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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 06:24
André Chassaigne: des petits ruisseaux d'Humanité à la grande rivière de l'alternative à gauche

« Les petits ruisseaux font les grandes rivières ». C’est l’exacte vision que donnent chaque année les allées de la Fête de l’Humanité, submergées par le flot citoyen. Mais c’est aussi l’image forte que donne la richesse des échanges au cœur des multiples rencontres de ces trois jours de « notre » fête.

J’ai quitté La Courneuve avec la conviction que le peuple de gauche a encore soif de partage et de convergence. Des mille sources de débat de ce week-end devraient jaillir les conditions du plus large rassemblement sur un projet politique alternatif au libéralisme. Seule cette démarche exigeante est capable de refonder l’espoir et de remettre à l’endroit le débat politique de 2017, en contrepoint de ceux parmi nous qui ont depuis si longtemps jeté l’éponge au profit d’un candidat aujourd’hui coupé de tout processus collectif.

Bien entendu, comme tant de communistes, de militants et sympathisants de gauche, j’avais une inquiétude en abordant ce moment d’humanité qui nous est si cher : que se prolonge dans les allées de La Courneuve la folle course à la personnalisation politique qui gangrène déjà tout l’espace médiatique. Mais la fête a cela d’essentiel qu’elle ne permet pas d’artifice. Elle balaye toute tentative de récupération par le contact direct, si indispensable quand on entend mener le combat contre les dérives libérales et réactionnaires, d’où qu’elles viennent. Dans ce contexte, les jeux des uns et des autres apparaissent vite décalés et à contre-courant de ce que j’appellerai l’éthique militante.

C’est en ce sens que Pierre Laurent a eu pleinement raison de poser ses jalons, « nos » jalons, dès l’ouverture de notre grande fête populaire. En affichant sa totale détermination à œuvrer jusqu’au bout en faveur d’un rassemblement de toutes les forces d’alternative à gauche, il a permis de placer tout le monde devant l’enjeu politique déterminant. Et j’ai, en ce qui me concerne, relayé vivement cette urgence au fil des échanges. J’ai en effet la conviction qu’il faut faire émerger ce commun pour aboutir à un pacte d’engagements qui réponde aux attentes des Françaises et des Français, un pacte qui doit être porté par une candidature de rassemblement en mai prochain et sur les circonscriptions aux législatives de juin. En faisant grandir cette exigence absolue d’un front uni, et à plusieurs voix, de la gauche anticapitaliste, nous grandissons aussi la parole communiste.

Quand tout le monde veut aller vite, dans un monde qui va déjà beaucoup trop vite, dans un champ politique miné par les réponses rapides sans perspectives de long terme, où chacun essaie d’imposer sa voie individuelle pour occuper un espace au détriment de la force de propulsion collective, le risque de faire fausse route est évident. Et nous connaissons d’avance l’impasse au fond de laquelle nous trouverons le peuple de gauche au soir du premier tour de la Présidentielle si toutes les forces progressistes restent incapables de surmonter le piège qui leur est tendu. Ce piège n’est pas nouveau. C’est celui d’une Vème République monarchique, avec ses dérives autoritaires et antidémocratiques, amplifiées aujourd’hui par l’obsession sécuritaire et le repli identitaire de candidats au cœur d’un dispositif institutionnel au bout de son histoire. Ces dérives, nous les avons assez douloureusement vécues et subies ces derniers mois pour partager le besoin de ne plus les permettre.

La Fête de l’Humanité permet de lever la tête, au moins ne serait-ce qu’un instant, au-dessus de cette bouillie sécuritaire et guerrière dans laquelle entendent nous enfermer toutes les forces réactionnaires. De l’extrême-droite à la social-démocratie qui a renoncé à changer la vie, en passant par la droite extrême, tout le monde fait le pari de sa capacité à capitaliser sur ce fond d’air nauséabond… jusqu’à influencer malheureusement aussi le discours d’une « gauche républicaine » désemparée ! Ce climat de peur et de haine, qui entretient tous les discours simplistes et populistes, est le meilleur allié des forces qui attendent surtout ne rien changer à la terrible régression de la vitalité démocratique de notre pays. C’est un puissant moyen de lutte politique pour maintenir les consciences sans perspective de réflexion sur les causes profondes de la crise internationale, sociale, et économique. Terrible catalyseur aussi de la fuite en avant devant le pouvoir de la finance.

La démarche renouvelée par les communistes « de remettre tout le monde en tas », selon l’expression consacrée par nos militants les plus anciens, est pour moi la preuve d’un grand sens des responsabilités. D’une responsabilité historique, dirais-je, quand tous les ingrédients du néolibéralisme poussent le pays dans une crise plus grave encore. Certes, à 9 mois de l’élection présidentielle, je mesure combien nous avons des difficultés à être audibles en ne nous plaçant pas sous la bannière d’un candidat autoproclamé et tout en n’avançant pas une candidature communiste, alors même que nous avons à la fois les moyens d’en présenter une et des personnalités à même de la porter. Mais c’est le choix de la raison que nous faisons : construire un pacte d’engagements politiques communs, fondé sur les attentes de nos concitoyens, plutôt que de butter inlassablement sur la question de l’incarnation présidentielle sans mise en commun ou sur un repli identitaire et réducteur.

Je ressors donc de cette fête avec la conviction que nous ferons tout pour construire ce cadre commun, et éviter les conséquences d’un échec qui serait tragique pour le pays, mais surtout pour la vie quotidienne des Françaises et des Français. La construction de ce rassemblement passe bien évidemment par un débat de fond. Sans non-dit, sans pesanteur, sans exclusive sur tous les grands angles politiques qui concernent le pays, l’Europe et le monde. Je pense bien entendu à l’objet qui me paraît aujourd’hui le plus central dans toute politique d’une gauche antilibérale : la lutte contre la finance et la reconquête des moyens et des leviers de nos politiques publiques. Cette « mère des batailles » doit faire l’objet d’une grande ambition politique au niveau international, européen comme national si nous voulons recouvrer les moyens de toute action politique à gauche. Je crois que nous avons les moyens de partager très largement cet objectif.

Alors que la pression sera forte pour connaître le choix des communistes, présentons dès maintenant au plus grand nombre les attentes recueillies avec la grande consultation citoyenne, mettons à disposition de ce pacte d’engagements nos propositions novatrices en matière de lutte contre l’évasion fiscale, pour le contrôle des banques et du crédit, pour une transition écologique indissociable du progrès social et de la maîtrise publique de l’énergie, pour une relance et une relocalisation de notre industrie, pour des services publics renforcés, démocratisés et répondant aux besoins sociaux du XXIème siècle.

Une majorité de changement existe dans notre société. Notre responsabilité est immense pour qu’elle se concrétise par une majorité politique. Est-ce exagéré de dire qu’une fois de plus nous avons rendez-vous avec l’Histoire ?

