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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 17:20
Une démocratie locale en danger - par Philippe Rio, maire de Grigny, président de la coopérative des élu.e.s communistes - L'Humanité, 20 novembre 2025
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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 06:30
Erik Marchand: les obsèques se dérouleront vendredi à Poullaouen (Le Télégramme, 20 novembre 2025)
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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 19:49
Obsèques de notre camarade Erik Marchand à Poullaouen le vendredi 21 novembre, salle Amzer Zo à 14h30
Après son décès le 30 octobre 2025 en Roumanie, à l'âge de 70 ans, nous aurons l'occasion de dire un dernier adieu à Erik Marchand, adhérent du PCF, et très grand musicien et chanteur, spécialiste des musiques traditionnelles et populaires, de la musique bretonne hybridée avec de nombreux métissages, et de lui rendre un dernier hommage lors de ses obsèques le vendredi 21 novembre à 14h30 à Poullaouen, salle Amzer Zo. 
 
 
Hommage à Erik Marchand, un monument de la musique bretonne

L'Humanité

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 19:46
Cécile Cukierman, présidente du groupe communiste CRCE-K au Sénat: la gauche ne doit pas oublier d'être de gauche
Cécile Cukierman, sénatrice PCF : « Vote du PLFSS : la gauche ne doit pas oublier d’être de gauche »

Tribune

Cécile Cukierman, la présidente du groupe CRCE-K, lance un appel solennel à la veille de l’examen par le Sénat du projet de loi de finances de la Sécurité sociale.

L'Humanité

À la veille de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) au Sénat, rappelons que ce texte n’est pas un simple budget : il est un révélateur politique. Alors que l’Assemblée nationale a été empêchée de voter sur l’ensemble du texte par la stratégie d’obstruction gouvernementale, le texte arrive ce mercredi au Sénat.

Un budget d’austérité, pas de solidarité

Le PLFSS adopté est un texte d’austérité déguisé en « réforme de responsabilité ». Les hôpitaux manquent de moyens, les soignants s’épuisent, les arrêts maladie sont désormais traités comme des abus, tandis que les dividendes du CAC 40 atteignent des niveaux historiques. Le gouvernement épargne les exonérations patronales et la taxation des superprofits – plus de 90 milliards d’euros chaque année – et fait payer la crise aux plus fragiles. Derrière le langage technique, c’est la punition de la solidarité pour mieux protéger le capital, alors que les services publics, la prévention et la santé collective sont sacrifiés.

La gauche ne peut pas être la béquille du macronisme

Quand une partie de la gauche vote pour réduire les droits sociaux, elle valide la logique d’un pouvoir qui fait payer la crise à ceux qui la subissent. On ne peut pas se dire héritier du CNR et accompagner la casse de la Sécurité sociale. Le peuple de gauche n’a pas besoin de demi-mesures : il a besoin de courage, de clarté et d’une rupture avec les logiques libérales qui étouffent notre modèle social.

Le vote sur l’article 45 bis : illusion ou courage ?

L’article 45 bis, qui aurait dû défendre les retraites, a révélé les choix de la gauche. Les socialistes et écologistes ont voté pour la suspension de la réforme, se contentant d’une demi-mesure qui ne remet pas en cause l’injustice structurelle de cette réforme imposée par 49.3.

Ce vote valide donc, pour la première fois à l’Assemblée nationale, le principe même du recul de l’âge de la retraite à 64 ans. Les communistes ont voté contre, car seule l’abrogation complète garantit la justice sociale. Face à une réforme injuste, il n’y a pas de demi-mesure : défendre pleinement les droits sociaux ou valider leur recul.

Au Sénat, nous ne serons pas complices

Les communistes refuseront cette logique. Nous ne nous résignerons pas à gérer la pénurie pendant que les profits explosent. Nous dirons non à la mise sous tutelle de la Sécu, à la surveillance des allocataires et à cette austérité sociale déguisée en morale républicaine. La Sécurité sociale n’est pas un coût, elle est une conquête appartenant à celles et ceux qui la financent : les travailleurs. Nous défendrons un autre modèle fondé sur la solidarité, la justice fiscale et la protection sociale universelle.

