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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 17:01

Après avoir été un temps sur le reculoir face à l'effet cataclysmique de la crise du capitalisme financier en 2007-2008, l'ultra-libéralisme désormais dominant dans la majorité des partis de gouvernement en Europe est de nouveau à l'offensive depuis la révélation des difficultés budgétaires de la Grèce, puis du Portugal, de l'Irlande et de l'Italie.   

 

C'était prévu, après l'offensive de la propagande sur les dangers immenses du poids de la dette forçant à de nouvelles réductions des dépenses publiques, la droite et les représentants des milieux patronaux entendaient enclencher le deuxième stade de la stratégie de démolition des acquis sociaux en mettant en avant le manque de compétitivité de nos entreprises et la nécessité de réduire les coûts du travail pour peser dans la mondialisation.

 

Le problème qui justifie la saignée sociale, ce n'est plus seulement le déficit public, c'est (re)devenu le coût du travail qui joue contre l'emploi. C'est une vieille rangaine du libéralisme depuis la vague tatchérienne des années 80: les cotisations sociales qui financent notre système de protection sociale handicapent notre économie dans la concurrence internationale, dissuadent la création d'emplois et favorisent les délocalisations.

 

Mais le paradoxe aujourd'hui est que Sarkozy utilise la sensibilisation réalisée par la vraie gauche aux fléaux des délocalisations et de la désindustrialisation- de même que la progression dans l'opinion du désir de protectionnisme- pour "vendre" sa mesure d'augmentation de l''impôt le plus injuste, qui frappe les catégories populaires beaucoup plus que les classes aisées, et justifier de nouvelles baisses de cotisations patronales, les plus importantes jamais réalisées, alors qu'on sait qu'elles n'ont jamais eu d'effet significatif durable sur l'embauche et le niveau du chômage.

 

Les 10% des ménages les plus pauvres consacrent, selon l'économiste Mathieu Plane dans le Ouest France du mercredi 4 janvier, 11,5% de leurs revenus à la TVA quand les 10% les plus riches n'en consacrent que 5,2%. Notre fiscalité était déjà peu redistributive en raison précisément du poids de la TVA dans les recettes de l'Etat (50%) et de la baisse des impôts sur les grandes fortunes, les profits des entreprises, le capital et le patrimoine. Elle va devenir encore moins correctrice des inégalités tandis que les entreprises vont pouvoir se rejouir (et parfois malheureusement en réalité seulement leurs actionnaires) en se partageant une manne de 30 milliards d'euros par an en baisse de cotisations sociales.

 

C'est clairement la politique de l'offre plutôt que celle de la relance par la demande qui est ici choisie de manière illusoire: mais à qui va t-on faire croire que l'on donne des avantages compétitifs réels à nos entreprises pour exporter et réduire le prix de leurs marchandises si on compare le coût de leur main d'oeuvre avec celui des entreprises de l'est européen, du Maghreb ou d'Asie. Le but est-il de tendre vers ces modèles économiques sans aucune protection sociale ou presque? Alors que les revenus indirects des français baissent avec le recul des services publics et de la protection sociale sous l'effet de la priorité du désendettement, alors que dans le même temps le chômage augmente, les salaires stagnent et les prix s'envolent, et que cette situation se généralise partout en Europe, comment peut-on croire que notre économie peut se sortir de la croissance zéro et de la récession et produire de vrais emplois qualifiés et à statut garanti?    

 

64% des français, comme l'annonce un sondage de L'Humanité du 5 janvier, sont opposés à cette TVA sociale. Cette nouvelle hausse de la TVA s'ajouterait en effet aux hausses des prix (transports, mutuelles, médicaments, gaz, électricité) intervenues ces derniers mois et au relèvement de la TVA réduite de 5,5% à 7% à partir du 1er janvier.

 

Surtout la TVA sociale serait une nouvelle brèche enfoncée dans l'édifice de la Sécurité Sociale bâti dans l'après-guerre sur la base de la défaite des forces réactionnaires de la bourgeoisie et du triomphe des idéaux sociaux de la résistance. En effet, le financement de la protection sociale (assurance maladie, allocations familiales, une partie des retraites) serait désormais partitiellement assuré par un impôt dont la recette serait gérée à la discrétion de l'Etat, en fonction de ses priorités du moment (et tout porte à croire que la protection sociale solidaire pesera peu face à l'impératif proclamé de désendettement dans les prochaines années) alors que jusqu'à présent c'était grâce aux prélèvements sur la valeur produite par le travail- et donc une ponction sur la plus-value des entreprises- que la protection sociale se finançait.  Cela en faisait un deuxième salaire, socialisé et mutualisé pour coller aux besoins différenciés des citoyens, et cette caisse de mutualisation rêvée par Jaurès et bien d'autres penseurs socialistes du siècle dernier, était gérée par les représentants des salariés, les syndicats.

 

Pourquoi Sarkozy entend faire passer en force avant les présidentielles, au mépris de toute procédure démocratique, sans débat parlementaire, cette TVA sociale dont l'annonce lui avait coûté des dizaine de sièges de députés en 2007? Evidemment, en premier lieu, pour satisfaire les milieux d'affaires qu'il n'a cessé de servir. La bourse et le Medef donnent le change en ce moment en dénonçant une taxe Tobin à la française qui n'a quasiment aucune chance d'aboutir mais ils se félicitent en sous main.

Mais aussi, peut-être plus stratégiquement, comme le remarquait notre camarade Nicole Labelle lors d'une précédente réunion du collectif Front de Gauche de Morlaix, il s'agit pour Sarkozy de faire croire à la population que comme il prend tous les risques électoraux en s'attaquant au pouvoir d'achat du plus grand nombre, c'est vraiment qu'il doit y avoir péril en la demeure et qu'il n'y a pas d'autres moyens de défendre notre triple A et de se sauver d'une perte de souveraineté semblable à celle que vivent les Grecs, les Portugais ou les Italiens. Sarkozy entend ainsi se poser dans la figure du capitaine responsable et courageux qui par gros temps n'hésite pas à prendre des mesures impopulaires et douloureuses par souci de l'avenir et pour sauver le navire.  Comme Hollande ne se démarque guère de Sarkozy en plaidant aussi pour la rigueur, l'austérité, et en laissant croire que l'on pourra sortir de cette crise systématique par une réduction de la dépense publique, mais qu'en même temps il ne peut aller aussi loin que la droite dans l'annonce de mesures pro-patronales et réactionnaires- quoique dans son camp aussi certains comme Manuel Valls plaidaient pour la TVA sociale- Sarkozy peut gagner son pari: faire passer ses concurrents pour des lâches et des opportunistes qui n'ont pas le courage des réformes dont ils admettent la nécessité à demi mot. Sarkozy parie également une aggravation prochaine de la situation économique européenne qui justifierait après coup ses mesures pour complaire aux agences de notation, et à travers elles, les banques, sociétés d'assurances, fonds d'investissement qui ont tout à gagner au démantèlement de la Protection Sociale, nouveau champ ouvert à leurs appétîts.

Cette TVA sociale permet enfin de concevoir une conception bien inoffensive pour le capital du protectionnisme: celle qui consiste à tout mettre en oeuvre pour augmenter le profit des entreprises dont le siège social est en France sans aucunement tendre vers la convergence vers le haut des normes sociales.

 

Je publie ici un excellent argumentaire de L'Humanité du mardi 3 janvier (à imprimer peut-être pour qu'il soit plus lisible) contre la TVA Sociale pour que l'on réalise bien à quel point elle est profitable au patronat et nuisible à la grande majorité des français.   

 

Ismaël Dupont 

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:46

Voici un assez bon bilan critique du bilan du gouvernement depuis 5 ans en matière d'éducation, publié sur le sîte "Place au peuple" à l'occasion des voeux de Sarkozy au monde de l'éducation, qui lui ont donné l'occasion de dire une nouvelle fois son rejet du collège unique, sa préférence pour une orientation professionnelle précoce de la plupart des enfants des milieux populaires, et son mépris des enseignants.

 

Ce jeudi 5 janvier, Nicolas Sarkozy présentait ses vœux au monde de l’éducation. Depuis des années, il est le destructeur conscient et acharné du service public de l’éducation. Par décence, il aurait dû se contenter de s’excuser de cette casse qui menace gravement l’avenir du pays.

Il a d’abord réduit les moyens humains alors que les besoins s’accroissent.

80 000 postes auront été détruits dans l’éducation depuis 2007. Pourtant, comme le notait la cour des comptes en mai 2010, la France affiche déjà le taux d’encadrement le plus faible de l’OCDE, en particulier dans le primaire (5 pour 100 contre 9 pour 100 en Suède ou au Portugal).
L’argument démographique avancé par la droite est de pure fantaisie. Depuis 2007 les inscriptions en primaires ont augmenté en moyenne de 14 000 par an, conséquence logique du dynamisme de la démographie française.
La dégradation du taux d’encadrement est en partie maquillée (37% d’enfants scolarisés avant 3 ans en 2001 contre seulement 13% en 2011) et en partie « absorbée » par la réduction des contenus enseignés (suppression de matière, programmes « allégés » au rabais).

 

Il a travaillé à la casse des statuts.
En imposant aux futurs enseignants une année de plus de formation, à leurs frais, il accroit la sélectivité sociale des métiers de l’éducation. Mais il s’agit aussi de former une « armée de réserve pédagogique » en vue de casser le statut de fonctionnaire d’Etat. En effet, que pourront bien faire tous les titulaires d’un master « métier de l’enseignement », recalés à des concours offrant de moins en moins de places ? De fait, la part de l’emploi précaire n’a cessé de croitre au détriment des conditions d’enseignement.

 

Une politique au service de la marchandisation du savoir.
Le recul du service public vise à créer un grand marché du savoir. Avec Nicolas Sarkozy, les officines de soutiens scolaires ont encore prospéré, bénéficiant toujours d’un avantage fiscal conséquent (50% de déduction d’impôt). Avec la suppression des IUFM, les préparations privées et payantes aux concours de l’Education nationale se sont aussi développées. Enfin, la droite a défendu avec constance les droits de l’enseignement confessionnel. « L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé » affirmait Sarkozy en 2007 à Saint-Jean de Latran. Il a depuis fait tout ce qu’il a pu pour favoriser l’enseignement confessionnel : la circulaire Darcos d’abord, puis de la loi Carle (2009) obligent les communes à financer l’enseignement privé et favorisent le séparatisme social et confessionnel. Le monopole public de la collation des grades universitaires a été abandonné par un accord signé avec le Vatican (janvier 2008). Le « plan banlieue » a entre autres choses servi à créer un fonds de soutien aux établissements privés qui créeraient des classes dans les quartiers populaires. Par ailleurs la ventilation des postes a évolué en faveur du privé, en 2011 ce sont 1200 postes qui ont ainsi été transférés du public au privé.

