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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 05:01

 

+7° C en 2100 : Alors que se tiendra la semaine prochaine un congrès de l’ONU sur le climat, des scientifiques français ont présenté ce mardi de nouvelles simulations qui vont dans le sens d’un réchauffement accentué.

Quels que soient les efforts qui seront faits pour le contrer, la planète se dirige vers un réchauffement plus important que prévu d’ici à 2100. Tel est la nouvelle alerte lancée ce mardi 17 septembre par des scientifiques français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et de Météo France. Ces simulations climatiques serviront de base au sixième rapport d‘évaluation du groupe des experts de l’Onu sur le climat (Giec), prévu pour 2021.

 

Dans le pire des scénarios, qui repose sur une croissance économique rapide alimentée par des énergies fossiles, « la hausse de température moyenne atteint 6,5 à 7°C en 2100 ». Dans le dernier rapport du Giec de 2014, le pire scénario prévoyait +4,8°C par rapport à la période pré-industrielle… Les conséquences sont celles qu’on commence à ressentir, mais celles-ci seraient amplifiées : les canicules deviendraient la norme, les épisodes de sécheresse seraient plus longs et les feux de forêts plus nombreux. Les scientifiques évoquent même « à partir de 2070, une Garonne à sec pendant plusieurs mois ».

 

Le scénario le plus optimiste, « marqué par une forte coopération internationale et donnant priorité au développement durable », permet, quant à lui, de rester sous l’objectif des 2°C de réchauffement mais « tout juste », avec « un effort d’atténuation (…) important ». Celui-ci « implique une diminution immédiate des émissions de CO2 jusqu’à atteindre la neutralité carbone à l’échelle de la planète vers 2060, ainsi qu’une captation de CO2 atmosphérique de l’ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100 », ce que la technologie ne permet pas de faire actuellement.

 

Ces nouvelles sont d'autant plus inquiétantes que ces nouveaux modèles climatiques développés, sont plus fiables et plus fins que les précédents. Sans compter qu’ils s’ajoutent à d’autres modèles étrangers qui vont eux aussi dans le sens d’un réchauffement accentué. « La température moyenne de la planète à la fin du siècle dépend donc fortement des politiques climatiques qui seront mises en œuvre dès maintenant et tout au long du XXIe siècle », insistent le CNRS, Météo France et le CEA. Mais alors que l’Accord de Paris sur le climat de 2015 prévoit de limiter le réchauffement de la planète bien en-dessous de 2°C, voire 1,5°C, le monde n'en prend pas le chemin, loin de là. Les engagements pris jusqu'à présent par les Etats entraîneraient un réchauffement de 3°C. Le sommet prévu lundi à l’Onu doit justement servir à appeler les dirigeants mondiaux à rehausser leurs ambitions.

 

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 05:00
Dilma Roussef: Lula est en prison car il incarne l'idée qu'un autre Brésil est possible (entretien avec Cathy Dos Santos, L'Humanité, 17 septembre 2019)
Dilma Rousseff « Lula est en prison car il incarne l’idée qu’un autre Brésil est possible »
Mardi, 17 Septembre, 2019

Amérique latine. L’ancienne présidente, Dilma Rousseff, était l’invitée d’honneur de la Fête de l’Humanité. Après une intervention sur la Grande Scène, elle a électrisé l’Agora de l’Humanité, pleine à craquer. Entretien.

 

Madame la présidente, cela fait neuf mois que l’extrême-droite gouverne le Brésil. Le rapporteur spécial pour la liberté d’expression de la cour interaméricaine des droits de l’homme de l’Organisation des États américains, Edison Lanza, a fait part de ses inquiétudes en parlant d’« une attaque au Brésil ouvert, démocratique et pluriel construit depuis la Constitution de 1988 ». Quelle est la nature de ces agressions ?

Dilma Rousseff Elles couvrent un large spectre. Ces agressions touchent les femmes d’une manière extrêmement misogyne, comme l’ont démontré les déclarations du président Jair Bolsonaro contre Brigitte Macron et la responsable des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet. Le président traite de la torture, des assassinats politiques, de la dictature des militaires de façon préoccupante. Il défend clairement la haine et la violence. Il menace la Constitution lorsqu’il déclare qu’il suffit d’un chef et d’un général pour fermer le Parlement brésilien. Il dit que le grand problème du Brésil a été de ne pas avoir tué 100 000 prisonniers politiques. Quant aux droits sociaux, il a une posture très claire. Lui et son gouvernement disent ressentir de la peine pour les entrepreneurs car, à leurs yeux, ce serait eux les exploités de l’État. Ils défendent la réduction des droits des travailleurs, alors que leur précarisation est déjà importante. La protection de l’environnement, de l’Amazonie, des peuples indigènes est une absurdité pour Jair Bolsonaro. Toutes ces agressions témoignent de leur immense mépris pour le débat et les opinions différentes. Le gouvernement croit que la Constitution citoyenne de 1988 est responsable des « absurdités », selon son expression, des réalisations des gouvernements du Parti des travailleurs (PT). L’homophobie est très importante car Bolsonaro et son exécutif n’ont aucune considération pour les différences. Ils n’envisagent pas la société de manière égalitaire.

