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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 06:38
Annonces de Castex du 10 décembre, réaction de Enzo de Gregorio - Jeune communiste Morlaix
Castex et son gouvernement ont une nouvelle fois fait preuve d'un mépris envers le monde de la jeunesse.
Ne disant simplement que son soutien à la jeunesse pour laquelle il a une pensée.
Mais ne disant pas un mot sur un retour en présentiel, pas un mot sur notre précarité, pas un non plus sur nos conditions de vie ! Et ce malgré les alertes faites par les psychologues et les président d'université depuis le début du confinement.
C'est dur d'avoir 20 ans et 2020 disait Macron il y a peu, qu'il nous la rende plus facile en répondant à nos revendication :
-Revenu étudiant
-Investissement dans les CROUS
-RSA -25 ans
-Réouverture des Facs
-Abrogation de la LPPR
Vous avez le pouvoir d'agir, faites le !
 
Enzo de Gregorio, 10 décembre 2020
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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 06:34
De la sécurité globale à la surveillance numérique totale, Yann Le Pollotec (Revue Progressistes)

Excellent article de notre camarade Yann Le Pollotec, responsable de la commission Révolution numérique du PCF, et membre de la direction nationale du PCF, sur les enjeux effrayants du virage technologico-politique que nous sommes en train de vivre: alors que la loi de « sécurité globale » provoque une colère et une forte opposition, Yann Le Pollotec pousse ici un cri d’alarme sur le risque d’aboutir à une société sous surveillance généralisée, ce que permet aujourd’hui les technologies du numériques si elles sont dévoyées.

De la sécurité globale à la surveillance numérique totale, Yann Le Pollotec (Revue Progressistes)

Alors que la loi de « sécurité globale » provoque une colère et une forte opposition, Yann Le Pollotec pousse ici un cri d’alarme sur le risque d’aboutir à une société sous surveillance généralisée, ce que permet aujourd’hui les technologies du numérique si elles sont dévoyées.

Bernard Cazeneuve, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, se plaignait que les GAFA en savaient plus sur chaque Français que ses services, oubliant ainsi que le problème venait du pouvoir acquis grâce à la collecte de masse et à la centralisation de données et métadonnées personnelles et non à la qualité des propriétaires de ce pouvoir. Aujourd’hui, avec sa proposition de loi sur la « sécurité globale », le groupe LREM de l’Assemblée nationale est en train de réaliser une partie du rêve du ministre.

Cette proposition de loi, loin de se réduire à la question de la diffusion des images de visages de policiers, montre une LREM et un gouvernement qui se vivent en guerre contre toute une partie de la société française. À ce propos, la question de l’usage des images des caméras individuelles des forces de l’ordre est particulièrement révélatrice. Jusqu’ici ces images ne pouvaient être utilisées que pour la prévention des incidents au cours des interventions, le constat des infractions, la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuves et à la formation. Les députés LREM proposent d’élargir l’usage de ces images à « l’information du public sur les circonstances de l’intervention » des forces de l’ordre, c’est-à-dire à la propagande gouvernementale. Or un tel usage porterait atteinte au bon fonctionnement de la justice en violant le secret de l’instruction. Or le député LREM, rapporteur de la proposition de loi, justifie de manière sidérante cette remise en cause de l’État de droit en déclarant : « Il faut se déniaiser par rapport à toutes les situations. On est en train de perdre la guerre des images sur les réseaux sociaux (…) Il faut lutter à armes égales, nous sommes dans une société moderne, il n’y pas de raison que ceux qui représentent l’autorité de l’État aient un temps de retard. » CQFD, l’État doit s’aligner et être en guerre contre la société.

La loi proposée va jusqu’à permettre aux porteurs de ces caméras individuelles d’accéder aux enregistrements vidéo, ouvrant ainsi la porte à toutes les manipulations puisque les amendements demandant une sécurisation de ces fichiers en étant « unitairement chiffrés, signés et horodatés sur le serveur de stockage » ont été repoussés.

Lors du 1er confinement, la préfecture de Paris avait utilisé des drones hors toute légalité, ce qu’avait condamné et interdit le Conseil d’État. C’est pourquoi la loi de la LREM vise à consacrer l’usage de drones de surveillance quasiment en tous lieux et en toutes circonstances. Tous les amendements visant à interdire l’utilisation de la reconnaissance faciale ou à protéger les domiciles et espaces privatifs de cet espionnage ont été repoussés.

La loi sur la sécurité globale vise en fait à transformer tout l’espace public en espace sécuritaire. Elle prépare le terrain à la mise en réseau des caméras mobiles, des drones, des centaines de milliers de caméras fixes, afin de les coupler avec des systèmes d’intelligence artificielle et de reconnaissances faciales, ouvrant la porte à un fichage généralisé des participants à des manifestations ou à de la répression « préventive » (sic) basée sur l’analyse prédictive des comportements.

C’est pourquoi il faut soutenir la démarche des 66 organisations de défense des droits et libertés, dont ATTAC, la Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’homme, les Moutons numériques, le SNJ-CGT, demandant au Parlement de repousser les articles 21, 22 et 24 de cette loi.

