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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 13:32

Sur la dernière année, le nombre de chômeurs, nous apprenait le Télégramme le 25 octobre, a augmenté de 15% en Bretagne. Au niveau national, le nombre de démandeurs d'emplois inscrits à Pôle Emploi est désormais de 5 millions (dont 3 millions en Catégorie A, tenus de faire des actes positifs de recherche, et sans emploi, même précaire et à temps partiel). Michel Sapin a beau comparer cette hausse du chômage à un navire lancé à toute vitesse suite à la politique conduite par la droite et qu'on ne pourra mettre fatalement qu'un certain temps à ralentir et arrêter, il ne saurait dédouaner à si bon compte son gouvernement de cette aggravation de la situation sociale.

Car des choix ont été faits pour prolonger les orientations austéritaires et libérales du précédent gouvernement, faute de courage politique pour remettre en cause les privilèges exorbitants de la finance et les dogmes libéraux. Laisser faire les licenciements boursiers, les délocalisations, la désindustrialisation; poursuivre le désinvestissement dans les services publics, faire de la réduction des déficits une priorité, élevée bien au-dessus de l'objectif de relance de l'activité économique, autant de manquements criants à une politique de progrès social qui sont directement imputables au gouvernement. Autant de trahisons des promesses de changement faits aux électeurs en avril et en juin dernier.  

 

Pourtant, au moment où Hollande et son gouvernement imposaient l'adoption du TSCG qui installe une camisole de force d'austérité, de retrait de l'Etat et des solidarités, le FMI revoyait à la baisse les prévisions de croissance dans le monde et annonçait que la France pourrait au mieux réduire son déficit à 3,5% du PIB pour 2013 et non à 3%. Mettant en garde contre "trop de rigueur" qui tire la croissance vers le bas, il invitait les économies où la croissance n'est pas suffisante" à "ne pas prendre des mesures qui aggraveraient la situation". Le FMI qui sermonnerait presque un gouvernement de gauche en se montrant dubitatif sur les effets d'une politique d'austérité qui risque d'épuiser la demande: voilà un retournement des rôles qui illustre tout aussi bien les contradictions actuelles du capitalisme que la dérive libérale de la social-démocratie.

 

En même temps, ne nous y trompons pas. Les instances officielles du patronat et ses groupes de pression, représentant les intérêts des riches, des rentiers et des grands groupes financiers, réclament toujours plus de dérégulation du droit du travail, de baisse des salaires et des cotisations sociales qui financent la protection sociale solidaire.

Sur la baisse exigée des impôts pour les riches, le gouvernement a fait quelques concessions aux lobbies du fric mais a tenu à peu près bon sur ses objectifs au nom "des efforts douloureux à partager équitablement", mais sur le moins d'Etat, de services publics et le "choc de compétitivité" au détriment de la protection des salariés, plusieurs signes montrent qu'il est en train de céder du terrain au MEDEF.

C'est l'autre voie, néo-libérale et non progressiste ou keynésienne (laquelle passe par une augmentation des investissements publics et du pouvoir d'achat du plus grand nombre) qui peut conduire à une baisse du chômage, mais au prix de la précarisation de tous les salariés et citoyens, du renforcément de l'exploitation au travail et des inégalités d'accès aux services et aux droits fondamentaux.

 

Dans le Ouest-France du lundi 29 octobre 2012, on peut lire que Moscovici, tout en refusant l'idée d'un choc de compétitivité et en lui préférant les expressions moins guerrières et plus hypocrites de "trajectoire de compétivité" ou de "pacte de compétitivité", entend bien porter les efforts du gouvernement sur la réduction du coût du travail, par le transfert du poids de la solidarité et de la protection sociale des entreprises (via le salaire indirect et les cotisations sociales) vers les ménages (le mystère subsiste sur les moyens: par une hausse des impôts, de la CSG ou le la TVA, ou de nouvelles réductions du niveau de protection sociale solidaire, ou un peu tout ça à la fois?).

Il prend modèle sur les réformes du marché du travail et du droit du travail conduites par les Allemands, notamment le social-libéral Gérard Schöder qui a montré en même temps que Tony Blair comment un parti social-démocrate pouvait, en se mettant au service du monde financier, défaire des décennies de conquêtes sociales du monde du travail.

 

A lire Ouest-France hier, il y avait de quoi être inquiet: "Selon certaines sources, le gouvernement travaille sur un transfert, d'ici à 2017, de 30 milliards d'euros de cotisations sociales vers d'autres prélèvements, mais il n'y aura pas de hausse de la TVA ou de la CSG en 2013. Alors quelle piste est envisagée? Le flou persiste".

Hier encore, Jean-Marc Ayrault disait qu'il n'excluait pas la possibilité- car, n'est-ce pas, il n'y a plus de tabou- de refaire passer la durée légale du travail de 35h à 39h pour faire retrouver de la compétitivité à notre économie.

 

Après le chantage à la dette qu'il ne faut pas laisser aux générations futures et qui nous met dans les mains des marchés et des agences de notation, la reconquête de la compétitivité est devenue la nouvelle arme de guerre idéologique pour justifier de nouveaux reculs sociaux afin d'étendre les pouvoirs du capital, et il est indigne d'un gouvernement qui se dit de gauche d'alimenter cette propagande visant à imposer la résignation face à la dégradation des conditions de travail et de vie du plus grand nombre.

  

Pour lutter contre le chômage, outre la baisse des charges sociales des entreprises, le gouvernement utilise le moyen classique des emplois précaires à profil particulier largement aidés par l'Etat et exemptés d'une bonne part de cotisations sociales.

Le traitement social du chômage est pratiqué depuis le milieu des années 1980 par la création de nouveaux contrats aidés par l'Etat et très faiblement rémunérés et qualifiants: on peut dire que cela a aidé certainement sur le coup des dizaines de milliers de gens à retrouver un statut et une utilité sociale, à mettre ou à remettre le pied dans le monde du travail, mais en même temps, cela entretient un nivellement vers le bas des salaires et des niveaux de protection du salariat, et cela interroge d'autant plus que c'est l'Etat employeur et les collectivités territoriales qui, plutôt que de créer des vrais emplois de fonctionnaires qualifiés et correctement rémunérés, abusent pour des raisons d'économie de ces emplois précaires à temps partiel et CDD intégrant des dispositifs prétendument sociaux de retour à l'emploi pour des personnes qui sont réputées en être éloignées.