Le 4 septembre, vous avez participé à un colloque où étaient présents le PT, le Parti communiste du Brésil, le Parti socialisme et liberté. À cette occasion, vous avez déclaré que « le Brésil et sa souveraineté sont attaqués ». Quels secteurs sont visés ?

Dilma Rousseff Ce jour-là, nous avons lancé un manifeste pour la défense de la souveraineté au Brésil. Elle est menacée, comme le sont les droits sociaux. Or, la souveraineté est la base de la nation brésilienne. Trois questions me paraissent fondamentales. D’abord, il y a la privatisation des entreprises nationales. La plus grande entreprise brésilienne, Petrobras, est la septième compagnie pétrolière au monde. Elle a développé sa propre technologie afin d’exploiter le pétrole en eaux profondes. Ses ressources garantissent l’indépendance énergétique du pays. Elles permettent des financements significatifs de la santé et de l’éducation. La vente de Petrobras va d’abord bénéficier aux grandes entreprises pétrolières privées. Sa privatisation compromet le futur de notre pays. Je pourrais aussi parler des privatisations de la Poste, du système électrique ou encore des grandes banques publiques.

L’autre attaque à la souveraineté est stratégique : il s’agit de l’environnement et des peuples indigènes. Le Brésil possède la plus grande forêt tropicale au monde. Durant des décennies, et particulièrement sous les gouvernements du PT, l’idée de nation brésilienne était intimement liée à la défense de l’environnement et à la protection de l’Amazonie. Nous avons destiné des ressources importantes pour lutter contre la déforestation, en mettant en place une opération de commandement de contrôle pour défendre l’Amazonie. Sans l’armée, la police fédérale, les patrouilles vertes, les ONG, il n’y a pas de combat effectif contre la déforestation. Chaque discours de connivence avec la destruction de l’environnement encourage la pollution des rivières, des forêts, ainsi que les violences faites aux peuples indigènes. On ne connaît le Brésil qu’en survolant l’Amazonie, en voyant ses immensités de vert et de bleu.

Enfin, lors de ce colloque, j’ai mis l’accent sur la question de l’éducation et ce pour trois raisons. Le Brésil est l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Nous sommes le dernier pays à avoir aboli l’esclavage, après 350 années d’existence de système. Nos gouvernements se sont engagés à réduire les inégalités : 36 millions de personnes sont sorties de la pauvreté grâce au programme Bolsa Familia. À la fin de mon mandat, le Brésil ne figurait plus sur la carte de la faim élaborée par l’ONU. Nous savions que cela ne suffisait pas, comme il ne suffit pas non plus de garantir de bons salaires, comme nous l’avons fait, pour réduire les inégalités.

Pour pérenniser la lutte contre les inégalités et maintenir les conquêtes obtenues, il est indispensable de garantir à la population exclue une éducation de qualité. Si vous voulez entrer dans l’économie des connaissances, le pays doit promouvoir les sciences basiques, les technologies, la recherche et l’innovation qui sont assurées par les universités fédérales. Or le gouvernement de Bolsonaro veut privatiser l’université publique fédérale, celle-là même qui permet aux pauvres d’accéder à l’éducation. Durant la dernière année de mon mandat, 37 % des étudiants étaient les premiers membres de leur famille à accéder à l’enseignement supérieur. Privatiser les universités est un crime pour le futur du pays. Troisième raison : sans la culture, un pays n’a pas de fondements. Sans culture, il n’y a pas de citoyenneté. Sans citoyenneté, il n’y a pas de démocratie.

Le président Jair Bolsonaro est un admirateur du président des États-Unis, Donald Trump, et privilégie ses relations avec Washington. Cette posture tranche avec vos mandats et ceux de votre prédécesseur, Lula, durant lesquels vous avez mis l’accent sur le multilatéralisme. Quelles sont les conséquences de ce rapprochement avec la première puissance mondiale ?

Dilma Rousseff J’aime à rappeler que le coup d’État parlementaire qui m’a renversée en 2016 avait un objectif : insérer le Brésil dans le néolibéralisme tant sur les plans social, économique, que géopolitique. Le néolibéralisme et le néofascisme sont des frères siamois. Au cours de nos gouvernements, le Brésil est passé de la place de douzième puissance mondiale à septième. Nous avons toujours favorisé l’élargissement des structures économiques.

Pour nous, le multilatéralisme était fondamental car lui seul prend en compte la diversité du monde. Pour nous, il ne fallait pas s’amarrer à n’importe quelle puissance développée et encore moins à cette traditionnelle soumission aux États-Unis. Nous avons priorisé l’Amérique latine, nos pays frères. Nous avons accéléré nos relations avec l’Afrique, assumant ainsi notre identité noire puisque le Brésil est la deuxième nation qui compte le plus de population noire, après le Nigeria. Nous avons participé à la création des Brics. Nous avons établi des relations d’égal à égal avec le Japon, l’Union européenne, les États-Unis. Personne ne respecte un pays qui s’incline devant un autre. Personne ne pardonne à celui qui, au nom d’intérêts étrangers, porte préjudice aux intérêts nationaux. Le fait de transférer l’ambassade du Brésil à Jérusalem est désastreux pour nos relations avec les pays du Moyen-Orient et pour notre position défendant l’existence de deux nations : Israël et Palestine. Traiter avec mépris notre partenaire argentin est inadmissible.