André Chassaigne sur son Blog, le 13 septembre.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 06:13

Il "n'a pas d'a priori contre lui", mais émet quelques réserves. Interrogé, samedi 10 septembre, sur france info, le président du groupe communiste à l'Assemblée, André Chassaigne, a déclaré ne pas vouloir "aller manger le quinoa dans la main de Mélenchon".

Interrogé sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017 comme candidat de la gauche anti-libérale, André Chassaigne a précisé ne pas avoir d'a priori contre l'eurodéputé, "dans la mesure où très fermement, il porte une politique de refus de la finance, d'anti-libéralisme."Mais il prévient : "quand on dit 'candidat de rassemblement' (...) il ne s'agit pas d'être là comme des petits soldats, le petit doigt sur la couture du pantalon ! Il s'agit de prendre en compte un socle politique partagé, de faire une campagne qui serait une campagne commune dans le respect mutuel."

Quinoa et campagne électorale

Un clin d'oeil aux confidences données le 2 septembre par le tenant de "La France insoumise" face aux caméras de Gala, qui évoquait une de ses recettes fétiches : le taboulé de quinoa.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 18:57
Macron rattrapé par son bilan à Bercy

13 SEPTEMBRE 2016 | PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

Alstom à Belfort, mais aussi Ecopla en Isère… L’ancien ministre de l’économie, qui a lancé son mouvement en vue de la présidentielle et aimerait parler d’autre chose que d’économie, est pour l’instant contraint de rendre des comptes sur son action à Bercy.

« Emmanuel Macron nous a laissés crever. » Lundi 12 septembre, leur valise à la main, le délégué CGT Christophe Chevalier et quelques-uns de ses 77 collègues, soutenus par le journaliste et activiste François Ruffin, sont venus demander des comptes à Emmanuel Macron devant la tour Montparnasse, là où l’ancien ministre de l’économie, qui a quitté le gouvernement le 30 août en vue de la présidentielle, a installé les locaux de son nouveau mouvement, En Marche !

À court de trésorerie, abandonnée par son principal actionnaire, le multi-millionnaire australien Jerry Ren, leur société, Ecopla, seul fabricant français de barquettes en aluminium pour l’industrie agroalimentaire, installée à Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère), a été cédée cet été par le tribunal de commerce de Grenoble.

L’acheteur, un groupe italien, ne s’intéresse qu’aux machines et ne reprendra aucun salarié. « Un gâchis industriel, humain et financier », déplore l’expert-comptable du comité d’entreprise, Michel Lemoine, qui dénonce la « stratégie de pillage de fonds »menée ces dernières années par les différents actionnaires. « Le passif de la société est constitué essentiellement de dettes de l’État, abonde Meryem Ylmaz, de l’Union régionale des Scop et Scic d'Auvergne Rhône-Alpes. En face, il y a un tour de table de 2,3 millions d’euros pour un projet industriel de coopérative viable qui permettrait de reprendre d’abord 20, puis 50 personnes. »

Les salariés, qui alertent les pouvoirs publics depuis un an et demi sur la gestion erratique de leur dernier actionnaire – finalement, il est parti sans laisser d’adresse –, en veulent particulièrement à Emmanuel Macron, nommé à Bercy en août 2014. Ils lui reprochent de ne pas avoir agi assez tôt pour éviter la disparition d’une entreprise au savoir-faire unique, alors même qu’ils portent depuis longtemps un projet alternatif. « Macron aurait pu nous sauver mais il ne s’est pas intéressé au dossier. Il n’a pas fait son boulot. Tout ça est de sa faute », déplore Christophe Chevalier, qui s’étonne que l’ancien ministre n’ait jamais reçu les salariés, malgré une « trentaine de courriers »envoyés par les élus locaux, départementaux et régionaux, tous bords politiques confondus. Le député PS de l’Isère Pierre Ribeaud, qui dit « avoir accumulé une correspondance assez impressionnante sur le sujet », assure que « des choses ont été faites » par Bercy, mais affirme que « le cabinet de Macron n’a pas pris le temps de rassurer les salariés et les élus ». Diplomatique, il déplore « une absence de prise de conscience ». « Macron nous a juste écrit un jour avant sa démission », remarque le syndicaliste Christophe Chevalier, qui y voit surtout un signe de désinvolture. Dans cette lettre, que nous avons consultée, l'encore ministre se dit « parfaitement informé de la situation » de l’entreprise, mais s’en tient à des propos très généraux. Lundi, l’ancien ministre a accepté de recevoir une délégation d’Ecopla dans ses locaux de la tour Montparnasse. « Emmanuel Macron a fait une sorte de mea culpa, explique son ancien directeur de cabinet à Bercy, Alexis Kohler, qui l’a rejoint au sein du mouvement “En Marche !”. Il y a bien eu un travail pour faire pression sur l’actionnaire, pour retarder l’entrée en liquidation de l’entreprise et pour encourager le projet de Scop, mais il n’y a pas eu assez d’information envers les salariés. » Lundi, les salariés ont aussi été reçus à Bercy par la secrétaire d'État en charge du commerce, Martine Pinville, et plusieurs conseillers. La fin de l’aventure industrielle Ecopla, ancienne usine du groupe Pechiney, pourrait être confirmée en appel le 5 octobre. Candidat possible à la présidentielle, Emmanuel Macron entendait profiter de cette rentrée pour densifier son propos et s’exprimer sur d’autres sujets que l’économie, comme par exemple la réponse au terrorisme ou la sélection à l’université, comme il l’a fait récemment devant les présidents d’université. Le voilà dans l’immédiat contraint de rendre des comptes sur son bilan à Bercy.

Il est particulièrement attendu au tournant dans le dossier de l’usine ferroviaire Alstom de Belfort. Le groupe a annoncé que cette usine, poumon économique de Belfort depuis le XIXe siècle, qui a notamment vu naître le TGV, va cesser son activité en 2018 (elle compte 450 salariés et presque autant de sous-traitants).

Emmanuel Macron a dénoncé dans L’Est Républicain une décision « soudaine, brutale et condamnable », contraire aux engagements pris. Depuis plusieurs jours, l’ancien ministre de l’économie est pourtant au centre de toutes les critiques. En visite à Belfort le 28 mai 2015, Macron avait promis aux ouvriers de « défend[re] » leur activité,« stratégique pour la France. […] Nous nous battons pour qu’il n’y ait pas de plan social ni de licenciements, mais au contraire des perspectives de redémarrage ». L’Élysée, qui a convoqué lundi une réunion de crise et entend maintenir l'activité, pointe l’inaction supposée de l’ancien secrétaire général de l’Élysée, accusé d’avoir trahi François Hollande pour jouer sa propre partition. « La vérité, c’est qu’il avait levé le pied depuis un an », l’éreinte dans Le Monde son successeur, Michel Sapin, un intime de François Hollande.

