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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 08:53
Contre le budget de purge et de régression sociale du gouvernement Lecornu, le PCF Finistère appelle à rejoindre nombreux les manifestations du jeudi 6 novembre

Contre le budget de purge et de régression sociale du gouvernement Lecornu, le PCF Finistère appelle à rejoindre nombreux les manifestations du jeudi 6 novembre dans le Finistère, notamment à l'appel de l'intersyndicale des retraités: 

   * à Brest rassemblement à 10h 30 devant le centre des Impôts ( 8 rue Duquesne)

prise de parole intersyndicale et manif jusqu'à la sous- préfecture pour un dépôt de motion unitaire.

   * à Carhaix : rassemblement à 11h  devant la maison des Syndicats.

   * à Morlaix : Rassemblement 10h30 place de la mairie + manif

   * à Quimperlé : rassemblement devant la stèle Ambroise Croizat ( où il y avait la Sécu avant)

   * à Quimper : rassemblement 10h30 place de la Résistance + dépôt de motion en préfecture+ manif jusqu'au siège de la députée.

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 08:50
Distribution du A coeur ouvert, journal santé du PCF, ce mercredi 29 octobre à l'hôpital de Morlaix

Distribution du "A cœur ouvert", journal santé du PCF, avec un édito de Ian Brossat ce trimestre, à l'hôpital de Morlaix, ce mercredi 29 octobre

Lucienne Nayet, Patrick Gambache et moi, nous avons eu de très bons échanges comme d'habitude avec les personnels et usagers de l'hôpital de Morlaix pendant deux heures, notamment avec Cyril Deleau, avec qui nous avons posé pour l'occasion.

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 08:45
Découvrez le Rouge Finistère, journal du PCF Finistère, pour novembre-décembre 2025
Découvrez le Rouge Finistère, journal du PCF Finistère, pour novembre-décembre 2025
Découvrez le Rouge Finistère, journal du PCF Finistère, pour novembre-décembre 2025
Découvrez le Rouge Finistère, journal du PCF Finistère, pour novembre-décembre 2025

Nous sommes heureux de vous présenter le nouveau Rouge Finistère, daté de novembre-decembre 2025, le journal de la fédération PCF du Finistère. On y parle Sécurité sociale, médicaments et multinationales pharmaceutiques, nouveau gouvernement, inégalités sociales, budget et recettes publiques, alimentation et ventes solidaires de légumes, logement, département du Finistère, desserte ferroviaire dans le Finistère sur la ligne Quimper-Brest, fête de l'huma des 12-13-14 septembre, solidarité avec la Palestine et son peuple martyrisé, et fête de l'humanité Bretagne des 29 et 30 novembre. Il sera distribué gratuitement à 12 000 exemplaires partout dans le département à partir de la semaine prochaine. Avec le Parti Communiste Français du Finistère

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 08:42

A l'heure où le gouvernement et ses alliés, ainsi que le patronat et son bras armé le MEDEF, veulent punir les retraités en leur faisant supporter et/ou financer les mesures d'économies en débat à l'assemblée nationale et au sénat, il est important que les retraités se mobilisent massivement contre leurs velléités et fassent entendre leur revendications légitimes.

C'est le sens de l'appel du groupe des 8 (CGT, CFTC, CFE-CGC, FSU, FGR-FP, Solidaires et LSR, UNRPA) appelant les retraités à se mobiliser dans les territoires, le jeudi 6 novembre 2025.

Il est important de faire mesurer les dangers des mesures inscrites dans les projets discutés actuellement (si certains éléments ont pu bouger, pour autant ils ne sont pas encore actés fermement et peuvent être remis en cause par le truchement des votes à venir et du parcours législatif).

 

RASSEMBLEMENT

JEUDI 6 NOVEMBRE 2025 

 A 10H30

DEVANT LA MAIRIE DE MORLAIX.

