Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 05:18

Selon le Projet de Loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), les comptes de la Sécurité sociale présenteraient un déficit de 5,3 milliards d’euros en 2019, ce qui a permis à la grande presse de titrer : « Le trou de la Sécurité sociale se creuse » ou « La Sécu en rouge après les gilets jaunes ». La Cour des comptes écrit de même : « En 2019, le déficit va fortement s’aggraver ». Ce déficit proviendrait des mesures « gilets jaunes » et de l’explosion des dépenses de maladie et de retraite, qu’il conviendrait donc de réduire au plus vite. 

Il s’agit d’un mensonge d’Etat. La Sécurité sociale est en réalité en excédent de 11,7 milliards d’euros ; elle ne souffre pas d’une hausse de dépenses, mais d’une baisse de recettes.

Voir ci-dessous la note dans son intégralité.

Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d'Etat 21 Octobre 2019 - Henri Sterdyniak (Economistes Attérés)
Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d'Etat 21 Octobre 2019 - Henri Sterdyniak (Economistes Attérés)
Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d'Etat 21 Octobre 2019 - Henri Sterdyniak (Economistes Attérés)
Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d'Etat 21 Octobre 2019 - Henri Sterdyniak (Economistes Attérés)
Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d'Etat 21 Octobre 2019 - Henri Sterdyniak (Economistes Attérés)
Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d'Etat 21 Octobre 2019 - Henri Sterdyniak (Economistes Attérés)
Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d'Etat 21 Octobre 2019 - Henri Sterdyniak (Economistes Attérés)
Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 13:28
Jean-Paul Vermot (au centre, accompagné de colistiers et de soutiens) mènera la liste « Ensemble à gauche. Pour une ville sociale, écologique et solidaire ». (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

Jean-Paul Vermot (au centre, accompagné de colistiers et de soutiens) mènera la liste « Ensemble à gauche. Pour une ville sociale, écologique et solidaire ». (Le Télégramme/Gwendal Hameury)

À Morlaix, c’est le premier à se jeter dans l’arène. Ce mardi soir, au local du PCF, le socialiste Jean-Paul Vermot a officiellement lancé sa campagne municipale. Il mènera une liste d’union de gauche baptisée « Morlaix Ensemble. Pour une ville sociale, écologique et solidaire ».

Ils ont Morlaix en commun et travaillent depuis un an sur un programme de gauche susceptible de rassembler celles et ceux qui veulent d’une alternance à la mairie de Morlaix. Ce mardi soir, au local du parti communiste, Jean-Paul Vermot (PS), Ismaël Dupont (PCF) et Catherine Tréanton (Génération.s) ont estimé qu’ils étaient prêts à proposer leur vision à long terme pour la ville, « et pas seulement son centre ». Ils ont donc officiellement lancé leur campagne en vue des élections municipales de mars 2020. C’est le premier d’entre eux qui mènera la liste baptisée « Morlaix Ensemble. Pour une ville sociale, écologique et solidaire ». Et c’est tout sauf une surprise. « Au regard de son expérience, de ses connaissances et de son sens du compromis, c’est le mieux à même de gérer la ville. C’est aussi le candidat idéal pour rompre l’isolement de Morlaix au sein de la communauté, et rompre avec la gestion arrogante de la municipalité actuelle », ont soutenu ses colistiers.

 

« S’investir sur Morlaix. Rien que Morlaix »

 

Ce qui est davantage une surprise, c’est l’échec des négociations avec Morlaix Alternative Citoyenne, à l’issue de deux mois de réunions. « C’est une déception et une incompréhension, a expliqué Ismaël Dupont. Car l’attente était grande chez les électeurs de gauche. Ils ont préféré parler formes et procédures plutôt que projet ». Et d’ajouter sèchement : « La démocratie participative, ce n’est pas décider à 15, lors d’une assemblée générale, qu’il n’y aura pas d’union ». Fermez le ban.

« Nous restons néanmoins une liste d’union de la gauche qui a une vision, et dans laquelle toutes les bonnes volontés pourront s’agréger », a soufflé Jean-Paul Vermot. Une vision pour la ville. Et pour l’agglomération. « Au cours de la campagne, nous allons parler de sujets intercommunaux, puisque c’est à l’agglo que se situent beaucoup de compétences. Mais avant de parler de Morlaix communauté, on va pleinement s’investir sur Morlaix. Rien que Morlaix ».

 

« Faire en sorte que les gens vivent mieux »

 

Comme pour bien prouver qu’ils formaient une équipe solidaire, Jean-Paul Vermot, Ismaël Dupont et Catherine Tréanton ont détaillé, à tour de rôle, quelques éléments de ce programme électoral « déjà très dense mais pas encore totalement ficelé ». Premier axe développé : le renouveau démocratique. « Nous souhaitons associer les citoyens aux prises de décisions et démocratiser le fonctionnement d’une municipalité où, à l’heure actuelle, tout se décide dans la solitude d’un seul bureau ». Ce qui signe le renouveau des comités de quartier, à qui des budgets participatifs seront alloués.