 

Cette politique de casse est aussi une politique de classe.
En témoignent les inscriptions en baisse au lycée depuis 5 ans toutes filières confondues, en rupture avec l’effort historique de formation du pays, ou la réforme de l’enseignement professionnel (suppression du BEP, bac professionnel en trois ans au lieu de quatre) à l’issue de laquelle plus de jeunes risquent de sortir sans diplôme. Comme toujours, la droite couvre son incurie de poses moralisatrices, en poussant les familles au sauve qui peut individuel (suppression de la carte scolaire, « internats d’excellence » ne concernant que 0,8% des élèves de ZEP) et en blâmant les victimes (loi Ciotti permettant de pénaliser financièrement les familles, dont les enfants sèchent les cours). Il est trop facile d’incriminer les « familles démissionnaires » quand on organise soi-même la démission éducative de l’Etat républicain. C’est en tout cas plus facile que « créer des classes à 15» dans les ZEP (démantelées depuis) comme le promettait le candidat Sarkozy en 2007.

 
Lors de ces vœux, Nicolas Sarkozy a vanté « l’autonomie » qui a pourtant fait tant de dégâts dans l’enseignement supérieur. Son projet pour la présidentielle est d’appliquer le même modèle libéral aux établissements scolaires. Décidément, dans l’éducation comme partout, il est grand temps de tourner la page du sarkozysme pour reconstruire le service public, garant de l’égalité républicaine et de l’émancipation individuelle

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 16:33

Taxe Tobin à la française : un bluff indécent.

 

Henri Guaino annonce ce matin à BFM une taxe Tobin française avant la fin 2O12.

De qui se moque le gouvernement ? Il y a à peine un mois le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s’opposait au vote par le Sénat d’une telle taxe, estimant que la France "ne peut légiférer seule" car ce serait "contre-productif" et cela "nuirait à la place financière de Paris".

Depuis deux ans déjà Nicolas Sarkozy orne ses discours d’envolées lyriques sur la taxe Tobin. Il avait promis que le G20 de Cannes marquerait une avancée décisive : l’échec a été total. Aujourd’hui, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, il prétend la décider seul, éventuellement avec l’Allemagne. Cette annonce est purement opportuniste : elle ne vise qu’à atténuer l’effet désastreux de l’annonce de la TVA « sociale », dont chacun sait qu’elle frappera d’abord les couches populaires.

Elle manque totalement de crédibilité : contrairement à ce qui se fait toujours avant d’introduire un nouvel impôt, tout indique que Bercy n’a mené aucune étude sérieuse de faisabilité pour préparer la mise en place d’une telle taxe au plan français. Tous les actes de Nicolas Sarkozy – réformes fiscales, réforme des retraites, sauvetage des banques sans contrepartie, casse des services publics… - montrent qu’il gouverne pour la finance. Rappelons également que Nicolas Sarkozy a supprimé en 2008 l'impôt de bourse, qui taxait à la Bourse de Paris les transactions sur actions au taux de 0,3%. Nicolas Sarkozy joue donc de façon indécente avec le symbole de la taxe Tobin pour tenter de redresser son image de Président des riches.

La manipulation politique est trop grossière pour que les citoyens se laissent abuser. La taxe Tobin est possible dès 2012, en Europe, au taux de 0,1%, en incluant les produits dérivés et (contrairement au projet de la Commission européenne) les transactions sur les devises, pour freiner fortement la circulation des capitaux et la spéculation et pour financer les biens publics mondiaux, à commencer par la lutte contre la pauvreté et le changement climatique.

La France pourrait bien sûr montrer montrer l’exemple. Mais il faudrait une volonté politique, pas un bluff médiatique.

 

Attac France, Paris, le 6 janvier 2012 http://www.france.attac.org/articles/taxe-tobin-la-francaise-un-bluff-indecent

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 19:28

Ce matin nous recevions de la part du mouvement de la paix 29 et de notre copine Anne Le Henaff un message d'information et d'alerte sur la position du PS et du Hollande en faveur d'un maintien (et même d'un approfondissement si l'on songe à son soutien à la généralisation des nouveaux missiles M51 en lieu et place des M45) des programmes nucléaires militaires français. La présence de Hollande est prévue à l'île Longue fin janvier: est-ce encore pour se poser dans une posture présidentielle de défenseur d'une armée invulnérable dans un monde plein de dangers? Après les déplacements de Sarkozy aujourd'hui à l'Ecole navale pour présenter ses voeux à l'Armée, et en 2007 à l'île Longue, il semblerait presque que les finistériens n'existent pour ces Messieurs que quand il s'agit de servir de faire-valoir pour montrer ses muscles de chef (actuel ou futur) des Armées et de défenseurs sans faille de son arsenal...

Je me permets de citer ce message avant de présenter a contrario nos analyses et la position collective du Front de Gauche.

 

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Secret défense
RIEN DE CE QUI EST KAKI, BLEU MARINE OU BLEU CIEL NE NOUS SERA ÉTRANGER
Le plaidoyer de François Hollande pour la dissuasion nucléaire
Le candidat socialiste se prononce fermement pour le maintien des deux composantes.


Dans un texte paru cette semaine dans le Nouvel Observateur (que l'on  peut lire ici ), François Hollande se prononce très nettement en faveur de la dissuassion nucléaire, expliquant que "dans un monde désormais
multipolaire et face à une menace multiforme, vouloir la paix ne saurait s’envisager par un désarmement unilatéral. Un responsable politique ne peut ignorer que l’histoire est tragique". " Nous disposons de moyens proportionnés et suffisants, que j’entends maintenir".  Concernant la Force océanique stratégique (FOST), le candidat confirme
son approbation de l'acquisition des nouveaux missiles M-51 ( "ses moyens de frappe contribuent à faire de la France un pays respecté") et s'engage au cas où il serait élu  : "Nous maintiendrons sa capacité et sa crédibilité". 
Plus inattendu, son plaidoyer en faveur de la deuxième composante - aéroportée : "Visible et donc démonstrative en cas de crise majeure, cette deuxième composante nous permet d’éviter toute montée mécanique vers les solutions les plus extrêmes, parce qu’elle est réversible." 
Cette question de la deuxième composante a fait l'objet de discussions au sein du PS  où quelques experts envisageaient son abandon - sans doute pour faire plaisir aux écologistes et à la gauche radicale, comme aux Allemands... Ou pour faire des économies ? François Hollande rappelle à juste titre que "La France a fini de payer les investissements nécessaires à cette capacité".  Il n'y a pas qu'à gauche que la question de la composante aéroportée : au sein de l'UMP des personnalités s'interrogent également. 
Le texte de François Hollande est un recadrage après l'affaire de l'accord Verts-PS. Il prend d'ailleurs  soin de préciser qu'il "n'entend pas  renoncer au droit de veto au Conseil de sécurité des 
Nations Unies". Il s'inscrit toutefois dans la continuitié du PS qui, depuis la fin des années 70 (grâce à Charles Hernu) a toujours été partisan de la dissuasion nucléaire. Comme nous le racontions sur ce  blog, dès l'été dernier, le PS (sous la responsabilité de Martine Aubry) a fait savoir à Europe Ecologie Les Verts qu'il était hors de question de discuter du nucléaire militaire. Une position alors exprimée au nom de son parti par François Lamy, l'un des meilleurs
spécialistes de la Défense du PS. 
Comme cela avait été le cas en 2007, entre les candidats Sarkozy et Royal, les questions de défense - et notamment la dissuasion nucléaire - sont ainsi "sanctuarisées" dès le debut de campagne. En la matière,  le candidat socialiste approuve la politique conduite ces dernières années et il s'engage à la poursuivre.  

 


 

De notre point de vue, l'idée que la possession d'armes nucléaires est une garantie de paix, qu'elle joue un rôle de dissuasion contre d'éventuelles agressions, n'est pas fondée.

En effet, les Etats dotés de l'arme atomique sont une menace pour les autres. Ceux-ci seront donc tentés de se doter aussi de l'arme nucléaire pour équilibrer leurs rapports avec ces puissances pourvues d'armes de destruction massive qui sont aussi des outils de chantage. 

Le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon, déclarait ainsi avec un humour désenchanté en octobre 2008:"Malheureusement la doctrine de la dissuasion s'est révélée contagieuse". (cité par Pierre Villard dans Pour en finir avec l'arme nucléaire).

Or, de quel droit alors même que l'on s'engage toujours plus à fond dans le renouvellement d'un équipement nucléaire militaire toujours plus efficace et meurtier et alors que l'on refuse l'idée d'un désarmement exemplaire en repoussant aux calendes grecques l'impératif d'un désarmement multilatéral va t-on dans le même temps condamner ces Etats supposés dangereux par nature (l'Iran, la Corée du Nord) qui ne pourraient se doter de l'arme atomique qu'en menaçant sérieusement la paix mondiale?

Comment défendre la non-prolifération sans s'engager soi-même dans le désarmement nucléaire? La charte des nations-unies établit le principe d'égalité entre les nations: cela veut dire que l'on ne peut pas interdire à d'autres ce que l'on s'autorise soi-même.  

 

Ce discours de puissants donnant des leçons aux plus faibles ne porte pas, moralement et du point de vue de l'efficacité, tant que l'on donne pas soi-même des signes tangibles de la volonté d'en finir avec un monde porteur de cette menace constante de destruction universelle et sans reste. Par ailleurs, comme le note Pierre Villard, la possession de l'arme nucléaire donne le sentiment d'être intouchable et rend les Etats qui en "jouissent" volontiers arrogants, identifiant la justice à leurs intérêts et ne craignant pas de semer la ruine chez les autres, protégés qu'ils sont par leur force d'agression terrifiante. "Cette asymétrie provoque des peurs, des tensions et de l'instabilité aux quatre coins du monde" constate à raison et à regret l'auteur cité, membre du Mouvement pour la Paix.

L'arme nucléaire est en réalité une arme de domination dans les mains des puissances. Elle peut devenir une arme de destruction généralisée si, justement, sa possession se généralise à la faveur des ressentiments et des peurs nées de cette domination. 

 

La France est le troisième Etat au monde qui possède le plus de têtes nucléaires (les Etats-Unis et la Russie détiennent encore à eux seuls près de 95% des armes atomiques) avec 300 têtes nucléaires environ (la Chine a 240 bombes, la Grande-Bretagne 225, l'Inde 80, le Pakistan et Israël à peu près autant). Notre Etat possède ainsi 4 sous-marins nucléaires lanceurs d'engins qui se relaient en mer pour des missions d'une dizaine de semaines. Equipés de 16 missiles, dotés de 6 têtes nucléaires chacun, chaque sous-marin porte une puissante équivalente à près de 1000 fois la bombe d'Hiroshima. Cet attirail inquiétant est complété par les missiles ASMP (air-sol moyenne portée) portés par les avions Mirage et Rafale, notamment ceux basés à Landivisiau. Avec ses nouveaux missiles M 51, la France aura renouvelé toute sa panoplie nucléaire en une quinzaine d'années. 