Cela crée toujours plus de travailleurs pauvres, cela conduit à remettre en cause l'utilité de qualifications qui ne sont pas reconnues à leur juste mesure ou au contraire cela délégitime l'idée que des qualifications sont nécessaires pour exercer des métiers d'agents publics, de salariés associatifs, d'AVS...

Ces emplois aidés révèlent et satisfont de vrais besoins sociaux, pour améliorer le fonctionnement des associations, des services publics, mais ils devraient être remplacés par des emplois, aidés ou non par l'Etat, mieux rémunérés, moins précaires, plus qualifiés et qualifiants.

Les emplois d'avenir rentrent dans ce cadre. Après que Mélenchon les ait dénoncé comme un mode connu de généralisation du précariat au mois d'août, comme la Jeunesse Communiste et la Commission économique du PCF, les députés communistes du Front de Gauche ont tout de même voté avec beaucoup de réserves leur mise en place, en ayant essayé préalablement de faire passer plusieurs amendements, avec des succès restreints, pour rendre la formation obligatoire (400h par an) pour les rendre réellement professionnalisants et éviter d'en faire une nouvelle trappe à pauvreté ou précarité dont l'intérêt premier serait de faire diminuer le nombre de chômeurs, et sa charge politiquement et socialement explosive.

Il est évident que le chômage des jeunes est une vraie plaie pour la société française, mais leur précarité au travail lors de leur entrée dans le monde professionnel aussi, et ces emplois d'avenir ne résolvent pas vraiment ce problème. Théoriquement, ils sont destinés à des jeunes peu qualifiés, mais tout porte à croire que les entreprises, les collectivités et les associations, auront plutôt tendance à recruter pour 1 à 3 ans les jeunes les plus qualifiés prétendant à ce poste parce qu'ils ont des difficultés à trouver un travail correspondant à leurs qualifications. Dans l'éducation nationale aussi, on va créer des postes à mi-temps d'enseignants profilés "emplois d'avenir" et réservés aux étudiants boursiers se destinant à l'enseignement.  Des jeunes payés 800 euros qui ne seront pas formés professionnellement avant d'arriver devant les élèves: si on ne leur donne que des tâches d'encadrement de l'aide aux devoirs, de soutien aux professeurs titulaires pendant les heures de classe, d'aide individualisée aux élèves, ce peut-être une piste d'amélioration du service public d'éducation et d'adaptation à la diversité des élèves intéressante, mais si on leur confie directement des classes à partir de BAC +2 ou Bac +3, ce serait à mon avis une nouvelle forme de sous-qualification et de précarité normalisée dans l'éducation nationale, au préjudice des personnels et des élèves.

 

La manière la plus efficace de réduire le chômage à court terme est que l'Etat investisse pour mieux satisfaire - en créant de l'emploi -  les besoins sociaux liés à la transition écologique, à la recherche et l'innovation, aux services publics -  et qu'il redonne du pouvoir d'achat aux citoyens, de manière directe par une augmentation des salaires, pensions et minima sociaux portée par l'autorité de la loi, ou indirectement par une élévation du niveau de qualité de la protection sociale et des services publics, financée  notamment en ponctionnant et réduisant de manière considérable les prélèvements accomplis par le capital sur l'économie réelle et les bénéfices des entreprises, deux fois plus élevés comme l'a rappelé Mélenchon dimanche soir dans Dimanche soir politique sur France Inter, que les prélèvements sociaux.  

 

On fait à peu près tout le contraire depuis 6 mois.

En n'augmentant pas le SMIC, en gelant le point d'indice des fonctionnaires, comme les pensions et les minima sociaux, en laissant s'envoler les prix du carburant, de l'énergie, en augmentant les taxes sur le tabac et d'autres produits, en supprimant des abattements de l'impôt sur le revenu et en maintenant le gel du barème de l'impôt sur le revenu décidé par Fillon, le gouvernement Ayrault est responsable concrètement d'une baisse du pouvoir d'achat de beaucoup de salariés et de citoyens.

C'est le cas aussi pour les salariés des entreprises qui, souvent sans contrepartie réelle en termes de hausse de salaire, car les rapports de force dans l'entreprise ne leur sont pas favorables en ce moment, perdent leurs heures sup défiscalisées tout en continuant à travailler autant sur la base d'une paye qui a stagné depuis le passage aux 35h (cela peut représenter une baisse de 500 € de salaire par an pour un SMICARD à 39h dans les petites entreprises). Il n'est pas question de revenir sur la légitimité des 35h ou la nécessité de la cotisation sociale sur les heures de travail payées par l'entreprise, mais la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, que le Front de Gauche souhaitait aussi, aurait due être contrebalancée par une augmentation significative du SMIC et des négociations salariales coordonnées par l'Etat en faisant pression sur le patronat.   

 

On peut également juger inacceptable que le gouvernement, non content d'avoir maintenu dans ses grandes lignes la réforme Sarkozy-Fillon des retraites (10 000 personnes de moins que l'an passé sont parties en retraite cette année en Bretagne, nous annonçait Ouest France le 13 octobre), s'attaque frontalement au porte-monnaie des retraités, déjà soumis à rude épreuve avec la solidarité imposée avec les enfants et petits-enfants touchés par la crise, les frais de santé en hausse et de perte d'autonomie. Plus de 70% des retraités vont payer le nouveau prélèvement de 0,3% instauré dans le cadre de la Sécurité Sociale pour financer le soutien financier aux personnes âgées dépendantes, alors que cet effort de prise en charge de l'aide à l'autonomie doit être assumé par toute la nation, et particulièrement par les riches et les entreprises dans le cadre du financement de la protection sociale. De même, avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu (non revalorisé en fonction de l'inflation) pour le calcul de l'IR au titre des revenus de 2011 et 2012, de nouveaux retraités vont devenir imposables. Ils auront de plus à payer la taxe d'habitation, la taxe foncière, et une CSG en augmentation. Et il est même envisagé de supprimer pour les retraités l'abattement de 10% sur les revenus déclarés.          

