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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 19:54

Y a t-il une répartition des rôles entre François Hollande et Jérôme Cahuzac ? Le candidat socialiste se posant en « rassembleur » et incarnation d’une synthèse apaisée (son modèle historique est Henri IV pour le travail de réconciliation qu’il a mené…), tandis que Jérôme Cahuzac, chargé des finances, du budget et de la fiscalité dans l’équipe de campagne, occupe la scène pour faire entendre les exigences de la « rigueur qui a du sens ».

Alors qu’Arnaud Montebourg réapparait périodiquement pour froncer les sourcils contre la finance qui ne semble pas vraiment s’en inquiéter, Jérôme Cahuzac lui est très présent médiatiquement et donne le cadrage économique de la campagne de François Hollande.  Au cours d’un débat policé avec le banquier pro-Bayrou Jean Peyrelevade, (publié dans le  journal Le monde du 29 mars 2012), Jérôme Cahuzac a développé une orientation particulièrement inquiétante. L’objectif de réduire les déficits, sur lequel François Hollande s’était engagé au cours des Primaires, est réaffirmé avec force : « Réduire les déficits est impératif ». L’objectif affirmé serait de « se passer des marchés financiers » Très bien, mais cela suppose de trouver de nouveaux moyens de financements, ce que le responsable du budget ne détaille pas.  De toute façon, ce n’est pas pour tout de suite et « en attendant, il faut conserver la confiance des investisseurs ».  Voilà une trouvaille : il faut faire une politique de rigueur et se soumettre à la finance… pour mieux s’en libérer après !

Pour monsieur Cahuzac « Le désendettement n’est pas en effet une affaire d’orthodoxie budgétaire mais le seul moyen de recouvrer une souveraineté nationale aliénée aux marchés et aux agences de notation. » Il semble avoir une drôle de conception de la souveraineté… Car pour se libérer en se désendettant, il propose de « diminuer la dépense publique ».  Dans un style digne d’un rapport du FMI, il précise : « Clairement, cet objectif interdit la création nette de postes dans la fonction publique d’Etat pendant le prochain quinquennat. Ce chemin-là est donc courageux et difficile. Mais il est crédible. » Rien ne sera donc remis en cause de la politique catastrophique de suppression de postes mise en œuvre par la droite depuis 10 ans ? Pour Cahuzac la priorité est que : « le calendrier de redressement des finances publiques doit être vraisemblable pour s’assurer de la confiance des marchés. »

Enfin, Jérôme Cahuzac reconnait ouvertement que concernant le nouveau traité européen Merkel Sarkozy, qui impose aux Etats d’adopter la règle d’or budgétaire dans leur constitution, il n’est pas question de renégocier, mais de le « compléter » par « des mesures de relance et de croissance. » C’est ce que Sigmar Gabriel, chef de file du SPD allemand dont François Hollande se félicite d’avoir le soutien, avait confirmé :  » François Hollande ne dit pas qu’il est fondamentalement opposé au pacte fiscal. Il dit, et il a absolument raison, que le pacte n’est que la moitié du chemin que l’Europe doit parcourir ». La « renégociation du traité » est ainsi transformé en « négociation pour compléter » le traité. Quel art magistral de la synthèse… et de créer des désillusion mortelles.

Le débat à gauche mérite mieux dans la période critique dans laquelle nous sommes. Combattre la finance, défendre l’égalité et la justice ne doivent pas rester des paroles lancées en l’air le temps de discours électoraux mais doit se traduire dans des actes concrets, des choix politiques qui permettent de répondre aux besoins vitaux des classes populaires. C’est ce que le Front de Gauche et son candidat Jean Luc Mélenchon ne cessent de proposer à toute la gauche pour construire une véritable alternative à Nicolas Sarkozy.

 

Un article du blog de la Gauche Unitaire.

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 05:36

Petits échos des propos instructifs captés à la radio (sur France Culture et France Inter) et dans les journaux.

 

Montebourg: une élection présidentielle n'est pas là pour sélectionner un projet politique mais un homme, on ne mettra donc pas en discussion des compromis politiques avec le Front de Gauche avant le deuxième tour des présidentielles. Je me suis dit: quel faux-cul et quelle girouette fait cet ancien promoteur de la VIème République qui s'accommode lui aussi très bien, sans doute par pragmatisme de circonstance par rapport aux institutions actuelles, du bipartisme, de la personnalisation des enjeux politiques, et d'une alternance sans contenu politique différent bien défini, bref d'une élection "course de chevaux" plus que "bataille d'idées". En même temps, je suis peut-être injuste avec Montebourg, nettement plus aimable avec nous (puisqu'il n'exlut pas qu'on négocie sur le programme de gouvernement après les législatives) que Gérard Collomb, l'ami de François Hollande, qui peut dire sans crainte du ridicule que "le modèle que (Mélenchon) défend a déjà été essayé en URSS et au Cambodge, qu'il ne marche pas".  Mélenchon lui a répondu sans politesse excessive: " Me comparer à Pol Pot est une nouveauté dans l'infamie que je ne suis pas près d'oublier". Michel Sapin n'a pas été non plus en reste de caresses en appelant chacun à "se déterminer par rapport aux projets eux-mêmes et pas simplement par rapport à la sonorité de la voix". Et bien, chiche:  que les électeurs de gauche qui hésitent à "voter utile" lisent vraiment le projet rachitique (car corseté par l'impératif austéritaire et les engagements européens néo-libéraux) de François Hollande et le comparent avec celui du Front de Gauche, et l'on verra que la clairvoyance ne sert pas forcément les intérêts du favori, car Mélenchon rime avec passion mais aussi avec raison tandis que Hollande rime avec Maastricht, Amsterdam, Versailles, ces lieux où l'on a gentiment massacré la souveraineté populaire et les possibilités d'alternative sociale.   

