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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 09:05

J'ai lu dans les pages Idées du Monde du mercredi 22 février avec curiosité et plaisir ce manifeste de chrétiens éclairés et soucieux de justice sociale qui reprennent à leur compte une formule de Mélenchon et appellent à remettre en cause la domination du capital qui s'installe plus que jamais un Europe et dans le monde en nourrissant la xénophobie afin d'altérer la conscience de classe des gens. Je publie ce manifeste à titre d'information, et parce que l'on peut voir un signe positif dans le fait qu'il y ait encore des consciences de chrétiens pour défendre un projet politique basé sur la laïcité, la volonté de partage et de justice.

 

Chrétiens, nous votons saint Martin. Le 12 février, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de "Radio France Politique". Il a dénoncé les dérives "extrême droitistes" de la majorité, illustrées par les récentes déclarations du ministre de l'intérieur, Claude Guéant, et de Nicolas Sarkozy. Il a salué la prise de position de François Bayrou et en a appelé aux chrétiens : "Il est temps que des chrétiens, comme lui, commencent à dire que, au fond, il y a deux christianismes, celui des croisades et celui de saint Martin : partager son manteau sans aller demander les papiers à celui à qui on donne le morceau pour qu'il ait chaud." Quelles que soient nos opinions sur Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ou leurs programmes, nous affirmons notre vision d'un christianisme du "manteau partagé". C'est ce christianisme que nous faisons vivre sur le terrain, que nous défendons, sans toujours être entendus.

Nous dénonçons l'esprit de croisade pour la défense de la "France chrétienne" : l'extrême droite catholique s'attaque à l'art contemporain, la présidence de la République et sa majorité affirment une soi-disant supériorité d'une civilisation (chrétienne) sur d'autres, sans compter le discours du Front national, et nous en passons... Nous contestons la manipulation et l'accentuation des clivages : raciaux, sociaux, religieux, ethniques, de couleur de peau, qui font du jeune de banlieue, du musulman, du chômeur, du Rom, le bouc émissaire. Ces clivages sont utilisés par les médias, les pouvoirs et certaines forces politiques pour occulter le clivage social.

Les discriminations ne sont plus des faits isolés, elles sont un système qui s'attaque aux habitants des quartiers populaires, aux Noirs, aux Arabes, aux musulmans. Elles créent une classe de citoyens à part. Jésus était du côté des parias pour mettre à bas les murs de séparation, nous sommes aux côtés de ceux d'aujourd'hui.

Nous défendons la laïcité de la loi de 1905 dans son esprit et dans sa lettre. Donc nous dénonçons son instrumentalisation pour mener l'assaut contre les musulmans et autres minorités religieuses. Cette croisade n'est possible que parce que d'aucuns renvoient dos à dos laïcité et religion comme deux entités inconciliables. La laïcité ne pourrait que s'opposer à des religions toujours présentées comme dogmatiques, obscurantistes, dangereuses. Le spirituel et ses valeurs ne seraient réservés qu'à la sphère intime ou privée, en l'opposant à la sphère sociale, politique, publique.

Au contraire, il est urgent de promouvoir l'esprit des pères de la loi de 1905 : une laïcité inclusive qui n'exclut pas telle ou telle population, une laïcité qui permet le dialogue public de positions religieuses et non religieuses. C'est pour nous le meilleur moyen de renforcer des religions synonymes de liberté de conscience et de faire reculer les courants religieux d'aliénation. La peur du communautarisme ne doit pas occulter le rôle positif des communautés dans l'enrichissement du lien social et la construction d'une société une et diverse.

Notre christianisme est bien celui de saint Martin, mais aussi de l'abbé Pierre, de Théodore Monod, de Dietrich Bonhoeffer, de Martin Luther King ou Desmond Tutu. Le partage du manteau signifie aider l'autre, frère ou soeur en humanité, qu'il ait des papiers ou non, même si cela viole la loi. Mais il faut aller plus loin. Donner un bout de son manteau, c'est poser le problème du partage planétaire des richesses, rendu impossible par le système capitaliste qui repose sur la concurrence de tous contre tous, qui produit souffrances personnelles et violences sociales, qui permet l'émergence de peurs et de discriminations. Nous refusons le chantage sur la dette qui place des pays sous l'emprise des banques et des systèmes financiers. Nous soutenons le peuple grec étranglé par un nouveau plan d'austérité. Nous contestons les politiques d'austérité qui engendrent la pauvreté pour des millions d'individus et mettent en danger l'action publique.

Cessons de diaboliser l'impôt, instrument de la répartition des richesses, cessons de penser en "toujours plus" de production, de consommation, d'énergie... Au contraire, face à la crise, posons-nous la question du mieux, du "bien vivre ensemble". Le vote pour l'extrême droite est incompatible avec les valeurs de l'Evangile partagées bien au-delà des chrétiens. Nous disons aux chrétiens de droite inquiets de la tentation de l'extrême droite, qu'ils se doivent d'interpeller leur camp sur les dérives des politiques, notamment sur l'immigration, qui ont dépassé le niveau de l'humainement acceptable. Nous disons aux dirigeants de la gauche que leurs politiques passées et leurs propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux, que nous espérons mieux d'eux.

Nous disons aux chrétiens, aux croyants des autres religions, à tous les humanistes, aux hommes et femmes de bonne volonté : retroussons-nous les manches, interpellons les partis et les candidats lors de la présidentielle et des législatives, organisons des débats, prenons position pour refuser l'esprit de croisade et défendre celui de saint Martin.


Olivier Abel, Institut protestant de théologie, Paris ; Jérôme Anciberro, rédacteur en chef de Témoignage chrétien ; Jean Baubérot, sociologue ; David Berly, responsable associatif ; Jean-Marc Bolle, consultant en communication, ancien vice-président d'une association d'insertion ; Guy Bottinelli, pasteur en retraite, foyer protestant de la Duchère, lyon ; Christophe Brénugat, éducateur, protestant réformé, adhérent David et Jonathan ; Roberto Beltrami, pasteur, directeur de La Fraternité de la belle de mai, Marseille ; Denyse Boyer, catholique, membre de FHEDLES ; Olivier Bres, pasteur retraité, militant associatif ; Brigitte Chazel, psychologue, militante du Christianisme social ; Jean Combe, catholique, membre de l'association FHEDLES ; Christophe Cousinié, pasteur, directeur de Toulouse-Ouverture (to7) ; Annie Crépin, catholique, membre de la FHEDLES ; Quentin Dezetter, catholique, adhérent MoDem, membre de David et Jonathan ; Héloïse Duché, militante du Christianisme social et du Front de gauche ; Jean-Marc Dupeux, pasteur, ancien secrétaire générale de la Cimade ; Isabelle Grellier-Bonnal, professeur, militante du Christianisme social ; Rémi Goguel, secrétaire général des Eclaireuses et éclaireurs unionistes de France ; Philippe Kabongo-Mbaya, pasteur, militant du Christianisme social ; Stéphane Lavignotte, pasteur, directeur de la Fraternité de La Maison verte, Paris, militant du Christianisme social ; Bertrand Marchand, doctorant en théologie, militant du Christianisme social ; Francis Muller, pasteur, Secrétaire général de la Mission populaire évangélique de France ; Jacques Perrier, militant du Christianisme social, responsable associatif ; Jean-Pierre Rive, pasteur, président de la Commission église et société de la Fédération protestante de France ; Antoine Rolland, enseignant-chercheur, militant du christianisme social Lyon ; Otto Schaefer, théologien et biologiste ; Mariam Séri-Sidibé, protestante, travailleuse sociale ; Alexandre et Marie Sokolovitch, animateurs de l'éducation populaire, Jesus Freaks ; Catherine Thierry, membre de la Communauté Mission de France ; Pierre Valpreda, Gennevilliers, directeur d'école, protestant réformé, adhérent EELV, membre de David et Jonathan ; Marie-Thérèse van Lunen Chenu, catholique, membre de FHEDLES ; Marina Zuccon, fonctionnaire, présidente du Carrefour de chrétiens inclusifs.

 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 08:51

Lettre ouverte de la Jeunesse, par la Jeunesse, pour la Jeunesse

 

 

 

 

 

« Personne, aucune puissance, aucun être humain, n'a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s'étioler […]. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable. »

Stig Dagerman*

 

- - -

 

  Je ne suis membre d'aucun parti, d'aucune association, je ne suis que citoyen. Mais si je m'adresse à la Jeunesse, c'est de plein droit : je la connais, je la côtoie, j'en fais partie et je l'admire. C'est en son nom que je voudrais parler. C'est avec elle et pour elle que je veux discuter du futur que nous partagerons. Je le fais en tant que jeune citoyen français, mais je voudrais pouvoir m'exprimer,  au-delà de toute barrière d'âge et de toute frontière, en citoyen du monde.

 

Nous sommes le moteur des révolutions.

 

  Je sais notre inexpérience et notre malléabilité, je sais notre capacité à nous égarer, à renouveler les erreurs du passé. Je sais à quel point nous sommes influençables ; d'autant plus que nous sommes précaires, d'autant plus que nous sommes fragiles. Mais notre énergie, notre grande force résident précisément dans nos faiblesses : sans expérience, nous sommes plus aptes à nous libérer des préjugés ; sans certitude, nous sommes capables d'innovation ; instables, nous avons cet avantage décisif de pouvoir nous mettre en mouvement sans prévenir et de tout emporter avec nous dans un formidable élan vers l'avenir.