« Laisser-faire » ou « volontarisme lucide » ?

Ce week-end, lors des journées d’été des frondeurs à La Rochelle, son prédécesseur, Arnaud Montebourg, a lui aussi mené la charge. « Je me souviens que, dans le salon vert du palais de l'Élysée, le secrétaire général adjoint du même palais avait déclaré lorsque j'avais demandé 20 % du capital d'Alstom pour l'État : nous ne sommes quand même pas au Venezuela ! » a lancé Montebourg.

« Me succédant dans les fonctions de ministre de l'économie, il avait la charge d'utiliser ces 20 %, et ces deux hauts fonctionnaires qui siègent au conseil d'administration d'Alstom, pour dire et faire en sorte que l'équipe de France du ferroviaire – la SNCF, Alstom, la RATP – se serre les coudes. » Sous-entendu : Emmanuel Macron n’a pas usé du pouvoir d’influence dont l’État actionnaire disposait. Une « faute très grave », selon Montebourg, pour qui Macron a « incarné à Bercy » « l’excès de laisser-faire ». À droite, Nicolas Sarkozy y est lui aussi allé de son couplet : « Il est parti. Il n'a rien fait, c'est désolant. »

« Sur ce dossier, il est resté mobilisé en continu. Il a refusé un plan social proposé par la direction et a travaillé à lancer des projets pour apporter de la charge, notamment via la commande publique », explique son ancien directeur de cabinet, Alexis Kohler. Emmanuel Macron assure avoir tout fait pour « éviter un plan social et des licenciements », en mettant « la pression sur Alstom » ou en « soutenant les projets à l’exportation ». « J’ai eu, régulièrement, au cours de mes fonctions de ministre, des relations avec les dirigeants d’Alstom. J’ai eu des échanges avec eux encore en juillet dernier, et il n’était absolument pas question de fermer Belfort. Ce n’était pas un sujet de discussion », s’est-il défendu, plaidant la surprise.

Une fois nommé à Bercy, l’ancien ministre s’est toutefois privé de plusieurs moyens d’influencer les décisions stratégiques du groupe Alstom, surtout lors du rachat par le groupe américain General Electric de ses activités énergie – il a notamment refusé de se servir d’un décret, adopté en mai 2014, permettant à l’État de s’opposer à une prise de contrôle d’une entreprise française par un groupe étranger. Il a également donné à General Electric un avantage décisif dans les coentreprises détenues par les deux groupes. Porte-parole autoproclamé de ce qu’il appelle la « gauche du réel » (tout en prônant le dépassement du clivage gauche-droite), Emmanuel Macron plaide, selon son entourage, un « volontarisme lucide » en matière d’intervention de l’État dans l’économie. « Les reproches qu’on lui fait sont injustes et faux, commente Benjamin Griveaux, un de ses porte-parole. Il y a une volonté de caricaturer ses propos et ses actions. Rien ne laisse penser dans ce qu’il a fait qu’il prône l’abandon en rase campagne de l’État. Il prône un État régulateur, intelligent, à l’initiative et en soutien. » Ses partisans répètent que Macron n'est pas un Alain Madelin réincarné, surtout lorsque des secteurs stratégiques sont en jeu. Ils disent aussi qu'il n'aime pas les situations de monopoles, trouve inopportun de s'acharner quand des filières industrielles ne sont pas viables, et pense que l'État n'a pas systématiquement toutes les réponses dans le cas de dossiers difficiles. Dimanche dernier, sur France Inter, lors de sa première émission de rentrée, Emmanuel Macron avait déjà été interpellé par Christophe Chevalier, le syndicaliste d’Ecopla. Dans sa réponse, l’ancien ministre a reconnu qu’il y avait parfois « des échecs : en France vous avez aussi une liberté d’entreprendre et un droit de propriété, et vous avez parfois des actionnaires cyniques qui décident de ne pas totalement aider une entreprise. […] Donc oui, il y a des limites à l’action publique, je n’ai jamais menti aux gens en leur promettant monts et merveilles en disant qu’on allait pouvoir tout arrêter, parce qu’il y a des actionnaires qui, parfois, n’ont plus de projet pour l’entreprise, veulent juste sa fin, avec un cynisme qui est réel et qu’on ne peut pas bloquer ». Nicolas Demorand, l’animateur de l’émission « Questions Politiques », lui a reproché de théoriser une forme d’« impuissance ». Un très proche d'Emmanuel Macron, qui réclame l'anonymat, dit ne pas être « surpris qu’Emmanuel Macron [soit] attaqué. C’est la rançon du succès de sa visibilité, une réaction d’un système qui se sent fragilisé par son émergence et lui cherche querelle sur son bilan ». L’ancien ministre « a un vrai bilan à Bercy en matière de politique industrielle et saura le faire valoir », assure l’équipe d'En Marche ! Au cours des prochains mois, elle devra pourtant faire avec son image. À cause de son bilan (la fameuse loi Macron), de son passé de banquier d’affaires chez Rothschild, de sa ligne très favorable aux entreprises, de ses soutiens patronaux ou de certaines sorties malheureuses (par exemple celle sur les salariées « illettrées » de l’abattoir breton Gad), Emmanuel Macron incarne le « laisser-faire » dans un pays où l’action de l’État en matière industrielle est souvent attendue. Attente évidemment décuplée à l’approche d’une campagne présidentielle, où tout sujet industriel peut devenir inflammable.

En 2002, le candidat socialiste Lionel Jospin avait expliqué qu’en matière industrielle,« l’État ne peut pas tout ». « Cette formule avait été dure pour lui », a admis Macron sur France Inter. Tout en laissant comprendre qu’il est au fond assez d’accord. « On infantilise les Français. […] Le rôle des responsables politiques, ce n’est pas de démontrer en toute circonstance des capacités, des protections que parfois ils n’ont plus. On ne leur dit pas la vérité : vous avez parfois des changements profonds qui dépassent la capacité que vous avez à y répondre. Vous avez des transformations environnementales, numériques, industrielles, qui ne correspondent plus à la réponse que vous pouvez y apporter. » Dans les prochaines semaines, l'ancien ministre, désormais émancipé, aura tout loisir de confronter ce credo à la réalité des attentes des électeurs.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 14:10

Rien de nouveau dans l'Hexagone : les actionnaires toujours à la fête .

http://www.humanite.fr/alstom-letat-complice-de-limpuissance-publique-615568

Alstom : l'Etat complice de l’impuissance publique

SÉBASTIEN CRÉPEL, MARION D’ALLARD, OLIVIER MORIN ET LOLA RUSCIO

MARDI, 13 SEPTEMBRE, 2016

L'HUMANITÉ

Après l’annonce du projet de fermeture de l’usine de trains franc-comtoise, l’Élysée ordonne à ses ministres de plancher sur une solution qui ménage les actionnaires privés de l’entreprise, en écartant toute idée de nationalisation.

