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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:42

 

 

 

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:40
Du droit au logement et du droit au territoire - par Gladys Grelaud et Dominique Gontier

Du droit au logement et du au droit au territoire

Articles et dossiers de presses, colloques, congrès, déclarations pour certaines intempestives, la question du logement interpelle subitement.

Et l'on découvre les conséquences désastreuses pour la majorité des habitants de la spéculation foncière et immobilière, de la spécialisation des territoires, du poids des résidences secondaires dans certaines communes et de l'assignation à résidence dans bien des cas.

Alors certes ce phénomène n'est pas particulier à la Bretagne et ne se limite pas d'ailleurs aux secteurs touristiques mais à l'ensemble des zones à forte valeur spéculative. On y trouve évidemment une partie de la frange littorale mais également des villes comme Rennes,ou Brest et leurs abords résidentiels.

Et la mise en place d'un statut de résident, version localisée d'un statut de bonne conduite n'y changera absolument rien. Notons au passage que la seule et réelle vocation de cette proposition est de fait d’introduire à bas bruit des critères identitaires au droit au logement.

Les constats que tout un chacun peut faire - gentrification du centre des grandes villes, gentrification des zones côtières à vocation touristique, développement de locations touristiques de courte durée, éloignement des salariés des zones d'emplois ou des secteurs bien pourvus en équipements etc – ne sont que le résultat des effets pervers du marché du logement laissé hors de toute régulation publique.

Chacun peut aujourd'hui mesurer les dégâts d'une politique totalement tournée vers le « laisser faire », le « fil de l'eau » la réduction de l'action publique et la transformation du logement social conçu pratiquement à son origine comme un logement de service public en logement des plus démunis.

On peut ensuite venir nous parler de mixité sociale, de cohérence entre le lieu de travail et le domicile, de bonne gestion des mobilités, d'indispensables transitions énergétiques, sociales, environnementales, dans la réalité , on est très loin du compte.

Si nous voulons une société inclusive, qui respecte de droit de tous les citoyens en matière de logement et de lieux de résidence nous ne pouvons en rester là.

Il y a des leviers qui existent. Il faut les utiliser.

Il y a des batailles à gagner. Il faut les mener.

Il y a des objectifs à atteindre. Il faut les désigner.

Le Parti communiste s'est toujours battu pour le droit au logement et le droit au territoire.Il s'est toujours battu pour que les citoyens dans leur diversité vivent là où ils ont envie de vivre quel que soient leurs moyens et leurs origines. Le recours systématique et systémique à la promotion immobilière privée ne peut répondre à ces objectifs d’égalité des droits.

Il est grand temps de redonner toute sa place stratégique au logement de service public, au logement pour tous. Car ce qu'il est convenu d'appeler le logement social c'est d'abord le logement pour tous. On ne peut donc détourner sa mission en le limitant au logement des plus démunis. En fait le logement de service public attribué sous conditions de ressources qu'il s'agisse du logement locatif ou en accession à la propriété intéresse la grande majorité des habitants de la région et 70% d'entre y sont éligibles. C'est donc un élément majeur du droit au logement et au territoire.

Il faut encourager les communes les communauté des communes et d'agglomération, à utiliser tous les moyens qui sont d’ores et déjà à leur disposition pour maîtriser le foncier et les opportunités immobilières, notamment dans les secteurs où l’exclusion des couches populaires est la plus marquée ou en voie de gentrification. En gardant pour ligne de conduite l’intérêt collectif et le bien commun.

Les organismes du logement de service public locaux, départementaux sont des partenaires essentiels avec lesquels il convient de conclure des conventions pour des interventions ciblées destinées à promouvoir la mixité sociologique.

Il est temps aussi d'expérimenter des solutions nouvelles comme l'Office Foncier Solidaire qui a déjà fait ses preuves à Paris et à Rennes, l’acquisition par bail emphytéotique, l'acquisition du logement sans le terrain, offrant la possibilité aux classes moyennes et populaires de vivre dans des zones qui leur sont de fait interdites.

Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste ( Finistère)

Dominique Gontier,  PCF 29

Article pour le journal "Avenir" qui sortira à la fête de l'Humanité Bretagne, article des fédérations bretonnes du Parti communiste

 

Droit au logement, les propositions communistes:

Le logement est à la fois un droit reconnu par la Constitution et un bien marchand qui fait l’objet de spéculation. Dans les métropoles, la hausse des prix du mètre carré pénalise les familles, jusqu’à les exclure des grandes villes ou les livrer à la merci de propriétaires peu scrupuleux. Nous devons refuser que le logement soit une marchandise. Le manque de logements dignes et durables à un coût accessible à toutes et tous est un problème majeur de notre pays. Derrière la volonté affichée de favoriser l’accès à la propriété, se cache le désir profond de ce gouvernement de s’attaquer au secteur du logement social. Il représente pourtant un rempart pour permettre à des familles aux revenus modestes de se loger dignement. L’habitat privé insalubre, qu’il soit lié à l’habitat ancien, aux copropriétés dégradées ou à la paupérisation du tissu pavillonnaire est loin d’être un épiphénomène. Dans certains secteurs, le nombre de logements insalubres représente jusqu’à 40 % du parc de logement privé. Dans un contexte de crise du logement, les marchands de sommeil prospèrent sur le dos de la précarité et de la fragilité de familles entières. Au vu de la situation, les réponses ne peuvent pas reposer que sur les épaules des communes. Une intervention publique d’ampleur est nécessaire. Malgré des efforts conséquents autour de la rénovation urbaine, la violation de la loi SRU par certaines communes, la hausse des loyers et la baisse des APL ont aggravé les difficultés des habitant·e·s. Nous affirmons que le droit au logement doit primer et qu’il doit être garanti pour permettre à chaque citoyen·ne, à chaque famille de se loger et de sortir d’une insécurité insupportable. Il est temps qu’émerge un véritable droit au logement pour toutes et tous. Nous proposons :

  • Un arsenal législatif renforcé contre les marchands de sommeil et le déblocage de moyens pour reloger et soutenir dans leurs procédures les victimes de ces délinquants.
  • La construction de 200 000 logements sociaux par an et le renforcement de la loi Solidarité renouvellement urbain en imposant 30 % de logements sociaux en zones urbaines. Des mesures coercitives plus fortes contre les villes qui ne respectent pas la loi doivent être prises.
  • Une aide à la pierre à hauteur de 40 % du coût des opérations pour permettre de construire massivement.
  • Un plan d’action national pour mettre un terme aux copropriétés dégradées et pour la rénovation thermique de l’habitat.
  • Un renforcement de l’encadrement des loyers, avec l’objectif que la proportion du loyer et des charges dans le budget des familles ne dépasse pas 20 % de leurs revenus ; revalorisation de l’APL et suppression de la caution dans le parc privé.
  • L’augmentation des taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires dans les zones en déficit de logements.

Plus que jamais, la bataille à mener pour se loger dignement en France doit être une cause nationale.

 

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

https://www.lafranceencommun.fr/un_logement_digne_et_durable

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:22

 

 

1- Le PIB augmente de 3 % au troisième trimestre.

C’est à peu de choses près ce qui était prévu : l’INSEE prévoyait 2,7 % pour ce même trimestre dans sa note de conjoncture. L’écart est de l’épaisseur du trait. Sur l’ensemble de l’année 2021, cela pourrait faire entre 6,3 % et 6,5 % de croissance… après -8 % en 2020, il n’y a pas de quoi pavoiser.

 

2- Le contenu de cette croissance n’est pas bon :

C’est surtout de la consommation des ménages (+5 %) et du déstockage avec peu de production (-0,3 %).

C’est aussi la consommation de services marchands (+4,7 %, dont tourisme, cafés restaurant, laboratoires d’analyse, etc.) qui soutient cette consommation, consommation qui n’a pas vocation à continuer d’accélérer

La financiarisation de l’économie atteint des sommets (le CAC 40 dépasse ses records de fin 2019), rien ne s’observe encore sur l’investissement (-0,1 % après +2,5 %)

L’emploi reste miné en qualité et le nombre d’inscrits à pôle emploi enregistre lui aussi un record, le dégonflement du nombre de chômeurs de catégorie « A » étant du à 2 facteurs : transferts des chômeurs d’une catégorie à l’autre, augmentation du nombre de stage (mais pas des formations longues et qualifiantes !)

Nous sommes en train de « manger notre pain blanc » d’un retour quasi mécanique à un niveau « normal », mais dans une situation sous-jacente bien dégradée et sans préparer correctement l’avenir. Et ceci, alors que les marges des entreprises atteignent des sommets inégalés depuis 70 ans !

 

3- Rappelons que ce sont plus de 400 milliards de PIB qui n’auront pas été produits d’ici fin 2023, par rapport à la trajectoire sur laquelle nous étions avant la récession

 

4- Les nuages noirs sont en train de s’accumuler

  • L’Allemagne vient de réviser ses prévision à la baisse pour l’année 21 (2,6 %, soit 0,9 points de moins qu’au printemps) ;
  • L’UE n’accélère pas sa croissance : +2,2 % au 3ème trimestre après +2,1 % au 2ème ;
  • Le FMI a révisé à la baisse de 1 point les prévisions pour la Chine et les Etats-Unis. Or ces économies tirent l’économie française

5- Nuages noirs aussi :

  • Le creusement abyssal du déficit commercial, qui bat tous les records ;
  • L’accélération de l’inflation (+2,6 % en octobre, après 2,2 % en septembre) ;
  • Les pénuries de produits ;
  • La BCE qui envisage un resserrement de sa politique monétaire, sans oser l’engager, preuve qu’elle juge l’économie et sa reprise fort fragile ;
  • Le plan Biden de financement de l’économie américaine, qui va prélever des capitaux sur l’Europe.

6- Mais le gouvernement fait tout pour retarder les difficultés après l’élection présidentielle.