Croire que dans un monde si complexe, on pourrait ne pas développer des relations harmonieuses avec de nombreux pays, et je pense particulièrement à la Chine, est également une grave erreur. Nous ne pouvons pas « traiter avec brutalité la Bolivie et parler avec finesse aux États-Unis », selon la phrase du très grand compositeur brésilien Chico Buarque.

Cet été, le site en ligne The Intercept a révélé l’échange de messages entre le juge Sergio Moro, désormais ministre de la Justice, et les magistrats en charge de l’enquête Lava Jato. Ils démontrent que Lula a été condamné pour des raisons politiques et non juridiques. Comment expliquez-vous que le nécessaire combat contre la corruption soit devenu un levier de déstabilisation politique ?

Dilma Rousseff Après le coup d’État qui m’a écartée du pouvoir, il fallait emprisonner Lula pour que Jair Bolsonaro remporte la présidentielle. On l’a même empêché de s’exprimer. Jusqu’à il y a peu, il ne pouvait pas donner des entretiens car, s’il parlait, il aurait aidé le candidat du PT, Fernando Haddad, à gagner des voix. Nous avons également assisté à la création d’un climat de haine, de mensonges propices aux putschistes. L’opération Lava Jato de combat contre la corruption a été le principal outil contre l’ennemi. Le lawfare (guerre judiciaire – NDLR) consiste à utiliser la loi pour détruire des citoyens, mais également des candidats.

Je suis pleinement favorable au combat contre la corruption et je l’ai démontré durant mon dernier mandat. Mais l’opération Lava Jato est devenue un instrument politique pour ôter toute possibilité à la gauche de se maintenir au pouvoir et d’y revenir. Les révélations de The Intercept Brésil l’ont démontré. Le juge Sergio Moro n’a pas été impartial. Il a agi en faveur de l’accusation. Il a formulé des accusations à l’encontre de Lula alors qu’il n’avait pas de preuves. Il a incité des témoignages à charge. Il a poussé le tribunal supérieur fédéral à utiliser des enregistrements de conversations privées entre Lula et moi, en sachant qu’il n’en avait pas le droit. Il a cherché à démontrer que je protégeais Lula. Il a incité la Cour suprême à adopter une attitude incorrecte.

Malgré ces révélations, pourquoi Lula est-il encore en prison ?

Dilma Rousseff Lula reste en prison car, s’il sort, il modifiera l’actuel rapport de forces. Lula représente la lutte pour la démocratie. Il représente l’idée qu’un autre Brésil est possible, qu’un autre gouvernement peut exister. Un gouvernement qui aurait de la considération pour les mouvements sociaux, les organisations des femmes et des Noirs. Un gouvernement qui porterait les questions sociales, démocratiques, mais également celles liées à la souveraineté, en préservant nos ressources économiques, environnementales et la défense de l’éducation.

La loi dite de combat aux organisations criminelles comporte deux articles importants. L’un protège davantage celui qui corrompt que le corrompu. L’autre privilégie la dénonciation récompensée. Le ministre de la Justice, qui était juge lorsqu’il a fait condamner Lula, a utilisé cette loi, qui devait être modifiée. Elle est une arme de destruction politique et non une arme de justice. Ce recours à la justice est désormais une pratique courante dans toute l’Amérique latine. Il est aujourd’hui difficile de maintenir les accusations formulées contre Lula. Mais ils le gardent en prison. Cette situation est révélatrice de mon point de vue de la crise que connaît la justice au Brésil. L’opération Lava Jato a provoqué la destruction de l’un des ciments de la démocratie. Nous sommes tous censés être égaux devant loi. C’est la base de n’importe quelle Constitution. S’il est possible de condamner et de maintenir en prison un ex-président qui a le leadership de Lula, alors tout est possible. La situation est très critique. D’où l’importance de la solidarité.

Entretien réalisé par Cathy Dos Santos
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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 09:30

Une nouvelle ataque contre l'hôpital de Morlaix est programmée : le service de stérilisation va fermer et être transféré  à Brest en 2023.

Ainsi peu à peu, l'hôpital de Morlaix perd ses services et ses missions.

Le mise en place des GHT allait contribuer à vider de leurs substances les hôpitaux au profit des établissements pivots disions nous. On nous rétorquait que nous étions catastrophique !

C'est pourtant bien ce qui se produit et les services qui ne dispensent pas directement du soin sont les premiers touchés.

Raison de plus pour soutenir l'action du 24 septembre.

Ci-dessous un tract de la section CGT de l'hôpital.