Au-delà de la « grande peur » (1) des mouvements sociaux qu’ont le pouvoir et ses députés, il s’agit d’abandonner les concepts de défense nationale et de sûreté des citoyens au profit de celui de sécurité globale incluant un continuum allant des forces armées jusqu’aux sociétés de sécurité privée. Le « modèle » (sic) mis en avant est celui de l’État d’Israël où la majeure partie de la sécurité intérieure est sous-traitée à des milices privées et à des sociétés de sécurité qui sont par ailleurs intégrées dans un même système avec l’armée et la police. Or le concept de « défense nationale » et de « sûreté des citoyens » participe à ce qui fait nation en France, alors que celui de « sécurité globale » divise en fabriquant des « ennemis de l’intérieur » sans permettre, contrairement aux idées reçues, une meilleure coopération entre les services de l’État contre la menace terroriste entre autres. La notion de « sécurité globale » débouche sur une privatisation de la mise en œuvre du droit à la sûreté au profit de grands groupes transnationaux vendeurs de solutions globales de service sécurité à la seule destination de ceux qui pourront se les payer. Avec la « sécurité globale », il ne s’agit pas de protéger les citoyens mais d’une fuite en avant dans le solutionnisme technologique sécuritaire. Il est illusoire de penser que l’on réglera à coups de drones, de caméras, de robots, d’intelligence artificielle les problèmes de sécurité et de dérives maffieuses de pans entiers de notre société. Pense-t-on sérieusement régler avec la seule technologie le fait gravissime que l’économie de la drogue génère dans le 93 un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard €.

Cette loi affaiblira la cohésion sociale du pays afin de dégager les moyens nécessaires à la privatisation des fonctions régaliennes de défense et de sécurité. Sous couvert de sécurité globale, on renforce les causes de l’insécurité et on porte atteinte aux capacités de résilience de la société que représente l’intervention citoyenne au travers des luttes et mouvements sociaux. On a besoin de voisins solidaires et non de voisins vigilants. À cette loi qui ne ferait qu’enfermer notre pays dans un cercle vicieux où le terrorisme, la délinquance et l’insécurité se nourriraient d’eux-mêmes, il faut opposer la déclaration du chef de l’État norvégien au lendemain de la tuerie d’Utoya : « Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance. »

Cette loi n’est que la pointe immergée d’un capitalisme de la surveillance : Multiples capteurs au travail comme à domicile avec l’internet des objets, géolocalisation, caméras de surveillance, reconnaissances faciales, fichage biométrique, traçage de notre activité sur le web, méta données…, toute une économie de la surveillance de notre vie est en train de s’installer et de croître. Elle repose sur la captation et l’exploitation économique de nos données personnelles. Exercée par des États comme par des plateformes numériques marchandes, elle permet de nouvelles formes de contrôle social qui se donnent le pouvoir de repérer, de stigmatiser, de rappeler à l’ordre et de sanctionner ce qui ne serait pas dans la norme. Face à cela, le code informatique ne peut être la loi, il faut construire un nouveau système de droits, donner de nouveaux pouvoirs aux citoyens de garantir et développer les libertés. Le règlement général de protection des données (RGPD) a été un premier pas dans ce sens mais, face à la puissance du développement du big data et de l’intelligence artificielle, il faut aller bien plus loin en passant de droits individuels à un droit collectif. µ

Yann Le Pollotec est ingénieur et spécialiste des enjeux du numérique

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 07:33

 

D’abord, nous ne pourrons pas nous adresser au ministre Le Maire pourtant en charge de l’Economie et de la relance, il en été de même pour le ministre Véran sur le PLFSS. Les gestes barrière sont importants mais quand même… ». Finalement, on ne propose plus au Parlement de s’exprimer, mais de participer. Merci à M. le ministre Dussopt pour sa participation et son comportement politique, même si je regrette la présomption d’avis défavorable sur nos amendements.

Ce budget est davantage celui d’un fidèle serviteur de l’accumulation du capital que d’un État souverain où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous.

Mes chers collègues, je me permets simplement de vous le rappeler en toute solennité : le bon sens voudrait que nous ne répondions pas à une crise qui accroît drastiquement nos dépenses par d’autres dépenses.

Notre groupe CRCE, n’a eu de cesse de vous proposer des nouvelles ressources fondées sur l’équité fiscale afin d’entraver l’accroissement des inégalités que la crise sanitaire continue de renforcer.

Et alors que nous avons débuté les débats autour de ce budget il y a maintenant plus d’un mois, nous avons beau chercher, nous ne trouvons pas :

-  Nous ne trouvons pas vos propositions visant à rétablir l’équité fiscale entre les petites et les grandes entreprises ;

-  Nous ne trouvons pas non plus vos mesures garantissant l’égalité entre les commerces de proximité et les géants du commerce en ligne qui se sont largement enrichis pendant la crise ;

Nous vous avons bien proposé une meilleure progressivité de l’impôt sur les sociétés avec à la clé une baisse d’imposition pour les petites entreprises, une contribution pour les géants du numérique, un accroissement de la taxe sur les marchés financiers et sur les versements de dividendes. Mais vous n’en voulez pas ! AUCUNE taxe, AUCUN nouvel impôt !