 

Alors qu'à Prague, le 5 avril 2009, Barak Obama s'était engagé en rupture avec la politique menée par ses prédécesseurs pour un monde sans arme nucléaire en plaidant pour la réduction des stocks, la maîtrise de l'atome, la non-prolifération, l'arrêt complet des essais, la France refusait dans le même temps, par l'intermédiaire du représentant de Sarkozy à la conférence de révision du Traité non prolifération-militaire, Eric Danon, tout processus multilatéral de désarmement automatique, jugeant qu'il lui revenait de juger seule du moment opportun pour se désarmer. "La France, affirme Pierre Villard, ne fait ouvertement pas sienne la vision d'un monde sans arme nucléaire, portée par Barak Obama" (opus cité, p.55). Pourquoi?

 

Sans doute, ce serait peut-être la moins mauvaise raison (les autres serait l'influence du complexe militaro-industriel ou des conceptions stratégiques éculées)  parce que nos chefs d'Etat- Sarkozy après Chirac et Mitterrand-  veulent dans une veine gaullienne d'indépendance nationale et de rêve de grandeur (contradictoire de toute manière avec la réintégration dans le commandement de l'OTAN décidée par Sarkozy) affirmer une apparence de puissance et conserver un argument historique et encore d'actualité pour avoir un siège au Conseil de Sécurité de l'ONU. 

 

En même temps, on peut penser qu'il y a une autre voie pour affirmer notre singularité et garder dans le monde une autorité et une influence morale conforme à notre grande histoire: être la première grande puissance nucléaire à convoquer une conférence pour l'abolition de l'arme nucléaire, comme on a pu le faire pour les armes chimiques. Marquer notre volonté de sortir du nucléaire militaire à terme en décidant dès aujourd'hui d'un moratoire sur la construction des nouveaux missiles nucléaires M51, contraires aux engagements du Traité de Non Prolififération (TNP). Plaider pour une zone dénucléarisée en Europe.

 

Pour la France, une sortie progressive de l'armement nucléaire permettrait de surcroît d'affecter des ressources considérables à la satisfaction de véritables besoins sociaux (recherche, éducation, santé, logement, salaires, protection sociale...etc). L'armement nucléaire, c'est 20% du budget de la défense, soit approximativement 8 milliards d'euros par an. Cela représente une belle somme qui pourrait être utile à la société si elle était dépensée autrement. 

 

On dira que cette somme est encore négligeable si l'arme nucléaire est bien indispensable à notre survie, à notre sécurité, mais la possession massive d'armes nucléaires par 7 ou 8 nations est précisément une menace extrêmement grave sur la sécurité de toute la planète, y compris la nôtre, et pas seulement parce qu'elle nourrit la dissémination mais aussi parce que nos Etats ne seront pas toujours forcément démocratiques et gouvernés sagement (voyez l'exemple de l'Amérique de Bush ou de la Russie de Poutine!). L'idéologie dominante, comme le remarque Pierre Villard, dans son livre, "s'appuie sur la peur pour accréditer l'idée du danger permanent". On explique aux français "que de nombreux pays sont sur le point de détenir cette arme abominable et qu'en plus on la transporte dans une valise. Dans les deux cas, nous avons affaire à des mensonges éhontés". 

 

Pierre Villard conclut de l'efficacité de la propagande pro-nucléaire militaire menée depuis 60 ans en France à la nécessité stratégique d'exiger, non un désarmement unilatéral et spontané de la France qui prendrait les devants sans conditions, mais un désarmement nucléaire multilatéral dont la France se ferait l'avocate fervante auprès des autres Etats nucléaires, avec des processus de garanties et de contrôles. 

 

Selon correspond à notre point de vue.

Bien que peut-être plus attaché que nous les communistes - et à ce titre internationalistes - à l'argument de la grandeur de la France et de l'influence stratégique que nous procure, en plus des moyens de l'indépendance, l'armement nucléaire, Jean-Luc Mélenchon écrit dans la dernière page de son essai à succès paru en 2010, Qu'ils s'en aillent tous: "Le désarmement nucléaire mondial est un impératif catégorique. Il est d'autant plus jouable qu'il est réaliste. On ne commencera pas par désarmer unilatéralement la France. On doit exiger que désarment sérieusement ceux qui sont en état de faire disparaître plusieurs fois ce monde: les Etats-Unis d'Amérique et la Russie. Ensuite, ou en même temps, mais proportionnellement, tous les autres. Raison supplémentaire pour ne rien céder contre la dissémination nucléaire et se ranger partout dans le monde pour la création de zones dénucléarisés...On ne peut vouloir, à juste titre selon moi, tordre le bras du gouvernement dictatorial et théocratique de l'Iran si l'on n'énonce pas en même temps un clair refus d'une singularité nucléaire pour Israël". 

 

Même si je souscris à l'objectif d'une dénucléarisation généralisée pensée comme un devoir moral immédiat, l'argumentation de Jean-Luc Mélenchon, bien que pragmatique du point de vue du maintien de la sécurité et de la puissance française, ne me parait pas complètement satisfaisante du point de vue des principes (pourquoi faire la leçon à Israël qui fait la leçon à l'Iran si nous ne nous engageons pas nous-mêmes dans un processus de dénucléarisation?) et de la définition des moyens: que pourrons-nous exiger d'Etats plus puissants ou militaristes que nous comme les Etats-Unis, la Russie ou la Chine si nous ne progressons pas déjà un peu sur un chemin d'exemplarité? 

 

Le programme partagé du Front de Gauche, l'humain d'abord, se prononce lui aussi de manière très claire pour "une politique au service de la paix": 

 

" La France rompra avec l'alignement libéral et atlantiste, la politique de force et d'intervention militaire et avec les logiques de puissance, pour agir en faveur de la paix, du règlement des conflits et du rétablissement du droit international. Elle agira pour une ONU démocratisée, s'appuyant sur une doctrine multilatérale renouvelée. Nous déciderons immédiatement le retrait de la France de l'OTAN et nous nous battrons pour la disparition de cette organisation... Nous agirons pour la dénucléarisation, pour le désarmement multilatéral et contrôlé de tous les types d'armement dans l'esprit de la Culture de paix promue par l'Unesco et la Charte des Nations Unies". 

(p. 75)  

 

Ismaël Dupont.                        

 

monde-sans-nucleaire-militaire.jpg

 

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 17:47

A l'occasion de la venue de Nicolas Sarkozy dans le Finistère on ne pouvait pas ne pas signaler l'exercice de style drôle et démystificateur qu'un internaute a publié après les voeux du premier de l'an de notre président super-cynique dans le forum participatif AGORA VOX en complétant un peu le discours du président destiné à faire peur pour faire accepter l'électro-choc de la TVA sociale et de l'austérité généralisée (ce texte m'a été signalé par un cousin).

 

Les vœux du Président, version non expurgée

Par un cheminement dont je ne dévoilerai rien pour protéger mes sources, je suis en mesure de publier ici le texte intrégral des Voeux 2012 de Nicolas Sarkozy dans sa version non expurgée. En caractères gras, ce qui na pas été prononcé lors de l'allocution...

 

 

Mes Chers Compatriotes,

 

L'année 2011 s'achève. Elle aura connu bien des bouleversements.

 

Depuis le début de la crise, qui en trois ans a conduit à plusieurs reprises l'économie mondiale au bord de l'effondrement, je ne vous ai jamais dissimulé la vérité sur sa gravité, ni sur les conséquences qu'elle pouvait avoir sur l'emploi et sur le pouvoir d'achat, des conséquences évidemment aggravées par l’incurie de ma propre politique socioéconomique.

 

Cette crise qui sanctionne 30 années de désordres planétaires dans l'économie, le commerce, la finance, la monnaie, cette crise inouïe, sans doute la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale, cette crise n'est pas terminée, et elle ne fait qu’amplifier de manière dramatique les conséquences de mes choix calamiteux.

 

Elle a entraîné dans la tourmente des pays comme la Grèce, l'Irlande, le Portugal, mais également des pays aussi puissants que l'Espagne et même l'Italie.

Dans la tempête, vous avez souffert. Je sais que la vie de beaucoup d'entre vous, déjà éprouvée par deux années difficiles, a été une fois encore durement mise à l'épreuve. Vous finissez l'année plus inquiets pour vous et pour vos enfants, et la politique que j’ai menée ne peut avoir eu qu’un effet encore plus anxiogène sur vous-même et sur vos proches.

 

Et pourtant il y a des raisons d'espérer. Nous devons, nous pouvons garder confiance dans l'avenir. Car si tant de pays ont connu des difficultés insurmontables, la France a tenu. Elle a résisté, et cela en dépit des multiples erreurs de gouvernance que j’ai commises.

 

Si elle a tenu, si elle a résisté, si elle a réussi jusqu'à présent, à conjurer le doute qui déclenche la crise de confiance, c'est grâce au courage et au sang-froid dont vous faites preuve depuis 3 ans, c'est grâce à la solidité de nos institutions, c'est grâce à notre protection sociale qui, en dépit des attaques qu’elle a subies de ma part, garantit la solidarité dans l'épreuve, c'est grâce aux réformes que nous avons accomplies ces dernières années, et c’est surtout grâce à la passivité dont vous avez fait preuve alors que mes collaborateurs et moi avons tout fait pour saper vos droits et détruire progressivement les acquis du Conseil National de la Résistance. Je pense notamment à la réforme des retraites et à toutes les mesures visant à diminuer nos dépenses publiques qui ont permis à la France de garder la confiance de ceux qui lui prêtent leur épargne pour financer son économie, et qui ont surtout permis à mes amis du triangle Auteuil-Neuilly-Passy d’augmenter leurs profits.

 

Il ne s'agit pas de nier les difficultés que nous traversons. Mais dans ces épreuves, la France a su préserver l'essentiel. Je tiens à rendre un hommage particulier à toutes celles et à tous ceux d'entre vous qui, par leur travail, ont contribué au développement de notre économie et à la sauvegarde des intérêts de nos banquiers et de nos grandes fortunes.

 

Mes chers compatriotes,

 

Nous devons être courageux, nous devons être lucides.

