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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 08:16

 

Le bureau du Sénat a refusé la semaine dernière la levée de l'immunité de Serge Dassault, poursuivie pour son implication présumée dans une tentative d'assassinat liée à des achats de voix à Corbeil-Essonnes.

13 sénateurs ont voté contre, 12 pour et 1 s'est abstenu. Il y avait 12 sénateurs de droite et 14 de gauche (socialistes, radicaux, communistes): cela implique que 2 sénateurs de gauche ont voté pour que justice ne puisse être rendue et que Dassault l'ultra-pourri puisse continuer à dormir sur ces deux oreilles. 

Pierre Laurent a parlé d'une " décision lamentable qui déshonore les valeurs de la République. La droite qui a fait bloc et les sénateurs de gauche qui ont manqué à ce vote sont indignes. Je suis scandalisé. Les 3 sénateurs du groupe CRC, membres de cette commission, se sont, quant à eux, battus pour la levée de cette immunité et ont voté pour. Les électeurs de Corbeil-Essonne doivent sanctionner les pratiques du sénateur Dassault et voter pour la liste de rassemblement conduite par Bruno Piriou".

pierre-laurent-pcf

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 21:50

Ils privatisent même le chômage! (un dossier Politis – 16 au 22 janvier 2013)

 

L'ensemble de l'assurance chômage (Unedic et Pôle emploi), un des piliers de la protection sociale, est en danger. La négociation entre patronat et syndicats autour d'une nouvelle convention Unedic pour 2014-2017 débute le 17 janvier. Elle se déroulera sur deux mois pour décider du sort de l'indemnisation des chômeurs, du financement de l'assurance chômage et de Pôle Emploi, établissement public chargé de l'accompagnement et du placement des demandeurs d'emploi ainsi que de leur indemnisation. Face à l'explosion du chômage et de la précarité, le gouvernement laisse s'organiser une privatisation du service public de l'emploi. Les moyens donnés à l'Unedic, qui accuse un lourd déficit, et à Pôle Emploi sont dérisoires. Il n'est plus question d'égalité d'accès à la recherche d'emploi sur les territoires. Nous révélons ainsi que Pôle Emploi consacre plus d'un milliard d'euros à l'externalisation de ses missions d'intérêt général à des entreprises privées. Lesquelles proposent de coûteux programme d'accompagnement à l'emploi et d'insertion professionnelle, mais aussi des services aux entreprises en cours de restructuration qui veulent se débarrasser de leurs salariés.

L'opérateur public est engagé dans une réforme qui ne satisfait ni les agents, ni les demandeurs d'emploi, ni les entreprises. Les propos de François Hollande lors de ses vœux, ciblant les coûts sociaux du « pacte de responsabilité » proposé au Medef, ne sont pas faits pour rassurer. Il faut « moins de contraintes sur les activités » a notamment déclaré le président de la République. Or, le financement des allocations-chômage est, pour le Medef, une de ces « contraintes ». C'est donc le sort de l'assurance chômage qui se joue dans les prochains mois.

Thierry Brun

 

Le marché du non-emploi

Les moyens manquent pour Pôle emploi et le système d'assurance chômage. Conséquence, de plus en plus de prestations sont sous-traitées au secteur privé, coûteux et peu efficace.

« Lors de son rendez-vous, je dis au chômeur que je n'ai pas le temps de le recevoir et je lui propose de rencontrer un cabinet privé. Je vais donc faire une lettre de commande et prendre contact avec ce cabinet. Le rendez-vous sera facturé 800 euros à Pôle emploi. En cas de retour à l'emploi de plus de trois mois, six mois ou CDI, une prime sera versée », raconte Jean-Charles Steyger, conseiller à l'emploi à Nantes et délégué national du SNU Pôle emploi. Les entreprises concernées par ce genre de prestations sont des mastodontes comme Altedia, Sodie, Ingeus, Manpower, Randstad, des opérateurs privés spécialisés dans le reclassement, l'accompagnement de chômeurs et l'intérim...

En outre, les démarches du demandeur passent non seulement par Pôle-emploi.fr mais aussi par les sites internet de recherche d'emploi comme Indeed, Leboncoin, Monster, Cadremploi, Meteojob, Doyoubuzz, etc. Ces entreprises se taillent la part du lion dans le marché des prestations de services aux chômeurs...

De nombreuses prestations de Pôle emploi ne relèvent plus de sa mission d'égalité d'accès aux droits des chômeurs. « Ils n'attendent rien de Pôle emploi. C'est une machine à décourager les sans-emploi. Tout est fait pour qu'ils ne viennent plus en agence », avoue amèrement Jean-Charles Steyger. Pour compléter ce sombre tableau du service public de l'emploi, les compagnies d'assurance, comme Axa, ainsi que les industriels de différents secteurs, comme l'industrie automobile, ont investi le vaste marché de l'assurance chômage en proposant des assurances « perte d'emploi » aux chefs d'entreprise, aux artisans et surtout aux salariés aux revenus confortables.

Les assureurs privés présentent leur offre comme une complémentaire à l'assurance chômage pilotée par l'Unedic, organisme géré par le patronat et les syndicats, qui contribue en grande partie au financement de Pôle emploi. « Axa a même été chargé d'étudier la privatisation de l'assurance chômage », s'inquiète un syndicaliste à Pôle emploi...