 

 

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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 09:08
Faire payer les multinationales à hauteur de ce qu’elles gagnent en France !
Adopté en commission, l’amendement porté par Les député·e·s du groupe GDR, sera défendu cet après-midi en séance publique dans le cadre du #PLF2026.
➡ Objectif : que les multinationales soient imposées en France sur la part réelle de leurs bénéfices mondiaux réalisés ici, pour en finir avec les montages d’évasion fiscale.
🟥 Justice fiscale, souveraineté économique, financement des services publics : nos députés communistes mènent la bataille à l’Assemblée nationale !
 

 

Jeudi matin au Sénat : le groupe communiste défendra la nationalisation d’ArcelorMittal !
Face aux suppressions d’emplois, à la casse industrielle et à la dépendance croissante de notre pays, les sénatrices et sénateurs du groupe communiste (Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes) portent une proposition de loi pour nationaliser les sites stratégiques d’ArcelorMittal.
➡️ Objectif : reprendre la main sur une filière essentielle à notre souveraineté industrielle et écologique, garantir l’emploi et préparer une production d’acier décarbonée sous contrôle public.
📺 La proposition de loi sera débattue jeudi matin au Sénat.
✊ Une bataille décisive pour l’avenir de la sidérurgie et des milliers d’emplois sur nos territoires !
 

 

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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 09:02

 

 

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26 octobre 2025 7 26 /10 /octobre /2025 07:00
« L’histoire est faite pour faire comprendre aux élèves pourquoi nous avons raison » : en Israël, apartheid et révisionnisme s'invitent à l'école

Depuis le 7 octobre 2023, le milieu scolaire n’échappe pas aux tensions et au racisme qui traversent la société israélienne. Les professeurs et étudiants qui se mobilisent pour la paix font l’objet de convocations. Sur fond de renforcement de la militarisation de l’institution scolaire, les manuels réécrivent l’histoire pour légitimer le discours de l’extrême droite.

Lina Sankari, L'Humanité, 24 octobre 2025 

Haïfa, Nazareth, Rishon Lezion (Israël), envoyée spéciale.

Aussi loin qu’il s’en souvienne, les colis destinés aux soldats israéliens, minutieusement préparés par les élèves de maternelle sous l’œil attentif du maître, ont toujours été composés des mêmes présents : un assortiment de bonbons, des chaussettes, quelques sous-vêtements… « C’était à la veille des vacances, on insérait notre numéro de téléphone. Je me souviens de la fierté que j’ai ressentie quand le soldat à qui j’avais expédié mon colis m’a rappelé. Je n’avais alors aucun outil pour porter un regard critique sur ce qu’on nous demandait de faire », analyse aujourd’hui Adam Eli.

Celui qui est devenu professeur d’histoire au lycée sait désormais que le système scolaire israélien est tout entier tourné vers le renforcement du militarisme dans la société. « C’est le cas depuis le premier jour de la création de l’État d’Israël », pose-t-il. La ville de Rishon Lezion, à 13 kilomètres au sud de Tel-Aviv, dans laquelle il enseigne, fut la première implantation sioniste en Palestine, en 1882. Avec 250 000 habitants, elle est désormais la quatrième ville du pays et demeure un foyer majeur d’accueil des nouveaux arrivants. Partout, des tours résidentielles continuent de sortir de terre.

Depuis les massacres du 7 octobre 2023, l’école n’échappe pas aux tensions qui traversent la société. Professeurs et étudiants sont convoqués par l’administration pour avoir posté un message politique sur les réseaux ou pour avoir pris part à une manifestation exigeant la fin de la guerre à Gaza.

Selon Adam Eli, également secrétaire du mouvement Hadash, qui réunit plusieurs formations de gauche dont le parti communiste israélien, à Tel-Aviv, « c’est une manière de nous signifier les limites de ce qui peut être dit. Certains d’entre nous ont reçu des coups de fil anonymes, qui étaient en réalité totalement identifiables, pour nous dissuader de participer aux manifestations. Si c’est ce qui arrive aux professeurs juifs, je vous laisse imaginer le sort des professeurs arabes ». En Israël, Arabes et juifs fréquentent des établissements séparés : écoles publiques juives laïques, juives religieuses, juives orthodoxes ; les institutions arabes suivent la même déclinaison avec les spécificités musulmanes, chrétiennes ou druzes. Un apartheid scolaire qui ne dit pas son nom alors que les établissements mixtes demeurent rarissimes.

