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(Photo Le Télégramme/Jean-Luc Padellec) - sur la photo, des représentants de la gauche brestoise, dont 4 camarades du PCF: Enzo de Gregorio, représentant de la JC 29, Erwan Rivoalan, Jean-Paul Cam, Eugénie Cazaux.
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Entrée en vigueur ce mardi, la hausse de 2 % en moyenne des péages relance le débat sur la nationalisation des autoroutes. Et de profondes interrogations sur une privatisation qui ressemble à un scandale d’État.
Et maintenant, les autoroutes ! Annoncée il y a quelques mois, l’information a été confirmée par les arrêtés publiés, ce dimanche, au Journal officiel : les péages des réseaux autoroutiers augmenteront bien d’environ 2 % en moyenne à compter de ce mardi. La note s’alourdit donc pour les automobilistes qui subissent déjà l’envolée des prix du carburant.
Alors que, à quelques mois de l’élection présidentielle, la question du pouvoir d’achat tend à s’imposer comme l’une des principales préoccupations des Français, l’annonce tombe mal pour le gouvernement. D’autant plus que la crise des Gilets jaunes a déjà prouvé que l’automobile est un sujet qui peut se révéler explosif.
Cette hausse n’est en réalité pas une surprise puisqu’elle rentre dans un cadre annuel, prévu par les contrats d’exploitation qui lient l’État à trois groupes privés gérant les plus de 9 100 kilomètres d’autoroutes concédées en France. En effet, depuis leur privatisation en 2006, les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) « historiques » sont détenues par trois géants de la gestion d’infrastructures – Vinci, Eiffage et Abertis – qui cumulent aujourd’hui plus de 90 % du réseau autoroutier français.
Pour se donner bonne image, Vinci Autoroutes a indiqué dans un communiqué qu’il allait geler les tarifs des péages « sur la majorité des trajets courts de son réseau ». « C’est habile de leur part, commente Vincent Delahaye ( Public Sénat), mais il faudrait que l’on puisse avoir des chiffres afin de savoir ce que leur coûte vraiment ce geste, et de quelles manières il va être amorti », poursuit le sénateur centriste.
Rapporteur en 2020 d’une commission d’enquête sur « le contrôle, la régulation et l’évolution des concessions autoroutières », l’élu connaît bien le sujet. Selon lui, ces augmentations trahissent l’important déséquilibre des contrats passés avec ces sociétés. « L’État n’a pas été suffisamment vigilant avec les contrats de gestion du réseau, estime-t-il. (…) Lorsqu’il y a eu privatisation, au début des années 2000, il aurait fallu en revoir les termes. Aujourd’hui, cette hausse vient nourrir des concessionnaires qui sont largement bénéficiaires, sans que l’on puisse estimer que le résultat soit très satisfaisant en termes de service public. »
En effet, les conclusions du rapport sénatorial auquel il a participé sont accablantes : l’État y apparaît clairement comme le grand perdant face à des opérateurs privés qui ont engendré des bénéfices hors normes.
Il apparaît que, dès le départ, la cession des autoroutes au secteur privé a été mal engagée. Initié en 2002 et mise en place en plusieurs temps, le processus aurait fait perdre à l’État pas moins de 7 milliards d’euros de recettes potentielles. Mais ce n’est pas tout : si d’un côté l’État a perdu, de l’autre côté, les sociétés concessionnaires affichent des résultats insolents : elles ont ainsi versé 24 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires entre 2006 – année qui marque la fin du processus de privatisation – et 2019. À ce rythme, les estimations d’un bureau indépendant indiquent que deux des trois groupes, Vinci Autoroutes et Eiffage, pourraient atteindre la rentabilité attendue lors de la privatisation dès l’année prochaine, soit 10 ans avant la fin de leurs concessions.
En 2015, alors que l’avidité des sociétés d’autoroutes était déjà pointée du doigt – elles avaient déjà augmenté les prix des péages de 21,7 % en sept ans et vu leur chiffre d’affaires bondir de 26 % – le gouvernement avait accepté un allongement des concessions, repoussées pour certaines jusqu’à 2036. D’ici là, les dividendes devraient encore continuer d’augmenter pour atteindre les 40 milliards d’euros.
