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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 12:20

 

 

Et la défense de la proximité ?

 

On apprend qu’à l’initiative de Manuel Valls, ministre de l’intérieur et de Didier Guillaume, vice-président socialiste du Sénat, une révision de la carte des 238 sous-préfectures est à l’étude avec comme objectif des économies et donc un certain nombre de suppressions.

 

Le ministre et son camarade de parti se préparent ainsi à suivre la recommandation de la Cour des Comptes qui indiquait, dans un rapport récent, qu’il fallait « adapter la carte des arrondissements aux réalités socio-démographiques et administratives actuelles ». Ce qui, en langage ordinaire et sans langue de bois, veut dire : « au dessous d’un certain niveau de population on ferme ».

 

Selon Le Télégramme.com du 6 août seraient concernées, menacées serait plus juste, les sous-préfectures de Châteaulin, Morlaix, Lannion, Pontivy, …

 

Il fut un temps pourtant où certain-e-s n’avaient à la bouche que « démocratie » et « proximité ». Aujourd’hui, bien à l’aise dans leurs fauteuils ou dans les ors de la République, ils et elles ont changé de chanson. Maintenant c’est la rigueur qui est à l’ordre du jour. Même si on se fait taper sur les doigts lorsqu’on prononce ce mot proscrit.

 

L’éloignement des services de l’état et des difficultés d’accès accrues pénaliseront, bien entendu, l’ensemble de la population. Mais plus particulièrement les plus fragiles, les plus démunis, celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer, qui n’ont pas de voiture ou de permis… ni internet. C’est une atteinte à l’égalité de tous à l’accès aux services de l’Etat. Certain-e-s le disaient haut et fort (et à juste titre) lorsque Sarkozy et sa ministre de la justice avaient décidé de fermer le tribunal de Morlaix. Leur mémoire serait-elle défaillante ? A moins qu’il ne faille craindre que cela soit une étape supplémentaire vers le transfert aux collectivités locales (déjà pressurées et à bout de souffle financier) et/ou la privatisation de certaines missions de l’Etat… avec de juteuses perspectives de profit.

 

Il y a aussi une certaine incohérence, pour des raisons uniquement financières, à diminuer ainsi les moyens de l’Etat. La défense de l’emploi et la réindustrialisation de notre pays sont proclamées, à juste titre , comme des priorités du gouvernement. Pour y répondre les territoires, les collectivités locales et leurs élu-e-s, les populations ont besoin d’un Etat présent. Ils ont besoin de disposer de moyens performants, proches et accessibles pour mener à bien leur action. C’est le contraire de ce qui se prépare pour des raisons strictement comptables. Les associations d’élus ne s’y sont pas trompées en s’opposant immédiatement à ce néfaste projet.

Espérons que, là encore, l’objectif ne soit pas d’ouvrir encore davantage de gigantesques marchés à des bureaux d’études « amis ». Aux frais des contribuables bien entendu.

 

Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, on voit la nécessité que le peuple fasse entendre sa voix et ne délègue à personne le soin de défendre son avenir.

 

Alain David

11.08.2012

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 16:14

Lors de la campagne électorale le candidat Hollande s’était engagé à renégocier le traité de pacte budgétaire. Ce traité durcit encore les traités de Maastricht et de Lisbonne. Mettant, s’il est appliqué, les états sous tutelle de la commission européenne et instaurant l’austérité à perpétuité.

 Malgré une promesse formelle il n’en a rien été et il est envisagé de faire valider ce traité par voie parlementaire.

 Seul le peuple souverain peut décider de son avenir. C’est pourquoi il faut un grand débat public sur les orientations européennes et un référendum pour approuver ou rejeter ce traité.

 

A cet effet les militants communistes seront samedi matin 4 août, devant la mairie et sur le marché pour faire signer une pétition demandant au gouvernement d’organiser ce débat et ce référendum.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 05:58

Pourquoi ne pas voter la confiance au gouvernement? Le discours d'André Chassaigne pour le groupe parlementaire du Front de Gauche.  

 

M. le président.La parole est à M. André Chassaigne, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

M. André Chassaigne. Dois-je attendre M. le Premier ministre ?

M. Nicolas Sansu. Ce serait respectueux qu’il soit là !

M. André Chassaigne. Monsieur le président, messieurs les ministres, chers collègues, lors des scrutins de ce printemps, les Français ont souhaité tourner la page de dix années de politique de droite.

Ils ont sanctionné une méthode de gouvernement brutale et inconséquente. Ils ont aussi exprimé leur défiance à l’égard d’une politique économique incapable de juguler la hausse du chômage et de relancer l’économie, une politique qui a aggravé les effets de la crise par la multiplication de mesures d’austérité. L’échec est patent et le bilan du dernier quinquennat calamiteux. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

La Cour des comptes soulignait hier que la dette a augmenté ces cinq dernières années de près de 600 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 40 %. La crise n’explique pas tout. Elle n’a pesé que pour un peu plus d’un tiers dans le déficit actuel. Le niveau des dépenses publiques n’est pas non plus en cause : leur part dans la richesse nationale n’a cessé de diminuer depuis quinze ans.

Les causes des difficultés sont à chercher ailleurs, dans les choix politiques désastreux opérés en matière budgétaire et fiscale : l’allégement de la fiscalité des plus fortunés, les quelque 172 milliards d’euros de niches fiscales et d’exemptions sociales accordées aux entreprises, notamment les plus grandes d’entre elles, sans la moindre contrepartie en matière d’emplois.

Indépendamment de la détérioration des comptes publics, faut-il rappeler que le chômage touche aujourd’hui près de cinq millions de nos concitoyens ? Faut-il rappeler que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté de plus de 20 % depuis 2002, parmi lesquelles un nombre croissant de travailleurs pauvres ? Faut-il rappeler aussi que les plans sociaux se multiplient, tandis que notre balance commerciale affiche un déficit de quelque 70 milliards d’euros ?

C’est donc bien d’urgence sociale et économique qu’il faut parler.

Aussi, ce que les Français attendent de nous, ce n’est pas que nous nous engagions dans la spirale de la rigueur, mais que nous œuvrions au contraire à la relance de l’activité, que nous nous émancipions des approches comptables pour bâtir les instruments d’une nouvelle donne économique et sociale. Ce qu’ils attendent, c’est que s’ouvrent des perspectives nouvelles, dans le souci de l’intérêt général et dans le respect des principes d’égalité et de justice.