Il n’y a pas « d’argent magique », mais des décisions magiques, il n’en y a pas non plus. Non, le véritable problème est moins l’argent que sa redistribution. Trop souvent vous pensez aux réductions d’impôts. Crédits d’impôts par-ci ! Crédits d’impôts par-là ! Mais supprimer tous les impôts aux entreprises que diable !

Ça ne marche pas. Tout le monde le sait. Mais on continue ! Arrêtons de vouloir installer le pays dans le cercle infernal de la relance par la dette, et de la dette pour la relance !

Entre la majorité à l’Assemblée nationale et celle du Sénat, il y a certes des différences mais il y a un point commun : rester à l’intérieur de l’économie telle qu’elle est, c’est-à-dire du capitalisme qu’on évoque sous son nom d’emprunt « économie de marché ».

Et que dire des collectivités, ces grandes perdantes ? La réduction des impôts dits de production, suite logique des cadeaux faits aux grandes entreprises sur le dos des budgets locaux, produira des effets de bord renforçant son injustice. Les collectivités ne sont pas traitées à égalité face aux conséquences de la crise, et surtout ne sont pas assez soutenues.

Nous avions bien fait des propositions, qui permettaient de réellement les soutenir au regard des milliards de pertes engendrées par la baisse de leurs recettes et la hausse de leurs dépenses. Mais la majorité a préféré les décortiquer, révélant ainsi des contradictions, voir des antagonismes entre les beaux mots et les actes.

Le choix est clair et assumé : entre le levier d’action publique à la légitimité démocratique, l’expérience locale, on préfère les logiques du marché privé. Fabriquer des clients/consommateurs et non pas des usagers/citoyens.

Le Général De Gaulle, qui est souvent cité, nous rappelle ce qu’est un véritable plan : « Il embrasse l’ensemble, fixe les objectifs, établit une hiérarchie des urgences et des importances, introduit parmi les responsables et même dans l’esprit public le sens de ce qui est global, ordonné et continu, compense l’inconvénient de la liberté sans en perdre l’avantage ».

Mes chers collègues, ce n’est pas un plan que vous allez voter : où sont les véritables objectifs ? Quelle est la priorité ? 7 milliards pour l’énergie en voie de nouvelle marchandisation, contre 800 millions pour les plus pauvres. C’est « se mettre une balle dans le pied » d’acter que le développement durable soit mieux doté que la lutte contre la pauvreté. Une aide de 150 euros pour les allocataires des minimas sociaux, une fois, sur un mois, ni plus ni moins.
Nous avions pourtant proposé de baisser la TVA sur les biens de première nécessité pour contrer cette pauvreté galopante, mais vous vous êtes caché derrière la fatalité de l’« harmonisation européenne » : comme si nous n’en faisions pas partie, de l’Europe !

Mes chers collègues, ce budget manque cruellement de vision, d’espoir et de créativité. Ce gouvernement promettait un nouveau monde, nous récoltons finalement les mêmes recettes, inlassablement. L’Institut des politiques publiques confirme d’ailleurs que dans votre budget, je cite « les entreprises qui ont le plus pâti de la crise ne bénéficieront pas particulièrement du plan de relance ».

Une crise sanitaire ? Vite, baissons les impôts des entreprises de 10 milliards ! Sur les 10 prochaines années, 100 milliards échapperont à l’État pour financer la santé, les transports en commun, une politique sociale ambitieuse, les projets des collectivités…A croire que notre pays est devenu un régime de faveur, ou seuls ceux qui participent au capital productif méritent des droits.

Vous refusez de constater que ce plan constitue une : « confiance aveugle dans les politiques structurelles et de l’offre (…) une sorte de suicide » (IPP).
La relance n’existera pas mes chers collègues, tant que la diminution de l’investissement public, qui s’est effondré de 26 % au premier semestre, ne sera pas compensé. Si les finances des collectivités sont en bernes, la relance de la croissance le sera aussi.

J’avais abordé en introduction de ce budget la nécessité d’ouvrir des perspectives, de donner un horizon du fait de cette situation difficile pour notre économie mais surtout pour les gens. Pourtant, vous vous entêtez dans une politique de l’offre aussi injuste qu’inefficace car non ciblée sur les vrais perdants de cette crise.

Les françaises et les français, en contrepartie de la dette, ont le droit à un chantage aux réformes dites structurelles : réforme des retraites, baisse des dépenses et des services publics, réforme de l’assurance chômage. Ce plan ne relance rien, il signifie une politique sans partage des pouvoirs et des richesses, autoritaire et régressif.

Nous sommes convaincus que ce budget n’est pas un budget de crise face à la crise ! Il vient une fois de plus déléguer la souveraineté de l’État à la technoscience et au marché. Nous nous y opposons donc.

