais à prix coûtant à la Vierge Noire ce 8 mars avec le PCF Pays de Morlaix
Encore une très belle vente solidaire de légumes frais à prix coûtant à la Vierge Noire ce 8 mars avec le PCF Pays de Morlaix
Encore une très belle vente solidaire de légumes frais à prix coûtant à la Vierge Noire ce 8 mars avec le PCF Pays de Morlaix
Encore une très belle vente solidaire de légumes frais à prix coûtant à la Vierge Noire ce 8 mars avec le PCF Pays de Morlaix
Encore une très belle vente solidaire de légumes frais à prix coûtant à la Vierge Noire ce 8 mars avec le PCF Pays de Morlaix

Avec Pascal, Enzo, Mariane, Marie-France, Colette, Patrick, Patricia, André, Roland, Lucienne, Ismaël, c'était samedi 8 mars la vente de légumes solidaire du PCF pays de Morlaix à la vierge noire samedi matin de 10h à 12h, la 5e en 5 mois! 

Bilan: une affluence inédite. 500 kilos de légumes vendus et une soixantaine de personnes à passer pour profiter des bons légumes première fraîcheur et qualité du GAEC des Terroirs de Roscoff à prix imbattables. 

10 camarades étaient là pour servir tout le monde! C'est tellement bien qu'on continue le mois prochain, le samedi 5 avril, même heure, même lieu...

Photos Ismaël Dupont et Enzo de Gregorio

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9 mars 2025 7 09 /03 /mars /2025 19:36
Vente de l'Humanité magazine et des hors série de l'humanité par les camarades du PCF Morlaix sur le marché ce 8 mars 2025
Vente de l'Humanité magazine et des hors série de l'humanité par les camarades du PCF Morlaix sur le marché ce 8 mars 2025

Vente de l'huma magazine et des numéros spéciaux de l'humanité sur la conquête du droit à l'IVG ce samedi 8 mars avec nos camarades du PCF Morlaix Jean-Luc Le Calvez, Rémy Joly.

3 Humanité hors série ont été vendus, et 4 Humanité Magazine par nos camarades qui ont eu de nombreuses discussions sur la situation politique et la Palestine

Photos de Pierre-Yvon Boisnard.

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9 mars 2025 7 09 /03 /mars /2025 19:31
La lente accession des femmes françaises aux droits politiques - Des municipales de 1925 à l'égalité des droits en 1945 - par Piero Rainero

La lente accession des femmes françaises aux droits politiques.

Des municipales de 1925 à l’égalité des droits en 1945.

 

Dans le prolongement des luttes au retentissement national menées à Douarnenez en 1924 par les Penn-Sardin, le parti communiste décida de présenter des candidates féminines aux élections municipales de 1925 dans plusieurs villes de France.

 

À Douarnenez ce fut l’une des figures du mouvement des sardinières qui fut choisie, Joséphine Pencalet. Placée en 4 ème position avec 26 hommes sur la liste conduite par le maire communiste sortant, Daniel Le Flanchec, elle fut élue dès le premier tour le 3 mai 1925 avec 25 de ses colistiers.

Joséphine Pencalet a été la première femme élue en Bretagne dans une collectivité territoriale. Elle participa à 6 réunions du conseil municipal avant que son élection ne soit invalidée.

Parmi les femmes présentées par les communistes en France à ce scrutin, 10 furent élues mais leur élection fut partout annulée.

Comme Joséphine Pencalet, ces candidates furent élues par des hommes, les femmes n’ayant pas encore le droit de vote. Plusieurs propositions de loi avaient été déposées en ce sens depuis 1901, l’une d’elles fut même votée en 1919 par les députés mais bloquée au Sénat.

Le 26 juin 1924 le breton Marcel Cachin, député communiste de la Seine déposa sur le bureau de l’Assemblée Nationale une nouvelle proposition de loi visant à accorder aux femmes le droit d’être électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes, à tous les scrutins.

Le Parti Communiste était alors la seule formation politique à promouvoir la plénitude des droits électoraux des femmes.

Cette nouvelle démarche n’aboutit pas.

Les femmes n’étaient toujours ni électrices, ni éligibles.

Mais aucun texte de loi ne leur interdisait d’être candidates.

Le gouvernement de Raymond Poincaré, qui avait constaté cette étrangeté, avait envisagé en 1923 de faire voter une loi interdisant aux femmes de faire acte de candidature, mais ce dossier resta dans les tiroirs. Cette faille juridique permit en 1925 aux communistes de présenter des candidates, les bulletins en leur faveur furent dûment décomptés et pour 10 d’entre elles, leur élection proclamée, mais plus tard invalidée.