Nous ne le dirons jamais assez : nous n’avons pas le droit de décevoir cette espérance de changement. Nous avons une obligation de résultat.

M. Marc Dolez. Très bien !

M. André Chassaigne. Nous formulons pour cela des propositions de nature à sortir le pays de la crise et à répondre aux attentes.

Parmi ces propositions figure, bien entendu, la réorientation promise de la politique européenne. À cet égard, les conclusions du sommet européen qui s’est tenu la semaine dernière ne sont guère encourageantes. Ce sommet a certes permis la mise en place du pacte de croissance que le chef de l’État appelait de ses vœux, mais sa portée est trop modeste. Ce paquet de quelque 120 milliards d’euros, niché en annexe des conclusions du Conseil européen, n’aura pas la force juridique du pacte budgétaire.

M. Marc Dolez. Absolument !

M. André Chassaigne. L’enveloppe, constituée pour moitié de fonds déjà votés, ne représente au total que 1 % du PIB européen. Cela ne suffira pas à exercer l’effet de levier attendu sur l’activité.

Cette maigre avancée se paie surtout de contreparties que nous jugeons dangereuses, disons même inacceptables. Le donnant-donnant conclu à Bruxelles laisse en l’état le fameux pacte budgétaire. Destiné avant tout à rassurer les marchés financiers, ce traité ne s’attaque à aucune des causes de la crise actuelle. Il en aggrave au contraire les conséquences en durcissant les politiques d’austérité et en consacrant la mise sous tutelle européenne des politiques économiques et budgétaires nationales.

M. Jean-Jacques Candelier. Il a raison !

M. André Chassaigne. D’ores et déjà, monsieur le Premier ministre, une grande partie de vos annonces d’aujourd’hui subiront le couperet de ce traité européen. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR.)

Nous n’avons, pour notre part, cessé de le dénoncer et continuerons à le faire. François Hollande avait lui-même souligné la nécessité de le renégocier afin de permettre à la Banque centrale européenne de financer directement les États et de mettre en place des instruments de coopération et de solidarité.

Ces propositions allaient dans le bon sens. Il est indispensable en effet que la BCE fasse usage de son pouvoir de création monétaire pour refinancer les besoins d’emprunt des États européens, développer les services publics, favoriser le développement social et la transition écologique.

Il n’est pas moins indispensable d’œuvrer à 1’harmonisation des normes sociales et fiscales, de mettre un terme à la concurrence fiscale et sociale qui détruit des centaines de milliers d’emplois et s’attaque, au nom de la compétitivité, au cœur de notre modèle social.

Vous venez de confirmer, monsieur le Premier ministre, la demande du Président de la République de faire ratifier rapidement par le Parlement le pacte budgétaire. Nous estimons quant à nous qu’il est indispensable que les citoyens soient consultés par référendum. Seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur la nécessité de nous conformer à un traité qui bafoue la souveraineté du peuple. La vraie question qu’une majorité de nos concitoyens se posent est de savoir quelle politique mettre en œuvre au plan national et européen pour éviter que les marchés n’imposent leur loi aux États. Le retour à l’équilibre budgétaire qui sert en ce moment à justifier dans l’Europe entière les politiques de réduction des dépenses publiques n’est qu’un leurre. On ne sortira pas de la spirale actuelle en enfonçant les économies dans la récession. Rien n’oblige, à part les exigences drastiques des marchés financiers, à revenir en quelques années à l’équilibre alors que nous vivons dans des situations de déficit depuis des dizaines d’années ! La sagesse commande au contraire de réviser ce calendrier, de se doter d’un plan à court terme pour réduire le déficit public, d’étaler le redressement et de le construire sur des bases saines. L’enjeu est de faire reposer ce redressement sur la croissance, l’investissement et l’emploi.

Vous avez dévoilé, monsieur le Premier ministre, quelques-unes des lignes directrices de votre future politique de rééquilibrage fiscal. Le relèvement de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, le rétablissement du barème de l’ISF, la disparition du dispositif d’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires pour les entreprises de plus de vingt salariés, l’imposition des revenus du capital au même niveau que ceux du travail, l’instauration d’une taxe de 3 % sur les dividendes distribués aux actionnaires, autant de mesures qui vont dans le bon sens, comme la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Mais il est essentiel d’engager une réforme encore plus profonde et globale de la fiscalité, afin de la rendre plus redistributrice, plus juste et plus efficace économiquement. Nous devons renverser la logique actuelle, rétablir la progressivité de l’impôt sur le revenu par une refonte du barème, réduire l’influence des impôts proportionnels comme la TVA, impôt injuste par excellence, supprimer la TVA sur les produits de première nécessité, faire cesser ce scandale qui veut que 80 % des revenus du capital échappent aujourd’hui à l’impôt sur le revenu.

Nous nous réjouissons de l’annonce de la suppression de la TVA dite sociale, qui n’avait d’autre but que de permettre aux entreprises de se défausser de leur part de la solidarité nationale. Mais en ce domaine aussi, nous devons être porteurs d’une autre ambition. Les allègements de cotisations sociales atteignent aujourd’hui 30 milliards. La Cour des comptes estime que les trois quarts de ces allégements ne bénéficient pas à l’emploi. Nous devons en tirer les conséquences. Ce qui coûte à l’économie, ce qui plombe les comptes sociaux, ce n’est pas le coût du travail, c’est la part croissante de la richesse produite versée en intérêts et dividendes.

M. Jean-Jacques Candelier. Tout à fait !

M. André Chassaigne. En quinze ans, la part des dividendes dans la valeur ajoutée des entreprises est passée de 24 à 36 %. C’est la preuve qu’existe en France non pas un problème de coûts salariaux, mais un problème de coûts financiers. Comme le rappelait récemment l’économiste Jean-Marie Harribey, un sixième de la rémunération du capital suffirait aujourd’hui à couvrir les besoins de financement de la sécurité sociale !

Pour redresser nos comptes publics et sociaux, l’exigence est de mettre un terme à cette confiscation de la richesse nationale. Pourquoi ne pas moduler l’impôt des entreprises selon qu’elles investissent et créent des emplois ou bien versent des dividendes ? Pourquoi ne pas plafonner les salaires des dirigeants d’entreprises comme des opérateurs de marché ? Il ne s’agit pas simplement de moraliser le capitalisme, mais aussi de promouvoir une autre répartition des richesses entre capital et travail.