 

Ce qui se passe dans le monde, annonce que l'année 2012 sera celle de tous les risques mais aussi de toutes les possibilités pour les oligarchies. De toutes les espérances pour les grands industriels et financiers, si nous savons relever les défis de la destruction assumée des modèles sociaux protecteurs. De tous les dangers pour le patrimoine des possédants, si nous restons immobiles.

Différer les choix parce qu'ils sont difficiles est la pire des options. Quand on décide trop tard, le prix à payer est plus cher. Les souffrances plus grandes, et je me refuse à voir entrer l’inquiétude du lendemain chez mes voisins de la Villa Montmorency.

 

En 2012, le destin de la France peut une fois encore basculer.

Sortir de la crise, construire un nouveau modèle de croissance des bonus et des profits de la spéculation, faire naître une nouvelle Europe, voilà quelques-uns des défis qui nous attendent. Je veux vous dire ma conviction qu'unis avec nos partenaires européens, nous serons plus forts pour y faire face et consolider ainsi les portefeuilles de mes invités du Fouquet’s, conformément aux garanties que je leur avais données le soir de mon élection.

Mais ces défis, ils s'imposent à nous. Nous ne pouvons ni les refuser, ni les repousser. Nous ne pouvons ignorer ce nouveau monde, faire comme s’il était encore possible de lutter contre le chômage et la précarité, dès lors que l’intérêt des puissants que je sers est contradictoire avec celui des humbles.

Dans cinq mois, nous avons une élection présidentielle. C'est une échéance importante. Le moment venu, vous ferez votre choix. Mais d'ici là, je dois continuer à agir pour mes amis Bouygues, Dassault, Lagardère car l'histoire des décennies à venir s'écrit maintenant et mon enrichissement futur passe par leur enrichissement immédiat.

Avec le Premier ministre, nous réunirons le 18 janvier prochain, les représentants des forces économiques et sociales de notre pays. J'écouterai d’une oreille distraite les propositions de chacun et, avant la fin du mois de janvier, nous prendrons et nous assumerons des décisions importantes pour consolider les intérêts du patronat, car les enjeux sont cruciaux.

 

La crise est grave, les circonstances sont exceptionnelles, les décisions doivent être à la mesure de cette gravité. C'est un devoir auquel je ne me déroberai pas comme je m’y suis engagé en mai 2007 auprès de mes soutiens ultralibéraux.

 

Je ne sous-estime pas les conséquences que peuvent avoir sur notre économie les agences de notation et les emballements des marchés financiers, ni non plus nos erreurs passées, en l’occurrence surtout les miennes, mais je le dis pour que chacun l'entende, ce ne sont ni les marchés, ni les agences qui feront la politique de la France mais les ploutocrates des ghettos friqués de l’Ouest parisien dont je suis le valet servile.

 

Au fond, la seule façon de préserver notre souveraineté, de maîtriser notre destin est de choisir, comme nous l'avons fait jusqu'à présent la voie des réformes structurelles visant à définitivement tuer dans l’œuf les espoir des classes populaires plutôt que celle des réactions à chaud qui ne font qu'ajouter à la confusion et au désordre sans restaurer la confiance des patrons du CAC40 dans la pérennité de leurs énormes profits.

 

Le problème posé n'est pas celui d'un nouveau train de réduction des dépenses pour l'année qui vient, du moins ne l’es-il pas tant que je ne suis pas réélu. Ce qui devait être fait a été fait par le Gouvernement, et la morosité des Français de plus en plus essorés montre que le Premier ministre et moi avons su pressurer la majorité pour assurer la prospérité de la minorité des grands titulaires de portefeuilles.

 

Maintenant, il nous faut travailler en priorité pour la croissance des profits industriels et financiers, pour la compétitivité, pour la ré-industrialisation qui seules, nous permettront de créer des emplois sous-payés sur le territoire et du pouvoir d'achat accru pour les entrepreneurs les plus cyniques.

 

Trois sujets me paraissent dominer les autres.

 

Nous ne nous en sortirons pas en laissant de côté ceux qui souffrent déjà des conséquences douloureuses d'une crise dont ils ne sont pas responsables, je pense notamment aux traders qui ont vu leurs bonus gravement rabotés. Nous ne bâtirons pas notre compétitivité sur l'exclusion mais sur notre capacité à donner à chacun une place dans la Nation, et notamment dans la Nation de leur lieu de naissance, raison pour laquelle j’ai chargé Guéant d’augmenter massivement les reconduites aux frontières. C'est pourquoi, ceux qui ont perdu leur emploi doivent être l'objet de toute notre attention afin de limiter encore drastiquement leurs indemnités de chômage.

 

Nous devons changer notre regard sur le chômage, accepter de considérer ceux qui sont touchés pour ce qu’ils sont : des parasites de la société. Faire en sorte que la formation des chômeurs devienne la priorité absolue, afin que chacun puisse se reconstruire un avenir, le plus loin possible du territoire national et des bureaux de Pôle-Emploi. Former et pas seulement indemniser, tel doit être notre but, je pense notamment à former aux techniques de la pêche, de la chasse et de la cueillette pour survivre sans indemnités. Personne ne doit pouvoir s'exonérer de cette obligation ni être exclu de cette possibilité de vie saine au grand air.

 

Le deuxième sujet est celui du financement de notre protection sociale qui ne peut plus reposer principalement sur le travail, si facilement délocalisable. Il faut alléger la pression sur le travail et faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main d'œuvre à bon marché, et c’est pourquoi je mettrai en place une TVA sociale de plusieurs points qui pénalisera certes le pouvoir d’achat des classes populaires mais allègera les charges de mes amis les patrons. Ce sujet est au cœur de tous les débats depuis des années. J'écouterai les propositions des partenaires sociaux puis, sans en tenir compte comme d’habitude, nous déciderons afin d’augmenter encore les dividendes des actionnaires.

 

Le troisième sujet, c'est celui des dérèglements de la finance qui vous choquent d'autant plus profondément qu'ils sont largement à l'origine des difficultés actuelles, ce qui d’ailleurs ne laisse pas de m’étonner, moi qui ait pourtant sauvé la planète à plusieurs reprises et éradiqué tous les paradis fiscaux.

 

Il faut faire participer la finance à la réparation des dégâts qu'elle a provoqués. C'est une question d'efficacité. C'est une question de justice, et vous savez à quel point je suis attaché à cette valeur, d’où mon action pour accélérer l’enquête sur le dossier Karachi. C'est une question de morale, et vous savez à quel point je suis là aussi attaché à cette valeur depuis ma tentative de nomination de mon fils Jean à la tête de l’Epad. La taxe sur les transactions financières doit être mise en œuvre, et je m’engage à tout faire pour que cela puisse se réaliser d’ici à 2050.

 

Mes chers compatriotes,

Mon devoir est de faire face et de vous protéger de toute tentative de révolte contre moi car, sachez-le, j’utiliserais le cas échéant tous les moyens à ma disposition pour préserver mes intérêts.

Vous pouvez être sûrs que j'assumerai jusqu'au bout et en totalité, les lourdes responsabilités que vous m'avez confiées et que je n'aurai de cesse d'agir au nom de l'intérêt général de tous ceux qui ont commandité mon accession au pouvoir et auxquels je rends régulièrement des comptes par l’intermédiaire du Groupe Bilderberg..

Chacun devra prendre ses responsabilités, c'est pourquoi j'appelle tous les décideurs des entreprises et de l'économie à tout faire pour préserver l'emploi, ou plus prosaïquement pour tenter de le faire croire. J'appelle tous les acteurs des services publics à redoubler de prévenance pour tous ceux qui ont besoin de notre solidarité : traders, banquiers, grands patrons, propriétaires fonciers.

 

Mes chers compatriotes,

J'ai confiance dans les forces de la France et dans la grande naïveté des Français.

 

Je suis certain du chemin qu'il nous faut suivre sur la voie de l’ultralibéralisme décomplexé.

A vous, à tous ceux qui vous sont chers, à nos soldats qui risquent leur vie hors de nos frontières pour sauvegarder les intérêts du grand capital, à leurs familles qui vivent dans l'anxiété et à tous ceux qui dans le monde luttent pour la liberté des affaires, j'adresse ce soir tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année.

 

Bonne année à tous.

 

Vive la République !

 

Et vive la France !

 

 

L'auteur de ce pastiche de l'arrière-pensée sarkozyste:   Fergus

Comment se présente t-il sur Agora Vox? Autodidacte retraité au terme d’une carrière qui m’a vu exercer des métiers très différents allant d’informaticien à responsable de formation, je vis à Rennes. Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n’ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle de... franc-tireur. Ancien membre d’Amnesty International...

 

 

 

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 20:17
Invité de « BFM-TV 2012 » face à Christian Estrosi 
Dimanche 18 décembre 2011, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de l'émission "BFM-TV 2012" animée par Olivier Mazerolle. Il a notamment présenté les propositions du Front de Gauche pour résister au coup d'Etat des financiers et des agences de notation. Et il a débattu avec Christian Estrosi ancien ministre de l'Industrie de Nicolas Sarkozy.
Meeting de la Fête de l'Humanité de Lanester. 27 Novembre 2011.
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 14:26
Des arguments intéressants, mais on se demande vraiment ce que Gérard Filoche fait encore au PS quand on voit ce que Hollande compte faire !
Alors, encore un effort Filoche, rejoins le Front de gauche !


50 arguments pour rétablir la retraite à 60 ans pour tous

de : Gérard Filoche

Ce n’est pas possible de ne pas respecter le retour de l’âge de la retraite à 60 ans pour tous

François Hollande a hélas, détaillé, sur RTL, ce qu’il envisageait à propos de la retraite à 60 ans en cas de victoire de la gauche en 2012. Elle ne concernerait que les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et disposant déjà de « tous leurs trimestres » pour une retraite à taux plein. Et pour les autres ? « Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation ne le pourront pas », a précisé le candidat du PS remettant en cause ce qui était acquis dans le projet PS. « Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit Martine Aubry et Ségolène Royal qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans » écrit le Figaro qui se réjouit évidemment : « François Hollande entérine en creux le recul de l’âge légal à 62 ans. Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif « carrières longues ». Instaurée par la réforme Raffarin Fillon de 2003 pour les salariés entrés dans la vie active au plus tard à 16 ans, la mesure a été étendue par Éric Woerth aux personnes ayant commencé leur carrière à 17 ans. Là, c’est à 18 ans. Cela devrait ne concerner que 80.000 à 100.000 hommes et femmes par an (entre 1 nouveau retraité sur 6 et 1 sur 8 environ). « Mais avec un âge légal à 62 ans, ceux qui ont commencé à 18 ans doivent encore travailler 44 ans : notre proposition est une proposition de justice, pas d’idéologie » balbutie Marisol Touraine, chargée de ces questions dans l’équipe de campagne de Hollande. La majorité des jeunes confrontés à 25 % de chômage ne trouvent un CDI qu’à 29 ans, cela signifie pour eux une retraite à 70 ans au moins.

