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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 11:51

Assemblée nationale

Contribution de François Asensi au rapport de la mission d’information sur les moyens de Daech

jeudi 21 juillet 2016

François Asensi, membre de la commission des affaires étrangères, a déposé , au nom du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR) , une contribution au rapport de la mission d’information - présenté le mercredi 20 juillet - sur les moyens de Daech à laquelle il a participé .

Pour enrichir le travail de la mission d’information, François Asensi a réaffirmé les priorités suivantes, indispensables dans le combat de notre pays contre le terrorisme.

Il a appelé à mener une véritable lutte contre les circuits de blanchiment de l’argentsale, qui permettent le financement des actions menées par Daech, organisation terroriste aux moyens financiers hors norme.

Il a aussi demandé une nouvelle clarification des liens entretenus par l’État français avec les pétromonarchies, à l’heure où le volontarisme de ces pays sur le plan de la lutte internationale contre le terrorisme reste à prouver.

Enfin, il enjoint à nouveau le gouvernement à rouvrir la mission d’information sur les moyens de Daech suite aux révélations du journal le Monde sur l’éventuel financement indirect de l’État islamique par l’entreprise française Lafarge entre 2013 et 2014, demande restée sans suite.

Lire la contribution de François Asensi

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 07:42
Rapport de Marie-France Beaufils sur l'usage et les effets du CICE

Rapport accablant sur le CICE

mercredi 20 juillet 2016

Marie-France Beaufils, sénatrice d'Indre-et-Loire, membre du groupe communiste, citoyen, républicain, a remis au sénat, le 19 juillet, son rapport sur le CICE. Quelques chiffres et de rapides extraits.

Quelques chiffres

Le CICE millésime 2013, connu au 31 mai 2016, s’élève à 11,343 milliards d’euros

dont 373 millions d’euros pour les entreprises soumises à l’impôt sur le revenu (entreprises individuelles) ;
dont 10,970 milliards d’euros en faveur des entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés ;

Le CICE millésime 2014, connu au 31 mai 2016, s’élève à 17,260 milliards d’euros,
dont 781 millions d’euros pour les entreprises soumises à l’impôt sur le revenu (entreprises individuelles) ;
dont 16,479 milliards d’euros en faveur des entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés.

L’enveloppe budgétaire est estimée à une vingtaine de milliards d’euros à l’horizon 2017.

Le CICE s’est révélé une forme simple d’aide aux entreprises pour les plus grandes d’entre elles. En effet, les entreprises de taille intermédiaire et surtout les grandes entreprises sont dotées de directions financières. Elles n’ont pas montré de difficulté, même au lancement du dispositif, à remplir et gérer les déclarations nécessaires pour bénéficier du crédit d’impôt. Le taux de non-recours est ainsi estimé nul pour les grandes entreprises.

Un dispositif de garantie des préfinancements peu utilisé par des banques peu mobilisées.
Dans le cas où un dossier d’entreprise présente un risque apparent, la banque s’avère encline à décliner un préfinancement. Au contraire, dans le cas où le dossier ne présente pas de risque apparent, la banque ne montre alors pas d’intérêt particulier à solliciter la garantie de Bpifrance.

Les contrôles réalisés sur le CICE s’avèrent plus que limités. Le nombre de bénéficiaires rend la tâche impossible pour les services fiscaux, alors même que les montants en jeu devraient inciter à une surveillance étroite.

LE PROFIL DES BÉNÉFICIAIRES DU CICE RÉVÈLE UN OUTIL INADÉQUAT, MANQUANT SA CIBLE

Des bénéficiaires nombreux, mais une créance majoritairement destinée aux grandes entreprises.

L’analyse de la répartition de la créance par secteur d’activité précise le profil des bénéficiaires et souligne l’éloignement du dispositif par rapport à sa cible initiale. Les montants de créance par secteur d’activité permettent de préciser la répartition. La répartition de la créance se concentre sur les cinq secteurs couvrant 10 % de la créance environ ou plus. Surtout, deux secteurs d’activité se distinguent, avec plus de 19 % chacun : les industries manufacturières et extractives d’une part, le commerce d’autre part. Moins d’un cinquième seulement de la créance est donc destiné à la cible du CICE.