Nous avons conscience que la mise en œuvre d’une fiscalité plus juste et plus efficace ne suffira pas à résorber le déficit. Mais nous ne croyons pas aux vertus de la baisse des dépenses. Dans votre lettre de cadrage aux ministres, monsieur le Premier ministre, vous recommandez de stabiliser en valeur les dépenses de personnel. La Cour des comptes recommande, quant à elle, de faire reposer cette stabilité sur la réduction de 30 000 postes et sur le gel du point d’indice. Je le dis tranquillement : après l’annonce d’une hausse minimaliste du SMIC, c’est une seconde très mauvaise nouvelle. Comment en effet prétendre relancer la croissance en en éteignant tous les moteurs possibles ? Où sont les perspectives, sans hausse des salaires, sans investissement public, sans mobilisation du crédit bancaire, sans relance de l’emploi industriel ?

À l’instar des économistes Paul Krugman et Richard Layard, qui ont publié dans le Financial Times un manifeste pour le « retour à la raison économique », nous pensons que d’autres choix sont possibles. Renégocier, nous l’avons dit, le pacte budgétaire européen, remettre la main sur les leviers du secteur bancaire par la création d’un pôle public bancaire et financier pour mobiliser l’argent nécessaire, engager une réforme fiscale très profonde.

Face à la multiplication des plans sociaux – ne serait-ce que PSA, 10 000 emplois directs et indirects ! – face à l’érosion continue du pouvoir d’achat des Français, face à la détresse et aux espoirs de millions de nos concitoyens, nous ne pouvons nous satisfaire de demi-mesures. Vous ne pouvez pas prendre le risque de la rigueur, car ce n’est pas en recyclant les politiques conduites par nos adversaires que nous sortirons le pays de l’ornière.

J’évoquais à l’instant le SMIC. Permettez-moi de formuler des vœux à quelques jours de la conférence sociale. Nous souhaitons que le Gouvernement ne ferme pas la porte aux revendications exprimées par les partenaires sociaux. Que cette conférence ne se résume pas à l’élaboration d’un simple agenda social, mais débouche très rapidement sur des engagements concrets, notamment en matière de réduction des inégalités.

La première des exigences, d’ordre constitutionnel, est de rendre effective l’égalité salariale entre hommes et femmes – vous en avez parlé, monsieur le Premier ministre. Une autre porte sur le SMIC, et avec lui l’ensemble des rémunérations – vous êtes un peu plus discret sur ce point. Après plus d’une décennie de stagnation et de recul du pouvoir d’achat, il est temps de nous attaquer au mode de revalorisation des revenus du travail. Il est temps de pénaliser les entreprises qui privilégient l’emploi précaire à l’origine du développement de la pauvreté laborieuse, et d’interdire les licenciements boursiers et la rupture conventionnelle. Il est temps d’augmenter des minima sociaux et de proroger les droits des chômeurs en fin de droits. Et il est temps de revenir à la retraite à 60 ans pour tous !

Sur le terrain social, les chantiers, on le voit, sont nombreux. Il en est de même sur le terrain de la protection sociale. Il nous faut ainsi avancer sur la question, de plus en plus préoccupante, des inégalités d’accès aux soins dans toute sa diversité : désertification médicale, taux de remboursement, suppression des franchises médicales, interdiction des dépassements d’honoraires…

Notre inquiétude porte également sur la mise en concurrence des territoires, qui s’est fortement accrue durant ces dix années de politiques libérales. La RGPP menace les emplois et les budgets de nos collectivités. Le gel des dotations, s’il devait se poursuivre, ne permettrait pas à nos territoires ruraux et quartiers populaires de relever la tête. Dix années de démantèlement des services publics locaux ont accentué les disparités en matière de transport, de logement, d’emploi, d’accès aux soins. Partout a été organisé le recul de la République pour laisser la place au marché et donc aux profits.

Pour faire vivre nos territoires et enclencher une nouvelle dynamique, la suppression du conseiller territorial, si elle est indispensable, ne saurait suffire. C’est la relocalisation de la production et de l’investissement public qui viendra à bout des crises qui touchent nos agriculteurs comme notre industrie, nos quartiers comme nos villages. Sur ce chantier, des convergences sont possibles pour les différentes composantes de la majorité de gauche. Les députés que je représente entendent promouvoir une ligne d’audace et de volontarisme.

Parmi ces combats que nous pouvons mener de front, dans la diversité de nos objectifs et de nos ambitions, d’autres propositions communes sont apparues au cours de ces derniers mois. Je voudrais d’abord citer la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, promise par la garde des sceaux et très attendue par les magistrats. La suppression du mot « race » de notre Constitution, que nous demandons depuis la XIIe législature, peut être concrétisée rapidement, tout comme l’ouverture du mariage à tous les couples ou encore celle du droit de vote aux étrangers.

En développant nos priorités avec une approche que nous voulons dynamique au cœur de la gauche, nous nous posons en constructeurs du changement tant attendu, en force de proposition. Parce que nous voulons que la gauche réussisse – nous le voulons vraiment ! Avec des résultats concrets qui puissent changer la vie du plus grand nombre.

Mais nous craignons vraiment que vos orientations, monsieur le Premier ministre, ne conduisent à l’opposé du résultat escompté. Nous le craignons d’autant plus que vous ne desserrez pas l’étau de la contrainte extérieure.

Voilà pourquoi les députés Front de gauche s’abstiendront aujourd’hui sur ce vote de confiance. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR.)

Quant aux députés d’outre-mer qui constituent avec nous le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, ils assumeront leur pleine liberté de vote, en toute autonomie, comme c’est la règle dans notre groupe parlementaire. Aucun d’eux ne mêlera sa voix à celle de la droite, attachés qu’ils sont tous les cinq à la réussite du changement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

Car réussir le changement n’est-il pas une volonté partagée de tous les vrais progressistes de cette assemblée ?