 

 

 

Hôpital de Morlaix : fermeture du service de stérilisation et  son transfert définitif à Brest en 2023.
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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 09:27

Ian Brossat, porte parole du PCF était l'invité de la matinale de RFI le mardi 10 septembre

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 09:25

 

Un patrimoine augmenté de quelque 35 milliards de dollars et une place de deuxième fortune mondiale, ça vaut bien un petit renvoi d'ascenseur. 

L'enseignante Brigitte Macron veut reprendre du service auprès des « grands décrocheurs scolaires » ? Qu'à cela ne tienne, l'ami Bernard Arnault et son groupe LVMH sont là pour financer un projet d'établissement privé tout droit sorti de la « start-up nation ».  Implanté à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis et à Valence dans la Drôme, le « Live » propose non pas un programme mais un « challenge » à 53 adultes sans emploi, âgés de 25 à 48 ans : suivre  35 heures d'atelier par semaine, avec à la clé, si l'assiduité est au rendez-vous, une prime de 1000 euros. Des cours contre de l'argent, bienvenue dans le nouveau monde ! Celui qui prévoit un enseignement voulu par le prince, financé par des ultra-riches et agrémenté de quelques pièces jetées au fil d'une action de patronage.
Mais aux gestes de bienfaisance, nous préférons la République de l'égalité des droits et de la solidarité pour tous. Départements en souffrance, injustement sous-administrées, la Seine-Saint-Denis, la Drôme et leurs habitants ne réclament sûrement pas la charité. Ils exigent des moyens suffisants pour vivre dignement de leur travail et des services publics pour tous. Et c'est à l'État de remplir ce devoir, pas à quelques nantis qui sauront toujours faire payer la note au monarque. La République, rien que la République, voilà ce que nous voulons. Et surtout pas la charité.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 12:14
Dimanche 15 septembre 2019, 11h, Fête de l'Humanité, Espace Bretagne - débat sur les EHPAD, les services de l'autonomie à domicile, l'invisibilité du travail des femmes, avec Marie-George Buffet, Bernard Ennuyer, Isabelle Lorand, Christiane Caro (Atelier citoyen santé Bretagne du PCF)
Dimanche 15 septembre à 11h
Fête de l'Humanité, Espace Bretagne
Débat dans le cadre du groupe de travail "Retraite-Autonomie" du PCF et l'un des quatre débats de la Commission santé-protection sociale du PCF:
Ehpad, services de l'autonomie à domicile, l'invisibilité du travail des femmes: pourquoi?
- Marie-George Buffet, députée PCF, ministre de la Jeunesse et des Sports (1997-2002), militante féministe
- Bernard Ennuyer, Ancien directeur d'un service de maintien à domicile, sociologue, enseignant-chercheur au laboratoire d'éthique médicale à l'Université de Paris
- Isabelle Lorand, chirurgienne, maire-adjoint PCF à Vitry-sur-Seine
Débat animé par Christiane Caro, membre du groupe de travail Retraite-Autonomie du PCF et de la Commission Santé- Protection sociale du PCF
Marie-George Buffet - députée PCF, ministre de la Jeunesse et des Sports (1997-2002), militante féministe

Marie-George Buffet - députée PCF, ministre de la Jeunesse et des Sports (1997-2002), militante féministe

Isabelle Lorand - chirurgienne, maire-adjoint PCF à Vitry-sur-Seine

Isabelle Lorand - chirurgienne, maire-adjoint PCF à Vitry-sur-Seine

Bernard Ennuyer, Ancien directeur d'un service de maintien à domicile, sociologue, enseignant-chercheur au laboratoire d'éthique médicale à l'Université de Paris

Bernard Ennuyer, Ancien directeur d'un service de maintien à domicile, sociologue, enseignant-chercheur au laboratoire d'éthique médicale à l'Université de Paris

Christiane Caro, membre du groupe de travail Retraite-Autonomie du PCF et de la Commission Santé- Protection sociale du PCF- Christiane Caro (à droite) il y a deux ans à la fête de l'Huma avec Isabelle Lorand et Irène Frachon pour un débat sur l'espace Bretagne sur l'impact de la révolution numérique sur le système de santé publique

Christiane Caro, membre du groupe de travail Retraite-Autonomie du PCF et de la Commission Santé- Protection sociale du PCF- Christiane Caro (à droite) il y a deux ans à la fête de l'Huma avec Isabelle Lorand et Irène Frachon pour un débat sur l'espace Bretagne sur l'impact de la révolution numérique sur le système de santé publique

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 19:43

 

Il faut partir de l’égalité


Paul Ariès  Politologue et auteur

 