La vraie responsabilité, c’est la responsabilité sociale

La responsabilité budgétaire brandie par le gouvernement ne doit pas masquer l’essentiel : défendre les droits sociaux. La Sécurité sociale n’est pas une ligne Excel, c’est un principe de dignité. Nous n’avons pas été élus pour gérer la misère, mais pour la combattre. Face à un pouvoir qui prétend moraliser la société, nous réaffirmons que la justice sociale est notre boussole, et non la peur ou la culpabilisation des citoyens.

Retrouver le cap du partage des richesses

Dire non, ce n’est pas renoncer : c’est défendre une autre logique. Il faut cesser les exonérations massives sans contrepartie ; lutter enfin contre l’évasion et l’optimisation fiscales ; réinvestir massivement dans la santé, la vieillesse et la prévention ; revenir à une fiscalité juste où chacun contribue selon ses moyens et non selon le bon vouloir des lobbies. C’est cela, être de gauche. C’est cela, la cohérence politique et sociale.

Ce PLFSS n’est pas une réforme : c’est une régression. Être de gauche est factuellement incompatible avec sa caution. Nous ne sommes pas là pour accompagner le macronisme social-libéral, mais pour le combattre, par fidélité aux travailleurs, aux retraités, aux soignants et à toutes celles et ceux pour qui la Sécurité sociale reste le dernier rempart contre la précarité et l’injustice. Le courage politique consiste à défendre ces droits, sans concession.

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 19:00
Une femme a été tuée la semaine dernière à Brest, un nouveau féminicide qui rappelle que les violences intrafamiliales touchent tous les territoires, et que le danger se situe souvent au domicile même des victimes.
En France, une femme est assassinée tous les 2,5 jours, tuée par son conjoint ou ex-conjoint. 138 déjà en 2025, un chiffre en hausse. 80 % des plaintes des femmes pour viol sont classées sans suite, moins de 1% d’entre elles aboutissent à une condamnation.
Violences physiques, psychologiques, médicales, économiques,les femmes sont atteintes dans leur chair et dans leurs droits de façon structurelle. Un mépris des gouvernements libéraux envers les femmes et le principe même d’égalité. L’austérité budgétaire met en danger les services publics : les femmes en sont les premières salariées et usagères et donc les premières victimes.
Les structures et associations de ce secteur-clé alertent sur la précarité grandissante de leurs capacités d’action et de leurs conditions d’accueil.
Il faut élaborer des politiques publiques pour prendre en compte le continuum de violences de l’enfance à l’âge adulte, en luttant contre la pédocriminalité et la culture du viol, cela exige de développer les services publics, à égalité sur l’ensemble du territoire.
La Fondation des Femmes estime à 2,6 milliards d’euros par an le budget minimum que l’État devrait consacrer à la protection des victimes de violences conjugales, sexistes et sexuelles en France. L’État n’en dépense que 184,4 millions !
La section du Pays de Brest du PCF soutient les initiatives des organisations féministes à l'occasion de la journée contre les violences faites aux femmes et appelle à y participer nombreuses et nombreux.
-Samedi 22 novembre 15 h place de Strasbourg "Die IN (Le die-in est une manifestation où les participant•es s’allongent au sol pour symboliser les féminicides et personnes trans assassiné•es)
-Mardi 25 novembre 18h Place de la Liberté, Brest : Rassemblement et manifestation
 