(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 18:28

2% d'augmentation du SMIC (15 fois moins que ce que nous demandions au Front de Gauche et à la CGT, 6€ de plus que l'alignement automatique sur l'inflation...), la participation au chantage sur les Grecs pour qu'ils ne mettent pas Syrisa au pouvoir, la poursuite de la politique d'austérité et de réduction de l'emploi public tout azimut (les fameux 2 postes de fonctionnaires sur 3 partant à la retraite qui seraient non remplacés dans tous les secteurs de la fonction publique sauf celui de l'éducation, de la justice et de l'intérieur), l'acceptation des abandons de souveraineté  et des contraintes néo-libérales du pacte budgétaire européen, l'accent mis sur les efforts et sacrifices à faire plus que sur la redistribution des richesses, la perpétuation de la politique d'immigration sans humanité des Guéant, Hortefeux, Besson et consorts: on ne se faisait guère d'illusions mais on est bien obligé aujourd'hui de se rendre à l'évidence. Les socialistes ont obtenu l'alternance et les pleins pouvoirs mais ne semblent pas décidés tenter d'ouvrir réellement un nouveau chemin progressiste en Europe pour sortir par le haut de cette crise du capitalisme financier. 

Certes, une bonne partie des électeurs a voté les 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin derniers pour "les moins pires" qui avaient le plus de chance de battre la droite sarkozyste, sans nourrir des espérances trop élevées mais en espérant que leurs difficultés quotidiennes seraient moins importantes et le pouvoir moins coupé de leur réalité. 

Quand l'INSEE annonce aujourd'hui que le pouvoir d'achat moyen en France devrait baisser cette année de plus 1,5% sous l'influence conjuguée de la crise économique européenne et des politiques d'austérité que prolonge le gouvernement, cela laisse songeur...

Est-ce cela que les Français ont voulu?

Certes, les socialistes, et François Hollande au premier chef, avaient peu promis pour donner un tant soit peu de contenu concret au slogan et à l'espoir du changement, mais là, ce n'est plus après 2 ans que le gouvernement socialiste amorce son virage à droite, comme en 1983 et en 1999, mais immédiatement après les élections. Il est encore temps pour eux de prendre conseil parmi les syndicats, les associations et les forces politiques de gauche qui ont contribué à faire élire François Hollande, afin de mener une vraie politique de gauche, sinon les 5 années à venir seront bien décourageantes pour les citoyens qui avaient cru à la possibilité d'un réel changement.

Ismaël Dupont.    

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 06:08

 

C’EST QUAND LE CHANGEMENT ?

 

En éliminant SARKOZY lors de l’élection présidentielle, les Français ont voulu clairement mettre fin à une politique dont les dégâts et les injustices leur étaient devenus insupportables.

Le thème de campagne du Parti Socialiste « le changement c’est maintenant », la dynamique campagne des candidats du Front de Gauche avec sa dimension d’éducation populaire, la nécessité de mettre fin à la dictature sans partage de la Finance ont fait croire à beaucoup que ce changement était presque à portée de la main… même avec François HOLLANDE comme Président.

L’une des injustices les plus criantes refusée par notre peuple était (et est toujours) la répartition des richesses produites entre le Capital et le Travail. La politique salariale du nouveau gouvernement était donc attendue avec beaucoup d’impatience. D’autant plus que les références à la nécessaire justice n’ont pas manqué dans la bouche des nouveaux maîtres du pays.

On a vu ! Le « coup de pouce » proclamé à grand renfort de trompettes se traduit, compte tenu de l’évolution des prix qui de toute façon aurait été répercutée, par une hausse du SMIC de 0,6 % : « une baguette de pain de plus par mois » ont dit les syndicats.

Le fameux coup de pouce ne s’est même pas transformé en pichenette. Le P.S., ses alliés et ses obligés, avaient la main bien plus leste lorsqu’il s’agissait de ramasser les 4 millions de voix du Front de Gauche à la présidentielle et les suffrages du 1er tour des législatives pour se faire élire … en oubliant rapidement la diversité des électeurs du second.

Dans ces conditions, on comprend la déception et la colère de celles et ceux qui, depuis des années, peinaient tant à survivre et qui espéraient enfin entrevoir une petite lueur au bout du tunnel.

L’abstention record de l’élection présidentielle, encore plus forte lors des législatives, constitue une véritable défaite de la démocratie. S’y ajoute, dans les deux cas, l’importance du vote pour le Front National. En faisant naître tant de déception dès le début de leur mandat, le Président et le gouvernement prennent le risque d’accentuer encore ce mouvement avec toute la dangerosité que cela implique pour l’avenir et les valeurs de la France.

Rappelons-le : les Français n’ont pas voulu seulement virer Sarkozy, ils ont aussi exprimé l’exigence d’une autre politique, d’autres choix qui mettent enfin l’HUMAIN D’ABORD au cœur des décisions de l’état

Puisque certain-e-s semblent ne pas l’avoir compris, tous ensemble dans les journaux, dans les négociations, dans l’action, dans la rue disons leur avec toute la force nécessaire :

« Mesdames et Messieurs de la Présidence, du gouvernement, de la majorité, C’EST QUAND LE CHANGEMENT ? »

 

Alain DAVID

26.06.2012

 



 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 06:00

Déclaration
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Législatives 2012

 

 

Les premières estimations, ce soir, confirment le basculement de l'Assemblée nationale à gauche. La page du pouvoir sarkozyste en France est définitivement tournée mais le parti de l'ancien président sauve un nombre substantiel de sièges. Il ne fait aucun doute que la droite saura s'en servir pour multiplier les obstacles au changement dans notre pays. L'entrée du FN dans l'hémicycle qui reste heureusement circonscrite est un signal d'alarme supplémentaire.

 

A gauche, le Parti socialiste parvient à son objectif et dispose à lui tout seul d'une majorité absolue. Le Front de gauche aura moins de députés malgré un gain en nombre de voix et en pourcentage mais les conditions semblent ce soir réunies pour la constitution d'un groupe à l'Assemblée. Si cela se confirme, c'est une bonne nouvelle pour la démocratie.

 

Force est de constater, cependant, que le mode de scrutin et l'inversion du calendrier électoral dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l'Assemblée nationale au profit du bipartisme. A gauche, la majorité législative est ainsi distordue par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays. Le PS totalise 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, près de 70% avec ses alliés aux législatives et obtient plus de 90% des députés de gauche. Le Front de gauche totalise 25% des voix de gauche à la présidentielle, 15% aux législatives et compte moins de 5% des députés de gauche. C'est une anomalie provoquée par une logique institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus grosses formations de monopoliser aujourd'hui 90% des sièges à l'Assemblée nationale.

 

En dépit de cette injustice, le Front de gauche avec l'influence qui est la sienne dans le pays, avec ses deux groupes au Parlement, ses élus sur le territoire et au Parlement européen, entend être une force d'initiatives et de propositions active et positive pour la réussite du changement dans notre pays.