Le débat qui secoue en France les insoumis et en Espagne Podemos dépasse la situation de ces deux mouvements, car il interroge le rapport des gauches et de l’écologie aux milieux populaires. Rien ne serait plus faux que de croire que le populisme à la Chantal Mouffe, qui fonde les stratégies d’une partie des forces alternatives depuis quelques années, serait la continuation du vieux populisme, celui de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, notamment en Russie et aux États-Unis. Ce populisme historique était, avant tout, fondé sur la conviction que les milieux populaires seraient porteurs d’une réelle autochtonie, que les modes de vie précapitalistes, préindustriels, donc aussi les valeurs partagées, constituaient un déjà-là indispensable pour construire une autre civilisation. Le populisme d’aujourd’hui, à la Chantal Mouffe, rompt totalement avec ces vieux courants, dans la mesure où il se définit comme une méthode pour « construire un peuple » et accéder au pouvoir.
Ce populisme négatif prend ses racines dans l’Argentine péroniste lorsque Esnesto Laclau, qui s’éloigne alors du marxisme, théorise la rencontre du peuple et d’un chef au moyen d’une idéologie molle. Cette position est toujours celle de sa compagne, Chantal Mouffe, et de ses nombreux épigones, c’est pourquoi la politologue belge écrit que « le populisme est une manière de construire le politique et n’est pas associé à des contenus idéologiques spécifiques ou à des pratiques de groupes spécifiques », avant d’ajouter : « Quand je parle de populisme de gauche, c’est évidemment en me référant à une forme de la politique conçue comme une guerre de positions et comme construction d’une volonté politique à partir de chaînes d’équivalences et de mobilisations des passions. » Tout (ou presque) est dit dans ces quelques mots : ce nouveau populisme n’est en rien une adhésion à des cultures populaires, à des modes de vie, nécessairement multiples et contradictoires, mais porteuses d’une altérité positive possible. Marx rappelait déjà qu’une classe sociale existe en soi avant d’exister pour soi (consciente d’elle-même). Celles et ceux qui expliquent, aujourd’hui, avec Clémentine Autain (députée FI) et Elsa Faucillon (députée PCF), l’échec historique de la France insoumise par le choix du ressentiment et de la haine, celles et ceux, également, qui, avec Charlotte Girard (ancienne responsable du programme de la FI), considèrent que cette défaite s’expliquerait, au contraire, par le fait que la France insoumise n’aurait pas été assez loin dans son « dégagisme » et aurait abandonné cette stratégie en rase campagne ne pourront pas faire l’économie d’une réflexion sur tout ce qui distingue ces deux populismes.
Cette question est essentielle non seulement pour construire une stratégie politique mais pour comprendre ce qui se jouait (au moins en partie) dans le mouvement des gilets jaunes et au-delà. Cette bataille n’est pas gagnée d’avance car nous avons trop accepté une définition purement négative des milieux populaires, une définition toujours en termes de manque, en économie, le manque de pouvoir d’achat, en culture, le manque d’éducation, en politique, le manque de participation, etc. Tout cela est en partie vrai mais masque l’essentiel, à savoir que les milieux populaires ne sont pas des riches auxquels ne manquerait que l’argent ! Ce n’est pas parce que nous sommes démunis que nous n’achetons pas de montre de luxe, contrairement à ce que pense Séguéla, mais parce que nous entretenons d’autres rapports au travail, à la consommation, à l’argent, au temps, à l’espace, à la nature, aux loisirs, à la maladie, au vieillissement, à la mort, donc à la vie.
Ce populisme positif n’est pas mort mais il faut en finir avec une vision désenchantée et revisiter l’école de Francfort (Horkheimer, Adorno, Fromm, Benjamin), les situationnistes (Debord, Vaneigem), mais aussi Lefebvre, Clouscard et, bien sûr, Castoriadis… Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons rompre avec la logique du ressentiment et de la haine et être fidèles à l’appel d’Arthur Rimbaud invitant au XIXe siècle à redevenir des voyants, car existe la même urgence à rendre visible l’invisible, c’est-à-dire pas seulement les gens de peu individuellement mais leur mode de vie. Parler de cultures populaires ne suppose en rien de céder à un quelconque angélisme ou essentialisme, les gens de peu peuvent se conduire comme des salauds mais ils constituent néanmoins des réservoirs d’autres modes de vie, comme le pensaient déjà Paul Lafargue, Ivan Illich, André Gorz… On doit à Jacques Rancière d’avoir initié la réflexion sur l’importance de l’autodéfinition dans le passage de la classe en soi à la classe pour soi. Il montre que qui part de l’inégalité est certain de la retrouver à l’arrivée, c’est pourquoi il faut partir de l’égalité, de ce minimum d’égalité déjà existant et travailler à l’élargir indéfiniment.
Traduction : l’agenda des gauches ne doit pas tant être 2022 que 2020, il s’agit d’inventer un écosocialisme (écommunisme) municipal capable de regagner le peuple qui s’abstient, plutôt que de croire pouvoir mener un blitzkrieg électoral en direction des électeurs du RN. Pour construire une majorité, réaliser des alliances, notre dissensus est dans cet acte positif et non pas dans une addition de révoltes.