« C’est juste impossible »

François Hollande a implicitement admis que la durée de cotisations avait encore vocation à augmenter, parlant sur RTL de « 41 années, voire 42 années de cotisation » (elle est actuellement fixée entre 40,75 ans, pour la génération 1951, et 41,5 ans pour la génération 1955 et les suivantes). Mais c’est impossible alors que les salariés font en moyenne, dans la vie réelle, 35 annuités. Ils sont licenciés, inaptes, malades, au chômage dans 2 cas sur 3 à partir de 55 ans : exiger d’eux 42 annuités, c’est 7 ans de décote ! C’est une véritable agression contre le niveau des retraites : c’est impossible pour la gauche de défendre cela contre 75 % de l’opinion et contre les 8 millions de manifestants de 2010.

50 arguments pour le droit à une vraie retraite à 60 ans pour tous :

Sinon, c’est le chômage qui va gagner

1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance.

2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record (5 millions) sans réduction du temps de travail.

3. C’est un non-sens d’allonger les durées de cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5 millions de chômeurs.

4. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront pas en retraite seront inscrits au chômage...

5. 2 salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, autour de 55 ans.

Les jeunes seront aussi pénalisés

6. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, pourquoi pousser à ce que les "seniors" travaillent plus, s’il y a une priorité cela doit être pour les jeunes, priorité à la jeunesse !

7. 3 jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans.

8. Ceux qui commencent à travailler "tôt" vers 16, 17, 18 ans sont 1 ou 2 jeunes sur 8.

9. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des périodes de chômage qui ne sont pas prises en compte à 100 % dans les annuités.

C’est la santé des gens qui est danger

10. L’espérance de vie "en bonne santé" selon l’INSEE est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour les ouvriers, 69 ans pour les cadres).

11. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail.

12. La biologie du corps humain n’a pas changé entre 55 et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement. Vous voyez un vieil instituteur de 62 ans devant ses élèves ? Un chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61 ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes » cadres ? Et un ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau piqueur ?

13. La principale maladie professionnelle ce sont les TMS, (troubles musculo squelettiques) elles augmentent de 18 % par an depuis l’an 2000.

14. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de nuit ; port de charges divers = 5 millions) et les autres subissent une pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides, harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité, surexploitation, un milliard d’heures supplémentaires impayées..).

15. Mais ce ne sont plus les "coups de grisou" qui tuent comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail.

… alors que la fiabilité des prévisions démographiques est vite débordée par la réalité

16. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à l’eau : ils prévoyaient 250 000 naissances par an à partir de 2000, on a eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000.

17 : Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et 2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations.

18 : L’ajustement des cotisations sociales retraites peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations démographiques, directement de ceux qui travaillent a ceux qui sont en retraite.. Pas besoin de « placer » de l’argent dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs perdront dans les ïles Caïman.

La durée de cotisation réelle devrait être la référence

19. Pourquoi avoir réduit la durée du travail sur la semaine si c’est pour l’allonger sur la vie ?

20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10 ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités.

21. Prétendre imposer - sur le papier - 41 ou 42 annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ?

22. Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux.

23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie.

24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vue réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37...

25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42 annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul résultat c’est qu’ils auront une retraite plus basse et non pas qu’ils travailleront plus.

26. Depuis 8 ans AUCUNE raison "nouvelle" de repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans l’emploi des seniors ne s’est réalisé. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne ! 36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser salaires et retraites mais les augmenter !

27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse aux Etats-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois ans en Allemagne.

Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe

28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre le droit à la retraite de toute l’Europe.

29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67 ans, mais en 2029... c’est remis en cause par les syndicats qui l’avaient, hélas, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs est autour de 58 ans...

30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans... en 2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en 2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth.

31. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en France, parce que nous, on vit un "boom" démographique depuis l’an 2000, 2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme.

Un projet politique pour tous

32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation ! Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! "d’ordre public social".

33. 60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste, atteignable, contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE.

34. La "retraite à la carte" c’est le slogan du Medef : pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires. C’est comme la durée du travail "a la carte", le SMIC à la carte... La règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains mais en raison des exigences de la productivité.

35. 60 ans c’est déjà trop. On doit exiger la retraite à 55 ans dans le bâtiment et dans tous les métiers très pénibles.

36. Il ne faut vivre pas moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait encore Lionel Jospin en juin 1997)

37. Sinon on subit la double facture : travailler plus longtemps après 60 ans et gagner moins, une majorité de gauche ne peut aller dans ce sens = austérité = récession = crise aggravée = chômage.

Respecter la démocratie à tous les niveaux

38. Démocratie ! Le seul vote de congrès - unanime - du PS qui a eu lieu c’était à Dijon 2003 pour le droit a la retraite à 60 ans à taux plein. Respectons-le.

39. C’est François Hollande qui avait fait voter le congrès du PS unanime de mai 2003 pour la retraite à 60 ans à taux plein !

40. Démocratie, débat dans le PS et dans toute la gauche, tous les syndicats : branle-bas de combat pour la défense des retraites à 60 ans pour tous. 60 ans c’est majoritaire et dans la gauche politique et dans les syndicats : pour qui on dirige ? Pour le peuple ou pour le AAA ?

41. De toute façon, il y a un risque de ne pas gagner si c’est se trouver en porte-à-faux avec 75 % de l’opinion et les 8 millions de manifestants de 2010 (rien ne s’oublie) qui veulent abroger la loi scélérate Sarkozy-Woerth de pillage de nos retraites : il va falloir s’en rendre compte.

42. Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, il faut que François défende la retraite à 60 ans.

43. On votera François Hollande, mais nous luttons pour exiger qu’il respecte le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans.

Des richesses, il y en a !

44. La "dette" a bon dos pour justifier qu’on ne peut payer les retraites ni hausser les salaires. Elle est la conséquence de choix réalisés par Sarkozy qui veut nous la faire payer. En France on n’a pas un problème de dette mais de recettes.

45. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui s’auto intitulent "agences de notation". Ils ne proposent jamais d faire payer les riches mais de baissser les salaires et retraites des plus modestes

46. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur confier un seul sou de nos retraites : ils vous prendront tout et ils vous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et autres paradis fiscaux des Bahamas.

47. La France que 87 % de dette/PIB à cause de Sarkozy a vidé la « cagnotte publique » de Lionel Jospin, et remplit les « cagnottes privées » en faisant 24 points de dettes en plus en cinq ans. La France avait 290 % de dettes/PIB en 1945 et pourtant elle a mis en place la Sécu et les retraites à ce moment-là.

48. La France est 2,5 fois plus riche qu’en 1982 quand la retraite à 60 ans a enfin été mise en place.

49. Salaires et cotisations sociales sont trop bas depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut payer les retraites à 60 ans.

50. Le COR l’a expliqué et démontré : avec 0,35 % seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036, les retraites à 60 ans (35 annuités, 75 %, 10 ans, > au Smic, indexées sur salaires) sont garanties et payées.

Conclusion :

Convainquons, battons-nous, nous sommes la majorité non seulement de la gauche, du salariat, mais du pays tout entier. Qu’on n’ait pas convaincu Sarkozy ce n’est pas une surprise, hélas, vu le personnage et sa politique 100 % réactionnaire, mais ce n’est pas tolérable, il n’a pas écouté le peuple. Mais François Hollande est candidat et socialiste, lui, il peut et doit entendre davantage.

PS : La gauche socialiste toute entière combat pour le respect du droit à la retraite à 60 ans :
 En mai 2003 nous avions fait voter la retraite à 60 ans à taux plein,
 En juillet 2006 nous avions fait écarter "la retraite à la carte",
 en janvier 2010 fait réaffirmer la retraite à 60 ans.

Depuis nous avons empêché que soient votées les 41,5 annuités, elles ne le sont toujours pas officiellement, certains dirigeants pratiquent par coups de force tellement il y a de résistances dans la base du parti ! Alors c’est "renvoyé à la négociation avec les syndicats" :

Donc s’il vous plait faites tous et toutes le boulot, argumentez, argumentez, argumentez comme en 2010, dans TOUS les syndicats aussi pour que la position finale soit correcte !

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 08:33

  Manif contre l'austérité 13 décembre 2011

 

 

Ce mardi 13 décembre, nous n'étions qu'une centaine de personnes (dont au moins 20 militants du Front de Gauche) à nous rassembler contre l'escroquerie des politiques d'austérité devant la sous-préfecture de Morlaix à midi. Cette mobilisation plutôt moins ridicule que celle d'autres villes françaises reste bien mince tant la résolution de la droite et de certains dirigeants du PS d'approfondir la destruction libérale de l'Etat social est plus forte que jamais grâce à l'efficacité du chantage à la dette et à la perte du fameux triple A.

Bernard Thibault était lucide mais a sans doute eu tort de prévoir avant même la tenue des rassemblements une mobilisation modeste car ces prévisions annoncées publiquement n'étaient guère mobilisantes et responsabilisantes. Et il aurait fallu il me semble pour réussir cette mobilisation et installer un vrai rapport de force associer ces manifestations à une journée de grève. Sans doute que les syndicats ont voulu préserver leur unité et se sont dit que les salariés attendaient les élections de 2012, lassés de protester sans être aucunement entendus.

 

Mais c'est une grave erreur à mon sens d'attendre les présidentielles comme la clef de tout sans installer de véritable pression sociale auparavant. C'est cette pression sociale en effet qui pourrait infléchir les projets des candidats, le climat de la campagne, et le résultat des élections. Hier, sous le titre trompeur de Ouest France "Retraite à 60 ans: Hollande relance le débat", nous lisions, écoeurés plus que surpris, que le candidat du PS, non content d'accepter l'allongement par la réforme Fillon de la durée de cotisation minimale pour bénéficier de la retraites à taux plein à 42 ans et 6 mois, alors que les socialistes étaient dans la rue en 2010 pour dénoncer cette réforme, revenait même sur le droit ouvert à un départ en retraite à 60 ans (assorti auparavant de restrictions: pour les travaux pénibles, ce qui ont commencé à travailler jeunes; et sans taux plein de remplacement pour les autres).

C'est une forfaiture! Et la droite a beau jeu et raison de dire "François Hollande a menti".  

 

Hollande, à force d'écouter trop attentivement les financiers et économistes appointés (un Jean-Hervé Lorenzi qui bosse pour la banque Rotschild ou un Daniek Cohen qui travaille pour lan banque Lazard) de son staff de campagne, et son propre et ancien tropisme "démocrate", libéral et centriste, piétine le projet initial du PS (qui prévoyait le rétablissement de la retraite à 60 ans) et l'accord électoral passé avec Europe Ecologie-Les Verts. 