Regardez où je veux aller, ne vous occupez pas de savoir comment j’y parviendrai… ou pas. En substance, c’est ce que le gouvernement a annoncé, hier, au sortir de la réunion ministérielle de crise convoquée à l’Élysée après le choc provoqué par la décision d’Alstom de fermer son site de fabrication de trains de Belfort (Territoire de Belfort), sacrifiant 400 emplois sur 480. François Hollande a fixé « un objectif », celui de « faire en sorte qu’à Belfort les activités ferroviaires soient maintenues », a déclaré Michel Sapin après l’entrevue.

De stratégie industrielle de long terme et des moyens de garantir l’intérêt national dans la gestion d’Alstom, qui vit en bonne partie de la commande publique et dont l’État détient 20 % du capital, il n’a pas été question à l’Élysée, hier. Encore moins de prendre le contrôle de tout ou partie de l’entreprise, le nouveau secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue, ayant d’emblée exclu toute montée de l’État au capital.

Le ministre de l’Économie et des Finances a reçu pour mission de « travailler avec les élus, les organisations syndicales, la direction d’Alstom et l’ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre d’assurer le plan de charge qui permettra de sauver » le site d’Alstom Belfort. En clair, l’État s’engage à réunir autour d’une même table l’ensemble des acteurs concernés pour assurer les commandes qui font défaut à l’usine. « Il y a des procédures d’appel d’offres. Nous allons simplement expliquer que notre intérêt commun, à la SNCF, à la RATP, aux régions, c’est de maintenir une filière ferroviaire forte », a expliqué le secrétaire d’État à l’Industrie. Une rustine qui débouchera peut-être sur un sursis bienvenu pour les employés de l’usine, mais très insuffisante, et qui résume à elle seule la doctrine du pouvoir en matière d’économie : temporiser plutôt que de prendre des décisions structurelles qui pourraient contrarier les intérêts des actionnaires privés, dont Bouygues, deuxième actionnaire après l’État avec 8 % du capital, suivi d’un ensemble de banques et de fonds d’investissement européens et américains détenant à eux tous la plus grosse part du gâteau.

Les salariés, eux, ne seront guère rassurés, échaudés par les précédents dans ce dossier. « Ce n’est qu’un objectif, on en prend acte, mais ce n’est pas suffisant, réagit Eddy Cardot, délégué CGT du personnel d’Alstom Belfort. On veut des choses concrètes de la part du gouvernement, comme des garanties qui assurent le maintien de l’activité à Belfort et de ses emplois. Pour le moment, il s’agit uniquement de paroles. »

La responsabilité d’Emmanuel Macron mise en cause

Et des belles paroles, les ouvriers de Belfort en ont déjà entendu. N’est-ce pas Emmanuel Macron, sévèrement mis en cause depuis hier et qui se dédouane aujourd’hui de toute responsabilité, qui avait déjà fixé le 28 mai 2015 comme ministre de l’Économie, avec les mêmes mots que François Hollande aujourd’hui, l’« objectif » (sic) de « zéro licenciement et des perspectives de redémarrage pour Alstom Transport » ? Celui qui a démissionné depuis du gouvernement était alors venu assurer les salariés de l’usine du soutien de l’État à l’occasion du découpage de la branche énergie du groupe pour la revendre au géant américain General Electric, privant Alstom de 70 % de son activité. Déjà menacés d’un plan social, les ouvriers avaient entendu le ministre leur vanter les « perspectives à court terme du marché » du TGV du futur de la SNCF, avec la commande de 400 rames, « 200 à l’international, 200 en France », et promettre 150 millions d’euros d’investissement…

Depuis l’annonce de la fermeture du site, la gêne du gouvernement est palpable dans ce dossier. La déclaration de Manuel Valls, dimanche, critiquant la « méthode inacceptable » d’Alstom, qui n’aurait pas informé préalablement l’État actionnaire de sa décision – ou plutôt : de sa volonté de rendre publique la décision, connue de longue date et attendue de tous, selon de nombreux connaisseurs du dossier –, résonne comme un aveu. Celui du choix délibéré de laisser sacrifier un fleuron de la construction ferroviaire, à rebours de toutes ses déclarations antérieures.

Le premier ministre a beau faire mine d’être tombé de sa chaise en apprenant le projet de fermeture de l’usine, l’État était au courant depuis longtemps : « Le plan a même été évoqué avec Bercy il y a plus d’un an mais il fallait laisser passer les élections régionales » de fin 2015, rapporte une source chez Alstom citée par le Journal du dimanche. « Cela fait trois ans qu’Alstom pose le cas de Belfort sur la table », confirme-t-on à demi-mot à Bercy, en évoquant un carnet de commandes n’allant pas au-delà de 2018. La précipitation de l’annonce et l’ampleur des réactions politiques ont finalement contraint François Hollande à réagir. Surtout après que l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, qui a laissé fermer ArcelorMittal à Gandrange contre toutes ses promesses, pose de nouveau en candidat qui ne « laisse pas tomber » les ouvriers… Mais aussi après les demandes qui montent à gauche d’aller jusqu’à la nationalisation, venant du PCF, du Parti de gauche ou de Jean-Pierre Chevènement.

Nonobstant les singularités du dossier Alstom, l’affaire a pourtant un goût de déjà-vu. Plus qu’une absence de volonté d’agir, c’est un déni idéologique que porte le gouvernement, et qui remonte au début du quinquennat, avec le refus de Jean-Marc Ayrault, alors premier ministre de François Hollande en 2012, de nationaliser, même temporairement, l’usine sidérurgique d’ArcelorMittal de Florange. Un refus qui se justifiait d’autant moins sur le plan industriel qu’un rapport des affaires juridiques de Bercy affirmait que « la nationalisation sembl(ait) l’outil le plus adapté pour éviter la fermeture des hauts-fourneaux et permettre la sauvegarde de l’emploi ». La raison, Jean-Marc Ayrault l’a avouée sous cette interrogation : « Comment fera-t-on pour refuser aux salariés des chantiers de Saint-Nazaire ou à ceux de Petroplus une nationalisation que l’on aura acceptée pour Florange ? » Et tant pis pour l’enterrement des promesses de campagne de sauver le site…

Alstom fait le choix de délocaliser sa production

Le raisonnement vaut aujourd’hui pour Alstom, qui mène sa barque au gré des intérêts de ses actionnaires et de la croissance de ses bénéfices, avec la complicité active de l’État. « Nous ne savons pas où la direction d’Alstom amène le groupe. Nous n’avons aucun document, aucune information quant à la stratégie industrielle », dénonce Daniel Dreger, secrétaire adjoint CGT du bureau du comité de groupe européen. Mais pour le syndicaliste, derrière ce manque de transparence se cache surtout la volonté de la direction de « dégraisser », de tailler dans ses effectifs en France pour les gonfler ailleurs, là où Alstom, depuis plusieurs années, a fait le choix de délocaliser ses chaînes de production, sans que l’État n’y trouve rien à redire. Pologne, Afrique du Sud, Inde, Maroc… « La stratégie du groupe, c’est fabriquer de plus en plus dans les pays émergents et à moindre coût », résume le délégué CGT du personnel Eddy Cardot. Et de détailler : « Alstom a construit une usine ultramoderne au Kazakhstan, pour la fabrication des locomotives à traction lourde (transport de marchandises – NDLR). C’est autant de matériel que nous ne construirons plus sur le site de Belfort. »