 

Des classes vertes en Cisjordanie occupée

Ce n’est donc qu’à l’université que juifs et Palestiniens se côtoient. Le racisme latent a pris un tour dramatique depuis le 7 Octobre. Nombre d’étudiants juifs israéliens, appartenant à des groupes d’extrême droite, ont cru bon de dénoncer leurs condisciples arabes et de dresser des listes pour le moindre propos politique sur la Palestine. « Ça existait avant mais la situation s’est aggravée. L’administration leur demande s’ils soutiennent le Hamas. En fait, on apprend aux étudiants palestiniens à avoir peur », glisse Salah, un professeur d’arabe, qui préfère rester anonyme, avant de plonger dans un long silence.

Abîme de réflexion et d’inquiétude. À ses côtés, Hala, une jeune étudiante en communication visuelle, à la crinière blonde, reprend à sa place : « On peut lire l’inquiétude dans les yeux de nos parents. À leur époque, la honte les frappait s’ils ne s’engageaient pas en politique. Aujourd’hui, ils nous dissuadent de le faire. Avant, ils étaient arrêtés s’ils jetaient des pierres ; aujourd’hui, un simple message sur les réseaux peut suffire. »

À la Knesset, les élus Hadash, membres de la commission de l’Éducation, de la Culture et des Sports, s’élèvent dès le 15 novembre 2023 contre un amendement à la loi sur les droits des étudiants qui transforme les activités politiques en incitation au terrorisme. « Au nom de la lutte contre la terreur, ces lois vont activer le terrorisme contre la minorité arabe palestinienne », s’insurge alors l’ex-député Youssef Atauna (Hadash).

Contrairement aux principes proclamés par le ministère de l’Éducation, l’école ne vise pas à former les citoyens en devenir mais de futurs soldats. Lors de leur onzième année d’étude, à l’âge de 16-17 ans, les lycéens sont invités à participer à la Gadna, les bataillons de jeunesse créés par la Haganah, l’une des organisations paramilitaires qui a précédé la création d’Israël en 1948 avant d’être intégrée à l’armée.

Le programme d’une semaine vise aujourd’hui à remédier à la désaffection grandissante des jeunes pour le service militaire. « On leur apprend la discipline, on les incite à s’enrôler, on leur explique le déroulement d’opérations », détaille Adam Eli.

Il y a quelques semaines, le ministère de l’Éducation, dirigé par Yoav Kisch, a proposé l’organisation de classes vertes en « Judée-Samarie » (nom donné par les sionistes à la Cisjordanie occupée) afin que « les jeunes puissent se rendre sur les lieux où l’histoire du peuple juif aurait commencé, selon la Bible », explique Adam Eli en levant les yeux au ciel. L’histoire racontée à partir de récits mythifiés ne laisse aucune place aux Palestiniens.

Les manuels se contentent de les désigner en tant qu’« arabe » pour mieux effacer leur identité spécifique : « L’Arabe n’a pas d’histoire propre, il n’a pas de racines. C’est un Arabe », résume Adam Eli. Il est même une figure de l’arriération à laquelle il serait impossible de s’identifier. Dans un manuel de géographie de 2003, on pouvait lire : « La société arabe (…) s’oppose aux changements par nature, (elle est) réticente à adopter les innovations. »

Theodor Herzl mais pas Mahmoud Darwich

Secrétaire des jeunes communistes de Nazareth, Mina Alaa Al Din vient d’achever ses études d’architecture. Plutôt volubile, la jeune femme tranche : « Si tes parents ne t’ont pas transmis l’histoire des Palestiniens, alors tu n’en sauras rien à l’école. » Dans les grandes figures vantées dans les manuels qui sont destinés aux Palestiniens de 1948, on trouve : Theodor Herzl, sous la plume duquel naquit l’idée d’offrir un État refuge aux juifs du monde entier au XIXe siècle, mais pas Mahmoud Darwich, figure de proue de la poésie palestinienne dont le verbe porte un peuple autant qu’une terre.