  C'est à nous de réaliser aujourd'hui les changements que nous espérons, car nous sommes le moteur des innovations et des révolutions. C'est à nous de marcher vers le lendemain, dans l'incertitude du devenir, mais avec espoir et détermination. J'aimerais pouvoir parler en notre nom à tous, mais ce serait une tâche impossible : nous sommes une masse inouïe d'individualités, multiple, foisonnante. Pourvu que nombre d'entre nous se reconnaissent dans mes propos, y réagissent, et m'enrichissent en retour de leurs contradictions. Voilà tout ce que je souhaite. Si je parviens à être entendu par la Jeunesse, je souhaite aussi que chacun s'y retrouve pour en avoir un jour fait partie.

 

Un changement de société s'impose.

 

  Tous les indices sont aujourd’hui rassemblés pour nous indiquer qu'un changement de paradigme est en cours. Un changement de société s'impose : nous le voyons chaque jour autour de nous, dans notre quotidien. Nous le comprenons dans les médias, nous le lisons dans les événements qui ébranlent le monde, la matière, les peuples et les gouvernements.

  Notre désespoir et nos inquiétudes, nos égarements, le désintérêt que nous affichons parfois pour la chose publique, tout cela, ne l'imputez pas à notre jeune âge : demandez-vous plutôt si notre mal-être, l'échec scolaire, les difficultés d'insertion sociale et professionnelle, le chômage, la violence, la dépression et le suicide ne sont pas symptomatiques d'un mal plus profond, un mal qui serait à la racine de notre modèle de société.

  Ce mal a un nom et un visage, n'en déplaise à certains, qui craignent peut-être de le regarder en face de peur d'y trouver leur propre reflet et de s'y reconnaître. Je le nomme sans tabou : ce mal, c'est la corruption des principes fondamentaux de la République, c'est l'effondrement de la démocratie face au pouvoir croissant de la finance. Et la Finance aussi a un nom : c'est le Marché. Elle a surtout une foule de visages impersonnels : bourses, banques, financiers, multinationales, lobbys... et si tous se ressemblent et arborent la même grimace, c'est que tous se cachent derrière le même masque : celui de la sociale-démocratie occidentale. L'ennemi de la République et de la démocratie avance donc à découvert. À la vérité, nous le savions depuis longtemps, mais nous avons trop longtemps laissé faire. Il n'en est plus question.

 

Message à nos dirigeants :

 

  Mesdames, Messieurs, occupants ou candidats à de hautes fonctions d’État, dans de nombreux pays d'Europe et du monde, je vous juge maintenant avec toute l'impétuosité de la jeunesse : vous n'êtes plus dignes de votre fonction si vous laissez ou placez des nations souveraines sous le contrôle de la finance ! Comment pouvez-vous vous ridiculiser de la sorte, faire des courbettes élégantes devant l'opinion publique, pour ployer ensuite franchement le genou jusqu’à terre, et abdiquer, capituler sans résister une seconde à la finance ? C'est vous-mêmes qui, en refusant de lui résister, par votre silence ou votre inaction, lui accordez ce pouvoir dont elle abuse. Vous lui avez accordé la possibilité de monter sur ce trône illégitime, et c'est vous maintenant qui travaillez à l'y maintenir au prix des efforts, de la liberté, du sang et des larmes du peuple. Rendez-vous compte que votre attitude est indigne des fonctions qui sont les vôtres, quand, prétendant agir au nom de l'État, au nom du peuple souverain d'une nation entière, au nom de ses citoyens, vous prenez en leur nom sans prendre la peine de les consulter (ou pire, en les ignorant !) des mesures graves, aux conséquences lourdes et durables. Cela, en France, sous prétexte d'un vote quinquennal, alors que le principe constitutionnel de la République Française veut qu'elle soit un « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » ! Prenez-en conscience et agissez en conséquence, ou disparaissez ! Vous avez besoin de nous pour exister, nous n'avons pas besoin de vous pour vivre.

 

« Je ne voterai plus pour vous »

 

  Mesdames, Messieurs, qui vous soumettez à la Finance, je ne voterai plus pour vous !

  Je ne voterai pas pour vous. Je fais table rase de mes convictions passées, de mes préjugés, parce qu'en dépit de toute appartenance partisane, je veux voter selon ma seule conscience ! Je ne voterai pas pour vous parce que vous n'en êtes pas dignes. Je ne voterai pas pour vous, car je veux à tout prix conserver ma liberté de choisir le monde dans lequel je vais vivre, et celui que je vais léguer à ceux qui viendront après moi.

  Je ne voterai pas pour vous qui vous soumettez à la Finance, car je crois qu'au lieu de la concurrence et des échanges marchands, au lieu de la cupidité et de la volonté de puissance, ce sont l'éducation, le savoir, la créativité, et par-dessus tout l'aspiration de l'Homme à la paix et au bonheur qui doivent, au-dessus de tout, rester libres, et non faussés !

  Je ne voterai pas pour vous, car je souhaite pour nous tous et pour tous ceux qui nous suivront dans l'aventure humaine construire un autre modèle de société que celui dans lequel j'ai grandi. Car trop d'entre nous sont victimes d'une idéologie qui, au nom de la « liberté », bride la créativité, écrase les cultures et altère notre désir de vivre. En vertu de quoi le Marché — invention récente dans l'histoire de l'humanité, demeurerait-il maître du monde, des nations et des peuples ? Pourquoi et dans l'intérêt de qui devrait-il être placé au-dessus de tout et de chacun, comme une cage opaque, et de quel droit serions-nous maintenus dans cette caverne d'où nous ne voyons que l'ombre du monde véritable, l'ombre d'une démocratie réelle, porteuse et protectrice des libertés fondamentales de l'Homme ?

  Je ne voterai pas pour vous, car je veux pouvoir penser totalement par moi-même, jusqu'aux limites de ma conscience et de mon esprit, et pas seulement dans le carcan du Capital. Je ne voterai pas pour vous, car je veux que nous puissions vivre libres et égaux, tels que nous naissons : en tant qu'individus singuliers, uniques, tous différents, mais chacun nos semblables. Cela, quelle que soit la culture dont nous héritons par la naissance ou l'éducation. Et je proclame qu'il nous faut pour cela élire la Fraternité comme la première de nos valeurs. Elle seule n'a pas été retenue par le système libéral, pour une bonne raison : il repose sur son contraire, la concurrence libre, et non faussée !

 

Réaffirmer les valeurs républicaines : Fraternité, Égalité, Liberté.

 

   Nous ne voterons pas pour vous, car nous voulons replacer au cœur des valeurs de la République, non pas l'individu, mais la collectivité, en vertu de la Fraternité : quand la richesse d'un pays n'a jamais été aussi grande, on doit attendre de lui qu'il en fasse profiter le plus grand nombre, et que chacun avec lui soit solidaire des démunis. Les ravages de l'individualisme sont incontestables et il nous appartient d'y mettre un terme, dès aujourd'hui.

  Nous ne voterons pas pour vous, car nous voulons servir non pas le capital, mais la société, en vertu de l'Égalité : de quel droit quelques-uns continueraient-ils à tirer la plus grosse part sinon l'ensemble des bénéfices du travail de tous ? Chacun sait quelle part infime de la population du globe profite de la crise actuelle, tandis que la majorité survit avec de maigres moyens, et qu'une grande partie de l'Humanité continue de mourir de faim. Nous voulons replacer l'Homme au cœur de l'humanité, c'est pourquoi il faut d'abord en chasser la Finance !

  Nous ne voterons pas pour vous, car nous voulons revaloriser non pas le profit, mais le travail, en vertu de la Liberté : quand la production est asservie aux caprices des actionnaires, le travailleur voit son œuvre se dissoudre dans la masse immatérielle du Capital, et s'évanouir bientôt dans des paradis dont il ne verra jamais la couleur. Cela est intolérable. Aucun être humain ne devrait être asservi à son travail ou à son employeur au point que sa vie en pâtisse.

 

Du monde de la Finance à celui de l'Homme.

 

  Ce monde est accessible : il nous suffit pour l'apercevoir de regarder au-delà des œillères qui entravent notre vision. Libérés de l’individualisme aveuglant et de la cécité mercantile, ne voyons nous pas immédiatement que la spiritualité, la science, l'art, l'amour, la compassion, et tant d’autres valeurs nobles valent chacune cent fois — mille fois celles qui dirigent aujourd’hui notre vie ? La compétitivité, le profit, la marchandisation.... sont-ce bien là les valeurs que nous voulons promouvoir, que nous voulons porter et transmettre, et sur lesquelles nous voulons fonder le vingt-et-unième siècle ?

  En vertu de quel principe devrait-on accepter que l'économie gouverne non seulement nos existences, mais contrôle également nos désirs et nos peurs, jusqu’à nous dicter nos choix ? Le libéralisme et la publicité, dont le but commun se résume aujourd'hui à maintenir l'équilibre précaire du système financier, ne nous laissent pour toute liberté que le choix de la marchandise à consommer et celui du produit à vendre. Est-ce au nom de cette liberté-là que nous avons renversé la Monarchie, traversé la Terreur, subi la Guerre et l'Occupation ?