 

"En termes de pouvoir d'achat, conclut un tract d'information et d'alerte de la CGT Finances Publiques 29, c'est absolument colossal, surtout que pour nombre de retraités est venu s'ajouter la suppression de l'aide ménagère à domicile depuis le 1er janvier 2008. Et cela concerne des personnes ayant des revenus très modestes".

A juste titre, la CGT manifestait le 11 octobre dernier à Quimper et à Brest pour la défense et l'amélioration du pouvoir d'achat des retraités et notamment pour la suppression des récents disposifs fiscaux qui pénalisent les retraités,  pour la revalorisation des retraites de 300€, pour le retour de l'indexation des pensions sur les salaires.

 

Il ne sera possible d'inverser cette spirale de regression sociale que si la population et les salariés se révoltent et imposent un rapport de force dans la rue et les entreprises, sûrs de leur droits, des richesses qu'ils produisent, et qui sont de moins en moins bien réparties, de la possibilité de faire autrement pour satisfaire les besoins sociaux et réduire les inégalités. Ce gouvernement au tropisme libéral et centriste, on le sait maintenant, ne prendra des mesures de progrès social que si le peuple l'y contraint par sa mobilisation, ses exigences et son impatience.             

 

Ismaël Dupont.  

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 07:18

COMMUNIQUE DE PRESSE

La proposition de loi sur les tarifs progressifs de l’énergie du Député François Brottes est mauvaise dans son ensemble!

Ce projet de loi est le résultat d’une élaboration précipitée, sans consultation des associations, des usagers, des organisations syndicales, des partis politiques, des entreprises, etc….La procédure d’urgence est déclarée alors que la plupart des dispositions ne s’appliqueront que dans trois ans ! De plus, cette loi porte en elle des orientations structurantes de politique énergétique à l’aube du débat public qui va débuter prochainement. De qui se moque-t-on ?

Si le PCF partage la disposition introduite dans la loi sur l’élargissement des tarifs sociaux (d’ailleurs le gouvernement peut prendre un certain nombre de mesures immédiates dans ce sens par voie réglementaire) et l’interdiction des coupures, la méthode n’est pas la bonne. Cette disposition ne suffira pas pour que les communistes « avalent » tout le reste de la proposition de loi. C’est pour cela que nous proposons de traiter l’urgence (tarifs sociaux et interdiction des coupures) et pour le reste, nous proposons que cela soit débattu lors du débat public pour la transition énergétique, dont c’est précisément l’objet. Faire les conclusions avant un débat n’est pas un acte démocratique.

N’en déplaise à son auteur, pour le Parti Communiste Français, cette loi complètement axée sur l’électricité n’apportera pas de réponse efficace et immédiate aux budgets énergétiques de plus en plus lourd des ménages, notamment celui du gaz, en constante augmentation (+ de 60 % depuis 2005).

Pourtant depuis cet été, c’est bien du prix du gaz et ses augmentations incessantes dont il est question dans les familles. Que fait en urgence le gouvernement à ce sujet ? N’y a-t-il pas lieu, comme le propose le PCF depuis fort longtemps, de constituer une commission pluraliste (élus, salariés, usagers, entreprises, organisations syndicales, associations, partis politiques) pour fixer en toute transparence les tarifs du gaz ? Avec un gel des tarifs le temps de la révision de la formule tarifaire : décision que peut prendre immédiatement le Premier ministre. Malheureusement rien

n’est actuellement prévu.

Cette proposition de loi instaure une inégalité de traitement parmi les citoyens en prenant en compte le critère géographique mais pas celui de l’isolation par exemple dans le calcul du volume de base. Pour les communistes, l’électricité et le gaz sont des biens de première nécessité, tout le monde doit y avoir accès, au même tarif, quel que soit le lieu d’habitation. Aujourd’hui prendre comme prétexte le climat en avançant l’idée que des ménages, doivent se chauffer plus suivant l’endroit où ils se trouvent est dangereux car pourquoi pas demain pénaliser ceux qui habitent loin des moyens de production (propos que M. Brottes a déjà tenu dans certaines de ses nombreuses interviews) On est

bien loin des notions de solidarité nationale qui ont guidé la mise en place du service public de l’électricité et du gaz.

Le gouvernement s’obstine dans une mauvaise direction en voulant coûte que coûte tenir prématurément un engagement de F. Hollande avancé pendant la campagne présidentielle. Cette ferveur et cette obstination auraient été fort plus utiles en ce qui concerne la renégociation du TSCG ainsi que la loi sur l’interdiction des licenciements boursiers.

Paris, le 20 octobre 2012

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 07:00

A lire, cet article du Canard Enchaîné signalé par notre ami Yann Guéméné. Même si la réserve parlementaire est une pratique qu'on peut remettre en question, une telle remise en cause de la liberté de vote des élus du peuple, surtout quand ils ont voté en fonction du mandat qu'ils ont reçu (aller vers le changement, tourner le dos au sarkozysme), témoigne de la volonté de mettre le Parlement et tout un parti aux ordres, couché devant le Président, lui-même couché devant Merkel et la finance. Cela ne vous rappelle pas quelque chose...?

 

Une sanction terrible

  A l'issue du vote sur le Traité Budgétaire Européen, le 9 octobre, Bruno Le Roux, patron des députés PS, s'était écrié: "On n'oubliera pas ceux qui ont voté contre!" 

Il parlait, évidemment, des 20 députés socialistes et chevènementistes qui, malgré la consigne, s'étaient opposés à la ratification dudit traité.

Dans son numéro du 11 octobre, "Le Canard", qui rapportait la scène, avait conclu ironiquement que les parlementaires fautifs seraient- sans doute - privés du dessert, autrement dit du fric de la réserve parlementaire.

En plein dans le mille! Hollande et Ayrault se sont énervés contre les "nonistes" et ont décidé de les priver de la fameuse réserve, de 130000 euros par député et par an.

On ignore si la sanction s'applique à l'ensemble du quinquennat. Ou à vie...