Le programme socialiste, déjà très en retrait des revendications syndicales et des propositions du Front de Gauche (retraite à taux plein à 60 ans avec 75% du salaire de référence et un seuil plancher pour le niveau de pension retraite: aucune retraite inférieure au SMIC) prévoyait de rétablir l'âge légal de départ à 60 ans mais sans précision sur la durée de cotisation et l'âge de départ sans décote était fixé à 65 ans. L'accord signé il y a un mois entre le PS et les écologistes prévoyait lieu le taux plein à 60 ans "pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ou qui ont exercé des métiers pénibles".

Quand parallèlement, des responsables socialistes proches de Hollande réclament entre autres reculs sociaux une augmentation de la TVA, une réduction d'un an du droit aux allocations chômage, un approfondissement de la réforme hospitalière et des déremboursements de certains médicaments, une augmentation du temps de présence des enseignants dans les établissements et une accélération de l'autonomisation des établissements et des universités avec partenariats publics-privés (...etc.), on se dit que le seul moyen d'éviter en France plusieurs pas supplémentaires d'application de l'idéologie néo-libérale au service de la finance, c'est que le monde du salariat qui a des intérêts communs montre ses dents sans attendre sagement que la droite sarkozyste quitte le pouvoir.

 

Il ne faut surtout nous faire confisquer les choix économiques et sociaux pour 2012 car nous avons nous, contrairement aux Grecs et aux Italiens, encore droit de nous exprimer dans des élections...

 

I.D

 

La CGT a sorti dernièrement un tract national très bien fait qui rappelle certaines données incontournables que nous devons avoir en tête quand nous discutons et essayons de convaincre la population. Citons en quelques extraits qui rétablissent des vérités importantes à connaître.

 

Les salariés ne sont pas responsables ni de la dette publique, ni du déficit budgétaire.

 

Celui-ci a fortement augmenté depuis la présidence de Sarkozy: 50 milliards d'euros en 2007, 112 milliards en 2010. Le budget de l'Etat est déficitaire depuis 30 ans, donc les emprunts réalisés ne cessent de gonfler la dette. Depuis plusieurs années, les charges d'intérêt de cette dette représentent plus de 10% des dépenses publiques. Ces charges d'intérêt (50 milliards actuellement) profitent aux financiers. La dégradation de la situation économiquque depuis 2008 n'explique qu'un tiers du déficit budgétaire. Les 2/3 restant résultent des choix gouvernementaux qui réduisent l'impôt sur les riches et imposent des sacrifices aux salariés, aux retraités et aux privés d'emploi. La seule suppression de l'impôt sur la fortune a privé les recettes de l'Etat de 2 milliards d'euros.

11,4 milliards d'euros de cadeaux fiscaux ont été faits aux plus riches depuis 2007 et 172 milliards d'euros d'exonérations fiscales et sociales et différentes aides aux entreprises ont été réalisées en 2010. A ce titre, l'impôt sur les sociétés des grandes entreprises décidé à l'occasion du dernier plan d'austérité ne représente que 1,1 milliard d'euros de recettes, seulement pour 2012 et 2013. Actuellement, pourtant, les grandes entreprises payent en moyenne 8% d'impôt sur les sociétés, tandis que les petites entreprises en payent 30%...

 

On dénonce honteusement la fraude des salariés et des précaires pour diviser le monde du travail.

 

Et pourtant, sur les 20 milliards d'euros de fraude sociale pointés dans le rapport d'information parlementaire, 16 relèvent des entreprises. Le travail non déclaré représenterait à lui seul entre 9 et 15 milliards de manquer à gagner de cotisations.

 

Le gouvernement prend de la vitesse dans la destruction des acquis sociaux.

 

Un nouvel aménagement de la réforme des retraites: les 62 ans de cotisation imposés en 2017 et non plus en 2018. La nécessité de cotiser 67 ans pour avoir une retraite à taux plein. Ces réformes produisent non seulement un recul de l'âge légal de départ à la retraite, une augmentation de la durée de cotisation, mais aussi une baisse des pensions.

Les nouvelles baisses d'aides sociales annoncées en novembre représentent elles 500 millions d'euros. Cette mesure concerne:

- 4,7 millions de de foyers pour les prestations sociales alors qu'elles ont permis à la France d'avoir un des plus haut taux de natalité en Europe qui représente un atout pour l'avenir.

- 3 millions de foyers pour l'allocation de rentrée scolaire.

- 6 millions de foyers pour l'aide au logement alors que les prix des loyers ont explosé ces dernières années.

 

L'augmentation de la TVA qui devrait rapporter 1,8 milliards d'euros par an à l'Etat touche davantage des pauvres et les clasees populaires

 

La TVA représente 16,6% de la consommation des plus modestes par rapport à leurs revenus, 8% pour les ménages les plus aisés, quasiment rien pour les plus fortunés.

 

LES 10 EXIGENCES GENERALES QUE PRESENTE LA CGT DANS CE TRACT POUR SORTIR DE LA CRISE SONT AUSSI DES ENGAGEMENTS DU FRONT DE GAUCHE, DE SON CANDIDAT JEAN-LUC MELENCHON ET DE SES CANDIDATS AUX LEGISLATIVES:

 

- REVALORISER LES SALAIRES, LES PENSIONS ET LES MINIMA SOCIAUX 

- CONTROLER LES AIDES PUBLIQUES AUX ENTREPRISES.

- CONTRAINDRE LES ENTREPRISES A DES ALTERNATIVES AUX LICENCIEMENTS.

-SUPPRIMER LES EXONERATIONS FISCALES ET SOCIALES SUR LES HEURES SUPPLEMENTAIRES

- STOPPER LES SUPPRESSIONS D'EMPLOIS

- DEVELOPPER LES POLITIQUES PUBLIQUES ET LES MOYENS DES SERVICES PUBLICS.

- REFORMER LA FISCALITE EN PROFONDEUR.

- CREER UN POLE FINANCIER PUBLIC ET ETABLIR UN MECANISME DE CREDITS A TAUX REDUITS.

- TAXER LES MOUVEMENTS SPECULATIFS DE CAPITAUX ET ERADIQUER LES PARADIS FISCAUX.

- METTRE EN PLACE UN FOND EUROPEEN DE SOLIDARITE SOCIALE ET DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE.

  

 

 

 

 

 

          

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 07:19

Ci-joint, un entretien très intéressant paru dans Marianne en début de mois.

 

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Marianne, no. 763

France, samedi 3 décembre 2011, p. 44

 

On peut critiquer le candidat socialiste sans être un suppôt de la droite. Accusé par le PS d'être un «agent de la droite» et de créer la division dans l'opposition face à Nicolas Sarkozy, le candidat du Front de gauche revient pour «Marianne» sur ses divergences avec François Hollande.

 

Marianne : Depuis des années, vous ne cessez de vous affronter avec François Hollande. Vous l'avez traité autrefois de «parrain», de «roi de l'entourloupe», vous avez dit qu'il vous donnait «la nausée». On n'est donc pas très étonné de vous entendre dire, aujourd'hui, qu'il est un «capitaine de pédalo». Quels sont, sur le plan personnel, les cadavres dans les placards entre vous et lui ?

 

Jean-Luc Mélenchon : Il n'y a aucune dimension personnelle dans mes relations avec François Hollande. Comme il est quelqu'un d'extrêmement plastique, il n'y a jamais eu, d'homme à homme, la moindre trace de tensions entre nous. Moi-même, je ne pratique pas les vendettas personnelles. Il faut des circonstances très particulières, quasi intimes, pour que je me fâche vraiment. Ce n'est pas le cas ici. J'ai la religion républicaine. Il n'y a pas de place là-dedans pour des inimitiés de personnes.

 

Alors, pourquoi ces attaques ? Elles sont si violentes qu'on vous accuse de jouer contre la gauche.

 

J.-L.M. : Une divergence radicale nous oppose sur le fond. Elle remonte à 1984. Comme moi, il est alors un jeune homme. Il écrit un texte, «Pour être modernes, soyons démocrates», dans lequel il explique le cœur de son orientation politique. Cette ligne vient d'apparaître aux Etats-Unis

d'Amérique. C'est elle qui va progressivement infester tous les partis socialistes de la vieille Europe. Avec constance, François Hollande a opté pour cette orientation dont les traits caractéristiques sont toujours les mêmes : effacement du clivage gauche-droite, effacement de l'adhésion du mouvement socialiste à sa base salariale, négation de l'opposition capital-travail et alliance au centre jusqu'à devenir soi-même un parti centriste. Une grande controverse nous oppose donc, qui mérite mieux que d'être réduite à un affrontement de personnes. Je n'ai pas d'irrespect pour lui, même si, bien sûr, je ne goûte guère l'attitude intellectuelle du sophiste. Pour lui, tout se vaut et sa méthode de combat consiste à dénigrer soit celui qui prononce l'argument, soit la forme de l'argument. Pourtant, la situation exige une autre attitude intellectuelle.

Nous sommes en train d'affronter la plus terrible crise du capitalisme depuis le début du siècle

dernier. Or, en même temps, nous devons faire face au désarmement unilatéral du mouvement

socialiste mondial. Papandréou est l'héritier de la ligne Blair-Schröder. Tous ces gens ont capitulé

sans combattre. Le choc décisif s'est produit en Grèce : président de l'Internationale socialiste,

Georges Papandréou a cédé devant tous les diktats et le reste a été emporté. C'est un événement

fondateur, comme la capitulation des députés allemands du SPD au moment de voter les crédits deguerre : c'est ce qui a alors déclenché l'affrontement en 1914.

 

Même si vous vous en défendez, on ne peut s'empêcher de penser que l'un des moteurs de votre

aventure du Front de gauche, c'est le mépris dont vous pensez avoir fait l'objet, en particulier de la

part de François Hollande, lorsque vous étiez au Parti socialiste ?

 

J.-L.M. : Il y a eu une attitude arrogante, mais j'y suis habitué. Je l'ai connue de mille façons et sous toutes les formes possibles. Ça n'est pas la peine de ressasser, je suis blindé. Je sais que le ressort essentiel de leur démarche intellectuelle, c'est la négation de l'autre.

 

Vous n'êtes pas si blindé que vous voulez le faire croire !

 

J.-L.M. : Si, parce que mon courant d'idées a eu raison sur l'analyse du capitalisme. Nous avons eu raison en 2005 sur ce que donnerait la mise en place du traité constitutionnel repeint en traité de Lisbonne. Dans ces deux occasions, nous avons fait, François Hollande et moi, des choix diamétralement opposés. Ça n'est en aucun cas une affaire relationnelle, même si j'ai souffert de les voir tricher dans tous les votes internes, traiter les gens par-dessus la jambe, manquer de parole à tout le monde.