L’économie et l’emploi sont aussi au cœur des propositions de la liste Ensemble à gauche (création d’une agence de développement de l’économie). « Car il faut dynamiser le territoire. Et s’il a besoin d’un ascenseur, c’est d’un ascenseur économique et social ». La transition écologique (gratuité des transports, création de liaisons de navettes électriques, extension du secteur piétonnier), la vie associative (création d’une Maison des associations), la santé (création d’un centre de santé public et d’une mutuelle de territoire), la réhabilitation de l’habitat et le sport (création de terrains synthétiques) ont aussi été abordés. « Notre volonté est de faire en sorte que les gens vivent mieux à Morlaix », a conclu Jean-Paul Vermot.


Pratique
Une première réunion d’organisation, ouverte à tous, aura lieu le 2 novembre, à 10 h, au local du PCF, 2 petite rue de Callac. La première réunion publique participative aura lieu le samedi 9 novembre, à 18 h, dans un lieu qui reste encore à définir.
 
Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 13:28
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019

Photos de Jean-Luc le Calvez.

Conférence de presse de notre liste d'union de la gauche "Morlaix ensemble. Pour une ville sociale, écologique, solidaire", liste conduite par Jean-Paul Vermot, et soutenue par 6 conseillers municipaux d'opposition et de gauche sur 8.

Un collectif uni, crédible et cohérent pour assurer une alternance et une alternative à gauche à Morlaix, rompant son isolement et la spirale du déclin, autour d'un programme déjà bien construit et que nous allons mettre en discussion avec les habitants dans les semaines à venir.

Ce projet est issu d'une quarantaine de rencontres avec les acteurs associatifs, culturels, économiques de Morlaix et du travail depuis un an entre Géneration.s, le PCF et le PS.

Suite au refus d'entente de MAC (Morlaix Alternative Citoyenne) signifié samedi dernier après 2 mois de discussions, nous entrons dans une nouvelle phase de campagne où notre collectif municipal qui reste ouvert à l'alliance espéré avec l'UDB - ainsi qu'avec toute autre formation de gauche désireuse d'alternative majoritaire - accueille tous les habitants et acteurs associatifs qui veulent d'une nouvelle majorité pour conduire une politique de gauche à Morlaix.

Prochains rendez-vous les samedi 2 novembre a 10h au local du 2 petite rue de Callac et le samedi 9 novembre à 18h dans une salle municipale pour une réunion publique de participation citoyenne sur le thème: "Morlaix: pour une ville sociale, écologique, solidaire".

Au centre de notre projet, les services publics, les solidarités, la participation citoyenne, la relance économique, la transition écologique, et le bien vivre partagé à Morlaix. 

Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Municipales: la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble" conduite par Jean-Paul Vermot lance sa campagne ce 22 octobre 2019
Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 13:24
Carhaix - ADP: le Parti communiste souhaite que la ville s'oppose à sa privatisation
ADP. Le PC souhaite que la ville s’oppose à la privatisation
Le Télégramme, 23 octobre
 
Plus de 270 parlementaires d’opinions diverses ont adopté le principe d’organisation d’un référendum sur la propriété d’Aéroports de Paris. Pour que ce référendum ait lieu, il faut que 10 % des électrices et des électeurs, soit 4,7 millions en fassent la demande. Cette consultation sera close le 12 mars 2020.
 
Dans un communiqué, la section locale du Parti communiste souligne « qu’il revient aux citoyens de se mobiliser. C’est la condition pour obtenir la tenue d’un référendum pour dire oui ou non à la privatisation d’ADP. Les cessions d’actifs publics sont un point saillant des politiques néolibérales. Dernièrement, le gouvernement a annoncé la vente de la Française des Jeux. ADP, ce sont les aéroports de Roissy, d’Orly, le Bourget, ils sont aux services de tous les Français. Ils représentent 80 % du trafic en France et même 90 % du fret », rappelle Pierre-Yves Thomas, porte-parole du PCF. Les communistes de Carhaix souhaitent, que sur cette question, « le conseil municipal de Carhaix adopte un vœu demandant l’arrêt de la privatisation. Avec cette posture, la municipalité mettrait également à la disposition des Carhaisiens et Carhaisiennes toutes facilités pour participer à ce référendum citoyen ».

Le PCF indique qu’il est possible de voter sur le site www.referendum.interieur.gouv.fr ou en mairie de Carhaix. À l’accueil, il faut demander le formulaire. Se munir de sa carte d’identité.

Référendum sur ADP : Tous concernés !

Plus de 270 parlementaires d’opinions diverses ont adopté le principe d’organisation d’un référendum sur la propriété d’Aéroports de Paris. Pour que ce référendum ait lieu, il faut que 10% des électrices et des électeurs, soit 4,7 millions en fassent la demande. Cette consultation sera close le 12 mars 2020.

Il revient aux citoyen(ne)s de se mobiliser. C’est la condition pour obtenir la tenue d’un référendum pour dire oui ou non à la privatisation d’ADP.