On ne l'aime pas mais il ne dit pas que des bêtises, Jean-Louis Bourlanges (commentateur sur France Culture et député européen libéral et centriste) : la montée du Front de Gauche révèle que l'électorat de gauche en France dans ses profondeurs n'est pas favorable au social-libéralisme, social-libéralisme auquel se rattache pourtant Hollande depuis 25 ans. Elle ne devrait pas forcément empêcher la victoire de Hollande tant Sarkozy est décrié et tant le total des voix de gauche au premier tour augmente mais elle lui posera des problèmes pour gouverner et appliquer la politique de rigueur qu'il souhaitait mettre en oeuvre, car elle risque de rendre les citoyens plus combatifs et exigeants. Nous nous en rejouissons! Par ailleurs, Hollande est pris en tenaille: il ne peut pas taper trop fort sur Mélenchon et décrédibiliser le projet du Front de Gauche car ce serait clairement se ranger dans une social-démocratie centriste qui ne correspond pas aux aspirations des électeurs de gauche. Il ne peut pas non plus faire trop de surenchère à gauche pour contrer la progression du Front de Gauche car ce serait prendre le risque de s'aliéner les voix des électeurs centristes de Bayrou pour le second tour. Voilà qui explique bien la paralysie actuelle de Hollande qui n'annonce rien, reste campé sur sa figure miterrandienne (le Mitterrand de 88) de rassembleur oecuménique au plus près de la France rurale éloignée des passions politiques.  Son affiche d'ailleurs évoque le bleu horizon "travail, famille, patrie" de la " Force Tranquille" et les prouesses à demi pétainistes de Séguéla, l'homme qui a su gagner sa Rolex à moins de 50 ans!  

Europe Ecologie Les Verts est au bord de la crise de nerfs: après Duflot qui nous a fait le coup du retroviseur, du candidat du passé, du projet beaucoup "trop rouge", Eva Joly sur France Inter dimanche soir, comme quoi cette communication agressive aux relents d'amertume a été bien huilée, a cherché à mordre le Front de Gauche à son tour en qualifiant les communistes de pro-productivistes et de pro-nucléaires, sans aucun égard pour notre programme commun qui prévoit la planification écologiste et qui est autrement plus conséquent que ses développements assez pathétiques sur le souci des français pour l'écologie et la santé publique lié aux problèmes d'asthmes dont ils souffrent dans les villes. Les 15% de Mélenchon: c'est bon pour faire gagner François Hollande mais c'est "un candidat IIIème République", un "candidat de la nostalgie", qui propose des mesures passéistes. Oui, nous n'avons pas honte de la tradition révolutionnaire et ouvrière de la gauche française: oui, nous ne nous rejouissons pas en petit bourgeois de la montée inéxorable de cette gauche post-moderne qui transforme la lutte des classes en lutte des places et petits débats sur le bio, les éoliennes, le transport à vélo... Comme elle aurait aimé, la candidate Verte qui soutenait Bayrou en 2007, que la vraie gauche de transformation sociale appartienne au passé et que l'on puisse se contenter de parler éthique, moralisation du capitalisme, et non mesures anti-capitalistes ou volonté de dépassement de celui-ci. Marie-George Buffet lui a bien répondu 5 Mn après: non Mélenchon n'est pas le candidat de la IIIème République mais celui de la VIème République, de la prise de pouvoir des citoyens dans les institutions, les entreprises, sur les féodalités économiques.  

Pouthou est tout aussi risible quand il dit dans le Télégramme ou le Ouest-France vendredi, je ne sais plus trop bien, que Mélenchon "n'est pas le candidat des travailleurs", qu'il ne se déplace pas dans les usines, qu'il est éloigné du mouvement social. Rendez-vous à l'évidence, vous les derniers quarterons du NPA: ce n'est pas votre attitude sectaire et isolationniste qui contribue à renforcer la combativité des salariés mais l'espoir que donne le rassemblement de citoyens et d'organisations politiques d'histoire et de sensibilités différentes sur des bases clairement à gauche dans le but de créer une dynamique à vocation majoritaire.     

La palme du grotesque revient à Douste-Blazy et Laurence Parisot: Douste-Blazy - le porte-parole d'un François Bayrou qui a trouvé son nouveau modèle en Merkel, lui qui compte mener une politique d'hyper-austérité plus dure encore que celle de Sarkozy -  voit dans Mélenchon ce sans-culotte nostalgique qui veut réhabiliter la guillotine. Laurence Parisot le tient elle pour un représentant attardé de la Terreur révolutionnaire et non des belles idées de la Révolution bourgeoise de 89, celles des propriétaires et des esclavagistes qu'elle continue à représenter sans doute: je pense au club des Feuillants! ... Ouest-France, comme d'habitude avec nous, fait dans l'originalité et la nuance en prenant pour titre de son portrait (où il s'offre le luxe d'affirmer contre toute évidence, probablement pour servir un peu LO et Nathalie Ertaud, que Mélenchon le socialo déplaît aux communistes...) en page 4: "Mélenchon, sans culotte de Gauche et tribun culotté" . Il y avait dimanche déjà le titre du JDD: "la révolution Mélenchon": tout ça pour dire que Mélenchon menaçait l'élection de Hollande avec ses 15%... Peut-être bien qu'elle ressemblera à autre chose qu'à un phénomène médiatique et sondagier éphémère, notre révolution citoyenne. C'est amusant de voir ces nantis libéraux jouer à se faire peur et essayer de faire peur en agitant, un peu à la manière dont en 81 la droite et ses journaux parlaient des chars russes qui menaçaient déjà Paris, le spectre du retour de la violence tragique de l'histoire et des coupeurs de têtes "partageux". C'est qu'il sente que les bases de la domination sont en train de se léarder sous les coups de boutoir de la crise systémique du capitalisme financier, conséquence de la rapacité de leurs amis et protégés.  