Quel Projet pour refonder la gauche? Populisme de gauche ou ... partir de l'égalité - par Paul Ariès (L'Humanité, 10 septembre 2019)
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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 19:41

 

Un projet commun porteur d’espoir


Ian Brossat  Porte-parole du PCF
La gauche française est-elle rayée de la carte ? Non. Les dernières élections européennes ont montré qu’elle réunit un électeur sur trois. Néanmoins, c’est peu. Et c’est même encore moins si l’on tient compte de l’abstention. « Gauche : année zéro », titrait l’an dernier un quotidien du soir. Force est de constater que, depuis, le malade est loin d’être remis.
Et pourtant ce ne sont pas les chantiers qui manquent. Partout, la contestation du capitalisme prend de l’ampleur. L’urgence sociale comme la crise environnementale appellent plus que jamais l’émergence d’un nouveau monde de développement qui s’affranchisse de la loi du profit maximum. En cette rentrée, les foyers de contestation sont nombreux : la bataille contre la privatisation d’Aéroports de Paris, la mobilisation dans les services d’urgences des hôpitaux publics, le débat sur les retraites, les manifestations sur le climat qui rythmeront le mois de septembre.
Pour autant, aux yeux de la grande majorité de nos concitoyens et tout particulièrement de ceux qui souffrent le plus des ravages du capitalisme, les partis de gauche sont loin d’être la réponse adaptée à leurs problèmes.
Alors, que faire ? Certains ont la réponse. Il suffirait d’abandonner toute référence à la gauche. C’est la tentation populiste. Discréditée pour avoir trahi lorsqu’elle était au gouvernement, la gauche devrait se cacher. Et à la lutte des classes il faudrait substituer une opposition entre peuple et élite. D’aucuns ont tenté d’emprunter cette voie. A-t-elle été productive ? À regarder l’expérience italienne, il y a de quoi nourrir quelques doutes. Non seulement le Mouvement 5 étoiles n’a pas permis d’endiguer la poussée de l’extrême droite mais il a puissamment contribué à sa progression. Cette voie est à la fois dangereuse et contre-productive. Le populisme est un opportunisme, et ceux qui s’y aventurent finissent dans l’impasse.
J’en suis donc convaincu : il n’y a pas de raccourci possible, pas de chemin de traverse. Il nous revient aujourd’hui de reconstruire une perspective à gauche. Et ce n’est pas parce que la gauche (ou plus exactement ceux qui s’en revendiquaient) a déçu lorsqu’elle était au pouvoir qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain.
Ce travail de reconstruction est possible à deux conditions. La première, c’est le contenu. Pas de gauche digne de ce nom qui ne s’attaque frontalement aux logiques libérales. Au moment où le capitalisme est contesté de toutes parts, la gauche ne peut pas en rester à une stratégie d’aménagement du système. Le travail de reconstruction doit partir du contenu. C’est le sens de l’appel lancé par Fabien Roussel lors des universités d’été du PCF. Alors que le débat sur les retraites va être l’un des sujets brûlants de la rentrée, il a appelé les différentes forces de gauche à plancher sur un projet commun. Plutôt que de multiplier les appels rituels au rassemblement qui ne débouchent sur rien, parlons du fond, confrontons publiquement les propositions avancées par les uns et les autres et faisons émerger sur cette base des convergences porteuses d’espoir.
La seconde, c’est la renonciation à toute forme d’hégémonie. Les faits sont là. À gauche, personne ne peut aujourd’hui prétendre gagner seul. Nul ne peut jouer les fiers-à-bras. Même les écologistes qui sont sortis renforcés du dernier scrutin européen ne sauraient avoir une telle prétention. Cela n’empêche pas leur ancienne tête de liste de multiplier les déclarations fracassantes. Pourtant, la réalité est là : nous sommes condamnés à travailler ensemble. Le calendrier des mois à venir nous donne deux occasions de le faire. D’abord avec la riposte à la politique de Macron. Si les différentes forces de gauche, en lien avec le mouvement social et citoyen, pouvaient porter des propositions communes, elles en sortiraient grandies. Ensuite avec les élections municipales de mars prochain. Elles revêtent un enjeu majeur pour notre pays. Nos concitoyens sont attachés à leurs communes, à leurs maires et à leurs services publics de proximité. Faisons la démonstration à cette occasion que nous sommes capables de travailler ensemble pour améliorer la vie quotidienne du plus grand nombre !
 

Quels chantiers pour rassembler la gauche? - Page débat de L'Humanité, 10 septembre: un projet porteur d'espoir, répond Ian Brossat
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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 19:37
Fabien Roussel : « Nous pouvons récupérer 30 milliards pour les retraites »
Lundi, 9 Septembre, 2019

Le secrétaire national du PCF invite les forces de gauche à montrer, dès maintenant, ce qu’elles seraient « capables de mettre en œuvre demain si (elles étaient) au gouvernement ensemble ». À commencer par une réforme des retraites alternative.

 

Avec sa réforme des retraites, le gouvernement promet un système universel qui en réalité ouvre la voie à un recul de l’âge de départ, à une diminution des pensions et à la capitalisation. Pour préserver la solidarité du système par répartition, faut-il en rester au statu quo ?