Alors que le nombre de demandeurs d'emplois a bondi, les opérateurs privés cherchent à capter la manne de plusieurs dizaines de milliards d'euros et de protection des assurés contre le chômage. Car rien ne va plus au sein de l'Unedic, qui détermine le niveau d'indemnisation des chômeurs. Ses prévisions confirment « l'échec de la convention d'assurance chômage 2011-2013 », accusent les associations de chômeurs. Le déficit annuel de l'assurance chômage atteindrait 5,6 milliards d'euros en 2014, portant la dette à 24,1 milliards d'euros.

Le système est en train d'exploser du fait de la crise économique et de l'augmentation du nombre de demandeurs inscrits à Pôle emploi. Or, sur les 5,2 millions inscrits (y compris les Dom) fin novembre 2013, « seulement 40% sont indemnisés, pour des durées manifestement trop courtes puisque 41% des arrêts d'indemnisation sont motivés par une fin de droit et non par une reprise d'emploi (31%), même précaire » déplore l'association Agir ensemble contre le chômage (AC).

« La France brade les services aux chômeurs. On est dans le low cost pour les entreprises et pour les chômeurs », s'indigne Jean-Charles Steyger... « Nous vivons au quotidien la transformation du service public de l'emploi en enfer kafkaïen: 10000 radiations de plus entre septembre et octobre 2013 », lance le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP).

Pôle emploi, qui a lancé fin 2013 une consultation sur le recours aux opérateurs de placement de chômeurs, ne voit aucun inconvénient à la privatisation rampante. « La mobilisation des opérateurs privés dans un contexte de forte montée du chômage constitue pour Pôle emploi un moyen d'adaptation de ses capacités à la conjoncture », avoue même avec un certain cynisme la direction de Pôle Emploi, dans une note interne datée de novembre 2013, que Politis s'est procurée ».

« Il faudrait prévenir qu'à Pôle emploi on n'offre pas du travail, on accompagne les demandeurs d'emploi. Seuls 15% des recrutements des entreprises se font par Pôle emploi, service public national! Si encore les entreprises étaient obligées d'y déposer leurs offres » Mais cette obligation a été levée sous la présidence de Jacques Chirac. Un tiers seulement des offres passeraient par Pôle emploi. Ce qui laisse un boulevard au secteur privé.

« Pôle emploi fait des économies sur tout, même sur le papier: des lettres de radiation, par exemple, partent par la Poste. Elles sont violentes, les gens ne les loupent pas. Mais les convocations se font via le site de Pôle emploi. Or, un mail ça se rate » (Jacques, ancien conseilleur « service relation client à Pôle Emploi)

 

 


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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 20:53
Nous vous adressons avec le lien ci-dessous une pétition initiée par l’Union Confédérale des Retraités CGT à adresser au Président de la République.
Elle rappelle notre exigence de revalorisation des pensions de retraites.
Avec les transferts de charges des entreprises vers les ménages , cette exigence prend encore plus de force.
Une manifestation est prévue le 1er avril pour faire entendre cette nécessité qui va de pair avec la revalorisation des salaires.
La CGT considère que c’est un des leviers pour relancer la production par la consommation et ainsi lutter réellement contre le chômage. Les distributions de milliards aux plus grandes entreprises n’alimentent que la bulle financière qui est la cause des dettes des Etats.
nov 2010
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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 08:37

A l’initiative de Solidaires, Attac, la Fondation Copernic, l’UFAL, Les Economistes atterrés, Femmes Egalité, Les Effronté-e-s, le MNCP, le MPEP, le Front de Gauche (PG, PCF, Ensemble, PCOF, GU, R&S) et le NPA, un collectif "STOP À LA HAUSSE DE LA TVA" a été créé - en voie d’élargissement et promis, dans une deuxième temps, à se saisir de la question globale de la fiscalité. 


Une PÉTITION a été lancée, exigeant l’annulation de la hausse de la TVA.

Vous pouvez la
signer ici : www.stop-tva.fr

Elle se présente aussi sous la forme d’
une CARTE POSTALE à envoyer au président de la République, que vous trouverez ci-dessous en pdf.


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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 07:44
Ouest-France, 15 janvier 2014
Le "pacte de responsabilité" pour les entreprises passé à la loupe
Le président de la République a donné sa troisième grande conférence de presse depuis le début de son quinquennat, ce mardi à l'Elysée. Parmi les annonces attendues, le détail du "pacte de responsabilité" adressé aux entreprises. Les commentaires point par point de Pierre Cavret, journaliste à Ouest-France. Et la réaction du Medef de Bretagne.
Le président François Hollande lors de sa troisième grande conférence de presse depuis le début de son quinquennat. DR
Suppression des cotisations familiales

Après avoir réclamé 100 milliards d’euros de baisse de charges, Pierre Gattaz, le président du Medef, a baissé ses prétentions en parlant d’une trentaine de millions. Hier, il a promis un million d'emplois en cinq ans en échange de 30 Milliards d’euros d'allégement de charges. Le président François Hollande promet de mettre fin "d'ici 2017" aux cotisations familiales pour les entreprises et les travailleurs indépendants. "Cela représente 30 milliards d'euros de charges", a affirmé le chef de l'Etat. La question est de savoir comment et où il « tapera » dans les dépenses publiques. D’où l’annonce d’un conseil stratégique de la dépense publique. La dépense publique est de 1 000 milliards d’euros en France dont 600 millions pour les seules dépenses sociales.