Les cessions d’actifs publics sont un point saillant des politiques néolibérales. Dernièrement le gouvernement a annoncé la vente de la Française des Jeux.

ADP ce sont les aéroports de Roissy, d’Orly, le Bourget, ils sont aux services de tous les Français. Il représente 80% du trafic en France et même 90% du fret.

A la mi-juin un meeting s’est tenu. Y ont participé, Républicains, socialistes, communistes, insoumis, des syndicalistes montrant ainsi que sur cette question, il y a un intérêt national qui dépasse les clivages politiques.

Les communistes de Carhaix souhaitent, que sur cette question, le conseil municipal de Carhaix adopte un vœu demandant l’arrêt de la privatisation. Avec cette posture la municipalité mettrait également à la disposition des Carhaisiens et Carhaisiennes toutes facilités pour participer à ce référendum citoyen.

Cette demande pourrait être soutenue par d’autres composantes politiques ou syndicales.

Comment voter : sur le site www.referendum.interieur.gouv.fr ou en Mairie de Carhaix. A l’accueil il faut demander le formulaire. Se munir de sa carte d’identité.

 
Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 13:09
Derrière le voile - Une inquiétante dérive -  Patrick Le Hyaric, 22 octobre 2019

http://patrick-le-hyaric.fr

le 22 octobre 2019

Si les mots ne tuent pas, ils peuvent blesser et meurtrir. Ils contribuent surtout à mettre sur orbite des idées qui saturent le débat public et brouillent les repères républicains. Il n’aura pas fallu attendre longtemps après la convention de la droite réunie sous les auspices de la mouvance identitaire et la logorrhée raciste de Zemmour diffusée à grande échelle pour que se déchaîne la haine contre la population de confession musulmane.

Pas un jour ne passe désormais sans que les musulmans de France ne soient pointés du doigt, insultés, méprisés. Il aura suffi qu’un conseiller régional d’extrême-droite en mal de notoriété s’autorise, en dehors de tout cadre légal, à exiger le dévoilement d’une maman accompagnatrice scolaire devant son enfant pour qu’une cohorte de ministres et parlementaires, d’éditorialistes et plumitifs se liguent en sonnant l’hallali contre le « péril musulman ».

La mécanique est huilée qui laisse désormais à l’extrême droite le pouvoir d’orienter le débat public et politique. Et une fois encore, les chaines dites « d’information continue » comblent le vide par la vacuité, remplissant le temps d’antenne par le bavardage réactionnaire de quelques pontes médiatiques plus préoccupés par le voile, véritable fétiche, et les femmes qui le portent, que par les fins de mois impossibles de millions de nos concitoyens.

Le travail parlementaire se trouve ensuite phagocyté par ces basses polémiques de haute intensité puisque, à la suite du coup d’esbroufe de l’élu d’extrême droite, une proposition de loi a été opportunément déposée par le groupe « Les Républicains » du Sénat pour interdire aux mamans voilées d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire.

La loi est pourtant claire. Le droit a été dit en 2004 et le Conseil d’Etat l’a confirmé en 2013 : les accompagnatrices scolaires, n’étant pas des agents publics, ont toute latitude de se vêtir comme elles le souhaitent. Le guide de la laïcité de l’Education nationale le confirme. Tels sont la lettre et l’esprit de la loi de 1905, loi de concorde et de paix civile garantissant la liberté de conscience et l’autonomie de la société. En affirmant que « le voile n’est pas souhaitable », et ajoutant que « ce n’est pas quelque chose d’interdit, mais ce n’est pas non plus quelque chose à encourager », M. Blanquer fait non seulement preuve d’une grande légèreté, mais il se place en travers de la République. Il est censé garantir et appliquer la loi républicaine, or il tente d’imposer une norme sociale et vestimentaire sur la base d’une simple opinion qui contrevient aux principes législatifs.

Jaurès, artisan décisif de la loi de séparation, s’interrogeait : Qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace.

Or, notre régime se caractérise aujourd’hui par de grands actes de défiance et de peurs.

Défiance, quand les us et coutumes de la population musulmane sont considérés comme autant d’indices de « radicalisation ».

Peur, quand la République n’ose plus affirmer la puissance de son creuset, préférant s’enfoncer dans la recherche de boucs émissaires, cultivant différences et divisions.

Défiance, encore, quand M. Macron, mélangeant allègrement immigration, religion, terrorisme et communautarisme – confusion dont l’extrême-droite fait son miel – promeut une « société de vigilance » qui déléguerait aux citoyens le rôle de surveillance dévolu aux services de l’Etat, incitant les classes populaires du pays à s’épier entre elles. Prenant d’ailleurs M. Macron au mot,  l’élu extrême droite s’est réclamé de la « vigilance citoyenne » pour justifier son propos raciste et antirépublicain.

Nul ne saurait nier l’offensive mondiale subventionnée à  coups de pétrodollars de forces répondant d’un islamisme politique rétrograde, réactionnaire et anti-démocratique. Les mêmes d’ailleurs qui sont cajolées par les puissances occidentales et le grand capital alors qu’elles ont partie liée avec le terrorisme. Nul ne saurait non plus nier la résurgence des nationalismes et identitarismes sur le dos des grandes espérances émancipatrices universalistes.