 

Si vous avez connu tant de blessures, pourquoi n'avez-vous pas quitté le PS plus tôt ?

 

J.-L.M. : C'est dur de se séparer de sa famille politique, de ses camarades de combat. J'ai toujours

gardé ce lien avec les socialistes. Je connais au moins cinq députés socialistes qui s'apprêtent à voter pour moi au premier tour de la présidentielle. Je n'aurais pas été élu dans le grand Sud-Ouest si des milliers d'électeurs socialistes n'avaient pas voté pour moi ! D'une certaine manière, j'appartiens à la famille intellectuelle du socialisme, et la relation reste affective.

 

Mais vous tournez le dos radicalement aux choix du PS et de François Hollande.

 

J.-L.M. : Oui, parce que le candidat du PS ne parle plus à présent qu'à une étroite couche de la

population : la classe moyenne supérieure qu'il essaie de convaincre qu'il y a une sortie heureuse et non douloureuse de la crise, c'est-à-dire sans affrontement avec le capital financier, ses pompes et ses œuvres. Dans ce sens, il renvoie à un monde qui n'existe plus. La vérité de notre temps, c'est que, face à l'affrontement que le système financier a entrepris contre les peuples et la démocratie, il faut des réponses qui soient à la hauteur. Je suis partisan de la relance de l'activité. Je ne crois pas aux politiques d'austérité. La contraction de la dépense nous conduit au chaos social et à la guerre. Le socialisme international s'est voué aux politiques d'austérité. Sans exception. C'est ce qu'ont fait Socrates au Portugal, Papandréou en Grèce, Zapatero en Espagne. Tous ont dû quitter le pouvoir. Pourtant, c'est ce que François Hollande propose aujourd'hui. Il a fait annoncer par Michel Sapin un plan de 50 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Entendez tous les mots : supplémentaires. Ça veut dire que toutes celles déjà faites sont validées. Et qu'on en fera 50 milliards de plus. Si M. Fillon exige ces économies, que lui répondra- t-il ? Il a déjà dit oui et s'est mis ainsi dans une situation absolument inouïe. Comment voulez-vous que, comme homme de gauche, je fasse comme si je n'avais pas vu ça !

 

Si on vous suit, Hollande et Sarkozy c'est «bonnet blanc et blanc bonnet». Vous le dites, d'ailleurs,

lorsque vous déclarez au Journal du dimanche : «Nicolas Sarkozy est pour la rigueur et François

Hollande est pour «donner un sens à la rigueur». La rigueur ou la rigueur ? Quelle différence !» Vous les mettez dans le même sac, même si, du bout des lèvres, vous précisez que vous ne mettez pas un signe égal entre eux. On ne voit pas comment vous allez pouvoir appeler à voter Hollande au second tour de la présidentielle, si c'est lui qui doit affronter Nicolas Sarkozy... Vous ne choisirez pas entre la peste et le choléra !

 

J.-L.M. : Vous pourriez demander à François Hollande s'il se désistera pour moi si je suis au second tour ! Pourquoi ne le faites-vous pas ? Aujourd'hui, s'installe un chantage qui ne sert que les socialistes : le chantage au vote utile. Quiconque critique le candidat socialiste est un suppôt de la droite et de l'extrême droite. De l'autre côté, on fait comme s'il n'y avait qu'une seule politique

possible. François Hollande se déclare même élu d'avance, ce qui me paraît bien déraisonnable. Mais n'allez pas faire croire que je confonds pour autant le Parti socialiste avec la droite. Ce n'est pas ma position.

 

Ça mérite une clarification.

 

J.-L.M. : Sur des dizaines de sujets, dans la vie quotidienne, des milliers et des milliers de militants

socialistes combattent avec les militants du Front de gauche dans les syndicats, la cité et ailleurs.

Donc, à aucun moment, pour moi, il n'y a de confusion possible. Mais il y a l'exigence d'un débat

public. Je trouve incroyable que demander ce débat ou faire une critique soit considéré comme lèse majesté.

 

Vous avez du travail pour convaincre sur ce terrain, quand on voit que Robert Hue, l'ancien patron du PC, dénonce votre «dérive sectaire».

 

J.-L.M. : Le cas de Robert Hue est si pitoyable que je ne veux pas le commenter. Des milliers de

communistes sont malheureux en voyant Hue se transformer en bagage accompagné du PS. Sa voix ne compte pas.

 

Dans l'Humanité du 16 novembre, Pierre Laurent, le patron du PCF, en appelle «d'urgence à changer la manière de mener le débat à gauche». Il interpelle le PS, certes, mais il vous adresse aussi un message clair lorsqu'il déclare : «Au Front de gauche, nous n'avons qu'un adversaire : la droite», et il conclut qu'il faut éviter le «piège de la division». Vous êtes tombé dans ce piège ?

 

J.-L.M. : Mais pas du tout ! Cette situation de tension à l'intérieur de la gauche n'est pas que

française. Dans tous les pays du monde, ce débat a lieu dans des conditions qui ne sont guère

favorables au mouvement socialiste, raison pour laquelle il essaie de l'étouffer. Alors il est normal

qu'il y ait un certain acharnement à essayer de trouver une faille entre les communistes et leur

candidat. Mais cette faille n'existe pas. Toutes les phrases de Pierre Laurent que vous citez, je les reprends sans une nuance à mon compte. Car ce n'est pas de moi qu'il parle. Il parle de la violence avec laquelle j'ai été agressé et insulté par les socialistes. Quand les porte-parole socialistes me qualifient d'agent de la droite et de l'extrême droite, ils devraient savoir que ce n'est pas qu'à moi qu'ils s'adressent mais à des milliers et peut être des millions de gens qui se reconnaissent dans ma candidature. Donc, ils aggravent la division à gauche. Il n'y a pas le moindre doute sur le fait que nous ne nous trompons pas d'adversaire, mais j'observe que François Hollande me traite en adversaire avec une violence qui ne l'honore pas. Elle consiste à se donner des grands airs et à m'envoyer de véritables dobermans m'agresser.

Une chose est sûre : je ne suis pas d'accord pour participer à une tromperie qui consisterait à dire «l'étiquette vous garantit le contenu». Ça n'est pas vrai. Nous avons eu, à gauche, assez de déceptions dans le passé qui venaient de cette équivoque, pour ne pas recommencer. C'est mon devoir de dire la vérité. Après, le peuple souverain tranchera. Peut-être qu'il acceptera la logique de PMU qui est celle du vote utile. Peut-être qu'il choisira une méthode plus radicale. Mais je mets tout le monde en garde : on n'a jamais vécu une élection comme celle-ci. Et mon travail, face à cette échéance capitale, est de convaincre et d'entraîner. Qu'est-ce qu'on oppose à cette logique ?

De l'intelligence, de la raison ? Non : le silence dans les rangs et l'invective. Si vous partez de l'idée qu'ils vont être en tête de la gauche - ce qui n'est pas mon raisonnement -, demandez-leur

comment ils comptent faire pour rassembler la gauche après de telles bordées d'injures contre moi. On va me traîner derrière le char du vainqueur ? Et je devrais abjurer en place publique entouré de journalistes qui répéteront : «Regrettez-vous ?» On plaisante ! Ma vie politique n'est pas faite de ce genre de rapports.

 

Vous n'abjurez donc rien !

 

J.-L.M. : Je n'abjure rien du tout. Et je ne suis pas d'accord avec cette diabolisation à laquelle on

procède contre moi et contre tout le monde. Voilà le tour d'Eva Joly. Nous sommes priés de nous

taire et de faire la génuflexion. Il n'en est pas question. Notre époque est en train de basculer vers

une nouvelle tragédie. Mais il n'y a pas de fatalité. Comment s'en sortir ? On voit apparaître deux

cohérences. La première, la mienne, part de l'idée que le progrès est toujours à l'ordre du jour, que

le progrès social est la condition du progrès économique et non pas son résultat. L'autre cohérence, celle de François Hollande, consiste à dire que nous allons redresser les comptes publics par l'austérité. Moi, je pense redresser les comptes publics par la vie. Eux, par la mort. C'est une caricature, mais je soumets cette donnée à la réflexion de chacun : raisonnez, demandez-vous ce qui est bon pour le pays et la génération qui vient ? C'est ce défi de l'intelligence qu'il faut opposer au front de bœuf de la répétition, des mêmes refrains et des mêmes injures dont nous sommes accablés depuis 2005. Il y a des jours où elles me font mal, d'autres où elles glissent.

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 06:36

"Répéter que la dépendance coûte trop cher à la société finira pas coûter cher à la société", c'était le message d'une campagne de la Mutualité Française diffusée quelques mois dans les médias. En 2010, les dépenses consacrées à la dépendance en France ont été de 34 milliards d'euros (10 fois moins que les dépenses liées au versement des retraites). Environ 70% sont pris en charge, selon le magazine Alternatives Economiques (n°306- octobre 2011), par les dépenses publiques, essentiellement via l'assurance maladie et l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Le reste étant à la charge des familles concerne essentiellement l'hébergement. Les plus de 80 ans sont 3 millions aujourd'hui (5% de la population), ils devraient être 5,8 millions en 2035.  Il y a aujourd'hui un manque important de développement des réseaux de services à domicile: les trois quarts des personnes dépendantes sont soutenues par des aidants familiaux, la plupart du temps des femmes membres de la famille, et celles-ci, écrit Claire Alet dans l'article d'Alternatives Economiques précédemment cité, "sans formation et en manque de relais, s'épuisent trop souvent à la tâche et se retrouvent dans des situations de burn out, un syndrome d'épuisement. On estime même que 30% des aidants meurent avant les aidés".  Seulement, le secteur du service à domicile, constitué d'associations de petites tailles, est en grande difficulté financière et licencie à tour de bras, en témoigne les difficultés de l'ADMR Finistère: 10000 emplois auraient été supprimés déjà depuis début 2011 alors que les besoins augmentent. "Quant aux maisons de retraite, rappelle l'article d'Alternatives Economiques, et notamment aux étabilissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), elles demeurent très difficiles d'accès pour les classes moyennes modestes. En effet, le "reste à charge" s'élève en moyenne à 1617 euros par mois, alors que le montant moyen d'une retraite est de 1200 euros. Diminuer ce reste à charge devrait être une priorité, mais on peut difficilement le demander aux départements dans la situation actuelle, puisqu'ils sont asphyxiés financièrement. Au 31 décembre 2010, il y avait 1,2 millions de bénéficiaires de l'APA contre 765000 en 2003, et les recettes des départements, indexées sur des compensations de l'Etat liés aux transferts de charge indexés sur les besoins de l'époque, n'ont pas évolué autant à la hausse. L'Etat s'était engagé à participer au coût de cette allocation d'autonomie à la hauteur de 50% en 2002: or, la part qu'il prend dans le financement de l'APA n'est que de 28% aujourd'hui. Résultat: des personnes âgées très dépendantes voient leur nombre d'heures d'aides à domicile financées par l'APA se réduire de manière inquiétante.  Le manque de place en maisons de retraite, et le manque de maisons de retraites associatives ou publiques accessibles au grand nombre, car sans but lucratif, est également une réalité. Sarkozy avait promis un grand plan de refinancement du secteur de l'aide à l'autonomie qui passait chez lui par une nouvelle atteinte au régime solidaire de Sécurité Sociale par la création d'un cinquième risque (le risque dépendance) ouvrant la voie à un financement par l'assurantiel privé. La crise financière et les plans de rigueur sont passés par là et les vieux devront une nouvelle fois se contenter de bonnes intentions... pas toujours désintéressées.  