Une répartition qui paraît déséquilibrée, des données insuffisantes
Il ressort de l’analyse du profil des bénéficiaires du CICE non par secteur, mais par localisation géographique que les régions les plus bénéficiaires sont également les régions les plus riches. Cela se comprend aisément dans la mesure où ce sont elles qui ont le plus grand nombre d’entreprises et les plus faibles taux de chômage. Le CICE, outre qu’il ne paraît pas améliorer la compétitivité de l’économie, pourrait ainsi également accroître les inégalités entre les territoires en ne permettant pas d’effet de levier supplémentaire pour les régions les plus en difficulté.

UN SUIVI LIMITÉ DE L’UTILISATION, DE FAIBLES OBLIGATIONS DÉCLARATIVES

CONCLUSION : UN DISPOSITIF COMPLEXE ET NON CIBLÉ, POUR UN EFFET INCERTAIN

Le CICE peine ainsi à démontrer tant sa pertinence dans sa forme que son efficacité sur le fond. Véritable saupoudrage, ses résultats semblent sujets à caution. Le CICE a renforcé la complexité du système fiscal français, et en particulier l’impôt sur les sociétés. Aussi, la baisse du « coût du travail » attribuée au CICE résulte de ce choix d’attribuer le gain de ce crédit d’impôt sur les sociétés aux charges de personnel.

Recommandation n° 1 : Engager un débat sur le cadre juridique européen et les règles applicables en matière d’aides publiques aux entreprises, afin qu’elles puissent être ciblées en fonction d’objectifs définis par l’État.

Recommandation n° 2 : Assurer des guichets fiscaux accessibles et ciblés notamment vers les TPE-PME pour garantir l’accès au droit et la bonne application des règles fiscales.

Recommandation n° 3 : Engager une réelle réflexion sur la lisibilité et l’efficacité de la fiscalité des entreprises et des dépenses fiscales

Recommandation n° 4 : Créer, en complément de Bpifrance, un réseau territorial de banques publiques d’investissement, véritables BPI régionales, proches des collectivités locales et des tissus industriels et commerciaux, ayant notamment pour mission de répondre aux besoins de trésorerie et de financement des TPE-PME.

Recommandation n°5 : Assurer la réelle conditionnalité du CICE et le respect des utilisations prévues par la loi en conduisant des contrôles sur les déclarations d’utilisation du CICE.

Recommandation n° 6 : Revoir profondément, dans sa forme comme son montant, le dispositif complexe et budgétairement conséquent qu’est le CICE. Redéployer les fonds consacrés au CICE dans des plans d’investissements en faveur des infrastructures et de la transition énergétique.
Le rapport

Rapport de Marie-France Beaufils sur l'usage et les effets du CICE
Rapport de Marie-France Beaufils sur l'usage et les effets du CICE
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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 07:38

Lu sur le site du Cidefe:

Selon le FMI, la loi travail ne fera pas baisser le chômage

mercredi 20 juillet 2016

Le FMI salue la réforme des licenciements économiques et la primauté donnée à l’accord d’entreprise sur l’accord de branche en matière de temps de travail mais estime que le texte aura peu d’impact sur la baisse du chômage.

Selon un article du Point : "Le rapport juge ainsi « essentiel » de réformer également l’assurance chômage qui « crée des trappes à inactivité ». Les critères d’indemnisation (il faut avoir travaillé quatre mois) sont « parmi les plus laxistes d’Europe », estime notamment le rapport, qui préconise de « renforcer la recherche d’emploi et mieux adapter les compétences au marché du travail ».

L’article du Point

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 11:48

Loi travail

Troisième 49.3 pour une adoption aux « forceps » !

jeudi 21 juillet 2016

Communiqué de la CGT

Après un retour express au sénat le 19 juillet, le projet est de retour à l’assemblée pour clôturer un processus parlementaire sans débat. Sans surprise, le premier ministre vient d’annoncer le recours pour la troisième fois au 49.3.

Sondages après sondages, le rejet de cette loi régressive est massif et sans appel.

Dernier en date, le sondage Odoxa-FTI paru le 18 juillet, relève que 7 français sur 10 sont « mécontents de l’adoption définitive du projet de loi travail » et plus de la moitié d’entre eux « souhaite que les manifestations contre le texte se poursuivent ».

Dès le début le gouvernement a fait le choix de ne pas tenir compte des réelles attentes et besoins des salarié-es, et plus globalement de l’intérêt général.

Faisant fausse route dès le départ, il n’a eu de cesse de refuser le dialogue avec les organisations syndicales opposées au texte, ou encore de débattre avec les représentants élus de l’assemblée nationale.

Ce gouvernement n’a pas plus écouté celles et ceux qui se sont mobilisés, exprimés contre ce projet. Manifestations, grèves, blocages, pétitions, votations citoyennes, ont été menés et organisés de manière exemplaire, avec détermination et dans un objectif constructif.