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 06:03
Directive Européenne : l’Europe préfère les assurances privées à la sécurité sociale (communiqué groupe Communiste et Républicain au Sénat)

 

 

Alors que le Sénat débutait hier l’examen du projet de loi autorisant la ratification du traité budgétaire européen, un site d’informations en ligne, rendait public un projet de directive européenne qui prévoit de soumettre la sécurité sociale aux procédures d’appels d’offre.

En clair, la commission européenne considère que les organismes obligatoires de protection sociale ne doivent plus prioritairement répondre aux besoins en santé et en protection de nos concitoyens, mais doivent s’aligner sur le secteur marchand. 

Les pouvoirs publics seraient alors contraints, conformément au dogme de la libre concurrence, de sélectionner, pour assurer la protection sociale obligatoire, les candidats les moins coûteux, donc les moins protecteurs.

Il s’agit là d’un démantèlement annoncé de notre système social, parfaitement compatible avec les exigences de réductions contraintes de la dépense publique, qu’imposent le traité budgétaire Européen et son corolaire, la règle d’or. Cette directive revient à ne considérer la sécurité sociale que comme une dépense, alors que nous considérons pour notre part, que seul un haut niveau de protection sociale est de nature à garantir la stabilité et la croissance économique et sociale de notre pays. 

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC refusent cette directive et souhaitent que le Gouvernement prenne les mesures qui s’imposent pour que l’assimilation de la sécurité sociale au secteur marchand cesse immédiatement et que par conséquent, le gouvernement s’oppose à ce projet de directive.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 08:18

 

Le « ouf » de soulagement de François HOLLANDE

 

 

C’est le titre d’un article de Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde, dans la version électronique du journal.

 

Le soulagement vient du fait qu’il n’a pas eu besoin des voix de droite pour faire adopter à l’Assemblée Nationale, la ratification du Traité pour la Stabilité, la Convergence et la Gouvernance (TSCG) encore appelé traité budgétaire européen.

Pour aboutir à ce « brillant » résultat, menaces et pressions sur les députés socialistes et radicaux n’ont pas manqué jusqu’au dernier moment.

 

Il ne lui a pas manqué non plus la majorité des voix des députés de droite et du centre. On les comprend : Comme ils n’ont pas manqué de le souligner, le traité soumis au vote était, à un mot et une virgule près, celui qu’avaient concocté Merkel et Sarkozy.

 

Les élus du Front de Gauche, la plupart des écologistes et vingt courageux socialistes ayant résisté aux pressions ont voté contre.

 

Les raisons de ce soulagement :

 

1 – avoir réussi à plomber encore plus l’idée de l’Europe dans l’esprit de nombreux électeurs

 

2 – avoir sacrifié la souveraineté du peuple français de son gouvernement, de ses élus sur l’autel du libéralisme sans entrave.

 

3 – avoir avalisé la tromperie du candidat François Hollande promettant de refuser la ratification du traité s’il n’obtenait pas une renégociation du traité. Ce qui n’empêche pas le président François Hollande de présenter exactement le même au vote des parlementaires.

 

4 – imposer éternellement à notre peuple une véritable camisole de force budgétaire mettant en péril la protection sociale, les services publics et toute possibilité de relance économique.

 

5 – imposer ce carcan, non seulement à l’Etat mais aussi aux collectivités locales et au secteur hospitalier. Mettant aussi en danger l’accès de tous à la santé, l’aide sociale et l’investissement public.

 

6 – pour être certain de ne pas voir ce brillant objectif mis en cause, avoir privé le peuple de sa souveraineté en refusant obstinément l’organisation d’un référendum des fois qu’il voudrait se mêler de ce qui ne le regarde pas .

 

Vous avez dit gauche ?

 

Vous avez dit changement ?

 

10.10.2012 Alain DAVID

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 13:35

 

Alain DAVID Le 08.10.2012

Ancien maire-adjoint de Morlaix

10, rue du Porsmeur

29600 MORLAIX

 

A Monsieur BUI, député

Monsieur FICHET, sénateur

 

 

Objet :TSCG

 

 

Monsieur le Député,

Monsieur le Sénateur,

 

 

Il y a plus d’un mois, j’attirais votre attention sur les raisons pour lesquelles il fallait refuser de ratifier le Traité de Stabilité de Convergence et Gouvernance. Vous n’avez pas daigné apporter de réponse à ce courrier ni même d’en accuser réception. Ce qui, au-delà des déclarations, en dit long sur la considération que vous portez à vos concitoyens et, accessoirement, à vos électeurs. J’en tirerai les conclusions qui s’imposent en temps opportun.

 

J’ai malgré tout appris par la presse que vous alliez, avec ou sans états d’âme, voter la ratification. Ce faisant vous commettez une quadruple faute politique et morale.

 

1 – vous participez à la mise sous tutelle budgétaire de notre peuple, de son gouvernement, de son parlement. Or en tant que parlementaires, vous êtes dépositairse d’une part de la souveraineté que le peuple vous a déléguée. Vous n’êtes pas pour autant autorisés à laisser bafouer (ou à faire bafouer) cette souveraineté que la constitution fait relever exclusivement du peuple (directement ou par l’intermédiaire de ses représentants)

 

2 – Lors de sa campagne électorale, François Hollande avait solennellement promis de renégocier le traité signé par Merkel et Sarkozy. On le comprend : Comme tous les députés socialistes, JM Ayrault en tête, il avait, à juste titre, dit pis que pendre de ce traité. Il a été élu aussi sur cette promesse. Et avec lui tous les députés se réclamant de sa majorité. Or le texte proposé à la ratification est, au mot et à la virgule près, le même. En le votant vous participez donc à la tromperie des électeurs.

 

3 – Ce traité constitue un véritable carcan austéritaire. Il exposera le peuple qui souffre déjà beaucoup à des difficultés supplémentaires, voire à des situations dramatiques.

En remettant en cause les politiques sociales et le secteur public, il portera des coups fatals à ce qui est partie prenante de l’identité française et qui a été conquis de haute lutte. C’est une partie centrale du patrimoine commun de la gauche que vous bradez au bénéfice de la toute puissance de la finance.

Mais en même temps c’est toute possibilité de relance de l’économie que vous mettez en cause.

 

4 – Cette véritable camisole de force ne concerne pas que l’état et son secteur public mais aussi les collectivités locales.