La République n’était pas à une contradiction près : s’il était impossible aux femmes d’être électrices et éligibles, à quelque élection que ce soit, elles pouvaient cependant être ministres. Ainsi, bien plus tard, en 1936, lors du Front Populaire, alors que les femmes n’avaient toujours pas de droits électoraux, trois d’entre elles furent nommées dans le premier gouvernement de Léon Blum à des postes de sous-secrétaires d’État, dont, à la Recherche scientifique, une jeune physicienne de 38 ans, Irène Joliot-Curie, qui venait de recevoir le prix Nobel.

Joséphine Pencalet est l’une des grandes figures bretonnes des combats pour l’émancipation féminine. Des rues, des places et des bâtiments publics perpétuent sa mémoire.

Je me souviens avoir entendu des femmes douarnenistes exprimer, 50 ans après, leur admiration pour celle qui avait accepté de se porter candidate, seule femme aux côtés d’hommes. On relit aujourd’hui avec effarement les écrits de ceux qui s’opposaient alors au droit de vote des femmes.

Ces candidatures courageuses pour l’époque, ont contribué à faire grandir l’ exigence démocratique de l’égalité femmes-hommes qui demeure un combat constant des communistes.

En 1922, lorsque le maire communiste de Douarnenez, Sébastien Velly, décida avec son conseil municipal de donner à une rue le nom de Louise Michel, les éléments conservateurs et rétrogrades se déchaînèrent. Le Préfet lui-même essaya sans succès de faire annuler cette décision. Pendant l’Occupation cette rue Louise Michel fut débaptisée pour recevoir le nom de...Pétain. Quelle offense au souvenir de cette grande dame !

Il fallut attendre 1944 pour qu’enfin, dans la foulée de la Libération et des lois progressistes qui furent votées, le droit de vote soit accordé aux femmes.

Un nom restera attaché à cette loi d’égalité, celui d’un dirigeant de la Résistance, le communiste Fernand Grenier, qui porta cette proposition à l’Assemblée Consultative d’Alger, faisant inscrire dans la loi du 24 mars 1944 un amendement précisant : « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. ». Amendement repris dans l’ordonnance signée du Général De Gaulle en date du 21 avril 1944 dans son article 17.

Elles exercèrent donc ce droit, pour la première fois, aux élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945.

Ce sont les communistes qui présentèrent le plus grand nombre de femmes sur les listes des quelque 38 000 communes existant alors. 17 femmes seulement furent élues maires en France dont 5 communistes. Parmi elles, la maire de Kernével, Marie Mahé, l’une des 5 premières femmes maires du Finistère.

Et le 21 octobre 1945, des femmes furent élues, pour la première fois, à l’Assemblée Constituante. Elles étaient 33 sur 586 député-es et parmi elles 17 communistes (50%) dont de grandes figures de la Résistance et du féminisme comme Marie-Claude Vaillant-Couturier qui fut la seule femme à témoigner au procès des criminels nazis à Nuremberg.

En faisant de ces trois mots « Liberté, Égalité, Fraternité » la devise de la République après la Révolution de 1789, la France avait omis un droit fondamental, celui des femmes à pouvoir s’exprimer par le vote, comme les hommes, et à accéder à toutes les responsabilités électives.

Et encore fallut-il, après l’introduction de ce droit dans la loi, le compléter par l’exigence de parité.

Alors que nous allons cette année commémorer les 80 ans du premier vote des femmes françaises, il reste encore beaucoup de chemin à faire, de luttes à mener, de bastilles à abattre pour une réelle égalité femmes-hommes.

Le principe en est pourtant inscrit dès 1946 dans le préambule de la Constitution, grâce encore au résistant communiste Fernand Grenier :

« La loi garantit à la femme dans tous les domaines des droits égaux à ceux de l’homme. »

Piero Rainero.

le 8 mars 2025.

 

 

 

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8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 07:07
Appartenir de Anna Ayanoglou, Castor Astral, 2024, 14€

Appartenir de Anna Ayanoglou, Castor Astral, 2024, 14€

Dédiée à "Appartenir" de Anna Ayanoglou, cette introduction subjective à lire sa poésie...
 