  Rien ne devrait nous empêcher de voir plus loin que ce prisme idéologique, et ceux qui nous accuseront de n'être que des utopistes sont ceux-là mêmes qui, dans leur intérêt ou malgré eux, cherchent à nous contraindre à cet asservissement. Eux-mêmes devraient bien se rappeler que le système capitaliste et libéral qu'ils défendent contre vents et marées est né avant toute chose de deux grandes utopies, dont les principes ont été depuis corrompus : la Révolution républicaine, et la philosophie des Lumières. J'en appelle à l'espoir, à l'utopie, et à l'absence de déterminisme en matière d'idées : le changement est possible, il est déjà en marche, car le système capitaliste s’effondre sur lui-même.

 

L’indignation ne suffit plus.

 

  Nous, jeunesse citoyenne du monde, de l’Europe, jeunesse française, immigrée, jeunesse à laquelle l'indignation ne suffit plus et qui appelle à la révolte, voulons démontrer qu'une autre République est possible. Nous voulons prouver que les peuples des démocraties occidentales peuvent se soulever sans verser de sang ni de larmes : en prenant les urnes contre le Marché, comme on a pris par le passé les armes contre la Monarchie.

  Nous, jeunes, citoyens, occupants du sol français, pouvons dès aujourd'hui choisir de construire ensemble une nouvelle République. Nous avons le pouvoir de mettre en place une démocratie véritable, qui nous rendra en retour ce qui nous revient de droit : le pouvoir de décision, le pouvoir politique sur notre société et notre économie. Qu'on ne cherche pas à nous faire croire que cela est impossible : les gouvernements sont faits pour se succéder et les institutions pour être changées. Nous, indignés, révoltés, citoyens, peuples souverains à l'intérieur de nos limites, savons tous qu'un changement est possible, et nous affirmons d'une seule voix qu'il est devenu urgent et indispensable.

  En définitive, nous refusons l'alternative du vote contre, ou contraint. Nous ne serons pas des machines électorales. Nous voterons selon nos convictions, pas pour un Homme, mais pour des idées. Pas pour un parti, mais pour une cause. Pas contre un système en crise, mais pour un autre.

  Nous voterons en exerçant notre pleine liberté de citoyens : sans tenir compte du tapage médiatique, sans tenir compte des sondages, que nous savons trompeurs par expérience, sans regarder les fantômes que l'on brandit pour nous faire peur, sans écouter les mensonges que l'on profère pour nous séduire.

 

La révolte est en marche.

 

  Mon appel est le suivant : indignons-nous, en premier lieu, et puis révoltons-nous ! Prenons pleinement conscience que la Crise n'est pas économique et financière comme on nous le répète sans cesse, mais sociale et politique.

  Cultivons-nous, alertons-nous, soulevons-nous et prenons les urnes, massivement, chaque fois que l'occasion se présentera – mais n'en restons pas là ! Il nous appartient de mettre également notre énergie et notre créativité au service d'idées et de causes, de les incarner, de les porter sur le devant de la scène publique et politique, et de ne nous en défaire sous aucun prétexte.

  Le vingt-et-unième siècle ne sera pas celui de la ruine ou du désastre, mais celui d'un nouveau modèle de développement social et économique, porté par une forme nouvelle de démocratie, citoyenne, souveraine et exemplaire.

 

  Je souhaite à tous ceux qui se reconnaîtront dans mes propos qu'ils puissent faire de même : reconnaître leurs convictions, les confronter au monde et leur donner un sens. Parce que l'avenir nous appartient à tous, et qu'il appartient à chacun d'entre nous de le faire advenir, j'en appelle à la formation d'une Assemblée Constituante.

  Pour toutes ces raisons, et plus encore, je voterai pour le candidat du Front de Gauche, Jean Luc Mélenchon. Pas pour un homme ni pour un parti, mais pour les idées qu'ils défendent et pour le changement de société qu'ils proposent. Pour la première fois dans ma vie d'électeur, j'irai voter avec conviction et avec enthousiasme : pour quelque chose en quoi je crois.

 

  Le 17 février 2012

Max DESPIN,

Étudiant, 22 ans

 

 

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:00
Vinci fait courir les autoroutes

Il y a aujourd’hui quelques 8.600 km d’autoroutes en France, soit l’équivalent de la distance de Paris à Bogota ! Et le nouveau Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT) prévoit d’en rajouter 879 km. Dans les réseaux militants, on s’exaspère, on peste et on se désole. Car on est bien loin, une fois de plus, des engagements du Grenelle en matière de report de la route vers le rail1, de réduction de 20% des émissions de CO2 dans les transports2, de préservation des espaces naturels et d’aménagement du territoire, sans parler d’anticipation du pic pétrolier… Alors qu’est ce qui fait courir les autoroutes ? Par Corinne Morel Darleux pour le Sarkophage.

Le fric ! Les autoroutes en France sont majoritairement gérées par trois groupes privés : Vinci, Eiffage et l’espagnol Abertis. C’est le gouvernement de Villepin qui a conclu l’opération de bradage en 2006, contre l’avis de la majorité des Français. Résultat, alors que les investissements de départ ont été pris en charge par les contribuables, ce sont aujourd’hui les multinationales qui ramassent la mise. Sans compter que plus de 95% de leur chiffre d’affaires provient des péages, c’est à dire de nos poches. Recettes estimées en 2007 : 7,4 milliards d’euros ! Résumons : nous payons pour utiliser des autoroutes que nous avons contribué à financer par nos impôts et dont les recettes alimentent les profits des grandes entreprises. Bien joué.

On perd sur tous les tableaux. Et les travailleurs aussi. La privatisation, comme d’habitude, s’est accompagnée de dégradation des conditions de travail et de pertes d’emplois : 16.500 agents en 2009 contre 17.359 en 2006, soit une baisse de 5% en 3 ans. Les mouvements sociaux se multiplient, comme chez ASF et Cofiroute en décembre 2009, les premiers depuis la privatisation. Les salariés protestent contre la baisse des effectifs et de la sécurité, la détérioration du service aux usagers, et réclament des augmentations de salaire au regard des bénéfices engrangés. Argent public confisqué, détérioration des conditions de travail, course aux profits… Qu’à cela ne tienne, les nouveaux tronçons sont désormais envisagés directement en concession privée, Castres-Toulouse par exemple.

Las, pour les intérêts capitalistes, rien n’est jamais assez. Alors le Ministre Borloo, en janvier 2010, décide de faire un cadeau supplémentaire aux gourmands appêtits : un an de concession gratuite, en échange d’investissements dits écologiques, qui auraient été réalisés de toute manière: « l’éco-rénovation des aires de repos, inspirée de la HQE » ou le « péage sans arrêt », censé faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, qui sert surtout à faire passer plus de voitures et ainsi augmenter encore les recettes des péages.

Et tout ceci se fait dans dans l’opacité la plus totale. L’augmentation moyenne des péages depuis la privatisation se situerait entre 0,9 et 2,5 %, trouver les chiffres officiels s’apparente à un vrai parcours du combattant. Cette opacité a d’ailleurs été dénoncée par la Cour des Comptes, peu suspecte d’activisme écolo-radical, en 2008. Son rapport dénonce l’absence de lien entre coûts et tarifs, qui sont judicieusement indexés sur l’inflation. Il note des écarts de prix kilométriques « incompréhensibles », d’un rapport de 1 à 14, les concessionnaires rusant avec la hausse globale moyenne convenue avec l’État en sur-augmentant les tarifs des sections les plus fréquentées. C’est ainsi que leur chiffre d’affaires péages augmente plus vite que le trafic. Très fort. Les recommandations de la Cour des Comptes n’ont eu aucun effet à ce jour.

Non contents de nous faire raquer aux péages (alors que ceux ci, rappelons le, ne sont pas censés générer des profits, mais uniquement couvrir les frais d’entretien et les investissements du réseau) les exploitants d’autoroutes ont aussi trouvé le moyen de faire de nous des consommateurs captifs de stations service aux prix abusifs.

Captifs, nous le sommes dès que nous rentrons sur l’autoroute. Ou plutôt captés. La CNIL a en effet autorisé cet été ASF, filiale de Vinci, à utiliser un « dispositif de lecture et de reconnaissance automatisées des plaques minéralogiques ». Le système LAPI (lecture automatisée de plaques d’immatriculation) a initialement été mis au point pour le repérage des véhicules volés ou suspects dans le cadre de la loi de lutte contre le terrorisme du 23 juillet 2006. Son plus gros fabricant n’est autre que Sagem Defense Securité, du groupe Safran, expert de l’identification biométrique et des cartes à puces, qui fournit également les radars fixes. « PG-2675-CM », vous roulez trop vite ! ». Le paiement par carte et le « péage en flux libre » permettaient déjà de nous suivre à la trace, les caméras de nous vidéosurveiller, voilà maintenant que ce « système de contrôle pédagogique des vitesses » nous envoie des messages personnalisés. Comble du green washing, le dispositif est présenté comme un moyen de « favoriser l’écoconduite » ! Et si on interdisait plutôt aux fabricants de produire des voitures pouvant rouler à 200 ? Si on réduisait plutôt la vitesse de 10 km/h, comme sur les autoroutes non concédées de Lorraine, au Danemark et en Suède ? Non, on préfère nous fliquer un peu plus sous couvert d’écologie.

En 2006, la privatisation a rapporté 14,8 milliards d’euros à l’Etat. D’ici à 2032, durée de la concession, ces sociétés devraient engranger 40 milliards de bénéfices. L’argent ainsi confisqué, 25 milliards d’euros, c’est précisément le coût estimé des JO de 2014 à Sotchi, en Russie. Quel rapport ? Eh bien c’est aussi en Russie, à Khimki, que se mène la bataille contre un projet d’autoroute confié à… Vinci !