Lorsqu’on sait combien la population dépend des communes, des communautés, des départements, des régions pour faire face aux effets de la crise, on voit les conséquences dramatiques que cette véritable purge peut générer.

 

On sait aussi, que ces collectivités réalisent près de 75 % de l’investissement public . Quelles seront les répercussions sur l’économie et en particulier sur des secteurs comme le bâtiment et les travaux publics si elles sont ainsi bridées ?

 

Je ne pense pas que c’est ce que voulaient les représentants des collectivités locales lorsque , scrutin après scrutin, ils ont fini par donner une majorité de gauche au Sénat.

 

Monsieur le Député, Monsieur le Sénateur, il est des votes où les élus engagent leur responsabilité personnelle devant la population .C’est le cas avec ce traité .

 

Bien à vous.

 

Alain DAVID

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 11:59

Aujourd'hui, le Ouest-France titre: "Le Traité européen adopté haut la main".

Le journaliste social-libéral Michel Urvoy s'en félicite tout en soulignant un peu cyniquement l'exploit tactique accompli par François Hollande en faisant adopter par 477 députés contre 70 "un texte que l'on a longtemps diabolisé", le PS y compris. L'éditorialiste a le culot de dire ensuite, avec un certain mépris pour la démocratie parlementaire: "Cette solennelle formalité accomplie, il ne reste plus qu'à passer aux travaux pratiques". 

Etait-ce vraiment une formalité de voter le traité de l'austérité à tout crin et de la mise sous tutelle budgétaire contre l'avis de plusieurs grands syndicats français (CGT, SUD, FSU, FO), de la Confédération européenne des Syndicats, du MJS, du Front de Gauche, d'Europe Ecologie les Verts, des souverainistes de droite et d'extrême-droite, et surtout contre la volonté de 65% des Français voulant que la ratification de ce traité soit soumise au référendum? 

Etait-ce une formalité de s'exposer dans quelques années à une déroute de l'idée européenne et de la gauche de gouvernement qui sera vraisemblablement sanctionnée pour avoir abdiqué devant le néo-libéralisme et accepté, à l'encontre de ses promesses de changement et de progrès, de casser pour cela la protection sociale, les services publics et la souveraineté du peuple? Et tout cela pour défendre de dérisoires intérêts personnels et partisans sur le court terme. Et tout cela parce qu'on n'a pas le courage ou la volonté de changer véritablement un système financier et politique européen de plus en plus oligarchique, inégalitaire et destructeur.  

Ce mardi 9 octobre restera à mon avis dans les annales de la République comme un jour révélateur de la médiocrité parlementaire présente, du vérouillage complet du débat démocratique accompli par le présidentialisme et de la trahison quasi unanime de valeurs démocratiques et sociales qui légitimaient nos institutions depuis l'après-guerre. Ce sera aussi une date clef quand il s'agira de sonder les responsabilités dans la fuite en avant vers la destruction des systèmes sociaux européens et de l'idée d'union européenne elle-même. Un lâche soulagement a dû s'emparer des responsables socialistes comme en 1938 à Munich: ouf, ils n'ont pas mécontenté le puissant voisin allemand. Tout peut continuer comme avant, ou presque...

Il n'y avait qu'à voir hier l'accueil révolté et haineux réservé à Angela Merkel en Grèce pour pressentir quels terribles lendemains de tensions entre les peuples on prépare en appliquant aveuglement les recettes anti-sociales et aberrantes économiquement aussi bien qu'humainement du néo-libéralisme.  

Les contorsions verbales des députés socialistes pour faire faire état de leurs états d'âme ou de leur temps de réflexion et d'indécision passé quand finalement ils votent le texte par confort personnel m'apparaissent bien pathétiques. La palme du ridicule serait peut-être à attribuer à Richard Ferrand, député PS de la circonscription de Carhaix-Châteaulin, qui dit dans le Ouest France avoir voté le TSCG hier, "oui, mais en marche arrière".  

Il ne croit pas si bien dire: il en faudra du "courage", pour reprendre les mots employés à contre-emploi de Michel Urvoy (l'anti-phrase étant la figure par excellence de la novlangue néo-libérale) à un gouvernement et à une majorité de gauche pour, au nom de la chimère du zéro déficit (en temps de quasi récession surtout), réduire le pouvoir d'achat des Français, l'accès universel aux droits fondamentaux (santé, transports, culture, éducation, aide à l'autonomie, justice...) et défaire des décennies de conquêtes sociales, pour réduire enfin nos coûts de production en diminuant les salaires (leur part indirecte notamment, sous forme de cotisation sociale) afin soi-disant de créer ce fameux "choc de compétitivité" permettant de faire revenir la croissance.

 

Avec ce lien, vous pouvez voir quel a été le vote de nos députés: Gwenegan Bui a voté le texte, avant que Jean-Luc Fichet ne le fasse les yeux fermés au Sénat. Au PS, seuls 20 députés ont voté contre, contre 264 qui ont voté pour!

 

  http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0030.asp

 

Alain David nous recommande aussi à juste titre le visionnage de l'intervention d'André Chassaigne qui, après Alain Bocquet, a tenté de faire entendre la voix de la raison et de la démocratie dans une Assemblée malheureusement peu concernée.             

 

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 06:20
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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 05:41

En 2005, lors des conférences organisées au palais des Sports de Versailles à l'occasion du cinquantième anniversaire du Monde Diplomatique, Raymond Aubrac mettait en garde tous ceux qui se reconnaissaient dans l'héritage progressiste de la Résistance contre les menaces que faisait planer le triomphe du néo-libéralisme et la dictature des marchés qu'il a engendrée contre les acquis de civilisation de la seconde moitié du vingtième siècle:

 

"La résistance préparait l'avenir en organisant la lutte des femmes et des hommes contre le nazisme. 60 ans plus tard, le nazisme est vaincu. Mais cette menace n'a pas totalement disparu. Et notre colère contre l'injustice est toujours intacte... Ecoutez l'appel que nous avons signé avec une poignée de camarades survivants... Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France Libre, appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l'héritage de la résistance, et ses valeurs, toujours actuelles... Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du conseil national de la Résistance, adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944. Sécurité sociale, contrôle des féodalités économiques, droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales, ouvrières et agricoles... Les responsables politiques, économiques, les intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers, qui menace la paix et la démocratie... Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période à laquelle l'Europe était ruinée".