« C'est sur l'offre qu'il faut agir »

Les prévisions de croissance sont de 0,9 % pour 2014. Pas suffisant. Le président François Hollande, dont la priorité et la boussole reste l’emploi, sait qu’il faut au moins 1,5 % de croissance et dans la durée pour créer des emplois « vertueux ». Il veut jouer sur tous les tableau et estime aussi que "c'est sur l'offre qu'il faut agir" pour que la France "produise plus, produise mieux". Alors que la France subit des vagues de plans sociaux, que 1 000 emplois sont perdus chaque jour, comment croire à une France plus productrice demain avec 34 plans industriels engagés seulement alors que le pays subit une désindustrialisation galopante depuis une trentaine d’années et que les investisseurs étrangers hésitent avant de s’engager eu égard à une fiscalité trop lourde ?

« Pas de transfert de charges sur les ménages »

Le président François Hollande a assuré qu'il n'y aurait pas de "transfert de charges des entreprises vers les ménages", dans le cadre des économies dans la dépense publique. Les économies doivent être "un préalable à toute baisse d'impôts", a déclaré le chef de l'Etat, ajoutant que celles-ci ne devaient pas "se traduire par un transfert de charges de l'entreprise vers les ménages, qui ne le supporteraient pas". À juger sur pièces.

Le pacte de responsabilité lancé le 21 janvier

Aller vite, sous-entendu, ne plus perdre de temps sur la baisse des charges, la simplification, la réforme fiscale ? En ce sens, le président Hollande veut passer des paroles aux actes. Ainsi, le 21 janvier, le pacte de responsabilité sera "officiellement lancé" . "Les partenaires sociaux seront reçus dans les jours suivants par le Premier ministre (Jean-Marc Ayrault) et les ministres concernés. Il s’agit là de rassurer les syndicats alors que le Medef donne le sentiment d’être à la manœuvre. La CFDT et d’autres centrales ne veulent pas de ce qu’elles appellent déjà un mano a mano avec le gouvernement. Avant la fin du mois de janvier ,les assises de la fiscalité des entreprises seront installées par Jean-Marc Ayrault annonce aussi le président tout en précisant que "le Haut conseil du financement de la protection sociale, celui qui doit réfléchir au mode de financement, donnera un premier rapport fin février".

Un virage politique

Social libéral, social-démocrate ? François Hollande botte en touche. « Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c'est tout le contraire ». Pour autant son pacte de responsabilité, mis en avant dans cette conférence, en dit long sur son virage. Sauf à n’y voir que du marketing politique ? Pour rassurer le corps social  et concernant la méthode, il précise que le débat passera par « le dialogue social ». Le ministre du Travail Michel Sapin a dit, récemment, qu’il mènerait  la négociation en personne. À l’image de ce qui avait été fait pour la réforme des retraites et celle de la formation professionnelle.

Préserver la Sécurité sociale

En évoquant ce dossier lors de ses voeux télévisés, François Hollande avait surpris en évoquant des « abus et excès ». Fin 2014, le déficit s'élèvera à 12,8 milliards d’euros, malgré de gros efforts, et le déficit cumulé frisera les 150 milliards. La Sécu, dont les comptes n'ont pas été à l'équilibre depuis... 2001, est"au coeur de notre pacte républicain et j'entends la préserver parce que c'est le bien commun de ceux qui n'ont pas d'autres biens (...) nous devons lutter contre les fraudes et les abus. Il y en a toujours." Ces abus représentent 600 millions d'euros. "Ce qu'il faut c'est réduire la multiplication des prescriptions, des actes médicaux redondants, des médicaments qui en France nous font connaître des records de consommation", a souligné Frabçois Hollande. "C'est au prix de cet effort que nous pourrons garantir le modèle social de notre service public. » Il n’a pas tort.

L'avenir du CICE en question

Les PME ? Des priorités. La France soutiendra ses grandes entreprises. Mais ce sont les PME qui créent de l’emploi et assurent  la vie et l’équilibre économique et social dans les territoires. Quel est l’avenir  du Crédit impôt compétitivité emploi ? "C’est à peu près 12 milliards d’euros redistribués eux entreprises en 2014, 20 milliards en 2015", déclare François Hollande.  En, 2016 ? "On verra". Mais il n’est pas impossible que le CICE soit reprofilé. L’hypothèse d’une refonte ou d’une bascule vers une baisse de charges est du domaine du possible. Pour que l’investissement revienne et que la confiance reparte, il faudra évidemment que le gouvernement fasse des arbitrages et engagent vraiment bon nombre d’économies dans les dépenses publiques. Sans oublier d’aider fortement les PME, parties prenantes du pacte de responsabilité et désireuses, elles aussi, d’un choc de simplification et d’une réforme fiscale adaptée.


Fin des cotisations sociales : « Une agréable surprise » pour le Médef Bretagne

Le Président de la République a annoncé, aujourd’hui, la fin des cotisations familiales pour les entreprises et les indépendants d’ici à 2017. Pour Joël Chéritel, président du Medef Bretagne, c’est « une agréable surprise » : « C’est une proposition que le Medef met en avant depuis longtemps. »
Patron de Retis, une entreprise de 140 personnes située à Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) et spécialisée en infrastructure de réseaux et de communications, Joël Chéritel a fait ses comptes : « Si je prends l’année 2013 et que je retire les cotisations familiales, cela représente pour moi une économie de 274 000 €. »
Le patron du Medef Bretagne remarque également que le chef de l’État n’a pas remis en cause le principe du Crédit impôt compétitivité emploi, « soit pour moi 150 000 € sur un an ». Deuxième bonne nouvelle, donc : « Avec ces charges en moins sur les entreprises, on va pouvoir créer de l’emploi et faire de meilleures marges. Tant mieux, puisque nous avons sur cette question du retard sur nos voisins. »
Joël Chéritel se félicite également de la volonté de réduire les dépenses de l’État, et notament de la question du regroupement des régions.