Mais combien de réalités se cachent derrière le port du voile ? Culture, conviction, mal-être, affirmation de soi : les motivations sont variées, souvent anodines, et les ressorts complexes. Il parait bien hasardeux de demander à la République de s’immiscer dans l’intimité des consciences. Quel précédent cela créerait-il dans un pays qui se flatte encore d’être celui des droits de l’homme et du citoyen ?  La République et les actes législatifs portés en son nom garantissent la liberté de conscience. C’est l’esprit de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat qui garantit les indépendances respectives des cultes et de l’Etat dans ses différentes missions.

Chacun sait que la majorité des femmes voilées, qu’elles soient issues de l’immigration récente ou nées en France, vivent dans les quartiers populaires, ces sas de la mondialisation capitaliste où s’accumulent les violences sociales, physiques et symboliques. L’école est justement le lieu de la rencontre féconde au petit matin quand les parents accompagnent les enfants, dans l’association de parents d’élèves ou au Conseil d’école. Chacune de ces occasions permet de se comprendre mieux et de ne pas laisser certaines mamans isolées ou s’isoler elles-mêmes pour être considérées pleinement citoyennes aux droits égaux.

Les entreprises de division, qu’elles viennent des classes possédantes pétries d’un universalisme aussi abstrait que leur confort social est concret, de l’extrême droite raciste et démagogue ou des obsédés de l’identité nationale, ethnique et religieuse, ont pour fonction de masquer ce qui unit les milieux populaires : l’oppression féroce exercée par le capital sur leurs conditions d’existence. Voilà le piège tendu ! Redonner confiance à la République, c’est créer les conditions d’une union populaire capable de déjouer les divisions instillées de toutes parts et dont le voile est aujourd’hui l’instrument.

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 12:31

Au journal du mardi 22 octobre sur France Culture à 12h30, nous entendions assez surpris et effarés 2 minutes du discours exalté de Macron à Mayotte qui parlait avec beaucoup de brutalité verbale et dans le ton d'une très grande fermeté à avoir pour "repousser la misère" (les miséreux de l'île voisine en fait). Une approche inhumaine des problèmes de l'immigration qui rappelle Charles Pasqua ou le discours des Le Pen.  Bien fait pour séduire les élans xénophobes. Il semble si proche, le climat des années 30!

Heureusement qu'il y a l'Humanité pour aujourd'hui dans son éditorial tenir un autre discours et nous rappeler à certaines réalités:

Éditorial de l'Humanité. « Fermeté »…
Mercredi, 23 Octobre, 2019

L'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin.  Mayotte, devenue le 101e département français en 2009 contre les résolutions de l’ONU, continue de vivre une situation sociale et migratoire qui se dégrade. 

 

En visite à Mayotte, Emmanuel Macron a donc salué l’opération « Shikandra » afin d’insister sur le volet « immigration » de son séjour. On pourrait sourire devant cette mise en scène du volontarisme de l’État en matière migratoire, sauf que notre président revendique sa politique répressive à grand renfort de séquences symboliques. « Shikandra » ? « C’est le nom d’un poisson qui vit dans le lagon, il a une allure débonnaire, mais quand on s’approche de son nid, il mord. » Voilà comment l’Élysée résume l’esprit de cette force civilo-militaire à Mayotte. L’occasion « de mettre l’accent sur la “fermeté”, second pilier de la politique d’immigration du gouvernement », oubliant volontairement le premier pilier érigé par Macron lui-même en d’autres temps : humanité…

N’ayons pas la mémoire courte. En 1995, le gouvernement Balladur a entravé la libre circulation des personnes, imposant un visa d’entrée à Mayotte et brisant une tradition qui permettait aux Comoriens d’aller d’une île à l’autre à bord de pirogues dénommées « kwassa-kwassa ». Le « visa Balladur » a engendré un drame monstrueux, transformant la mer d’Anjouan en l’un des plus grands cimetières marins au monde. Plus de 10 000 morts. Souvenons-nous des mots scandaleux de Macron, en 2017 : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien. »

Mayotte, devenue le 101e département français en 2009 contre les résolutions de l’ONU, continue de vivre une situation sociale et migratoire qui se dégrade. Pour toute réponse, la loi immigration et droit d’asile, votée en juillet, a modifié le droit du sol pour les enfants nés sur l’île. Ils ne peuvent désormais obtenir la nationalité française qu’en fonction du statut des parents. Rares sont les consciences qui ont exprimé leur émoi : le droit du sol et de résidence commun sur tout le territoire national n’existe plus, violant le principe de l’indivisibilité de la République. Comme si l’État reportait sur les enfants son incapacité diplomatique à régler ses relations avec les îles voisines. Macron assume. Il a même paradé à bord d’un « intercepteur » de la police aux frontières…

Par Jean-Emmanuel Ducoin
Macron fait de la surenchère anti-immigrés à Mayotte
Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 11:53
Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône: les politiques d'austérité affaiblissent notre système de santé (entretien avec Lola Ruscio, L'Humanité, 22 octobre 2019)
Pierre Dharréville : « Les politiques d’austérité affaiblissent notre système de santé »
Mardi, 22 Octobre, 2019

Protection sociale.  Pour le député PCF Pierre Dharréville, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale doit rompre avec des décennies de diètes budgétaires.