 

 

 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 14:50

 

Une explication simple aux violences policières consiste à affirmer que le corps policier est par essence violent ou a contrario à affirmer que le corps policier n’est pas violent, qu’il y a des individualités douteuses. En tant que syndicaliste policier, je pense que ces violences s’expliquent par la superposition au fil du temps d’une multiplicité d’erreurs. Analyse des perspectives de restructurations qui pourraient aider la police à remettre du lien entre elle et la population.

Pour les journalistes comme pour les politiques, une explication simple, voire simpliste, consiste à affirmer que le corps policier est par essence violent ou a contrario à affirmer que le corps policier n’est pas violent, qu’il y a des individualités douteuses (brebis galeuses, etc.). Et tout le monde de s’entendre sur le fait que le corps est ainsi atteint de façon systémique, ce qui est bien pratique mais ne veut rien dire puisque ce néologisme, faute de définition, ne nous permet pas distinguer si c’est le système qui engendre la pathologie ou la pathologie qui abîme le système.

Ces actes de violence s’expliquent davantage à notre sens par la superposition au fil du temps d’une multiplicité d’erreurs et d’évolutions sociologiques génératrices de conséquences sociales et psychologiques considérables.

Nous retiendrons essentiellement ici les problèmes engendrés par une formation désuète et inadaptée, induisant des comportements autoritaires, par l’application d’une réforme dite « corps et carrières » qui a encore aggravé la segmentation d’une institution dont les divers corps ne communiquent plus, ainsi que l’évolution d’un État dont la légitimité, et donc la légitimité de son expression, la loi, est en lambeaux.

À la différence des pays du nord de l’Europe1, la formation des policiers français est axée sur la connaissance de la loi et son application. Les plus anciens s’entendaient répéter sur ce point que « sur la voie publique, c’est vous le chef » et, aujourd’hui encore, on s’inspire des vieux gardes-champêtres qui portaient une plaque gravée « LA LOI » pour qu’en toute circonstance « force reste à la loi ». La légitimité de l’emploi de la force est dès lors présumée puisque s’inscrivant dans le cadre de la loi.

Là où le policier danois, par exemple, cherche à comprendre une situation et à y répondre dans une relation bivoque de façon adaptée, le policier français est entraîné à rechercher par tous moyens l’application de la loi.

Cela provoque donc nécessairement une relation asymétrique, un face-à-face déséquilibré au cours duquel l’un dispose de l’autorité, et l’autre... de rien du tout. Il faut donc supposer, pour que tout se passe bien dans le cas français, l’existence d’une confiance absolue de la population dans l’institution policière, ce qui est aujourd’hui loin d’être le cas.

Les erreurs des différents gouvernements successifs et la volonté des ministres de l’Intérieur de couper la police2 de la population pour mieux la contrôler, associées à un usage uniquement politique de la production de la loi ont fini par ôter toute légitimité à l’action de l’État et à la portée de la loi, la police étant ressentie dès lors non plus comme gardienne de la paix sociale, protectrice des populations, mais comme le bras armé d’un État contesté. Dans le face-à-face évoqué ci-dessus, le ton ne peut que monter, et la violence (contenue ou pas) de part et d’autre de grandir.

Par exemple, les opérations de maintien de l’ordre ne sont plus considérées ni d’un côté ni de l’autre comme destinées à la protection des manifestants et à la chasse des seuls perturbateurs, mais comme la réaction d’un État aux abois cherchant à réduire un adversaire politique. La police (ou la gendarmerie) devient le bras armé de l’État. Cela n’est pas sans évoquer le ressenti des populations des « zones sensibles » qui s’en prennent à tout ce qui évoque la seule idée d’État.

C’est là un des nœuds psychologiques de ces dérapages. Il n’y a plus de manifestants, il y a un ennemi du régime qu’il faut réduire. Il n’y a plus de policiers, il y a des protecteurs d’un État oppressif qu’il faut affronter.

L’affrontement est dès lors inévitable. Interviennent ensuite les comportements individuels et le substrat professionnel. Ces affrontements sont statistiquement générateurs de comportements qui non seulement provoquent des dégâts mais aussi renforcent le processus, comme le cyclone se renforce de sa propre chaleur.

Car, à l’intérieur même de l’institution, bien des choses ont changé. Dans l’apparence d’abord, en militarisant de façon assez grotesque la police, mais aussi par la mise en place de corps qui ne communiquent plus (réformes Pasqua des corps et carrières, 1995).

On oublie souvent que le premier corps, celui qui dirige tout en réalité, le vrai corps de direction, c’est celui des préfets, qui depuis la réforme de l’État des années 2000 dirige la police « en direct ». Le corps dit de conception se voit, en ce qui le concerne, réduit à une activité de gestion. Celui dit de commandement est de plus en plus éloigné du terrain et en fait ne commande plus grand-chose. Le corps agissant reste donc celui des exécutants et de leur « maîtrise », le corps des gardiens de la paix et des gradés.