 

PCF-Front-de-Gauche.jpg

 

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 05:46

 

ANGELA DAVIS A RAISON… EN FRANCE AUSSI

 

 

De passage en Belgique où elle a reçu les insignes de docteur honoris causa de l’Université Libre de Bruxelles, Angela Davis a donné un entretien repris par l’Humanité Dimanche.

 

A 68 ans, toujours aussi lucide et combative, elle déclare notamment «L’erreur que nous avons commise après avoir élu Obama , c’est que nous n’avons pas maintenu la pression …Directement après sa prestation de serment , nous aurions dû mobiliser et exercer des pressions sur lui afin de ramener les soldats dans leurs foyers, de fermer Guantanamo, d’améliorer les soins de santé, … Alors il se serait trouvé dans une meilleure position pour réaliser plus de choses qu’il n’en a réalisées »

 

C’est aussi vérité de ce côté de l’Atlantique. Il ne faut pas que nous ayons à nous dire dans cinq ans : «  nous aurions dû maintenir la pression sur François Hollande… »

 

  • Pour que prévale enfin l’intérêt général sur la course au profit

  • Pour que le service du peuple l’emporte sur la course aux postes et aux honneurs

  • Pour mettre fin à la dictature sans partage de la finance

  • Pour une plus juste répartition des richesses

  • Pour le droit de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours

  • Pour la retraite à 60 ans pour tous

  • Pour une politique qui donne toutes ses chances à la jeunesse

  • Pour la reconquête de la production industrielle

  • Pour un développement respectueux de l’environnement et pour que l’on cesse de sacrifier l’avenir de la planète à la recherche effrénée du profit

  • Pour que la parole du peuple soit enfin entendue… et respectée

  • Et pour tant d’autres choses encore …

 

Construisons sans attendre, dès maintenant et sans exclusive vis-à-vis de quiconque , les rassemblements et les luttes nécessaires.

 

Morlaix, le 16.06.12

Alain DAVID

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 20:53

10 juin 2012

Pierre Laurent

 

Les résultats du premier tour des élections législatives confirment la volonté des Françaises et des Français de tourner la page de la droite. Après l'élection de François Hollande le 6 mai dernier, il est possible dimanche prochain d'élire une majorité de gauche à l'Assemblée nationale.

 

Le scrutin est marqué par une forte abstention et une bipolarisation accrue des exprimés qui déforme la réalité et la diversité de la vie politique française. C'est la conséquence de la présidentialisation forcenée du débat politique. L'inversion du calendrier électoral minore et dénature la portée du scrutin législatif, c'est un grave problème démocratique que seules d'ambitieuses réformes institutionnelles allant vers une 6e République peuvent résoudre. C'est un objectif que le PCF et le Front de gauche continueront de porter.

 

Le Front de gauche obtient, selon les premières estimations, 7 %. Ce résultat confirme l'ancrage national du Front de gauche qui est à nouveau ce soir la seconde force de la gauche. Dans de nombreuses circonscriptions, la dynamique mobilisatrice du Front de gauche a continué de s'enraciner durant la campagne législative . Les deux batailles, présidentielle et législative, menées au cours de ce semestre, constituent une promesse d'avenir et un atout sans lequel la gauche ne pourra réussir.

 

Dimanche prochain, un groupe Front de gauche peut être élu à l'Assemblée nationale au sein d'une large majorité de gauche. Le pays pourra compter sur les députés qu'il comptera pendant cinq ans.

 

J'appelle ce soir à battre, partout dimanche prochain, les candidats de droite encore en lice, à barrer la route de l'Assemblée nationale aux candidats du FN et à élire, en se rassemblant autour des candidats de gauche les mieux placés, une majorité de gauche forte d'un groupe du Front de gauche.

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 08:22

 

Ismaël Dupont, candidat du Front de Gauche dans la IVe Circonscription du Finistère (Morlaix).

 

Réponse au questionnaire du collectif École Publique en Danger.

Je vous remercie de m'avoir adressé ce questionnaire et surtout de mener cette action de sensibilisation et d'interpellation des candidats aux élections législatives afin de défendre l'école publique et ses valeurs fondatrices de laïcité, de gratuité, et de lutte contre l'inégalité des chances, afin aussi d'améliorer son efficacité pour lutter contre l'échec scolaire, faire réussir tous les enfants, promouvoir une culture commune de haut niveau.

Au Front de Gauche, nous faisons campagne depuis des mois pour une école de l'égalité et luttons contre le démantèlement des maternelles, des RASED, la logique comptable et idéologique qui préside aux destructrices suppressions de postes et de classes (le secondaire a d'abord été le plus touché à travers la réforme du bac pro 3 ans, des séries techniques, de la seconde, la suppression des options et l'alourdissement des effectifs dans les classes … puis le primaire), au sabordage de la formation des enseignants, des réseaux d'aide aux élèves en difficulté. On peut penser aussi à la réforme néo-libérale des Universités, de la sectorisation scolaire, aux avantages nouveaux donnés par la droite à l'école privée, devenue quasiment à ses yeux un service public d'intérêt général alors qu'elle exerce une concurrence déloyale vis à vis de l'école publique qui, elle, a l'obligation et la mission d'accueillir et de former tous les élèves.

Aujourd'hui, vous avez raison de faire entendre des exigences fortes aux individus et aux organisations politiques qui se présentent à vos suffrages car, pour relever l'école publique, il faut commencer par remettre en place les moyens que la droite a supprimés (ce que permettra difficilement une politique de rigueur dictée par l'impératif du retour à l'équilibre budgétaire pour respecter les engagements européens, ou alors en premier des moyens nécessaires à d'autres services publics déjà au bord de la rupture), en finir avec les logiques de plus en plus affirmée d'école à deux vitesses (public et privé, écoles d'excellence des beaux quartiers ou des secteurs plus favorisés socialement et les autres, professionnel et général, classes prépas ou écoles d'élite et le parent pauvre de l'Université) servies par l'assouplissement de la sectorisation, les avantages accordés au privé, et le désinvestissement financier de l'Etat. Il faut également faire un grand effort pour penser les modalités d'une plus grande implication des parents, des jeunes et des personnels dans la gestion de l'école et des dispositifs concrets innovants pour lutter contre le renforcement de la reproduction sociale et des inégalités par l'école.

En tant que professeur documentaliste syndiqué, père de deux enfants scolarisés en école primaire et maternelle publique dans un quartier populaire, je suis particulièrement en phase avec vos préoccupations et votre engagement pour une école publique de qualité.