La survenue d’une « deuxième lame » risque de frapper fort, particulièrement l’emploi avec des plans de suppressions que les groupes mettront alors en œuvre probablement à l’été


7- Il faudrait tout au contraire, pour une transformation productive, engager des formations massives pour des emplois dans les services publics et dans les entreprises, appuyés par des investissements efficaces, sécuriser les revenus des ménages, impliquer les profits et le capital dans un immense effort de développement de l’emploi, de la formation et de la R&D.

Interpellons partout préfets et gouvernement sur l’utilisation des aides. Menons la bataille pour la convocation de conférences réunissant tous les acteurs économiques et sociaux, pour y exiger la prise d’engagements par les entreprises et les banques pour l’emploi, la formation, les salaires, la transformation productive et écologique.

 

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:14

 

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 07:03
Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h mobilisation devant l'hôpital pour la venue du représentant de Macron: la politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!

Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h soyons nombreux mobilisés  devant l'hôpital de Morlaix pour la venue du représentant de Macron: sa politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!

Ouest-France Morlaix 22 novembre 2021

Un appel à la mobilisation devant l’hôpital pour la venue du secrétaire d’État, mardi, à Morlaix

​À l’occasion de la venue de Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la ruralité au centre hospitalier des Pays de Morlaix (Finistère), le comité de défense de l’établissement lance un appel à mobilisation ce mardi 23 novembre 2021, entre 11 h et 13 h, pour « stopper l’hémorragie des hôpitaux publics ».

Le comité de défense du centre hospitalier des pays de Morlaix appelle « toute la population du pays de Morlaix » à un rassemblement devant le bâtiment administratif de l’établissement de santé, ce mardi 23 novembre 2021, de 11 h à 13 h, à l’occasion de la venue de Joël Giraud, secrétaire d’État en charge de la ruralité.

« Urgence pour l’hôpital public »

« Urgence pour l’hôpital public », « accès aux soins pour toutes et tous ». Voilà les mots d’ordre de ce comité, qui estime que « le gouvernement doit stopper l’hémorragie des hôpitaux publics et permettre à tous les Français d’accéder aux soins et arrêter la maltraitance institutionnelle ».

Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h mobilisation devant l'hôpital pour la venue du représentant de Macron: la politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!
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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:09

 

Fabien Roussel se rendra en Guyane, Martinique et Guadeloupe du 22 au 28 novembre 2021

La tension continue de monter en Guadeloupe : incendies, barricades, barrages s’étendent sur tout le territoire, dans les villes et dans les campagnes. Résultat de plusieurs années de revendications populaires restées insatisfaites et des diktats du gouvernement toujours plus incompréhensibles pour la population.

La réponse du gouvernement : envoyer 200 gendarmes ! Il faut stopper cette escalade dans la violence et prendre la mesure de la colère dans ce territoire, où les inégalités comme la pauvreté explosent et où les meurtrissures laissées par l’épidémie de Covid constituent des ferments de l’aggravation de cet embrasement social.

Tout laisse à penser que la réponse ne peut être dans la répression mais dans l’écoute et le dialogue avec la population et les organisations syndicales.

J’appelle le gouvernement à prendre la mesure de cette révolte afin et d’apporter des solutions aux problèmes posés, à la vie chère, afin d’éviter le chaos, dans ce territoire et l’extension de ce conflit dans les autres départements, régions et collectivités d’outre-mer.

J’apporte mon soutien à la population toute entière qui, au-delà de la situation liée à la vaccination ne croit plus en la parole publique.

Je me rendrai aux Antilles et en Guyane la semaine prochaine, afin de prêter une écoute attentive aux grévistes, aux élus et m’imprégner des difficultés de nos concitoyens qui se sentent discriminés et abandonnés depuis des décennies.

Les réactions du Gouvernement ne sauraient être celles d’une époque révolue qui ne peuvent que réveiller les blessures du passé.

Il est plus que temps de répondre aux besoins des habitants, de faire vivre l’égalité des citoyens, où qu’ils vivent ! En République, il ne doit pas avoir de citoyens de seconde zone.

Fabien Roussel, député du Nord, candidat à la Présidence de la République,
Paris, le 19 novembre 2021.

 

 

 

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:05

 

Le 21 novembre se tient à Paris le grand rassemblement de Fabien Roussel en faveur du pouvoir d’achat et de l’emploi. Le candidat du PCF à la présidentielle défend un « pacte pour le progrès social et l’écologie à 140 milliards d’euros » dédié à « un vrai projet de société ». GRAND

ENTRETIEN 

 

Le capital coûte cher, très cher. Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux », dénonce le député du Nord. À l’opposé de cette logique libérale, le candidat pour des « jours heureux » détaille ses propositions et leur financement : baisse des factures d’énergie, augmentation des salaires, réindustrialisation, développement des services publics, réduction des « vraies charges qui pèsent sur les entreprises », ou encore transports gratuits…

 

La lutte contre la vie chère et pour l’emploi est au cœur de votre campagne. La question du pouvoir d’achat arrive en tête des préoccupations, quelles mesures mettriez-vous immédiatement en place si vous étiez élu ?