 

Avec un objectif de croissance des dépenses d’assurance-maladie de 2,3 % en 2020, le gouvernement prévoit encore 4.2 milliards d’euros d’économies dans la santé malgré la crise des urgences et des hôpitaux. Qu’en pensez-vous ?

PIERRE DHARRÉVILLE C’est un budget insoutenable pour notre système de santé. Le gouvernement demande un milliard d’économies supplémentaires à l’hôpital, alors que le service public hospitalier vit une crise profonde. C’est un choc que ce dernier n’est pas en mesure d’absorber : le personnel est déjà au bout du rouleau. Un mouvement s’enracine aux urgences et ailleurs pour obtenir une hausse des dépenses de santé. Mais le gouvernement porte un objectif de croissance des dépenses d’assurance-maladie, appelé Ondam, qui ressemble à peu près à celui des années précédentes. Les budgets précédents ont pourtant contribué à aggraver la crise des hôpitaux. Le gouvernement ignore encore la situation très tendue et les propositions des soignants. Les Françaises et les Français sont ­attachés au service public hospitalier.

Contre l’avis du rapporteur général du texte LaREM, Olivier Véran, un amendement adopté en commission prévoit la compensation financière à la Sécurité sociale des baisses de cotisations décidées par l’État. Le texte dit que « le gouvernement organise sciemment l’appauvrissement de la Sécurité sociale ». Pouvez-vous développer ?

PIERRE DHARRÉVILLE Le gouvernement est en train de mettre à mal un principe fondamental établi depuis au moins 1994 : la compensation des exonérations de cotisations décidées par l’État. Contrairement au gouvernement, nous pensons qu’il faut non seulement conserver ce principe de compensation des cotisations, mais arrêter les exonérations massives de cotisations. Le gouvernement a choisi de faire peser ses choix politiques sur les comptes de la Sécurité sociale. En effet, sa seule réponse à la crise des gilets jaunes a consisté à mettre en place quelques mesures, visant essentiellement à instaurer des nouvelles exonérations de cotisations sociales. Ces décisions politiques ont alourdi le déficit de la Sécu de plusieurs milliards d’euros. C’est également une façon d’affaiblir notre système de protection sociale. Par ailleurs, ces politiques d’exonérations de cotisations, qui visent à baisser le « coût du travail », n’ont pas fait la preuve de leur efficacité en termes d’emplois.

Quelles traductions budgétaires allez-vous donner aux exigences du mouvement social aux urgences et à l’hôpital ?

PIERRE DHARRÉVILLE Nous allons évidemment les faire résonner à chaque occasion. L’avenir crucial de notre hôpital public et de notre système de santé est sur la table, nul ne peut l’ignorer. Tout en combattant le projet de loi du gouvernement, nous allons défendre nos idées, inscrites dans la proposition de loi déposée au ministère de la Santé, la semaine dernière. Pour financer la Sécurité sociale, nous proposons de mettre un terme à ces politiques d’exonérations de cotisations sociales et patronales, avec par exemple la fin progressive de l’allègement patronal crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice). Ce dispositif représente un manque à gagner pour la branche maladie de la Sécu de 22 milliards d’euros. Les grandes entreprises du CAC 40 ont engrangé des dividendes en hausse. Surtout, la priorité est d’investir dans le service public hospitalier, la psychiatrie et les Ehpad. Les politiques d’austérité affaiblissent depuis trop longtemps notre système de santé.

Entretien réalisé par Lola Ruscio
Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône: les politiques d'austérité affaiblissent notre système de santé (entretien avec Lola Ruscio, L'Humanité, 22 octobre 2019)
Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 06:46
Fête de l'Humanité Bretagne - 30 novembre et 1er décembre, avec Fabien Roussel le dimanche, un car partira de Plestin, Lanmeur et Morlaix en passant par Huelgoat: réservez votre place!

Samedi 30 novembre et dimanche 1er décembre : Fête de l’Humanité Bretagne au Parc des Expositions du Pays de Lorient.

Le PCF Finistère y tiendra son traditionnel restaurant : toutes les bonnes volontés sont les bienvenues

Un car sera affrété pour se rendre à la Fête le dimanche 1er décembre.

Horaires aller : Plestin les Grèves (7 h 30 - Place) ; Lanmeur (8 h - Place) ; Morlaix (8 h 30 – Parking Géant côté garage Citroën) ; Huelgoat (9 h 15 – A côte Hôtel du Lac) – 10 h 45 ou 11 h (Lanester – Parc des expositions)

- Participation pour le car par personne : 12 €

- Contact pour s’inscrire :

Section Lanmeur : Michel TUDO (06 83 24 83 90) ; Muriel GRIMARDIAS (06 89 32 21 70)

Section Morlaix : Daniel RAVASIO (06 62 74 75 27) ; Ismaël DUPONT (06 20 90 10 52).