Cette politique de délocalisation s’applique tout autant pour le marché domestique français que pour les commandes à l’export. Dans ces conditions, invoquer la baisse de commandes dans l’Hexagone a bon dos, même si elle est une réalité, fruit conjugué de l’austérité imposée au plan national et de celle décidée localement par certains exécutifs de collectivités enclins à serrer la vis de l’investissement public. Mais la raréfaction des commandes s’ajoute alors à une politique maison qui privilégie la construction hors de France. Par exemple, pour un train Régiolis (TER fabriqué par Alstom sur son site alsacien de Reichshoffen), 80 % des matériaux sont achetés à des sous-traitants dont seulement 40 % sont installés en France. « Une partie de cette fabrication pourrait tout à fait être relocalisée et prise en charge par Alstom », estime Daniel Dreger. À condition de faire le choix de maintenir l’emploi au détriment du profit de court terme. Car, comme le confirme le syndicaliste, « l’usine Alstom en Pologne tourne 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 avec des salariés beaucoup moins payés que nous ».

mobilisation citoyenne pour sauver alstom

Une pétition a été mise en ligne sur la plateforme change.org, vendredi dernier, pour soutenir les 480 salariés menacés par la fermeture du site de l’usine Alstom d’ici à 2018, à Belfort. Plus de 6 000 personnes l’ont déjà signée, à l’heure où nous écrivons ces lignes. Lancée par le député maire de Belfort Damien Meslot (LR), le sénateur maire de Beaucourt Cédric Perrin et le président du conseil départemental du Territoire de Belfort Florian Bouquet, elle est adressée au PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, et au président de la République. «La fermeture du site de Belfort n’est donc pas qu’une mauvaise nouvelle pour notre région mais aussi un coup dur porté à l’industrie française», peut-on lire sur le site de la pétition. En parallèle, une manifestation est organisée dans les rues de la cité du Lion, ce jeudi.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 05:22

Voilà où mènent les logiques libérales de désengagement financier de l'Etat. Les plus vulnérables sont toujours les plus sacrifiés sur l'autel de l'austérité. C'est tout simplement lamentable! Ci-joint, cet article de 20 minutes.

EDUCATION L’Association des paralysés de France accuse le gouvernement de « sacrifier l’emploi des personnes en situation de handicap »…

Entre la sécurité et l’insertion des personnes handicapées, le gouvernement semble avoir choisi. Les universités ont en effet été autorisées à ne pas verser la totalité de leur contribution à ce fonds,le FIPHFP. . Or cette mesure a justement permis au gouvernement de dégager 30 millions d’euros pour assurer la sécurité dans l’enseignement supérieur face au risque terroriste. Malin, à défaut d’être solidaire.

Tous les employeurs publics employant moins de 6 % de personnes handicapées doivent normalement contribuer à ce fonds. Selon l’Association des paralysés de France (APF), qui dénonce ce tour de passe-passe, les universités sont à 1,6 %.

« Main basse du gouvernement »

En 2016, elles vont donc payer moins qu’elles ne le devraient : « la dérogation a été reconduite pour cette année », précise-t-on au ministère de l'Education. Le gouvernement assure que la mesure ne « pénalise pas l’emploi des personnes handicapées ».

Pour l’APF, cette « nouvelle main basse du gouvernement » va au contraire « se faire au détriment des droits des personnes en situation de handicap ». « Ce gouvernement ne cesse de remettre en cause les moyens alloués à l’emploi » de ces personnes, poursuit l’association.

Un budget à la baisse

De son côté, l’ancienne secrétaire d’Etat Marie Anne Montchamp, présidente du club Entreprises & handicap, a déploré un « coup préjudiciable » au FIPHFP. « La politique d’emploi en faveur de nos compatriotes handicapés ne peut en aucune façon être la variable d’ajustement des autres politiques publiques », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

En 2015, les dépenses du FIPHFP se sont élevées à 160 millions d’euros, en baisse de 12 % par rapport à 2014. Les contributions des employeurs ont baissé de 41 % à 126 millions d’euros, selon le dernier bilan.

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 16:32

Vingt-cinq Maliens employés par un sous-traitant du BTP ont cessé le travail mercredi. Ils exigent des papiers et leurs fiches de paie. Un grave accident a déclenché leur lutte.

Avenue de Breteuil, dans le chic 7e arrondissement parisien, à quelques kilomètres à pied de la tour Eiffel et de l’esplanade des Invalides. Au no 47, des drapeaux CGT sont suspendus sur le grillage d’un bâtiment. « Traite des êtres humains, travail dissimulé, exploitation, ça suffit ! » peut-on lire sur une banderole. En grève, vingt-cinq travailleurs maliens occupent nuit et jour, depuis mercredi matin, la cour d’entrée du chantier de l’entreprise de bâtiment sous-traitante MT Bat-Immeubles. Avec le soutien de la CGT, ils réclament un contrat de travail, des fiches de paie rétroactives et une régularisation de leur situation.

Un employé s’est grièvement cassé le bras sur son lieu de travail en tombant d’un échafaudage, mardi. La fracture est béante. Ses collègues demandent alors au patron d’appeler au plus vite une ambulance, ce qu’il refuse catégoriquement. « Il voulait l’emmener avec son propre véhicule chez le médecin, témoigne Dabo Sadio, l’un des courageux grévistes. Nous avons refusé et nous avons appelé une ambulance par nos propres moyens. Ce n’est pas normal de ne pas appeler une ambulance ! » Le lendemain matin, sans donner la moindre explication, le patron leur demande de ne plus mettre un pied sur le site.

De fausses fiches de paie et du liquide

Depuis ce coup de massue, la lutte a commencé. Tous sans-papiers, les grévistes demandent la reconnaissance de l’accident de travail de leur collègue et dénoncent le travail dissimulé dont ils sont victimes. À l’exception d’une poignée d’entre eux, qui « sont plus ou moins déclarés », selon Marilyne Poulain, de l’union départementale CGT de Paris, ils reçoivent, en guise de bulletin de salaire, de fausses fiches de paie ou des enveloppes blanches qui contiennent du liquide. La somme frauduleuse frôle les 1 200 euros. Six jours sur sept pour le smic horaire, ils s’activent sur le chantier dans des conditions précaires. « On doit attendre des semaines avant d’obtenir un masque ou des gants. Nous devons aussi acheter nous-mêmes les chaussures de sécurité », dénonce Diaby, le chef d’équipe du chantier, qui œuvre depuis deux mois pour la société.