Une étude menée par l’association Sikkuy, qui mobilise juifs et Arabes contre les discriminations, a déterminé que l’invisibilisation passait sans surprise par la géographie : « Dans les manuels en hébreu, les cartes représentent seulement Israël. Sur ces cartes, certaines villes mineures d’Israël sont représentées mais pas la grande ville à majorité arabe de Nazareth », observe Amjad Shbita, le codirecteur de l’ONG.

Selon cette vision, la société palestinienne se serait presque effondrée par elle-même, permettant la création de l’État d’Israël. L’histoire de la Nakba (catastrophe) de 1948, c’est-à-dire des massacres et de l’exode forcé de 800 000 Palestiniens en 1948, est passablement édulcorée. « Il y a une certaine reconnaissance du fait que les forces de défense israéliennes ont déporté des Palestiniens mais sans contextualisation aucune. On évoque des incidents sporadiques qui se seraient déroulés pour des raisons tactiques ; jamais le fait qu’il existait une résistance », détaille Adam Eli. Le professeur ajoute : « L’histoire est faite pour faire comprendre aux élèves pourquoi nous avons raison. » Une manière de légitimer la violence coloniale.

En février dernier, les professeurs ont reçu pour instruction d’attribuer le déclenchement de la guerre d’Octobre, en 1973 (Yom Kippour pour les Israéliens), à l’Égypte et non à Israël qui, sous la direction de la première ministre Golda Meir, avait rejeté les propositions de paix d’Anouar El Sadate. Depuis 2018, et conformément à la loi sur l’État-nation votée en ce sens, les livres font référence à un « État juif ».

Les livres scolaires destinés aux Palestiniens d’Israël, élaborés par le même ministère de tutelle, ne sont pas plus diserts sur les grandes dates de leur histoire ou les grands auteurs palestiniens. « Nous n’avons jamais obtenu l’autonomie pour nos manuels ou nos programmes », souffle Amjad Shbita.

Pour pallier ce manque, et documenter leur histoire, les Palestiniens de 1948 montent des podcasts et des documentaires « autour de l’histoire locale de la première Intifada » de 1987 à 1993, fait remarquer Nadera Abu Dubey Saadi, chef de projet au sein de l’association Femmes contre la violence.

Des étudiants en armes

Signe de la lente fascisation des esprits : certains élèves juifs appellent ouvertement à tuer les Palestiniens pendant le temps de classe. « Ils se contentent de répéter ce qu’ils entendent toute la journée, des membres du gouvernement jusqu’à leur famille ou leurs voisins », constate Adam Eli.

Fin octobre 2023, une expédition punitive menée par des étudiants juifs d’extrême droite, criant « Mort aux Arabes », avait fait grand bruit à l’université de Netanya, au nord de Tel-Aviv, pourtant gardée par la police. Solution trouvée par la maire de la ville, Miriam Feirberg-Ikar ? Évacuer les étudiants palestiniens de leurs dortoirs pour « sécuriser » la ville plutôt que d’arrêter les groupes violents aux allures de milices.

« Après le 7 Octobre, beaucoup d’étudiants juifs ont commencé à venir à la fac avec leurs armes », confirme Mina Alaa Al Din. De leur côté, les professeurs réservistes affichent fièrement leur plaque avec le numéro de leur unité. « Nous ne savons pas quelle est la santé mentale de ceux qui ont été à Gaza et ont vu ou participé aux horreurs. Personnellement, je les perçois comme une menace car, en tant que Palestiniens, nous sommes, à leurs yeux, les mêmes que ceux de Gaza », énonce-t-elle encore.