Opposés à cette réforme régressive mais favorables à un réel projet social, un code du travail du XXIème siècle, la CGT continuera à mener cette bataille autant légitime que nécessaire.

Le gouvernement a perdu la bataille idéologique, a perdu tout crédit vis-à-vis de la population, et de surcroit à entamer les valeurs de notre République.

Notre responsabilité est bien de continuer à rassembler, à organiser, à impulser toute la force nécessaire pour en finir avec les régressions sociales et pour gagner de nouveaux droits.

C’est ce à quoi s’emploiera la CGT durant tout l’été en allant à la rencontre des salarié-e-s comme des vacancier-e-s et en proposant l’envoi au président de la République de cartes postales pour lui assurer qu’ils seront toujours mobilisés à la rentrée.

Rendez-vous le 15 septembre, pour la journée d’action interprofessionnelle décidée par l’intersyndicale.

Montreuil, le 20 juillet 2016

Loi travail: troisième 49-3 pour une adoption aux forceps (communiqué de la CGT, 21 juillet)
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 11:44
Eliane Assassi au Sénat: non à l'état d'urgence sécuritaire, oui à un état d'urgence populaire au service du vivre ensemble

Eliane Assassi, députée PCF-Front de Gauche, au sénat:

Non à l’état d’urgence sécuritaire, oui à un état d’urgence populaire au service du vivre ensemble

jeudi 21 juillet 2016


Intervention dÉliane Assassi lors du vote de l’Etat d’urgence au sénat (extraits)

..."Dans une précipitation extrême, les députés ont adopté un texte qui ne répond en rien à la situation niçoise, pas plus qu’il ne répond au légitime besoin de sécurité exprimé par nos concitoyens.
En outre, cette précipitation ne permet pas d’aborder le point clef de la bataille contre Daech : reconstruire une région dévastée par la logique de guerre des Occidentaux. Avec l’ONU, il faut mettre fin aux stratégies déstabilisatrices et engager une logique de paix. Cessons aussi des amitiés coupables dans cette région et permettons enfin la création d’un État palestinien.
Avec mes amis du groupe CRC, je le dis clairement : il ne faut pas céder à une certaine facilité en prolongeant de six mois l’état d’urgence et en lui conférant, de fait, un caractère permanent.
Oui, le risque zéro n’existe pas, et personne n’a de baguette magique. Pour autant, il faut avoir le courage de mettre un terme à cette procédure d’exception en ouvrant le débat sur les moyens politiques, économiques et sociaux pour faire face sur le long terme à la menace, pour limiter au maximum le risque. (...)

Cette mobilisation [pour assurer la sécurité de nos concitoyens] exige tout d’abord des moyens.

La justice doit être redressée. Quels sont aujourd’hui les moyens en suivi psychologique ? Où en est la protection judiciaire de la jeunesse ? Derrière l’affichage contre la radicalisation, l’affaiblissement de notre appareil judiciaire, pénitentiaire et policier est patent. L’école, nos collectivités et le mouvement associatif sont bien sûr aux premières loges de cette bataille. C’est un grand effort financier qui doit être engagé pour mobiliser tous ces acteurs. Le projet de loi de finances pour 2017 devrait en être la traduction.

L’état d’urgence a trouvé ses limites en matière de politique répressive. C’est maintenant un autre état d’urgence que vous devez déclencher, monsieur le Premier ministre, celui de la mise en mouvement de la société, pour repousser la division. Cet état d’urgence populaire doit s’appuyer sur une autre politique économique et budgétaire. Oui, l’argent doit être mis au service du vivre ensemble et non pas toujours et encore à celui de quelques intérêts privés.
Notre société va mal.

Nos concitoyens refusent les choix libéraux comme cette désastreuse loi Travail. Ils aspirent à vivre en paix, à vivre en sécurité, à vivre heureux, au travail comme en famille, avec leurs amis. L’état d’urgence sécuritaire, cette surenchère souvent indécente et irresponsable, ne répond en rien à cette attente.

C’est pourquoi le groupe communiste républicain et citoyen votera unanimement contre ce projet de loi, qui ferme les portes au lieu d’ouvrir des espérances.