Comme si les incendies de cet été ne suffisaient pas, ce sont 140 hectares de forêt qui sont maintenant destinés au béton pour une déviation Moscou – Saint Petersbourg permettant de desservir l’aéroport Sheremetyevo. Un joli projet de partenariat public-privé, le premier d’une telle ampleur en Russie, avec des gens très sérieux comme la BERD (banque européenne pour la reconstruction et de le développement) ou la BEI (banque européenne d’investissement). Et Vinci, donc. Voilà qui méritait bien un petit coup de pouce des autorités. C’est Poutine lui même qui a signé le reclassement de la forêt de Khimki en terrain reconstructible. Initialement porté par des militants écologistes autour d’un tracé alternatif, le combat a quitté le terrain environnemental pour virer au champ d’affrontement. En deux ans de lutte pour la défense de la forêt de Khimki, les habitants n’ont jamais été consultés. Mais invités à se taire, oui ! Incendies de maison et accidents suspects, envoi de militants néonazis pour casser de l’écolo… Deux porte-parole du mouvement antifasciste et anarchiste, Alexey Gaskarov et Maxim Solopov, ont été arrêtés et retenus en préventive pendant plus de deux mois, risquant sept ans de prison. Grâce aux actions de soutien qui se sont tenues dans 35 villes de 12 pays, Maxim Solopov a été remis en liberté provisoire et le cas d’Alexey Gaskarov doit être réexaminé avant le 27 octobre.

Mais de tout ceci, Vinci se lave les mains, expliquant à l’AFP que « le tracé a été décidé et reste du ressort des autorités russes ». A la clé pour le groupe : 1,8 milliard d’euros, et une manne de près de 700 millions d’euros de péage par an.

Plus près de nous, et dans un autre registre de l’arène politique, les quelques 22 projets de nouveaux tronçons dénoncés par le Réseau « Stop-Autoroutes » seront au coeur des élections cantonales de 2011. Rien ne pourra en effet se faire sans la participation des collectivités territoriales. On se souvient de la manière dont la Région Pays de la Loire a avalisé le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, avec la bénédiction du Département, et au mépris des arguments des opposants, élus locaux et habitants. En le confiant à Vinci ! Et comme si cela ne suffisait pas, Réseaux Ferrés de France offre également à Vinci la concession exclusive de la nouvelle ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux pour 2016. C’est la première ligne ferroviaire confiée à un groupe privé en France. C’est ainsi que bientôt, que vous preniez le train, la voiture ou l’avion, vous contribuerez aux 833.334 euros de revenu mensuel de Xavier Huillard… 41.000 euros jour tout de même.

Lieux de pouvoirs et de collusions, mais aussi de luttes écologiques et sociales, les autoroutes méritent bien qu’on y mette notre grain de sel. Elles représentent un enjeu stratégique pour la collectivité, à la fois en termes de ressources financières et de planification écologique.

Elles pourraient, sous maîtrise publique et citoyenne, devenir un levier important de notre projet de transformation écologique et sociale. Alors comme pour l’eau, l’énergie et le rail, défendons le retour en exploitation publique des autoroutes nationales ! Pour revoir les conditions de travail, le niveau de sécurité et les règles de fixation des tarifs. Au lieu d’alimenter les caisses des grandes multinationales, les droits de péage pourraient être réinvestis de manière volontariste vers des investissements publics et la création d’emplois dans les transports collectifs, la navigation fluviale, le frêt ferroviaire, et les modes doux de déplacement. Et un coup d’arrêt pourrait être porté au productivisme autoroutier.

Les autoroutes sont à nous. Reprenons le contrôle de ce qui nous appartient !

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 07:22

Etat des lieux

 

Dans le Finistère aujourd'hui, 80.000 personnes ont plus de 75 ans (9% de la population contre 7,9% en France) et 220.000 personnes ont plus de 60 ans (chiffre qui pourrait être augmenté de 40% d'ici 2030 selon l'INSEE).

En France, à l'horizon des années 2030-2035, ce sont 30% de la population qui auront plus de 60 ans. D'ici 2030, il y aura probablement 8 millions de personnes âgées de plus de 75 ans en France (les plus de 75 ans sont aujourd'hui 5 millions). Dans le même temps, les experts prévoient 1,2 millions de personnes âgées dépendantes en 2040 contre 800.000 en 2000.  

Selon le rapport Fragornard remis à Roselyne Bachelot il y a un an, on consacre à la dépendance en France entre 27 et 34 milliards d'euros, dont 70% d'argent public. La Sécurité Sociale contribue à 60% de ces dépenses publiques. L'assurance-maladie est le principal intervenant (14,5 milliards) : elle prend en charge les soins de ville et hospitaliers, ainsi que les établissements d'hébergement spécifiques. Les départements et les communes contribuent à hauteur de 5 milliards en 2010. Les départements prennent en charge l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) dont le montant dépend des besoins, du degré de dépendance (GIR 1 à 4), du type de prise en charge (à domicile ou en établissement) et des revenus du bénéficiaire; et l'aide sociale à l'hébergement (ASH), qui prend en charge, sous conditions de ressources, l'hébergement en établissement -récupérable sur succession- et l'aide à domicile. Les communes participent de leur côté à des actions locales de maintien à domicile.

 

Evaluation un peu différente selon le PCF: la perte d'autonomie totale ou partielle renvoie à 3 situations distinctes: grand âge (1,3 millions de personnes), handicap (700000) et invalidité (600000). 22 milliards d'argent public ont été consacrés à la "dépendance" en 2010, soit 1,1% du PIB.

 

Le besoin de financement nouveau à l'horizon 2025 ne devrait représenter qu'un point du PIB, soit une dépense somme toute peu importante à laquelle on peut très bien faire face sans destructurer la protection sociale.       

 

Selon le rapport Charpin, remis au même ministre Bachelot, pour accompagner le nombre de personnes dépendantes, qui pourrait passer de 1,115 million début 2010 à 2,3 millions en 2060, il faudra trouver 10 milliards d'euros de financement supplémentaire par an. Roselyne Bachelot avait quant à elle fait état d'un besoin de 2,3 milliards d'euros par an à l'horizon 2025 pour accompagner cette évolution démographique "à modèle social constant".    A titre indicatif, ces 2 milliards par an correspondent au coût social de la réforme de l'ISF voulue par la droite en 2011.

 

220 000: c'est le nombre de salariés employés par l'ensemble des associations fournissant des aides à domicile. 150000 d'entre eux sont qualifiés. Du fait de difficultés financières dans ce secteur (désengagement de l'Etat, besoins accrus de formation), environ 20000 postes ont été supprimés en 2010 et 2011. Dans le Finistère, 6500 personnes sont employées dans les 137 structures d'accueuil pour personnes âgées et 2250 personnes sont employées dans le secteur de l'aide à domicile. Aujourd'hui, 50% du personnel de l'ADMR bénéficierait d'une formation contre 15% seulement en 2002.

 

La flexibilité, la précarité, le manque de formation, les bas salaires, sont encore des problèmes réels et criants dans le secteur de l'aide à domicile. Il y a quelques mois, Ghislaine Noisette, représentante de l'intersyndicale (CFTC, CGT, Sud) de l'aide à domicile en milieu rural en Loire-Atlantiqu, était ainsi interrogée par Ouest France: "L'aide à domicile, c'est une majorité de temps partiels non choisis: 416 euros nets, par exemple, pour 60h de travail, 890 € pour 120h. Insuffisant. Alors les femmes peuvent aussi conduire des bus scolaires, travailler à la cantine, faire des ménages pour les particuliers. C'est un métier dur, fatigant. Les femmes lèvent, couchent, font la petite toilette, préparent les repas de personnes âgées parfois désorientées". "Dans le réseau ADMR, les déplacements, entre 30 et 40 km par jour, étaient totalement remboursés. Une partie restera à la charge des aides à domicile et travailleuses familiales (du fait de la nouvelle convention des 100.000 salariés du réseau ADMR). C'est une perte annuelle de plusieurs centaines d'euros. On nous rabiote des jours d'ancienneté et des journées pour enfants malades. On nous impose une mutuelle, coûteuse au regard des petits revenus".   

 

Fin 2010, il y avait 1, 2 million de personnes bénéficiant de l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie): 744000 d'entre eux reçoivaient une aide à domicile. Dans le Finistère, 58% des bénéficiaires de l'APA demeurent chez eux, d'où le besoin d'un grand nombre d'aidants.

 

On estime à 1500€ par mois en moyenne le montant ("reste à charge" après aides et financement public) que doivent assurer les personnes en perte d'autonomie ou leurs proches. 

 

La prise en charge publique couvre 95% des dépenses de soin, 83% de la perte d'autonomie (via l'APA) pour ce qui est de l'aide à domicile, mais seulement 30% des dépenses liées à l'hebergement, l'aide sociale à l'hébergement (ASH) n'étant versée par les départements qu'à des personnes à très faibles ressources. Ce qui explique que le maintien à domicile reste bien moins cher que le placement en établissement.

 

Pour les personnes atteintes d'Alzheimer, le reste à charge pour un maintien à domicile est de 570€, pour un placement en établissement de 2300€.  