Sidérée, la jeune femme n’en revient toujours pas que les étudiants en design aient été invités à participer à un cours pour fabriquer des uniformes pour l’armée. Il en va de même pour l’entrisme de l’institution militaire dans les cours liés à la technologie et à l’ingénierie. Désormais, quand un proche lui demande comment s’est passée sa journée, Adam Eli considère qu’elle a été bonne s’il a réussi à convaincre ses élèves « qu’il ne fallait pas tuer tous les Palestiniens de Gaza ». Avant de préciser : « Il faut se contenter de petites victoires. En tant que professeur, je peux seulement semer le doute chez eux. L’école a toujours été le lieu de reproduction du système. Et Israël ne fait pas exception. »

 

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 06:21
« 2 %, c’est vraiment le minimum syndical » : entretien avec l’économiste Gabriel Zucman (L'Humanité, 23 octobre 2025)
« 2 %, c’est vraiment le minimum syndical » : entretien avec l’économiste Gabriel Zucman sur sa taxe pour « faire entrer les milliardaires dans le champ de la solidarité nationale »

L’économiste Gabriel Zucman, inventeur d’une taxe qui fait trembler les grandes fortunes, explique comment mettre ces dernières à contribution. Et faire ainsi reculer l’oligarchie.

L'Humanité, 23 octobre

Cyprien Boganda Emilio Meslet

Il est accusé de « vouloir mettre à terre l’économie française » parce qu’il souhaite imposer à hauteur de 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, un impératif « démocratique », selon lui. L’économiste Gabriel Zucman (1) répond à ses détracteurs dans les colonnes de l’Humanité.

85 % des Français soutiennent votre taxe, selon un sondage que nous avons publié il y a un mois : vous attendiez-vous à gagner aussi facilement la bataille de l’opinion ?

Partout dans le monde monte une demande de justice fiscale, car deux phénomènes se conjuguent. Le premier, c’est l’explosion mondiale des très grandes fortunes. En France, entre 2010 et 2025, les 500 plus grandes fortunes ont augmenté de 1 000 milliards d’euros.

Deuxième élément, on constate un peu partout que les ultra-riches paient beaucoup moins d’impôt en proportion de leurs revenus que les autres catégories sociales. Le Français moyen paye 51 % de ses revenus en prélèvements divers (impôts, TVA, cotisations sociales, etc.), là où les milliardaires ne sont ponctionnés qu’à hauteur de 13 %. Cela constitue une violation manifeste du principe d’égalité devant l’impôt, pourtant consacré dans l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Qu’est ce qui permet, en France, aux milliardaires de payer aussi peu d’impôts ?

 

C’est la possibilité qu’ils ont de structurer leur fortune afin qu’elle génère peu voire pas de revenus taxables. Aux États-Unis, Jeff Bezos, patron d’Amazon et homme le plus riche du monde, a pu déclarer, certaines années, zéro dollar de revenu et donc échapper à l’impôt sur le revenu. Il a même reçu plusieurs milliers de dollars d’allocations familiales !

« La taxe permettrait aux milliardaires d’entrer dans le champ de la solidarité nationale, à laquelle ils ne participent pas aujourd’hui. »

Comment est-ce possible ? Parce que les plus riches recourent à des holdings, c’est-à-dire des sociétés qui font écran entre eux et l’impôt. En pratique, ces holdings stockent tous leurs dividendes, qui échappent de fait à l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Ensuite, ces dividendes sont épargnés ou dépensés par les ultra-riches pour monter au capital de leur entreprise, acheter des yachts, mener des actions de philanthropie ou acquérir des journaux.

Pour restaurer une forme d’égalité devant l’impôt, vous proposez une taxe plancher de 2 % sur tous les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros : pourquoi avoir retenu ces deux bornes ?