 

Reccueilli par Guillaume BOUNIOL.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 07:36

 

 

L’hypothèse d’une grave défaillance à l’Élysée sur la sécurité du chef de l’État dans l’affaire de la rue du Cirque se renforce. Car les liens personnels avec le grand banditisme corse d’Emmanuelle Hauck, la “logeuse” de François Hollande pour ses rencontres secrètes, se révèlent étroits. Mediapart publie plusieurs témoignages policiers et documents judiciaires.

 

Charlie-Hebdo-1126.jpg

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 09:39

Humanité du 7 janvier : l'édito de Patrick Apel-Muller.

La droite aimait, selon François Mitterrand, les socialistes sans socialisme. François Hollande les préfère désormais avec le libéralisme.

Ses vœux à l’orée de 2014 ne manifestent pas un tournant politique –il a été pris quelques mois après son élection– mais ils l’expriment sans fard. Priorité aux revendications du grand patronat, austérité pour les Français, baisse du budget des collectivités… À quelques heures de son réveillon du 31 décembre, le président du Medef, Pierre Gattaz, était rassasié avant le festin, gavé, au bord de l’écœurement… «Satisfait», il a «même applaudi».

Ce n’est pas le cas d’une majorité de Français qui voient se profiler une année 2014 inquiétante, placée sous le signe d’une hausse de la TVA, le plus injuste des impôts puisqu’il pèse proportionnellement plus lourd sur les ménages modestes. Ce programme est à mille lieues des promesses de son meeting du Bourget et tout aussi éloigné de ce que le Parti socialiste avait décidé lors de son dernier congrès. Le président de la République a décidé de changer le PS contre son gré, contre le vote de ses représentants, en s’appuyant sur les pouvoirs de nuisance dont le quinquennat l’a doté à l’égard des députés. Sa majorité à l’Assemblée a partie liée avec lui, répète-t-il en confidence, et ne peut prendre de distance à son égard sous peine de sombrer avec lui. Ce chantage s’imposera-t-il à toutes les consciences? Cela n’est pas certain. Si certains de ses amis préfèrent ne rien voir à cette dérive qui l’amène dans les eaux troubles d’un Tony Blair ou d’un Gerhard Schröder, d’autres s’inquiètent ouvertement. C’est le cas de Delphine Batho, l’ancienne ministre de l’Environnement, virée pour avoir critiquéle budget de l’État: «Un mot a disparu, celui du changement. Il s’agit d’une sorte de tournant idéologique. Pour la première fois depuis le début du quinquennat, cette évolution est assumée. Je suis assez surprise que cette évolution ne soulève pas davantage de questions. C’est plus profond qu’une opposition entre l’aile droite et l’aile gauche, il n’y a plus de projet de société, plus d’objectif de transformation.»

En fait, pour de nombreux militants et électeurs socialistes ou d’EELV, engagés quotidiennement dans des syndicats ou des associations pour changer la vie, c’est la sidération qui l’emporte. Le vernis du réalisme sous lequel se masquaient les abandons se craquelle. Le président de la République ne vient-il pas de décider de légiférer par décrets et ordonnances –l’autoritarisme incarné!– pour éviter que s’expriment des voix différentes au Parlement et pour limiter les réactions populaires possibles? Pour beaucoup qui rêvent toujours de justice et d’égalité, le choc se traduit par moins de militantisme et du fatalisme. Sans doute réagiront-ils aux bouffées antisémites de Dieudonné, aux menaces brunes qui se profilent. Mais ils sont assez lucides pour mesurer ce qui alimente le désespoir sur lequel ces haines prospèrent. Ils n’ignorent pas l’envolée des profits et des revenus financiers sanctuarisés, tandis qu’une chasse au « coût du travail » a été lancée, c’est-à-dire une pression incessante sur sa rémunération. Ce sont ceux qui gagnent leur vie qui perdent tous les jours… La confiance dans la politique s’effrite et le sens des mots se délite.

C’est pourquoi s’ouvre un véritable chantier de reconstruction pour le Front de gauche. En faisant siennes les préoccupations populaires, en montrant comment il faut faire du neuf du sol au plafond, en unissant les bonnes volontés dans leurs différences, en permettant au mouvement populaire de décider souverainement des transformations, en cherchant en permanence la construction de rassemblements majoritaires, il sera autre chose qu’un témoignage pour devenir un projet collectif et une espérance.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 21:08
Communiqué du Front de Gauche après les voeux de Hollande.

Pour ses vœux 2014 aux Français, le Président de la République a décidé de maintenir le cap de la compétitivité et de renforcer son pas de deux avec le MEDEF !

« Moins de charges sur le travail, moins de contrôles sur les activités et en contrepartie plus d'embauches et de dialogue social ». Le pacte de responsabilité proposé aux entreprises s'inspire directement des propositions patronales et fait déjà le bonheur de Pierre Gattaz qui attend mi janvier pour découvrir les nouveaux cadeaux fiscaux et les nouveaux allègements de charges qui lui seront octroyés.