FABIEN ROUSSEL La réforme Delevoye, comme toutes celles des dernières années, n’a qu’un seul mot d’ordre : travailler plus, cotiser plus. Nous ne pouvons l’accepter mais nous ne pouvons pas non plus en rester au statu quo. Car notre système de retraite par répartition a été affaibli. La contribution du monde du travail est toujours plus importante, tandis que celle du capital n’a cessé de diminuer. S’il y a une réforme à mettre en œuvre, c’est celle qui rééquilibre le financement de la protection sociale et qui impose au capital de participer à relever le défi de l’allongement de la durée de la vie. Pour nous, c’est une chance, pas un problème. Permettre à ceux qui ont travaillé toute une vie de partir dès 60 ans, c’est leur permettre de profiter de cette deuxième partie de la vie et, aux plus jeunes, de trouver du travail. Les revenus financiers, les dividendes, les placements… ces centaines de milliards aujourd’hui perçus comme des salaires par les familles les plus riches doivent être soumis à cotisations au même titre que le revenu de chaque salarié sur sa fiche de paie. Nous pourrions ainsi récupérer tout de suite 30 milliards d’euros. Nous voulons mettre en discussion ces propositions avec les forces syndicales, les forces de gauche et écologistes, et voir ce sur quoi nous pouvons nous mettre d’accord pour répondre à cette aspiration d’une retraite garantie à 60 ans. On ne pourra pas se contenter d’être contre.

Le PCF s’est également engagé pour un référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris. Le compteur a atteint, sur les 4,7 millions nécessaires, 700 000 signatures, mais à un rythme moins soutenu qu’en juin. Le mouvement s’essouffle-t-il ?

FABIEN ROUSSEL Près de 200 000 signatures supplémentaires en plein été, ce n’est pas rien. Et nous allons prendre rapidement, avec d’autres, de nouvelles initiatives. Dès ce week-end, ce sera un thème important de la Fête de l’Humanité. Il faudra aussi que le gouvernement le reconnaisse : le principe de pétition tel qu’il est organisé par le ministère de l’Intérieur n’est pas à la hauteur. Le président de la République parle de « start-up nation » et nous fait vivre à l’époque du Minitel ! Et l’État n’a mis aucun moyen de communication en œuvre pour informer les citoyens. Emmanuel Macron s’est engagé à ce que la voix d’un million de citoyens suffise à obtenir un référendum, il doit être cohérent avec son discours.

La gauche se retrouvera ce week-end à la Fête de l’Humanité. Vous l’avez appelée, lors de votre université d’été, à travailler à un « projet », un « débouché politique », quel est votre objectif ?

FABIEN ROUSSEL Aucune force de gauche ne gagnera seule aujourd’hui. Chacun en a à peu près conscience. Beaucoup appellent à l’union, au rassemblement. Tant mieux. En revanche, il faut travailler sur des engagements concrets pour montrer que des forces de gauche et écologistes peuvent répondre aux problèmes de ce siècle et faire de nouveau rêver, pour montrer ce que nous serons capables de mettre en œuvre demain si nous sommes au gouvernement ensemble. Est-on capables de proposer ensemble la retraite à 60 ans, l’augmentation du Smic et des pensions de 20 %, de développer et moderniser les services publics, d’engager 100 milliards d’euros par an pour une véritable révolution écologique, ou encore de jouer un rôle nouveau en faveur de la paix ? Ce sont de grandes questions que nous mettons sur la table.

Comment un tel projet pourrait être de nature à convaincre les abstentionnistes que vous, comme d’autres à gauche, souhaitez convaincre, de renouer avec la politique ?

FABIEN ROUSSEL Tout est fait pour décrédibiliser les mouvements sociaux, les partis politiques, les parlementaires… À tel point que le gouvernement veut faire croire qu’on aura plus de démocratie en diminuant le nombre de députés et de sénateurs. Je demande aux salariés, au monde du travail d’imaginer cela un instant : une vie sans députés, sans sénateurs, sans organisations syndicales tant qu’on y est. Comment fait-on ? On instaure une monarchie, une dictature, on laisse Google, Facebook, Amazon, les marchés financiers régenter nos vies ? Aujourd’hui, le peuple est divisé, 23 millions d’électeurs ne vont plus voter, et la finance gouverne. En deux ans, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes a augmenté de 22 %, le monde du travail, lui, a eu des clopinettes. C’est le fruit de la politique de Macron. Nous voulons inviter tous ces citoyens à lutter, à s’engager, à s’investir. Notre rôle est d’éveiller les consciences, de montrer que c’est possible. On y arrivera mieux si les forces politiques de gauche et écologistes s’y mettent ensemble.

Pour les municipales, des rassemblements se discutent localement. Le paysage politique ne risque-t-il pas de devenir illisible avec des alliances différentes d’une commune à l’autre ?

FABIEN ROUSSEL Les forces de gauche et écologistes unies dès le premier tour, sur des projets construits avec les habitants, peuvent créer des dynamiques et gagner ces élections municipales. Oui, les attentes, les besoins sont différents d’une ville à l’autre, mais pour ce qui est du rassemblement des citoyens, des associations, des forces de gauche, nous souhaitons que partout il soit le plus large possible. En gagnant ces élections locales, nous pouvons montrer qu’il y a de nouveau un espoir à gauche. Est-ce que chaque responsable politique est prêt à partager cette ambition ? Au-delà des grandes villes, 35 000 communes en France comptent moins de 5 000 habitants. Et là, ce n’est pas une histoire d’alliances politiques, et c’est pour nous tout aussi important. Car, la commune, c’est l’échelon le plus important pour faire vivre la République dans notre pays, partout, dans les grandes zones urbaines comme à la campagne.