FABIEN ROUSSEL 

Cet hiver, beaucoup de familles, d’enfants, de retraités risquent d’être contraints de choisir entre se nourrir ou se chauffer, de sombrer dans la misère. Nous ne pouvons pas attendre les élections. Notre rassemblement du 21 novembre à Paris est une grande journée de lutte et de mobilisation pour interpeller le gouvernement sur les mesures d’urgence pour dire stop à la vie chère et porter des propositions pour l’emploi, la formation et les salaires. Les hausses des factures de gaz, d’électricité, d’essence vont s’ajouter à celles des mutuelles, des loyers, des prix de l’alimentation… Cela représente dès maintenant des pertes de pouvoir d’achat de plus de 100 euros par mois. Le gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, par dizaines de milliards, aux plus riches. Le capital nous coûte cher, très cher, entre le Cice, l’ISF, la flat tax, l’exit tax… Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux. Il faut mettre fin à cette gabegie de dépenses publiques, et utiliser cet argent pour baisser les taxes afin de réduire sans attendre de 30 % les factures de gaz et d’électricité, et le litre de carburant.

Mais nous savons que cela ne suffira pas : l’enjeu est aussi de consommer moins. Nous voulons donc un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments et logements de 23 milliards d’euros par an et un plan de développement des transports en commun. Dans les 45 métropoles de notre pays, l’État doit prendre à sa charge leur gratuité, en priorité pour les moins de 25 ans et les salariés. Dans les autres territoires, je propose que les 50 % du ticket de TER des salariés non remboursés par l’employeur le soient par l’État. Le TER sera gratuit pour se rendre au travail. Exit les cars Macron, bienvenue aux trains Roussel.

Icon QuoteLe gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, aux plus riches. (...) Soit plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux par an. »

 

Comment augmenter le Smic et les salaires, comme vous le proposez également, sans mettre en difficulté les entreprises, notamment les plus petites ?

FABIEN ROUSSEL 

D’abord, nous proposons une hausse du Smic à 1 800 euros brut, mais aussi que tous les salaires soient indexés à l’inflation. C’est ce que l’on appelait auparavant l’échelle mobile des salaires, qui n’existe plus depuis près de quarante ans. Et, de ce fait, le salaire moyen se tasse. Pire, dans certaines branches professionnelles, le salaire minimum est inférieur au niveau du Smic. Pour les fonctionnaires, dont le point d’indice est gelé depuis douze ans, il faut augmenter de 30 % les salaires. Bien sûr pour les catégories C, dont les revenus sont très bas, mais je pense aussi à ces sages-femmes, par exemple, qui, après cinq ans d’études, sont à 1 800 euros net. Pour les entreprises, augmenter les salaires sera possible car je propose de baisser les charges.

Vous pensez sans doute à d’autres « charges » que celles sans cesse évoquées par la droite pour s’attaquer au « coût du travail » ?

FABIEN ROUSSEL 

De Xavier Bertrand à Emmanuel Macron en passant par Éric Zemmour et Marine Le Pen, ils n’ont en effet que ces mots-là à la bouche. Eux parlent des cotisations qui permettent pourtant de financer notre système de solidarité, la Sécurité sociale. Moi, je parle des vraies charges qui pèsent sur les entreprises. Elles sont au nombre de trois. À commencer par les factures énergétiques, qui s’envolent du fait de la libéralisation et dont nos entreprises souffrent aussi. Elles ont besoin d’accéder à une électricité moins chère et décarbonée. C’est un enjeu tant économique que climatique qui nécessite de monter en puissance dans un mix énergétique avec une grande part d’électricité nucléaire.

Il faut également réduire les charges des assurances. C’est peu de le dire, ces dernières n’ont pas été au rendez-vous de la pandémie et continuent d’augmenter les cotisations alors qu’elles sont assises sur un tas d’or, avec près de 100 milliards d’euros de fonds de réserve. Je propose de nationaliser Axa et de créer une garantie d’assurance publique aux entreprises beaucoup moins chère.

Ces charges financières sont enfin celles imposées par les banques pour des crédits de surcroît difficiles à obtenir. Nous voulons une banque publique qui prêtera à taux zéro pour des investissements qui permettent de relocaliser l’activité, la transition écologique, de former et d’embaucher, notamment des jeunes.

Icon Quote Quand on additionne les besoins pour l’école, la santé, la police, les éducateurs, la justice... ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Vous défendez également un plan de « reconquête industrielle et de relance des services publics ». Comment éviter les délocalisations et réinvestir dans les services publics ?

FABIEN ROUSSEL 

La France a perdu 2 millions d’emplois industriels en vingt ans. C’est une catastrophe nationale, un crime organisé contre notre industrie. Mon plan, c’est d’abord un moratoire sur toutes les délocalisations en cours. Car, quand on perd des compétences dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans le textile, il faut des années pour les reconquérir. L’État est complice de ce grand déménagement industriel, or il peut et doit non seulement mettre un garrot sur cette hémorragie mais aussi reconstruire des filières entières, comme celle du textile, du médicament…

Que l’on ne me dise pas que c’est un coût pour le climat. C’est faux. En l’espace de quinze ans, les émissions de COimportées ont augmenté de 75 %, alors qu’ici elles sont en train de baisser. Cette politique de relocalisation de l’activité doit être menée par tous les pays et aller de pair avec des circuits de coopération, hors loi du marché, sur les matières premières.