Je me rejouis de cette diabolisation, si injuste et excessive soit-elle vis à vis d'un candidat qui est le seul à batailler frontalement contre les semeurs de haine que sont Sarkozy et Le Pen, et qui a adopté avec le Front de Gauche ce slogan si universel, fraternel et humaniste: "L'Humain d'abord". En effet, elle montre la peur des élites, leur belle union sacrée pour défendre les politiques néo-libérales, et elle témoigne d'un mépris des candidats qui parlent au peuple et représentent ses intérêts, mépris dont, comme en 2005, celui-ci saura se souvenir.  

Les Français sont frondeurs, ne l'oubliez pas. Ils n'acceptent le partage du populisme et de la respectabilité, du sérieux et de la démagogie, que les médias qui mangent dans la soupe du pouvoir et du monde des affaires leur proposent chaque jour, en mettant Mélenchon et son antithèse Le Pen dans le même sac des candidats protestataires, expression de la colère du peuple, qui ne pense pas, c'est bien connu...

L'insurrection citoyenne est en marche! Haut les coeurs!

 

Ismaël Dupont.    

 

  

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 18:25
Par MYRIAM MARTIN Membre du Conseil politique du NPA, HÉLÈNE ADAM Membre du Conseil politique du NPA, PIERRE-FRANÇOIS GROND Membre du Conseil politique du NPA

 

La campagne présidentielle entre dans sa dernière ligne droite et doit affronter une situation lourde de dangers. Danger d’une droite autoritaire, incarnée par le président sortant, dont le projet est dans la continuité de son action : nocif pour une majorité de la population tant se sont creusées les inégalités, tant se sont développés un discours et une politique de plus en plus poreux aux thèses de l’extrême droite. Danger d’un Front national dont l’emprise sur une partie de la population frappée par la crise distille le poison mortel du racisme et de la xénophobie. Danger d’une crise écologique qui pose des enjeux de civilisation. Danger, enfin, d’un capitalisme financier mondialisé, qui se moque du calendrier électoral, qui peut imposer en Grèce ou en Italie son propre personnel politique et dicter son choix, celui d’une politique d’austérité sans fin et sans fond.

 

Alors, oui, il faut sortir le sortant, combattre le Front national, s’insurger contre la dictature des banques et du capital, et faire de cette élection présidentielle un premier moment de résistance sociale et démocratique. Il nous suffit de regarder la Grèce pour saisir la gravité de la situation actuelle. Nous avons là une paupérisation sans précédent des populations. Baisses des salaires et des pensions, coupes sombres dans les budgets sociaux, privatisations imposées des services publics avec profits juteux pour les requins de la finance, se succèdent à un rythme d’enfer. Et qui est aux manettes ? Un gouvernement soi-disant «technique», aux ordres des banques et des grandes institutions qui ont plongé le pays dans le chaos et qui font désormais payer à la population une dette et une crise qui ne sont pas les leurs ! Si la situation de la Grèce est particulièrement dramatique, elle n’est pas isolée en Europe. Les responsables politiques et économiques du libéralisme et de la crise économique ont mis en place ce monstre financier qui se croit tout-puissant. Ils ont construit l’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne, au mépris de la souveraineté populaire. Ils veulent aller toujours plus loin. A présent, c’est le modèle social européen, produit d’un siècle et demi de luttes et de conquêtes ouvrières, qui est en ligne de mire.

Battre Sarkozy est un enjeu essentiel et primordial. Mais il n’est pas le seul. Le programme de François Hollande, à l’instar des politiques sociales-démocrates européennes, s’inscrit dans le cadre de la gestion du capitalisme, ce qui signifie austérité à tous les étages et respect des critères imposés par les marchés financiers, ces critères que les dirigeants veulent à nouveau graver dans le marbre d’un nouveau traité. Il tourne le dos aux exigences de justice sociale. Il ne prend pas davantage en charge les questions écologiques.

Il importe alors qu’existe au premier tour, un vote, le plus massif et dynamique possible, pour donner force à un programme d’urgence basé sur une autre répartition des richesses, la transition énergétique, des transformations démocratiques radicales.

Une nouvelle chance sera ainsi offerte pour faire exister durablement un courant politique qui conteste à gauche l’hégémonie du social-libéralisme. C’est essentiel pour faire contrepoids à l’extrême droite. C’est décisif pour donner force et courage à celles et ceux qui résistent aux politiques d’austérité.

Et dès après la présidentielle, sur la base de cet élan, les forces politiques et sociales qui refuseront de collaborer, sous quelque forme que ce soit, avec un gouvernement d’austérité dit de gauche devront former ensemble un bloc contre la crise pour défendre une alternative sociale et démocratique en toute indépendance vis-à-vis du Parti socialiste.

Telle est notre analyse des urgences de l’heure.

Nous sommes militants de la «Gauche anticapitaliste», courant unitaire du NPA, nous avons été membres de la LCR auparavant. C’est avec beaucoup d’amertume, mais aussi de colère, que nous voyons notre parti renoncer à l’engagement pris lors de sa fondation : rassembler tous les anticapitalistes dans un parti de masse. Le NPA avec son candidat prend le chemin de la marginalité, qui lui interdira de peser réellement dans une situation politique aux enjeux majeurs.

La Gauche anticapitaliste, sans donner de position en tant que courant sur le vote, prend acte de cette impasse et estime que la dynamique créée autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon constitue un fait positif de la situation actuelle. Nous voulons en souligner les conséquences à nos yeux.