Quelles seront vos lignes rouges pour les municipales ?

FABIEN ROUSSEL Nous ne participerons pas à des rassemblements dont le principe serait de privatiser des services publics, d’augmenter des tarifs ou de réduire les services rendus aux populations… Nous avons la passion de l’égalité et du respect de chaque citoyen. Nous nous battons pour faire vivre des services publics de proximité accessibles à tous ou pour que les villes participent à relever le défi climatique. Mais un grand combat est aussi à mener pour redonner à nos communes les moyens dont l’État les prive depuis de nombreuses années. Nous voulons défendre la commune et lui redonner des moyens, des compétences. Nous proposerons cet automne un plan ambitieux dans le budget de l’État en leur faveur et une réforme de la fiscalité locale.

L’écologie occupe une place toujours plus grande parmi les préoccupations des Français. De droite à gauche, toutes les formations s’en réclament. Quel est l’apport spécifique du PCF ?

FABIEN ROUSSEL L’idée que l’écologie ne serait ni de gauche ni de droite est plutôt en recul, et le capitalisme est de plus en plus montré du doigt. Relever le défi climatique nécessite un investissement public massif, un nouveau modèle de production et une autre redistribution des richesses. On ne va pas faire de surenchère, tout est sur la table : la part du PIB à y consacrer – 6 points, contre 1,5 aujourd’hui –, la trajectoire de réduction des gaz à effet de serre à respecter d’ici à 2030… Notre contribution, ce sont les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à ces objectifs avec un nouveau modèle économique qui réponde à la fois aux urgences climatiques et sociales, indissociablement liées.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

 

Fabien Roussel :  Nous pouvons récupérer 30 milliards pour les retraites  (L'Humanité, 9 septembre 2019)
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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 19:30
Marc Lavoine : « La Fête de l’Humanité représente ce pour quoi je fais de la chanson »
Mardi, 10 Septembre, 2019

De ses parents communistes, Marc Lavoine a gardé une haute idée de son rôle dans la société : « L’artiste doit instaurer une passerelle entre ceux qui ont et ceux qui n’ont rien. » Il en a aussi conservé un rapport très particulier à la Fête. Rencontre avec un chanteur qui sait faire entendre la musique du cœur.

 

Que représente pour vous la Fête de l’Humanité ?

Marc Lavoine C’est d’abord toute mon enfance. Mes parents étaient communistes, syndiqués. Pour moi, la Fête de l’Humanité est un tout. C’est un journal. Je vendais l’Humanité Dimanche avec ma mère, le muguet avec mon père. Nous avions des tracts à la maison, des réunions. Nous avions toute une culture de Pablo Neruda, de la poésie et la culture artistique qui allait avec le mouvement de gauche de l’époque. Et une fois par an, il y avait la Fête de l’Humanité. Quand j’ai eu 12, 13, 14 ans, j’ai pu y aller avec eux, je dormais par terre dans le stand de la CGT. La Fête, ce sont des souvenirs d’enfance, les valeurs et les principes de mes parents. Cela représente beaucoup pour moi.

Vous avez d’ailleurs tenu à soutenir le journal…

Marc Lavoine Si le journal devait disparaître, ça serait pour moi une défaite. Ce journal, ce sont des années de lutte, de gens qui ont cru à des choses et qui y croient encore. Qui croient encore que, dans une famille, il y a des valeurs et des principes : la solidarité, le travail…

Quels souvenirs gardez-vous de votre précédent passage à la Fête ?

Marc Lavoine De bons souvenirs. C’est vraiment ce pour quoi je fais de la chanson. Ce sont les odeurs, les parfums, les stands, la poussière, des gens qui sont là. C’est une poésie qui me parle beaucoup. La Fête, c’est être ensemble. Danser ensemble. Se regarder. Se tenir la main. Regarder un objet artistique, une photographie, une pièce de théâtre, des chanteurs. Écouter une poésie. La Fête, c’est la création d’une joie. La Fête, c’est beaucoup de gens de banlieue qui viennent. On n’est pas heureux tous les jours, mais la Fête, c’est le moment où on se dit : « Tiens, aujourd’hui, on va se donner de la joie ensemble. » Et la joie, elle s’incruste un peu partout. On a tous des souffrances. Elles ne doivent pas cacher celles des autres. Il faut au contraire tenir la main de l’autre. D’un coup, sa propre souffrance, on la partage. On en parle, on la met sur la table. Il y a une grâce humaine. Et c’est l’amour qui est la clé de tout ça.

Marc Lavoine chantera le samedi 14 septembre, à 16 h 15, sur la Grande Scène.
Entretien réalisé par Nadège Dubessay et Michaël Melinard
Marc Lavoine :  La Fête de l’Humanité représente ce pour quoi je fais de la chanson 
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