Derrière la grille, à l’abri des regards, les travailleurs se serrent les coudes sur le piquet de grève, où sont installés des lits de fortune. « Nous sommes plus forts ensemble, ce n’est pas facile mais on est déterminé à aller au bout ! » s’exclame Diaby, qui est arrivé il y a sept ans en France. Pour autant, la lutte n’est pas de tout repos, car le climat est tendu avec l’équipe de sécurité du chantier. Filtrage et inscription systématique de l’identité des personnes à l’entrée, et pas moins de trois agents qui guettent leurs moindres faits et gestes. « Ils nous accompagnent même lorsque nous allons aux toilettes la journée et la nuit, c’est insupportable », rapporte Dabo Sadio.

Maintenant, la première bataille se déroule sur le plan juridique. Le patron de MT Bat-Immeubles doit reconnaître un lien de subordination avec ses employés. La tâche est épineuse. Sur ce chantier, MT Bat-Immeubles travaille en sous-traitance pour la société donneuse d’ordres Capron, spécialisée dans l’entretien et la rénovation d’immeubles, tandis que le maître d’ouvrage est Covéa, une société française d’assurance mutuelle qui réunit la GMF, Maaf et MMA. Sur le plan pénal, le donneur d’ordres est censé vérifier que son contractant n’effectue pas de travail dissimulé.

Les militants cégétistes vont s’appuyer sur le rapport de l’inspectrice du travail, qui s’est rendue sur le chantier suite à l’accident de travail mardi dernier. En parallèle, des dossiers de régularisation ont été déposés à la préfecture de Paris, au ministère du Travail et de l’Intérieur. Plus largement, la CGT a réitéré des demandes de discussions auprès des deux ministères au sujet des travailleurs contraints au travail dissimulé. Car, à l’heure actuelle, la circulaire Valls de 2012 bloque la régularisation administrative des employés au noir.

Mais, déjà, le maître d’ouvrage Covéa met des bâtons dans les roues. Jeudi, l’entreprise a assigné en justice les vingt-cinq employés pour obtenir l’évacuation du site. Les travailleurs risquent d’être expulsés de leur piquet de grève. Cette décision interpelle la cégétiste Marilyne Poulain, pour qui « la société aurait dû être dans une logique de médiation avec les entreprises afin de trouver une issue favorable au conflit social ». Contacté par l’Humanité, le responsable de l’entreprise MT Bat-Immeubles a refusé de communiquer sur la grève.

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 12:25
La décision de doubler le budget de l'armement nucléaire militaire a été prise sans aucun débat démocratique (Paul Quilès- IDN)

La décision de doubler le budget de l’armement

nucléaire a été prise sans aucun débat démocratique

Nous venons d’apprendre que le budget de l’armement nucléaire français doit doubler dans les prochaines années et atteindre 6 milliards d’euros par an.

Cette hausse, que nous annoncions depuis des mois et qui avait donné lieu à des démentis, vient donc d’être confirmée par les plus hautes autorités civiles et militaires.

IDN considère qu’il n’est pas acceptable que ce choix lourd de conséquences budgétaires, militaires et de sécurité ait été fait en dehors de tout débat parlementaire. De plus, contrairement aux commentaires qui ont accompagné cette annonce, la situation internationale ne peut être invoquée pour justifier un changement de dimension aussi brutal du budget nucléaire militaire.

La question de l’armement nucléaire et des systèmes d’armes qui la mettent en œuvre est essentielle, compte tenu des conséquences humanitaires catastrophiques auxquelles pourrait conduire l’emploi d’une seule de ces armes. Toutes les décisions qui les concernent doivent donc être prises dans la clarté, selon des procédures démocratiquement légitimes et en pleine connaissance de leurs conséquences de toute nature.

L’armement nucléaire doit cesser de bénéficier d’un régime d’exception. Il doit être replacé sous le régime du droit commun démocratique.

Communiqué d’IDN (8 septembre 2016)

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 11:10

Selon une enquête d’Odoxa, la quasi-totalité des Français (95%) et des patients (96%) se déclarent satisfaits de la manière dont les hôpitaux publics et les personnels de santé ont fait face aux tragiques attentats de ces dernières années.

• Plus de 8 Français sur 10 (83%) pensent que l’hôpital public est aujourd’hui « en danger » et considèrent que les moyens que lui alloue l’Etat sont « insuffisants » (84%).

• Près des deux-tiers des Français estiment que les questions de santé et d’assurance maladie ne sont que rarement évoquées dans les débats politiques et électoraux, et plus des trois-quarts des Français (77%) jugent que les choix politiques effectués par les différents gouvernements depuis 10 ans – donc de droite comme de gauche – n’ont pas été dans la bonne direction.

• Il s’agit d’un enjeu majeur, deux-tiers des Français déclarent que les propositions que feront les candidats pour 2017 en matière de santé auront un impact sur leur choix au moment du vote.

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 09:24
Fête de l'Humanité: demandez le programme des débats!

Cette année, avec 40 bénévoles environ, le stand du Finistère vous accueillera à l'angle de l'avenue Martin Luther King et de l'avenue Raymonde Tillon, en face de la grande roue, tout proche de l'espace Bretagne et de la grande scène, pour un bar et de la restauration rapide (frites, pain pâté Hénaff, huîtres).

Sur le Bar du Finistère:

Café

Jus d'orange, soft drinks (orangina, coca, schweppes)

Bières: Leffe et Tri Martelod

Vin blanc, vin rouge, rosé

Punch

Whisky

Lambig (Calva)

Chouchen

Karambig

Dour pik pik gwin, cocktail breton (vin blanc, limonade, crème de framboise)

Sur la Grande Scène:

Vendredi 9 septembre

17h40: DANAKIL

19h: LINDSEY STIRLING

20h30: MS. LAURYN HILL

22h: The Avener

Samedi 10 septembre:

14h: ROKIA TRAORE

15h20: Ludwig von 88

16h40: Caribbean Dandee avec JoeyStarr et Nathy

18h: The 1975

19h30: Michel Polnareff

21h40: The Chemical Brothers

Dimanche 11 septembre:

14h: Dvertimento

15h: le grand meeting de la fête de l'Humanité

17h30: Laurent Voulzy et Alain Souchon

Les grands thèmes de la fête pour les trois jours:

- La fête de l'Humanité un grand rendez-vous pour gagner la paix

Dans une souffrance meurtrie par les attentats terroristes, un monde destabilisé par les guerres et leurs cortèges de souffrances, le rassemblement du parc Georges-Valbon de La Courneuve sera, plus que jamais, le haut lieu de la fraternité humaine qu'il est traditionnellement. Aux semeurs de haine et de divisions, à la surenchère dans les mesures sécuritaires aussi inefficaces que liberticides, à la logique de guerre, aux liaisons coupables avec les régimes qui propagent et financent l'islamisme violent, la fête de l'Humanité opposera les voix de la raison et la recherche de la sécurité par une logique de paix, par la justice, le progrès social et le développement.