 

Les maisons de retraite coûtent en moyenne 2200 € par mois tandis que le niveau de retraite moyen se situe à 1200 € par mois. L'inspection générale des Affaires Sociales (IGAS) estime que "le montant mensuel de 1500€ constitue une sorte de minimum incompressible en établissement" tandis que les prix les plus élevés enregistrés correspondent à une dépense mensuelle de 5000€" (La Croix, 18 avril 2011).

 

Il y a une vraie différence entre les établissements privés commerciaux, qui représentent 20% de l'offre, et dont les tarifs sont libres, et les établissements publics ou associatifs, dont les tarifs sont fixés par les conseils généraux.    

 

Les propositions de la CGT en matière d'aide à l'autonomie 

 

La perte d'autonomie est une altération de la santé, non un état générationnel inéluctable.

 

La CGT récuse le terme de dépendance des personnes âgées et parle d'aide à l'autonomie; il n'y a pas lieu pour elle de faire de distinction entre les personnes en situation de "handicap" - jusqu'à 60 ans- et les personnes "dépendantes" - plus de 60 ans. C'est pourtant ce qui existe aujourd'hui, permettant un financement bien moindre pour les personnes âgées.  

 

Tout d'abord, la CGT note qu'il n'y a pas de fatalité à la perte d'autonomie à partir d'un certain âge: cela dépend d'une trajectoire de vie, de conditions de vie et de travail, d'une ou de plusieurs maladies. Par exemple, le risque de perte d'autonomie sévère lors de la vieillesse concerne 5,4% des ouvriers et seulement 2,2% des cadres et professions intellectuelles. Cela montre que l'importance de la perte d'autonomie dans la société peut dépendre aussi de luttes menées pour la santé au travail, contre les inégalités sociales. C'est pourquoi la CGT revendique une politique de santé publique et de prévention tout au long de la vie avec notamment la création de véritables services de santé au travail et d'un suivi post-professionnel.  

 

L'enjeu de l'aide à l'autonomie doit être traité à un niveau très global impliquant la politique de la ville, une réflexion sur l'accessibilité des transports, des logements, des services, la mixité générationnelle de l'habitat.

 

Comme l'aide à l'autonomie est liée à la santé, la CGT propose de créer un nouveau droit social à "l'autonomie" (et donc à la compensation de la perte d'autonomie) dans le cadre de l'Assurance Maladie. Le portage des repas à domicile, par exemple, n'est pas du soin, mais des difficultés à se nourrir peuvent conduire à la dénutrition, la déshydradation, l'hospitalisation: c'est donc bien une histoire de santé.

La CGT est opposée à la création d'une "cinquième branche" de la Sécurité Sociale ou de la protection sociale avec un mode de financement spécifique qui ferait des personnes dépendantes une population à part et qui enfoncerait surtout un coin dans le modèle de financement par cotisations obligatoires de la Sécurité Sociale. Pour la CGT, la protection sociale solidaire doit permettre à toutes et tous de vivre dans les meilleures conditions du début à la fin de vie et ceci pour l'ensemble des générations.

 

La centrale de Montreuil propose la création d'un grand service public de l'aide à l'autonomie, tant à domicile qu'en établissement, en partenariat avec le secteur associatif et à but non lucratif, sur la base d'un cahier des charges fixant les obligations de service public. Pour les familles, le financement de ces services releverait essentiellement de la Sécurité Sociale, ce qui impliquerait une augmentation des cotisations et donc d'une certaine manière une définanciarisation supplémentaire de l'économie.

 

Sur la question de l'aide à la personne, la CGT propose de coordonner au niveau départemental le médico-social et le social, en créant des Groupements de coopération sociale et médico-sociale associant des professionnels de statuts différents et ouvrant de nouvelles synergies entre l'aide à domicile, le secteur de la santé, les hôpitaux, les maisons de retraite. Elle est aussi favorable à une professionnalisation de l'aide à domicile pour améliorer les conditions de travail, que les salariés puissent bénéficier d'un déroulement de carrière dans une structure qui permette d'avoir des droits sociaux respectés, des délégués du personnel et des comités d'entreprise. Elle privilégie le service public dans le cadre inter-communal et départemental sur la multiplicité d'associations de petites tailles gérées par des bénévoles (cf. réseau ADMR), ce qui renforce l'opacité et rend les conditions de qualification, de formation et de rémunération du personnel moins bonnes.   

 

La CGT propose aussi que, sur le court terme, les Conseils Généraux aient la maîtrise totale des dispositifs qu'ils financent (APA, aide à l'autonomie) et contrôlent davantage les associations chargées de l'aide à domicile. Actuellement, le Conseil Général du Finistère n'exerce aucun contrôle sur le fonctionnement interne de l'ADMR, ne participe pas au CA alors qu'il pourrait le faire.

 

Les maisons de retraite médicalisées devraient s'inscrire dans la proximité (ne pas sortir les personnes âgées de leur cadre de vie), le financement des infrastructures devrait relever des pouvoirs publics, comme l'hôpital, l'école ou les institutions sportives, sur la base de critères définissant ce qui relève du public et du privé. Il n'est pas acceptable de déléguer au secteur privé lucratif la construction et la gestion des établissements médicalisés comme les EHPAD.  

 

La CGT réclame un plan d'embauche conséquent dans les établissements pour personnes agées dans les résidences: actuellement, un ratio de 0,3 à 0,4 agent par résident, ce qui est la moyenne en France, se traduit par:

° 10 mn pour aider une personne à se laver, s'habiller, s'installer pour le petit déjeuner.

° 8 mn pour l'aider à prendre son repas

° 0 mn pour prendre le temps de l'écouter vraiment, l'accompagner dans son projet de vie.

En Allemagne, le ratio de personnel est de 0,8; en Belgique de 1 professionnel par résident, en Suisse de 1,2.

 

Le manque de personnels dans les structures d'accueil mais aussi dans le secteur de l'aide à domicile crée une véritable maltraitance institutionnelle.

 

Pour le financement des maisons de retraite, la CGT propose qu'il soit essentiellement du ressort de la solidarité nationale et non des familles pour lesquelles le reste à charge est très élevé actuellement, et soit assuré par une fiscalité sur le patrimoine plus importante, notamment un impôt sur les successions accru. CF Vie nouvelle n°60, décembre 2010.

 

Le PCF et Front de Gauche proposent...

 

Pour nous aussi, les mots ont un sens. Nicolas Sarkozy parle de dépendance comme si les personnes âgées concernées, les invalides et les handicapés, ne constituaient qu'une charge financière. Ce n'est pas la dignité à laquelle ces hommes et femmes prétendent justement. Nous préferons parler d'autonomie. Il s'agit non pas seulement d'indemniser les personnes ou d'accompagner leur trajectoire de vie, mais aussi et surtout de créer les conditions économiques et sociales de leur autonomie tout au long de la vie.

 

Une partie de la contribution financière que nous voulons créer sur les revenus financiers des entreprises, des banques, des assurances ainsi que des ménages les plus riches, sera affectée à la perte d'autonomie. Cette contribution aurait permis de dégager sur les profits de 2009 40 milliards pour l'assurance maladie.  Le PCF est clairement opposé aux mesures qui ont été proposées par la droite pour financer l'aide à l'autonomie: assurance privée obligatoire, second jour de travail gratuit, augmentation de la CSG des retraités. 

Nous défendons le principe d'un financement solidaire dans la sécurité sociale qui implique des cotisations patronales et donc une limitation des profits réalisés grâce à la plus-value effectuée sur le travail, et qui permet en outre que chacun cotise à mesure de ses moyens et reçoive selon ses besoins, ainsi qu'un financement public par l'impôt.  

Dans le programme partagé du Front de Gauche, il est aussi prévu que "les réponses au manque d'autonomie seront prises en charge par la Sécurité Sociale à 100% pour la partie "soins" et par le développement des services publics". Nous militons pour la création de pôles départementaux de l'autonomie financés nationalement, adossés à des services publics pour la formation, l'accueil, la gestion de l'aide à domicile, qui coordonnent et regulent les activités associatives et publiques de prise en charge des personnes en perte d'autonomie.

 

La solidarité nationale, basée sur le principe non-capitaliste de la contribution proportionnelle aux moyens et du service proportionnel aux besoins, doit être préférée pour nous à toute fausse solution par un appel accru à la solidarité familiale. CF. Darcos, Ministre du travail, de la solidarité et de la famille en mars 2010: "Nous devons renforcer la solidarité familiale. C'est je crois, la première et la plus naturelle des solidarités".

 

Quoiqu'il en soit, il faudra aussi à tout prix éviter le recours massif à l'assurance privée pour financer les coûts de la perte d'autonomie. Or, l'idée de la droite était de créer une assurance dépendance obligatoire (comme l'assurance auto ou habitation). En 2010, 5,5 millions de personnes étaient déjà couvertes par un contrat incluant le risque dépendance, soit 538 millions de cotisations, pour 166 millions de prestations reservées aux bénéficiaires. Le secteur assurentiel est un jackpot et aimerait faire main basse sur le financement de la perte d'autonomie pour le plus grand profit des actionnaires et pour le plus grand préjudice de l'économie productive, prise dans la tourmente du fait du poids de l'économie financière: pour nous, il est hors de question de laisser ces choses se faire.    

 

p 19 du Programme partagé du Front de Gauche, l'Humain d'abord: " La perte d'autonomie (que la droite nomme dépendance) sera couverte dans le cadre de la protection sociale sans recours aux assureurs privés. Et nous favoriserons au niveau départemental, la création de pôles publics de "l'autonomie".