 

Nous retrouvons ces paroles fortes, cet appel vibrant à l'insurrection des consciences contre la destruction de l'héritage de tant de luttes pour le progrès et la justice sociale, dans la bande dessinée politique et pédagogique de Philippe Squarzoni, DOL.

 

Elles ont trouvé un écho retentissant dans le cynisme de Denis Kessler, bras-droit de Ernest Antoine Seillère au MEDEF, ancien maoïste, ancien président de la Fédération Française des Sociétés d'Assurances (FFSA) qui formula sans faux-semblants le programme du MEDEF et de l'UMP sarkozyste au pouvoir dans l'hebdomadaire Challenges le 4 octobre 2007: "La liste des réformes (du programme ambitieux du sarkozysme)? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance!"  

 

Les Français ont voté Hollande pour rompre avec cette logique de casse sociale au profit des milieux financiers et des riches, logique qu'ils ont vu à l'oeuvre à travers des réformes fiscales inégalitaires et la réforme des retraites notamment. Les socialistes ont dénoncé eux-mêmes de manière plus ou moins pondérée pendant 10 ans les réformes ultra-libérales de la droite. Et aujourd'hui, par leurs actes, ils donnent raison rétrospectivement à l'UMP, avec des effets de retour d'ascenseur qui s'annoncent catastrophiques pour eux, et peut-être pour toute la gauche.

 

Ainsi, le coût du travail est devenu trop élevé en France. Ce serait la faute aux "charges patronales" qui pénalisent l'embauche, rendent inévitables les délocalisations, et aumanque d'attractivité de notre économie pour les investisseurs étrangers. Tiens donc, il y aurait aujourd'hui besoin d'un "choc de compétitivité" qui passerait par un transfert massif de la charge du financement de la protection sociale (retraites et sécurité sociale) de la cotisation sociale prélevée sur le salaire et versée par les entreprises à l'impôt directement prélevé sur les citoyens.   

 

Pendant les primaires socialistes, seul Manuel Valls, ce clone de Nicolas Sarkozy aux dents longues et à la langue bien faite pour essuyer le parquet des salons dorés des privilégiés, défendait avec l'UMP le principe de l'instauration d'une TVA sociale pour faire payer le financement de la Sécu davantage par les pauvres et les classes moyennes que par les entreprises.

 

Mais depuis que 11 ministres ont retrouvé les idées claires après avoir prétendu lutter contre la finance en allant discuter de manière amicale autour des petits fours du congrès du MEDEF, les problèmes majeurs de la France ne sont plus la baisse du pouvoir d'achat, le chômage, l'amplification des inégalités, et le sous-investissement dans les services publics et la recherche, mais le poids des déficits publics et le manque de rentabilité du capital investi dans les entreprises.

 

A croire que les prétendus "Pigeons" qui gagnent plus de 10 fois le salaire moyen des Français et qui sont de ce fait soumis à une tranche exceptionnelle d'impôts de 45% ont trouvé des arguments plus convaincants que les "pauvres types" qui gagnent leur vie clopin clopant et dont la sécurité sociale coûte trop chère à ces beaux messieurs.  

 

Il y a quelques semaines, le gouvernement a commandé à Louis Gallois - l'ancien patron de la SNCF et d'EADS, l'organisateur des privatisations préposé aux adaptations musclées des biens et salariés du public à l'exigence de rentabilité capitaliste - un rapport-prétexte comme on en a tant connu sur les moyens de lutter contre le chômage et de restaurer la compétitivité des entreprises en expérimentant d'autres modes de financement pour la sécurité sociale. Les fuites sont depuis deux jours sciemment organisées pour ébruiter les conclusions fort prévisibles de ce rapport et justifier un transfert, à la hauteur de 40 milliards sur 5 ans, du coût de la protection sociale, des charges patronales, vers la TVA ou la CSG.

Le gouvernement réfléchit à la question, il n'a pas tranché encore, tout comme les députés socialistes qui se disaient indécis sur l'adoption du TSCG. On prépare l'opinion... On cherche à lui faire croire que l'on ne se résigne qu'acculés à des sacrifices ou des efforts inévitables...

 

Et ce faisant, on légitime l'idée que c'est le salaire, et plus particulièrement le salaire mutualisé pour financer un système solidaire de sécurité sociale et de retraites, qui explique les difficultés économiques des entreprises, la faible compétitivité de la France, et non la ponction des actionnaires au détriment de l'investissement privé et public dans la recherche, l'innovation, l'éducation, les services publics.

 

Donc, on va à nouveau baisser les salaires, en réduisant le salaire indirect versé par les entreprises, et ce sont les familles qui paieront le manque à gagner pour la sécurité sociale sous la forme d'un impôt.

 

Et encore, sans doute pas longtemps et pas totalement, car on se révolte vite contre un impôt trop perceptible, surtout quand la protection sociale qu'il finance s'amenuise d'années en années, et l'on justifie plus facilement alors la substitution de l'assurance privée facultative à la solidarité sociale obligatoire fonctionnant selon le principe "on reçoit selon ses besoins et on cotise selon ses moyens" . Le vrai objectif de cette mesure annoncée de substitution de la CSG à la cotisation patronale, c'est probablement, outre la majoration des profits des entreprises, la marchandisation de la Sécurité Sociale.

 

Or, cela fait 30 ans que l'on met en place des mesures de baisse des cotisations patronales sans lutter efficacement contre le chômage et les délocalisations, car les coûts de production en Chine, en Europe de l'Est ou au Maghreb, seront durablement moins élevés qu'en France, et qu'on a fait de la libre circulation des capitaux et des marchandises dans un contexte de dumping social et fiscal généralisé une arme de guerre contre les droits et les revendications des travailleurs. Ces objectifs affichés ne sont que des prétextes à des politiques d'augmentation des rendements du capital.  