Ce taux permet d’effacer la régressivité de notre système fiscal. Pour les milliardaires, en effet, le taux de rendement de la fortune s’élève en moyenne à 6 % par an. Une contribution incompressible à 2 % amputerait ce rendement d’un tiers : elle serait donc équivalente, en moyenne, à un impôt sur le revenu de 33 %. Ajoutée à l’impôt sur les sociétés, dont les ultra-riches s’acquittent au travers de leurs entreprises, elle porterait leur taux de prélèvement obligatoire global à 50 ou 55 %, soit à peu de chose près ce que paye le Français moyen.

Au passage, je précise que ces 2 %, c’est vraiment le minimum syndical. Aux États-Unis, Bernie Sanders (candidat de gauche à la présidentielle – NDLR) proposait en 2019 un impôt sur les grandes fortunes de 8 % au-delà de 10 milliards de dollars de patrimoine.

La taxe permettrait aux milliardaires d’entrer dans le champ de la solidarité nationale, à laquelle ils ne participent pas aujourd’hui. Plus d’un siècle après sa création, l’impôt sur le revenu reste une révolution démocratique inachevée dans la mesure où les très riches ne sont pas concernés.

Et ce seuil de 100 millions d’euros, d’où vient-il ?

Il correspond tout simplement au niveau à partir duquel le système fiscal devient régressif. Les contribuables dont la fortune s’approche des 100 millions d’euros payent déjà des montants significatifs d’impôt sur le revenu. Plus de 80 % des recettes de cet impôt plancher proviendraient des milliardaires, là où la richesse se concentre et les revenus s’évaporent. Quand vous touchez 3 milliards d’euros de dividendes, il vous suffit de sortir quelques millions d’euros de votre holding pour financer votre consommation quotidienne. Cela représente une fraction infime de votre richesse.

Pourquoi ne pas soutenir alors la taxe sur les holdings proposée par le gouvernement en remplacement de votre dispositif ?

Parce qu’elle est d’une hypocrisie sans nom ! Cette taxe sur les holdings de 2 % pourrait être une bonne idée, sauf que l’article 3 du PLF (projet de loi de finances) liste toutes les exonérations prévues. Par exemple, la taxe ne s’applique pas aux actions détenues par les holdings au titre de participation.

Mais les actions, c’est 90 % de la fortune des holdings. La liste des exonérations est interminable (immobilier commercial, investissement dans des entreprises innovantes…). Ne reste qu’une fraction très faible du patrimoine des holdings. En gros, seuls les comptes dormants oubliés par les milliardaires seraient ciblés. Cette taxe a été conçue pour ne rien apporter.

On vous oppose généralement deux arguments : votre taxe risque de faire fuir les riches ; et elle risque de tuer l’innovation, comme l’affirme d’ailleurs le prix Nobel d’économie Philippe Aghion. Que répondez-vous ?

L’exil fiscal n’est pas une loi de la nature, c’est un choix de politique publique. On peut faire le choix de le tolérer ou de le réduire voire de l’empêcher. En France, on a fait le choix de le tolérer : quand une personne s’en va, elle cesse immédiatement d’être taxée. Les États-Unis font le choix inverse : quand vous partez vous installer à l’étranger, vous payerez malgré tout des impôts aux États-Unis jusqu’à la fin de vos jours.

Je propose que le taux plancher de 2 % continue à s’appliquer cinq ans après le départ à l’étranger, mais on pourrait aller plus loin. Nous ne sommes pas impuissants face au chantage au départ des ultra-riches.

Abordons la question de l’innovation. L’idée selon laquelle le fait de demander à un milliardaire de payer autant d’impôt qu’un Français moyen puisse décourager une personne de 20 ans de créer une start-up innovante ne tient pas debout. En gros, cela signifierait que des gens s’exilent préventivement à Singapour ou aux îles Caïman de peur que s’ils se retrouvent un jour à la tête d’une fortune de 100 millions d’euros – perspective hautement improbable –, ils se voient taxés. Cela n’a aucun sens.

Mieux que ça, je soutiens que mon projet de taxe aurait en réalité un effet net positif sur l’innovation. Avec les 20 milliards d’euros que cela rapporterait, on pourrait investir dans la recherche, notre système éducatif et les infrastructures publiques.