PCF Pays de Brest 
Manifestons contre les violences faites aux femmes! - PCF Pays de Brest, 18 novembre 2025
Manifestons contre les violences faites aux femmes! - PCF Pays de Brest, 18 novembre 2025
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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 18:08
A coeur ouvert - Novembre 2025 - Spécial financement de la santé
A coeur ouvert - Novembre 2025 - Spécial financement de la santé
A coeur ouvert - Novembre 2025 - Spécial financement de la santé
A coeur ouvert - Novembre 2025 - Spécial financement de la santé
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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 18:02
Projet de loi de finances de la sécurité sociale: un marché de dupes! - Communiqué de la commission Santé Protection sociale du PCF
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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 17:05
Plein temps - Journal du PCF à destination des retraité.e.s - novembre 2025
Plein temps - Journal du PCF à destination des retraité.e.s - novembre 2025
Plein temps - Journal du PCF à destination des retraité.e.s - novembre 2025
Plein temps - Journal du PCF à destination des retraité.e.s - novembre 2025
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16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 19:01
Le projet de loi des finances prévoit l'amputation de 13% des budgets des missions locales.
Elles accompagnent actuellement 45 000 jeunes en Bretagne. 
Ce serait une perte de chances pour les jeunes qui ne pourront plus être accompagnés par les missions locale
Et des suppressions d'emplois dans les missions locales (4 à 5 postes perdus pour le Cornouaille).
Ce budget est vraiment un budget des horreurs, un budget de casse et de classe.
L'union nationale des missions locales a mis en ligne une pétition à signer par tout le monde et une tribune à signer par les élu-e-s :
 
 
Voir les articles de presse :
Le Télégramme : 
Ouest-France :
 
https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/a-morlaix-la-mission-locale-lance-un-cri-dalerte-face-a-la-baisse-des-financements-de-letat-2ca69cc0-c0c7-11f0-a7a6-0300a242c945
 
https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix-29600/la-jeunesse-est-sacrifiee-a-morlaix-ils-denoncent-les-coupes-budgetaires-des-missions-locales-6929041.php

 

Soutien aux missions locales: signez la pétition du réseau national des missions locales

Le projet de loi de finances 2026 prévoit une série de coupes budgétaires, dont les effets cumulatifs seront dévastateurs pour toute une génération :

❌ Remise en cause de l’apprentissage, avec la suppression totale des exonérations sociales mais aussi de l’aide à passer le permis de conduire pour les jeunes apprentis,

❌ Diminution de 16 000 accompagnements des jeunes dans le cadre du Contrat d’engagement jeunes, dont 11 160 pour ceux suivis par les Missions Locales,

❌ Suppression de près de 20 000 postes dans les dispositifs d’insertion par l’activité économique, dont les jeunes étaient en partie bénéficiaires,

❌ Baisse dramatique des allocations ponctuelles accordés aux jeunes dans le cadre de leur parcours d’insertion : moins 53 millions d’euros sur 2 ans !

❌ Régression de près de 20% des crédits accordés aux Missions

Locales sur 2 ans alors que le nombre de jeunes accompagnés notamment des mineurs, augmente fortement en 2025 (+8%).

A ces coupes s’ajoute la baisse de près 4,8 milliards d’euros sur les crédits des collectivités locales. Les collectivités, qui demain se tourneront vers les Missions Locales pour répondre aux besoins des jeunes de leur territoire, pourraient trouver des partenaires exsangues.

Ce sont les jeunes qui paieront le prix fort.

Le réseau des Missions Locales est en première ligne face aux difficultés que rencontrent leurs habitants, nous nous mobilisons pour défendre un modèle unique, décentralisé et efficace d’insertion professionnelle et sociale des jeunes. Nous appelons le Gouvernement et les parlementaires à réévaluer les moyens accordés aux Missions Locales et à l’accompagnement des jeunes en 2026.

🔴 Investir dans la jeunesse et dans ceux qui l’accompagnent, c’est donner une chance à demain.

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16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 17:27
« Ce régime veut effrayer et laisser croire qu’il est impossible de réaliser un tel film » : avec « les Aigles de la République », le cinéaste en exil Tarik Saleh conclut sa trilogie sur Le Caire (L'Humanité, 11 novembre 2025)
« Ce régime veut effrayer et laisser croire qu’il est impossible de réaliser un tel film » : avec « les Aigles de la République », le cinéaste en exil Tarik Saleh conclut sa trilogie sur Le Caire

Les Aigles de la République clôt la trilogie cairote du cinéaste suédo-égyptien Tarik Saleh. On y retrouve son acteur fétiche Fares Fares en star du cinéma égyptien contraint d’incarner, dans un biopic boursouflé, le président Al Sissi.