Réquisitionner les entreprises qui licencient en délocalisant, prendre des mesures pour museler la finance, refuser de faire payer la crise à la population, organiser la planification écologique, rompre avec une Ve République antidémocratique, refuser les traités européens pour réorganiser une Europe qui réponde aux impératifs sociaux, écologiques, démocratiques, sont autant de propositions qui vertèbrent la campagne de Jean-Luc Mélenchon et qui vont dans le bon sens. Nous apprécions les déclarations affirmant qu’aucune participation à un gouvernement qui pratiquerait la politique préconisée par Hollande n’est envisageable. Nous conservons des points de vue différents sur certains aspects concernant notamment la République et la nation, mais nous estimons l’orientation générale positive.

La dynamique politique militante qui ne cesse de s’amplifier permet que vive et se développe une force militante et électorale qui refuse de se soumettre à la gestion sociale-libérale des crises et aux politiques d’austérité.

C’est un facteur important du rapport de forces et un puissant encouragement pour les luttes sociales. En témoigne d’ailleurs le nombre de syndicalistes, de militants du mouvement social, écologiste, féministe, antiraciste qui rejoignent la campagne.

Dès lors, nous pensons qu’il ne faut pas hésiter à affirmer que si nous sommes nombreux à exprimer notre force par notre vote le 22 avril pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, la situation en sera nécessairement positivement bouleversée.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 08:03
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 06:24

Est-ce une société civilisée celle qui fait le choix d'accepter que 15 % de la population s'enfonce dans le dénuement, l'exclusion et le mal vivre lié aux privations matérielles alors que les profits et les richesses privés de quelques-uns prospèrent de manière éhontée?

La France est un des 10 pays les plus riches du monde, son PIB est deux fois plus élevé qu'il y a 30 ans, et elle tolère que 13,5% (en 2009) à 15% (aujourd'hui) de la population soit touchée par la pauvreté. Cette année, à cause de la crise, du chômage, de la cherté du logement, de l'énergie, des transports, de l'alimentation, mais aussi de l'extrême précarité des populations immigrées, il y a eu 15% à 20% de fréquentation en plus des banques alimentaires, Restos du Coeur et autres Secours Catholique ou Secours Populaire.

En 2009, la pauvreté touchait 8,2 millions de personne ne disposant que de 954€ pour vivre chaque mois (moins de 60% du revenu médian). Près de 2 millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 640€ par mois (40% du revenu médian), soit 3,3% de la population contre 2,7% en 2000 (chiffres de l'ONPES, Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion, cités par le Ouest France aujourd'hui).

Les causes de cette paupérisation de la population française, ce sont la vie chère liée à la spéculation et aux politiques fiscales injustes, le chômage de masse, la dérèglementation et la précarisation des conditions de travail, les bas salaires et les faibles pensions de retraite et la baisse du niveau de protection sociale des chômeurs.  

    

Conséquence des politiques d'austérité et de démantèlement de la protection sociale, des services publics et des protections salariales, conséquence aussi de la dérèglementation, de la financiarisation et de la mise en concurrence des salariés du monde avec ses effets associés - délocalisation, licenciements-, conséquence enfin de la crise financière de 2008, la montée de la pauvreté des chômeurs, des retraités, des jeunes et des travailleurs précaires (bas salaires, temps partiels imposés, CDD) en France est dramatique.

Les perspectives pour les années à venir, à défaut de réorientations globales des politiques publiques en Europe pour plus de redistribution des richesses, de protections des salariés, de partage du temps de travail et de remise au pas des intérêts financiers, sont elles aussi plus que sinistres, puisque la généralisation de l'austérité en Europe conduit à déprimer l'activité économique et la très faible croissance qu'elle pourrait tolérer encore ne créera pas d'emplois. Dans ces conditions, vouloir la rigueur et la discipline budgétaire comme le PS de Hollande, EELV, et la plupart des candidats aux présidentielles en dehors de celui de celui du Front de Gauche, c'est faire le choix de renforcer la pauvreté d'un cinquième ou d'un sixième des français.

    

Pierre Le Steun m'a communiqué cette semaine un lien avec une page du forum participatif Agora Vox où "Pat du 49" commentait en se basant sur un rapport de la DARES les vrais chiffres du chômage. Ceux-ci sont accablants pour la société française, le bilan du gouvernement et du libéralisme.

En février 2012, lors de la publication des chiffres annuels,  il n'y avait officiellement que 19800 demandeurs d'emploi en plus mais 294.700 radiés des listes, les reprises d'emplois déclarées ne représentant que 20% des sorties de listes de pôle emploi.

Le chiffre officiel de 5.300.000 demandeurs d'emploi ne correspond pas à la réalité du nombre de sans activité et de personnes sans ressources suffisantes pour vivre correctement. Déjà parmi ces chômeurs déclarés, 50% ne reçoivent pas d'indemnité et le chômage de longue durée (2 à 3 ans) a augmenté de 4,7% en 2011 et celui de très longue durée ( plus de 3 ans) a augmenté de 22,8% en 2011. Le chômage de longue durée concerne à peu près 40% des chômeurs.

A ces 5,3 millions de chômeurs officiellement déclarés s'ajoutent 1 million de bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé ou de pension d'invalidité, 1 million de sans droits (notamment des jeunes de moins de 25 ans ne pouvant bénéficier du RSA) et 1,2 millions de bénéficiaires du RSA non comptabilisés parmi les chômeurs. Au total, le chiffre de 8 millions de chômeurs en France serait plus fidèle à la réalité.