A part tenir... par la poésie, l'amour, le voyage, retrouver ses racines, le nom et le pays du père, non loin de l’Épire et de Thessalonique, de retour en retour initiatique. Entre la Vendée et la Grèce, l'Atlantique et la Méditerranée, Paris et Moscou, une poétesse de vingt ans sort de sa chrysalide. 
 
Tout se boucle, s'enroule et se dévoile progressivement... 
 
Dans ce recueil de poème intime, somptueux et profond, un fil narratif nous fait cheminer d'une IVG à une grand-mère grecque morte en couche en donnant naissance au père, de l'arrachement à la maison de la mère à la maladie et au décès du père, de la découverte de soi dans l'autre à la découverte de l'autre en soi.
 
Anna Ayanoglou sera présente à la librairie Les Déferlantes ce samedi 8 mars, avec la poétesse  Héloïse Brézillon pour le Printemps des Poètes, l'anniversaire des quatre ans de la librairie, et la journée internationale pour le droit des femmes.
 
Les mots qui comptent ici sont entre guillemets et ce sont ceux de la poètesse Anna Ayanoglou:
 
"Appartenir"
 
En cheminant avec Anna Ayanoglou…
Appartenir. Sujet/ objet d’illusion ?
 
« la fierté creuse
et sans mérite de l’appartenance - »
À quoi ? A la poésie, au voyage ?
 
Là où….
« Dans la parole, je jouis d’un territoire immense
- parce que parole dit création »
 
Là où…
« le règne
du temps rêvé – le temps vécu redevenait
matière brute à son usage. »
 
Cas d’école : c’est si beau, ces bals, quand... :
 
« Entre deux cols, derrière les gros camions
aux plaques balkaniques, le regard
portant loin – air cru, pur, des montagnes
- les rêveries se répandaient
d’instinct – cette douceur diffuse
comme un lainage l’hiver exposé au soleil. »
 
… le soleil grec ? Le froid, l’humidité, aussi bien …
 
« Que pensais-tu, à cette heure-là, trouver
dans les rues de Ioannina ?
Elles sont à ces trois déités :
la nuit, l’humidité, le froid. »
 
La Grèce intérieure a la vérité du kitsch :
 
« Combien de restaurants-salles à manger
toile cirée à carreaux rouges
chaises de poids et barre aux pieds »
 
D’où se détachent les yeux verts d’un serveur « page et berger » que l’on ne trouve guère en Vendée:
 
La Grèce des frontières qui la nuit "pérégrine" absorbe et "recrache" dans la fascination des phares des voitures et des lumières de la ville…
 
« Thessalonique m’avait ravie et recrachée ».
Est-ce faute de chercher le grec dans le russe ?
« Le russe, je l’ai pris sans raison
apparente, sans qu’on ne se doive rien » ?
 
Communauté d'alphabet cyrillique ?
 
« - ici, l’Histoire nous justifie »
 
Paraît-il…
S’appartenir ou se perdre, comment se retrouver sous les symptômes ?
 
« Un dégoût comme le brouillard
- pas l’envie de vomir – comme si l’odeur
et l’âme s’étaient fondues en un – et l’âme
justement – l’âme le jour je l’enterre
sous des tâches manuelles, répétition
et la nuit elle revient »
 
Heures fatidiques et dangereuses où il est question de perdre… Une promesse d’enfant, de famille, une maison de famille -
 
« violée, dehors
- drame bourgeois, pourquoi s’étendre »
 
Au seuil d’une opération délicate, entre la langue du pays perdu, le grec (le nouveau qui est aussi l’ancien) :
 
« Comme c’est étrange
avec lui
que je l’ai retrouvée
ici
qu’elle m’ait bercée
au seuil du non
au poids de la lignée »
Sacrifier à l’énigme d’une vocation demande t-il du courage ? Pas plus que d’épouser son destin ?
 
« Résolutions
Les termes de l’équation amour+famille+travail = 1
la création les asservit
(…)
Autour ils disent : « mais quel courage (avec
deux a, parfois) de faire ces sacrifices ! »
Étrange notion que le courage – variable
infiniment variable : A fait un choix que B et C
jugent dérisoirement accablant
Les choix de B, C, D, E, F mèneraient A
au fond du puits
Adulte je sacrifie la création d’une famille
Je sacrifie mes aptitudes à un travail prestigieux
Je garde, tant que la chance veut – l’amour
infini, le désir de comprendre – la poésie
cet autre nom que je donne à l’exploration"
 
Un drôle d'alphabet pensant et sensible en cinémascope... 
 
Ismaël Dupont
8 mars 2025
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