Cette articulation très imparfaite engendre une véritable névrose structurelle : le gardien de la paix se trouve au bout d’une chaîne dont il ignore tout, à laquelle il ne participe pas, mais qui lui impose d’intervenir tel que l’a demandé le Préfet, d’obtenir le résultat demandé, mais sans prendre d’initiative, le tout sous risque de sanctions plus ou moins formulées.

Les formations spécialisées dans le maintien de l’ordre rencontrent moins de difficultés. Leur compétence, bien sûr, leur assure une meilleure sécurité, mais le fait que leur encadrement soit systématiquement plus proche et présent sur place permet de prendre ainsi les décisions imposées par une évolution inattendue de la situation, quitte à court-circuiter le Préfet.

Plus ou moins livrées à elles-mêmes, désorientées face à une activité qui ne leur est pas familière, les unités détachées de leurs tâches naturelles (BAC, etc.) se sont quant à elles rapidement trouvées dépassées et rapidement tentées de répondre à des situations tendues par des ripostes exagérément violentes.

L’empilement de toutes ces circonstances entraîne, dans le contexte d’une évolution sociologique du recrutement, l’apparition de comportements individualistes.

Il y a toujours eu des policiers violents, ou racistes, dans l’institution. Mais ils avaient tendance à se regrouper dans des structures souvent formelles (FPIP, FANE…).

Les policiers violents par nature se découvraient en général très vite, et l’institution prenait les mesures adaptées.

Leurs actions individuelles étaient circonscrites dans le silence des services empreints d’un esprit de corps, esprit qui protégeait l’institution, et donc le collègue. Mais lorsqu’il s’agissait de faits considérés comme « attentatoire à l’honneur », l’esprit de corps s’effaçait alors devant celui de probité et de justice.

Aujourd’hui, chacun est dans sa bulle. L’esprit de corps a cédé le pas à un esprit introverti, sans être introspectif. Ainsi, même si on a la connaissance des potentialités de dérapages, voire de comportements déviants dans la brigade, le principe est devenu de ne rien voir tout en participant à l’activité générale et d’en refouler la contradiction.

C’est la définition même d’une névrose qui ultérieurement pourrait s’exprimer par la seule violence.

C’est un principe d’isolement personnel au sein d’un isolement professionnel, d’omerta implicitement imposée.

On pourrait réfléchir à l’incidence de cette situation sur l’augmentation du taux de suicides dans la police.

Cela étant, il ne convient pas de généraliser cette situation à tous les fonctionnaires de police. Si quelques-uns succombent, peut-être les fameuses brebis galeuses dénoncées par les médias, beaucoup résistent. 

Cette superposition d’erreurs colossales, mais politiquement voulue, est génératrice de multiples pathologies.

C’est le paradigme policier dans son ensemble qu’il faut modifier, et une restructuration complète de l’institution s’impose.

Elle concerne de nombreux domaines. Voici quelques axes de recherche :

  • Ramener la loi à son rôle, et calmer un flot législatif continu aussi approximatif que préjudiciable3.
  • Réintégrer la police dans le corps social par une réorganisation totale, y compris en matière de formation.
  • Réaffirmer la mission de la police. Hors du contrôle politique, assurer la sécurité de chacun en veillant à l’observation par tous des principes républicains, universellement reconnus, qui seuls permettent le développement d’une société harmonieuse.

Cette liste n’est pas exhaustive bien sûr. Mais s’y pencher serait déjà un beau début !


Anthony Caillé, Policier, syndicaliste CGT.

1 Voir Sebastian Roché, de la police en démocratie, éd. Grasset.

2 On exceptera l’expérience de la police de proximité (1998-2003) qui a vu diminué le nombre de violences.

3 On voit à cet égard les dégâts causés par la loi (très discutable sur le fond, mais aussi opportuniste et mal rédigée) sur la prise d’images de fonctionnaires de police en action.

 

 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 14:37

 

Le débat qui s’annonce à l’occasion du projet de loi visant à renforcer les principes républicains, inscrit dans une manœuvre de précampagne présidentielle, s’annonce piégé. Il promet d’être le théâtre de toutes les outrances de la part d’une extrême droite et d’une droite extrême occupées depuis plus de deux décennies à dévoyer la laïcité, pour justifier des visées contraires aux valeurs de la République.

 

Partout dans le monde se développent des intégrismes, des mouvements politiques qui instrumentalisent des religions pour imposer leurs visions réactionnaires ou leurs visées totalitaires. Ces dernières années, notre peuple a subi les monstrueuses violences terroristes qui découlent des courants les plus radicaux. Ces réalités sont le témoignage d’un affrontement identitaire qui se développe sur le terreau d’une crise profonde que traverse l’humanité, marquée par les inégalités, les atteintes aux libertés, la marchandisation de tout, l’évanouissement du sens... Cette crise est le produit du capitalisme à ce stade de son évolution.