Une seule issue acceptable à la souffrance inacceptable des chômeurs et des précaires: revaloriser le montant et la durée des indemnisations, mieux accompagner les chômeurs vers le retour à l'emploi en leur proposant de vraies formations qualifiantes (mais aussi améliorer la formation continue des salariés eux-mêmes) et de vraies facilitations pour trouver du travail sans chercher à les montrer du doigt, à la fliquer, ou à les radier des listes. Il faut surtout sécuriser l'emploi des salariés (contre le licenciement, le temps partiel imposé, le recours excessif aux contrats précaires), relancer l'activité économique par la hausse des salaires et le partage des richesses et encourager les entreprises à embaucher par la limitation des profits, le partage du temps de travail, et le crédit bancaire sélectif proposé par un pôle financier public.

 

Ismaël Dupont.  

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 06:15
 
 
20000 personnes à Lille à l'intérieur et en dehors du Grand Palais: "la rivière est sortie de son lit et quoiqu'il y arrive, elle n'y retournera pas de sitôt!". "Le Front de Gauche est devenu le Front du Peuple...."
L'engouement autour du Front de Gauche est énorme et  va très certainement encore resserer le rapport de force à gauche d'ici les présidentielles tant la ferveur et la dynamique est du côté de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche et non de celui d'un PS qui retourne à ses réflexes oligarchiques en constituant déjà son gouvernement et en refusant tout compromis sur son programme de gouvernement éventuel avec les autres forces de gauche et d'un Hollande bien pâlot, centriste et opportuniste.
57% des français ont une bonne opinion de Mélenchon (54% pour Hollande) selon un sondage Paris Match (22 mars), 30% des étudiants de Sciences Po Rennes voteraient Mélenchon au 1er tour... Quelques exemples, un peu dérisoires sans doute, de l'élan incroyable pour une gauche de transformation sociale qui a finalement fini par s'affirmer franchement depuis quelques semaines grâce au rassemblement et à l'activisme des militants et citoyens sur le terrain, à la qualité de notre programme, à la diversité des traditions politiques et à l'unité d'intention qu'incarne le Front de Gauche et à la clarté et au charisme de Jean-Luc Mélenchon. Le potentiel de progression dans les 4 dernières semaines est important et il n'est plus interdit de rêver au second tour!  
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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 17:08

Entre 100 000 et 120 000 personnes à la Bastille, 14 % d’intentions de vote. Les grands médias ne peuvent plus ignorer ou caricaturer grossièrement Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche comme ce fut le cas pendant la 1ère partie de la campagne.

 

Il fallait trouver une explication du phénomène qui ne remette surtout pas en cause le nécessaire duel Sarkozy/Hollande. Ils ont trouvé : les succès sont essentiellement dus aux prouesses oratoires de Jean-Luc Mélenchon qu’ils désignent d’ailleurs plus souvent « orateur ou tribun »du Front de Gauche plutôt que candidat. Les seuls candidats sérieux étant, on le sait, les duellistes qu’ils ont déjà sélectionné. 

 

Certes Jean-Luc Mélenchon est un formidable orateur, de loin le plus cultivé des candidats et le succès du Front de Gauche lui doit beaucoup. Surtout que chacune de ses interventions, dans les médias comme en meeting, est aussi un extraordinaire moment d’éducation populaire où, à chaque fois, il mise sur l’intelligence des participants.

 

Mais cette façon de dire les choses présente pour les grands médias (et ceux qu’ils servent) deux avantages :

 

1 – Elle permet de passer sous silence l’énorme dynamique qui se développe dans le pays dans le cadre de la campagne du Front de Gauche. Le rassemblement de la Bastille et les meetings de Jean-Luc Mélenchon qui sont d’immenses succès bien sûr, mais aussi les centaines de réunions qui se déroulent quotidiennement dans le pays animées par des responsables nationaux des différentes composantes du Front de Gauche, les réunions thématiques permettant d’approfondir et d’enrichir le programme , les milliers d’assemblées citoyennes… Il ne faut pas que nos compatriotes sachent l’ampleur de cette force qui se lève rassemblant des gens d’histoires, d’engagements et de culture diverses mais unis vers un objectif commun et ouverte à toutes celles et tous ceux qui veulent la rejoindre.

 

2 – Elle permet de ne pas aborder le contenu des propositions, condamnées d’un péremptoire : « irréaliste », « démagogique », … Et donc elle prive le peuple de son droit à comparer et à choisir : « Faites confiance braves gens ! Dormez bien ! Ceux qui savent pensent pour vous !« 

 

a - partager les richesses et abolir l’insécurité sociale

b - reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers ;

c - mettre en place une planification écologique

d - produire autrement

e - la République pour de vrai

f - convoquer l’Assemblée constituante pour la VIème République

g - s’affranchir du traité de Lisbonne et construire une autre Europe

h - rôle de la France pour changer le cours de la mondialisation

i - mettre l’émancipation humaine en tête.

 

Tels sont les têtes de chapitre du programme du Front de Gauche «  l’Humain d’abord ». De quel droit l’ « élite » autoproclamée des médias s’arroge-t-elle le droit de décider que le peuple n’est pas apte à en débattre et à choisir ?

 

Et si toutes celles et tous ceux qui ont voulu que cela change vraiment, qui veulent que ces propositions soient examinées et prises en compte, décidaient de passer outre ce qui par ailleurs peut les séparer est-ce que la donne politique ne serait pas radicalement changée ?

 

Il ne s’agirait plus alors seulement de battre Sarkozy (ce qui est évidemment nécessaire et qu’une majorité de Français souhaite) mais aussi et surtout de mettre en débat et de jeter les bases d’une politique complètement différente qui s’émancipe de la domination sans partage de la Finance.