 

Bien d'autres mesures de notre programme pourront faciliter la vie des vieux en perte d'autonomie et de leurs familles: la volonté d'appliquer le principe selon lequel aucun salarié ne touchera une retraite inférieur au SMIC, les mesures pour augmenter les cotisations patronales des grandes entreprises et la taxation des revenus financiers qui permettront d'augmenter les recettes de l'Assurance Maladie, les mesures en faveur de l'offre de transport public, de la baisse des budgets logement, de la suppression des franchises médicales, des déremboursements de médicaments, la fin de la tarification à l'activité à l'hôpital et la réorientation de la réforme hospitalière en général, le soutien public à la préservation d'une égalité de l'offre médicale sur tous les territoires, l'élévation des qualifications et des embauches dans le service public de la santé afin de mieux répondre aux besoins d'encadrement des citoyens.

 

L'affirmation de ces principes dans le programme du Front de Gauche doit être complétée par une réflexion avec les citoyens, les usagers et les professionnels, sur leur mise en oeuvre concrète et la prise en charge globale du problème de la perte d'autonomie: c'est ce à quoi s'emploie un comité local pour approfondir le projet du Front de Gauche sur cette question qui s'est créé en Bretagne en janvier dernier. C'est aussi ce sur quoi nous allons plancher dans la rencontre-débat de ce samedi 18 février à Plouigneau à 15h, à partir des interventions d'Alain David et de Christiane Caro.         

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:25
Cet article du blog d'André Chassaigne, signalé par Alain David, pose avec beaucoup de profondeur le diagnostic de la crise démocratique actuelle et des pistes de réflexion pour donner plus de contenu à la démocratie dans notre pays. Cela donne à réfléchir et cela fixe une ambition qu'il ne faut pas perdre de vue dans la bataille électorale et le quotidien de nos organisations politiques.  
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Un constat : la démocratie confisquée

 

 Penser une République solidaire et citoyenne, c’est d’abord partir d’un constat alarmant, celui de l’exclusion du champ politique d’une très grande partie des classes populaires. Cette crise de représentation conduit à l’affaiblissement du débat et de la participation démocratiques avec le rejet grandissant de la politique, et en particulier dans l’expression institutionnelle.

Cette dérive tient essentiellement aux mécanismes d’annexion des moyens et des capacités de réflexion des classes populaires par la classe dominante. L’appropriation des intelligences individuelles et collectives conduit à la confiscation par les institutions de la parole publique sur les choix politiques et de société. N’est-ce-pas Rousseau qui écrivait, dans le Contrat social (1762), que le peuple (anglais) « pense être libre » alors qu’il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement : « Sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien »?

 

Toutes les formes de domination qu’entretient la classe dominante visent en effet à maintenir ou à développer, le plus souvent par consentement plutôt que par la force publique, une idéologie conservatrice, fondée sur les supposés dons et mérites individuels.

Ainsi, la pratique politique se restreint à une « fabrique à consentement» s’appuyant sur une logique de délégation et de personnalisation des pouvoirs, devenue le fondement de la démocratie institutionnelle, et fortement médiatisée. D’autant plus que la constitution de la 5ème République a sanctuarisé cette personnalisation au sommet de l’Etat avec l’élection du Président de la république.

Derrière les grands principes républicains, et parfois au corps défendant de ceux qui les promeuvent, se cachent en réalité des processus profondément contraires à l’idéal républicain de participation de tous à la construction de l’intérêt général.

Comme le résume Jean-Paul Jouary, dans une tribune récente parue dans L’Humanité, « dans les démocraties représentatives, dont la France, le suffrage universel ne conduit pas à choisir une politique mais une personnalité ou un groupe d’élus, non pas chargés d’appliquer une politique, mais soudain dépositaires d’un véritable pouvoir face auquel les citoyens n’ont plus aucun moyen réel autre que les diverses formes de luttes sociales. Entre deux votes, le peuple n’est donc « plus rien », selon l’expression de Jean-Jacques Rousseau. Ainsi un nouveau président peut-il - comme c’est le cas en France depuis tant d’années – pratiquer une politique sans rapport avec les discours qui avaient conduit les citoyens à lui confier ce pouvoir, sans que rien dans les institutions ne leur permette de le reprendre. (…) Dès lors, on finit, comme ne cesse de l’entendre ces jours-ci, par nommer « courage politique » le fait d’imposer une politique que le peuple désapprouve, et « populisme » toute aspiration à ce que les citoyens participent activement aux décisions. »


Au niveau local, la décentralisation a reproduit avec les collectivités territoriales les mêmes dérives que la 5ème République. Le poids des élus s’est renforcé, mais ils se sont progressivement repliés sur leur territoire dans des logiques de fief électoral.

La personnalisation du pouvoir pousse à une sacralisation par le suffrage universel, avec des responsables des grandes collectivités demandant toujours plus de reconnaissance et de pouvoir, en surévaluant par exemple leurs possibilités et leurs capacités d’intervention, s’inscrivant dans des logiques de compétition et de concurrence territoriales, allant jusqu’à la dépendance aux agences de notation, voire leur instrumentalisation pour valoriser sa propre gestion.

 Au sein des grandes collectivités - conseils régionaux, conseils généraux, métropoles - de nombreux moyens sont mobilisés pour affirmer sur les territoires cette représentation personnelle des présidents, plutôt qu’à la construction d’outils démocratiques nouveaux.


 

 Pour une démocratie active

 

Un des enjeux démocratiques de nos sociétés est donc de pouvoir donner tous les moyens de réinvestir le débat et la prise de décision à ceux qui en sont privés par les logiques de domination à l’œuvre. La vitalité démocratique, indispensable à toute perspective de transformation sociale, est à ce prix. Mais cette tâche nécessite des efforts considérables et de profonds changements dans les pratiques à tous les niveaux : Etat, collectivités territoriales, entreprises, services publics…

 Dans beaucoup de collectivités qui construisent des démarches participatives, cette participation des citoyens se limite à des instants très encadrés de consultation volontaire, sur des sujets déterminés. Citons par exemple les grands projets d’aménagement ou les investissements importants. Quand aux démarches plus volontaires comme les budgets participatifs ou les dispositifs participatifs sur des compétences politiques de collectivités, elles sont souvent portées par les élus communistes ou apparentés, témoignant ainsi d’une prise de conscience réelle des limites qu’implique la délégation par la représentation. Il n’en demeure pas moins que nous constatons, dans les caractéristiques sociologiques des participants, une sous représentation des classes populaires, notamment des ouvriers et des personnes sans qualification.

Cela doit nous conduire à mettre des moyens importants, humains et financiers, pour essayer de renforcer concrètement la participation de ceux qui ne participent pas. C’est une composante essentielle de notre projet politique qui vise à la considération et à l’émancipation de tous, et pas seulement de ceux qui disposeraient déjà des « capitaux » suffisants pour s’inscrire dans le champ politique comme « citoyen agissant ».

Le meilleur moyen d’affirmer cette volonté est de l’expérimenter, avec de nouveaux mécanismes, à toutes les échelles territoriales, quartier, commune, canton, département ou région, et en valorisant toujours la parole de ceux qui en sont privés. Les conventions de citoyens en sont un exemple parmi bien d’autres. Ce doit être aussi le cœur de notre nouvelle pratique parlementaire avec les ateliers législatifs qui devront être pérennisés avec les élus Front de gauche du Sénat et de la nouvelle Assemblée nationale.

 En mettant l’imagination au pouvoir, le champ des possibilités est immense. Notre sensibilité particulière à cet égard est un premier atout dans la construction de ce renouveau démocratique. N’ayons pas peur de tâtonner et d’expérimenter, car nous donnons ainsi à voir d’autres pratiques politiques qui ne se limitent pas à de l’information et à de la consultation épisodique « Essayer. Rater. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux » disait Samuel Beckett.

 Des exemples concrets d’assemblées de quartier ou de canton montrent qu’il est possible de ne pas se réduire à parler de la vie du quartier ou du canton. Les enjeux locaux conduisant toujours à s’interroger sur la politique à mener à tous les niveaux. Essayons donc de renforcer, dans un premier temps, un vrai va-et-vient politique lorsque les responsabilités que nous assurons nous le permettent. Encore faut-il pour cela savoir s’extraire des contingences temporelles que nous imposent trop souvent les fonctions institutionnalisées par notre participation aux exécutifs !

 Attachons-nous aussi à soutenir et à développer, comme je l’ai souligné dans le dernier chapitre de « Pour une Terre commune » , les expériences de gestion collective des biens communs (eau, énergie…) ou de biens et services fondamentaux (alimentation, transport, entraide…) en assurant, grâce à l’appui des collectivités, la participation et la prise de décision dans les orientations de gestion de ceux qui en bénéficient.


 

 D’autres lieux de partage du pouvoir. Dans l’entreprise…

 

 Bien sûr, la démocratie sociale doit également s’imposer au niveau de l’entreprise. La question de la propriété publique, mais surtout de l’appropriation sociale, redevient un enjeu central à la lumière des conséquences du fonctionnement du système capitaliste mondialisé.