Les vignettes donnant le droit à l'entrée de la fête sont disponibles auprès de la section : 17€ pour les 2 jours ; 12 € pour la journée (gratuit – 18 ans).

Elle permet de financer la location du Parc des expositions, la fête étant entièrement organisées par des militant•es bénévoles. 

 

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 05:45
L'Allemagne de l'est, après l'exil - le parcours d'Anna Seghers et d'autres intellectuels et écrivains communistes et antifascistes allemands de retour en Allemagne de l'est après la guerre - Sonia Combe, Le Monde Diplomatique, octobre 2019
L'Allemagne de l'est, après l'exil - le parcours d'Anna Seghers et d'autres intellectuels et écrivains communistes et antifascistes allemands de retour en Allemagne de l'est après la guerre - Sonia Combe, Le Monde Diplomatique, octobre 2019

A lire dans le Monde Diplomatique d'octobre 2019 cet article de Sonia Combe, historienne:

Anna Seghers ou l'éthique du silence.

Allemagne de l'Est, après l'exil

La fin de la République démocratique allemande (RDA), le 3 octobre 1990, aura été épargnée à Anna Seghers (1900-1983). Eût-elle vécu quelques années de plus, la romancière eût certainement signé l’appel du 28 novembre 1989, lancé par l’écrivaine Christa Wolf, en faveur du maintien d’une Allemagne de l’Est fidèle aux valeurs socialistes. Au projet du chancelier Helmut Kohl les signataires opposaient celui d’une RDA « non pas comme elle avait été, mais comme elle aurait dû être ». Une utopie ? Peut-être. À la veille du trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, plus personne n’ose questionner la légitimité de la réunification allemande. Ceux qui avaient justifié l’existence de la RDA ont jugé sa disparition tout aussi fondée. L’ordre établi revêt toujours les apparences du rationnel. Mais il est vrai aussi, comme le rappelait en juin dernier l’écrivain Christoph Hein lors de la Fête de l’été organisée dans le cimetière de Dorotheenstadt, à Berlin, devant la tombe d’Anna Seghers et non loin de celle du dramaturge Bertolt Brecht, qu’« ici est enterrée une génération qui s’est sacrifiée pour un avenir dont plus personne ne voulait ». Une génération doublement vaincue, car désormais quasi tombée dans l’oubli — quand elle ne se retrouve pas au banc des accusés.

De cette génération rentrée d’exil après la seconde guerre mondiale, aux côtés de Brecht, des écrivains Stephan Hermlin et Arnold Zweig, de l’historien de l’économie Jürgen Kuczynski, pour n’en citer que quelques-uns, Anna Seghers est sans doute l’une des figures les plus représentatives. Sa loyauté envers le régime communiste, renforcée par sa fidélité au choix du retour dans cette partie de l’Allemagne, semble l’avoir condamnée à observer une éthique du silence qui lui fut reprochée après la chute du Mur. Pourtant, lorsqu’on confronte sa correspondance avec les archives du Parti ou, mieux encore, avec celles de l’Union des écrivains, dont elle fut longtemps la présidente — sans oublier, naturellement, les dossiers de la Stasi, qui n’a cessé de cesser de surveiller la romancière la plus célèbre et la plus loyale de RDA -, on voit se dessiner un portrait bien différent de celui qu'elle offrit publiquement jusqu'à sa mort.

Lorsque Anna Seghers quitte Berlin, au moment de l'accession au pouvoir des nazis, elle est déjà une romancière confirmée, lauréate du prix Kleist. Mariée à un communiste hongrois ami du philosophe Georg Lukacs, elle milite au sein du Parti communiste d'Allemagne (KPD). De surcroît, elle est d'origine juive. Le couple et leurs enfants se réfugient d'abord à Paris, puis à l'entrée des troupes allemandes en France, gagnent Marseille, qu'ils quitteront en 1941 avec l'aide du journaliste américain Varian Fry et du Comité de sauvetage d'urgence (Emergency Rescue Comittee). De cette halte, Anna Seghers tirera le récit Transit porté à l'écran en 2018 par Christian Petzold, qui raconte l'attente d'un bateau d'antifascistes allemands dans la cité phocéenne. Fichée comme communiste, elle ne reçoit pas l'autorisation de rester aux Etats-Unis et s'installe à Mexico, où elle publie en 1942 le roman qui la rendra célèbre, La septième Croix, premier livre sur les camps nazis.  

Les chiffres de l'émigration de langue allemande à partir de 1933 n'ont jamais pu être établis de façon précise. On estime à 500 000 le nombre de personnes qui ont fui le régime nazi, dont 130 000 auraient réussi à gagner les Etats-Unis. Moins de la moitié d'entre elles auraient opté pour le retour à la fin de la guerre (dont seulement 4% de Juifs), mais, là encore, il n'existe pas de statistiques officielles à ce sujet. Aucun organisme n'a été chargé de ce recensement, ni en Allemagne de l'Ouest ni en RDA.