Inversement, dans les propos de François Hollande, on ne retrouve aucune référence à la souffrance sociale, nulle empathie envers une population qui a déjà été durement touchée par la précarité et le chômage ; pas la moindre référence aux organisations syndicales ! Et la reprise du discours patronal sur les prétendus "abus" de la Sécu !

Au contraire, la perspective d'avancer par décrets pour accélérer le mouvement de réformes, de procéder à de nouvelles réductions dans les dépenses publiques impactant directement les collectivités locales et la protection sociale vient encore rétrécir l'espace des solidarités.

Et que dire des deux seuls changements intervenus au 1er janvier 2014 : la hausse de la TVA et l'acharnement du procureur contre les 5 de Roanne alors même qu'aucune lois d'amnistie n'a été votée depuis juin 2012!

Bref, Hollande et son gouvernement ont choisi d'accentuer encore le cours libéral de leur politique, au mépris de l'urgence sociale 

Le Front de gauche s'oppose à la politique libérale de ce gouvernement dont l'orientation nourrit la désespérance et fait le lit de l'extrême droite.

Les voeux d'Hollande, c'est l'accélération d'une politique de droite. 

Les nôtres, c'est la construction d'une alternative de gauche dans les mobilisations et les échéances électorales.

 

Le 7 janvier 2014.

 

bandeau Front De Gauche

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:07
Smic et TVA : les détestables étrennes de François Hollande

|  Par Laurent Mauduit

Au 1er janvier, la TVA sera relevée et le Smic ne bénéficiera d'aucun « coup de pouce ». Les promesses de Hollande tombent aux oubliettes. Parti pris contre une politique qui aggrave les fractures sociales. 

Les quelque 3 millions de salariés français qui sont payés au Smic et qui ont cru aux promesses de François Hollande pendant la campagne présidentielle en sont pour leurs frais : il n’y aura pas de « coup de pouce » le 1er janvier prochain en faveur du salaire minimum. Bien que le pouvoir d’achat soit en chute libre dans des proportions sans précédent depuis 1984, et que la hausse de la TVA qui entrera en vigueur en début d’année ponctionnera encore davantage les revenus des ménages, ainsi en a décidé le gouvernement. Ces deux mesures qui prendront effet le même jour – le veto à tout coup de pouce en faveur du Smic et le relèvement de la TVA –  fonctionnent comme des indices lourds et concordants. Les indices que le gouvernement est en vérité assez indifférent aux souffrances sociales qui traversent le pays.

Pour la TVA, l’affaire est bouclée depuis longtemps. François Hollande, après avoir vivement dénoncé durant la campagne présidentielle le « choc de compétitivité » en faveur des entreprises mis en chantier par Nicolas Sarkozy, ainsi que la hausse de la TVA décidée pour le financer, a radicalement tourné casaque. Violant toutes ses promesses de campagne, le chef de l’État a finalement décidé d’accorder 20 milliards d’euros aux entreprises sous la forme de crédit d’impôt, sans contrepartie ni condition. Et toujours pour financer la mesure, François Hollande a décidé de faire l’exact contraire de ce qu’il avait promis, en relevant massivement la TVA de 8 milliards d’euros, à compter du 1er janvier 2014 (lire La TVA, l’impôt de l’injustice et du reniement).

On aurait pu penser, dans un contexte d’effondrement du pouvoir d’achat que la hausse de la TVA va accentuer, que le gouvernement ferait au moins un petit geste à l’occasion de la revalorisation du Smic, intervenant ce même 1er janvier. Un petit geste, pour amortir un tout petit peu la ponction sur les revenus que va constituer cet immense cadeau fait aux entreprises. Car, chaque 1er janvier, la loi offre au gouvernement la faculté d’aller au-delà de le revalorisation automatiques obligatoire, qui est indexée sur l’inflation et la moitié du pouvoir d’achat ouvrier. Et c’est cette faculté d’aller au-delà du minimum légal que l’on appelle le « coup de pouce ».

Et pourtant non ! À l’occasion de la tenue, ce lundi 16 décembre, de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), qui a réuni syndicats et patronat autour du ministre du travail, Michel Sapin, ce dernier a confirmé que le gouvernement s’en tiendrait à la revalorisation automatique prévue par la loi, sans donner de « coup de pouce » complémentaire. En clair, le salaire minimum passera de 9,43 à seulement 9,53 euros brut de l’heure, au 1er janvier prochain, ce qui portera à 1 445,38 euros le salaire brut mensuel – au lieu de 1 430,22 – pour les salariés aux 35 heures.

Avec la TVA et le Smic, ce sont de détestables étrennes que François Hollande va offrir aux Français à l’occasion du 1er janvier 2014. D’autant plus détestables que, dans le cas du Smic, le chef de l’État confirme une nouvelle fois que sa doctrine économique, c’est dans la boîte à outils des néolibéraux qu’il va la puiser. Que l’on se souvienne ! C’est dans le courant des années 1990 qu’une ribambelle d’experts commencent à partir à l’assaut du Smic. Pour le compte de l’ex-Fondation Saint-Simon, Denis Olivennes, à l’époque haut fonctionnaire, devenu depuis le patron du pôle médias du groupe Lagardère, écrit ainsi en février 1994 une note qui fait grand bruit. Intitulée « La préférence française pour le chômage », et publiée peu après par la revue Le Débat (1994, n° 82), elle défend la thèse très libérale selon laquelle des salaires trop élevés en France ont contribué à pousser le chômage à la hausse. La démonstration est en vérité très contestable, car depuis le tournant de la « rigueur » des années 1982-1983, c'est à l'inverse la « désindexation compétitive » (en clair, la rigueur salariale) qui est l'alpha et l'oméga des politiques économiques conduites par la droite et par la gauche.