Pour nos services publics, un pacte sans précédent est nécessaire pour rattraper tous les retards. Quand on additionne les besoins pour l’école, pour l’accompagnement des personnes âgées, pour la santé, la police, les éducateurs, la justice, ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Où entendez-vous trouver les moyens de financer toutes ces ambitions ?

FABIEN ROUSSEL 

Je propose un pacte européen pour le progrès social et écologique. Un pacte pour l’emploi et le climat, pour sortir du dogme de l’austérité et de la concurrence libre et non faussée. Parce que le pacte budgétaire est mort ! Remis en cause par la pandémie, les 3 % de déficit et les 60 % d’endettement inscrits dans le marbre du traité de Maastricht et du pacte de stabilité n’existent plus. Tout le monde le dit. Il est donc nécessaire d’en écrire un nouveau qui permettrait de mobiliser 6 % du PIB européen, c’est-à-dire 900 milliards d’euros par an.

Et nous proposons pour la France le même pacte à hauteur de 6 % de notre PIB, soit 140 milliards. Ce pacte budgétaire européen sera financé par la Banque centrale européenne, qui pourra faire tourner la planche à billets, non plus pour gaver les marchés financiers mais pour ces investissements utiles. Il sera aussi abondé par les ressources nouvelles que nous obtiendrons des multinationales en faisant participer le capital. C’est une bataille à mener à l’échelle de l’Union européenne, mais c’est autrement plus ambitieux que les 750 milliards d’euros actuellement prévus pour six ans.

Icon Quote Nous proposons, pour notre réforme des retraites, une cotisation de 11 % appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récolter près de 30 milliards d’euros par an. »

 

À rebours de ce qu’a exposé Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution, vous proposez de réduire le temps de travail. Comment y parvenir tout en préservant les salaires, les emplois et notre système de protection sociale ?

FABIEN ROUSSEL 

La première réforme que nous devons faire, la plus urgente, c’est celle des retraites, pour permettre de partir à 60 ans avec une bonne pension, et d’être remplacé par l’embauche d’un jeune. L’autre urgence est aussi de réduire le temps de travail hebdomadaire. Pas par dogme, mais parce que nous préférons travailler moins pour travailler tous et bien. Je ne le ferai pas en l’imposant brutalement à toutes les entreprises du jour au lendemain. Cette réduction doit se faire progressivement dans le dialogue et la concertation, en fonction des réalités des entreprises, mais surtout en tenant compte des conditions de travail et du besoin grandissant de formation.

Beaucoup de métiers ne sont plus attractifs tellement ils sont pénibles. On doit pouvoir s’épanouir au travail ! C’est pour cela que notre programme, à nous communistes, est un projet de société. L’attractivité du travail n’est pas qu’une question de salaires. Je porte l’ambition que nous redonnions collectivement du sens au travail pour retrouver le goût de participer à un projet de société, à la reconstruction de notre pays, à la transition écologique. La réduction du temps de travail doit s’inscrire dans ce projet-là. C’est ce qu’est en train de réaliser Yolanda Diaz en Espagne, la ministre communiste y engage ce travail par secteur et dans le dialogue. Elle fait la démonstration, par petites touches, que c’est possible et que c’est aussi dans l’intérêt des entreprises.

Le déficit de la protection sociale est imposé comme argument massue par les détracteurs de ces propositions…

FABIEN ROUSSEL 

Et notre système de protection sociale a toujours été basé sur un financement solidaire du travail. Or, aujourd’hui, le capital participe de moins en moins à son financement. C’est pour cela que nous proposons, dans notre réforme des retraites, une cotisation de 11 %, comme celle qui existe sur les salaires, appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récupérer près de 30 milliards d’euros par an dans le financement de notre protection sociale.

Une autre de mes priorités : l’égalité salariale femmes-hommes, pour mieux valoriser tous ces métiers où 80 % de femmes sont en première ligne, sous-payées et maltraitées. Ce serait non seulement un progrès pour la moitié de l’humanité, les femmes, mais aussi un atout économique. L’égalité salariale rapporterait 5 milliards d’euros dans les caisses de l’État.

 

L’extrême droite et la droite extrême, très médiatisées dans cette campagne, rendent l’immigration responsable de tous les maux sociaux. Qu’y opposez-vous ?

FABIEN ROUSSEL 

C’est pire que ça. Ce n’est pas seulement l’immigration qui est pointée, ce sont aussi des Français qui, en fonction de leur religion ou de leur couleur de peau, sont stigmatisés. C’est une forme d’apartheid qui est mise en débat à travers des candidats qui osent tout. Tout est fait pour diviser la société. C’est honteux. Cela faisait très longtemps que les principes de la République n’avaient été à ce point mis en cause par l’encouragement au repli sur soi et à la haine de l’autre.