Depuis 1982, le développement des droits des salariés comme acteurs des entreprises est au point mort. Or, en 30 ans, les logiques de rentabilité se sont imposées partout dans les orientations stratégiques et les investissements des grandes entreprises, mais aussi des PME, en particulier par la sous-traitance. Elles conduisent inévitablement à pénaliser l’emploi, la formation et les perspectives de long terme. Face à ces choix, les salariés aspirent à davantage de démocratie. Les représentants du personnel sont de plus en plus forces de proposition pour relancer les entreprises ou réorienter les productions. Ne sont-ils pas en effet les mieux placés pour réfléchir à la stratégie et aux nécessaires mutations, proposer et décider ?

 Nous devons donner un nouveau souffle à cette socialisation de l’activité économique, d’une part parce que les salariés disposent d’une excellente connaissance de leur outil de travail, de l’autre parce qu’ils privilégient toujours des critères économiques, sociaux et environnementaux aux seuls critères de rentabilité. Cette dynamique est déterminante si l’on veut réorienter profondément nos modes de production et de consommation, en lien avec notre proposition de planification écologique. Mais elle relève d’abord d’une impulsion législative nouvelle à construire avec le monde du travail.

En revanche, nous pouvons d’ores et déjà donner aux salariés, à leurs comités d’entreprise, à leurs représentants syndicaux, une vraie place dans la décision des collectivités concernant leur activité économique. Les régions par exemple, sollicitées avant tout par les entreprises pour leur implantation ou leur développement, ont une vision beaucoup trop « experte » du développement économique, limitée à une forme de « pré carré technique ».

Les choix politiques et la prise de décision se font généralement sans concertation avec la vision salariale des entreprises. Elles contribuent ainsi à reproduire les mêmes erreurs, en encourageant la compétition territoriale au détriment d’un développement alliant l’économie, le social et l’écologie.

Dans le domaine économique et social, un nouvel espace de démocratie se développe avec des formes alternatives qui se multiplient sur tous les territoires : coopératives, AMAP, commerce équitable, entreprises d’insertion, tourisme social et associatif, création culturelle, services de proximité… Nous nous devons d’apporter un soutien appuyé à ces constructions sociales innovantes qui ouvrent le chemin d’un dépassement du système dominant.

 

 

… Et dans les services publics.

 

 Le renouveau démocratique s’impose aussi dans une nouvelle vision des services publics, non pas conçus comme des outils d’intervention de la puissance à travers une logique de délégation, mais aussi comme des lieux de construction collective des réponses aux besoins fondamentaux.

 Anicet Le Pors affirmait récemment : « le développement de biens communs au XXIème siècle porte une nécessité de services publics jusqu’au niveau mondial qui entraîne une exigence de même niveau concernant la propriété publique face à laquelle la constitution de « pôles » (…) fussent-ils publics m’apparaît bien dérisoire. La question de la propriété publique, plus généralement de l’appropriation sociale est toujours à l’ordre du jour car il reste vrai, tant au niveau national que local, que « là où est la propriété, là est le pouvoir ».

 La question du pouvoir, et de son partage, est en effet essentielle.

 Ainsi quand nous identifions clairement le besoin d’un « pôle financier public », seul capable de réorienter la politique du crédit de manière sélective, pour promouvoir l’emploi, la formation et des productions durables, nous faisons aussi la proposition que ces orientations soient décidées collectivement avec les citoyens et les représentants des salariés dans l’entreprise, en lien avec les collectivités territoriales, notamment par des fonds régionaux de développement.

 Cela implique un véritable renversement du fonctionnement des grands services publics nationaux que nous avons connus jusqu’alors, avec des entreprises nationales qui déléguaient l’essentiel des pouvoirs de décision à des grands cadres de l’Etat. Ne nous limitons pas à pousser à la nationalisation de certaines activités, ou de prôner la constitution de pôles publics. Il est indispensable, dans le même temps, de traduire nos exigences démocratiques nouvelles dans un fonctionnement de ces services « socialisé », mais aussi au plus près des territoires de vie.

 

 C’est donc bien d’une révision en profondeur de nos institutions dont il est question, bien au-delà de la simple démocratie locale. Mais déjà, pour les élus que nous sommes, le dépassement de « la bonne vieille représentation » ne doit pas être que des mots…

 

André Chassaigne, le 14 février 2012.

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:11

Ahurissant d'arrogance et d'impudence! : le vrai visage de l'adversaire auto-proclamé de la finance!

 

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Traduction de l'interview télévisé de Hollande au Guardian

 

François Hollande tente de rassurer le Royaume Uni et la City de Londres. Le candidat en tête de l’élection présidentielle française a déclaré qu’il voulait le retour du Royaume Uni au cœur de l’Europe et que le secteur de la finance ne devait pas craindre de nouvelles réglementations.

  

« Nous avons besoin que la Grande Bretagne se sente partie prenante de l’Europe", a dit François Hollande aux représentants de la presse dans la perspective d’une visite de premier rang à Londres la semaine prochaine. Mais il a ajouté que la France n’aurait jamais pu accepter la tentative de David Cameron de faire de la City de Londres, dans le cadre d’un nouveau traité européen, un « sanctuaire » à l’écart de la régulation financière.

  

Hollande a écarté les craintes exprimées à Londres par la droite selon lesquelles il serait dangereux pour la City. Il a dit qu’il n’était pas du genre « agressif », et qu’on ne le considérait pas en France comme un homme très à gauche, quant à son intention de réguler la finance elle s’apparentait aux notes à la clé de Barack Obama lors de son discours devant le Congrès. « On peut dire qu’Obama et moi avons les mêmes conseillers ». Il a dit que son attitude vis-à-vis des futures mesures de régulation dans le secteur financier était en ligne avec «l’opinion publique » en Europe et similaire à celle des autres prétendants à l’élection présidentielle, y compris le candidat de droite Nicolas Sarkozy.


Hollande, un député rural consensuel qui a dirigé le PS pendant 11 ans, est considéré comme le favori de la présidentielle française en mai. Quand il a désigné récemment, lors d’un récent voyage, le « monde de la finance» comme son principal « adversaire », c’était un illustration de la très large rhétorique de campagne adoptée par tous les candidats, y compris ceux de droite. Son programme veut imposer davantage les très riches, ceux qui ont le plus largement profité des allégement fiscaux. Mais il est considéré comme un homme du centre-gauche, un social-démocrate modéré dont les mains sont liées par la dette française et le déficit grandissant de l’Etat français.

Son projet est le plus modeste de tous les candidats socialistes avant lui et ne contient aucune des promesses traditionnelles comme l’augmentation du SMIC ou des salaires, mais se propose de réduire le déficit public. Sa mesure la plus concrète concernant les banques – une loi pour séparer leurs activités de dépôts et leurs activités de spéculations – ont déjà été prises en considération par le Royaume Uni et les Etats-Unis, et Sarkozy a court-circuité Hollande en annonçant une taxe sur les transaction en France, la fameuse taxe Tobin ou taxe Robin Hood.

Mais les louanges appuyées de Hollande à Tony Blair mettent en évidence ses propres orientations politiques et sa manière potentielle de gouverner la France. Pendant des années, le New Labour et la troisième voie ont été une hérésie pour la plupart des socialistes français. Hollande a déclaré que Blair était un homme agréable et, «si intelligent qu’il n’avait pas à être arrogant ». il a ajouté : « La première leçon que nous donne Blair c’est la durée de ses mandats… Secundo, il a été capable, après une longue période de thatchérisme, de relancer l’éducation, la santé et le secteur public… Ensuite il a succombé à l’idée dominante que les marchés pouvaient se réguler tout seuls et à la notion que le marché et le libéralisme (économique) pouvaient être un facteur suffisant de croissance… et nous en voyons les conséquences. »

Hollande a écarté les allusions qui font de lui un idéologue de gauche et a relativisé les comparaisons avec les peurs initiales qui ont accompagné l’élection de Mitterrand en 1981. « Les années 80 étaient radicalement différentes. Les gens ont dit que les chars soviétiques allaient défiler sur la place de la Concorde. Cette ère est révolue. Nous sortions de 23 ans de règne de la droite, il y avait la guerre froide et Mitterrand a nommé des ministres communistes. Aujourd’hui, il n’y a plus de communistes en France… La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a absolument rien à craindre. »

Il a ensuite réitéré sa demande au long cours d’un changement dans le traité européen sur l’intégration économique, mais il a écarté l’idée d’une renégociation globale, préférant insister sur l’ajout de clauses concernant la croissance économique, à l’intérieur et à l’extérieur du traité. Il a dit aussi que c’était au parlement français de ratifier le traité après les élections et il a écarté l’idée d’enregistrer cette ratification par un référendum. »


Contrairement à Sarkozy, Hollande a dit qu’il parlait l’anglais « comme un Français , avec un accent, mais qu’il le parlait. » Il a conclut en disant qu’il connaissait l’Angleterre et n’avait « aucune appréhension ni préjugé » à son sujet.

 

 

Réactions:

 

"Les génuflexions de François Hollande devant la City font du mal à la gauche.

A la lecture du Guardian, on apprend beaucoup de choses de la part de François Hollande. Selon le candidat socialiste à la présidentielle, « aujourd'hui, il n'y a plus de communiste en France ». Les 132 000 adhérents* du PCF et ses 10 000 élus seront contents de l'apprendre. Ses propos sur les marchés financiers méritent aussi le détour : « La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans, au cours desquels nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a rien à craindre ». Cela a le mérite d'être clair, les électeurs de gauche apprécieront. François Hollande dénonce comme son principale adversaire le monde de la finance mais ses génuflexions devant la City font du mal à la gauche

Olivier Dartigolles porte parole du PCF et co-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon"

 

* Le PS compte lui environ 200.000 adhérents selon ses déclarations, dont 65.000 environ à jour de leurs cotisations.  