 

  1. Scolarisation des enfants, temps scolaire et dispositifs de lutte contre l'échec scolaire:

Nous sommes pour un moratoire suspendant les fermetures et suppressions de classes et de postes proposées par le précédent gouvernement car elles vont contribuer à détériorer encore des conditions d'enseignement et d'encadrement déjà bien fragilisées (le projet de carte scolaire de janvier prévoyait 179 postes d'enseignants supprimés en Bretagne, dont 50 dans le Finistère – pour bien peu de créations de postes- auxquels il fallait ajouter la suppression de 18 postes d'enseignants spécialisés affectés aux RASED).

Nous sommes pour la scolarisation possible dès 2 ans dès septembre 2012 et la mise en application de cette ambition exige précisément l'annulation des suppressions de poste prévues par la droite à la rentrée, qui visaient tout particulièrement la maternelle, que l'on voulait réformer pour externaliser la formation des – 4 ou 5 ans à des jardins d'enfants privés ou gérés par des collectivités. La plupart des études montre que la scolarisation précoce en maternelle accentue les chances de réussite des enfants issus des milieux les moins favorisés socialement et par leur bagage scolaire.

 

Pour les enfants en difficulté scolaire, nous sommes favorables à des temps de soutien scolaire et de remédiation pris en charge par des personnels formés (enseignants mais pas seulement) car il importe de débloquer et de soutenir au jour le jour sans laisser s'accumuler des lacunes et un rejet de l'école difficilement réversible les enfants qui ont moins de facilité et de rapidité d'apprentissage. Pour les enfants présentant des handicaps ou des troubles de comportement, il faut le plus possible aller vers des accompagnements complémentaires d'adultes en classe mais les AVS, qui vivent actuellement dans la précarité avec un salaire insultant (650 € par mois souvent!) pour leurs compétences et le travail qu'elles font, doivent voir leur statut revalorisé (plus d'heures, mieux payées, avec de vraies formations). Les RASED bien entendu doivent être soutenus et ont doit continuer les plans de formation adaptée des enseignants qui travaillent avec des élèves dont les difficultés scolaires relèvent essentiellement de problèmes familiaux et de comportement. Les temps d'écoute et d'échanges, de mise à l'écart de la classe, et d'exercices atypiques mis en place par les enseignants des RASED sont souvent des bouffées d'oxygène pour les enfants, permettent d'alléger des situations quotidiennes douloureuses et aussi de les remettre dans des dispositions de travail.

 

L'application de la loi de 2005 sur l'application de la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire, bien que partielle, n'est pas sans effets pervers, du fait qu'elle ne s'est pas accompagné de moyens suffisants pour des encadrements complémentaires dans les classes déjà chargés et à multiple niveau parfois (à l'école primaire et maternelle). Les enseignants de milieux ordinaires (pas plus que les AVS, comme je l'ai déjà dit) n'ont pas été formés pour s'adapter au besoins d'enfants dont les handicaps peuvent être multiples, ni pour les intégrer à des classes dont la majorité des enfants ont des profils plus conventionnels. Résultat: l'intégration des enfants handicapés n'est souvent qu'à moitié réalisée et peut se solder par un échec et parfois des souffrances pour tout le monde (les enfants handicapés, leurs camarades, les personnels de l'éducation et enseignants). Sans revenir à une logique de séparation discriminante, il faut s'interroger sur le niveau adéquat de prise en charge pour certains handicaps (dans certains IME, des instituteurs spécialisés ne peuvent-ils pas obtenir des résultats plus satisfaisants, avec des moyens plus grands et moins d'effectifs?) et tout au moins se donner les moyens humains et professionnels (une vraie formation pour les éducateurs et enseignants) d'une prise en charge de qualité.

 

Je suis pour la semaine de 5 jours avec des journées allégées car je trouve que la semaine de 4 jours rend l'apprentissage trop discontinu et les journées trop chargées, surtout si on y ajoute le soutien scolaire sur les temps de pause méridienne ou le soir pour certains. Il faut maintenir un nombre d'heures de cours suffisant pour tous dans les disciplines fondamentales que sont le français, les maths, les disciplines d'éveil au monde et à la vie (sciences, histoire...) et les allègements possibles des journées d'école chargées en effet pour les élèves ou l'introduction de plus d'éveil sportif, artistique et culturel, doit tenir compte de cette nécessité dont dépend la solidité de la formation intellectuelle des futurs adultes.

 

2) Formation des enseignants et encadrement à l'école:

 

Nous sommes pour le pré-recrutement des enseignants pour que cette profession reste accessible à tous les milieux sociaux. Il faut revenir à une vraie formation initiale appuyée principalement sur une pratique encadrée et des temps d'échanges pédagogiques, ce qui ne conçoit pas avec un temps plein pour les néo-titulaires. Le besoin de formation continue des enseignants doit aussi être reconnu et valorisé par l'institution.

 

Il y a une loi handicap très ambitieuse en France et tous les moyens n'ont pas été mis pour en mettre en œuvre les objectifs qui sont pourtant des obligations de l'Etat. Les AVS font un travail absolument nécessaire à partir du moment où on intègre en milieu ordinaire et dans des classes chargées des élèves ayant des handicaps ou des troubles divers. Elles font en général du super boulot et sont passionnées par leur métier mais il est honteux que l'Etat les maintienne dans une telle situation de précarité: 650€ pour vivre! Il faut pérenniser et requalifier ces postes, les porter à 35h payés au SMIC pour que les personnes puissent vivre décemment, leur offrir des vraies conditions de formation initiale ou continue. De manière générale, le Front de Gauche milite pour la titularisation des 800000 précaires de la fonction publique.

 

Nous voulons créer un statut de représentant des parents d'élèves pour permettre à tous les parents de participer à la vie des établissements, en obtenant si besoin des heures indemnisées pour cela auprès de leur employeur. Des temps et des lieux aménagés pour les rencontres avec l'équipe éducative devront être mis en place. Nous voulons aussi intégrer les parents, ainsi que des élus, des personnels, et des élèves à partir du collège, à des observatoires des inégalités à l'école, constitués par territoire et visant à améliorer les choses sur le terrain. 

 

3) L'école: ses objectifs, la laïcité

  

Atteinte à la laïcité: quelles mesures à prendre?