Il n'empêche. Au sein de la deuxième gauche, la note fait sensation. Mais tout autant à droite, notamment dans les rangs des partisans d'Édouard Balladur. À l'époque, ce dernier prépare sa rupture avec Jacques Chirac et veut commencer à dessiner ce que pourrait être son programme de candidat à l'élection présidentielle. Pour cela, il a l'idée d'utiliser un ami… Alain Minc : il le nomme à la présidence d'une commission qui, sous l'égide du commissariat général du plan, est chargée d'élaborer un rapport sur « La France de l'an 2000 ».

Pour Alain Minc, qui devient à quelques mois de l'élection présidentielle de 1995 président du conseil de surveillance du Monde, l'offre ne peut mieux tomber. À la tête du plus prestigieux des quotidiens français qu'il va pouvoir instrumentaliser à sa guise ; en position, au travers d'AM Conseil, de conseiller une bonne partie des patrons du CAC 40 ; et maintenant à la tête de la commission chargée d'élaborer le programme de celui des hommes politiques qui est donné favori à l'élection présidentielle : c'est pour lui la consécration. À la tête de cette commission du Plan, il se jette dans la campagne présidentielle.

Minc et Olivennes pour précurseurs

Et de qui s'inspire-t-il pour conduire les travaux de sa commission ? On l'aura deviné : de Denis Olivennes ! Faisant sienne la thèse de la note de la Fondation, le rapport de Minc recommande une politique de rigueur accentuée : « La société française a fait, consciemment ou non, le choix du chômage […] La Commission pense que le coût salarial par tête […] doit augmenter moins vite que la productivité. » Et d'ajouter, au sujet du Smic : « La Commission a fait le choix d'une solution “raisonnable” : au minimum, remettre en cause le principe des coups de pouce […] ; et au maximum, revenir à la simple indexation sur les prix » (au lieu du dispositif légal qui prévoit chaque 1er juillet une indexation sur les prix, majorée de la moitié de la hausse du pouvoir d'achat du salaire ouvrier). C'est bel et bien l'austérité salariale que recommande Alain Minc.

Dès cette époque, Alain Minc, très proche d'Édouard Balladur et de son bras droit Nicolas Sarkozy, travaille main dans la main avec Denis Olivennes. L’un et l’autre font partie des cibles de Jacques Chirac quand il part en guerre contre la « pensée unique » (lire Alain Minc et Denis Olivennes célèbrent la « pensée unique »).

Puis, dans le courant des années 2000, c’est un économiste moins connu, Gilbert Cette, dont le port d’attache est la Banque de France, qui prend le relais, multipliant les rapports en faveur d’un démantèlement du Smic. Longtemps proche de Martine Aubry et aujourd’hui président de l’Association française de science économique, il s’illustre en applaudissant bruyamment la politique d’austérité salariale conduite lors du précédent quinquennat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est violente.

Pour la première fois depuis la création du Smic en janvier 1970 (il est le prolongement du Smig, créé lui en 1950), Nicolas Sarkozy fait en effet le choix de ne procéder à aucun « coup de pouce » en faveur du salaire minimum. Multipliant les cadeaux fiscaux à ses richissimes amis du Fouquet’s, il se montre d’une rigueur extrême à l’encontre des salariés les plus modestes. Et durant toutes ces années, l’économiste Gilbert Cette appuie non seulement cette politique socialement inéquitable, mais de surcroît, il plaide déjà pour que le salaire minimum soit remis en cause. Avec deux autres économistes, à l'époque membres comme lui du Conseil d’analyse économique, il  cosigne ainsi en mars 2008 un rapport, révélé peu après par Mediapart (lire Un rapport officiel veut casser le Smic), proposant de remettre en cause le salaire minimum.

Et le plus stupéfiant de l’histoire, c’est que Gilbert Cette reste pour la direction socialiste un économiste parfaitement fréquentable. Dans un premier temps, on peut certes penser qu’il a perdu un peu de son autorité académique. Car, au printemps 2011, quand le projet socialiste est élaboré (on peut le consulter ici), c’est une orientation radicalement opposée qui prévaut. À la page 14 de ce document, l’engagement est en effet clairement consigné : « Le Smic constitue un levier à court terme pour améliorer les conditions de vie des plus modestes et stimuler la consommation. La revalorisation de son pouvoir d’achat sera engagée après des années d’abandon par la droite. »

Mais, durant l’été 2011, alors que se préparent les primaires socialistes, François Hollande et ses proches débattent du sujet et ne manifestent guère d’enthousiasme pour cette revalorisation du Smic. Et cela transparaît publiquement quand François Hollande organise le 24 août 2011, à la Maison de l’Amérique latine, une première réunion avec des économistes qui lui sont proches (lire L’énigme François Hollande).

L’un des économistes présents, en effet, n’est autre que… Gilbert Cette, que l’on voit apparaître dans la vidéo ci-dessous, résumant les travaux de cette journée aux côtés de Karine Berger ou encore d’une personnalité qui deviendra ministre du budget, un certain… Jérôme Cahuzac.