 

Cela suppose un débat à gauche afin que toutes les cartes soient sur la table et que les choix se fassent en pleine connaissance de cause. Ce débat est refusé au niveau national mais , grâce à l’initiative d’Ismaël Dupont, candidat du Front de Gauche à l’élection législative, il aura lieu localement.

 

Notre démarche est claire :

 

Que le peuple prenne le pouvoir afin que prévale enfin

 

L’Humain d’abord

 

Alain DAVID

26.03.12

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 20:12

 

L'L’Ecologie
au cœur du programme du Front de Gauche

Le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles remettent en cause les conditions de la vie sur terre. Or, loin des effets d’annonce du Grenelle ou d’aubaine du « pacte Hulot », la campagne présidentielle met ces questions aux oubliettes.

Le Front de Gauche propose, lui, une planification écologique.

Une transition énergétique publique et démocratique

  • Diminuer la consommation d’énergie :

  •  
    • Promouvoir la sobriété et l’efficacité énergétique par des investissements publics pour l’emploi et la formation et un plan de mise aux normes des bâtiments publics et logements.

    • Maîtrise publique pour sortir l’énergie des griffes de la rentabilité maximale : Pôle 100% public (nationalisation d’EDF, Total, GDF…) avec participation citoyenne.

  • Mettre en place une vraie politique de développement maximale des Energies Renouvelables (éolien, hydraulique, géothermie profonde, …) et prolonger cette politique de développement en s’appuyant sur une recherche très active.

  • Au terme d’un vrai débat public citoyen sur le nucléaire, donner par référendum le pouvoir au peuple de faire le ou les choix qui s’imposeront.

Une Agriculture paysanne, saine et source d’emploi

  • Plan de transition écologique pour un modèle agricole de qualité, relocalisé et largement autonome en énergies renouvelables.

  • Lutter contre la concentration des exploitations et la spéculation foncière et soutenir l’installation des jeunes agriculteurs par une réforme des Safer (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural).

  • Soutenir les filières alternatives labellisées, vivrières, de proximité et biologiques (notamment par une réforme des marchés publics).

  • Interdire les OGM.

  • Une Politique Agricole Commune (PAC) européenne fixant un objectif de souveraineté alimentaire.

  • Non aux brevets sur les semences et le vivant, promotion de la recherche au service de l’agriculture paysanne et de sa transition écologique, en s’appuyant sur la valorisation de ses savoir-faire.

Préserver les ressources naturelles

  • Créer un Service Public de l’Eau, Bien Commun de l’Humanité, afin d’accompagner les collectivités dans sa gestion.

  • Tarification progressive (selon la consommation) et différenciée (entre ménages et industries).

  • Réduire la production de déchets (notamment par l’allongement des durées de garanties sur les produits et la mise en place de consignes sur les contenants).

  • Renforcer la législation contre les molécules chimiques nuisibles à la santé.

  • Lutter contre l’aliénation consumériste (notamment en limitant la publicité)

  • Une politique de la pêche garantissant la préservation et le renouvellement de la ressource halieutique.

Des transports à faible émission de Gaz à Effet de Serre

  • Développer les transports collectifs.

  • Développer le transport ferroviaire, fluvial et maritime.

  • Instaurer une taxe kilométrique sur les produits.

Un nouveau modèle de société : Inventer un nouveau vivre ensemble dont les règles ne soient plus la croissance et la compétition.

  • Soutien à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), à l’habitat autogéré et coopératif à l’ensemble du tissu associatif engagé dans le « mieux être » écologique et social.

  • Favoriser la relocalisation des activités et les circuits courts de distribution.

  • Créer des délégués environnementaux représentant les associations de protection de l’environnement dans les instances officielles.

  • IPH : Indicateur de Progrès Humain (épanouissement personnel, cohésion sociale, justice sociale, environnement) remplaçant le PIB.

  • Créer un Fonds Européen Social, Solidaire et Ecologique.

La transition écologique sera fortement créatrice d’emplois (rénovation de l’habitat, énergies renouvelables, agriculture paysanne…). Elle nécessite d’être accompagnée de mesures sociales et fiscales mettant à contribution les plus riches, ceux qui détruisent la planète. Ceci impose de reprendre le pouvoir avec la finance et d’en finir à la recherche maximale de profit et le productivisme !

Avec le Front de gauche, faisons le choix d’une autre politique qui mette enfin l’humain d’abord

Son programme sera porté par Ismaël DUPONT et Marie HUON aux élections législatives (Circonscription de Morlaix)

Contacts avec le « Front de Gauche du pays de Morlaix » :

Téléphone : Ismaël DUPONT (06 20 90 10 52) / courriel : frontdegauchemorlaix@gmail.com

Facebook : http://www.facebook.com/#!/profile.php?id=100003148618170

Retrouvez la campagne de front de gauche sur http://www.placeaupeuple2012.fr/ ;

 

 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 08:04

 Dans une compétition électorale il y a des concurrents et des adversaires. Certains ont du mal à faire la différence.

 

Qu’on en juge :

 

Le dimanche 18 mars à la Bastille 120 000 personnes venues de toute la France apportaient leur soutien au Front de Gauche et à son candidat Jean-Luc Mélenchon. Une démonstration tellement impressionnante que Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille, craignant sans doute l’ampleur que la déclinaison de cette manifestation pourrait prendre dans sa ville, décidait d’interdire le lieu prévu pour le rassemblement. Rien d’étonnant : il est de droite. Mais le 18, Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, puis le lendemain Eva Joly elle-même, se sentaient obligés de s’en prendre à la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

 

Le jeudi soir un sondage était rendu public. Il annonçait que le candidat du Front de Gauche prenait la 3ème place avec 14 % des intentions de vote. Doublant au passage François Bayrou et Marine Le Pen, pourtant chouchous des médias. Réagissant à cette information d’importance Michèle Rivasi, porte-parole d’Eva Joly se crut obligée d’en remettre une couche : « Jean-Luc Mélenchon fait une campagne absolument incroyable … Il est parfaitement à l’aise dans le rôle du chef, du monarque. Il fait d’ailleurs une campagne très Vème République ». Un comble lorsque l’on sait que tout notre combat vise au contraire à l’instauration d’une VIème République qui abolisse définitivement toute forme de pouvoir personnel.