Au vu des leviers d’optimisation dont disposent les ultra-riches, comment garantir que votre rendement de 20 milliards ne tombera pas à 5, comme l’affirment d’autres économistes ?

Si mon projet de taxe est mité par des niches et des exonérations, ce sera effectivement bien moins que 20 milliards. Mais je ne propose pas de recréer un ISF dont le taux relatif s’élevait, à la veille de sa suppression, à seulement 0,005 % du patrimoine des milliardaires. C’est l’échec fiscal le plus important des quarante dernières années puisqu’il exonérait quasiment intégralement les grandes fortunes. J’essaie de tirer les leçons des erreurs du passé. Il y a trois choses à faire : ne prévoir aucune exonération, lutter contre l’exil et la fraude fiscale.

Vous ciblez une centaine de milliardaires mais que faites-vous de tous les autres riches qui paient un taux marginal d’impôt sur le revenu très inférieur à ce qu’ils payaient dans les années 1980 ?

Aujourd’hui, il y a deux impôts sur le revenu : la CSG, un prélèvement de 10 % à la source dès le premier euro de salaire ; et un impôt sur le revenu censément progressif mais bourré de niches fiscales. Nous avons besoin de les unifier dans un grand impôt citoyen sur le revenu qui s’ajouterait à la taxe que je propose. Si on n’arrive pas à taxer les milliardaires, les autres catégories sociales refuseront légitimement de faire des efforts.

Vous vous placez dans une logique de redistribution des richesses mais ces richesses se fondent largement sur la propriété privée des moyens de production : c’est parce que les milliardaires possèdent des entreprises qu’ils sont puissants…

Oui, il faut sortir du « royalisme économique », dénoncé par Franklin Roosevelt dans les années 1930. C’est-à-dire en finir avec cette vision selon laquelle seuls les ultra-riches feraient un usage productif de l’outil de travail : pour être rentable, une entreprise devrait être détenue à 48 % par Bernard Arnault. L’histoire invalide cette théorie. En 1997, au bord de la faillite, Apple voit ses actionnaires rappeler Steve Jobs pour sauver la boîte, alors qu’il ne détenait plus aucune action. Non seulement cela a marché, mais cela n’a pas empêché l’innovation. C’est l’implication des salariés, la coopération avec la puissance publique et le partage des pouvoirs qui font la productivité.

En l’espace de quelques mois, vous êtes devenu l’économiste français le plus critiqué. Qu’est-ce que ça vous fait d’être qualifié par Bernard Arnault de « militant d’extrême gauche » qui veut « détruire l’économie libérale » ?

Ces attaques témoignent de la fébrilité des personnes concernées et de la faiblesse de leurs arguments. Affirmer qu’un impôt de 2 % par an sur des fortunes qui ont augmenté de 10 % en moyenne chaque année depuis trente ans va mettre à terre l’économie française est excessif.

Des objections sur le fond sont entendables. Je vais citer le Financial Times, qu’on ne peut accuser de sympathie communiste : « La France se caractérise par l’emprise de ses milliardaires sur la vie économique et la vie politique de la nation. » Il faut donc mener ce combat difficile pour élargir le champ de la démocratie. Nous pourrions rester entre chercheurs dans notre tour d’ivoire mais il est de notre devoir de contribuer à l’appropriation culturelle de ces savoirs, en l’occurrence l’ampleur de l’évasion fiscale.

Que pensez-vous de la concentration des médias dans les mains des ultra-riches qui s’opère en France ?

La concentration extrême des richesses accompagne toujours l’extrême concentration des pouvoirs. Ça devrait tous nous inquiéter. Cette tension entre démocratie et concentration des richesses est l’un des problèmes centraux de nos sociétés démocratiques. Le patrimoine pour les classes populaires et moyennes, c’est une bonne chose car cela ouvre l’accès à une résidence principale, à un pécule pour la retraite et à un bas de laine en cas de coup dur. Pour les ultra-riches, le patrimoine, c’est le pouvoir. Je conçois donc l’impôt plancher comme une mesure nécessaire mais pas suffisante pour protéger la démocratie du risque de capture oligarchique.