Intervention d’Eliane Assassi

Voir la video sur Dailymotion

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 11:15

[Avant/Après] Vos droits : le lessivage El Khomri

jeudi 21 juillet 2016

Point par point, voici une première analyse (non exhaustive et complétée lundi) de ce que contient le projet de loi réformant le Code du travail. L’addition est salée, en particulier pour les ingés, cadres et techs, et ce projet de loi sert de feuille de route au patronat pour les renégociations de conventions collectives dans les branches... À vous de voir ce qui est au menu...

Le texte intégral du projet de loi [à télécharger ici]
Le communiqué de l’Ugict CGT : "Code du travail : le gouvernement veut donner les pleins pouvoirs aux chefs d’entreprise" [à lire ici]
Le communiqué de la CGT : "Tout benef pour le Medef" [à lire ici]
Le communiqué du SAF : Avant projet de loi El Khomri : des salariés flexibles et insécurisés [à lire ici]
Décryptages dans la presse : à lire ici, ici, ici, et ici

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 07:32

Prolongation de l’Etat d’urgence

Ne pas somber dans un Etat sécuritaire

mercredi 20 juillet 2016

Au nom des députés du Front de gauche, André Chassaigne appelle à "ne pas céder à la facilité" et "à tirer les leçons de l’Histoire pour ne pas sombrer progressivement dans un état sécuritaire autoritaire, voire arbitraire. Il a annoncé que la majorité des députés du groupe Front de gauche voteront contre la prorogation de l’Etat d’urgence.

Le député a salué l’élan de solidarité qui s’est manifesté face à cette abomination et insisté sur l’impérieuse nécessité de poursuivre cet élan.
"Ne cédons pas aux appels à la haine, à la division, à la violence aux amalgames".

L’état d’urgence, déjà prolongé trois fois, n’a malheureusement rien changé à l’intensité de la menace, de même que le durcissement ( y compris de manière abusive) des procédures pénales . Le prolonger n’est pas la bonne solution.

Les mesures de l’état de l’urgence ont perdu leur efficacité d’autant qu’il faut maintenant affronter des actes isolés. Le régime d’état d’urgence est par nature attentatoire aux libertés et aux droits fondamentaux

Par contre il faut renforcer les moyens humains et matériels des renseignements et autorités judiciaires spécialisées, accroitre les effectifs de police et des douanes. Il a rappelé que sous N. Sarkozy 12 000 postes police gendarmerie avaient été supprimés et que la réforme du renseignement a durablement affaibli celui ci.

La riposte sécuritaire ne peut être le cœur de l’action politique, il faut, a-t-il dit, étudier, comprendre et concevoir des réponses globales dans une démarche de prévention du terrorisme.

Il faut dé-radicaliser mais aussi empêcher la radicalisation en utilisant tous les leviers éducation, monde du travail, culture et éducation populaire.

Riposter à Daesch par la seule réponse militaire et sans une stratégie politique visant le retour de la paix et le développement dans la région serait une erreur grave permettant à Daesch d’attendre ses objectifs de guerre. L’invasion de l’Irak et l’entière déstabilisation de la région qui a suivi dans la région après les attentats du 11 septembre en est la preuve. Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient a affirmé André Chassaigne.
Il a relevé l’incohérence à proclamer que nous sommes en guerre et à penser qu’il n’y aura pas de victimes sur notre territoire.
Les opérations militaires de la coalition ont marqué des points mais elles ne peuvent suffire si elles ne sont pas reliées à des opérations politiques de grande envergure pour mettre un terme au double jeu de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie qui instrumentalisent cette organisation terroriste afin d’asseoir leur hégémonie sur la région.

La France doit contribuer à rassembler, sous l’égide de l’ONU, toute la communauté internationale, il faut assécher la manne financière colossale de Daesch.

Vaincre le terrorisme cela passe par résoudre ces questions qui vont au delà des frontières...

Voir la vidéo de l’intervention d’André Chassaigne

Sous tension, l'Assemblée vote six mois supplémentaires d'état d'urgence
http://www.huffingtonpost.fr/2016/07/20/etat-d-urgence-assemblee-vote-six-mois-supplementaires_n_11074688.html

L'Etat d'urgence prolongé de 6 mois!

mercredi 20 juillet 2016

Les députés ont adopté, par 489 voix contre 26, et 4 abstentions la loi de prorogation de l’Etat d’urgence pour une durée de six mois, soit jusqu’à la fin du mois de janvier 2017.

L’Assemblée a voté la possibilité de fouille des bagages et des véhicules, sans instruction du procureur, sous le régime de l’état d’urgence. Le projet de loi rétablit aussi les perquisitions administratives suspendues en mai, et prévoit la saisie et l’exploitation des données informatiques et des téléphones portables.