 

Pourquoi faut-il que me reviennent en mémoire les municipales de Montreuil ? En 1998 on y vit en effet Dominique Voynet se maintenir au second tour face à la liste de gauche conduite par le député-maire apparenté communiste de la ville (Jean-Pierre Brard) pourtant arrivé en tête… et se faire élire au second tour grâce, entre autres, à l’appel d’un candidat centriste aux cantonales à voter contre la liste du maire sortant.

 

Lutter contre la domination sans partage de la finance ; prendre enfin en compte l’ampleur de la catastrophe écologique qui se prépare ; défendre les acquis sociaux remis en cause et en conquérir d’autres ; permettre à l’ensemble de la population de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours ; donner à la jeunesse tous les atouts pour maîtriser son avenir, lutter contre les atteintes aux libertés qui se préparent au nom de la sécurité, … Les combats où toutes les forces de gauche et la population peuvent se rassembler ne manquent pourtant pas.

 

C’est, loin des luttes de boutique, ce que le Front de Gauche entend promouvoir afin que triomphe.

 

l’Humain d’abord

 

Alain DAVID

 24.03.2012

 

PS: Pour étayer les remarques d'Alain David sur la radicalisation anti-Front de Gauche des Verts qui traduit la conscience que beaucoup d'écologistes désertent le navire conduit de manière si hasardeuse et opportuniste tout en étant arrimé au paquebot PS. Dans Le Télégramme du samedi 24 mars, Cécile Duflot est interrogée sur la concurrence entre EELV et Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche. Voici un extrait de l'entretien:

"- N'êtes-vous pas aujourd'hui en concurrence directe avec Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche?

On aurait pu l'être si Jean-Luc Mélenchon avait fait un choix différent que celui de remettre le rouge à la mode. Moi, je suis branchée sur le vert."      

 

Si on suit la secrétaire nationale d'EELV ce qui pose problème entre Jean-Luc Mélenchon et eux, c'est l'engagement trop à gauche de JL Mélenchon, son accord avec les communistes. Au moins les choses sont dites. Par contre, ce qui est inadmissible, c'est qu'on nous dénie toute légitimité dans le domaine de l'écologie, tout label vert, sous prétexte que nous sommes rouges et anti-libéraux, anti-capitalistes.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 22:15

Adresse de Pierre Laurent aux communistes : "Une nouvelle campagne démarre"

Il n’y aura pas de grand soir mais ce fut une journée magnifique que ce 18 mars, où les rues de Paris ont vibré pour redonner à toute la France l’oxygène qui lui manquait.

Le Front de gauche a créé l’événement. Qui imaginait, il y a quelques semaines en- core, une manifestation politique populaire et citoyenne aussi massive et aussi large dans cette campagne électorale conçue, dès l’origine, pour exclure toute parole populaire, tout engagement collectif, toute espérance de transformation sociale ?

Du jamais vu ! Toutes celles et tous ceux qui, par le moindre geste, ont contribué à cette réussite ont commencé ensemble à relever le défi que nous nous fixons dans cette présidentielle : permettre au peuple et à ses attentes de changement – pour décliner les paroles du chant « pas de sauveur suprême, ni dieu, ni César, ni tribun, décrétons le salut commun ! » – de s’imposer.

La Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir

Aux cris de « Vite, la 6e République », la Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir. Notre pays en a un immense besoin. Il souffre trop. Avec cette marche, redevient crédible l’idée que le monde du travail peut reprendre ses affaires en mains.
A droite, on avait tout prévu sauf l’insurrection démocratique, sauf ce moment de basculement où des centaines de milliers de Françaises et de Français, de femmes et d’hommes proclament : la politique c’est notre affaire, et payer pour les riches c’est fini. La mobilisation des communistes pour la réussite de cette journée exceptionnelle, joyeuse, combative, fraternelle, a été spectaculaire. C’est le fruit d’un travail militant que je veux saluer ici : le lancement à la Fête de l’Humanité, les 300 000 programmes L’humain d’abord diffusés depuis lors, les centaines d’assemblées citoyennes dans tout le pays, dans nos quartiers et aux portes des entreprises, les milliers de distributions et cette invite constante : « sans préalable d’aucune sorte, mêlez-vous-en ! »

En parcourant la place de la Nation avant le départ de la marche, j’ai pu rencontrer et féliciter nombre d’entre vous. Je profite de cette occasion pour le dire à toutes et à tous : ce travail patient, respectueux, inventif qui est le vôtre dans une campagne commune et collective est déterminant. C’est lui qui permet l’entrée en campagne à nos côtés de milliers de femmes et d’hommes engagés dans les combats sociaux, syndicaux, citoyens, associatifs dans le pays, qui n’ont plus le temps d’attendre et peuvent s’engager durablement dans la dynamique que le Front de gauche a fait naître. Cela donne aussi force et courage à ceux que vous avez investi de la responsabilité d’animer cette bataille, à Jean-Luc Mélenchon qui porte avec talent notre ambition commune, à moi-même, à nos candidates et candidats aux législatives que nous voulons voir nombreux en juin entrer à l’Assemblée nationale.