- Pour une Turquie libre et démocratique

Pour éviter les putschs militaires, les peuples turcs sont-ils voués à se ranger derrière Recep Erdogan? Depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet, ce dernier tente de reprendre la main et d'apparaître comme le sauveur de la patrie. Le voilà qui brandit le retour à la peine de mort et entend poursuivre la guerre contre les Kurdes. Il a trouvé un soutien de la part de l'extrême-droite nationaliste du MHP et d'une partie du CHP (social-démocrate), principal parti d'opposition. L'aile gauche de ce parti, le HDP (Parti Démocratique des peuples, pro-kurdes), les syndicats et les associations de défense des droits de l'homme défendent la création d'un front démocratique "pour la liberté, la démocratie, la justice". La Fête de l'Humanité resonnera de cette revendication politique.

- Soutien à la résistance kurde

Inscrit sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne et des Etats-Unis, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) montre depuis des années qu'en réalité il a été et demeure le principal rempart contre l'invasion des islamistes de l'organisation dite de l'"Etat islamique". Les combattants du PKK, regroupés sous le sigle HPG, sont venus à Kobané encadrer avec succès leurs homologues kurdes de Syrie des YPG qui poursuivent l'offensive. Au Sinjar, c'est encore le PKK qui a sauvé les yezidis d'un génocide programmé par Daech. C'est d'autant plus remarquable qu'en Turquie les Kurdes doivent affronter le pouvoir d'Erdogan, qui leur mène une guerre sans merci tout en ayant donné toutes les facilités aux djihadistes pour se rendre en Syrie. Les représentants kurdes seront présents à la fête de l'Humanité.

- Liberté pour Marwan Barghouti et les prisonniers politiques palestiniens

L'un des temps forts de la fête de l'Humanité 2016 sera la relance, en France, de la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti. Le dirigeant palestinien, condamné à cinq peines d'emprisonnement à vie par un tribunal israélien, en toute illégalité au regard du droit international, est embastillé depuis le mois d'avril 2002. A travers Marwan Barghouti, c'est bien sûr la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens, dont le secrétaire général du FPLP Ahmed Saadat, qui est exigée comme préalable à toute résolution de ce qu'il est convenu d'appeler le "conflit" israélo-palestinien. Fadwa Barghouti, l'épouse de Marwan, avocate et militante infatigable, sera présente.

- Une fête pour bousculer une société qui a fait son temps

Dans les mobilisations, en manif ou en pétition, contre la loi Travail, elles et ils ont leur refus de la précarité, du moins disant-social, de la casse du droit du travail. Sur le site "On vaut mieux que ça" elles et ils ont témoigné avec force des vies gâchées, violentées, par la loi du profit. Avec les Nuits debout, elles et ils ont défriché les chemins d'un mieux-vivre ensemble, d'une autre société... De toutes parts ces derniers mois, après quatre ans d'espoirs déçus par la présidence Hollande et la majorité socialiste, l'aspiration au changement s'est puissamment exprimée dans notre pays. La fête de l'Humanité toute entière s'en fera caisse de résonance. A quelques longueurs des rendez-vous cruciaux de 2017, alors que la droite et l'extrême-droite tentent de profiter du désarroi, la Fête sera, au travers de ses multiples débats, un vaste atelier où s'élaboreront les priorités d'une véritable politique de gauche.

- Une fête de solidarité avec les migrants et les réfugiés

Imagine t-on la fête de l'Humanité sans des rencontres sur le drame qui vivent aujourd'hui des milliers, voire des millions de migrants qui tentent de se réfugier en France et en Europe.

- La Fête d'une autre Europe

La Fête de l'Humanité sera l'occasion de reparler d'Europe. Non pas de cette Europe des banques et des financiers, mais de celle, diverse, riche en cultures, qui aujourd'hui disparaît peu à peu sous le poids de l'uniformisation marchande. D'une Europe à reconstruire. Une Europe des droits de l'homme et non de l'intolérance laissant à ses portes une humanité meurtrie et victime de décisions souvent prises par ses propres dirigeants. Une Europe des communs et non du marché. Une Europe de citoyennes et de citoyens, acteurs de leur propre vie.

- Pour une fête de l'économie sociale et solidaire.

- Une fête pour la défense des droits au travail

Quelques grands moments politiques et culturels sur la fête de l'Humanité:

Espace Débats Bretagne (auprès des stands des fédérations bretonnes, Avenue Martin Luther King, à l'angle de l'avenue Raymonde Tillon, près de la grande roue)

Samedi 10 septembre, 11heures

"La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne",

Avec:

- Stéphanie Stoll, Présidente de Diwan

- Jean-Marc Cléry, FSU Bretagne

- Paolig Combot, président de l'association Ar Falz Skol-Vreizh

Animé par Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF du Finistère

Samedi 10 septembre, 14 heures

"Concurrence ou coopération des agricultures mondiales"

Avec:

- Georges Courage, Géographe, directeur honoraire de l'IRD, auteur de L'Afrique des idées réçues

- Xavier Compain, coordinateur agriculture PGE/PCF, coauteur de Agricultures et alimentation mondiales

- Nordine Maazouzi, président du syndicat des petits paysans marocains*

Animé par Olivier Morin, journaliste à l'Humanité

Dimanche 11 septembre, 11h

"Révolution numérique: quels bouleversements dans la santé?"

Avec:

- Irène Frachon

- Sophie Pène, Vice-Présidente du Conseil National du Numérique, Professeur à l'Université Paris Descartes

- Yann Le Pollotec, informaticien, membre de l’exécutif national du PCF, responsable du secteur "Révolution numérique"

- Isabelle Lorand, chirurgienne, membre de l’exécutif national du PCF, Maire-adjoint au numérique à Vitry-sur-seine

Animé par Christiane Caro, membre de la Commisson nationale santé du PCF

En partenariat avec l'Atelier Citoyen de bretagne PCF/Front de gauche "De la aissance à la fin de la vie: l'Humain d'abord"

Espace PCF "Que demande le peuple?"

Samedi 10 septembre, 14h: rencontre de Pierre Laurent avec le mouvement associatif, syndical, politique et le monde de la culture.