Michaël Mélinard

Dernier volet de la trilogie du Caire de Tarik Saleh (Le Caire confidentiel, la Conspiration du Caire), les Aigles de la République poursuit l’exploration des structures de pouvoir dans la capitale égyptienne. Cette fois, l’acteur fétiche du cinéaste, Fares Fares, incarne George Fahmy, la star de cinéma la plus populaire d’Égypte.

Les autorités tissent une toile pour le contraindre à incarner Al Sissi, le président du pays, dans un biopic hagiographique. Peu importe leurs différences physiques, le dirigeant veut un interprète à sa mesure. Mais en pactisant avec le régime, George se retrouve pris dans un engrenage qui met sa vie et celle de ses proches en danger.

Dans un thriller politique implacable, le cinéaste suédo-égyptien convoque des personnages troubles, des femmes fortes, écrasées par la violence des hommes et les oripeaux d’une dictature qui tente de masquer sa médiocrité dans le clinquant et l’éclat du cinéma.

Que permet ce mélange entre des éléments du cinéma égyptien des années 1950 et 1960 et le monde contemporain ?

Tarik Saleh

Réalisateur

Il y a trois réponses différentes. La première concerne la temporalité. Au Caire – le conquérant en arabe – la cohabitation entre le passé, le présent et le futur est compliquée. Même un pharaon ou Al Sissi, qui représentent l’équivalent d’un clignement d’œil dans l’histoire de l’Égypte, doivent se plier aux règles de la ville.

 

Moubarak a cru pouvoir mettre Le Caire à sa botte. Il a dû s’en aller. La trilogie évoque ces hommes qui pensaient soumettre la ville. La deuxième est liée au fait que je n’ai pas mis les pieds en Égypte, où je suis persona non grata depuis dix ans. L’Égypte est un souvenir qui s’éloigne, une photo qui se brouille.

Mes films sont la mémoire d’un endroit : une porte, un coin de rue, le son produit par une radio. J’essaie de recréer une réalité parallèle. Ces films sont ma vision très personnelle du Caire. Mais elle est plus réelle que la télévision ou les films égyptiens qui ne sont que propagande ou soap operas. La troisième tient à la nostalgie de ces acteurs qui se prennent pour Marlon Brando ou imitent des figures légendaires comme Cary Grant.

Que signifie être un cinéaste en exil ?

Ne pas pouvoir retourner en Égypte, que j’adore, est l’une des plus grandes déceptions de ma vie. Je m’imagine souvent y entrer clandestinement avec un faux passeport même si j’ai promis à ma femme de ne pas le faire. Je suis né en Suède mais je ne me sens pas 100 % suédois. Et je ne me sens pas 100 % égyptien non plus.

Mais, au Caire ou à Alexandrie où j’ai fait mes études universitaires, j’ai l’impression de rentrer à la maison. En Suède ou en Europe, les personnes de couleur sont constamment interrogées sur leurs origines. J’appartiens à un entre-deux, à une troisième voie dans laquelle je me sens à ma place.

J’ai davantage de points communs avec un cinéaste d’Iran, de Norvège ou de Russie qu’avec Al Sissi ou un abruti suédois même si nous partageons les mêmes langues et cultures. Mais l’exil est extrêmement douloureux. Parfois les gens interrogent ma légitimité à raconter des histoires égyptiennes. Ce n’est pas seulement un droit, c’est un devoir. Parce que je suis libre de montrer Al Sissi et de décrire une élite privilégiée.

« J’aimerais dire que cela n’arrive qu’en Égypte mais, aux États-Unis, Trump surveille Hollywood »

Au-delà de l’Égypte, de quelles relations de pouvoir entre l’art et l’industrie parle le film ?

Depuis sa prise de pouvoir, Al Sissi a la main sur l’industrie audiovisuelle. L’Égypte a longtemps pu profiter du milliard d’arabophones pour asseoir sa position dominante du Maroc à l’Irak. Mais elle recule. Qui s’intéresse à Al-Ikhtiyar, une série télévisée sur Al Sissi, incarné par un acteur grand et chevelu ?