L’extrême droite ne remportera pas l’élection présidentielle. Mais ses idées sont un danger majeur pour le vivre-ensemble et nos libertés. Il faut donc combattre à chaque instant ses idées qui diffusent dans le pays et risquent de continuer à nous opposer en fonction de nos couleurs, nos religions, alors que nous avons besoin d’être unis, de lutter ensemble pour de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Or, je sens monter l’individualisme, le repli sur soi, la haine de l’autre. Je veux lancer un grand appel à ceux qui se détournent de la politique, qui ne veulent plus voter et qui sont aujourd’hui exploités, maltraités, méprisés. Il faut qu’ils envahissent les urnes, mais en votant pour des jours heureux et pas pour des heures sombres.

 

Comment comptez-vous inverser la donne à l’heure où les sondages sont défavorables à la gauche ?

FABIEN ROUSSEL 

Si nous disions que l’issue est de reconstruire la gauche qui a déçu, qui a trahi, ce serait pire que mieux. Cette gauche-là, qui a été au pouvoir et qui a tourné le dos aux aspirations populaires, a aussi une responsabilité dans la crise démocratique que nous traversons, car elle a contribué à nourrir l’abstention et le rejet de la politique. Je ne veux plus revivre de tels désenchantements. Il existe une gauche qui a le courage de s’attaquer à la finance, de mettre en place des réformes au service du peuple, avec le peuple. C’est ce que je veux incarner dans cette campagne.

 

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 10:25

 

Des milliers de personnes ont répondu présent à l'appel du PCF et de Fabien ROUSSEL pour un meeting dans le cadre de la campagne de Fabien ROUSSEL et des Jours Heureux.

Fabien ROUSSEL y a pris la parole

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 07:13
L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre
L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre
Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

Photo France Chapa - 21 novembre 2021 - Maryam Madjidi à Dialogues Morlaix

L'écrivaine Maryam Madjidi, auteur de "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et Prix Etonnants Voyageurs, candidate sur la liste de Ian Brossat et du PCF aux européennes en 2019, était de retour à Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre au matin, où, interviewée par Lyonel, elle a animé une rencontre passionnante sur son livre deuxième roman autobiographique "Pour que je m'aime encore". Ensuite, nous avons participé avec elle pendant 3 heures à une rencontre à la MJC de découverte des pays d'origine de plusieurs exilés vivant dans le pays de Morlaix dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale. Un vrai moment d'échange humain et de volonté de compréhension de l'autre, et de la diversité culturelle et géographique. Trois heures rares d'écoute et d'enrichissement réciproque. Burkina Faso, Guinée, Cameroun, Sénégal, Venezuela, Italie, Iran, 7 pays sur 3 continents ont ainsi pu être mieux connus! Avec Maryam Madjidi qui était restée avec nous après la présentation de son deuxième roman à Dialogues pour ces rencontres.

Ismaël Dupont

 

Voir aussi:

"Pour que je m'aime encore", de Maryam Madjidi - l'auteur sera à la librairie Saint-Christophe de Lesneven le 19 mai et à la librairie Dialogues Morlaix le samedi 20 novembre à 10h30

L'écrivaine Maryam Madjidi était à Morlaix ce samedi 20 novembre

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie. Elle revient dans le Finistère au mois de novembre pour présenter "Pour que je m'aime encore" et sera à Lesneven le 19 novembre et à Morlaix le 20 novembre pour une rencontre à 10h45 à la Librairie Dialogues.

Notez la date dans votre agenda, elle correspond aussi au Salon du Livre Jeunesse de Morlaix, La Baie des Livres.

Ismaël Dupont       

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 06:28
Le maire communiste de Recoleta, l’une des communes de Santiago, Daniel Jadue souhaite «porter à la tête du Chili un gouvernement progressiste qui initiera les transformations dont le pays a besoin» (photo L'Humanité)

Le maire communiste de Recoleta, l’une des communes de Santiago, Daniel Jadue souhaite «porter à la tête du Chili un gouvernement progressiste qui initiera les transformations dont le pays a besoin» (photo L'Humanité)

Chili. Daniel Jadue : « La révolte sociale de 2019 est loin d’être finie »
Vendredi 19 Novembre 2021 - L'Humanité

Maire communiste de Recoleta, l’une des communes de Santiago, Daniel Jadue, après sa défaite à la primaire de la coalition Apruebo Dignidad, fait activement campagne pour le candidat de gauche Gabriel Boric. Entretien

Comment percevez-vous le climat politique de cette campagne présidentielle et parlementaire ?

Daniel Jadue La droite excelle dans l’art de semer la peur, d’instaurer un climat de tension, de manier la menace pour faire échec à des transformations en germe. C’est la seule recette qu’ils connaissent. Ce qu’ils ne veulent pas comprendre, c’est que si la pandémie a suspendu la révolte populaire d’octobre 2019, celle-ci est loin d’être terminée. Quand on y regarde de plus près, cette révolte avait deux dimensions : l’une politique, l’autre sociale et économique.