Les négociations, alors tenues secrètes selon le souhait des sociétés d’autoroute de préserver le secret des affaires, ont été menées par l’actuelle ministre du Travail, Élisabeth Borne, à l’époque directrice de cabinet de la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, et Alexis Kohler, actuel secrétaire général de l’Élysée et directeur de cabinet, à l’époque, du ministre de l’Économie : Emmanuel Macron.
Ainsi, l’État s’est lui-même, dès le début de l’opération, sciemment mis des bâtons dans les roues. « Les contrats de concession n’ont pas été revus lors de la privatisation », pointe le rapport sénatorial, ce qui a eu pour effet de placer l’État en position de faiblesse lors des négociations qui ont suivi. Une situation qui « l’a conduit à accepter des taux de rentabilité trop élevés par rapport aux conditions de marché et donc des allongements de la durée des concessions et des augmentations tarifaires excessives. »
Pour le député insoumis François Ruffin, l’affaire frise le scandale d’État. « Thierry Breton, Bruno Le Maire, Dominique de Villepin, Élisabeth Borne, Alexis Kohler, Emmanuel Macron… Qu’ont en commun tous ces noms ? Ils ont organisé, ensemble, par leur incompétence, ou par leur malveillance, le pillage des autoroutes de France. Ils ont transformé les automobilistes en vaches à lait de la Sanef, de Eiffage, de Vinci », affirmait-il à l’Assemblée le 14 janvier dernier.
Et le débat sur la renationalisation des autoroutes de refaire surface. Après les communistes en 2019, les députés Insoumis ont déposé à leur tour, fin en novembre dernier, une proposition de loi visant à nationaliser les autoroutes. Ce lundi, Fabien Roussel a confirmé la position du PCF : « La privatisation des autoroutes est un scandale. (…) Je ne renouvellerai pas les concessions. (…) Nous nationaliserons les autoroutes en reprenant les concessions au fur et à mesure ». De leur côté, les sénatrices et sénateurs du Groupe communiste, républicain citoyen et écologiste ont indiqué dans un communiqué souhaiter « aller vers une renationalisation de ces concessions ». S’appuyant sur la stratégie présidentielle de « quoi qu’il en coûte », les sénateurs estiment « qu’au regard des taux d’emprunt aujourd’hui, cet investissement pourrait prendre sa place dans un plan de relance ambitieux » inséré dans le cadre d’une « maîtrise publique des infrastructures ». Un « retour à une gestion publique » qui, selon les élus communistes, permettrait à la fois de baisser les coûts des péages tout en apportant de nouvelles ressources à l’État. Tout le contraire donc, des choix mis en œuvre jusqu’à aujourd’hui.
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Qu’on le veuille ou non, la présidentielle passe aussi par les plateaux de l’animateur star de C8. Claire Sécail étudie les contenus politiques de Touche pas à mon poste depuis la rentrée. Verdict : l’extrême droite y est comme à la maison.
De son propre aveu, il s’est « fait manœuvrer ». Jean-Luc Mélenchon et ses équipes ont en travers de la gorge le passage du candidat FI chez Cyril Hanouna dans Face à Baba, le 27 janvier. Ils crient au traquenard, à cause entre autres d’un face-à-face avec Éric Zemmour taillé pour le polémiste, qui a duré une heure dix au lieu des vingt minutes prévues.
Surprenant, sur la chaîne de Vincent Bolloré ? Pas vraiment, répond Claire Sécail. La chercheuse au CNRS scrute et répertorie les contenus des émissions de Cyril Hanouna depuis le mois d’août, et notamment le temps d’antenne consacré aux questions politiques (17 % en moyenne).
Avec environ 1,5 million de téléspectateurs quotidiens, Touche pas à mon poste (TPMP) a bien grandi depuis sa création en 2010, où il occupait une obscure case horaire sur France 4. Douze ans plus tard, TPMP est devenu un espace fréquenté de la bataille culturelle, qui se décline avec les autres shows de Cyril Hanouna : l’hebdo Balance ton post et le plus événementiel Face à Baba.
Or, selon l’universitaire, ces émissions, sous couvert d’un esprit cool, pluraliste et détendu revendiqué par l’animateur, déroulent le tapis rouge aux idées nationalistes et identitaires.