 

 

"HOLLANDE RASSURE LA CITY PAS LA GAUCHE

On aimerait pouvoir concentrer nos critiques sur l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, mais décidément François Hollande fait fort. Après avoir salué les plans d’austérité en Grèce dimanche, voilà qu’il fait tout pour rassurer “la city” dans un interview au Guardian le 13 février. Résultat : il inquiète un peu plus la gauche. Pensait-il que les électeurs de gauche ne savaient pas lire l’anglais ? En tous les cas, ses propos, s’ils ne les désavouent pas, sont désespérants. Se référant à Tony Blair, François Hollande explique qu’on pouvait comprendre les craintes en 1981 lorsqu’en pleine guerre froide François Mitterrand avait nommé des ministres communistes au gouvernement. Mais, ouf, aujourd’hui “il n’y a plus de communistes en France”. Mieux “la gauche a gouverné pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation”. Il s’en vante alors que c’est cette politique qui entraine aujourd’hui l’Europe à la catastrophe.“There is no big fear” conclut le candidat du PS. Avec de telles ambitions, c’est sûr que la finance peut être rassurée... On peut se demander s’il y a bien encore un candidat socialiste dans cette campagne. On aura en tous les cas compris qu’il n’est qu’une assurance pour une politique de gauche : le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon."
Communiqué de Eric Coquerel, conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon 
 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:34

Oui, ont-ils seulement le droit de survivre ? C’est à cette question qu’il nous faut répondre. Car les anciens agriculteurs et leurs familles, et tout particulièrement les femmes d’anciens exploitants figurent parmi les plus faibles niveaux de vie nationaux. Tout le monde le sait, tout le monde s’en émeut l’espace de la période électorale… pour s’en désintéresser lamentablement quelques mois plus tard. Le diagnostic, partagé, est on ne peut plus clair : le niveau moyen des retraites paysannes est aujourd’hui de 400 € par mois, très en dessous des 959 € du seuil de pauvreté.

 

 Les Germaine, les Marie, les Pierre… je les rencontre chaque semaine sur le territoire du Livradois - Forez. Derrière leurs visages, leur gentillesse, leur attention pour les mots de réconfort, je sais qu’il y a une souffrance, celle de continuer à vivre, avec les difficultés de l’âge dans une pauvreté de plus en plus pesante et l’angoisse de la dépendance aux enfants, amplifiée par la perspective de financer la maison de retraite.

 

 Cette injustice, rendue invisible par une société où l’humain est rejeté, ou cachée par dignité par ceux qui ont servi toute leur vie à nourrir le pays, me révolte. Et je me pose toujours cette question : est-ce parce que ces hommes et ces femmes ont le courage d’affronter avec dignité la vieillesse dans l’isolement, avec des services publics toujours plus éloignés d’eux, qu’il est si facile de prolonger leur attente et leur détresse ?

 

 Je sais aussi que beaucoup d’entre eux luttent déjà contre cette injustice qui a trop duré, comme les militants ou sympathisants de l’ANRAF , dont le combat pour des pensions de retraite dignes pour tous a été exemplaire ces dernières années.

 Le Président de la République a eu beau jeu de verser des larmes de crocodile en 2007 sur le caractère « indigne » du niveau de leurs pensions. En cinq ans, son Gouvernement et sa majorité leur aura en tout et pour tout octroyé 30 euros de revalorisation moyenne. Et voilà qu’il s’apprête, avec la hausse de la TVA à 21,2 %, à leur reprendre plus qu’il ne leur a donné. Ce dernier coup de force, imposé aux plus pauvres, est symbolique du mépris affiché pour l’humain.

 

 Face à tant d’injustices, pour nos aînés, pour ces milliers de femmes souvent seules, au courage du quotidien, il faut des réponses claires. Oui, nous devons leur assurer dès demain une vie meilleure avec une retraite qui ne soit pas inférieure à 85 % du SMIC. Cette mesure, c’est une simple exigence d’humanité. Ce doit être une exigence incontournable d’une société qui place l’humain d’abord.

 Cela suppose d’aborder le fond du financement de ce régime pour garantir sa pérennité en visant l’instauration d’une cotisation nouvelle sur les revenus financiers et institutions financières du secteur agricole et agroalimentaire.

 C’est une mesure de justice quand certaines transnationales de la distribution ou certains géants du secteur bancaire et assurantiel réalisent des milliards d’euros de bénéfices nets annuels, grâce aux efforts passés des retraités, ou sur le dos des agriculteurs actuels.

 

 

Chronique publiée dans le journal La Terre du 7 au 14 février 2012

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:40

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:10

La retraite à 60 ans pour tous, c’est possible !

 

La réalité sociale donne raison aux millions de citoyens qui se sont mobilisés contre la réforme des retraites en 2010. Comme nous l’avions dit, le report de l’âge légal de départ a mécaniquement provoqué la hausse du chômage. Bien au-delà de l’effet lié à la crise, le chômage des plus de 50 ans s’est envolé de 15% en 2011. Il touche près de 100 000 personnes de plus.

Ce qui va donc provisoirement être économisé dans les caisses de retraite sera donc dépensé en allocations chômage supplémentaires. Notre autre grande critique de la réforme Sarkozy visait la fausse évidence selon laquelle il faudrait travailler plus longtemps parce que l’on vit plus longtemps. Nous avons expliqué que c’est justement parce que l’on travaille moins longtemps que l’on vit plus longtemps. Et là encore, la réalité nous donne raison. Le relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans en Allemagne, combiné à la précarisation du travail, a commencé à y faire reculer nettement l’espérance de vie. Enfin, faut-il rappeler que l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 63 ans en France pour les hommes ? Et les femmes, qui subissent le plus fortement la décote avec des retraites inférieures de 38% à celle des hommes, sont les plus durement touchées par le report de 65 à 67 ans de l’âge d’obtention automatique du taux plein.

Pour finir, en infligeant au pays la plus dure réforme des retraites d’Europe, Sarkozy et Fillon n’ont nullement immunisé la France contre la perte du triple A, comme ils le prétendaient pourtant à l’époque. Face à l’échec complet de cette réforme, nous assumons, au Front de gauche, la nécessité de l’abroger.

Nous défendons le droit à la retraite à 60 ans, à taux plein, avec 75% du salaire de référence.

Alors que le pays n’a jamais été aussi 
riche, il n’y a aucune raison pour qu’on ne puisse plus financer aujourd’hui la retraite à 60 ans. Cela devient 
à nouveau possible si l’on rend aux travailleurs la part 
de la richesse qui est passée dans les poches du capital depuis vingt-cinq ans. Cela passe notamment par la taxation des revenus financiers des entreprises, comme le propose la CGT. Depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans, la richesse créée par chaque actif a augmenté de 30% en euros constants.

Cela signifie que deux actifs d’aujourd’hui produisent autant de richesses que trois actifs de 1983. Il est donc non seulement possible de rétablir le droit 
à la retraite à 60 ans pour tous, mais aussi d’améliorer durablement les retraites. Nous proposons de prendre en compte la pénibilité de professions particulières pour donner droit à des départs anticipés avant 60 ans. Nous nous engageons plus largement à revaloriser 
les pensions pour qu’aucun salarié ne touche de retraite inférieure au Smic, ce qui est aujourd’hui 
le cas de 6,5 millions d’entre eux.

Au côté des salariés mobilisés et de leurs syndicats, 
le Front de gauche entend démontrer dans la campagne présidentielle que la retraite à 60 ans pour tous, c’est possible !

 

Jean-Luc Mélenchon, le 31 janvier 2012: pour le journal L'Humanité.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:55

Après le 31 janvier 2012, ce n'est plus de cinquante ans mais de près d'un siècle d'histoire politique et sociale que Sarkozy et son gouvernement au service du Medef voudraient nous faire reculer.

Politique anti-sociale, anti-démocratique, sécuritaire, racisme, xénophobie d'Etat ainsi que les affaires (Bettencourt, Karachi, etc...), voilà de bonnes raisons de dégager Sarko et ses copains du Fouquet's.

Pour battre durablement Sarko et sa politique, pour releguer l'extrême-droite dans la poubelle de l'histoire, il nous faut autre chose que "donner du sens à la rigueur", il nous faut une gauche qui soit prête à en découdre avec le système capitaliste, les banques et la finance, une gauche organisatrice dès maintenant de la résistance et de la riposte sur tous les fronts.

Par ailleurs, je m'inquiète du rapport de la cour des comptes, dirigée faut-il le rappeler par Didier Migaud, qui conseille un renforcement de la rigueur et met la pression sur les dépenses dans les services publics. Ainsi, en dépit de sa surenchère anti-sociale le gouvernement n'aurait accompli l'an passé que 10% des efforts d'économies nécessaires pour les experts de la Cour des Comptes, des experts assurément objectifs, indépendants des idéologies politiques et des puissances financières.  

Je rappelle ici que la cour des comptes n'est pas une institution élue au suffrage universel et donc ne peut remplacer la volonté du peuple libre et souverain quand il s'agit de dire quelle politique il lui faut.

C'est pourquoi l'étiquette du président socialiste de la cour des comptes me laisse un goût désagréable tout en sachant qu'il est adepte depuis fort longtemps d'une politique d'austérité.

 

Robert Doré.

 

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