J’aimerais dire que cela n’arrive qu’en Égypte mais, aux États-Unis, Trump surveille Hollywood. Larry Ellison qu’on appelle « le président de l’ombre » vient d’acheter Paramount et vise maintenant Warner Bros. Toute cette puissance se consolide autour d’un leader qui n’accepte pas d’être critiqué.

L’Europe va-t-elle s’en inspirer ? La population doit se rappeler qu’historiquement, l’art a été à 99 % une manifestation du pouvoir : une pyramide construite pour un pharaon divin, la chapelle Sixtine pour prouver l’existence de Dieu et affirmer que le pape est son représentant sur terre.

L’art libre équivaut à un îlot. Je reste néanmoins très optimiste parce que les gens ont une relation privée avec les histoires, la peinture, la musique. Les artistes se faufilent, apportent de l’humanité, de la liberté, des rêves et des aspirations.

Que risque l’équipe du film pour sa participation à ce film critique sur Al Sissi ?

Nous ne le savons pas encore. Mais ce régime veut effrayer, laisser croire qu’il est impossible de réaliser un tel film. Je suis très transparent avec mes collaborateurs. Je leur explique mes intentions pour qu’ils prennent leur décision en leur âme et conscience. Ils ont été très courageux. La majeure partie de l’équipe veut défier ce régime.

Mais ce qui nous inquiète le plus, c’est le soutien à Al Sissi des leaders européens et états-uniens qui l’ont couvert de récompenses. Que leur a-t-il promis en échange ? La fermeture de Rafah pour que le génocide puisse se poursuivre ou celle de la frontière afin qu’aucun Africain ne puisse rejoindre l’Europe ?

Une chose est sûre, il n’a rien fait pour sa population. Je ne suis pas un cinéaste politique mais je suis conscient que ce que je fais a des conséquences politiques. Mais le plus important réside dans la révolution en germe avec la génération Z en Afrique. Ils vont renverser ces leaders. Et l’Europe devrait se demander ce qu’elle lui dira quand cette génération aura renversé ces tyrans.

Les gens n’ont pas de travail, pas le minimum nécessaire et on les humilie, on leur tire dessus dès qu’ils protestent. Je viens d’un pays où Greta Thunberg est partie rejoindre une zone de guerre en bateau. Elle ne veut pas voyager en avion privé ou aller au concert de Beyoncé. On ne peut pas arrêter cette nouvelle génération.

Les Aigles de la République, de Tarik Saleh, Suède, France, Danemark, 2 h 9. En salle le 12 novembre.

« Ce régime veut effrayer et laisser croire qu’il est impossible de réaliser un tel film » : avec « les Aigles de la République », le cinéaste en exil Tarik Saleh conclut sa trilogie sur Le Caire (L'Humanité, 11 novembre 2025)
 Les Aigles de la République » de Tarik Saleh, la dictature égyptienne mise en abyme

Un célèbre acteur égyptien est contraint d’incarner le maréchal putschiste dans un film à sa gloire. Le troisième long métrage du cinéaste suédois Tarik Saleh mêle critique du pouvoir militaire et hommage au cinéma des années 1950-1960. Passionnant.

Sophie Joubert - L'Humanité

Le cru 2025 du Festival de Cannes est décidément très politique. Qu’il s’agisse de Deux procureurs, de Sergei Loznitsa, plongée kafkaïenne dans l’arbitraire stalinien, d’Eddington, d’Ari Aster, charge farcesque contre les suprémacistes blancs et les complotistes qui ont fait le lit de Trump 2, ou de l’Agent secret, de Kleber Mendonça Filho, sur la mémoire des disparus sous la dictature brésilienne, la compétition prend le réel à bras-le-corps sans pour autant oublier la forme et les questions de cinéma.

Preuve en est la sélection des Aigles de la République, troisième long métrage du Suédois (de père égyptien) Tarik Saleh. Cette critique sans détour du régime du maréchal Sissi, au pouvoir depuis le coup d’État militaire de juillet 2013, est d’abord un hommage aux mythiques studios du pays, haut-lieu du cinéma dans les années 1950-1960. Celles et ceux qui ont aimé Le Caire confidentiel (2017) et la Conspiration du Caire (2022) ne seront pas dépaysés, ce nouvel opus formant avec les deux précédents une trilogie noire qui ne dit pas son nom.