Face à cette menace, ce qu’il faut rendre toujours plus fort c’est la République et ses principes. La République ne doit surtout pas reculer, ni se renier face au danger. Elle doit s’appliquer à accomplir jusqu’au bout sa promesse d’égalité, de liberté, de fraternité. Pour cela, elle doit permettre dans toute la société que se lève un mouvement populaire conscient du danger et décidé à ne pas laisser faire.

Ce n’est pas dans une fuite en avant liberticide que peuvent se trouver les issues. Or, le projet de loi du gouvernement, dit de « renforcement des principes républicains », s’inscrit dans une séquence sinistre pour les libertés fondamentales : état d’urgence, sécurité globale, justice des mineurs... Il contient 54 articles traitant de sujets tellement divers qu’ils ne manquent pas de convoquer des associations d’idées et des amalgames qui devraient pourtant être combattus. L’habileté consiste à aborder des questions qui peuvent parfois légitimement préoccuper, mais en déployant une logique de contrainte qui, de fait, pointe du doigt les musulmans. Il peut y avoir dans les nombreux articles des dispositions nécessaires, comme la transparence financière des associations cultuelles. Mais on y trouve notamment la volonté de modifier le cadre de la vie associative et de l’action des collectivités locales en permettant un interventionnisme discrétionnaire de l’État sur l’invocation des valeurs de la République. Ce projet de loi, qui pourrait aboutir de fait à une modification d’ampleur de l’esprit de la loi fondatrice de 1905, apparaît confus, dangereux et à bien des égards contre-productif.

Nous voulons donner force à la République laïque. Nous combattons les courants politiques qui veulent entraîner le monde dans une prétendue guerre des civilisations. Nous refusons farouchement toute religion d’État et nous affirmons l’égalité des droits et la liberté de conscience dont découle la liberté de croire ou de ne pas croire et qui se conjugue avec la liberté d’expression. La laïcité n’est pas un outil d’exclusion et de discrimination. Dans ce monde qui fabrique des victimes désunies, nous voulons au contraire unir. Dans cette société aux multiples fractures, où l’on entend si souvent nier les discriminations et le racisme, nous voulons une République pour toutes et pour tous, une République en mouvement vers sa promesse encore tellement inaccomplie. Le Président de la République n’en prend pas le chemin. Sa politique est un renoncement permanent à lutter pour faire entrer pleinement dans la vie les principes qui nous rassemblent.

La République doit se donner les moyens humains nécessaires à lutter contre les offensives séditieuses et terroristes. Nous proposons de renforcer les moyens donnés à la mobilisation citoyenne autour d’une laïcité vivante. Nous appelons à un grand plan de lutte contre les discriminations. Nous proposons de développer une école de la République portant en actes le projet de permettre à chaque enfant l’épanouissement. Nous proposons le développement des services publics sur tout le territoire pour porter l’ambition de la République. Le nouvel acte fondateur que nous appelons de nos vœux pour une nouvelle République s’inscrit dans cette volonté laïque d’un refus de toutes les intimidations, de toutes les dominations, de toutes les discriminations et d’un désir profond de démocratie, de liberté, de partage. D’un monde en commun.

Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône.

 

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 20:23
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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 06:32

 

"Si le vaccin constitue une arme supplémentaire contre le coronavirus, il ne s’agit pas de l’arme absolue", explique Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93.

Les laboratoires pharmaceutiques nous annoncent, à grand renfort médiatique, l’arrivée de vaccins, tous plus efficaces les uns que les autres. Cette précipitation est suspecte, car son objectif est strictement commercial : pouvoir capter immédiatement les plus grosses parts de marché. Il faut donc rester vigilant. Si le vaccin constitue une arme supplémentaire contre le coronavirus, il ne s’agit pas de l’arme absolue. En effet, le vaccin permet de se protéger contre la maladie, mais n’élimine pas le virus qui continue à circuler. Le meilleur exemple est celui de la variole, qui a pu être définitivement éradiquée en 1980, alors que le premier vaccin a été mis au point par Edward Jenner en 1796 !

Il est donc nécessaire de continuer à utiliser les autres armes à notre disposition que sont les mesures barrières et les tests, tant que le virus sera présent. Ce qui peut durer encore plusieurs années. L’histoire nous en apprend beaucoup sur ces épidémies. L’actuelle ressemble fortement à celle de la grippe russe, qui a sévi pendant plusieurs années à la fin du XIXe siècle, avec la même cinétique que celle du coronavirus actuel : à savoir des pics brutaux, puis une régression tout aussi brutale, sans que nous n’ayons d’explication encore aujourd’hui.

 

D’autre part, au regard de la suspicion vis-à-vis des vaccins qui existe dans notre pays, un débat très large est nécessaire afin de répondre aux interrogations légitimes de la population. Un vaccin est un médicament avec des effets bénéfiques et des effets secondaires, potentiellement graves. Il est donc toujours nécessaire d’examiner le rapport bénéfices/risques de son utilisation pour les différents groupes de population auxquels il est destiné. Par ailleurs, la rapidité des processus d’homologation peut susciter des interrogations. Ce, d’autant que l’opacité des laboratoires pharmaceutiques concernant l’accès à leurs résultats, sous couvert du fameux « secret des affaires », ne peut qu’inquiéter.