Village du livre:

Vendredi 9 septembre, 14h: carte blanche à Bernard Thibault

Vendredi 9 septembre, 19h15: "les Brigades Internationales" avec Patrick Amand, Maurice Gouiran, auteurs, et Claire Rol-Tanguy (ACER)

Samedi 10 septembre, 19h: Léo Ferré, 100 ans, toujours vivant

Dimanche 11 septembre, 11h30: "Etre français, toute une histoire" - avec Gérard Noirel et Olivier Le Trocquer, historiens

Dimanche 11 septembre, 14h; "L'identité contre l'égalité?" - avec Alain Bertho, anthropologue, et Roger Martelli, co-directeur de "Regards", historien

Amis de l'Humanité:

Vendredi 9 septembre, 20h-22h30: Dialogues Régis Debray-Philippe Martinez

Forum social:

Samedi 10 septembre, 18h: Débat de rentrée en présence de l'intersyndicale contre la loi travail. Avec Philippe Martinez (CGT), Jean-Claude Mailly (FO), Bernadette Groison (FSU), Eric Beynel (Solidaires), William Martinet (UNEF), Clara Jaboulay (UNL), Chloé Deverly (FIDL)

Sur le village du Monde:

Vendredi 9 septembre, 19h: Soirée de solidarité avec les réfugiés

Dimanche 11 septembre, 10h30: Pourquoi la France a t-elle choisi l4Arabie Saoudite comme alliée?

Dimanche 11 septembre, 13h45: Liberté pour Marwan Barhouti et tous les prisonniers politiques palestiniens.

Dimanche 11 septembre, 17h: Rencontre avec Jaime Caycedo, secrétaire générale du Parti Communiste de Colombie

Sur l'Agora de l'Humanité:

Samedi 10 septembre 10h: Crise économique, crise politique et crise écologique du capitalisme, par Ramzig Kerichayan

Samedi 10 septembre, 10h40: Comment émanciper le travail? avec Bernard Friot, sociologue

Samedi 10 septembre, 11h20: Rencontre avec Cédric Villani, médaille Fields Mathématiques

Dimanche 11 septembre: 18h Spectacle "La violence des riches" puis rencontre avec les Pinçon-Charlot, Monique et Michel.

Sur le stand des communistes du 5e et du 11e arrondissement de Paris:

Les Communistes du 5e et du 11e vous invitent à 7 débats

Fête de l’HUMANITÉ - Rue Pablo Picasso – B4

Samedi 10 septembre:

• 10h-11h : « Les accaparements de terre en Afrique » (Augustin Pallière)

• 11-12h30 : « Philosophie obligatoire en Terminale : archaïsme ou acquis social? » (Jean-Michel Galano)

• 12h30-14h « Environnement et énergie » (Amar Bellal)

• 14h-15h30 : « A quoi peuvent encore servir les comités d’entreprise ? » (Christophe Baumgarten et Laurent Milet)

• 15h30-17h « Y a-t-il eu de la littérature pendant la Révolution française ? » (Olivier Ritz)

Dimanche 11 Septembre:

• 11-12h30 : « IRM : pour la santé ou pour le profit ? » (Geoffrey Bodenhausen)

• 12h30-14h : « Féminisme et marxisme » (Shirley Wirden)

• 14h-15h30 « Clinton, Sanders, Trump : l'héritage du néo-libéralisme dans les élections américaines de 2016 » (Bradley Smith)

• 15h30-17h : « France d'Outre-Mer : en finir avec la colonisation » (Dominique Besson Soubou)

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 07:26

LE SCAN POLITIQUE du Figaro - Marc de Bony, 7 septembre 2016

Le patron du PCF ne privilégie pas pour autant une candidature interne et mise sur la fête de l'Humanité pour tenter une dernière fois de rassembler les forces situées à la gauche de la majorité.

Comme chaque année désormais, la fête de l'Humanité qui s'ouvre ce vendredi au parc de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) sera l'occasion de voir réunis les chefs de file de la gauche critique, en rupture de ban avec les orientations du gouvernement.

Mais ce rassemblement prend une tournure particulière à l'approche de l'élection présidentielle et alors que les déclarations de candidatures se multiplient à gauche.

Le PCF, qui semble la dernière formation politique d'ampleur à miser sur une primaire de la gauche radicale, entend faire feu de tout bois pour convaincre ses partenaires potentiels de se plier au jeu.

S'il n'est finalement pas entendu, le PCF aussi «a les moyens» de présenter son candidat prévient ce mercredi Pierre Laurent sur France Info. «Je vais proposer une nouvelle méthode à ces candidats qui vont tous venir à la fête de l'Humanité: que chacun acte les points qui nous sont communs», explique-t-il.

Le premier de ces points communs reste le mouvement social d'opposition à la Loi travail qui a marqué l'année 2016. Les responsables de sept organisations syndicales viendront participer aux débats le samedi, et Pierre Laurent espère renouer avec la dynamique observée dans la rue. Une table ronde doit également réunir Benoît Hamon, Cécile Duflot et Marie Noëlle-Lienemann et d'autres responsables du Front de gauche qui ont travaillé sur le sujet. «Ça montre bien que la mobilisation qui a eu lieu a changé le paysage syndical et politique (…) Et l'appel que je formulerai à la fête de l'Humanité continuera d'aller dans ce sens-là (celui d'une candidature unitaire, ndlr).

C'est pour ça que j'ai invité tous ces candidats, qui d'ailleurs ont décidé de venir. Ils veulent dialoguer avec ce public qui n'attend que ça», veut croire Pierre Laurent. «Si ces forces vont unies à la bataille, elles sont quasiment assurées dans cette situation d'être en tête de la gauche et elles peuvent rouvrir l'espoir». Le dernier recours du PCF Jean-Luc Mélenchon sera bien présent lui aussi, et il a prévu de venir saluer l'ancienne ministre PCF Marie-Georges Buffet, qui a apporté son soutien à sa candidature sous la bannière de la France Insoumise.

Pas de quoi apaiser les tensions qui persistent entre Pierre Laurent et lui. «Nous savons que si Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg ou un autre candidat de la gauche du Parti socialiste, un candidat écologiste et les communistes -qui ont vocation à dire des choses dans la bataille présidentielle - partent chacun de leur côté, nous n'avons aucune chance d'offrir une victoire possible à la gauche», prévient le chef de file du PCF. Et si la division devait finalement l'emporter, les communistes prendront quand même leur part dans l'affrontement. «Le Parti communiste a vocation à avoir un candidat et d'ailleurs, il a les moyens de le faire (…) Le scénario que je privilégie, ce n'est pas une candidature communiste, il est celui de faire avancer une candidature commune», prévient le secrétaire national du PCF.

Un ultimatum qui pourrait se concrétiser au mois de novembre, alors que EELV et le PS organisent leurs propres primaires, une fois les recours épuisés. Mais dans son parti, certains n'ont pas attendu et une trentaine d'élus ont déjà apporté leurs parrainages à Jean-Luc Mélenchon en vue de 2017. «Il y a un calendrier des décisions communistes et ces élus doivent en tenir compte. Moi je ne leur tiens pas la main», tance Pierre Laurent, agacé.

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