  

La laïcité, c'est la neutralité de l'État, de l'enseignement, leur indépendance par rapport aux groupes de pression religieux, idéologiques, économiques, ce qui permet à la fois la coexistence pacifique dans le respect des différences et de la liberté de conscience et l'éducation libre de la raison pour forger l'esprit critique et l'autonomie de pensée. C'est l'école publique seule qui garantit la laïcité de l'enseignement. Or cette école publique qui devrait être choyée par les responsables politiques comme moyen de former la société meilleure de demain, de corriger les inégalités de naissance, de construire une culture commune de haut niveau et une conscience citoyenne chez les individus, est aujourd'hui fragilisée par sa mise en concurrence avec l'école privée, confessionnelle mais pas seulement, qui a rarement été aussi soutenue par les pouvoirs publics qu'aujourd'hui.

  

La liberté d'enseignement est constitutionnelle: il ne s'agit pas de la remettre en cause. Le problème est dans le financement. Le public et le privé n'ont pas les mêmes obligations et le financement des uns et des autres doit tenir compte de cela. Actuellement, la règle de répartition des crédits publics, c'est 20% pour le privé, 80% pour le public, ce qui correspond à peu près à la proportion d'élèves scolarisés dans chaque système. Mais, si on attribuait les moyens en tenant compte de la mixité sociale, on n'aurait pas tout à fait les mêmes résultats. En Avignon, on a fait l'expérience il y a quelques années d'un redécoupage de la carte scolaire pour rassembler les enfants de milieux plutôt aisés et bien dotés culturellement et les enfants de milieux populaires: les enfants des collèges périphériques d'Avigon pouvaient aller vers le centre-ville. Résultat: les bourgeois ont mis leurs enfants dans le privé pour éviter que leurs rejetons se retrouvent avec les autres. Le privé aboutit à créer dans le public une réduction de la mixité sociale. Nous sommes de plus dans une région où il y a des endroits où il y a de l'école privée mais pas d'école publique. Il s'agit d'une anomalie à corriger. Sur le fond, cela me pose tout de même problème que Hollande défende la loi Carle: on est dans une république laïque et on finance tout de même des établissements confessionnels.  Les maires ont l'obligation de prendre en charge les frais d'externat dans le privé si il n'y a pas d'enseignement privé dans leur commune. Cette loi provient d'abord d'un amendement de Michel Charasse, pourtant réputé laïc, qui obligeait les maires à payer y compris pour les enfants qui vont dans le privé à l'extérieur de leur commune. C'est un pas de plus dans un système où on considère que le privé, c'est la même chose que le public. C'est une concurrence déloyale car le privé n'a pas les mêmes obligations -notamment celle d'accueillir tous les élèves- et la fondation Terra Nova a montré par ailleurs que le privé a perdu moins de postes que le public ces cinq dernières années, sauf cette année Il devrait également y avoir une obligation, pour les communes présentant un nombre d'habitants minimum, de disposer d'une école publique et les élus du Front de Gauche privilégieront toujours l'école publique par rapport à l'école privée, qui est une liberté tolérée mais non un service public d'intérêt général.

 

Zéro dérogation pour le périmètre scolaire? Autre solution de mixité sociale?

 

Il faut reconfigurer les cartes scolaires pour les rendre plus efficaces encore afin de garantir une mixité sociale et lutter contre les assouplissements et les désectorisations qui favorisent la mise en concurrence des établissements, des écoles à plusieurs vitesses et plus homogènes socialement.

 

intérêt et possibilités du développement du bilinguisme.

 

Le déclin des langues régionales est lié assurément dans un premier temps (au XIXème siècle notamment) à une volonté d'acculturation et d'homogénéisation de la communauté nationale portée par l'école et l'Etat à travers des discours et des mesures de dévalorisation, de stigmatisation de l'usage des langues régionales dans l'espace public ou officiel. Entre le début du XXème siècle et les années 1960, c'est surtout la volonté des familles d'échapper à un complexe d'infériorité lié à une faible maîtrise de la langue dominante, les transformations des conditions économiques, l'exode rural, la guerre et le travail porteurs de mélanges et de rencontres, le désir de réussite par l'école, la standardisation et le désir de progrès lié à la modernité industrielle, culturelle et médiatique, qui ont présidé au déclin accéléré des langues régionales. Comme d'autres régions à fort particularisme, la Bretagne a vu naître dans les années 30 d'abord, puis dans les années 60-70 un fort mouvement citoyen et associatif de revitalisation de la culture régionale dans ses différents aspects, de moins en moins majoritairement associé à des revendications nationalistes ou autonomistes, et le sentiment d'appartenance à une "petite patrie" au riche passée et aux particularismes valorisants et intéressants est très développé chez nous, traversant d'ailleurs les courants politiques. Pourtant, les dialectes locaux du breton unifiés dans les années 30 ne vivent plus guère dans les conversations courantes et l'arbre du militantisme culturel plutôt bien soutenu depuis les années 1980-90 par la Région et les collectivités ne saurait cacher la forêt du dépérissement progressif du breton ou du gallo comme langues parlées.  Destin annoncé de langue morte que beaucoup veulent éviter en promouvant un volontarisme politique au service de la diffusion de la langue et de la culture régionale, volontarisme qui parait trouver un cadre adapté dans la charte européenne des langues régionales et minoritaires que la France a refusé jusqu'à présent de signer car elle est considérée comme inconstitutionnelle, l'amendement Lamassoure traduit depuis 1992 dans l'article 2 de la constitution spécifiant que "la langue de la République est le français".

La charte européenne des langues régionales ou minoritaires, qui a l'immense mérite de fixer l'objectif de la perpétuation de la richesse que représente la diversité linguistique et culturelle et de promouvoir la mise à disposition de moyens financiers, symboliques, éducatifs, médiatiques pour le réaliser, a un défaut: elle ne donne pas de statut protecteur pour la transmission des langues issues de l'immigration.

En revanche, il est parfaitement légitime de vouloir que la langue de sa région ne périsse pas avec le décès de ceux dont c'est la langue maternelle en tant qu'elle est porteuse d'une culture populaire séculaire, de représentations du monde, d'une richesse de vie, de sensibilité et d'intelligence déposée dans des expressions et un lexique qui n'appartiennent qu'à elle, comme il est souhaitable de transmettre une mémoire historique régionale par les moyens de l'école, d'un soutien à l'édition et au secteur associatif.