 

Ce 24 août 2011, Gilbert Cette repart à la charge contre le Smic. Et le plus étonnant, c’est que ce qu’il dit est retenu comme parole d’évangile. On en trouve trace dans le compte-rendu officiel (il est ici) de la troisième table ronde qui a lieu ce jour-là, dénommée – ce n’est guère enthousiasmant ni mobilisateur –, « Concilier pouvoir d’achat, compétitivité, et consolidation des finances publiques ».

Cela commence par l’énoncé suivant : « Cette troisième table ronde a permis de définir des pistes de conciliation entre, d’une part, la sauvegarde du pouvoir d’achat et, d’autre part, deux forces contraires : un regain de compétitivité qui plaide pour une modération salariale et un contexte de sobriété budgétaire susceptible de toucher les dépenses dont bénéficient les foyers modestes. »

Autrement dit, la table ronde fait siens tous les poncifs réactionnaires de la politique libérale, qui a été le socle des politiques économiques suivies par la droite comme par la gauche depuis le virage de 1982-1983 : une politique salariale trop généreuse fait le lit du chômage et nuit à la compétitivité. Cela a été en particulier le credo de Pierre Bérégovoy comme celui d’Édouard Balladur. Il faut donc conduire une politique de l’offre plutôt qu’une politique de la demande. Tout est dit dans cette formule : il faut privilégier « un regain de compétitivité », et cela « plaide pour une modération salariale ».

Et le compte-rendu officiel poursuit : « S’agissant des classes populaires, les participants font le constat d’un tassement de l’échelle des salaires lié à une progression du Smic plus rapide que celle du salaire médian. Les intervenants se sont accordés pour dire qu’un Smic élevé n’est pas le meilleur outil de soutien aux plus modestes, les dispositifs de solidarité de type RSA ou PPE étant mieux adaptés car sans incidence directe sur le coût du travail. Ces outils pourront être évalués et ajustés, mais les moyens qui leur sont alloués devront être ménagés afin que la phase de désendettement ne génère pas de nouvelles inégalités. » Plus brutalement dit, si « un Smic élevé n’est pas le meilleur outil », on peut en déduire qu’il ne faudrait pas donner de « coup de pouce » au Smic.

Les ravages de la doxa libérale

En quelque sorte, les économistes proches de François Hollande donnent donc raison, sans le dire ouvertement, à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir donné de « coup de pouce » au Smic et prennent leur distance avec le projet du PS.

Quand François Hollande publie son programme présidentiel en janvier 2012, il n’est ainsi pas fait mention d’un « coup de pouce » au Smic : le candidat socialiste viole ouvertement le projet de son propre parti et fait quasiment l’impasse sur la question du pouvoir d’achat. Tout juste préconise-t-il quelques mesures : « 1. Une nouvelle tarification progressive de l'eau, du gaz et de l'électricité ; 2. Baisse des frais bancaires et valorisation de l’épargne populaire ; 3. Lutte contre la spéculation sur les prix de l'essence ; 4. Fiscalité : protéger le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires ; 5. Augmentation de 25 % de l'allocation de rentrée scolaire ; 6. Encadrement des loyers ; 7. Baisse du prix des médicaments. » Mais du Smic, il n’est pas question (lire Pouvoir d’achat : le débat escamoté).

Dans les semaines qui suivent, François Hollande devine-t-il pourtant que l’élection présidentielle est très serrée et qu’il aurait tout de même intérêt à prendre un engagement, aussi modeste soit-il, sur le Smic, face notamment à Jean-Luc Mélenchon qui prône un « Smic à 1 700 euros brut par mois pour 35 heures, conformément aux revendications syndicales, et 1 700 euros net pendant la législature » ? C’est donc ce qu’il fait : du bout des lèvres, durant la campagne, il consent finalement à dire qu’il est favorable à un « coup de pouce », même si ce n’est pas consigné dans son programme, mais uniquement pour 2012.

Quelques jours après sa victoire à l’élection présidentielle, à l’occasion de son premier entretien télévisé sur France 2, il n’a donc d’autres solutions que de dire qu’il tiendra parole et que le Smic sera revalorisé au 1er juillet suivant. Mais déjà, on sent percer dans le propos présidentiel une infinie précaution.

Et dans les jours qui suivent, on comprend vite que François Hollande est totalement en arrière de la main : le gouvernement annonce en effet que le 1er juillet 2012, le salaire minimum ne sera revalorisé que de 2 %, soit, hors inflation, un « coup de pouce » de seulement 0,6 %. À la différence de tous les gouvernements qui se sont donc constitués au lendemain d’une alternance et qui se sont souvent montrés très généreux, y compris les gouvernements de droite (+4 % en 1995, lors de la constitution du gouvernement Juppé, par exemple), celui de Jean-Marc Ayrault caresse le « peuple de gauche » totalement à rebrousse-poil et ne consent qu’à une minuscule aumône. Le « coup de pouce » accordé par François Hollande correspond en effet à une revalorisation du Smic de 6,45 euros par mois ou si l’on préfère d’environ… 20 centimes par jour ! Une misère…

Et dans la foulée, le gouvernement fait clairement comprendre que le temps de ces maigres générosités est définitivement révolu et qu’un groupe d’experts en charge des recommandations sur le Smic va se mettre au travail d’ici la fin de l’année afin de proposer une réforme de l’indexation du Smic.