La première a trouvé un chemin de sortie avec la discussion constitutionnelle, qui mobilise un public déjà très politisé. Mais ceux préoccupés par la précarité de leurs conditions de vie n’ont vu venir, jusqu’ici, aucune réponse. Les pensions n’ont pas été revalorisées, il n’y a pas eu la moindre avancée pour garantir le droit à l’éducation, à la santé – des gens jouent encore à la loterie ou vendent des sandwichs dans la rue pour payer des traitements médicaux coûteux ; les services publics locaux sont plus dégradés que jamais. La rage et l’indignation, pour l’instant, sont rentrées.

Mais si des réponses sociales ne commencent pas à être esquissées, il est hautement probable qu’elles ressurgissent avec bien plus de force . Sans parler de l’impunité garantie aux auteurs de violations des droits humains, ni de l’emprisonnement de participants à cette révolte sociale.

Vous étiez candidat à la primaire de la coalition de gauche Apruebo Dignidad. Comment vous êtes-vous impliqué, avec le Parti communiste chilien, dans cette campagne ?

DANIEL JADUE Le Parti communiste est pleinement investi dans la campagne de Gabriel Boric et de la coalition Apruebo Dignidad, qui rassemble huit formations politiques. Je me suis rendu dans de nombreuses régions, pour soutenir notre candidat à la présidentielle, mais aussi nos candidats aux élections législatives et sénatoriales. Il fallait aussi convaincre les 700 000 électeurs qui m’ont accordé leurs suffrages à la primaire. C’est, pour nous, une alliance stratégique. Nous voulons porter à la tête du Chili un gouvernement progressiste qui initiera les transformations dont le pays a besoin.

Comment expliquez-vous la place subitement prise dans le paysage politique par le candidat d’extrême droite Jose Antonio Kast, un nostalgique de la dictature de Pinochet ?

DANIEL JADUE  Avec les difficultés du candidat de droite Sebastian Sichel, les élites économiques ne voient pas d’autre possibilité de maintenir leurs privilèges. Elles migrent vers Kast, après avoir contribué, grâce aux sondages et aux médias qu’elles possèdent, à gonfler artificiellement cette candidature. Pourtant son programme est un tissu de mensonges. Il est basé sur un taux de croissance de 5 % dans les cinq prochaines années, alors que les projections les plus optimistes ne prévoient pas plus de 2 %, ni au Chili ni dans la région.

L’État aurait besoin de ressources nouvelles pour répondre à des demandes impérieuses, sortir du système des AFP (fonds de pension) pour rebâtir un système de retraites par répartition, apporter à tous les citoyens les protections sociales dont ils ont besoin : lui prévoit au contraire de baisser les impôts des plus riches. Comme son ami et modèle, Jair Bolsonaro, ce macabre personnage prétend apporter des réponses simplistes à des problèmes complexes. Il ment. Ces figures de l’extrême droite capables de faire fuir leurs fortunes à l’étranger pour échapper à l’impôt n’aiment pas le Chili. Elles n’aiment que l’argent.

Chili. Daniel Jadue : « La révolte sociale de 2019 est loin d’être finie » - Interview de Rosa Moussaoui, L'Humanité, 19 novembre 2021
Chili. L’âpre combat de la transition
Samedi 20 Novembre 2021 - L'Humanité

À l’approche d’élections générales cruciales pour l’aboutissement du processus de transformation démocratique, l’« HD » est allé à Recoleta, commune de Santiago, où le maire Daniel Jadue parvient à sortir l’eau, la santé, le logement... des logiques néolibérales dans ce pays où « tout se paie ». Reportage.

Un amphithéâtre plonge dans les entrailles de l’immeuble de six étages qui abrite la mairie de Recoleta. Les lieux ont été aménagés en centre de vaccination : une centaine de personnes patientent là, inquiètes de la remontée des contaminations. Il faut dire que la pandémie désorganise jusqu’à la campagne électorale : bien que vacciné, le candidat de gauche à l’élection présidentielle du 21 novembre Gabriel Boric a contracté ces jours-ci le Covid-19 ; cinq des six autres candidats qu’il avait rencontrés pour un débat ont dû se plier à une inflexible quarantaine.

En haut des marches, une tente a été dressée à l’entrée de l’Optique populaire, où les habitants dépourvus de couverture sociale privée peuvent se procurer des lunettes à prix raisonnable. C’est la deuxième fois que Bernardo Flores vient là. Ce quinquagénaire sans travail fixe, le visage couvert d’un double masque, n’aurait pas les moyens de corriger sa vue autrement : la paire de lunettes la moins chère lui coûterait, dans le commerce, pas moins de 50 000 pesos, l’équivalent d’une cinquantaine d’euros. Ici, il n’en paiera que 20 000. « C’est un bon recours pour ceux qui ont peu de revenus », sourit-il. Depuis 2015, la municipalité de cette commune de Santiago du Chili dirigée par le communiste Daniel Jadue a développé tout un éventail de nouveaux services locaux.