 

 

Voici l'intervention d'Alain David au premier débat du dimanche 27 novembre qui a réuni plus de cent personnes  sur l'autonomie et la sécurité sociale- à La Fête de L'Humanité Bretagne de Lanester. Un atelier régional du Front de Gauche va être créé pour réfléchir à la question du financement et des modalités de l'aide à l'autonomie pour bâtir une société de tous les âges réellement solidaire.

Nous avons également prévu, grâce en partie à l'efficace travail de sensibilisation de Jean Dréan,  d'organiser cet hiver une réunion publique thématique sur la question de l'aide à l'autonomie. Cette conférence-débat aurait lieu à Plouigneau entre janvier et mars.

 

 
Participaient, outre Alain David (ancien adjoint au maire de Morlaix) au débat de la Fête de l'Humanité Bretagne à Lanester: Viviane Krynicki, directrice de la Mutuelle familiale de France à Lorient, Françoise Jaffre, syndicaliste CGT à la Maison de retraite de Port-Louis, et Christiane Caro, membre de la Commission Nationale Santé du PCF.
Viviane Krynicki a rappelé les bases de notre système de protection sociale, un des meilleurs au monde, et qui n'a malheureusement plus rien à voir à ce qu'il était en 1945, grâce à l'activisme de syndicalistes et d'homme politiques tel qu'Ambroise Croizat. Le patronat a tout fait pour vider la sécurité sociale de sa charge émancipatrice. La part de cotisation patronale a été baissée de 10% dans le système général. Dans la France de 2011, le chômage et l'exclusion sociale, l'augmentation du nombre de retraités et les évolutions de la pyramide des âges, l'entrée plus tardive de la jeunesse dans le monde du travail, mettent en difficulté les caisses de protection sociale. Pourtant aujourd'hui encore, 30% du PIB est redistribué au citoyen sous forme de prestations diverses. C'est autant d'argent qui échappe au capital et aux circuits financiers, et c'est ça le problème. Pourtant, c'est grâce à ces prestations sociales que la France a moins souffert de la crise du capitalisme financier en 2008. Si l'assurance maladie a des comptes en déséquilibre, c'est aussi parce qu'elle sert de vache à lait de l'industrie pharmaceutique, parce qu'on baisse les cotisations sociales au nom de la lutte contre le chômage en décidant de faire payer directement les salariés. aujourd'hui, on assiste à une véritable marchandisation de la santé, une privatisation rampante de la sécurité sociale qui passe par la prise en charge directe par les salariés de leur santé (franchises médicales, dépassements d'honoraires). La réforme de la dépendance promue par Sarkozy, la filialisation de la Sécurité Sociale par la création d'un cinquième risque, vise à amoindrir le financement solidaire au profit d'une ouverture à l'assurantiel privé. Pourtant, une répartition plus juste des richesses publiques permettrair de rééquilibrer les comptes sociaux et d'éviter une marchandisation de la santé.  

 

Intervention d'Alain David:

 

Perte d’autonomie Lanester le 27.11.11

 

 

 

J’ai été élu communiste pendant 31 ans à Morlaix dont 25 ans comme adjoint. C’est à ce titre, bien que n’étant pas spécialiste, que j’ai répondu favorablement à la demande de Christiane de participer avec vous à la réflexion nécessaire sur la question de la perte d’autonomie.

 

J’ai aussi dans ma section un camarade (Jean Dréan que certains connaissent peut être) qui n’a de cesse d’attirer l’attention tous azimuts sur la nécessité de construire un droit universel : le bien vieillir partout et pour tous. Sur le fait aussi que cela est insuffisamment pris en compte par le mouvement syndical et politique. Non pas sur le papier mais dans l’action.

 

A ce sujet, dans les médias, il y a deux formules qui reviennent fréquemment et qui ont le don de m’horripiler :

 

1 – les problèmes du vieillissement. Sous-entendu les problèmes de financement : comme si ce n’était qu’un coût, comme si l’allongement de la vie n’était pas d’abord un immense progrès, malheureusement encore trop mal partagé sur la planète. Comme si ce n’était pas aussi un formidable enrichissement pour la société Comme si le rôle de la société n’était pas justement de faire en sorte que chacun et chacune vive dignement jusqu’à la fin de ses jours

 

2 – l’or gris : cette formule, souvent reprise par les magazines, montre clairement comment, dans le système capitaliste, tout, y compris la personne humaine, y compris ses souffrances devient moyen de profit. A condition bien sûr de ne prendre en compte que ceux qui peuvent payer.

 

La perte d’autonomie c’est un état de santé qui évolue et qui est la résultante de plusieurs causes physiques, psychologiques, intellectuelles mais aussi matérielles, sociales, familiales…

 

Elle peut être totale ou partielle. Elle survient le plus souvent progressivement et recouvre, pour schématiser, 3 situations distinctes : le grand âge, le handicap et l’invalidité ( 2 600 000 personnes )

Il est donc illusoire de penser qu’il y a une seule réponse. Cela dépend évidemment de la gravité de l’état de la personne concernée, de son évolution prévisible, s’il y a un conjoint autonome ou pas, s’il y a un entourage familial ou pas …

 

Mais il y a UNE responsabilité globale de la société : permettre à chacun de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours, quelle que soit sa situation sociale ou familiale. En prenant en compte la situation actuelle (en particulier l’éclatement familial) et les évolutions prévisibles en particulier le fait que le nombre de personnes de + de 75 ans va doubler dans les prochaines décennies.

 

L’incurie de l’état nourrit la finance

 

C’est déjà un véritable magot pour les assurances privées. Ces dernières années la différence entre les cotisations au titre de la dépendance et les rentes versées aux assurés dépassait 275 millions d’euros par an soit un gain de + de 70 % pour les assurances. Mais ils veulent aller encore plus loin.

 

Page 2

 

C’est aussi l’explosion des établissements privés qui bénéficient, si on peut dire, de l’insuffisance criante de l’offre publique .L’année dernière le président du conseil général du Finistère reconnaissait à Plouigneau qu’il manquait 2000 places en maison de retraite et structure adaptée dans le département… et qu’il en serait créées 70 dans l’année. A ce rythme-là, il faudrait presque 30 ans pour répondre aux besoins actuels.

 

Comme c’est un sujet sensible Nicolas Sarkozy a courageusement décidé de reporter les décisions après la Présidentielle.

 

Raison de plus pour poser la question et mener le débat dès maintenant dans tout le pays.

 

Tout d’abord pour refuser que cela devienne encore plus un véritable pactole pour les capitaux privés.

 

Ensuite refuser les fausses solutions, le 5ème risque par exemple (comme si la perte d’autonomie n’était pas d’abord un problème de santé), qui constituerait un nouveau découpage de la SS et donc ouvrirait encore davantage la voie aux capitaux privés.

 

Au contraire, nous affirmons l’universalité de l’assurance maladie, nous voulons la renforcer et y intégrer complètement la réponse aux besoins de la perte d’autonomie.

 

Le programme du Front de Gauche dont le titre « L’humain d’abord » montre bien les priorités que nous voulons mettre en œuvre indique page 24, je cite : « les réponses au manque d’autonomie seront prises en charge par la Sécurité Sociale à 100 % pour la partie « soins » et par le développement des services publics ».

De nombreuses personnes nous ont fait remarquer que, pour une question de cette importance, 3 lignes c’était un peu juste. Je crois qu’elles ont raison.

 

Mais nous ne partons pas de rien.

 

Nous avons des propositions de longue date que nous mettons en débat. Les organisations syndicales et les associations aussi. Sans entrer dans le détail nous considérons qu’une véritable politique publique doit comporter et articuler prévention, dépistage et prise en charge solidaire. C'est-à-dire instaurer un droit universel de compensation de la perte d’autonomie

 

  • La prévention passe par le développement de l’activité physique et intellectuelle, l’intégration sociale, l’alimentation, …et le remboursement à 100 % des dépenses de santé (notamment les prothèses dentaires, auditives et les lunettes) ce qui évitera les absences de soins … que l’on paie cher par la suite.

  • Il s’agit aussi de prendre en compte les conditions d’emploi, la recherche médicale, l’urbanisme, les transports…

  • Il s’agit de développer considérablement les équipements tant au domicile (où le maintien des personnes doit être privilégié.) que dans les institutions. De développer l’éventail des formules d’accueil, l’accès aux services spécialisés médicaux. Il s’agit surtout de mettre en œuvre un ambitieux plan de formation pour tous les personnels à tous les niveaux et dans tous les secteurs. 

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Nous proposons au niveau départemental un pôle public de l’autonomie qui s’appuie sur le développement des services publics existants ou à créer. Il prendra en compte non seulement les aides (repas, toilette, mobilité…) mais aussi les équipements et l’aménagement des logements, les transports…

 

Cette coordination départementale doit permettre une simplification des démarches et une meilleure efficacité du service rendu.

 

Afin de garantir une maîtrise, une cohérence nationale et une égalité sur le territoire, nous proposons une structuration nationale des pôles publics départementaux.

 

Ces propositions se placent évidemment dans un cadre nouveau de développement de la démocratie et d’une répartition nouvelle des richesses produites qui assure, entre autres, le financement de la sécurité sociale ce qui permet d’éviter les mesures envisagées par le gouvernement comme l’assurance obligatoire, le second jour de travail gratuit ou l’augmentation de la CSG pour les retraités. Nous sommes aussi opposés au recours sur succession car, comme l’assurance individuelle c’est un moyen de contourner la solidarité nationale.

 

 

Pour nous, l’HUMAIN D’ABORD, ce ne sont pas que des mots.

 

Alain DAVID

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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