Sans même attendre que le groupe d’experts dont il fait partie réponde à la sollicitation du gouvernement, le même Gilbert Cette décide donc de partir en éclaireur et de rédiger un premier rapport de son cru, avec l’aide d’un autre économiste, Étienne Wasmer, sous l’égide de Sciences-Po. Cet économiste, Étienne Wasmer, est comme Gilbert Cette, membre du groupe des experts chargés de faire des recommandations sur le Smic. Publié dans le courant du mois de novembre, ce rapport est un véritable brûlot – on peut le consulter ici.

En clair, les deux experts explorent de nombreuses pistes pour démanteler le Smic, soit en le régionalisant, soit en créant un Smic-jeune de sinistre mémoire. Et une fois constitué, le groupe d’experts reprendra très largement ces pistes de réflexions défendues par les deux économistes.

Pour finir, le gouvernement n’osera pas suivre ces recommandations sulfureuses. Mais il fera au moins sienne la première des recommandations : pas de coup de pouce ! Pas le moindre. Voilà donc qui éclaire la décision prise pour le 1er janvier 2014 : le reniement de François Hollande s'inscrit dans une histoire longue.

La décision est d’autant stupéfiante que de nombreux autres experts en contestent également de longue date la pertinence économique. C’est le cas sans trop de surprise des économistes de la gauche radicale ou proches des syndicats, à l’image de l’économiste de l’Institut de recherche économique et social (Ires), Michel Husson, qui, conseillant la CGT, défend depuis longtemps l’idée que la hausse du Smic a des effets vertueux. Mais l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a, de son côté, publié plusieurs études dans le courant de la crise économique allant dans le même sens, contestant que des hausses du salaire minimum aient des effets pernicieux (lire Smic: l'OFCE met en cause la doxa officielle).

Et pourtant, les dirigeants socialistes font la sourde oreille et s’accrochent à une doctrine qui a tout contre elle. Politiquement : elle est à rebours des engagements du candidat Hollande. Économiquement : elle va peser sur le pouvoir d’achat et donc renforcer les risques de stagnation. Et surtout socialement :  dans un pays qui connaît près de 5,5 millions de demandeurs d’emplois toutes catégories confondues et pas loin de 10 millions de pauvres, elle va à l’opposé du souci d’équité.

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 06:58

POUR LES FÊTES DE FIN D’ANNÉE...
 QUELLE SERA VOTRE PRIME ?
 

 

Canard Enchaîné .« Bon appétit Messieurs, oh "Ministres intègres" » !
Il y a de quoi en tomber à la renverse ! Charité bien ordonnée commence par soi-même ", n'est-il pas vrai ?
 Jean-Marc Ayrault accorde 20 millions € de primes à ses Ministres et leurs collaborateurs… Ces gens qui nous parlent de crise aujourd'hui, d'économies, de restrictions de solidarité, de sacrifices, devraient commencer par eux-mêmes…
Voici les budgets-primes accordés aux Ministres du Gouvernement :
Jean-Marc Ayrault -   5 850 000 EUR Effectif Total : 456 soit 12 829 EUR par personne.
Laurent Fabius -        1 091 082 EUR Effectif Total : 150 soit   7 274 EUR par personne.
Manuel  Valls -           1 547 452 EUR Effectif Total : 252 soit   6 141 EUR par personne.
Christiane Taubira ->   983 000 EUR Effectif Total : 169 soit   5 817 EUR par personne.
Jean-Yves Le Drian -> 967 238 EUR Effectif Total : 158 soit   6 122 EUR par personne.
 
Delphine Batho ->        900 720 EUR Effectif Total : 173 soit   5 206 EUR par personne.
Marisol Touraine ->      878 408 EUR Effectif Total :   64 soit 13 725 EUR par personne.
Pierre Moscovici ->      730 304 EUR Effectif Total :   67 soit 10 900 EUR par personne.
Arnaud Montebourg ->679 058 EUR Effectif Total :   57 soit 11 913 EUR par personne.
Aurélie Filippetti - >     642 710 EUR Effectif Total :   91 soit   7 063 EUR par personne.
Vincent Peillon -           616 000 EUR Effectif Total :   61 soit 10 098 EUR par personne.
Cécile Duflot -    ;            580 950 EUR Effectif Total :   57 soit 10 192 EUR par personne.
Geneviève Fioraso -     564 000 EUR Effectif Total :   58 soit  9 724 EUR par personne.
Victorin Lurel -              552 347 EUR Effectif Total :   63 soit  8 767 EUR par personne.
Najat Belkacem -           552 001 EUR Effectif Total :  47 soit 11 745 EUR par personne.
Marylise Lebranchu -> 543 636 EUR Effectif Total :   55 soit   9 884 EUR par personne.
Valérie Fourneyron ->  541 770 EUR Effectif Total :   53 soit 10 222 EUR par personne.
Michel Sapin ->             500 291 EUR Effectif Total :   75 soit   6 671 EUR par personne.
Sylvia Pinel ->               466 268 EUR Effectif Total :   39 soit 11 956 EUR par personne.
Nicole Bricq ->               454 052 EUR Effectif Total :  38 soit 11 94 9 EUR par personne.
Stéphane Le Foll ->       370 457 EUR Effectif Total :  75 soit   4 939 EUR par personne.
Soit 2258 personnes qui vont pouvoir passer un excellent "Réveillon" !!! Et la prime du SMICARD?
Source JDN (Journal du Net) :  http://www.journaldunet.com/economie/magazine/primes-des-ministres/marisol-touraine.shtml
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