Les députés ont aussi supprimé, en matière de terrorisme, toute automaticité de réduction de peines, ce qui était une proposition de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015.

Les mesures pour autoriser la fermeture administrative de certains lieux de culte ou interdire leur financement par des fonds étrangers n’ont pas été adoptées tout comme les propositions d’assigner à résidence ou de placer sous surveillance électronique les personnes fichées « S » et celles visant à faciliter les expulsions des étrangers soupçonnés ou condamnés pour terrorisme.

Le texte passera devant le sénat aujourd’hui.

Voici, l'information est sur le site de Public Sénat, les députés qui n'ont pas voté la prolongation de 6 mois de l'état d'urgence:

Vingt-six contre et 4 abstentionnistes, principalement de gauche: les députés qui n'ont pas voté la quatrième prolongation de l'état d'urgence...

Vingt-six contre et 4 abstentionnistes, principalement de gauche: les députés qui n'ont pas voté la quatrième prolongation de l'état d'urgence post-attentats, critiquent l'"inefficacité" de ce régime d'exception dans la durée, voire de la "communication politique".

Dans les rangs socialistes ou apparentés, 7 députés ont voté mercredi contre cette prolongation de six mois après l'attentat de Nice: les "frondeurs" Fanélie Carrey-Conte, Linda Gourjade, Denys Robiliard, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun et Suzanne Tallard, ainsi que Jean-Luc Laurent (président du MRC, apparenté PS). Un s'est abstenu, Jean-Patrick Gille.

Non seulement "l’efficacité de l’état d’urgence dans la durée n’est pas démontrée", mais il a "conduit à des dérives" et "le basculement dans un état d’urgence devenu permanent (...) porte en lui le danger d’accoutumer la société à des logiques d’arbitraire", a écrit Fanélie Carrey-Conte sur son site internet.

A droite, un seul élu a voté contre, comme en février puis en mai: Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien démocrate. Cet ancien corapporteur de la commission des Lois sur l'application de l'état d'urgence a dénoncé une "hypocrisie d'Etat" et invoqué une "inefficacité croissante" de ce régime depuis janvier 2016, convaincu que "nous sommes en train de toucher la limite du système exclusivement sécuritaire imaginé pour répondre au terrorisme depuis un an et demi".

Sept députés du Front de Gauche ont aussi refusé de voter la prolongation, décidée finalement par François Hollande: François Asensi, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, André Chassaigne et Jacqueline Fraysse. Et deux se sont abstenus: Gaby Charroux et Nicolas Sansu.

Pour leur chef de file, M. Chassaigne, l'état d'urgence n'apporte "rien de plus dans la lutte contre le terrorisme" et "plus dans la communication politique que dans l'utilité d'une telle prolongation".

Du côté des non-inscrits, 11 ont voté contre, dont les écologistes critiques du gouvernement Laurence Abeille, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Michèle Bonneton, Cécile Duflot, Noël Mamère, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas et Sergio Coronado.

"Prolonger indéfiniment un outil qui devait être temporaire et n'est pas utile dans la durée à la lutte antiterroriste - les spécialistes auditionnés l'ont tous dit - est une erreur", a jugé Cécile Duflot sur Facebook.

"L'état d'urgence ne peut être une solution pérenne et n’est pas un instrument efficace contre le terrorisme", selon Sergio Coronado, membre de la commission des Lois.

S'y ajoutent les ex-socialistes Pouria Amirshahi et Philippe Noguès, ce dernier considérant dans un communiqué que "l’efficacité de l’état d’urgence est aujourd’hui remise en question par les faits" et refusant "de cautionner ce qui ressemble de plus en plus à une simple opération de récupération politicienne"

Le député Jean Lassalle s'est abstenu, se demandant "à quoi peut bien servir notre état d’urgence" et s'inquiétant "au-delà de Daech, (d')une sorte de violence immanente répandue dans notre pays".

Prolongation de l'Etat d'urgence: ne pas sombrer dans un Etat sécuritaire (André Chassaigne, député PCF Front de Gauche, porte-parole du groupe Front de Gauche à l'Assemblée Nationale)
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 07:21

Suite au terrible évènement survenu le soir du 14 juillet à Nice, le gouvernement a annoncé une 4 ème prolongation de l’état d’urgence.

Le projet de loi sera présenté en conseil des ministres mardi 19 juillet, pour être ensuite soumis aux député-es et sénateur-rices les jours suivants.