La mort ou l'étouffement progressif de toute culture est en effet une bien triste chose qu'il faut éviter à se donnant les moyens pour que l' héritage culturel menacé se transmette d'une génération à l'autre, fusse au prix de toutes les transformations qu'apporte heureusement le vivant qui évolue avec son temps, dans la culture, la langue, la musique, etc...

De ce point de vue, je pense, comme bon nombre de militants du Parti Communiste et du Front de Gauche, qu'il faut soutenir avec un vrai volontarisme l'enseignement bilingue facultatif dans l'éducation nationale, en rendant possible le maintien des postes, même en cas d'effectifs d'élèves assez réduits, la continuité des cursus entre primaire et secondaire, la possibilité de choisir la maîtrise du breton pour ses enfants sans avoir à les envoyer en internat loin de chez soi ou dans le privé. De la même manière, il est légitime que les collectivités subventionnent les associations et initiatives (enseignement de la langue aux adultes, médias, édition, spectacle vivant, musique, recherche historique, ...) qui permettent à la culture régionale de continuer à vivre dans sa différence et sa diversité nourrissantes pour les esprits et les consciences, et pas seulement ceux des habitants « de souche » de la région.

Nous devons faire en sorte je crois que l'école publique soit la solution privilégiée par tous les parents qui veulent que leurs enfants aient une culture linguistique solide en breton, en corse, en basque, en alsacien ou dans une autre langue régionale comme l'occitan, pour les enrichir personnellement et pour pérenniser la langue et la culture régionale afin qu'elles ne meurent pas. A ce titre, je ne vois pas d'objection à ce qu'un enseignement par immersion puisse se faire dans le cadre du service public dans la mesure où il est plus efficace pour développer chez les jeunes un bilinguisme véritable.

L'association d'enseignement du breton par immersion Diwan s'est constituée dans un contexte de vacance d'offre du service public pour ce choix pédagogique et il me semble que, comme elle présente des garanties au niveau de l'unité des programmes, des examens, de la qualité de la formation intellectuelle et des valeurs républicaines transmises par l'enseignement, on peut l'intégrer dans le service public d'éducation.  

Les connaisseurs disent que sans immersion, l'apprentissage du breton reste assez superficiel et on échoue à assurer réellement la perpétuation de la pratique de la langue dans la vie quotidienne.  De plus, l'enseignement par immersion n'est nullement incompatible avec une bonne maîtrise de la langue nationale.

Actuellement, même si les effectifs des élèves faisant l'apprentissage du breton progressent (entre 2001 et 2011, +120%  dans l'enseignement bilingue public, + 77% dans l'enseignement privé catholique, + 50% à Diwan) cette augmentation limitée n'assure pas sur la durée la survie du breton menacée par la disparition des gens qui en Basse-Bretagne l'ont pratiqué couramment pendant leur enfance et au-delà. Dans le premier degré, il n'y a 2291 élèves inscrits dans l'enseignement bilingue, dans le second degré (collèges et lycées): 2357 élèves (chiffres donnés lors du colloque de la FSU Bretagne). Il ne s'agit que de 2% des élèves scolarisés.  2,5% des élèves du primaire sont dans l'enseignement bilingue en Bretagne contre 40% au Pays Basque et 20% en Alsace.

L'enseignement bilingue ne représente nullement une menace pour l'unité de la République en Bretagne et ne suffit pas, à son niveau actuel, à empêcher le breton de devenir une langue quasiment morte à moyen terme, ce qui serait un appauvrissement culturel significatif. 

Après, on ne peut pas non plus forcer tous les élèves et leurs parents à suivre une initiation ou un cursus en breton pour sauver la langue. Force est de reconnaître que la plupart des bretons tout en étant majoritairement attachés symboliquement à la survie de la langue et de la culture bretonne, ne les pratiquent pas avec assiduité et le combat pour la culture doit se mener dans l'ouverture à toutes les composantes de la société pour se gagner et ne pas se jouer simplement dans des cercles de convaincus... Mais, encore une fois, c'est plus facile à dire qu'à faire.

 

Ismaël Dupont.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 06:49

 

Le vote FRONT DE GAUCHE

pour créer les conditions d’un véritable changement

 

A l’élection présidentielle les Français ont condamné Nicolas Sarkozy et sa néfaste politique en même temps que tous les mauvais coups qu’il préparait.

 

L’écart entre les deux candidats au second tour montre d’une façon indubitable que les 4 millions de voix du Front de Gauche ont joué un rôle capital dans la défaite de la droite.

 

En même temps, compte tenu de l’enjeu, il est évident que nombre d’électeurs de François Hollande ont voté davantage pour battre Sarkozy que par adhésion à son programme et ses propositions.

 

Cela n’empêche pas le Parti Socialiste de viser la majorité absolue à l’Assemblée nationale…et le carton plein dans les 8 circonscriptions du Finistère, en contradiction avec la réalité politique exprimée par notre peuple. Jamais la nécessité démocratique de l’instauration de la proportionnelle n’a été aussi aveuglante.

 

En éjectant Sarkozy, les Français ont aussi émis l’exigence d’une politique radicalement différente qui leur permette concrètement de vivre mieux grâce à une autre répartition des richesses et à un développement de la démocratie de la Cité à la tête de l’Etat en passant par les entreprises

 

A l’évidence le programme de François Hollande n’a ni cette ambition, ni cette volonté.

 

Pour qu’au changement de gouvernement succède un changement réel de politique il importe donc que le PS et ses satellites ou ses obligés n’aient pas la majorité absolue à l’assemblée nationale.

 

Outre la nécessité de battre partout le Front National, on voit bien que la mise en œuvre d’une politique radicalement différente exige l’instauration d’un nouveau rapport de forces à gauche.

 

Et cela suppose nécessairement un renforcement du poids du Front de Gauche que les électeurs ont placé en deuxième position de la gauche. Ce renforcement passe évidemment par l’élection d’un nombre maximum de députés qui seront porteurs de propositions répondant aux besoins et aux exigences de la population et qui seront garants du respect de ses intérêts par le pouvoir.

 

Mais le rapport de forces se nourrira aussi du nombre de voix nouvelles qui, dans toutes les circonscriptions, se porteront sur le Front de Gauche. Quel que soit le pronostic de résultat, il n’y a donc aucun vote inutile…au contraire.

 

Le maximum de votes pour les candidats du Front de Gauche associés au développement des mouvements populaires, voilà la clef d’un véritable changement.

 

Alain DAVID

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