Objectif : offrir un filet social aux naufragés du mirage néolibéral qui a démoli, depuis la dictature de Pinochet et la brutale conversion économique imaginée par les Chicago Boys, tous les services publics de base, toutes les protections collectives, mais aussi le lien social, la faculté d’organisation des plus démunis. Recoleta retisse patiemment des solidarités, des combats collectifs. Sur l’avenue qui file vers les contreforts de la cordillère des Andes, de vieilles bâtisses rouges, rococo et décaties côtoient des commerces chinois. Des immigrés haïtiens et vénézuéliens sont venus, ces dernières années, grossir les rangs des travailleurs du petit commerce informel. Les murs exigent partout la libération des jeunes manifestants emprisonnés depuis le soulèvement populaire d’octobre 2019.

Librairie municipale

Au pied de la mairie, une librairie municipale offrant des livres neufs à prix coûtant donne à l’édifice des airs de carrefour culturel. À l’intérieur, l’initiative la plus emblématique : la pharmacie sociale Ricardo Silva Soto, la première du Chili, où les patients peuvent se procurer les médicaments dont ils ont besoin à des prix inférieurs de 60 % à ceux du marché. Créé en 2015, ce service ouvert à toutes celles et tous ceux qui vivent, travaillent ou étudient dans la commune recense aujourd’hui 33 000 inscrits ; 2 500 nouveaux usagers se sont manifestés depuis le début de la pandémie.

Alors que les Santiaguinos consacrent 60 à 70 % de leurs revenus au logement, cette part est ici plafonnée à 20 %. Et les médicaments sont proposés 60 % moins chers que dans le privé.

Dans la salle d’attente, des patients de tous âges, des femmes, pour la plupart, attendent leurs commandes, ordonnance en main. Maria Teresa, 46 ans, ne vient pas ici pour elle-même, mais pour se procurer les médicaments dont a besoin sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer et prostrée. « Elle est à ma charge, avec mes trois fils. Comme je dois m’occuper d’elle, je ne peux plus travailler », résume cette comptable qui vit à Recoleta depuis une vingtaine d’années et juge les politiques sociales de la municipalité « excellentes ».

« Dans les pharmacies privées, les médicaments sont beaucoup plus chers. Si tu as beaucoup d’argent, tu peux prendre une assurance privée qui couvre les dépenses et offre l’accès à des soins de qualité dans des cliniques privées, soupire-t-elle. Mais, souvent, en cas de problème de santé très grave, ces assurances finissent par se défiler. Nous, nous n’avons que la couverture sociale de base, qui donne accès à un système public en ruine et à des soins limités. Si tu as besoin d’un examen approfondi, un scanner par exemple, tu ne peux pas le faire. » Le succès rencontré par cette initiative inspire d’autres projets partout dans le pays : sur le même modèle, une pharmacie populaire a ouvert ses portes voilà un mois dans la commune voisine de Providencia

Au sixième étage de la mairie, Daniel Jadue désigne un immeuble jaune et noir, flambant neuf, tout juste inauguré. De l’habitat social municipal aux loyers abordables : alors que les Santiaguinos consacrent 60 à 70 % de leurs revenus au logement, cette part est ici plafonnée à 20 %. Candidat à la primaire de la coalition de gauche Apruebo Dignidad, l’édile participe activement à la campagne de son concurrent victorieux, Gabriel Boric. « Une alliance stratégique mobilisant huit formations politiques, que nous assumerons jusqu’au bout », commente-t-il. Alors que les sondages, dans la dernière ligne droite, placent en tête un nostalgique de la dictature, José Antonio Kast, ce communiste voit en lui « une créature médiatique de dernier moment, gonflée comme son ami Jair Bolsonaro aux fake news que fait courir son camp sur les réseaux sociaux ». Stratégie payante : Kast semble en mesure de siphonner l’électorat de Sebastian Sichel, le dauphin de l’actuel président, Sebastian Piñera, dont il traîne comme un boulet l’impopularité et les scandales de corruption.

« La colère peut revenir avec force »

En ordre dispersé, la droite et l’extrême droite, insiste Jadue, convergent pourtant dans une même « campagne de haine et de mensonges pour semer la peur », susciter le rappel à l’ordre, étouffer ainsi la question sociale. « La pandémie, au Chili, a suspendu la révolte d’octobre 2019, expose-t-il. Mais cette révolte n’est pas finie. Elle avait deux dimensions : l’une politique, l’autre sociale et économique. La première a trouvé un chemin de sortie avec la discussion constitutionnelle, qui mobilise un public déjà très politisé. Mais ceux qui sont d’abord préoccupés par la précarité de leurs conditions de vie n’ont vu venir, jusqu’ici, aucune réponse. Les pensions n’ont pas été revalorisées, il n’y a pas eu la moindre avancée pour garantir le droit à la santé, à l’éducation ; les services publics locaux sont plus dégradés que jamais. La rage et l’indignation, pour l’instant, sont rentrées. Mais si des réponses sociales ne commencent pas à être esquissées, il est hautement probable qu’elles ressurgissent avec bien plus de force », prédit-il. Le candidat de l’extrême droite ne conteste pas ce diagnostic : « Nous n’avons pas fait attention aux urgences sociales qui nous ont conduits à cette situation », admet-il. Sa réponse, elle, se situe aux antipodes de la justice sociale, elle tient en trois mots : « la défense du marché libre ». 

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