La CGT tient, à nouveau, à réaffirmer la nécessité de défendre les valeurs essentielles de notre démocratie et de notre République.

Les actes de terrorisme ne pourront être combattus efficacement que si l’état de droit et les libertés sont préservés.

Toute démagogie sécuritaire est à proscrire.

A l’inverse, il est urgent de mettre en débat notre manière d’agir face à ces violences, les moyens de sécurité à déployer mais aussi de prévention, les politiques à mener qu’elles soient sociales, de défense nationale ou de sécurité.

Pour la CGT, les mesures de l’état d’urgence ne sont pas les réponses adéquates, et dans le même temps, elles portent atteinte gravement aux libertés et droits des citoyen-nes.

Le gouvernement doit faire cesser l’état d’urgence, prendre des décisions efficaces et responsables et œuvrer pour une réelle sécurité dans le respect des libertés collectives et individuelles.

Montreuil le 18 juillet 2016.

Etat d'urgence: l'exception devient la règle (communiqué de la CGT, 18 juillet 2016)
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 07:00
Interview de Laurent Mucchielli (directeur de recherche au CNRS) par France TV Info: produire de la réconciliation nationale

lu sur le site du Cidefe, des élus communistes, front de gauche et républicains.

Francetv info a interrogé le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et de l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux à l’université d’Aix-Marseille pour comprendre la crise que traverse le pays.

Extraits

"On réclame des armes de guerre pour les policiers nationaux, des armes de poing pour tous les policiers municipaux voire même pour les agents de sécurité privée, encore plus de caméras de vidéosurveillance, encore plus de portails de détection, des drones au-dessus de nos têtes...

On nous vante le modèle américain voire même le modèle israélien. Comme si le terrorisme et les tueries de masse n’existaient pas dans ces pays. C’est vraiment une illusion qui fait surtout l’affaire des marchands de sécurité.

Depuis novembre, plusieurs attentats se sont produits, cela ne prouve-t-il pas que la réponse sécuritaire est insuffisante, voire inefficace ?

Il faut que nous comprenions qu’aucune arme et aucune technologie ne nous protégeront durablement de gens qui sont décidés à se suicider en même temps qu’ils tuent les autres. Notre meilleure protection n’est pas la dissuasion situationnelle, mais l’anticipation par le travail policier de renseignement et d’enquête.

La bonne question n’est pas de savoir comment réagir une fois que le danger est déjà là, mais comment le voir venir et le stopper avant. La commission d’enquête parlementaire sur les attentats de novembre 2015 vient de rendre un rapport de 1 500 pages, qui met notamment en avant la question de la police du renseignement. C’est de cela que les responsables politiques devraient discuter, plutôt que de se livrer à cette lamentable surenchère verbale aux arrière-pensées électoralistes évidentes."
L’intégralité de l’interview

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:49
Dans l’horreur, raison garder et exercer

ANDRÉ TOSEL, PHILOSOPHE

LUNDI, 18 JUILLET, 2016

L'HUMANITÉ

Quatre jours après l’attentat qui a plongé sa ville natale « dans le chaos de la violence mondiale », le philosophe André Tosel analyse la situation politique actuelle pour mieux sortir de cette spirale meurtrière.

L’histoire bégaye. Par trois fois, la France a été frappée d’attentats innommables qui massacrent des victimes innocentes de tout âge et de toute condition. La compassion et l’indignation ne peuvent être que nos premières réactions. Il nous faut d’abord respecter le temps du deuil et non pas engager des polémiques obscènes comme celles des élus de la droite hégémonique dans les Alpes-Maritimes alors que les dépouilles des victimes ne sont pas inhumées. Ainsi, Christian Estrosi fait sans vergogne son marché électoral en déplorant l’insuffisance des services de sécurité surpris par une forme d’attaque inédite, et Éric Ciotti, sans davantage de pudeur, reprend son antienne de défenseur de la civilisation chrétienne libérale contre la barbarie (effective, bien sûr) de l’acte meurtrier. Tous deux oublient que leur mentor Nicolas Sarkozy a supprimé des milliers de postes de policiers pour des raisons d’économie et a laissé se dégrader la situation des populations les plus démunies, notamment les plus jeunes qui sont les plus tentés par la rage et la radicalisation. La promesse de passer au karcher les délinquants n’a rien de républicain ni de social.