Retrouver un avenir

Une chose est certaine: contrairement à l'émigration, le retour vers le pays d'origine n'est pas un phénomène massif. Non seulement la prise de conscience de l'ampleur des crimes nazis n'encourage guère les émigrés, juifs ou non, à rentrer, mais les retours sont soumis à l'aval des autorités d'Occupation. Or les Alliés occidentaux, qui se partagent avec les soviétiques le contrôle de l'Allemagne vaincue, tentent de les en empêcher, à fortiori quand il s'agit de communistes. La bureaucratie allemande les seconde dans cette tâche. Est-ce par ressentiment, par haine à l'égard des antinazis, ou bien parce que les "rémigrés" la renvoient à sa mauvaise conscience, toujours est-il que la population allemande ne les voit pas d'un bon oeil. Dans les régions sous autorité occidentale, aucun plan d'accueil n'est prévu. 

A l'inverse, la zone d'occupation soviétique cherche à les attirer. Jusqu'à la création de la RDA, le 7 octobre 1949, les officiers soviétiques y mènent une politique culturelle qui portera ses fruits. Ainsi, la fameuse première pièce jouée à Berlin après la capitulation de l'Allemagne sera Nathan le Sage de Gotthold Ephraim Lessing. L'étude du philologue Victor Klemperer sur la langue nazie, LTI, comptera parmi les premiers livres publiés, tandis que Wolfgand Staudte réalisera le grand film d'après-guerre Les assassins sont parmi nous.  De quoi rassurer les éventuels candidats au retour. En outre, la zone soviétique leur rend l'avenir dont le régime nazi les avait privés. Brecht se voit proposer un théâtre, le philosophe Ernst Bloch une chaire à l'université de Leipzig, Alfred Kantorowitz une autre à Berlin. Kuczynski, lui, fondera son propre institut d'histoire économique.

Arrivée à Berlin en avril 1947, Anna Seghers retrouve, selon ses mots, "un peuple au cœur de pierre" . Elle parle de "la folie de ces hommes et femmes auxquels les bombardements ont tout ôté, meubles et vêtements, et qui n'en ont tiré aucune, rigoureusement aucune leçon". Mais ceux qui ont choisi de rentrer dans cette portion d'Allemagne sont animés par un puissant désir de se retrouver entre eux, de se recompter, après l'exil et les épreuves. A travers la création de la RDA, cette sorte de contre-Allemagne, ils vont non seulement bâtir le socialisme, mais prendre leur revanche sur ceux qui les ont persécutés. Autant dire qu'ils se jettent à corps perdu dans la construction du "premier Etat allemand des ouvriers et des paysans", s'efforçant de fermer les yeux sur ce que ne leur plaît pas, ou pis encore... 

A suivre.

 

L'Allemagne de l'est, après l'exil - le parcours d'Anna Seghers et d'autres intellectuels et écrivains communistes et antifascistes allemands de retour en Allemagne de l'est après la guerre - Sonia Combe, Le Monde Diplomatique, octobre 2019
L'Allemagne de l'est, après l'exil - le parcours d'Anna Seghers et d'autres intellectuels et écrivains communistes et antifascistes allemands de retour en Allemagne de l'est après la guerre - Sonia Combe, Le Monde Diplomatique, octobre 2019

Lire aussi dans le Chiffon Rouge:

Anna Seghers - crédit photo L'Humanité

Anna Seghers - crédit photo L'Humanité

Anna Seghers L’humanisme en transit
Vendredi, 26 Juillet, 2019
Série 1939 - Les lanceurs d'alerte

Allemande, juive et communiste, l’écrivaine, Netty Reiling de son vrai nom, choisit de dénoncer le nazisme sur les chemins de l’exil. Son arme fut la littérature.

 

En 1942, au Mexique et aux États-Unis, paraît un roman appelé à connaître un grand retentissement. La Septième Croix décrit les atrocités perpétrées dans les camps de concentration nazis avant le déclenchement de la guerre. C’est l’œuvre d’Anna Seghers, femme de lettres allemande contrainte à l’exil depuis 1933. Sa rédaction remonte à 1937, alors que l’écrivaine vivait à Paris avec sa famille. La Septième Croix (titre allemand : Das Siebte Kreuz) raconte la fuite de sept détenus du camp de concentration de Westhoffen, au bord du Rhin. Les SS se lancent à leur recherche et le commandant du camp annonce qu’ils seront crucifiés sur sept platanes dès qu’ils seront découverts. Une croix restera vide. Un seul évadé, Georg Heisler, échappera à la traque. Ce livre est un des rares de l’époque qui révélèrent la réalité des camps. Le premier chapitre avait été publié à Moscou en 1939 dans une revue littéraire internationale que dirigeait le poète allemand Johannes R. Becher.