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CLAIRE SÉCAIL
Chercheuse au CNRS, spécialiste des médias
D’après vos résultats, est-ce qu’on peut conclure que l’extrême droite joue « à domicile » chez Hanouna, comme semble s’en rendre compte, un peu tard, la France insoumise ?
53 % du temps d’antenne politique de TPMP est consacré à l’extrême droite. Je dis ça, mais il faut noter que sur C8, comme sur CNews, on ne présente jamais les invités comme d’extrême droite, ce qui contribue à banaliser leurs idées. Éric Zemmour a la meilleure part. C’est autour de lui que se construisent les contenus, les débats, comme a pu l’apprendre à ses dépens Jean-Luc Mélenchon dans Face à Baba. Cela démontre d’ailleurs qu’il y a une stratégie idéologique au sein du groupe Bolloré dans son ensemble, et non pas seulement sur CNews. Non pas que Cyril Hanouna soit d’accord avec Éric Zemmour. Mais il est le loyal entrepreneur des idées de Vincent Bolloré, qui lui a signé un contrat à 250 millions d’euros sur cinq ans. Hanouna a par ailleurs de bonnes relations avec les insoumis, mais ils ne lui servent qu’à être des contradicteurs idéaux face à la parole d’extrême droite qui, elle, cadre le débat, dans la logique du clash. Cela permet ainsi de faire croire à un pseudo-pluralisme interne.
Et les chroniqueurs, non plus, n’assurent pas la contradiction…
Le 27 octobre, Juliette Briens, influenceuse identitaire, pro-Zemmour, invitée régulière de TPMP, peut tranquillement dire que « grâce à la France libre de Pétain, grâce à Vichy, il y a des juifs qui ont pu s’échapper de France » sans que personne ne la reprenne sur cette énormité historique. Cela tient à la constitution du plateau : les chroniqueurs n’ont pas les savoirs historiques pour lui répondre, ils sont pour la plupart issus du divertissement ou de la téléréalité. Il ne faut pas perdre de vue auprès de qui ce discours est diffusé. L’Audimat de TPMP est constitué d’un public jeune, issu des milieux populaires, avec un niveau d’éducation moindre qu’ailleurs. C’est redoutable. TPMP, en ce sens, acculture son public, en plus de dévoyer tous les principes traditionnels de production de l’information. Je pense par exemple aux consultations Twitter présentées à l’antenne comme des sondages fiables, qui rythment l’émission. Je ne comprends pas comment des ex-journalistes comme Gilles Verdez ou Isabelle Morini-Bosc peuvent participer à ce dévoiement, tout en se permettant d’accuser en plateau des confrères, comme Élise Lucet, de faire du journalisme à charge…
Quand est-ce que Touche pas à mon poste a muté en émission « politique » ?
TPMP s’est politisée par étapes. En 2013, le premier homme politique d’envergure nationale à s’y rendre a été Jean-Luc Mélenchon, alors que l’émission ne s’intéressait pas du tout à la politique. Puis, en 2017, Nicolas Dupont-Aignan était venu se plaindre chez Hanouna qu’il n’était pas invité à un débat sur TF1. Le basculement, c’est la crise des gilets jaunes, qui conduit à la création de Balance ton post (BTP), plus orienté sur les sujets de société. Cyril Hanouna se targue alors d’être le seul à inviter des figures gilets jaunes, ce qui n’est pas vrai, puisque BFM propose des dispositifs similaires.
Comment résumer la ligne éditoriale de Cyril Hanouna ?
Le récit qu’entretient Hanouna sur ses émissions, c’est l’idée que lui donne la parole à tout le monde, sous-entendu à ceux qui ne l’ont pas ailleurs. Mais TPMP est surtout la pierre philosophale du populisme. Sous couvert de pluralisme, toutes les questions objectivables y sont présentées comme des opinions, sans vérification des faits. C’est un café du commerce permanent, à l’heure de l’apéro, où on construit une vérité alternative, avec un esprit de communauté – Hanouna et ses « fanzouzes », qui lui sont tout dévoués.
TPMP peut-elle être vue comme l’héritière de ce que Tout le monde en parle était dans les années 2000 ? Thierry Ardisson aussi a eu des invités peu recommandables, comme Alain Soral ou le conspirationniste Thierry Meyssan.