 

Alors que la solution, pour restaurer l'équilibre des caisses de sécurité sociale et couvrir des besoins actuellement insatisfaits, comme la prise en charge solidaire de l'aide à l'autonomie, serait au contraire de ramener dans le champ des cotisations sociales les stocks options, les participations actionnariales, un certain nombre de contrats de travail défiscalisés, de niches fiscales obtenues par les entreprises, on fait exactement l'inverse en fragilisant le financement de la protection-santé en l'indexant sur le régime général de l'impôt, quand on sait la violence actuelle des cures d'amaigrissement des dépenses publiques et de l'Etat.

 

Le gouvernement socialiste doit reculer sur ce projet de réforme. Il n'a pas le droit de trahir de manière aussi éhontée les salariés, les électeurs des catégories moyennes et populaires qui lui ont permis d'accéder au pouvoir.  

 

Nous ne laisserons pas faire cela sans réaction forte.

 

I.D

    

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 13:53

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Depuis 2008, l'Union européenne (UE) fait face à une crise économique sans précédent. Contrairement à ce que prétendent les économistes libéraux, cette crise n'est pas due à la dette publique. Ainsi, l'Espagne et l'Irlande subissent aujourd'hui les attaques des marchés financiers alors que ces pays ont toujours respecté les critères de Maastricht. La montée des déficits publics est une conséquence de la chute des recettes fiscales due en partie aux cadeaux fiscaux faits aux plus aisés, de l'aide publique apportée aux banques commerciales et du recours aux marchés financiers pour détenir cette dette à des taux d'intérêt élevés.

La crise s'explique également par l'absence totale de régulation du crédit et des flux de capitaux aux dépens de l'emploi, des services publics et des activités productives. Elle est entretenue par la Banque centrale européenne (BCE) qui appuie sans conditions les banques privées, et exige à présent une "stricte conditionnalité" d'austérité des Etats lorsqu'il s'agit de jouer le rôle de "prêteur en dernier ressort".

En outre, cette crise est aggravée par le dumping fiscal intra-européen et l'interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux Etats pour des dépenses d'avenir, au contraire des autres banques centrales dans le monde comme la Federal Reserve américaine. Enfin, la crise est renforcée par l'extrême faiblesse du budget européen et son plafonnement au taux ridiculement bas de 1,24 % du PIB.

François Hollande, après s'être engagé pendant la campagne à renégocier le traité européen, n'y a en fait apporté aucun changement, et choisit aujourd'hui de poursuivre la politique d'austérité entamée par ses prédécesseurs. C'est une erreur tragique. L'ajout d'un pseudo-pacte de croissance, aux montants réels dérisoires, s'accompagne de l'acceptation de la "règle d'or" budgétaire défendue par Merkel et Sarkozy qui condamnera toute logique de dépenses publiques d'avenir et conduira à mettre en place un programme drastique de réduction de l'ensemble des administrations publiques.

En limitant plus que jamais la capacité des pays à relancer leurs économies et en leur imposant l'équilibre des comptes publics, ce traité est porteur d'une logique récessive qui aggravera mécaniquement les déséquilibres actuels. Les pays qui souffrent de l'effondrement de leur demande intérieure seront amenés à réduire plus fortement encore leur demande publique. Alors que plusieurs Etats membres sont déjà en récession, cela menacera davantage l'activité et l'emploi, donc les recettes publiques, ce qui creusera in fine les déficits. Ainsi, l'OFCE prévoit déjà 300 000 chômeurs de plus en France fin 2013 du seul fait de l'austérité. A moyen et à long terme, cela hypothéquera la transition sociale et écologique qui nécessite des investissements considérables.

Au nom d'une prétendue "solidarité européenne", le traité organise de fait la garantie par les Etats des grands patrimoines financiers privés. Il grave dans le marbre des mesures d'austérité automatiques, imposées aux représentants des peuples, en contraignant leurs décisions budgétaires, dictées par une instance non élue.

Le Mécanisme européen de stabilité (MES), institution antidémocratique par excellence, pourrait proposer des prêts à des taux un peu moins élevés (5 % en moyenne). Mais ces prêts seraient conditionnés à l'application d'une austérité drastique imposée aux peuples ! La garantie publique des investisseurs privés ne fait qu'encourager la spéculation, alors qu'il faudrait lui briser les reins en sortant de leurs mains la dette publique. Le constat est sans appel : l'austérité est à la fois injuste, inefficace et antidémocratique.

Nous pouvons faire autrement. L'avenir de l'Europe mérite un débat démocratique sur les solutions de sortie de crise. Une expansion coordonnée de l'activité, de l'emploi et des services publics serait aujourd'hui possible en Europe.

Pour que l'UE mette en oeuvre cette politique, il est urgent de réformer et de démocratiser ses institutions. Un Fonds européen de développement social et écologique, à gestion démocratique, pourrait accentuer cette dynamique. De plus, l'UE pourrait mettre en place un contrôle de la finance.

Les défis sociaux et écologiques sont immenses. Il est possible de défaire le sombre bilan des politiques libérales d'une France qui comprend 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres. Pour s'en donner les moyens, il faut briser l'étau des marchés financiers et non leur donner des gages. C'est pourquoi nous refusons la ratification du traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance.

 

Un collectif de plus de 120 économistes  

 

Cette tribune est cosignée par plus de 120 économistes, dont Dominique Taddéi, Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Paul Jorion, André Orléan, Jean Gadrey, Jean-Marie Harribey, Bernard Friot, Dominique Plihon, Guillaume Etievant et Jacques Rigaudiat, Michel Husson 

 

Liste complète des signataires:

  • Louis Adam, commissaire aux comptes,
  • Matthieu Agostini, expert RSE,
  • Pierre Alary, maître de conférences, Université Lille 1,
  • Daniel Bachet, professeur, Université d’Evry,
  • Emmanuel Barret, expert, banque d’investissement,
  • Philippe Batifoulier, maître de conférences, Université Paris 10,
  • Michel Bellet, professeur, Université de Saint-Etienne,
  • Nicolas Beniès, économiste, université populaire de Caen,
  • Matthieu Béraud, maître de conférences, Université de Lorraine,
  • Eric Berr, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Jacques Berthelot, INP Toulouse,
  • Pierre Bezbakh, maître de conférences, Paris IX-Dauphine,
  • Pierre Bitoun, INRA,
  • Frédéric Boccara, maître de conférence associé, Université Paris XIII,
  • Paul Boccara, maître de conférence honoraire, université de Picardie,
  • François Bojzcuk, conseiller en développement socio économique des territoires,
  • Serge Bornet, agrégé SES,
  • Marc Bousseyrol, maître de conférences, IEP de Paris,
  • Mireille Bruyère, maître de conférences, Toulouse 2,
  • Claude Calame, directeur d’étude, EHESS, Paris
  • Christophe Carrincazeaux, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Pierre Causse, économiste,
  • David Cayla maître de conférences, Université d’Angers,
  • Christian Celdran, administrateur civil honoraire,
  • Gabriel Colletis, professeur, Université de Toulouse 1,
  • Christian Corneliau, économiste, EHESS,
  • Laurent Cordonnier, maître de conférences, Université Lille 1,
  • Jacques Cossart, économiste,
  • Yves Dimicoli, économiste, ancien membre du conseil ďanalyse économique,
  • Vanessa Di-Paola, maître de conférences, Université d’Aix-Marseille
  • Jean-Paul Domin, maître de conférences, Université de Reims,
  • Alain Dontaine, Université Stendhal-Grenoble,
  • Ali Douai, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Denis Durand, économiste, membre du Conseil économique, social et environnemental,
  • Jean-Marc Durand, économiste,
  • Guillaume Etievant, expert économique auprès des CE,
  • David Flacher, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Mathieu Forgues, professeur agrégé de SES,
  • Anne Fretel, maître de conférences, Université Lille 1,
  • Bernard Friot, Université Paris-X, institut européen du salariat,
  • Maryse Gadreau, professeur émérite, Université de Bourgogne,
  • Jean Gadrey, professeur, Université Lille I,
  • Véronique Gallais, économiste,
  • Jacques Généreux, professeur, IEP de Paris,
  • Ariane Ghirardello, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Patrick Gianfaldoni, maître de conférences, université d’Avignon et des Pays de Vaucluse,
  • Jean-Pierre Gilly, professeur, Université de Toulouse 1
  • Bernard Guerrien, SAMM, Centre d’économie de la Sorbonne,
  • Alain Guéry, Histoire économique, CNRS
  • Bernard Guibert, économiste-statisticien,
  • Hector Guillen-Romo, université Paris 8,
  • Ozur Gun, maître de conférence, université de Reims,
  • Jean-Marie Harribey, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Michel Husson, économiste,
  • Sabina Issehnane, maître de conférences, Université Rennes 2,
  • Florence Jany-Catrice, professeur, Université Lille 1
  • Esther Jeffers, maître de conférences, Paris 8
  • Paul Jorion, titulaire de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel,
  • Andrée Kartchevsky, professeur, université de Reims,
  • Pierre Khalfa, syndicaliste, membre du Conseil économique, social et environnemental,
  • Thierry Kirat, directeur de recherche au CNRS, Paris Dauphine
  • Robert Kissous, statisticien économiste,
  • Agnès Labrousse, maître de conférences, Université de Picardie,
  • Stéphanie Laguérodie, maître de conférences, Paris 1,
  • Dany Lang, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Catherine Lebrun, économiste,
  • Cécile Lefevre, professeur, Université Paris Descartes,
  • Pierre Le Masne, maître de conférences, Université de Poitiers
  • Philippe Légé, maître de conférences, Université de Picardie,
  • Pierre Lévy, maître de conférences, Université Paris Dauphine,
  • Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS,
  • Jérôme Maucourant, maître de conférences, Université Jean Monnet - IUT de Saint-Etienne
  • Jean Magniadas, membre honoraire du Conseil économique et social,
  • Marc Mangenot, économiste,
  • Jonathan Marie, maître de conférences, Université Paris XIII,
  • Christiane Marty, économiste,
  • Pierre Mascomère, actuaire,
  • Gustave Massiah, économiste,
  • Antoine Math, économiste,
  • Thierry Méot, statisticien-économiste,
  • Nicolas Meunier, économiste,
  • Sandrine Michel, maître de conférences, Université Montpellier 1
  • Catherine Mills, maître de conférences, Université Paris 1,
  • Matthieu Montalban, maître de conférences, Université Bordeaux 4,
  • Alain Morin, directeur de la revue Economie et Politique,
  • François Morin, professeur, Université Toulouse 1,
  • Nolwenn Neveu, professeur agrégé de SES,
  • Alain Obadia, membre du Conseil économique social et environnemental
  • André Orléan, directeur de recherches, CNRS-EHESS,
  • Fabienne Orsi, IRD,
  • Gilles Orzoni, économiste,
  • Bernard Paranque, économiste, euromed management,
  • Pascal Petit, économiste, université Paris 13,
  • Henry Philipson, économiste,
  • Dominique Plihon, professeur, Université Paris 13,
  • Jean-François Ponsot, maître de conférences, Université Grenoble 2,
  • Nicolas Prokovas, maître de conférences, Université Paris 13,
  • Christophe Ramaux, professeur, Université Paris 1
  • Gilles Rasselet, professeur, Université de Reims,
  • Frédéric Rauch, rédacteur en chef de la Revue Economie et Politique,
  • Gilles Raveaud, Institut d’Etudes Européennes, maître de conférence Paris 8 St-Denis,
  • Jacques Rigaudiat, ancien conseiller social des Premiers ministres Rocard et Jospin,
  • Bertrand Rothé, professeur agrégé d’économie gestion, Université de Cergy Pontoise,
  • Gilles Rotillon, professeur, université Paris X,
  • Jean-Marie Roux, économiste,
  • Catherine Samary, maître de conférences, Paris Dauphine,
  • Bertrand Seys, maître de conférences Télécom Bretagne,
  • Richard Sobel, maître de conférences Université Lille 1,
  • Bernard Sujobert, statisticien-économiste,
  • Dominique Taddéi, ancien président d’université, ancien Président de la Caisse des dépots et consignations,
  • Bernard Teper, économiste,
  • Bruno Tinel, maître de conférences, Université Paris I,
  • Stéphanie Treillet, maître de conférences des universités,
  • Sébastien Villemot, économiste,
  • Philippe Zarifian, professeur, Université Paris Est-Marne la vallée.

 

 

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