Anna Seghers est le nom de plume choisi par une jeune femme de Mayence, Netty Reiling. Elle est née en 1900, dans une famille bourgeoise et intellectuelle d’origine juive. Fille unique du marchand d’art Isidor Reiling, Netty connaîtra pendant son adolescence la boucherie de la Première Guerre mondiale. Elle entreprend des études d’art, son sujet de thèse aura pour thème « Juifs et judéité dans l’œuvre de Rembrandt ». Netty épouse en 1925 le sociologue communiste hongrois Laszlo Radvanyi et en 1926 le jeune couple s’installe dans un premier temps à Berlin. Son premier roman portant la signature d’Anna Seghers, la Révolte des pêcheurs de Sainte-Barbara, obtient le prix Kleist. En 1928, Anna Seghers adhère au Parti communiste (KPD) et participe à la fondation de l’Union des écrivains prolétaires révolutionnaires, visite l’Union soviétique en 1930.

L’engagement politique d’Anna Seghers sera celui d’une vie. Antifascisme et communisme sont à ses yeux un même combat. Arrêtée par la Gestapo dès 1933, puis relâchée, elle quitte le Reich avec son mari et ses enfants pour la Suisse, puis gagne Paris. Elle se dépense sans compter, écrit dans la presse d’immigration Neue Deutsche Blätter, fonde avec d’autres intellectuels l’Union de défense des écrivains allemands. Ces années d’exil dans la France du Front populaire sont marquées par la mobilisation et la solidarité antifascistes. Puis, avec la déclaration de guerre, suivie de l’entrée des troupes allemandes à Paris, tout bascule pour les antifascistes allemands. Laszlo est interné au camp de Vernet, dans le sud de la France. Anna se rend à Marseille pour obtenir sa libération et trouver les moyens de quitter l’Europe. Cet épisode est la trame de son roman Transit. Aux yeux de l’écrivain Heinrich Böll, Transit « est le plus beau roman d’Anna Seghers, en raison de la situation historique et politique atrocement unique qu’elle a choisie comme modèle référent ».

Dans le grand port de la Méditerranée, des anciens des Brigades internationales, des écrivains, des juifs, des militants communistes harcelés par le régime de Vichy tentent de fuir la souricière, à la recherche d’un bateau qui leur permettra d’échapper à la mort. En 1941, la famille Radvanyi est réunie à Mexico. Anna Seghers y fonde le club Heinrich-Heine, lance le comité Freies Deutschland.

En 1947, elle revient dans son pays natal, après quatorze ans d’exil. Elle s’installe à Berlin, dans la partie occidentale puis orientale, en 1950, et se fixe définitivement dans la capitale de la République démocratique allemande, fondée le 7 octobre 1949. Elle devient avec Bertolt Brecht la personnalité la plus célèbre du monde de la culture dans la nouvelle Allemagne. Ses livres sont publiés à des centaines de milliers d’exemplaires : Les morts restent jeunes (1949), la Confiance (1968)… En 1952, elle devient présidente de l’Union des écrivains de RDA. Elle le restera jusqu’en 1978. Personnalité officielle, membre du Parti socialiste unifié d’Allemagne, sa proximité avec le pouvoir politique la conduira à se montrer discrète quand des intellectuels eurent maille à partir avec des autorités aux conceptions rigides. Cela lui fut reproché. Ce fut une intellectuelle partagée entre son idéal d’émancipation et de justice et les désillusions d’une politique qui s’en éloignait. Elle meurt en 1983, laisse une œuvre considérable habitée par un humanisme combatif, forgé dans ses longues années d’exil.

Jean-Paul Piérot
Partager cet article
Repost0
22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 18:00
Alain Bruneel, député communiste du Nord: en blouse blanche à l'Assemblée pour les hôpitaux et la Sécu
Alain BRUNEEL. En blouse blanche pour la sécu
Mercredi, 23 Octobre, 2019 - L'Humanité

L’homme du jour.

D’un coup, les caméras et les flashs se tournent vers lui. Alain Bruneel porte une blouse blanche sous son écharpe tricolore. Le député vient d’arriver salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale, et tranche avec les autres élus en costume. « Nous voulons faire entrer la parole des personnels soignants et des usagers de l’hôpital public en danger. Nous voulons rappeler le gouvernement et la majorité à la réalité », raconte le parlementaire PCF du Nord. Ainsi vêtu au premier jour de l’examen du budget de la Sécurité sociale, Alain Bruneel n’est pas venu faire qu’un coup de com : il tient dans ses mains deux propositions de loi. La première vise à instaurer un moratoire sur les fermetures de lits, de services et d’établissements de santé. La deuxième décline 43 mesures d’urgence pour la santé et les hôpitaux écrites par les parlementaires PCF, à la suite de leur tour de France des hôpitaux. « Depuis 2017, 12 milliards d’euros ont été retirés aux dépenses de santé. C’est intenable. La ministre doit revoir sa copie au plus vite », alerte-t-il.

Aurélien Soucheyre
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011