Le peuple est de retour, la gauche est de retour

La Bastille est le signe que nous avons déjà remporté une première victoire. Le peuple est de retour, la gauche est de retour.

Rien n’est acquis. La bataille va être encore rude dans les semaines à venir. Mais mesurons à sa juste valeur l’immense potentiel que nous ouvre le travail accompli.

Depuis dimanche, c’est une nouvelle campagne qui démarre. Des milliers de nos concitoyennes, de nos concitoyens impatients de se débarrasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique restent habités de doutes sur la portée de la victoire attendue : notre vie changera-t-elle vraiment ? Aujourd’hui, la campagne du Front de gauche modifie cette situation. La victoire peut être synonyme d’espoir. Le potentiel de mobilisation du Front de gauche est ainsi devenu le meilleur atout de la gauche pour gagner et pour, ensuite, réussir. Ne nous laissons pas impressionner. On nous parle de « vote utile » ? Quoi de plus utile que le travail entrepris par le Front de gauche, et le vote pour son candidat ?

Oui, il redevient possible, non seulement d’imaginer que ce sont là les derniers jours de la droite au pouvoir, mais aussi les temps premiers d’une renaissance démocratique et d’une politique de gauche dictée non par le consensus mais par la détermination à combattre la dictature de l’argent. Oui, il redevient possible d’envisager de reprendre la main sur les richesses du pays, sur le pouvoir économique et de le soumettre aux besoins humains et sociaux.

Oui, il redevient possible d’envisager à court et moyen terme l’inversion de l’ordre établi. La portée de ce que nous construisons va bien au-delà de l’échéance présidentielle qui en est la première étape décisive. Ce que nous visons, c’est la mise en mouvement de majorités d’idées et d’action, de majorités électorales et populaires, autour d’objectifs de changement clairs, de majorités agissantes décidées à « ne rien lâcher » tant que ces objectifs ne sont pas atteints.

Oui, ces majorités d’idées et d’action sont possibles si les forces populaires s’en mêlent. Oui, peut devenir majoritaire, contre les logiques austéritaires, l’exigence d’une relance de l’activité fondée sur l’augmentation des salaires, la revalorisation nette du Smic, des retraites, des pensions. Oui, peut devenir majoritaire la nécessaire reconquête de la retraite à 60 ans pour tous financée par la mise à contribution des revenus du capital et de la spéculation. Oui, peut devenir majoritaire la proposition de nationaliser les grandes banques et de fonder un pôle public bancaire et financier en changeant le rôle de la BCE. Oui, peut devenir majoritaire l’exigence de réinvestissement massif dans les services publics. Oui, peut devenir majoritaire l’idée que travailler, étudier, se loger, se nourrir, se soigner, se cultiver sont des droits fondamentaux qui doivent être garantis à tous en toutes circonstances. Oui, peut devenir majoritaire l’exigence d’une 6e République où la participation citoyenne aux décisions politiques et économiques du pays, de l’entreprise aux institutions, sera constante, où la démocratie réelle et permanente sera la garantie de la transformation sociale. Oui, peut devenir majoritaire le principe de refondation d’une Europe sociale, démocratique et écologique. Ce sont ces majorités d’idées, ces fronts de lutte qui constituent les conditions d’une politique de gauche.

Comment mener à bien et réussir cette immense tâche ?

D’abord, en poussant le plus haut possible le vote Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Des milliers d’électrices et d’électeurs peuvent en prendre conscience : s‘emparer de ce bulletin de vote est le meilleur moyen de construire une victoire solide et durable sur la droite et l’extrême droite, de rendre cette victoire utile à toutes celles et tous ceux qui ont le plus besoin de changement.

Ensuite, en s’engageant maintenant beaucoup plus fortement dans la campagne pour les élections législatives. La victoire présidentielle ne sera rien si elle n’est pas garantie par une majorité parlementaire capable de voter les lois d’un changement véritable, celles qui reprendront dans les actes les rênes du pouvoir aux marchés financiers. Notre campagne des législatives peut dès maintenant donner du sens et plus de force à la campagne présidentielle. Nos candidates et candidats doivent sans attendre faire relais avec la campagne de Jean- Luc Mélenchon pour inscrire sa portée dans la durée.

Enfin, en intensifiant partout le travail de rassemblement, d’assemblée citoyenne, de mise en débat et de mise en action qui permettra aux citoyens de porter ensemble les objectifs d’une politique de changement. Jusqu’où porter ces objectifs ? Je le répète, jusqu’à leur mise en œuvre effective. Jusqu’au gouvernement ? nous questionne- t-on. Nous n’en sommes pas là. Nous aurons à en décider, collectivement et souverainement, à l’issue de ces deux campagnes, présidentielle et législatives. Notre objectif est clair : modifier suffisamment la situation pour rendre un vrai changement possible.

Pas question d’aller gouverner si la rupture avec les politiques d’austérité n’est pas au rendez-vous. A écouter nos partenaires de gauche, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour y parvenir. Aurons-nous la force et le temps d’imposer de tels changements à gauche d’ici fin juin ? Nous y travaillons et nous aurons à apprécier, ensemble, ce que nous avons pu, ou pas, faire bouger et comment continuer. Le Front de gauche est en mouvement. La route est engagée. Elle est belle. Ensemble, nous sommes la gauche, le cœur battant de la gauche. L’esprit de conquête doit plus que jamais être notre boussole. Je compte sur vous.

 

Pierre Laurent

Secrétaire national du Parti communiste français, président du Conseil de campagne du Front de gauche.

N.B. : Reproduction de l'adresse aux communistes, parue dans CommunsiteS numéro 471, supplément à l'Humanité du mercredi 21 mars 2012

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