Une des pires conséquences de ce crime pourrait être de réduire au silence la raison sous l’injonction d’unité obéissante émanée du pouvoir politique et d’empêcher la compréhension de ce qui peut paraître incompréhensible. Un Tunisien vivant et travaillant à Nice depuis des années, affecté de troubles de caractère, s’est, en effet, transformé en quelques mois de petit délinquant en islamiste, présenté par Daech comme un soldat de l’islamisme le plus radical, capable de mourir pour la cause du califat universel dans la lutte contre l’Occident mécréant et impérialiste. Il faut comprendre que l’émergence de l’« État islamique » relève d’une stratégie réfléchie au contenu volontairement effrayant, exposée dans un ouvrage de 2004, signé d’Abu Bakr Naji, traduit sous le titre Gestion de la barbarie en 2007 (Éditions de Paris, Versailles). La traduction anglaise rend plus visible la modernité de l’intention en évoquant le « Management of Savagery » qui est défini comme l’étape la plus critique que doit traverser la réalisation de l’oumma, c’est-à-dire de la communauté universelle de l’islam mondialisé. Cette entité politique n’a rien d’archaïque en ce qu’elle se veut une alternative à la mondialisation identifiée à la domination de l’Occident colonisateur, corrompu, antimusulman et impie. Elle fait de ses adversaires musulmans, sunnites ou autres, des hérétiques à éliminer ou soumettre comme les mécréants. Daech n’est pas anticapitaliste de principe ; il se veut protecteur social de ses membres obéissants ; il sait gérer les compromis avec les forces locales, user de l’arme du pétrole et amasser un capital prédateur. La violence, la cruauté, la terreur, le massacre sont des moyens nécessaires qui, relayés par la mise en spectacle assurée par les médias contemporains, imposeront au monde l’ordre du jour de Daech.

Ainsi une stratégie de guerre anti-occidentale se fait explicitement stratégie d’hyperviolence et d’horreur volontaires exigées par la foi. Comment expliquer le succès de cette stratégie dans des franges déterminées de la jeunesse française qui n’est pas nécessairement musulmane pratiquante ? On doit se contenter d’énoncer en gros les causes complexes qu’il faudrait analyser finement.

A propos des attentats de Nice: Dans l'horreur, raison garder et exercer (André Tosel, philosophe d'origine niçoise et communiste) - L'Humanité, 18 juillet 2016

Tout d’abord, Daech profite du vide laissé par la disparition de cette alternative de dimension mondiale que fut le communisme abhorré des intégristes. Il en abandonne l’anticapitalisme internationaliste et la dimension éthico-politique du commun. Il en est la caricature, mais il sait capitaliser la rage des populations stigmatisées comme ethnies inassimilables, vouées à subir les inégalités de leur condition subalterne et les discriminations imposées par les dirigeants occidentaux. Il est invincible à toute revendication de laïcité si celle-ci dégénère en laïcité punitive, réduite au rang de pièce du patrimoine national exclusif et est sacralisée comme partie de l’héritage chrétien.

Dans le cadre d’une concurrence impitoyable émergent les stratégies impériales rivales des quelques grands États-nations pour l’hégémonie et l’appropriation des ressources conduisant à des états de guerres multiples. S’ensuivent l’affaiblissement de certains États, voire leur disparition, et celle de leur fonction relativement protectrice, la production d’un chaos ouvrant des brèches pour le surgissement d’entités politiques radicales compensatoires fondées sur le ressentiment et la haine de l’autre et légitimée, sur des bases confessionnelles (sunnites versus chiites au Moyen-Orient musulman).

Dans le cadre de l’Union européenne se généralisent l’imposition de politiques néolibérales organisant le chômage, l’exploitation de la force de travail internationale, la pénalisation des États endettés et la réduction de leur souveraineté à peu de choses (voir la Grèce), la destruction par la mise en concurrence des solidarités ouvrières, la racisation des conflits sociaux en conflits identitaires, la fragmentation du monde du travail sous le joug d’un capital de plus en plus autonome.

Dans le cadre de la France s’aggrave le maltraitement général de la jeunesse populaire des villes : absence d’avenir et de sens, stigmatisation des populations musulmanes françaises « de papier », montée des racismes opposant la population majoritaire française, dite de souche, apeurée par la menace de l’invasion étrangère qu’accrédite le terrorisme, et les populations musulmanes minoritaires de plus en plus insécurisées. Tout se passe comme si Daech visait l’émergence de réactions violentes des populations majoritaires blanches afin de créer un état permanent de quasi-guerre civile qui justifierait son anti-occidentalisme et sa cruauté comme contre-violence.