Il faut se rappeler le drame des premiers vaccins contre la polio dans les années 1950 : un laboratoire avait mis sur le marché un lot de produits, qui a inoculé la maladie aux enfants vaccinés. Alors, oui, les vaccins constituent une des avancées majeures de la médecine moderne. Mais, pour que la campagne de vaccination qui s’annonce soit une réussite, il est urgent que notre gouvernement accepte le débat et les critiques sur sa gestion de la crise jusqu’à ce jour, afin que les citoyens puissent être convaincus de la justesse et de l’efficacité des mesures préconisées.

 

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 06:21

 

Jean Castex a annoncé ce mardi 2 décembre qu'il refusait tout « coup de pouce au SMIC » au 1er janvier 2021, considérant que « l'augmentation d'environ 1% au titre de l'inflation n'était pas négligeable ».

De qui se moque-t-il ? Le Premier ministre parle là d'une augmentation de 15 euros bruts mensuels sur des salaires qui ne permettent déjà pas à des millions de familles de vivre correctement ! Comment vivre dignement avec un salaire net de 1271 euros par mois quand la facture d'électricité augmente de 5,9% en juin et le gaz de 2,4% le 1er décembre après une hausse de 4,7% en octobre ?

 

 

Il prétend qu'un « coup de pouce » mettrait en péril les entreprises et notre économie.

C'est précisément ce choix de maintenir un bas niveau de salaires et de pensions dans notre pays, de peser toujours plus sur le travail plutôt que sur le capital financier, qui empêche toute relance d'une consommation responsable et menace les débouchés de nombre d'entreprises. C'est aussi un frein au financement de la protection sociale.

Ce ne sont pas les salaires qui coutent chers mais plutot la finance !

Les 500 plus grosses fortunes totalisent un patrimoine de 730 milliards d'euros, toujours en hausse, et les multinationales françaises vont encore distribuer plus de 37 milliards de dividendes en 2020, malgré la crise sanitaire et économique. Certaines d'entres elles, en plus, licencient : Danone, Total, Sanofi, Schneider Electric...

Face à l'explosion de la pauvreté et de la précarité et pour une relance de notre économie, le PCF lance une grande campagne publique pour exiger une forte augmentation des salaires et des pensions, pour une politique de création d'emplois dans les services publics et dans l'industrie. Ses parlementaires portent par ailleurs une proposition de Loi visant à faire payer leurs impôts au GAFAM et à leur demander une taxe exceptionnelle, taxe Coronavirus, qui rapporterait 1 milliard d'euros pour soutenir les TPE-PME et permettre le soutien à l'emploi et aux salaires.

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

 

 

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 06:19

 

Pourquoi la réforme de la justice des mineurs serait contreproductive (L’HUMANITE - Mercredi 2 Décembre 2020 - Camille Bauer)

À l’occasion de l’examen, mardi à l’Assemblée, du projet de loi sur la justice des mineurs, les professionnels dénoncent la remise en cause du primat de l’éducatif sur le répressif. Pour eux, il faut remettre l’intérêt de l’enfant au centre.

Avocats, magistrats, éducateurs… Ils étaient plusieurs centaines, ce mardi, devant le tribunal de Bobigny pour dénoncer le projet de loi sur la justice des mineurs, examiné en dernière lecture, le jour même, à l’Assemblée. Concocté en 2018 par la garde des Sceaux de l’époque, Nicole Belloubet, le nouveau Code de justice pénale des mineurs (CJPM) tourne le dos à l’ordonnance de 1945 et au primat de l’éducatif sur le répressif. Il renforce un détricotage amorcé dans les années 1990, au nom de la rhétorique sécuritaire. « On nous fait croire que les jeunes sont de plus en plus violents mais c’est faux. Depuis quinze ans, la délinquance des mineurs n’a pas augmenté, alors que nous sommes le pays d’Europe avec le plus d’enfants emprisonnés. Dans une majorité des cas, un mineur qui passe à l’acte, c’est un appel à l’aide », rappelle Pierre Lecorcher, éducateur et secrétaire général adjoint CGT protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Une réduction du temps judiciaire apparaît contre-productive

Le projet de loi se donne comme objectif de rapprocher la sanction de l’acte commis. Pour cela, il découpe la procédure en deux. Dans un premier temps, le juge aura, dans un délai de trois mois, à trancher sur la culpabilité d’un mineur. « Ce temps va se faire sans travail éducatif, alors qu’actuellement nous intervenons avant le sentenciel, pour comprendre ce qui les a amenés là et adapter la réponse », s’alarme Pierre Lecorcher.