 

(1) Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin, Seuil, 2025.

 

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 05:56

 

La transformation économique de l’extrême droite, qui assume de plus en plus un projet libéral, devrait être mise au jour ces prochaines semaines à l’Assemblée. À prévoir, des votes proches de la Macronie, contre la taxation des plus riches et pour la baisse des impôts de production.

 

Le Rassemblement national (RN) se serait bien passé de cet examen du budget. Il aurait préféré passer directement à l’étape des législatives anticipées, pour se maintenir sur cette ligne de crête consistant à apparaître comme un défenseur des classes populaires tout en séduisant les milieux d’affaires avec des propositions de plus en plus pro-business.

Mais l’extrême droite va devoir se positionner sur chaque mesure mise au débat, au risque de révéler son imposture sociale. En premier lieu sur l’imposition des plus riches. Après des mois de tergiversations sur la taxe Zucman, Marine Le Pen a fini par trancher : son groupe votera contre. Idem sur un retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Le RN favorise les plus riches et entend réduire les dépenses publiques

Le RN plaide plutôt pour un impôt « sur la fortune financière » au rabais, puisqu’il exclut de l’assiette les biens professionnels et la résidence principale et ne générerait qu’entre 1,5 et 3 milliards d’euros de recettes.

L’idéologie est désormais assumée par ses cadres : « Ce n’est pas en taxant les entreprises et les plus riches qu’on va redresser le pays », a revendiqué sur France Inter Jérôme Sainte-Marie, sondeur et candidat lepénistes aux dernières législatives.

 

Pour le nouveau conseiller économique de Jordan Bardella, Charles-Henri Gallois, taxer les riches est loin d’être la priorité. « La justice fiscale peut s’entendre, mais ce n’est pas cela qui va rétablir les comptes publics, explique-t-il au MondeLa face des comptes publics sera changée par la baisse de la mauvaise dépense publique, par la relance de la production en élaguant les normes et en baissant la fiscalité. »

Une doctrine libérale qui justifie de ne pas lutter contre les inégalités fiscales et sociales, par ailleurs instrumentalisées électoralement par le RN. Dans le volet recettes, l’extrême droite ne votera pas davantage la suppression de la flat tax revendiquée par la gauche, et dont il veut au contraire relever le plafond.

Le RN cible les fonctionnaires, le logement et les associations

Plus généralement, elle propose de baisser les impôts de production dans des proportions encore plus élevées que la droite : 20 %, soit 20 milliards d’euros de rentrées fiscales en moins pour l’État. 20 milliards d’euros, c’est aussi le montant des dépenses publiques que le parti lepéniste veut supprimer chaque année pendant cinq ans, pour atteindre 100 milliards.

Ses votes devraient ainsi s’approcher de ceux de la Macronie sur ce point. La baisse du nombre de fonctionnaires est désormais revendiquée, et d’autres secteurs sont également visés : la politique publique du logement, l’audiovisuel public, qu’il compte privatiser, les subventions aux associations et la formation professionnelle. Avec pour conséquence une poursuite de la dévitalisation des services publics, un autre moteur du vote d’extrême droite.

Ces économies, auxquelles s’ajoutent d’autres mesures chiffrées au doigt mouillé, comme les 25 milliards d’euros liés au « coût de l’immigration », ont pour objectif final de faire passer le déficit public sous les 3 % du PIB. Et donc de suivre à la lettre le pacte de stabilité budgétaire dicté par Bruxelles.

Il semble loin le temps de la sortie de l’euro. Désormais, le RN est en matière budgétaire un des partis les plus zélés des injonctions de l’Union européenne comme des milieux financiers, qu’il veut à tout prix rassurer.

 

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 05:44

 

 

 

 

 

 

 

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