S’il se passe aujourd’hui, le film noue un dialogue avec l’âge d’or du cinéma égyptien mais aussi hollywoodien et la trajectoire des cinéastes juifs qui ont fui l’Allemagne nazie. Dès le somptueux générique, des affiches peintes sur la façade d’un studio d’où sort le personnage principal comme s’il traversait l’écran, Tarik Saleh joue sur la mise en abyme. À travers le prisme du cinéma et le tournage d’un nanar de propagande à la gloire du dictateur, il questionne le rapport à la vérité et au mensonge, la relation de l’artiste avec le pouvoir et l’argent.

Flambeur, menteur, incarnation d’une masculinité à l’ancienne

Surnommé le « pharaon de l’écran », George Fahmy (l’impeccable Fares Fares, comédien fétiche de Tarik Saleh) est une vedette populaire des studios du Caire. Séparé de sa femme, Marianne, la mère de son fils, il entretient une liaison avec Donya (Lyna Khoudri), une aspirante actrice sans talent qui pourrait être sa fille. Flambeur, menteur, incarnation d’une masculinité à l’ancienne, il vit une existence libre en prenant soin de sauver les apparences.

Convoqué par le bureau de la censure (représenté par un trio de femmes voilées), qui voit d’un mauvais œil son appartenance à la minorité copte et sa consommation d’alcool, il est presque simultanément approché par l’éminence grise du dictateur, le Docteur Mansour.

 

La demande est claire et ne souffre aucun refus : l’acteur devra incarner le maréchal Sissi dans un film qui retrace son coup d’État contre l’ancien président Morsi, la « révolution » dans la langue de bois du régime. Catapulté dans les cercles rapprochés du pouvoir, les fameux Aigles de la République, l’acteur rencontre la magnétique Suzanne (Zineb Triki, vue dans le Bureau des légendes), dont il tombe amoureux malgré le danger.

Entre film noir et comédie qui vire au tragique, Tarik Saleh met en place une mécanique qui s’enfonce dans les rouages de la dictature militaire, représentée comme un théâtre d’ombres, un décor de cinéma dont les coulisses sont filmées en plongée pour mieux en révéler les faiblesses. Si Al Sissi est essentiellement présent de biais, par les affiches de propagande et ses prises de parole à la télévision, la terreur, elle, est bien réelle. À mesure que le piège se referme sur George, qui a passé un pacte faustien avec le Dr Mansour, le seul civil de la bande et marionnettiste de l’opération, ses proches sont intimidés, enlevés, torturés.

L’esthétique très travaillée du cinéaste

Tourné en Turquie (Tarik Saleh a été expulsé d’Égypte en 2015), le film s’appuie sur des décors et des costumes soignés qui font davantage référence à un présent fantasmé qu’à la réalité du pays. On retrouve dans les Aigles de la République l’esthétique très travaillée du cinéaste. Des virées nocturnes façon polar rappellent celles du chauffeur de taxi du Caire confidentiel. Sa façon de filmer l’institution, ici l’armée, ses codes et son décorum fait écho à son regard sur les religieux dans la Conspiration du Caire.

Jusqu’à la référence à l’assassinat de Sadate, le 6 octobre 1981, rejoué lors d’une extraordinaire scène de parade militaire. Si l’histoire est centrée sur un héros masculin aux manières aussi vintage que ses chemises, les personnages féminins existent vraiment, interrogeant avec un humour subtil une virilité adossée au nationalisme.

Comme dans ce dîner où la femme lettrée du ministre castre littéralement un cuistre qui affirme que Shakespeare était arabe en lui clouant le bec. Quant au peuple, dont le pouvoir fait bien peu de cas, il est représenté par un groupe de vieillards qui parient sur les courses de chevaux dans la rue en écoutant la radio, loin des studios de cinéma.

Les Aigles de la République, de Tarik Saleh, Suède-France-Danemark, 2 h 9

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