Autre problème, le juge ne disposera ensuite que de neuf mois pour décider de la peine. « En principe, cette période doit servir à mettre en place des mesures d’accompagnement. Mais comme les moyens ne seront pas augmentés, et qu’il n’y aura pas plus d’éducateurs disponibles, on sait très bien que cela va se traduire par un renoncement à l’éducatif », déplore maître Meriem Ghenim, membre du Syndicat des avocats de France. Ces neuf mois d’accompagnement seront même réduits à néant dans certains cas, comme la récidive, pour lesquels un regroupement des deux temps judiciaires en une seule audience sera autorisé.

Icon Quote65 % des enfants que nous accompagnons ne récidivent pas. Les 35 % restants cumulent les difficultés et sont dans le défi de l’autorité. Le seul moyen de leur faire accepter un cadre, c’est de prendre le temps de tisser un lien de confiance.

SONIA OLLIVIER Cosecrétaire nationale du SNPES-PJJ-FSU

La réduction du temps judiciaire, proposée au nom de la lisibilité de la peine, apparaît contre-productive pour ces enfants souvent meurtris. « En réalité, 65 % des enfants que nous accompagnons ne récidivent pas. Les 35 % restants, ce sont des gamins qui cumulent les difficultés (psychiques, sociales, scolaires) et qui sont dans le défi de l’autorité. Le seul moyen de leur faire accepter un cadre, c’est de prendre le temps de tisser un lien de confiance, pour qu’il arrive à comprendre que l’adulte qui le contraint l’aime et le fait pou r son bien. C’est un processus long et il n’y a pas de recettes toutes faites », souligne Sonia Ollivier, cosecrétaire nationale du SNPES-PJJ-FSU. La réforme va rendre ce long et patient travail d’approche impossible. En le réduisant, elle permet surtout de faire des économies, au lieu de répondre au problème du manque de moyens, à la base des lenteurs judiciaires.

107 amendements ont été déposés

Les professionnels de la justice des mineurs, qui n’avaient pas été consultés au moment de l’élaboration de la réforme, comptent profiter du débat parlementaire pour tenter d’infléchir la loi. « Grâce au travail fait avec le Collectif pour la justice des enfants, 107 amendements ont été déposés, dont un tiers à l’initiative des avocats », indique Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux. Présent au rassemblement, le député FI Ugo Bernalicis reconnaît qu’il est difficile de mobiliser ses collègues parlementaires sur le sujet et qu’il y a un risque que certains, dans la majorité, cherchent à forcer plus encore l’aspect sécuritaire du texte. Mais il se veut optimiste. « Le climat actuel, avec l’opposition à la loi sur la sécurité globale, me rassure. »

En vidéo : Pourquoi ils disent non au nouveau code de justice pénale des mineurs

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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 18:25
5 décembre : mettons fin au chômage des jeunes ! - MJCF

En cette fin d’année 2020, la situation pour la jeunesse est catastrophique. Le nombre de jeunes en recherche d’emploi ne cesse de croître. Le plan de relance du Premier ministre, n’est pas à la hauteur et pour cause, il prévoit de précariser davantage les parcours des jeunes en ne proposant que des contrats précaires (CDD, services civiques…).

La faiblesse du plan du gouvernement a atteint son paroxysme lorsqu’Elisabeth Borne, ministre du travail, a demandé aux entreprises de ne pas licencier tout en refusant de mettre en place des mesures contraignantes pour stopper les licenciements massifs.

Pour les jeunes au chômage ce sera la double peine, puisqu’au 1er janvier 2021 doit s’appliquer le deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage. Cette réforme durcit les conditions d’accès aux allocations chômage et organise une dégressivité punitive pour les chômeurs qui peineraient à retrouver un emploi.

Alors que les jeunes travailleuses et travailleurs, avec ou sans emploi, ne sont pas responsables de la crise, le Gouvernement fait le choix d’assurer la rentabilité du capital par des aides financières sans contrepartie. Face à la précarisation des parcours, nous revendiquons une sécurisation de l’emploi et de la formation. Les jeunes doivent pouvoir se construire sereinement sans crainte de perdre leur emploi. De plus, si nous voulons sortir par le haut de cette crise, le gouvernement doit d’urgence investir dans la jeunesse.  

Le Mouvement Jeunes Communistes de France demande que l’argent investi soutienne l’emploi, notamment celui des jeunes, et les salaires. Nous revendiquons que plus un seul jeune ne soit au chômage en 2021. 

Le MJCF appelle à la mobilisation ce samedi 5 décembre et revendique :

  • L’abrogation de la réforme de l’assurance chômage
  • La suppression des contrats précaires, en faisant du CDI et de la titularisation la norme unique d’embauche afin de garantir une stabilité qui permette de se projeter dans l’avenir ;
  • La création d’une sécurité emploi-formation permettant de répondre aux besoins sociaux par la formation aux métiers adaptés tout en garantissant un emploi à chacune et à chacun ; 
  • La réduction du temps de travail à 32 heures afin de travailler moins mais de travailler toutes et tous ;

L’ouverture du RSA aux moins de 25 ans comme filet de sécurité pour éviter qu’un trop grand nombre de jeunes ne tombent dans l’extrême précarité. les situations de précarité les plus immédiates.

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