Le renforcement nécessaire des mesures de sécurité ne suffira pas à changer la situation. Les grandes puissances ne créent pas les conditions de l’affaiblissement durable de la victoire militaire sur Daech car la politique néolibérale n’attaque pas les causes de la fascination vénéneuse que peut exercer le radicalisme islamique sur leur territoire. Elle est en réalité la cause majeure d’un effet qui est son double sanglant. La politique de compétitivité et de restriction économique suivie par la droite et le PS n’a rien pour apaiser la rage et le dégoût qu’éprouve une partie de la jeunesse, entrée en émeutes réelles ou virtuelles depuis les émeutes de 2005. Elle est impuissante à dissiper le scepticisme légitime de cette jeunesse quant aux capacités sociales et culturelles des politiques suivies par le parti unique de la droite – incluant le PS – et ses factions rivales.

Nice n’a pas été choisie, hélas, au hasard par la criminelle stratégie de Daech. Elle a été frappée comme un symbole de ce que hait le radicalisme islamiste : capitale nationale et internationale de cette grande entreprise hyperrentable qu’est le tourisme. Sous l’action de forces économiques et politiques dominantes néolibérales subtilement racistes, Nice est devenue une capitale du tourisme national et international, une ville de consommation de loisirs de masse et de spéculation immobilière, plus intéressée par le football et son super-stade que par le devenir de ses populations laborieuses, surtout de celles de confession musulmane. Faut-il rappeler que la mairie de Nice a refusé d’autoriser la construction d’une mosquée (400 places) et que seule la rigueur républicaine du préfet a permis son ouverture et le respect de la loi de laïcité ? Faut-il souligner que les responsables politiques de l’hyper-droite hégémonique ont refusé l’extension de la ligne n° 1 de tram au quartier populaire de l’Ariane, jugé racialement dangereux, en stigmatisant et pénalisant ainsi les habitants de ce quartier et en faisant apparaître que les citoyens français musulmans ne sont pas des citoyens comme les autres ? Comment accepter qu’à Nice parade en toute impunité une extrême droite identitaire qui se flatte d’organiser des soupes au porc pour les pauvres afin que les musulmans refusent de les consommer ?

Tout ceci n’ôte rien évidemment au refus radical de la violence terroriste. Tout ceci plaide pour que naisse à Nice et en France et ailleurs une radicalité sociale et culturelle, politique et économique, qui puisse créer un espace commun interculturel de réflexion et de proposition, une dynamique de lutte réunissant Niçois et non-Niçois, Français musulmans ou non, résidents de toute couleur et confession. Il y a urgence avant que ne se franchisse à Nice même un autre pas vers l’abîme de la haine. Il faut penser les raisons de cette haine de l’Occident et les conjurer. L’Occident a beaucoup à faire de son côté pour changer radicalement la politique aveugle qui le conduit dans le mur et qui fait de ses dirigeants des somnambules cyniques. N’oublions pas, en effet, que l’Occident attire autant qu’il repousse, comme nous le rappelle sur la Côte d’Azur même l’exode massif des réfugiés qui fuient la guerre et la misère pour venir s’échouer sur nos rivages au péril de leur vie. Pendant que nous pleurons comme il se doit nos morts et rendons le dernier hommage dû aux vies sacrifiées dans ce carnage abject, aujourd’hui, entre Menton et Vintimille, à la frontière franco-italienne, s’entassent un millier de réfugiés privés de tout et secourus par les organisations humanitaires. Cela se passe dans l’indifférence générale. Les autorités françaises locales et nationales sont avant tout soucieuses de refouler ces indésirables, et l’Union européenne a pour souci de les marginaliser et achève ainsi discréditer un peu plus l’humanisme dont elle se prévaut hypocritement. Il ne s’agit pas d’opposer ces deux situations inverses l’une de l’autre, il s’agit de prendre la mesure d’une conjoncture d’ensemble caractérisée par l’excès de ce qu’on pourrait nommer l’inhumain dans l’humain et d’y porter remède. Il s’agit d’inventer une politique de la solidarité contre l’hypercapitalisme et les terrorismes, contre les barbaries de l’un et des autres et de produire du commun.

Nice a un grand effort à accomplir pour apprendre la solidarité citoyenne et la fraternité active. La tragédie vécue, la plus grande de son histoire, devrait l’inviter à se reconnaître dans les héros de la radicalité solidaire qu’ont été Blanqui et Garibaldi, non dans les chefs populistes des clientèles affairistes et racistes qui scandent une histoire trop souvent dépourvue de dignité éthique et politique.

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