En partie, à ceci près que cette émission était hebdomadaire et que ce genre d’invités ne constituait pas une ligne éditoriale, mais des coups médiatiques et provocateurs que se permettait, de temps en temps, Thierry Ardisson. Chez Hanouna, cela fait système, au service d’un projet politique qui est clair quand on regarde l’ensemble des chaînes de Bolloré.
En dehors de la FI, la gauche a-t-elle voix au chapitre sur TPMP et consorts ?
La gauche représente environ 12 % du temps d’antenne, insoumis compris. La gauche hors FI est soit invisibilisée – c’est le cas du PCF, qui n’existe tout simplement pas, ou des Verts (1,8 % du temps d’antenne) –, soit évoquée de manière systématiquement négative. Anne Hidalgo est victime d’un bashing permanent, en tant que maire de Paris. Cela tranche avec la bienveillance d’Hanouna envers ses invités d’extrême droite, comme Stanislas Rigault, de Génération Z, qu’il contribue à rendre sympathique. Les propositions de gauche ne font par ailleurs jamais l’objet de débat en plateau, là où le moindre fait politique ou parapolitique autour de Zemmour est commenté. Le 6 décembre, l’émission s’est même mise au service de sa propagande électorale, alors qu’il se lamentait d’avoir du mal à réunir ses signatures. Sa vidéo d’appel aux élus, produite exprès pour l’émission, a été relayée telle quelle.
La majorité, aussi, est un bon client…
Oui, il y a une sorte de bénéfice mutuel entre les macronistes et Hanouna. À partir du « happening » de Macron sur TPMP, pendant l’entre-deux-tours de 2017, va s’enclencher une logique de renvoi d’ascenseur entre Hanouna et le gouvernement. Marlène Schiappa a largement contribué à transformer l’animateur des nouilles dans le slip en un incontournable du débat politique, en allant régulièrement sur son plateau, et en déclarant qu’il devrait animer le débat du second tour en 2022. Il devient une courroie de transmission de la communication gouvernementale. Prenez Jean-Michel Blanquer. Il ne voulait pas aller sur TPMP par peur de la grossièreté ou d’être trop bousculé. Résultat, son passage s’est tellement bien passé, les questions étaient si inoffensives, que ses équipes n’ont qu’une envie, c’est d’y retourner.
INVITATION
Bien connaître le passé
pour comprendre le présent
et préparer l’avenir.
- La section du pays de Quimper du PCF,
- Le comité des Jours Heureux de Quimper et sa région,
ont le plaisir de vous inviter à une rencontre-débat autour du livre de notre ami Georges Cadiou sur la vie de Marcel Cachin :
Mardi 8 février à partir de 17H30
salle N° 1 Halles Saint-François à Quimper.
Marcel Cachin, breton né à Paimpol en 1869 et décédé en 1958 a été l’un des principaux artisans de la création du Parti Communiste Français en décembre 1920. Membre de sa direction nationale pendant près d’un demi-siècle, député, sénateur, militant anticolonialiste, défenseur des langues et des cultures régionales, il fut l’auteur de la première proposition de loi, en 1947, en faveur du breton. Directeur du journal l’Humanité, ami de Jean Jaurès, Hô Chi Minh, il rencontra Lénine plusieurs fois. Avec Marcel Cachin c’est 50 ans de l’histoire de France et des communistes qui seront abordés lors de cette rencontre, 50 ans de combats populaires, de passions, de confiance, d’espoir en l’émancipation humaine.
Georges Cadiou dialoguera avec nous, répondra à toutes les questions et signera son livre à l’issue de ce débat.
Vous pouvez inviter vos amis à vous accompagner ils seront les bienvenus.
L'écrivain, journaliste, essayiste, Valère Staraselski fera une conférence le mercredi 9 février de 18 30 à 20 h 30 Salle Tessier rue Colonel Fonferrier à Brest, à l'invitation des Amis de l'Huma, et de la section du Pays de Brest du PCF , sur 100 ans d'histoire communiste afin de présenter le livre qu'il a dirigé avec Guillaume Roubaud Quashie pour le centenaire du PCF: "100 ans de parti communiste français" (Le Cherche-Midi, 2020, 25€).